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UNIVERSITE CADI AYYAD GestionGestion dudu risquerisque dede changechange etet trésorerietrésorerie
UNIVERSITE CADI AYYAD
GestionGestion dudu risquerisque dede changechange etet trésorerietrésorerie internationaleinternationale
Faculté des Sciences Juridiques,
Economiques et Sociales-
Marrakech
Gestion financière approfondie
Gestion du risque de change et trésorerie
internationale
Encadré par :
M. Sidi M. RIGAR
Réalisé par :
 Khalid TAIDI EL OUARDI
 Ghoussone JAAFARI
 Hanane LAKHAL
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Introduction

Plan

I-

L'environnement international de la trésorerie des entreprises

 

1- Le système monétaire international et les différents régimes de change

2- Le

marché

de

change :

fonctionnement,

importance

et

 

intervenants

II-

La gestion du risque de change

 

3-

Aperçu sur le risque de change

4-

Outils de prévision et d’analyse de cours change

 

5-

Les techniques de couverture

 

III-

Rapprochement au cas du Maroc

IV-

Cas de l’OCP

 

Conclusion

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Introduction

L’internationalisation des entreprises est le résultat du phénomène de globalisation qui se développe depuis la fin de la 2nde Guerre Mondiale mais surtout depuis une trentaine d’année avec l’entrée de nouveaux acteurs1 sur le marché international. Ceci a eu pour conséquences des modifications dans le fonctionnement de ces entreprises, qui, en devenant acteurs du commerce international, s’ouvrent à de multiples opportunités.

En effet, elles se lancent sur les marchés étrangers en exportant leurs biens et services ou à l’inverse en important des produits dont elles ont besoin. L’internationalisation de leurs activités se traduit également par des emprunts ou des prêts en devises ainsi que des investissements à l’étranger (établissement de filiales). Toutes ces activités vont engendrer, parallèlement à ces opportunités, de nombreuses contraintes liées, entre autres, aux fluctuations des cours des devises impliquées par la réalisation de ces transactions ; le cours d’une devise étant le prix d’achat ou de vente d’une devise contre une autre.

Un autre phénomène qui a fortement modifié l’environnement financier mondial est le passage d’un régime de change fixe à un régime de change flottant. Les taux étaient alors relativement constants et ne pouvaient fluctuer que dans une fourchette déterminée, et tout dépassement de cette fourchette entraînait l’intervention des Banques Centrales. Peu à peu, avec la mondialisation des échanges, les taux de changes ont commencé à fluctuer.

Des techniques financières plus ou moins appropriées se sont progressivement développées pour tirer profit des avantages et réduire les menaces de l’internationalisation des activités. Les instruments utilisés étaient une simple extension de l’économie domestique et la finance internationale apparaît comme un simple prolongement des modèles d’équilibre internes qui permet de passer d’un espace national fermé à un espace international ouvert.

La confrontation au marché des changes est la première manifestation concrète de la réalité internationale. Toute entreprise qui exporte ou importe, tout particulièrement qui se rend à l’étranger, toute institution financière ou non financière, qui prête ou emprunte sur les marchés étrangers ou internationaux se heurte immédiatement à un problème de change.

Du fait de cette confrontation, les entreprises et les institutions financières ou non financières se trouvent face à des risques spécifiques qu’elles ne rencontrent pas sur les marchés domestiques, comme le risque de change, ou à des risques auxquels elles doivent déjà faire face sur leur marché national mais qui prennent une nouvelle dimension dans le contexte international, comme le risque de contrepartie (ou de crédit) et le risque du taux d’intérêt. Dans le but de limiter les menaces de cette contrainte, la gestion de ces nouveaux risques a donné naissance à des techniques de couverture originales.

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L’objectif de ce rapport consiste à étudier le risque majeur auquel sont confrontées les entreprises dans leurs relations internationales qu’est le risque de change et les différents techniques de couverture. Ainsi, quelles sont les différentes méthodes de couverture ? Et comment peut-on choisir une technique de couverture plutôt qu’une autre ?

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I- L'environnement international de la trésorerie d'entreprise

Avant d'aborder les aspects techniques de la gestion du risque de change, il importe de connaître l'environnement international dans lequel sont prises les décisions du trésorier d'entreprise. Nous aborderons donc le système monétaire international et le marché des changes.

1-Le système monétaire international et les différents régimes de change

Le système monétaire international peut être défini comme « l'ensemble des mécanismes et des procédures permettant d'ajuster l'offre et la demande de devises pour aboutir à la formation d'un prix : le cours de change ». Aujourd'hui, le système monétaire international repose sur un système de changes flottants, qui est déterminé par le marché des changes. Les fluctuations du taux de change d’une devise dépendent de l’offre et de la demande de cette devise sur le marché des changes. mais d'autres systèmes peuvent être utilisés, notamment le système de changes fixes qui est déterminé par l’Etat qui émet la devise par rapport à un étalon de référence, comme l’or, ou par rapport à une monnaie de référence, comme le dollar. Ce taux ne peut être modifié que par une décision de dévaluation ou de réévaluation par l’Etat ou des systèmes intermédiaires limitant les variations des cours des monnaies.

Pour bien comprendre la situation actuelle du système monétaire international, il importe de la situer globalement dans son évolution historique. On distingue généralement quatre périodes :

- Dès 1850 jusqu'en 1914, le système monétaire dit "de l'étalon or" s'est mis en place. Il reposait sur la convertibilité-or de chaque monnaie et correspondait à un ensemble de parités fixes. Avec la guerre, les gouvernements ont suspendu la convertibilité-or de leur monnaie et instauré un contrôle des changes rigoureux.

- A la suite de la conférence de Gênes en 1922, un système alternatif dit "de l'étalon de change or" a été progressivement mis en place. Il permettait aux banques centrales de garantir la convertibilité de leur monnaie grâce à la détention d'or ou de monnaies de réserve convertibles en or (la livre sterling, notamment). Cependant, ce système a échoué dans sa tentative de rétablir des cours de change fixes.

- Dès 1944, la conférence de Bretton Woods a mis en place de nouvelles règles de fonctionnement basées sur une plus grande coopération internationale, avec notamment la création du Fonds Monétaire International. Le principe de l'étalon de change or était conservé, mais assoupli puisque les parités de chaque devise relativement au dollar américain pouvaient varier de plus ou moins 1%.

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Un code de bonne conduite déterminait les modalités d'interventions concertées des banques centrales pour garantir le respect des parités fixées. Dès la fin des années 1950, il devint de plus en plus difficile de maintenir la convertibilité-or du dollar. Divers palliatifs furent mis en œuvre sans succès et le 15 août 1971, la convertibilité-or du dollar fut suspendue.

- Après une période de transition, le système de change flottant fut définitivement adopté dès

1973 et entériné par les accords de Kingston en 1976. Il faut noter, toutefois, que certains pays ont choisis de lier leur monnaie à d'autres (dollar américain, franc français puis euro…) ou de mettre en place un mécanisme de coopération

monétaire limitant les variations (Système Monétaire Européen avant la mise en place de l'euro). Chaque système de change présente des avantages et des inconvénients. Ainsi, si le système de parités fixes facilite les échanges commerciaux, il autorise aussi une spéculation pratiquement sans risque.

Inversement, le système de changes flottants induit un risque supplémentaire dans les échanges commerciaux. Corrélativement, il augmente le risque des opérations de spéculation ce qui devrait contribuer, en théorie, à les freiner.

2-Le marché de change : fonctionnement, importance et intervenants

Le marché des changes fonctionne en continu 24h/24h. A tout moment (ou presque), il est possible de trouver des intervenants susceptibles d'acheter ou de vendre des devises. C'est un marché de gré à gré, c'est à dire que les opérations ne sont pas officiellement standardisées, centralisées ou garanties par une autorité quelconque. Il est constitué de l’ensemble des opérations d’achat-vente, de prêt-emprunt qui font intervenir les devises.

Ce serait cependant, une erreur de le considérer comme un marché, précisément localisé dans l’espace et dans le temps. En effet, le marché des changes n’exige pas de localisation matérielle centrale déterminée.

S’il met en œuvre des places situées dans des pays différents, les opérations se font par des moyens de communications très rapides, il est plutôt réseau que lieu.

Il s’agit des plus grands marchés du monde, les transactions qui y sont effectué quotidiennement connaissent aujourd’hui un essor impressionnant (avec plus de 10 000 milliards de $ par jours et un taux de croissance de 12.4%).

Ces transformations trouvent leurs origines dans trois majeurs phénomènes :

- La déréglementation et la désintermédiation ;

- Le développement technologique qui a accéléré l’intégration des marchés des capitaux mondiaux ;

- La floraison des innovations financières visant à limiter les risques.

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Sur le plan physique, les marchés des changes comptent quatre départements (le marché au comptant, les marchés à terme, les Swaps et les futurs) et se subdivisent en deux facettes :

Le front office : qui représente les salles de marché proprement dites avec ses opérateurs interbancaires et commerciaux ;

Le back office : chargé du contrôle et d’organisation administrative en participant de plus en plus à la dynamique des opérations.

Les différents intervenants Le marché des changes est réservé aux institutions financières : Banques, investisseurs institutionnels et institutions financières non bancaires. Ces opérateurs interviennent pour leur propre compte ou celui de leur clientèle. Ils peuvent négocier directement entre eux ou passer par l’intermédiaire de courtiers.

les banques commerciales :

IL s’agit des plus importants opérateurs sur le marché des changes. Elles prennent en charge les opérations de change pour leur propre compte ou celui de leurs clients. Pour faciliter leurs opérations, les banques ont des dépôts auprès d’institutions financières étrangères qui jouent le rôle des correspondants.

