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Anthologie sur Baudelaire : Les Fleurs du Mal et Petits Poèmes en Prose Le déchirement
Anthologie sur Baudelaire : Les Fleurs du Mal et Petits Poèmes en Prose Le déchirement

Anthologie sur Baudelaire :

Les Fleurs du Mal et Petits Poèmes en Prose

Anthologie sur Baudelaire : Les Fleurs du Mal et Petits Poèmes en Prose Le déchirement intérieur

Le déchirement intérieur du poète

Anthologie sur Baudelaire : Les Fleurs du Mal et Petits Poèmes en Prose Le déchirement intérieur

Texte n°1 : Baudelaire, « La Destruction », Les Fleurs du Mal , 1861 : Baudelaire, « La Destruction », Les Fleurs du Mal, 1861

La destruction

Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon ; Il nage autour de moi comme un air impalpable ; Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon Et l'emplit d'un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon grand amour de l'Art, La forme de la plus séduisante des femmes, Et, sous de spécieux prétextes de cafard, Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

Il me conduit ainsi, loin du regard de Dieu, Haletant et brisé de fatigue, au milieu Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes,

Et jette dans mes yeux pleins de confusion Des vêtements souillés, des blessures ouvertes, Et l'appareil sanglant de la Destruction !

ouvertes, Et l'appareil sanglant de la Destruction ! Georges-Antoine Rochegrosse, Charles Baudelaire (1928) « Il
ouvertes, Et l'appareil sanglant de la Destruction ! Georges-Antoine Rochegrosse, Charles Baudelaire (1928) « Il
ouvertes, Et l'appareil sanglant de la Destruction ! Georges-Antoine Rochegrosse, Charles Baudelaire (1928) « Il

Georges-Antoine Rochegrosse, Charles Baudelaire

(1928)

« Il nage autour de moi comme un air impalpable »

Texte n°2 : Baudelaire, « L'ennemi », Les Fleurs du Mal , 1861 L'ennemi Ma

Texte n°2 : Baudelaire, « L'ennemi », Les Fleurs du Mal,

1861

L'ennemi

Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, Traversé çà et là par de brillants soleils ; Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j'ai touché l'automne des idées, Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux Pour rassembler à neuf les terres inondées, Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve Trouveront dans ce sol lavé comme une grève Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?

- O douleur ! ô douleur ! Le Temps mange la vie, Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le cœur Du sang que nous perdons croît et se fortifie !

nous ronge le cœur Du sang que nous perdons croît et se fortifie ! Pawel Kuczynksi
nous ronge le cœur Du sang que nous perdons croît et se fortifie ! Pawel Kuczynksi
nous ronge le cœur Du sang que nous perdons croît et se fortifie ! Pawel Kuczynksi

Pawel Kuczynksi (2015)

« Le Temps mange la vie »

nous ronge le cœur Du sang que nous perdons croît et se fortifie ! Pawel Kuczynksi

Texte n°3 : Baudelaire, « La Destruction », Les Fleurs du Mal , 1861 : Baudelaire, « La Destruction », Les Fleurs du Mal, 1861

L'Héautontimorouménos

À J.G.F.

Je te frapperai sans colère Et sans haine, comme un boucher, Comme Moïse le rocher Et je ferai de ta paupière, Pour abreuver mon Saharah Jaillir les eaux de la souffrance. Mon désir gonflé d'espérance Sur tes pleurs salés nagera Comme un vaisseau qui prend le large, Et dans mon coeur qu'ils soûleront Tes chers sanglots retentiront Comme un tambour qui bat la charge! Ne suis-je pas un faux accord Dans la divine symphonie, Grâce à la vorace Ironie Qui me secoue et qui me mord Elle est dans ma voix, la criarde! C'est tout mon sang ce poison noir! Je suis le sinistre miroir Où la mégère se regarde. Je suis la plaie et le couteau! Je suis le soufflet et la joue! Je suis les membres et la roue, Et la victime et le bourreau! Je suis de mon coeur le vampire, — Un de ces grands abandonnés Au rire éternel condamnés Et qui ne peuvent plus sourire!

