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République Algérienne Démocratique et Populaire Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et

République Algérienne Démocratique et Populaire Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et de la Ville

du Territoire, de l’Environnement et de la Ville BILAN ET DIAGNOSTIC BILAN & DIAGNOSTIC STRATEGIE
du Territoire, de l’Environnement et de la Ville BILAN ET DIAGNOSTIC BILAN & DIAGNOSTIC STRATEGIE
du Territoire, de l’Environnement et de la Ville BILAN ET DIAGNOSTIC BILAN & DIAGNOSTIC STRATEGIE

BILAN ET DIAGNOSTIC

BILAN & DIAGNOSTIC

STRATEGIE NATIONALE DE GESTION INTEGREE DES ZONES COTIERES EN ALGERIE

Octobre 2012

0

Note

Ce document est le rendu N°1 de la stratégie nationale de gestion intégrée des zones côtières en Algérie. Ce projet entre dans le cadre de la mise en œuvre du Protocole relatif à la gestion intégrée des zones côtières entré en vigueur le 23 mars 2011et signé par l’Algérie en 2008. La stratégie nationale de gestion intégrée des zones côtières en Algérie est initié dans le cadre d’un partenariat entre le Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM) à travers le Centre d’Activités Régionales pour le Programme d’Actions Prioritaires (CAR/PAP 1 ) et le Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et de la Ville (MATEV 2 ). Cette stratégie bénéficie également du soutien de l’initiative MedPartenership.

L’auteur principal de ce document est GRIMES Samir, chef d’équipe SN GIZC. Ce document a été préparé sur la base des documents thématiques préparés par BOUAZOUNI Omar (socio-économie), CHENIT Karim (assainissement), BENMAHIEDDINE Reda (tourisme littoral), HARIZ Mohamed Rassim (planification maritime spatiale), LABAOUI Smain (urbanisation), OLDACHE L’hadi (agro-foresterie), MAKHOUKH Ouamer (déchets solides), HAOUCHINE Abdelhamid (aquifères côtiers), GRIMES Samir (biodiversité marine, Aires marines et côtières protégées, pêche, aquaculture marine, réseau infrastructurel et industrie littorale, lutte contre les pollutions marines), BOUTIBA Makhlouf (risques et aléas côtiers), FERHAT Nadjib (patrimoine culturel, historique et archéologique), SNOUCI Mohamed (changements climatiques), REFES Wahid (analyse de la durabilité).

L’élaboration de ce document a été supervisée par NATECHE Samira (Sous directrice du littoral/MATE), par ŠKARIČIĆ Željka (Directrice du CAR/PAP), par POVH Daria et par EVERS Veronique (CAR/PAP).

Remerciements

La préparation et l’élaboration de ce document n’auraient pas été possibles sans le soutien et l’appui de divers départements ministériels et institutions techniques, et particulièrement les membres du Comité de Pilotage (liste en annexe).

Cette stratégie a également bénéficié de l’appui de l’Unité de Coordination du PAM d’Athènes, représentée par sa

coordinatrice directrice Mme Maria Luisa SILVA MEJIAS de ainsi que la directrice du PAP/RAC, ŠKARIČIĆ Željka et de ses collaboratrices POVH Daria et EVERS Veronique.

1 CAR/PAP: Centre d’Activités Régionales pour le Programme d’Actions Prioritaires - Kraj Sv. Ivana 11 - 21000 Split – Croatie – http://www.pap-thecoastcentre.org

2 Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et de la Ville - Rue des 4 canons - Alger – Algérie – www.mate-dz.org

STRATEGIE NATIONALE DE GESTION INTEGREE DES ZONES COTIERES EN ALGERIE

SOMMAIRE

CONTEXTE INTERNATIONAL ET NATIONAL

 

6

INTRODUCTION

7

LA DEMARCHE

8

1. LITTORAL ALGERIEN AU SENS DE LA LOI

9

2. CONTEXTE ADMINISTRATIF DU LITTORAL ALGERIEN

9

3.

CONTEXTE NATUREL

11

3.1.

Morphologie littorale

12

3.2.

Les bassins versants littoraux et le réseau hydrographique

13

3.3.

Sols et forets

16

3.4.

Aquifères côtiers

18

3.5.

Biodiversité, paysages et habitats côtiers sensibles

25

3.5.1.

Biodiversité terrestre

26

3.5.2.

Les Espaces verts

26

3.5.3.

La diversité des habitats marins côtiers

28

3.5.4.

Biodiversité marine, un gisement pour le bassin méditerranéen

35

3.6.

Patrimoine culturel, historique et archéologique côtier

36

4.

LE CONTEXTE SOCIO-ECONOMIQUE

41

4.1.

Le littoral un lieu d’habitation différentié en population

42

4.2.

Evolution de la population selon les trois grands ensembles physiques

42

4.3.

Les densités de la population atteignant des seuils de saturation dans le Nord du pays

43

4.4.

La composition des ménages sur le littoral

43

4.5.

Le logement : un littoral à fortes commodités de logement

43

4.6.

Emploi dans le secteur de la pêche (Evolution des inscrits maritimes)

44

5.

SYSTEME URBAIN ET MAILLAGE INFRASTRUCTUREL DU LITTORAL

45

5.1.

Urbanisation et armature urbaine du littoral

46

5.1.1. L’armature urbaine des régions Nord marquée par le poids des grandes Métropoles

47

5.1.2. Un territoire qui a connu une urbanisation récente, concentrée sur le littoral

.

48

5.1.2.1. La région Nord Ouest

50

5.1.2.2. Le réseau urbain du Nord Est

52

5.1.3.

Le phénomène de conurbation des villes littorales : une urbanisation à maîtriser

52

5.1.5.

L’aire métropolitaine Oranaise et la zone Ouest

57

5.1.6.

L’aire métropolitaine d’Annaba

58

6. LES ACTIVITES ECONOMIQUES

68

6.2.

Agriculture littorale

69

6.2.1. Surface Agricole Utile (SAU) et Surface Agricole Totale (SAT)

69

6.2.2. Irrigation

69

6.2.3. Les Cultures

70

6.3.

Tourisme littoral

76

6.3.1. Les flux touristiques dans les zones côtières en Algérie

76

6.3.2. L’offre touristique dans les communes côtières

76

6.3.3. Fréquentation des plages : des impacts à maîtriser

79

6.3.4. Les ZEST : des réserves foncières pour amorcer le développement touristique du littoral

80

6.4.

Une ressource halieutique sous pression, la pêcherie algérienne face au défi de la durabilité

84

6.4.1.

La biomasse et les ressources exploitables disponibles dans les eaux marines algériennes

84

6.4.2. Rendements des espèces de forte valeur marchande85

6.4.3. Aperçu général sur les Ports & Abris de pêche

86

6.4.4. Zones et surfaces de pêche disponible

87

6.4.5. Evolution de la flottille de pêche

88

6.4.6. Evolution de la production halieutique

89

6.4.7. L’aquaculture marine

93

6.5. Trafic maritime

94

6.6. Situation économique dans le littoral

95

7.

PRESSIONS, MENACES ET IMPACTS

100

7.1. Les rejets liquides et l’assainissement

101

7.1.2. Problématique des rejets des eaux usées industrielles

102

7.1.3. Analyse critiques du diagnostic

103

7.1.4. Les enjeux stratégiques de l’assainissement des villes côtières

106

7.2. Les déchets solides

109

7.3. Pressions sur les aquifères côtiers et sollicitation des aquifères

117

7.4. Câbles sous-marins et pipelines

117

7.5. Energie offshore

118

7.6.

Les impacts

119

7.6.1.

Les impact du tourisme sur les zones côtières: nécessité d’un tourisme durable

119

8.

LES ALEAS ET LES RISQUES COTIERS

122

8.1.

Les inondations catastrophiques des villes côtières de l’Algérie : 1927, 1974-1975 et 2000

123

8.1.1. Les inondations de Bab-El-Oued – Alger

123

8.1.2. Les inondations de l’année 1974-1975 dans l’Ouest et le Centre de l’Algérie

125

8.2. L’érosion côtière en Algérie

128

8.3. Sismicité et les risques sismiques

142

 

8.3.1-Sismicité

142

8.3.

Risque industriel

145

8.4.

Les incendies de forets

148

8.5.

Risque lié à l’utilisation des engrais et des pesticides

149

8.6.

Risques lies aux changements climatiques

152

8.7.

Les espèces invasives et envahissantes, une menace émergente

159

9.

LES IMPACTS

160

9.1.

L’artificialisation des sols des communes côtières

160

9.2.

Perte du foncier touristique

161

9.3.

Perte des plages (illustration par le cas d’Alger Est)

162

9.4.

Dégradation et perte des cordons dunaires

163

9.5.

Intrusion marine et aquifères côtiers

165

9.6.

Qualité des eaux de baignade

167

9.7.

Eaux colorées

168

9.8.

Pollution accidentelle par les hydrocarbures

169

9.9.

Effets de la pollution sur les peuplements benthiques de substrats meubles

170

9.10.

Erosion de la biodiversité marine (cas de la disparition du phoque moine)

171

9.11.

Diminution des services économiques des habitas marins

171

9.12.

Les atteintes au patrimoine en zones littorales

172

10.

LA GOUVERNANCE DU LITTORAL

174

10.1.

Expériences GIZC en Algérie

174

10.2.

Planification maritime spatiale, un enjeu pour l’avenir

180

10.3

Base juridique et réglementaire

185

10.3.1. Protection et aménagement du littoral

185

10.3.2.

Législation relative à la protection de la mer (le Dispositif Telbahr)

187

10.3.3. Gestion de la ressource en eau

187

10.3.4. Gestion, contrôle et élimination des déchets

189

10.3.5. Qualité du milieu

190

10.3.6. Aires protégées et diversité biologique

190

10.3.7. Législation relative à l’exercice de l’activité de pêche et l’aquaculture

191

 

10.3.8. Tourisme

192

10.3.9. Agriculture

192

10.3.10. La législation pour la protection du patrimoine culturel

194

10.3.11. Règlementation et GIZC

195

10.4.

Diagnostic organisationnel et institutionnel

195

10.4.1.

Acteurs clés et modes de gestion en zones côtières

195

10.4.1.1. Gestion sectorielle

196

10.4.1.2. Gestion intersectorielle

199

10.5.

Plans et schémas directeurs

201

10.5.1. Gestion de la ressource en eau et assainissement

201

10.5.2. Déchets solides

213

 

10.5.3. Tourisme

216

11

CONSERVATION ET PROTECTION DES ECOSYSTEMES SENSIBLES

221

11.1.

Aires terrestres protégées

221

11.1.1.

Les Parcs Nationaux littoraux

221

11.1.2.

Les réserves naturelles

222

11.1.3.

Parcs Régionaux

222

11.1.4.

Zones humides d’importance internationale (sites Ramsar)

222

11.1.5.

Réserves de chasse

224

11.1.6.

Les centres cynégétiques

224

11.2.

Les aires marines et côtières protégées

225

11.2.1.

Espaces marins prioritaires

225

11.2.2.

Les aires spécialement protégées d’intérêt méditerranéen

227

11.2.3.

Les ASPIMs au large

227

10.2.4.

La GIZC et les aires AMPC en Algérie

227

11.2.5.

Valeur patrimoniale des invertébrés des substrats durs des côtes algériennes

228

12.

TELBAHR

230

12.1. Le dispositif national Telbahr

230

12.2. Organisation du dispositif Telbahr

230

12.3. Diagnostic de Telbahr

233

13.

ANALYSE INSTITUTIONNELLE ET ORGANISATIONNELLE

233

13.1.

Bilan

234

13.1.1. Bilan réglementaire

236

13.1.2. Le Bilan organisationnel

237

13.1.3. Le Bilan Fonctionnel

238

13.1.4. Bilan démographique

239

13.1.5. Bilan Urbain

239

13.1.6. Bilan environnemental

240

13.1.7. Bilan Sociétal

241

13.1.8. Bilan agro forestier

242

13.1.9. Bilan des aquifères littoraux

243

13.1.10.

