Vous êtes sur la page 1sur 92

© SOBERVE - ISTOCK.COM

Avril 2016 - n° 497 18 €
Avril 2016 - n° 497
18 €
DÉBAT
DÉBAT

Les paradoxes du management territorial

RETRAITES

Le minimum garanti est-il encore un dispositif solidaire ?

ESPACE PUBLIC

EN TOUTE CONFIANCE ?

© crazymedia - fotolia.com

RENCONTRES

« Un management public… pour un meilleur service public ! »

En quoi le management public est-il différent du privé, comment l’un et l’autre peuvent-ils s’enrichir ?

Comment mettre en place un management répondant aux enjeux de notre société, soucieux d’adapter notre service public sans perdre le sens et les valeurs qui nous animent ?

Comment ce management peut-il être au service de l’égalité dans la fonction publique et contre toutes les formes de discrimination ?

publique et contre toutes les formes de discrimination ? 3 rencontres en 2016, choisissez la vôtre
3 rencontres en 2016, choisissez la vôtre !

3 rencontres en 2016, choisissez la vôtre !

3 rencontres en 2016, choisissez la vôtre !

Strasbourg

Marseille

Bordeaux

le 12 mai 2016

le 7 juin 2016

le 21 juin 2016

le 12 mai 2016 le 7 juin 2016 le 21 juin 2016 4 intervenants • Un
le 12 mai 2016 le 7 juin 2016 le 21 juin 2016 4 intervenants • Un

4 intervenants

Un haut fonctionnaire de l’État

Un responsable de la Fonction publique hospitalière

Un responsable issu du privé

Un territorial

5 thèmes Responsabilité Loyauté Bienveillance Création de richesse Réseaux sociaux

Animée par Hugues Périnel, journaliste, coach Nuances

Animée par Hugues Périnel, journaliste, coach Nuances Inscription gratuite. Places limitées RENSEIGNEMENTS ET

Inscription gratuite. Places limitées

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS : Tél. : 04 76 93 12 32 E-mail : aurelie.niemaz@lettreducadre.fr

Tous les détails sur www.lagazettedescommunes.com/rencontres-casden/

Une rencontre organisée par :

Tous les détails sur www.lagazettedescommunes.com/rencontres-casden/ Une rencontre organisée par : En partenariat avec :
Tous les détails sur www.lagazettedescommunes.com/rencontres-casden/ Une rencontre organisée par : En partenariat avec :

En partenariat avec :

Tous les détails sur www.lagazettedescommunes.com/rencontres-casden/ Une rencontre organisée par : En partenariat avec :
Tous les détails sur www.lagazettedescommunes.com/rencontres-casden/ Une rencontre organisée par : En partenariat avec :

© V. VINCENZO

© V. VINCENZO Nicolas Braemer, nicolas.braemer @territorial.fr Rédacteur en chef En finir avec les ghettos de

Nicolas Braemer,

nicolas.braemer @territorial.fr Rédacteur en chef

Braemer, nicolas.braemer @territorial.fr Rédacteur en chef En finir avec les ghettos de pauvres suppose d’en

En finir avec les ghettos de pauvres suppose d’en finir avec les ghettos de riches.

Quartiers sensibles

L a banlieue. Des hordes de jeunes se lançant à l’assaut des forces de l’ordre, insultes plein la bouche, pour protester

contre l’arrestation de l’un des leurs. Sauf qu’ils ne sont pas jeunes, plutôt sexagénaires. Sauf qu’ils n’insultent pas des policiers mais les élus de leur ville. Sauf qu’ils protestent contre un projet de foyer pour les personnes sans abri. Sauf que ça se passe dans une « banlieue » très

particulière : le XVI e arrondissement de Paris. On a tous vu, au début du mois de mars, un peu abasourdis, ces hordes de petits vieux en loden, écumant de rage, s’en prendre vivement, à grands coups d’insultes d’une rare élégance, aux élus parisiens venant leur présenter le projet d’installation d’un foyer qui permettra d’accueillir provisoirement deux cents per- sonnes, « individus isolés ou familles qui rencontrent des difficultés sociales importantes ». Rappelons les faits : comme un certain nombre de « banlieues riches », le XVI e arrondissement de Paris ne compte aucun centre d’hébergement

de personnes sans abris. Il compte 3,8 % de logement sociaux pour 39 % dans le 19 e arrondissement (et on reste dans Paris, hein, on ne va pas comparer avec certaines villes du 93). Bref, c’est un ghetto. De riches, mais un ghetto :

on n’en sort pas, et on n’y rentre pas comme ça. On a raison de s’indigner du communautarisme

ÉDITO

ça. On a raison de s’indigner du communautarisme ÉDITO qui mine certains quartiers. C’est le résultat

qui mine certains quartiers. C’est le résultat auquel on aboutit quand des populations de même condition économique et sociale, minées par la pauvreté et le chômage, sont, de fait, parquées dans des lieux, au ban de la société, du travail et de l’ascenseur social. Ces situations d’apartheid social, bien plus que la question religieuse qui n’en est qu’un révélateur, sont le principal danger que la République se fait courir à elle-même. Mais en finir avec les ghettos de pauvres suppose d’en finir avec les ghettos de riches. Si la République veut lutter contre l’entre-soi et la ségrégation sociale, elle doit le faire partout sur son territoire. La vérité de la promesse républicaine est à ce prix. Ne passons pas sur la responsabilité des élus Les Républicains (c’est dans ces circonstances qu’éclate l’usurpation des mots) de l’arrondisse- ment, qui ont sciemment fait semblant de croire que le foyer allait accueillir des migrants alors qu’il n’en a jamais été question. Honte aux élus de la République pour qui tous les mensonges sont permis pour rester dans l’entre-soi et flatter leur base électorale. On peut trouver à redire sur les travaux de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, mais leur description de la « violence des riches » a rarement trouvé une aussi belle illustration.

Mensuel édité par TERRITORIAL, SAS au capital de 1 259 907 euros Siège social :

Mensuel édité

par TERRITORIAL,

SAS au capital de 1 259 907 euros Siège social : 17, rue d’Uzès, 75 108 Paris Cedex 02 Bureaux : Espace Cévé, 58, cours Becquart Castelbon, 38 500 Voiron RCS PARIS 404 926 958 - N° SIRET :

Principal actionnaire : Info Services Holding. Présidente de Territorial - Directrice de publication :

EMPLOI ET ANNONCES CLASSÉES (01 79 06 …) :

Directeur commercial : Clément Supplice (73.65). Directeur des opérations : Christian Fehr (73.71). Equipe commerciale (73.33) : Sandrine Aubret, Guillaume Lebre Directrices de clientèles : Laurence Leroy (73.68), Mira Marchard (73.69) - Fax : 01 79 06 79 87

PUBLICITÉ (01 79 06 …) :

Régie publicitaire : Antony Parc 2 - 10 place du Général de Gaulle - La Croix de Berny - BP 20156 - 92 186 Antony Cedex Tél. : 01 79 06 70 87 pub.collectivites@groupemoniteur.fr Directeur commercial : Jean-François Goasguen (70.91). Directrice Publicité internet : Isabelle Ghariani (70.90). Publicité : Véronique Gelin (70.60), Gérald Glondu (70.89), Nelly Huet (70.92), Anne-Marie Roux (70.86), Emilie Vaneme (70.88),

Isabelle André Éditeur délégué : Laurent Boidi.

RÉDACTION Directeur des rédactions : Guillaume Doyen Rédacteur en chef : Nicolas Braemer (06 08 51 18 63) nicolas.braemer@lettreducadre.fr

Assistante de rédaction : Aurélie Niemaz (04 76 93 12 32)

404

926 958 00020 - Code APE : 5813Z -

N° TVA intracommunautaire : FR 28 404

DIFFUSION Directeur de la diffusion : Guillaume de Corbière.

926

958

Site internet : www.lettreducadre.fr e-mail : info@territorial.fr

ISSN : 1165-9394. Commission paritaire : 0914 T 85317.

Responsable de diffusion : Valérie Friedel.

RÉALISATION Rédacteur en chef technique : Laurent Brugièregarde. Secrétaire de rédaction : Annie Lozac’h-Menez. Rédacteur graphiste : Karine Colnel.

Webdesigner : Jenny Buttigieg.

Dépôt légal : à parution. RIB : CIC Crédit Industriel et Commercial - Code banque : 30066 - Code guichet :

WEB Responsable technique Web : Sébastien Mérieux

 

10949

N° compte : 00020062001 - Clé RIB : 26 - IBAN :

Responsables fabrication : Hervé Charras, Isabelle Seret.

10949 N° compte : 00020062001 - Clé RIB : 26 - IBAN : Responsables fabrication :

FR76 3006 6109 4900 0200 6200 126 - BIC (Bank

 

Identifier Code) : CMCIFRPP - N° SIRET : 404 926 958

Impression : Imprimerie de Champagne, ZI les Franchises - 52200 Langres

00020

- Code APE : 5813Z

VOUS ÊTES ABONNÉ… UTILISEZ

Vous êtes abonné à La Lettre du cadre territorial

et vous recevez tous les mois votre revue. Retrouvez vos contenus réservés, vos archives en ligne et votre magazine au format numérique sur le site www.lettreducadre.fr et sur l’appli Lettre du cadre.

WEB TABLETTE SMARTPHONE
WEB
TABLETTE
SMARTPHONE
1 Remplissez ensuite le formulaire en indiquant bien votre numéro d’abonné ? 1
1
Remplissez ensuite
le formulaire en
indiquant bien votre
numéro d’abonné
?
1

VOUS POSSÉDEZ DÉJÀ UN COMPTE MAIS VOUS N’AVEZ PAS RENSEIGNÉ VOTRE NUMÉRO D’ABONNÉ ?

• Cliquez sur « Je possède un compte »

• Rentrez vos identifiants

• Cliquez sur « Modifier mon profil »

• Vous pouvez ensuite déclarer votre numéro d’abonné

OÙ TROUVER VOTRE NUMÉRO D’ABONNÉ ?

?
?

Votre numéro d’abonné se trouve sur votre facture d’abonnement. Il est composé de 8 chiffres et structuré de la façon suivante :

Un premier chiffre, un slash « / », suivi des 7 autres chiffres.

VOUS N’AVEZ PAS ENCORE DE COMPTE ?

• Cliquez sur « Je ne possède pas de compte »

(Service client : 04 76 65 93 78)

VOS SERVICES EN LIGNE !

2 2
2
2

UNE FOIS CONNECTÉ, VOUS AVEZ ACCÈS :

- à tous les articles sur le site

- à tous les contenus en ligne dont ceux à forte valeur ajoutée réservés aux abonnés et marqués avec

l’encadré suivant

ABONNÉS
ABONNÉS

- vous pouvez vous inscrire pour recevoir la newsletter hebdomadaire et les alertes mails

NOUVEAUTÉ

Avec l’appli, feuilletez l’intégralité de votre revue sur votre mobile ou tablette

NOUVEAU
NOUVEAU

L’APPLI MOBILE ET TABLETTE DE LA LETTRE DU CADRE TERRITORIAL

Une application simple et efficace avec une ergonomie performante pour feuilleter votre revue partout

ergonomie performante pour feuilleter votre revue partout - Feuilletez votre magazine sur votre smartphone et/ou

- Feuilletez votre magazine sur votre smartphone et/ou tablette en avant-première, avant sa parution

- Retrouvez tous les numéros précédents

- Avant de télécharger votre appli, n’oubliez pas de créer votre compte !

- Retrouvez tous les numéros précédents - Avant de télécharger votre appli, n’oubliez pas de créer
- Retrouvez tous les numéros précédents - Avant de télécharger votre appli, n’oubliez pas de créer

CONTRIBUTEURS SOMMAIRE

CONTRIBUTEURS SOMMAIRE ILS ONT PARTICIPÉ À CE NUMÉRO… La Lettre du cadre, c’est avant tout les

ILS ONT PARTICIPÉ À CE NUMÉRO…

La Lettre du cadre, c’est avant tout les territoriaux et des experts qui parlent aux territoriaux, sans langue de bois ni artifice. Voici les professionnels qui ont participé à notre aventure ce mois-ci.

qui ont participé à notre aventure ce mois-ci. Aissia Kerkoub, Directrice générale adjointe des services

Aissia Kerkoub, Directrice générale adjointe des services Mairie d’Annemasse aissia.kerkoub@mairie-annemasse.fr

Mairie d’Annemasse aissia.kerkoub@mairie-annemasse.fr Stéphane Menu, Journaliste stephane.menu@orange.fr

Stéphane Menu, Journaliste stephane.menu@orange.fr

Stéphane Menu, Journaliste stephane.menu@orange.fr Marjolaine Koch, Journaliste

Marjolaine Koch, Journaliste marjolaine.koch@googlemail.com

© S . R I O U Rémi Uzan,
©
S
.
R
I
O
U
Rémi Uzan,

remi.uzan@yahoo.fr

© S . R I O U Rémi Uzan, remi.uzan@yahoo.fr Émilie Baudet, Directrice associée de Cap

Émilie Baudet, Directrice associée de Cap Nova, coach certifiée HEC emilie.baudet@capnova.fr

Cap Nova, coach certifi ée HEC emilie.baudet@capnova.fr Gilles du Chaffaut, Administrateur territorial, ancien DGS

Gilles du Chaffaut, Administrateur territorial, ancien DGS de Grenoble

ET AUSSI… Bruno Cohen-Bacrie, directeur de la communication - cohenbac@free.fr Denis Courtois,
ET AUSSI…
Bruno Cohen-Bacrie, directeur de la communication - cohenbac@free.fr
Denis Courtois, denis-courtois@orange.fr
Céline Ledet, adjoint au chef de service statut, vie administrative et paie,
Métropole européenne de Lille - cledet@lillemetropole.fr
Éric Landot, avocat au Barreau de Paris Cabinet Landot & associés -
eric.landot@ladot-avocats.net
Pierre Larroumec, magistrat - pierre.larroumec@orange.fr
Joël Clerembaux, consultant, formateur collectivités territoriales -
joel.clerembaux@wanadoo.fr
Joël Munsch, directeur général des services adjoint - joel.munsch@orange.fr
Laurent Guyon, directeur Pôle territorial Centre-Nord, Toulouse Métropole -
laurent.guyon@toulouse-metropole.fr
Patrick Martin-Genier, rapporteur public au TA de Paris et maître
de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris -
martingenier@wanadoo.fr
Laure Martin, journaliste - lauremartin.presse@gmail.com
Thomas Eisinger, directeur adjoint des finances et du contrôle de gestion
au conseil régional PACA - teisinger@regionpaca.fr
Séverine Cattiaux, journaliste - severine@cattiaux.com
Julien Damon, professeur associé à Sciences Po, enseignant à HEC -
julien.damon@orange.fr
Evangélia Karamitrou, avocate associée, Cabinet Landot & associés
Pauline Armand, avocate au Barreau de Lyon
Michaël Verne, avocat associé, Itinéraires Droit Public
Annie Letty Keribin, directrice générale adjointe du centre de gestion du
Finistère - AKeribin@cdg29.bzh
Illustrateurs
Frédérique Bertrand,
bertrandfrede@gmail.com
Denis Pessin, dpess@yahoo.fr
Lasserpe, lasserpe@wanadoo.fr
Cambon, mcambon2@wanadoo.fr
Djivanides, jpdjiva@gmail.com
Vaïnui De Castelbajac,
vcastelbajac@gmail.com
Nini Lacaille, ninilacaille@gmail.com
À LA UNE Espace public : en toute confiance 28 Prendre en compte la maîtrise
À LA UNE
Espace public :
en toute
confiance
28
Prendre en compte la maîtrise
30
.
L’œil du philosophe « Rendre la ville à ses habitants »
Un enfant dans la ville
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
32
.34
© JVILLAFRUELA - WIKIMEDIACOMMONS
42
42

Vous avez dit coaching ?

62
62

Gemapi : les retardataires boiront la tasse

ABONNEMENTS 1 an soit 10 numéros Tél. : 04 76 65 93 78 - Fax
ABONNEMENTS
1 an soit 10 numéros
Tél. : 04 76 65 93 78 -
Fax : 04 76 05 01 63
• Prix au numéro : 18 €
• Prix abonnement
+ newsletter :
- 169 € / an (villes + 5000 hab.)
- 159 € / an
(villes de 1000 à 5000 hab.)
- 109 € / an (villes - 1000 hab.)
• Abonnement personnel +
newsletter : 89 € / an ou prélè-
vement automatique mensuel :
7,50 € / mois (sur 12 mois)

La Lettre du cadre territorial • avril 2016

52 Les dérives du minimum garanti
52
Les dérives du minimum garanti
66
66

Transports : ticket de transfert validé

72 72 Un rebelle contre le nucléaire
72 72
Un rebelle contre le nucléaire

Encarts jetés : Catalogue C09A0901, Mailings DA168940 et DB168940 aux prospects

3 ÉDITORIAL - Quartiers sensibles

8 ACTUALITÉ

SOMMAIRE SOMMAIRE
SOMMAIRE
SOMMAIRE

8

EXPRESS - Toute l’actualité des collectivités locales

13

ON DESSINE POUR VOUS - Nos ministres connaissent-ils le monde du travail ?

