Vous êtes sur la page 1sur 15

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

UNICEF Cameroon

N°007 / March 2016

ACTIVITÉS DE VACCINATION SUPPLÉMENTAIRES

ACTIVITÉS DE VACCINATION SUPPLÉMENTAIRES LE PREMIER TOUR DES JOURNÉES NATIONALES DE VACCINATION 2016 RÉALISÉ  Du

LE PREMIER TOUR DES JOURNÉES

VACCINATION SUPPLÉMENTAIRES LE PREMIER TOUR DES JOURNÉES NATIONALES DE VACCINATION 2016 RÉALISÉ  Du 26 au

NATIONALES DE VACCINATION 2016 RÉALISÉ

Du 26 au 28 Février 2016, toutes les régions du Cameroun excepté le Littoral, ont tenu les JNV1/2016 ;

Une amélioration globale des indicateurs a été notée au cours de cette campagne de vaccination contre la polio ;

De nombreux cas de refus ont été gérés avec succès, grâce à l’implication des autorités administratives, leaders religieux, chefs traditionnels

gérés avec succès, grâce à l’implication des autorités administratives, leaders religieux, chefs traditionnels
gérés avec succès, grâce à l’implication des autorités administratives, leaders religieux, chefs traditionnels

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

 

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

DANS CE NUMéRO

UNICEF Cameroon N°007/March 2016 DANS CE NUMéRO  Proportion des enfants manqués au cours des AVS
UNICEF Cameroon N°007/March 2016 DANS CE NUMéRO  Proportion des enfants manqués au cours des AVS

Proportion des enfants manqués au cours des AVS 2015 P4

Niveau d’information des parents et enfants manqués P4

Vaccination : Produire des données de qualité pour

une communication efficace P5

JNV1/2016 : La campagne sous le signe de la concer- tation à l’Est – P6

JNV1/2016 : Tchad et Cameroun ensemble pour la réussite P7

JNV1/2016 : Quand les actions concertées portent des fruits dans la gestion des refus P8

Littoral : Bien se préparer pour mieux réussir la cam- pagne P9

rédaction

Sud-Ouest : 100% d’enfants vaccinés et 100% de pa- rents informés à Wone P10

Abdou Tottang : La bienveillance au cœur des ac- tions P11

Kaldjop Baeeg : Le « poumon » de la mobilisation

sociale P12

Dr Christine Ndzana : « Adopter des stratégies de

communication endogènes pour pouvoir briser les barrières » P13

Enfants manqués en ménages et en hors ménages en Février 2016 P14

Relation entre l’évolution du niveau d’information des parents et le taux des enfants manqués de Janvier 2015 à Février 2016 P14

enfants manqués de Janvier 2015 à Février 2016 – P14 Directeur de publication : FELICITE TCHIBINDAT,
enfants manqués de Janvier 2015 à Février 2016 – P14 Directeur de publication : FELICITE TCHIBINDAT,
enfants manqués de Janvier 2015 à Février 2016 – P14 Directeur de publication : FELICITE TCHIBINDAT,

Directeur de publication :

Directeur de publication :

FELICITE TCHIBINDAT, Représentante, UNICEF Cameroun

FELICITE TCHIBINDAT, Représentante, UNICEF Cameroun

Directeur de publication délégué :

Directeur de publication délégué :

ZAKARI ADAM, Représentant Adjoint Rédacteur-en-chef:

ZAKARI ADAM , Représentant Adjoint Rédacteur-en-chef :
LAURE BASSEK ATANGANA, Communication Specialist Conseillers à la Rédaction :

LAURE BASSEK ATANGANA, Communication Specialist Conseillers à la Rédaction :

BAKOLY RABENARIVO, Coordinateur Equipe Polio Secrétaire de Rédaction :

BAKOLY RABENARIVO, Coordinateur Equipe Polio Secrétaire de Rédaction :

ELODIE N. BODOLO, Communication Officer Rédaction :

ELODIE N. BODOLO, Communication Officer Rédaction :

Toni Bernard, Elodie N. Bodolo, Bintou Abdoulaye, Dapre Michel, Henriette Nkwidjang, Marie Justine Assomo, Martial

Toni Bernard, Elodie N. Bodolo, Bintou Abdoulaye, Dapre Michel, Henriette Nkwidjang, Marie Justine Assomo, Martial Ngono, Amadou Malle, Serge Akono Distribution :

Marie Justine Assomo, Martial Ngono, Amadou Malle, Serge Akono Distribution : UNICEF Crédit Photos : UNICEF

UNICEF

Crédit Photos :

Crédit Photos :