Bilan de l’assainissement

244

Conclusion

249

Acronymes et abréviations

AGIRE : Agence de Gestion Intégrée des Ressources en Eau

AMCP : Aire Marine et Côtière Protégée AMP : Aire marine protégée ANAT: Agence National d’Aménagement du Territoire ANBT: Agence Nationale des Barrages et Transferts

ANPM:AGENCE NATIONALE DU PATRIMOINE MINIER

ANRH: Agence Nationale des Ressources Hydriques APC : Assemblé Populaire Communale APPL : Agence Pour la Protection et la Promotion du Littoral de la wilaya d’Alger ASP : Aire Spécialement Protégée ASPIM : Aire Spécialement Protégée d’Intérêt Méditerranéen CAR ASP : Centre d’Activité Régional pour les Aires Spécialement Protégées CAR PAP: Centre d’Activité Régional Pour les Actions Prioritaires CDB : Convention sur la Diversité Biologique CET : Centre d’Enfouissement Technique CIRSA : Centre Interdépartemental pour la Recherche en Sciences de l’Environnement CNADES Cadastre National des Déchets Spéciaux CNDRB Centre National de Développement des Ressources Biologiques CNERU : Centre National des Etudes et Recherches en Urbanisme CNL : Commissariat National du Littoral CNRDPA : Centre National de Recherche et de Développement de la Pêche et de l’Aquaculture CPE : Conseil des Participations de l’Etat DAS : Déchets d’activités de soins DASRI : Déchets de soins à risque infectieux DE : Décret Exécutif DEW : Direction de l’Environnement de Wilaya DGE : Direction Générale de l’Environnement DGF : Direction Générale des Forets DPM : Domaine Public Maritime EGPP : Entreprise de Gestion Portuaire ENSSMAL : Ecole Nationale Supérieure es Sciences de la Mer et de l’Aménagent du Littoral EQH : Equivalent Habitant FEDEP : Fond pour l’environnement et la dépollution FFEM : Fond Français pour l’Environnement Mondial FNAT : Fond national d’Aménagement et du développement durable du territoire FNDPA : Fond National pour le développement de la pêche et de l’aquaculture FNGIRE : Fonds national de gestion intégrée des ressources en eaux FNPLIZC : Fond national pour la protection du littoral et des zones côtières FNRSDT : Fond national de la recherche scientifique et du développement technologique GIZC : Gestion Intégrée des Zones Côtières INCT : Institut National de Cartographie et de télédétection ISMAL : Institut des Sciences de la Mer et de l’Aménagement du Littoral JO : Journal Officiel MADR : Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural

MATEV : Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et de la Ville MDN : Ministère de la Défense nationale MESRS : Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique METAP : Programme d’Assistance Technique pour l’Environnement Méditerranéen MICL : Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales MPRH : Ministère de la Pêche et des Ressources Halieutiques MRE : Ministère des Ressources en Eaux MT : Ministère des Transports MTA : Ministère du Tourisme et de l’Artisanat MTP : Ministère des Travaux Publics OM : Ordures ménagères ONEDD : Observatoire National de l’Environnement et du Développement Durable PAM : Plan d’Action pour la Méditerranée PAPW : Président de l’Assemblée Populaire de Wilaya PAS BIO : Plan d’Action Stratégique pour la Biodiversité PCGDMA : Plan Communal de Gestion des Déchets Ménagers et Assimilés

PDARE : Plan Directeur d’Aménagement des Ressources en Eau

PNAGDES : Programme national de gestion des déchets spéciaux PNE: Plan National de l'Eau PNEK : Parc National d’El Kala PNUD : Programme des Nations Unies pour le développement

PNUE : Programme des Nations Unies pour l’Environnement

RasMer : Réseau Algérien des Sciences de la Mer RGPH / Recensement Général de la Population RNE : Rapport National sur l’Environnement RSP: Réseau de Surveillance Posidonies SDAAM : Schéma Directeur d’Aménagement des Aires Métropolitaines SDAL: Schéma Directeur du Littoral SEAAL : Société d’Eau et d’Assainissement d’Alger SEACO : Société d’Eau et d’Assainissement de Constantine SEAOR : Société d’eau et d’Assainissement d’Oran SMAP : Short & Medium Assistance Programme SNAT: Schéma National d’Aménagement du Territoire SNDPA : Schéma National de Développement de la Pêche et de l’Aquaculture SNGC : Service des Gardes Côtes ; SRAT : Schéma Régional d’Aménagement du Territoire UICN : Union International de Conservation de la Nature UNESCO: United Nations for Education, Scientific and Cultural Organization USTHB : Université des Sciences et Technologies Houari Boumediène ZET : Zones d’expansion touristiques

CONTEXTE INTERNATIONAL ET NATIONAL

Le Protocole 3 GIZC qui est le septième Protocole établi dans le cadre de la Convention de Barcelone à être entré

en vigueur le 23 mars 2011. Il représente une étape cruciale dans l’histoire du Plan d’Action pour la Méditerranée

et vient compléter une série de Protocoles pour la protection de l’environnement marin et de la région côtière en

Méditerranée. Ce Protocole constituera pour les pays de la région méditerranéenne un instrument pour mieux assurer la gestion et la protection de leurs zones côtières ; il leur offre, en outre, la possibilité et le cadre afin de faire face aux nouveaux défis auquel l’environnement côtier de cette région fait face aujourd’hui, notamment une meilleure adaptation aux problèmes liés aux changements climatiques et à leurs effets sur les zones côtières.

Le maintien de la « naturalité » des zones côtières méditerranéennes constitue un objectif stratégique de ce protocole qui établit une hiérarchie entre une stratégie méditerranéenne de la GIZC, les stratégies nationales et les plans et les programmes pour des zones côtières. L’accélération des processus de dégradation des écosystèmes méditerranéens au cours des deux dernières décennies, résultats entre autre du développement socio-économique a été accompagnée de tensions et de demandes sociales persistantes qui ne permettent pas toujours une cohésion territoriale et un équilibre entre la naturalité et le développement. L’habitat, le tourisme et les loisirs, l’exploitation des ressources vivantes, l’agriculture et les transports sont pour l’essentiel les principaux moteurs de ce développement.

Il est admis aujourd’hui que le problème environnemental majeur du littoral méditerranéen est son artificialisation

du fait d’un développement touristique effréné, d’une extension urbaine importante et de la mise en place d’infrastructures avec un phénomène d’érosion côtière qui amplifie cette artificialisation des sols de plus en plus perceptible dans de nombreux espaces littoraux de la Méditerranée. La réduction des stocks halieutiques, la perte des activités traditionnelles de la pêche, la pollution marine, la perte et la fragmentation des habitats, sont malheureusement d’autres points communs à plusieurs secteurs de la Méditerranée.

Face à ces pressions et à ces menaces il apparaît évident aujourd’hui que l’action concertée et l’engagement effectif des différents pays méditerranéens demeure la mesure la plus efficace pour réduire les diverses tensions sur les ressources naturelles de la Méditerranée. Malgré ses limites la Convention de Barcelone demeure un cadre approprié pour mener cette action régionale et le Protocole GIZC constitue un instrument pertinent pour mener cette action en travaillant sur la gouvernance et les comportements.

La mer Méditerranée qui représente moins de 0,3 % du volume et moins de 0,8% de la surface de l’océan mondial contribue à hauteur de 7 % à la biodiversité mondiale. Gisement de la biodiversité, la mer Méditerranée, semi fermée est classée parmi les mers régionales les plus menacées et les plus vulnérables aux activités humaines et aux changements climatiques. Le Plan d’Action pour la Méditerranée (PAM) qui s’est doté dans le cadre de la Convention de Barcelone du Plan d’Action Stratégique pour protéger la Biodiversité (PAS BIO, 2003)

a définit les orientations stratégiques qui doivent se décliner dans les politiques et les stratégies nationales afin de stopper et quand c’est possible inverser la tendance actuelle de dégradation des habitats marins et côtiers, d’érosion de la diversité biologique marine, de surexploitation des ressources halieutiques et de manière plus générale de réduire les effets des pollutions marines sur l’écosystème méditerranéen.

Conscients des enjeux liés à la durabilité du littoral et l’effet de la littoralisation et soucieux d’établir un équilibre entre la nécessité d’améliorer les conditions de vies des populations littorales d’un côté et de maintenir l’équilibre d’un écosystème fragile et vulnérable, les pouvoirs publics en Algérie ont mis en place une stratégie nationale, un plan d’action et un arsenal juridique important. A cet effet, la Loi de 2002 relative à la protection et à la valorisation du littoral, la Loi n° 10-02 du 29 juin 2010 portant approbation du Schéma National d'Aménagement du Territoire et ses déclinaisons (SRAT, SDAAM, SDAL) 4 donnent des les orientations stratégiques aux différents échelles de territoires.

3 Le "Protocole relatif à la gestion intégrée des zones côtières de la Méditerranée".Entré en vigueur le 24 mars 2011, il constitue le premier outil de droit international entièrement et exclusivement consacré à la GIZC. Ce protocole s'est fixé comme objectif l'établissement d'un cadre commun pour la gestion intégrée des zones côtières (GIZC) de la mer Méditerranée.

4 Schéma Régional d’Aménagement du Territoire (SRAT) Schéma Directeur d’Aménagement des Aires Métropolitaines (SDAAM) Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral (SDAL)

INTRODUCTION

L’article 18 du Protocole de GIZC stipule que chaque Partie doit renforcer ou élaborer une stratégie nationale de gestion intégrée des zones côtières. L’analyse de la situation existante et un état des lieux général (Bilan & Diagnostic) constituent une phase préliminaire incontournable à la définition et à la hiérarchisation des enjeux et des priorités. Il s’agit également d’identifier les mécanismes opérationnels, les partenariats ainsi que les mesures à mettre en œuvre pour favoriser une démarche GIZC. Cela suppose, aussi, que la base juridique, les instruments institutionnels et les sources de financement durables ont été identifiés.

Le Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et de la Ville a lancé avec l’appui du PAP RAC/PAM le 25 janvier 2012 l’élaboration de la stratégie nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC) de l’Algérie. Cette stratégie est rendue nécessaire par la volonté des pouvoirs publics de mettre en place une gouvernance adaptée à la complexité de la zone côtière et aux enjeux actuels et futurs qui se posent dans cette zone.

L’élaboration de la stratégie nationale GIZC s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Loi n°02-02 du 5 février 2002 relative à la protection et à la valorisation du littoral dont les principes fondamentaux sont :

L’action de développement doit se situer dans le cadre de la politique nationale d’aménagement du territoire et de protection de l’environnement;

L’impératif de la coordination entre toutes les parties concernées : Etat, Collectivités territoriales et associations non gouvernementales.

Comme options, la loi fait obligation à l’Etat et aux collectivités territoriales, dans le cadre de l’élaboration des instruments d’aménagement et d’urbanisme de :

veiller à orienter l’extension des centres urbains existants vers les zones éloignées du littoral et de la côte maritime,

classer dans les documents d’aménagement du littoral comme aires protégées et frappées des servitudes de non-aedificandi tous les sites présentant un caractère écologique, culturel et touristique ;

d’œuvrer pour le transfert vers des sites appropriés des installations industrielles existantes dont l’activité présente des dommages pour l’environnement.

Le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT) 5 à l’horizon 2030 vient renforcer la stratégie du gouvernement en matière de protection et de valorisation du littoral mise en place depuis 2002.

Le schéma s’est fixé comme objectifs de répondre aux déséquilibres de localisation de la population et des activités dans le territoire et en préservant le capital naturel et culturel. En effet le recensement général de la population et de l'habitat (RGPH, 2008) révèle que 63% de la population algérienne est installée dans le Nord du pays sur une portion littorale qui représente 4% du territoire national.

Ces déséquilibres sont à la fois coûteux pour la collectivité nationale et source de tensions pour nos ressources naturelles. Il ne s’agit pas en cela d’opposer les territoires les uns aux autres mais d’assurer leur développement de manière harmonieuse en proportion de la charge que les milieux naturels de ces territoires pourront supporter sans se dégrader ou se détruire.

La stratégie nationale GIZC initiée en collaboration avec le Plan d’actions pour la Méditerranée est un appui à la stratégie nationale en matière de protection et de valorisation du littoral basé sur une méthodologie commune aux pays méditerranéen.

5 Promulgué le 29 juin 2010

LA DEMARCHE

Les bilans et les diagnostics thématiques sont une phase clé pour la compréhension des forces motrices dans le domaine littoral national. Cette phase étant essentielle, aussi, pour l’identification de la structuration des activités sectorielles, de leur fonctionnement dans le contexte national mais également au niveau local quand cela est possible. La mise en relief des principales menaces, contraintes et dysfonctionnements liés à chaque thématique sectorielle constitue également un élément majeur de cette première étape.

Pour cela des lignes directrices ont guidé l’élaboration des notamment :

bilans et les diagnostics thématiques ou sectoriels,

(i)

Le diagnostic, le plus loin possible sur le plan temporel afin de mettre en évidence les tendances à long terme ainsi que leur forces motrices qui sont susceptibles d’expliquer ces tendances.

(ii)

Une échelle spatiale représentative et pertinente, cette question étant délicate pour le processus Gestion Intégrée des Zones Côtières car elle conditionne les acteurs, les activités, les usages ainsi que les conflits potentiels. Pour les besoins de la stratégie nationale GIZC il a été recommandé de considérer trois niveaux de territoire.

Le niveau administratif, soit les wilayas et les communes littorales qui constituent les échelles de mise en œuvre des programmes publics de développement, de valorisation et de préservation des ressources. Le second niveau est celui du domaine littoral ; celui-ci correspond au niveau de mise en œuvre des dispositions de la loi littoral et le troisième niveau est celui de la pertinence territoriale par rapport à la thématique. Dans ce troisième niveau les échelles sont celles des activités sectorielles : le bassin versant pour les ressources en eaux et l’assainissement, les zones de pêche pour les ressources halieutiques, les subdivision naturelles pour l’agro-foresterie.

(iii)

Le partage des données et du diagnostic est également réalisé dans un cadre consultatif entre les experts thématiques et les secteurs (administration) ainsi que les autres acteurs du littoral et de la zone marine côtière. En effet, la stratégie est transversale mais sa mise en œuvre dépend d’une multitude d’acteurs d’horizons sectoriels, de compétences, d’impact et de pouvoirs de décision différents. Cela implique que les grandes lignes et les éléments clés du diagnostic doivent être validés par les secteurs, en particulier les composantes relatives aux dysfonctionnements institutionnels et aux contraintes liées à la mise en œuvre du processus GIZC par les secteurs eux- mêmes.

(iv)

Pour avoir une signification le bilan – diagnostic doit également reposer sur une évaluation quantitative. Cette évaluation est construite sur la base d’indicateurs thématiques et globaux qui permettent de définir un tableau de bords pour la situation passée, présente et surtout afin d’envisager les scénarii (analyse prospective). Cette activité menée dans le cadre de l’analyse de la durabilité.

1.

LE LITTORAL ALGERIEN AU SENS DE LA LOI

Au sens de la loi littorale 6 (Art. 7.), le littoral englobe l’ensemble des îles et îlots, le plateau continental ainsi qu’une bande de terre d’une largeur minimale de huit cents mètres (800 m), longeant la mer et incluant :

(i)

les versants de collines et montagnes, visibles de la mer et n’étant pas séparés du rivage par une plaine littorale;

(ii)

les plaines littorales de moins de trois kilomètres (3 km) de profondeur à partir des plus hautes eaux maritimes ;

(iii)

l’intégralité des massifs forestiers;

(iv)

les terres à vocation agricole;

(v)

l’intégralité des zones humides et leurs rivages dont une partie se situe dans le littoral à partir des plus hautes eaux maritimes tel que défini ci-dessus;

(vi)

les sites présentant un caractère paysager, culturel ou historique.

Le littoral fait l’objet de mesures générales de protection et de valorisation énoncées par la loi littorale (Art. 8). Il comprend une zone spécifique qui fait l’objet de mesures de protection et de valorisation, dénommée zone côtière, qui comprend le rivage naturel, les îles et les îlots, les eaux intérieures maritimes et le sol et le sous-sol de la mer territoriale.

