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CHIMIE

GEJ3 C170
De la contradiction entre la volonté et l'action

1. Jarah dit : « Oui, Seigneur, Toi mon unique amour, tout cela serait sans doute fort
bien et en vérité pour le mieux, si seulement l'on pouvait toujours avoir à portée de main un
enseignement purement divin ! Mais nous les hommes, nous sommes déjà souvent si aveugles
et cela précisément dans les moments où il faudrait y voir le plus clair - que les arbres mêmes
nous cachent la forêt ! Et pour ce qui est de la vraie sagesse, nous ne taisons pas mieux dans
les instants les plus importants de la vie. Quand elle nous serait le plus nécessaire, elle nous
laisse tomber ; mais quand nous n'en avons pas spécialement besoin, c'est alors que nous
débordons de nobles pensées ! Oui, c'est vraiment une chose étrange qu'un homme !
2. Il me semble qu'il n'y a rien de bon en moi-même que ma volonté ; mais même
celle-ci n'a finalement pas de quoi se glorifier, parce qu'il lui manque la plupart du temps la
force d'aller jusqu'au bout. Car il arrive bien souvent qu'on veuille une chose très bonne, mais
qu'on ne la fasse pourtant pas, ou que l'on fasse précisément le contraire de ce qu'on veut en
réalité. Je ne sais pas à quoi cela tient : mais c'est ainsi, je le sais par expérience.
3. Seigneur, Toi mon amour, par Ta grâce toute-puissante, j'ai pu avoir un aperçu
merveilleux de Tes grandes créations de mondes, et j'en sais désormais davantage à ce sujet
que tous les sages de la terre ensemble. Je sais ce que recèlent les profondeurs infinies de Ton
ciel : pourquoi donc ne me connais-je pas moi-même ?!
4. Je dis : « Parce que tu es toi-même un être bien plus merveilleux que tous les grands
soleils et les mondes réunis ! Il y a dans le cœur de l'homme un ciel bien plus merveilleux que
le vaste ciel que tu vois par tes yeux.
5. Vois-tu, toute matière est un jugement et une nécessité d'airain ! Tu peux observer
sa structure extérieure, mais aussi intérieure, et bien des apothicaires savent décomposer
précisément un matériau en ses éléments fondamentaux. Cette science singulière s'appelle la
"chimie", et elle ne cessera de se perfectionner avec le temps.
6. Et, de même que tu peux, de cette manière, connaître assez précisément une pierre
de l'extérieur et de l'intérieur, tu peux connaître tout un monde ! Notre Mathaël est très versé
dans cet art : et mon disciple André, qui a aussi été chez les Esséniens, est un grand
apothicaire, art qu'il a appris en Égypte. Tous deux te montreront ce qu'est la matière de tout
un monde avec beaucoup de talent et de vérité. Certes, il y a encore à l'intérieur de la
matière bien des choses que nul chimiste ne découvrira jamais : mais il peut reconnaître
les éléments exacts dont est constituée n'importe quelle matière, bien qu'il ne puisse
jamais connaître fondamentalement les éléments eux-mêmes, parce qu'ils ont en eux du
spirituel et que seul un pur esprit peut les connaître en quelque sorte de part en part.
Car les éléments recèlent tout un infini !
7. Mais c'est un infini bien plus grand qui réside dans l'âme humaine et dans son
esprit ! Aucune chimie n'enseigne cela, et c'est précisément pourquoi J'ai dû venir à
vous, les hommes, afin de vous faire connaître ce que nul homme n'aurait jamais pu
connaître par lui-même.
8. Tu vois donc que c'est précisément à cause de la difficulté que tu as soulevée que Je
suis venu Moi-même du haut des cieux et que Je vous enseigne ce que nul autre ne pourrait
vous enseigner !
9. Tu ne comprends bien sûr pas encore pour le moment comment tu peux avoir la
volonté de quelque chose et pourtant ne pas agir conformément à cette volonté, mais en
suivant quelque motivation extérieure inconnue de toi, et il n'est pas rare que les muets désirs
de la chair décident de tes actions contre la volonté de l'esprit. Car la volonté ne ressortit pas à
la chair, ni à l'âme qui a constitué la chair et le sang et en a ensuite tiré la nourriture de sa
propre constitution formelle, mais elle ressortit à l'amour, qui est Mon esprit en vous et à
cause duquel vous n'êtes pas seulement Mes créatures, mais aussi Mes vrais enfants qui un
jour, dans Mon royaume, régnerez avec Moi sur tout l'infini.
10. Mais pour cela, il vous faut d'abord pleinement renaître en esprit, sans quoi il ne
pourra en être ainsi !
11. Comprends-tu cela, Ma chère petite fille ?

