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GEJ2 C15

Philopold témoin de la divinité de Jésus

1. Philopold se plia à mon ordre d'aller se reposer, mais il n'eut évidemment pas un
bon sommeil, tant son âme avait vécu de choses ce jour-là ; de plus il n'avait pas un des
meilleurs gîtes, les huissiers ayant tout emporté sauf un peu de paille, il ne nous restait qu'une
maison littéralement vide. Pendant la résurrection de Sarah, Borus, Mes frères et d'autres
disciples avaient été très occupés à aménager un campement et à fournir tables, bancs,
ustensiles de cuisine et vaisselle en suffisance. Mais il y avait là près de cent personnes dont
beaucoup dormaient en plein air ou dans des auberges et des maisons du voisinage, et il n'était
pas possible de procurer à tant de monde le plus strict nécessaire.
2. Moi-même, Je passai cette nuit-là sur un banc avec un peu de paille sous la tête et
Philopold dormit par terre, sans paille. Le matin venu, il fut aussi l'un des premiers sur pied et
Jaïrus qui avait eu une assez bonne couche de paille, ainsi que sa femme et sa fille, demanda à
Philopold comment il avait dormi sur le sol dur.
3. Philopold répondit : « Comme le sol le permet ! Mais tout est affaire d'habitude. En
un an le corps s'y ferait mieux qu'en une nuit ! »
4. Jaïrus dit : « Si seulement tu me l'avais dit, nous avions de la paille en masse.
5. Philopold dit : « Regarde le Seigneur à qui tous les cieux et tous les mondes
obéissent, les anges observent Sa volonté, et Sa couche n'était pas meilleure que la mienne ! »
6. Jaïrus, qui avait encore une bonne part de pharisianisme cachée en lui, dit: « Est-ce
que tu n'exagères pas un peu ! Il n'y a pas à nier que ce Jésus est plein de l'esprit de Dieu, plus
qu'aucun prophète ne l'a jamais été, car Ses actes dépassent infiniment ceux de Moïse, d'Élie
et des autres grands prophètes, mais qu'il y ait en Lui toute la plénitude de l'esprit de Dieu me
paraît une supposition un peu osée ! Les prophètes ont également ressuscité des morts par
l'esprit saint dont ils étaient pleins ! Mais ils n'ont jamais osé s'attribuer un tel pouvoir. Et s'ils
avaient osé se l'attribuer, ils seraient devenus de grossiers pécheurs et Dieu leur aurait repris
Son esprit. Cependant Jésus agit par Lui-même comme un Seigneur, et c'est ce qui te semble
parler en faveur de ta supposition très osée. A certains égards je suis parfaitement de ton avis,
mais, comme je l'ai dit, avec une grande prudence, ceci pourrait bien être une épreuve voulue
d'en haut pour vérifier que nous croyons bien en un seul Dieu ! Mais si toute la plénitude de la
divinité demeurait réellement en Jésus, il nous faudrait évidemment accepter son témoignage
sans aucune restriction. Qu'en penses-tu ?
7. Philopold dit : « Je partage entièrement ce dernier avis et je crois que Son
témoignage sur la plénitude de la divinité en Lui est parfaitement vrai. C'est Lui et personne
d'autre que Lui.
8. La chose est difficilement explicable à notre époque pleine de miracles où l'on dit
toujours : "J'ai vu tel ou tel mage faire des choses extraordinaires, et les prophètes ressusciter
aussi les morts. L'un d'eux a même pris un tas d'ossements desséchés, les a couverts de viande
et les a ranimés. Mais ces miracles-là ne sont pas encore la preuve qu'il faille prendre une
faiseur de miracles pour un dieu !"
9. Mais dans le cas de Jésus, c'est autre chose ! Avec tous les autres prophètes, il faut
continuellement prier et Jeûner si on veut un miracle, jusqu'à ce que Dieu juge bon d'en faire
un ! Les mages ont besoin de leur baguette et d’une foule de signes et de formules, ils utilisent
toutes sortes d'onguents, d'huiles, d'eaux, de métaux, de pierres, d'herbes et de racines dont ils
connaissent les vertus cachées qu'ils savent appliquer. Qui a jamais vu cela avec le Seigneur
Jésus ! Pas trace de prière ou de jeûne, du moins depuis le peu de temps que j'ai la grâce de Le
connaître, et encore moins de baguette magique ou de tout autre artifice.
10. Les prophètes ont tous plus ou moins le même langage hermétique et il faut être de
leur école pour le comprendre ! Quoique je sois grec, je n'ignore pas votre Écriture Sainte, je
connais Moïse et tous vos prophètes. Celui qui les comprend parfaitement doit vraiment être
né de parents très spéciaux.
11. Mais Jésus parle des choses les plus cachées avec une telle clarté que même un
enfant peut les comprendre. Quand Il m'explique la Création je me crois presque capable de
créer un monde moi-même ! Quel prophète, quel magicien pourrait tenir le langage de Jésus ?
12. A-t-on jamais compris une seule syllabe à ce que disent les mages quand ils se
produisent. La nuit la plus épaisse règne dans leurs discours comme parfois dans ceux des
prophètes, et dans leur pénombre, personne ne se reconnaît ! Tandis qu'ici tout est clair
comme en plein jour. Tout ce qu'Il dit est d'une sagesse proprement divine, d'une lumineuse
clarté compréhensible à chacun. Et ce qu'Il veut arrive instantanément !
13. Puisque c'est vrai avec Jésus, je ne sais vraiment pas pour quelle raison je devrais
encore hésiter à le reconnaître comme le Seigneur incontestable du ciel et de la terre, à
L'aimer et à L'honorer par dessus tout.
14. Regarde sur cette table, cette branche toute fraîche de figuier portant tous ces fruits
mûrs. C'est une explication vivante qu'Il m'a donnée hier tandis que vous dormiez et que je
Lui demandais comment il Lui était possible de réveiller les morts ! Il m'a demandé un bout
de bois mort. Je lui ai apporté ce qui m'est tombé sous la main. Il n'a même pas touché ce bout
de bois, mais Il lui a donné des ordres et ce bout de bois s'est mis à verdir et à fleurir, et tu en
as ici les fruits. Prends-en et donnes-en à cette très chère Sarah qui s'en délectera ! »

GEJ2 C187
La compagnie en mer

1. Lorsque nous arrivâmes sur le rivage, les fils poussèrent devant nous la plus grosse
et la plus belle barque, où nous montâmes aussitôt pour nous asseoir sur les bancs apprêtées
pour nous. Les deux fils saisirent les rames et le bateau s'éloigna rapidement du rivage. Dans
Mon bateau se trouvaient outre Cyrénius, le jeune Josoé, le vieux Marc, Pierre, Jean et
Jacques. Tous les autres disciples suivaient sur les autres barques avec la suite de Cyrénius.
Dans notre bateau était aussi le gros filet, rangé en bon ordre.
2. Lorsque nous fûmes à cinq stades de la rive, Marc demanda : « Seigneur, dis-moi où
nous devons jeter le filet. »
3. Je dis : « Je le ferai le moment venu, mais ce n'est pas ici ! Il n'y a pas une demi-
heure que nous sommes sur l'eau et nous n'allons pas tout de suite rompre le silence et
réveiller les esprits, qui pourraient finir par nous taquiner nous jetterons plutôt le filet dans la
soirée, plus près de la rive. Maintenant nous allons rester en silence avec la mer. Mais si
quelqu'un veut savoir quelque chose, il est libre de Me le demander. »
4. Cyrénius dit : « Ce qui me surprend dans la maison de Marc, c'est que les quatre
filles aînées de Marc sont aussi fortes à la rame que les deux fils, dont la force est pour ainsi
dire gigantesque. Toi, Marc, tu étais aussi quelque peu athlète, mais tes fils de loin te
dépassent ! »
5. Marc dit : « Oui, mais aujourd'hui leur force me semble inhabituelle ! Le jeu de
leurs rames est si puissant, si rapide, que la barque glisse à la surface des flots, comme
poussée par le vent ! A cette allure on irait en une demi-journée jusqu'à Kis et même jusqu'à
Sibarah, où l'on se rend habituellement en deux jours. Mais ainsi, on serait à Génézareth en
deux heures et à Jessaïra en quatre heures.
6. Si mes vieux yeux ne me trompent, j'aperçois déjà la haute montagne qui cache à
gauche Génézareth ! Elle paraît bleue et donc encore lointaine, mais ça ne fait rien, la vitesse
de notre mouvement efface bientôt tout lointain, si bleu soit-il ! Je ne puis assez m'émerveiller
de l'endurance de mes deux fils. Seigneur, c'est encore Toi certainement, et c'est Ta volonté
toute-puissante qui entre enjeu !
7. Je dis : « Oui, cher ami Marc, Je dois avec Mon vouloir entrer en jeu partout où
quelque chose doit devenir, être ou se maintenir du plus grand au plus petit ; sinon l'espace
infini serait rapidement vide de tout être animé. Ainsi Ma volonté peut-elle bien agir aussi
avec tes deux fils maintenant. »
8. Alors les trois disciples qui étaient sur le bateau dirent entre eux : « C'est souvent
bien étrange avec notre Maître et Seigneur, parfois Il parle et agit comme l'unique Maître du
ciel et de la terre, et parfois Il est tout humain et ne laisse rien voir de Sa divinité. Tout ce
qu'Il dit et fait est incroyablement sage, mais qu'Il doive au plus tôt Se laisser maltraiter
jusqu'à la mort par les Pharisiens de Jérusalem, malgré toute Sa puissance et sa sagesse
divines, voilà qui ne paraît pas sage du tout! Que gagnera finalement l'humanité à un tel
méfait ? Elle ne saura plus que penser et dira : "Voilà le sort du Puissant qui devient
finalement la victime de plus puissants que Lui !" Celui qui réveille les morts et déplace les
montagnes devrait pourtant être capable d'anéantir d'un seul mot toute cette clique du
Temple !
9. Du temps de Noé, toute l'humanité a dû disparaître à l'exception de Noé et de sa
famille, et l'humanité n'était pas aussi mauvaise qu'aujourd'hui ; et maintenant que les
hommes sont devenus si méchants qu'ils ne peuvent guère le devenir davantage, Il se laisse
maltraiter par eux au lieu de les punir sévèrement comme à Sodome ou comme du temps de
Noé ! Bref, certains côtés de Sa divinité nous sont devenus plus incompréhensibles que ce qui
n'a jamais existé! »