2. CONTEXTE ADMINISTRATIF DU LITTORAL ALGERIEN

Au sens administratif et en matière de gouvernance, divers secteurs interviennent dans le domaine littoral avec des fonctions, des prérogatives, des intérêts et un impact spatial qui se chevauchement dans plusieurs cas.

Cette analyse s’appuie sur l’organisation administrative de 1984 (figure 1) où le nombre de wilayas est passé à 48 wilayas et le nombre de communes est passé à 1541 communes. Du point vue juridique, il existe 15 wilayas côtières dont 14 sont littorales; l’analyse n’incluse pas la wilaya de Mascara car son linéaire côtier est négligeable. Administrativement et au sens des collectivités locales, 136 communes se partagent le linéaire côtier.

La partie centre du littoral réunit 5 wilayas pour un total de 53 communes soit 40% de la gestion administrative du littoral. Dans la partie Est qui contient environ 42 communes soit un taux de littoralisation administratif de l’ordre 27% alors que la partie ouest englobe 4 wilayas et 41 communes.

En matière de superficie, les communes littorales représentent environ 23% du total des wilayas de la côte. Cependant, il faut signaler que ce ratio est variable, il est très faible à Tlemcen où la surface des communes côtières ne représente que 6% pour atteindre 44% à Tipaza. Par région ; l’Est avec ses 42 communes logées sur la façade maritime qui totalisent une superficie de 31% de la surface de la région vient en première position. Suivi par la région centre avec 23% et finalement, la région Ouest qui arrive en dernier avec 17%.

Par rapport au chef lieu de wilaya et ses conséquences en matière de densité de la population et d’urbanisation, sur les 14 wilayas côtières, 9 chefs lieux sont sur la côte et 6 à l’intérieur. Par région, c’est à l’Est que se retrouvent 50% des chefs-lieux de wilayas côtiers. Il s’agit de Béjaia, de Jijel, de Skikda et d’Annaba, soit 80% des chefs lieux de la région. Au centre, 3 chefs lieux de wilaya sont sur la côte et finalement, à l’Ouest 50% des chefs lieux de wilayas sont localisés sur le littoral.

6 Loi n° 02-02 du 5 février 2002 relative à la protection et à la valorisation du littoral

Figure 1: Organisation administrative du littoral algérien. 10

Figure 1: Organisation administrative du littoral algérien.

STRATGIE NATIONALE GIZC

STRATGIE NATIONALE GIZC 3. CONTEXTE NATUREL 11

3. CONTEXTE NATUREL

3.6. Morphologie littorale

La côte algérienne s’étend de Marsat Ben M’Hidi à l’Ouest au Cap Roux à l’Est sur 1280 km. Elle se présente comme une succession de baies plus au moins ouvertes séparées par des régions très escarpées. Les hautes falaises qui bordent en générale cette côte sont soumises à des érosions marines et éoliennes. Cette côte compte 31 oueds, dont les plus importants sont les oueds Tafna, Chelliff, Mazafran, El Harrach, Soummam, Sebaou, Isser, El Kébir, Saf Saf, Seybouse. Selon Boutiba (2004 in Grimes et al., 2004), le secteur allant de la frontière algéro-tunisienne à Bejaia est caractérisé par un ensemble de falaises plus au moins élevées (<40 m) taillées dans les roches dures ignées et métamorphiques, dont les versants sont escarpés et couverts de sol et de végétation et dont la partie inférieure est battue par la mer. Les lagunes littorales d’El-Kala et d’Annaba confèrent une originalité à ce secteur de la côte algérienne. Les plages s’étendent au fond des baies, d’une largeur de quelques mètres à quelques dizaines de mètres, sont presque exclusivement sableuses.

Les apports en éléments sableux y sont le fait des oueds Seybouse et El Kébir. De Dellys à Ras Bouak, la côte est très homogène, taillée dans une épaisse série détritique formée de schiste et de grés crétacé et paléogène. Ces formations géologiques sont à l’origine d’une indentation du littoral (cap Tedles, Sigli).

A l’Est, la côte est élevée, essentiellement rocheuse, taillée dans les

affleurements calcaires jurassiques et présentant des falaises escarpées et des échancrures occupées par de petites criques sableuses et de grèves. Du cap Matifou au massif cristallophyllien d’Alger, la baie d’Alger s’inscrit en creux alors qu’entre Sidi-Fredj et

le Mont Chenoua, se rencontre une succession de plages. Douaouda marine marque le début des falaises plus ou moins abruptes taillées dans des grés quaternaires. Du mont Chenoua à Cherchell se disséminent des falaises et zones rocheuses ainsi que des grèves et des plages à sédiments fournis par l’érosion des roches schisteuses du Dévonien. Oued Mousselmoun termine cette succession de falaises. De là à cap Ténès, c’est le domaine des très hautes falaises atteignant parfois 300 m de dénivelé et plongeant à des profondeurs importantes. C’est le secteur en Algérie où le talus continental est très réduit.

De Ténès à l’embouchure du Chellif, les falaises formées dans les grés et les argiles du Miocène ou du Quaternaire dominent. A l’Ouest, les roches dures du Jurassique et du Crétacé sont mises en relief du Cap Carbon à Arzew. Le secteur Tafna-îles Habibas-île Rachgoun forme un ensemble de roches volcaniques. La prédominance des plages aux débouchés des oueds ou au pied des falaises est notée dans la basse Tafna, avec des falaises terminant la partie avale d’un plateau. De Sidna Youchaâ à Sidi Med El Ouardini, le littoral passe brutalement des versants vers la mer.

A l’extrême Ouest, le littoral des Traras s’étend sur une centaine de

km, de l’embouchure de la Tafna prés de Beni Saf à l’Est et se termine à l’Ouest près de Foum Kiss à la frontière algéro-marocaine. Ce tracé présente un dessin très sinueux et suit presque régulièrement l’orientation générale de la côte algérienne.

l’orientation générale de la côte algérienne. Mont Chenoua. Plage de sable grossier à l’ouest de
l’orientation générale de la côte algérienne. Mont Chenoua. Plage de sable grossier à l’ouest de
Mont Chenoua. Plage de sable grossier à l’ouest de Tipasa (Grimes S.). Dunes de Mers
Mont Chenoua. Plage de sable grossier à
l’ouest de Tipasa (Grimes S.). Dunes de Mers
El Hadjadj dans la wilaya de Mostaganem,
dans l’ouest algérien (MATE)

Entre Cap Tarsa à l’Est et le Cap Milona à l’Ouest, on distingue des falaises qui forment l’essentiel de ce secteur

et des plages ponctuelles se localisant souvent aux embouchures des oueds ; les exemples les plus frappants

sont ceux de Ghazaouet, oued Abdellah, plage de Sel et Marsat Ben-M’hidi.

3.7. Les bassins versants littoraux et le réseau hydrographique

Avec une superficie de plus de 300 000 Km², l'Algérie du Nord se situe entre -2.23° et +8.67° en latitude et 32.74° et 37.12° en longitude. Elle est limitée au Nord par la Mer Méditerranée, à l'Est par la Tunisie, à l'Ouest par le Maroc et au Sud par l'Atlas saharien algérien (figure 2). Au-delà de l'Atlas saharien, l'Algérie s'enfonce sur plus de 2400 km dans le continent africain, au cœur du Sahara.

Sur le plan hydrographique, cette zone est constituée de dix-sept (17) grands bassins versants hydrologiques dont quinze présentent un exutoire vers la Mer Méditerranée et déterminent ainsi un linéaire côtier de 1622 Km.

et déterminent ainsi un linéaire côtier de 1622 Km. Figure 2: Carte des bassins versants côtiers

Figure 2: Carte des bassins versants côtiers de l'Algérie du Nord (extrait du MNT Algérie, Source: ANBT, 2012).

Les cours d’eau naissent sur les sommets des montagnes du Tell. Tout en étant parallèles, ces cours d’eau descendent des flancs nord pour se jeter dans la mer en traversant les quelques plaines alluviales.

Les plaines côtières (sièges des principaux aquifères alluvionnaires) se succèdent d’Ouest en Est, en unités isolées les unes des autres, par les massifs maritimes. Ces plaines sont dues, principalement, à des affaissements et remplies d’importants dépôts alluviaux, arrosées à la fois par les précipitations et par les rivières qui les traversent. Elles correspondent aux débouchés de ces cours d’eau. Le tableau 1 récapitule les

principales caractéristiques des bassins versants côtiers de l'Algérie (figure 3).

Tableau 1: Bassins versants et principaux cours d'eau de l'Algérie du nord (l'apport moyen annuel de ces oueds est de 10.6 x10 9 m 3 /an (MRE, 2010)

Bassins versants

Superficie

Apport (Hm 3 /an) Période moyenne

Principaux oueds

Km²

Côtiers Oranais Ouest

   

Oued El Malah

Côtiers Oranais Centre

5

831

50

la grande Sebkha d'Oran

Côtiers Oranais Est

   

Tafna

7

245

335

OuedTafna

Macta

14

389

-

Oued El Hammam et OuedMekerra

Chéliff

43750

1540

Oued Chlef

Côtiers Algérois Ouest

   

Oued El Hachem, OuedNador, OuedMazafran,

11972

2850

Oued El Harrach

Côtiers Algérois Est

OuedSebaou

Isser

4149

520

OuedIsser

Soummam

9125

700

OuedSoummam

Côtiers Constantinois Ouest

   

OuedAgrioun, OuedDjendjen, Oued Nil

Côtiers Constantinois Centre

11

566

3 250

OuedGuebli, OuedSafsaf

Côtiers Constantinois Est

 

OuedMafragh, OuedBounamoussa

KébirRhumel

8

815

910

Oued El Kebir

Seybouse

6

475

450

OuedSeybouse

50000 100000 150000 200000 250000 300000 350000 400000 450000 500000 550000 600000 650000 700000 750000
50000
100000
150000
200000
250000
300000
350000
400000
450000
500000
550000
600000
650000
700000
750000
800000
850000
900000
950000
1000000
1050000
450000
450000
ANNABAANNABAANNABA
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ANNABA
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####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
410000
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SKIKDASKIKDASKIKDA
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ALGER
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####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
JIJELJIJELJIJEL
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####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
JIJEL
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#
#
BEJAIABEJAIABEJAIA
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BEJAIA
BEJAIA
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
TIPAZATIPAZATIPAZA
#
TIPAZATIPAZATIPAZATIPAZA
TIPAZA
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TIZITIZITIZI OUZOUOUZOUOUZOU
TIZI OUZOU
TIZI OUZOU
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TENESTENESTENES
370000
TENES
TENESTENESTENESTENES
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370000
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
BLIDABLIDABLIDA
BLIDA
BLIDA
BLIDABLIDABLIDABLIDA
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
CONSTANTINECONSTANTINECONSTANTINE
CONSTANTINECONSTANTINECONSTANTINECONSTANTINE
CONSTANTINE
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SOUK-AHRASSOUK-AHRASSOUK-AHRAS
SOUK-AHRAS
SOUK-AHRAS
SOUK-AHRASSOUK-AHRASSOUK-AHRASSOUK-AHRAS
330000
330000
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
SETIFSETIFSETIF
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SETIF
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####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
CCCHHHLLLEEEFFF
CCCCHHHHLLLLEEEEFFFF
CHLEF
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MMMOOOSSSTTTAAAGGGAAANNNEEEMMM
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MOSTAGANEM
MOSTAGANEM
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
290000
ORANORANORAN
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ORAN
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M
E
D
I
T
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R
R
A
N
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####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
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####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
TEBESSATEBESSATEBESSA
TEBESSA
TEBESSA
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####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
BATNABATNABATNA
BATNA
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250000
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####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
TIARETTIARETTIARET
TIARET
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210000
210000
TLEMCENTLEMCENTLEMCEN
TLEMCENTLEMCENTLEMCENTLEMCEN
TLEMCEN
TLEMCEN
Bassins versants côtiers
Réseau hydrographique
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
Cours d'eau permanent
SSSAAAIIIDDDAAA
SAIDA
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
BBBIIISSSKKKRRRAAA
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BBBBIIIISSSSKKKKRRRRAAAA
BISKRA
SAIDA
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cotiers algérois_est
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cotiers algérois_est
cotiers algérois_est
cotiers algérois_est
cotierscotiers algérois_estalgérois_est
cotiers algérois_est
Chéliff
ChéliffChéliff
Chéliff
Chéliff
Chéliff
ChéliffChéliff
Chéliff
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
Cours d'eau temporaire
170000
170000
CotiersCotiersCotiers algérois_ouestalgérois_ouestalgérois_ouest
Cotiers algérois_ouest
Cotiers algérois_ouest
CotiersCotiersCotiersCotiers algérois_ouestalgérois_ouestalgérois_ouestalgérois_ouest
IsserIsserIsser
Isser
Isser
IsserIsserIsserIsser
CotiersCotiers constantinois_centreconstantinois_centre
Cotiers constantinois_centre
Cotiers constantinois_centre
CotiersCotiersCotiers constantinois_centreconstantinois_centreconstantinois_centre
Cotiers constantinois_centre
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Kébir Rhummel
KébirKébir RhummelRhummel
Kébir Rhummel
Kébir Rhummel
KébirKébirKébir RhummelRhummelRhummel
Kébir Rhummel
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
DJ ELFA
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DJELFA
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Macta
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Seybouse
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130000
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Cotiers oranais_centre
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CotiersCotiers Oranais_ouestOranais_ouest
Cotiers Oranais_ouest
Cotiers Oranais_ouest
Cotiers Oranais_ouest
Cotiers Oranais_ouest
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90000
000 0
0
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505050
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50
KilomètresKilomètresKilomètres
Kilomètres
90000
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100
100100100100
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KilomètresKilomètresKilomètresKilomètres
Kilomètres
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250000
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550000
600000
650000
700000
750000
800000
850000
900000
950000
1000000
1050000

Figure 3: Carte des bassins versants littoraux et réseau hydrographique (Extrait du réseau hydrographique digitalisé par l'ANRH).