UNICEF Cameroun

UNICEF Cameroun
POLIO News COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION UNICEF Cameroon N°007/March 2016 VISION La goutte qui sauve
POLIO News
COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION
UNICEF Cameroon
N°007/March 2016
VISION
La goutte qui sauve !
© UNICEF Cameroun
C’EST REPARTI !
2016 – L’année de tous les
espoirs, pour en finir,
une bonne fois pour
toutes, avec la polio
et se concentrer sur
d’autres défis de
nombre d’enfants manqués dans les ménages est
redescendu en dessous du seuil critique de 5%.
C’est donc un satisfecit général car la tendance
est à l’amélioration, y compris les indicateurs de
couverture vaccinale.
engagées en faveur de la santé de l’enfant, des
autorités administratives, chefs traditionnels, lea-
ders religieux… qui ont fait de la lutte contre la
poliomyélite leur affaire, des équipements acquis
au sein des formations sanitaires
la liste est loin
d’être exhaustive. Tous ces acquis doivent être
santé publique. A plus
C’est pourquoi dans ce numéro, nous célébrons
de 18 mois maintenant
sans nouveau cas de con-
tamination au Polio Virus Sauvage (PVS), nous
sommes appelés à maintenir les efforts au beau
fixe, et à engager plus de personnes dans le com-
bat que nous menons depuis Octobre 2013.
les hommes et les femmes qui ont permis cela.
Toutefois, l’heure n’est pas encore à la réjouis-
sance totale, ni à la relâche, car 2016 est une
année qui vient avec de nouveaux défis. Le plus
imminent, c’est dans quelques jours, le remplace-
ment du VPO trivalent par le VPO bivalent (le
SWITCH), prévu ce mois d’Avril. Une échéance
qui nous interpelle tous, chacun à son niveau, afin
que ce soit une opération réussie.
A ceci s’ajoute la question du devenir des acquis
transférés en vue de l’amélioration de la vaccina-
tion de routine dont les indicateurs restent très
bas, voire de la santé des enfants ou tout autre
domaine ayant pour objectif leur épanouissement.
Une fois de plus, nous sommes tous interpellés,
car chacun est appelé à jouer sa partition pour
qu’ensemble nous sortions victorieux de ce long
Les premières Journées Nationales de Vaccina-
tion (JNV) en cette nouvelle année ont eu lieu du
26 au 28 Février. Il est à noter que les tendances
des indicateurs de l’année dernière se confirment
et difficile combat. On ne le dira jamais assez, le
secret de la victoire c’est l’union des forces, c’est
la concertation et la coordination des actions. Le
combat continue, ne baissons pas les bras. C’est
au cours de ce premier tour. Le niveau d’informa-
de la lutte contre la polio. Je parle ici des 14.500
tion des parents reste autour de 86% avec la ré-
gion du Nord en tête du classement (95%). Le
mobilisateurs sociaux formés sur le terrain, des
femmes des réseaux et associations du Cameroun
ensemble que nous combattons, et c’est égale-
ment ensemble que nous vaincrons.

POLIO News

 

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

Infos en chiffres

 
 

PROPORTION DES ENFANTS MANQUES AU COURS DES AVS DE JANVIER À DÉCEMBRE 2015

 La proportion d’enfants manqués dans les ménages est en hausse depuis Janvier 2015 et

La proportion d’enfants manqués dans les ménages est en hausse depuis Janvier 2015 et a franchi le seuil de 5 % en Dé- cembre 2015 ;

Celle des enfants manqués en hors mé- nage est au-dessus du seuil depuis Janvier bien qu'ayant décroché en Décembre 2015.

NIVEAU D’INFORMATION DES PARENTS ET ENFANTS MANQUÉS DE JANVIER À DÉCEMBRE 2015

 Le niveau d’information des parents évolue en dents de scie (autour de 86% en

Le niveau d’information des parents évolue en dents de scie (autour de 86% en moyenne) et ne semble pas influer véritablement sur la proportion d’enfants manqués.

 

Selon les résultats du monitorage indépendant des activités de vaccination supplémentaires (AVS) 2015 :

La proportion d’enfants manqués est restée au-dessus du seuil de 5 % en hors ménages et à moins de 5% dans les mé- nages ;

du passage des vaccinateurs ou au refus de certains parents ;

La répétitivité des campagnes est la raison avancée par les parents qui refusent (trop de VPO serait nuisible à l’enfant) ;

Le niveau d’information des parents (86% en moyenne) n’influe

pas sur la courbe d’enfants non vaccinés : les parents sont informés, mais la non vaccination est liée soit à l’absence lors

Le principal défi de la communication est de convaincre les pa-

rents de la nécessité de poursuivre la vaccination pour renfor- cer l’immunité individuelle et collective.

4
4

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

news

VACCINATION PRODUIRE DES DONNEES DE QUALITE POUR UNE COMMUNICATION EFFICACE

La question a fait l’objet du deuxième atelier de formation des gestionnaires de données qui a eu lieu à Kribi du 15 au 17 février 2016.

La communication pour le change- ment de comportement en faveur de la vaccination est un maillon important et incontournable dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination. Dans le con- texte actuel de lutte contre la polio- myélite et de relance de la vacci- nation de routine, la production des données de communication de qualité et leur utilisation judicieuse est un gage de stratégies efficaces de communication. La complétude et la qualité des données de com- munication demeurant insuffi-

santes en dépit de l’organisation de plusieurs activités vaccinales

supplémentaires (AVS) suivies de supervision et de débriefing à tous les niveaux, le renforcement de compé- tences des principaux acteurs de la gestion des données de vaccination s’est avéré nécessaire. C’est dans ce cadre que les gestionnaires des données et les points focaux communication (PFC) de six régions et de 14 districts de santé ont participé à une formation dans ce domaine, du 15 au 17 février 2016 à Kribi. Au cours de cette deuxième session de formation, la première ayant eu lieu du 5 au 7 novembre 2015, les participants ont principalement manifesté le souhait d’avoir une bonne connaissance de la gestion des données du Programme Elargi de Vaccination (PEV) ; de maîtriser les techniques de collecte, d’analyse et de transmission des données. Attentes qui cadraient globalement avec l’objectif majeur de cette formation qui était de renforcer les compétences des participants dans la gestion des données relatives aux AVS et à la vaccination de routine. Tenue en trois jours, la formation était à cet effet axée autour de cinq modules à savoir les généralités; la collecte et l’analyse des données de vaccination de routine ; la collecte et l’analyse des données des AVS ; l’analyse des données de communication ; les techniques de présentation des données et l’archivage.

techniques de présentation des données et l’archivage. Des participants lors d ’ une séance de concertation

Des participants lors dune séance de concertation après la session proprement dite.