14

ENTRETIEN avec Nicolas Sansu - « La diminution de la qualité des services publics est une réalité »

16

EXPRESS - Toute l’actualité des collectivités locales

17

VIENS CHEZ MOI… Pas-de-Calais Habitat drague les jeunes

18

EXPRESS - Toute l’actualité des collectivités locales

19

DÉCENTRALISATION - L’actu de la réforme territoriale

20

EXPRESS - Toute l’actualité des collectivités locales

21

LOGEMENT SOCIAL A LA CARTE - Le « 25 % » est-il généralisable ?

22

EXPRESS - Toute l’actualité des collectivités locales

23

CENTRES DE GESTION - Archiver ne serait plus un délit

24

REGARDS CROISÉS - La rédaction de La Lettre du cadre commente l’actualité territoriale

26

SUR LETTREDUCADRE.FR - Toute l’actualité du site de La Lettre

37 MANAGEMENT

37

CHRONIQUE - On ne naît pas manager, on le devient… Oui, mais comment ?

38

DÉBAT - Les paradoxes du management territorial

42

VOUS AU TRAVAIL - Coaching, vous avez dit coaching ?

44

EXPÉRIENCES - Les groupes de pairs au secours des agents

46

ENTRETIEN avec Jérôme Barthélemy et Nicolas Mottis - « Il faut prendre le temps de se pencher sur la recherche en management »

49

RESSOURCES HUMAINES

 
 

49

CHRONIQUE - 8 mars : Help, les filles ! Plus qu’un an pour aider la FPT !

50

STATUT - Télétravail : les règles enfin précisées !

52

RETRAITES - Le minimum garanti est-il encore un dispositif solidaire ?

55

MOBILITÉ - Violaine Chenel - Tout compte fait

57

JURIDIQUE

 
 

57

CHRONIQUE - Laïcité : la France en perd son latin

58

MARCHÉS PUBLICS - Ordonnance concessions : évolution ou révolution ?

62

GESTION DES EAUX - Gemapi : les retardataires boiront la tasse

64

QUESTIONS/RÉPONSES

 

65

FINANCES

 
 

65 CHRONIQUE - Les régions : géants fragiles ?

66 TRANSPORTS - Compétence transport : on voit plus clair sur les compensations financières

70

POLITIQUES LOCALES

 
 

70

AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE - Les nouveaux défis de l’aménagement des nouvelles régions

72

PROSPECTIVE

 
 

72

ENTRETIEN avec Bruno Rebelle « La France doit radicalement changer de modèle énergétique »

76

ÇA SE PASSE AILLEURS - Quand les villes se mettent à nu

78

CONTROVERSE - RIP le débat public

 

80

DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE - Mulhouse deviendra-t-elle accro au « THC » ?

83

À LIRE - Mettre le paquet » contre les inégalités

84

OFFRES D’EMPLOI

 

7

© PHOTOCOMPTOIR - FOTOLIA

ACTUALITÉ

© PHOTOCOMPTOIR - FOTOLIA ACTUALITÉ TOUT SE PERD Et les CRS ? Cet été, les maîtres

TOUT SE PERD

Et les CRS ?

Cet été, les maîtres nageurs sauveteurs CRS ne surveilleront les plages que du 20 juillet au 22 août et non pas tout l’été. Entre l’Euro de foot et le plan Vigipirate, le ministère de l’Intérieur estime que les CRS assument assez de missions. Pour le syndicat Unité SGP Police-FO, l’État tente de reléguer cette mission estivale au second plan. Il y a trente ans, les plages françaises étaient surveillées par 1 200 CRS. Un chiffre passé à 650 en 2007 et à moins de 500 l’an dernier. À Trouville (Calvados), très prisée l’été, la com- mune a déjà décidé d’affecter trois maîtres nageurs à la surveillance des plages, déplorant toutefois qu’ils n’aient pas les pouvoirs de police…

IL A DIT
IL A DIT
qu’ils n’aient pas les pouvoirs de police… IL A DIT « Je ne suis pas en

« Je ne suis pas en train de devenir socialiste ».

Xavier Bertrand

suis pas en train de devenir socialiste ». Xavier Bertrand CARAMBA, ENCORE RATÉ Point d’indice :

CARAMBA, ENCORE RATÉ

Point d’indice :

on y a cru !

Quand on accole le qualificatif « sym- bolique » à un mot (hausse en l’occur- rence) on sait que celle-ci sera proche de zéro. Mais le mot hausse fut pronon- cé de la bouche même de l’ex-ministre Marylise Lebranchu. Pour celle qui l’a remplacée, Annick Girardin, le discours est désormais plus clair : « nous devons composer avec une réalité budgétaire et nous avons à regarder les choses d’un point de vue macroéconomique » a-t-elle déclaré à propos de la hausse du point d’indice. On comprend ainsi que Bercy a fourni les « éléments de langage » nécessaires au « traitement » de la question et que toute revalori- sation est désormais exclue… sauf si le politique reprenait la main.

PAS DE PETITES ÉCONOMIES

Bourses supprimées

Le conseil départemental de Seine-Maritime (majorité de droite) a décidé de sup- primer à la rentrée prochaine les bourses allouées à 5 000 familles sous condition de ressources. Le montant de ces aides, allant de 100 à 340 euros par collégien, se traduira par une économie évaluée à 930 000 euros, le budget étant « sous tension ». En contre- partie, l’assemblée va renforcer l’aide à la restauration scolaire pour 7 000 élèves.

ON AIME Damien Carême Le maire (EELV) de Grande- Synthe a réussi à faire ouvrir
ON AIME
Damien Carême
Le maire (EELV) de Grande-
Synthe a réussi à faire ouvrir
m
m
un camp de réfugiés aux
o
o
n
c
A
s
a
i
normes humanitaires dans sa
ville. Une initiative combattue
par l’État, mais qui a permis à
quelque 900 réfugiés de sortir de
l’insalubrité du camp du Basroch.
d
E
ON N’AIME PAS
e
Claude Goasguen
R
Le maire du XVI e arrondis-
m
sement ne recule devant
aucune contrevérité pour
combattre le projet de foyer
pour familles sans abri du
Bois de Boulogne et flatter ses
électeurs.
/
i
k
X
i
w
U
-
A
n
I
e
S
y
u
U
g
R
N
C
n
a
K
L
-
C
e
i
r
N
a
M
A
©
R
F
©

8 FEMMES

SEULEMENT SONT PRÉSIDENTES D’UNIVERSITÉ EN FRANCE. Le « taux de féminisation » est cependant monté à 19 % lors des dernières élections des président(e)s d’université, contre 10 % en 2008.

VU SUR FACEBOOK #droitdesfemmesonvousdit ! Voilà, il y a encore pas mal de collectivités qui,
VU SUR FACEBOOK
#droitdesfemmesonvousdit !
Voilà, il y a encore pas mal de collectivités
qui, le 8 mars, confondent la journée des
droits des femmes, avec la journée de la
femme. Du coup, on passe aussi assez vite
de la journée de la femme à la journée de
la mère. Mais ne nous plaignons pas, dans
certaines villes, on propose ce jour-là aux
femmes de parfaire leurs compétences en
tricot !

LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES…

LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES… ACTUALITÉ La Lettre du cadre territorial • avril 2016 9

ACTUALITÉ

LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES… ACTUALITÉ La Lettre du cadre territorial • avril 2016 9
LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES… ACTUALITÉ La Lettre du cadre territorial • avril 2016 9

ACTUALITÉ

ACTUALITÉ IL A DIT « Comment en est-on arrivé à avoir une proposition de texte de
IL A DIT
IL A DIT
ACTUALITÉ IL A DIT « Comment en est-on arrivé à avoir une proposition de texte de

« Comment en est-on arrivé à avoir une proposition de texte de réforme du dialogue social sans qu’aucun syndicat ne soit d’accord ? »

Karine Berger, députée PS

syndicat ne soit d’accord ? » Karine Berger, députée PS HECTARES Reboisement Avec le soutien financier

HECTARES

Reboisement

Avec le soutien financier de l’Europe et de l’État, la région Bretagne lance un deuxième appel à projets pour un programme unique en France, le Breizh Bois Forêt. Financé à hauteur de 10 millions d’euros, il veut inciter et aider les propriétaires fonciers et forestiers à reboiser leurs terrains en friche. Ceci afin de pérenniser la filière régionale et de répondre à la demande croissante des marchés. 4 000 hectares doivent être reboisés d’ici à 2020.

DG D’INTERCO

« Manager des territoires sans frontière »

C’est l’accroche retenue pour la 9 e édition des Universités d’été des directeurs généraux d’intercommuna- lité qui se dérouleront les 7 et 8 juillet prochains au Grand-Bornand.

EN CHIFFRES

48 615 EUROS

PAR AN (soit 4 051 euros par mois), c’est le revenu moyen d’une famille composée d’un couple avec deux enfants de moins de 14 ans.

euros par mois), c’est le revenu moyen d’une famille composée d’un couple avec deux enfants de

OUI OU NON ?

Référendum : le casse-tête ND des Landes !

C omment organiser un référen- dum local sur une compétence « étatique »? Dans l’état actuel

de la législation, cela semble impos- sible. Il y a bien les projets d’ordon- nances issues de la loi Macron, qui peuvent être prises « sur la démocrati- sation du dialogue environnemental ». Mais elles ne peuvent s’appliquer que pour des décisions que l’État envisage de prendre… Or, celle visant l’aéroport est déjà prise! Donc problème… qu’un juriste attentif pourrait utiliser pour faire annuler la procédure. Il y aura donc d’ici l’été à imaginer une solution, une petite loi ad hoc par exemple, pour lancer une consultation sur un périmètre sur lequel a porté

une consultation sur un périmètre sur lequel a porté l’enquête publique en 2006, comme l’a déclaré

l’enquête publique en 2006, comme l’a déclaré le Premier ministre.

SURSIS

Le Musée des tissus de Lyon passera l’année 2016

A près un bras de fer entre l’État, la région et la ville de Lyon, chacun s’est

engagé à verser 250 000 euros (la ville de Lyon avec la métropole) pour

l’année 2016. Pour les années à venir, le chantier reste ouvert et chacun

des partenaires (y compris la CCI vendeuse) s’est engagé à tout mettre en

œuvre… pour trouver des mécènes privés.

AUBAINE

Le prix de la couverture numérique

Sur les 7 millions de prises « hors zones de déploiement des grands réseaux privés », plusieurs sociétés prospèrent en proposant leurs services aux départements prenant en charge cette « fragilité ». Ainsi, les Alpes- Maritimes viennent d’attribuer un marché de 106 millions d’euros pour l’installation de 74 000 prises sur près de 100 communes non desservies (soit près de 1 500 euros par prise). La société aura quinze ans pour mettre en place le réseau et le département la même période pour le payer, soit un peu plus de 7 millions par an.

RAS-LE-BOL

Normes : la commission se rebiffe !

C’est courtoisement et administrative- ment bien écrit, mais la Commission nationale d’évaluation des normes (Cnen) a, le 3 mars dernier, exprimé ainsi son « ras-le-bol » : « attendu que le ministère de l’Économie […] main- tient le projet de texte dans sa version initiale examinée devant le Cnen, ne tenant strictement aucun compte des observations de la séance du 4 février 2016 », la Cnen a donné un avis défavo- rable à l’unanimité des élus (7 contre 5 avis favorables des représentants de l’État) à un projet de décret relatif aux marchés publics.

JOURNÉE D’ÉTUDE
JOURNÉE
D’ÉTUDE

acteurs de la

viescolaire

Éducation

ACTUALITÉ

26 AVRIL 2016 - VILLEURBANNE

TARIFICATION PÉRISCOLAIRE :

COMMENT TROUVER LE JUSTE PRIX !

Comment rendre compatible la recherche d’équité et le financement des activités La notion de «
Comment rendre compatible la recherche
d’équité et le financement des activités
La notion de « taux d’effort » des familles
est-elle pertinente
Le quotient familial est-il un bon outil ?
Comment communiquer auprès des parents.
Sont-ils prêts à payer un service facultatif
et à quel prix ?
INSCRIVEZ-VOUS
DÈS MAINTENANT !
Programme complet et inscription sur :
Avec le soutien de :
conferences.lagazettedescommunes.com
Journée d’étude « Éducation »
Elvire ROULET
eroulet@infopro-digital.com
01 77 92 93 36
o
to
h
p
k
c
o
tS
i-
ci
ja
©
gv
« Éducation » Elvire ROULET eroulet@infopro-digital.com 01 77 92 93 36 o to h p k
« Éducation » Elvire ROULET eroulet@infopro-digital.com 01 77 92 93 36 o to h p k
« Éducation » Elvire ROULET eroulet@infopro-digital.com 01 77 92 93 36 o to h p k
« Éducation » Elvire ROULET eroulet@infopro-digital.com 01 77 92 93 36 o to h p k

ACTUALITÉ

ACTUALITÉ DUR COMME L’ACIER Recyclage : l’impact de la baisse des prix des métaux Les gestionnaires

DUR COMME L’ACIER

Recyclage :

l’impact de la baisse des prix des métaux

Les gestionnaires des services d’or- dures ménagères mesurent mois après mois les baisses des recettes consécu- tives aux baisses des ventes de métaux récupérés. Au dernier trimestre 2015, l’acier a perdu 40 % de sa valeur et les métaux non ferreux (aluminium et cuivre essentiellement) 25 %. Mais cette baisse a aussi pour conséquence la fragilisation des « petits recycleurs » et leur rachat – à bon prix – par des plus gros. Le nombre d’intervenants sur certains marchés régionaux est désormais réduit à quelques opéra- teurs bien connus.

© DJAMA - FOTOLIA
© DJAMA - FOTOLIA

EN CHIFFRES

50 %

C’EST LA PART À LAQUELLE LA FRANCE doit réduire l’atome à l’horizon 2025 dans sa production électrique, si elle se conforme aux objec- tifs de la loi de transition énergétique. Le nucléaire représente aujourd’hui 77 % de la production française d’énergie.

I WANT MY MONEY BACK

TER : retards, abonnements et promesses électorales

© FLORIAN PÉPELLIN - WIKIMEDIACOMMONS
© FLORIAN PÉPELLIN - WIKIMEDIACOMMONS

D eux conseils régionaux (Rhône-Alpes-Auvergne et Paca) expérimentent un

système d’indemnisation des abonnés qui subissent des retards fréquents sur leurs trajets quotidiens. Cette expérimentation touche pour l’instant quelques lignes ciblées (connues pour leur retard) ; mais la région Rhône-Alpes-Auvergne envisage d’étendre le dispositif à tout le réseau en janvier 2017 sous la forme d’un remboursement de 20 à 30 % de l’abonnement sur le mois suivant les retards. En Aquitaine-Limousin-Poitou- Charentes, une ristourne de 50 % a

été accordée sur le mois de mars 2016 pour les dysfonctionnements subis les mois passés. Même en Ile-de- France, la nouvelle présidente voudrait revoir les conditions du bonus/malus ponctualité au profit des voyageurs. Mais dans cette région comme dans d’autres, cela passe par une révision des contrats de service public pluriannuels, dont beaucoup ont été signés avant les élections. Cette promesse qui avait été faite par nombre de candidats trouve donc à la fois un début d’accomplissement et des difficultés de mise en œuvre… sans parler des budgets à mobiliser.

FINALEMENT, ÇA PASSE

La « bonne nouvelle » des « frais de notaire » se confirme

N ombre de départements avaient finalement pu boucler leur budget sans

augmenter les taux grâce à l’aug- mentation des droits de mutation perçus ou à percevoir. Ce sont maintenant les villes qui font les

mêmes annonces au moment du vote de leur budget. Nombreuses sont celles – dont Paris – qui ont décalé dans le temps ce vote jusqu’à fin mars alors que ce dernier, pour les « grandes villes », intervenait fin décembre.

