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La photogrammétrie à l’IGN

1. Introduction
La photogrammétrie est une technique qui permet de faire des mesures à
partir de photos aériennes ou - selon les méthodes les plus récentes telles
que le radar et le 'laser profiling' - à partir de données enregistrées
automatiquement et pouvant être transformées en images. La photographie
et le traitement d'images exigent des techniques spéciales, ainsi que des
appareils et logiciels adaptés.

2. Les prises de vues aériennes

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Les photos aériennes destinées aux applications photogrammétriques ont
des caractéristiques spécifiques : elles contiennent beaucoup
d'informations (cliché : 23x23 cm), elles sont très correctes sur le plan
métrique et leur géométrie est matérialisée dans la marge extérieure par
des repères et des informations supplémentaires.
La manière dont les photos sont prises est aussi particulière : les photos
consécutives se recouvrent à 60% dans le sens du vol et les différentes
bandes des photos se recouvrent également.

En orientant les photos deux par deux dans des appareils conçus à cet
effet, on peut grâce à ce recouvrement faire des observations et des
mesures stéréoscopiques de chaque endroit au sol.

Pour la production de base de l'IGN, les prises de vues sont réalisées à une
altitude de quelque 3.200m. Les images obtenues à l'aide d'un objectif
standard, avec une focale de 152mm, ont une échelle de 1:21 000. Plus
l'échelle est petite, moins grande sera la précision des levés
photogrammétriques ; d'autre part, si on multiplie l'échelle par deux, par
exemple, il faudra photographier et traiter quatre fois plus d'images pour
couvrir la même superficie. L'échelle choisie est donc un compromis entre
coût et précision. Pour certaines applications, on vole à une altitude
supérieure à 8.000m, pour d'autres à peine à 600m.

L'IGN utilise pour ses applications des photos en noir et blanc. Les photos
en couleurs ne sont pas plus précises et, vu leur sensibilité à la brume, elles
sont plus difficiles à réaliser, surtout pour les petites échelles. En Belgique,
il est de toute façon difficile de prendre des photos aériennes dans de
bonnes conditions. Souvent les conditions atmosphériques ne le permettent
pas et plusieurs conditions supplémentaires doivent être remplies (pas de
feuilles aux arbres, pas d'ombres trop longues...).
Les photos de l'IGN sont réalisées soit en collaboration avec la Force
aérienne ou la Force terrestre, soit par des entreprises privées.

Après la prise de vues aériennes, les épreuves sont tirées sur papier et sur
diapositives. Les diapositives passent ensuite dans un scanneur
photogrammétrique avec une résolution de 22,5 ou 15 micron, afin d'être
utilisées dans des applications numériques telles que la restitution ou la
production d'orthophotos.

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Evolution du centre-ville de Genk sur des photos aériennes prises de 1950
à 1999:

1950

1970

1977

La photogrammétrie à l’IGN 3
1986

1999

3. L'aérotriangulation

Afin de pouvoir exécuter des levés à partir d'un modèle stéréoscopique, il


faut connaître la relation exacte entre les coordonnées dans l'appareil et les
coordonnées réelles.

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Certains appareils permettent de connaître cette relation si les coordonnées
exactes et les angles de la caméra sont connus au moment de la prise de
vues.
La technique de l'aérotriangulation consiste à calculer les coordonnées xyz
réelles de tous les points, ainsi que les positions des points de prise de vue,
à partir de mesures de points communs à plusieurs photos et de mesures
de points dont les coordonnées sont connues. Ainsi, toutes les photos
aériennes que l'on veut utiliser dans un projet sont traitées en un seul bloc
d'aérotriangulation.
Les points d'appui du bloc qui sont nécessaires à cet effet sont
généralement préparés par les services de la Géodésie.
De plus en plus, on utilise également des levés GPS pendant la prise de
vues, afin de les intégrer dans le calcul du bloc.
Depuis quelques années, on applique aussi de plus en plus la technique
de l'aérotriangulation automatique qui sélectionne automatiquement et
mesure un grand nombre de raccords entre photos.

4. Le complètement
Afin de disposer, lors de la restitution aérophotogrammétrique, de
suffisamment d'informations fiables sur tous les types d'objets, on collecte
toutes ces données préalablement sur le terrain et on les note sur des
agrandissements de photos. Ces informations concernent tant des objets
invisibles sur les photos (par exemple, une borne kilométrique) que des
objets dont l'interprétation peut poser des problèmes (par exemple, la
fonction d'un bâtiment). Les informations relatives au réseau routier font
l'objet d'une reconnaissance particulière du terrain.

