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Bimestriel du Coppem, année 6 n.22, juin 2006

PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA COOPERATION ENTRE LES VILLES ET LES REGIONS EURO-MEDITERRANEENNES ALGER, 24 JUIN

COPPEM Comité Permanent pour le Partenariat Euro-méditerranéen

FACM Forum Algérien pour la Citoyenneté et la Modernité

Haut patronage du Ministre algérien des Affaires Etrangères

COPPEMNEWS bimestriel édité par le Coppem Enregistrement Tribunal de Palerme n°22 du 23/12/1986. DIRECTEUR Fabio

COPPEMNEWS

bimestriel édité par le Coppem Enregistrement Tribunal de Palerme n°22 du 23/12/1986.

DIRECTEUR

Fabio Pellegrini

SOUS-DIRECTEUR

Lino Motta

DIRECTEUR RESPONSABLE

Piero Fagone

RÉDACTION

Roberta Puglisi

Giovanna Cirino

Nino Randisi

redazione@coppem.org

TRADUCTION (en français) Stefania Di Caro (en anglais) Roberta Italia Stefania Di Caro (de l’arabe) Roberta Italia PHOTO Giuseppe Gerbasi PROJET GRAPHIQUE Luigi Mennella IMPRIMERIE Officine Grafiche Riunite Palermo

Luigi Mennella IMPRIMERIE Officine Grafiche Riunite Palermo COPPEM Via E. Amari, 162 90139 Palermo (Italia) tel.

COPPEM Via E. Amari, 162 90139 Palermo (Italia)

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L’EDITORIAL

de Piero Fagone

La IX Assemblée Générale du Coppem, célébrée à Palerme en mai dernier, semblait empreinte d’un caractère opérationnel en raison de la référence aux développements d’initiatives que certaines réa- lités, qui se vantent de grandes potentialités en vue de la perspective du renforcement du Partenariat euro-méditerranéen, ont, de part et d’autre, en chantier depuis longtemps. Il s’agit, dans la plupart des cas, de projets “en cours” qui augmentent jour après jour. Par exemple, d’autres rencontres se sont tenues en concomitance avec l’Assemblée de Palerme pour mieux définir le programme de coopéra- tion côtière entre la Jordanie, l’Egypte, la Palestine et Israël, établi grâce à l’apport du Coppem et de deux agences de l’ONU, de l’UNESCO et de l’ONU-Habitat. Aujourd’hui, l’on peut affirmer que ce projet sera réalisé dès 2007 et qu’il impliquera quatre villes touchées par la violence terroriste: Aka- ba, Sharm-el-Sheik, Gaza et Eilat. Du reste, grâce à une forte synergie entre les villes concernées, les itinéraires des caravanes qui sillonnaient le désert seront rétablis à des fins touristiques. Parmi ces activités, l’idée lancée par la “Fiera del Mediterraneo” de Palerme, de créer un vaste réseau d’expositions est en train de prendre corps: des contacts ont déjà été pris avec diverses Foires et les premiers accords ont été souscrits: et pour aller plus loin, un protocole d’entente a été souscrit par le Coppem et les promoteurs du projet “Sun & Wind” qui vise la construction d’habitations bioclima- tiques dans les Pays de la Méditerranée. Mais un chapitre à part concernant les relations entre les communautés de cette région devrait être écrit par l’ISMETT, l’Institut méditerranéen pour les Transplantations et les thérapies d’excellence, créé par la Région Sicilienne et géré par l’Université de Pittsburg. En outre, cet Institut, qui a son siège à Palerme, est le seul centre d’Italie qui participe au programme communautaire “Emispher” qui réalisera un système de télémédecine et un programme de formation à distance entre 16 centres mé- dicaux de 10 Nations méditerranéennes. Entre-temps, les contenus du protocole d’entente entre la Région Sicilienne et le Gouvernorat de Qalyubiya, en Egypte, s’enrichissent de plus en plus; en effet une délégation de cadres de l’administration régionale sicilienne a visité ce Gouvernorat dans le but de définir des programmes d’intérêt commun. Nombreux sont ceux qui se demandent si les politiques de l’UE pour la Méditerranée ne sont pas au- jourd’hui ralenties en raison de la récente entrée des pays de l’Europe de l’Est dans cette même Union. C’est un problème que les représentants des communautés des Pays qui ont signé les accords de Barcelone pour le Partenariat continuent à soulever dans le but de récupérer complètement l’es- prit et les valeurs originels de la déclaration souscrite en 1995. C’est pour cette raison que le Cop- pem cherche des alliances avec différents organismes, des Universités, des institutions culturelles, so- ciales et économiques pour faire front commun. Il y a une conscience croissante que les Autonomies locales jouent un rôle décisif dans le déve- loppement de politiques de coopération appropriées avec des retombées plus ou moins directes sur celles des gouvernements nationaux. C’est justement pour débattre ces thèmes et, en particulier celui des “perspectives de développement de la coopération entre les villes et les régions euro-mé- diterranéennes”, que le Coppem et le Forum Algérien pour la Citoyenneté et la Modernité ont or- ganisé, le 24 juin à Alger, une rencontre entre les représentants des Pouvoirs locaux de la région euro-méditerranéenne. Le fait que la rencontre ait lieu en Algérie est très significatif, s’agissant d’un pays fortement engagé pour développer et rendre efficace la machine publique, les autono- mies locales et leurs administrations. Cette conférence fait suite à la récente assemblée des Col- lectivités du Maroc qui ont exprimé une invitation constante à développer de nouvelles formes originales de collaboration. Mais toutes ces possibles initiatives, tous ces programmes opération- nels et ces projets ambitieux doivent avoir un dénominateur commun afin d’être réellement effi- caces: l’engagement des forces politiques et des Institutions locales, de la société civile et donc des citoyens afin de construire l’édifice de la paix.

VILLES ET REGIONS PROTAGONISTES DU DEVELOPPEMENT

A Alger conférence Coppem – Facm sur la coopération entre les autorités locales

– Facm sur la coopération entre les autorités locales Alger, panorama Au cours du long parcours

Alger, panorama

Au cours du long parcours difficile du partenariat euro-méditerranéen, une nouvelle étape est en train de se dessi- ner pour étendre et consolider les rap- ports de collaboration déjà établis et pour en entamer de nouveaux sous le signe de la solidarité et de la coopéra- tion et d’une connaissance mutuelle plus approfondie. Ceci est le sens de la rencontre que le Coppem et le Facm (Forum Algérien pour la Citoyenneté et la Modernité) ont promu le 24 juin à Alger sur le thème “Perspectives de dé- veloppement de la coopération entre les villes et les régions euro-méditerra- néennes”. “Cette rencontre – dit le président du Facm, M. Nourredine Sbia - représente également l’occasion pour faire connaître un Pays où la démocratie et les activités économiques sont en train de se développer, pour présenter les ac- teurs et les partenaires des Autonomies locales qui, à travers leurs attributions et leur engagement, gèrent et secondent le développement durable en Algérie. La conférence sera également l’occasion pour illustrer les politiques de dévelop- pement menées par les organes centraux et par les pouvoirs locaux afin de faire face à ces phénomènes qui condition-

nent les facteurs de la croissance en commençant par la pauvreté, le chôma- ge et les conséquences ravageuses du terrorisme sur la société et sur l’écono- mie algérienne”. Mais la rencontre d’Alger a surtout une valeur propositive tant dans les inten- tions du Coppem que dans les pro- grammes du Facm. “Nous voulons pro- poser, au sein du partenariat développé par le Coppem – ajoute Sbia – une série d’initiatives concernant les projets de coopération et les jumelages, de façon à obtenir, à travers une action commune, des effets immédiats en faveur des popu- lations. Aujourd’hui, les régions ne sont pas seulement un amas d’intérêts mais elles savent s’engager pour répondre aux besoins du présent et se projeter dans l’avenir avec l’intelligence et les instru- ments adéquats, avec la conscience concrète d’agir pour préserver la paix et sauvegarder la sécurité”. C’est justement l’échange des expé- riences entre les différentes villes et ré- gions et la création d’instruments de partenariat qui constituent un des thèmes essentiels au centre de la confé- rence aux côtés de ceux qui concernent le renforcement des canaux d’informa- tion et de formation pour la bonne gou-

vernance et le développement durable. Au sein de la conférence, un ample es- pace a été réservé au séminaire sur la “gestion de la ville à l’épreuve de la bonne gouvernance et coopération entre les villes et les régions euro-médi- terranéennes”, duquel des orientations et des propositions concrètes devront émerger. Les indications formulées se- ront résumées dans un document qui se- ra mis au vote à la fin des travaux. La participation à la conférence du mi- nistre des Affaires Etrangères, M. Moha- med Bedjaoui, paraît très significative et témoigne de l’intérêt attribué à cette ini- tiative de la part du gouvernement algé- rien qui s’exprimera également à travers la présence des ministres délégués char- gés des Collectivités locales et de la Vil- le. D’autres participations importantes sont prévues, comme celles du Ministère des Participations et de la Promotion des Investissements, du Directeur Général de la Chambre du Commerce algérienne et des Chefs de certaines communautés régionales et locales. Un espace sera réservé également au Comité d’organisation de la III Confé- rence des villes euro-arabes, qui est pro- grammée à Dubaï en février de l’année prochaine. La Conférence de Dubaï est également un autre élément important que le Coppem, avec les autres autorités préposées à la célébration de cette Conférence, veut situer au sein du mo- saïque, à la fois complexe et extraordi- naire, de la création de la grande zone de libre échange dans la région et, de fa- çon plus générale, de cette “citoyenneté euro-méditerranéenne”, dont l’on parle avec de plus en plus d’insistance aussi bien dans le domaine politique que cul- turel et sociologique, comme si l’on voulait préfigurer une nouvelle dimen- sion existentielle susceptible de récupé- rer les origines communes.

INSTITUTIONS ET DEMOCRATIE

Une étude sur le système administratif algérien affronte également le thème de la “Transition”

affronte également le thème de la “Transition” Mohamed Taibi Socio-anthropologue, chercheur, membre du

Mohamed Taibi

Socio-anthropologue, chercheur, membre du bureau natio- nal du FACM, membre du Coppem

L’organisation des pouvoirs locaux et la problématique de la régionalisation en Algérie:

Les pouvoirs publics algériens ont entre- pris bien qu’avec lenteurs et tâtonne- ments des démarches qui semblent don- ner une priorité à la gestion des collecti- vités locales. Le rapport Sbih, expert et vieux concepteur de l’administration pu- blique algérienne propose un remodelage profond du schéma directeur et des or- ganes publics qui ont trait à la prise en charge globale des questions relatives aux pouvoirs locaux et aux décisions qui relè- vent de la gouvernance nationale et loca- le. La crise politique et économique a sé- rieusement mis à nue les dysfonctionne- ments structurelles de l’administration al- gérienne. Le passage d’une économie ad- ministrée et fortement centralisée à une économie dite de marché a révélé d’abord

les résistances et souvent les archaïsmes d’une administration sans imagination et sans flexibilité. Dans la foulée et au fur et à mesure que les problèmes du dévelop- pement se compliquent en dégénérant en des phénomènes de pauvreté et de chô- mage, les autorités du pays prennent conscience de la nécessité d’une révision profonde, mais progressive de l’architec- ture administrative du pays. Au cœur du dispositif se pose et s’impose la gouver- nance des domaines et surtout la gouver- nance locale. Et si le rapport Sbih a fait un diagnostic sans complaisance de la fonctionnalité de l’administration algé- rienne en mettant en relief ses paradoxes et ses perversions, il a proposé toute une série de mesures et de proposition qui per- mettent une harmonisation féconde entre l’esprit de l’état de droit et les mis- sions d’une administration publique neutre et efficace. De son côté l’opinion publique algérienne à travers la presse n’a cessé de dénoncer les déviances et l’arbi- traire qui ont marqué certains secteurs de l’administration publique. De son côté, la société civile, a entrepris toute une série de réflexion et a engagé un débat d’idée qui a attiré dans la foulée les acteurs de la société civile qui ont fortement marqué les débats. Le conseil national écono- mique et social a engagé une réflexion profonde sur la question, le facm a orga- nisé plusieurs rencontres durant les- quelles un débat contradictoire qui a tou- ché tous les domaine de la gouvernance a eu lieu. Il projette d’approfondir la ré- flexion en organisant une prochaine ren- contre sur la gouvernance urbaine et la gestion des villes. Les pouvoirs publics ont touché du doit les carences de l’admi- nistration publique qui consomme le dé- veloppement et dilapide les richesses. Les charges d’une administration lourde et sans efficacité réelle alourdissent les charges du trésor public et se transfor-

