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ENVIRONNEMENT

Organiser la livraison
des marchandises en ville
uelques jours avant la la circulation et aussi la pollu- président du Gart. Actuellement,

Festival international
Q «Journée sans voitu-
res» du 22 septembre
dernier, le Gart (Grou-
pement des autorités responsa-
bles du transport), qui regroupe
tion. Jusqu’à maintenant on ne
s’intéressait qu’aux utilisateurs
de voitures particulières, notam-
ment au moment des pics de
pollution. Or, on s’aperçoit
les opérateurs organisent la dis-
tribution de proximité. On est là
dans le cas d’une filière écono-
mique où interviennent bon
nombre d’entreprises, avec une
du film 200 agglomérations, départe- aujourd’hui que la livraison des logique de flux tendu pour les
ornithologique ments et régions françaises, or- marchandises en ville représente industriels comme pour les com-
ganisait au palais des congrès 30% des problèmes de nuisance, merçants. Il faut aussi tenir
De nombreux cinéastes de La Rochelle une journée qu’il s’agisse de l’encombre- compte de l’exigence forte du
animaliers français et d’études sur le thème «Voya- ment de la voirie ou des problè- consommateur d’être livré le
étrangers viennent chaque geurs, marchandises, la ville mes de pollution majeure.» Les plus rapidement possible. Et ce
année à Ménigoute, dans les autrement». Au programme, des plans de déplacement urbains n’est pas par la règlementation
Deux-Sèvres, présenter leurs débats, les innovations dans les (PDU), dont l’élaboration est obli- ou les interdictions qu’on avan-
dernières réalisations afin de déplacements urbains, avec une gatoire dans les agglomérations cera : la règlementation ne coûte
les promouvoir. Cette année, la table ronde sur la première jour- de 100 000 habitants, devront rien, mais elle est très peu res-
14e édition du Festival née sans voitures de La Rochelle intégrer cet aspect des choses. pectée. Il faudra mettre autour
international du film et une réflexion sur le transport Des expériences d’organisation de la table l’ensemble des ac-
ornithologique a lieu du 27 des marchandises en ville. de livraison de marchandises, teurs de la filière livraison des
octobre au 1er novembre. Une «Nous avons abordé pour la pre- en cours comme à Monaco, ou marchandises car elle est au
quarantaine de films sont mière fois les problèmes des li- en projet comme à La Rochelle, cœur de l’activité économique
projetés, pour la plupart en vraisons de marchandises en avec notamment l’utilisation de des villes, notamment des cen-
exclusivité française, et des ville», souligne Jacques véhicules non polluants, ont été tre-villes qu’on souhaite pré-
prix sont décernés à l’issue de Auxiette, maire de La Roche- présentées lors de cette journée server. Ce sera le travail du
la manifestation.
sur-Yon, qui préside le Gart. d’études. «Il faut une meilleure Gart d’élaborer une méthodo-
A cette occasion, la Ligue pour
«C’est un dossier qui concerne organisation de la distribution logie pour ses adhérents.»
directement la gestion urbaine, des produits en ville, note le Jean Roquecave
la protection des oiseaux lance
une grande campagne en
faveur des rapaces. Une
MORTALITÉ CHEZ LES ABEILLES
exposition, Les rapaces et les
hommes, et plusieurs Le mystère reste entier
conférences sur ce thème sont
’impact éventuel du tour- rimentations de terrain, sur trois comptages sur le terrain. Deux

