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INTRODUCTIO N

Dans le vaste domaine de la mécanique, c'est-à-dire de l'étu- de l'équilibre et du mouvement des corps, la mécanique des fluides s'attache à une classe particulière d'entre eux, facilement défor- mables, les fluides.

Née de l'hydraulique, la mécanique des fluides regroupe un certain nombre de disciplines, chacune plus spécifiquement consa- crée à une catégorie particulière de fluides : hydrodynamique pour les liquides, aérodynamique ou dynamique des gaz pour les gaz, et

plus récemment, électrohydrodynamique et magnétohydrodynamique (en abréviation EHD et MHD) pour les fluides conducteurs liquides ou gaz (plasma) soumis a des forces d'origine électrique ou ma- gnétique,

i

Dans la mesure où ces différents milieux peuvent être consi- dérés comme continus, la mécanique des fluides elle-même s'insère dans l'ensemble plus vaste de la mécanique des milieux continus, discipline traitant aussi bien des solides que des fluides. Bien que ce dernier regroupement soit très bénéfique par l'économie qu'il procure et par l'unité qu'il dégage, nous nous limiterons cependant, dans le présent cours, aux fluides proprement dits et même à une catégorie particulière d'entre eux. : les fluides new- toniens, dont le comportement mécanique est relativement simple et qui regroupe les liquides usuels et la plupart des gaz dans des conditions de température et de pression non excessivement éloignées de la normale. Il convient toutefois de noter que cet- te restriction n'enlève rien au caractère très général des modes

de raisonnement adoptés et aux relations de base, qui sont trans- posables directement à l'ensemble des milieux continus solides ou fluides.

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--1.3 -

CHAPITRE 1

GENERALITES CONCERNANT LES MILIEUX FLUIDES

1 .1 - CONCEPT DE

FLUIDE

On désigne sous, le nom de fluides des milieuxfiaC'ite.me.ntdifioti- ïï\abt<i& comme les liquides et les gaz. La notion de fluide • s'oppose

à celle de solide . Cette distinction qui rejoint celle de la physi-

que élémentaire entre les différents états de la matière, solide, liquide, gaz, est basée sur le comportement mécanique de ces corps.

On peut ainsi définir les fluides comme des milieux matériels pouvant être, à volume constant, déformés de façon quelconque à partir d'efforts dont la valeur peut être aussi réduite que l'on veut par le choix d'une vitesse de déformation suffisamment faible.

Ains i à l'oppos é de ce qui se. pass e pou r les solides , il Kl' <LK<i&£<l

P&-6

mation donnée.

pour les fluides de

4 <iu.<lt do, cont^ia^into. pour

obtenir une défor-

Ce critère de classement pour lequel n'intervient ni la notion de temps d'application des efforts, ni celle de leur niveau, conduit

à considérer comme fluides des matières plastiques (certains poly-

mères) dont la consistance est celle de solides alors qu'à l'in- verse des milieux comme les peintures à l'huile pour lesquels existe

un seuil de contrainte - propriété justement rechetché - se ratta-

che à la classe des solides ïc .

" En rhéologie ce type de milieu est cependant appelé fluide de

Bingham.

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-1.4-

La définition ci-dessus recouvre un grand nombre de fluides aux comportements mécaniques et thermodynamiques très différents. La

classification habituelle est toutefois basée essentiellement sur

les

les relations dites de comportement mécanique , c f est à dire

relations liant contraintes et déformations, caractéristiques de chacun d'eux.

L'étude des différentes lois de comportement et de leurs conséquen- ces quant aux propriétés mécaniques des corps (solides ou fluides) constitue la tik&otogit.

Nous ne nous attacherons essentiellement dans le présent cours qu'à

une classe très particulière de fluides dits YidWtovi<lQ,vi& pour lesquels la loi de comportement mécanique se traduit par une natation &4,n(Lci<iSL<l entre les c.on£sia£nte,A et les taux, do, di^o^imat^ion 9 ces deux notions

étant définies dans les chapitres

2 et

3

.

1.2 - AXIOMES DE BASE SUR LA NATURE DU MILIEU FLUIDE :

Nous

précisons ici le caractère et les limites des diverses hypo-

thèses faites quant à la nature du milieu fluide.

1.2.1 - Hypothèse de continuité :

~ ^nJ^^'t^^u^^^jiu.

_ç-^_cfe_^sj^ ttLonà^on,ïï\at^on-5

Nous considérerons les fluides comme des m/U^euX COnt-inuA, c'est-à- dire des milieux dont les caractéristiques physiques (vitesse, con-

trainte, température

autre.

) varient de façon continue d'un point à un

La conservation de cette continuité au cours du temps implique

également la continuité des transformations du milieu de façon que 2 éléments de fluide en contact à un instant initial le demeurent

à tout instant ultérieur et réciproquement.

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- 1.5 -

Ces hypothèses qui correspondent au point de vue macroscopique habituel de la mécanique sont valables tant que l'échelle des phéno- mènes considérés est très supérieure à celle des mécanismes que l'on rencontre au niveau moléculaire.