© UNICEF Cameroun/Dapre/2016

Les modules ont principalement fait l’objet d’exposés suivis de discussion et de brainstorming, ainsi que de café mondial et des exercices pratiques. A l’issue de la formation, les participants ont confié avoir été édifiés sur la maîtrise des outils de collecte et de gestion des données, être désormais familiarisés au remplissage de ces outils et à l’analyse des données en vue de la priorisation des zones à problèmes. Ainsi, à partir des données préalablement produites dans des districts et aires de santé de la région du Centre, ils ont relevé les éléments de qualité d’une fiche de pointage déjà remplie, élaboré une fiche de synthèse des aires de santé et rempli le masque de saisie du district. Ils ont ensuite procédé à l’ana- lyse critique des données des districts avant de les prioriser et ce faisant, pro- poser des stratégies correctrices basées sur des évidences. Des concertations de groupe ont été tenues à la fin de chaque journée pour échanger sur les performances des régions et districts lors des AVS de 2015. Ce qui a permis de proposer des stratégies correctrices pour relever les défis qui se posent en 2016, parmi lesquels la mise en œuvre des recommandations issues des dis- cussions et l’impact de cette formation sur la remontée et la qualité des don- nées pour la vaccination de routine et les AVS.

5
5

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

FOCUS

JNV 1/2016 LA CAMPAGNE SOUS LE SIGNE DE LA CONCERTATION A L’EST

L’implication de tous les acteurs de la lutte contre la poliomyélite depuis la préparation de la campagne jusqu’à la fin a permis à la région de l’Est d’enregistrer de meilleures performances depuis Septembre 2015.

La MINPROFF à son arrivée à Bertoua pour le lancement officiel des JNV. © UNICEF
La MINPROFF à son arrivée à Bertoua pour le lancement officiel des JNV.
© UNICEF Cameroun/2016

Les premières Journées Nationales de Vaccination (JNV) pour le compte de l’année 2016 se sont déroulées sur l’ensemble du territoire national du 26 au 28 Février . Afin d’en obtenir de meilleurs résultats, autorités administratives, leaders religieux, chefs traditionnels… se sont joints aux acteurs de santé pour un travail en synergie. La région de l’Est n’était pas en reste. Le ton y a été donné par le Gouverneur Grégoire Mvongo qui, suite aux engagements pris à l’issue du « Forum des Gouverneurs » en faveur de la vaccination et de la santé de l’enfant tenu à Bertoua les 1er et 2 Dé- cembre 2015, a initié une note à l’intension des membres du Comité Régional de Coordination et de Suivi des Activités de Vaccination et de Santé de l’enfant à l’Est. Note qui responsabilise les personnels de plusieurs Services à divers niveaux dans la santé de l’enfant. Le 23 Février, Grégoire Mvongo instruisait dans la même logique à travers un message porté, tous les préfets de sa région à « prendre toutes [les] dispositions nécessaires en vue de la réussite de la campagne nationale de vaccina- tion contre la poliomyélite ».

Suivant les instructions du numéro un de l’Est et répondant à leur engagement, tous ont mis la main à la pâte. Des réunions transfrontalières en vue d’une meilleure plani- fication dans les district frontaliers avec la République Centrafricaine ont eu lieu, notamment à Kette, Batouri, Garoua Boulaï et Yokadouma ; les lancements officiels de la campagne aux niveaux des districts ont tous été présidés par des sous-préfets et des maires, qui ont également contribué à l’atteinte des populations difficilement accessibles tels que les Baka à Yokadouma, Moloundou et Ndelele ; de nombreux partenaires dont MSF, Plan Cameroun, ACF, AHA, FAIRMED…, ont mobilisé des ressources tant financières que matérielles et humaines pour ladite campagne ; des réunions de plaidoyer ont eu lieu avec des ministres de Cultes, autorités administra- tives, chefs traditionnels dans les districts de santé (DS) de Ndelele, Mbang, Kette, Garoua Boulaï, Doume, Batouri et Abong-Mbang ; l’implication des décideurs dans la gestion des refus a été effective avec pour résultat une adhésion massive des pa- rents pour une réduction considérable des refus (de 6,6% en Décembre 2015 à 0%

en Février 2016) ; la sensibilisation et l’information par des radios de proximité a été remarquable.

Apothéose

Les cérémonies de lancement des JNV ont pour objectif de faire une grande mobilisation sociale autour des actions de santé et de vulgariser les messages clés à travers la voie des plus hautes autorités. C’est dans cet ordre d’idées que les populations de Bertoua ont reçu des leçons riches de valeurs éduca- tives et sanitaires en faveur de la vaccination, promulguées par Marie Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), qui a personnellement présidé la cérémonie officielle de lance- ment des premières JNV 2016 dans la région de l’Est.

Tenue à l’esplanade de la sous-préfecture de Bertoua 2ème dans le grand marché de la ville, la solennité a connu la présence aux côté de la MINPROFF, de diverses personnalités représentant tous les décideurs de la région. Il s’agissait du Gouverneur Grégoire Mvongo, de Iréné Galim Ngong préfet du département du Lom et Djerem accompagné de ses sous-préfets, de Jean-Pierre Tsalon maire de Bertoua 2ème, de Robert Mathurin Bidjang, délégué régional de la Santé Publique de l’Est, des représentants des services partenaires de la santé, forces vives de la région, médias, partenaires OMS et UNICEF. Ceux-ci étaient en- tourés d’une foule nombreuse constituée de parents, enfants, commerçants, ache- teurs, riverains et passants divers réunis pour la circonstance.