ment progressivement en nids affectés qui développement la corruption et blo- quent toute modernisation de l’adminis- tration publique en Algérie. Si le princi- pe de la rotation permanente des admi- nistration chargées de collectivités lo- cales (préfectures, arrondissements et communes) a permet le déconnectage des réseaux d’intérêt et la réduction des nui- sances du clientélisme, l’évaluation et le suivi des résultats restent au-delà des at- tentes des populations. Les révisions du code la wilaya (prefecture) et de la com- mune s’inscrivent justement dans une stratégie qui renforcerait alors la démo- cratie locale, et permet aussi aux pouvoirs publics locaux d’abord de se prendre en charge et aussi de s’impliquer dans la ges- tion directe des affaires publiques locales. Le capital humain et les exigences de modernisation de la gestion des affaires publiques Les pays comme l’Algérie qui ont subi la violence administrative et les paradoxes du système administratif colonial avec le statut d’indigénat font une représentation fondée sur la résistance à certaine action de l’administration publique. En outre les tendances à l’autonomie dues aux rup- tures historiques de la centralité politique conjuguées d’ailleurs à un certain excès de centralisme sur lequel s’est construit l’état national naissant, constituent pour l’ob- servateur des paradoxes et des freins so- ciologiques aux développement de l’ac- tion publique locale d’une manière géné- rale. L’innovation fondée sur des analyses objectives et non sur des slogans idéolo- giques permettent d’harmoniser davanta- ge les outils d’intervention des pouvoirs publics tant pour gérer les affaires pu- bliques que pour maîtriser le développe- ment en général et le développement hu- main dans ses volets culturel et politique. Démocratisation et décentralisation La problématique de la démocratie locale

est d’abord une question de développe- ment de capital humain local. Ce n’est pas seulement une affaire de décentralisa- tion qui dans certains cas allait dans le sens de la décentralisation de la misère et de la pauvreté quand l’état central, inca- pable d’imaginer une stratégie de déve- loppement intégré se désengage par fai- blesse et non par principe. Dans les pays démographiquement important et spatia- lement immense, la centralisation a ran- gé le développement, épuisé les énergies et dopé le pouvoir bureaucratique. Les ré- sistances locales et les identités de terroirs se développent pour pousser vers une dé- centralisation cohérente qui ne peut se faire que par une démocratisation réelle qui permet l’émergence d’une représenta- tion politique locale qui responsabilise- rait l’opinion locale et permet une avan- cée réelle de la société civile locale. Pour le cas de l’Algérie, les chances d’une évo- lution prometteuses existent sérieuse- ment, et les leçons su terrorisme ont confirmé l’importance de la gestion dé- mocratique locale dans la promotion et la préservation des grands équilibres poli- tiques, économiques et culturels. Décentralisation et bonne gouvernance L’esprit et les finalités et aussi les moyens qui sont mis en œuvre dans les processus de décentralisation sont autant d’atouts qui influent sur les logiques de la gouver- nance. L’ architecture des institutions et la performance des hiérarchies sont des fac- teurs de gouvernance. L’implication de la représentation locale, la contribution vo- lontaire de la société civile et surtout la li- berté de la presse sont autant d’énergie qui limitent les dégâts du despotisme local et central et permettent alors gestion trans- parente des intérêts locaux. Notre pays qui a traversé une période de crise, ressent aujourd’hui les retombés du désordre dans la gestion locale. Les actions rigoureuses de la justice algériennes et les avancées re-

marquées dans la flexibilité du contrôle et du suivi dans les réalisations des projets sont des signaux positifs d’une réelle vo- lonté politique qui tente certes difficile- ment d’instaurer des mécanismes mo- dernes de gestion, de contrôle qui engen- dreraient le cadre d’une gouvernance lo- cale et nationale répondant aux normes de la gouvernance universelle. Organisation administrative du territoire et gouvernance L’organisation administrative du territoire ne relève pas seulement des domaines techniques et juridiques. C’est le coeur de la philosophie politique de l’état. La ges- tion des territoires renvoie à la probléma- tique des équilibres politiques d’abord et aux mécanismes relatifs à la répartition des richesses. De facto, les indicateurs de la bonne gouvernance se vérifient à tra- vers la prise en charge des disparités entre régions et espace. L’intervention des pou- voirs publics pour amortir les déséquilibres régionaux en créant des caisses de déve- loppement spécial région sont autant d’atouts qui permettent en effet de consi- dérer la pauvreté et la misère comme un phénomène national et non régional et qui appelle une solidarité nationale. Dans le cas de l’Algérie, et dans un souci d’équi- libre démographique et urbain, les pou- voirs publics ont mis en oeuvre une poli- tique réellement incitative pour le déve- loppement intégré des régions des hauts plateaux et du sud saharien algérien. Les enjeux des pouvoirs locaux dans les pays en émergence démocratique. Les pays qui traversent une transition vers la démocratisation et qui n’est pas force- ment une démocratie réelle en cours, af- frontent comme premier acte initiatique en démocratie, la démocratisation des pouvoirs locaux. Et en “ transitologue “ averti, nous avons relevé à partir de l’ex- périence algérienne, que la démocratisa- tion des pouvoirs locaux était et est un en-

jeu majeur car elle est confrontée à deux défis essentiels:

• l’impact grandissant des équipements antrophologiques qui phagocytent par le poids des archaïsmes tels le tribalism, le clientélisme, le confrérisme et les situa- tions des légitimités ancestrales, le sens et la porté sociale de la démocratie qui se construit surtout sur l’esprit de la citoyen- neté et de la compétence; • les situations de détournement poten- tiel de l’acte démocratique: si les réti- cences et les oppositions à la démocrati- sation des systèmes politiques arabes peu- vent s’expliquer par les déterminations sociologiques, idéologiques et historiques des systèmes et aussi il faut le signaler avec insistances par le soutien et l’assis- tance de certaines puissances occiden- tales bien avant et bien après la deuxiè- me guerre mondiale, aujourd’hui ces sys- tèmes semblent céder progressivement face à la nécessité démocratique. Sur leur flanc gauche pressés par les forces des modernisations qui ne sont pas souvent celles qui se réclament de la modernité, acculés et souvent compressés par les forces conservatrices et traditionalistes qui réclament avec force et violence dans certaines situations le retour aux sources de la tradition politique religieu- se, les systèmes politiques arabes tentent, chacun à sa manière mais difficilement, de trouver l’alternative qui satisfasse la continuité du système, les équilibres structurelles de l’état qui n’est pas sou- vent le système, et les exigences d’une démocratisation en mesure de survivre face à cet imbroglio qui de part son am- pleur cultive beaucoup d’incertitudes et annonce aussi des remises en causes. Dans cette ordre d’idée, les pouvoirs lo- caux et les institutions de la gouvernance locale sont un enjeu qu’on ne peut et à la lumière de l’expérience algérienne en cours, ni ignorer, ni encore négliger.

UNE IMPULSION DONNEES AUX PROGRAMMES PAR L’ASSEMBLEE

Large place aux projets en chantier et aux nouvelles méthodologies opérationnelles

en chantier et aux nouvelles méthodologies opérationnelles Palerme, IX assemblée générale du Coppem, table des

Palerme, IX assemblée générale du Coppem, table des travaux

La IX ème Assemblée Générale du Cop- pem s’est tenue le 6 mai dernier à Paler- me, dans le superbe décor de la Villa Malfitano, à la présence des délégations et des représentants des plus importantes institutions locales provenant des 35 pays de la région euroméditerranéenne. Cette manifestation a été l’occasion pour le Coppem de s’acquitter de toute une série de tâches (prise d’acte des va- riations du budget 2006 et du bilan 2005) ainsi que pour faire le point sur l’activité des Commissions et sur l’état et les perspectives du Partenariat: il a paru évident que, tandis que les politiques et les actions de Partenariat de l’UE ne ré- pondent pas aux attentes générales sus- citées par la Conférence de Barcelone, ce qui confirme les inquiétudes manifes- tées à l’occasion de la célébration du dixième anniversaire, les Autonomies locales sont engagées dans un effort commun dans le but d’élargir la coopé- ration et le dialogue, fondement d’une politique de développement et de paix dans cette région troublée. Après les allocutions de bienvenue des

autorités siciliennes, l’Assemblée est en- trée dans le vif du sujet avec l’approba- tion de la composition des délégations des pays suivants:

Algérie, remplacement du membre sup- pléant M. Nacer-Riad Bendaoud par Mme Chouebila Bisker, haut dirigeant du Conseil National Economique et So- cial, qui choisit de faire partie de la Ière Commission; Démission du membre suppléant M. Lakhdar Khaldoun. Hongrie, adhésion d’un nouveau membre suppléant: Mme Katalin Sab- jan, Secrétaire aux Affaires Internatio- nales de l’Association Nationale des Autorités Locales Hongroises. Lituanie, M. Vytautas Kvietkauskas, Di- recteur de l’Association des Autorités Locales lituaniennes, dont nous avions déjà reçu l’adhésion, choisit de faire par- tie de la IVème Commission. Palestine, remplacement de M. Osama Al Farra par M. Maged Abu Ramadan, nouveau Président de l’APLA et Maire de Gaza. Estonie, remplacement de M. Jaanus Tamkivi par le nouveau Président de

l’association des villes estoniennes, M.

Lepik.

France, adhésion d’un nouveau membre, Mme Lucile Schmid, Conseillère Régio-

nale de l’Ile de France, Paris, qui a choi- sit de faire partie de la Vème Commis- sion sur l’Egalité des Chances. Tunisie, adhésion de Mme Najoua Mahjoub, membre de l’UNFT (Union des Femmes Tunisiennes) de Sousse. L’Assemblée a encore approuvé les no- minations de M. Muzzafer Baca (Tur- quie), vice- président du Coppem et de

M. Tamer Al Haja, gouverneur d’Alep,

vice-président de la IIème Commission. Une fois conclue la première partie des travaux, le Secrétaire général M. Lino Motta a informé l’assemblée sur les dif-

férentes activités et sur le calendrier des activités. En premier lieu, le Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux (CPRLE) a admis le Coppem en qualité de membre observateur. Quant aux acti- vités figurant déjà au calendrier, il faut souligner: le Conseil de présidence élar- gi aux vice-présidents des Commissions

à Alger les 23 et 24 juin, coïncidant

avec la rencontre sur les “Perspectives de développement de la coopération entre les villes et les régions euromédi- terranéennes” organisée avec le FACM; le 17 juillet, à Palerme, la célébration du 50ème anniversaire de l’ISIDA (Ins- titut Supérieur des Entrepreneurs et des Dirigeants d’Entreprise) avec la partici-

pation de représentants de la région eu- roméditerranéenne. Fin septembre, le Conseil de Présidence élargi aux vice- présidents des Commissions se réunira à Chania en Grèce. Le Coppem s’engage

à organiser la IIIème Conférence des

villes Euro-arabes qui se tiendra le 7 fé-

vrier 2007 à Dubaï. Dans quelques jours,

à Innsbruck, se tiendront les Etats géné- raux du CCRE, avec la participation de

M. Fabio Pellegrini, Président fondateur

du Coppem, qui interviendra au nom du même comité. Quant à l’ASEM (Agen- ce de développement Euroméditerra- néenne), qui voit déjà la présence de Marseille, du gouvernement de Qalyu- biya et de la Chambre du Commerce Euro-Arabe, M. Motta a affirmé qu’il faut avoir au moins 300 adhésions de villes, provinces et régions euroméditer- ranéennes. “Nos membres – a-t-il ajou- té – doivent contribuer à atteindre cet objectif”. C’est sur la base d’un projet développé pendant plusieurs années que l’Associa- tion Herimed a été constituée. Parmi ces objectifs, elle prévoit des initiatives pour la conservation et la mise en va- leur du patrimoine culturel. Des orga- nismes culturels de dix états ont adhéré à l’initiative. M. Motta a également par- lé du Centre de Coordination Socio-Sa- nitaire des 35 états, en souhaitant que, pendant les mois prochains, d’autres ré- sultats puissent être atteints afin d’avoir des outils concrets pour le partenariat et la coopération. Il faut mettre en relief l’entrée dans le Coppem, en qualité de membre observateur, de l’Institut Médi- terranéen pour les Transplantations et Soins d’excellence. Après avoir fait le point sur la constitution de la Commis- sion pour l’égalité des chances et sur les demandes de participation déjà parve- nues, M. Motta a annoncé l’institution du prix “Pépin d’orange”, à attribuer chaque année à de grandes personnali- tés de l’Europe et de la Méditerranée qui se soient distinguées pour leur engage- ment pour la coopération et la paix et pour les relations culturelles, sociales et économiques. D’autres initiatives qui se tiendront en Grèce et en Syrie ont été mises en chantier. En ce qui concerne d’autres initiatives lancées par le Cop- pem, M. Mustafa Aydin (Turquie) a mis l’accent sur l’inauguration du bureau de

représentation du Coppem à Istanbul, à la présence des autorités du gouverne- ment central et de nombreux représen- tants des collectivités locales. Le Mi- nistre des affaires sociales M. Faruk Ozak a notamment proposé de lancer de grands projets communs et d’enrichir de nouveaux contenus les initiatives déjà entreprises. Avec l’intervention de M. Adly Hussein, vice- président du Cop-

pem, le débat s’est déplacé sur les grands thèmes des politiques pour la Méditerra- née de l’UE et sur la menace du terro- risme. Quant au Partenariat, il a remar- qué des insuffisances qu’il faudra rattra- per afin de ne pas compromettre la por- tée de la déclaration de Barcelone. En ce qui concerne l’offensive du terroris- me, M. Hussein a adressé un appel pres- sant aux collectivités locales afin qu’elles s’engagent à isoler ce phénomè- ne et à endiguer le sentiment hostile à l’égard des musulmans qui paraît se ré- pandre en Europe.