GEJ6 C110
Discours du docteur de la loi sur l'être de Dieu

1. Le disciple dit : «Chère et sage prêtresse païenne, il est vrai que tu parles sagement,
selon tes conceptions, et qu'il n'y a rien de blâmable dans ton idée d'une bonne divinité et
pourtant, tu ne sais pas ce qu'est vraiment Dieu, et, si tu le savais, tu t'écrierais avec les sages
de jadis : "Il est terrible pour le pécheur de tomber dans les mains du Dieu tout-puissant !"
Dieu est certes rempli du plus grand amour envers ceux qui Le reconnaissent, L'aiment et
observent Ses commandements - mais mille fois malheur à ceux qui refusent de Le
reconnaître, ou qui, Le connaissant ainsi que Ses commandements, se détournent pourtant de
Lui dans leur cœur et n'observent pas Ses commandements !
2. L'histoire nous montre des exemples stupéfiants de jugements terribles envoyés par
Dieu, dans Sa colère, à des peuples entiers qui ne voulaient plus Le connaître et ne faisaient
que ce que leur dictaient leurs sens ! Et puisque Dieu a toujours envoyé à ces peuples endurcis
dans le péché et ennemis de Sa sainte volonté les châtiments les plus durs et les plus
impitoyables, et cela souvent jusque dans leurs enfants et les enfants de leurs enfants, nous
devons bien admettre en toute certitude que la colère et la vengeance demeurent aussi dans ce
seul et unique vrai Dieu, cela d'autant plus sûrement que ces caractères se retrouvent - et avec
quelle intensité ! - dans toutes Ses créatures !
3. Il ne tient qu'à nous, créatures, de choisir lesquelles de ces qualités présentes en
nous nous voulons développer et pratiquer dans notre vie ; car c'est avec les mêmes qualités
que Dieu agira à notre égard. Si nous sommes bons, sages, pleins d'amour envers Dieu et nos
contemporains, indulgents, humbles et patients, Dieu fera de même à chaque instant avec
nous. Il éveillera en nous la conscience de la vie éternelle, et nous serons comblés de
bienfaits. Mais si nous sommes tout le contraire, Dieu aussi fera le contraire et nous punira
sans cesse, cela aussi longtemps que nous ne nous serons pas pleinement amendés selon Sa
volonté. Et c'est bien là la parfaite équité de Dieu, qualité sans laquelle Il ne saurait tout à fait
être le vrai Dieu !
4. Car Dieu, qui voit, sait et perçoit tout, doit nécessairement être capable de juger du
bien et du mal, c'est-à-dire de ce qui est dans Son ordre éternel ou contraire à celui-ci, et Il
doit donc, par une juste éducation, instruire ou punir la créature qu'Il a dotée d'une raison et
d'un libre arbitre et qu'Il veut élever dès cette terre vers le but supérieur de la vie.
5. C'est pourquoi notre unique vrai Dieu est en Soi toute chose. Il est le plus haut et le
plus pur amour, mais Il est aussi la justice suprême la plus impitoyable. Si tu pouvais, ma
chère, vivre des myriades d'années en t'opposant sans cesse à la volonté reconnue de Dieu, tu
aurais beau Le prier à genoux des milliers d'années pour qu'Il te délivre de ta détresse, Il ne
t'exaucerait pas. Mais dès que tu prendrais la ferme résolution de faire tienne Sa volonté dans
tes actes, Il t'entendrait et te viendrait en aide dans la même mesure où tu aurais accepté Sa
volonté. Voilà la vraie manière de concevoir l'unique vrai Dieu qui a tiré de Lui-même le ciel,
la terre et tout ce qui existe ! - Qu'en dis-tu maintenant ? »
6. La prêtresse : « Oui, cela me plaît davantage, et l'on retrouve là bien des choses de
la nature ! Mais, moi qui pense par moi-même et suis douée d'entendement et de bon sens, j'ai
beau chercher, je ne vois toujours pas où est Dieu - et qui me montrera la vraie volonté avérée
de Dieu, afin que je puisse m'y conformer ? Ai-je donc, avant cette existence, conclu avec un
vrai Dieu authentique un contrat stipulant les conditions dans lesquelles je devais naître en ce
monde, et ce que j'avais à y faire ?
7. Non, on n'apprend cela nulle part, et l'homme vient au monde bien malgré lui. A
cause de sa faiblesse et de son impuissance, il doit d'abord tout accepter de ses parents plus
forts, et cela vaut mieux, car, sans leur secours, le faible enfant humain mourrait assurément
bien vite. Avec le temps, l'enfant devient grand et fort, et il n'a plus à obéir aussi strictement à
la volonté parentale - mais c'est alors qu'on lui demande d'obéir à une volonté divine
supérieure qui entrave jusqu'à la tombe la liberté de tous ses faits et gestes. Cependant, même
cela serait encore supportable si l'on s'y était préalablement engagé devant Dieu ; mais de
cela, il n'y a pas moyen de savoir quoi que ce soit, ni d'en découvrir dans sa conscience le
moindre souvenir !
8. A l'évidence, les hommes doivent leur existence à une grande force ou puissance.
C'est la conscience que nous avons de nous-mêmes qui nous l'enseigne. Mais quant à savoir
quelle est cette force et à quoi elle ressemble, c'est une tout autre question ! Nous pouvons
tout au plus conclure qu'elle doit exister, puisqu'à tout effet il faut une cause. Mais où est cette
cause, à quoi ressemble-t-elle, comment agit-elle ? Qui peut la rechercher et la découvrir, qui
entend sa voix, connaît sa volonté et peut contempler son visage ?
9. Ce que nous savons de cette puissance, seuls nous l'ont appris jusqu'ici les récits et
la pieuse imagination des hommes, surtout de ceux à qui leurs extraordinaires facultés avaient
permis de mieux connaître les forces de la grande Nature, et souvent aussi de les mettre à leur
service, leur vie durant, à une échelle remarquable. Nous avons appelé demi-dieux les
hommes, certes rares, de cette sorte, qui ont généralement usé de leurs dons naturels pour
dicter aux hommes, au nom d'un ou de plusieurs dieux, des doctrines et des lois, et les peuples
crédules et aveugles ont cru dur comme fer à ce que disaient ces faiseurs de miracles et les ont
encore aidés à leur imposer, à eux et à leurs descendants, des lois d'une rigueur souvent
intolérable, sanctionnées par les châtiments les plus cruels en ce monde et dans l'autre. Et
quand des hommes tout aussi sages et doués de qualités extraordinaires, mus par la meilleure
volonté du monde, entreprenaient de mettre un terme à ces vieilles absurdités, ils étaient
bientôt les victimes de la funeste cruauté des anciennes lois, Il en fut et en sera toujours ainsi
sur cette terre, parce que sa nature et sa température sont telles que rien de vraiment bon ne
dure sur son sol, tandis que le mal y prospère d'autant plus obstinément.
10. Sème le grain le plus pur dans un sol soigneusement travaillé, et tu y verras
toujours paraître une quantité de mauvaise herbe ! Mais sèmes-y de la mauvaise herbe, et pas
un épi de blé n'y poussera de lui-même ! De même, l'homme doit toujours cultiver le bien
avec un zèle particulier, et il a fort à faire pour le préserver de tout ce qui peut le corrompre.
Et pourtant, le travail et le zèle de bien des hommes respectables ne peut empêcher, à la
longue, que tous leurs efforts ne soient ruinés, telle un grande et belle cité, jadis la merveille
du monde, mais dont on se souvient à peine, aujourd'hui, du lieu où elle s'élevait.
11. La définition que tu viens de me donner du concept de Dieu est en vérité fort
acceptable ; mais, toi qui me parles, tu n'es qu'un être humain comme moi qui t'écoute, aussi
ne puis-je te répondre autre chose que ceci : ta déclaration n'était certes en rien contraire à la
raison pure, mais il y manque pourtant l'essentiel, à savoir la nécessaire preuve qu'il existe
réellement un Dieu tel que celui dont tu viens de dire des choses si bonnes et si sensées. Si tu
peux nous donner cette preuve, tu auras fait pour nous une bonne action dont nous saurons te
louer. »
12. Le docteur de la loi dit : « Cette preuve que tu demandes, nul ne peut te la donner
que toi seule - et pas même Dieu ; car elle peut seulement être éveillée en toi par la pratique
de la vraie volonté révélée de Dieu ! Car c'est là que réside le signe de l'accession à la vie
éternelle, vraie confirmation vivante de ce que la volonté divine révélée aux hommes n'est pas
celle d'un homme, mais la parole du vrai Dieu vivant éternel, et cette parole est elle-même
vie, amour, force et sagesse. - Je ne puis t'en dire davantage, car cela suffit à celui qui veut
vivre et agir en conséquence, et toutes les critiques ne feront rien de plus pour la vie de l'âme.
Si tu veux en savoir davantage, adresse-toi à notre Seigneur et Maître, et Il saura bien te
répondre. »
13. La prêtresse dit : « Ami, je m'en doutais, même avant ton conseil ! Mais puisque tu
avais entrepris de nous parler, les bonnes manières commandaient que l'on parlât avec toi ; à
présent que tu sembles à court de sagesse, tu nous renvoies au très sage grand maître ! Fort
bien, mais, pour moi comme pour tous les autres, il eût été préférable de commencer par là ! »

GEJ7 C198 V8 De l'essence de l'homme. De la triple essence de Dieu


14. Or, il y a aussi en Dieu deux entités essentielles distinctes, bien qu'elles constituent
Son être premier, donc Son être essentiel unique et indivisible.
15. La première de ces deux entités distinctes est l'amour, la flamme de vie éternelle
en Dieu, et l'autre, qui en résulte, est la lumière ou sagesse de Dieu.
16. Et s'il en est indéniablement ainsi, la gloire de Dieu n'est-elle pas Son amour tout
autant que Sa sagesse ?
17. En disant : "le Seigneur a parlé à mon Seigneur" David exprimait seulement que
l'amour miséricordieux de Dieu était entré dans la sagesse de Dieu et lui avait dit : "assieds-
Toi à Ma droite, deviens Parole et Essence, unis-Toi à Ma force de vie, et tout ce qui est
ennemi de la lumière devra s'incliner devant la force de vie de l'amour dans sa lumière".
18. Et ce que David déclarait jadis en esprit, le voici à présent, ô merveille, incarné devant
vous ! Pourquoi refusez-vous d'ouvrir les yeux et de comprendre que la Promesse accomplie
se tient désormais devant vous, vous parle et vous enseigne le chemin de la vraie vie divine ?