CIVILISATION
L'illusion du progrès extérieur de la civilisation
GEJ7 C222
1. (Le Seigneur :) « Nous nous remîmes donc à manger et à boire, en respectant bien
sûr la bonne mesure. Cyrénius s'entretint avec nous de toutes sortes de questions domestiques
et architecturales, et les autres convives nous écoutaient, approuvant Joseph et Moi-même en
toute chose.
2. Finalement, un général qui n'avait encore rien dit déclara : "Pour ce qui est de la
construction, on devrait bien se soucier de savoir s'il ne serait pas possible de donner aux
bateaux une disposition qui leur permît de mieux résister, en mer, aux assauts des tempêtes.
Ensuite, il faudrait que l'on puisse se passer du banc de nage sur les plus gros vaisseaux ; car
si les rames sont placées trop haut sur le bord, il leur faut de plus grandes perches. Elles sont
donc difficiles à manier, nécessitent un grand nombre de rameurs vigoureux tout en n'exerçant
qu'une faible poussée sur l'eau, et elles se brisent facilement lors des tempêtes. Et quand les
rames sont placées plus bas, comme sur les vaisseaux plus petits qui longent les rivages, l'eau
entre par les ouvertures des rames dès que la houle forcit un peu, et il ne reste plus qu'à écoper
constamment si l'on ne veut pas sombrer. Troisièmement, enfin, nos grands vaisseaux ont le
défaut, à cause des nombreux rameurs, d'offrir trop peu de place pour recevoir un nombre
suffisant d'autres passagers, et pourtant, avec tous ces rameurs, on cesse d'avancer dès que le
vent est tant soit peu contraire.
3. Cher et très sage jeune homme à la puissance merveilleuse, tu dois bien pouvoir
nous donner là aussi un bon conseil ? On dit que les anciens Phéniciens avaient des
vaisseaux capables de naviguer rapidement et sûrement jusque très loin sur le grand Océan.
Et nous, Romains, nous devons nous contenter de suivre les rivages, n'osant nous aventurer
en haute mer que par les jours de calme. Qu'en penses-tu ?"
4. Je dis : "Ah, ami, il sera bien difficile de te donner à ce sujet un vrai bon conseil !
Car à quoi te servira-t-il, si tu ne peux le mettre en pratique ?
5. Pour naviguer sûrement en mer, il faut avant tout une connaissance précise du ciel
étoilé, ensuite la connaissance de la Terre et surtout de la conformation de la mer, avec sa
taille et sa profondeur. Or, vous êtes bien loin de posséder cette connaissance et ne pouvez la
posséder, parce que vos prêtres ignorants s'y opposeraient de toutes leurs forces ; ainsi, des
vaisseaux mieux conçus ne vous serviraient à rien, puisque vous ne pourriez pas en faire
usage.
6. Les Phéniciens avaient certes des navires un peu plus maniables, mais la différence
n'était pas si grande. Et, s'ils savaient mieux se servir des voiles par les vents favorables, ils
évitaient eux aussi la haute mer et longeaient les rivages.
7. Si vous voulez améliorer votre navigation, apprenez plutôt des Indiens qui vivent
sur les côtes : car ceux-là s'y entendent à naviguer à la voile, même s'ils sont encore loin de la
perfection.
8. Mais si vous vous souciez seulement d'amener très vite votre âme à s'unir
pleinement à l'esprit divin, l'esprit vous montrera encore bien mieux comment améliorer
grandement votre navigation !
9. Au reste, vos navires sont tout à fait bons et maniables pour notre temps. Nos
lointains descendants sauront construire avec un art merveilleux des navires qui les
emmèneront sur toutes les mers à la vitesse des oiseaux ; mais, loin de contribuer au bonheur
matériel et surtout moral des hommes, cela l'amoindrira considérablement. Aussi, tenez-vous