L
prévues. Des ateliers de
dessin, des sorties nature, un nesol traité par Gaucho départements de l’Ouest : la sites avaient été isolés. Dans la
coin junior et un forum, sur la mortalité des Vendée, l’Indre et les Deux-Sè- commune de Saint-Rémy, les
évoquant les métiers de
abeilles a défrayé la chro- vres. Le Centre national d’étu- agriculteurs n’ont pas semé de
nique depuis un an. Ce produit des vétérinaires alimentaires graine de tournesol traitées au
l’environnnement, la protection
commercialisé par la firme (Cneva) vient de faire un pre- Gaucho. Au contraire, à Saint-
de la nature ou encore
Bayer était montré du doigt par mier bilan partiel qui semble Gelais, le Gaucho a systémati-
l’écotourisme, sont également
les apiculteurs en colère. Ceux- bien disculper le produit quement été utilisé.
au programme.
ci avaient en effet constaté une Gaucho. Utilisé en traitement Concernant le taux de morta-
Tél. 05 49 69 90 09
baisse importante de leur pro- de semences sur le tournesol, lité, aucune différence n’a été
duction de miel de tournesol Gaucho est appliqué sur la graine constatée. 775 «cadavres» par
depuis 1995 avec une accentua- à l’usine de conditionnement des jour dans la zone Gaucho et 648
tion du phénomène en 1997. La semences – donc de manière dans la zone non Gaucho. L’ac-
firme Bayer rappelait qu’un pro- forcément très contrôlée – et il tivité devant les ruches a été la
duit comme Gaucho avait bien contient 70% d’imidaclopride même dans les deux zones. Dans
entendu fait l’objet d’une pro- (matière active). Ce traitement les deux cas, la récolte était loin
cédure d’homologation et que permet de lutter à la fois contre d’atteindre son niveau normal.
des expérimentations avaient été les insectes du sol et les puce- Mais la perte de production est
menées dans le respect des rè- rons en début de cycle végétatif. telle que les aléas climatiques
gles les plus strictes. Les expérimentations ont duré ne suffisent pas à expliquer cette
Néanmoins, le ministère de deux mois et demi. Dans les déperdition. Les apiculteurs sont
l’Agriculture décidait en début Deux-Sèvres, il s’agissait d’ef- plus que jamais en plein doute.
d’année de procéder à des expé- fectuer des observations et des Les enquêtes se poursuivent.

12 L’Actualité Poitou-Charentes – N° 42
IFRÉE INVENTAIRE DES MARES

Education à
l’environnement La biodiversité des mares
Du 26 au 30 octobre au Forum des ien de commun avec une maine», note Miguel Gailledrat, Miguel Gailledrat. Deux-Sè-
marais atlantiques (Rochefort),
l’Institut de formation et de
recherche en éducation à
l’environnement en Poitou-
Charentes (Ifrée) et le Rectorat
R flaque d’eau croupie, une
mare est un écosystème.
Niche écologique réduite
et au développement rapide, ce
milieu abrite une bio-diversité
de Vienne-Nature : abreuvoirs
pour le bétail, réserves à pois-
sons, stations de pompage en
cas d’incendie, cultures natu-
relles de joncs pour le rem-
vres-Nature-Environnement,
Charente-Nature et la Sepronas
travaillent sous la direction tech-
nique de Vienne-Nature. Une
méthodologie commune a été
tiendront leur université
d’automne sur le thème «De la faunistique et floristique d’une paillage des chaises... mise en place.
recherche scientifique à richesse reconnue par les natu- Mais les techniques ont évolué. Dans un premier temps, les ma-
l’éducation à l’environnement». ralistes. D’une part, on trouve L’avènement de l’irrigation res ont été repérées à partir de
L’exemple de la gestion de l’eau près des mares des variétés vé- moderne et l’amélioration des cartes IGN au 1/25 000e. Parallè-
sera étudié avec une série de gétales hélophytes ou hydrophi- conditions d’hygiène ont mar- lement, le public est invité à
conférences débats : les protégées comme la pulicaire qué le début de leur obsoles- participer à cette démarche,
Fonctionnement hydraulique et comme il l’avait été lors de l’in-
hydrologique des zones humides
ventaire des arbres remarqua-
avec F. Gazelle (Université de
bles de la Vienne.
Toulouse-Montmirail), J. Baudet
(Université de Nantes), C. La seconde phase se poursuivra
Chevalier (Inra), et Ch. Rigaud jusqu’en 1999. Il s’agit de véri-
(Cemagref) ; Caractérisation des fier, sur le terrain, la validité des
zones humides des marais avec relevés cartographiques. «Afin
E. Kerneis (Inra), M. Guillemain de mettre en place une recher-
(CNRS), une sortie au marais de che cohérente, nous avons choisi
Brouage et, en soirée, une visite de retenir dix zones échantillons
de la station de lagunage de
de 70 km2 chacune sur lesquel-
Rochefort ; Activités et gestion
les nous procéderons à une pros-
des zones humides avec P.
Steyaert (Inra), Y. Laurans (Asca),
pection exhaustive... Nous fe-
J-L. Lenoble (Forum des marais rons alors appel à toute per-
atlantiques) ; Représentations sonne, collectivité locale, orga-
sociales et acteurs des zones nisme public ou privé suscepti-
humides avec J.-P. Billaud (CNRS), ble de nous fournir des indica-
P. Donadieu (Ecole nationale tions sur des mares invisibles
supérieure du paysage).
Claude Pauquet

