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TP - L3 Physique Chimie - Plate-forme TTE - C.E.S.I.R.E.

- Université Joseph Fourier - Grenoble

TRANSFERT DE CHALEUR
Document à lire avant de commencer TOUT TP de Thermodynamique
Ce document est un résumé des notions fondamentales concernant le transfert de chaleur entre
2 corps solides ou uides. Il est nécessaire de le lire avant de commencer les TP de Thermo.

1. Généralités

Le transfert d'une quantité de chaleur δq pendant un intervalle de temps δt correspond à un


δq
ux de chaleur φ = . Un ux de chaleur équivaut à une puissance échangée par un système à
dt
travers sa frontière sous forme de chaleur. Les ux de chaleur φ se mesurent en Watts.
Comme le ux de chaleur n'est pas nécessairement uniforme sur toute la surface d'échange S ,


on introduit la notion de densité de ux locale J (en W m−2 ). Le ux φ est alors l'intégrale de
R −→−→ →

la densité de ux sur la surface d'échange S, φ = S J ds où ds représente un élément de surface
→−
− → →−
− →
orienté de telle sorte que le ux est sortant si J .ds > 0 entrant si J .ds < 0.
D'un point de vue plus physique, le transfert de chaleur trouve son origine dans les écarts de
température. Ainsi, un transfert d'énergie sous forme de chaleur sera obtenu chaque fois qu'un
gradient de température existera au sein d'un système ou lorsque deux systèmes, à températures
diérentes, seront mis en contact par l'intermédiaire d'une surface d'échange S .
Le processus de transmission de la chaleur n'est pas régi par une relation unique mais résulte
d'une combinaison de mécanismes physiques indépendants. On distingue trois modes de trans-
mission de la chaleur qui sont la conduction, la convection et le rayonnement. Ces trois modes
s'eectuent la plupart du temps en parallèle.

2. Transmission de la chaleur par conduction

2.1. Dénition. Loi fondamentale. Conductivité thermique. La conduction est un pro-


cessus physique de transmission de la chaleur qui s'appuie sur un milieu matériel (solide, liquide,
gaz), sans mouvement de matière, et qui fait passer la chaleur des zones chaudes aux zones froides
à l'aide de mécanismes à l'échelle microscopique (vibrations atomiques ou moléculaires, diusion
électronique,...). La conduction est le seul mécanisme qui permet à la chaleur d'être transmise
dans un solide. Par contre, si un uide est soumis à un fort gradient thermique, la conduction
devient rapidement négligeable devant la convection naturelle.

− −−→
La loi fondamentale de la conduction (loi de Fourier) a pour expression J = −κgradT où
−−→
gradT représente le gradient local de température (c'est-à-dire le taux de variation spatiale de
la température au point considéré). Le vecteur gradient est, par dénition, perpendiculaire aux
isothermes.
κ est le coecient de conductivité thermique du milieu de transmission ( unité W m−1 K −1 ).
Les conductivités thermiques des matériaux varient d'une façon considérable d'une substance à
une autre, de sorte que l'on distingue en général les matériaux conducteurs de la chaleur des
matériaux isolants suivant l'ordre de grandeur de leur conductivité thermique. La conductivité
thermique dépend également de la température. Elle dépend aussi de l'état du matériau considéré
(solide, liquide ou gaz). Le tableau ci-contre donne quelques valeurs de κ pour divers matériaux
à la température ambiante.
1
Tab. 1. Conductivité thermique de quelques matériaux
Valeur à température ambiante
Matériaux k (W m−1 K −1
Argent 417
Cuivre 380
Aluminium 230
Métaux et alliages Laiton 110-90
Fer pur 72
Acier 52
Plomb 35
Acier inoxydable 15
Béton plein 1.75
Béton vermiculite 0.31
Béton cellulaire 0.24
Matériaux de construction Briques réfractaires 0.11 à 0.61
Plâtre 0.43
Bois 0.15
Liége compensé 0.1
Verre 1.15
Liquides Eau 0.56
Alcool 0.13
Air 0.02
Gaz Vapeur d'eau 0.016
Gaz carbonique 0.014
Liège expansé 0.043
Laine de verre 0.035
Laine 0.035
Isolants Amiante 0.15
Amiante ciment 0.8
Polyuréthane 0.03
Polystyrène 0.04
Polychlorure de vinyle 0.031

