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Introduction

Mise au point dans les années 50 aux U.S.A par le docteur Éric Berne, l'analyse

transactionnelle est une théorie complète de la personnalité, permettant à l’aide de

certaines méthodes une analyse de la structure de la personnalité, de la

communication, ainsi qu’aux règles qui régissent les relations de groupe.

L'analyse transactionnelle est aussi un système de classement des objets mentaux qui

permet d'expliquer pourquoi les communications s'établissent ou ne s'établissent pas

entre deux individus.

L'Analyse Transactionnelle étudie nos comportements, nos attitudes, nos paroles, nos

réactions physiques et émotionnelles à l'aide de paramètres analytiques tel que les états

du moi et les positions de vie.

Au cours de notre exposé, nous allons mettre le point sur cette analyse, pour

connaitre ses origines et son utilité, ses avantages et finalités, et ce en traitant les états

du moi, les différentes transactions qui se passent entre les individus, ainsi que les

positions de vie.

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I. Origines de l’Analyse Transactionnelle :

Dans les années 50, Eric Berne (1910 - 1970), médecin


psychiatre, élabore un modèle du fonctionnement
psychologique et interpersonnel pour réduire la durée de la
psychothérapie et la rendre accessible à tous, y compris aux
personnes économiquement défavorisées.

Formé à la psychanalyse, il se situe dans la ligne des


théoriciens de la relation d’objet et de la psychologie du
Moi.

En effet, Eric Berne répondait à un désir de simplicité en créant l’analyse


transactionnelle. Il avait besoin d’un outil d’analyse claire et facilement assimilable. A
partir de l’observation de ses patients, il développe une théorie originale de la
personnalité avec la notion d’états du Moi, terme qu’il emprunte à l’un de ses
analystes : Paul FEDERN. Il souligne que ses observations concernant les états du Moi
rejoignent les travaux d’un autre de ses maîtres, le chirurgien PENFIELD. Avec les
transactions, les jeux, le scénario, pour ne citer que les principaux concepts Berne
propose une théorie organisée de la personnalité et de la communication. 1

L’International Transactional Analysis Assiciation (I.T.A.A) fondée aux USA


en 1965 par un noyau d’adeptes de l’AT prend rapidement la 3ème parmi les
associations de psychologues américains avec plus de 12000 adhérents. L’AT de
développe et prends de l’envergure et est appliquée avec d’excellents résultats.
Rapidement son application dépasse le champ de la psychologie et s’étend au domaine
social : prison, hôpitaux, écoles. Enfin l’AT est appliquée dans l’entreprise aussi bien
en formation à la communication, ou au domaine de management qu’en créativité. En
Marketing aussi bien d’autres domaines. D’abord aux Etats-Unis et la Japon par la
suite. 2

1
http://www.ifat.net/
2
http://www.ifat.net/

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II. Présentation et définition

L'analyse transactionnelle (AT) est au départ une forme de psychothérapie.


Mais c’est aussi une théorie de « psychiatrie sociale » (selon les mots de son
concepteur) parce qu'elle propose d’étudier le psychisme des personnes en analysant
leurs relations sociales. Elle tire d'ailleurs son nom du mot « transaction » qui, en
anglais, désigne un échange, verbal ou pas. On a déjà qualifié cette approche de
«version populaire de la psychanalyse »1.

Les analystes transactionnels expliquent les dysfonctionnements, les


comportements inadéquats, les maladies psychosomatiques et même les névroses et les
psychoses par des notions de « décisions précoces » et de « scénarios de vie ». Dès
l’enfance (de 3 ans à 8 ans), on ferait nôtres des décisions, des renoncements et des «
choix douloureux ». On se créerait ainsi des « scénarios de vie » plus ou moins
permanents. Ceux-ci serviraient de mécanismes de défense ou de solutions de moindre
mal devant les pressions de l'entourage ou des situations adverses. Ces scénarios
seraient, bien sûr, crées en réaction aux ressources et aux moyens nécessairement
réduits dont on dispose à cet âge. Plus tard, après avoir développé d'autres dimensions
de sa personnalité et acquis de nouvelles compétences, on pourrait réévaluer ces
décisions et faire les modifications nécessaires pour mieux s’épanouir. Cela demande
toutefois de prendre conscience de ses décisions précoces et de ses scénarios de vie, ce
que propose, entre autres, l’analyse transactionnelle.

