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MD1 C5

Le secret de la Création

1. Que celui qui a des oreilles entende et celui qui a des yeux voie ! Ecoute :
Je vais vous révéler un très grand secret qui vous permettra de découvrir combien
votre Père saint et plein d'amour Se donne à vous fraternellement, vous laissant Le
contempler face à face et jouir de Sa compagnie. Car il est bon que les enfants
connaissent la grande maison de leur Père éternel.
2. De toute éternité, la Divinité était la Force pénétrant l'espace sans limites et
absolu de l'infini ; elle était, est, et sera éternellement l'infini même. Au centre de Sa
profondeur, J'étais aussi aveugle qu'un embryon dans le ventre de sa mère ! La
Divinité se complaisait dans l'Amour et ressentait le besoin de s'unir totalement à Lui.
Et l'Amour était de plus en plus chaud dans Son centre, et des masses et des
masses de la Divinité se pressaient autour de Lui. Et toutes les puissances et toutes
les forces fondaient sur Lui, déchaînées.
3. Vois, il naquit un grand mugissement, une effervescence, un déchaînement
; alors l'Amour fut si effrayé et comprimé de tous côtés qu'Il en trembla jusqu'au plus
profond de Lui-même ! L'Amour perçut ce mugissement, et ce bruit devint son, le son
devint la Parole dans l'Amour, et la Parole dit : "Que la lumière soit !" Et là, dans le
cœur, jaillit la flamme de l'Amour embrasé, et la lumière éclata dans tous les espaces
de l'infini !
4. Dieu vit en Lui la grande splendeur de Son Amour, et l'Amour fut fortifié par
la puissance de la Divinité ; ainsi, la Divinité Se lia éternellement à l'Amour, et la
lumière naquit de la chaleur.
5. Alors, l'Amour vit toutes les splendeurs dont le nombre n'a pas de fin dans
la Divinité ; et la Divinité vit que tout cela entrait en Elle par l'Amour ; et l'Amour vit
Ses pensées dans la Divinité et y trouva un grand agrément. Alors l'Amour
s'enflamma à nouveau, et les forces de la Divinité mugirent autour de Lui. Vois : les
pensées de l'Amour étaient elles-mêmes amour, et elles étaient innombrables.
6. La Divinité vit Sa splendeur, et l'Amour ressentit Sa puissance. Alors
l'Amour parla dans la Divinité : "Gardons en Nous les pensées de la splendeur et
laissons-leur libre champ, afin qu'elles ressentent Notre présence et voient comme
Nous ressentons la leur, et comme nous la ressentions et la vîmes avant que la
lumière n'éclairât leurs formes !"
7. Alors, la Parole entra dans la Divinité et, partout, Elle devint amour. Et vois,
la Divinité parla pour la première fois : "Que cela soit !" Et une multitude d'esprits,
dont le nombre n'a pas de fin, devinrent libres, hors de Dieu ; l'Amour Se vit Lui-
même infiniment déployé et put voir parfaitement Sa beauté infinie.
8. Mais tous les êtres n'étaient pas encore vivants ; ils ne ressentaient ni ne
voyaient quoi que ce soit, car ils étaient encore des formes fixes, à l'exception de
l'Amour dans la Divinité.
9. L'Amour fut pris de pitié ; Il S'agita, et cette agitation s'éleva jusque dans la
Divinité. Et Celle-ci donna Ses captifs à l'Amour, et l'Amour pénétra tout. Vois : alors
les formes devinrent vivantes, se regardèrent avec étonnement, se réchauffèrent aux
torrents de flammes de l'Amour divin, et reçurent de ce fait un mouvement et une
activité autonomes ! Mais elles ne se reconnaissaient pas encore.
10. L'Amour parla à nouveau : "Permettons qu'elles se reconnaissent afin
qu'elles puissent ensuite Me reconnaître, et Toi également à travers Moi!"
11. Alors la Parole s'éleva une fois de plus en la Divinité, et en la Divinité la
Parole, et la Parole devint Loi, et la Loi était l'Amour et se répandit partout.
12. Vois : des trois qui furent créés, en furent créés sept autres ! Et ces trois
étaient semblables à l'Amour, à la Lumière et à la Divinité ; et les sept étaient
semblables aux sept esprits de Dieu ; ils s'appellent et s'appelleront éternellement :
1. Aimez l'Amour. 2. Craignez la Divinité qui tue - afin que vous ne soyez pas tués. 3.
L'amour qui se trouve en vous est sacré ; pour cette raison, respectez-vous
mutuellement, ainsi que l'Amour qui est dans la Divinité vous respecte et ressent de
la joie à votre égard. 4. Chacun est sa propriété et la propriété de l'Amour de Dieu ;
par conséquent, qu'aucun de vous ne devienne la proie de l'autre. 5. Qu'aucun ne
dissimule sa face devant l'autre pour empêcher que cet autre ne sache comment est
l'amour, ceci afin que vous soyez comme l'Amour qui vous a engendrés. 6. Soyez
intérieurement tout à fait semblables à ce que vous êtes extérieurement, afin
qu'aucun faux mouvement du cœur ne naisse en vous et ne vous fasse périr. Que
votre apparence extérieure soit le fidèle reflet de votre miroir intérieur ; sinon, celui-ci
sera brisé et votre forme extérieure deviendra affreuse.
13. Ici, dans un bruit de tonnerre, la Divinité proféra dans l'espace infini un
terrible jugement de punition aux éventuels transgresseurs. Il leur fut ordonné
l'adoration de la Divinité dans la plus grande crainte, et il leur fut ordonné l'amour de
l'Amour. Et ils furent sortis de la Divinité et se trouvèrent dans la plus grande liberté,
pouvant faire tout ce qu'ils voulaient. Et rien ne doit entraver cette liberté jusqu'au
jour où ils se seront reconnus en elle et en leur humilité, afin que la Loi leur devienne
propre et les affranchisse entièrement.
14. Alors seulement, les esprits se reconnurent dans leur grande puissance et
leur incommensurable splendeur et majesté. Le plus grand des trois, semblable à la
Lumière de la Divinité, s'enflamma dans sa convoitise et voulut s'emparer de la
Divinité et se La soumettre entièrement. Une grande partie des esprits qu'il avait
créés s'enflammèrent avec lui. Voyant cela, la Divinité S'enflamma également dans
Sa colère, ainsi que les deux des trois autres esprits, et précipita la multitude de ces
méchants dans la profondeur de la profondeur de Sa colère.