Le profit des banques sur le marché a deux origines :

* un profit commercial : qui a pour définition la différence entre les cours sur le marché interbancaire ;

* un profit spéculatif : consistant en la prise des positions spéculatives sur le marché dans l’anticipation d’une variation du taux de change. En entreprenant de telles opérations, les banques prennent en effet en charge le risque de change dont se débarrassent les exportateurs et les importateurs. Elles jouent également ce faisant le rôle de contrepartiste (market maker).

Cependant, l’importance de la spéculation induite par les banques est faible en comparaison avec celle générée par la clientèle privée. Toutefois, les banques ne refusent pas la spéculation de leurs clients, car ces opérations sont une source de revenus et de commissions. De même, il est difficile de s’opposer aux désirs d’une clientèle qui passerait immédiatement à la concurrence si elle ne trouvait pas les services qu’elle exige.

les banques centrales :

Elles interviennent massivement, mais de manière irrégulière sur le marché. Généralement, elles remplissent trois fonctions principales :

+ Elles exécutent les ordres de sa clientèle : administrations nationales, banques centrales étrangères, organismes internationaux ;

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+ Elles assurent sinon le contrôle, du moins la supervision du marché. Cette emprise est plus ou moins forte selon e contrôle des changes ;

+ Elles cherchent à influencer l’évolution des taux de change, d’une part, pour des raisons de politique économique interne, et d’autre part, pour faire respecter certains engagements internationaux formels ou informels.

les autres institutions financières :

Les institutions financière non bancaires sont devenues depuis le début de la décennie 1990 des opérateurs extrêmement importants sur le marché des changes.

Ces institutions comprennent les filiales financières ou bancaires des groupes industriels du fait que la tendance de ces derniers à créer des filiales financières s’est accentuée dans les années 80.

A côté des filiales financières des groupes industriels, les investisseurs institutionnels et les grandes fortunes privées sont devenus eux aussi des acteurs de première importance, car les géants de ces fonds mettent désormais l’accent sur les placements à l’étranger pour diversifier les risques et améliorer les rendement de leurs portefeuilles.

les investisseurs institutionnels :

Ils sont les plus importants participants non bancaires du marché des changes. Cet ensemble regroupe plusieurs catégorie d’opérateurs : les fonds de pension, les caisses de retraite, les sociétés d’assurance, les fons d’investissement et les fonds communs de placements.

la clientèle privée :

Elle n’intervient pas directement sur le marché des changes. Pour ce faire, elle procède à des achats et à des ventes de devises en s’adressant aux banques qui ont une activité de teneurs de marché ou en utilisant les services des courtiers.

La clientèle privée regroupe trois catégories d’opérateurs :

-Les particuliers : dont l’influence est tout à fait marginal ;

-Les entreprises : souvent dénommées sociétés non financières (corporates) ;

-Les institutions financières qui n’ont pas de présence permanente sur le marché des changes ou qui ne disposent pas des fonds propres requis pour participer directement à ce marché.

Ces opérateurs interviennent sur le marché des changes pour satisfaire des besoins en devises induites des opérations commerciales (exportations et importations) ou des opérations financières internationales (prêts et emprunts en devises). Ils interviennent aussi pour des raisons de spéculation.

les courtiers :

Bien qu’il ne soit pas indispensable de passer par leurs services, les courtiers jouent un rôle essentiel sur le marché des changes en tant qu’informateurs et en tant qu’intermédiaires.

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+ Informateurs : puisque sans qu’eux même ou la banque soient obligés d’acheter ou de vendre des devises (ce qui est généralement le cas : les cambistes négocient directement entre eux), ils informent les opérateurs des cours auxquels s’échangent les différents monnaies ;

+ Intermédiaires : dans la mesure où ils centralisent les ordres d’achat et ce vente de plusieurs banques.

Ce rôle est plus général encore, car ils ne sont jamais obligés de dévoiler, au moment de la transaction, le nom des banquiers qu’ils mettent en rapport, cette discrétion peut être très intéressante pour certaines institutions financières qui ne veulent pas faire apparaître leurs positions acheteur ou vendeur dans telle ou telle devise.

Les courtiers les plus importants sont localisés à Londres, ce sont des maisons de courtages ayant de nombreux bureaux ou filiales sur d’autres places financières.

Il est à noter que le métier des cambistes (employés de banques qui travaillent dans les salles de marché contre une rémunération fixe) a connu une grande évolution. D’une part, ce sont maintenant les « golden boys » issus de grandes écoles spécialisées, qui succèdent aux vieux routiers formés par le tas. D’autre part, on compte une hyperspécialisation dans le présent métier même de chaque compartiment. Les cambistes sur le marché au comptant se spécialisent par couple de devises alors que les opérateurs du marché de dépôt se répartissent selon la maturité et la durée des transactions.

Pour être un cambiste, il faut avoir des qualités exceptionnelles (un profil pointu, un esprit d’équipe, un sens du risque,…etc.), les analystes en la matière sont allés jusqu’à sa personnalité et ses traits psychiques du fait que, à l’instar des dirigeants politiques, les cambistes peuvent changer la cartographie mondiale avec une simple décision.

Les motivations des intervenants sur le marché des changes sont de quatre types :

la spéculation C’est une prise de position sur un marché et une devise en fonction d’anticipations concernant l’évolution de la valeur de cette devise. Elle représente la motivation de la quasi-totalité des opérations. C'est elle qui crée la liquidité du marché. Son influence sur la volatilité des cours de change reste un sujet de controverse.

l'arbitrage C’est une prise de position sur plusieurs marchés ou devises afin de tirer parti d'anomalies de prix passagères, et de dégager un profit sans risque immédiat. Les arbitragistes contribuent à niveler le niveau des prix et à assurer l'équilibre entre les différents marchés.

la motivation de transaction C’est une prise de position visant à obtenir les devises nécessaires pour honorer un paiement.

la couverture C’est une prise de position qui vise à rendre certaine ou quasiment certaine la situation de l'intervenant quelle que soit l'évolution des cours de change, c'est à dire à annuler le risque d'une position initiale.

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II- La gestion du risque de change

1- Aperçu sur le risque de change et la position de change

L'entreprise qui vend ou qui achète à l'étranger dans une monnaie différente de la sienne encourt un risque de change de transaction. Qui est le risque de perte lié aux variations du cours de change. Il désigne les pertes éventuelles encourues par l’entreprise du fait des variations de parité de change entre la monnaie nationale et les devises étrangères. Les variations des cours de nombreuses devises sont très importantes et peuvent entraîner des pertes considérables pour les entreprises et affecter leur compétitivité. En effet, entre le moment où l'offre de prix est remise à l'acheteur et le moment où celui-ci payera, les monnaies peuvent fluctuer les unes par rapport aux autres, avec des incidences positives ou négatives selon les cas, et selon que l'on est vendeur ou acheteur.

Dès le moment où une entreprise entend exercer des activités internationales, elle doit s'inquiéter de la politique de couverture à mettre en oeuvre pour se protéger contre le risque de transaction lié aux ventes futures en devises étrangères. La naissance du risque de change n'a pas lieu de manière instantanée au moment de la facturation. Ce risque doit être pris en compte bien avant, dès l'émission de l'offre, du catalogue ou de l'appel d'offre. De plus, il est important que l'entreprise se fixe des « seuils de tolérance » face à ce risque. A partir de quel moment se couvrira-t-elle ? Quel niveau de risque est-elle prête à assumer ?

La notion de risque de change est intimement liée à la notion de position de change.La position de change dans un certaine devise est la présentation sous forme de balance de l’ensemble des créances (ou avoirs) et des engagements (ou dettes) de l’entreprise libellés en une ou plusieurs devises. La position de change peut être assimilée à un extrait du bilan de l’entreprise qui ne prend en compte que les valeurs libellées en devises. On peut, donc, la définir comme étant la différence entre les devises possédées ou à recevoir et les devises dues ou à livrer.

- Classification des positions de changes :

Le risque de change de transaction : est le risque de perte lié aux variations de cours de change. Toutes les entreprises réalisant des opérations commerciales ou financières engagées en devises sont confrontées à ce risque. Une variation de quelques points de la parité entre la monnaie nationale, généralement monnaie de référence, et la devise étrangère, peut remettre en question la rentabilité de toute affaire internationale facturée en devises.

ce risque n'est donc pas à négliger ! Au contraire, il implique pour l'entreprise, dans le chef de son trésorier, comptable ou financier, une attention particulière qui sera d'autant plus assidue que le nombre de transactions avec l'étranger est élevé et que ces transactions sont diversifiées.

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La position de change de consolidation: elle découle des investissements directs ou indirects etrangers lors de la consolidation des bilans.

la valeur des comptes du bilan varie en fonction de l’évolution de la valeur de la monnaie du pays hôte.

si le cours utilise lors de la consolidation diffère cours historique, il ya aura une « différence de consolidation »

les pratiques comptables sont différentes selon les pays et souvent à l’intérieur d’un même pays selon les sociétés.