M. Nourredine Sbia, président du Forum

algérien pour la citoyenneté et la mo- dernité, après avoir illustré les contenus du Colloque organisé pour le 24 juin prochain à Alger en collaboration avec le Coppem, a affirmé que la coopération

entre les pouvoirs locaux est l’un des ou- tils fondamentaux afin de relever les dé- fis qui aujourd’hui sont lancés aux peuples de la Méditerranée.

M. Fikri Kose, maire de Maltepe (Tur-

quie) a repris le thème des perspectives ouvertes par la collaboration avec le Coppem et par l’activité du bureau de représentation d’Istanbul. M. Athos Germanos, représentant de la Répu- blique grecque de Chypre, en félicitant M. Muzzafer Baca pour son élection à vice-président du Coppem, a remarqué que la Turquie a entamé le processus pour adhérer à l’UE, mais qu’elle n’a ex- primé encore aucun avis sur Chypre. Il

est souhaitable pour autant que Chypre soit reconnu et que le même respect soit témoigné à tous les membres de l’UE, dont la République grecque de Chypre est l’un des membres effectifs. Une déci- sion à ce sujet – a-t-il dit – pourra contribuer à améliorer les relations entre Chypre et Turquie en Méditerra- née, en vue de l’entrée de la république turque dans l’UE. Mme Gina Fasan (Italie), a adressé à l’Assemblé les salutations de la Région Frioul Vénétie Julienne. Elle a présenté un projet, mis en chantier grâce au Cop- pem et à son vice-président Adly Hus- sein, en collaboration avec Alexandrie d’Egypte pour la ville d’Aquilée, où des fouilles ont mis à découvert une partie de l’agglomération ancienne. Une ren- contre pourrait être organisée au mois de septembre pour mieux définir les détails de l’initiative. M. Avi Rabinovich (Is-

raël) a lui aussi félicité M. Muzzafer Ba-

ca pour son élection à vice-président du

Coppem. Il a proposé d’instituer une sixième Commission ayant la tâche de coordonner et mettre en oeuvre les indi- cations de toutes les autres Commis- sions. M. Rabinovich a rapporté que la prochaine conférence de la LACDE (Local Authorities Confronting Disaster and Emergency) aura lieu à Bombay au sujet de l’action des Autorités Locales face aux catastrophes provoquées par la

nature aussi bien que par l’homme. Il a invité les autorités locales présentes à participer pour témoigner leur solidarité. M. Tamer Al Hajia (Syrie), élu vice-pré- sident de la IIème Commission, a confir- mé l’engagement de son pays pour les droits humains et le dialogue entre les peuples. Après avoir souligné que la vil-

le d’Alep, dont il est Gouverneur, est la

Capitale de la culture pour l’année 2006,

a réitéré l’exigence d’étendre le dia-

logue. La Syrie – a-t-il ajouté – souhaite

ASSEMBLEE

IXGENERALE

étendre aux jeunes générations le débat sur la tolérance pour favoriser la com- préhension réciproque. Sur la base de ces propos, il a proposé au Coppem que

les prochaines réunions aient lieu à Da- mas ou à Alep.

M. Fabio Pellegrini (Italie), président

Fondateur du Coppem a suggéré de ré- fléchir sur la donnée que ce n’est pas tout l’Islam qui soutient le terrorisme, et que les résonances et les effets ravageurs de ce phénomène néfaste ne doivent en aucun cas être confondus avec l’Islam dans son ensemble. L’attitude de l’Euro- pe à l’égard de la victoire du Hamas en Palestine ne doit pas punir le peuple pa- lestinien, mais par contre respecter le vote démocratique des palestiniens sans alimenter la composante destructive. Il faut comprendre quelles sont les ap- proches de programme pouvant produire

des effets positifs. De l’avis de M. Pelle- grini, il faut une continuité entre les gouvernements, et par conséquent il est essentiel de respecter les engagements pris et de reconnaître l’Etat d’Israël, fau- te de quoi le dialogue serait impossible.

M. Pellegrini a rappelé cet aspect parce

que l’attitude de l’Europe a été ferme et prudente, et donc concrète. Le Coppem s’avère un outil presque unique dans le cadre euroméditerranéen, et l’élabora- tion de réglementations et directives a donc des conséquences directes sur la ré- gion. Quant aux transports – a-t-il ajou- té – dans le cadre de l’Europe on discute du transport maritime, du cabotage, des chantiers, du Couloir S. Ce sont tous des thèmes qui ne peuvent pas être discutés sans la contribution des PTM; il faut mobiliser des techniciens experts et des ressources et comprendre quel est l’avis des pays de la rive sud à ce sujet, afin d’adresser des propositions précises pou- vant exercer une influence sur les direc- tives européenne dans la région Médi- terranéenne. Sur la question migratoire, par exemple, il faut trouver des points

d’application concrets et éviter de rester dans le vague.

M. Michele Raimondi, responsable des

Programmes et Projets du Coppem, a ré- sumé les activités du Secrétariat en 2006: la préparation de la Conférence euro-arabe des villes qui aura lieu a Du- baï en février 2007; la participation à la Conférence sur l’environnement organi-

sée par le gouvernement et par la Banque Mondiale à Alexandrie (Egyp- te), la rencontre avec les membres du Coppem des Pays européens de l’élargis- sement (au mois d’avril à Varsovie), la réunion de la IIème Commission du Coppem, qui a précédé l’Assemblée pour aborder le sujet de la migration et celle pour le lancement du programme de coopération régionale axé sur le tou- risme, entre des villes de la Jordanie, de l’Egypte, de l’Autorité Palestinienne et d’Israël. De plus, il a annoncé que cer- tains projets ont été déjà en partie fi- nancés, tandis que d’autres sont en cours d’évaluation. Il a rapporté qu’on va mettre en route un réseau méditerranéen de Foires, pouvant encourager les échanges et aider les opé- rateurs économiques, conçu en coopéra- tion avec la Foire de la Méditerranée de Palerme. Les prochaines initiatives concernent la participation à la Conférence d’Alger sur la coopération entre villes et régions euroméditerranéennes (24 juin), une ré- union à Chania (Crète) le 16 septembre, et l’organisation d’un Colloque de ma- gistrats et juristes sur l’immigration illé- gale, la lutte contre la criminalité inter- nationale et le terrorisme, prévu pour la seconde moitié de cette année. Le Bureau de représentation du Coppem à Istanbul a été inauguré, au mois d’avril dernier, à la présence du Ministre des ac- tivités sociales de la Turquie. Un accord pour l’ouverture d’un Bureau à Poznan, en Pologne, jouant un rôle de liaison avec les autorités locales et les régions des pays européens de l’élargissement, est en train d’être conclu. Les Bureaux du Caire et de Rabat vont d’ici peu commencer leurs activités. M. Raimondi a également présenté les activités de la Ière Commission, l’étude sur les systèmes socio-sanitaires euromé- diterranéens dans le but d’encourager les échanges et la conclusion de protocoles avec les Universités. Une rencontre avec le Recteur de l’Université de Paler- me a eu lieu à ce sujet, le 5 mai dernier, dans cadre d’un programme d’échange d’étudiants et licenciés entre Palerme et d’autres Universités des Pays Euromédi- terranéens. Un Comité Scientifique qui voit la participation de M. Said El Dak- kak (Egypte) et de M. Mohammed Taibi

(Algérie) de l’Université d’Oran a été constitué. Deux membres du même Coppem, M. Misbah (Tunisie) et M. Ali Abu Ghanimeh (Jordanie), ont été inté- grés dans le Comité scientifique consti-

tué à Enna sur la base du protocole signé par le Coppem et l’Université.

M. Rinaldo Bontempi (Italie), Président

de l’Institut pour le Nord-ouest Paral- lèles, a exprimé son intérêt pour le Cop- pem et il a remarqué que le même Insti- tut représente une démarche politique afin d’engager dans le dialogue pour la paix les Régions du Nord-ouest de l’Ita-

lie qui n’avaient pas considéré ce thème comme fondamental.

M. Bruno Gridelli (Italie), directeur mé-

dico-scientifique de l’ISMETT (Institut Méditerranéen pour les Transplanta- tions et Soins d’excellence), a présenté son centre, dont il a mis en relief le rôle de premier plan dans le cadre du bassin

de la Méditerranée.

M. Mohammed Taibi, socio-anthropo-

logue, chercheur, membre du bureau na-

tional du FACM (Algérie) a examiné dans les détails le fonctionnement des institutions locales et de la prestation de services aux citoyens dans son pays. M. Taibi a mis l’accent sur les efforts dé- ployés en la matière par le gouverne- ment central; néanmoins, il n’a pas ca- ché les obstacles qui s’interposent, enco- re aujourd’hui, au processus de moderni- sation des appareils bureaucratiques et, plus en général, de la société algérienne dans son ensemble, visant à un nouveau concept de citoyenneté. Dans cette pers- pective, la décentralisation d’un côté et, de l’autre, une nouvelle organisation ad- ministrative plus efficace, jouent un rôle crucial, car la transition vers une démo- cratie véritable se fonde sur la démocra- tisation des pouvoirs locaux.

