Vous êtes sur la page 1sur 10

Thamud

Mausolées troglodytes attribuées aux Thamudéens.

Le peuple de Thamūd1 ou Thamoud est un ancien peuple arabe qui comme les `Adites (en),
Iram (Aram) et Wibar (Jobarites ?), avait disparu peu avant la naissance de Mahomet. Il existe
des références d’origine non arabe au nom du peuple de Thamūd. Une inscription de Sargon
II (715 av. J.-C.) mentionne Thamūd comme un peuple de l’Arabie orientale et centrale. Ils
sont aussi nommés dans Aristote, Ptolémée et Pline l'Ancien2 sous le nom de Thamudaei,
Thamoudéens ou Thamudènes3. On les appelle aussi Thamoudites ou Thémoudites4

.Sommaire
1 Histoire des Thamoudéens
1.1 Données archéologiques
2 Les traditions
2.1 Dans le Coran
2.2 Tabari (839-923)
2.3 Ibn Battûta (1304-1369)
2.4 Ibn Kathir (1301-1373)
2.5 Ibn Khaldûn (1332-1406)
3 Notes et références

Histoire des Thamoudéens


Madâ’in Sâlih a connu une période d’occupation d’au moins un demi-millénaire, si ce n’est
plus, il est clair que le site a été occupé au moins jusqu’au IVe siècle et peut-être au-delà.
Cette région était à la frontière entre le royaume nabatéen et le royaume lihyanite. Il ne fait
aucun doute que le site et sa région ont été intégrés à la province romaine d’Arabie. À partir
du Ve siècle, c’est le grand vide5.
Données archéologiques
Article connexe : Madâ’in Sâlih.
Deux entrées d'hypogées à Madâ’in Sâlih.

Le site d’Al-Hijr6 en Arabie saoudite est encore plutôt méconnu. Contrairement à ce qu’on a
cru ce n’est pas seulement une nécropole troglodyte. Al-Hijr était une véritable ville, même si
les principaux vestiges actuellement visibles sont les hypogées creusés dans le grès rouge du
désert. Il existait une ville et un domaine agricole irrigué. Les Nabatéens, anciens pasteurs
nomades devenus sédentaires, se sont établis à Al-Hijr. On ne sait pas exactement quel type
de relations existait entre Al-Hijr et la capitale des Nabatéens, Pétra7.

Le Site archéologique de Al-Hijr (Madâ’in Sâlih), est le premier site d’Arabie saoudite inscrit
sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Al-Hijr est un témoignage unique de la
civilisation nabatéenne. Avec près de cent tombes monumentales aux façades décorées et ses
puits, le site est un exemple exceptionnel de la qualité de l’architecture des Nabatéens et de
leur maîtrise des techniques hydrauliques8.

Les traditions

Les Hadiths (paroles attribuées au prophètes Mahomet) situent la disparition des Thamudéens
entre le Déluge et la vie d’Abraham9. Cela n'est pas ce que le Coran stipule et est contredit
par les données archéologiques qui ne permettent de situer l’abandon des sites qui leurs sont
attribués par cette même tradition qu’à la fin du IVe siècle.
Dans le Coran [modifier]
Le peuple de Thamud est cité plus de vingt fois dans le Coran, comme un peuple troglodyte et
rebelle, n’ayant pas voulu écouter son prophète Sâlih10.

L’histoire rapportée dans le Coran se résume ainsi. Dieu envoie le prophète Sâlih pour appeler
les Thamoudéens à se convertir au monothéisme11. Des opposants lui demandent de montrer
une preuve de sa mission divine12. Sâlih désigne une chamelle, envoyée par Dieu, comme la
« chamelle de Dieu » et ordonne de ne lui faire aucun mal et de partager avec elle la source
d’eau, sous peine d’un terrible châtiment13. Dans un autre passage, il est précisé que ce
partage consiste à laisser la chamelle boire seule un jour, et les Thamoudéens un autre jour14.
Ces adversaires passent outre cette menace. Ils tuent la chamelle et mettent Sâlih au défit de
réaliser ses menaces15. Sâlih leur dit qu’il ne leur reste que trois jours à profiter de leurs
habitations avant que la menace ne se réalise16. Un seul cri (Sayha17) détruit les
Thamoudéens18. La nature du cri n'est pas précisée. Dans la sourate VII19, le mot employé
signifie tremblement (Rajfa20) en revanche dans la sourate XLI21 le mot employé signifie
foudre (Sâ`iqa22).