Remarque : c'est à la conductivité que le corps est sensible, impression quand on touche du
métal, de chaud pour le bois, dans une pièce où la température est homogène.
2.2. Equation de la chaleur. On applique le premier principe de la thermodynamique ( dU =
δW + δQ) à un système constitué d'un volume V limité par une surface S .
- On a δW = 0.
- δQ est la somme de la chaleur δQe entrant dans le volume V pendant dt et de la chaleur δQi
dégagée par les sources internes, de densité volumique q (eet Joule, courants de Foucault,)
− −
→ → →

Z Z Z Z Z
δQe = −dt J .ds = −dt div J dv
S V
Z Z Z
δQi = dt qdv
V
- Pendant le temps dt, on a :
Z Z Z
dT
dU = dt ρC dv
V dt
En utilisant la loi de Fourier, on obtient l'équation de la chaleur
−−→ dT
div(κgradT ) + q = ρC
dt
2
En considérant le milieu comme homogène et k comme isotrope et constant, cette équation se
simplie et devient :
dT
κ∆T + q = ρC
dt
2.3. Régime permanent. L'équation de la chaleur se ramène alors à κ∆T + q = 0. On ne
sait pas résoudre analytiquement cette équation diérentielle dans le cas de 2 ou 3 dimensions.
Des méthodes dapproximation (diérences nies ou éléments nis) sont utilisables mais hors de
propos dans ce document.
2.3.1. Cas du mur plan. Dans ce cas, on peut ramener le problème à un problème à une dimension
d2 T
en coordonnées cartésiennes et q = 0. L'équation de la chaleur se ramène à = 0.
dx2

Dans le cas simple de la transmission de la chaleur à travers un mur plan, d'épaisseur e et de


conductivité κ, en supposant chacune de ses faces à température uniforme (respectivement T1
et T2 avec T1 > T2 ), on obtient, en intégrant l'équation ci-dessus, une variation linéaire de la
e x. Le gradient de température est constant
température en fonction de la distance T = T1 − T1 −T2

T1 − T2
et égal à − . Le ux transmis à travers le mur est alors :
e
−−→ S
φ = −κS gradT = κ (T1 − T2 )

e
en désignant par S la surface du mur.
S
Le résultat peut aussi s'écrire sous la forme φ = K(T1 − T2 ) avec K = κ . Le coecient K
e
est la conductance thermique.
On introduit également la notion de résistance thermique dénie comme l'inverse de la conduc-
1 e
tance Rth = . Ainsi, la résistance thermique d'une couche plane est Rth = . Le ux de
K κS
T − T2
chaleur s'exprime alors comme φ = 1 .
Rth
2.3.2. Cas d'une coquille cylindrique. Considérons une conduite transportant de l'eau chaude.
On suppose les températures des parois intérieure et extérieure constantes. Le ux de chaleur
est alors radial et on peut ramener le problème à un problème
 à une dimension en coordonnées
1 d dT
cylindriques. L'équation de la chaleur se ramène à r = 0. On montre facilement que
r dr  dr 
1 R1
la résistance thermique vaut dans ce cas Rth = − ln où R1 et R2 sont respectivement
2πκL R2
les rayons intérieur et extérieur de la conduite, L sa longueur et κ la conductivité thermique du
matériau.
T − T2
Le ux échangé entre l'intérieur et l'extérieur est donc φ = 1 où T1 et T2 sont les
Rth
températures de surface des parois interne et externe de la couche cylindrique.
3
Tab. 2. Conductivité thermique et difusivité de quelques matériaux
Valeurs à température ambiante
Diusivité 10−4 m2 s−1 Conductivité W m−1 K −1
Cuivre 1.1 380
Fer 0.16 72
Acier inoxydable 0.04 15
Aluminium 0.94 230
Béton 0.005 1.75
Verre 0.003 1.15
Eau 0.002 0.56
Air 0.02

2.4. Analogie Loi d'Ohm - Loi de Fourier. La loi de Fourier appliquée à un mur plan
T1 − T2
φ = présente une certaine analogie avec la loi d'Ohm I = VR1elec
−V2
où la diérence de
Rth
potentiel joue le rôle de la diérence de température et le ux de chaleur celui du courant
électrique.