L’approche est utilisée en travail psychothérapeutique auprès d’individus, de


couples et de familles. Diverses disciplines, comme le travail social, l’éducation et le
développement organisationnel, font appel à l’analyse transactionnelle. On l’utilise
notamment comme outil de formation continue ou pour désamorcer des crises qui
cachent des problèmes de communication.

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À quel moi parles-tu?

Le concept de base de l'analyse transactionnelle est celui des trois états du moi,
formés au cours de la petite enfance et qui constituent la structure de toute
personnalité: ce sont le Parent, l’Adulte et l’Enfant. On les représente généralement
par trois cercles superposés. Tous trois sont aussi importants l'un que l'autre. Ce qui se
passe dans nos rapports interpersonnels et dans nos vies dépend en grande partie de
l’état du moi à partir duquel nous agissons, dans telle ou telle situation.

a. L'état Enfant est celui d'où provient notamment la créativité, le jeu,


l'intuition, les pulsions et les sentiments. S'il peut être spontané, intuitif et créateur,
l'Enfant peut aussi être capricieux, rebelle ou soumis.

b. L'état Parent, pour sa part, est responsable, réconfortant et protecteur. Il


représente le sens éthique et les normes, ce qui constitue la base du respect de soi et
d'autrui. Il est « civilisé », mais peut être critique, dévalorisant et contraignant.

c. Quant à l'état Adulte, il sert de fonction équilibrante entre le Parent et


l'Enfant, sachant quand lâcher du lest à l'un ou à l'autre. Il évalue, réfléchit et
fonctionne de manière rationnelle en fonction de la situation du moment. L'état Adulte
est un genre d’ordinateur : il n'est ni négatif ni positif.

III. Les états du moi :

D'abord on définit le Moi, en psychologie c'est le terme qui définit la personne en


tant qu'entité pensante et réagissant par un certain comportement aux comportements
d'autrui et aux diverses situations auxquelles elle a à faire face dans sa vie.

Un état du Moi est « un système de sentiments accompagné par un système lié de


types de comportement», ou encore « un ensemble cohérent de pensées et de
sentiments directement associé à un ensemble correspondant de comportement».
L’analyse transactionnelle identifie trois états du Moi qui sont :

•L’état du Moi Parent, souvent nommé Parent orthographié avec un P majuscule,


ou désigné par la lettre P.

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•L’état du Moi Adulte, souvent nommé Adulte orthographié avec un A
majuscule, ou désigné par la lettre A.

•L’état du Moi Enfant. Souvent nommé Enfant orthographié avec un E


majuscule, ou désigné par la lettre E.

Ils sont symbolisés habituellement comme dans la figure ci-contre appelée


diagramme structural de premier ordre.

Description de chaque état du Moi :

La structure temporelle des états du Moi : quand je suis dans l'Adulte, j'ai des
comportements, pensées et sentiments en adéquation avec les situations que je
rencontre, quand je suis dans le Parent je reproduis des comportements, pensées et
sentiments de figures parentales qui ont été importantes pour moi, quand je suis dans
l'Enfant, je reproduis des comportements, pensées et sentiments tels que je les vivais
étant enfant.

1. Le parent :

Le parent : « Dans cet état-là, la personne pense, agit, parle, sent et réagit exactement
comme le faisait l'un de ses parents » ou une figure d'autorité, quand elle était petite.
Quand une personne est dans le Parent, elle porte souvent des jugements de valeur, ou
a un comportement nourricier.

Nous enregistrons dans l'état du Moi Parent tout ce que nous apprenons des figures
d'autorité, tout au long de notre vie : l'essentiel s'enregistre « Avant six ans », mais
bien d'autres ajouts peuvent intervenir avec puissance.

Il existe quatre subdivisions du parent :

- le Parent Normatif ou critique : il impose les normes, les règles; cela peut être
positif lorsqu'il s'agit de faire régner l'ordre et faire respecter la loi à autrui; il est alors
protecteur et positif.
Il est négatif lorsqu'il critique en dépréciant quelque chose ou quelqu'un sans avoir pris
la peine de vérifier; quand il met en doute ou et ne revoit jamais une partie des ses

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convictions et de ses certitudes, ou même simplement quand il ne peut concevoir qu'on
discute ses opinions; en résumé, l'état du Moi-Parent est négatif lorsqu'il énonce des à
priori et juge avec des parti pris.

- le Parent Nourricier : il soutient, encourage et aide efficacement. Il est positif


lorsqu'il encourage, aide et réconforte, lorsqu'il juge "pour le bien".
Il est négatif lorsqu'il devient envahissant, prenant tout à sa charge, infantilise,
surprotège, étouffe, devient sauveur, se propose d'aider avant qu'on demande de l'aide.