Actions

Après le mot du maire de Bertoua 2ème, Marie Thérèse Abena Ondoa et Grégoire Mvongo ont procédé respectivement à l’administration des gouttes de vaccin polio oral (VPO) aux enfants de 0 à 5 ans présents sur le site. Pour la circonstance, les deux autorités se sont transformées en de véritables mobilisateurs et vaccinateurs habillés en chasubles. Rapidement, le tour du marché était enclenché dans l’objectif de vacciner tous les enfants ciblés sur place. Un acte très émotif et remarquable vis-à -vis de la population qui s’est tout de suite sentie en confiance d’une part, et une grande satisfaction d’autre part pour les acteurs de la santé qui à travers cette action des plus hautes autorités de la région, ont gagné en crédibilité auprès des popula- tions de Bertoua quelquefois réfractaires à la vaccination.

Afin de terminer en beauté son œuvre de protection des enfants, la MINPROFF a accordé une interview aux médias présents. Propos à travers lequel elle a appelé les populations de l’Est à adhérer à cette campagne de vaccination contre la polio. Marie Thérèse Abena Ondoa a particulièrement demandé à toutes les femmes de s’asso- cier au gouvernement et à ses partenaires pour faciliter l’éradication totale et défini- tive de la polio au Cameroun à travers la vaccination des enfants à tous les niveaux, sans avoir de doute en ce qui concerne la qualité des vaccins. Enfin, elle a rassuré les populations sur l’objectif de la multiplicité des campagnes de vaccination contre la polio qui selon ses propos, « ne font que renforcer l’immunité des enfants » contre la maladie.

6
6

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

news

JNV 1/2016 TCHAD ET CAMEROUN ENSEMBLE POUR LA REUSSITE

Une réunion transfrontalière a eu lieu le 26 février 2016 entre le district de santé de Guidiguis (Cameroun) et celui de Fianga (Tchad), en vue de mieux organiser les Journées Nationales de Vaccination contre la poliomyélite.

« La synchronisation des Journées Nationale de Vaccination (JNV) contre la Poliomyélite avec le Tchad a permis une meilleure sensibilisation des populations et une meilleure vaccination des enfants aux frontières ». Cette affirmation contenue dans le rap- port du premier passage des JNV contre la poliomyélite à Guidiguis dans la région de l’Extrême-Nord, témoigne de la qualité du déroule- ment de celles-ci dans cette locali- té de son côté Sud frontalière au Tchad.

Le 26 Février 2016, l’aire de santé (AS) de Touloum accueillait le lancement officiel desdites JNV,

sous la houlette du médecin chef de district Dr Tchokfe Shalom, en présence des autorités et leaders locaux, des superviseurs régionaux et des partenaires au développement (UNICEF et OMS) qu’entourait une foule nombreuse majoritairement composée des populations autochtones et des leaders communautaires. Un mot de bienvenue, un propos rappelant le contexte de la cérémonie, l’importance de la vaccination et de l’adhésion des populations à cette opération, une séance de vaccination grand public et c’était parti ! Les premières JNV 2016 contre la polio étaient lancées dans le district de santé (DS) de Guidiguis, comme sur l’ensemble du triangle national, et même au Tchad voisin.

Coordination

Après la solennité à Touloum, le chef du DS de Guidiguis a mis le cap sur l’autre côté de la frontière, à Youé dans la région du Mayo-Kebbi au Tchad. Là, l’attendaient le médecin chef du district de Fianga et son équipe pour la tenue de la réunion transfrontalière, n’ayant pu être tenue que ce premier jour de la campagne à cause du conflit des calendriers des deux équipes cadre de district. L’assise avait pour objectif entre autres, d’organiser la campagne de vaccination en cours de façon à synchroniser les sorties des équipes dans les villages fron- taliers et de faire le tour de ce qui, commun aux deux pays, pouvait garantir la qualité et le succès de ces JNV.

D’un point de vue géographique, il est globalement ressorti de la description sommaire des districts de Guidiguis et Fianga par les responsables respectifs que le DS de Fianga a une population estimée à 257 000 habitants pour une

La rencontre entre le Tchad et le Cameroun, bercée par la fraicheur des arbres. ©
La rencontre entre le Tchad et le Cameroun, bercée par la fraicheur des arbres.
© UNICEF Cameroun/2016

superficie de plus de 4090 Km2. Il comprend 35 zones de responsabili- té (équivalent des aires de santé AS) dont 28 sont fonctionnelles. Le DS est frontalier avec les Districts de Guidiguis (4 zones : Lalé, Séré, Mbrao et Youé), Kar-Hay et Guere au Cameroun. Le DS de Fianga a été scindé en deux parties en début 2016 et a donné naissance au DS de Youé. Celui-ci a une population estimée à 96 000 habitants et fait frontière avec les DS de Kar-Hay et de Guidiguis au Cameroun. Ce der- nier a quant à lui une population estimée à 157 000 habitants pour une superficie de 1240 Km2. Il com- porte 15 AS fonctionnelles dont trois (Guereme, Goudaye, et Go-

longhini) font frontière avec Youé.