à ce que vous avez ; car un trop grand progrès dans les choses terrestres constitue toujours une
aggravation réelle et durable pour l'esprit, qui est la seule chose que les hommes devraient
cultiver de toutes leurs forces vitales.
10. A quoi servirait-il à l'homme de pouvoir conquérir tous les trésors du monde, si
son âme devait en souffrir grandement ?! Ne savez-vous donc pas encore combien est brève la
vie de toute chair sur cette terre, et quel est son sort final ? Peu importe dans l'au-delà que tu
sois mort roi ou mendiant ! Celui qui avait beaucoup ici-bas devra se passer d'autant dans l'au-
delà, tandis que celui qui n'avait pas grand-chose, ou même rien, n'aura à se passer de rien ou
de peu de chose, et il accédera d'autant plus facilement aux richesses intérieures vivantes de
l'esprit, les seules véritables.
11. Les premiers pères de cette terre étaient des hommes fort heureux, parce
qu'ils satisfaisaient à leurs besoins terrestres essentiels aussi simplement que possible.
Mais quand, par la suite, les hommes, surtout ceux qui vivaient dans les basses vallées,
se sont mis à bâtir des villes, l'orgueil est entré en eux. Ils se sont amollis, sont devenus
paresseux et sont bientôt tombés dans toutes sortes de vices, et par là dans toutes sortes
de maux. Quel bien cela leur a-t-il fait ? Ils ont cessé de voir Dieu en eux-mêmes et ont
perdu toute force spirituelle de vie, si bien que beaucoup ont cessé de croire en une vie
après la mort physique.
12. N'est-ce pas un échange terrible que de perdre pour ainsi dire toute vie
spirituelle pour gagner un plus grand agrément de la vie matérielle ?
13. S'il y a un sage parmi vous, qu'il s'attache de nouveau à échanger une vie
matérielle inutilement bonne et confortable contre la vraie vie spirituelle, et ce sera
infiniment mieux pour lui que les plus grandes inventions pour naviguer très sûrement
et avec une grande rapidité sur toutes les mers. Ne lui faudra-t-il pas mourir un jour ?
Que feront alors pour son âme toutes ses grandes découvertes ?!
14. Aussi, contentez-vous de ce que vous avez et n'y attachez aucune importance, mais
cherchez avant tout comment suivre toujours plus les voies de l'esprit, et vous aurez fait là la
plus grande découverte et la plus utile pour la grande traversée de ce monde terrestre vers
l'autre, celui de l'esprit.
15. Consacrez toutes vos forces et tous vos moyens à atteindre ce qui dure à coup sûr
éternellement : mais ne vous souciez des choses terrestres que dans la mesure où cela est
raisonnablement nécessaire. Il est tout naturel qu'un homme soit obligé de manger, de boire et
de protéger son corps du froid ou d'une trop grande chaleur ; mais celui qui fait davantage
pour son corps que pour son âme et qui finit même par ne plus se soucier que de son corps
sans rien faire pour le salut de son âme, pourtant destinée à vivre éternellement, celui-là est un
fou aveugle et un parfait ignorant.
16. Si un homme pouvait, contre la volonté de Dieu, donner à son corps une vie
éternelle - ce qui est impossible -, il pourrait ne se soucier que du bien de son corps ; mais
puisqu'il n'en est pas ainsi, qu'il se soucie de ce qui peut et doit durer éternellement, parce que
Dieu en a décidé ainsi !
17. Si vous avez bien compris cela, ne Me demandez plus comment améliorer
considérablement vos vains objets terrestres ; car Je ne suis venu en ce monde qu'afin de vous
montrer et de préparer pour vous les voies de la vie éternelle, afin que vous les suiviez plus
sûrement et plus facilement !" »