Risque de change économique : Ce risque dépend de l’impact des variations de change sur la valeur actuelle nette des cashs flows attendus. La position de change économique est fonction de l’horizon étudié, et de l’effet des variations de cours sur les coûts, les prix, le volume des ventes… Ce type de risque de change est difficile à appréhender du fait de notre incapacité de prévoir d’une façon précise l’évolution du cours de change des devises traitées. Cependant, l’évaluation de la position de change économique est d’une très grande importance pour l’entreprise, dans le moyen et le long terme.

- Position au comptant et à terme la position de change au comptant - ou spot - : vous permet d’échanger immédiatement des devises contre dirham à un cours déterminé en fonction des conditions du marché. le dénouement (règlement / livraison) des transactions au comptant s'opère deux jours ouvrables après leur conclusion (date de valeur : j+2). la position de change a terme regroupe:

l’ensemble des opérations d’achat et de ventes a terme de devises ; les prêts et les créances, les emprunts et dettes, les commandes a livrer et a recevoir

- Evaluation d’une position de change

La position de change ainsi déterminée est dite:

Nulle ou fermée si les engagements sont égaux aux avoirs ; ouverte dès qu'il y a une différence.

La position

est

appelée

«

longue

»

s'il

y

a

un

excédent

de

créances

en

devises

la

position

est

appelée

«

courte

»

si

l'excédent

correspond

à

des

dettes.

Une entreprise uniquement exportatrice disposera toujours d'une position de change dite longue, recouvrant principalement des créances sur clients. Une entreprise uniquement importatrice, quant à elle, aura une position de change dite courte, matérialisée quasi- exclusivement par des dettes fournisseurs.

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2- Outils de prévision et d’analyse de cours change

Il existe deux approches pour analyser le marché des changes, l’analyse fondamentale et l’analyse technique. L’analyse fondamentale se concentre sur les causes fondamentales des mouvements des prix, alors que l’analyse technique étudie les mouvements de prix eux- mêmes.

- L’analyse technique

L’analyse technique s’intéresse à ce qui se passe sur le marché, plutôt que ce qui devrait se produire. Un analyste technique étudiera les prix et les mouvements de volumes et, à partir de ces informations, il créera des graphiques (découlant des actes des acteurs du marché) pour les utiliser comme outils principaux. L’analyste technique n’est que très peu concerné par l’image globale des facteurs affectant le marché, comme l’est l’analyse de base, mais il se concentre sur l’activité de cet instrument de marché. L’analyse technique est basée sur trois principes sous-jacents:

- Seuls les actes du marché comptent

Cela veut dire que le prix actuel est une réflexion de tout ce qui est connu comme pouvant influencer le marché, par exemple, l’offre et la demande, les facteurs politiques et les sentiments du marché. L’analyste technique pure se concentre seulement sur les mouvements de prix, et pas sur les raisons de ces changements.

- Les prix évoluent en suivant des tendances

L’analyse technique est utilisée afin d’identifier des modèles d’attitude de marché dont l’importance a été admise depuis longtemps. Pour de nombreux modèles donnés, il y a un très haut niveau de probabilité pour qu’ils produisent les résultats attendus. Aussi, il y a des modèles reconnus qui vont se répéter régulièrement.

- L’histoire se reproduit

Les modèles graphiques ont été reconnus et catégorisés depuis plus de cent ans et la manière dont de nombreux modèles se répètent amène à conclure que la psychologie humaine change très peu à travers le temps.

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- Analyse fondamentale

L'analyse fondamentale s'appuie surtout sur des données économiques et financières pour tenter de prévoir les variations des cours de change. En effet, certaines données économiques constituent ce que l'on appelle des déterminants de cours de change.

L’analyse fondamentale identifie et mesure les facteurs qui déterminent la valeur intrinsèque d’un instrument financier, tels que le contexte général politique et économique, y compris ceux qui affectent l’offre et la demande des produits et services sous-jacents. Si l’offre décroît mais que le niveau de la demande reste inchangé, les prix du marché vont par conséquent augmenter. Une augmentation de l’offre produit l’effet inverse.

Par exemple, pour une devise donnée, un analyste étudie l’offre et la demande du pays de la devise en question, produits et services ;sa qualité de gestion et sa politique gouvernementale; ses performances passées et prévisionnelles ; ses futurs plans et le plus important pour le plus court terme, tous les indicateurs économiques.

À partir de ces données, l’analyste construit un modèle qui détermine la valeur actuelle et prévisionnelle d’une devise par rapport à une autre. L’idée de base est que des augmentations non compensées de l’offre tendent à déprécier la valeur de la devise alors que des augmentations non compensées de la demande tendent à augmenter la valeur de la devise. Une fois que l’analyste a estimé la valeur intrinsèque, il la compare au taux de change en cours et tranche sur l’augmentation ou la baisse de la devise.

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3) Les techniques de couverture

La couverture de risque de change consiste à réduire ou à annuler le risque lié à la position de change de l'entreprise en utilisant des méthodes internes ou en transférant le risque à des organismes externes (banques et assurances).

3.1 Les techniques internes de couverture:

a) le choix de la monnaie de facturation

La monnaie de facturation est la devise dans laquelle sera libellé le contrat d'achat ou de vente internationale. Les parties au contrat, qui ont la liberté de choisir cette monnaie de facturation, peuvent choisir une devise plutôt qu'une autre afin de minimiser le risque de change.

Deux possibilités s'offrent à elles :

Choisir la monnaie nationale

Choisir une autre devise

Choisir la monnaie nationale :

Pour éviter le risque de change, de nombreuses entreprises, notamment les PME, choisissent de ne facturer ou de n'accepter que des transactions en monnaie nationale (ou en euros dans le cas des pays européens). Cette situation fait peser le risque de change sur la partie étrangère. Celle-ci ne l'admettra que si :

L'entreprise est en position de force, les avantages que l'autre partie retire de la transaction étant importants (qualité du produit ou des services, compétitivité du prix, délais de

règlements longs, délais d'exécution rapides, service après-vente performant,

) ;

Le coût final sera inférieur pour l'autre partie, celle-ci anticipant une dépréciation de la monnaie nationale de l'acheteur en cas d'achat, ou une appréciation en cas de vente.

Pourtant, la facturation en monnaie nationale n'apporte pas que des avantages. Dans le tableau ci-dessous, nous vous proposons, en sus des avantages précités, les inconvénients d'une facturation en monnaie locale et en devises.

Avantages Inconvénients

Avantages

Inconvénients

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Facturation

en

Le risque de change est inexistant : vous connaissez le montant exact de l'encaissement dès la conclusion du contrat ;

La facturation en monnaie nationale offre des facilités au niveau comptable. Les opérations avec l'étranger sont comptabilisées comme des opérations nationales ;

Il y a transfert du risque de change sur l'autre partie, élément qui peut bouleverser le rapport de force dans la négociation ;

La négociation peut s'avérer difficile suite à la méconnaissance du cours de la monnaie de transaction ;

monnaie

nationale

Perte potentielle liée à une évolution favorable de la monnaie étrangère qui aurait été choisie pour le contrat ;

L'entreprise peut éviter une réduction potentielle de sa marge bénéficiaire suite à une évolution défavorable des cours de change.

Une tarification en monnaie nationale est souvent accompagnée de clauses d'indexation rendant la protection illusoire.

Choisir une devise :

Pour diverses raisons, l’entreprise peut être amenée à choisir une devise de facturation étrangère qui n'est ni celle de l'acheteur, ni celle du vendeur. Oui, mais laquelle ? Quels sont les critères à prendre en compte dans le choix de cette devise de facturation ?

Critères externes à l'entreprise :

La législation des changes : certains pays imposent leur monnaie nationale dans les opérations commerciales avec l'étranger (tant à l'achat qu'à la vente) ;

La zone géographique : des pays ont l'habitude de commercer dans une devise tierce pour des raisons de proximité géographique, ou de liens économiques historiques. C'est le cas du dollar américain dans de nombreux pays d'Amérique latine, du Moyen- Orient et d'Asie du sud-est, de la livre sterling dans les pays du Commonwealth ou du franc français dans certains pays africains ;

Le marché des changes : il n'existe pas dans tous les pays de marché des changes pour toutes les monnaies. Dans ce cas, l'importateur peut éprouver des difficultés pour se procurer la devise de paiement auprès des banques locales et peut être amené à refuser la transaction commerciale. De même pour l'exportateur qui peut avoir du mal à convertir la devise reçue de l'étranger.

Critères internes à l'entreprise :

Les devises du portefeuille de l'entreprise : vous pourrez opter pour une devise qui compense une position de change de sens contraire, annulant ainsi (en totalité ou partiellement) votre risque de change. De plus, les banquiers préfèrent généralement un petit nombre de transactions avec d'importants volumes unitaires libellés en une ou deux devises ;

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Les possibilités financières qu'offre la devise : celle-ci permet-elle de bénéficier d'un cours à terme favorable ? D'avoir recours à un financement à faible taux d'intérêt ?

 

Avantages

Inconvénients

 

Facturation en devise

Des financements en devises à taux attractifs sont possibles.

Une politique de gestion du risque de change peut devoir être mise en place ;

La facturation en devises donne une image de professionnalisme.

La facturation en devises

apporte

des

lourdeurs

comptables,

les

comptes

 

clients

se

présentant

en

devises ;

Concéder la facturation en devises peut donner la possibilité de négocier sur un autre point important du contrat (comme, par exemple, la loi et le tribunal compétent en cas de litige).

L'entreprise peut souffrir d'un bénéfice réduit suite à une variation des cours de change non avantageuse ou encore au coût de la protection de change.

L'entreprise

peut

bénéficier

d'une

évolution

favorable

des

devises.