Il attentif au bien-être des autres, compréhensif, et il prend soin des autres et tout
particulièrement de ceux qui rencontrent une difficulté.
En communication para-verbale, sa voix a tendance à être douce.
En communication non-verbale, il a tendance à pénétrer dans l'espace social, il est
proche des gens.
A l'extrême, il devient paternaliste et peut nuire à l'autonomie de la personne. Il en
retire alors un certain pouvoir.

- le Parent Persécuteur : il donne notamment les lois et les normes de manière


autoritaire et exagérée

- le Parent Sauveteur : il se veut aidant mais il est vécu souvent comme


étouffant et risque d'entretenir une relation de dépendance.

•Le parent, qu'il soit nourricier, Sauveteur, Normatif, ou Persécuteur est en


position haute par rapport à ses interlocuteurs.

2. L'Adulte :

L'Adulte : C'est « l'état du moi, dans lequel la personne examine objectivement son
environnement, en calcule les possibilités et probabilités sur la base de l'expérience
passée ».

En communication para-verbale, sa voix est posée, calme, son regard est franc.
En communication non verbale, il se tient droit, à distance convenable (dite sociale), il
est détendu. L'état du moi ADULTE est le domaine du pensé et du réfléchi.
C'est l'ordinateur que nous avons en nous. Notre rationalité. Notre système de saisie et

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de traitement de l'information. A l'aide de cet état du moi nous interrogeons,
enquêtons, notons, analysons, tirons des conclusions et les transformons en actes
logiques.
L'état adulte est le plus efficace dans toutes les circonstances où il faut raisonner,
déduire, tirer des conclusions objectives des données et des faits.

•Cet état est inutile et même néfaste lorsqu'il nous empêche de ressentir ou de
participer à la joie ou à la tristesse des autres.

3. L'Enfant :

« Tout être humain porte en soi un petit garçon ou une petite fille qui pense, agit, parle,
s'émeut et réagit exactement de la même façon que lorsqu'il était un enfant. ».

Il existe trois subdivisions de l'enfant :

- l'Enfant Libre : il est créatif, indépendant et spontané. C’est l'état qui apparaît
lorsque nous sommes sans contrainte.
Nous sommes dans notre Enfant Naturel lorsque nous rions aux éclats, que nous
sautons de joie, que nous pleurons à gros sanglots- 3 types de comportements bannis
par de nombreuses grandes personnes. Il est naturel, joyeux, attachant, enthousiaste, et
aussi séduisant. Il est aussi intuitif: "je savais qu'il fallait le faire, s'en méfier, le
changer, s'éloigner d'elle, etc..."

- l'Enfant Adapté : c’est la partie de nous même qui s'est modelée pour pouvoir
vivre en société, qui accepte les règles de savoir vivre, de politesse, qui a l'esprit
civique. C'est celui qui s'adapte et tient compte des demandes des gens avec lesquels il
vit.

L'Enfant Adapté, c'est aussi la partie en nous qui apprend à s'adapter aux exigences et
à la personnalité de ses parents, et par extension à toute forme d'autorité. L'Enfant
Adapté peut réagir de deux façons: s'adapter à ses parents en se soumettant, par crainte
ou pour qu'on le laisse tranquille (c'est l'enfant adapté soumis). Il peut aussi tenter
d'adapter ses parents, se rebeller contre leur autorité... et parvenir à modifier leurs
exigences! (c'est l'enfant adapté rebelle).

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- Le Petit Génie : c'est notre imaginaire, notre esprit de débrouillardise.
C'est la créativité à l'état pur. C'est ce qui nous permet de répondre à la question:
comment faire pour voyager dans la lune sans avion et sans fusée? Réponse : en
rêvant, ou encore "avec une longue vue", c'est donc notre capacité à modifier notre
mode de réflexion.
Mais poussé à l'extrême, notre Moi Enfant devient principalement égoïste, agressif,
coléreux... devient victime, se rebelle, se dévalorise, se sent incapable, doute de lui
même. Il perd alors une énorme quantité d'énergie vitale.

En résumé on peut dire que L'état du moi ENFANT : est le domaine du senti.
L'état du moi PARENT: est le domaine de l'acquis. L'état du moi ADULTE : est le
domaine du pensé et du réfléchi.