Au rire éternel condamnés Et qui ne peuvent plus sourire! Image tirée d'une adaptation de
Au rire éternel condamnés Et qui ne peuvent plus sourire! Image tirée d'une adaptation de

Image tirée d'une adaptation de L'Héautontimorouménos de Morgane Segaert (2016)

« Je suis la plaie et le couteau !»

tirée d'une adaptation de L'Héautontimorouménos de Morgane Segaert (2016) « Je suis la plaie et le

Texte n°4 : Baudelaire, « Le confiteor de l'Artiste », Le Spleen de Paris , 1869 : Baudelaire, « Le confiteor de l'Artiste », Le Spleen de Paris, 1869

Le Confiteor de l'Artiste

Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations

délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de

pointe plus

Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions. Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses. Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle me révoltent… Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être

vaincu.

acérée que celle de l’Infini.

avant d’être vaincu. acérée que celle de l’Infini. Robert Delaunay, Champ de Mars (1911) « Mes
avant d’être vaincu. acérée que celle de l’Infini. Robert Delaunay, Champ de Mars (1911) « Mes

Robert Delaunay, Champ de Mars (1911)

« Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses. »

Delaunay, Champ de Mars (1911) « Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations
Texte n°5 : Baudelaire, « Anywhere out of the world », Le Spleen de Paris

Texte n°5 : Baudelaire, « Anywhere out of the world », Le Spleen de Paris, 1869

Anywhere out of the world

Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu’il guérirait à côté de la fenêtre. Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme.

« Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d’habiter

Lisbonne ? Il doit y faire chaud, et tu t’y ragaillardirais comme un lézard.

Cette ville est au bord de l’eau ; on dit qu’elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu’il arrache tous les arbres. Voilà un paysage selon ton goût ; un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir ! » Mon âme ne répond pas.

« Puisque tu aimes tant le repos, avec le spectacle du mouvement, veux-tu

venir habiter la Hollande, cette terre béatifiante ? Peut-être te divertiras-tu dans cette contrée dont tu as souvent admiré l’image dans les musées. Que penserais-tu de Rotterdam, toi qui aimes les forêts de mâts, et les navires amarrés au pied des maisons ? »

Mon âme reste muette.

« Batavia te sourirait peut-être davantage ? Nous y trouverions d’ailleurs

l’esprit de l’Europe marié à la beauté tropicale. » Pas un mot. — Mon âme serait-elle morte ?

« En es-tu donc venue à ce point d’engourdissement que tu ne te plaises que

dans ton mal ? S’il en est ainsi, fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort. — Je tiens notre affaire, pauvre âme ! Nous ferons nos malles pour Tornéo. Allons plus loin encore, à l’extrême bout de la Baltique ; encore plus loin de la vie, si c’est possible ; installons-nous au pôle. Là le soleil ne frise qu’obliquement la terre, et les lentes alternatives de la lumière et de la nuit suppriment la variété et augmentent la monotonie, cette moitié du néant. Là, nous pourrons prendre de longs bains de ténèbres, cependant que, pour nous divertir, les aurores boréales nous enverront de temps en temps leurs gerbes roses, comme des reflets d’un feu d’artifice de l’Enfer ! » Enfin, mon âme fait explosion, et sagement elle me crie : « N’importe où ! n’importe où ! pourvu que ce soit hors de ce monde ! »

! n’importe où ! pourvu que ce soit hors de ce monde ! » Ernst Ludwig

Ernst Ludwig Kirchner, Die Berge Weissfluh und Schafgrind

(1921)

« fuyons vers les pays qui sont les analogies de la Mort.»

Ludwig Kirchner, Die Berge Weissfluh und Schafgrind (1921) « fuyons vers les pays qui sont les
Texte n°6 : Baudelaire, « Le tir et le cimetière », Le Spleen de Paris

Texte n°6 : Baudelaire, « Le tir et le cimetière », Le Spleen de Paris, 1869

Le tir et le cimetière

À la vue du cimetière, Estaminet. — « Singulière enseigne, — se dit notre promeneur, — mais bien faite pour donner soif ! À coup sûr, le maître de ce cabaret sait apprécier Horace et les poètes élèves d’Épicure. Peut-être même connaît-il le raffinement profond des anciens Égyptiens, pour qui il n’y avait pas de bon festin sans squelette, ou sans un emblème quelconque de la brièveté de la vie ». Et il entra, but un verre de bière en face des tombes, et fuma lentement un cigare. Puis, la fantaisie le prit de descendre dans ce cimetière, dont l’herbe était si haute et si invitante, et où régnait