D'une manière générale, le réseau hydrographique est assez dense, conséquence d'une lithologie à forte fraction argileuse des terrains constituants les bassins versants (ANRH, 1993). Ce qui donne sur le plan des régimes hydrologiques: (i) une extrême irrégularité saisonnière et interannuelle des écoulements qui est accentuée par de longues périodes de sécheresse; (ii) des crues violentes et rapides; (iii) une érosion intense et des transports solides importants (Kadi, 1997).

Sur le plan géomorphologique et climatique, trois ensembles fortement contrastés s'y distinguent sur l'ensemble de l'Algérie (figure 4). Le Tell au Nord représente 4 % uniquement de la surface totale du territoire. Il jouit d’un climat méditerranéen avec des précipitations qui peuvent atteindre 1600 mm sur les reliefs mais qui présentent une irrégularité interannuelle et une répartition spatiale inégale de l’ouest à l’est. Les hauts plateaux et l’Atlas saharien qui occupent 9 % de la surface totale sont caractérisés par un climat semi- aride à aride. Au sud, le Sahara, domaine désertique aride (pluviométrie : 100 et 400 mm), couvre 87 % du territoire.

Figure 4: Principaux domaines structuraux de l’Algérie du Nord (ANPM, in http://www.anpm.gov.dz)
Figure 4: Principaux domaines structuraux de
l’Algérie du Nord (ANPM, in http://www.anpm.gov.dz)

Il existe un gradient climatique du littoral algérien d’Est en Ouest (figure 5) : l’ouest reçoit une faible quantité de pluies (300 mm) et une température moyenne de 18°C, le situant dans l’étage bioclimatique semi-aride, alors que le centre avec la même température moyenne et une pluviométrie de 645 mm se situe dans l’étage bioclimatique sub-humide. Le littoral Est algérien avec une pluviométrie comprise entre 600 et 1000 mm et une température moyenne de 20°C, se trouve dans l’étage bioclimatique humide à per-humide.

trouve dans l’étage bioclimatique humide à per-humide. Figure 5: Carte bioclimatique de l’Algérie du Nord (ANAT,

Figure 5: Carte bioclimatique de l’Algérie du Nord (ANAT, 2004).

Cette variété physiographique et climatique explique, en partie, la fragilité de la ressource hydrique sur l’ensemble du territoire.

3.8. Sols et forets

Occupation des terres (figure 6)

La superficie forestière littorale est de 1 377 000 ha soit 32 % de la superficie forestière nationale, les reboisements ont été réalisés sur une superficie de 45 000 ha (soit 17 % des reboisements à l’échelle nationale). Le taux de couverture forestière est de 0,34 pour le littoral alors qu’à l’échelle nationale il n’est que de 0.17.

L’Est du pays a le taux de boisement le plus élevé de 784 000 ha de forêt et 5000 ha de reboisement alors que les terrains nus occupent 9790 ha soit un taux de couverture forestière de 0,55.

Au centre, la superficie forestière est de 286000 ha et les reboisements occupent une superficie de 4800 ha soit un taux de couverture forestière de 0,26.

L’ouest présente le taux de boisement le moins élevé avec une surface forestière de 307 000 ha les reboisements occupent une superficie de 35600 ha soit un taux de couverture forestière de 0,21.

Malgré un effort, en matière de reboisement assez conséquent (35600 ha), le plus élevé de la région littoral, l’ouest reste peu boisé, plus de surfaces devraient être consacré au reboisement, en particulier les terrains en pente ou dégradés. Au niveau national, il est noté une augmentation de la surface forestière de 446 000 ha entre les deux inventaires forestiers nationaux (1984 et 2008). Il faut signaler aussi une réduction de la surface agricole de 283 000 ha

Tableau 2 : Evolution de l’affectation des terres en 1984 et 2008 (Sources Lokman, DGF, 2009, IFN, 2008)

Affectation (ha)

IFN (1978-1984)

IFN (2001-2008)

Écart

Terres agricoles

9.732.000

9.448.990

-283.010

Parcours

6.189.000

8.058.201

1.869.201

Improductifs

1.908.000

981.731

-926.269

Terres Alfatières

2.730.000

1.974.018

-755.982

Terres forestières

3.670.000

4.115.908

445.908

Foresterie

La chaîne de montagne de l’Atlas tellien est relativement bien couverte par une végétation naturelle dominée par le Cèdre de l’Atlas en altitude (Altitude supérieure à 900 m), le pin d’Alep et le chêne vert (Quercus ilex) et le chêne liège (Quercus suber) dans la partie est, à l’ouest c’est le pin d’alep (Pinus halepensis) et le Thuya de berbérie (Tetraclinis articulata) qui prédominent. Certaines parties du relief dont la pente est supérieure à 25 % est nu, ce qui aggrave les risques d’érosion et glissement de terrain.

Même si elle ne représente que 3.54% de la surface totale du territoire national, la majeure partie de la surface agricole utile se concentre essentiellement sur le littoral où les conditions climatiques y sont plus favorables et le sol de bonne qualité. L’augmentation démographique généralisée en zone littorale s’accompagne du développement des activités agricoles intensives, ce qui entraîne à coup sûr une surexploitation des nappes côtières.

De plus, l’urbanisation anarchique sur les terres à vocation agricole participe fortement à l’imperméabilisation des sols ce qui entraîne une réduction drastique de la réalimentation des nappes par infiltration des précipitations qui constituent dans la plupart des cas le mode d’alimentation essentiel.

nappes par infiltration des précipitations qui constituent dans la plupart des cas le mode d’alimentation essentiel.
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MMOOSSTTAAGGAANNEEMM
MOSTAGANEM
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#
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Figure 6 : Forêts et maquis du littoral algérien.

Figure 6 : Forêts et maquis du littoral algérien. Forêts Maquis)

Forêts

Figure 6 : Forêts et maquis du littoral algérien. Forêts Maquis)

Maquis)

3.9. Aquifères côtiers

Le littoral est un milieu très sensible ; il est exposé à diverses pressions anthropiques (croissance urbaine, agriculture intensive, développement industriel et tourisme) et à divers phénomènes naturels (changement climatique) qui provoquent de fortes dégradations. Les aquifères côtiers avec leur système exoréique constituent des aquifères très vulnérables au phénomène d'intrusion marine, du fait de leur surexploitation. L'utilisation intensive, supérieure aux capacités de recharge, peut provoquer un abaissement significatif des niveaux des nappes et parfois même une inversion des gradients d'écoulement souterrain. Une fois envahis par l'eau salée, les aquifères sont alors très difficiles à dépolluer, et deviennent impropres pour de nombreuses utilisations.

3.9.1. Identification et caractérisation des aquifères côtiers

L’Agence Nationale des Ressources en Eau (ANRE, ex ANRH) a procédé durant l'année 2009 à l’établissement de la carte des ressources en eau souterraine du Nord de l’Algérie, cette carte constitue le document le plus récent en matière d’évaluation des ressources en eau. A cet effet, un inventaire systématique de toutes les nappes aquifères a été effectué. Ainsi, 177 aquifères ont été cartographiés avec des ressources exploitables globales de 2724 Hm 3 /an en année moyenne et de 762 Hm 3 /an en année sèche. Les valeurs qui correspondent à une probabilité d’occurrence de 50% sont définies comme les valeurs « d’une année moyenne », tandis que les valeurs qui correspondent à une probabilité d’occurrence de 90% sont définies comme les valeurs « d’une année sèche » et celles qui correspondent à une probabilité d’occurrence de 10% comme les valeurs « d’une année pluvieuse ». Au sens strictement théorique, les vraies années sèches sont celles pendant lesquelles les valeurs, sont inférieures à celles dont la probabilité d’occurrence est de 90%.

Concernant les aquifères littoraux, l’exploitation de cette carte nous a permis de recenser 59 aquifères sur le littoral (figure 7), permettant une ressource exploitable globale de 914.5 Hm 3 /an en année moyenne. Leur importance et disposition sont très variables. Cette importance reste conditionnée par la nature lithologique des formations qui les constituent. Ce sont en général des nappes alluviales de type 3 et type 5 selon la classification adoptée par l’ANRH ; à dominante sableuse, argilo sableuse et argilo graveleuse. Dans la plupart des cas, elles sont en relation avec un cours d’eau qui les traverse ; la fonction alimentation ou drainage est très variable d’un aquifère à l’autre.

Les nappes de type 3 correspondent aux nappes alluviales étroites situées le long des cours d’eau importants, et en liaison hydraulique avec eux. Les débits des ouvrages sont élevés, et les réserves régulatrices faibles. (Isser, Sebaou, Cheliff).

Les nappes de type 5 sont celles situées dans les remplissages alluviaux des grandes plaines de subsidence (exemple : la plaine de la Mitidja, la plaine d’Annaba, la plaine de l’Oued El Kebir). Ce sont les aquifères les plus importants, constitués par un remplissage sableux et graveleux, avec des épaisseurs de plus de 200 m. Ils sont localisés dans les zones telliennes à forte précipitation, et sont en relation hydraulique avec les oueds. Le pouvoir régulateur de ces aquifères est très élevé et les réserves importantes.

L'Ouest algérien, représenté par les bassins versants côtiers oranais (BV n°4), comprend 17 aquifères avec un potentiel de 102.87 Hm 3 /an. La partie Centrale de l'Algérie, délimitée par les bassins versants des côtiers algérois (BV n°2) est composée de 26 aquifères et un potentiel exploitable de 398.25 Hm 3 /an. Enfin, la partie Est, circonscrite dans les bassins versants côtiers constantinois, est formée de 16 aquifères et présente un potentiel exploitable de 413.38 Hm 3 /an.

50000 100000 150000 200000 250000 300000 350000 400000 450000 500000 550000 600000 650000 700000 750000
50000
100000
150000
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250000
300000
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600000
650000
700000
750000
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850000
900000
950000
1000000
1050000
450000
450000
PLAINEPLAINEPLAINE DEDEDE L'OUEDL'OUEDL'OUED KEBIRKEBIRKEBIR
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PLAINE DE COLLO
PLAINEPLAINE DEDE COLLOCOLLO
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PLAINE DE COLLO
PLAINE DE COLLO
PLAINE DE COLLO
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OUEDOUEDOUED ZHORZHORZHOR
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OUED NADOR
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OUED NADOR
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CALCAIRES DE BEJAIA
CALCAIRES DE BEJAIA
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CALCAIRES DE TOUDJA
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#
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410000
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OUED BELLAH
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BASSE SOUMMAM
BASSE SOUMMAM
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#
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BASSE SOUMMAM
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PLAINE D'EL TARF
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370000
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PLAINE DE L’OUED SAF SAF
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OUED KRAMIS
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OUED KRAMIS
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#
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VALLEE DU HAUT SEBAOU
VALLEE DU HAUT SEBAOU
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VALLEE DU HAUT SEBAOU
VALLEE DU HAUT SEBAOU
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#
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CALCAIRES DES BABORS
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BLIDA
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#
####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
CONSTANTINECONSTANTINECONSTANTINE
CONSTANTINE
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PLATEAU DE MOSTAGANEM
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PLATEAU DE MOSTAGANEM
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PLATEAU DE MOSTAGANEM
CONSTANTINE
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SOUK-AHRAS
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330000
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HAUTEHAUTE ETET MOYENNEMOYENNE SOUMMAMSOUMMAM
HAUTE ET MOYENNE SOUMMAM
HAUTE ET MOYENNE SOUMMAM
HAUTE ET MOYENNE SOUMMAM
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HAUTE ET MOYENNE SOUMMAM
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SETIF
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PLATEAU DES HASSIS
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PLATEAU DES HASSIS
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PLATEAU DE ACHAACHA
PLATEAU DE ACHAACHA
PLATEAU DE ACHAACHA
PLATEAU DE ACHAACHA
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PLAINE COTIERE ORANAISE
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FLANC SUD DU MURDJADJO
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#
OULED TAOUI - OULED BOUJEMAA
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BATNA
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250000
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PLATEAU D’ORAN
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PLAINE DE HABRA SIG
PLAINE DE HABRA SIG
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REGION DE OULHACA
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#
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PLATEAU DE SIDI SAFI
PLATEAU DE SIDI SAFI
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PLATEAU DE SIDI SAFI
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210000
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TLEMCEN
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VALLEE DE LA TAFNA
VALLEE DE LA TAFNA
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VALLEE DE LA TAFNA
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VALLEE DE LA TAFNA
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TAFNA
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####### ####### ####### ###### ####### ####### #######
#
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170000
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MONTS DES TRARAS
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130000
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90000
000 0
0
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505050
90000
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50
50
100100100
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KilomètresKilomètresKilomètresKilomètres
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150000
200000
250000
300000
350000
400000
450000
500000
550000 600000
650000
700000
750000
800000
850000
900000
950000
1000000
1050000

Figure 7: Carte de localisation et dénomination des aquifères côtiers (extraite de la carte des aquifères de l'Algérie. Source: ANRH, 2010)

3.9.2.

Description 7 des principaux aquifères côtiers algériens

3.9.2.1. La plaine de la Mitidja

Entièrement circonscrite dans le bassin versant côtiers algérois (BV 2) et orientée suivant une direction SW-NE, la plaine de la Mitidja s’étend sur quatre wilayas (Tipasa, Blida, Alger et Boumerdes), depuis l’Oued Djer à l'Ouest, jusqu’à Réghaïa à l'Est. Elle est bordée au sud par l’Atlas blidéen, et au nord par les collines du Sahel. Elle est de loin l'aquifère le plus important de l'Algérie du Nord. Elle correspond à un bassin de subsidence qui a été comblé par des dépôts d’origine marine ou continentale, au cours de l’ère Tertiaire et de l’ère Quaternaire.

La configuration actuelle de la Mitidja a débuté vers la fin du Pliocène. A cette époque les dépôts marins et lagunaires qui formaient une aire anticlinale, ont subi un affaissement (subsidence), dessinant en gros les contours de la Mitidja actuelle. Les reliefs du Sahel empêchaient toute transgression de la mer vers l’intérieur des terres. Par la suite les matériaux résultant de l’érosion de l’Atlas, se sont déposés sous forme de dépôts fluvio– lacustres (type marnes jaunes de Maison Carrée). Au Quaternaire moyen, la Mitidja est envahie par une épaisse couche d’alluvions, recouvrant ainsi les chenaux et les haut fonds marneux.