Par ailleurs, il a été noté que la radio rurale de Tchatibali (DS de Kar-Hay au Cameroun) couvre cette partie du Tchad, et les marchés de Dziguilao (jeudi) et de Youé (Mercredi) sont des marchés fréquentés par les ressortissants des deux pays. La population de part et d’autre de la frontière est mixte et participe aux mêmes évènements socio-culturels (mariages, deuils, célébrations…)

Accord parfait

Compte tenu de ces points communs, les deux parties ont adopté le consensus de vacciner chacune dans son territoire pour les localités frontalières. En plus des équipes porte-à-porte, 7 équipes camerounaises et 11 équipes tchadiennes ont été postées pendant la campagne le long de la frontière pour éventuelle- ment rattraper les enfants qui sortent (ou qui entrent) d’un pays à l’autre. Pour une meilleure implémentation de leurs stratégies, les points de passage ont été préalablement identifiés, les informations sur le marquage ont été partagées. Au Tchad, c’est l’auriculaire gauche qui était marqué tandis qu’au Cameroun, c’était plutôt l’auriculaire droit. L’information a été immédiatement communiquée aux équipes des postes de passage pour qu’elles ne vaccinent pas à nouveau des enfants déjà vaccinés dans l’un des pays.

Après l’évaluation finale, le taux de couverture à l’issue de la campagne est de 97,9% des enfants âgés de 0-59 mois vaccinés à Guidiguis. Seules les AS de Guérémé et Goundaye parmi les 15 que compte le district n’ont pas atteint les couvertures de 95%. Ces résultats, Guidiguis les doit à une préparation coordon- née des JNV avec Fianga, et à une mobilisation tous azimuts.

Guidiguis les doit à une préparation coordon- née des JNV avec Fianga, et à une mobilisation
7
7

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

 

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

focus

JNV 1/2016 GESTION DES REFUS : QUAND LES ACTIONS CONCERTEES PORTENT DES FRUITS

C’est ensemble et avec succès que les autorités administratives et sanitaires de Malentouen sont parvenues à faire ac-

cepter la vaccination à une famille totalement réfractaire, lors de la campagne de Février dernier.

réfractaire, lors de la campagne de Février dernier. L ’ équipe de sensibilisation en plein travail
réfractaire, lors de la campagne de Février dernier. L ’ équipe de sensibilisation en plein travail

Léquipe de sensibilisation en plein travail dans une famille réfractaire à Mantoum.

Après de vives négociations, les enfants ont enfin pu être vaccinés.

© UNICEF Cameroun/2016

© UNICEF Cameroun/2016

Malentouen. L’on se souvient de ce nom devenu tristement cé- lèbre depuis Octobre 2013. Située dans la région de l’Ouest, cette

Hamadou, a immédiatement saisi le maire de Malentouen et quelques leaders de la communauté pour une descente dans cette localité. C’est ainsi qu’une équipe composée de huit décideurs est arrivée sur place. S’entretenant avec la délégation, le responsable de la famille a expliqué qu’il ne voulait pas le vaccin parce qu’il n’avait jamais été vacciné et n’aimerait pas qu’on le fasse pour ses

localité est celle par laquelle l’épidémie de poliomyélite a refait surface au Cameroun. Il y avait été confirmé 3 cas de poliomyélite les 1er, 4 et 30 de ce même mois. Dès lors, des campagnes de vaccination de masse ont été organisées comme sur toute l’éten-

due du triangle national pour venir à bout de la maladie. Seule-

enfants. Prenant la parole, le chef de district a expliqué à tous les

ment, après de nombreux tours de vaccination, les populations ont commencé à exprimer leurs doutes face à la multiplicité des cam- pagnes de riposte contre la poliomyélite. Une des familles de l’aire de santé de Mantoum dans le district de santé de Malentouen en est une parfaite illustration. Depuis 2015 elle manifestait des refus catégoriques à la vaccination, du moins jusqu’à la dernière cam- pagne tenue du 26 au 28 Février dernier.

Saisi par le responsable de l’aire de santé, le chef de district a dé- ployé tous les efforts nécessaires pour gérer ces cas de refus, sans succès. Alerté, le sous-préfet de Malantouen, Djibrilla Yaya

membres de cette famille le contexte d’épidémie, les raisons de la multiplicité des campagnes de vaccination au Cameroun et l’im- portance de la vaccination pour les enfants de 0 à 5 ans.

Au bout du compte, le résultat de cette descente a été fructueux. 11 personnes ont été sensibilisées et informées, trois enfants ont été vaccinés et deux enfants manqués ont été rattrapés. A l’issue de la rencontre, le sous-préfet a fait convoquer le chef de famille et son fils à Malentouen pour qu’en collaboration avec le chef de dis- trict, ils puissent lever certaines incompréhensions pour une ad- hésion définitive à la vaccination.

8
8

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

Echos des regions

LITTORAL BIEN SE PREPARER POUR MIEUX REUSSIR LA CAMPAGNE

Le premier tour des journées nationales de vaccination 2016 dans le Littoral a eu lieu du 10 au 12 Mars dernier, après de nom- breuses activités préliminaires.

Brève session de supervision avant le début de la vaccination.
Brève session de supervision avant le début de la vaccination.

© UNICEF Cameroun/2016

La région du Littoral a officiellement donné le kick off de la préparation pratique des JNV le Jeudi 03 Mars 2016. C’était avec la session de briefing des superviseurs régionaux, des points focaux communication et des équipes cadre de district. Les 24 districts de santé que compte la région étaient tous représentés non seulement pour les activités de vaccination, mais aussi pour les activités de communication. Les superviseurs cen- traux, les consultants tant de l’UNICEF que de l’OMS étaient également présents et ont participé activement au briefing. Il est ressorti de cette assise qu’à exactement une semaine du lancement

des JNV, la région avait déjà reçu l’ensemble des ressources financières

attendues de l’UNICEF et de l’OMS. Toutes les quantités nécessaires de vaccins ont été livrées à la région ; les vaccins et les fonds ont été distri- bués à l’ensemble des districts de santé le 03 mars 2016 ; les tracts ont été distribués aux districts de santé ; 274 mégaphones ont été reçus ce jour de la part du partenaire UNICEF. Le problème relevé à ce niveau a été l’éta- blissement d’un plan de distribution, le temps de rassembler les informa- tions sur le nombre de mégaphones préalablement distribués. Sur un tout autre aspect, il a également été relevé l’omission de la prise en charge des 5 points focaux communication des nouveaux districts dans le budget, au niveau de la formation et de l’évaluation régionales.