S. ROYAL © MATTHIEU RIEGLER / M. EL KHOMRI © CHRIS93 / M VALLS © SYCED / JM. AYRAULT © ACTUALITTÉ / N. VALLAUD-BELKACEM BENJAMIN © GEMINEL / E MACRON © PABLO TUPIN-NORIEGA / JY. LE DRIAN © PYMOUSS / B.CAZENEUVE © LATVIJAS REPUBLIKAS VALSTS KANCELEJA / A. AZOULAY © ACTUALITTÉ / M. SAPIN © MINISTÈRE DU TRAVAIL / JJ. URVOAS © ERICWALTR / G. PAU-LANGEVIN © MATTHIEU RIEGLER - WIKIMEDIACOMMONS - INFOGRAPHIE J. BUTTIGIEG TERRITORIAL GROUPE

ON DESSINE POUR VOUS

ACTUALITÉ

BUTTIGIEG TERRITORIAL GROUPE ON DESSINE POUR VOUS ACTUALITÉ connaissent-ils le monde du travail ? pas du
connaissent-ils le monde du travail ? pas du tout (ou presque)
connaissent-ils le monde du travail ?
pas du tout (ou presque)
 

N°1

N°1
 
   
        N°3  
   

N°3

N°3
 

N°2

MYRIAM EL KHOMRI

- 38 ans

MINISTRE DU TRAVAIL

   

POLITIQUE 14

ANS

VRAI TRAVAIL

0

AN

 

SÉGOLÈNE ROYAL - 63 ans

- 6 ans de cabinet

MANUEL VALLS - 54 ans

MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT

- 8 ans de politique à plein-temps

premier ministre

POLITIQUE

35

ANS

VRAI TRAVAIL

1

AN

Ils sont trois à n’avoir jamais (ou presque) fait autre chose

Leur expérience du monde du travail est à peine symbolique…

POLITIQUE

29

ANS

VRAI TRAVAIL

2

ANS

- 7 ans de cabinet

- 28 ans de politique à plein-temps

Juge au tribunal administratif

de Paris

- 11 ans de cabinet

- 18 ans de politique à plein-temps

Délégué ministériel adjoint

aux JO d’Albertville

un jour,

MAIS Y’A LONGTEMPS… Il y a longtemps, ils ont été professeur ou haut-fonctionnaire, mais ça remonte à plusieurs dizaines d’années. Et depuis, ils ne font que de la politique.

 

un peu,

MAIS C’EST MIEUX QUE RIEN Ce n’est pas ceux qui s’en sortent le plus mal. Entre 3 et 10 ans d’expérience professionnelle, dont pas mal dans le privé. C’est mieux que rien.

pas mal quand même

Ceux-là sont les vainqueurs. Il ont eu un vrai métier et sont loin d’avoir passé toute leur vie comme professionnels de la politique même si ça a été pour être banquier ou avocat.

 
  NAJAT VALLAUD-BELKACEM - 39 an s  
NAJAT VALLAUD-BELKACEM - 39 an s

NAJAT VALLAUD-BELKACEM

- 39 ans

  NAJAT VALLAUD-BELKACEM - 39 an s  
 
 

JEAN-MARC AYRAULT

-

66 ans

 

ministre de l’éducationu

nationale

EMMANUEL MACRON

- 39 ans

ministre des affairesa

étrangères

 

ministre de

l

l’économie

 

POLITIQUE

39

ANS

VRAI TRAVAIL

5

ANS

POLITIQUE

21

ANS

VRAI TRAVAIL

3

ANS

POLITIQUE

4

ANS

VRAI TRAVAIL

8

ANS

2 ans de cabinet

- Juriste dans un cabinet d'avocats

 

-

39 ans de politique

Professeur d’allemand

- 8 ans de politique

- 2 ans de cabinet

- Inspecteur des finances

à

plein-temps

à

plein-temps

- 2 ans ministre

- Associé puis gérant de la Banque Rothschild

 
     
 
     
 
     

AUDREY AZOULAY

- 44 ans

 

BERNARD CAZENEUVE

- 53 ans

 

ministre de e

la culture

 
 

JEAN-YVES LE DRIAN

-

69 ans

ministre dee l’intérieur

 

ministre de e

la défense

POLITIQUE

4

ANS

VRAI TRAVAIL

12

ANS

POLITIQUE

38

ANS

VRAI TRAVAIL

7

ANS

 

POLITIQUE

12

ANS

VRAI TRAVAIL

5

ANS

- 4 ans de cabinet

-

Administratrice civile au secrétariat

- 3 ans de cabinet

- Juriste dans une banque

- général du gouvernement puis en CRC

2 mois ministre

-

38 ans de politique

Professeur d’histoire

- 21 ans de politique

- Secrétaire général du Conseil

 

-

Directrice adjointe puis directrice

à

plein-temps

à

plein-temps

supérieur de la navigation de plaisance

générale déléguée du Centre national de cinématographie

 
    JEAN-JACQUES URVOAS - 5 7 an s  
 
JEAN-JACQUES URVOAS - 5 7 an s

JEAN-JACQUES URVOAS

- 57 ans

 
    JEAN-JACQUES URVOAS - 5 7 an s  

GEORGE PAU-LANGEVIN

- 68 ans

 
 

MICHEL SAPIN

- 64 ans

 

ministre des s

outre-mer

 

garde dess sceaux

 

ministre deses finances

POLITIQUE

19

ANS

VRAI TRAVAIL

12

ANS

POLITIQUE

15

ANS

VRAI TRAVAIL

28

ANS

POLITIQUE

33

ANS

VRAI TRAVAIL

3

ANS

 

- 6 ans de cabinet

- Avocate

 

- 11 ans de cabinet

- Directeur de la mutualité du Finistère

- 9 ans de politique

à plein-temps

 

- Directrice adjointe de l'Agence

nationale de promotion et de l'insertion des travailleurs d'outre-mer

-

33 ans de politique

Conseiller au TA de Paris

- 8 ans de politique

- Maître de conférences à l’université

à

plein-temps

à

plein-temps

 

© MAIRIE VIERZON

ACTUALITÉ ACTUALITÉ
ACTUALITÉ
ACTUALITÉ

DOTATIONS

NICOLAS SANSU

est député-maire de Vierzon (élu député en 2012, maire depuis 2008). Il a été conseiller général en 2008, puis démissionna pour cause de cumul de mandats. Il appartient au groupe du Front de gauche.

CONTACT :

http://www.nicolas-sansu.fr/

« La diminution de la qualité des services publics est une réalité »

Auteur du rapport de la commission d’enquête sur les conséquences pour le bloc communal de la baisse des dotations de l’État, Nicolas Sansu crie à la censure. Le député-maire Front de gauche de Vierzon aurait pourtant bien voulu que son rapport soit publié. Mais la loi le lui interdit, ce qui ne l’empêche pas de parler.

V ous laissez entendre que vous avez été victime d’une « censure » sur ce rapport, qui n’a pas fait l’objet d’une publication

officielle. Que s’est-il passé au juste ? Au mois de juin 2015, notre groupe commu- niste-Front de gauche a demandé la constitution d’une commission d’enquêtes sur la baisse des dotations de l’État, au nom du droit de tirage. Cette demande a été acceptée et cette commis- sion visait, selon son intitulé, à « évaluer les conséquences sur l’investissement public et les services publics de proximité de la baisse des dotations de l’État aux communes et aux EPCI ».

Mais, en règle générale, le groupe socialiste refuse que le rapporteur d’une commission ne soit quelqu’un d’autre qu’un… socialiste. Dès ce jour-là, j’ai compris que je n’étais pas à l’abri d’une déconvenue. J’ai eu du nez.

Que comptez-vous en faire ? Pouvez-vous le publier ? Je n’ai le droit de publier qu’une contribution, ce que je me suis empressé de faire sur mon site. Mais publier les 175 pages du rapport est illégal. J’ai rencontré de nombreuses personnes mais je n’ai pas le droit d’en faire état, je risque jusqu’à 15 000 euros d’amende. Ce règlement est

d’un autre âge. Je crois que le gouvernement n’a pas apprécié le fait que je compare les 11 mil- liards d’euros d’efforts soustraits aux collectivi- tés aux 40 milliards d’euros de cadeaux faits aux entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité et du Cice (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). Ce régime sec imposé aux collectivités est de plus en contradiction totale avec l’engagement du candidat François Hollande, lors de la campagne présidentielle, de maintenir l’effort en direction des collectivités.

Que dites-vous de si terrible dans ce rapport ? Il n’y a pas de secret d’État ! J’ai juste rappelé que la fiscalité locale ne ressemblait plus à rien et je suggère qu’en période de crise écono- mique, il serait plus judicieux de redonner du pouvoir fiscal aux collectivités pour qu’elles investissent et pèsent plus efficacement sur le redressement économique du pays.

Votre entrevue avec le directeur de la Direction générale des collectivités locales (DGCL) aurait été particulièrement pimentée… Je lui ai juste demandé si l’impact de la baisse des dotations avait été évalué sur la menace d’une fragilisation du budget des communes et des EPCI. Il m’a répondu qu’il ne pouvait pas produire une évaluation précise. Je lui ai répondu que cette évaluation avait certaine- ment été réalisée. On en est restés là.

Vous laissez entendre que la situation budgétaire du bloc communal est explosive. Aujourd’hui, 1 500 à 2 000 communes ne sont plus en mesure d’évaluer l’état de leur budget. Beaucoup de communes ne sont plus capables de faire face aux financements classiques, beaucoup d’entre elles sont menacées de passer sous tutelle préfectorale. Quant à la réforme de la DGF, elle ne ferait que des perdants.

à la réforme de la DGF, elle ne ferait que des perdants. « Aujourd’hui, 1 500

« Aujourd’hui, 1 500 à 2 000 communes ne sont plus en mesure d’évaluer l’état de leur budget. »

plus en mesure d’évaluer l’état de leur budget. » Les mesures d’économies ne permettront-elles pas de

Les mesures d’économies ne permettront-elles pas de faire face à cette baisse des dotations ? Non, la différence est trop importante. Dans ma commune de Vierzon, nous allons perdre 900 000 euros du fait de la baisse des dotations. La mutualisation de certains services avec l’agglo permettra d’économiser 100000 euros. Les communes nouvelles ne constituent qu’une voie étroite pour faire face à cette réduction des aides de l’État puisque de nouveaux services naîtront de ces regroupements.

Comment sortir de cette quadrature du cercle ? Je crois qu’il ne faut plus se voiler la face. On ne rendra pas plus vertueuse la fiscalité locale si on laisse de côté la fiscalité globale. L’argent est dans les entreprises, il faut donc aller le chercher où il se trouve. Quant à la remise à plat des valeurs locatives, on perçoit très bien que c’est de la dynamite et on ne sait pas quand un système plus juste prévaudra.

Quelles sont les variables d’ajustement financier ? Les personnels diminueront de plus en plus, avec notamment un recours accru aux contrac- tuels, en passe de devenir le CDD de la fonction publique, le temps de voir comment la situation évoluera. Puis les investissements vont continuer à baisser, avec des projets qui prendront plus de temps à émerger et une aggravation de la situation économique dans le BTP. Enfin les collectivités auront de moins en moins de marge pour accompagner les initia- tives locales, elles diminueront les subven- tions; elles chercheront des partenariats, auront moins de marge d’autonomie. Je crois que l’exemple le plus spectaculaire concerne la diminution du nombre de piscines munici- pales. C’est incroyable, les maîtres-nageurs se trouvent de plus en plus au chômage… Il y aura moins de fonctionnaires en 2015 qu’en 2014, quand le décompte réel sera fait.

On parle souvent du risque d’affaiblissement du service public. Où en est-on ? La population semble méconnaître complètement ces enjeux… Les gens s’en rendront compte à temps, comme souvent, quand le mal sera fait. Mais la diminution de la qualité des services est une réalité, on risque de ne plus faire société dans peu de temps. Les petites villes s’en sortiront sans doute mieux, parce qu’elles reposent sur des solidarités plus fortes. C’est pour cette raison que je propose de lancer des journées citoyennes, qui ne combleront bien sûr pas la place des services publics mais permettront une prise de conscience de la population. Dernier point, la baisse des dotations est un argument pour ne pas augmenter le point d’indice des fonctionnaires. Car, si le point d’indice grimpe et que les dotations baissent, je ne sais pas comment les communes et les EPCI feront pour y faire face.

Stéphane Menu

© PLINE - WIKIMEDIACOMMONS

ACTUALITÉ

© PLINE - WIKIMEDIACOMMONS ACTUALITÉ IL A DIT « En politique, l’intelligence n’apporte pas les vraies
IL A DIT
IL A DIT
© PLINE - WIKIMEDIACOMMONS ACTUALITÉ IL A DIT « En politique, l’intelligence n’apporte pas les vraies

« En politique, l’intelligence n’apporte pas les vraies réponses. »

Bruno Le Maire

n’apporte pas les vraies réponses. » Bruno Le Maire JEU DE DUPE Grand stade de rugby

JEU DE DUPE

Grand stade de rugby :

la Cour des comptes… fait les comptes

Sollicitée à ce sujet, la Cour a rendu une étude le 29 février. Le grand stade de rugby sera construit en Essonne pour 600 millions d’euros (financés sur fonds privés, mais garantis aux deux tiers par le département… qui se substituera à la FFR en cas de défaut de paiement). Pas de financement d’État donc… pas directs en tout cas. Car, en quittant le Stade de France, le rugby privera son concession- naire (Vinci/Bouygues) de 161 à 186 mil- lions de recettes, s’inquiète la Cour… Or, aux termes d’un contrat de conces- sion qualifié par certains de léonin à l’époque, des recettes sont garanties par l’État jusqu’à la fin de la concession en 2025. Sans rugby, moins de recettes, donc davantage de compensations par l’État. Mais heureusement, d’ici là (2024), auront lieu à Paris les Jeux olympiques et tout rentrera dans l’ordre.

PRIX PLANCHER

Bordeaux métropole veut du foncier moins cher…

PLANCHER Bordeaux métropole veut du foncier moins cher… F aire sortir des programmes immobiliers à 2

F aire sortir des programmes immobiliers à 2 500 euros le mètre carré sur le territoire de la

métropole, quand le prix moyen des constructions est aujourd’hui de l’ordre de 3 750 euros, c’est l’objectif d’une charte signée entre la métro- pole de Bordeaux, la Caisse d’Épargne Aquitaine-Poitou- Charentes et les promoteurs immobiliers.

La charte signée entre tous les partenaires vise un objectif de vente

d’un tiers du programme « 50 000 logements » à moins de 2 500 euros le mètre carré. Portée par la métropole, l’opération entend construire 50 000 logements sur une quinzaine de sites, essentiellement le long des axes de transport, et ainsi faire face à la progression importante de la popula- tion sur la métropole. Celle-ci espère acquérir du foncier à prix maîtrisé, la Caisse d’Épargne mobilisant une ligne de crédit de 15 millions d’euros sur trois ans.

FIN DE PARTIE

Métropole Aix-Marseille-Provence :

le Conseil constitutionnel donne le clap de fin

Dans le feuilleton à rebondissements autour de la naissance de la nouvelle métropole, on a fait une longue halte sur la case judiciaire. On attendait, pour clore cet épisode, une réponse du Conseil constitutionnel saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) par les adversaires de la suprématie marseillaise, Aix-en-Provence en tête. Les opposants à la métro- pole prenaient appui sur « l’absence » de proportionnalité dans la représentation des communes (avec une « surreprésentation » de Marseille) quant au nombre de délégués désignés. La réponse du Conseil constitutionnel est tombée – comme vous pourrez le lire – ci-dessous, et elle est « claire » : « Consi- dérant qu’en attribuant des sièges supplémentaires à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne aux communes qui se sont vu allouer des sièges lors de la première répartition selon la même règle, le législateur a permis que la représentation des communes les plus peuplées de la métro- pole se rapproche de la représentation moyenne de l’ensemble

des communes de la métropole ; que l’attribution de ces sièges a pour effet de réduire substantiellement l’écart entre le rapport du nombre de membres de l’organe délibérant alloués à une commune et sa population et le rapport du nombre total de membres de l’organe délibérant et la population de la métro- pole ; que si, dans le même temps, cette attribution a pour conséquence d’accroître « l’écart à la moyenne » pour certaines communes, ces dernières ne représentent qu’une faible part de l’ensemble des communes et de l’ensemble de la population de la métropole ; qu’il s’ensuit que les dispositions du 4° bis du para- graphe IV de l’article L.5211-6-1 du code général des collectivités territoriales, qui ont pour effet d’améliorer la représentativité des membres de l’organe délibérant de la métropole d’Aix- Marseille-Provence, ne méconnaissent pas le principe d’égalité devant le suffrage ». Fermez le ban, la métropole peut donc désormais exister… en toute simplicité.