Il n'y a pas de bons ou de mauvais états du moi, chacun à son rôle, son utilité.
Il est important que l'état du moi en activité le soit en cohérence avec la situation. La
prise de pouvoir d'un des états du moi apporte de la rigidité à la "structure".
Si l'état du moi Adulte est au centre des schémas, il est aussi au centre d'un "système"
équilibré. Idéalement, l'Adulte est aux commandes et chaque état du moi est "activé"
en fonction des circonstances.

IV. Communication transactionnelle

Une transaction est une unité d’échange social, un aller-retour complet entre deux
ou plusieurs personnes (physiques ou morales) que cet échange porte sur des paroles,
des écrits, des gestes, des regards, des objets, des contacts physiques etc.

Une transaction est ainsi une unité d’échange bilatérale, entre deux états de moi.
Les relations entre personnes et groupes sont constitués par des séries de transactions
qui ses succèdent. L’analyse transactionnelle permet d’analyser avec précisions ces
transactions et leur enchaînement, et de ce fait permet une meilleure compréhension
des phénomènes de communication.

On distingue différents types de transactions :

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• Les transactions complémentaires

• Les transactions croisées

• Les transactions tangentes

1. Les transactions simples :

a. Les transactions parallèles ou complémentaires :

Une transaction complémentaire met en action un état du moi pour chaque


personne. La communication peut continuer entre deux personnes aussi longtemps que
les transactions sont complémentaires. Chaque personne endosse l’état du moi qui est
attendu chez l’autre. Les transactions sont parallèles et non conflictuelles.

Dans ce type de transaction, l'état


du Moi sollicité répond directement à
l'état du Moi solliciteur. Autrement dit,
il y a transaction parallèle lorsque l’état
de moi sollicité chez l’autre répond à
l’état du moi qui a été à l’origine de la
transaction. Deux états de moi sont
alors concernés, et il n’y a pas
d’imprévus dans la communication.

Une transaction est ainsi dite


parallèle, quand les états du Moi des intervenants s’échangent de façon naturelle ou
attendue. Les flèches sont parallèles,
partant du même état du Moi et la
transaction est complémentaire. Ces
transactions peuvent être agréables ou
non, positives ou négatives et peuvent
durer longtemps soit parce qu’elles
répondent bien à la demande de
l’intervenant (qui atteint son but), soit
parce que les personnes tournent en
rond (et que, inconsciemment cela les
arrange bien).

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b. Transactions croisées

Une transaction est croisée quand il


y a plus de deux Etats du Moi
impliqués. L’Etat du Moi auquel le
stimulus est adressé ne réagit pas, c’est
un autre Etat du Moi qui réagit, ou la
réaction ne s’adresse pas à l’Etat du
Moi qui a émis le stimulus.

On dit aussi d’une transaction est


croisée, quand les états du Moi des
intervenants s’échangent de façon
inattendue, inespérée ou surprenante. Le croisement peut être positif ou négatif selon
l’état positif ou négatif du Moi utilisé.

Ainsi, L’État du moi “visé” n’est pas celui qui répond, ou/et l’État du moi en réponse
“vise” un autre État du moi que l’État du moi émetteur. Les vecteurs, le plus souvent,
ne sont pas parallèles ils se croisent, mais pas nécessairement. Voici une première
illustration :

 une personne, à partir de son Adulte, s’adresse à une autre en visant son
Adulte, mais celle-ci répond vers l’Enfant à partir de son Parent :

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Un autre exemple initié par l’enfant, dont ce dernier s’adresse à l’enfant de l’autre
personne, en s’attendant à réponse sensé, il serait interloqué de se voir répondre d’une façon
inattendu.

 Un autCCe type de transaction peut s’avérer efficace, car parfois il peut être

une façon dont une communication saine sera établie : La question posée par
l’Adulte de la deuxième personne pourra aider en activant l’Adulte de la
première personne, et résoudre de cette façon le problème.

Vous avez l’air de


vouloir tout
J’ai vraiment casser, qu’est-ce
envi e de que vous a
balancer cet énervé ?
ordinateur par
la fenêtre !

L’Adulte se développe d’une façon tardé que celle du Parent et de l’Enfant, et


s’avère du mal à rattraper se retard. Le Parent et l’Enfant dominent les circuits
primaires qui ont tendance à se manifester automatiquement en réponde aux stimuli.
Le meilleur moyen de construire la force de l’Adulte c’est de donc d’identifier
clairement le Parent, puis il lui nécessaire de connaître son propre enfant, être sensible
à ses sentiments. Tout ce qui est dit résume les conditions pour utiliser les données
adultes.