GEJ9 C43
Les signes de la présence spirituelle du Seigneur

1. Là-dessus, le Grec qui avait pris la parole auparavant s'avança de nouveau vers Moi,
disant : « Seigneur, Seigneur, par Ton esprit Dieu et Maître éternel, Tu nous quittes sans doute
à présent dans Ta personne visible, mais, nous T'en prions, reste auprès de nous par Ton très
haut esprit divin, et consens seulement à nous donner parfois un signe qui témoigne pour nous
que Tu ne nous oublies pas et que Tu es bien avec nous, en esprit ! »
2. Je lui dis : « Oui, il en sera ainsi, et .jusqu'à la fin des temps de ce monde visible !
Cependant, vous aurez toujours non pas seulement un signe, mais plusieurs, de Ma présence
en esprit auprès de vous, parmi vous et en vous ! Et ces signes sûrs et absolument infaillibles
seront toujours et à jamais les suivants :
3. Premièrement, que vous M'aimiez plus que tout au monde ! Car si quelqu'un aime
quelque chose au monde plus que Moi, il n'est pas digne de Moi ; mais celui qui M'aime
vraiment par-dessus tout est en Moi par cet amour, et Je suis en lui.
4. Ce sera encore un deuxième signe de Ma présence auprès de vous que, pour l'amour
pour Moi, vous aimiez votre prochain et les autres hommes, jeunes ou vieux, tout autant que
vous-mêmes ; car celui qui n'aime pas son prochain, qu'il voit, comment aimerait-il en Moi un
Dieu qu'il ne voit pas ? Vous ne Me verrez pas toujours en ce monde comme vous Me voyez
et M'entendez à présent ! Et, quand vous ne Me verrez plus, votre amour demeurera-t-il le
même qu'à présent que vous Me voyez ? Oui, chez vous, cet amour demeurera sans doute ;
mais veillez à ce qu'il en soit de même pour votre postérité ! Car c'est lorsqu'un homme
M'aimera vraiment par-dessus tout dans son cœur en se conformant à Ma volonté révélée que
Je viendrai à lui en esprit comme personnellement, et que Je Me révélerai à lui, étant
pleinement présent.
5. Un troisième signe de Ma présence auprès de vous, en vous et parmi vous sera que
tout ce que vous demanderez sérieusement en Mon nom au Père qui est en Moi vous sera
accordé. Mais il va de soi que vous ne Me demanderez jamais des choses stupides et vaines de
ce monde ; car, si vous le faisiez, vous montreriez à l'évidence que vous aimez ces choses plus
que Moi, et, en vérité, ce ne serait pas là un signe de Ma présence près de vous, en vous et
parmi vous.
6. Un quatrième signe de la force de Ma présence auprès de vous, en vous et parmi
vous sera que, lorsque vous imposerez les mains en Mon nom, par amour du prochain, à des
gens dont le corps est malade, ces gens iront mieux, pour peu que cela soit utile au salut de
leur âme.
7. Là aussi, chaque fois que vous ferez cela, il va de soi que vous vous direz dans vos
cœurs : Seigneur, que Ta seule volonté soit faite, et non la mienne ! Car vous ne pouvez
savoir si et quand il est utile au salut de l'âme que le corps aille mieux, et il n'est donné à
aucun homme de vivre éternellement dans son corps sur cette terre ! C'est aussi pour cette
raison que l'imposition des mains ne peut pas toujours délivrer tous les hommes des maux de
leur corps. Pourtant, vous ne commettrez pas de péché en rendant ce service à tout malade ;
mais c'est Moi qui le guérirai si cela est bon pour le salut de son âme - ce que Moi seul peux
savoir.
8. Si jamais, étant loin, vous apprenez que l'un ou l'autre de vos amis est alité, priez
pour lui et imposez-lui les mains en esprit, et il ira mieux !
9. La prière que vous devrez dire alors, dans vos cœurs seulement, tient en ces
quelques mots : "Que le Seigneur Jésus te vienne en aide ! Qu'Il te fortifie, qu'Il te guérisse
par Sa grâce, Son amour et Sa miséricorde !" Si, en prononçant ces paroles pour un ami - ou
une amie - malade et en lui imposant les mains en esprit, vous êtes pleins de foi et de
confiance en Moi, si loin que vous soyez, cet ami ira mieux dès ce moment, pour peu que ce
soit utile au salut de son âme.
10. Un cinquième signe de Ma présence auprès de vous, en vous et parmi vous sera
que vous parviendrez à la renaissance de l'esprit en vous si vous accomplissez toujours Ma
volonté. Ce sera là un vrai baptême de vie, car vous serez alors emplis de Mon esprit qui vous
guidera en toute sagesse.
11. Que chacun d'entre vous cherche à atteindre ce cinquième signe ! Car celui en qui
ce signe se manifestera aura dès ce monde la vie éternelle et pourra faire et créer ce que Je fais
et crée Moi-même car alors, il ne fera qu'un avec Moi !
12. A présent que Je vous ai indiqué les signes de Ma présence, agissez en
conséquence, et vous ne tarderez pas a sentir véritablement la présence de Mon esprit auprès
de vous, en vous et parmi vous ! »

GEJ10 C100
Comment le Seigneur S'était déjà révélé au prêtre

1. Je dis : «Tu as certes raison à maints égards ; mais, pour l'ensemble, tu te trompes
tout à fait ! Car tu accuses Dieu de négligence et d'indifférence envers les hommes, et cela,
ami, n'est pas la vérité, même si ta raison croit qu'il en est ainsi !
2. Dieu S'est de tout temps révélé aux hommes, et donc à toi aussi, à Rome déjà, et
plus manifestement encore à Thèbes. Un jour, au bord du Nil, tu as entendu une voix te dire
clairement : "Lis Moïse, vis selon les lois qui sont écrites là, et tu trouveras ce que tu cherches
!"
3. Alors, tu as recommencé à lire Moïse, ainsi que les autres prophètes ; mais tu as
trouvé toutes sortes de raisons pour ne pas suivre les lois.
4. Un an après, tu es revenu au même endroit de la rive, où tu as entendu de nouveau
la même voix, et tu y as longuement songé. Mais tu ne t'es pas décidé à agir, car, d'abord, tu
étais un prêtre romain, et, selon ton idée, tu ne pouvais aller contre les lois de Rome, parce
que cela aurait pu te causer un désavantage matériel, même si tu savais bien qu'il n'était pas
vraiment défendu à un prêtre de croire aussi au Dieu des Juifs ; ensuite, vivre selon les lois de
Moïse te semblait par trop incommode, et c'est pourquoi tu as fini par te dire que cette voix,
pourtant si distinctement entendue, pouvait bien être une illusion des sens, et qu'elle se ferait
bien entendre encore si elle avait quelque réalité.
5. Ainsi, tu avais donc bien poursuivi tes recherches, mais sans avoir jamais pu te
résoudre à agir, tel un architecte qui dessinerait un plan après l'autre, mais, reculant devant
l'effort et la dépense lorsqu'il s'agirait de les mettre en œuvre, ne construirait jamais rien.
6. Réfléchir, penser, examiner et chercher n'est pas agir, ami, mais seulement en faire
le projet. Mais la vie elle-même n'est pas le projet de vivre, mais bien la vie réelle et
agissante, et il faut que le projet de vie devienne acte de vie si l'on veut atteindre ce que l'on
recherche.
7. Tu faisais sans doute parfois quelque chose, mais ce n'était pas assez pour donner un
autre cours à ta disposition intérieure, aussi en restais-tu toujours au même point ; et ce n'est
qu'aujourd'hui que tu viens, pour la première fois, de prendre la ferme résolution de devenir
un tout autre homme, un homme selon la volonté que Je t'ai fait connaître de l'unique vrai
Dieu des Juifs, et c'est pourquoi tu trouveras dans toute sa vérité ce que tu avais si longtemps
cherché en vain.
8. Et en vérité, tu l'as déjà trouvé, et tu es à présent pareil à un homme qui se tiendrait
au milieu d'une épaisse forêt : les arbres trop nombreux te cachent la forêt. »
9. Le prêtre : « Dis-moi, maître vraiment très sage, comment je dois comprendre cela !
»
10. Je dis : « Regarde : voici un gobelet vide. Je veux qu'il s'emplisse de vin, et que tu
boives ce vin. Le voici ; prends-le, bois, et dis-moi si un magicien pourrait aussi faire cela ! »
11. Quand le prêtre vit cela et qu'il eut goûté le vin, qui était particulièrement
savoureux, il Me regarda en ouvrant de grands yeux et dit : « O maître d’une sagesse
véritablement divine, jamais un homme n'avait fait cela ! Il faut qu'un lien très puissant
t'unisse à l'unique vrai Dieu des Juifs, car ta volonté et celle de ton Dieu semblent ne faire
qu'une !
12. Ce gobelet était absolument vide, et tu l'as rempli par ta seule volonté, et cela d'un
vin d'une telle excellence que je n'en ai goûté de pareil qu'une seule fois, à Rome, chez le
grand prêtre ; on l'appelait le vin de l'Olympe.
13. Si tu as pu faire cela, tu dois être capable de bien d'autres choses ! Qui sait,
quelqu'un qui jouit à ce point de l'amitié divine doit même être capable de se rendre
immortel !
14. Ah, si l'étais venu au monde Juif, j'aurais peut-être pu aller plus loin dans l'union
avec Dieu, car, pour cela, je n'aurais manqué ni de volonté, ni de zèle ; mais, étant un païen né
dans les plus profondes ténèbres, je ne pouvais trouver le bon chemin, et c'est ainsi que je suis
toujours demeuré prisonnier de la même nuit, sans pouvoir trouver jusqu'ici la lumière de la
vérité. Mais tout va changer désormais !
15. Mais permets-moi à présent d'aller faire part à mes collègues de ce que j'ai appris
ici ; car, comme moi, ils sentent ce qui leur manque. »
16. Je dis : « Oui, va, et dis-leur la vérité ! »

GEJ11 C35
Le Seigneur et Marie
1. Cependant, Marie était assise dans la salle d'apparat que l'on trouve dans chaque
maison juive, entourée de nombreux amis et connaissances de Lazare, qui lui prodiguaient
leurs consolations et vantaient les grands mérites du défunt. Marie demeurait d'autant plus
volontiers parmi eux que, du moins, elle pouvait ainsi tenir à l'écart les quelques Pharisiens
qui, comme on l'a dit, se conduisaient ici en maîtres sans trop se gêner, et les empêcher de
l'importuner à nouveau de leurs propositions insolentes.
2. Avant de Me connaître, Marie était une créature pleine de joie de vivre, qui
s'adonnait avec insouciance aux plaisirs alors permis par la richesse du règne d'Hérode
Antipas. De plus, elle pensait que la protection de son frère la déliait de toute responsabilité
envers l'opinion du plus grand nombre, ce qui lui valut souvent d'amères expériences, car les
Pharisiens concupiscents la croyaient frivole.
3. Cependant, elle avait tout à fait renoncé à son ancienne vie un peu superficielle pour
rentrer en elle-même et Me reconnaître, plus clairement même que ne l'avaient fait son frère et
sa sœur. Son frère mort, les Pharisiens se montraient à présent d'autant plus impertinents qu'ils
ne croyaient pas à l'authenticité de sa conversion intérieure, cherchant même à Me faire passer
pour un soupirant favorisé par Lazare. Ils avaient déjà fait des remarques moqueuses à ce
sujet, demandant aussi ce qu'était devenu Mon pouvoir miraculeux, qui aurait bien dû sauver
cet ami.
4. Au moment de Mon arrivée, la plupart des Pharisiens étaient absents, s'étant rendus
à l'auberge bien connue que possédait Lazare au mont des Oliviers, afin d'y débattre des
conditions du bail. On le sait, cette auberge avait été déclarée impure par les Pharisiens, et ils
cherchaient un moyen d'en revendiquer la propriété, car, une fois l'opprobre levée, elle serait
pour eux une fort bonne affaire, d'autant qu'elle était auparavant très fréquentée par les juifs
comme une sorte de lieu de plaisir, à cause de la belle vue.
5. Marthe prit à part Marie, qui se tenait justement un peu à l'écart des Juifs présents,
et lui dit à voix basse : « Le Maître est là, et Il t'appelle ! »
6. Marie demanda aussitôt où Je Me trouvais. Ce que Marthe lui expliqua en peu de
mots. Entendant cela, Marie se leva et sortit en hâte.
7. Les Juifs furent d'abord surpris de la voir s'éloigner avec une telle hâte ; Ephraïm,
un ami de Lazare qui avait déjà fort bien connu le père de ce dernier et M'avait souvent vu et
entendu dans cette maison*, grâce à quoi il avait une sorte de demi-foi - du moins Me tenait-il
pour un homme digne de respect, sinon pour le Messie -, dit alors : « Elle va sans doute au
tombeau pour pleurer et prier. Allons la chercher, amis, sans quoi elle se ferait peut-être
quelque mal dans sa douleur ! »
8. Les autres Juifs l'approuvèrent, et ils suivirent Marie d'un pas plus lent. Cependant,
lorsqu'elle Me vit au milieu des Miens, elle courut vers Moi impétueusement et tomba à Mes
pieds, pleurant à haute voix.
9. Sanglotant de douleur et de la joie de Me revoir. elle ne put prononcer une parole,
jusqu'au moment où Je lui demandai avec affection : « Pourquoi pleures-tu, Marie ? Ne sais-tu
pas que ton frère vit dans Mon royaume ? »
10. Hochant douloureusement la tête, elle répéta les paroles de sa sœur (Marie) :
« Seigneur, si Tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! »