ACTUALITÉ

ACTUALITÉ VIENS CHEZ MOI… Pas-de-Calais Habitat drague les jeunes Le plus important bailleur de la région

VIENS CHEZ MOI…

Pas-de-Calais Habitat drague les jeunes

Le plus important bailleur de la région veut « déringardiser » l’image du logement social chez les jeunes. Le dispositif « Un jeune, un logement » vise modestement à leur attribuer une cinquantaine de logements dans des conditions plus favorables que dans le parc privé. En attendant plus…

favorables que dans le parc privé. En attendant plus… pour acheter des maillots pour un club

pour acheter des maillots pour un club sportif, par exemple. Ces jeunes sont locataires chez nous. Ça permet de changer un peu leur image auprès de la population, image souvent injuste parce que la plupart d’entre eux sont volontaires et désireux de faire des choses pour leur quartier ». Pour l’heure, une dizaine de projets ont été soutenus, une vingtaine le seront avant la fin de l’année. Le dernier axe est en cours de lancement et propose aux jeunes de « garantir un taux d’effort de 25 % pour tous les locataires du Pas-de-Calais Habitat de moins de 30 ans ». Un bilan sera établi à la fin de l’année avant d’en assurer un plus ample déploiement. En draguant ainsi les jeunes, Pas-de- Calais Habitat, premier bailleur de la région (40377 logements), entend mettre sur le marché « jeunes » une cinquantaine de logements. Des petits logements, du studio au T2, plus exposés au turn-over qu’à partir du T3, « où s’engage généralement une phase de stabilisation des familles », conclut Alain Wroblewski.

Stéphane Menu

C’ est un constat quelque peu douloureux pour les bailleurs sociaux: les jeunes

ne pensent pas naturellement à eux quand ils se mettent en quête de leur premier logement. « Nous recevons en effet plutôt des familles », confirme Alain Wroblewski, respon- sable du marketing à Pas-de-Calais Habitat. « C’est dommage, parce qu’avec des finances parfois limitées, ils se retrouvent dans le parc privé qui ne leur offre pourtant pas les meilleures garanties, comme ils pourraient le croire, notamment sur le plan énergétique », poursuit-il. D’où l’idée du bailleur d’aller à la rencontre des jeunes. Et pour croiser leur route, il faut tout faire pour ne pas communiquer ringard. « Nous avons mis en place le dispositif « Un jeune, un logement » sur la base justement d’une appréhension rapide de la problématique. Sur leur tablette ou leur téléphone, les jeunes pour- ront rapidement comprendre de quoi il s’agit ».

Le loyer tout compris, tarpin bien…

Le dispositif est un trépied. Le premier propose un « loyer tout compris ». « Il s’adresse aux jeunes qui ne sont pas encore chez nous, ont moins de 30 ans, seuls ou en couple, et formulent leur première demande de logement. Nous proposons de leur faciliter la vie en fixant un tarif du loyer qui comprend toutes les charges

(loyer, chauffage, eau, électricité). Ils s’évitent ainsi de payer les frais d’ouverture des compteurs, ce que l’on appelle les frais masqués du logement ». Depuis le lancement du dispositif en mars 2015, une vingtaine de jeunes ont ainsi rejoint la famille du logement social… dans des logements pré-équipés (espace cuisine, rangements) bien situés. Pas-de-Calais Habitat bichonne ses

rangements) bien situés. Pas-de-Calais Habitat bichonne ses Pour croiser la route des jeunes, il faut tout

Pour croiser la route des jeunes, il faut tout faire pour ne pas communiquer ringard.

il faut tout faire pour ne pas communiquer ringard. nouveaux locataires: « Nous propo- sons un

nouveaux locataires: « Nous propo- sons un accompagnement social aux jeunes dans le mois qui suit leur installation, pour les aider à mieux gérer leur budget, les sensibiliser aux écogestes, les conseiller sur un plan administratif et pratique ».

À la jeunesse volontaire

Le deuxième axe du dispositif s’apparente à « une main tendue aux jeunes, une idée de GenY, c’est l’accroche du dispositif. Ils ont souvent de très bonnes idées qu’ils n’arrivent pas à financer. On leur donne ce petit coup de pouce, avec un plafond maximal de 500 euros,

© MARIESACHA - FOTOLIA

© YANTRA - FOTOLIA

ACTUALITÉ

© MARIESACHA - FOTOLIA © YANTRA - FOTOLIA ACTUALITÉ IL A DIT « Le 49-3 est
IL A DIT
IL A DIT
- FOTOLIA © YANTRA - FOTOLIA ACTUALITÉ IL A DIT « Le 49-3 est un outil

« Le 49-3 est un outil qui peut permettre de favoriser la discussion. »

Bruno Le Roux

peut permettre de favoriser la discussion. » Bruno Le Roux PAS ENCORE Sacs en plastique :

PAS ENCORE

Sacs en plastique :

l’interdiction retardée

PAS ENCORE Sacs en plastique : l’interdiction retardée Prévue au 1 e r janvier 2016, la

Prévue au 1 er janvier 2016, la fin des sacs en plastique distribués en caisse (qui ont déjà disparu de nombreux magasins) est reportée au 1 er avril dans l’attente de publication d’un décret prévoyant les sanctions pour non-respect de l’interdiction (qui est visiblement difficile de rédiger). La distribution des sacs contenant des denrées fraîches (fruits, légumes, poisson…) est, elle, maintenue jusqu’au 1 er janvier 2017, à moins qu’un décret vienne en prolonger l’existence.

EN CHIFFRES

7 MILLIONS

C’EST LE NOMBRE SUPPLÉMENTAIRE DE PERSONNES, de plus de 60 ans que comptera la population française en 2060, selon l’Ined. L’âge moyen passera de 41,2 à 45 ans. La France comptera 73,6 mil- lions personnes contre 66,6 aujourd’hui.

AIDE-TOI…

La réserve parlementaire au secours des communes

La réserve parlementaire au secours des communes Ç a fait du bien d’avoir un député- maire.

Ç a fait du bien d’avoir un député- maire. En regardant de près l’attribution de la réserve

parlementaire (petite cagnotte de 81,2 millions distribuée chaque année par les députés de manière tout à fait discrétionnaire), on s’aperçoit que la troisième plus grosse enveloppe est celle qu’attribue Gilles Carrez à « sa » commune du Perreux- sur-Marne. La présidence de la

commission des finances garantit au député une confortable enveloppe de plus de 400 000 euros, dont la moitié vient donc abonder les dépenses de fonctionnement de sa commune. Mais Gilles Carrez n’est pas seul: sur les 25 subventions de 100 000 euros ou plus, 10 sont accordées par des députés à une commune et 52 % des 81 millions de l’ensemble de la réserve.

EN AVANCE

Manger local

D ans l’attente du projet de loi

qui sera discuté au Sénat (déjà

adopté par l’Assemblée)

obligeant les cantines scolaires à intégrer dans leurs menus (à l’horizon 2020) 40 % de produits locaux, dont 20 % issus de l’agriculture biologique, le département de la Somme reven- dique aujourd’hui que 37 collèges sur ses 50 s’approvisionnent en circuit court sur les producteurs locaux ou ceux du département. En s’associant avec la chambre d’agriculture dès 2012, le département a créé une plateforme (www.somme-produitslo- caux.fr) qui permet une commande en ligne de ce type de produits.

qui permet une commande en ligne de ce type de produits. Désormais utilisé par plus de

Désormais utilisé par plus de deux tiers de ces collèges, cet outil est aussi utilisé par des lycées et d’autres acheteurs publics ou privés. Pour le président, Laurent Somon, « ça coûte un peu plus cher, mais la différence de prix est à la marge et peu significa- tive ».

© CMON - FOTOLIA

C’ÉTAIT AVANT

Mariage

antinomique

I l est plutôt rare de lire dans la presse nationale des extraits choisis de la presse territoriale

(La Gazette des communes en l’occurrence). C’est pourtant ce qui s’est passé fin février où différents quotidiens ont repris le travail de notre confrère qui a extrait de ses archives les différentes déclara- tions passées de nos nouveaux ministres en charge des collectivi- tés. Rien ne les rassemble et tout les oppose. S’il fallait ne retenir qu’un seul exemple, c’est l’aspira- tion de M me Grelier à la disparition

l’aspira- tion de M m e Grelier à la disparition des départements et du Sénat, ce

des départements et du Sénat, ce qui est une forme de sacrilège pour Jean-Michel Baylet. Mariage de la carpe et du lapin ; « une extrémiste pour compenser un conserva- teur? » affirme ainsi Libération… l’avenir nous réservera peut-être quelques surprises ou un statu quo de rigueur.

« Manager des territoires sans frontière »

C’est l’accroche retenue pour la 9 e édition des Universités d’été des directeurs généraux d’intercommunalité qui se dérouleront les 7 et 8 juillet prochains au Grand Bornand.

GUICHET

Mais à quoi vont servir les départements ?

Dans le bras de fer qui oppose les départements à l’État dans le financement du RSA, ces derniers ont obtenu une recentralisation du financement au niveau de l’État. L’année de référence de ce transfert est encore un sujet de débats : l’État préférant la der- nière année (2016), qui coûtera cher aux départements compte tenu de la situation sociale, et les départements préférant 2014, où l’ADF considère que tous les départements ont pu faire face. Mais, déjà, de nombreux sénateurs (par ailleurs présidents de département… mais cela vous le saviez) souhaitent aller plus loin en « renationalisant » l’APA, ainsi que la prestation compen- satoire de handicap (PCH)… si les départements ne versent plus les principales prestations sociales !

CONFLIT D’INTÉRÊTS ?

Cabinets ministériels sans surprises !

La constitution des cabinets ministériels est souvent révélatrice des options que prendront les ministres… et donnent ma- tière aux mauvaises langues et aux jaloux :

il faut dire que le nouveau ministre des Collectivités locales a fait fort : avec un directeur de cabinet 100 % préfet (aussi loin que l’on recherche dans son CV) et un conseiller en charge de la ruralité et… du Grand Paris, qui est élu de Val-Maubuée et conseiller du Grand Paris, il y a matière à médire. Aux termes de son décret d’attri- bution, le ministre devra veiller « notam- ment à ce que chaque territoire dispose des moyens de surmonter ses fragilités » et « prépare les orientations des finances publiques concernant les finances locales ainsi que la définition de la politique de solidarité financière entre les collectivités territoriales ». Le ministre ayant déjà an- noncé aux départements que la réforme de la DGF les concernerait aussi, il y a fort à parier que sa baisse globale sera pérenne mais que les collectivités plus « pauvres » bénéficieront d’une forme de solidarité.

ACTUALITÉ

bénéficieront d’une forme de solidarité. ACTUALITÉ DÉCENTRALISATION XXXL Un EPCI géant au Pays Basque 10

DÉCENTRALISATION

XXXL Un EPCI géant au Pays Basque 10 EPCI (deux communautés d’agglo et huit de
XXXL
Un EPCI géant
au Pays Basque
10 EPCI (deux communautés d’agglo
et huit de communes), 158 com-
munes, 295 971 habitants, ce sont
o
n
m
s
m
les chiffres de l’EPCI géant qui verra
(peut-être) le jour au Pays Basque,
dont il englobera tout le périmètre,
côté français. Le gouvernement ne
voulant pas un homologue basque
o
à la collectivité de Corse, le préfet
c
a proposé la création de cette
a
i
d
e
m
immense en 2014. L’idée était de
profiter des opportunités de la loi
Notre pour créer cet « EPCI unique
du Pays Basque », le plus grand
de France (en superficie). Reste à
convaincre les élus, dont certains ne
sont, pour le moins, pas chauds.
i
EN CHIFFRES
k
i
25ANS
C’EST LE NOMBRE
D’ANNÉES qui se sont
écoulées depuis la
dernière participation
de Jean-Michet Baylet,
ministre de l’Aménage-
ment du territoire,
à un gouvernement.
w
-
s
n
ILS ONT DIT
Marylise
o
Lebranchu
i
«
Le lien [entre les fonction-
naires et le gouvernement]
s’est amélioré, notam-
ment sur la reconnais-
sance qu’ils méritent. Ils
savent bien la différence
entre nous et la droite. »
t
a
c
Valérie Pécresse
s
« Je veux une vraie réforme
i
territoriale qui simplifie le
millefeuille administratif,
avec deux niveaux au lieu
de cinq. »
n
n
u
o
m
m
m
m
o
o
c
C
a
i
é
d
f
e
l
o
m
S
i
k
_
i
w
d
u
-
a
n
©
e
e
y
g
M
n
u
a
g
r
a
©
i
N
e
r
-
n
L
a
G
P
h
e
i
l
p
i
p

© SYLV1ROB1 - FOTOLIA

© MARIOMOURINO - WIKIMEDIACOMMONS

ACTUALITÉ

- FOTOLIA © MARIOMOURINO - WIKIMEDIACOMMONS ACTUALITÉ TRI SÉLECTIF Distribution de poules pour réduire les

TRI SÉLECTIF

Distribution de poules pour réduire les déchets

SÉLECTIF Distribution de poules pour réduire les déchets La CA de Versailles Grand Parc se lance

La CA de Versailles Grand Parc se lance dans une nouvelle aventure : proposer à ses habitants (moyennant 10 et 35 euros) de leur fournir des poules pour réduire leurs déchets ménagers. Les poules sont des vraies « partenaires minceur » pour le bac de déchets ménagers, allégeant leur poids en picorant jusqu’à 150 kg de déchets organiques par an. L’ expéri- mentation de Versailles Grand Parc est

la suivante : deux poules sont confiées à

200 familles volontaires sélectionnées.

L’accueil de ces gallinacées n’est possible qu’à plusieurs conditions : disposer d’un jardin individuel ; fournir un poulailler ; s’engager à bien traiter les animaux. Une convention entre la CA et les volontaires est obligatoirement signée. Versailles Grand Parc finance une partie du coût d’achat (15 euros par couple de poules) et « offre » une option régionale (avec surcoût) en proposant la poule de Houdan, une des plus anciennes races référencées en France. Pour Michel Audureau (auteur d’une Petite encyclopédie de la poule et du poulailler chez Terre Vivante), deux réserves peuvent être formulées sur

cette initiative. : l’objectif des quantités d’ordures ménagères détruites semble atteignable si ont les compare aux

100 g journaliers de matière sèche que

consomme un volatile. Mais « les restes doivent être triés pour qu’il n’y ait pas de corps étrangers, morceaux de verre ou plastique collés sur les aliments et susceptibles de perforer ou boucher le jabot ». Enfin, le budget nécessaire à l’achat d’un « poulailler urbain » va de

130 à 250 euros, auquel il faudra ajouter

l’indispensable grillage pour isoler ces chers, très chers volatiles.

www.versaillesgrandparc.fr/poules

très chers volatiles. www.versaillesgrandparc.fr/poules quitté la vie politique depuis sa défaite en 2014 estime
très chers volatiles. www.versaillesgrandparc.fr/poules quitté la vie politique depuis sa défaite en 2014 estime

quitté la vie politique depuis sa défaite en 2014 estime que les agents méritent leurs avantages. « C’est le prix à payer pour obtenir un service public de qualité » a-t-elle déclaré au Parisien libéré.

RTT

La semaine de congé du maire

L a chambre régionale des

sur la gestion de la ville

comptes a rendu un rapport

de Bobigny. Outre des remarques – qui pour- raient avoir des suites judiciaires – sur la gestion d’une SEM, le rapport met également en garde la commune sur un régime irrégulier de congés exceptionnels de 6 jours donnés aux agents et

appelés « la semaine du maire ». Au

31

décembre 2013, cela équivalait à

34

emplois à temps plein ou

900000 euros par an. Catherine Peyge, l’ancienne maire PC, qui a

QUI L’EÛT CRU ?

L’État, bon payeur

S i vous pensiez que l’on allait encore se payer la tête de l’État, vous avez perdu ! Selon l’Observatoire des délais de paiements, à fin 2015, l’État paie ses fournisseurs en 19 jours ; les hôpitaux à 50 jours (avec un

système dérogatoire qui leur permet d’éviter les intérêts de retards) et les communes à 28 jours en moyenne (20 jours pour les structures de moins de

20 000 habitants et 33 pour les régions).

PETITS PROFITS

Marx fait rentrer la money !

L’ entretien des cimetières ayant un coût, la ville de Londres fait payer depuis longtemps

la visite de ces lieux de mémoire. Le cimetière londonien de Highgate n’échappe pas à cette règle et, pour 4 livres sterling (5,50 euros), vous pourrez visiter le lieu où repose notamment Karl Marx. Ses admira- teurs viennent d’obtenir que l’accès à cette partie du cimetière soit gratuit le jour de l’anniversaire de sa mort, en mars.

soit gratuit le jour de l’anniversaire de sa mort, en mars. ◆ 20 La Lettre du

LOGEMENT SOCIAL A LA CARTE

Le « 25 % » est-il généralisable ?