Aussi…

Ce même 03 Mars, les moniteurs sélectionnés pour les différentes ses- sions ont été formés au bureau OMS de Bali. Ils étaient 32 moniteurs indé- pendants à avoir été briefés, ainsi que 11 superviseurs de moniteurs. Les difficultés rencontrées se situaient au niveau de la reformulation des ques- tions pour les rendre plus compréhensibles par l’auditoire. Les districts de santé (DS) sont rentrés dans la danse à partir du 04 Mars avec les formations des points focaux communication (PFC) et des chefs des aires de santé (AS). Six districts ont en effet mis en œuvre la forma- tion des acteurs des AS et des superviseurs de districts. Parmi ceux figu- rent en bonne place les DS de New-Bell, Bonassama et Deido. Ce même jour les services du gouverneur du Littoral ont abrité la réunion du Comité de suivi des recommandations du « Forum de gouverneurs » du Littoral. Il a été question pour les membres de faire l’état des lieux des préparatifs des DS pas encore formés à savoir Logbaba, Loum, Dibomba-

ri. Le briefing des hommes des medias, soit le point de presse du délégué

régional de la Santé Publique du Littoral, a quant à lui eu lieu le Lundi 07

Mars 2016.

A l’issue de la campagne, de légères améliorations ont été relevées dans la région selon les résultats issus du monitorage indépendant. Notamment en ce qui concerne le taux d’enfants manqués en ménage (7,8% en Février

contre 9,6% en Décembre 2015) et en hors ménage (9,9% en Février

2016

2015

contre 11,5% en Décembre 2015).

(9,9% en Février 2016 2015 contre 11,5% en Décembre 2015). Le délégué régional de pagne la

Le délégué régional de pagne la Santé lors du du Littoral briefing donnant des médias. des explications sur la cam-

© UNICEF Cameroun/2016

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

Echos des regions

SUD-OUEST 100% D’ENFANTS VACCINÉS ET 100% DE PARENTS INFORMÉS A WONE

Ces résultats, obtenus à l’issue du monitorage indépendant de la dernière campagne de vaccination de masse contre la polio, sont la manifestation de l’intérêt des parents de cette localité pour la vaccination de leurs enfants.

Des femmes attendant de faire vacciner leurs enfants au centre de santé de Wone. ©
Des femmes attendant de faire vacciner leurs enfants au centre de santé de Wone.
© UNICEF Cameroun/2016

Tout comme les autres régions du Cameroun, le Sud-Ouest a abrité les

journées nationales de vaccination (JNV) 1/2016 du 26 au 28 Février.

Pendant le monitorage interne des ménages au cours de la dernière journée, il a été constaté dans un ménage de l’aire de santé (AS) de Wone qu’une mère avait déclaré de son propre chef ses deux enfants manqués. Elle était visiblement inquiète et mécontente d’avoir raté l’op- portunité de la vaccination et de surcroît gratuitement offerte. L’équipe de supervision de passage dans cette AS s’est enquise des raisons de son absence au passage des vaccinateurs. La réponse à cette préoccu- pation était son déplacement avec ses enfants dans une autre localité pour assister à l’enterrement d’un membre de sa famille. La vaccination était planifiée dans son quartier le vendredi, jour de l’inhumation.

De retour au village Wone Centre

elle a été informée par ses voisins du passage de l’équipe de vaccina-

son lieu de résidence permanente,

tion. Ayant pris connaissance de la

situation, l’équipe de supervision a

contacté les vaccinateurs du poste fixe

de l’AS de son village pour le rattra- page de ses enfants dont l’un était âgé de 06 mois et l’autre de 02 ans.

Comme cette maman soucieuse du bien-être de ses enfants, les parents

dans le village de Wone font pression auprès des vaccinateurs pour la protec- tion des leurs contre les maladies

cibles du Programme Elargi de Vacci-

nation (PEV). Des résultats de la der- nière campagne du monitorage indé- pendant, il est ressorti que 100% d’en- fants ont été vaccinés dans cette AS, et tous les parents informés pour une proportion de 100%. Ce Résultat sa- tisfaisant est le fruit d’une bonne sensi- bilisation de la part des agents de santé et de communication d’une part, et

d’autre part d’une bonne adhésion des parents aux activités relatives au

processus d’éradication de la Poliomyélite au Cameroun et dans le

monde.

Hormis les campagnes de vaccination de masse, nombreuses sont les mères d’enfants de Wone qui se rendent spontanément au centre de santé de leur quartier ou village pour la vaccination de routine. Accom- pagnées de leurs enfants, elles prennent de plus en plus conscience du fait que la vaccination de ces derniers est un droit exigible. Isaac Elangwe, point focal communication du district de santé de Konye, confie qu’elles approchent très souvent les responsables sanitaires de leurs localités pour s’informer de ce qui se passe, si pour une raison ou une autre les vaccinations n’ont pas eu lieu ou que le personnel de la vacci- nation est arrivé en retard. Cette attitude traduit la volonté de ces der- nières d’être toujours informés de ce droit à la santé pour leurs enfants.

