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UNE AFFIRMATION MONDIALE
Les relations diplomatiques sino-américaines existent depuis 1978, bien que Taiwan
soit défendue par les États-Unis. L’interdépendance économique, elle, se traduit par des
investissements, ainsi que par des délocalisations industrielles vers la Chine. En retour,
le déficit commercial américain ne cesse de s’aggraver : la Chine est le premier
créancier des Américains, détenant 21 % des bons du Trésor américain et presque 8 %
de sa dette. Mais si Pékin leur prête autant, c’est qu’elle y voit son premier débouché
commercial.
En raison de son expansion économique et face aux sollicitations américaines, la Chine
est aujourd’hui contrainte d’agir en grande puissance. Elle s’implique ainsi de plus en

plus dans les opérations de paix de l’ONU, maintenant toutefois des relations avec des
gouvernements (Soudan, Zimbabwe, etc.) dénoncés par la communauté internationale.
Par son approche relativiste, ses velléités de puissance – face notamment à la faiblesse
du Japon –, la République populaire conçoit la mondialisation de façon multipolaire et
légitime ainsi sa place de leader du pôle asiatique. Mais les litiges maritimes en mer de
Chine rappellent que cela n’est pas exempt de tensions.

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L’Union européenne, une puissance
désavouée ?
Première puissance économique et commerciale au monde, l’Union
formée de 28 États européens est aujourd’hui en crise, tant au niveau
économique et financier qu’au niveau politique. Les élections européennes
de mai 2014 ont en effet révélé l’euroscepticisme d’une grande majorité de
citoyens qui, dans plusieurs États, dont la France et le Royaume-Uni, ont
porté leurs voix sur des partis d’extrême droite populistes et nationalistes.
Ce désaveu pourrait mettre en péril l’avenir de ce projet d’intégration
régionale unique au monde.
UN ESPACE DE PAIX ET DE PROSPÉRITÉ
Née de la volonté de favoriser la paix en Europe au lendemain de la Seconde Guerre
mondiale, la construction européenne a contribué à la mise en place d’un espace de
coopération économique approfondie. Dès 1957 est ainsi lancée la Communauté
économique européenne (CEE) qui jette les bases d’un marché commun et d’une
intégration institutionnelle. D’abord réalisée entre six États d’Europe de l’Ouest, la
CEE, qui devient l’Union européenne (UE)en 2002, s’élargit progressivement à 9, 10,
12 puis 15 États, avant d’intégrer 10 nouveaux États en 2004, marquant les retrouvailles
d’une Europe divisée pendant 45 ans de guerre froide. Depuis juillet 2013, l’Union
européenne compte 28 États avec l’entrée de la Croatie. D’autres États sont en
négociation pour y adhérer, notamment la Turquie, dont la candidature fait polémique
chez plusieurs États membres. Parallèlement à cette extension des frontières, l’UE est
devenue une organisation supranationale, compétente dans plusieurs domaines où les
États membres partagent leur souveraineté dans une union économique et monétaire
avec une monnaie commune (l'euro), un espace de libre circulation et des politiques
communes (commerce, agricole, de cohésion, etc.). Afin de garantir sa sécurité et sa
stabilité, l’UE a aussi mis en place avec son voisinage une politique de coopération
active dans de nombreux domaines (énergie, culture, commerce, environnement…) et
d’harmonisation de règles et normes techniques et juridiques.
Aujourd’hui, l’UE a un poids important dans le monde : elle représente 40 % du
commerce mondial des marchandises, 35 % des exportations mondiales et reste la

première puissance économique de la planète devant les États-Unis, la Chine et le
Japon. Mais son poids relatif décline en raison de la croissance plus rapide d’autres
régions du monde, en particulier l’Asie orientale.