15. Et les deux, et ceux qui provenaient de ces deux, et les sept, dont le
nombre était juste, furent reconnus fidèles dans leur amour ; ils furent accueillis dans
la sphère de la Puissance de Dieu. L'Amour vit qu'ils avaient été trouvés purs et Se
réjouit de leur perfection. Et vois, la Force de la Divinité dans l'Amour S'éleva ; la
Divinité S'anima, et les créatures s'en aperçurent ; la Divinité S'avança vers Son
Amour, et les yeux des créatures s'ouvrirent, et elles virent pour la première fois
l'Amour éternel.
16. Les multitudes innombrables furent alors plongées dans un immense
étonnement et ressentirent une grande joie et une profonde allégresse ; car elles
voyaient la puissance de Dieu dans l'Amour, voyaient l'Amour en elles et également
la force qui les avait créées. Et elles se reconnurent elles-mêmes, reconnurent
l'Amour et reconnurent Dieu.
17. La Divinité S'anima, et les créatures s'effrayèrent devant Elle L'Amour
remarqua leur crainte et vit qu'elle était justifiée. Et leur crainte devint pour elles
obéissance, et l'obéissance était humilité, et l'humilité était leur Amour, et l'Amour
devint leur loi, et cette loi devint à jamais leur liberté, et la liberté devint leur Vie et la
Vie leur béatitude éternelle.
18. Vois maintenant : l'Amour éternel leur parla, et elles comprirent la Parole !
Leurs langues se délièrent, et la première parole que leurs lèvres prononcèrent fut
"Amour". Et le son de leur discours plut à la Divinité ; et Celle-ci fut animée par
l'Amour ; ce mouvement prit forme dans les créatures, et la forme devint son, et le
son fut le deuxième mot et signifiait : Dieu.
19. Et maintenant seulement, les créatures étaient achevées. Alors l'Amour
leur parla : "Le premier d'entre vous s'est perdu ; pour cette raison, J'assume sa
place et serai éternellement parmi vous !"
20. Alors leurs langues se délièrent à nouveau, leurs genoux fléchirent, et
elles adorèrent l'Amour.
21. Maintenant, voyons plus loin tout ce que fit l'Amour, et Dieu dans l'Amour,
et l'Amour en Dieu ! - L'Amour eut pitié de ceux qui étaient perdus ; mais la Divinité
frémit dans Son courroux, et un grand tonnerre résonna dans l'immensité des
espaces infinis de Dieu. Le tonnerre pénétra jusqu'au plus profond de l'Amour
éternel, et seul l'Amour comprit le tonnerre de la Divinité ; et le tonnerre devint Parole
en Lui et dit : "Que toute puissance Te soit soumise ; agis selon ton bon vouloir et dis
«Que cela soit !» et ce sera !"
22. Alors, l'Amour fut attendri jusqu'au plus profond de Lui-même et la
première larme coula de l’œil de l'Amour éternel. Cette larme coula du cœur de la
Divinité, s'appela et s'appellera éternellement : compassion.
23. Cette larme devint de grandes eaux, et celles-ci se déversèrent dans tous
les espaces de l'infini ; elles pénétrèrent dans la profondeur de la profondeur de la
colère de la Divinité et adoucirent le feu de Son courroux.
24. Et vois : l'Esprit de Dieu, dans Sa Force, souffla doucement sur les eaux
de la compassion et les eaux se partagèrent. Et Dieu parla dans Son Amour, et Son
Amour était la Parole, et la Parole s'éleva dans la profondeur des profondeurs, plana
au-dessus des eaux, et les eaux furent séparées comme des gouttes de rosée et
réparties en grandes et petites, selon le nombre des perdus, lequel n'a pas de fin,
dans tous les espaces de l'infini.
25. Vois, la dernière goutte qui resta venait de la plus grande profondeur des
eaux et de la plus grande profondeur de la compassion ; elle ne fut pas partagée,
mais au contraire resta là où elle se trouvait et fut destinée à devenir le point central
et la scène du plus grand acte de l'Amour éternel.
26. Et vois maintenant : cette dernière goutte devint la terre que toi et tes
frères habitez ! Les autres gouttes devinrent des soleils, des terres et des lunes de
toutes sortes, et leur nombre n'a pas de fin. Ainsi prirent naissance le ciel visible
avec ses étoiles, son soleil, sa lune et la terre avec ses mers et ses terres fermes !
27. A présent, vois, et lève les yeux, et tu comprendras le prodige de l'Amour
éternel ! Tu contemples depuis toujours l'éclat du soleil, la lumière de la lune et la
lueur faible et tremblotante des étoiles dans leurs positions les plus diverses que
vous nommez constellations. Tu connais aussi les formations les plus hétérogènes
des trois règnes de la terre ; mais jusqu'à présent, personne n'a encore sondé et
vraiment compris la nature et l'origine de la lumière du soleil et de la lune, de celles
des étoiles et de leur scintillement, de leurs constellations les plus diverses et de
toutes les formations de la terre.
28. Car il faut que tu saches que Mes enfants doivent être initiés au secret de
toutes les belles choses que leur Père saint et plein d'amour a données à ceux qui
Le reconnaissent, L'aiment plus que tout et s'aiment mutuellement par amour pour
Lui.
29. Vois maintenant : lorsque tous les soleils, avec leurs terres, furent créés
par la puissante compassion de l'Amour du Dieu éternel et infini, ils n'avaient encore
ni éclat, ni luminosité, ni lueur, ni scintillement ; car une nuit opaque régnait sur les
soleils, les terres et les lunes. Alors, du centre des soleils, l'Amour éternel fit
descendre une petite étincelle de Sa grâce, et cette étincelle illumina les masses
ténébreuses plus rapidement qu'un immense éclair. Vois : les soleils éclairèrent les
terres avec grand éclat, comme ils le font encore à l'heure actuelle et le feront, aussi
longtemps que l'étincelle de grâce ne leur sera pas ôtée.
30. Vois : les terres et les lunes brillèrent également et furent attribuées aux
soleils en nombre équitable. L'Amour souffla sur elles par la Force et la Puissance de
la Divinité ; et vois, la lumière vacilla sur les soleils, les flots des océans des terres
s'élevèrent en vagues et en tourbillons, les airs et les vents se mirent en mouvement
et soufflèrent sur les terres, semblables à l'Esprit de Dieu sur les eaux de la
compassion ! Et les lunes s'élevèrent puissamment au-dessus de leurs terres - à qui
elles avaient été données comme le fruit à l'arbre - et commencèrent à tourner autour
d'elles en cercles éloignés, en tant que compagnons permanents de leurs origines.