Hydrogéologie

La Mitidja est constituée de deux systèmes aquifères qui sont les grès de l'Astien et les alluvions du Quaternaire. (figure 8).

L’Aquifère de l'Astien

Cet aquifère est constitué par des grès astiens et qui reposent sur les marnes bleues du Plaisancien. Ils affleurent largement dans le Sahel notamment sur les collines. L’aquifère Astien est très peu sollicité, sauf dans les zones où les alluvions du Quaternaire sont absentes, ou représentées uniquement par d’importantes couches argileuses. La profondeur des forages captant l’Astien est comprise en 200 et 300 m, et les débits sont peu importants (entre 15 l/s à 20 l/s en moyenne). Son épaisseur moyenne est de l’ordre de 100 m, mais à l’Est notamment vers Réghaia, elle n’est que de 40 mètres. D’ailleurs, dans ces régions la nappe alluviale est inexistante et l’Astien qui a tendance à se redresser constitue la seule nappe en exploitation.

à se redresser constitue la seule nappe en exploitation. Figure 8: Carte géologique simplifiée de la

Figure 8: Carte géologique simplifiée de la plaine de la Mitidja (PNE, 2010)

7 Inspirée principalement du document établi par le Ministère des Ressources en Eau dans le cadre de l'actualisation du PNE (Plan National de l'Eau, 2010. Volume 2)

Les paramètres hydrodynamiques

Les transmissivités obtenues suite aux essais de débit réalisés à travers la Mitidja sont nombreuses et variables. Nous donnerons dans le tableau ci- contre, quelques valeurs de transmissivités.

Bilan de la nappe de la Mitidja

Le bilan de la nappe de la Mitidja établi par le modèle mathématique réalisé par SOGREAH pour lecompte de l’ANRH se présente comme suit :

Forages

Débit (l/s)

Transmissivité (m²/s)

Perméabilité (m/s)

14 bis

64

7.5x10

-3

5x10 -4

15

26

2.4x10

-3

2.4x10

-4

16

18

1.5x10

-3

6.8x10

-4

17

53

7.5x10

-3

9.7x10

-3

Eléments du bilan Infiltration par précipitation Les Oueds Apports par l'Atlas Apport latéral par Astien
Eléments du bilan
Infiltration par précipitation
Les Oueds
Apports par l'Atlas
Apport latéral par Astien (Sahel)
Apport Astien par drainance
Prélèvements
Fuites vers la mer
Total
Entrées (Hm 3 /an)
129,03
Sorties (Hm 3 /an)
-
74,30
25.92
79,02
-
3,28
-
21,53
-
-
279.22
-
10.40
307,16
315.54

3.9.2.2. La plaine d’Annaba

La plaine d’Annaba est située comme son nom l’indique dans la wilaya d’Annaba, dans l’Est de l’Algérie, non loin de la frontière Tunisienne (figure 9). Elle est limitée au nord par la mer, à l’ouest par le massif de l’Edough, et le lac Fezzara, au sud par les Monts de la Cheffia, et à l’est par le Djebel Koursi. Sa superficie est de 757 km².

La plaine d’Annaba est constituée par deux fosses de subsidence datant du Mio-Pliocène, et mises en évidence par la prospection sismique. Ces fosses qui sont séparées par la butte de Daroussa sont la fosse de Ben Ahmed

orientée sud-nord

traversée par de nombreuses failles orientées essentiellement NE-SW.

et la fosse de Ben M’Hidi SW-NE. La bordure sud de la plaine forme une structure complexe

La bordure sud de la plaine forme une structure complexe Figure 9: carte géologique simplifiée des

Figure 9: carte géologique simplifiée des différentes nappes de la région de Annaba (PNE, 2010)

La plaine d’Annaba renferme plusieurs aquifères (figure 9) constitués par les dépôts du Mio-Pliocèneet du Quaternaire formant le remplissage des fosses de Ben Ahmed et Ben M’hidi. GAUD (1976), considère que

l’essentiel de la ressource (107 Hm 3 /an) est apporté par l’infiltration directe de la pluie sur la nappe phréatique et sur le massif dunaire avec les échanges entre aquifères.

Le modèle mathématique réalisé par le BRGM (Petit, 1987), donne un bilan en régime permanent de l’ordre de 96,3 Hm 3 /an pour l’ensemble du système aquifère.

3.9.2.3. La plaine alluviale de l’oued Kebir et le massif du Guerbes

La plaine de l’Oued Kebir, est située à 40 km à l’ouest de la ville d’Annaba, et s’étend entre la confluence des Oueds Hammoum et Emchkel, et l’embouchure de l’oued Kébir. Sa superficie est de 757 km². Le massif dunaire est entouré par des dépôts alluviaux très argileux, et par des sables. La vallée de l’oued Kébir renferme deux aquifères relativement importants, auxquels il faut ajouter les cipolins de Berrahal, et le calcaires Jurassiques du Djebel Safia.

3.9.2.4. Le plateau de Mostaganem

D’une superficie de 700 km², le plateau de Mostaganem occupe toute la partie est et sud de la ville de Mostaganem, elle-même située dans l’ouest algérien, à environ 80 km à l’ouest d’Oran (figure 10). Le plateau est limité au nord par l’Oued Chéliff, à l’ouest par la mer, au sud par la plaine des Bordjias, à l’est par le synclinal de Bouguirat.

des Bordjias, à l’est par le synclinal de Bouguirat. Figure 10: Extrait de la carte hydrogéologique

Figure 10: Extrait de la carte hydrogéologique de la région de Mostaganem (Source: ANRH, 1978)

La nappe aquifère principale, d’une épaisseur comprise entre 40 m et 100 m, est constituée par les grès très perméables du Calabrien. Les grès et les dunes supérieures, moins perméables, peuvent constituer une nappe de moindre importance, en relation avec le Calabrien. Les formations du Miocène et du Pliocène inférieur, à dominante marneuse, qui forment le substratum sont imperméables.

3.9.2.5. La plaine de l’oued Nador

Malgré ses dimensions modestes, cet aquifère est exposé ici parce qu'il présente la particularité d'être envahi dans sa quasi-totalité par l'eau de mer.La plaine de l’oued Nador fait partie des bassins côtiers algérois. Elle est limitée au nord par la mer, à l’ouest par le Djebel Chenoua, au sud par la plaine de la Mitidja, et à l’est par la ville de Cherchell.

L’Oued Nador prend naissance au sud, au niveau de la chaîne crétacé de Soumata, là où plusieurs petites rivières se réunissent pour former, à l’aval, l’Oued Nador. Ce dernier s’est créé un chemin entre les bombements plio - quaternaires du Sahel et Djebel Chenoua.

Géologie

plan stratigraphique, les

formations qui affleurent le long des deux rives de l’Oued sont :

Le Pliocène, représenté par des terrains attribués à l’Astien et présentant différents faciès, notamment un faciès argileux ou argilo-sableux, un faciès calcaire ou calcaréo–gréseux et un faciès de calcaires à Lithothamniées Le Quaternaire couvre toute la plaine alluviale, Il est constitué par :

Sur

le

(i) Des plages formées de sables; (ii) des dunes actuelles; (iii) des alluvions récentes représentées généralement par des galets, des graviers et des argiles.

généralement par des galets, des graviers et des argiles.   Quaternaire (Plages) Quaternaire (Alluvions
 

Quaternaire (Plages)

Quaternaire (Alluvions anciennes)

Figure 11: Carte géologique simplifiée de la plaine de Oued Nador

Quaternaire (Dunes)

Astien (Calcaire à Lithothaminées)

Quaternaire (Dunes consolidées)

Astien (faciès calcaréo-gréseux)

 

Villafranchien (sable argileux)

Astien (Faciès argileux)

Hydrogéologie

La nappe d’Oued Nador est une nappe multicouche couvrant environ 2.5 km². Cette nappe est constituée par des alluvions reposant sur des grès-calcaires sastiens ayant une épaisseur maximale de 50 m. Le substratum est constitué par des marnes du Plaisancien. L’alimentation de la nappe s’effectue principalement par les eaux drainées par les petits oueds qui se rejoignent pour former à l’aval l’Oued Nador ainsi que l'infiltration des précipitations et le retour de l'irrigation. A l’image des autres oueds côtiers, l’écoulement se fait d’amont vers l’aval, donc vers la mer. Selon la notice de la carte hydrogéologique de la région d’Alger (ANRH), les ressources en eau de la nappe de l’Oued Nador étaient comprises entre 1.6 et 3.2 Hm 3 /an. Durant les années 1980, la nappe était exploitée par douze forages fournissant des débits compris entre 5 et 15 l/s, et destinés à l’alimentation en eau potable de la ville de Tipaza et des villages avoisinants ainsi qu'une cinquantaine de puits paysans utilisés pour l'irrigation des petites parcelles agricoles.

Actuellement, cette nappe n’est exploitée que par un seul forage d'une profondeur de 60 m et un débit de 7 L/s, situé dans la partie amont de la nappe. Tous les autres forages sont contaminés par l’eau de mer et abandonnés. La contamination est due à une avancée du biseau salé vers l’intérieur des terres suite à une surexploitation de la nappe et ce, sur une distance de plus de 2000 m de la côte. De ce fait, la quasi-totalité de l'aquifère est envahi par l'eau de mer.Cette situation a été prévue par le modèle établi pour cet aquifère (Haouchine, 1993). En effet, dans le scénario de référence (gardant constantes les contraintes appliquées à la nappe) les résultats obtenus pour la projection 1996 ont donné une intrusion marine s'étalant sur une distance de 2000 m à la base de l'aquifère; au toit de la nappe, le front salé est localisé à 1400 m.

Enfin, et à titre comparatif, le tableau 3 récapitule l'information sur certains aquifères côtiers. Les chiffres portés sur ce tableau ne donnent qu’un aperçu très exhaustif de l’état des sollicitations des nappes. Nous notons néanmoins que ces formations alluviales sont plus importantes à l’Est qu’à l’Ouest. Nous remarquons aussi que les débits extraits dans la zone Est sont nettement supérieurs à ceux de la zone Ouest.Cette situation est encore

aggravée par la variation des précipitations entre les deux zones (figure 11). En effet, les précipitations sont de l’ordre de 1000 à 1200 mm à l’Est, contre 400 mm à l’Ouest (3 fois moins). Par conséquent, les contraintes se feront sentir plus à l’Ouest qu’à l’Est.

Tableau 3: caractéristiques de certains aquifères côtiers (Djabri et al., 2003)

Aquifères

Oran

Mostaganem

Tipaza

Alger

Béjaia

Jijel

Skikda

Annaba

Massif dunaire Bouteldja

Types de nappe

NL+NC*

NL*

NL+NC

NL+NC

NL+NC

NL+NC

NL+NC

NL+NC

NL

Perméabilités

10

-4

10

-5

10

-4

10

-4

10

-5

10

-4

10

-4

10

-4 - 10 -6

4.10

-4

moyennes (m/s)

         

10

à

       

Profondeurs (m)

5

à 80

80

10 à 65

5

à 50

130

10 à 100

5

à 120

5

à 100

120

Epaisseurs

moyennes.

15

- 30

30

 

5 – 10

3

- 30

15

- 30

20

- 70

20

- 60

15

- 80

10 - 150

(m)

Nombre d'ouvraqes

13

30

30

202

56

75

118

87

81

Débit global extrait (L/s)

230

350

400

1000

1287

1721

1560

1311

1264

 

Partie Ouest

   

Partie Est

 

*NL= nappe libre, *NC= nappe captive

Partie Est   *NL= nappe libre, *NC= nappe captive Figure 12: Extrait de la carte des

Figure 12: Extrait de la carte des précipitations moyennes annuelles de l'Algérie (ANRH, 2008).

Tableau 4: Potentialités de quelques nappes côtières de l'Algérie

Nom unité hydrogéologique

Superficie (km2)

Ressources renouvelables utilisables (Hm3/an)

Année moyenne

Année sèche

Nappe de la mitidja

1492

307,2

100,02

Plateau de mostaganem

582

50,4

4,05

Plaine alluviale de la basse soummam

92

21,7

12,8

Plaine d'annaba

757

86

15,29

Système aquafière de bouteldja

255

50,3

15

Alluvions d'oued kebir

61

32,5

12,57

Vallée de bas sebaou

73

30,1

14,61

Vallée du bas lsser

74

23,3

6,54

Oued nil

23

18,9

7,43

Plaine alluviale du bas chellif

824

17,3

8,64

Massif dunaire de tichy cap aokas

7

16,4

0,19

Oued Djendjen

49

14

6,49

Plaine de l'ouest kebir/guerbes

321

11,1

6,84

Alluvions d'oued agrioum

20

11

2,32

Oued hachem

23

3,8

0,35

Plaine de collo

37

3

2,15

Oued Nador

10

2,4

0,16

Oued boudouaou

12

1,4

0,48

Oued mencha

131

1,2

0,45

Oued zhour

160

1,1

0,34

3.5. Biodiversité, paysages et habitats côtiers sensibles 25

3.5. Biodiversité, paysages et habitats côtiers sensibles

5.5.1.

Biodiversité terrestre

Cette analyse est menée par rapport à la biodiversité des habitats côtiers des aires protégées littorales. L’analyse fait ressortir qu’en matière de flore, c’est le Parc National d’El Kala, qui est un complexe humide, dont une partie est classé site Ramsar est le plus riche avec 227 espèces rares, très rares ou rarissimes, et 26 espèces protégées (tableau 5). Le Parc National de Tlemcen, malgré sa situation en étage bioclimatique semi-aride présente une diversité biologique végétale assez appréciable, 917 espèces végétales recensées dont 31 espèces endémiques 25 rares ou très rares et 22 protégées. Le Parc National de Gouraya présente une richesse floristique de 826 espèces alors qu’au Parc National de Taza, 571 espèces végétales, dont 26 endémiques y sont recensées.