sur les cartes.»


Par ailleurs, l’Ifrée et ses Certaines mares seront retenues
partenaires proposent une série
et, lors de la troisième phase,
de stages :
feront l’objet d’études et de sui-
Le 15 septembre à Poitiers ou le 8
La mare pédagogique d’Aubeterre-sur-Dronne, en Charente. vis encore plus approfondis.
octobre à Melle, «Chauve-souris,
sauve qui peut ou sauve qui Enfin, et c’est là le but de l’opé-
vulgaire, la pillulaire (fougère) cence. Désormais, les mares
veut ? Un patrimoine à gérer». ration, la quatrième phase verra
ou la gratiole officinale. D’autre n’ont plus aucune utilité écono-
Les 28, 29 et 30 septembre à la mise en place de mesures con-
part, ces nappes alimentées par mique ou domestique. Or «une
Villiers-en-Bois, en forêt de Chizé, crètes de protection. Le parte-
la pluie ou des constructions mare laissée à l’abandon tend
«Ecologie et éducation à nariat «une mare, une école»
l’environnement : les apports de la anthropiques offrent à de très naturellement à l’assèchement»,
constituerait le moteur de ce plan
démarche scientifique ; des outils nombreuses espèces animales (le remarque Miguel Gailledrat.
de sauvegarde. «Les mares sont
et des méthodes transférables». triton crêté ou les lecorrhines)
des milieux rêvés pour initier le
Le 12 novembre à Coutières, des sites de reproduction privi- Connaître pour protéger
public, les jeunes en particulier,
«Pourquoi et comment valoriser légiés. De par leur nombre, elles
un site naturel ou patrimonial». à l’environnement». Leur sur-
sont une des composantes ma- Pour limiter la disparition de
Les 24 et 25 novembre à vie passe donc par la pédagogie.
jeures des zones humides conti- ces écosystèmes et avant d’écha-
Coutières, «Analyser et Emmanuel Touron
nentales : sans compter celles fauder un plan de sauvegarde,
comprendre les systèmes
du Pinail (résultat de l’extrac- l’association Poitou-Charentes-
complexes : les apports de Ce programme a reçu le soutien
l’approche systémique dans
tion de la pierre meulière), on Nature vient d’entamer leur in- financier de l’Europe, de l’Etat, du
l’éducation à l’environnement». estime qu’il existe entre 6 000 ventaire régional. «Nous vou- Conseil régional et de la Fondation
Nature et Découverte.
Les 3 et 4 décembre à Lathus, et 7 000 mares dans le seul dé- lons dresser un état des lieux Le Conservatoire régional des
«L’environnement, quelles partement de la Vienne. aussi précis que possible du mi- espaces naturels et le Graine
contributions au développement «98% d’entre elles ont une ori- lieu mare tel qu’il est représenté Poitou-Charentes apportent leur
contribution technique.
local ?». gine artificielle et étaient direc- sur l’ensemble du territoire du Poitou-Charentes-Nature,
Tél. 05 49 09 64 92 tement liées à l’activité hu- Poitou-Charentes», explique tél. 05 49 88 99 04

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