Là où elles étaient nombreuses, elles furent réunies en cercles fermes, comme signe
de l'amour des enfants qui devraient contempler sans cesse la face de leur Père -
telles les lunes leur terre - afin que leur consistance molle ne les pousse pas à quitter
leur orbite et à être détruites.
31. Vois : les terres des lunes ne sont pas fermes, mais de consistance très
relâchée, semblable à l'écume des océans qui se condenserait et deviendrait plus
solide, et elles sont dénudées et sans eau. L'air de la terre est comme l'eau des
lunes, et l'air de la lune semblable à l'éther qui se trouve entre soleils et terres. Les
lunes sont destinées à accueillir les esclaves du monde et à capter les esprits de la
matière, à sonder leur durabilité et à les faire mûrir pour l'accueil de la grâce.
32. La fermeté des terres est la part de la colère de la Divinité adoucie par la
compassion ; elle entoure de liens solides les esprits égarés jusqu'au temps prévu de
leur délivrance inconsciente où ils seront placés - chacun séparément - dans une
matière plus tendre, mais toujours suffisamment ferme pour eux, hors de laquelle ils
ne pourront sortir qu'éveillés par l'Amour éternel. Et les mers et les eaux sont
remplies de ces esprits, afin qu'ils soient humiliés, et l'air en est également plein, afin
qu'ils soient purifiés. Car l'Amour éternel est dans toutes les formes mais la colère de
la Divinité ne s'est pas retirée de la terre : elle s'est seulement adoucie.
33. Prends bien note de ce qui va suivre : au centre du soleil repose l'étincelle
de la grâce qui donne la lumière au monde par le feu de la colère de la Divinité. Mais
au centre de la terre se trouve une étincelle du courroux de Dieu, semblable à un
dragon de feu qui retient l'armée des méchants aussi solidement que s'ils étaient des
pierres, lesquelles doivent être d'abord attendries par l'eau de la compassion si un
esprit veut être délié pour une deuxième épreuve - afin d'obtenir la liberté et la Vie
éternelle. Comprends maintenant le secret de ton être, et émerveille-toi du grand
amour de la Puissance éternelle ; combien de fois a-t-elle permis que tu naisses à
nouveau, toi qui étais perdu, pour tout regagner : la Vie éternelle, la liberté, la loi,
l'Amour, la lumière et la contemplation de Sa face ! Vois, Je veux te faire connaître
tout cela, et par toi à beaucoup d'autres, afin que vous puissiez enfin vous rendre
compte combien l'Amour éternel est infiniment bon, parce qu'infatigable dans tout ce
qu'Il fait de grand et de merveilleux, dans tout ce qu'Il supporte pour vous par votre
désobéissance !
34. Vois : le mouvement fut donné aux terres qui tournent autour de leur soleil
et de leur axe par le souffle de la compassion de l'Amour en tant que signe, afin que
Mes enfants organisent toutes leurs activités conformément au mouvement des
terres autour de leur soleil et des lunes autour de leur terre. Les faibles seront
comme la lune, les forts comme la terre et ceux qui auront bénéficié de la
renaissance à la vie seront comme le soleil. Et les faibles regarderont la force de
l'Amour qui ne les laissera jamais faillir si, comme la lune, ils dirigent sans cesse leur
regard vers Sa face et tournent autour de Lui de tous côtés en de petits cercles, pour
être finalement emportés par Sa force dans le tout grand cercle. Et les forts seront
semblables à la terre, se tournant spontanément vers la lumière et la chaleur
émanant de la grâce de l'Amour, lequel éclaire et vivifie en réchauffant par la force
qui lui est inhérente. Ils apporteront ainsi toutes sortes de fruits venant des œuvres
de l'Amour qui pourront rassasier les faibles, vivifier les forts, et réjouir les
nouvellement nés. Et ceux-ci, venant des eaux de l'Amour saturé de compassion en
qui la grâce est parfaite, seront semblables au soleil, et leur lumière luira en tous
lieux, leur chaleur stimulera les faibles et fécondera les forts, pour qu'ils donnent de
leur force aux faibles, afin que les enfants forment une seule communauté autour
d'un seul et même Père.
35. Ecoute : il faut que tu voies encore plus loin, c'est-à-dire comment et
pourquoi J'ai tout ordonné de cette façon ! Vois : la lune a des taches et beaucoup de
lieux sombres, et la terre a des pôles froids, mais fermes, de hautes montagnes, de
basses vallées, des sources, des ruisseaux, des rivières, des fleuves, des lacs, des
mers grandes et petites. Tout cela est l'effet de l'Amour et de la grâce, ou, si tu veux,
de la chaleur et de la lumière qui leur sont inhérentes, et qui proviennent de l'Amour
éternel et de la puissance de la Divinité à travers Lui. C'est pourquoi, vois comme les
faibles et la lune se ressemblent, et son être s'ouvrira à toi ; considère tous les forts
selon leurs actes, et la terre te sera révélée ; et, d'un pôle à l'autre, la puissante paix
de l'esprit doit se rencontrer dans l'amour de l'Amour, afin que tout ce qui entoure
l'esprit évolue dans un ordre constant en vue d'atteindre le but commun d'une
existence éternelle. Car vois : tout dépend de la paix ; sans elle, rien ne peut être
atteint. Et qui n'est pas traversé de haut en has par la paix - à l'instar de la terre
traversée par son axe ne pénétrera jamais au plus profond de lui-même. Et votre
autour doit être froid comme la glace des pôles, afin que vous soyez capables de
recueillir toute la chaleur de l'amour divin. Car vois : ce qui est chaud n'est pas
propre à recevoir la chaleur en abondance et à la laisser s'écouler dans tout ce qui
touche à la Vie. Vois : qui accueille la chaleur en lui, laquelle est l'amour de Dieu, et
la retient fermement sans la laisser se répandre, celui-là est un avare ; il sera
désagrégé cri lui-même et se détruira comme le feu détruit la glace. Mais qui
l'accueille comme le font les pôles et la donne aussitôt à tous ceux qui l'entourent de
près ou de loin est bien placé pour recevoir l'amour et est agréable à la volonté du
saint Donateur.
36. Cet amour portera beaucoup de fruits, prendra son essor jusqu'à la
lumière de la grâce et contemplera sans jamais se détourner les immenses
profondeurs de la Divinité, tels les pôles qui regardent au-dehors, à travers l'espace
infini des créations de l'Amour et absorbent en eux, les yeux grand ouverts, les doux
rayons émanant de l'immensité de tous les espaces infinis où tournent,
innombrables, et chacun à sa manière, les êtres de la compassion. D'émerveillement
et de délices dans leur amour envers l'Amour, ils s'enflamment et, tel un soleil
s'éclairant lui-même, deviennent semblables à la lumière des pôles de la terre.