*
« et M'avait souvent vu et entendu dans cette maison » : passage complété. (N.d.E.A.)
11. Je la relevai et dis : « L'esprit qui vit en Moi aurait pu sauver ton frère, même en
Mon absence, si vous aviez cru : mais vous êtes des enfants immatures et ne comprenez pas
les voies de Dieu ! »
12. Entre-temps, les Juifs qui avaient suivi Marie, formant une compagnie d'une
douzaine de personnes, étaient arrivés près de nous. Voyant Marie, soutenue par Moi, pleurer
si fort que rien ne semblait pouvoir la consoler, ils se sentirent eux aussi violemment émus, de
même que les Miens, qui assistaient à cette scène, et tous versèrent d'abondantes larmes de
compassion.
13. Alors, Ephraïm, qui était un homme déjà blanchi, Me dit : « Seigneur, quelle mort
cruelle que celle-ci, qui arrache à cette femme l'homme dans la pleine force de l'âge qui était
son protecteur et le meilleur des frères ! Pourquoi fallait-il que pareille chose arrivât ? »
14. Les autres Juifs, qui Me connaissaient pourtant, ainsi que Ma parole - car c'étaient
là les vrais amis de Lazare, ceux à qui il avait fait tant de bien de son vivant, et ils le lui
rendaient par la gratitude de leurs cœurs, car ils étaient pauvres - approuvaient Ephraïm et en
voulaient à Dieu. Mais Marie n'en pleura que davantage, et les Miens Me lancèrent des
regards qui signifiaient clairement que ces gens ne comprenaient pas les voies de Dieu.
15. Alors, Mon âme conçut une grande tristesse de ce qu'il y eût encore si peu de foi
vivante dans les cœurs de ceux qui M'écoutaient pourtant depuis si longtemps et avaient
assisté à tant d’œuvres glorieuses de l'Esprit divin en Moi. Toute la force de Mon âme, celle
du Fils de l'homme, se rassembla dans le désir brûlant que le serpent qui empêchait ces
enfants d'y voir tout à fait clair fût anéanti, afin que l'arbre de la connaissance pût grandir en
eux et porter de beaux fruits.
16. Ce qui se passa alors en Moi, l'Evangéliste le décrit par ces mots : « Il frémit** en
Son esprit et Se troubla. » Car, jusqu'à la mort de Mon corps, comme en tout homme, la
matière et l'esprit ne s'étaient pas encore tout à fait fondus en Moi. Le Fils d'homme réclamait
ses droits d'homme incarné, et il était soumis aux nécessités du corps ainsi qu'aux humeurs de
l'âme, que seules la foi et une ferme volonté élèvent jusqu'à la connaissance au-delà du doute,
amenant l'union complète du corps, de l'âme et de l'esprit.
17. A partir du moment où, dans la vallée solitaire, la divinité en Moi tenta pour la
dernière fois de débattre avec Lucifer, le Fils d'homme revint au premier plan. C'est lui qui, à
Gethsémani, devait finalement traverser toutes les angoisses de l'âme et connaître l'avant goût
de la mort afin de briser les derniers verrous de la mort, de l'incrédulité et du doute. Sans
préjudice pour la divinité toute-puissante qui demeurait en lui, et qui pouvait détruire sa
Création d'une seule parole, mais qui, pour la sauver, voulut S'humilier comme la dernière des
créatures.
18. Ces paroles sont nécessaires, et chacun doit les garder dans son cœur et chercher à
les saisir, sans quoi il ne comprendra jamais les raisons de Mon incarnation, de Mes
souffrances et de Ma mort, ni ce qui justifiait cette nature apparemment double de Fils
d'homme et de Fils de Dieu.

GEJ11 C65
Le Seigneur Se rend seul au mont des Oliviers.
Dialogue entre Dieu et Jésus, Fils de l'homme

**
Jean 11,33 (version Bible de Jérusalem). Ici. littéralement : il se courrouça (Er ergrimme). (N.d.T.)
1. Quant à Moi, sortant de la maison, Je Montai seul au sommet du mont des Oliviers.
d'où l'on voyait fort bien au loin Jérusalem et tous ses environs.
2. Là, la divinité en Moi se sépara du fils d'homme Jésus et lui parla ainsi « Voici
devant toi la ville de ta Passion, qui commencera dans les prochains jours, quand tu prendras
sur toi de ton plein gré le joug qui doit servir à la délivrance de tous les hommes !
3. Dans ton corps terrestre, séparé de Moi, tu es un homme comme les autres. Tu t'es
efforcé d'éveiller en toi l'esprit qui est la totalité de Dieu même. En sacrifiant ta volonté, tu as
fait grandir en toi la volonté du Tout-Puissant. Mais à présent, c'est de ta volonté d'être
humain qu'il dépend de savoir si tu voudras assumer la dernière tâche et la plus difficile. C'est
pourquoi Je te le demande : veux-tu, comme Mon fils, revenir au Père en menant à son terme
tout ce qu'Il t'a ordonné ? Ou bien veux-tu, comme Fils de l'homme, n'appartenir qu'à cette
humanité et rester seulement de ce monde ?
4. Tu peux être un maître de ce monde et demeurer pour lui un libérateur : mais tu
peux aussi être celui qui montre le chemin qui mène à Moi, celui qui conduit au cœur même
de Dieu si tu t'absorbes tout entier en Moi pour devenir un maître de la vie, d'éternité en
éternité. Tu peux être un porte-parole de l'humanité - des êtres qui, issus de Moi et créés par
Ma puissance, doivent revenir au cœur du Père : mais tu peux aussi être un porte-parole de
l'amour qui commande à la sagesse de changer sa justice en miséricorde. A présent que tu as
sous les yeux ce qu'il adviendra de ton corps, choisis quel chemin tu veux suivre : à côté de
Moi, ou en Moi ; car c'est là ta dernière décision ! »
5. Alors, l'âme de Jésus, Fils de l'homme, répondit : « Père. Ta volonté est toujours la
mienne ; que ce que Tu veux, Toi seul, arrive ! Car ce que la terre peut me donner, n'est sur
terre que par Toi ! Je veux suivre le droit chemin et ne recevoir que de Ta main ce qui doit
m'arriver, c'est pourquoi j'obéirai toujours à Ta seule volonté ! »
6. Et Dieu parla au cœur du Fils de l'homme : « Je te poserai encore une fois cette
question, et, si tu Me fais la même réponse, il en sera comme tu le veux ! Mais à présent,
regarde ce que le monde t'offre !
7. Le Fils de l'homme resta sur la montagne dans sa prière silencieuse, puis, avant le
coucher du soleil, il rentra à l'auberge de Lazare, où nul ne s'était rendu compte de rien.