M. Pasquale Assennato (Italie), repré-

sentant du Bureau International de l’Université di Palerme, a suggéré de mettre en place un programme de co- opération plus étendu. Grâce à la mobi- lité étudiante au niveau européen, les programmes d’études sont maintenant plus intégrés. L’Université de Palerme est en train de s’ouvrir à l’internationali- sation des parcours de formation. A l’heure actuelle, la formation post-licen- ce offre les plus grandes chances dans la région méditerranéenne. Il est donc im-

portant d’encourager des rencontres for- matives grâce à des Masters et des Doc- torats de Recherche, avec des collabora- tions plus étroites, afin de coopérer, par exemple, pour la création de Doctorats conjoints et d’une formation commune pour des techniciens. De plus, la mise en valeur et la conservation du patrimoine culturel représente un domaine où trou- ver des synergies pour des parcours de formation professionnelle. Le secteur de la pêche ainsi que le pro- blème commun des ressources en eau sont également importants. Afin de par- venir ensemble à une meilleure forma- tion de nos licenciés il faut collaborer avec la société civile et avec le monde de l’industrie. Il faut créer une synergie qui unisse les expériences de la forma- tion avec les activités productives de chaque pays. L’Université de Palerme propose la création d’une Polytechnique de la Méditerranée qui puisse mettre en- semble toutes les potentialités de la for- mation pour parvenir à une aire commu- ne de recherche scientifique, car c’est la bonne culture qui produit une bonne politique. En sa qualité de rapporteuse, Mme Ales- sandra Prudente a parlé des activités de la IIème Commission. Elle a rappelé que les questions du fonctionnement des or- ganes du Coppem et de la méthode à adopter pour atteindre des buts concrets ont fait l’objet d’un long débat. En col- laboration avec les Présidents des Com- missions, le Secrétariat a conçu un plan d’action qui prévoit d’organiser des ré- unions restreintes entre deux (ou plus) représentants d’institutions décentrali- sées, dans le but d’approfondir des thèmes spécifiques et de travailler en co- opération grâce à l’utilisation de bonnes pratiques et méthodes. C’est justement à ce sujet que, le 5 mai, le rapporteur de la Commission M. Harrie Jeurissen a prési- dé une réunion consacrée à la migration, un thème d’une très grande actualité. Mme Alessandra Prudente a conclu son rapport par la présentation de deux pro- jets déjà soumis à la Commission Euro- péenne: Cross-Service Training Pro- gram, dans le cadre du programme Euro- pean Union Partnership for Peace, dans le but d’encourager la compréhension raciale, ethnique et religieuse et le rap- prochement au Moyen-Orient, notam-

ment entre Israéliens et Palestiniens. Le projet prévoit la mise en oeuvre d’un Cours de formation pour la paix à Tu- runc, Mugla, Turquie, adressé à des en- fants, des jeunes et des femmes, ainsi que l’organisation de séminaires et de cours d’été. Raising Public Awareness About Illegal Immigration to Europe, présenté dans le cadre du programme européen AENEAS - Financial and technical as- sistance to third countries in the field of migration and asylum – vise à faire connaître les possibles conséquences dramatiques de l’immigration illégale. Les partenaires du Coppem dans cette initiative sont IBC (Turquie), Anadolu Bil Vocational School (Turquie), The Algerian Forum for Citizenship and Mo- dernity (Algérie) et la municipalité de Rio nell’Elba (Italie). Mme Annamaria Frosina (Italie), Pro- ject Manager du CRESM (Centre de Recherches Economiques et Sociales pour le Sud), a mis en évidence les diffé- rents aspects du projet pilote Cities for Immigrants, promu par le Coppem dans le cadre du projet City to City. L’initiati- ve du Coppem prévoit des actions de collecte de données, de formation, de di- vulgation, qui répondent à la nécessité de créer un réseau qui puisse contribuer à une intégration efficace entre les com- munautés de migrants présentes sur le territoire, les institutions publiques et privées, les associations professionnelles et les citoyens siciliens. La réalisation du projet pourra aider les institutions et les collectivités locales et régionales à mieux gérer le phénomène migratoire par la mise au point de règlements, de réglementations et de services. M. Jalal Abs (Liban) a remarqué que le phénomène immigration/émigration est un problème universel que chaque état vit d’une manière différente. Une solu- tion unique n’existe pas et personne ne peut trouver de solutions définitives. Par exemple, les expériences et les bonnes pratiques menées dans un pays pour- raient s’avérer infructueuses dans un autre. M. Jalal Abs a insisté sur la diffé- rence entre les Pays du Nord et ceux du Sud. Il a soutenu que le monde est un paradoxe: si, grâce au progrès technolo- gique, la circulation des idées et des images est très rapide, par contre la cir- culation des personnes est soumise à un

régime de barrières et de visas qui en li-

mitent la liberté. Il faut aller à la racine du problème, connaître les raisons pour lesquelles ces personnes quittent leurs pays d’origine (conflits, guerres, pauvre- té). Les sommes considérables affectées par les Etats aux dépenses militaires de- vraient être utilisées pour aider les pays les plus défavorisés.

M. Jan Mans, président de la Commis-

sion, a souligné qu’il ne faut pas trouver les meilleures idées, mais qu’il faut être à même de réaliser au mieux les idées. On n’est certes là pour changer le monde, mais en tous cas, le travail du Coppem devra continuer sur le chemin entrepris. Pour la IIIème Commission, M. Abdel- karim Mosbah, (Tunisie) s’est interrogé sur la représentativité au sein de l’Euro- pe de la rive sud de la Méditerranée. Une collaboration efficace et le dialogue

entre les membres de la même Commis- sion peuvent bien sûr contribuer à iden- tifier les besoins, les capacités et les meilleurs outils pour le développement des communautés locales.

M. Paolo Carrara, rapporteur de la IIIè-

me Commission, en a présenté les initia- tives et les activités, en soulignant no-

tamment les relations entre le Coppem

et la Foire de la Méditerranée de Paler- me, entamées lors de l’Assemblée Géné- rale du Caire.

M. Avi Rabinovitch (Israël), M. Said El

Dakkak (Egypte), M. Ali Abu Ghani- meh (Jordanie), M. Nihad Al Mughany (Palestine), M. Papamikroulis (Grèce) ont affirmé être d’accord avec la propo- sition d’intervenir, par l’intermédiaire des représentants des Ambassades en Italie, aux manifestations organisées au sein de la Foire sur la coopération dans

le secteur de l’artisanat et sur le projet de coopération côtière entre Egypte, Jorda- nie et Israël. Cela afin de garantir leur présence malgré les courts délais des ren- contres de Palerme.

M. Mohammed Taibi (Algérie) a affirmé

qu’il faut que l’ UE adopte une politique de voisinage, que, dans le but de les sup- primer, tienne compte des différences économiques et sociales existant entre

les pays du Sud et ceux de l’Est.

M. Natale Giordano, en sa qualité de

rapporteur, a parlé des activités menées

par la IVème Commission depuis le mois de décembre 2005. M. Giordano a no-

ASSEMBLEE

IXGENERALE

tamment communiqué que l’UE a finan- cé les projets Ecomemaq et Medins, les deux présentés dans le cadre de l’Initia- tive Communautaire Interreg III, res- pectivement Archimed et Medocc. Les partenaires du projet Ecomemaq, dont le Coppem est le chef de file, sont les suivants: PIT Demetra (Italie), Ré- gion de Crète (Grèce), Universités de Bari (Italie) et Athènes (Grèce) et IAMB, centre d’excellence pour la re- cherche de Bari (Italie). Le Ministère de l’Environnement de la République Ara- be de Libye participe au projet en quali- té d’observateur, tandis que Pragmata (Saint-Marin) est chargé de l’assistance technique. Le but du projet est de promouvoir le dé- veloppement durable, grâce à la gestion du patrimoine naturel méditerranéen. Le projet vise notamment à mettre en valeur la richesse de la garrigue, par la mise en oeuvre de certains projets pi- lotes impliquant également les parte- naires grecs du Coppem. Certaines acti- vités du projet seront en effet réalisées à Chania - Crète – et à Nea Halkedonia – Attique. Le financement total s’élève à 1.310.000 Euros et la durée du projet est de 18 mois. Sa conclusion est prévue pour décembre 2007. Le projet Medins, visant au classement et à la mise en valeur intégrée du Patri- moine Culturel Immatériel de la Médi- terranée, est basé sur l’expérience, unique dans son genre, du Registre des Héritages Immatériels, promu par la Di- vision du Patrimoine Culturel de la Ré- gion Sicilienne, qui est également le chef de file du projet. Le Coppem, en tant que partenaire du projet, se charge- ra des aspects liés à la diffusion et à la sensibilisation des résultats. Il a égale- ment joué un rôle de gestion du partena- riat transnational en ce qui concerne les Autorités Locales. Les autres partenaires

du projet sont la Région de Murcie et la Municipalité de Jaén pour l’Espagne, la Municipalité de Khalivia Touriku et l’Association des Municipalités de la Région Attique. De plus, pour la pre- mière fois au sein de l’Initiative Interreg III, dans le projet Medins il sera possible de prévoir un cofinancement MEDA pour les partenaires provenant des Pays Partenaires Méditerranéens. En fait, le budget du projet s’élève à 900.000 Euros du Fonds Européens de Développement Régional et à plus de 600.000 Euros du budget MEDA. Au projet participent la Région de Rabat – Salè – Zamour – Zaer et la Municipalité de Rabat pour le Ma- roc, le FACM pour l’Algérie et le Gou- vernement de Keirouan et la Municipa- lité de Bizerte pour la Tunisie. Le projet aura une durée de deux ans. Il se termi- nera avant fin mai 2008. M. Giorano a illustré l’état d’avance- ment du projet pilote "Patrimoine cultu- rel et développement local". Il a précisé que 55 Autorités locales de la Région Si- cilienne ont adhéré à l’initiative et que, avant fin juin, 60 fonctionnaires pour- ront suivre des cours de formation dans le but de renforcer l’institutional capaci- ty building dans le secteur de la gestion des ressources culturelles en tant que facteur de développement local. Ces objectifs feront également l’objet du Projet CITTA présenté à la Com- mission Européenne dans le cadre du programme pour les villes euroméditer- ranéennes MED PACTE. Quant aux re- lations avec la Fondation euroméditer- ranéenne Anna Lindh pour le Dialogue entre les cultures (ALF), on a prévu d’organiser à Alexandrie d’Egypte, en mai 2007, la Biennale des Jeunes Ar- tistes. Le Coppem participe au Comité de Pilotage, avec le Gouvernement d’Alexandrie, la Bibliothèque Alexan- drine et la Bjcem.

L’Alf et le Coppem coopèrent aussi au sein du projet Culture of Water, un pro- jet pilote sur la culture de l’eau et ses as- pects liés aux processus sociaux, envi- ronnementaux et artistiques. Dans le cadre de ce projet, qui prévoit la partici- pation de la World Water Fellowship, de la Fundación Nueva Cultura del Agua et de la Bibliothèque Alexandrine, en plus du chef de file, l’Institut Suédois de Cul- ture d’Alexandrie d’Egypte, on abordera les thèmes “Les grands fleuves et les ci- vilisations” et "Jumelages entre Villes fluviales et les communautés des zones rurales humides". M. Roberto Albergoni, Secrétaire géné- ral de Herimed, a illustré les programmes et les caractéristiques de l’association, qui voit la participation (en plus du Coppem, membre du Conseil d’Admi- nistration) d’Universités, Centres de Recherche et Autorités Locales d’Es- pagne, Portugal, Algérie, Liban, Egypte, Palestine et Inde. Herimed, dont le Pré- sident est M. Fathi Saleh (Directeur du Cultnat – Centre de Recherche et Clas- sement du Ministère du Patrimoine Cul- turel de la République d’ Egypte) a son siège à Palerme, dans les locaux du Centre Régional de Restauration de la Région sicilienne. Elle souhaite tra- vailler dans le domaine de la gestion in- tégrée du patrimoine culturel euromédi- terranéen, dans la perspective des straté- gies de partenariat indiquée dans le Pro- cessus de Barcelone. Mme Ornella Amara, architecte paysa- giste et historienne de l’art, coordonna- trice pour le compte de la Mairie de Pa- lerme d’un groupe s’occupant de parcs, réserves, zones protégées et sites dégra- dés à réhabiliter, a présenté le projet LI- FE “Sun & Wind”, axé sur l’architecture bioclimatique, liée au rétablissement des modèles architecturaux méditerranéens et au thème de l’économie d’énergie.

DE NOUVELLES ORIENTATIONS POUR LA COOPERATION AU DEVELOPPEMENT

L’UE a établi la programmation géographique et la programmation thématique en tant que critères d’action

programmation thématique en tant que critères d’action Fabio Pellegrini et Nourredine Sbia Fabio Pellegrini

Fabio Pellegrini et Nourredine Sbia

Fabio Pellegrini

Président Fondateur du Coppem, Vice-président Vicaire de l’Aiccre

Même si l’on voulait se limiter à un seul regard panoramique sur les nombreuses initiatives (conférences, congrès, sémi- naires, etc.) promues par différents orga- nismes et organisations où j’ai été invi- té en tant que participant ou rapporteur pour le Coppem ou parlant du Coppem, cela remplirait réellement de nom- breuses pages de notre revue. Et bien da- vantage, si l’on voulait entrer dans le vif du sujet avec des analyses et des consi- dérations sur les thématiques traitées et approfondies. Je me contenterai de quelques indications et considérations synthétiques. La première d’ordre général: il y a trop d’initiatives promues ayant pour seul but celui d’obtenir un peu de visibilité, d’autres avec l’objectif beaucoup moins noble de se mêler des actions des autres. En bref, rien que des mots.