Une proposition de loi LR relance le débat : toutes les communes, même les rurales, doivent-elles participer à l’effort de production de logements sociaux, selon le profil urbain de leur territoire ? À vous de juger…

I l ne s’agit que d’une proposition de

loi à la destinée incertaine. Mais

elle permet de reposer la question

éternelle et sans fin de la répartition de l’effort national concernant le logement social. Faut-il uniformiser l’obligation de construire du loge- ment social un peu partout ? Certaines zones doivent-elles en être exonérées au nom de principes facilement intelligibles ? La sénatrice LR Sophie Primas et d’autres de ses collègues ont déposé une proposition de loi « relative à la proportion obligatoire de logements sociaux dans les communes rurales membres d’une intercommunalité à fiscalité propre de plus de 50 000 habitants ».

L’« unité urbaine » plutôt que l’EPCI

La loi Duflot pose le cadre suivant :

les communes dont la population dépasse 1 500 habitants en Ile-de- France et 3 500 dans les autres régions, membres d’un EPCI de plus de 50 000 habitants comprenant une commune de plus de 15 000 habitants (ouf !), doivent respecter un quota de 25 % de logements sociaux. Les

auteurs de la proposition de loi estiment que la référence à l’EPCI est inadéquate, préférant « l’unité urbaine » au sens de l’Insee, pour décréter d’un besoin de logements sociaux. Sophie Primas et ses collègues considèrent que la loi Duflot pèse « lourdement sur les communes rurales concernées, dont le nombre va augmentant du fait de la réduction du nombre des intercommunalités ». De plus, ils se permettent une petite interprétation étonnante du « besoin » de logements sociaux, dont l’obliga- tion leur paraît « disproportionnée ».

Les territoires ruraux auraient moins besoin de logements sociaux. Vraiment ?

En quoi ? « Les demandeurs de logements sociaux n’aspirent pas à habiter dans les communes rurales compte tenu de l’absence de certains services ainsi que des difficultés de transport et d’insertion profession- nelle ». Comme s’il existait une prédétermination au logement social, ainsi perçu comme logement pour

ACTUALITÉ

logement social, ainsi perçu comme logement pour ACTUALITÉ pauvres (plus de 70 % des Français peuvent

pauvres (plus de 70 % des Français peuvent prétendre à loger dans le parc social) ! Comme si les territoires ruraux étaient exemptés d’une éventuelle et improbable sociotypie du logement social ! Pour le moment, la proposition de loi

a

qu’elle émane de l’opposition, parce

que la nouvelle ministre du Logement

y sera sans aucun doute défavorable,

et parce que, en ce moment, le gouvernement a d’autres choses à faire que de se trouver une raison supplé- mentaire de se mettre une partie de sa majorité à dos. Mais ce texte préfigure les assouplissements que la droite, si elle revenait au pouvoir l’année prochaine, s’emploierait sans aucun doute à mettre en œuvre.

Stéphane Menu

peu de chances d’aboutir : parce

L’événement de référence en France pour LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ dans les SERVICES PUBLICS
L’événement de référence en France pour
LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ
dans les SERVICES PUBLICS
Sous le Haut Patronage du Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social et du Ministère de l’Intérieur
EXPOSER +33 (0)5 57 54 12 65 • DEVENIR PARTENAIRE +33 (0)5 57 54 38 26 • INFORMATION & INSCRIPTION GRATUITE
LRM66F

© GO-PRODUCTION.COM

© INET_PATRICK BOGNER

ACTUALITÉ

C T I O N . C O M © INET_PATRICK BOGNER ACTUALITÉ IL A DIT
IL A DIT
IL A DIT
O N . C O M © INET_PATRICK BOGNER ACTUALITÉ IL A DIT « Bien sûr

« Bien sûr que les conditions d’un nouveau 21 avril sont réunies ! »

François Hollande

nouveau 21 avril sont réunies ! » François Hollande 1970 Valeur locative de référence : le

1970

Valeur locative de référence : le Conseil constitutionnel met le bazar !

Quand un bâtiment neuf ou un local commercial est à évaluer, on le fait par rapport à un bâtiment locatif de référence qui existait en… 1970. Mais voilà, celui-ci a pu être modifié, voire disparaître et certains contribuables – fort mal intentionnés bien sûr – se sont mis à contester cette évaluation ! Le Conseil d’État (5 février 2014) avait validé ce type de recours. De peur que nombre de contribuables trouvent l’idée bonne, le gouvernement avait proposé au Parlement – qui l’a voté dans le collectif budgétaire 2015 – de procéder à la validation législative des évaluations de valeurs locatives réa- lisées avant le 1 er janvier 2015. Niet, a répondu l’honorable institution, qui a nié le risque de contentieux « massif » invoqué et rétabli le contribuable dans tous ces droits.

EN CHIFFRES

9,4MILLIARDS D’EUROS, c’est le montant de l’enveloppe qui finan- cera, en partenariat avec des investisseurs privés, les dix-huit projets d’investisse- ments retenus fin 2015 dans le cadre du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), annoncé en 2014 par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

SPORT POUR (PRESQUE) TOUS

Subventions aux associations sportives : ¼ des collectivités à la baisse

L’ Andes

sportives : ¼ des collectivités à la baisse L’ Andes un maintien du soutien aux clubs

un maintien du soutien aux clubs employeurs. Enfin, le soutien en « nature » (mise à disposition de moyens) augmente… ou est mieux valorisé, sans doute pour faire prendre conscience aux clubs des efforts menés par la collectivité.

(Association

nationale des

élus en charge du sport) a rendu publique, fin février, l’enquête annuelle qu’elle réalise auprès d’environ 400 communes et EPCI. Celle-ci révèle que 25 % des collectivités interrogées baisseront leurs subven- tions par rapport à l’année précé- dente. Même si les décisions prennent en compte les diverses situations des clubs sportifs, il y a quelques tendances fortes : la baisse du soutien au « haut niveau » ; un recentrage sur le sport pour tous et

TOUT A UNE FIN

L’Inet déménage pour de bon

C’ est la fin d’une époque : au début du mois de juillet, l’Inet déménagera dans son

nouveau siège. Le bâtiment, construit sur mesure par le CNFPT, sera officiellement inauguré et ouvert au public le 6 décembre 2016, la veille des ETS, qui feront leur grand retour à Strasbourg après deux ans d’expa- triation à Lyon. Pour répondre aux souhaits exprimés par certains territoriaux de « revenir une dernière fois à l’Inet avant son déménage- ment », l’Inet organisera le 11 mai, au 2a rue de la Fonderie, une journée d’échanges sur le thème : « Quel(le) manager êtes-vous devenu(e) après l’Inet ? ». L’occasion, comme le dit Véronique Robitaillie, la directrice de

comme le dit Véronique Robitaillie, la directrice de l’institut, « de revenir dans ce lieu qui

l’institut, « de revenir dans ce lieu qui a été le vôtre, de revoir d’anciens collègues de promotion d’élèves ou de cycles et d’envisager ensemble l’avenir de l’Inet ».

Programme et inscription sur www.inet.cnfpt.fr

DR

ACTUALITÉ

DR ACTUALITÉ CENTRES DE GESTION Archiver ne serait plus un délit Un amendement du sénateur Alain

CENTRES DE GESTION

Archiver ne serait plus un délit

Un amendement du sénateur Alain Vasselle, s’il est adopté en commission mixte paritaire, permettra de sortir les CDG d’une insécurité juridique vieille de plus de vingt ans : ils pourront archiver sans être tancés par les chambres régionales des comptes.

L e débat sur le traitement légal des archives des petites com- munes par les centres de gestion

est vieux comme l’article 25 de la loi de 1984, qui était censée réguler cette compétence facultative sans vérita- blement y parvenir. En effet, réguliè- rement, les CDG sont pointés du doigt par les chambres régionales des comptes, pour lesquelles l’archivage n’entre pas dans le cadre du fameux article 25. Le sénateur Alain Vasselle (Oise, LR) a profité du débat actuel autour du projet de loi relatif à la déontologie pour glisser un amende- ment ouvrant la possibilité aux CDG d’assurer « toute tâche administrative, organisationnelle ou de gestion, à la demande des collectivités et établis- sements ». Si le mot archivage n’est pas explicitement formulé, il est fortement suggéré.

Une clarification nécessaire

Dans la réalité quotidienne, de nombreux CDG ont recours à des archivistes œuvrant pour plusieurs collectivités de taille modeste n’ayant pas les moyens financiers d’en embaucher un à titre permanent.

Romain Joulia, président de la section des archivistes communaux et intercommunaux de l’Association des archivistes français (AAF), exprime son soulagement : « Si l’archivage figure en effet dans la loi, nous en serions ravis. L’organisation de l’archivage des collectivités n’en sera que mieux éclaircie, les archives départementales poursuivant dans

éclaircie, les archives départementales poursuivant dans Si les collectivités territoriales font appel aux CDG,

Si les collectivités territoriales font appel aux CDG, c’est parce qu’elles ne peuvent pas faire face aux missions d’archivage.

ne peuvent pas faire face aux missions d’archivage. leur tâche de contrôle scientifique et technique tandis

leur tâche de contrôle scientifique et technique tandis que les CDG se concentrent sur l’opérationnalité », assure-t-il. L’adoption de l’amende- ment Vasselle n’a pas été une simple affaire. La sénatrice Annie David (Isère, CRC) y était opposée, estimant qu’il outrepassait le champ de la gestion des personnels de collectivité. L’article 24-0 accroissant déjà les missions des centres de gestion, la sénatrice aurait préféré un

renforcement de l’action des CDG

« dans le domaine de la gestion

partagée d’un certain nombre d’agents tenus à la disposition » de leurs adhérents. Le gouvernement souhaite de son côté que l’extension des tâches des CDG soit limitée à l’archivage numérique, en recentrant

« les centres de gestion sur la gestion

des ressources humaines ». À l’opposé, Romain Joulia assure que si les collectivités territoriales font appel aux CDG, « c’est parce qu’elles ne peuvent pas faire face aux missions d’archivage ». Et de conclure: « Nous resterons vigilants jusqu’au vote définitif du projet de loi. Mais nous sommes optimistes tant le gouvernement et les parlemen- taires semblent s’orienter dans cette direction ». L’arbitrage définitif se fera dans le cadre d’une commission mixte paritaire.

Stéphane Menu

SUR LE WEB

commission mixte paritaire. ◆ Stéphane Menu SUR LE WEB RÉAGISSEZ SUR : Twitter : @Lettre_du_cadre Facebook

RÉAGISSEZ SUR :

Twitter : @Lettre_du_cadre Facebook : lalettreducadre Google+ : http://bit.ly/18KEnJ4

Michel Lorentz, maire de Roeschwoog, président du centre de gestion FPT du Bas-Rhin

« Pour l’archivage, nous sommes plébiscités »

« L’amendement Vasselle est le bienvenu pour toutes les collectivités. Pour être performant, il faut choisir le niveau d’administration le plus approprié. Et dans le cas de l’archivage, c’est bien souvent l’existence d’une équipe départementale d’archivistes itinérants placée auprès du CDG qui est la plus performante pour délivrer aux communes et syndicats intercommunaux un service d’excellence technique au meilleur coût. Les communautés de communes qui aujourd’hui embauchent un seul archiviste pour elles et leurs communes membres, ont certes la joie d’écrire une action de plus dans leur schéma de mutualisation ! Mais sincèrement, ni en matière de coût, ni en matière de progrès technique, ce choix, s’il devait se généraliser, ne semble pertinent. Il faut donc renforcer la base légale de ces services d’archivistes des centres de gestion. Ils sont plébiscités par nos collectivités affiliées mais effectivement pointées du doigt par les chambres régionales des comptes. Outre l’archivage, d’autres services (en matière d’audit, d’accompagnement du change- ment, sur des questions informatiques, etc.) peuvent trouver dans le cadre des CDG le bon niveau pour être mutualisés. Alain Vas- selle l’a bien compris. : contre le dogmatisme rigide, il veut offrir un peu plus de subsidiarité et permettre à toutes les collectivités de faire des économies. »

permettre à toutes les col lectivités de faire des économies. » La Lettre du cadre territorial

REGARDS CROISÉS

REGARDS CROISÉS V. VINCENZO Tous les mois, au hasard de lectures, de rencontres, de conversations, Nicolas
V. VINCENZO
V. VINCENZO

Tous les mois, au hasard de lectures, de rencontres, de conversations, Nicolas Braemer, rédacteur en chef, et la rédaction de La Lettre du cadre réagissent et commentent l’actualité territoriale.

Les hôpitaux, pauvres maîtres d’œuvre

Je discute avec un représentant de la CGT d’un dépar- tement parisien. Il me raconte une édifiante histoire. Il y a quelques mois, son syndicat a été appelé à l’aide par un groupe de salariés (pour la plupart sans papiers) qu’une entreprise ne payait pas depuis plu- sieurs mois. Ils avaient commencé à travailler sur un chantier public, mais ils étaient laissés à l’abandon par l’entreprise qui les avait embauchés et ne les payait pas. Après enquête, mon syndicaliste s’est rendu compte que cette entreprise était un sous- traitant d’une société plus grande, elle-même titulaire d’un marché public de construction pour un grand hôpital. Je vous passe les détails, mais l’analyse de la CGT est que les hôpitaux sont en manque cruel de moyens humains. Quand ils le peuvent, ils concentrent leurs embauches sur du personnel soignant et pas sur des administratifs. Conséquences, l’hôpital n’est pas en mesure d’assumer son rôle de maître d’ouvrage, et encore moins de contrôler le maître d’œuvre. Avec toutes les répercussions que cela implique, en termes de sécurité sur les chantiers, par exemple.

Esprit d’équipe

Les dérives de l’autoentreprenariat

J’échange avec un avocat sur la loi El Khomri et la réforme du code du travail. L’homme commence par m’expliquer que le burn-out et le mal-être au travail, c’est avant tout une mode. Ça commence bien, mais ce qu’il raconte en dit quand même long sur une cer- taine évolution des mentalités. Il continue en effet en expliquant que l’emploi salarié, de toute façon, il n’en veut plus : désormais, il ne recrute plus de collabora- teurs. Trop compliqué, trop cher, pas assez souple : il travaille avec des autoentrepreneurs. Je comprends, au cours de cette discussion, qu’on a peut être atteint les limites de l’autoentreprenariat. Tant qu’il s’agissait de faciliter la vie à des gens volontaires pour se lancer dans une activité personnelle, à plein-temps ou en complément de leur activité principale, j’étais plutôt de ceux qui trouvaient ça intéressant. Même quand les artisans ont commencé à râler devant ce qu’ils considéraient comme une concurrence déloyale, je n’y voyais pas trop de mal. Mais j’entends de plus en plus de gens parler d’un recours à l’autoentreprenariat comme d’une alternative à l’embauche d’un salarié. On n’en est pas encore tout à fait (quoi que…) au temps où on vous recevra en entretien d’embauche pour vous proposer de vous faire un contrat au lieu de vous embaucher. Mais quand même, cette ubéri- sation des consciences a de quoi inquiéter. Même si la territoriale semble protégée pour un moment…

 

Autre constat, la concurrence permanente entre cadres. Cette fois, ça ne vient pas d’une lacune de la hiérarchie, quoi que… mais bien des cadres eux-mêmes. Il n’existe finalement pas tant de directions générales, dans les collectivités, dont les membres fonctionnent en équipe. Ils peuvent bien s’entendre, partager des valeurs, mais ils ne sont souvent que l’addition de recrute- ments étalés dans le temps, une addition de talents, mais pas un ensemble partageant la même vision de l’action publique et du management. Du coup, la concurrence entre eux a plus de chances de s’installer, aux dépens de la cohésion et de la collaboration.