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3. Les transactions tangentielles.

Il ya transaction tangentielle l’un des interlocuteurs ne répond pas clairement ou


ignore ce que dit l’autre, et sans le dire, voir sans en être vraiment conscient.
« Change de sujet ou la transaction de la fuite ».

On observe que :

- Tant que la transaction demeure parallèle, la communication dure.


- Dès que la transaction se croise, la communication initiale s’interrompt et change de
type.
- La transaction cachée permet les jeux de la communication.

Il est intéressant d’utiliser les transactions parallèles lors des premiers contacts
interpersonnels mais elles peuvent devenir routinières et bloquer ou verrouiller
rapidement toute communication.
Il est bon de croiser au plus vite une transaction infructueuse mais si la réponse est
inattendue et surprend, il vaut mieux ne pas rester dans le verrouillage et continuer à
croiser de nouveau. On peut obtenir des réponses qui nous conviennent bien et d’autres
pas du tout. Dans ce cas, il est préférable de ne pas entrer dans le jeu et rompre la
transaction infructueuse en demandant l’heure à une autre personne !

Exemple :

A : Quand allons-nous commencer à préparer le projet de fin d’études ? (Question :


quand).
B : Mr Faouzi sera notre encadrant (réponse : Qui).

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De telles transactions sont souvent ressenties comme bloquantes voire dévalorisantes,
car les deux interlocuteurs ne manquent pas de combler à coups de messages cachés,
réels ou supposés. Ces impasses volontaires ou involontaires faites sur le contenue ou
la relation, sont souvent des sources de malentendus, et donc des instruments de
manipulation.

V. Les Positions De Vie

1. Notion de position de vie

Parmi les instruments que propose l’analyse transactionnelle, la notion de


position de vie est à coup sûr l’une des plus riches. Il emporte en tirer le meilleur parti,
de bien comprendre sa logique interne et de moduler son application selon les
domaines abordés.

La position de vie est la valeur que je me donne à moi-même et aux autres, l’idée
positive (que l’on nomme ici ok et que l’on symbolise par un +) ou négative (que l’on
nomme non ok et que l’on symbolise par un -) que j’ai de moi, des autres et du monde.

Suivant les expériences, l'enfant acquiert des certitudes sur lui et les autres. Ces
certitudes seront à la base du scénario de vie par le choix préférentiel mais pas exclusif
d'une position de base parmi les positions de vie, dites aussi positions existentielles,
qui déterminent en particulier un certain fonctionnement de ses états du moi, la façon
dont il continue à satisfaire ses besoins relationnels, le type d’échange qu’il établit
avec son environnement, l’utilisation qu’il fait à ses émotions.

On distingue entre 4 positions de vie :

 Je suis OK, vous êtes OK (++) : la relation idéale selon l'analyse transactionnelle

 Je suis OK, vous n'êtes pas OK (+-) : mépris, supériorité

 Je ne suis pas OK, vous êtes OK (-+) : sentiment d'infériorité

 Je ne suis pas OK, vous n'êtes pas OK (--) : position de renoncement

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2. Position idéal pour un bon communicant (++) 3

Les positions de vie représentent la position fondamentale que prend quelqu’un


par rapport à la valeur qu’il s’accorde à lui-même et qu’il accorde à l’autre. Les
positions de vie sont intimement liées à nos croyances, notre culture (familiale,
sociale, spirituelle…) et à nos expériences et nos interactions passées. Les positions de
vie sont fluctuantes et évoluent en fonction des diverses situations interactionnelle que
l’on vit. Chacun va passer régulièrement par les quatre positions en fonction de la
représentation qu’il se fera d’une situation ou d’une autre et de la chaîne
interactionnelle qui en découlera. Il est normal de passer par les quatre positions et
donc inutile de vouloir à tout prix maintenir la position ++. Cependant, la prise de
conscience de la position que l’on utilise et qu’utilise ses interlocuteurs peut aider à
mieux comprendre la chaîne interactionnelle en cours et à la modifier progressivement.
On peut ainsi progressivement apprendre à utiliser davantage le cadre ++ sans pour
autant s’interdire d’aller dans les autres cadres.

3
Frédéric Demarquet - Coaching / Formation / Consulting www.fredericdemarquet.com

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3. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?4

La position +/+ : je me respecte et je vous respecte, je vous accepte tel que vous
êtes, j’ai conscience de ma valeur et de la vôtre : nous sommes égaux. Cela implique
que je considère ce que vous me dites, que je vous parle d’une manière adulte, que
j’envisage notre rapport sous l’angle de la coopération et du partage.