37. C'est pourquoi, celui qui reste ferme au centre de l'amour de la
connaissance, ce qui est la Grâce - aura les reins brûlants d'amour envers Dieu,
comme la ceinture de la terre, et ses yeux luiront comme les pôles devant la
connaissance. Et ses bras se mettront en mouvement, comme les rivières, les
ruisseaux et les sources ; ses actes s'écouleront vers les océans de la compassion
divine, qui sont salés par la grâce et la connaissance de l'Amour éternel et de la Vie
éternelle.
38. A présent, vous avez là la clef pour ouvrir et déchiffrer la terre qui vous
porte.

GEJ11 C17
Le Seigneur dévoile le plan divin de la Création et de la Rédemption

1. Nota bene. Beaucoup se demanderont pour quelle raison J'avais fait sortir
de leurs corps les âmes de Mes disciples afin qu'ils soient ainsi témoins de cette
scène. Il y avait à cela deux sortes de raisons.
2. D'abord, ils ne devaient en garder aucun souvenir dans leur vie terrestre,
car cela eût été inutile, et même néfaste, pour leur évolution ultérieure : ensuite,
seule une âme à l'état libre peut percevoir les étapes qui ont précédé sa condition
actuelle. La dernière raison, enfin, était qu'il fallait que ces âmes pussent Me
reconnaître pleinement comme leur Seigneur et leur Créateur, et, en tant que tel, Me
prier de les protéger. Quant à Lucifer, il devait reconnaître que ses adeptes le
quittaient et que sa puissance ne cessait de décroître.
3. Le moment est venu, afin que l'on comprenne la suite, d'expliquer
clairement ce que c'est que Lucifer, comment on peut se le représenter et comment
tout homme peut le vaincre en lui-même. Car seul un exposé très clair de ces
questions essentielles peut faire comprendre correctement la Création, Mon
incarnation, Ma passion et Ma mort. Que le monde entende donc, dépouillé de toute
parabole, le grand secret de Mon plan pour la Création et pour la Rédemption* !
4. Quand Dieu, par des procédés qui vous demeureront à jamais mystérieux,
Se fut trouvé et eut reconnu en LUI l'Esprit universel créateur, un puissant
mouvement L'agita, et Il parla ainsi en Lui-même : « Je veux faire sortir les idées qui
sont en Moi, afin de pouvoir contempler en elles les effets de Ma force ! » Car, tant
qu'aucune activité ne s'est manifestée, Dieu Lui-même ne peut Se connaître que

*
Comme nous l'avons déjà indiqué, le mot allemand Erlösung, Rédemption, rachat des péchés, signifie au sens
courant "délivrance". Il est formé sur le verbe lösen, qui a de nombreux sens, en particulier : délier, résoudre,
dissoudre (un élément) - d'où l’image des cristaux. (N d.T.)
dans une faible mesure, et ce n'est qu'à Ses œuvres qu'Il connaît toujours mieux Sa
propre puissance et S'en réjouit (de même que tout maître reconnaît à ses créations
ce qui est en lui, et en éprouve de la joie).
5. Ainsi, Dieu voulut créer, et Il Se dit encore : « En Moi réside toute force de
toute éternité : créons donc un être qui soit pourvu comme Moi-même de toute la
force. Mais qui porte aussi en lui les qualités dans lesquelles Je Me reconnais Moi-
même. » Et ainsi fut créé un Esprit pourvu de toute Ma puissance, afin qu'il pût
manifester devant la divinité les forces qui reposaient en Moi.
6. Dieu Lui-même voulut que cet Esprit constituât le point fixe de Sa propre
activité, de même qu'un homme qui marche a besoin de trouver sur la terre ferme un
point d'appui solide, afin d'y exercer la force qui lui permet de se déplacer. Et la
résistance qu'offre la terre est bonne, car elle est le moyen même qui permet à la
force de se manifester, et par-là au mouvement de se produire. La force concédée à
l'esprit nouvellement apparu et déposée en lui était le pôle opposé, c'est-à-dire
l'exact contraire de toutes les qualités que vous qualifiez de divines : mais ce pôle
opposé n'en est pas moins divin pour autant : il est seulement ce qui permet à la
vraie lumière de la connaissance de se répandre.
7. Car toute qualité, lorsqu'elle est parfaite, doit être considérée de deux côtés,
et Ma perfection se trouve donc précisément au point central où les deux côtés se
rencontrent. Et, à partir de ce centre, les deux directions, montante et descendante,
se perdent toutes deux dans l'infini.
8. Considérez par exemple l'amour, qui, en ce point central qu'est Mon cœur,
est la suprême loi et la plus noble de toutes les qualités. Chacun comprendra sans
peine que même un homme tout rempli d'amour peut encore faire croître cet amour :
car il est facile de concevoir que, même sur votre Terre, il y aura toujours un autre
homme encore plus rempli d'amour. Et pourtant, vous remarquerez que les hommes
les plus remplis d'amour ont aussi en eux le pôle opposé : c'est ce qui, bien souvent,
les rend capables, par amour et en considération de sages raisons, de refuser
d'accéder aux demandes des autres, lorsque ces demandes portent tort à ceux qui
les formulent.
9. Imaginons à présent qu'un être soit créé qui se tienne à cette frontière à
partir de laquelle il peut évoluer librement dans les deux directions : on comprend
sans peine qu'il lui est possible de développer toujours plus en lui cette qualité du
refus, et de s’éloigner ainsi toujours plus du juste milieu, jusqu'à se perdre finalement
dans les lointains infinis du pôle contraire, donc dans la plus extrême dureté. Ainsi,
lorsqu'un homme est mauvais, vous pouvez toujours en imaginer un autre plus
mauvais encore et plus dépourvu d'amour aussi loin que peut aller l'égoïsme le plus
brutal.
10. Si J'ai crée un être qui renfermait en lui tous les pôles uniquement - notez
bien cela - positifs de Mes qualités divines, cela ne signifie pas que Je Me sois
entièrement dépouillé de celles-ci en sorte que Dieu ne soit plus que la moitié de Lui-
même, mais seulement ceci : J'ai créé un être que J'ai placé sur la frontière dont J'ai
parlé, le munissant de Ma toute-puissance, J'ai œuvré à travers lui, lui permettant
dès lors de se développer librement vers le haut comme vers le bas. Et c'est de Ma
propre autorité que Je l'ai laissé œuvrer librement.