Tabari (839-923)

Dans La Chronique, Tabari raconte l’expédition de Mahomet à Tabûk23 en l’an 8 de l’hégire


(630)24. Cette campagne est menée sans qu’il y ait de bataille :
« Lorsque le Prophète arriva à Tabouk, grande ville habitée par des chrétiens, il ne rencontra
pas de trace de l’armée romaine qu’il y croyait réunie. Il y résidait un prince, nommé
You’hanna, fils de Rouba, qui possédait une grande fortune. Quand le Prophète vint camper
aux portes de Tabouk, You’hanna sortit de la ville et fit la paix avec lui, en consentant à lui
payer un tribut. »

— Tabari, op.cit., vol. II, « Mohammed, sceau des prophètes (Expédition de Tabouk) », p.
306-311.

Tabari ajoute de nombreux détails merveilleux à l’histoire des Thamoudéens et de leur


prophète Sâlih :
« Or Çâli’h dit aux Thémoudites : Quel miracle demandez-vous ? Ils répondirent : Nous
demandons que tu fasse sortir de ce rocher une femelle de chameau dont le poil soit rouge,
avec un petit à poil rouge comme sa mère ; il faudra qu’ils marchent et qu’ils mangent de
l’herbe, alors nous croirons en toi. Çâli’h leur dit: ce que vous demandez est facile à Dieu ; et
il se mit en prière. Alors le rocher mugit et se fendit par l’ordre de Dieu, et lorsqu’il se fendit,
il en sortit une femelle de chameau à poil rouge avec un petit qui courait auprès d’elle. »

— Tabari, op. cit., vol. I, « De la création à David (Histoire du prophète Çâli’h et des hommes
qui étaient avec lui) », p. 119-124.

Dans la suite de ce passage, il est précisé que la chamelle pouvait boire l’eau de la source un
jour sur deux, et qu’elle aurait vécut trente ans sans être importunée. Que son meurtrier devait
être un enfant roux aux yeux bleus. Pour éviter la catastrophe dont ils sont menacés, les
Thamoudéens décident de tuer à la naissance tous les enfants présentant ces deux caractères.
Neuf enfants sont ainsi tués. Les neuf25 pères de ces enfants persuadent le père d’un dixième
enfant blond aux yeux bleus, de ne pas tuer son fils. Ils accusent Çâli’h d’être la cause de ces
assassinats qu’ils estiment non justifiés. Ils se résolvent à tuer eux-mêmes la chamelle, mais
ils sont tous les neuf écrasés par un rocher. Çâli’h est alors accusé d’être la cause de la mort
des enfants et de leurs pères. L’enfant roux survivant tue alors la chamelle mais le petit
parvient à s’échapper dans la montagne d’où il est sorti9.

Ibn Battûta (1304-1369)

Vers 1326, Ibn Battûta, de retour de son pèlerinage à la Mecque, passe à Tabûk :
« Le cinquième jour, depuis le départ de Taboûc, la caravane arrive au puits de Hidjr, je veux
dire les demeures des Thamoudites contient beaucoup d’eau ; mais aucune personne n’y
descend, quelle que soit la violence de sa soif, et cela par imitation de la conduite de l’envoyé
de Dieu, lorsqu’il y passa dans son expédition contre Taboûc. Or il hâta la marche de sa
chamelle, et il ordonna que nul ne bût de l’eau de ce puits. Ceux qui s’en étaient servis pour
pétrir de la farine la donnèrent à manger aux chameaux.
Dans ce lieu se trouvent les habitations de Thamoud, taillées dans des montagnes de pierres
rouges. Elles ont des seuils sculptés que celui qui les voit croit être de construction récente.
Les ossements cariés de ce peuple sont dans l’intérieur de ces maisons ; et notez que cela offre
un grand exemple. Ici se voit l’endroit où s’est accroupie la chamelle de Sâlih, entre deux
montagnes, dans l’intervalle desquelles existent des traces d’une mosquée, où l’on va prier.
La distance d’El-hidjr à l’El`ola26 est d’une demi-journée et même moins. »

— Ibn Battûta, op.cit, vol. I, « 4. Le pèlerinage de La Mecque », p. 212-213 (.pdf).