De manière générale, vous avez intérêt à :

- Facturer ou payer en une monnaie facilement transférable et servant de façon usuelle

aux paiements internationaux (dollar américain, livre sterling, yen, euro,

) ;

- Faciliter la gestion en utilisant peu de devises car suivre leur évolution demande de

disposer de nombreuses informations et du temps pour les traiter.

b) le termaillage

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Le termaillage consiste à accélérer ou retarder les encaissements ou les décaissements des devises étrangères selon l'évolution anticipée de ces devises. Cette technique vise donc à faire varier les termes des paiements afin de profiter de l'évolution favorable des cours.

Les situations suivantes peuvent se présenter :

si

l'exportateur anticipe une appréciation de la devise de facturation, il tentera de

retarder l'encaissement de sa créance pour bénéficier d'un cours futur plus avantageux.

A

l'inverse, si l'exportateur anticipe une dépréciation de la devise de facturation, il

tentera d'accélérer l'encaissement de sa créance pour bénéficier du cours actuel plus avantageux ;

si

l'importateur se trouve face à une tendance à l'appréciation de la devise du contrat

d'achat, il sera tenté d'anticiper son règlement. Au contraire, si l'importateur se trouve face à une tendance à la dépréciation de la devise du contrat d'achat, il tentera de retarder son règlement de manière à pouvoir bénéficier d'un cours futur plus avantageux.

Le tableau ci-dessous mentionne les principales décisions à prendre, compte tenu de la tendance de la devise :

 

Importations

Exportations

La devise s'apprécie

Accélérer le paiement

Retarder le paiement

La devise se déprécie

Retarder le paiement

Accélérer le paiement

Les techniques visant à mesurer l'évolution des cours de change mobilisent des ressources importantes. La technique du termaillage, basée principalement sur cette estimation de l'évolution des cours, n'est applicable que dans la mesure où le chiffre d'affaires de l’entreprise à l'exportation et les pertes potentielles liées aux variations de cours de change justifient la mise en place d'une telle structure. De plus, le termaillage présente des limites qui sont liées au niveau de la trésorerie de l'entreprise et aux contraintes commerciales.

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c) les clauses d’indexation dans les contrats

Les clauses d'indexation rédigées dans les contrats d'achat ou de vente internationale visent à prévoir contractuellement les modalités de partage du risque de change de transaction entre l'acheteur et le vendeur, dans l'hypothèse où une variation du cours de change de la devise choisie par les parties interviendrait.

Clause d'adaptation des prix proportionnelle aux fluctuations des cours de change : dès la signature du contrat, le vendeur fixe la valeur des marchandises dans sa monnaie. Si le cours de la monnaie de facturation du contrat augmente, le prix de l'exportation est augmenté pour l'acheteur sur base du nouveau taux de change. Le risque de change est donc totalement supporté par ce dernier ;

Clause d'indexation « tunnel » : l'entreprise peut introduire un tunnel, présentant un cours minimum et maximum à l'intérieur desquels le cours de la monnaie de facturation peut fluctuer sans aucune incidence sur le prix des marchandises. Si les variations de cours de change dépassent ces limites, le prix est revu à la hausse ou à la baisse selon les modalités prévues dans la clause. Exemple : « Dans le présent contrat, les prix sont basés sur la parité dollar par rapport à l'euro du 13 avril 2000. Toute variation du taux de change de plus ou moins 2,5 % donnera lieu à une diminution ou à une augmentation automatique et proportionnelle des prix. » ;

Clause d'indexation sur une devise ou un panier de devises : les contractants lient le montant à payer à une tierce devise ou à un panier de devises. Cette clause répercute le risque de change sur les deux parties au contrat ;

Clause de risque partagé : la clause de risque partagé fait supporter aux deux parties une part du risque de change. Le contrat prévoit, par exemple, qu'une partie de la variation de cours intervenant entre la date de facturation et la date de paiement sera partagée par l'exportateur à concurrence de la moitié, l'importateur supportant l'autre moitié ;

Clauses multidevises : les clauses multidevises ou clauses de change multiples permettent de libeller le montant du contrat en plusieurs devises et c'est seulement à l'échéance que l'une des parties au contrat (l'acheteur ou le vendeur) choisit la devise de règlement ;

Clause d'option de devises : elle permet à une partie au contrat d'utiliser une autre devise, déterminée à l'avance, dans l'hypothèse où la devise du contrat serait inférieure (ou supérieure) à un certain cours. Par exemple, les parties peuvent imaginer un règlement en USD sur la base d'un dollar à 0,890 EUR et laisser la possibilité de payer en GBP si le cours du dollar à terme est inférieur à 0,870 EUR. Ce genre de clause ne permet de couvrir, que partiellement, le risque de change car du fait que le règlement se fait dans une devise autre que la monnaie nationale le risque de change persiste.

Le contenu d'une clause d'indexation est souvent difficile à négocier car ce type de clause reporte le plus souvent tout ou partie du risque sur l'autre partie au contrat.

d) la compensation

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La compensation est une technique de couverture par laquelle une entreprise limite son risque de change en compensant les encaissements et les décaissements dans une même monnaie. Ainsi, le règlement d'une créance en devise sera affecté au paiement d'une dette libellée dans la même unité monétaire. La position de change ne porte alors que sur le solde.

Dans cette optique, l'entreprise veille à limiter le nombre de monnaies de facturation, de manière à pouvoir compenser un maximum de flux d'argent « entrant » et « sortant ». L'entreprise doit également agir sur les dates de règlement afin de disposer de suffisamment d'entrées pour payer les sorties.

- La compensation bilatérale peut également être appliquée par les firmes dans des cas exceptionnels. Cette compensation est possible lorsque deux entreprises sont en relation commerciale et qu'elles effectuent des ventes réciproques. C'est le cas quand une société vend à un client étranger des produits, ce client s'approvisionnant dans cette même entreprise ;

- Compensation multilatérale ou le netting: organiser entre les sociétés du même groupe une compensation de l’ensemble des flux résultant des opérations commerciales ou financières

Les centres de refacturation en devises: la gestion du risque de change peut être centralisée au sein d’un centre de refacturation.

Principe: Les factures libellées en devises étrangères sont établies au nom du centre de facturation par les filiales. Et le centre de refacturation adressera l’équivalent en monnaie nationale à la filiale.

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e) les swaps

Le swap de devises est un accord conclu entre deux parties qui s'échangent un montant déterminé de devises étrangères et s'engagent mutuellement à effectuer régulièrement des paiements correspondant aux intérêts ainsi qu'à se rendre le montant échanger à une échéance déterminée. Dans la plupart des cas, une banque sert d'intermédiaire pour la transaction.

Il existe différents types de swaps :

Les « swaps cambistes » :

Qui consiste en un échange qui prend la forme d'une vente comptant (respectivement, un achat) d'un certain montant de devises en prenant l'engagement simultané de racheter (respectivement, de revendre) ce même montant à une date ultérieure, au cours de change à terme ou à un autre cours fixé à l'avance. Il y a combinaison de deux transactions, l'une au comptant et l'autre à terme. Il s'agit le plus souvent d'instruments à court terme n'impliquant pas d'échanges d'intérêts.

Les swaps de devises:

Représentent un échange de dettes libellées dans des devises différentes qui porte sur les flux de trésorerie qui leur sont associés (montant emprunté, intérêts et remboursements). Il s'agit d'une opération à moyen ou long terme, permettant à une entreprise de se financer dans une devise étrangère, pour bénéficier par exemple de conditions plus favorables. Ce type de swap peut être assorti d'une opération d'échange de taux, par exemple d'un taux fixe contre un taux variable.

3.2 Les techniques externes :

Lorsque les techniques internes ne parviennent pas à éliminer intégralement le risque de change, l’entreprise devra alors utiliser d’autres techniques de couvertures dites externes. Elle s’adresse à des organismes ou des partenaires externes.

a) le marché au comptant

Une opération de change spot consiste à échanger immédiatement des devises contre dirham à un cours déterminé en fonction du marché. Le dénouement des transactions au comptant s’opère deux jours ouvrables après leur conclusion. La non couverture revient à prendre une position spéculative sur la devise.

Le résultat de l’opération est alors totalement corrélé à l’évolution de la devise sur laquelle l’entreprise est exposée (gain maximal ou perte maximale)

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Cette solution peut s’avérer extrêmement dangereuse. Plus le cours s’apprécie, plus les gains de change de l’exportateur sont importants car ce dernier cédera plus cher ses devises, et plus les pertes de l’importateur sont importantes du fait que la contre-valeur de sa dette s’accroit et inversement.

que la contre-valeur de sa dette s’accroit et inversement. Avantages et inconvénients du Spot : Avantages

Avantages et inconvénients du Spot :

Avantages

Inconvénients

Simplicité dans la gestion ;

Aucun décaissement à l’initiation ;

Flexibilité en termes de montants

Les exportateurs sont exposés au risque de change depuis le moment de la signature du contrat commercial ou du bon de commande jusqu’à la livraison si le paiement est à vue, ou jusqu’à la date de règlement si celui-ci est à l’échéance.

La marge bénéficiaire est totalement tributaire du cours de change en vigueur au moment de l’exécution de la transaction. La marge peut être nettement amenuisée si l’opérateur est en situation d’évolution défavorable des cours.

b) le marché à terme

La couverture sur le marché à terme est une des techniques les plus utilisée par les entreprises étant donnée sa simplicité d'emploi. La couverture à terme se fonde sur un échange d'une devise contre une autre, sur la base d'un cours comptant fixé avec livraison réciproque à une date convenue.