11. Cette première lumière de connaissance - c'est-à-dire la conscience de sa
possibilité de se développer vers le haut comme vers le bas - devait avoir pour effet
qu'il restât de son plein gré au milieu, afin d'œuvrer à partir de ce point en union
étroite avec l'Esprit divin créateur et, par son propre pouvoir créateur, de produire
des créatures toujours nouvelles, afin que Créateur et créature en éprouvent une
vraie joie et que leur félicité grandisse dans cette heureuse activité.
12. Si Je vous dis encore que ce premier esprit créé s'appelait "Lucifer'' (c'est-
à-dire : porteur de lumière), vous comprendrez maintenant pourquoi il devait se
nommer ainsi. Il portait en lui la lumière de la connaissance, et, en tant que premier
être spirituel, devait fort bien connaître les frontières des deux polarités inhérentes à
l'esprit. Muni de toute Ma puissance, il a pu donner la vie à d'autres créatures qui,
étant toutes semblables à lui, ont comme lui senti en elles la divinité et vu brûler en
elles la même lumière de connaissance : comme lui, elles se sont mises à créer de
leur propre chef et ont été munies de toute la force de Mon esprit. Cependant, des
forces particulières de Mon esprit créateur se sont réparties entre elles pour y
œuvrer de manière prépondérante, et c'est ainsi qu'elles furent au nombre de sept,
dont la personnalité correspondait à Mes sept qualités principales.
13. Il ne faut pas entendre par-là que ces créatures ne possédaient pas pour
autant les six autres qualités, mais chacune avait dans sa nature un trait qui la
rendait apte à être porteuse d'une qualité particulière qu'elle développerait plus que
toutes les autres : car, dès le commencement, J'ai imposé à Mes créatures la
contrainte de ne pouvoir se passer les unes des autres, ce qui était le meilleur
moyen de les empêcher de présumer d'elles-mêmes.
14. Mais Lucifer, sachant qu'il représentait lui-même le pôle opposé a Dieu,
crut alors qu'il pourrait en quelque sorte attirer à lui la divinité, et il tomba dans
l'erreur, étant un être créé et donc fini, de vouloir absorber en lui l'infini. Car il était lui
aussi soumis à cette loi : ''Nul ne peut voir Dieu (l'infini) et conserver la vie'', selon
laquelle il pouvait certes ressentir la présence de la divinité et, tant qu'il se tenait
dans le juste milieu, entendre Ses ordres, mais en aucun cas La voir en personne.
15. Ainsi, de même qu'un être fini n'appréhendera jamais l'infini et tombera
facilement, pour cette raison, dans toutes sortes d'erreurs dans lesquelles il risque de
s'obstiner toujours plus à mesure qu'il s'abaissera, Lucifer, malgré tous les
avertissements, s'est enfoncé dans l'illusion qu'il pouvait recevoir la divinité et la
garder captive. C'est ainsi que, quittant sa place légitime, il s'est éloigné du juste
milieu de Mon cœur pour céder toujours plus au mauvais désir de rassembler autour
de lui ses créatures, nées par lui, mais issues de Moi, afin de régner sur les univers
peuplés d'êtres de toute sorte.
16. Un conflit s'ensuivit, les deux parties se séparèrent, avec pour
conséquence que Je retirai à Lucifer la puissance que Je lui avais accordée, et, avec
sa suite, il resta sans force et privé du pouvoir de créer.
17. Qu'allait-il advenir, dès lors, de cette armée déchue, qui semblait morte,
c'est-à-dire privée d'activité ?
18. Il n'y avait que deux voies possibles. La première était de détruire Lucifer
avec sa suite, afin d'en créer une nouvelle, mais qui eût été probablement sujette à la
même erreur, car Je ne pouvais créer un esprit plus parfait que celui-là pour lui
donner la liberté et le rendre indépendant de Ma volonté. Créer des machines qui,
privées de volonté, eussent accompli ce que J'ordonnais, cela M'eût été facile. Mais,
pour atteindre la lumière de la conscience de soi, il n'y avait pas d'autre voie que
celle suivie jusqu'alors. Et, comme les autres esprits qui M'étaient restés fidèles
avaient été eux aussi créés par Lucifer, c’est-à-dire par son entremise, ils étaient
sous son influence. Ainsi, le détruire d'un seul coup eût signifié détruire en même
temps tous les êtres vivants.
19. Imaginez qu'un homme rassemble autour de lui ses enfants et petits
enfants : ils sont certes issus de lui en tant qu'intermédiaire, et pourtant, c'est à Moi
qu'ils doivent leur vie ! Si les actes de cet homme, ses pensées et tout ce qu'il a pu
faire devaient être anéantis à jamais, ne faudrait-il pas détruire également sa
descendance, en qui son souvenir persisterait malgré tout ! Pour que cet homme soit
totalement oublié, il faudra effacer complètement tout ce qui n’aura jamais pu entrer
en contact avec lui - que ce soit bon ou mauvais, que cela ait mérité ou non d'être
détruit.
20. Et en quoi Lucifer avait-il mérité cela, lui qui devait sa chute à une erreur
dont il restait toujours possible qu'il revînt ? En quoi les êtres demeurés fidèles
avaient-ils mérité d'être détruits, et enfin : qu'en était-il de Ma sagesse, si Je n'avais
pas reconnu et prévu dès le commencement la possibilité d'une chute, et donc exclu
d'avance de recommencer le processus de la Création ? Mais surtout : qu'en était-il
de Mon amour, si celui-ci n'avait pas renoncé à la destruction pour trouver, par la
sagesse, d'autres moyens de ramener à la lumière de la connaissance les créatures
perdues, et de leur permettre de demeurer dans un juste équilibre des contraires ?
21. Seule restait donc ouverte la seconde voie, celle que vous avez devant
vous dans la Création matérielle.
22. Imaginez un homme qui refuserait de comprendre que le roi de son pays
est un puissant souverain pour la seule raison qu'il ne l'aurait jamais vu en personne,
alors même que celui-ci lui aurait conféré toute sa force et ses pleins pouvoirs ! Cet
homme se révolte contre lui et veut devenir lui-même roi. Pour ne pas causer la perte
de ses sujets demeurés fidèles, le roi le fera arrêter, priver de ses ornements et de
tous ses pouvoirs et jeter dans une prison bien close jusqu'à ce qu'il revienne à la
raison, et il fera de même avec ses partisans. A mesure que ceux-ci se repentiront et
comprendront leur erreur, ils seront libérés et, quand le roi se sera montré à eux
visiblement, ils deviendront ses fermes partisans.