− −−→ →
− −−→
De même J = −κgradT est à rapprocher de J = σ gradV
On peut ainsi établir les correspondances suivantes :
Loi d'Ohm → Loi de Fourier
Potentiel → Température
Courant → Puissance transmise
Champ électrique → Gradient de température
Densité de courant → Flux thermique
Résistance électrique → Résistance thermique
L 1L 1e
Relec = ρ = → Rth =
S σS κS
On pourra donc, pour analyser un problème thermique, eectuer une transposition en construi-
sant le schéma électrique correspondant (circuit en série, en parallèle) et adopter le même type
de calcul.
2.5. Régime variable. En l'absence de sources de chaleur et en ne considérant que les problèmes
dT dT
à une dimension en coordonnées cartésiennes, l'équation de la chaleur devient D 2 = où
dx dt
κ
D= est la diusivité thermique (unité m2 s−1 ) ( ρ masse volumique, C chaleur spécique
ρC
). Alors que la conductivité thermique k intervient en régime permanent (ne dépendant pas du
temps), la diusivité thermique intervient lors des régimes transitoires (dépendant du temps).
L2
Ainsi la constante de temps τ de mise en équilibre d'un objet est typiquement τ = où L est
D
une dimension caractéristique de l'objet considéré.

3. Transmission de la chaleur par convection

La convection est un processus physique de transmission de la chaleur qui s'appuie sur un


milieu matériel avec mouvement de matière. On ne peut donc avoir de convection que dans les
liquides et les gaz. Le ux de chaleur transmis par convection, entre une paroi à température
T1 et un uide à température T2 (température mesurée loin de la paroi), peut s'écrire sous la
forme φ = hc S(T1 − T2 ) (loi de Newton) où hc est le coecient d'échange par convection (
unité W m−2 K −1 ). On dénira de la même façon que précédemment la résistance thermique
1
de surface par Rth = . Cette relation ne constitue pas une loi, mais plutôt une description
hc S
phénoménologique du processus de transmission par analogie avec la conduction. Quel que soit
le régime d'écoulement, y compris turbulent, il existe au voisinage immédiat de la paroi une zone
4
d'écoulement laminaire appelée couche limite (voir gure ci-dessous). Ce lm est adjacent à la
surface avec condition d'arrêt de l'écoulement le long de la paroi (vitesse nulle).

Ce lm constitue la principale résistance thermique au transfert de chaleur entre la paroi et


le uide en mouvement. C'est pourquoi on parle souvent de coecient de lm pour désigner
le coecient de transfert convectif à la paroi. Lorsque la turbulence de l'écoulement augmente,
l'épaisseur du lm laminaire diminue, sa résistance thermique décroît. Le ux de chaleur, pour
un écart de température donné, est donc d'autant plus important que le régime d'écoulement est
turbulent. Dans la pratique, on détermine la valeur de hc à partir d'expériences. Les résultats
de ces expériences sont traduits en terme de lois de corrélations faisant intervenir des grandeurs
adimensionnelles. On distingue deux types de convection.

3.1. La convection forcée. Le mouvement du uide est imposé par des actions mécaniques
extérieures (pompes, ventilateurs, etc...). L'écoulement est alors laminaire ou turbulent suivant
ρvX
la valeur du nombre de Reynolds Re = où X est une échelle de longueur caractéristique
µ
de l'écoulement (par exemple diamètre, dans le cas d'un écoulement de conduite), v est une

vitesse caractéristique de l'écoulement (par exemple, la vitesse moyenne v = dans le cas
ρS
d'un écoulement de conduite, ṁ représentant le débit massique et S la section de passage),
µ la viscosité dynamique (en Poiseuille (Pl) en SI) et ρ la masse volumique. Les coecients
hX
d'échange hc sont exprimées par l'intermédiaire du nombre de Nusselt N u déni par N u = c
κ
( κ conductivité thermique du uide, X échelle de longueur caractéristique). Le nombre de
Nusselt caractérise l'ecacité du transport thermique convectif par rapport à ce que serait le
seul transport conductif dans le gaz.
µC
L'expérience montre que N u = f (P r, Re) où P r = est le nombre de Prandtl qui résume
κ
les propriétés thermophysiques du uide. Ainsi, on posera la plupart du temps N u = ARem P rn
où A est une constante dépendant de la géométrie considérée et de la valeur du nombre de
Reynolds.