Deux opérations sont possibles : l'achat à terme (couverture des importations) et la vente à terme (couverture des exportations).

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Le change à terme permet de fixer aujourd'hui un cours d'achat ou de vente de devises pour une échéance future. L'exportateur, pour se couvrir contre le risque de change lié à la dépréciation éventuelle d'une devise, vend à terme à sa banque le montant de sa créance. Il fixe ainsi de façon précise le montant de monnaie nationale qu'il recevra à l'échéance. L'importateur, quant à lui, pour se couvrir contre le risque de change lié à l'appréciation éventuelle d'une devise, achète à terme les devises correspondant au montant de sa dette. Il connaît ainsi avec précision le montant en monnaie nationale qu'il devra payer.

La technique de couverture à terme permet de connaître à l'avance le cours auquel le banquier, d'une part, achètera la devise à l'exportateur au moment de l'échéance et, d'autre part, vendra la devise à l'importateur au moment de l'échéance. Il est important de noter que ces contrats sont fermes et que l'exportateur ou l'importateur ne peuvent bénéficier d'une évolution favorable ultérieure de la devise.

Po

int

s de swaps

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Le cours à terme dépend de trois paramètres: le cours au comptant le jour de la négociation, la durée de couverture, et le différentiel entre le taux domestique et le taux de devise sur la période à couvrir.

F S Re port / Déport

entre le taux domestique et le taux de devise sur la période à couvrir. F 

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S

(

t

t

*)

j

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Avantages de la couverture sur le marché à terme

Avantages

Inconvénients

Maîtrise du prix de revient avant échéance

Produit de couverture qui ne nécessite aucun suivi particulier

Produit facile et accessible à toutes les entreprises

Disponibles pour plusieurs devises et pour plusieurs échéances

Possibilité de prorogation ou de levée anticipée.

Rigidité: L’entreprise est liée par le cours qu’elle aura figé avec la banque

Il est impossible de profiter d'une évolution favorable des cours de la devise

Cette technique est peu adaptée aux

risques

aléatoires

ou

potentiels

en

raison

du

caractère

irrévocable

de

l'engagement.

c) les options de change

Définition: C’est un contrat qui confère à son acquéreur le droit, et non l’obligation, d’acheter ou de vendre un montant déterminé de devises à un cours fixé, appelé prix d’exercice à une certaine date ou pendant une certaine période moyennant une prime.

L’option de change classique ou l’option « Plain Vanilla » permet de garantir un cours de change en cas d’évolution défavorable tout en ayant la possibilité de profiter de manière illimitée de l’évolution favorable du marché pour effectuer une opération à des conditions plus avantageuses.

Avantages: Couverture du risque de change avec possibilité de profiter de toute évolution favorable du taux de change.

Caractéristique des options de change :

- Modalités d’exercice: à la date d’échéance (option européenne) ou sur toute la durée de vie de l’option (option américaine)

Au Maroc, on applique les options dites européennes.

- Un call: droit d’acheter une devise

- Un put: droit de vendre une devise

- Strike: c’est le cours de réalisation à échéance de l’option en cas de l’évolution défavorable de la devise (prix d’exercice). Il est fixé au moment de l’initiation du contrat. L’une des flexibilités de l’option est la possibilité de choisir son strike.

- Prix d’exercice=cours spot au moment de la transaction: at the money (à la monnaie)

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- Prix d’exercice avantageux par rapport au cours spot au moment de la transaction: in the money (dans la monnaie)

- Prix d’exercice désavantageux par rapport au cours spot au moment de la transaction:

out of the money (en dehors de la monnaie).

Prime de l’option de change

Pour le droit accordé par l’option, le client paye une prime qui reste acquise pour l’organisme de couverture que l’option soit ou non exercée.

La prime correspond au coût d’une assurance contre une évolution défavorable des cours de change pendant la durée de vie de l’option.

Elle s’exprime en pourcentage du montant en devises et est versée dès l’initiation du contrat.

La prime dépend de différents paramètres:

- Valeur intrinsèque: écart entre le cours au comptant et le strike. Plus on se décale favorablement du strike par rapport au cours spot plus le prime est élevée et inversement

- Maturité de l’option: plus l’échéance est courte et plus la prime est réduite et inversement.

- Volatilité: La prime est d’autant plus importante que la volatilité est grande.

Dénouement des opérations

- Exercice de l’option: en cas d’évolution défavorable de la devise à l’échéance on exerce l’option en achetant ou en cédant la devise. Exercer l’option ne présente d’intérêt que si le strike est plus avantageux que le cours au comptant à l’échéance.

- Abandon/revente de l’option:

A l’échéance, on abandonne l’option si le cours spot est plus avantageux

- Avant l’échéance, ont peut revendre l’option et initier une couverture de change à terme calculée sur la base du cours au comptant favorable ou en initiant une deuxième option à un nouveau strike.

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Les options de change « Plain Vanilla »

 Les options de change « Plain Vanilla » Avantages de l’option - Protection contre une

Avantages de l’option

- Protection contre une évolution défavorable du spot.

- Possibilité de tirer profit d’une évolution favorable du spot en abandonnant l’option à maturité si le cours au comptant est meilleur.

- Possibilité de tirer profit d’une évolution intermédiaire favorable de la devise en revendant l’option et en figeant un terme pour la durée restant à courir.

- La souplesse de l’option permet de choisir le strike et ainsi affecter la prime.

- Les solutions optionnelles présentent des résultats qui sont nettement meilleurs par rapport aux autres formes de couverture.

Les stratégies optionnelles « Low cost »

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L’option participative

Tout comme l’option « plain vanilla », l’option participative permet de garantir un cours de change tout en profitant d’une évolution favorable, mais à concurrence d’un pourcentage déterminé;

L’acheteur d’un call ou d’un put participatif renonce à un pourcentage de son gain potentiel en cas d’une évolution favorable du cours spot en contrepartie d’une prime réduite.

La couverture reste totale en cas d’une évolution défavorable du cours spot.

totale en cas d’une évolution défavorable du cours spot. e d’une put participatif : Exempl -

e d’une put participatif :

Exempl

- Enoncés: Recettes à recevoir: 200000€; Strike=spot=11; Prime: 0.17%

- Stratégie de couverture:

Put participatif à 60% Echéance: 30jours;

A la date de maturité: le cours au comptant est inférieur au strike, on exerce le put participatif et on cède la totalité au strike. La protection est totale.

Avant l’échéance: si l’euro s’apprécie considérablement contre le dirham, on peut vendre le put participatif à hauteur de 60% pour opter pour une autre stratégie de couverture

A l’échéance: si le cours spot est supérieur au cours garanti on abandonne l’option pour les 60% qui doivent être vendus au comptant alors que le reliquat est échangé au strike.

L’option tunnel

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L’option tunnel est un produit de couverture qui permet d’être totalement couvert contre l’évolution défavorable du cours.

Elle permet aussi de profiter d’une évolution favorable mais avec une amplitude limitée.

Et contrairement à l’option « plain vanilla », le tunnel export (import), engage à céder (acheter) les devises à la borne supérieure (inférieure) si ce niveau est atteint ou dépasse à l’échéance.

L’option tunnel présente l’avantage de bénéficier d’une prime réduite.

l’avantage de bénéficier d’une prime réduite. Stratégie de couverture: - A la date de maturité: le

Stratégie de couverture:

- A la date de maturité: le cours au comptant est inférieur au strike, on exerce le put tunnel et on cède la totalité au strike minorée de la prime payée. La protection est totale.

- A l’échéance: si le cours spot est égal ou supérieur à la borne supérieure on peut pas abandonner l’option et la totalité de la devise doit être vendue à 11.0550 (borne supérieure).

- Avant l’échéance: si l’euro s’apprécie considérablement contre le dirham, on peut vendre le put optionnel pour opter pour une autre stratégie de couverture (change à terme ou option avec de nouveaux paramètres).

Le tunnel Zero Cost

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Le tunnel Zero Cost permet de se couvrir totalement contre l’évolution défavorable du cours, il permet aussi de profiter d’une évolution favorable de la devise mais d’une amplitude limitée.

Cette couverture n’est pas passible de paiement de la prime, et contrairement à l’option tunnel, le Zero Cost engage à acheter (vendre) les devises à maturité.

Autrement, il ne permet pas de profiter d’une évolution favorable intermédiaire.

Exemple d’un Zero Cost Export

Enoncés: Sous-jacent: $/MAD, Strike=8.33; Borne supérieure: 8.70; Échéance: 30jours

Stratégie de couverture:

- Si le dollar se déprécie en deçà du strike on exerce l’option à 8.33.

- Si le dollar s’apprécie au-delà de la borne supérieure, on profite de l’évolution favorable à hauteur de 8.70

- Si le dollar fluctue entre le strike et la borne supérieure, on cède les devises au cours spot le plus avantageux.

Les options « conditionnelles » :

Les options conditionnelles constituent une sous-famille de produits de couverture qui s’adressent à un public averti. cette catégorie regroupe les options autobloquant, airbag et rétroviseur. L’option airbag :

L’option airbag est une option plain vanilla qui ne s’active rétroactivement que si le sous- jacent évolue dans la direction défavorable.

À qui s’adresse l’option airbag et quels avantages procure-t-elle ?