Seul au monde

Échanges avec Sandra Chélélékian et Émilie Baudet, qui dirigent le cabinet de consultant Cap Nova et travaillent beaucoup sur l’intelligence collective. Elles partagent, nous partageons, une réalité : l’isolement des managers. Les managers, et ça m’a été encore récemment confirmé par un DGA de département, donc un cadre de haut niveau, n’ont souvent aucun cadre organisé d’échange et de partage de leurs difficultés managériales. On attend d’eux de l’infaillibilité alors qu’ils demandent le droit à l’erreur, on les laisse seuls avec leurs problèmes, alors qu’ils demandent à les partager. Du coup, ils doivent se débrouiller seuls pour ne pas l’être : et mon DGA de me raconter qu’il a décidé tout seul de commencer à animer un réseau de collègues en interne à sa collectivité, pour échanger et partager sur les difficultés et blocages managériaux.

présente L’etude socio-économique sur l’apport du titre-restaurant Avec Ticket Restaurant ®
présente
L’etude socio-économique
sur l’apport du titre-restaurant
Avec Ticket Restaurant ®
 
   
 
   

Développez l’économie locale

1€

Effet multiplicateur

Effet multiplicateur

2,37€

du titre-restaurant

 

de participation

au bénéfice du tissu économique local

employeur

Créez des emplois de proximité

 
Créez des emplois de proximité  
Créez des emplois de proximité  
Créez des emplois de proximité  
Créez des emplois de proximité  
Créez des emplois de proximité  

30

bénéficiaires

=

1

emploi

dans votre collectivité

créé

 
     
 
     
 
     

Augmentez le bien-être de vos agents

+

+

Un repas de qualité pour l’agent

Une meilleure

Un meilleur bien-être au travail

santé

   
Pour recevoir l’intégralité de l’étude : 0,06 € / min 0 810 795 795 info-secteurpublic-fr@edenred.com
Pour recevoir l’intégralité de l’étude :
0,06 € / min
0 810 795 795
info-secteurpublic-fr@edenred.com
€ / min 0 810 795 795 info-secteurpublic-fr@edenred.com Sources : Alternatives Economiques – Département Etudes

Sources : Alternatives Economiques – Département Etudes et Communication © Association professionnelle des émetteurs de titres-restaurant 2015.

EDENRED FRANCE, S.A.S au capital de 464.966.992 € dont le siège social est situé 166-180, boulevard Gabriel Péri, 92240 Malakoff – 393 365 135 R.C.S. Nanterre – TVA Intra Communautaire : FR 13 393 365 135. – n° d’immatriculation au registre des opérateurs de voyages et séjours: IM092150009 – Assurance RCP : GENERALI IARD, 7 boulevard Haussmann, 75009 PARIS – Garant : Société Générale, 29 boulevard Haussmann, 75009 PARIS - immatriculée à l’ORIAS sous le n° 07 027 496 en qualité de courtier d’assurance ou de réassurance. Les marques mentionnées sur ce document sont enregistrées et propriété de EDENRED S.A.S.

ou de réassurance. Les marques mentionnées sur ce document sont enregistrées et propriété de EDENRED S.A.S.

ACTUALITÉ

LA LETTRE DU CADRE.FR PURE WEB EN EXCLU SUR www.lettreducadre.fr Plusieurs fois par semaine, nous
LA LETTRE DU CADRE.FR
PURE WEB
EN EXCLU SUR www.lettreducadre.fr
Plusieurs fois par semaine, nous publions des articles « pure Web »
(pour les néophytes : que vous ne pourrez pas lire dans La Lettre « papier »,
mais uniquement sur notre site). Voici un échantillon des publications du
mois de mars.
ÇA A FAIT UN CARTON SUR NOTRE SITE Voici quelques articles ou dossiers qui ont
ÇA A FAIT UN CARTON SUR NOTRE SITE
Voici quelques articles ou dossiers qui ont été
particulièrement consultés par nos internautes visiteurs.
Vous aussi, allez y faire un tour !
1 EN DIRECT
Les paradoxes du management territorial
www.lettreducadre.fr/12977
2 INFOGRAPHIE
Nouveaux présidents de région :
ceux qui cumulent les mandats
www.lettreducadre.fr/12843
3 AU TABLEAU
Les primes et indemnités pouvant être
cumulées avec le Rifseep enfin précisées !
www.lettreducadre.fr/12758
LE SONDAGE DU MOIS Régulièrement, nous soumettons des questions d’actualité à nos lecteurs. Ce mois-ci,
LE SONDAGE DU MOIS
Régulièrement, nous soumettons des questions d’actualité à nos
lecteurs. Ce mois-ci, les différentes sorties des politiques sur le
statut des fonctionnaires nous ont donné du grain à moudre.
www.lettreducadre.fr/rubriques/sondage/
© KATARZYNA BIALASIEWICZ PHOTOGRAPHEE.EU
© KATARZYNA BIALASIEWICZ
PHOTOGRAPHEE.EU

STATUT ET CARRIÈRE

Recrutement d’apprentis, revalorisation indiciaire, recrutement des professions paramédicales, transferts de personnels :

le compte rendu du dernier Conseil sup’

www.lettreducadre.fr/13045

MARCHÉS PUBLICS

Tiers évincé et recours « Tarn-et-Garonne » : quand et comment ?

www.lettreducadre.fr/13012

STATUT

Concours, examen et formation initiale du nouveau cadre d’emplois des ingénieurs en chef

www.lettreducadre.fr/12982

DÉMATÉRIALISATION DISCRIMINANTE

Services publics : condamnés à la connexion ?

www.lettreducadre.fr/12943

DÉSINTOXIQUÉE

Romans n’a plus mal à la dette

www.lettreducadre.fr/12891

LES DOSSIERS DU SITE

Contractuels mode d’emploi

Ce n’est pas parce que la fonction publique territoriale est composée pour une part conséquente de contractuels que leur gestion est une partie de plaisir. De l’embauche à la carrière, de la définition des besoins aux conséquences financières, la gestion des « agents non titulaires de droit public » s’apparente davantage à un chemin de croix. La Lettre du cadre vous a préparé un dossier spécial sur la question, qui vous aidera à éclairer vos choix.

Sommaire :

- Recruter des contractuels: quelques bases pour bien commencer

- Contractuels: comment bien définir ses besoins avant d’embaucher

- Quelles formalités remplir avant de recruter un contractuel ?

- Tout savoir sur le dispositif de résorption de l’emploi précaire

- Contractuels : des perspectives de carrière limitées

- Le Conseil d’État passe l’obligation de reclassement à la loupe

- Comment gérer les absences des agents non titulaires

- Période d’essai : le moment de tous les dangers pour les contractuels

www.lettreducadre.fr/dossiers/contractuels-mode-demploi

REJOIGNEZ LA COMMUNAUTÉ DE LA LETTRE DU CADRE !

Partagez votre expérience et donnez votre avis sur :

Twitter : @Lettre_du_cadre Facebook : lalettreducadre Google+ : http://bit.ly/18KEnJ4

LA LETTRE DU CADRE TERRITORIAL

LE MAGAZINE QUI VOUS ACCOMPAGNE AU QUOTIDIEN, ET SUR UN TON ENGAGÉ !

• •

Le mensuel et ses services en ligne vous offrent :

L’actualité des collectivités sans éviter la polémique ni de parler politique !

Chaque mois un sujet que vous ne lirez pas ailleurs. Nous vous parlons de votre quotidien, toujours avec le regard de La Lettre du cadre territorial

• • Les trois grandes fonctions ressources décryptées, RH, finances et juridique :

l’essentiel de ce que vous devez savoir et des pistes opérationnelles pour agir vite.

devez savoir et des pistes opérationnelles pour agir vite. INCLUS DANS VOTRE ABONNEMENT • 10 numéros

INCLUS DANS VOTRE ABONNEMENT

• 10 numéros par an,

• une newsletter hebdomadaire,

• l’intégralité du site internet

Abonnez-vous vite sur abo.lettreducadre.fr

DOSSIER

NOUVEL URBANISME

ESPACE PUBLIC :

EN TOUTE CONFIANCE

DOSSIER RÉALISÉ PAR MARJOLAINE KOCH

Changer la ville

Ça peut paraître une évidence, mais le partage de l’espace public n’a rien de naturel. Il faut au contraire faire des efforts pour qu’il laisse sa place à tout le monde. Et rompre avec les habitudes.

sa place à tout le monde. Et rompre avec les habitudes. Place à la maîtrise d’usage

Place à la maîtrise d’usage

Opération majeure d’urbanisme, la reconquête des berges du Rhône à Lyon a donné lieu à une démarche innovante. La preuve que la place donnée à l’expertise d’usage des habitants conditionne souvent

la réussite des projets.

des habitants conditionne souvent la réussite des projets. Les enfants dans la ville Avant tout lieu

Les enfants dans la ville

Avant tout lieu de passage, la ville est souvent hostile aux enfants. Mais les parcs et aires de jeux peuvent pourtant leur ouvrir vraiment les bras. En ajoutant un peu d’aventure.

À LA UNE
À LA UNE

A voir confiance en marchant dans la rue,

en buvant un verre à la terrasse d’un

café… Après les événements de 2015, la

notion de confiance dans l’espace public a pris une résonance particulière. Pourtant, confiance et risque sont les deux faces d’une même médaille : gérer la confiance consiste à identi- fier le niveau de risque que l’on est prêt à prendre avec les autres. Une réflexion qui vaut pour l’usager, mais aussi pour le concepteur, le politique en charge de l’aménagement de l’espace public. Quelle confiance est-il prêt à accorder à ceux qui utiliseront le lieu au quotidien ? Est-il disposé, en amont, à les écouter, à intégrer leurs réflexions, propositions? Peut-il leur faire confiance lors du recueil de l’énoncé de leurs pratiques, ou y a-t-il distorsion ? Enfin, accorde-t-il la même confiance à tous les usagers, selon leur âge, leur catégorie sociopro- fessionnelle, le lieu aménagé ? D’après Marie- Christine Couic, sociologue urbaniste, « on a plus confiance en les usagers en ville qu’en banlieue, et en centre-ville que sur les axes routiers. »

Produire des lieux adaptés aux usages

Pour la sociologue, en se montrant plus confiant, on a pourtant tout à gagner. « Par exemple d’un point de vue écologique : si l’on a une confiance a priori forte que les choses vont bien, on peut envisager de baisser un niveau d’éclairage la nuit, sauf dans certains lieux identifiés. On peut également gagner en qualité si l’on produit des lieux de pause vraiment reposants, où les personnes âgées pourront déambuler plus facilement, trouver un espace de repos et repartir. S’il y a un maire qui l’a bien compris, c’est Miguel Anxo Fernandes Lores, édile d’une ville de 82 000 habitants en Galice, Espagne. À Pontevedra, les changements ont été radi- caux : partant du constat que la ville était impraticable et irrespirable, il a tout bonne- ment supprimé la voiture du centre. Aménageant de larges trottoirs pour les piétons, des zones où la route disparaît totalement, le maire assure que ces modifications lui coûtent seulement 8 millions d’euros par an. Car il a choisi, en outre, de réduire la signalétique au

© JVILLAFRUELA - WIKIMEDIACOMMONS

minimum en ne sectorisant pas l’espace public. Dans cette ville par exemple, vous ne trouverez pas de piste cyclable : le maire part du principe qu’un cycliste, un piéton et un automobiliste – devenu minoritaire – sauront se côtoyer en bonne intelligence. Et les faits lui donnent raison, les accidents sont rarissimes.

Pour un partage naturel de l’espace public

Marie-Christine Couic, installée à Grenoble, a fait l’expérience inverse dans la capitale des Alpes, avec l’aménagement du cours Jean- Jaurès qui accueille désormais une ligne de tram. « Trottoirs, espaces de verdure, piste cyclable, route, voie de bus, voie de tram… En fonction des contre-allées et du stationnement, 12 à 15 voies se côtoient ! Au niveau des ambiances, l’aspect routier du cours a disparu et les trottoirs sont plus larges, mais on aurait pu franchir un cran dans la confiance en séparant moins les espaces, en faisant cohabiter les usagers. D’autant plus qu’avec cette succession d’usages par bande, il devient difficile de traverser la rue, des barrières

il devient difficile de traverser la rue, des barrières « À Pontevedra, pas de piste cyclable

« À Pontevedra, pas de piste cyclable :

on pense qu’un cycliste, un piéton et un automobiliste, sauront se côtoyer en bonne intelligence. »

sauront se côtoyer en bonne intelligence. » Le tramway de Grenoble. doivent même être contournées à

Le tramway de Grenoble.

doivent même être contournées à certains endroits! » Était-il par exemple nécessaire d’accorder une bande spécifique aux cyclistes ? La piste cyclable est un incontournable de la voirie moderne, mais ne pouvait-on imaginer un partage de l’espace avec les piétons, les poussettes, les trottinettes ? Un tel espace partagé a pourtant tendance à responsabiliser les groupes qui se côtoient, et donc à rendre les lieux plus sûrs. « D’autant plus, estime la sociologue, que les cyclistes grenoblois devenant le groupe dominant, un déséquilibre est en train de se créer avec les piétons. Ils deviennent agressifs, parfois même vengeurs. On assiste à une montée de « fous du guidon » comme il y a les fous du volant ! » Si le fait de scinder les usages est parfois

inévitable pour protéger certaines populations, le faire à l’excès revient à oublier qu’une régulation naturelle peut s’installer. Sans cela, dans quelque temps, nous risquons de voir apparaître, comme la ville de Chongqing en Chine, des voies réservées aux accros du smartphone…

© AGENCE IN SITU

À LA UNE
À LA UNE

CHANGEMENT D’ANGLE

PRENDRE EN COMPTE LA MAÎTRISE D’USAGE

À Lyon, l’importante opération d’urbanisme de reconquête des berges du Rhône a donné lieu à une démarche innovante. En misant sur l’expertise d’usage des habitants, on a fait avec eux, plutôt que pour eux. Résultat : là comme ailleurs, c’est la preuve qu’en misant sur la manière dont les habitants vivent la ville, on peut éviter bien des écueils.

Les berges du Rhône.

I ls sont rares, ceux qui parviennent à se remémorer les voies sur berge de Lyon encombrées de voitures ! « Et c’est toujours

bon signe quand les gens ne se rappellent plus comment c’était avant », se réjouit Emmanuel Jalbert, paysagiste de l’agence In Situ, chargée de leur aménagement en 2007.

Clôtures interdites

Lorsque la ville de Lyon décide d’aménager les berges, son projet est très flou. À cette époque, les marchés de définition existent encore. « Ce

n’était pas un concours, nous disposions juste de quelques éléments, parmi lesquels le fait de supprimer les voitures, de rendre l’espace aux cyclistes et aux piétons et de penser au stationnement des péniches et bateaux ». Grâce à ce cahier des charges très ouvert, l’imagina- tion a eu libre cours. « Nous sommes partis sur l’idée de créer un lien entre le nord et le sud et des liens transversaux. Nos propositions étaient très légères, des ébauches, nous avons travaillé sur une idée générale qui était d’aménager une grande promenade piétonne généreuse, un port et un parcours pour les cycles qui serait un lieu partagé, pas une autoroute à vélo. Ménager des

Jacques Vialettes, président de la Société française des urbanistes

« Aucun document d’urbanisme ne définit la gestion des espaces publics »

© JACQUES BÉDU, SFU
© JACQUES BÉDU, SFU

« Les politiques chargent toujours l’espace public de beaucoup d’intentions, et ensuite ils gèrent rarement cette intention d’une façon politique et collective. La gestion devient très rapidement

technique et sectorielle. On va charger la gestion technique de l’espace public de la gestion de la sécurité, alors que c’est une question sociale ; on va charger la gestion technique de traiter des questions de confort, de relation à l’autre, de distance sociale sans avoir posé les enjeux. D’ailleurs, il n’existe aucun document d’urbanisme qui définisse la façon dont une ville souhaite gérer ses espaces publics. »

Succès :

Apaiser les relations de voisinage

Dans le quartier de la Thibaude de Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise, Emmanuel Jalbert a mené un autre type de travail :

tenter de réchauffer les relations entre les habitants d’une zone pavillonnaire, qui en étaient au stade de dresser des murs avec des

tessons de bouteilles, et les habitants des tours voisines. L’agence

a proposé d’aménager des jardins sur une zone tampon entre les

deux. Réticents au départ, les élus ont eu la surprise de voir la

demande exploser : tout le monde voulait son carré de terre pour jardiner ! Les jardins partagés, désormais gérés par une association d’habitants, ont changé l’atmosphère. Le voisinage est plus apaisé, des liens entre les deux quartiers se sont tissés et surtout, grâce

à une présence adulte des deux sexes en bas des tours, la rue,

occupée jusque-là par de jeunes hommes, a retrouvé un équilibre. L’expérience a été reproduite, depuis, à Mâcon et Villeurbanne, avec le même succès.

Échec :

Un parc pour enfants fermé

Emmanuel Jalbert a aussi connu des échecs, notam- ment à Mâcon : « Nous devions aménager un parc promenade assez étroit, situé entre des habitations principalement occupées par des personnes âgées. Nous avons opté pour une grande aire de jeux. Ce que nous n’avions pas anticipé, c’est qu’elle serait prise d’assaut par tous les enfants du quartier qui ne par- taient pas en vacances ». Face au bruit généré par l’aire de jeu, la grogne monte chez les habitants jusqu’au jour où l’un d’entre eux commet l’irréparable et dégaine sa carabine. Résultat : l’aire a tout simplement été déman- telée. « L’absence de dialogue, en amont, a généré ce problème » déplore le paysagiste. D’où l’importance de consulter toutes les parties pour éviter de générer une déception cuisante…

zones de jeux lorsqu’il y a élargissement, des gradins vers la Guillotière, des ouvertures sur le fleuve. » L’agence, qui se bat régulièrement contre l’enfermement des lieux, est ravie du contexte : la zone étant inondable, toute clôture est interdite. Sur ces principes fondateurs relativement simples, son projet a été retenu.