Notre participation à chacune de ces initiatives signifiait, pour nous, faire émerger un fil conducteur qui nous unît à nos finalités et à nos activités. De la Conférence de l’Institut Maritain sur le droit des peuples à l’alimentation aux Tables Rondes sur la Méditerranée, aux séminaires du CCRE et aux XXIII Etats Généraux d’Innsbruck, au Sémi- naire de l’Institut Méditerranéen concernant la Certification des produits agro-alimentaires, à la récente Confé- rence de Bruxelles de la Fondation Ade- nauer en collaboration avec le CCRE et la Commission européenne, mises à part les initiatives du CGLU sur les huit ob- jectifs du Millénaire, le chemin que nous avons parcouru a été celui de la co- opération au développement et du rôle des pouvoirs territoriaux en tant qu’ins- truments de participation et piliers de la démocratie. Que l’on discute, comme cela a été le cas à Innsbruck, des Services publics à fournir aux citoyens ou de la coopéra- tion décentralisée visant le développe- ment des Pays les moins favorisés, la

fonction des collectivités territoriales émerge comme une des questions pivot pour la réalisation des objectifs indi- qués. Les institutions locales, mieux que d’autres, peuvent répondre aux de- mandes des citoyens pour satisfaire leurs besoins primaires, de l’alimentation à la santé publique, de l’eau à l’instruction. Elles ont représenté des occasions pour mesurer également l’engagement consi- dérable et l’effort financier des autorités locales et des régions pour soutenir la coopération décentralisée. Des milliers et des milliers de projets, nombre d’entre-eux petits, très petits, qui cher- chent à faire face aux émergences fort graves pour les communautés qui ont besoin de presque tout. Malgré l’objectif d’engager 0,7 pour cent du PIB pour la coopération au développement, presque la totalité des Pays riches sont fort loin de cet engagement; certains d’entre- eux, malgré une augmentation de leurs affectations (Italie, USA, Japon, Cana- da) - d’autres les ont vues même se ré- duire (France, Royaume-Uni, Alle- magne)- sont très en-dessous, en moyenne autour de 0,40 pour cent du PIB national. Même la situation ali- mentaire ne s’améliore pas. Dans plu- sieurs Pays, l’augmentation des produc- tions alimentaires ne compense pas la croissance démographique, ce qui rend encore plus problématique leur futur. D’après une étude de l’Institut français CIHEAM sur l’agriculture méditerra- néenne, l’on apprend qu’au cours des vingt dernières années, depuis l’entrée de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal dans l’Union européenne, la différence du PIB entre les Pays du Nord et du Sud de la Méditerranée a considérablement augmenté. Démographiquement parlant, en 40 ans, le rapport est passé de 2 habitants du Nord pour 1 du Sud à un rapport de

ASSEMBLEE

IXGENERALE

ASSEMBLEE IX GENERALE un moment de la IX assemblée générale 1 à 1 et considérant les

un moment de la IX assemblée générale

1 à 1 et considérant les tendances ac- tuelles l’on prévoit qu’en 2025 l’on en- registrera un rapport inversé de 2 habi- tants du Sud pour 1 du Nord de la Mé- diterranée, avec une population qui au- ra doublée représentant 10% de la po- pulation mondiale. Malgré l’augmentation de la population agricole dans le Sud de la Méditerranée (41%, par rapport à 29% des Pays du Nord), au cours des 30 dernières années, la balance commerciale agricole a subi un effondrement et la couverture et la sécurité alimentaire ont empiré. L’aug- mentation des importations des céréales (du Canada, des USA, d’Australie, d’Argentine, un peu moins mais égale- ment de France) est arrivée à 50 pour cent. En raison de ceci, il faut que les Pays de la rive sud de la Méditerranée entrent dans le système qualitatif agri- cole-alimentaire pour donner une pers- pective à leurs populations. Même la situation de l’eau potable, sur- tout – mais non seulement – pour les populations rurales, est fort sérieuse. Finalement, l’on remarque que malgré

les nombreux projets, les conditions de vie des populations indigentes ne s’amé- liorent pas; que des milliers et des mil- liers de projets n’améliorent pas l’état général, ni n’encouragent le développe- ment ou la croissance de ces Pays. Il y en a par contre un besoin extrême pour évi- ter également le risque d’une dispersion improductive des ressources financières. La communication de la Commission européenne sur la coopération pour le développement indique deux critères d’action: a) une programmation géogra- phique; b) une programmation théma- tique. Elle a commencé à débattre sur ces thèmes. Elle mentionne également une implication des collectivités territo- riales, mais jusqu’à présent ni les modes ni les instruments de leur participation n’ont été indiqués. Nous devons travailler sur ce document et avancer des propositions. La défini- tion d’une stratégie de développement peut découler de l’équilibre des deux programmations, à travers la coopéra- tion décentralisée et l’utilisation d’ins- truments opérationnel et financiers. Si

ce but sera atteint, les petits projets trouveront aussi un cadre de référence et aideront l’avancement du processus de croissance en allant au-delà des exi- gences urgentes des communautés aux- quelles ils répondent. L’expérience du Processus de Barcelone nous apprend que nous devons réelle- ment retrousser nos manches et ne rien tenir pour acquis. Je ne peux terminer sans une référence bien que brève au 2ème Congrès de l’Association Nationale des Autorités locales du Maroc. Un important congrès qui a vu la participation d’un grand nombre de Maires et d’élus lo- caux. La présence également des Mi- nistres a confirmé l’importance du rôle des pouvoirs locaux au Maroc et la croissance de l’autorité de l’Association renforce le rôle des institutions locales dans le processus de croissance démo- cratique du Maroc. Nous renouvelons nos compliments au Président Bahraoui et nous lui souhaitons de recueillir de nouveaux succès importants. Ce sont des succès qui nous servent à nous tous.

LE COPPEM MET SES RACINES EN TURQUIE

Inauguration solennelle du bureau de représentation à Istanbul

solennelle du bureau de représentation à Istanbul Istanbul, le siège de représentation du Coppem Giovanna

Istanbul, le siège de représentation du Coppem

Giovanna Cirino

Parmi les objectifs prioritaires du Cop- pem, organisme à la forte empreinte poli- tique, il y a celui qui vise à créer un axe de coopération Nord-Sud et de paix en Mé- diterranée, à travers la promotion du dia- logue entre les pouvoirs locaux et régio- naux euro-méditerranéens. Dans ce but, le Comité a décidé d’ouvrir ses sièges de représentation dans certaines villes signi- ficatives en raison de leur position géogra- phique et de leur importance politique. Is- tanbul, ayant une population de 11.322.000 habitants, représente le prin- cipal pôle industriel du pays. La zone ur- baine actuelle s’étend sur les deux rives du Bosphore, le détroit qui sépare le conti- nent asiatique de celui européen et qui lie la Mer Noire à la Mer de Marmara. Cœur politico-culturel des Balkans, des pays du Moyen-Orient et des républiques turques de l’Asie Centrale, c’est la ville où l’est et l’ouest se rencontrent dans une synthèse harmonieuse. Dans cette métropole, pla- cée sur deux continents et lieu de grande importance géo-politique depuis toujours, le Coppem a ouvert son nouveau bureau. L’inauguration s’est faite à la présence du

Ministre des Travaux Publics de Turquie,

M. Faruk Özak, du Gouverneur d’Istan-

bul, M. Muammer Guler, du Sous-secré-

taire au Ministère des Affaires Intérieures,

M. Sahabettin Harput et du Sous-secré-

taire à l’Industrie, M. Adem Sahin. Le lancement de son activité a été salué fa- vorablement par les autorités nationales et locales qui placent cette initiative dans le cadre plus général aussi bien des rela- tions entre les Pays européens de la rive Sud de la Méditerranée que de la perspec- tive de l’entrée de la Turquie dans l’UE. Les derniers gouvernements de ce Pays, membre du Conseil de l’Europe, ont réfor- mé l’État pour favoriser son intégration. En 2005, les négociations d’adhésion ont officiellement débuté, justifiées non seule- ment par des opportunités économiques mais aussi par des raisons culturelles et po- litiques, visant l’intégration de ce Pays musulman modéré. “La Turquie est enga- gée dans le processus de paix et de stabili- té dont nous tous avons besoin” a affirmé le Ministre. “La campagne sur le Dialogue entre les Civilisations, qui a été entamée par notre Premier Ministre, M. Tayyip Er- do_an et par le Premier Ministre espa- gnol, M. Zapatero, représente un de nos objectifs les plus importants”. Özak a sou- ligné que les résultats du parcours vers l’UE ont servi d’exemple pour beaucoup de pays et a également ajouté que: “si l’on regarde l’adhésion de la Turquie d’un point de vue interculturel, elle ne présen- te pas seulement des motivations écono- miques mais c’est surtout un fort appui au dialogue. Le gouvernement cherche à mettre en évidence l’identité mixte de la Turquie, car nous voulons que l’Union considère cette adhésion comme une al- liance de civilisations, considérant que le respect pour les droits de l’homme est à la base de cette approche.” Le Ministre a en- suite affirmé que les ONG sont plus effi- caces et rapides que la diplomatie et en

paix mondiale et la coopération, sinon la dispute entre les civilisations s’aviverait. Les expressions et

paix mondiale et la coopération, sinon la dispute entre les civilisations s’aviverait. Les expressions et les attitudes radicales sont un obstacle pour la stabilité dans le monde. Nous demandons au Coppem de contribuer à la construction de politiques déterminées à transformer la Méditerra- née en un lieu de dialogue, où le défi pour le progrès puisse se dérouler en synergie entre ceux qui jusqu’à présent ont été les exploités et les exploiteurs. Cela pourrait avoir lieu si le Sud bénéficiait du bien-être du Nord”. “Nous souhaitons - a déclaré le Secrétaire Général du Coppem, M. Car- melo Motta, qu’Istanbul, la ville du grand pont Bogùaziçi, suspendu entre l’Europe et l’Asie, centre stratégique dans le délicat rapport entre l’Occident et l’Orient, soit également la clé pour une nouvelle stabi- lité et coopération dans toute la région eu- ro-méditerranéenne". Entre-temps, les ac- cords pour l’ouverture des bureaux du Coppem à Poznan en Pologne – au servi- ce des villes et des régions de l’Est - et à Dubaï, pour les Emirats arabes sont en cours de définition. Les sièges du Caire et de Rabat ont déjà été établis.

raison de cela, le Coppem pourra contri- buer de façon déterminante au processus de dialogue. Selon M. Özak, à travers le travail de ses Commissions et grâce égale- ment à l’ouverture de son siège à Istanbul, le Coppem pourra fournir “une contribu- tion importante aux activités de la Tur- quie dans cette zone”. Le Ministre a rap- pelé que pendant la réunion du Coppem de l’année dernière à Istanbul, les Munici- palités arabes et européennes ont exprimé leur plein support à la Turquie pour sa candidature en tant que membre de l’UE. “La Turquie – a-t-il continué - fait office de pont entre les civilisations. Istanbul, qui unit l’Europe à l’Asie, a été une ville avec d’étroites relations d’amitié, carre- four de civilisations pendant des milliers d’années ce qui représente une grande contribution pour le monde civilisé. L’ou- verture du bureau de représentation du Coppem donnera un nouvel élan à ce mê- me processus. Dans tous les cas, la Turquie est tournée vers l’ouest et vise sa pleine in- tégration avec la civilisation européenne, qui est également le parcours établi par Atatürk”. D’après les évaluations du Mi-

nistre Faruk Özak, les yeux des pays mu- sulmans du Moyen-Orient et de la Médi- terranée sont aujourd’hui fixés sur Bruxelles et suivent de près les développe- ments concernant la candidature de la Turquie à l’Union Européenne. “Une atti- tude favorable de Bruxelles – a-t-il ajouté - augmentera le niveau d’espoir pour la

“Une atti- tude favorable de Bruxelles – a-t-il ajouté - augmentera le niveau d’espoir pour la

LES COMMUNAUTES LOCALES AVANT-POSTE DE LA PAIX

Le rôle du Coppem pour l’encouragement du dialogue entre les institutions locales

l’encouragement du dialogue entre les institutions locales Muzaffer Baca Vice-président du Coppem La région