10
10

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

PORTRAITS

ABDOU TOTTANG LA BIENVEILLANCE AU CŒUR DES ACTIONS

Entretien avec le chef de Pologozom, Tottang Abdou.
Entretien avec le chef de Pologozom, Tottang Abdou.

© UNICEF Cameroun/2016

« Prévenir vaut mieux que guérir », a-t-on coutume de dire. Cet adage, Abdou Tottang, chef du village de Pologozom dans le district de santé du Mayo Oulo, région du Nord, l’a bien compris. Rencontré à l’occasion des

missions d’appui et de supervision en prélude aux journées nationales de

vaccination (JNV) du 26 au 28 Février 2016, Abdou Tottang a confié que la campagne se déroulait à merveille dans sa circonscription, grâce l’implica- tion de toutes les couches de sa communauté et à l’adhésion des siens.

A la question de savoir qu’est-ce qui justifie son engagement en faveur de la

santé de ses populations, le chef de Pologozom dit avoir compris que le Cameroun de demain sera l’œuvre des enfants d’aujourd’hui. Selon lui :

« nous avons en tant que parents le devoir de les protéger contre les mala-

dies qu’on pourrait éviter par la vaccination comme nous le conseille sans

cesse le ministère de la Santé ». C’est conscient de cet état de fait et usant

de sa position de chef que Abdou Tottang s’implique personnellement dans

la mobilisation sociale de sa communauté, afin qu’aucun enfant de sa cité

ne soit omis lors des campagnes de vaccination.

Avant la campagne il réunit tous ses notables, ses chefs de quartier, les représentantes des femmes pour les informer de la date de tenue de la cam-

pagne, et sur la maladie en question. Il leur demande de venir en appui aux

mobilisateurs sociaux, de prendre toutes les dispositions afin que tout le

village soit sensibilisé. Durant la campagne, un point journalier lui est pré- senté, notamment sur les cas de refus afin qu’il puisse les gérer quand ils sont avérés.

Afin de prêcher par la parole et surtout par le bon exemple, le chef de Polo- gozom a fait vacciner ses trois enfants dans la tranche d’âge cible. Recon- naissant, il a tenu à adresser ses remerciements au ministère de la Santé Publique et à ses partenaires pour ces campagnes de vaccination de masse qu’il sait salutaires pour sa communauté. Grâce à ses actions, les 627 en- fants de 0 à 59 mois que compte le village, ont tous été vaccinés lors de la

dernière campagne. Comme nouveau défi, le chef du village a décidé de

faire également de la vaccination de routine son cheval de bataille, en vue

d’en améliorer les performances.

11
11

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

 

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

PORTRAITS

KALDJOP BAEEG LE « POUMON » DE LA MOBILISATION SOCIALE

L’engagement de cet enseignant retraité contribue à l’optimisation des indicateurs de couverture vaccinale pendant les AVS dans l’aire de santé de Nganguè à Douala.

Il a 71 ans mais dé- borde d’énergie, sur-

tout quand il s’agit de

la santé des per- sonnes qui l’entourent. Kaldjop Baeeg, puis- qu’il s’agit de lui, est affectueusement ap-

pelé « Prési » par l’équipe des mobilisa- teurs de l’aire de santé

(AS) de Nganguè dont

il est ressortissant. Marié, père de neuf enfants et grand-père de plusieurs petits-

Kaldjop Baeeg debout au milieu de son équipe, tous prêts à partir pour le travail
Kaldjop Baeeg debout au milieu de son équipe, tous prêts à partir pour le travail en communauté.

© UNICEF Cameroun/2016

un travail dont les résul- tats témoignent de la

qualité. En plus de son

dynamisme, Kaldjop Baeeg a marqué les es- prits lorsque sentant la nécessité pour l’aire de santé d’avoir un méga-

phone, et après avoir mené moult plaidoyers en vain, il a acheté de ses

propres frais un méga-

phone.

A la question de savoir

quelle est sa motivation, il répond fièrement le «

enfants, il a eu le temps d’apprécier sur sa progéniture les bienfaits de la vaccination. Avant sa retraite, Kaldjop Baeeg a exercé le métier d’enseignant. Métier dont il aura conservé les techniques de communication en vue

bien être de ma commu- nauté ». Selon le chef de l’AS, Smella Mohmbashagle, « papa Kald- jop » se bat avec la dernière énergie pour la santé publique dans son aire, malgré son mauvais état de santé à lui. Ce natif de Ngambè a

d’une meilleure assimilation des leçons par les élèves, d’une trans-

en effet trouvé à Nganguè un second chez-soi et s’est engagé solen-

mission optimale des connaissances par lui-même. Ces acquis, ce doyen d’âge des mobilisateurs a décidé de les mettre au profit de sa nouvelle passion : la mobilisation sociale. En effet, après sa retraite,

nellement à servir sa communauté jusqu’à ce que « la mort vienne le chercher ».

Kaldjop Baeeg a décidé de consacrer sa vie à la conscientisation de la communauté de son AS, notamment en ce qui concerne les pro- blèmes de santé publique.

Encore appelé « Poumon » de par l’extraordinaire énergie qu’il dé- ploie, « papa Kaldjop », handicapé moteur de naissance, infatigable défenseur de la vaccination des enfants, est sur tous les fronts quand il s’agit de la sensibilisation de la population. Avec son équipe, ils font

Pour le moment, il faut dire que le travail de Kaldjop Baeeg et de son équipe à Nganguè porte bien des fruits. En témoignent les indicateurs selon lesquels l’AS est en effet l’une des rares du district de santé de New-Bell à atteindre les 100% de couverture vaccinale pendant les Activités de Vaccination Supplémentaires (AVS). Plus important en- core, cette AS fait partie des premières à New-Bell en ce qui con- cerne le respect de la promptitude et de la complétude des données de communication.