Pour ce qui est de la faune, c’est le Parc National du Gouraya qui présente la richesse faunistique la plus élevée (972 espèces), soit plus de 85 % de la faune nationale, suivi de celui d’El Kala (647 espèces), vient ensuite celui de Taza (596 espèces, le parc national du Djurdjura présente une richesse faunistique de 398 espèces et enfin celui de Tlemcen 206 espèces.

Tableau 5: (Sources : Loukas, 2012, Meribaï et al., 2012, UICN)

 

P.N du

P.N de

P.N de

P. N. de Kala

P.N de

Total P.N Algérie (selon UICN)

Djurdjura

TAZA

Gouraya

Tlemcen

Superficie (Ha)

18550

3807

2080

76438

8225

118888000

Flore totale

1242

561

826

964

917

3164

Endémique

35

26

   

31

 

Rare ou très rare

70

   

227

65

 

Protégé

33

   

26

22

 

Faune

173

307

418

339

173

488

Mammifères

30

16

35

40

20

92

Protégé

10

11

   

49

 

Oiseaux

121

131

152

195

125

183

Rare, très rare ou rarissime

5

         

Protégés

 

45

 

69

   

Reptiles

17

6

11

17

20

97

Protégés

     

3

   

Amphibiens

5

 

4

7

8

11

Poissons

 

152

211

78

 

100

Il est à signaler que les valeurs de richesse biologique de ces différents Parcs ne sont qu’approximatives, un effort de recensement et d’inventaire en particulier en ce qui concerne les insectes et autres invertébrés, permettrait certainement d’aboutir à des valeurs plus précises.

5.5.2. Les Espaces verts

Le Jardin d'essai (El-Hamma) à l’est d'Alger, dans le quartier Belouizdad, s'étend sur une superficie de 32 hectares alors que le parc zoologique et des loisirs d'Alger s’étend sur une superficie totale de 304 hectares. Les autres parcs urbains de la Wilaya d’Alger occupent une surface globale ne dépassant pas les 30 ha. Deux autres grands parc sont en voie de réalisation : le parc des grands vents qui s’étend sur une superficie de 233 ha et le parc qui doit être réalisé sur le site de la décharge de Oued Semar sur une superficie de 30 ha.

Mais malgré cet effort louable en matière de réalisation d’espace vert, le ratio par habitant au niveau littoral est très bas. (Inférieur à 10 m²/habitant). La surface totale actuelle des espaces vert pour la Wilaya d’Alger est à peine de 360 ha pour une population qui avoisine les 35 millions, ce qui donne un ratio de 0,1 m² par habitant, alors que les normes internationales sont de 10 m² par habitant.

Nous constatons qu’en matière d’espaces verts ce sont les grands ensembles périphériques qui sont privilégiés alors qu’il faudrait plutôt réaliser des parcs intra-muros. Le Parc des grands vents ainsi que celui érigé sur le site de la décharge de oued El Semar devraient faire partie plutôt d’une ceinture verte autour la ville d’Alger. De

même, toutes les grands villes du littorale dont la population avoisine ou dépasse le million d’habitants, devraient bénéficier de ceintures vertes à même de limiter l’extension anarchique du tissu urbain

A titre comparatif, En 2008 chez nos voisins les tunisiens Le taux d’espaces verts par habitant qui est passé de

4,4 m²/hab en 1994 à 15.37 m²/hab, actuellement il est de 15 mètres carrés par habitant (Ministère de l’Environnement Tunisie). Au Maroc, le taux par habitant est similaire il est de1 m²/habitant (Anonyme, 2009). En Europe ce taux est variable, il est de 17 m² par habitant à Hambourg, en Allemagne et 37 m² par habitant à Nante (France) (Berdou et al., 2011). En France, il est prévue 10 m²/habitant en zone centrale et 25 m²/ habitant en

zone péri-urbaine (Legenne, 2009). Et en Iran le taux est de 7 à 12 m² selon les régions. (Anonyme 2012). En Algérie, le taux est de 1,9 m²/habitant (2003), ce qui est très faible, les objectifs pour l’horizon 2015 est d’arriver

à 6 m²/habitant.

Il faut signaler que la législation 8 algérienne accorde une plus grande importance aux espaces verts ; elle stipule que les vides laissées par l’effondrement des vielles battisses seront occupés par des espaces verts alors que des peines sévères sont prévues à l’encontre de ceux qui détournent les espaces verts de leur vocation. Néanmoins souvent, l’application de ces dispositions juridiques reste timide.

8 JO N° 31, du 13 mai 2007 (article 33 pour les vides laissées par l’effondrement des vielles battisses qui doivent être occupés par des espaces verts. Articles 35 à 40 pour les peines sévères sont aussi prévues à l’encontre de ceux qui détournent les espaces verts de leur vocation.

5.5.3.

La diversité des habitats marins côtiers, des écosystèmes hautement productifs, sensibles et fragiles face aux activités humaines

La côte algérienne recèle une diversité d’habitats qui sont généralement le siège d’une diversité biologique importante. Certains de ces habitats ont un rôle biostratégique régional et participent au maintien de processus écologiques à l’échelle du bassin méditerranéen, notamment pour l’avifaune marine ou pour les grands pélagiques migrateurs. Les principaux habitats et écosystèmes remarquables de la côte algérienne sont : (i) les herbiers à Posidonia oceanica, (ii) les forêts de Cystoseires, (iii) les forêt à Dictyopteris membranacea, (iv) les corniches à Corallina elongata, (v) les trottoirs à vermets, (vi) les fonds coralligènes, (vii) les fonds d’éboulis, (viii) les fonds à maërl, (ix) les moulières naturelles, (x) les fonds à Corallium rubrum, (xi) les habitats insulaires. Les habitats littoraux les plus remarquables sont : (i) les dunes littorales et les bandes côtières, (ii) les plans d’eau côtiers et zones humides littorales ainsi que (iii) les côtes rocheuses d’intérêt écologique.

que ( iii ) les côtes rocheuses d’intérêt écologique. Photos 1-4 : Illustration de la diversité

Photos 1-4 : Illustration de la diversité des fonds benthiques des substrats durs algériens : Photo 1. Fond d’éboulis, photo 2 : Herbiers à Posidonia oceanica sur fond mixte, Photos 3 : Fonds dur avec des cavités au, Photo 4 : Fond de coralligène.

5.5.3.1. L’herbier à Posidonia oceanica, un écosystème clé pour la biodiversité marine de l’Algérie

Ecologiquement, l’écosystème à

Posidonie est le plus important de la côte algérienne. La cartographie des herbiers

à Posidonia oceanica d’Algérie établie par Vaissiere & Fredj (1963) indique que les

herbiers étaient bien développés dans le golfe de Annaba, la baie de Bou Ismaïl et

le golfe d’Arzew.

A Arzew, les herbiers descendent jusqu’à l’isobathe 30 m, alors qu’à Annaba et à Bou Ismaïl, ils ne dépassent

pas l’isobathe 28 m. Des travaux ponctuels traitant d’aspects liés à l’écosystème à Posidonia précisent cette répartition (Semroud, 1993 ; Boumaza, 1995). A proximité des côtes et en mode calme, la croissance en hauteur de l’herbier conduit à la formation de récif-barrière de la Posidonie, séparé de la côte par un lagon. En Algérie, ce type de paysage est signalé à El Kala (entrée du chenal du lac Mellah) et à l’anse de Kouali, près de Tipaza (Le Gall, 1969, Boumaza, 1995) où il est le plus prospère des récifs-barrières des côtes algériennes.

Plusieurs tentatives de mise en place de réseaux de surveillance de la Posidonie ont été menées, la plus suivie est celle entreprise par l’équipe du Professeur Semroud à l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de la Mer et de l’Aménagement du Littoral (ENSSMAL, Ex. ISMAL). Semroud et al. (1998) ont balisé l’herbier à Posidonie de

la baie d’El Djamila (Ouest d’Alger) conformément au protocole adopté par le Réseau de Surveillance Posidonies

(RSP). Ce projet a été financé par le Fonds National pour l’Environnement et administré par la Direction Générale

de l’Environnement (DGE). Un deuxième balisage a été mis effectué pour l’herbier de l’île Aguelli (Est d’Alger) dans le cadre du projet AMIS SMAP III dans le cadre d’un financement de la Communauté Européenne 9 . (AMIS SMAP III/APPL-CIRSA/CE/2005-2007). 12 balises ont été posées à la limite inférieure (31 -33 m) et à 18 m (limite supérieure) de l’herbier à Posidonie de Cap de Garde (Annaba) CAR ASP 10 (2009). Au cours de cette opération, il a été procédé à la pose d’un sondeur pour contrôler les changements de température.

A l’extrême Est de la côte algérienne (wilaya d’El Tarf) à la frontière algéro-tunisienne l’embouchure de l’oued Mafragh, entre Ras Cavallo à Ras M’Zina, est caractérisée par un immense herbier à posidonie. Dans la région

9 Collaboration entre l’Agence pour la Protection et la Promotion du Littoral de la wilaya d’Alger (APPL) et le Centre Inter-départemental de la Recherche en Sciences de l’Environnement de l’Université de Ravenna (Bologne/Italie) 10 Avec le soutien financier de la Fondation Total pour la biodiversité et la mer, un projet de développement d’inventaire, de cartographie et de suivi des herbiers de Posidonies dans 4 pays méditerranéens : Algérie, Libye, Tunisie et Turquie » (projet Med Posidonie).

du PNEK, l’herbier se développe depuis la surface jusqu'à -35 m de profondeur. L'herbier est principalement installé sur substrat rocheux. Son extension bathymétrique est limitée par un fort hydrodynamisme. La limite supérieure se situe vers -3 m et le recouvrement est important entre -10 et -25 m. Au niveau de la limite inférieure il se présente associé à d'autres macrophytes sous forme de touffes fixées sur le coralligène (Semroud et al., 2004). Selon Pergent et al. (1993), à moins de 10 m profondeurs, l’herbier à posidonie d’El Kala se développe toujours sur roche, formant un mince revêtement de matte. Les feuilles courtes et sans apex sont la conséquence vraisemblable du broutage par de nombreux herbivores présents comme Sarpa salpa ou Paracentrotus lividus. La présence de juvéniles de diverses espèces semble fréquente. Dans quelques secteurs (la Vieille Calle) l’apport d’alluvions est important et la matte élonge ses rhizomes en conséquence, atteignant des croissances moyennes de plus de 13 mm/an, et un maximum de l’ordre de 30 mm/an.

Les herbiers peu profonds étudiés par cette équipe sont absents de quelques secteurs, notamment entre Ras M’Zina et Ras El Alem, les plages entre lac Mellah et la Vieille Calle et au niveau de La Messida. Par contre ils sont présents à La Vieille Calle et près de l’embouchure du Lac Mellah. Pergent et al. (1993) proposent la protection la plus stricte (limitation de la pêche, exclusion d’aménagements littoraux) pour les herbiers qu’ils ont étudiés. Selon Boudouresque et al. (1990) l’herbier à posidonie de l'entrée du canal menant au Lac Mellah au niveau de la plage Verges est un récif barrière. Ce type de formation est lié à une forte sédimentation avec un ensablement entre les rhizomes qui favorise le développement vertical de la matte. Le Plan d’action pour la Conservation de la Végétation Marine en mer Méditerranée considère comme prioritaire la protection renforcée des récifs-barrières de Posidonie, qui serait élevés, comme pour d’autres formations végétales, au rang de monuments naturels.

5.5.3.2. Les fonds coralligènes

Très peu étudié, mal connu, l’écosystème à coralligène est l'un des écosystèmes les plus remarquables et les plus productif de la côte algérienne. L’étage circalittoral d’El Kala, de Gouraya, des îles Habibas, de l’île de Rachgoun et de Taza est principalement caractérisé par la biocénose du coralligène en raison de la nature des fonds rocheux, les hauts-fonds ainsi que les platiers qui couvrent l’essentiel des fonds marins.

les platiers qui couvrent l’essentiel des fonds marins. La biocénose du coralligène est la conséquence des
les platiers qui couvrent l’essentiel des fonds marins. La biocénose du coralligène est la conséquence des

La biocénose du coralligène est la conséquence des activités de bioconcrétionnements très actives de nombreuses espèces d’algues calcaires type Corallinacées (Mesophyllum lichenoides, Pseudolithophyllum expansum, P. cabiocae, etc.) et des Peyssonneliaceae (Peyssonnelia rosamarina). La faune concréssionante est représentée par des Bryozoaires, des Spongiaires (squelette calcaire), de Serpulidés (tubes), de Mollusques (tests), de Cnidaires, des Porifères et des Ascidies qui cimentent et colmatent par recristallisation. Ce bioconcrétionnement abouti à la formation de structures biogènes spectaculaires constituant des paysages remarquables.

Les nombreuses cavités qui se forment au cours de la cristallisation sont peuplées par une faune riche comme le mérou, la badèche, le corb et quelques sparidés (sar commun et sar à grosses lèvres).

Coralligène de Taza (Jijel) (Khaber, 2009)

Sur ces fonds deux faciès ont été décrits: Parazoanthus axinellae (particulièrement dans les grottes) et Eunicella singularis (gorgone blanche) qui se différencie selon le biotope et la profondeur. Alors que sur les tombants à faibles profondeurs le faciès à Eunicella cavolinii (gorgone jaune).

Dans certains secteurs, les vases pures se mêlent au coralligène comme au Cap Rosa (El Kala) entre 50 m et 80 m de profondeur. Dans cette région l’importance de l’étage circalittoral et la biocénose du Coralligène sont intimement liés au biotope préférentiel du corail rouge Corallium rubrum, espèce à très forte valeur marchande. Cette espèce et son biotope sont l’objet de multiples agressions qui découlent du braconnage 11 du corail qui menacent les paysages du coralligène. Les grands invertébrés sessiles qui sont des marqueurs typiques du peuplement coralligène abondent dans le coralligène de paroi que l'on retrouve sur les tombants des falaises et au pied des roches littorales, au-delà de -15 m. Dans d’autres secteurs, avec une moindre importance qu’à El Kala ces peuplements ont été mis en évidence ; le cas à Mostaganem, au large de Ras El Aoua et Ras Ouillis ainsi qu’à l’ouest de Jijel-Taza.