Ibn Kathir (1301-1373)

Ibn Kathir dans son histoire histoire de l’islam la Bidâya27 précise encore le mythe. Thamûd,
l’éponyme des Thamoudéens, est un petit-fils de Noé :
« Thamoud était une tribu célèbre qui fut nommée après leur aïeul Thamoud le frère de Jadis.
Tous deux étaient fils de Athir ibn Iram ibn Sem ibn Noé.
Ils étaient des Arabes qui vivaient entre le Hijaz et Tabouk. Le Prophète passa du côté de cet
endroit quand il alla avec les musulmans à Tabouk. Ils vécurent après le peuple de Ad, et
adorèrent les idoles comme Ad28. »

— Omar Ibn Kathir, op. cit., « L’histoire de Saleh », p. 109.


« Il est aussi dit que ces deux nations n’étaient pas citées dans la Bible (La torah et
l’Évangile). Cependant, quand nous lisons le Coran nous trouvons que Moïse connaissait leur
histoire et informa son peuple au sujet de leurs conséquences. »

— Omar Ibn Kathir, op. cit., « L’histoire de Saleh », p. 116.

Dans le récit d’Ibn Kathir, la particularité de la chamelle n’est pas dans la couleur de son
pelage mais dans sa taille gigantesque :
« Les Thamoud s’assemblèrent un jour dans leur assemblée, le Prophète Saleh se rendit
auprès d’eux et les appela à la voie d’Allah, .... Ils lui dirent : "Si vous pouvez seulement
produire de ce rocher (en pointant vers un rocher particulier) une chamelle avec ces
caractéristiques (et ils citèrent des qualités et qu’elle devait avoir la longueur de dix mètres)".
»

— Omar Ibn Kathir, op. cit., « L’histoire de Saleh (La chamelle) », p. 119.

Comme dans La Chronique de Tabari, la chamelle sort du rocher après que Sâlih a fait une
prière. Mais contrairement à Tabari, la décision de tuer la chamelle est prise en commun par
les chefs de la tribu. Leur chef nommé Kédar ibn Salif ibn Joudaa, né en dehors du mariage,
est désigné pour exécuter le meurtre29. Un peu plus loin Ibn Kathir explique comment huit
autres insurgés se regroupent autour de Kédar ibn Salif ibn Joudaa pour tuer la chamelle25.

L’habitude de ne pas boire l’eau du puis de Tabouk est une conséquence de l’expédition
menée par Mahomet : « Le Prophète passa à côté de cet endroit quand il alla avec les
Musulmans à Tabouk »30. Ibn Kathir ajoute :
« Abdoullâh ibn Omar dit : "Quand le Prophète vint avec les gens à Tabouk, il campa à Al-
Hijr près des maisons des Thamoud. Les gens burent des mêmes puits desquels les Thamoud
buvaient. Ils pétrirent leur farine de cette eau et commencèrent le repas. Le Prophète les
empêcha. Ainsi ils jetèrent ce qui était déjà cuit dans leurs pots et donnèrent la farine pétrie
aux chameaux. »

— Omar Ibn Kathir, op. cit., « Le Prophète près des ruines de Thamoud », p. 127.

Mahomet interdit aux musulmans d'entrer « dans ces endroits où les Thamoud furent punis
par Allah. » et de passer à côté sans pleurer sur leur sort. Au dire d’Ibn Kathir si les Thamoud
ont creusé leurs habitations dans le rocher c’est parce qu’ils vivaient trop longtemps et qu’une
maison de terre séchée aurait duré moins longtemps que ses habitants31.