23. C'est là une faible image terrestre pour vous montrer Ma manière d'agir
car cet emprisonnement, c'est la création matérielle. Mais, pour comprendre la suite,
vous devrez solliciter les perceptions de votre âme, car la raison humaine n'y suffira
pas.
24. Une âme est composée d'innombrables particules dont chacune
correspond à une idée issue de Moi, et, une fois assemblée, cette âme ne peut plus
redevenir autre que ce qu'elle est, parce que c'est ainsi qu'elle correspond au
caractère qu'elle a reçu. De même, une fois sa cristallisation achevée, un cristal ne
peut plus changer de nature, qu'il cristallise sous forme de rhomboèdre, d'hexaèdre,
d'octaèdre, etc.. suivant son caractère, c'est-à-dire la façon dont les particules
s'agglomèrent autour de son centre vivant.
25. S'il faut alors opérer une transformation parce que les cristaux ne sont pas
tout à fait dans le bon ordre, il faudra dissocier ceux-ci par la chaleur (l'amour), afin
qu'ensuite, lorsque l'eau d'amour refroidira, autrement dit lorsque la volonté lui sera
rendue, ils puissent cristalliser à nouveau. C'est ainsi que se reforment de beaux
cristaux neufs, et tout chimiste prévoyant saura comment s'y prendre pour obtenir,
selon le but visé, les cristaux les plus beaux, les plus clairs et les plus gros possibles.
26. Or, Je suis un de ces chimistes ! J'ai dissous les cristaux devenus impurs
(Lucifer et sa suite) à la chaleur de Mon eau d'amour, et à présent, Je fais à nouveau
cristalliser ces âmes afin qu'elles soient clarifiées*. Vous savez déjà que cela a lieu
tout au long d'une progression qui va du règne minéral et du règne végétal jusqu'à
l'homme. Et, puisque l'âme de Lucifer inclut toute la Création matérielle, celle-ci doit
également s'exprimer sous une forme humaine. C'est ainsi que les unions d'esprits
se rassemblent toujours dans une personne qu'exprime celui qui dirige l'union, et
forment ce qu'on appelle la sphère d'influence de cette personne. Il n'existe rien de
semblable dans le domaine de la matière qui permette d'exprimer clairement cela, et
c'est pourquoi Je vous ai dit : ouvrez les perceptions de votre âme !
27. Vous comprenez, sans doute mieux à présent pourquoi Lucifer croit qu'il
devait agir comme il l'a fait pour que la matière pût être créée - mais c'est une erreur,
parce que la matière n'est pas le but ultime de Ma Création : si J'ai créé les êtres,
c'était afin qu'ils pussent librement connaître, aimer et comprendre la divinité, et la
matière n’était en cela qu'un moyen provisoire. Mais Lucifer a persisté dans cette
seconde erreur et s'est ainsi perdu aux confins de sa polarité, se trompant lui-même
pour pouvoir conserver la matière. Il avait reçu une liberté suffisante pour pénétrer la
matière. C'est-à-dire pouvoir la contempler consciemment en lui-même afin de
reconnaître le mal qu'il avait causé à ses compagnons, lui, le premier esprit créé, et
d'être ainsi amené à se convertir. Mais, loin de cela, il n'en a que plus désiré régner
et être le prince de la matière qui lui appartenait. Et, pour conquérir son royaume, il a
obscurci autant que possible les cristaux humains qui se reformaient : car le combat
avec Dieu lui apparaissait grand et noble, et il perpétuait la vie.
28. Les cristaux humains, qui devaient être libres eux aussi pour que le but fût
atteint, avaient le choix d'incliner vers lui ou vers Moi, et, au cours de leur vie, il est
vrai qu'ils tombaient souvent dans ses filets. Ainsi du paganisme, ou il a fait vénérer
comme des divinités sa personne royale et les qualités de son pôle, qui renferment
elles aussi une très grande sagesse.
29. On Me demandera pourquoi J'ai permis de tels agissements. On ne
saurait le comprendre sans considérer le but final, qui est que l’homme se
reconnaisse en Dieu en toute liberté.
30. Lorsqu'un grand souverain tombe dans l’erreur et entraîne ses partisans
avec lui, quel est le moyen le plus rapide pour les ramener tous à la lumière C'est
assurément que le souverain renonce lui-même à ses erreurs, car ses partisans le
suivront bientôt. Mais si l'on cherche à détourner ses partisans de lui un par un, tant
qu'il ne restera pas, seul, le but ne sera pas atteint.
31. Pour Moi, Je vais toujours droit au cœur du sujet, et ne prends un détour
que lorsque le cœur ne peut être changé.
32. Ainsi, pendant la Captivité songez à la parabole du roi - on Me faisait sans
cesse ce reproche : « Si je pouvais voir le roi, alors, je croirais en lui : et c'est ce qui
a décidé de Mon incarnation : d'abord pour ceux qui étaient tombés, ensuite pour
que ceux qui n’étaient pas tombés puissent voir la divinité en personne et que leur foi
soit ainsi couronnée.

*
C'est-à-dire à la fois "purifiée," et "éclairée" : le fiançais ne rend qu'imparfaitement cette image, klar werden,
qui signifie : "s’éclairer", mais aussi, en parlant d’une personne, "y voir clair", commencer à comprendre une
chose. (N.d.T.)
33. Tel est le secret de Mon incarnation : elle devait briser de part en part une
matière qui, sans cela, se serait sans cesse endurcie à mesure que Lucifer se
perdait toujours plus loin dans la dureté du pôle opposé à Moi. Ainsi donc, en
montrant clairement la voie de la libération, Mon incarnation a mis un terme au culte
des idoles et des qualités polaires qu’elles représentaient, et elle doit maintenant
apporter la preuve, d'abord, que l’on peut triompher de la mort - par quoi les hommes
sont liés à la matière et à ses plaisirs -, et que c'est un but parfaitement accessible,
ensuite, que la vie n’advient pas dans la matière, mais dans l’esprit, et que la
première n'est que la prison du second.