Photo complétée:

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5. La restitution photogrammétrique

La restitution photogrammétrique combine systématiquement deux images


qui ont été photographiées depuis différents points. Chaque œil observe
une autre image et, si les images sont bien orientées dans l'appareil, on
obtient une vue en trois dimensions. Cela facilite l'identification et
l'interprétation de certains objets (les bâtiments, par exemple).

Pour le levé proprement dit, on utilise une marque flottante qu'on met en
contact avec le point à mesurer. L'appareil transforme les coordonnées xy
du point apparaissant sur la photo de gauche et sur celle de droite en
coordonnées xyz du point qui serait mesuré en trois dimensions sur le
terrain. Finalement, ces coordonnées xyz sont enregistrées et traitées à
l'aide de logiciels graphiques tels que le logiciel MicroStation.

Des appareils très modernes intègrent les éléments mesurés en trois


dimensions dans l'image stéréoscopique, avec les deux photos aériennes.
L'avantage des levés photogrammétriques est leur rapidité. On se déplace
très vite d'un point à un autre et l'enregistrement se fait directement. Il est
possible d'effectuer les mesures sans rencontrer des problèmes
d'accessibilité sur le terrain. Ces levés dépendent cependant de la
possibilité de prendre des photos aériennes (conditions atmosphériques) et
ont aussi des contraintes dues au fait que tout n'est pas visible sur une
photo aérienne.

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Combinaison de données photogrammétriques avec un plan cadastral:

6. Applications spéciales

Orthophotos

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Les orthophotos sont des images qui sont entièrement recalculées en
fonction de la position de la caméra au moment de la prise de vues et en
fonction du relief. Normalement, la position est obtenue par le calcul d'une
aérotriangulation (voir " La photogrammétrie "), tandis que le relief doit être
décrit à l'aide d'un modèle numérique de terrain (voir également " La
photogrammétrie ").

Calcul d'une orthophoto numérique:

Plusieurs orthophotos sont assemblées en une mosaïque photographique


et ensuite découpées en images couvrant exactement 2km x 2km. Pour ses
orthophotos, l'IGN réalise des prises de vue aériennes à très petite échelle.
Le résultat final a une résolution au sol d'1m, de telle sorte que chaque
image est composée de 4 millions de pixels. Ces images sont en format
TIFF et sont orientées dans le système de coordonnées de Lambert.
Chaque année, on photographie 20% du territoire belge et on réalise à
partir de ces photos des orthophotos.
Bien que pour les levés exigeants elles ne puissent remplacer la
stéréorestitution, les orthophotos sont très utiles pour beaucoup
d'applications. Elles sont faciles à utiliser et, si l'on dispose du logiciel
approprié, on peut les combiner avec des données vectorielles.

Modèles numériques de terrain et courbes de niveau

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Auparavant, on traçait les courbes de niveau directement dans le modèle
stéréoscopique. Pendant qu'on traçait la courbe de niveau, on fixait la
marque flottante à une altitude déterminée et on la maintenait en contact
avec le sol. Actuellement, on calcule les courbes de niveau généralement
en utilisant un modèle numérique de terrain (ou modèle numérique
d'élévation).

Ce modèle est un fichier qui, utilisé dans un logiciel spécifique, donne une
description du relief dans une zone déterminée. Il peut être établi à partir de
mesures photogrammétriques de points et de lignes, à partir de courbes de
niveau numérisées, à partir de levés sur le terrain ou à l'aide de mesures
laser à partir d'un avion (ou éventuellement d'un radar).

Outre le calcul de courbes de niveau, beaucoup d'autres applications


utilisent des modèles de terrain : études de pentes, études d'intervisibilité,
calcul de volumes ou d'orthophotos.

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Travaux à grande échelle
Pour certaines applications, on utilise des photos aériennes à grande
échelle, donc prises à plus basse altitude, afin d'obtenir une plus grande
précision. Pour les aéroports belges, l'IGN a ainsi réalisé plusieurs études
sur les obstacles à la navigation aérienne, ainsi que des plans détaillés pour
l'atterrissage et le décollage des avions.

Modèles urbains

On utilise de plus en plus des modèles urbains pour l'aménagement du


territoire. La représentation de la forme des toits et le calcul de la hauteur
des murs sont des applications photogrammétriques typiques. Ces
applications peuvent être combinées avec les données de modèles
numériques de terrain ou avec d'autres données. On peut aussi calculer
des représentations tridimensionnelles à partir de données standard.

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Le modèle photogrammétrique stéréoscopique peut également être utilisé
directement pour certaines études. Ainsi, on peut par exemple étudier la
possibilité de raccorder deux bâtiments sans exécuter de véritables levés
sur place.

Institut géographique national


Abbaye de la Cambre 13
1000 BRUXELLES
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