Ibn Khaldûn (1332-1406)

On trouve la même anecdote dans Ibn Khaldûn, qui réfute l’affirmation que les Thamoudéens
aient été des géants :
« L’erreur de ces conteurs est due au fait qu’ils ont été impressionnés par les monuments des
anciennes nations. … Ils se sont donc imaginé, à tort, que cela était dû a la force et a l’énergie
d’hommes de très grande taille. … Comme on le voit, c’est une opinion qui n’a d’autre
fondement que l’arbitraire pur. Elle ne s’appuie ni sur une raison naturelle ni sur une base
logique. Nous pouvons voir de nos yeux les habitations et les portes des anciens, ainsi que les
procédés qu’ils avaient utilisés pour la construction de leurs immeubles, leurs monuments,
leurs maisons et leurs demeures, comme, par exemple, celles des Thamud, taillées dans le
rocher, petites, avec des portes étroites. Le Prophète a indiqué que c’était bien là, les
habitations des Thamud. Il a interdit de se servir de leur eau. Le pain fait avec cette eau a été
jeté et l’eau répandue par terre. Il a dit: « N’entrez dans les maisons de ceux qui se sont nui à
eux-mêmes qu’en pleurant, de crainte que vous subissiez le même sort. » »

— Ibn Khaldûn, op.cit., vol. I, « Muqaddima III, XVI. Réalisations et puissance originelle. »,
p. 450.

Notes et références
1 _ ↑ Thamūd, en arabe : ṯamūd, ‫ثمود‬.
2 _ ↑ Thamudènes, Thamudaei dans le texte en latin. Voir Pline l’Ancien, op.cit. [archive], «
Livre VI, XXXII (XXVIII), 14 »
3 _ ↑ (en) Martijn Theodoor Houtsma, op.cit. [archive], vol. IV, « Thamud », p. 736
4 _ ↑ Voir la traduction du Coran par Kazimirski Le Coran, « El-Araf, VII, 73-79 et notes »
((ar)‫)العراف‬
5 _ ↑ Laïla Nehmé et François Villeneuve, « Mission archéologique de Madâ’in Sâlih
(Arabie Saoudite) [archive] », 2007
6 _ ↑ Al-Hijr, en arabe : al-ḥijr, ‫الحجر‬, la muraille. Ancienne étape du chemin caravanier,
mentionnée par Pline sous le nom de Hegra. Egra dans la traduction d’E. Littré : Voir Pline
l'Ancien, op.cit. [archive], « Livre VI, XXXII (XXVIII), 14 ». Elle est aujourd’hui appelée
Madâ’in Sâlih.
Al-Hijr est aussi le titre traditionnel de la sourate XV, voir Le Coran, « Hedjr, XV » ((ar)
‫)الحجر‬.
7 _ ↑ Hégra, la cité méconnue [archive]
8 _ ↑ Site archéologique de Al-Hijr (Madain Salih) [archive]
9 _ ↑ a et b Tabari, op. cit., vol. I, « De la création à David (Histoire du prophète Çâli’h et
des hommes qui étaient avec lui) », p. 124
10 _ ↑ Voir par exemple :
Le Coran, « La Fourmi, XXVII, 45-53 » ((ar)‫)النمل‬
Le Coran, « L’Araignée, XXIX, 38-40 » ((ar)‫)العنكبوت‬
Le Coran, « Les Développés, XLI, 13-18 » ((ar)‫)فصلت‬
Le Coran, « Qui éparpillent, LI, 43-45 » ((ar)‫)الذاريات‬
Le Coran, « Le Jour inévitable, LXIX, 4-5 » ((ar)‫)الحاقة‬
Le Coran, « Les Signes célestes, LXXXV, 17-18 » ((ar)‫)البروج‬
Le Coran, « Le Soleil, XCI, 11-15 » ((ar)‫)الشمس‬
11 _ ↑ Le Coran, « Houd, XI, 61 » ((ar)‫)هود‬
12 _ ↑ Le Coran, « La Lune, LIV, 24-26 » ((ar)‫)القمر‬
13 _ ↑ Le Coran, « Houd, XI, 64 » ((ar)‫)هود‬
14 _ ↑ Le Coran, « Les Poètes, XXVI, 255 » ((ar)‫)الشعراء‬
15 _ ↑ Le Coran, « El-Araf, VII, 77 » ((ar)‫)العراف‬
16 _ ↑ Le Coran, « Houd, XI, 65 » ((ar)‫)هود‬
17 _ ↑ Sayha, en arabe ṣayḥa, ‫صيحة‬, cri ; éclat de voix
18 _ ↑ Le Coran, « La Lune, LIV, 31 » ((ar)‫ )القمر‬ou Le Coran, « Houd, XI, 67 » ((ar)‫)هود‬
19 _ ↑ Le Coran, « El-Araf, VII, 78 » ((ar)‫)العراف‬
20 _ ↑ Rajfa, en arabe rajfa, ‫رجفة‬, tremblement
21 _ ↑ Le Coran, « Les Développés, XLI, 13 » ((ar)‫)فصلت‬
22 _ ↑ Sâ`iqa, en arabe ṣāʿiqa, ‫صاعقة‬, foudre ; tonnerre
23 _ ↑ Taboûc, Tabûk, en arabe : tabūk, ‫تبوك‬.
24 _ ↑ Janine et Dominique Sourdel, op. cit., « Tabûk », p. 782-783.
25 _ ↑ a et b Le nombre de neuf insurgés est confirmé dans le Coran, voir Le Coran, « La
Fourmi, XXVII, 48 » ((ar)‫)النمل‬
26 _ ↑ Al-Ula, en arabe : al-ʿulā, ‫العل‬. Ville à quarante kilomètres au sud de Madâ’in Sâlih,
c’est l’ancienne Dadân.
27 _ ↑ Bidâya, en arabe : al-bidāya wa an-nihāya, ‫البداية و النهاية‬, Le début et la fin
28 8 ↑ D’après le même auteur, Houd prophète des `Ad est lui aussi un petit-fils de Noé :
« Sa tribu était Ad qui étaient des Arabes vivant dans les montagnes entre Oman et
Hadramawt près de la mer. ... Ils vivaient dans des tentes énormes avec de grands piliers. »