L’option airbag permet de profiter de 100% d’une évolution favorable de la devise. En cas d’évolution défavorable au delà d’un certain seuil, la barrière activante, une option plain vanilla s’active. ce produit permet donc de profiter rétroactivement d’une couverture complète contre le risque de change si l’évolution du spot s’avère défavorable au delà d’un seuil critique déterminé par le client.

Comment fonctionne en pratique l’option airbag ?

Le spot usd/mad étant à 7.50, un importateur marocain décide de se couvrir contre une hausse prononcée du dollar via un call airbag de strike 7.50 et de barrière activante 7.70. au cours de la durée de vie de l’option, si le cours usd/mad atteint le seuil critique de 7.70, le call de strike 7.50 s’active de manière rétroactive. l’importateur est alors totalement couvert au cours de 7.50. si ce seuil n’est pas touché au cours de la vie de l’option, l’importateur est assuré de ne pas acheter à un cours qui dépasse 7.70, tout en ayant la possibilité de bénéficier de toute la baisse du cours spot.

L’option autobloquant:

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L’option autobloquant consiste en une option plain vanilla qui se désactive si le sous-jacent évolue dans la direction favorable, c'est-à-dire qu’elle est désactivée, si seulement si, pendant la durée de vie de l’option, le spot atteint un niveau prédéfini à la baisse, dans le cas d’un call, et à la hausse, dans le cas d’un put.

A qui s’adresse l’option autobloquant et quels avantages procure t- elle ?

L’option autobloquant permet de profiter de l’évolution favorable de la devise jusqu’à un seuil prédéterminé, la barrière désactivante. ce produit offre un profil de couverture à la fois plus sophistiqué et moins cher que l’option plain vanilla, en permettant aux clients qui maitrisent leur cours cible de payer une prime réduite.

exemple de l’option autobloquant

Sous-jacent eur/mad, strike=spot=11, borne désactivant : 11,10, échéance 180 jours, prime :

0,55% (contre 0,61% put plain vanilla)

Résultat

Durant les 6 mois, l’eur/mad est inférieure à la borne désactivant. de la même manière qu’un put « plain vanilla », le put auto-bloquant protège d’une dépréciation de la devise au-delà du strike tout en permettant de bénéficier d’une favorable évolution du cours de change

3 mois après, l’eur/mad est à 11,10. le put auto-bloquant est désactivé.

L’option rétroviseur :

Ce type d’option est une solution de couverture qui présente la particularité de ne pas fixer de strike à l’initiation du contrat et permet d’acheter ou de céder au plus bas (haut) des cours enregistrés sur la période d’exercice de l’option

À qui s’adresse l’option rétroviseur et quels avantages procure-t-elle?

L’option rétroviseur est un produit idéal en cas d’anticipation par le client d’un large mouvement favorable sur le sous-jacent, justifiant ainsi le paiement d’une prime plus élevée que celle des options plain vanilla. L’importateur usd pourra par exemple caper le minimum des cours cotés par bank al-maghrib sur la période et acheter ses devises à maturité à ce cours très avantageux.

Comment fonctionne en pratique l’option rétroviseur ?

un importateur dollar souhaite couvrir le montant d’une facture sur deux mois, avec un cours à terme usd/mad à 7.52 (spot à 7.50). a l’échéance, le minimum de la période s’étant établi à 7.20, l’importateur achète ses devises à maturité à 7.20, alors que le cours spot traite à 7.80.

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Synthèse :

Critères de choix d’une technique de couverture

 

Contrat de change à terme

Swap

Option

Avantages /

Cours connu dès la couverture

Permet d’apparier des entrées et des déboursés dans une même devise

permet de se protéger tout en gardant la possibilité de profiter d’une évolution favorable des cours

bénéfices

Coûts minimes Durée de la

Possibilité d’une durée plus longue

Coûts minimes

 

Inconvénients /

Impossibilité de profiter d’une évolution favorable du cours Garanties peuvent être exigées Ne peut être annulé à moins d'être renversé en prenant une position inverse

Impossibilité de profiter d’une évolution favorable du cours Garanties peuvent être exigées Ne peut être annulé à moins d'être renversé en prenant une position inverse

Prime à payer :

risques

varie en fonction de plusieurs facteurs, telle la durée de l’option, la volatilité du taux de change, etc.

Avantages et inconvénients pour les autres options

 

Tunnel ou collier

Tunnel autofinancé ou collier gratuit

Options barrières

Avantages /

Potentiel de gain élevé Potentiel de perte limité Prime moins élevée que lorsque seulement une option est considérée

Bon potentiel de gain Potentiel de perte limité Aucune prime à débourser

Mêmes avantages qu’une option standard Prime réduite

bénéfices

Inconvénients /

Potentiel de gain plafonné Des garanties peuvent être exigées

Potentiel de gain plafonné Des garanties peuvent être exigées

Couverture imparfaite

risques

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Quelques stratégies possibles

Objectif de l’entreprise

Stratégie proposée

Fixer dès aujourd’hui le cours futur de mes devises

Le contrat de change à terme

Optimiser la gestion de ma trésorerie globale multidevises

Le swap

M’assurer un cours minimum/maximum tout en bénéficiant de l’évolution favorable de la devise

L’option sur devises

M’assurer un prix plafond de même qu’un prix plancher sur la devise, question de gérer efficacement ma trésorerie

Tunnel

Une stratégie ponctuelle et actuelle

Une fois que vous êtes en mesure d’identifier quels instruments correspondent aux besoins que vous avez identifiés, il serait temps de vérifier les échéances pour lesquelles vous souhaitez vous protégez. Normalement, une période de 3 mois est suffisante mais il se peut que vous vouliez établir une stratégie sur une période de 1 an. Encore une fois ici, il est de votre ressort de voir sur quelle période vous souhaitez appliquer votre stratégie de couverture des risques de change.

Cependant, il est important de savoir qu’une stratégie se doit d’être redessinée. Effectivement, avec le temps, les données utilisées pour établir votre stratégie changent. Il se peut alors que vos comptes-fournisseurs de même que vos comptes-clients ne soient plus les mêmes, que vous aviez maintenant une meilleure couverture naturelle ou encore que vous aviez une attitude différente face au risque. Dans tous les cas, une stratégie gagnante doit être revisitée le plus souvent possible de façon à ce qu’elle reste centrée sur vos objectifs de croissance, sur votre gestion de la trésorerie de même que sur l’actualité.

III- Rapprochement au cas du Maroc

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1/ Spécificités:

L'instauration d'un marché des changes au Maroc en 1996 constitue incontestablement une des principales manifestations concrètes de l'intégration de l'économie Marocaine dans le circuit de la mondialisation et de la globalisation financière.

Finit le temps où les banques se limitaient à jouer un rôle de " Boîte à lettres " entre leurs clients et BANK-AL MAGHREB, pour acheter ou vendre des devises sur la base d'un taux administré.

Aujourd'hui, les banques marocaines sont dotées de véritables vitrines technologiques, dénommées salles des marchés, habilitées à traiter des opérations d'achat et de vente de devises dont les taux de change sont librement négociables entre les parties.

Sa création est le couronnement d'un long processus de déréglementation et de libéralisation entamé par l'Etat depuis les années 80 dans le cadre de la mise en œuvre du fameux programme d'ajustement structurel.

Encadré et contrôlé par BANK ALMAGHRIB, ce marché donne la possibilité aux banques de conserver et de gérer des positions de change pour traiter aussi bien entre elles qu'avec la clientèle, toutes les opérations de change.

2/ Fonctionnement:

La circulaire 1633 de l'office des changes précise que: " les intermédiaires agrées sont autorisés à effectuer entre eux et avec la clientèle des opérations d'achat et de vente de devises et à constituer des positions de change dans les conditions fixées par les autorités monétaire."

Ces intermédiaires agrées sont obligés par la loi de transmettre régulièrement à l'office des changes les comptes rendus habituels concernant les opérations d'achat et de vente de devises effectuées sur le marché des changes pour le compte de la clientèle (y compris le change manuel), et ce conformément, aux conditions prévues par l'instruction 05 relative à l'établissent de la balance des paiements.

Les banques sont tenues aussi d'adresser à la banque centrale, d'une part, un état hebdomadaire concernant les prêts et emprunts interbancaire en devises, et d'autre part, un état trimestriel relatif aux comptes en devise ouverts sur leurs livres, consolidés par devise et par échéance.

3/ Les opérations de change:

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La circulaire N° 1723 ayant lieu le 1er Août 2007 a pour objet d'informer les intermédiaires agréés qu'ils peuvent, dans les conditions indiquées ci-après, effectuer pour leur propre compte ou pour le compte de leurs clients des opérations de couverture contre le risque de change lié à tout règlement à destination ou en provenance de l'étranger au titre des opérations entre résidents et non-résidents se réalisant conformément à la réglementation des changes et ce, en utilisant les instruments suivants :

Les opérations de change à terme ;

Les options de change ;

Les opérations à terme devises contre devises ;

Les contrats de swap devises contre devises ;

Les contrats de swap devises contre dirhams.

Les opérations de change à terme ;

Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer pour leur propre compte ou pour le compte de leur clientèle des opérations d'achat et de vente de devises à terme, adossées à des règlements entre résidents et non-résidents au titre des opérations se réalisant conformément à la réglementation des changes en vigueur.

