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Intervention au Comité Départemental du 4 mai 2010

Puisque nous n’avons pas eu de réunion du Comité Départemental depuis plusieurs mois et
notamment depuis le démarrage de la campagne des élections régionales, avant de
m’exprimer sur l’ordre du jour de ce conseil, je voudrais tout d’abord faire part des
enseignements que nous avons tiré de ces Elections Régionales.

Malgré tout ce qui a été dit et écrit sur l’enjeu de ces élections que certains ici voulaient
réduire à une Election Régionale pour seulement choisir une équipe d’élus , renouveler
l’équipe sortante qui présentait il est vrai un bon bilan et pour gérer un budget inférieur à
celui de la Communauté Urbaine de Rennes, les enseignements politiques admis par tous se
situent comme une sérieuse défaite de la droite au niveau national, un échec cuisant pour
Sarkozy et le Gouvernement Fillon.

Avec une abstention record et inquiétante notamment chez les jeunes et les milieux
populaires et un regain du vote FN tout aussi inquiétant dans le contexte de crise
économique et de chômage en hausse, tout le monde s’accorde à dire que ces Elections
Régionales ont été un avertissement à l’ensemble des responsables politiques et à leurs
organisations.

Au-delà des enjeux régionaux, c’était bien des élections nationales et il fallait les prendre
comme telles.

Les Communistes, qui avaient choisi majoritairement tant au niveau de notre Fédération du
Morbihan, du Conseil National et des 17 Régions sur 22 de construire des listes Front de
Gauche dans la logique et la dynamique des Elections Européennes de 2009, avaient pris en
compte cette dimension nationale de ces élections. Il faut ici admettre que cette position
était la bonne et qu’elle est reconnue même par nos adversaires comme celle qui permet
d’envisager une reconstruction de la gauche et une victoire dans les prochaines échéances
électorales (cantonales, présidentielles, législatives).

Pour ce qui est dans notre région et notre département, tout d’abord malgré tous les
obstacles mis en travers pour constituer une liste Front de Gauche qu’ils soient internes à
notre parti ou externes par d’autres organisations, force est de constater que nous avons
réussi à rassembler sur la liste intitulée « Ensemble pour une Bretagne à gauche écologique
et citoyenne » toutes les composantes du Front de Gauche élargie à la Fédération pour une
Alternative Sociale et Ecologique, les Alternatifs et les Rouge et Vert.

Contrairement à ce que nous avons entendu ici, les représentants des organisations du Front
de Gauche élargi ont réussi à se mettre d’accord sur un projet et un programme régional.

Notre liste rassemblait près du tiers de camarades issus du parti, près de la moitié des autres
organisations et plus d’une vingtaine des représentants du monde syndical et associatif en
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accord avec notre démarche (27 PCF, 9 GU, 11 PG, 14 FASE, 4 Alt, 1 R3, 3 R et V, 22 monde
syndical et associatif).

Malgré le retard pris dans le démarrage de la campagne électorale, le dynamisme et la


motivation des militants engagés ont permis de rassembler des centaines de personnes dans
les réunions électorales et de redonner envie de militer à bon nombre de camarades qui
s’étaient éloignés de notre parti. Et au-delà des résultats électoraux, ceci constitue un
potentiel précieux pour les futures batailles électorales. Pour ma part, comme d’autres
camarades qui se sont dépensés sans compter j’y ai pris beaucoup de plaisir et de
satisfaction personnelle.

En plein accord avec mes engagements précédents sur l’Europe où nous avons condamné le
Traité de Lisbonne et proposé un projet d’une Europe solidaire, écologique et citoyenne
défendue par le Front de Gauche, nous avons été très à l’aise pour défendre les Services
Publics menacés par les directives européennes et condamner la concurrence libre et non
faussée tant dans l’économie libérale qu’entre les territoires.

Maintenant les résultats même s’ils n’ont pas permis d’être présents pour constituer une
liste d’Union au 2ème tour, ont permis de maintenir en Bretagne la dynamique Front de
Gauche renouvelée par notre Conseil National.