Les découvertes archéologiques concernant les


Thamud
Parmi tous les peuples mentionnés dans le Coran, les Thamud sont certainement ceux dont
nous avons la meilleure connaissance de nos jours. En effet, des sources historiques révèlent
qu'un peuple dénommé Thamud a bel et bien existé.
La communauté d'al-Hijr évoquée par le Coran, et les Thamud, ne font probablement qu'un
seul peuple, car l'autre nom des Thamud est 'Ashab al-Hijr'. Donc 'Thamud' est le nom d'un
peuple, tandis que la cité d'al-Hijr est l'une des cités fondées par ce peuple. Un géographe
Grec ancien a écrit que Domatha et Hegra étaient les endroits où les Thamud habitaient, et
que Hegra a cédé plus tard la place à la cité de Hijr. 1

Les sources les plus anciennes faisant référence aux Thamud sont les annales des victoires du
Roi Babylonien Sargon II (huitième siècle avant Jésus-Christ), qui vainquit ce peuple lors
d'une campagne menée dans le nord de l'Arabie. Les Grecs font aussi référence à ce peuple
sous le terme 'Tamudaei', c'est-à-dire 'Thamud', notamment dans les écrits de Ptolémée. 2 Les
Thamud disparurent complètement avant la venue du Prophète Muhammad, entre 400 et 600
de l'ère Chrétienne.

Dans le Coran, les 'Ad et les Thamud sont toujours mentionnés ensemble. De plus, certains
versets montrent que les Thamud ont été exhortés à tenir compte du sort des 'Ad qui les ont
précédés. Donc les Thamud possédaient de bonnes connaissances sur les 'Ad:

"Et au peuple de Thamud Nous avons envoyé leur frère Salih. Il dit: 'Ô mon peuple, adorez
Allah car vous n'avez pas d'autre divinité que Lui…'.

Et rappelez-vous quand Il vous fit succéder au peuple de 'Ad et vous installa sur la terre. Vous
avez édifié des palais dans ses plaines, et taillé des maisons dans les montagnes. Rappelez-
vous donc les bienfaits d'Allah et ne répandez pas la corruption sur la terre" (Surah al-A'raf:
73-74)

Il y a donc un lien entre les peuples, et les 'Ad ont peut-être fait partie de l'histoire et de la
culture des Thamud. Salih a ordonné à ses concitoyens de prendre en considération l'exemple
des 'Ad et de ne pas se croire différents d'eux.