Les options de change ;

L es intermédiaires agréés sont autorisés à souscrire pour leur propre compte ou pour le compte de leur clientèle, dans le cadre de la couverture contre le risque de change, des options de change devises contre dirhams et devises contre devises, adossées à des règlements entre résidents et non-résidents au titre des opérations se réalisant conformément à la réglementation des changes en vigueur.

Les intermédiaires agréés doivent proposer à leurs clients des options de change établies par leurs soins à l'exclusion de tous instruments en provenance de l'étranger.

Pour se couvrir contre les risques encourus au titre des options de change, les intermédiaires agréés doivent s'adresser au marché interbancaire local. Au cas où ce marché ne leur permettrait pas de trouver la couverture appropriée, ils sont autorisés à s'adresser au marché international pour leur couverture devises contre devises.

Les opérations à terme devises contre devises ;

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Dans le cadre de la couverture du risque de change quelle qu'en soit l'échéance, les intermédiaires agréés sont habilités à souscrire et proposer à leur clientèle une couverture à terme devises contre devises.

Dans le cadre de la mise en place de cette couverture à terme les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer des emprunts et placements en devises sur des maturités équivalentes à la durée des opérations de couverture proposées par leur soin.

Ces opérations de couverture doivent cependant intervenir dans les conditions suivantes :

La couverture doit être effectuée par un intermédiaire agréé;

Tout paiement résultant de cette couverture doit faire l'objet, selon le cas, d'un règlement en faveur de l'opérateur marocain ou en faveur de la banque ayant émis l'instrument de couverture.

Les contrats de swap devises contre devises ;

Dans le cadre de la couverture contre le risque de change quelle qu'en soit l'échéance, les intermédiaires agréés sont habilités à conclure, pour leur propre compte ou pour le compte de leur clientèle au titre de dettes ou de créances en devises, des contrats de swap devises contre devises au comptant ou à terme.

Les intermédiaires agréés sont habilités à conclure, pour leur propre compte ou en faveur de leur clientèle, des contrats de swap auprès de leurs correspondants étrangers.

Les contrats de swap devises contre dirhams.

Les intermédiaires agréés sont autorisés à conclure des contrats de swap devises contre dirhams quelle qu'en soit l'échéance pour le compte d'entités marocaines bénéficiant de financements concessionnels accordés par des gouvernements ou organismes publics étrangers ou par des institutions financières internationales de développement et comportant un élément don d'au moins 25 % et ce, pour les financements contractés à compter de la date de publication de la présente circulaire.

Conditions communes

Les opérations de couverture contre le risque de change doivent être libellées dans les devises cotées par Bank Al-Maghrib.

Les opérations de couverture contre le risque de change au titre des règlements à partir ou à destination des zones franches ou places financières offshore sises au Maroc ne peuvent être effectuées que lorsqu'elles concernent des dettes ou des créances d'opérateurs économiques résidents.

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Les modalités pratiques de mise en ouvre des instruments de couverture contre le risque de change prévues par circulaire n° 1723 sont fixées par Bank Al-Maghrib.

4/ d’autres instruments

l'arbitrage:

C'est une technique qui est utilisée au Maroc dans toutes les salles de marché, et qui consiste à repérer les imperfections de toute nature du marché (mauvaise propagation des informations, réglementations) et d'en tirer un gain certain sans aucune prise de risque. Cette opération se déroule dans le même temps (temps réel) et dans des différentes places.

Les Cambistes centralisent les ordres d'achat et de ventes des devises émanant de la clientèle, et faire les compenser devise par devise pour obtenir un solde net acheteur ou vendeur, que ces cambistes sont chargés de traiter au mieux sur le marché.

Les Cambistes, tout en faisant la comparaison des cotations des devises entre les places financières, ou entre les cours directs et ceux croisés, ils vont chercher profiter de ces anomalies pour le compte des banques.

Affacturage: (ou Factoring)

Au Maroc, le factoring est défini par la loi bancaire (loi du 14 février 2006) qui le considère comme une opération de crédit : « l’affacturage est la convention par laquelle un établissement de crédit s’engage à recouvrer et à mobiliser des créances commerciales, soit en acquérant lesdites créances, soit en se portant mandataire du créancier avec, dans ce dernier cas, une garantie de bonne fin ».

Concrètement, le factoring consiste en un transfert de créances commerciales, par voie de subrogation, de leur titulaire à une société de factoring qui se charge, en contrepartie, de les garantir, de les recouvrer ou de les financer.

Jusqu’à la fin des années 90, l’offre de factoring était orientée exclusivement à l’international. Depuis, l’activité a touché progressivement et de plus en plus le marché domestique qui représente dorénavant 80% de l’activité des sociétés spécialisées.

Le marché du factoring (affacturage) au Maroc est dominé par 2 sociétés spécialisées, Maroc Factoring et Attijariwafa bank Factoring, qui revendiquent 70% de part de marché.

A fin 2009, les créances prises en charge par les 2 opérateurs s'élevaient à 7,3 milliards DH contre 11 milliards de DH pour l'ensemble du marché. Le groupe BMCI et Société Générale (à travers son offre « Confort Créance » confiée à Sogéfactoring), qui disposent de divisions factoring, se partagent le reste du marché. La Banque populaire envisagerait la création d'une branche d'affacturage cette année.

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Le marché de l’affacturage au Maroc conserve un potentiel puisque le volume global des créances «factorées» au Maroc représente moins de 5% des encours de financements à court

terme accordés aux entreprises (escompte, découvert

Un marché important, certes, mais qui continue à souffrir d’une certaine réticence de la part

des usagers. En effet, le factoring reste perçu comme une solution onéreuse pour les entreprises et comme une forme de concurrence pour les banques. Des habitudes qui ont la vie dure.

) par le système bancaire marocain.

les options de change: (Swaps)

L'option de change se définit comme étant un contrat de couverture contre le risque de change qui confère à l'acheteur de l'option le droit et non l'obligation d'acheter ou de vendre à une échéance convenue, un montant déterminé de devises contre dirhams, à un cours fixé à l'avance appelé prix d'exercice. Ce droit est acquis contre le paiement d'une prime.

Le détenteur d'une option, peut décider librement de l'exercer, c'est à dire d'acheter ou vendre

la devise au prix de l'exercice. Mais, il peut également renoncer à utiliser ce droit si le cours

qu'il peut obtenir sur le marché des changes est plus avantageux pour lui.

A noter, que le cours futur de la devise dans le cadre des Swaps est garantit, et que l'utilisation

des dites options n'a d'intérêt que dans la mesure où l'opérateur a affaire à des opérations en

devises qui portent sur des montants importants, et que le gain réalisé devrait compenser le montant de la prime versée.

Limites

La marché des changes marocain, certes qu’il est caractérisé par le nombre encore restreint des banques qui offrent des solutions de couverture, mais il faut ajouter que les entreprises, de leur côté, ne sont pas nombreuses à vouloir y recourir. Ceci s’explique par deux raisons essentiellement : la qualité et de la compétence des dirigeants et le coût élevé de ces produits. Les dirigeants considèrent souvent le tarif à payer comme «une charge inutile qui va peser sur le résultat financier», plutôt que comme une «prime d’assurance qui leur permettra de se couvrir en cas d’évolution défavorable des cours».

Ceci étant, grâce aux efforts de vulgarisation et de sensibilisation que fournissent les responsables des salles de marchés, le nombre des entreprises qui utilisent les solutions de couverture est en hausse d’une année à l’autre.

Il ya aussi une tendance vers la création des salles de marché propres au sein de grands

organismes comme l’ONE et l’OCP qui ont compris qu’ils gagneraient à suivre eux même la fluctuation des devises plutôt que de laisser le ministère des Finances le faire pour eux.

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ETUDE CAS

trésorerie internationale internationale ETUDE CAS Présentation du groupe : Création du Groupe OCP: 1975 -

Présentation du groupe :

Création du Groupe OCP: 1975 - Création d'OCP SA: 2008.

Réserves de phosphate : 3/4 des réserves mondiales.

Part du Groupe OCP dans le total des exportations marocaines : 33 % (en valeur) .

Chiffre d'affaires à l'export : 6,9 milliards de dollars

Parts de marché à l'international :

Phosphate :40 % • Engrais : 8.4% Acide Phosphorique : 38.4%

Les opérations en devises :

Le groupe OCP, de part son activité, engage des dépenses et encaisse des recettes en devises. Les dépenses en devises se composent principalement des règlements suivant :

o

Règlement pour achat de matières premières

o

Règlement pour achat de matériel et de pièces de rechange

o

Règlement du fret ;

o

Règlement des dettes.

Les recettes du groupe OCP proviennent principalement de l’étranger. Et par conséquent, plus de 90% du chiffre d’affaire est réalisé en devises. Les transactions réalisées par le groupe OCP sont principalement libellées en Dollar et en Euro. On traite, aussi, avec d’autre devises comme le yen japonais pour le règlement de certaines dettes garanties par l’état. Cependant, la plus grande partie des opérations s’effectue en Euro et en Dollar.

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L’exposition au risque de change, dans le cas de l’OCP, est alors due aux échanges de flux en devises avec les autres partenaires commerciaux (Clients et fournisseurs étrangers) et aux flux engendrés par les participations à l’étranger (Augmentation de capital, dividende,…).