Certains ici ont justifié leur position de faire alliance avec le PS dès le 1er tour parce qu’une
liste Front de Gauche n’atteindrait pas les 5%. On peut considérer aujourd’hui qu’avec un
Parti Communiste complètement engagé dans la campagne électorale pour une liste Front
de Gauche élargie, nous aurions dépassé ce seuil imposé par la loi électorale qui élimine
ceux qui ne se reconnaissent pas dans les idées de l’UMP et du PS. Sinon cela signifierait que
les camarades représentés sur la liste Le Drian représentent moins de 1,5% des électeurs sur
l’ensemble de la Bretagne et encore moins dans le Morbihan puisque si l’on compare ce qui
est comparable c'est-à-dire les résultats du Front de Gauche aux Européennes et celui aux
Régionales dans le Morbihan de 9 876 voix soit 4,51 % aux Européennes la liste Front de
Gauche a rassemblé plus de 700 voix supplémentaires (10 521 voix) même si le % est
légèrement inférieur (4,15%) mais devant le score du MODEM qui était pourtant bien
implanté dans notre Département. Dans bon nombre de Communes, notre liste a recueilli
davantage de voix et même un meilleur pourcentage qu’aux Européennes.

Et puisque des camarades s’inquiètent sur le devenir de la Municipalité à direction


Communiste à Hennebont, je leur ferai remarquer que la liste Front de Gauche qui faisait
581 voix et 13,6 % aux Européennes avec le Maire sur la liste, elle a fait 1 102 soit 21% avec
des résultats très encourageants dans plusieurs bureaux de vote. En doublant le nombre
d’électeurs dans les autres communes du canton, on peut aussi rassurer les camarades qui
s’inquiétaient sur le canton pour les élections cantonales.

Pour ma part, j’ai du mal à entendre ce genre de critiques, voire de dénigrement sur mon
engagement dans cette campagne électorale.
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Alors que nous avons tout fait pour garder depuis 50 ans la direction communiste à
Hennebont, même avec un PCF à (5,11%) aux dernières élections présidentielles, que nous
avons pris nos responsabilités pour défendre les Services Publics comme l’Hôpital, la Poste,
la gare souvent sans le soutien de nos dirigeants fédéraux et bon nombre des élus lorientais,
alors que nous n’avons pas hésité à apporter tout notre soutien aux travailleurs des la SBFM
dans leur lutte pour le maintien de l’entreprise et les emplois malgré l’absence de nos
dirigeants fédéraux dans les luttes qu’ont mené depuis des années ces anciens travailleurs
issus des luttes pour les Forges d’Hennebont, j’ai du mal à entendre de la part de ces
camarades des critiques voire un travail de sape sur ce que tente de maintenir les élus et
camarades de la Section d’Hennebont.

On ne peut justifier une position difficile à expliquer aux camarades comme celle de
l’alliance avec le PS au 1er tour des Régionales (je rappelle que cette position avait été
rejetée largement par les adhérents de notre fédération), en dénigrant systématiquement
ceux qui tentent avec les moyens et les forces qu’ils ont de maintenir allumée la flamme de
l’espoir d’un véritablement changement. Fort du soutien de la majorité des adhérents de
notre section d’Hennebont et du Département, fort du soutien de la majorité des adhérents
de l’amicale des Vétérans de notre Parti, fort du soutien de bon nombre des militants
syndicaux du Département, c’est par respect de l’avis de tous ces camarades que j’ai accepté
d’être tête de liste pour ces élections régionales.

Pour moi, contrairement à ce que certains « camarades » ont colporté ici ou là, je n’avais
aucune ambition personnelle dans ces élections. Ce sont la situation politique (une Droite
discréditée qui avait peu de chance de l’emporter alors que certains ici brandissant la
menace de la reprise de la Région par la Droite) et surtout l’assurance de la promesse faite
par nos élus régionaux suivis par nos dirigeants départementaux à Le Drian au lendemain
des élections européennes où le PS était talonné par Europe Ecologie de faire alliance avec
lui au 1er tour et ceci avant toute consultation des camarades des fédérations bretonnes et
avant la discussion et la décision du Conseil National, qui m’ont amené à participer à la
constitution d’une liste Front de Gauche en Bretagne comme cela s’est fait dans 17 autres
régions de France.