GEJ11 C75
Sur la mort du Seigneur

1. Que se passait-il donc tandis que Mon corps gisait au tombeau, et quelle était la
vraie raison, la raison impérieuse de Mon trépas ? Il faut que cela vous soit exposé en peu de
mots, mais clairement. Voici donc :
2. On l'a déjà expliqué plusieurs fois. Adam, le premier homme - au sens où son esprit
était tout à fait libre -, a été créé et mis sur cette terre afin de constituer une forme à partir de
laquelle la matière pourrait retourner à la vie libre de l'esprit. Or, pour que cela arrivât, il
fallait avant tout vaincre la matière elle-même : autrement dit, il fallait créer, grâce au libre
arbitre, un état qui, d'un côté, permettrait de triompher de toutes les qualités dites inférieures,
plaisirs, désirs et penchants terrestres, afin de rendre possible, de l'autre côté, l'ascension
librement choisie vers la très pure vie de l'esprit.
3. Comme on l'a suffisamment répété, l'âme humaine est constituée de minuscules
ébauches qui, en grandissant et en évoluant vers des états de conscience toujours plus élevés,
ont fini par atteindre, en l'homme lui-même, une forme qui ne peut plus se développer
davantage sous son aspect terrestre, mais seulement sous son aspect spirituel. C'est pourquoi
deux principes se rencontrent en l'homme : la fin de la vie matérielle dans la conscience
extrême de soi, et le début de la vie immortelle de l'âme avant atteint sa plus haute perfection
formelle. C'est pourquoi, sur ce fil du rasoir qu'est la vie terrestre, l'homme ne peut certes pas
cacher à sa conscience qu'il vit - car il en est lui-même la preuve -, mais en même temps, il
peut ne pas pressentir qu'il a atteint le seuil de la vie spirituelle, devenue possible avec
l'achèvement de la forme humaine: autrement dit, après avoir traversé un grand nombre de
transformations physiques qui avaient pour but de lui donner sa forme définitive, l'âme
humaine ne changera plus guère dans son aspect général mais elle commence alors une
transformation qui devra la rapprocher toujours plus de l'esprit même de Dieu, et la faire
entrer en communion avec Lui.
4. Que celui qui le peut pense ! Qu'arrivera-t-il si ce passage ne se fait pas ? Car la
matière et l'esprit sont là dans une opposition extrême : ils peuvent certes s'affiner toujours
plus l'un l'autre, mais, en tant que pôles contraires, sans jamais se toucher. Il faut pourtant
montrer un chemin, jeter un pont sur lequel l'âme puisse quitter la matière pour aller vers
l'esprit - et il faut que ce chemin soit un exemple que chacun puisse suivre. Si l'homme ne
trouvait pas ce chemin, c'est-à-dire s'il ne le suivait pas, il lui deviendrait impossible de quitter
la matière pour entrer dans la vie libre de l'esprit.
5. Il faut donc que Dieu Lui-même S'efforce d'attirer à Lui - une fois quelles ont atteint
cette frontière à partir de laquelle la voie spirituelle devient possible - les créatures qu'Il a
contraintes, par amour et pour leur salut, à suivre la voie de la matière, et qu'Il les guide, un
peu comme un père fait avec son enfant. Adam devait édifier ce pont en lui-même, et, en
vérité, il avait la tâche facile, car la matière avait alors bien moins d'attraits qu'à présent. Il lui
suffisait, pour jeter ce pont et que la vie spirituelle s'éveille en lui et fleurisse, de se vaincre
lui-même et d'obéir, car l'obéissance à Dieu est la seule épreuve à laquelle soit soumis un
homme par ailleurs sans péché. De la désobéissance s'ensuivent d'elles-mêmes toutes les
autres fautes, comme chacun peut aisément l'observer chez les enfants. Avec la chute d'Adam,
l'homme a reculé vers la matière, c'est-à-dire vers la polarité où il est possible de s'éloigner de
Dieu autant que l'on pouvait s'élever vers Lui, et vers des félicités toujours plus grandes.
6. Et avec cette chute, le péché était venu dans le monde, parce que Dieu ne crée
jamais aucune œuvre pour la détruire. Une fois le chemin créé, il faut le suivre, et en quelque
sorte tâcher de le corriger, parce que la sagesse divine a considéré et prévu les conséquences
d'un échec. Or, lorsqu'il s'agit de créer des être libres et non des machines spirituelles, le seul
moyen est que l'être humain évolue de lui-même. Et, lorsque la race humaine est née sous la
forme des peuples, la succession de tous les péchés à venir dans une chute continue était déjà
prévue, puisque la source de ces péchés était déjà là dans la désobéissance première.
Autrement dit, si Adam n'avait pas désobéi, nul n'aurait pu le faire après lui, parce que le
germe aurait été détruit en lui et n'aurait pu se transmettre à sa postérité. Mais Adam a fait
fructifier cette graine, et, chez ses descendants, elle est devenue un arbre dont le dur feuillage
empêchait la lumière du soleil de parvenir jusqu'à eux.
7. Souvent, des âmes d'une grande force ont cherché à percer cette frondaison pour
laisser briller le soleil, et, à mesure qu'elles y parvenaient, l'humanité acquérait peu a peu ses
premières religions. Mais ces âmes fortes n'ont jamais réussi à trouver la graine et à briser la
couronne de cet arbre immense pour le faire mourir. Et elles ne l'ont pas pu parce qu'elles-
mêmes n'étaient pas, dans leur vie terrestre, exemptes de faute. Elles avaient d'abord goûté au
monde avant d'éprouver la soif de la vérité et de la connaissance de Dieu, et elles ne
commençaient à mieux chercher que lorsque le monde leur paraissait devenu fade.
8. Les vieilles religions de l'Inde sont les plus anciennes qui vous soient connues,
parce que l'ancienne religion égyptienne leur est antérieure dans sa vraie doctrine, mais la
connaissance s'en est perdue. Les maîtres de toutes ces religions étaient de ces âmes fortes
qui, ayant traversé le toit de feuilles, pouvaient montrer le chemin, et ce qu'ils ont écrit et dit
était donc parfois vrai et juste, mais, en leur temps, ils ne pouvaient écrire autrement qu'ils ne
l'ont fait, aussi beaucoup de leurs écrits, qui s'expliquaient par l'état de choses de leur époque,
sont-ils devenus caducs aujourd'hui. Encore un mot là-dessus :
9. Avant Son incarnation en Jésus, Dieu était impersonnel, et c'est pourquoi nul ne
pouvait Le voir*. Il était seulement possible de sentir Sa présence, qui, naturellement, n'était
perceptible que comme une lumière, parce que Dieu est Lui-même une pure lumière qui
rayonne. Mais, quand la lumière est là, elle est partout - elle inonde tout et vivifie tout.
Cependant, l'impersonnalité de Dieu signifie qu'Il n'est pas en un point particulier d'où Sa
lumière rayonnerait comme un soleil : c'est plutôt un océan d'une lumière qui n'est concentrée
nulle part. Ainsi, ceux qui voulaient s'élever spirituellement vers la divinité ne pouvaient
ressentir l'être de Dieu que comme une vie dans la lumière, quelque chose qui planait et
reposait dans la lumière, se fondant dans la lumière sans rien désirer. Avec la personnification
de Dieu dans l'homme Jésus, la perception de la divinité est devenue tout autre pour celui qui
l'approchait : c'était tout simplement un homme s'approchant d'un autre - et c'est pourquoi les
anciens prophètes disaient vrai ; mais les nouveaux, ceux qui ont vécu après Moi, disent vrai
également.
10. Après la chute de Lucifer, quand le monde matériel est apparu, le soleil spirituel a
certes été créé comme le siège de la divinité : néanmoins, il ne faut pas concevoir ce soleil
spirituel comme une concentration unique. La lumière était partout dans le monde spirituel, et,
avant Mon incarnation, ce soleil spirituel était invisible à l'homme de chair tant que son âme
n'était pas séparée de son corps. Que ce soleil devînt visible était le couronnement de la foi
des êtres spirituels, qui ne pouvaient le voir qu'en devenant de purs esprits : mais avec Moi, il
est aussi devenu visible pour l'homme qui croit en Moi, dès lors que l'œil de son esprit s'est
ouvert, parce que l'homme Jésus peut à tout moment dévoiler Son royaume tout entier à ceux
qui croient en Lui.
11. Encore une question : pourquoi trouve-t-on les mêmes caractéristiques essentielles
dans les anciennes religions ?
12. Pour celui qui a compris ces révélations, il serait plutôt étonnant qu'il n'en soit pas
ainsi ; car, si ces anciennes religions étaient des précurseurs de la doctrine du Fils de l'homme
et de Dieu. elles devaient nécessairement contenir les caractéristiques essentielles de celle-ci,
et non la contredire. Et c'est pour la même raison que la vie des différents maîtres apparus au
fil des temps présente des similitudes avec la Mienne.
13. Si nous pouvions connaître l'ancienne religion égyptienne avec toutes ses
caractéristiques originelles, qui ne sont parvenues jusqu'à nous que sous une forme altérée par
le culte tardif des divinités, on verrait que la religion chrétienne est issue de celle de

*
Avant Son incarnation en Jésus. Dieu demeurait dans Sa lumière inaccessible et aucun être créé ne pouvait Le
contempler. Même les tout premiers des esprits angéliques ne pouvaient voir la divinité que comme un soleil
[Die geistige Sonne ''Le Soleil spirituel'', non traduit]. t. 2. 13,7). Mais Dieu en Soi est homme de toute éternité
(Grand Evangile de Jean. t. 6. 88,3), qui a créé l'homme à Son image (Moïse I. 1,27 : La Maison de Dieu, t. 2,
139,20 et 138,20 : Erde und Mond [''Terre et Lune'' non traduit]. 54.9 : Grand Evangile de Jean : t. 1, 1,13-16 : t.
2, 144,4 t. 4 88,7 : t. 5, 70,3 : t. 6, 135,1 et 230,6 ; t. 7. 121,3 et 219,11 : t. 8, 24.6 ; t. 9, 58,7)
l'ancienne Égypte - tant elles sont semblables, surtout lorsqu'on connaît la véritable essence, à
l'origine, d'Osiris, d'Isis et d'Horus.
14. En quel sens ai-Je réussi, Moi, à briser l'arbre du péché, et non pas seulement à en
traverser le feuillage ?
15. Il faut d'abord que chacun comprenne clairement ce que signifie le mot "péché".
16. Beaucoup auront déjà la réponse toute trouvée et diront : le péché est tout ce qui va
contre la volonté de Dieu ! - Cela est juste, sans doute. Mais qu'est-ce que la volonté de Dieu,
et comment l'homme qui ne croit même pas en Dieu, encore moins à Sa volonté, peut-il la
reconnaître ?
17. En cela, il faut juger selon la vie des hommes. - Nul ne peut pécher contre Dieu s’il
ne L'a pas reconnu. De même qu'on ne peut se fâcher contre un aveugle qui, ne pouvant voir
la lumière, prétend qu'elle n'est pas là. Dieu ne peut accabler celui qui, par incompréhension,
ne Le reconnaît pas. Mais un aveugle peut fort bien faire du tort à son voisin ou à un autre en
s'opposant à lui de quelque manière, car, s'il ne le voit pas, il peut l'entendre, le toucher et
percevoir immédiatement ses bienfaits. Il peut donc pécher contre l'amour que lui témoigne
cet homme : car, même aveugle, il ne peut méconnaître son existence.
18. Il en va de même de l'aveugle en esprit : même sans connaître Dieu, il peut
parfaitement pécher contre le commandement de l'amour du prochain. Or, comme on l'a
souvent expliqué, c'est l'amour du prochain qui mène à l'amour de Dieu.
19. Or, l'homme Jésus obéissait en toute chose à ce commandement, cela dès sa
jeunesse, et c'est ainsi que l'amour de Dieu a grandi en lui jusqu'à ne faire plus qu'un avec lui.
Le péché n’avait aucun pouvoir sur lui, car, en suivant d'abord le chemin visible de l'amour du
prochain, manifesté dans ses œuvres extérieures, il s'est efforcé d'atteindre le chemin intérieur
et invisible de l'amour de Dieu.
20. Dieu avait donné un commandement à Adam, celui de l'obéissance
inconditionnelle. Adam ne l'a pas respecté et a déchu. Pour l'amour de Dieu, l'homme Jésus
s'est donné volontairement le commandement de ne rien faire sans la volonté du Père,
devenant ainsi un exemple lumineux pour la postérité. C'est ainsi qu'il a atteint le degré auquel
Adam n'avait pu accéder, et qu'il s'est concilié la divinité dont la sainteté avait été lésée par la
violation du commandement.
21. La sagesse a donné le commandement : la volonté, la force, exigeait son
accomplissement ; l'amour a trouvé le moyen d'accomplir en l'homme Jésus ces conditions,
qui étaient nécessaires pour rendre à toutes les créatures la félicité originelle. C'est en cela que
consiste la rédemption : que le chemin soit désormais ouvert qui mène directement à Dieu, et
que le fils d'homme Jésus ait suivi ce chemin pour devenir Fils de Dieu. La mort de Jésus
porte le sceau de l'obéissance inconditionnelle. Elle aurait pu n'être pas nécessaire : mais
parce que, dans son libre arbitre illimité, l'humanité l'a exigée sous l'inspiration de Lucifer,
Jésus s'est soumis à cette exigence et a accepté la mort de son corps.
22. A tomber sans cesse d'un péché dans un autre, l'âme devient toujours plus dure,
état que traduit l'expression "cœur de pierre". Jusqu'où cela peut aller, nul ne peut le prévoir.
La matière, les plaisirs extérieurs prennent toujours plus de place, ce qui, naturellement, réduit
sans cesse la conscience d'un noyau spirituel de l'être. Ce durcissement conduit finalement à
un état bestial qui ne connaît plus que la conservation et la reproduction, sans la liberté
intérieure de l'esprit. Pour sortir d'un tel état, il faut une doctrine purement spirituelle menant
à une conscience morale de la dignité humaine, et cette doctrine a été donnée sous une forme
brève et aussi claire que possible, ne laissant aucune place à l'erreur. Son observance brise les
chaînes de la matière, dénoue les liens du désir de jouissance terrestre, pour amener
finalement les désirs et les convoitises matérielles à un état de sensibilité très pure qui est la
connaissance du mal, mais sans l'accomplissement du mal, parce que le moi individuel
s'efface toujours plus, au lieu de ne cesser de croître (l'égoïsme). Plus il s'amoindrit, plus les
liens de la matière se dissolvent (se relâchent), pour finir par n'être plus ressentis comme une
entrave.
23. Ainsi, seul Jésus pouvait briser l'arbre du péché, parce qu'il renfermait en lui cet
Esprit divin de qui Adam avait déjà reçu le commandement qu'il n’a pas accompli.
24. On demandera sans doute : où est la preuve qu'il en est réellement ainsi, et que les
maîtres précédents n'ont pas fait de même ? Car ce qui est dit ici échappe au regard humain,
c'est un cheminement intérieur dont nul ne peut parler que Jésus, tandis qu'on déjà vu
plusieurs fois se produire l'événement extérieur que constitue la venue d'un maître
remarquable, avec ses actes, son enseignement et même sa mort. En quoi Jésus a-t-il
véritablement brisé l'arbre du péché là où les autres n'avaient fait qu'en traverser le feuillage ?
Les effets sur ce monde n'en sont guère sensibles, puisque le péché est aujourd'hui plus
florissant que jamais - et les hommes ne peuvent guère juger que par les signes extérieurs !
25. Oui, il semble bien qu'il en soit ainsi à première vue, et pourtant, si l'on y regarde
de plus près, il n'en est pas ainsi !
26. Tout homme qui suit la voie intérieure s'apercevra bientôt de ce qu'il est
réellement. L'apparence extérieure ne signifie rien, elle n'est qu'une enveloppe. Quant à celui
qui ne veut pas suivre la voie intérieure, il est aussi impossible de le convaincre, ou même de
lui donner une simple idée de ce chemin, que de donner à un aveugle la notion des couleurs.
C'est là que se décide le succès. Le chemin est là, suivez-le, et vous jugerez ensuite !
27. Nul ne peut atteindre le Père sans Moi, et, sans la foi en Jésus, aucun sage n'a
encore jamais ressenti l'être tout-puissant de Dieu comme la source originelle de tout amour,
capable de se personnifier. Ce n'est qu'en Jésus que l'impersonnel devient personnel, et cette
union des deux sous la forme d'un homme fait que la créature peut se rapprocher de son
Créateur, la matière se changer en esprit, la suite des péchés issue de la séparation de la
matière et de l'esprit revenir en arrière, en franchissant cette barrière qui, sans cela, eût été un
point inamovible - et le pont, c'est la vie de Jésus.
28. La question se pose alors : avant la mort du Fils de l'homme, jusqu'où les âmes
défuntes pouvaient-elles encore progresser ?
29. Si elles avaient suivi l'enseignement de l'un des nombreux maîtres qui existaient
déjà alors, elles pouvaient certes parvenir à la connaissance de soi, et même à une forme de
félicité, mais, bien sûr, elles ne pouvaient contempler la divinité personnifiée.
30. Cela est arrivé pour la première fois quand le corps de Jésus était au tombeau. Son
corps purement terrestre gisait là, tandis que son âme, avec l'esprit divin qui demeurait en elle,
entrait dans l'au-delà et s'y montrait à tous comme celui qui est et qui était.
31. On ne peut faire ici qu'une brève allusion à ce sujet, mais tout ce qui est arrivé sera
révélé en détail par la suite.
32. Cette révélation dans le monde des esprits fut le début de l'édification et du
peuplement de la Nouvelle Jérusalem, la Cité de Dieu, qui durera éternellement.
MD3 C14