Muzaffer Baca

Vice-président du Coppem

La région méditerranéenne, berceau de civilisation depuis des milliers d’années, joue un rôle d’une très gran- de importance dans les événements liés à la stabilité ainsi qu’à la paix dans le monde. La faiblesse des sys- tèmes politiques et sociaux du Sud menace la coopération régionale et le dialogue entre les civilisations. Compte tenu de la situation réelle du bassin de la Méditerranée, nous pou- vons remarquer de nombreux facteurs constituant une menace pour la sécu- rité de la région. Les conflits entre Is- raéliens et Palestiniens, la question chypriote, les menaces contre la Syrie et le chaos en Iraq représentent les principaux facteurs négatifs faiblissant les efforts pour un système de coopéra- tion régionale stable. Dans ce contex- te, le rôle joué par le Coppem est cru- cial; en favorisant le rapprochement

entre les peuples de la région, il en- courage également la compréhension réciproque ainsi que les relations de bon voisinage. Lors de la dernière As- semblée Générale, qui a eu lieu à Pa- lerme le 6 mai 2006, les délégués is- raéliens et arabes étaient présents aux débats de la table ronde axés sur l’éli- mination des conflits entre les civili- sations et sur le relâchement des ten- sions. Compte tenu des principales entraves à la coopération, le Coppem est très actif en matière de coopéra- tion économique, sociale, culturelle et politique, renforcée par les pouvoirs locaux membres, qui se chargent de révéler les différentes perspectives aux gens communs et de constituer des groupes de pression à l’égard des gou- vernements. Ces activités sont soutenues par une communauté plus vaste par l’intermé- diaire des autorités locales. L’implica- tion d’organisations non gouverne- mentales et des universités méditerra- néennes dans ce même processus aide- ra le Coppem à réaliser un tableau gé-

néral plus efficace et stable pour la paix dans le bassin de la Méditerra- née. Depuis le début du XXIème siècle, nous avons affronté la tragédie du 11 septembre 2001. Ces attentats barbares ont été condamnés par tous les peuples, les sociétés et les états conscients et le monde entier a expri- mé ses condoléances au peuple améri- cain, victime de cette tragédie. Après cinq ans seulement, les Etats-Unis s’avèrent être le pays le plus condam- nés pour violation des droits humains et pour l’instabilité mondiale. Et, au bout de cette politique, nous voyons un demi milliard de musulmans consi- dérés comme des terroristes potentiels et mis sous pression au niveau inter- national. Différents facteurs vont conduire à un conflit général entre les mondes musulman et chrétien et, avec ce genre de campagne politique, les deux parties deviennent de plus en plus agressives. La région méditerra- néenne est exactement au centre du conflit entre les civilisations. Si l’on regarde la carte, il est très facile de voir les deux parties en conflit. Des campagnes telles que celles lancées par le Coppem pourraient être aidées par des moyens aptes à éliminer le danger d’un conflit général. Il faut que les activités que le Coppem a déjà mises en place s’accompagnent de re- cherches et de campagnes politiques communes aux deux rives de la Médi- terranée, dans le but de présenter (L’AUTRE) d’une manière coopéran- te et humanitaire. Les ressources du Nord doivent être transférées au bé- néfice du Sud et il faut créer un équi- libre fondé sur la prospérité écono- mique. Des organisations telles que l’ASEM joueront un rôle crucial pour mettre en place ce système et partager les problématiques du Sud. De plus,

Palerme, Villa Malfitano, IX assemblée générale du Coppem des plateformes d’initiatives com- munes entre musulmans

Palerme, Villa Malfitano, IX assemblée générale du Coppem

des plateformes d’initiatives com- munes entre musulmans et chrétiens, parties en conflit, Nord et Sud seront plus fréquemment encouragées et or- ganisées. Quatre commissions du Coppem sont en train de travailler du- rement pour promouvoir ces plate- formes. Ce sont les leaders locaux membres du Coppem qui doivent re- présenter les principaux éléments de promotion. Les pièces de monnaie ont deux faces e si l’on ne tient pas comp- te des droits et des opportunités de l’autre, il n’y a aucune possibilité de paix commune et de prospérité. Il faut rappeler que, face à une nouvelle ini- tiative pour la présentation d’un Pro- jet pour la Paix au Moyen-Orient, la politique des membres israéliens et palestiniens s’était avéré découra- geante, car ils n’avaient même pas ré- pondu à la proposition. Plus tard, en enchaînant sur les mêmes thèmes de la paix et du dialogue, pendant la table ronde, ils ont maintenant essayé d’encourager le même processus. Il faut que les membres des parties en

conflit soulignent la continuité de ces initiatives et qu’ils encouragent les mêmes idées politiques dans leurs pays. L’intérêt national, les limites dé- mocratiques et les différentes difficul- tés au niveau local jouent un rôle cru- cial dans les impasses par rapport à ces sujets, mais il nous faut faire tout notre possible afin de surmonter ces limites et ces difficultés, en soutenant totalement les peuples que nous repré- sentons. L’implication des organisa- tions non gouvernementales dans ces processus renforcera la politique pour la création d’une région méditerra- néenne plus coopérante et pacifique, sans haine, conflits et surtout sans in- compréhensions. Les pays leaders de la région, par leur médiation, pour- ront accélérer la fin des tensions dans la région. En même temps, les per- sonnes qui discutent face à face ces problèmes, dans le cadre des initia- tives du Coppem, pourront surmonter les préjugés des autres, en favorisant la création d’une plus grande coopéra- tion et amitié. Dans la politique inter-

nationale, il n’est pas possible d’impo- ser une paix stable sans satisfaire au préalable les nécessités des deux par- ties. Sinon, cette paix deviendra un moyen de pression pour la partie la plus puissante et elle encouragera les réactions les plus extrémistes en fa- veur de l’anarchie et de la terreur. In- téressé par la politique de paix et par les plateformes de coopération entre les deux parties, le Coppem va deve- nir l’une des plus importantes et sé- rieuses organisations pour la paix dans le monde. Le lien entre le Coppem et des organisations internationales telles que l’UE et l’ONU ainsi que l’implication de tous les acteurs lo- caux et de la société civile dans les états membres vont rendre cette ré- gion plus sûre en favorisant le partage de la culture de la prospérité et des ressources économiques au bénéfice de l’humanité. Tous les membres du Coppem engagés dans l’appui à ces politiques seront les pionniers de la sauvegarde de la paix et de la stabilité internationale.

RETABLISSEMENT DES VIEILLES ROUTES DES CARAVANES

Aqaba (Jordanie), Eilat (Israël), Gaza (Palestine) et Sharm-el-Sheik (Egypte) concernées par ce projet

Le tourisme, le patrimoine culturel et la protection de l’environnement représen- tent les lignes directrices du Projet de co- opération régionale côtière entre la Jorda- nie, Israël, l’Autorité Palestinienne et l’Egypte, promu par le Coppem et par les Agences de l’ONU, Unesco et ONU-Ha- bitat. Grâce à cette initiative, dès l’année prochaine, les routes suivies par les an- ciennes caravanes seront rétablies à des fins touristiques. C’est un itinéraire qui concerne les villes d’Aqaba, Eilat, Gaza et Sharm el Sheick et qui évoque les parfums et les atmosphères de suqs pittoresques et d’anciennes traditions artisanales. De nos jours, les convois des camions ont désor- mais remplacé les longues caravanes et, dans la plupart des cas, le vent et le sable ont effacé les anciennes pistes. Le projet quadrangulaire de coopération côtière, présenté à Palerme au sein de la Foire de la Méditerranée, dans le cadre du Sémi- naire International sur “L’Artisanat pour le Développement local en Méditerra- née", vise également à renforcer le proces- sus lancé à Barcelone. Il représente un atelier de coopération important et par conséquent une grande ressource poli- tique et économique pour les Pays partici- pants. Les représentants de l’Ambassade d’Egypte et de Jordanie et de la Déléga- tion Générale Palestinienne, ainsi que des représentants du monde économique, fi- nancier et institutionnel de la Sicile ont participé à la présentation du Projet. Un message chaleureux de soutien aux activi- tés promues par le Coppem a été envoyé par l’Ambassade d’Israël en Italie et il a été lu par M. Aurelio Anselmo. “D’ici le mois d’octobre prochain – a dit M. Mi- chele Raimondi, responsable pour les Pro- grammes et les Projets du Coppem - une rencontre culturelle aura lieu à Sharm-el- Sheick, où les développements de la Co- opération seront présentés. Les représen- tants du Coppem, des institutions et de la

société civile des quatre pays concernés par le Projet et des autres pays euromédi- terranéens prendront part à la réunion". La plus grande industrie du monde contemporain est le tourisme qui, avec la mise en valeur du patrimoine culturel et la protection de l’environnement, représen- tera sans aucun doute l’axe de la coopéra- tion entre ces quatre régions ayant des in- térêts communs. D’ici un mois, le plan d’action visant au développement de ce secteur sera mis au point, sur la base de la mise en valeur des anciennes routes des caravanes. L’importance politique de l’ini- tiative a été soulignée par M. Lino Motta, secrétaire général du Coppem, qui l’a dé- finie comme «une contribution à la paix et le témoignage du rôle joué aujourd’hui par les Autonomies locales qui sont à mê- me d’accomplir des pas en avant par rap- port à la logique inflexible des rapports

entre les Etats». Le Coppem encourage le développement local, à travers la coopéra- tion entre les collectivités locales et les institutions régionales, par la mise en pla- ce de réseaux de coopérations et collabo- rations entre les pays du bassin de la Mé- diterranée. Le rôle joué par les collectivi- tés locales et par le développement local promu et dirigé par les collectivités lo- cales, grâce également à la contribution de ce Projet, devient tout à fait straté- gique, pour la croissance de l’économie aussi bien que pour l’établissement des conditions de la paix et de la sécurité dans la région. Aqaba, Eilat, Gaza et Sharm el Sheick, des villes victimes de la violence terroriste, vont faire partie d’un itinéraire idéal dans le but de renforcer la coexis- tence pacifique nécessaire pour lancer tout projet de développement écono- mique, social et culturel. (n.r.)

de développement écono- mique, social et culturel. (n.r.) “Villa Sicile” naît en Egyp- te sur l’initiative

“Villa Sicile” naît en Egyp- te sur l’initiative du Gou- vernorat de Qalyubiya. Si- tuée au bord du Nil, dans une zone qui dans une lar- ge mesure est déjà équi- pée d’un parc de jeux pour enfants et enrichie d’un agréable quai-prome- nade le long du fleuve, ce lieu se prête fort bien à la

création d’un jardin somp- tueux contenant les essences typiques de cette zone. Le fait d’avoir donné à cette villa le nom de Si-

cile est un geste de considération et d’amitié envers cette grande île méditerranéenne de la part de

la région de Qalyubiya, suite à la souscription promue par le Coppem, du protocole d’entente entre

La zone au bord du Nil, destinée à Villa Sicile

ces deux régions, grâce aux gouverneurs Salvatore Cuffaro et Adly Hussein. Ces ententes définis- sent le cadre d’une coopération féconde dans les domaines économique, social et culturel en vue de rapports plus étroits entre l’Europe et la rive sud de la Méditerranée, en concomitance avec la création de la grande zone de libre échange prévue dans le cadre de la politique de voisinage qui

a été lancée par la Conférence de Barcelone de 1995. Les relations entre l’Egypte et la Sicile se

sont progressivement intensifiées grâce également au soutien du Coppem, qui a tenu sa VIII Assem- blée Générale au Caire, où il a également ouvert son bureau de représentation, prélude à une in- tense phase opérationnelle d’échanges et d’initiatives communes dans différents secteurs.