Contrairement à la majeure partie des autres listes constituées autour de la tête de liste,
notre liste « Ensemble » a d’abord été élaborée par les différentes composantes sur la base
d’un accord politique et d’un programme rédigé en commun. Ce n’est qu’après que sont
venues les propositions de confier les têtes de listes départementales à chacune des
composantes et de me confier la tête de liste.

Je tenais ici à reproduire la chronologie et la vérité historique de la construction de la liste


Front de Gauche.
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Alors pour revenir à ce qu’était l’ordre du jour de notre Comité Départemental à savoir
l’actualité et l’activité des Communistes et la préparation du Congrès Départemental, je
rappellerai qu’un Parti comme le nôtre :

C’est d’abord des valeurs partagées et une histoire puisque nous allons fêter les 90 ans de
sa fondation en décembre.

Ces valeurs de solidarité, de camaraderie, de partage, de justice sociale, d’égalités de droits


et de devoirs, de respect de l’autre et de son point de vue, de don de soi et de
désintéressement me semblent jusqu’ici être le ciment entre nous. L’histoire de notre parti
est riche de ces camarades qui ont sacrifié, leur vie de famille, leur carrière professionnelle,
voire leur vie dans les moments les plus sombres de l’histoire de notre pays. C’est en
référence à ces valeurs et à notre histoire que nous devons à chaque moment faire les choix
décisifs qui s’imposent à nous. Ecouter nos anciens, tenir compte de leur avis me semble
indispensable dans ces moments là.

Un parti c’est aussi un projet et une stratégie décidés majoritairement par les adhérents à
chaque congrès et mis en application par les instances nationales et locales. Notre projet de
transformation sociale est en rupture avec le capitalisme et la concurrence libre et non
faussée prônée par la Constitution Européenne votée par l’ensemble des partis de Droite et
les partis socio-démocrates. Notre stratégie de Front de Gauche adoptée à notre dernier
Congrès et mise en pratique lors des élections européennes et régionales (sauf en Bretagne
et 6 autres régions) a fait ses preuves d’une perspective d’avenir, d’un véritable changement
auprès des militants, sympathisants et bon nombre de nos compagnons de route qui nous
avaient quittés.

Elle a redonné espoir aux travailleurs en lutte pour leur emploi, leurs salaires, leurs
conditions de travail. Les militants syndicaux y ont trouvé une perspective qui méritait d’être
soutenue et renforcée. Les démarches engagées pour constituer ces listes Front de Gauche
ont permis à bon nombre de militants de se retrouver et de construire quelque chose de
neuf. Il ne faut pas les décevoir par des considérations tacticiennes et politiciennes. Nos
congrès départemental et national devront se prononcer clairement sur ce projet et cette
stratégie.

Les camarades qui préconisent à une élection des listes Front de Gauche puis à la suivante
des listes d’alliance avec le PS ou autres devront choisir.

Il ne leur sera pas fait grief d’ailleurs de rejoindre directement le Parti Socialiste puisqu’ils
préconisent une Congrès de Tours à l’envers.

Pour ma part, avec une majorité de camarades, la rupture s’est clairement faite lors de la
campagne électorale contre le Traité Constitutionnel Européen. On ne peut pas faire
l’impasse de ce fait historique comme s’il n’avait pas existé. Or on voit les effets dans les
pays dirigés par la Droite et les Socio-démocrates. La façon dont ces dirigeants font soi-
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disant face à la crise est révélatrice de leurs véritables intentions. Où est la résistance aux
banques, aux puissances financières ? Où sont les belles intentions du partage des
richesses ?