La position -/+ : c’est une position qui se traduit par une dévalorisation de soi,
l’autre ou les autres sont beaucoup mieux que moi, ils y arrivent mieux, ils sont
heureux, et je ne le serai jamais… : c’est une position dépressive qui se résume
ainsi : “Je ne vaux pas grand-chose, n’importe qui vaut plus que moi“.

La position +/- : ici je pense que je vaux mieux que toi/les autres, cela se
manifeste de deux façons différentes : soit j’envisage l’autre de manière
condescendante “Mon pauvre, tu n’es pas capable d’y arriver, laisse je vais le faire“,
soit je l’envisage d’une manière hautaine voire agressive “T’es trop nul, t’es un
incapable, pousse-toi de là que je le fasse” ou “T’es trop nul, fais comme je te dis et
pas autrement“. C’est une position de dévalorisation ou de domination, d’arrogance
vis-à-vis de l’autre.

La position -/- : ou “Je ne vaux rien et vous non plus“, peut être la position
adoptée par un enfant dont les parents lui ont fait comprendre qu’il n’était pas le
bienvenu, qui a grandi dans un milieu difficile et qui n’attend rien de personne. Il a
une image de lui-même et du monde négative. À l’extrême, ce type de position peut
amener vers le suicide ou l’asile.

4
http://www.analysetransactionnelle.fr/

23
VI. Jeux Psychologiques

De nombreux romans, films, contes, ou vaudevilles sont bâtis sur une même
dynamique : un méchant s'attaque à une victime. Cela dure jusqu'à ce qu'arrive un bon,
qui sauve la victime, et le méchant se retrouve victime.

La vie aussi, qu'elle soit familiale, professionnelle ou politique, est pleine de


tensions dramatiques, petites ou grandes, qui toutes se situent sur cet axe dynamique
qui mène le monde : un persécuteur, une victime, et l'intervention d'un sauveteur. Nous
passons environ 75% de notre temps dans l'un ou l'autre de ces trois rôles. S. Karpman
a représenté ces rôles sous forme d'un triangle dramatique, appelé aussi triangle S.V.P.
(Sauveteur, Victime, Persécuteur).

1. Qu’est-ce qu’un jeu psychologique ?

"C’est un échange entre deux ou plusieurs personnes dont le but réel pour
chacun n’est pas la poursuite de la discussion au niveau de ce qui est dit mais de ce qui
est dit et qui ne s’entend pas (non au niveau social, mais au niveau caché). C’est ainsi
une séquence semi-prévisible d'échanges entre deux ou plusieurs personnes
comportant un niveau inconscient biaisé. Chacun joue sans le savoir l'un des trois rôles
"dramatiques" complémentaires: Victime, Persécuteur, Sauveur, et la permutation
soudaine des rôles aboutissent à un sentiment interne désagréable pour tout le monde.

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En effet on distingue entre trois rôles possibles dans un jeu : persécuteur, sauveteur et
victime. L’ensemble de ces trois rôles joue par une seule personne (entre ses états du
moi) ou par plusieurs individus comme sur une scène de théâtre. Constitue le triangle
dramatique. "5

2. Pourquoi a-t-il appelé cela un jeu ?

"Le jeu s’inscrit dans des rapports de compétition, ils ont donc un rapport
important avec les positions de vie des joueurs. Nous voyons dès lors que le président
et le Sauveteur sont souvent des transcriptions de la position de vie (+ -) à partir du
parent Nourricier.

De même, la victime est souvent une transcription de la position (-+) à partir de


l’enfant Adapté. Cette victime sera rebelle ou soumise selon qu’elle active son Enfant
Adapté Rebelle ou son Enfant Adapté soumis.