3.2. La convection libre (ou naturelle). Ce type de convection résulte des variations de
masse volumique du uide résultant des échanges de chaleur eux-mêmes (poussée d'Archimède
sur les éléments de uide chaud). Il en résulte une convection laminaire ou turbulente, suivant
gβρ2 X 3 ∆T
la valeur du nombre de Grashof Gr, . Gr = ou de Rayleigh Ra, Ra = P rGr
µ2
X est l'échelle caractéristique de longueur,
∆T est l'écart caractéristique de température,
g est l'accélération de la pesanteur,
µ est la viscosité dynamique,
5
1 dρ
β= est le coecient de dilatation.
ρ dT
En fonction de la valeur du nombre de Rayleigh, le transfert de chaleur a les caractéristiques
suivantes :
Ra < 103 : convection négligeable ; le transfert a lieu essentiellement par conduction
103 < Ra < 109 : le transfert a lieu en régime de convection libre laminaire (rouleaux convectifs
stables dans le temps)
Ra > 109 : le transfert a lieu en régime de convection libre turbulente.
L'expérience montre que N u = ARan = A(P rGr)n où A est une constante dépendant de la
géométrie considérée et de la valeur du nombre de Rayleigh.
3.3. Valeurs du coecient d'échange h. Il est dicile de donner des valeurs de h, les valeurs
pouvant varier énormément en fonction de la géométrie, du uide et du type de convection. On
peut cependant retenir que pour l'air, aux alentours de la température ambiante et en convection
  0.25
ϑ
naturelle, h est donné par h = 1.4 où θ = Tcorps −Tambiante en Kelvin et D est le diamètre
D
d'une barre (en mètre). Ceci donne des valeurs d'environ 5 W m−2 K −1 . Pour l'eau, toujours aux
alentours de la température ambiante, le coecient h est environ 10 fois plus élevé.
4. Transmission de la chaleur par rayonnement

Les corps émettent de l'énergie par leur surface, sous forme d'un rayonnement d'ondes élec-
tromagnétiques, et ce d'autant plus que leur température est élevée. Inversement, soumis à un
rayonnement, ils en absorbent une partie qui se transforme en chaleur. Le rayonnement est un
processus physique de transmission de la chaleur sans support matériel.
Ainsi, entre deux corps, l'un chaud, l'autre froid, mis en vis-à-vis (même séparés par du vide),
une transmission de chaleur s'eectue par rayonnement du corps chaud vers le corps froid : le
corps chaud émet un ux φ1 et absorbe une partie du ux φ2 émis par le corps froid. Comme
φ1 > φ2 , le bilan de ux est tel que le corps chaud cède de l'énergie au corps froid. A l'inverse,
le bilan de ux peut être retrouvé sur le corps froid qui émet moins d'énergie qu'il n'en absorbe.
f lux absorb
On dénit le coecient d'absorption α = et le coecient de réexion ρ =
f lux incident
f lux rf lchi
. La conservation de l'énergie implique α + ρ = 1.
f lux incident
4.1. Le corps noir. L'émetteur ou l'absorbeur idéal est un cas limite appelé corps noir. Il a
la propriété d'absorber tout le rayonnement qui lui parvient quelque soit sa longueur d'onde ;
son coecient d'absorption α est égal à 1 et son coecient de réexion ρ = 0 ; maintenu à la
température T , il émet le maximum de rayonnement thermique possible.
La luminance spectrale L0λ (l'indice supérieur signie corps noir ; unité W m−2 m−1 sr−1 ) est la
puissance émise par unité de surface apparente, par unité de longueur d'onde et par unité d'angle
solide. On démontre que ( loi de Planck )
C1 λ−5
L0λ = C2
e λT − 1
L'émittance spectrale Mλ0 (unité W m−2 m−1 ) est la puissance émise par unité de surface,
par unité de longueur d'onde et dans le demi espace supérieur. La plupart des corps ont une
luminance spectrale indépendante de la direction d'émission ( loi de Lambert ). On a alors la
relation Mλ0 = πL0λ .
La longueur d'onde λm du maximum de l'émittance est donnée par la relation de Wien λm T =
2896 µmK . Quasiment toute la puissance est émise entre les longueurs d'onde λm /2 et 7λm .
L'émittance totale M 0 (unité W m2 ) est la puissance émise par unité de surface dans le demi
espace supérieur sur l'ensemble de toutes les longueurs d'onde possibles. Par intégration sur les
longueurs d'onde, on trouve que l'émittance totale M 0 du corps noir est proportionnelle à la
puissance quatrième de la température absolue de la surface ( loi de Stefan ) M 0 = σT 4 avec σ
= constante de Stefan-Boltzman = 5, 675.10−8 W m−2 K −4 .
6
4.2. Corps réels. Les propriétés d'émission des corps réels sont dénies par rapport à celles du
corps noir. On dénit l'émissivité ε d'un corps comme le rapport de sa luminance (ou de son
émittance) à celle du corps noir. L'émissivité est un nombre strictement inférieur à 1. En toute
rigueur, l'émissivité dépend de la direction et de la longueur d'onde. Un corps réel est donc déni
par
- son émissivité ε en ce qui concerne le rayonnement qu'il émet
- son coecient d'absorption α en ce qui concerne le rayonnement reçu de son environnement
La loi de Kirchho indique que α = 
On fait la plupart du temps l'hypothèse que les corps réels se comportent comme des corps
gris à émission diuse. Cette hypothèse entraîne que l'émissivité, et par conséquent le coecient
d'absorption, ne dépendent ni de la direction ni de la longueur d'onde. Un corps réel est alors
caractérisé par une seule quantité, son émissivité ε.