5.5.3.3. Corallium rubrum (corail rouge)

Le corail rouge Corallium rubrum est une espèce très convoitée. Depuis fort longtemps, le corail rouge fait l’objet d’une intense exploitation en raison de sa très forte valeur marchande. Depuis le 16éme siècle, la région d’El Kala est l’une des plus importantes régions d’exploitation corallifères de la côte algérienne. Les fonds sous- marins, plus particulièrement les différents fonds rocheux, sont les plus importants et plus beaux gisements de corail rouge de la côte algérienne. Cependant, il est très difficile, voire impossible, d’avoir des informations fiables (statistiques, zones de pêche, commercialisation) aussi bien auprès du secteur de la pêche que des exploitants privés. Cela rend quasiment impossible toute étude scientifique sérieuse sur le corail rouge, et delà l’exploitation rationnelle, la préservation de cette ressource pour l’établissement d’un plan d’action et de gestion, ayant pour objectif l’intégration de cette ressource dans le développement durable de la région d’El Kala.

L’importance de la région d’El Kala dans l’exploitation du corail rouge en Algérie est indiscutable. Cette région est la première région corallifère algérienne : elle fournit 50 et 70 % de la production nationale de corail rouge et près de la moitié des exploitants nationaux de corail rouge. Malgré l’interdiction de l’exploitation du corail rouge sur les côtes algériennes, il est régulièrement signalé dans la presse des activités de braconnage sur cette espèce, en particulier dans la région d’El Kala. Ces activités de braconnage avaient lieu également pendant les années où la pêche du corail rouge était autorisée. La considération de ces prises illégales doit être un élément non négligeable de la stratégie de conservation de cette ressource.

5.5.3.4. Les Fonds d’éboulis

Les fonds de 0 à 15-20 m de profondeur à proximité des côtes rocheuse ou au pied des massifs et des falaises côtières, en raison de l’érosion marine de la côte sont des fonds parsemés d’éboulis. Ces éboulis, dont certains la taille dépassent plusieurs mètres de diamètre, sont séparés les uns des autres par des espaces plus ou importants où s’accumulent les sédiments meubles. Ces sédiments meubles sont le siège de peuplements très diversifiés, où se rencontre des herbiers de Posidonies. La surface des roches exposée à la lumière est colonisée aussi bien par des algues (Sargasum vulgare, Codium bursa) que des animaux (Eunicella singularis, E. cavolinii, Sphaerechinus granularis). Les parois verticales beaucoup moins éclairées présentent un peuplement de type sciaphile où les algues (Halimeda tuna, Udotea, petiolata, Peyssonnelia squamaria) et les colonies du Cnidaire Paraozanthus axinella dominent. Les faces ou les surfaces les plus obscures présentent un peuplement de milieu semi-obscur à dominance de Spongiaires. La faune ichtyologique est très diversifiée avec notamment les espèces du genre Diplodus, Epinephelus costae et E. marginatus.

5.5.3.5. Les fonds à maërl

Le fond à maërl est situé au large de la côte plus particulièrement au large des îles d’El Aouana, composé de l’accumulation d’algues calcaires dont le thalle fortement minéralisé ressemble aux coraux. L’espèce la plus fréquente est Lithothamnion coralloides, tapisse le fond et donne sa couleur mauve à tout ce peuplement, qui est désigné sous le nom de maërl. Les thalles morts sont généralement jaune ou blancs et sont stockés vers le fond au fur et à mesure que les thalles jeunes apparaissent, ils sont situés entre 20 et 60 mètres de profondeur.

11 Puisque l’espèce est interdite de pêche ….

5.5.3.6.

Les Moulières naturelles

Les moulières naturelles constituent des gisements importants des Bivalves Mytilus galloprovincialis et Perna perna ; ce sont généralement des communautés mixtes, présentes le long du littoral algérien (Beni Saf, à l’Ouest d’Oran, l’île plane, Ténés, Chenoua, à l’Est d’Alger, Tigzirt, Taza, Skikda, El Kala). La diminution de la répartition de ces espèces est liée aux effets conjugués de la prédation humaine et de la pollution. Dans toute la région d’El Kala, ces moulières sont associées au peuplement à Cystoseira stricta de l’infralittoral supérieur.

5.5.3.7. Les trottoirs (plateformes) à vermets

Les premières signalisations en Algérie de trottoirs à vermets sont le fait de Pallary (1900) ; Seurat (1927, 1935) ; Pérès et Picard (1952) ; Moliner et Picard (1952) ; Boumaza (1995). Selon Bakalem (2005), ces paysages remarquables sont rencontrés dans la région Cherchell – Ténès, notamment dans le secteur Cherchell

– Hadjaret Ennous. A Cherchell, la pointe rocheuse située immédiatement à la sortie ouest de la ville, présente

de modestes plates-formes. A Sidi Ghiles et à la crique de Sefah, les plates-formes sont très développées alors

qu’à l’Est, la zone d’effondrement a détruit les plates-formes.

Selon Bakalem (2005), les plates-formes de la plage de Matarès-ruines romaines sont parmi les plus

larges de la côte algérienne contrairement à celle de

la zone ruines Romaines - phare de Tipaza. A Tipaza

Ville, les plates-formes sont localisées au niveau du Port. A l’Est, vers la Corne d’Or, les plates-formes étroites à très étroites. Dans la zone du Village Touristique de Tipaza, à l’Est, de très belles plates- formes larges sont visibles. Le secteur Ain Tagourait- Anse de Kouali, présente des plates-formes avec développement maximal et exceptionnel alors qu’à l’entrée Est de Ain Tagourait, il existe des plates- formes dans un état de dégradation avancé. A l’Ouest de Bou Haroun, une importante crique délimitée par de hautes falaises avec quelques plates-formes très étroites. De Bou Haroun au port de Khemisti, Bakalem (2005) note la présence de modestes plates-formes. Dans la zone du « Vivier », les rares plates-formes sont très érodées ou effondrées. De Fouka Marine au Vivier, les plates-formes sont très isolées, fragmentées ou en effondrement avancé. Dans le secteur Fouka Marine - Douaouda Marine, les plates-formes sont de taille modeste et en partie détruites.

Trottoirs à vermets de Kouali (Tipasa à l’ouest d’Alger) (Bakalem, 2005)

de Kouali (Tipasa à l’ouest d’Alger) (Bakalem, 2005) A l’Est, les forts effondrements ont conduit à
de Kouali (Tipasa à l’ouest d’Alger) (Bakalem, 2005) A l’Est, les forts effondrements ont conduit à

A l’Est, les forts effondrements ont conduit à la destruction des plates-formes à Vermets. Entre Fouka Marine et

Douaouda Marine, la côte plus basse, délimite une importante crique avec au fond une plage sableuse avec des plates-formes importantes. Dans la baie de Zemmouri, Seurat (1935) signale des plates-formes au bas des falaises de Boudouaou El Bahri qui font l’objet d’une érosion marine très active provoquant leur effondrement. Les premières signalisations de ces plates formes à vermets ont été faites dans la région oranaise entre Arzew et le Cap Carbon par Pallary (1900) au bas des falaises à schistes à Marsat El Hadjadj. De celle-ci à l’embouchure de l’oued La Macta, la côte est formée par des falaises de grés calcaires relativement hautes. A la base de ces falaises se développent d’importantes plates-formes, parfois de plusieurs mètres de largeur. De même, ces plates formes sont larges de Cap Falcon à la Pointe Coralès. Il n’existe aucune donnée l’Est de la côte algérienne, Grimes (2011) signale le présence ces trottoirs dans la région d’El Kala 12 .

12 Actualisation du zoning de la partie marine du PNEK.

5.5.3.8.

Les Plans d’eau côtiers et zones humides

Les plans d’eaux côtiers ont le siège de processus écologiques particuliers qui permettent l’installation d’une diversité spécifique importante parfois endémique et patrimoniale pour l’ensemble du bassin méditerranéen. Les habitats de ces zones humides disséminés le long du littoral algérien sont souvent organisés autour de maquis boisé, pré en amont, lacs et marécages, pentes et talus, digue, friches et cultures, plage et cordon dunaire. Divers habitats remarquables y sont mis en évidence. Pour illustrer l’importance de ces habitats, nous citerons à l’Est le complexe humide d’El Kala et à l’ouest la zone humide de la Macta.

Le complexe humide littoral d’El Kala présente un intérêt pour le repos et l’hivernage sur les grandes voies migratoires pour près des ¾ des oiseaux d’eau migrateurs recensés en Algérie et pour la nidification de nombreux oiseaux d’eau d’intérêt écologique. Pour l’essentiel ces sites ont maintenus les processus écologiques originels. Le Marais de la Mekhada est une zone humide palustre, classé site Ramsar en 2003, qui occupe les parties basses de la cuvette de remplissage alluvionnaire de la plaine de la Mafragh. Marais d’eau douce sur sa plus grande partie, sauf la zone de contact avec la mer (eau saumâtre). Caractérisé par une végétation émergente sur près de 80 % de sa surface, principalement constituée de trois associations végétales. La faune aviaire migratrice y est représentée en hiver par des espèces autochtones telles que le héron pique-bœuf, les foulques et les mouettes.

Parmi les oiseaux d’eau hivernant, il y’a lieu de signaler les foulques macroules, l’aigle pomarin, l’érismature à tête blanche et l’oie cendrée, le canard siffleur, le canard chipeau, la poule d’eau, le râle d’eau, blongios nain, grèbe castagneux, rousserole efarvate, fuligule nyroca, canard colvert, aigrette, héron cendré, buzard des roseaux, glaréole à collier.

A l’ouest du littoral algérien, la plaine de la Macta est une dépression triangulaire séparée du golfe d’Arzew par un cordon dunaire bordé au nord-ouest par le massif de la Sebkha d’Arzew et au nord-est par la retombée sud du plateau de Mostaganem, la plaine du Sig et de l’Habra qui la prolonge s’élargit fortement dans le sens est-ouest et atteint au sud les contreforts de l’Atlas Tellien, les Monts de ouled Ali et des Béni Chougrane à Mohammadia. Ces plaines reçoivent toutes une série d’oueds dont les plus importants sont, d’ouest en est, l’O. Sig, l’O. Habra et l’O. Tinn.

d’ouest en est, l’O. Sig, l’O. Habra et l’O. Tinn. Lac de Réghaia, El Kala et
d’ouest en est, l’O. Sig, l’O. Habra et l’O. Tinn. Lac de Réghaia, El Kala et
d’ouest en est, l’O. Sig, l’O. Habra et l’O. Tinn. Lac de Réghaia, El Kala et

Lac de Réghaia, El Kala et embouchure de l’oued Oued Mazafran (MATEV et Grimes).

La plaine de Macta comporte à la fois des plans d’eau, des marais et des steppes plus ou moins humides situées en général en dessous de la côte des 9 m. On peut distinguer au niveau de la plaine plusieurs habitats, ceux constitués de marais et de basse plaine, de lacs de petites superficies ou sebkhas, ainsi que des zones steppiques formées par des groupements végétaux halophiles, des zones boisées et enfin des zones cultivées. La plaine de la Macta comporte à la fois des plans d’eau, des marais et des steppes plus ou moins humides situées en général au-dessous de 9 m d’altitude.

Tableau 6: Typologie des principales zones humides littorales algériennes (d’après les données - DGF, 1998).

Localisation

Surface

Nature du site

 

Caractéristiques écologiques

Tarf Lac Tonga (El Kala)

2400

ha

Lac, marais, aulnaie (eau douce)

Roselière très développée : îlots de végétation au centre. Endémisme végétal élevé. Site Ramsar, le plus important de nidification des oiseaux en Afrique du Nord : nidification de la plus importante population d’Algérie d’Erismature à tête blanche et de Fuligule nyroca.

Lac des oiseaux

20

à 70 ha

Lac d’eau douce

Mince ceinture de végétation sur les berges, espèces végétales rares, site de nidification et d’hivernage de l’Erismature à tête blanche : plus de 400 individus. Canards et Foulques : plus de 8000 individus.

Lac Mellah (El Kala)

960

ha

Lagune saumâtre, contact avec la mer

Prairies de salicornes, gisement de la palourde Ruditapes decussatus exploité de façon intensive

Lac Mekkada (Sidi Kaci)

10

000 ha

Marais (eau douce)

Grande étendue de Scirpes maritimes. Canards et Foulques plus de 22 000 individus, Oies cendrées plus de 6000 individus. Site de nidification de l’Erismature à tête blanche

Lac Oubeïra (Aïn Al Assel)

2400

ha

Lac d’eau douce

Ceinture de végétation autour des berges. Nombreuses espèces végétales rares et endémiques. Site d’hivernage le plus important d’El Kala : 40 000 à 80 000 Canards et Foulques. Site Ramsar.

Annaba Lac Fetzara (Berrahal)

13

000 ha

Lac, Marais, plaine d’inondation

Scipes maritimes et lacustres, roselière de Canards plus de 20 000 individus, Oies cendrées plus de 6000 individus.

Skikda Lac Sidi Mekhlouf

 

10

ha

Lac ou Garâa d’eau douce

 

Lac Dahria (Marsa)

500

ha

Lac saumâtre contact avec la mer)

500 Canards et Foulques, Balbuzar pêcheur

 

Garâat Béni

 

10

ha

Lac ou Garâa d’eau douce

Embouchure de l’oued, plus de 11 000 Canards, 210 Oies cendrées en 1996.

M’Hamed (Ben

 

Azouz)

 

Lac Hadj Tahar (Ben Azouz)

300

ha

Lac ou Garâa d’eau douce

Roselière, plage importante de Nénuphar blanc. Site de nidification de l’Erismature à tête blanche et de la poule sultane. Passage de Sarcelle marbrée et de Nette rousse, nidification possible de Fuligule nyroca.