un si riche soleil. En effet, la lumière et la chaleur y faisaient rage, et l’on eût dit que le soleil ivre se vautrait tout de son long sur un tapis de fleurs magnifiques engraissées par la destruction. Un immense bruissement de vie remplissait l’air, — la vie des infiniment petits, — coupé à intervalles réguliers par la crépitation des coups de feu d’un tir voisin, qui éclataient comme l’explosion des bouchons de champagne dans le bourdonnement d’une symphonie en sourdine. Alors, sous le soleil qui lui chauffait le cerveau et dans l’atmosphère des ardents parfums de la Mort, il entendit une voix chuchoter sous la tombe où il s’était assis. Et cette voix disait : « Maudites soient vos cibles et vos carabines, turbulents vivants, qui vous souciez si peu des défunts et de leur divin repos ! Maudites soient vos ambitions, maudits soient vos calculs, mortels impatients, qui venez étudier l’art de tuer auprès du sanctuaire de la Mort ! Si vous saviez comme le prix est facile à gagner, comme le but est facile à toucher, et combien tout est néant, excepté la Mort, vous ne vous fatigueriez pas tant, laborieux vivants, et vous troubleriez moins souvent le sommeil de ceux qui depuis longtemps ont mis dans le But, dans le

»

seul vrai

but

de

la

détestable

vie

!

le But, dans le » seul vrai but de la détestable vie ! Katsutoshi Murase, dans

Katsutoshi Murase, dans Re/Member tome 1

(2014)

vie ! Katsutoshi Murase, dans Re/Member tome 1 (2014) « Maudites soient vos cibles et vos

«

Maudites soient vos cibles et vos carabines,

turbulents vivants, qui vous souciez si peu des défunts

et de leur divin repos ! »

Préface : Baudelaire, l’archétype du poète “écorché vif” Non reconnu de son vivant, Baudelaire était

Préface : Baudelaire, l’archétype du poète “écorché vif”

Non reconnu de son vivant, Baudelaire était un homme tourmenté, endetté, et profondément malheureux. Il désirait ardemment la reconnaissance du grand public, mais ce n’est que grâce à sa persévérance que le poète a pu garder intègre son oeuvre. Ses vers, dont l’on dit aujourd’hui qu’ils figurent sans mal dans le panthéon des plus beaux de notre langue, étaient considérés comme immoraux et laids par les gens de son époque. Il faut dire que l’homme derrière ces textes n’attirait pas non plus la sympathie: les seules images de lui nous montrent un visage fermé, des lèvres pincées, des yeux cernés de profondes rides… Toute la douleur du monde, en bref! Cet aspect physique ne reflète que de manière imparfaite sa déchirure intérieure. En totale opposition avec les codes moraux de son époque, il décide de se marginaliser, et devient la cause de sa propre tristesse. Mais qui mieux qu’un poète peut parler de sentiments complexes et incompréhensibles à première vue? Qui mieux que Baudelaire peut parler de Baudelaire? Ce sont ces questions qui m'ont poussées à réaliser cette anthologie autour de la déchirure intérieure du poète. Mon but est de montrer quelques-unes des multiples facettes de l’humain dans toute sa contradiction, mais aussi sa fragilité, ce spleen qui lui semble inévitable. Ainsi, j'espère vous faire profiter d’une expérience différente des poèmes baudelairiens, dans un recueil conçu tout spécialement pour que les mots du poète y aient une place de choix, une atmosphère qui leur convienne. Voici donc 6 poèmes, issus des recueils Les fleurs du Mal et Petits poèmes en prose (le Spleen de Paris), que j'ai classé spécialement pour vous dans l'ordre de ceux qui m'ont le plus marqués.

dans l'ordre de ceux qui m'ont le plus marqués. D ans cette anthologie, il était impossible
dans l'ordre de ceux qui m'ont le plus marqués. D ans cette anthologie, il était impossible

Dans cette anthologie, il était impossible de ne pas inclure “La Destruction” : Le Démon va être utilisé pour personnifier un mal qui semble entourer et accabler le poète. Ce Démon est la représentation de ses vices que ce soit le tabac, les drogues ou l’alcool. Il va former un mal ultime sous l’aspect de femme fatale, référence sans doute à ses amours chaotiques. Ce Démon l’éloigne du droit de chemin de la morale et de la religion. Il ne le conduit qu’à l’Ennui, tombeau de son inspiration. Baudelaire va de cette façon se rapprocher de “l’appareil sanglant de la Destruction” et donc de la mort. Nous assistons à une autodestruction du poète qui montre un certain goût du mal.