34. Il va sans dire que J'avais prévu le pays, le peuple et la famille où Mon sacrifice
devait s'accomplir afin de réussir à coup sûr, et que Lucifer ne pût triompher de Moi ;
et toute l'histoire du peuple juif répond à la question de savoir où cela devait arriver

GEJ8 C37
Un aperçu des causes de la Création première

1. Le docteur de la loi dit : « Mais comment les diables savent-ils cela ?


Peuvent-ils voir cette terre et nous-mêmes, les hommes, avec nos faits et gestes ? »
2. Je dis : « Oh, que oui, mais seulement pour ce qui leur ressemble. Je te le
dis, les vautours* aussi se rassemblent très vite là où sont les charognes dont ils se
délectent.
3. Moi seul sais de toute éternité ce qu'il faut pour transformer une pensée
issue de Moi en un être libre, d'une indépendance parfaitement divine ; c'est
pourquoi Je sais aussi, et Moi seul, ce qu'il faut pour achever pleinement cette œuvre
suprême. Jusqu'à la réalisation de ce but essentiel de Mon amour et de Ma sagesse,
mort, jugement, homme ou ange, tout est égal à Mes yeux. Car, sache-le, l'Éternel a
tout Son temps. David a certes dit que pour Dieu, mille ans étaient à peine comme
un jour, mais Moi, Je te le dis, Mon désormais ami : mille fois mille ans sont pour Moi
à peine un instant fugitif !
4. Tu existes à présent, mais, selon la succession naturelle des temps, nous
avons derrière nous des myriades de myriades de Créations achevées ! Peux-tu
donc Me faire grief de ne t'avoir fait exister que si tardivement ? Et quel grief pourront
avoir envers Moi ceux que Je ne ferai exister que lorsque des éons d'éons de temps
et d'éternités se seront succédé ?
5. Je suis maître de Mes pensées et idées éternelles et puis leur donner
quand Je veux une existence consciente d'elle-même ! Car Je ne suis soumis à
aucune loi, étant Moi-même la Loi de toute éternité, et c'est pourquoi, pour ce qui
regarde la morale divine, Je puis faire survenir quand Je le veux, selon Mon amour et
Ma sagesse, ce qui ne peut naître que de Moi et ne dépend que de Ma volonté !
6. Qui d'autre que Moi peut le prévoir, et qui M'y contraindre, si ce n'est Moi-
même, par Mon ordre éternel ?
7. Ma volonté absolument libre est la loi qui règne sur Mes pensées et Mes
idées, qui, il est vrai, n'ont qu'en Moi, de toute éternité, une existence que Moi seul
peux contempler ; mais lorsqu'il Me plaît de les faire accéder à une existence
tangible et indépendante, Ma sagesse détermine Ma volonté à se faire loi sur Mes
pensées et idées, qui deviennent comme une réalité extérieure à Mon être, et
doivent alors se perpétuer comme des réalités autonomes tant que Mon amour et Ma
sagesse font régner sur elles, Loi des lois, Ma volonté bénigne et opportune.
8. Ainsi, vois-tu, même chez les diables, la perpétuation de l'existence est une
loi mise en eux à côté du libre arbitre qui leur demeure propre ! Tant qu'ils ne veulent
pas d'eux-mêmes Me reconnaître comme Celui que J'étais, suis et serai de toute
éternité, Ma loi de nécessité ne les quittera pas ; car si Je levais cette loi
contraignante, ils cesseraient d'exister en tant qu'êtres autonomes.
9. Que, de sa propre volonté, un être ayant déjà une vie propre s'amende et
entre dans le royaume de la vérité dès aujourd'hui ou seulement dans un temps pour
toi inconcevable, cela ne peut M'être qu'indifférent, et Je ne modifierai jamais d'un
cheveu Mon ordonnance éternelle pour autant ; mais si quelqu'un veut qu'il en soit
autrement pour lui[C'est-à-dire s'il veut accéder sans tarder au Royaume. (N.d.T.)], il
le peut, car tous les moyens lui ont été donnés pour cela.
10. Mais puisque Je viens de vous indiquer les lieux où demeurent les âmes
mauvaises, qui sont les vrais diables personnels, évitez-les, si vous sentez encore
en vous quelque faiblesse, car en de tels lieux, les faibles courent encore quelque
danger. Et celui qui, étant encore faible, s'expose au danger, y succombe facilement,
ou du moins s'en tire rarement sans dommage.
11. Aussi, ne vous laissez pas tenter par les choses impures et immatures de
ce monde, puisque vous êtes déjà sur la dernière marche de la perfection de la vie
intérieure et que tout cela est donc derrière vous. N'aspirez qu'à aller de l'avant et
non à revenir en arrière vers ce qui est immature, et vous serez bientôt au vrai but de
la vie ; alors, vous n'aurez même plus le désir de jeter un regard en arrière vers ces
choses ! - Avez-vous tous bien compris cela ? »
12. Le docteur de la loi : « Oui, Seigneur et Maître, et nous savons désormais
à quoi nous en tenir : mais il existe encore chez les hommes bien des phénomènes
qu'il est difficile de s'expliquer. Par exemple, en Judée même, je connais plusieurs
anciennes forteresses et de vieilles maisons désertées par les hommes, parfois
depuis des siècles. Elles sont souvent hantées au point que même les hommes les
plus courageux passent au large, et malheur à celui qui, ignorant de ce fâcheux état
de choses, s'approcherait trop de ces lieux ! Car il serait fort maltraité, et bien plus
encore celui qui y viendrait délibérément. Or, ces lieux, qui ne sont pas si rares, ne
sont plus habités depuis bien des années par aucun grand pécheur, et pourtant, on
ne peut les fréquenter. De quoi s'agit-il donc ? »
13. Je dis : « Mon ami, ce qui se cache là-dessous n'est pas toujours ce que
tu crois, mais bien autre chose le plus souvent ! Fais encercler ces forteresses mal
famées et ces vieilles fermes par une troupe de guerriers valeureux, et Je te garantis
que ces manifestations d'ordinaire si dangereuses se retiendront si bien qu'aucun
soldat ne remarquera le moindre signe de leur éventuelle présence !
14. Il y a bien ici et là des lieux où les âmes de personnes mortes depuis
longtemps séjournent et parfois se manifestent aux passants d'une manière ou d'une
autre. Du vivant de leur corps, ces âmes étaient trop attachées à leurs possessions
terrestres, et ont commis de nombreuses iniquités pour les accroître. Après leur mort
physique, ces âmes devenues excessivement matérielles s'attardent dans les lieux
qu'elles affectionnaient par-dessus tout de leur vivant, et cela jusqu'à ce que toute
trace de leurs biens si chers soit dissipée. Alors seulement, elles commencent à
rentrer en elles-mêmes dans l'au-delà, et de plus en plus à mesure qu'elles prennent
conscience de la vanité et de la folie de tout attachement aux biens temporels.
