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8 Mars

Journée internationale des droits des femmes

UNE JOURNÉE DE LÉGENDE

LA LÉGENDE : 8 Mars 1857, New York,

les femmes employées dans les usines de

textile se seraient mises en grève et seraient descendues dans la rue pour revendiquer de meilleures conditions de travail (journée de 10 heures, des crèches et un salaire égal à celui des hommes). Cette manifestation aurait opposé les femmes à la police de New York, qui aurait chargé, tiré et tué.

à la police de New York, qui aurait chargé, tiré et tué. 1955 : La légende

1955 : La légende apparaît pour la première fois dans la presse.

LA RÉALITÉ : En 1982, Deux historiennes, Lilliane Kandel et Françoise Picq, ont révélé en 1982 que ces événements n’avaient jamais eu lieu.

POURQUOI CETTE INVENTION ? Peut-être s’agit-il d’une invention délibérée, destinée à donner des racines américaines à la tradition du 8 mars. Le récit des faits s’inspire des manifestations de 1908 et 1909 aux Etats-Unis. Le choix de l’année, serait alors un hommage déguisé à Clara Zektin, journaliste allemande à l’origine de la Journée internationale des femmes, dont la date de naissance est le 5 mai 1857.

de la Journée internationale des femmes, dont la date de naissance est le 5 mai 1857.

Clara Zektin (1857-1933)

LES EFFETS DE LA LÉGENDE : Ce n’est pas parce que les choses ne se sont pas passées comme on le prétend que cela est sans efficacité…

À COURT TERME Conformément à une déclaration du Parti socialiste américain, la première « Journée nationale de la femme » est célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis le 28 février 1909. Les femmes continuent de célébrer cette fête le dernier dimanche de février jusqu’en 1913. Au début du siècle la participation des femmes aux luttes ouvrières est importante partout en Europe. Aux États-Unis, une série de grèves très dures ont lieu dans le textile en 1909.

Le 8 mars 1909, 15 000 travailleuses manifestent dans les rues de New York pour demander de travailler de moins longues heures et pour obtenir de meilleures conditions de travail, l’abolition du travail des enfants, un salaire égal à celui des hommes et le droit de vote. La police s’attaque violemment à la foule pour essayer de la disperser. Les manifestantes demandaient « du pain et des roses » : le pain symbolisant la sécurité économique, et les roses, une meilleure qualité de vie.

« Marchons, mes sœurs, marchons ! Le son de nos voix claires,

Perçant la grisaille des cuisines noircies et des usines moroses, Guide nos pas vers un jour radieux, éclatant de lumière. Chantons toutes en chœur : “Du pain et des roses ! Du pain et des roses”

Marchons, mes sœurs, marchons ! Notre lutte est aussi pour les hommes, Qui, par nous enfantés, restent toujours nos enfants. Assez ! Nous vivions comme des bêtes de somme. Qu’on nous donne du pain, mais des roses également.

Qu’on nous donne du pain, mais des roses également. Marchons, mes sœurs, marchons ! Par delà

Marchons, mes sœurs, marchons ! Par delà le tombeau, Des femmes innombrables, par le cri de nos voix, réclamant du pain. Ni beauté, ni amour, la corvée fut leur lot ! Luttons pour les roses, pas seulement pour le pain !

Marchons, mes sœurs, marchons ! Des jours meilleurs suivent nos traces :

Nous entraînons la race entière dans notre apothéose :

Assez d’exploitation ; dix qui peinent

A

quand un se prélasse :

chacun sa part de pain et de roses ; de pain et de roses »

À long terme

À LYON

En 2016

À LYON En 2016

En 2015

En 2015
En 2010

En 2010

Pour en savoir plus…

Liliane Kandel et Françoise Picq, « Le mythe des origines, à propos de la Journée Internationale des femmes ». La revue d’en face, n°12, automne 1982. Rose Prudence et Françoise Picq, « La légende du 8 mars : de l’agit’prop », Libération, 8 mars 1982.

Et pour en rire (ou en pleurer)

http://www.toutalego.com/2016/03/betisier-des-pires-operations.html