Un parti, surtout comme le nôtre, c’est un parti fait d’adhérents, de militants, de


sympathisants qui constituent une force d’actions et d’initiatives. Ces adhérents lisent,
s’informent, échangent et prennent position sans qu’on ait besoin de leur donner la bonne
marche à suivre. Dans les réunions, ils sont capables d’écouter et de changer d’opinion s’ils
estiment que les arguments avancés sont meilleurs que ce qu’ils pensaient. Il n’est point
besoin de faire pression sur eux par des conversations directes ou téléphoniques pour qu’ils
changent d’avis. Le respect de l’opinion des camarades doit être la règle de fonctionnement
de notre Parti. C’est la seule qui permet d’obtenir leurs engagements dans les combats que
nous menons. J’ai pu en faire l’expérience dans les différentes campagnes électorales que
nous avons menées depuis des décennies mais aussi dans notre comportement vis-à-vis des
travailleurs en lutte. Pour garder et à plus forte raison pour gagner des adhérents, des
militants, nous ne pouvons imposer nos idées et notre conception de la lutte. Elle doit être
admise et partagée. Que les camarades qui sont passés outre l’avis majoritaire des
adhérents (notamment dans notre Département) s’interrogent pourquoi nous avons perdu
des sections entières d’adhérents à la SBFM, à l’Arsenal, à EDF, au Port de Pêche ou ailleurs ?

Garder le lien avec la classe ouvrière était et reste indispensable pour assurer l’avenir de
notre Parti. Je ne peux admettre que l’on fasse l’impasse de cette règle fondamentale de
fonctionnement de notre organisation.

Et toujours pour répondre à ceux qui s’interrogent sur la section d’Hennebont, des jeunes
adhérents ont au cours de la campagne des Régionales fait 10 nouvelles adhésions et relancé
un journal de cellule intitulé « la butte rouge ».Ces jeunes ont besoin d’être soutenus et
confortés dans leur démarche et non dénigrés et découragés par des injonctions voire des
ordres venus de nos dirigeants départementaux.

Et c’est avec ses adhérents, ces militants que nous gagnerons des électeurs qui donnent le
poids d’un Parti.

Dans les élections à deux tours, chacun se présente devant les électeurs avec son
programme et ses candidats. La reconnaissance et l’existence d’un Parti est donnée par sa
représentation électorale et non par des arrangements et des accords qui n’ont pour seul
but de conserver quelques sièges d’élus.

Un Parti ne peut prétendre conserver des élus s’il n’a pas d’électeurs. Et je dirais ici à ceux
qui veulent nous faire la leçon notamment à Hennebont, je leur ferai remarquer que nous ne
sommes pas nombreux dans le Morbihan, les élus à qui les électeurs ont fait confiance avec
leurs engagements au PCF. Les cantonales et les législatives sont les seules élections où
chaque candidat défend seul son étiquette politique et son programme. Autre chose est de
faire partie d’une liste d’Union surtout lorsque la tête de liste est socialiste. Sans minimiser
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leur rôle mais la reconnaissance et la confiance des électeurs dans les élus communistes
dans ces listes d’union ne peut être appréciée à la même hauteur.

Pour moi, il est temps de remettre les choses à l’endroit dans notre Parti, à savoir des
valeurs, un projet, une stratégie défendue et partagée par des adhérents et portée à
connaissance par des militants pour gagner des électeurs qui alors feront confiance aux élus
présentés par notre Parti.

Ce ne peut être dans l’autre sens et surtout les élus ne pourront être les seuls représentants
et défenseurs d’un Parti comme le nôtre.

Notre Congrès Départemental devra être un congrès de la clarification et de la remise à


l’endroit de notre organisation. La démocratie doit s’exercer au plein sens du terme et
quiconque ici n’a le droit, ni le pouvoir de déroger aux règles de fonctionnement définis par
nos statuts. Les responsables à qui nous avons fait confiance se doivent de les appliquer en
toute impartialité sinon ils encourent le risque de se mettre hors statut donc non dignes de
notre confiance.