Uranion demande au Seigneur s'Il peut être offensé par les. humains

Réponse affirmative du Seigneur

(11 avril 1843)


I. Tous remercièrent le Seigneur pour la lumière qu'Il leur avait dispensée par Ses
paroles ; car, à l'exception d'Uranion, ils avaient compris ce qu'il en était de la position
sublime de l'être humain au sommet de la multitude d'échelons qui font partie de la création
des êtres et des choses innombrables de l'œuvre de Dieu.
2. Mais, comme déjà dit, le vieux père du Levant n'était pas encore tout à fait au clair
sur un certain point ; c'est pourquoi il se rendit vers le Seigneur dans la plus grande humilité et
lui demanda la permission de Lui poser une question concernant une chose qui était encore
restée obscure à son esprit.
3. Le Seigneur répondit aussitôt à son souhait en disant : "Par amour envers tes frères,
J'ai voulu que ce point te reste caché ; c'est pourquoi, tu peux Me questionner comme si Je ne
savais pas de quoi il s'agit !"
4. Après l'obtention de cette permission, Uranion posa la question qui lui tenait
d'autant plus à cœur que le Seigneur l'avais considérée comme étant utile à tous.
5. Cette question était la suivante : "O Seigneur, Père saint et plein d'amour de toutes
les créatures ! Si l'être humain ne peut pécher que contre Ton ordre qui régit la Création en ne
vivant pas fidèlement selon Ta sainte volonté qui nous est connue et en ne s'en tenant qu'à sa
propre volonté insensée, il ne pèche par conséquent que contre la Création et lui-même ;
comment lui est-il alors possible de T'offenser et de blesser Ton cœur de Père saint et plein
d'amour ?
6. Car si l'être humain trouve son inévitable jugement dans la Création jugée des êtres
et des choses, donc sa punition, je serais tenté de croire que Tu ne portes plus aucune attention
à ce qu'il fait, et que par conséquent Tu ne pourrais jamais être offensé ou blessé devant la
désobéissance d'un enfant motivé par une obstination insensée.
7. La partie principale de la question consiste en ceci : peux-Tu, ô Père, être offensée
ou non par les êtres humains ? - O P ère, veuille nous faire parvenir une petite étincelle de la
lumière de Ta grâce et de Ton amour ! Que Ta sainte volonté s'accomplisse !"
8. Alors, le Seigneur répondit à Uranion : "Tu M'as posé une bonne question ;
toutefois, il ne s'y trouve pas autant de profondeur cachée que tu le crois et que le supposent
également plusieurs d'entre vous.
9. Vois : toi aussi es le procréateur de tes enfants et as confectionné bien des choses
utiles pour ta maison, lesquelles, selon ton plan judicieux, devraient être employées à bon
escient.
10. Mais si quelques-uns de tes enfants utilisent une chose que tu avais destinée à un
usage profitable à l'envers du bon sens en l'abîmant, ou même en la mettant en pièces, - ou
bien s'ils ne prêtent aucune attention à ton ouvrage, le considèrent comme stupide, ridicule et
superflu, cherchant même à te dénigrer, toi et ton œuvre, la piétinant avec colère, ou alors s'ils
se mettent à t'injurier et à te fuir comme un pestiféré parce que ton amour t'a poussé à leur
faire accepter quelque chose qui n'a pour but que leur bien, - dis-moi, toi qui es toi-même
père, comment considérerais-tu l'attitude de tes enfants, bien que, si on apprécie la chose en
elle-même, ils n'aient pas péché vis-à-vis de toi, mais uniquement face au résultat de ton
travail ?
11. Eh bien, Je vois que tu aurais même envie de maudire une telle progéniture !
12. Par conséquent, que dois-Je vous dire, Moi, votre Père très saint, si vous attentez à
Mon ordre éternel et sacré de façon désordonnée et volontaire, M'oubliant entièrement ?
13. Il en résulte qu'il est exclu que Je reste indifférent devant vos actes !
14. Il est donc tout à fait possible que vous puissiez M'offenser ; mais c'est alors à
vous de vous rendre compte de vos fautes et de revenir vers Moi ; car Je suis meilleur que
vous autres êtres humains puisque Je ne rejette personne, cherche par tous les moyens à
remettre chaque égaré sur le bon chemin et l'accueille à nouveau dès qu'il veut Me revenir.
15. Vois, telles se présentent les choses ; c'est pourquoi, restez tous dans Mon amour
et vous ne pécherez pas vis-à-vis de ce que J'ai créé pour vous !
16. Mais maintenant, c'est Kiséhel qui a quelque chose à demander qui lui tient à cœur
! Qu'il vienne vers Moi et se débarrasse de son fardeau devant son Père ! Amen."

SERMON N°14

" LE SERMON DU SECOND DIMANCHE DU CARÊME "


"La Transfiguration de Jésus."

-Matthieu 17-11, 13-

-Trieste 25 Janvier 1872-

Ici, vous avez à nouveau un fait simple pris de mon pèlerinage terrestre, qui
cache en lui une profonde signification céleste et qui est pour vous, comme pour tout le genre
humain, un événement de grande importance, comme il l'a été aussi alors pour Mes disciples
qui M'accompagnaient, et qui, dans sa correspondance spirituelle, sera d'une grande portée
aussi pour les temps à venir à la rencontre desquels vous allez maintenant.
Avant tout, nous voulons considérer cet acte dans sa sublime simplicité, et
montrer quelle signification il eut en général pour l'époque où il arriva, et quel sens il eut
pour Mes disciples en particulier, pour passer seulement ensuite à sa grande correspondance
spirituelle, afin d'éclairer, comment, quand et où il se répétera dans le temps présent, et
l'influence qu'il aura justement en ce temps, en tant que maillon de la chaîne dans l'ensemble
de l’œuvre de restauration, comme il l'a eue en ce temps d'alors sur Mes trois disciples qui
M'accompagnaient, et sur leur ultérieur mode de vie et d'action. L'Évangile dit:
"Je pris avec Moi Mes disciples, Pierre, Jacques et Jean et montai
avec eux sur la montagne, où, arrivés, ils Me virent transfiguré, c'est-
à-dire, qu'ils Me virent avec leurs yeux spirituels, Tel que JE suis
vraiment, étais et serai."
Ils Me virent devant eux en tant que Sublime Esprit en vêtement blanc celui-ci
symbolise la Vérité, et avec le visage resplendissant comme le Soleil, c'est-à-dire rayonnant
d'Amour. Ils virent en outre deux puissants piliers de Mon Édifice doctrinal, qui avaient été
Mes Précurseurs et qui avaient aplani Mes voies, en contribuant plus que tout autre à Me
faciliter la Mission, c'est-à-dire: Moïse et Élie, avec qui Je parlai; et les trois disciples
entendirent sortir d'une nuée une voix qui répéta les mêmes paroles qui, à une époque
antérieure, avaient été entendues au Jourdain à l'occasion de Mon-Baptême:

"Celui-ci est Mon Fils Bien-Aimé, en Qui J'ai mis Ma complaisance, écoutez-
Le !"