Dans “L’ennemi”, la supériorité du temps sur la vie est mise en valeur. Le poète hésite entre l’ombre et la lumière, entre l’espoir et le désespoir. Il se montre ainsi passif et impuissant contre le temps. L’angoisse du poète face à l’écoulement du temps s’exprime à travers la mort. Le temps qui passe va être synonyme d’angoisse et de mélancolie . Il apparaît comme un ennemi, un vampire qui vide le poète de son sang pourtant nécessaire à la croissance de nouvelles fleurs poétiques.

Le poème “L'Héautontimoroumenos” ou “le bourreau de soi même”, en grec, mérite aussi sa place dans cette anthologie. La violence qui le caractérise est la conséquence d'une forte peine d'amour qui met le narrateur dans un grand état de souffrance. Dans ses vers, le poète fait une allusion à un amour perdu qui a créé le vide dans ses sentiments. Il va donc dans un premier temps employer des insultes à l'encontre de celle qui l’a blessé pour se soulager. Cette violence permet à l'auteur d'exprimer sa peine et sa mélancolie. Ne se supportant plus, l’auteur va retourner cette violence contre lui.

d'exprimer sa peine et sa mélancolie. Ne se supportant plus, l’auteur va retourner cette violence contre

“Le confiteor de l’artiste” est un poème en prose dans lequel le poète confesse la difficulté de créer et son idéal de la beauté. Nous rentrons dans l'intimité du poète qui se révolte devant la faiblesse humaine de l'artiste et l'insensibilité de la nature. Il présente un sentiment d'impuissance ainsi qu’une tension dans la mise en jeu de la nature qui se révèle parfois destructrice de l'inspiration, ne se laissant pas facilement décrypter. Le poème est construit sur une évolution qui retrace les étapes de la création esthétique, depuis le sentiment d'une symbiose possible et sensible avec le monde jusqu'à celui d'une atteinte impossible. La quête de la beauté débouche inéluctablement sur la douloureuse impuissance créatrice. Baudelaire confesse ici son échec dans la quête de déchiffrer le monde qui l'entoure et de le retranscrire avec des mots.

Dans “Anywhere out of the world”, le poète tente de s'éloigner d'un monde hostile, de la nature et de la condition humaine qui provoquent la crainte et le rejet de son art. Il semble que face à la dureté de la réalité, la poésie introduise le rêve et permette à la pensée de fuir. Il veut fuir la réalité, qui est figurée sous l’image d’un hôpital. On trouve au long de ce texte différents lieux et endroits intéressants et rêvés pour voyager. L’homme est perpétuellement insatisfait, hésitant et indécis. Il croit être plus heureux ailleurs, plus loin, alors que c’est une illusion. Dans ce poème, Baudelaire met en avant l’insatisfaction de l’homme :

l’homme est malheureux, ce qui conduit à un désir de voyager. A travers un dialogue entre le poète et son âme, on trouve une allégorie du désespoir et de l’ennui.

on trouve une allégorie du désespoir et de l’ennui. “Le Tir et le cimetière" nous présente

“Le Tir et le cimetière" nous présente une contradiction importante. Le personnage, après s’être amusé de l’enseigne d’une échoppe, y entre pour boire une bière et profite du soleil. Il déambule ensuite dans le cimetière, et l’atmosphère devient plus sombre, comme le poète fait preuve d’un certain cynisme en décrivant les “tapis de fleurs magnifiques engraissées par la destruction”. En fait, l’atmosphère lourde était sous-entendue dès le début, avec la description de l’estaminet, et du soleil écrasant qui ne manque pas de nous rappeler celui de L’Etranger, de Camus. Mais il ressort de ce poème une impression d’ambivalence: le “promeneur” profite de sa journée, et est comme rappelé à l’ordre par ce mort qui lui parle. Ce clair-obscur de la vie et de la mort est au cœur même de ce cimetière, et en fait un lieu de contradictions, le liant sans mal au thème de la déchirure de l’artiste: le personnage est tout absorbé par le ciel, et en oublie les morts six pieds sous terre. Ces derniers ne manquent pas de lui rappeler sa place, en lui montrant sa vanité et celle de ses semblables.

GARRIDO Lorine 1ère S-A

sa place, en lui montrant sa vanité et celle de ses semblables. GARRIDO Lorine 1ère S-A

Signature de Charles Baudelaire

sa place, en lui montrant sa vanité et celle de ses semblables. GARRIDO Lorine 1ère S-A