Commerce

EDUCATION SCIENTIFIQUE SES DANGERS

GEJ5 C39
Des dangers d'une trop grande éducation scientifique

1. (Raphaël :) « Du reste, un peuple doué d'une grande imagination ne parvient jamais


à un haut degré de science, ne serait-ce que parce que cette imagination et les fantasmes qui
en naissent s'y opposent sans cesse. Il plaît davantage à ces hommes de contempler en
imagination toutes sortes de sottes images que de réfléchir avec une précision logique sur tel
ou tel phénomène ; du reste, les dures pénitences que tu as observées sont loin d'être aussi
fréquentes que tu le crois et qu'on te l'a dit. Car le riche s'en libère souvent par de l'argent, et
le pauvre n'y est voué que lorsqu'il s'est véritablement rendu coupable d'un assez grave
manquement aux lois en vigueur. C'est ainsi qu'il existe encore à ce jour en Inde une forme
d'ordre patriarcal contre lequel il n'est pas encore possible d'intervenir par le feu et la foudre.
Il y a sans doute là toute une masse des plus folles superstitions, auxquelles il conviendrait de
remédier ; mais puisque cette superstition est toujours le produit fertile des peuples à
l'imagination très intense, on ne peut d'emblée recourir contre elle aux moyens les plus
définitifs !
2. Car il vaut toujours mieux laisser le peuple dans la superstition que de l'initier à
toutes les sciences : la superstition maintient l'Indien sur son sol, tandis que la science lui
fournirait bientôt des ailes d'aigle pour se répandre sur toute la terre avec des effets funestes.
En vérité, s'il était possible de faire que tous les Indiens, sans prendre aucune peine, possèdent
d'un seul coup la science la plus pure, ils s'étonneraient pendant un moment d'avoir pu laisser
si longtemps régner parmi eux une si grande folie. Mais bientôt, ils s'enflammeraient d'une
telle colère contre leurs prêtres, et en même temps contre tous les grands personnages des
peuples étrangers, qu'ils les passeraient tous au fil de l'épée ! Ils se lanceraient dans une
purification dont la terre entière serait bientôt rouge de sang. Et qu'y aurait-on gagné ? La
partie ignorante de l'humanité aurait été massacrée, et les hommes éveillés à la connaissance
scientifique seraient devenus de vrais tigres assoiffés de sang !
3. Et tu prouves toi-même qu'il en serait ainsi, toi, homme de pure raison, par ta grande
colère contre toutes les divinités et en particulier contre leurs prétendus représentants. Ah, si
tu disposais de ma puissance ! Hélas, avec quelle célérité ferais-tu disparaître la prêtrise de la
surface de la terre ! Mais qu'adviendrait-il ensuite des autres hommes, qui dépendaient corps
et âme de leurs prêtres et se laissaient guider par eux comme des brebis par leur pasteur ?!
Pourrais-tu vraiment, par un décret autoritaire, faire de tous des êtres de pure raison comme
toi ? Tu n'aurais pas la tâche facile, je te le dis ! Car, quand chacun en saurait autant que les
autres, il faudrait encore que chacun possède autant que les autres, afin de pas mourir de faim.
Car s'il allait offrir ses services à son voisin en disant : "Je sais faire ceci et cela", le voisin lui
dirait : "Je sais déjà tout cela et le mets en pratique depuis bien longtemps, je n'ai donc besoin
de personne ! Chacun pour soi ! "
4. Lorsqu'un père dirait à ses enfants "Faites ceci, apprenez cela", les enfants
répondraient : "Qu'avons-nous à faire et à apprendre ? Nous savons déjà tout ce que tu sais
toi-même et le mettons en pratique. Que veux-tu nous demander de plus ?"
5. Et si, étant à l'âge où tout homme devient plus faible et plus fragile, tu avais besoin
d'un serviteur et disais au premier que tu jugerais capable de t'aider : "Écoute, je suis affaibli
et j'ai besoin de ton aide ; je te paierai bien, et, à ma mort, tu seras mon héritier", sais-tu ce
que répondrait celui à qui tu t'adresserais ainsi ? Il te dirait exactement ce que tu répondrais
toi-même à quelqu'un qui voudrait t'attacher au service de sa personne ! Tu lui dirais : "Ami,
je n'ai pas besoin d'être le valet de quiconque, car je suis aussi riche que toi et n'ai pas besoin
de servir pour gagner ma vie à la sueur de mon front ! Que celui qui en a besoin se fatigue
pour son prochain, mais pas moi !" - Et, vois-tu, ce que je te dis là est ce qui s'est passé en
Égypte il y a bien des siècles ! Les hommes y étaient tous devenus savants, et tout un chacun
était riche. »