Cette vision qu'eurent ces trois disciples, devait leur montrer leur propre mission,
car SIMON, appelé par Moi, PIERRE - pierre sur laquelle Je voulais édifier Mon Église -
avait une mission semblable à celle reçue autrefois par Moïse, qui prépara le peuple hébreu à
Ma Venue en lui prescrivant les lois et les modes de vie; car c'était un peuple plus accessible
que tout autre à les accueillir, étant justement celui qui avait été choisi par Moi pour effectuer
en son milieu Ma descente sur la Terre.
2 JEAN, Mon préféré, était destiné, avec son activité particulière durant sa
longue vie, ainsi qu'avec son Évangile, à témoigner de Moi après la mort de Mon Corps,
de la même manière qu'Élie avait témoigné de Moi dans Mon Incarnation suivante en tant
que Jean-Baptiste, comme Mon Précurseur.
En plus de cela, Jean, Mon disciple préféré, était appelé, au moyen de la Révélation qu'il
reçut vers la fin de sa vie, à montrer au monde, sa marche spirituelle jusqu'à la purification;
ainsi qu'à montrer que les lois physiques et morales établies par MOI pour Ma Création,
selon lesquelles tout ce qui est esprit et matière se développe et se perfectionne, doivent être
respectées et non foulées aux pieds.
A Moïse et à Élie, dans leur condition spirituelle, et à Mes trois disciples, dans
celle corporelle, fut accordée la Grâce de Me contempler dans toute Ma Gloire, et de Me
reconnaître pour CELUI, dont le Grand Royaume Spirituel avait eu, les premiers comme
combattants précurseurs, et les derniers comme devant être les combattants suivants.
Ils Me virent dans cette Gloire qu'un cœur humain dans son enveloppe terrestre ne peut
supporter que de brefs instants seulement; et ce fut justement cette béatitude et cette joie
inouïes qui amenèrent Pierre à s'écrier:
"Seigneur, il est bon de rester ici; si tu le veux, nous
faisons ici trois tentes."
De semblables moments de lumineux enthousiasme sont donnés pour réveiller l'homme, le
renforcer et le stimuler pour les heures où le menace quelque danger, ou bien quand le
découragement commence à envahir son cœur; et ce sont d'ordinaire des moments de
courte durée; et c'est ce qui arriva aussi en cette occasion.
Mais afin que cette vision pût avoir un effet durable sur Mes disciples, d'une nuée lumineuse
- émanation spirituelle de Ma Personne - retentit une Voix qui leur attesta Ma Divinité, en les
exhortant particulièrement à prêter attention à Ma Parole et à L'accueillir dans leur cœur, afin
qu'un jour puisse procéder d'eux le verdoyant arbre de la VIE destiné à rassembler sous son
feuillage ombreux et réconfortant tout le genre humain, qui y aurait cherché protection et
trouvé réconfort à toutes les souffrances et tous les malheurs de la vie.
Le motif pour lequel J'imposai à Mes disciples de ne pas parler de cet évènement, tant que Je
n'aurais pas couronné l'édifice de Ma Doctrine avec Ma Résurrection, avait sa raison en ce
que les autres disciples auraient douté de cette vision, ou bien ne l'auraient pas comprise,
étant donné que Mes disciples n'avaient pas tous une égale capacité d'intelligence.
Tel fut alors dans sa réalité le cours de cet acte solennel, qui se répète aussi
présentement.
3 Ce qu'avait été en son temps Moïse, comme préparateur du peuple pour Ma
Doctrine, Pierre le fut plus tard comme fondateur de l'Église Chrétienne, et le seront pour les
temps présents *c'est-à-dire pour Ma seconde Venue* à nouveau d'autres hommes; et ce
qu'avait été autrefois Élie en la personne de Jean-Baptiste, Jean, l'apôtre de l'Amour, le fut
plus tard; et en ces temps, l'a été et l'est encore cette troupe d'hommes qui ont mission
d'éclairer et de purifier l'Église Chrétienne fondée par Pierre, afin qu'elle ne perde pas
totalement son vrai sens spirituel.
4 De même qu'au temps de Ma pérégrination sur la Terre, le peuple Juif était
entraîné dans l'erreur par les pharisiens et par les docteurs de la Loi, de même aujourd'hui
il arrive aussi que les prêtres, au lieu de Ma Pure Doctrine, font pratiquer au peuple de
vides cérémonies.
L'esprit de Mon Évangile, qui pourtant est si simple, n'est pas compris; et
encore, dans le meilleur des cas, on cherche à en accomplir tout au plus la lettre, en raison de
l'incapacité à en dégager les correspondances.
Il s'avère donc nécessaire que derechef se lèvent des hommes qui examinent ce
que l'Église enseigne aujourd'hui, et remettent cette doctrine dogmatique sur ses
fondements d'origine, c'est-à-dire sur MES PROPRES PAROLES.
Si même les hommes appelés à cette mission ne triomphent pas aussitôt, ni ne
réussissent à convaincre tout le genre humain, ce que du reste ne réussirent pas non plus
Mes disciples, cela n'empêche pas qu'ils sont destinés à répandre la Semence. Si celle-ci
tombe sur du bon terrain, ou bien en partie sur le chemin, sur les rochers ou au milieu des
ronces, cela importe peu; l'important est qu'elle soit répandue; et si une partie seulement
vient à tomber sur un bon terrain, ceci compensera l'autre partie qui s'est perdue.
Et comme en ce temps Je conduisis Mes disciples sur une hauteur, et leur fis
goûter par avance la joie qui les attendait s'ils continuaient fidèlement à travailler dans Ma
Vigne, de même aujourd'hui encore, il arrive à présent que, quand quelqu'un qui M'est
dévoué est seul dans sa chambrette, et s'abandonne à Moi dans la paix de son cœur, JE
l'entraîne avec Moi, très loin, au-dessus du monde terrestre, et lui montre comme en un
panorama immense, le glorieux avenir qui l'attend, à condition qu'il reste fidèle à Moi et à
Ma Doctrine.
Et même, J'accorde à certains d'éprouver même la parfaite et immense joie de Ma
Puissante Influence en leur cœur, et Je fais briller devant eux la vérité supérieure dans la
Lumière Rosée de l'Amour; Je leur manifeste ainsi Mon Propre Moi dans Sa Glorieuse
Transfiguration, manifestation s'exprimant dans une béatitude qui ne peut être supportée dans
le corps ici, sur cette Terre sinon qu'à l'état de passage spirituel sur des sphères plus élevées.
Moïse, avec la Loi donnée au peuple hébreu sur Mon Inspiration, établit les principes
fondamentaux éternellement indiscutables de la Religion Juive sur le concept du
MONOTHÉISME; et c'est justement ce principe fondamental qui rendit le peuple hébreu apte
à ce que JE M'incarnasse, et que JE fisse Mon Apparition en son milieu; car, le polythéisme
dominant partout à cette époque, il aurait été chose impossible, au cas où Je fusse apparu au
milieu de quelque autre peuple, de bannir tous les dieux en une fois et d'en mettre UN à leur
place; tandis que chez les hébreux cette difficulté n'existait pas, l'idée du Dieu Unique
subsistant déjà en eux.
5 Moïse fut donc un précurseur dans l'entretien de MA VIGNE, en laquelle il défricha le
terrain et planta les pieds de vigne; après lui, vinrent d'autres travailleurs, les prophètes, et
parmi eux principalement ÉLIE en son temps, et plus tard à nouveau le même sous
l'enveloppe de Jean-Baptiste: ils tentèrent de tailler les protubérances maladives et nocives de
la vigne, c'est-à-dire de la religion juive, et de l'en purifier. Enfin JE vins Moi-Même, et Je
mis la Main pour compléter ce qui encore y manquait, et pour porter le fruit à pleine maturité.
Donc, JE fus seulement le SOLEIL qui, avec Sa chaleur et Sa Lumière, s'efforça de réveiller à
une vie spiritualisée ce terrain matériel qui se trouvait à l'état de putréfaction, et ranima la
Vigne en lui donnant une impulsion vers une activité plus élevée; grâce à quoi l'élément tiré
de la terre fut, de grossière matière qu'il était, transformé en un plus noble fruit spirituel, apte
à être cueilli et utilisé.
Et de même que Moïse fonda la Religion Judaïque, de même PIERRE fut également destiné
plus tard à bâtir sur le roc des deux commandements d'Amour, ce qu'aucun cataclysme ni
aucune tempête ne pourront jamais détruire, bien que l'égoïsme et l'ambition de quelques
hommes très influents les eussent défigurés; mais, de même que Je Me montrai autrefois
transfiguré devant Mes apôtres, pour faire resplendir Ma Forme Spirituelle Divine à travers
Mon enveloppe terrestre, de même aussi aujourd'hui pour Mon Église fondée par Pierre - bien
qu'à travers son faste mondain et son cérémonial et à travers ses doctrines erronées - il arrive
que commence à se faire un chemin la Lumière du Spirituel, et à se rendre manifeste la
transfiguration; de sorte que, une fois passée la nuit ténébreuse, vient le crépuscule matinal,
qui sera ensuite suivi du jour lumineux.
Le Lumière de la Vérité si longtemps étouffée, fait finalement sa route sur tous les fronts peu à peu; tous les
esprits pressentent quelque chose de plus élevé et de meilleur que ce qui leur fut offert jusqu'alors; tous sentent le souffle spirituel,
qui, bien que passant à travers le mondain, réveille les dormeurs; et, de même que lorsqu'un rayon de lumière pénètre à travers la
fenêtre et frappe un endormi, celui-ci, réveillé par la puissance vitale du rayon, inconscient encore de ce qui arrive autour de lui,
commence à se retourner sur son lit, de même également opère cette transfiguration, qui évoque déjà le crépuscule matinal en de
nombreux esprits.
6 MOÏSE prépara autrefois le peuple hébreu, afin que JE puisse mener à terme
Mon Incarnation en son milieu; PIERRE en fit tout autant au moyen de l'Église Chrétienne
fondée par lui, pour préparer les hommes à Ma Seconde Venue Spirituelle; mais les
enthousiastes actuels, inspirés par Ma récente Parole, et ceux qui viendront encore, seront,
comme autrefois Mon disciple JEAN, Mes bien-aimés et les témoins de Mon Amour et de Ma
Grâce, au moyen desquels s'accomplit toujours le même processus de purification spirituelle,
c'est-à-dire le processus progressif d'affinage, et enfin la spiritualisation de ce qui est grossier
et matériel.
Et de même qu'en ces temps Ma Personne fut bafouée, et que Moi et Mes disciples
nous fûmes vilipendés, persécutés et tués, de même arrivera-t-il à nouveau; mais au lieu de
Ma Personne, les hommes pendront à la croix Ma Doctrine d'Amour, et la bafoueront; et les
combattants pour Mon Royaume devront aussi lutter contre toutes sortes d'iniquités; mais,
eux, en sortiront victorieux, et à Mon Retour ils ME verront transfiguré, tandis que Ma Parole
Intérieure dira au-dedans de leur cœur :

" SOYEZ BÉNIS, VOUS QUI, RESTANT FIDÈLES A MON AMOUR,

ET METTANT EN PRATIQUE MES PAROLES, LES AVEZ COMMUNIQUÉES


AUSSI AUX AUTRES, COMME C'ÉTAIT MON DÉSIR."

Et cette Transfiguration ne cessera ensuite pas aussi vite, comme ce fut le cas alors
avec Mes disciples; au contraire Mes combattants ME verront continuellement face à face, et
ils pourront jouir, en même temps que tous ceux qui les auront précédés dans l'autre VIE, de
MA Victoire et de la leur.

Telle est la correspondance spirituelle de la Transfiguration; faites en sorte,


vous aussi, de pouvoir vous en rendre souvent co-participants, et de pouvoir être comptés
parmi ceux qui, déposant tout ce qui est du monde, ont fait de MOI et de Ma Doctrine le but
principal de leur vie et de leurs aspirations; alors, dans des moments d'extases sublimes où la
vie de l'Esprit se manifestera ouvertement, alors vous pourrez contempler en Personne,
transfiguré, CELUI Qui, déjà depuis tant de temps, vous envoie en si large mesure Ses Paroles
de Grâce, et qui voudrait vous avoir pour SES Enfants.

AMEN!
SS2 C13

Préface.