Palerme, Fiera del Mediterraneo, photo de groupe à l’occasion du séminaire sur l’Artisanat et le

Palerme, Fiera del Mediterraneo, photo de groupe à l’occasion du séminaire sur l’Artisanat et le développement local

L’ARTISANAT A LA FOIRE

Les jalons pour une vaste collaboration régionale ont été posés

Roberta Puglisi

Le produit typique n’est pas seulement un produit artisanal, mais c’est le produit d’un territoire, de ses ressources naturelles et culturelles, c’est le fruit du travail de plusieurs générations et donc il a une his- toire à raconter. La typicité d’un produit rappelle un contexte socioculturel dans son ensemble. C’est pourquoi il faut une correspondance biunivoque entre ce pro- duit et son territoire d’origine. Afin de créer une correspondance entre les pro- ductions et leurs territoires il faut évi- demment identifier un panier de produits ayant des caractéristiques spécifiques de tradition et qualité, et ensuite mettre en place et coordonner des activités promo- tionnelles ciblées. Néanmoins, il faut te- nir compte que la zone de libre-échange méditerranéenne, active déjà en 2010, offre des perspectives excellentes, mais ce ne sont que les productions organisées qui seront à même de se proposer et de s’im- poser sur un marché aussi intéressant. Conscients que l’artisanat ne doit pas mourir et qu’il doit par contre être soute- nu, le Coppem et la Fiera del Mediterra- neo de Palerme, en collaboration avec l’Asem (Agence pour le développement

euro-méditerranéen) ont organisé un ate- lier sur "L’artisanat pour le développe- ment local et la coopération entre les pays méditerranéens: perspectives en vue de la zone euro-méditerranéenne de libre-échange”. Cette conférence a vu la participation de représentants diploma- tiques et institutionnels des pays euromé- diterranéens aussi bien que de profession- nels et d’experts du monde arabe, de diri- geants des organisations professionnelles du secteur et de représentants du monde économique et financier, dans le but d’unir une stratégie de divulgation cultu- relle à une potentialité économique sup- plémentaire pour chaque producteur. Il s’agit notamment d’intégrer les intérêts diversifiés des opérateurs locaux dans un système social pouvant garantir des op- portunités de qualification et mise en va- leur de l’environnement, de la produc- tion, des services et des identités cultu- relles locaux. C’est justement la qualifica- tion et la mise en valeur que Mme Gio- vanna Livreri, commissaire extraordinai- re de l’Ente Fiera, a souligné, en commu- niquant l’ouverture de deux guichets de promotion commerciale à Alger et à Tu- nis. Mme Livreri a présenté le projet du nouveau réseau des foires de la Méditer- ranée, qui va être constitué et qui avait déjà été annoncé au Caire lors de l’As- semblée Générale du Coppem. Il s’agit de

mettre en place toute une série d’exposi- tions pouvant représenter des points de repère importants pour les activités com- merciales du Bassin. Grâce à la réalisation de ce réseau, l’artisanat de la région dans son ensemble pourra bénéficier de ces ex- positions spécialisées où il sera également possible de réaliser des échanges, conclu- re des accords et mettre en oeuvre des formes originales de collaborations pro- ductives et commerciales. Ces initiatives s’inscrivent dans une perspective plus avancée des relations dans le Bassin de la Méditerranée. On s’attend à une forte re- lance du Partenariat et, plus en général, de la politique méditerranéenne de l’Ue. M. Lino Motta, secrétaire général du Coppem, a remarqué qu’il est probable que le délai de 2010 pour la création de la zone de libre-échange, tel qu’il a été pré- vu lors de la Conférence de Barcelone, ne soit pas respecté, faute d’une intervention résolue dans les régions de la rive Sud. Il faut pour autant relancer les initiatives pour le développement local ainsi que pour l’élargissement au niveau européen des thèmes de la croissance de la même région. Pendant les travaux, le représen- tant de la Chambre du Commerce amé- ricaine, M. Ernesto Fiorillo, a envisagé la possibilité d’utiliser cet organisme impor- tant afin d’assurer de plus grands débou- chés sur les marchés étrangers aux pro- ductions artisanales. Il a été question de cette exigence dans plusieurs interven- tions, parmi lesquelles celle du président de l’association des coopératives égyp- tiennes, M. Ibrahim Saad El-Din Ibra- him Moharam. Il paraît que le tourisme connaisse aujourd’hui une nouvelle sai- son, néanmoins, il faut tenir compte de plusieurs facteurs: le respect des stan- dards qualitatifs liés à la tradition, les nouveaux processus de production, la formation. En tout cas, l’artisanat, sur- tout dans les pays où cette activité est liée à l’histoire de la civilisation, doit re- présenter une composante essentielle de l’économie et de la vie sociale, notam- ment en tant que source d’emploi. De plus, tel qu’il l’a remarqué M. Moham- med Rabee en représentation de la délé- gation palestinienne, avec son rappel au conflit au Moyen-Orient, c’est justement l’artisanat qui pourra encourager la réin- sertion dans le marché du travail de plu- sieurs blessés du même conflit.

UN PARI DEJA GAGNE POUR LA SANTE PUBLIQUE

La coopération Euromed se développe grâce à l’Ismett

La coopération Euromed se développe grâce à l’Ismett L’Ismett à Palerme Bruno Gridelli directeur

L’Ismett à Palerme

Bruno Gridelli

directeur médico–scientifique ISMETT

Le 31 juillet 1999 la première transplan- tation de foie été effectuée au sein de l’Institut Méditerranéen pour les Trans- plantations et les Thérapies à Haute Spé- cialisation (ISMETT). C’était le début d’un parcours aux objectifs ambitieux: la mise en train d’une structure, à Palerme, qui offre avant tout aux Siciliens l’option thérapeutique de la transplantation mais également un centre à la forte empreinte euro-méditerranéenne, à même de lancer un circuit vertueux de synergie et de col- laboration surtout avec les pays riverains du bassin de la Méditerranée. L’ISMETT naît grâce à un partenariat entre les hô- pitaux Civico et Cervello et l’University of Pittsburgh Medical Center (UPMC). Donc un centre international qui, en quelques années, a réussi à atteindre des résultats extraordinaires. Aujourd’hui, en effet, l’Institut Méditerranéen est une structure capable de rivaliser avec les meilleurs centres de transplantation du nord d’Italie et de l’Europe tant en

termes de volume d’activité que de quali- té des interventions effectuées. Depuis

plus de deux ans, toute l’activité clinique

a été transférée dans son nouveau siège,

une structure moderne et à l’avant-garde qui nous a permis de donner de l’impul- sion aux programmes de transplantations

– en 2005 nous avons effectué plus de

100 transplantations en un an – et d’en- tamer ceux qui ne l’avaient pas encore été. A présent, l’ISMETT effectue tous les types de transplantation d’organes so- lides (foie, rein, pancréas, poumon et cœur) et bientôt nous débuterons égale- ment l’activité de transplantation des îlots pancréatiques. Aujourd’hui, des pa- tients de toute part d’Italie et certains même du reste du monde arrivent à Pa- lerme. Une réelle inversion de tendance que nous voulons et devons encourager. C’est un pari qui nous verra engagés dans les prochaines années. Actuellement, l’Institut Méditerranéen a effectué des transplantations sur des patients en pro- venance de la Grèce, l’Albanie, Israël, la Palestine, des pays arabes et certains mê- me de l’Amérique du sud, comme le Pé- rou ou l’Equateur. Il s’agit de patients qui avant choisissaient de partir vers les

Etats-Unis pour se soigner dans les centres médicaux dw l’Amérique du nord et qui par contre aujourd’hui peuvent ve- nir ici à Palerme. Grâce au partenariat qui nous lie à Pittsburgh, l’ISMETT est en effet à même d’offrir les mêmes stan- dards de qualité et d’efficacité que les structures américaines avec un avantage en plus représenté par sa position géogra- phique. Nous avons désormais noué de nombreux contacts avec les médecins et les professionnels du monde de la santé provenant des Pays riverains du bassin de la Méditerranée. Déjà à l’heure actuelle, environ toutes les six semaines, nos mé- decins se rendent en Arabie Saoudite et dans les Emirats Arabes pour évaluer et proposer de valables thérapies aux pa- tients de cette nation; nous avons enta- mé une coopération profitable surtout dans le domaine de l’hépatologie et de la chirurgie bariatrique. Nous sommes éga- lement engagés dans un autre type de collaboration, celle de la formation. L’IS- METT est le seul centre en Italie qui par- ticipe au projet Emispher, un programme communautaire de développement et de coopération qui vise à construire un sys- tème de télé médecine et un programme de formation à distance entre 16 impor- tants centres médicaux du bassin de la Méditerranée de dix Pays (Belgique, France, Allemagne, Italie, Algérie, Chypre, Egypte, Maroc, Tunisie et Tur- quie). C’est un pari non seulement pour l’ISMETT mais aussi pour la Sicile toute entière. Si le programme adressé aux pa- tients internationaux devait atteindre les résultats que nous comptons d’obtenir, d’ici quelques années les avantages ne se- raient pas seulement pour le centre que je dirige mais pour toute l’économie de l’île. En effet, les bénéfices iraient au profit de système sicilien tout entier, à savoir les structures hôtelières, l’industrie de la res- tauration, les magasins, etc.

MAISONS BIOCLIMATIQUES POUR LA MEDITERRANEE

La ville de Palerme lance le projet SUN & WIND

Ornella Amara

Architecte paysagiste et historique de l’art

La structure de la ville de Palerme, com- me cela s’est passé pour la majeure partie des villes à vocation métropolitaine, est devenue pratiquement illisible. Même si dans la dégradation générale, le centre historique a cependant gardé son identi- té dimensionnelle, spatiale et lexicale, les faubourgs et les zones marginales de la ville ont été bouleversés par un processus d’édification sauvage. Le manque ou sur- tout l’ignorance d’une réglementation précise a également fait en sorte que ce même processus ait affecté et envahi des parties de plus en plus vastes de son ter- ritoire, tout en méconnaissant le rôle de la campagne et des faubourgs populaires, en privant des lieux significatifs de leur identité, en brisant et en fragmentant ce “genius loci” en le dispersant et en le mé- langeant à l’intérieur d’un réseau inextri- cable de signes, en collision l’un avec l’autre, une nouvelle Babèle urbaine! Cette reflexion est sous-tendue et se ma- térialise dans le projet “Sun & Wind” qui est en passe de devenir le modèle pour une action de développement durable dont l’objectif spécifique est d’intégrer la dimension environnementale au sein de la planification et de la valorisation du territoire à travers l’introduction de techniques et de méthodes innovantes intégrées, susceptibles d’influencer et de contribuer au développement ultérieur de la politique environnementale com- munautaire et des Autorités Locales. La proposition de projet naît de la vo- lonté de partager, avec tous les sujets qui participent à la “Gouvernance” du terri- toire, une politique visant la construc- tion d’un système normatif qui régisse les interventions techniques et méthodolo-

giques du bâtiment afin d’obtenir une réelle économie d’énergie, une meilleure isolation thermique des édifices et d’avantage de confort environnemental. L’objectif de ce projet est d’arriver à une réduction sensible des consommations d’énergie résidentielles par le biais d’ac- tions visant la modification de la culture de chaque citoyen sur l’art du bâtiment, en récupérant le “savoir technique constructif” de l’architecture de la Médi- terranée, qui aujourd’hui encore, repré- sente un exemple parfait d’architecture bioclimatique et en rédigeant une nor- mative de la “bonne pratique du bâti- ment” qui puisse être appliquée d’abord à l’échelle territoriale limitée, puis à l’échelle de plus en plus vaste, avec une proposition de loi à soumettre à l’Assem- blée régionale et qui concerne tout le ter- ritoire sicilien. La ville de Palerme et spécifiquement sa Division Environne- ment, Service Environnement et Ecolo- gie, Groupe Parcs et Réserves est le sujet promoteur et bénéficieur de ce projet; ce projet sera conduit en partenariat avec toutes les Autorités Locales qui dirigent le territoire objet de cette intervention:

la Commune de Monreale, la Province Régionale de Palerme – la Région Sici- lienne, afin de construire ensemble une politique locale sur l’économie d’énergie; les pays européens du bassin de la Médi- terranée (Municipalité de Tolède, Es- pagne, Athènes – Grèce Zone échan- tillon Ile de Sifnos Cyclades), l’Universi- té des Etudes de Palerme, l’Institut DREAM de Physique Technique, la Fa- culté d’Agronomie, l’Institut de Cultiva- tions Arborescentes et les sujets privés, les associations de catégorie, l’ANCE (Association Nationale Entrepreneurs de Constructions – Association des In- dustriels), PANORMEDIL. Les actions prévues sont: l’implication de tous les ac- teurs locaux, la formation des ouvriers et

des techniciens locaux, l’examen du cadre normatif national et régional en vigueur et la comparaison avec la régle- mentation correspondante des Pays Par- tenaires, la mise en service d’un guichet d’information, la création d’une base de données concernant le présent répertoire du bâtiment, la rédaction des Lignes Guide de la bonne pratique du bâtiment, la proposition d’insérer les Lignes guide de la bonne pratique du bâtiment dans le cadre des Normes Techniques de Réalisa- tion du P.R.G. des Municipalités, le pro- jet et la réalisation des prototypes, la réa- lisation de formes d’encouragement éco- nomique pour ceux qui utiliseront la mé- thodologie de bâtiment prévue dans les Lignes guide de la bonne pratique du bâ- timent, la création d’un réseau de Muni- cipalités et d’un réseau euro-méditerra- néen, pour lequel un accord a été signé avec le Coppem, qui représente le sujet idéal pour cette tâche si importante. La rédaction d’un projet de loi à soumettre à l’Assemblée Régionale, la déclaration de D.A.P. concernant les éléments de bâti- ment propres à la zone de la Méditerra- née, le bilan énergétique du prototype réalisé, la diffusion des résultats obtenus. Et puisque l’architecture a la capacité d’évoquer les lieux, de les rendre recon- naissables, de suggérer l’appartenance à un territoire spécifique, la méthodologie “Sun & Wind” pourra se représenter dans des contextes différents, en chan- geant les surfaces externes et la façon dont elles sont traitées ainsi que les ma- tériaux et les formes, tout en respectant le lieu et la tradition d’appartenance mais en gardant les critères généraux qui caractérisent ce projet. Tout comme l’agriculture, qui évoque et construit le paysage, qui sera utilisée pour proposer à nouveau et revisiter les techniques d’hor- ticulture, et de culture des arbres, en re- visitant cette tradition de laquelle nais- sent “ les jardins” d’agrumes ou les es- paces ombragés des maisons méditerra- néennes à l’intérieur ou à l’extérieur de cette même maison, en édifiant une “marge” idéale qui atténue les bornes entre le système urbain et le système ru- ral, tout en contribuant, en synergie avec le soleil et le vent, à la réalisation d’un système pour climatiser nos habitations à travers des méthodes naturelles ayant un impact énergétique de plus en plus bas.