Nous voyons ainsi rapidement que l’Adulte et l’Enfant Spontané ne sont pas présents
ou actifs lorsqu’il existe un jeu entre plusieurs individus : il en est de même pour la
position de vie + +. Ainsi la « solution » des jeux ou la manière d’en sortir consiste
principalement à activer une de ces états du moi non utilisé ou de passer dans la
position de vie + + et de cette façon. Sortir du triangle dramatique. " 6

5
http://www.analysetransactionnelle.fr/
6
L’ANALYSE TRANSACTIONNELLE. Outil de communication et d’évolution. p102

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3. Les Trois rôles du jeu 7

a) Rôle de Persécuteur :

C'est une forme excessive, critique et dévalorisante du Parent Normatif négatif


(PNF-). Se croit obliger, ou estime efficace, d'être très sévère et méchant. Infériorise et
dévalorise, blâme, met à nu les défauts, fait la morale, ou incite autres à se battre.
S'imagine ainsi dominer les autres, mais rien n'est moins sûr. La Victime va se rebeller
ou bien un Sauveteur va venir à son secours. Le persécuteur cherche souvent à se
venger d'une frustration.

b) Rôle de Victime :

Victime soumise : c'est une forme excessive de l'Enfant Adapté Soumis Négatif
(EAS-). Amorce les points faibles d'un Sauveteur en exagérant ses handicaps
personnels, et en se représentant plus faible qu'elle ne l'est. Vit un désir comme un
besoin impérieux. Souvent associé à la peur de manquer.

Victime rebelle : c'est une forme excessive de l'Enfant Adapté Rebelle Négatif (EAR-).
Amorce les points faibles d'un persécuteur. Agressive, elle revendique et réclame. Ce
rôle est souvent associé à la peur de perdre quelqu'un ou quelque chose ou d'être
abandonné ou séparé.

c) Rôle de Sauveteur :

C'est une forme excessive d'un Parent Nourricier Négatif (PNR-). Consiste à
vouloir aider les autres sans qu'ils n'aient rien demandé ou même contre leur gré. Bien
souvent le Sauveteur n'est même pas compétent pour aider vraiment. Et souvent il
assure tout le travail à leur place, les rendant dépendants et passifs.

On entre dans le triangle par n'importe quel côté : S, V ou P. Mais il faut savoir que
l'on adoptera tôt ou tard et obligatoirement les autres positions (parfois très
rapidement). Par exemple le Sauveteur devient Victime s'il n'obtient pas la
reconnaissance espérée, et devient le persécuteur de la Victime qu'il a voulu sauver
contre son gré et qui ne lui en est pas reconnaissante. Nous avons tous une tendance à jouer
plus l'un des 3 rôles".

7
http://passion-en-action.typepad.fr/sandranouzille/yaka_outils_pour_managers__/

23
4. L'intensité des jeux : 8

o 1er degré :

Les "joueurs" ressentent comme un malaise, un sentiment désagréable, quelque chose


d'anormal vient de se produire dans la communication.

o 2ème degré :

Il se crée une faille, une blessure et les "joueurs" ressortent marqués de cet échange.
Rien ne sera plus jamais comme avant. La confiance est entamée. On regarde son
interlocuteur différemment.

o 3ème degré :

A ce degré, le ou les jeux sont tellement intenses que non seulement l'atteinte est
psychologique mais il peut aller jusqu'au dommage physique, important et durable. Il
peut y avoir "passage à l'acte", et ces jeux peuvent donc se terminer à l'hôpital, en
prison ou... à la morgue.

5. Le triangle dramatique en relation d'aide : 9

"Si ce triangle est destructeur dans la vie quotidienne, il l'est aussi en relation
d'aide. Certaines personnes, par exemple, passent d'un conseiller à un autre. Leur
énergie n'est pas utilisée pour progresser, mais pour contrecarrer toutes les possibilités
d'amélioration qu'on leur offre. Elles veulent absolument prouver que : « Personne ne
peut m'aider », que « ma situation est sans espoir », que « je ne vaux rien et que les
conseillers ne valent rien non plus », que « ce que vous me dites est bien, oui, mais ça
ne marchera pas pour moi, parce que..».

Vous l'avez reconnu : ces jeux sont typiques de la Victime. Ce sont des patients
chroniques que l'on appelle aussi des « tueurs de conseillers ». Vrais professionnels, ils
viennent en relation d'aide pour le plaisir de lutter. Ils ont déjà mis K.O. plusieurs
conseillers. De Victime ils deviennent très vite Persécuteur.

8
http://suzannesanchez.over-blog.com/article-27690287.html
9
http://www.relation-aide.com/art_description.php?id=180&cat=28

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S'ils rencontrent quelqu'un qui joue en Sauveteur à « J'essaie seulement de vous aider
», le jeu risque de durer assez longtemps, jusqu'à ce que, exténué (donc Victime), le
conseiller finisse par abandonner la partie où lui reproche (en Persécuteur) sa mauvaise
volonté."