15. Mais ces âmes ne deviennent jamais d'une méchanceté qui se fasse vraiment
par trop sentir, et leur présence limitée et impuissante ne saurait nuire à un homme,
ne fût-ce que moralement ; au contraire, leur manifestation occasionnelle a souvent
les plus heureux effets sur l'incrédulité des hommes mondains, qui se mettent à
croire et changent de vie, parce qu'ils prennent ainsi conscience de la survie de
l'âme humaine après la mort du corps, et que cette survie peut n'être pas toujours
des plus heureuses.

GEJ2 C215
De l'apparition du premier homme

1. Je dis : « Très cher ami, Je t'ai déjà donné un signe important à ce propos
en t'expliquant les effets de la nécessité sur l'homme et les peuples. Il est
incontestable que ce récit de la Création de Moïse est une pure absurdité si on
l'applique à la lettre, et à ce titre la création du monde actuel est le plus manifeste
non-sens. Un homme tant soit peu versé dans la connaissance de la nature, au
premier coup d'œil, ne peut prendre Moïse que pour un imbécile de première
catégorie !
2. Mais pour celui qui examine les livres de Moïse avec un œil plus critique,
comme il étudierait une fable du poète grec Ésope, il est évident que Moïse, dans sa
langue imagée, ne décrit que la structure originelle du premier homme de la terre, et
qu'il ne traite nullement de l'histoire de la création du ciel et de la terre et de toutes
les créatures de cette terre, mais ne parle que de la formation primordiale du cœur et
de la raison de l'homme -, c'est pourquoi il relie aussi le plan humain au plan
historique.
3. L'Histoire ne pouvait être que le produit de l'intelligence des hommes et non
celui de la nature créée, qui est muette et qui n'a pas changé jusqu'à ce jour et ne
changera pas jusqu'à la fin des temps !
4. C'est aussi le cas des Écritures hindoues, dont le premier chapitre, intitulé
"La bataille de Jahvé"( voir le premier chapitre de la Bhagavad-Gîta intitulé « Sur le
champ de bataille de Kuruksetra » (terre sacrée) et le dernier chapitre intitulé : « Le
parfait renoncement ».), traite des esprits purs et de la chute de certains d'entre eux,
et qui se terminent par la création du monde des sens, des animaux et finalement de
l'homme.
5. Tout cela n'est à considérer que spirituellement et explique le
développement moral de l'homme.
6. Qui se laisse conduire par l'esprit peut comprendre les correspondances
entre le monde des sens et le monde spirituel, et de là voir comment le monde des
sens est issu du monde spirituel et comment sont apparus les soleils et finalement
les planètes secondaires avec toutes leurs créatures.
7. Mais ce n'est pas si facile, car cela suppose d'être parfaitement éveillé en
esprit. Celui qui fut le premier témoin de tout devenir, de toute essence, est le seul à
pouvoir te guider dans ce labyrinthe dans lequel aucun œil humain n'a jamais encore
pénétré.
8. Mais tu peux être parfaitement assuré que l'âge de l'humanité à l'état
d'achèvement où elle est actuellement correspond exactement aux calculs de Moïse.
9. Il y a eu sur terre bien avant Adam une sorte d'animal plus puissant dont
l'intelligence, bien qu'instinctive, ressemblait à l'entendement humain, mais sans
ressemblance physique. L'éléphant actuel en est encore une espèce très abâtardie.
10. Ces grands animaux cultivaient la terre, ils étaient en cela les précurseurs
des hommes. Ils ont peuplé la terre des centaines de milliers d'années avant
l'homme.
11. Le sol encore dur et pétrifié de la terre devait être amolli par ces grands
animaux préhistoriques pour qu'il soit rendu fertile avant que le corps fragile de
l'homme apparaisse. Selon le plan de l'ordre divin éternel. Mais avant son apparition
physique, l'homme existait déjà sous sa forme spirituelle et vivait dans l'air de la terre
( Dans le monde éthérique).
12. Lorsque le sol de la terre devint parfaitement fertile, une des âmes les plus
vaillantes fut appelée à quitter son état éthérique pour prendre forme à partir de
l'humus le plus solide de la terre selon l'ordre originel divin inscrit dans son âme, et la
première âme la plus vaillante, la plus mûre, poussée par la force divine qui était en
elle, fut ainsi la première âme à entrer dans un nouveau corps organisé par elle et
puissant, capable de percevoir le monde sensoriel et toutes les créatures vivantes
déjà existantes.
13. Mais tout le règne animal préhistorique et tout son environnement
disparurent en grande partie bien avant que l'homme n'apparaisse sur cette terre.
Malgré cela on a retrouvé à toutes les époques des restes de ces animaux
préhistoriques qui peuplaient la terre, mais les hommes n'ont jamais su qu'en
penser !
14. Néanmoins, les savants seront mis peu à peu sur la bonne voie et
trouveront que la terre remonte à une époque bien plus ancienne que celle calculée
par Moïse, qui sera alors discréditée pour longtemps. Mais Je susciterai d'autres
savants qui remettront Moïse à sa vraie place et feront sur lui toute la lumière. Le
temps alors viendra où le royaume de Dieu ne tardera pas à s'établir sur terre, et la
mort disparaîtra de cette terre renouvelée. Mais avant cela il y aura encore beaucoup
de maux sur le sol de cette terre.
15. Oui, le sol de cette terre devra encore être enrichi de beaucoup de sang et
de chair humaine avant que ne surgisse de cet humus spirituel ce corps immortel
parfait, comme l'âme d'Adam en son temps put se façonner de l'argile grasse un
corps parfait dans sa forme divine.
16. Mais les hommes qui seront nés ici à nouveau en esprit dans leur corps
mortel, régneront éternellement dans cette nouvelle époque comme des esprits purs
et des anges, et cette époque sera placée entièrement sous leur conduite. Par
contre, ceux qui n'atteignent aujourd'hui aucune perfection spirituelle obtiendront
bien dans cette nouvelle époque un corps immortel sur cette terre, mais ils seront
dans une grande misère morale et ils devront accomplir souvent de très durs
services et ils en auront une grande amertume, car ils se souviendront de leur
bienheureux état précédent dans leur corps mortel. Cette époque-là durera très très
longtemps, jusqu'à ce que tout atteigne un état parfaitement spirituel selon le plan
éternel divin de toute chose, de tout devenir, de toute existence, de tout être. »