Faciliter la discussion entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’usage

Pour mettre en œuvre le projet, le Grand Lyon a fait appel à un médiateur chargé de faciliter la discussion entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’usage. En prenant le temps de la discussion avec la maîtrise d’usage (associa- tions de riverains et de cyclistes), de nouvelles hypothèses apparaissent. La zone sera davan- tage végétalisée grâce à l’implantation d’une grande prairie, un bassin aménagé, puis des pôles de jeux comme la rampe de skate sont également ajoutés. Tout le long du projet, les concepteurs ont gardé en tête la nécessité de ne jamais sectoriser les lieux, comme le coin skate, afin de ne pas voir une population s’emparer d’un site et rejeter les autres groupes. « Grâce à cette phase, avant même que le projet ne sorte de terre il y avait une appropriation très forte du projet de la part des riverains » note Emmanuel Jalbert. « Et nous avons fait en sorte

de respecter le principe suivant : les lieux sont destinés à tous les âges. Bien sûr, reconnaît-il, il est difficile de tout prévoir, nous n’avions par exemple pas anticipé les rassemblements d’étudiants sur les terrasses de la Guillotière. Mais outre cette affluence locale, il n’y a pas de problème de conflits d’usage ».

Ne pas « surprogrammer » les lieux

Sur ce projet, l’agence a insisté sur la nécessité de ne pas « surprogrammer » les lieux en les encombrant de mobilier. La prairie, qui pouvait en inquiéter certains, est un lieu neutre qui accueille les pique-niqueurs mais aussi des événements ponctuels. « Il faut des zones où les gens donnent eux-mêmes des usages aux lieux. Notre idée, c’est d’essayer non pas de program- mer les lieux, mais de leur donner une qua- lité. » Un regret cependant : que les paysagistes n’aient pu intervenir a posteriori pour peaufiner leur travail. « Une mission de suivi sur trois ans avait été proposée par le Grand Lyon, mais c’est

ans avait été proposée par le Grand Lyon, mais c’est « Avant même que le projet

« Avant même que le projet ne sorte de terre, il y avait une appropriation très forte du projet de la part des riverains. »

tombé à l’eau, c’est dommage, regrette Emmanuel Jalbert. Cela consiste juste à déplacer des bancs de quelques mètres pour qu’ils servent mieux, à conforter des chemine- ments… Mais dans l’esprit d’un élu, un aménagement a un début et une fin, il n’y a pas de logique d’accompagnement. C’est lié au système électoral. »

DR

À LA UNE
À LA UNE

PLACE AUX JEUNES

UN ENFANT DANS LA VILLE

Au fil des décennies, la ville a mué pour devenir uniquement un lieu de passage hostile à ceux qui tentent d’en faire un autre usage. Les enfants sont ceux qui ont perdu le plus de terrain :

désormais, hormis leur foyer, seuls les parcs et aires de jeux leur ouvrent véritablement les bras.

«D ans un monde de petits métiers et de petites aventures, décrit l’historien Philippe Ariès, l’enfant

était une figure familière de la rue. Ensuite, un long mouvement de privatisation l’a retiré peu

à peu de l’espace urbain qui cessait dès lors

d’être un espace de vie épaisse où le privé et le public ne se distinguaient pas, pour devenir un lieu de passage réglé par les logiques transpa- rentes de la circulation et de la sécurité. Cette ville où les enfants vivaient et circulaient, nous l’avons perdue. Ce qui l’a remplacée n’est pas une autre ville, c’est la non-ville, l’anti-ville, la ville intégralement privatisée. »

Où sont les enfants ?

Un constat dur, mais réaliste. Où sont les enfants dans la ville ? Dans leur foyer, à l’école, au gymnase, au conservatoire ou au parc. Dans des lieux circonscrits et souvent standardisés dans leur aménagement. Certaines communes tentent de lutter contre ce phénomène en réhabilitant la « place du village », souvent devant la mairie ou l’église. Bannissement des voitures, zone ouverte et entièrement piétonne, aire de rassemblement mais surtout aire de jeux

à la sortie des écoles… C’est un bon début.

Reste à s’attaquer aux trottoirs, au partage de la rue avec le reste de la population, et surtout avec les voitures. Pour qui est pensée la ville ? « La ville est conçue pour ceux qui travaillent et se portent bien », estime Thierry Paquot (1). « Or, avec le chômage des uns, les réductions du temps de travail des autres, le vieillissement de la population et la scolarisation, les « inactifs » sont dorénavant majoritaires en ville, dans une ville qui ne les ménage pas. Il devient impératif d’adapter les services publics aux handicapés comme aux

d’adapter les services publics aux handicapés comme aux Cela ne vien- drait même plus à l’idée

Cela ne vien- drait même plus à l’idée des parents de lais- ser leurs enfants jouer au pied de l’immeuble, dans la rue…

vieilles personnes, et de soigner la ville afin que les enfants s’y sentent désirés. » Pour l’instant, le compte n’y est pas. Impossible d’envisager de sortir un ballon, de jouer à la marelle sur un trottoir souvent étroit, sans gêner les passants hostiles. Et dans les faits, cela ne viendrait même plus à l’idée des parents de laisser leurs enfants jouer au pied de l’immeuble, dans la rue… Aujourd’hui, seules les aires de jeux, dans les parcs ou les squares, leur sont réservées. Des aires de jeux uniformes, où se côtoient tourni- quet, balançoire, toboggan et tape-cul aux couleurs criardes sur un sol antichoc.

Résister aux espaces à jouer clés en main

Dans son ouvrage consacré au jeu comme fondement de la construction harmonieuse de

au jeu comme fondement de la construction harmonieuse de Reconquérir sa rue Marie Gervais, auteure de

Reconquérir sa rue

Marie Gervais, auteure de « Libérez la créativité de vos enfants » et « La famille buissonnière », a reconquis sa rue sans préméditation. « De retour de l’étranger, nous nous installons dans une impasse avec de toutes petites mai-

sons serrées, en banlieue parisienne. Plutôt que de se cantonner au jardin, je prenais mon thé et laissais les enfants jouer dans la rue. Un jour, une maman m’a rejointe avec ses enfants et son thé, puis une autre… J’avais un très grand rouleau de papier et, comme il n’y avait pas de place dans la maison pour l’étaler, nous sommes allés dans la rue pour dessiner. Encore une fois, d’autres enfants ont rejoint les miens, même les plus grands se sont pris au jeu ! Nous avons reproduit l’expérience avec des séances de brico- lage, de dessin à la craie sur la route… Depuis que les enfants ont investi la rue, les voitures ont pris l’habitude de rouler douce- ment. Et nous les adultes, nous organisons une « fête des voisins » environ vingt fois par an, en sortant boissons et victuailles où tout le monde vient piocher gaiement ! Une seule personne s’est plainte du bruit, mais dans l’ensemble cet investissement de l’espace public a été très bien accueilli, et a modifié profondé- ment les relations de voisinage. »

© N. BRAEMER - GROUPE TERRITORIAL

Parc de Belleville, Paris 20 e
Parc de Belleville, Paris 20 e
BRAEMER - GROUPE TERRITORIAL Parc de Belleville, Paris 20 e « Où sont les enfants dans

« Où sont les enfants dans la ville ? Dans leur foyer, à l’école, au gymnase, au conservatoire ou au parc. Dans des lieux circonscrits et souvent standardisés dans leur aménagement. »

et souvent standardisés dans leur aménagement. » corde, le flâneur et la foule toujours pressée. Avec

corde, le flâneur et la foule toujours pressée. Avec ce constat : plus la rue est fréquentée, plus la vitesse des automobiles s’en trouve réduite et plus la sécurité « spontanée » se renforce.

(1) La ville récréative, enfants joueurs et écoles buissonnières, sous la direction de Thierry Paquot, éditions Infolio.

l’enfant, la pédagogue Maria Luisa Nüesch invite à résister à la tentation des espaces à jouer clés en main. Pour elle, le jour où les enfants des villes auront des coins de rue à cultiver, à balayer et des animaux à nourrir, les services municipaux, les pédagogues et les acteurs sociaux auront moins de travail. Jane Jacobs, philosophe de l’architecture et de l’urbanisme, est, elle aussi, persuadée que des renfoncements dans la façade des immeubles abriteraient judicieusement certains jeux d’enfants et qu’une bonne largeur faciliterait la coexistence entre l’enfant qui saute à la

En Allemagne, des terrains d’aventure pour les enfants

Il en existe plus de 400 en Allemagne, aucun en France. Initiés dans les années 1940, ces terrains d’aventures urbains consistent à laisser un espace de la ville en friche, pour les enfants. Très populaires parmi les jeunes de 6 à 14 ans, ils sont constitués de bric et de broc : déchets recyclés, rivière, boue, seaux, outils, arbres, planches… L’idée est de permettre aux enfants de sauter, construire des cabanes ou des barrages, se cacher, grimper ou bricoler. Même dans les quartiers résidentiels, de petits aménagements sont implantés le long des cheminements, ouverts sur l’espace public. Aucune haie, aucun portillon : les enfants sont libres d’aller et venir dans ces espaces familiers où il y a toujours un adulte, à proximité, pour assurer une surveillance collective informelle.

DR

À LA UNE
À LA UNE
DR À LA UNE L’ŒIL DU PHILOSOPHE RENDRE LA VILLE À SES HABITANTS Comment rendre la

L’ŒIL DU PHILOSOPHE

RENDRE LA VILLE À SES HABITANTS

Comment rendre la ville plus adaptée aux enfants ? D’abord en la rendant adaptée à tout le monde. Pas une ville abandonnée aux automobiles, mais une ville de l’usager, adaptée, sécurisée et qui laisse aussi sa place à l’aventure.

Quels sont les plus grands obstacles, dans la ville, pour les enfants ? Le plus grand obstacle est évidemment l’auto- mobile. Devant la taille d’un enfant et sa fragilité, la voiture est un monstre de métal, un véritable danger, y compris à l’arrêt. Mais le mobilier urbain représente aussi un obstacle, nous avons pu l’expérimenter en plaçant une caméra à la hauteur des yeux d’une enfant de cinq ans. La ville prend une autre dimension. Les trottoirs non plus ne sont pas assez larges, ils ne permettent pas aux enfants de s’ébattre tel que leur corps leur permet de le faire dans leur non-conscience du danger. Il faut avoir en tête qu’un enfant se promène dans la rue dans un climat de confiance, car il est accompagné d’adultes qui prennent soin de lui. D’une manière générale, la ville n’est pas

veut pas se salir les pieds, et ouvrir le reste de trottoir à d’autres matières. L’autre point, c’est l’itinéraire et sa qualité : en France, ce qui prime, c’est la destination, pas le parcours. La tendance pour les enfants est d’élaborer des parcours spécifiques pour l’école en parallèle à la « vraie rue », au trajet efficace abandonné aux voitures. C’est dommage, car c’est une séparation au lieu d’un partage de l’espace public. Et puis hors des villes, le centre bourg périclite : il n’y a pas de voirie au niveau des maisons individuelles, pas d’urbanisme rural. La vraie protection pour les enfants, c’est la maison, le jardin, puis l’écran. Si l’on veut rendre la ville ou ces abords de village un peu plus sûrs pour les enfants, il n’y a pas d’autre solution que de faire ralentir les voitures.

Les aires de jeux en France sont très standardisées… C’est certainement pour des raisons de sécurité qu’on a des aires de jeux normalisées qui ne sont aucunement des terrains d’aventure. La réglementation et la question de la responsabi- lité juridique du maire sont vraiment en cause en France. Si une passerelle se rompt, un panier de basket se décroche… le maire est attaqué par les parents. Il a tout intérêt à prendre le maximum de précautions. En Allemagne, les terrains vagues agrémentés d’équipements apparaissent dès les années 1830, ils sont repris par les États-Unis après la guerre de Sécession. Alors que nos parcs français déterminent des tranches d’âges, il n’y en a pas dans ces terrains d’aventure, pour que les grands frères et sœurs surveillent les plus petits et que ceux-ci aient envie d’imiter les plus grands. Pour qu’il y ait confiance, il faut de la récipro- cité et de la responsabilisation. Je pense que l’on doit faire confiance aux enfants: ils savent jusqu’où ils peuvent aller.

Thierry Paquot,

philosophe de l’urbain et essayiste, a dirigé en 2015 une exposition pour la communauté urbaine de Dunkerque, « La ville récréative ».

urbaine de Dunkerque, « La ville récréative ». D’une manière générale, la ville n’est pas accueil-

D’une manière générale, la ville n’est pas accueil- lante pour les adultes, il n’y a donc aucune raison qu’elle le soit pour les petits.

accueillante pour les adultes, il n’y a donc aucune raison qu’elle le soit pour les petits. La ville est fonctionnelle, entièrement abandonnée aux automobilistes. Dans l’aménagement de la voirie, c’est toujours le piéton qui doit se déplacer pour rejoindre son arrêt de bus ou son passage piéton sans jamais gêner le flux de voitures.

Que faudrait-il pour rendre la ville plus adaptée aux enfants ? Si l’on se préoccupait davantage de tous les habitants à commencer par les enfants, tous les trottoirs ne seraient pas asphaltés. Cela pose, d’abord, un problème d’imperméabilité de la ville. D’ailleurs aux États-Unis, certaines villes arrêtent de tout bitumer. Il faut donner une place circonscrite au piéton « efficace » qui ne

JOURNÉE D’ÉTUDE
JOURNÉE
D’ÉTUDE
JOURNÉE D’ÉTUDE JEUDI 19 MAI 2016 À VAULX-EN-VELIN (69) Management MANAGER DANS L’INCERTITUDE : RETROUVEZ LE

JEUDI 19 MAI 2016 À VAULX-EN-VELIN (69)

Management

MANAGER DANS L’INCERTITUDE :

RETROUVEZ LE EN PROGRAMME COMPLET LIGNE SUR conferences.lagazettedescommunes.com Journée d’étude « Management
RETROUVEZ
LE
EN PROGRAMME
COMPLET
LIGNE
SUR
conferences.lagazettedescommunes.com
Journée d’étude
« Management
»

LES CLÉS POUR CONSTRUIRE LE CHANGEMENT

Journée animée par Nicolas BRAEMER, Rédacteur en chef du magazine La Lettre du cadre territorial

8 h 30
8 h 30

• Accueil et émargement

9 h
9
h

• Mot d’accueil et présentation de la journée

COMMENT CONSTRUIRE LE CHANGEMENT EN DEVELOPPANT L’IMPLICATION DE SES EQUIPES

9 h 30
9 h 30

• Collégialité, métiers, équipes, régulation… Comment nourrir la capacité d’engagement de l’individu au profit du collectif

Gérard VARALDI, Consultant en management

10 h 30
10 h 30

• Le changement ne se décrète pas, il se manage !