DES LIENS PLUS ETROITS ENTRE LA SICILE ET L’EGYPTE

Une délégation sicilienne à Qaliyubiya pour donner corps au protocole d’entente

Salvatore Cilento

Ministre Plénipotentiaire de la Région Sicilienne

versité de Palerme a été exprimée à l’autre partie pour assigner des bourses d’étude aux jeunes titulaires d’une maîtrise de l’Université de Benha, pour fréquenter des masters de spécialisation. b) La collaboration entre petites et moyennes entreprises; suite à une requête spécifique avancée par le président de l’as- sociation des industriels de Qaliyubiya, M. Abdel Hady Elsayed, ingénieur, l’on a éta- bli qu’une délégation de PME de Qaliyu- biya qui opèrent dans les secteurs de l’agro-industrie, du travail des métaux et

terranéenne récemment établie sous les auspices du Coppem – à travers la réalisa- tion des lignes de coopération fixées entre Sicile et Qaliyubiya. Le gouverneur Hussein a souhaité que les relations s’étendent également aux échanges entre les jeunes et a proposé le lancement d’initiatives bilatérales spéci- fiques focalisées sur la situation des femmes et sur les droits de l’homme. En marge des travaux, la délégation a ren- contré la first lady égyptienne, madame Suzanna Mubarak, à qui elle a remis un présent de la part du Président de la Région Sicilien- ne, M. Salvatore Cuffaro et le gou- verneur de la ré- gion de Giza, M. Fathi Saad, et a également partici- pé, à Benha, à une session de l’As- semblée régionale de Qaliyubiya qui s’est terminée avec la cérémonie inaugurale d’un jardin donnant sur le Nil que le

gouverneur Hus-

sein a voulu dé- dier à la Sicile. Les médias locaux – aussi bien les chaînes de télévision nationale que la presse écrite – ont réservé une large couverture à la visi- te de la délégation sicilienne en souli- gnant son importance dans le contexte des excellentes relations italo-égyp- tiennes. Effectivement, la collaboration entre la Sicile et Qaliyubiya dépasse le cadre bilatéral pour jouer un rôle de grand relief dans le cadre des relations euro-mé- diterranéennes et de la relance tant atten- due du processus de Barcelone.

Avec la coordination organisationnelle du Coppem, une délégation sicilienne, y compris le Conseiller Diplomatique du Président de la Région, Ministre Plénipo-

tentiaire, M. Salvatore Cilento; le député

M. Pino Apprendi comme représentant

de la Ville de Palerme, les cadres régio- naux - M. Vincenzo Emanuele (Départe- ment Bilan et Trésor), M. Bene- detto Mineo (Dé- partement Fi- nances et Crédit),

M. Giuseppe In-

cardona (Dépar- tement Indus- trie), - M. Dario Cartabellotta (Division Agri- culture) et M. Se- bastiano Di Bella comme représen- tant de l’Assem- blée Régionale, a effectué une mis- sion en Egypte (Le Caire et Ben-

ha, chef-lieu du Gouvernorat de Qaliyubiya) du 5 au 8 juin, dans le but d’examiner, avec le gouverneur de Qa- liyubiya, M. Adly Hussein – Vice-prési- dent du Coppem - et ses plus proches col- laborateurs les suites concrètes à donner au protocole d’entente souscrit le 30 jan- vier dernier entre la Région Sicilienne et le Gouvernorat de Qaliyubiya. L’atten- tion des deux délégations a été focalisée sur les secteurs suivants:

a) La collaboration culturelle et universi- taire; à cet égard, la disponibilité de l’Uni-

taire; à cet égard, la disponibilité de l’Uni- A droite, madame Susanne Mubarak; de gauche à

A droite, madame Susanne Mubarak; de gauche à droite Adly Hussein, Salvatore Cilento, Pino Apprendi

du travail du bois effectuera une mission en Sicile – possiblement dans la troisième décade de juillet – pour rencontrer nos entreprises qui opèrent au sein des mêmes secteurs de production.

c) La collaboration dans le secteur agri-

cole et dans le secteur de la formation également à travers des programmes à réaliser avec le financement de l’Union Européenne;

d) La valorisation du rôle de l’Asem –

l’Agence de développement euro-médi-

UNE NOUVELLE IMPULSION POUR LE PARTENARIAT

Coppem et Paralleli unis pour le dialogue entre les institutions locales

Nino Randisi

Le Coppem et l’Institut “Paralleli”peu- vent travailler ensemble pour la promo- tion et le renforcement du dialogue dans la zone euro-méditerranéenne. Le lien entre ces deux organismes servira à pro- mouvoir concrètement le dialogue avec les Régions, les villes et la société civile de l’Europe continentale, dans le but de renforcer la coopération euro-méditerra- néenne. Rinaldo Bontempi, président de l’Institut Euro-méditerranéen du Nord Ouest “Paralleli”, établi à Turin en juillet 2005, en est convaincu. L’ancien parle- mentaire européen a affirmé qu’à présent tant la ville de Turin que le Piémont sont situés dans une zone géographique straté- gique au niveau européen et méditerra- néen. C’est en raison de leur position qu’ils ont développé, au cours des der- nières années, un grand intérêt pour jouer un rôle actif dans le processus de relance du dialogue euro-méditerranéen. Quel est le principe de cette orientation? Le Piémont est la région qui peut repré- senter les liens importants du réseau qui met en relation la grande plateforme lo- gistico-industrielle, constituée par la zone de la plaine du Pô et par la ville de Milan avec la zone méditerranéenne du sud- ouest et donc avec le bassin tout entier et les pays du sud. Dans quelle perspective se place cette prévision? Le développement accéléré des écono- mies asiatiques constitue désormais le moteur le plus dynamique de l’économie globale. Une partie consistante des flux commerciaux qui en dérivent passent dé- jà par le Canal de Suez et, au lieu d’abor- der dans les ports de l’Europe du nord de Rotterdam et d’Hambourg, ils se dirigent

vers Nice, Gioia Tauro et Gênes, ou bien vers Tarente et Marghera. Il en découle que l’Italie constitue, dans son ensemble, un pont méditerranéen penché vers le cœur de l’Europe communautaire et que l’axe Alexandrie-Turin, même en raison des caractéristiques de Gênes, dépourvue d’un arrière-port, représente la principale bretelle potentielle vers la zone économi- quement la plus forte de l’Europe. Quel est le point de référence écono- mique et culturel pour ce “pont” idéal? Le tissu social turinois et piémontais offre une variété extraordinaire d’organisa- tions culturelles, sociales et productives à même d’être les protagonistes impor- tantes du processus de construction de l’avenir, sur la base de la sédimentation

construction de l’avenir, sur la base de la sédimentation des expériences et des innovations vécues et

des expériences et des innovations vécues et produites au cours des siècles dans le cadre d’un développement contradictoire mais continu, riche en souvenirs mais contaminé depuis toujours par les apports les plus variés et par les innovations les plus courageuses. Quel est le rôle de l’Institut “Paralleli”? De façon cohérente avec les trois grands axes du partenariat euro-méditerranéen (politique et de sécurité, économique, so- cial et culturel) et également avec les exi- gences du territoire, la mission générale de l’Institut est constituée par l’objectif de contribuer à la construction d’un espace euro-méditerranéen de liberté, de sécurité

et de développement économique et so- cial. Ce mandat se réfère à des actions et à des initiatives susceptibles d’impliquer la société civile et la participation sociale, d’encourager la promotion du dialogue culturel et religieux et également les rela- tions économiques visant la durabilité et particulièrement le co-développement. Quelles sont les perspectives politiques au niveau territorial et international? Concernant le niveau international, la priorité des trois premières années de son activité est celle relative au renforce- ment des réseaux européens et interna- tionaux dont l’Institut est déjà membre et l’activation de nouveaux canaux de relation. En particulier, “Paralleli” a fait en sorte de pouvoir stipuler des accords et des conventions avec l’Institut IE- MED de Barcelone, avec l’Institut de la Méditerranée de Marseille, avec l’Insti- tut Universitaire Européen de Fiesole. En outre, “Paralleli” est devenu membre du réseau promu par la Fondation euro- méditerranéenne Anna Lindh. L’Insti- tut, aussi bien à travers des initiatives pu- bliques de discussion que par le biais d’études et de recherches, cherche à jouer le rôle de “stimulateur” du débat sur les nœuds centraux de notre époque en entamant des parcours culturels qui ont pour objectif de construire les conditions afin de définir des politiques spécifiques. De quelle façon l’Institut “Paralleli” entend-il agir? Une attention particulière est accordée aux pays considérés “pays cibles”: Libye, Liban, Maroc, Egypte, Turquie. Mais l’attention réelle est focalisée sur les dé- veloppements des rapports entre la Pa- lestine et Israël. En outre, un espace ad hoc est garanti à la zone balkanique, ex- clue du partenariat euro-méditerranéen, bien que ce soit une zone centrale et stratégique non seulement du point de vue purement géographique.

COPPEM

Comité Permanent pour le Partenariat Euro-méditerranéen

FACM

Forum Algérien pour la Citoyenneté et la Modernité

HAUT PATRONAGE DU MINISTRE ALGÉRIEN DES AFFAIRES ETRANGÈRES

ALGER, 24 JUIN PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT DE LA COOPERATION ENTRE LES VILLES ET LES REGIONS EURO-MEDITERRANEENNES

PROGRAMME DU DÉROULEMENT DES TRAVAUX SIEGE DE LA RENCONTRE HOTEL AURASSI

LE VENDREDI 23 JUIN 2006 Accueil des membres du Coppem et instal- lation à l’Hôtel Aurassi. Réunion du Conseil de Présidence élargi aux vice-présidents des Commissions du Coppem.

LE SAMEDI 24 JUIN 2006 Rencontre avec les représentants Euro-Mé- diterranéens des pouvoirs institutionnels dé- centralisés (Collectivités Locales)

09h00. Accueil des participants. 09h30. Mot de bienvenue de M. N. SBIA, Président du FACM. 09h35. Allocution d’ouverture par son Ex- cellence M. Mohamed BEDJAOUI, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères 10h00. Allocution de M. le Ministre Délé- gué chargé des collectivités locales. 10h20. Allocution de M. Abderrachid BOUKERZAZA, Ministre Délégué chargé de la ville. 10h40. communication du Président du Coppem. 11h00. pause café 11h30. Communication du représentant du Ministère des Participations et de la Promotion des Investissements. (opportuni- tés d’investissements en Algérie) 11h50. Communication du représentant du comité d’organisation de la III Confé- rence Euro-Arabe des villes. 12h05. Communication d’un Wali. 12h25. Communication du Directeur Gé- néral de la Chambre Algérienne du Com- merce et de l’Industrie (CACI) : les jume- lages, les échanges économiques et cultu- rels (bilan et perspectives)

12h40. Communication du Président d’une municipalité algérienne 13h00. Communication du FACM. 13h30. Déjeuner 15h00. Reprise des travaux • en atelier: gestion de la ville à l’épreuve de la bonne gouvernance et coopération entre les villes et régions Euro-Méditerra- néens. •en plénière : débats. 17h30. lecture et approbation des recom- mandations et propositions de l’atelier. 18h00. Clôture des travaux.