Jijel Lac Beni Belaid

 

120ha

Lac d’eau douce- oued El Kebir

Milieu estuarien rare, habitats d’espèces végétales rares et endémiques d’importance nationale, présence de la Loutre

Marais d’El Kennar

 

36

ha

Marais d’eau douce

Nidification de la poule suttane, observation du futigule nyroca en été estivale

Marais de Ghedir Mardj

 

5

ha

Marais d’eau douce

Les plus importants sites d’hivernage dans la wilaya de Jijel. Plus de 2000 canards et foulques

Lac M’zaïa (Béjaia)

 

2.5 ha

Lac

Lac

artificiel, petite

population du Canard

colvert, Fuligule milouins et

 

morillons

 

Marais Tamelahth

 

20

ha

Marais salé

Petit effectif de Foulques macroules, poules d’eau, macreuses noires, Mouettes rieuses. Végétation : Tamarix, Jonc, Roseaux.

(Béjaia)

 

Alger Lac de Réghaia (Réghaia)

150

ha

Lac d’eau douce et marais

Végétation fournie : Roseaux, Scirpes, Masettes, Iris, Eucalyptus, Saules. Oiseaux migrateurs et nicheurs : Canard colvert, Souchets, Siffleurs…), Héron cendré, Aigrette garzette. Carpes et Anguilles.

Oran Dayet Sidi Chami (Oran)

 

10

ha

Daya saumâtre

Tamarix, pin d’Alep, Roselière, Foulque macroule : 57 individus et 215 Canards en 1997

Dayet Oum El Ghellaz (oued Tlélat)

300

ha

Daya saumâtre

Tamarix, Salicornes, Atriplex, Canards plus de 4000 individus dont 257 Tadornes de Belon, 500 Flamants roses et plus de 4000 Foulques

Les Salines d’Arzew (Boufritis)

2900

ha

Sebkha salée

Tamarix, Atriplex, Joncs, Tadornes de Belon, Grand Gravelot, Oedicnème criard (807 individus)

Dayet Bagra

200

ha

Daya salée

Tadornes de Belon (870 individus), Flamants roses (1201 individus), Echasse blanche, canards plus de 1594 individus.

(Tafraoui)

 

Lac Tellamine

1100

ha

Lac salé

Tamarix, faible effectif de Tadornes de Belon (27) et de Colverts

(Gdyel)

 

La grande Sebkha d’Oran (Misserghine)

43

000 ha

Sebkha salée

Juncus acutus, Salicornia fruticosa, Imula grithmoides, Oies cendrées (908 individus), Flamants roses (2360 individus), Tadornes de Belon (1076 individus), Canards (Colverts, Souchet, Siffleur) 2500 individus

Dayet Morsli (Es Senia)

150

ha

Daya

Tamarix, Eucalyptus, Atriplex, Echasse blache, Chevalier arlequin, Gravelot à collier interrompu.

5.5.3.9.

Les cordons dunaires

Les cordons dunaires côtiers constituent un écosystème dont l’importance écologique n’est plus à faire. Cet écosystème, qui constitue une défense naturelle des plages, contribue :

Au maintien et à la fixation des plages

A l’équilibre sédimentaire des plages

Maintient de la biodiversité

Photo. Cordon dunaire de Zemmouri (wilaya de Boumerdes)

Photo. Cordon dunaire de Zemmouri (wilaya de Boumerdes) 26 cordons dunaires d’importance écologique ont été

26 cordons dunaires d’importance écologique ont été identifiés le long du littoral algérien, dont certains, comme celui d’El Kala (wilaya d’El Tarf), de Réghaia et de Zeralda (wilaya d’Alger), de Guerbès (wilaya de Skikda) sont associés à des zones ou des complexes (El Kala) humides littoraux et par conséquent leur importance écologique est encore plus marquée. Une opération pilote de restauration d’un cordon dunaire est menées par le Commissariat National du Littoral avec le soutien de l’UICN. Cette opération démonstrative porte sur le cordon dunaire de Zeralda (wilaya d’Alger).

5.5.4.

Biodiversité marine, un gisement pour le bassin méditerranéen

Etat des connaissances sur la biodiversité marine en Algérie

Grimes et al. (2004) dénombrent pour l’ensemble du domaine marin côtier algérien à 3183 espèces dont 3080 ont été confirmées après 1980. Cette richesse se répartie entre 720 genres et 655 familles ; la flore marine est elle estimée à 713 espèces regroupées dans 71 genres et 38 familles. Si l’on rajoute la végétation littorale et insulaire, la faune ornithologique marine et littorale, la biodiversité connue de l’écosystème marin algérien est de 4150 espèces, dont 4014 confirmées (950 genres et 761 familles).

En plus des éléments mis en évidence concernant la structure de cette diversité ainsi que de ses composantes les plus remarquables et les plus symboliques de la région méditerranéenne, cette étude a dévoilé notre méconnaissance de groupes systématiques dits maladroitement « mineurs » tels que les Bryozoaires, les Sipunculidiens, les Némertes, les Nématodes, les Oligochètes, les Turbellariés, les Tuniciers, les Entéropneustes, les Hirudines. Souvent considérés comme secondaires, voire marginaux, cela n’enlève rien à leur rôle dans le fonctionnement du compartiment biologique marin. En Algérie, ces groupes confirment leur statut « marginal », ils représentent moins de 1 % de la biodiversité marine connue à l’heure actuelle. L’absence de systématiciens de ces groupes freine l’amélioration des connaissances en matière de diversité spécifique. Ce problème de systématiciens se pose aussi pour les autres groupes ; en effet très peu de spécialistes existent actuellement pour les Céphalopodes, le phytoplancton, le zooplancton, les algues macrophytes, le zoobenthos ainsi que les sélaciens.

Il y a lieu de souligner que cette évaluation de la biodiversité reste en déca de la valeur effective du fait que (i) l’essentiel des prospections est réalisé aux profondeurs accessibles (0-200 m), voire moins de 40 m pour le benthos des fonds durs. (ii) l’essentiel des données disponibles provient des secteurs centre et Ouest. Le secteur Est de la côte est très peu étudié. Cette synthèse a mis en évidence, pour la côte algérienne, la présence d’un cortège conséquent d’espèces « à statut » et pour certaines d’entre elles « symboliques » de la Méditerranée. En outre l’inventaire de la biodiversité marine réalisé par Grimes et al. (2004) autorise le constat suivant :

(i) Les principales constituantes de la biodiversité nationale demeurent représentatives de la biodiversité marine et
(i) Les principales constituantes de la biodiversité nationale demeurent représentatives de la biodiversité marine et côtière
méditerranéenne alors que le niveau d’endémisme de cette biodiversité reste à évaluer
(ii) De nombreux groupes systématiques considérés « maladroitement » comme mineurs sont encore méconnus et ne
bénéficient pas de l’effort d’investigation nécessaire. Les groupes marginalisés appartiennent pourtant à des écosystèmes
hautement productifs comme la macrofaune benthique des substrats durs, en particulier du coralligène (éponges, actinaires,
etc.) ainsi que certains groupes des substrats meubles (sipunculidiens, nématodes, némertes, oligochètes, isopodes, etc.).
(iii) Des segments entiers de la côte demeurent à ce jour inexplorés. L’efforts d’investigation a surtout bénéficié au secteur
centre de la côte algérienne pour des considérations liées à la concentration des rares taxonomistes marins dans cette région.
Il y’a lieu de souligner que le niveau de connaissance s’est amélioré avec la création de nouveaux départements universitaires
dans les autres wilayas littorale (Annaba, Oran, Mostaganem, El Tarf, Béjaia, Tlemcen).
(iv) La disparition du phoque moine de Méditerranée de ses derniers sites refuges dans l’ouest algérien (axe îles Habibas - île
Rachgoun) constitue un indice sérieux sur la dégradation de la qualité du milieu, même si la disparition de cette espèce est
une tendance en Méditerranée. La disparition du phoque moine annonce-elle d’autres disparitions pour d’autres espèces le
long des côtes algériennes ? En l’absence d’un véritable dispositif d’observation continue, il est difficile d’y répondre, même si
nos propres observations font état de la raréfaction de certaines espèces dans certains segments de la côte algérienne. C’est
le cas du mérou, de la badèche, de la grande nacre, de la patelle géante.
(v) Ce diagnostic a permis également de mettre évidence un gisement de plus de 70 espèces marines et côtières exploitées
dans d’autres région du monde mais encore inexploités en Algérie. Cette partie de la biodiversité valorisable nécessite,
néanmoins, des études d’évaluation des gisements afin de considérer objectivement leur rentabilités économiques mais aussi,
la durabilité de ces ressources. Cette fraction concerne diverses espèces appartenant à de nombreux groupes taxonomiques
(holothuries, bivalves, gastéropodes, céphalopodes, éponges, crustacés).
(vi) Les données de la biodiversité souffrent également de leur caractère ponctuel, sporadique et épisodique, ne reflétant pas
nécessairement les aspects dynamiques et évolutifs des différentes populations. Les rares travaux portant sur cette
dynamique concernent les populations exploitées (petits pélagiques, bivalves, céphalopodes, sélaciens, oursins, crevettes,
etc.). Ce déficit en matière d’étude dynamique ne permet une appréciation correcte des facteurs contrôlant l’évolution de cette
biodiversité et les interactions que celle-ci peut avoir avec le milieu.

5.6.

Patrimoine culturel, historique et archéologique côtier

Par sa position, entre la mer Méditerranée au Nord et l'Afrique sub-saharienne au Sud et située entre les deux

ailes, occidentale et orientale, du Maghreb, L'ALGERIE a été de tous temps un Centre d’intérêt de premier ordre

et un Pôle d’attraction permanent pour de nombreux peuples venus avec l’espoir de s’y installer. Ainsi, cette terre

algérienne maghrébine et méditerranéenne est aujourd’hui dépositaire de nombreux vestiges archéologiques laissées par tous ces peuples, et qui relatent les différentes époques de son Histoire, plusieurs fois millénaire.

L’Algérie a toujours été au cœur des brassages des civilisations avec les populations autochtones, sur le sol de ce Maghreb central qu’est l’Algérie d’aujourd’hui. Une importante épopée de cette histoire est écrite sur les franges de son littoral à la fois sur les et sous les eaux de la mer méditerranée.

C’est d’abord Alger et ses environs qui détiennent les richesses les plus en vue de l’histoire des régions côtières de l’Algérie. Fondée en l’an 960 sur les ruines de l’ancienne ville romaine Icosium ou la grecque Ikosim par Bologhine Ibn Ziri, l’ancienne ville ottomane El Djazaïr dominée par sa Casbah est bordée au Nord et à l’Est par la mer Méditerranée. C’est une ville aux multiples influences qui lui sont venues de sa façade maritime depuis l’époque grecque à celle plus récente française.

A moins de cent kilomètres sur son littoral Ouest se

trouve Tipaza avec le Mausolée Royal de Maurétanie puis Cherchell. Ce sont d’anciennes colonies romaines avec leurs vestiges de l’époque antique. A l’Est sur les mêmes distances la Kabylie et ses nombreux vestiges et villes telles que Tigzirt sont autant de points d’ancrage de l’histoire de cette région. La région d’Oran est surtout reconnue pour son imposant patrimoine culturel de vestiges turcs et

espagnols. De très nombreux legs historiques don le plus renommé le fort de Santa Cruz devenu l’emblème d’Oran, tapissent pratiquement toutes les régions de part et d’autre de la ville d’Oran.

Le littoral oriental constantinois n’en est pas, pour autant, dénué de richesses archéologiques et patrimoniales. Parmi de nombreux hauts lieux, il y a Bejaia et Annaba. La côte est de Béjaia est située au cœur de l’espace méditerranéen. Elle a été occupée, dès les temps préhistoriques par l’homme de Mechta- Afalou (l’Homo sapiens d’Afrique du nord) qui a été un des précurseurs de l’invention de l’art il y a une vingtaine de milliers d’années. La région est également connue à l'époque romaine sous le nom de Saldae, elle devient au Moyen Âge l'une des cités les plus prospères de la côte méditerranéenne, capitale de grandes dynasties musulmanes notamment les Hammadides et une branche des Hafsides.

notamment les Hammadides et une branche des Hafsides. Patrimoine archéologique côtier de Tipasa (Photos AREA ED,
notamment les Hammadides et une branche des Hafsides. Patrimoine archéologique côtier de Tipasa (Photos AREA ED,
notamment les Hammadides et une branche des Hafsides. Patrimoine archéologique côtier de Tipasa (Photos AREA ED,
notamment les Hammadides et une branche des Hafsides. Patrimoine archéologique côtier de Tipasa (Photos AREA ED,

Patrimoine archéologique côtier de Tipasa (Photos AREA ED, 2008)

C’est à partir de Bejaïa que les chiffres arabes ont été popularisés à travers le monde moderne. Annaba, construite sur les ruines de l’ancienne cité d’Hippone. Cette ville antique avec ses vestiges de l’antiquité chrétienne représentés par la Basilique de Saint-Augustin.

Ce Patrimoine est le témoignage des multiples civilisations qui ont fécondé son passé et dont les plus anciennes remontent à l’Aube de l’Humanité il y a plus de deux millions d’années.

Les vestiges archéologiques depuis les temps préhistoriques jusqu’aux périodes modernes, sont si nombreux, qu'il n'existe pas de régions septentrionales de l'Algérie, qui ne renferment les traces et les témoins laissés par les uns et les autres. Ce patrimoine archéologique et historique, inscrit l’Algérie dans l’Universalité.

et historique, inscrit l’Algérie dans l’Universalité. Figure 13 : Le site culturel de Tipasa Les musées

Figure 13 : Le site culturel de Tipasa

Les musées des zones littorales

Il existe 8 musées à vocation nationale dépendant du ministère de la culture : le Musée des arts et traditions populaires, le Musée Zabana , le Musée de l'enluminure, de la miniature et de la calligraphie, le Musée d'art moderne et contemporain, le Musée maritime, le Musée des Antiquités classiques et musulmanes, le Musée des Beaux Arts, le Musée d'Ethnographie et de Préhistoire du Bardo.

A cela viennent s’ajouter les musées relevant des institutions locales présents dans presque toutes les Daïras et communes des Wilayas concernées ; et les musées de sites archéologiques: Tipasa, Cherchell, Skikda,