12
12

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

 

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

Paroles à

DR CHRISTINE NDZANA « ADOPTER DES STRATEGIES DE COMMUNICATION ENDOGÈNES POUR POUVOIR BRI- SER LES BARRIÈRES »

Comme tous les districts de la région du Centre, le district de santé (DS) de Nkolndongo fait face à de nombreux cas de

refus pour diverses raisons : religions, cultures, rumeurs, idées reçues

Ces cas de refus, Christine Ndzana, médecin

chef de district les gère au quotidien en employant des méthodes spécifiques à chaque cas.

Parlez-nous d’un cas de refus qui vous a le plus marquée.

Dr Christine Ndzana dans son bureau.
Dr Christine Ndzana dans son bureau.

© UNICEF Cameroun/2016

Le district de santé de Nkolndongo a en son sein une forte commu- nauté musulmane qui au départ était très fermée, à cause des croyances culturelles et religieuses. Toute personne étrangère ne pouvait pénétrer dans une concession musulmane, sans l’autorisation

préalable du chef de famille. Je n’avais pas connaissance de ce dé- tail. Jusqu’en début 2015, le district a été confronté à une fin de non- recevoir de cette communauté lors des campagnes polio. Plusieurs tentatives menées par mon équipe et moi auprès de l’Imam de la Mosquée Essomba dans l’aire de santé de Mimboman 2 sont restées

vaines.

Sans me décourager et soucieuse de voir tous les enfants cibles de ma zone de compétence vaccinés, j’ai persévéré. C’est ainsi que j’ai

réussi à avoir une séance de travail avec l’Imam, au cours de laquelle je lui ai expliqué de quoi il est question, de l’importance de la vaccina- tion, du nombre élevé d’enfants non vaccinés dans sa communauté et des risques encourus. M’ayant écouté, ce dernier a demandé à réfléchir. C’est ainsi que lors de la Semaine d’Actions de Santé et de Nutrition Infantile et Maternelle (SASNIM) couplée aux journées natio- nales de vaccination contre la polio de Juillet 2015, l’Imam a accepté de laisser vacciner les enfants de sa communauté, à condition qu’il y

mon niveau, à savoir que les femmes de la communauté soient aus- cultées par un personnel féminin.

Qu’en est-il des Eglises dites de réveil ?

Pour ce qui est des Eglises dites de réveil, le point focal communica-

ait autre action de santé plus intéressante pour la communauté. D’où

tion étant un des leurs a été un atout non des moindres. Cette der-

l’intégration de la distribution des Moustiquaires Imprégnées à Longue Durée d’Action (MILDA) aux femmes enceintes dans cette même période. Grâce à ce consentement, des communiqués ont été lus dans les 05 Mosquées fédérées, qui couvrent toutes les aires de santé de l’arrondissement de Yaoundé 4 et le lancement de la cam- pagne s’est fait dans toutes ces mosquées.

nière a pu convaincre ses frères et sœurs en Christ. Elle a eu à pren- dre les gouttes du vaccin polio en leur présence pour les rassurer de la qualité dudit vaccin. Le district a également recruté des mobilisa- teurs, des vaccinateurs, ainsi que des superviseurs de proximité par- mi les fidèles de ces Eglises. C’est l’une des raisons pour lesquelles elles ne nous ferment plus leurs portes. Seule l’Eglise « Va et Ra- conte » dans l’aire de santé d’Odza demeure catégorique.

Votre action s’est-elle arrêtée là ?

Quelles leçons avez-vous tirées de ces expériences ?

Pas du tout. Le processus a été long. Par la suite, des mobilisateurs ont été recrutés au sein de la communauté musulmane. Ce qui faci-

lite l’accès aux maisons et nous permet désormais d’atteindre nos

J’ai compris à travers ces expériences qu’il suffit d’étudier les us et coutumes de chaque communauté et d’adopter des stratégies de communication endogènes pour pouvoir briser les barrières. C’est le travail de toute une équipe. Un climat de confiance s’est établi.

enfants cibles. Ayant compris l’importance de la vaccination en parti- culier et de la santé en général, l’Imam a présenté une doléance à

13
13

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

Récap

ENFANTS MANQUÉS EN MÉNAGES ET EN HORS MÉNAGES EN FÉVRIER 2016

MANQUÉS EN MÉNAGES ET EN HORS MÉNAGES EN FÉVRIER 2016  La proportion d’en- fants manqués

La proportion d’en- fants manqués en ménage est de moins de 5% au niveau national

(4%);

régions sur les

ont des propor-

tions d’enfants manqués de plus de 5% aussi bien en ménage qu’en hors ménage.

04

10

RELATION ENTRE L’ÉVOLUTION DU NIVEAU D’INFORMATION DES PARENTS ET LE TAUX DES ENFANTS MANQUÉS DE JANVIER 2015 À FÉVRIER 2016

TAUX DES ENFANTS MANQUÉS DE JANVIER 2015 À FÉVRIER 2016  La tendance à la hausse

La tendance à la hausse du niveau d’information des parents depuis sep- tembre 2015 a en- traîné une baisse de la tendance des proportions d’en- fants manqués.

14
14

POLIO News

COMMUNICATION & SOCIAL MOBILISATION

UNICEF Cameroon

N°007/March 2016

Stop polio !

Ensemble mettons fin à la poliomyélite au Cameroun

Un enfant atteint de poliomyélite reste paralysé à vie!

Remerciements spéciaux à
Remerciements spéciaux à
15
15