4.3. Puissance échangée entre deux corps. Entre deux corps noirs, l'un chaud ( température
T1 ), l'autre froid ( température T2 ), en vis-à-vis total ( c'est à dire que tout le ux émis par l'un
des corps est reçu par l'autre), le ux net échangé s'écrit :

φ = f lux mis − f lux absorb = Sσ(T14 − T24 )

Si les deux corps ne sont pas en vis-à-vis total, on fait intervenir un facteur de forme F1,2 qui
tient compte de la géométrie considérée.
De la même façon, le ux net échangé entre deux corps gris s'écrit :

φ = S1 F1,2 σ(T14 − T24 )

où le facteur de forme fait intervenir cette fois la géométrie considérée et les émissivités des deux
corps.
On a par exemple F1,2 = 1 +11 −1 dans le cas de deux surfaces grises parallèles en vis-à-vis ou
ε1 ε2
1
F1,2 = 1 S1 1
dans le cas de deux surfaces grises dont l'une (S2 ) entoure complètement
ε1 + S2 ( ε2 − 1)
l'autre (S1 ).
Si les écarts de température ne sont pas trop importants, on peut linéariser (T14 − T24 ) et le
remplacer par 4T13 (T1 − T2 ) de sorte que

φ = 4S1 F1,2 σT13 (T1 − T2 )

On a alors une relation de type Newton φ = hr S(T1 − T2 )en introduisant un coecient de


transmission par rayonnement hr = 4F1,2 σT13 . De la même façon que précédemment, on dénira
la résistance de surface de rayonnement
1
Rth =
hr S

5. Exemple d'application à un mur plan

Quand plusieurs modes de transfert ont lieu simultanément, des analogies avec les lois d'asso-
ciation des résistances électriques peuvent être établies. L'établissement de ces règles de compo-
sition n'est possible que si l'on linéarise les phénomènes.
Résistances en série. Exemple : cas de la conduction dans 2 solides accolés.
7
Tab. 3. Valeurs de quelques émissivités
Matériau Emissivité à 37°C Emissivité à 260°C
Aluminium poli 0.04 0.03
Aluminium 0.11 0.12
Laiton poli 0.10 0.10
Laiton oxydé 0.61
Métaux Cuivre poli 0.04 0.05
Cuivre oxydé 0.87 0.83
Fer poli 0.06 0.08
Fonte oxydée 0.63 0.66
Argent poli 0.01 0.02
Acier inox poli 0.15 0.18
Brique rouge 0.93
Marbre blanc 0.95
Matériaux de Plâtre 0.91
construction Laque blanche 0.96 0.98
Laque rouge 0.96
Glace ∼ 0.97
Eau ∼ 0.96
Divers Carbone 0.82 0.80
Bois ∼ 0.93
Verre 0.90

En régime permanent, le ux de chaleur par unité de surface est le même à travers chaque
solide :
κ1 κ2
φ= S(T1 − T ) = S(T − T2 )
e1 e2
On a addition des résistances thermiques en série comme en électricité :

Rth = Rth1 + Rth2


Résistances en parallèle. Exemple : transferts simultanés de chaleur par convection et rayonne-
ment entre une paroi et l'air ambiant.
Tp est la température de la paroi et Tf la température de l'air ambiant. Le ux de chaleur total
est la somme des deux ux de chaleur dus respectivement à la convection φc et au rayonnement
φr .

φc = hc S(Tp − Tf )
et
φr = hr S(Tp − Tf )
8
donc
φ = φc + φr = (hc + hr )S(Tp − Tf )
et par suite h = hc + hr ou 1/Rth = 1/Rth,conv + 1/Rth,ray . On a addition des inverses des
résistances thermiques en parallèle comme en électricité.
On peut, en utilisant ce qui précède, tracer le schéma thermique équivalent dans le cas d'un
mur plan (mur d'une habitation par exemple)