Evaluation du risque de change du groupe OCP

L’évaluation du risque de change passe par l’évaluation des différentes positions de change de l’entreprise. Nous allons montrer comment on pourrait évaluer les différentes positions de change du groupe OCP

.

a) Evaluation de la position de change de transaction L’évaluation de la position de change de transaction du groupe OCP s’effectue, comme pour toute autre entreprise, en deux étapes :

Etude du montant net des flux entrants ou sortants de trésorerie dans chaque devise;

Détermination du risque global pour chaque devise. Les comptes du bilan qui recouvrent des créances ou des dettes en devises doivent être décomposés par devises et regroupés par échéance car les risques encourus ne sont pas les mêmes pour toutes les devises. La position de change du groupe OCP, du fait de son activité, est celle d’une entreprise exportatrice et importatrice. Par suite, la position de change de transaction du groupe, dépend de :

Ses comptes clients et comptes rattachés en devises;

Ses comptes fournisseurs et comptes rattachés en devises.

Pour évaluer la position de change du groupe, on regroupe les dettes et les créances dans les mêmes devises et dont les échéances sont proches et on procède au calcul de la différences entre les créances et les dettes en devises.

Si le calcul est effectué seulement à partir du bilan, on obtient une position de change comptable ex post. Si on inclut les données prévisionnelles, on obtient une position ex ante, plus opérationnelle, qui permet une politique de change plus active. On doit aussi tenir compte des engagements hors bilan tels que :

Les commandes reçues en devises et non encore facturées;

Les commandes passées en devises et non encore facturées;

Les devises à livrer et à recevoir, au cas ou l’OCP s’est couvert sur le marché à terme (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui). Après calcul, on obtiendrait une position de change, pour une date donnée, comme retracée dans le tableau ci dessous :

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Dollars

 

EUR

US

Yen

 

100

   

Clients et comptes rattachés

000

20 000

-

Devises à livrer (ventes à terme de devises)

 

- -10 000

-

Commandes reçues

- +15 000

-

Actif Exposé

100

   

000

25 000

-

 

-40

 

-5

Fournisseurs et comptes rattachées

000

-25 000

000

Devises à recevoir (achat à terme de

+20 000

devises)

 

- 10

   

Commandes passées

000

- 8 000

-

- 50

 

-

5

Passif exposé

000

- 13 000

000

 

+ 50

 

-

5

Position de change nette

000

+ 12 000

000

b) Evaluation de la position de change de consolidation

La position de change de consolidation dépend :

De l’importance des filiales étrangères du groupes OCP ;

De la localisation des filiales étrangères ;

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Des méthodes

comptables

utilisées

lors

de

la

consolidation

des comptes.

Vu l’importance des participations de l’OCP dans ces entreprises étrangères, il est clair que l’OCP cours un risque de change de consolidation. D’où la nécessité d’évaluer ce risque de consolidation.

Différentes méthodes de conversion de bilans sont utilisée pour la consolidation Ces méthodes sont au nombre de trois : la méthode du cours de clôture ( closing rate method), la méthode qui distingue postes monétaires et postes non monétaires (monetary/non monetary method) et la méthode qui distingue entre les postes à long terme et les postes à court terme (Current/Non Current Method). Nous allons présenter la première

Supposons que l’OCP possède une filiale X fictive en France. Le Bilan de la filiale X, exprimé en Euro, pour une certaine année se présente comme suit :

Bilan X (en Euro)

Actif

Actif Passif

Passif

Immobilisations

10 000

Capitaux propres

8

000

Stocks

3 000

Dettes à longs et moyen terme

4

000

Clients

1 500

dettes à court terme

3

000

Disponibilités

500

 

Total

15 000 Total

15 000

Le

bilan de X en Dirhams,

en

prenant 1

Euro

= 10 DHS,

est le

 

suivant

 

Bilan X (en Dirhams)

 
 

Actif

Passif

Immobilisations

100 000

Capitaux propres

 

80

000

Stocks

30

000

Dettes à longs et moyen terme

40

000

Clients

15

000

dettes à court terme

 

30

000

Disponibilités

5 000

   

Total

150 000 Total

 

150 000

On suppose qu’à la clôture le cours de l’Euro est passé à 9 dirhams.

b.1) Méthodes du cours de clôture (closing rate method)

Tous les postes du bilan sont convertis sur la base du cours de fin d’exercice (1 Euro= 9Dh), à l’exception des fonds propres qui demeurent comptabilisés aux coût historiques.

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Dans notre cas, le bilan devient le suivant :

 

Actif

en EURO Taux

(1)

de

conversion

en DH

(1)*(2)

Pas

en

EURO

(3)

Taux

conversion

de

en DH

(3)* (4)

 

(2)

sif

 

(4)

Immobilisations

10

000

9

90

000

Capitaux propres

 

8

000

10

80

000

Stocks

Clients

30

00

9

27

000

Dettes à longs et moyen

4

000

9

36

000

Disponibilités

1

500

9

13

500

terme dettes à court terme

3

000

9

27

000

Total

 

500

9

4

500

   
 

15

000

135 000

Total

15000

 

143 000

Nous remarquons qu’il y’a une perte de consolidation de 8000 dirhams (143 000-

 

135

 
 

b.2) Monetary/Non monetary Method

 
 

les postes monétaires (avoirs, créances et dettes) sont traduits au cours de clôture. Les autres postes du bilan, sont conservés au cours historique (immobilisations corporelles, incorporelles et financières, stocks et capitaux propres). Le tableau suivant, donne le détail des calculs en utilisant cette méthode.

 
   

en EURO Taux

 

de

     

Tauxde

 

Actif

(1)

conversion

(2)

en DH

(1)*(2)

Passif

en EURO

(3)

conversion

(4)

enDH (3)*

(4)

Immobilisations

10

000

10

100 000

Capitaux propres

 

8

000

 

10

80

000

Stocks

30

00

10

30

000

Dettes à longs et moyen

4

000

9

36

000

Clients

1

500

9

13

500

terme dettes à court terme

3

000

9

27

000

Disponibilités

500

9

4

500

     

Total

15

000

148 000

Total

15000

143 000

Nous constatons ici une perte de consolidation de 148 000 -143 000 = 5 000 Dirhams. L’avantage de cette méthode revient à ce que les actifs étrangers non monétaires restent comptabilisés à leur valeur d’origine dans les états consolidés du groupe.

b.3) Current/Non Current Method

Les postes de court terme sont traduits au cours de fin d’année et les autres

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conservés au cours historique.

Nous aurons alors le tableau suivant :

 

en EURO Taux

(1)

 

de

     

Tauxde

 

Actif

conversion

(2)

en DH

(1)*(2)

Passif

en EURO

(3)

conversion

(4)

en

(3)* (4)

DH

Immobilisations

10 000

10

100 000

Capitaux propres

8

000

10

80

000

Stocks

30 00

9

27

000

Dettes à longs et moyen

4

000

10

40

000

Clients

1 500

9

13

500

terme dettes à court terme

3

000

9

27

000

Disponibilités

500

9

4 500

   

Total

15 000

145 000

Total

15000

147 000

Il y’a donc une perte de consolidation de 2 000 = 147 000 - 145 000. Cette méthode conduit à la variation du fond de roulement lorsque la valeur de la devises varie.

c) Evaluation de la position de change économique

La position de change économique est importante pour l’entreprise. Cependant elle est difficile à apprécier. Elle est subjective car elle dépend de l’estimation des cash-flows futurs pour une période de temps choisie de façon arbitraire.

Cette position de change indique dans quelle mesure les cash-flows sont influencés par les variations de cours de change. On examinera successivement le cas de l’appréciation, puis de la dépréciations de la monnaie locale et on terminera par proposer un moyen de prévoir l’impact de l’évolution des cours de change sur les cash-flows de l’OCP.

Les techniques adoptées par l’OCP :

du fait du poids de l’OCP comme premier consommateur de souffre au monde7, et de ses compétences en terme de négociation , le Groupe OCP arrive à obtenir des contrats à terme conclus directement avec les fournisseurs de souffre et de potassium et ainsi se protège en grande partie du risque de prix des matières premières utilisées dans notre processus de production. Actuellement, l’achat et la vente de devises au niveau de l’OCP se fait, actuellement en spot, par le responsable de la section Salle des Marchés du service trésorerie. Le responsable de cette section consulte toutes les banques de la place pour négocier le cours de change le plus élevé pour la vente et le plus bas pour l’achat du montant désiré en devises. Ces opérations de vente et d’achat de devises sont effectuées au comptant en respectant la date de valeur de deux jours ouvrables. Ainsi, le montant nécessaire au règlement d’un achat en devises doit être négocié deux jours ouvrables à l’avance.

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Conclusion :

Le marché de changes n'est pas une fin en soi, sa force réside dans l'usage qui en est fait, son efficacité dépend des acteurs qui l'animent; la moralité et les qualifications professionnelles de ces derniers conditionnent largement son bon fonctionnement. l'institution de ce marché au Maroc en 1996, a décentralisé (pas totalement) la gestion des Avoirs en devises du pays, tout en restant, à l'intérieur de l'intervalle d'intervention fixé par Bank –Al Maghrib. malgré ces avantages, le dit marché de change n'a pas rempli pleinementsa mission pour laquelle il a été institué, pour plusieurs raisons à savoir:

- un grand déficit d'information et de formation.

- un marché monétaire peu développé.

- absence d'une culture des marchés pour la plupart des chefs d'entreprises.

Reste à savoir, que si le Maroc a instauré un système de change flottant géré (impur), il doit développer et se préparer pour le processus d'adhésion à un système de change flottant (pur) et pour s'aligner sur ses voisins méditerranéens tels la Tunisie; selon les recommandations du fonds monétaire international et la banque mondiale.

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