Les 'Ad, quant à eux, avaient reçu en guise d'avertissement l'exemple du peuple de Nuh, qui
avait vécu avant eux. Tout comme les 'Ad avaient une importance historique pour les
Thamud, le peuple de Nuh avait également une importance historique pour les 'Ad. Ces
peuples possédaient d'ailleurs peut-être le même lignage. Mais les lieux où ont vécu les 'Ad et
les Thamud étant géographiquement très éloignés, il ne semble pas y avoir de lien entre eux,
et pourtant le Coran a exhorté les Thamud à se souvenir des 'Ad et de leur destruction,
pourquoi alors vouloir relier les deux peuples?

La réponse apparaît clairement après une courte recherche. La distance entre leurs lieux de vie
respectifs est trompeuse, car des sources historiques montrent que les deux peuples
provenaient de la même origine. Ainsi, dans l'ouvrage 'Britannica Micropaedia', il est écrit
dans un article intitulé 'Thamud':

' Dans l'Arabie Ancienne, tribu ou groupe de tribus qui semblent avoir connu un certain
rayonnement. Bien que les Thamud soient probablement originaires de l'Arabie du Sud, un
grand nombre d'entre eux ont apparemment émigré très tôt vers le nord, s'établissant de façon
privilégiée sur les pentes du Jabal (Mont) Athlab. De récents travaux archéologiques ont
permis de mettre à jour des écritures et gravures rupestres non seulement sur le Jabal Athlab,
mais aussi en divers lieux d'Arabie Centrale'. 3
Les Nabatéens, qui
étaient une tribu
arabe, avaient établi
un royaume dans la
Vallée des Romains,
appelée aussi la
Vallée de Pétra, en
Jordanie. Dans la
region, il est possible
d'admirer les plus
beaux chefs d'¶uvre
de ce peuple en
matière de pierres
taillées. Dans le
Coran également, la
Des traces d'écriture semblables à l'alphabet Smaïtique (appelé également Thamudique) ont
été trouvées en Arabie du Sud et plus haut dans tout le Hidjaz. 4 Ces découvertes ont d'abord
concerné une région du nord du Yémen connue sous le nom de Thamud, et qui est bordée au
nord par le Rub'al Khali, au sud par l'Hadramaut, et à l'ouest par Shabwah.

Nous avons dit plus haut que les 'Ad étaient un peuple vivant en Arabie du Sud. Il est donc
très significatif que des vestiges des Thamud aient été trouvés dans la région où vivaient les
'Ad, en particulier là où les Hadramites, descendants des 'Ad, ont vécu. Ceci explicite la
relation établie par le Coran entre les deux peuples lorsque Salih a déclaré en s'adressant aux
Thamud:

"Et au peuple de Thamud Nous avons envoyé leur frère Salih. Il dit: 'Ô mon peuple, adorez
Allah car vous n'avez pas d'autre divinité que Lui…

Et rappelez-vous quand Il vous fit succéder au peuple de 'Ad et vous installa sur la terre. Vous
avez édifié des palais dans ses plaines, et taillé des maisons dans les montagnes. Rappelez-
vous donc les bienfaits d'Allah et ne répandez pas la corruption sur la terre"(Surah al-
A'raf:73-74)

Fouilles menées dans la région où vécurent les Thamud

En conclusion, les Thamud ont payé le prix de leur non-obéissance à leur Messager, et ils
furent détruits. Leurs constructions audacieuses et leurs talentueuses ¶uvres d'art n'ont pas
permis d'éloigner d'eux la punition. Les Thamud furent implacablement éradiqués, tout
comme cela s'était déjà produit pour les peuples qui avaient avant eux rejeté la Vérité.

NOTES

1. "Hicr", Islam Ansiklopedisi: Islam Alemi, Tarihi, Cografya, Etnografya ve Bibliyografya


Lugati [Encyclopédie de l'Islam: le Monde Islamique, Histoire, Géographie, Ethnographie, et
Dictionnaire Bibliographique ], Vol. 5/1, p.475
2. Phillip Hitti, A History of the Arabs, London: Macmillan, I970, p. 37.
3. "Thamuds", Britannica Micropaedia, Vol. 11, p. 672.
4. Brian Doe, Southern Arabia, Thames and Hudson, 1971, pp. 21-22.