Sandra CHELELEKIAN, Directrice associée de Cap Nova, Cabinet d’accompagnement des décideurs « Inspirez vos équipes »

11 h 15
11 h 15

• De la contrainte à l’opportunité : quelles nouvelles méthodes pour construire ensemble le changement

Sandra CHELELEKIAN, Directrice associée de Cap Nova

13 h • Déjeuner
13 h
• Déjeuner
Directrice associée de Cap Nova 13 h • Déjeuner © a r 2 t s u
Directrice associée de Cap Nova 13 h • Déjeuner © a r 2 t s u
Directrice associée de Cap Nova 13 h • Déjeuner © a r 2 t s u
© a r 2 t s u d i o - F o t o
©
a
r
2
t
s
u
d
i
o
-
F
o
t
o
l
i
a
.
c
o
m
r 2 t s u d i o - F o t o l i a
r 2 t s u d i o - F o t o l i a
14 h 30
14 h 30

• Comment garantir une exemplarité du management et de la gestion des ressources humaines pour produire du service public

Philippe DRESSAYRE, Consultant en management, Public DG

MANAGER DANS L’INCERTTITUDE : LES TERRITORIAUX À LA MANŒUVRE

15 h
15 h

Le management par la confiance : une réponse aux incertitudes

Laurence MALHERBE, Directrice des affaires générales, juridique et contentieux, Ville d’Antibes

• Quelles conséquences sur le management de la fusion de deux entités ? L’expérience de la métropole de Lyon

Yves MACLET, Directeur de projet «Politiques publiques», Mission Métropole - Grand Lyon

• Combattre l’incertitude budgétaire : communication et participation

Emilie BRET, Directrice générale adjointe patrimoine, routes, infrastructures et moyens, Conseil départemental de l’Ardèche

17 h 30 • Fin de journée
17 h 30
• Fin de journée

INSCRIPTION EN LIGNE SUR :

conferences.lagazettedescommunes.com Journée d’étude « Management »

OU AU VERSO

journée INSCRIPTION EN LIGNE SUR : conferences.lagazettedescommunes.com Journée d’étude « Management » OU AU VERSO

JE_MANAGEMENT_190516

JOURNÉE D’ÉTUDE
JOURNÉE
D’ÉTUDE
JE_MANAGEMENT_190516 JOURNÉE D’ÉTUDE Management MANAGER DANS L’INCERTITUDE : JEUDI 19 MAI 2016 À VAULX-EN-VELIN
Management
Management

MANAGER DANS L’INCERTITUDE :

JEUDI 19 MAI 2016 À VAULX-EN-VELIN (69)

LES CLÉS POUR CONSTRUIRE LE CHANGEMENT

BULLETIN D’INSCRIPTION

Collectivité/organisme

Adresse

Code postal

Ville

Participant

MonsieurAdresse Code postal Ville Participant Nom Prénom Fonction Tél E-mail * (*Indispensable pour

Nom

Prénom

Fonction

Tél

E-mail *

(*Indispensable pour l’envoi de la confirmation d’inscription)

pour l’envoi de la confirmation d’inscription) Madame Règlement (1) : mandat administratif Adresse de

Madame

Règlement (1) :

mandat administratifde la confirmation d’inscription) Madame Règlement (1) : Adresse de facturation Service interlocuteur Code postal

Adresse de facturation

Service interlocuteur

Code postal

chèque joint (2) Ville
chèque joint (2)
Ville

(1) Une facture sera envoyée à l’adresse complétée ci-dessus. (2) Le règlement par chèque est obligatoire pour les inscriptions à titre personnel.

Règlement par chèque bancaire à l’inscription à l’ordre de Territorial ou par mandat administratif aux coordonnées bancaires ci-dessous :

TERRITORIAL SAS - RIB : CIC Crédit Industriel et Commercial - Code Banque: 30066 - Code guichet: 10949 - Compte n° 00020062001 - Clé RIB: 26 - IBAN : FR76 30066109 4900 0200 6200 126 - Bank identification code (BIC) : CMCIFRPP - N° SIRET: 404926958 00020 - Code APE: 5813Z

Date :

Cachet et signature :

MA COMMANDE

Secteur Public (éligible au DIF !) :MA COMMANDE 490 € HT (588 € TTC) Secteur Privé et entreprises publiques : 590 €

490 HT (588 TTC)

Secteur Privé et entreprises publiques : 590 € HT (708 € TTC) 590 HT (708 TTC)

Inscrivez-vous à plusieurs et bénéficiez de nos tarifs dégressifs :

conferences.lagazettedescommunes.com

Total :

HT*

* Ce montant comprend l’ensemble des prestations :

accueil café, déjeuner, offre abonnement, conférences- débats, documents et traitement de l’inscription.

MES OFFRES

Abonnement gratuit à LA LETTRE DU CADRE pendant 6 mois (offert pour toute inscription payante)documents et traitement de l’inscription. MES OFFRES è Nombre de places limité, bulletin à retourner avant

èNombre de places limité, bulletin à retourner avant le 13 mai 2016

- Par email : pvincent@infopro-digital.com

- Par courrier à :

Pénélope Vincent / Territorial

Antony Parc II 10, place du Général de Gaulle BP 20156 - 92186 Antony Cedex

- Par Fax au 01 77 92 98 17

Les Rencontres de La Gazette sont organisées par la société TER- RITORIAL. S.A.S.TERRITORIAL S.A.S. est un organisme de forma- tion déclaré sous le n° d’activité 82 38 040 55 38. Cet enregistrement ne vaut pas agrément de l’Etat et ce en vertu de l’article L.6352-12 du code du travail. Tarifs valables jusqu’à la date des événements. TVA :

20%. Les informations à caractère personnel recueillies ci-dessus par la société TERRITORIAL S.A.S., société par actions simpliées au capital de 1 259 907 euros. Siège social : Antony Parc 2 - 10 place du Général de Gaulle - La Croix de Berny - BP 20 156 - 92186 ANTONY CEDEX, immatriculée au RCS NANTERRE sous le numéro 404 926 958 font l’objet d’un traitement informatique. Elles sont nécessaires à notre société pour traiter votre commande, et sont enregistrées dans notre chier de clients. TERRITORIAL S.A.S. pourra envoyer des communications relatives à nos activités.Confor- mément à la loi informatique et liberté du 6 août 2004 (art.34 et s.). Vous disposez d’un droit d’accès, de rectication, de modication et de suppression sur l’ensemble des données qui vous concernent. Pour exercer ces droits, vous pouvez écrire à : cnil.evenements@ infopro-digital.com. Retrouvez l’intégralité des modalités d’inscription et conditions générales de vente sur http://evenements.infopro-digi- tal.com/gazette-des-communes/cgv

INFOS PRATIQUES :

Accueil à partir de 8h30 par l’entrée prinicipale École nationale des travaux publics de l’état (ENTPE) Rue Maurice Audin - 69518 Vaulx-en-Velin cedex Amphithéâtre Michel Prunier - Rez-de-chaussée

ACCÈS :

- Par le périphérique Laurent Bonnevay ou par autoroute A6 - A42 - A43 - A7

- Aéroport St Exupéry, puis ligne du tramway «Rhônexpress».

- Gares SNCF de Lyon Perrache ou Part-Dieu, puis Métro ligne A, Trolley C3 ou bus C8

DR

MANAGEMENT

www.lettreducadre.fr/management

CHRONIQUE

On ne naît pas manager, on le devient… Oui, mais comment ?

Aissia Kerkoub, aissia.kerkoub@mairie-annemasse.fr Directrice générale adjointe des services, mairie d’Annemasse

Aissia Kerkoub, aissia.kerkoub@mairie-annemasse.fr Directrice générale adjointe des services, mairie d’Annemasse

L a philosophie occidentale a longtemps exploré les sources de la connaissance. Le rationalisme de Descartes affirme que l’esprit humain est déjà

façonné de concepts innés, que la pensée est à l’origine du savoir quand l’empirisme de Locke soutient que la pensée est soumise à l’expérience. Et Kant essaye de réconcilier empirisme et rationalisme : « si toute notre connaissance débute avec l’expérience, cela ne prouve pas qu’elle dérive toute de l’expérience ». Si nous devions imaginer l’école idéale du manage- ment à l’aune de nos schémas philosophiques occidentaux, elle serait alors un savant dosage entre réflexion et expérience. Descartes, Locke, Kant, derrière les contradictions apparentes, sont d’abord des symboles de la philosophie rationaliste occidentale, qui est au fondement de nos théories managériales. Le rationalisme est rassurant car il est facile de raisonner et de transmettre la capacité à raisonner. Mais la rationalité ne suffit pas en management. L’intelligence émotionnelle ou intuitive constitue une qualité managériale indispensable. Il est tentant de penser que l’intelligence intuitive est innée : on a un sixième sens ou on ne l’a pas. L’intuition, cela ne s’apprend pas. Mais si l’on regarde du côté de la pensée philosophique orientale, les intuitions, ces connaissances tacites, sont aussi forgées d’automatismes

intériorisés inconsciemment à force d’expériences. L’expérience personnelle est valorisée avant les théories intellectuelles abstraites et les raisonnements précis. On apprend en marchant, on construit le savoir par l’action et par l’expérimentation. L’expérience nous offre ainsi la possibilité de connaître ce qui nous est inconnu. Notre capacité à apprendre et à développer des aptitudes devient infinie. Nous ne naissons pas managers, nous le devenons. Alors à quoi ressemblerait une école idéale du manage- ment ? On y apprendrait à explorer son environnement et à observer les acteurs avec curiosité, à percevoir et à analyser les signaux pour se forger une vision, à dévelop- per son empathie, à gérer les ressentis et même à les utiliser, donc à montrer ses faiblesses et à gérer son ego, à développer sa capacité à entrer en relation avec les autres et à persévérer. On nous enseignerait aussi les quelques grandes théories des organisations et pensées managériales, mais pas trop. Juste ce qu’il faut pour avoir quelques clés de lecture. Et très vite, on serait immergé dans le monde professionnel d’abord pour observer, percevoir, analyser puis pour pratiquer, mais toujours en observant. Un manager n’est-il pas d’abord un bon observateur? L’école idéale du management est donc celle qui déve- loppe en nous une capacité d’apprentissage permanent. Elle puise dans la philosophie, dans l’anthropologie, dans la sociologie, dans la psychologie mais aussi dans des traditions philosophiques nous amenant à nous familiari- ser au monde du non-logique.

© OLLY - FOTOLIA
© OLLY - FOTOLIA

MANAGEMENT

MANAGEMENT DÉBAT Les paradoxes du management territorial Avec la montée en puissance des collectivités locales, de

DÉBAT

Les paradoxes du management territorial

Avec la montée en puissance des collectivités locales, de leur action et de leur autonomie, on a assisté à la montée en puissance parallèle du management territo- rial. Professionnalisé, enseigné, débattu, le second doit accompagner la première. Mais ce management terri- torial est victime de ses paradoxes, et de sa capacité à se confronter avec un service public qui n’évolue pas aussi facilement. D’où la nécessité d’un aggiornamen- to du management territorial.

P our bien manager, il faut être pleinement responsable. Or, les collectivités françaises ne le

sont pleinement qu’à compter des années quatre-vingt, avec les lois de décentralisation (lois de 1982, 1983, 1984, 1986 notamment, et leurs nombreux décrets d’application) qui leur ont donné:

- une autonomie décisionnaire, avec la fin du contrôle a priori du préfet ;

- une autonomie financière, avec le vote des taux d’imposition et la liberté d’emprunter;

- une autonomie dans la gestion du personnel, avec un statut pour la fonction publique territoriale, et la structuration du dialogue social (CTP, CAP, CHS). Pour autant, cette autonomie est fortement surveillée: via les dotations de l’État, qui représentent plus d’un tiers des recettes de fonctionnement, via l’encadrement de la fiscalité locale, via le contrôle de certaines activités (aides économiques par exemple), via les discussions statu- taires qui relèvent du pouvoir central, via la « dictature » des subventions, via les normes, etc.…

Les collectivités locales ont vite appris à gérer et à manager, en s’inspirant des méthodes du secteur privé, voire en innovant : comptabi- lité analytique, budget base zéro,

en innovant : comptabi- lité analytique, budget base zéro, l’Institut national des études territo- riales (Inet),

l’Institut national des études territo- riales (Inet), etc.

Des paradoxes en question

Pour autant, ce management territorial est soumis à un certain nombre de paradoxes, que l’on tentera de décrire, le paradoxe fondamental venant du fait que les collectivités locales sont portées par les valeurs fortes du service public qui n’ont pas évolué de façon conjointe avec celles du secteur économique privé et celles de la société (2). La confrontation de ces valeurs est source d’incompréhen- sions et de tensions au sein des collectivités qui ont, de ce fait, le devoir d’assumer plus clairement leurs propres valeurs, les « éter- nelles », comme les plus « modernes ». Ces paradoxes se déclinent en plusieurs questions .

gestion par objectifs, évaluation des politiques publiques, plan de formation, dialogue syndical, mais aussi réforme managériale avec la structuration des équipes de direction générale, l’élaboration d’organigrammes, l’instauration de centres de déci- sions. Ce faisant, elles n’ont pas échappé aux effets de mode : cercles de qualité, certifications, new management, Total Quality Management, etc. (1)

new management, Total Quality Management, etc. (1) Parvenues à l’âge adulte, les collectivités ont su

Parvenues à l’âge adulte, les collectivités ont su développer un vrai management territorial.

ont su développer un vrai management territorial. Parvenues à l’âge adulte au cours de ces quinze

Parvenues à l’âge adulte au cours de ces quinze dernières années, ces collectivités ont su développer un vrai management territorial, si l’on en juge à travers les multiples sémi- naires, colloques, expérimentations, l’émergence de cabinets spécialisés, les formations dispensées par

En premier lieu, qui manage dans une collectivité locale? L’administration, les élus, les deux entités à la fois ? Dans cette double commande élus-administration, si particulière aux collectivités locales, parfois compliquée par une troisième, celle du cabinet, il est parfois difficile d’affirmer une ligne managériale claire! L’élu n’est tantôt pas assez concerné, tantôt trop concerné par le management, quand il ne prône pas – à partir de sa propre expérience professionnelle – un management inadéquat. Dans les trois cas cette confusion des genres pose problème. Cet entre-deux, cette « zone grise », décrite par Denis Lamarzelle (3), où se croisent les champs d’action de l’administration et du politique, est peu propice à un management maîtrisé, d’autant qu’il est tentant

à un management maîtrisé, d’autant qu’il est tentant Les alternances des directions générales, qui ont vocation

Les alternances des directions générales, qui ont vocation naturelle à porter le management de la collectivité, mettent leur crédibilité à rude épreuve.

mettent leur crédibilité à rude épreuve. pour les agents de jouer de cette confusion… Cela pose

pour les agents de jouer de cette confusion… Cela pose tout le problème de la gouvernance au sein d’une collectivité, que n’arrivent pas ou peu à gérer les « pactes de gouvernance » instaurés dans certaines organisations soucieuses de clarifier cette source d’ambiguïtés dans laquelle il est tentant de s’engouffrer (4)… Ensuite, comment manager dans la durée avec des alternances politiques, ou même des changements au sein d’une même famille politique, qui peuvent se produire tous les six ans (voire tous les trois ans dans les conseils généraux avant la réforme électorale des conseils départemen- taux)? Ces changements entraînent

souvent des alternances des direc- tions générales qui ont vocation naturelle à porter le management de la collectivité, et dont la crédibilité est alors mise à rude épreuve. Et comment manager des agents avec un statut si protecteur ? D’autant que les plus de 50 000 employeurs locaux permettent, aux cadres essentielle- ment, d’aller « voir ailleurs » s’ils ne se sentent pas en phase avec la ligne managériale: avantage, par rapport notamment à leurs collègues de l’État, mais inconvénient pour un manage- ment « durable » (5). On peut aussi se demander comment manager des agents avec des métiers si différents et si nombreux (plus de 200 dans une ville de 200 000 habitants) ? Les collectivités sont en effet des organisations « intégrées »:

elles fabriquent, construisent, réparent, gèrent, démolissent… et le cycle recommence. Avec le paradoxe supplémentaire suivant : la fonction publique territoriale est faite de grades et non de métiers, sur lesquels on pourrait utilement s’appuyer pour donner du sens au travail : fonction- naire, ce n’est pas un métier ! Et pourtant, que de réticences syndi- cales lorsqu’on essaye de développer la culture métier ! Malgré, par exemple, l’existence d’un répertoire des métiers, élaboré et mis à jour par le Centre national de la fonction

SUR LE WEB

publique territoriale, la question de la reconnaissance du travail, du métier, se pose dans les collectivités territo- riales. C’est toute la question du mode de gestion des compétences :

par le grade ou par les compétences ? Enfin, comment manager sous la pression des citoyens?

? Enfin, comment manager sous la pression des citoyens? Comment faire comprendre – et accepter –

Comment faire comprendre – et accepter – l’écart entre les besoins exprimés et les moyens mis en œuvre pour les satisfaire ?

et les moyens mis en œuvre pour les satisfaire ? Comment mieux prendre en compte les

Comment mieux prendre en compte les attentes et les besoins des citoyens, l’évolution de leurs demandes ? Que l’on songe à l’évolution de la « lec- ture » publique, de l’usage des équipements sportifs, pour ne prendre que ces deux exemples. Comment faire comprendre – et accepter – l’écart entre les besoins exprimés et les moyens mis en œuvre pour les satisfaire? Comment faire comprendre la complexité décisionnelle, et la réduire ! Comment prendre en compte la demande de démocratie participa- tive, sans tomber dans la caricature, sans dépouiller les agents de leur technicité, mais en l’utilisant mieux ? Comment faire accepter que la seule >>>

LES DOSSIERS MANAGEMENT DE LA LETTRE DU CADRE Retrouvez tous nos dossiers « Management » sur le site internet de La Lettre du cadre

Collègues et managers toxiques ? Réagissez !

Un collègue de bureau bizarre, menteur, manipulateur, un responsable qui arrive à vous fa