6. Le déroulement du jeu : 10

"Les jeux se déroulent généralement en 6 phases :

o L'appât ou l'accroche : votre interlocuteur va vous lancer une remarque qu'il

veut dérangeante. Ex. : "Je ne sais pas si tu aurais dû dire ça à la dernière


réunion" (le "Persécuteur" s'exprime).

o Le point faible : cette remarque vient toucher un point faible chez vous qui

pourrait être par Ex. : votre manque d'assurance ou de confiance en vous, que
l'accroche ne peut qu'accroître.

o Et cela va déclencher une réponse automatique et, voilà vous êtes entrés dans le

jeu, car vous allez chercher à soit à vous justifier, soit exprimer vos craintes.
Ex. : "tu crois que je l'ai vexé ?", ou "oui, mais tu comprends, je ne pouvais pas
laisser dire ça sans me défendre..." (la "Victime" répond).

o Et votre point faible est fortement touché et vous allez tenter, à votre tour, à

contre-attaquer.

o Coup de théâtre : en attaquant à votre tour, car vous avez été touché, vous

provoquez un retournement de situation. Ex. : "Et toi qui te crois si malin, tu


penses n'as pas remarqué le regard noir qu'il t'a lancé ?" (la "Victime" se mue, à
son tour en "Persécuteur").

o Moment de confusion, de gêne, de stupeur : Votre interlocuteur ne s'attendait

pas à ça et se confronte à son tour à la "Victime" en lui. Et soi le jeu s'arrête,


soit il se prolonge, de plus en plus agressif (on passe au degré supérieur) ou sur
un mode qui se veut apaisant. Ex. : "calme-toi, j'ai juste dit ça comme ça, pour
que tu fasses attention la prochaine fois (le "Sauveteur" vient d'apparaître).

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http://suzannesanchez.over-blog.com/article-27690287.html

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o Le bénéfice du jeu : et l'on perçoit nettement à travers ce simple exemple, ce

que ces échanges, assez courants dans notre vie quotidienne, peuvent générer de
négatif et être pourvoyeurs de malaise."

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Conclusion

Dans nos relations avec les résidents, nous pouvons parfois être entraînés dans une
transaction Parent-Enfant. Si certaines personnes âgées y trouvent un confort, d’autres
se rebellent.

Nous devons être attentifs à maintenir une relation Adulte-Adulte chaque fois que nous
trouvons une opportunité y compris et peut-être surtout avec les patients confus et
désorientés.

Dans les relations avec le personnel, le style de directeur que nous sommes influencera
très fort le type de relations que nous entretenons avec les autres personnes de
l’entreprise. L’impact d’une direction autoritaire (relation Parent-Enfant), fondée sur
des relations de pouvoir réduira les contacts vrais et les communications saines. Le
personnel qui se réfugie dans son Moi-enfant, pourra aller jusqu’à dissimuler les
problèmes et mentir pour camoufler ses erreurs. Le pouvoir (Parent) ne peut
qu’engendrer ressentiment, hostilité (Enfant) car, pour être efficace, celui-ci exige la
crainte et la dépendance de la part des autres et éloigne toute relation amicale.

Exercer trop de pression sur une équipe de travail entraîne rébellion et résistance, les
punitions et les récompenses sont inefficaces comme stimulation de la motivation. Par
contre, nous l’avons vu plus haut, les signes de reconnaissance positifs sont aussi utiles
que nécessaires. D’autre part, le laxisme, attitude du Moi-Parent (permissif) ne donne
que des résultats médiocres et un sentiment de « lâcher prise » inapproprié.

C’est pourquoi les relations ADULTE – ADULTE sont les plus recommandées en
entreprise ainsi que dans la vie en général.

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BIBLIOGRAPHIE :

L’ANALYSE TRANSACTIONNELLE. Outil de communication et d’évolution.


p102

Eric Berne : "Analyse Transactionnelle et Psychothérapie

Gysa Jaoui : "Le Triple Moi"

Vincent Lenhardt : "L'Analyse Transactionnelle, concepts et procédures"

Rapport analyse transactionnelle : TCC2 Année universitaire 2008-2009

WEBOGRAPHIE :

Frédéric Demarquet -Formation / Consulting www.fredericdemarquet.com

http://www.analysetransactionnelle.fr/

http://passion-en-action.typepad.fr/sandranouzille/yaka_outils_pour_managers

http://suzannesanchez.over-blog.com/article-27690287.html

http://www.relation-aide.com/art_description.php?id=180&cat=28

http://www.jecommunique.com

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