Une pensée adressée à Jésus est suffisante pour enflammer le Cœur. Le Nom de tous

les noms; quel est l'effet qui émane de Lui ? Révélation du mystère de

l'Incarnation de Dieu en Christ Jésus. Points importants de la Vraie Théologie, et

pourquoi beaucoup d'hommes et d'âmes dans l'au-delà, se trouvent seulement

dans la première Eglise, en laquelle Dieu est inaccessible, et c'est pourquoi tous

ne comprennent pas la merveilleuse Lumière: c'est-à-dire que Dieu s'est

manifesté dans la chair.

De quelle façon Jésus est la Parole qui conduit au Père.

Il y a aussi parmi nous des païens qui se disent Chrétiens. Dans le monde des esprits, il

y a des profondeurs insondables, mais si, nous, avec l'Esprit, nous sommes dans

le Seigneur, alors pour nous, aucune profondeur n'est vraiment insondable.

Adressons notre pensée à Jésus, car alors le bois sur l'autel s'allumera.

SS2 Cdicté le 19 Mai 1843 à Jacob Lorber par celui qui, sur la Terre, fut Jean

l'Evangéliste, le disciple préféré du Seigneur.

Cet esprit choisi sert de guide à deux âmes encore incarnées sur la Terre, mais

provenant d'un Soleil Central qui se trouve très éloigné de notre planète : âmes

s'étant incarnées ici pour mission, entre autre pour aider Lorber dans son

activité de " moyen " du Seigneur. Le fait que ce fut Jean l'Evangéliste qui ait

dicté une partie de l’œuvre susdite n'apporte pas de différence, car, à travers

Jean, c'est toujours l'Esprit de dieu qui parle, puisqu'il s'agit d'une âme qui

depuis bien longtemps déjà a atteint le troisième Ciel.


-19 Mai 1843- 17h30 à 19h -

-1- Vous demandez: Comment pouvons-nous faire jaillir du feu de notre


cœur, au point de pouvoir allumer ce bois ? Oh, amis et frères, quelle question de votre part !
Une seule pensée tournée vers Jésus, n'est-elle donc pas suffisante pour faire s'enflammer le
cœur d'Amour pour Lui ? Oh, frères et amis, si vous pouviez concevoir ce que signifie ce
Nom de tous les noms; ce qu'Il est, et quelle est Son efficacité, vous vous sentiriez envahis
pour Jésus d'un Amour si puissant, dont le feu serait suffisant pour enflammer une armée
entière de Soleils, que par suite de cela, ils brilleraient dans leurs immenses orbites, avec une
splendeur mille fois plus grande que ce n'est le cas jusqu'à présent.
-2- Je vous le dis: Jésus est quelque chose de si immensément grand que,
lorsque ce Nom est prononcé, l'Infini tremble en raison de trop de vénération. Si vous dites "
Dieu ", vous nommez certes alors aussi l'Être Suprême, mais vous le nommez dans Son
Infinité, puisque Il rempli par Lui l'Univers illimité, et Il y œuvre avec Sa Puissance Infinie,
d’éternité en éternité; mais dans le Nom de " JESUS vous indiquez le Puissant Centre de Dieu
dans Son Essence et Sa Plénitude, ou bien, pour m'exprimer encore plus clairement :
-3- Jésus est le Vrai, Réel, Essentiel Dieu, comme Homme, à partir de Qui
seulement jaillit toute la Divinité qui rempli l'Infini, en tant qu'Esprit de Sa Puissance, de Sa
Force et de Son Pouvoir, à l'égal des rayons issus du Soleil.
Jésus est donc le Résumé de la Plénitude Totale de la Divinité, c'est-à-dire : en
Jésus demeure la Divinité dans Son Infinie Plénitude, vraiment et physiquement dans Son
Essence. C'est pourquoi justement, toute l'Infinité Divine est mise en mouvement par une
impulsion animatrice, quand ce NOM, infiniment sublime dans Sa Sainteté est prononcé.
-4- Et c'est, en même temps, la Grâce Infinie du Seigneur, à savoir, qu'IL
s'est complu à se revêtir d'un corps humain. Mais pourquoi l'a-t-il fait ? Ecoutez, je veux vous
dévoiler un petit mystère.
-5- Avant la Descente du Seigneur sur la Terre, un homme ne pouvait
jamais parler avec le véritable Être Divin. Personne ne pouvait Le voir, sans perdre
complètement la vie, comme d'ailleurs il est dit aussi dans Moïse : "Nul ne peut voir Dieu, et
en même temps vivre!". Il est vrai que dans l'Eglise primordiale, comme aussi dans celle de
Melchisédech, à laquelle Abraham appartenait, Il s'est montré souvent personnellement, et a
parlé avec Ses Saints, et a enseigné Lui-Même Ses Fils. Mais ce Seigneur personnel n'était
pas, à vrai dire, immédiatement le même Seigneur, mais toujours un Esprit angélique, rempli
dans ce but de l'Esprit Divin. A partir d'un tel Esprit angélique, parlait alors l'Esprit du
Seigneur, comme si c'était de manière immédiate le Seigneur Lui-Même Qui parlait.
Cependant, dans un tel Esprit angélique, il n'y avait toutefois jamais présente la complète
Plénitude de l'Esprit Divin, mais bien seulement ce qui était nécessaire à la réalisation du but
fixé.
-6- Vous pouvez le croire : En ce temps, il n'était pas accordé non plus aux
purs Esprits angéliques de voir la Divinité autrement que comme vous voyez le Soleil au
firmament. En outre, aucun des Esprits angéliques n'aurait jamais osé se représenter la
Divinité sous une quelconque image, comme cela était sévèrement défendu au peuple hébreu
encore au temps de Moïse, c'est-à-dire de fabriquer des représentations sculptées de Dieu, ou
même de le représenter sous une quelconque image.
-7- Mais à présent, écoutez : Une fois, - et précisément dans un moment où
les hommes n'y pensaient absolument pas - cet Être Infini Divin s'est complu à se concentrer
dans toute Sa Plénitude Infinie, et en cette Unité ou Concentration, à prendre la nature
humaine complète.
-8- Réfléchissez donc : Dieu, Celui qu'aucun œil humain n'avait jamais
aperçu, vient dans le Monde en tant que Jésus, plein d'Amour et de Sagesse, inconcevables
dans leur infinité.
-9- Lui, l'Infini, l'Eternel, devant le souffle de Qui les Eternités se
dissolvent comme balle légère, pérégrina sur la Terre en enseignant Ses créatures, Ses enfants,
non comme un Père, mais comme un Frère ! Mais tout cela serait encore trop peu. Lui, le
Tout-Puissant, se laisse même persécuter, faire prisonnier, et selon le corps, tuer par Ses
insignifiantes créatures ! Dites-moi : Pouvez-vous imaginer un Amour plus infiniment grand,
une plus grande condescendance que celle que vous constatez en Jésus ?
-10- Grâce à cet acte inconcevable, Il a transformé toute chose dans le Ciel :
même s'Il continue à demeurer dans Son Soleil de Grâce, duquel la Lumière afflue,
inépuisable, en tous les Cieux, Il continue cependant à être - comme Il a pérégriné sur la Terre
- le même Jésus corporel, dans toute Sa Plénitude Divine, comme un vrai Père et Frère,
présent parmi Ses enfants, en tant qu'HOMME PARFAIT, et leur donne à tous toute Sa
Grâce, Tout Son Amour, et Toute Sa Puissance, et les guide Lui-Même - dans Son Essence -
personnellement, pour les rendre aptes à œuvrer, avec une puissance infinie, dans Son Ordre !
-11- Avant, il y avait, entre Dieu et l'être créé, un abîme sans fond, mais en
Jésus, cet abîme a été presque complètement aboli, car cela nous fut démontré, comme vous le
savez, par Lui-Même, visiblement, c'est-à-dire :
-12- 1) Avec Sa Venue sur la Terre;
2) Avec Son appellation pour nous de " frères ", non pas une seule
fois mais souvent;
3) Il mangea et but avec nous, et supporta avec nous tous, nos
soucis et nos incommodités;
4) Lui, en tant que Seigneur de l'Infini, prêta obéissance même à la
puissance mondaine;
5) Lui, s'est même laissé emprisonner par la Puissance mondaine;
6) Il a permis qu'à la suite de puissantes machinations mondaines,
on Le clouât à la Croix et qu'on Le tuât;
7) Lui-Même, avec Sa Toute-Puissance, a déchiré dans le Temple,
le rideau qui séparait le Saint du Saint du peuple!
-13- C'est pourquoi Il est aussi l'Unique Voie, la Vie, la Lumière et la Vérité.
Il est la PORTE à travers laquelle nous pouvons arriver à Dieu; c'est-à-dire qu'à travers cette
Porte, nous franchissons l'abîme illimité qui nous séparait de Dieu, et, au-delà, nous trouvons
Jésus, l'Eternel et Infiniment Saint Frère c'est-à-dire que nous trouvons Celui Qui a voulu
qu'un tel abîme fut comblé, et c'est pourquoi maintenant, il nous est certes facile d'aimer par-
dessus toute chose.
-14- Et c'est pour cela que, comme je l'ai dit déjà depuis le début, pour réveiller notre amour pour Jésus, il est déjà suffisant d'avoir une
seule pensée. Et même, seulement Son Nom prononcé dans notre cœur, cela devrait suffire pour nous enflammer d'un amour infini pour Lui,
pour toute l'Eternité. C'est pourquoi, prononcez vous-aussi ce NOM dans vos cœurs, de manière digne, et vous constaterez vous-mêmes en
quelle plénitude le feu de l'Amour jaillira de vos cœurs, en enflammant le bois de la Vie, grâce auquel les païens pourront trouver le salut, sur
ce nouvel autel des sacrifices.
-15- De ces païens, du type de ceux qu'en son temps mon frère Paul
convertit il y en a encore beaucoup de nos jours. Il y a des païens qui se disent " chrétiens"
mais qui, dans leurs cœurs, sont pires que ceux qui dans le passé adoraient Moloch et Baal.
-16- Quand le bois commencera à brûler sur cet autel, alors vous apercevrez
en ce monde, évoqué à partir de vous, par vous-mêmes, des choses que vous n'avez jamais
vues jusqu'à maintenant. Car je vous dis :
-17- Dans le Monde des Esprits, il y a des profondeurs impénétrables. Aucun
esprit créé ne pourrait jamais les mesurer; mais nous, nous sommes dans l'Esprit du Seigneur.
C'est Son Esprit qui vit, dispose et agit en nous, et, en cet Esprit, aucune profondeur n'est pour
nous impénétrable, car personne ne peut connaître ce qui est dans l'Esprit, si ce n'est
seulement que l'Esprit. Ainsi également, nul ne peut savoir ce qui se trouve en Dieu, sinon
seulement que l'Esprit de Dieu.
-18- Jésus, Dieu réunit dans Toute Sa Plénitude, nous a cependant remplis de
Son Esprit, et avec Son Esprit en nous, il nous est aussi possible de pénétrer dans Ses Divines
Profondeurs.
Donc, prononcez en vous, maintenant, le Nom de tous les noms, le Très Saint
de toute sainteté, l'Amour de tout amour, le Feu du feu, et le bois sur l'autel s'enflammera.