Elle est par contre en défaut pour les écoulements à basse densité, a travers les milieux poreux, dans les phénomènes d'onde de choc,

de diffusion moléculaire, etc

longueurs d à considérer (dimensions des obstacles, diamètre des pores, "épaisseur" de l'onde de choc, diamètre des particules diffu-

santes

c'est-à-dire chaque fois que les

)

sont de l'ordre du libre parcours moléculaire moyen & .

2omme critère de validité de l'hypothèse de continuité on introduit

le nombre sans dimension Kn = -7 dit de Knu.d& (LVi ; l'hypothèse est

valable si Kn «

d

1.

Pour

pris ces dernières années une importance considérable notamment dans le domaine spatial, toute une mécanique des fluides - dynamÀ.qu2, d&A gaz HCUi<î{i'i(L& - s'est développée basée sur la théorie cinétique

des gaz.

traiter des problèmes où Kn n'est pas «

1 , problèmes qui ont

- ^Aj^&^Ojtuttiique.

L'hypothèse de continuité du milieu permet de définir en chaque point du fluide un certain nombre de grandeurs caractéristiques

(vitesse, pression, température

)

fonctions continues - au sens

nathématique du terme - des coordonnées du point et du temps.

\insi pour caractériser les effets liés à la masse M d'un domaine fluide D (inertie, pesanteur, associe-t-on à tout point P de ce domaine une grandeur scalaire p (P,t) appelée masse volumique du

fluide en P, telle que la masse

infiniment petit dv entourant P soit,

du fluide incluse dans un volume

 

dm

=

p dv

ce qui entraîne

M

*

j pdv

 

'D

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-1.6-

p qui strictement parlant est une densité volumique de masse et

représente une masse par unité de volume, s'exprime dans le sys- tème MKS en kg/m .

" l^tâ4£U>AC'-&£U'±d£.

En réalité la valeur de p comme d'ailleurs celle de l'un quelconque

des paramètres précités ne peut être définie que pour un domaine de dimensions finies entourant le point considéré, domaine suffisam- ment restreint pour que la grandeur en cause y ait une valeur uni- forme mais suffisamment étendue aussi pour que cette grandeur ait

un sens. Ainsi les notions de vitesse, masse volumique, contrainte,

n'ont de signification que pour un domaine contenant

un nombre suffisant de molécules afin que dans ce domaine la valeur

moyenne de la vitesse de ces molécules, de même que la masse, quan-

température

tité de mouvement ou énergie cinétique qu'elles représentent ne soient pas affectées par l'agitation moléculaire.

Le petit domaine ainsi défini constitue ce que l'on appelle une

pâtit*,eu tafatiLsidz.que seule la continuité supposée du milieu permet

de considérer comme un domaine matériel infiniment petit. On dit

alors aussi un point mat£tiÂe,t.

On peut donner à la particule fluide une certaine réalité physique,

en considérant un domaine fluide dont l'étendue sera choisie compte

tenu de la limite inférieure ci-dessus, à £'ëc/ie££e cf£-6 pfiênomênc.4

ob-6 £A.vc<6 . C'est

lui substituant un traceur dont les dimensions seront équivalentes :

ainsi que son mouvement pourra être visualisé en

par exemple, ballon de quelques mètres de diamètre pour l'étude des vents dans l'atmosphère ou particule d'alumine de quelques microns

pour celle de l'écoulement de liquide dans un petit conduit.

Le concept de point matériel permet de considérer tout milieu

continu simplement commeun ensemble de tels points dont les posi-

tions à chaque instant t définissent ce que l'on appelle la

COn^giL^iat^on du milieu à l'instant t . Enfin la cohérence des hypothèses ci-dessus conduit à admettre, axiome d ' <imp&nê.ttiab£t4.t&,

que 2 points matériels ne peuvent occuper au même instant la même

position,

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- 1.7 -

- -ôutfjace de d^écont^na^ti

L'observation montre sous certaines

conditions la formation dans un

fluide en mouvement de domaines

où les paramètres (pression, vi-

tesse.*.) varient très rapide-

ment.

Par simplification on assimile

alors ces zones de Variation ra-

pide à des -6uA^ace>6 de d^^cont^L-

YiUL4,£o,. Dans ce cas la continuité

telle qu'elle a été définie ci-

dessus doit s'entendre comme une

cont^na^té pal moiceau, c'est-à-

dire assurée seulement à l'inté-

rieur des domaines dont ces

surfaces constituent tout ou

partie de la frontière. Les cro-

quis ci-contre montrent 3 types

classiques de discontinuité ondd.

de choc, 4x,££age, poche de cav,t-

tCLt4.0Yl t

Dans

la

le

cas

de

l'ond e

de

choc

zone

de

variatio n

des

paramètre s

est

seulement

de

l'ordr e

de

2

à

3

lair e

les condition s normales d e

et de température » enviro n 0,2 um.

foi s

le

libr e

soit

parcours

pour

un

molécu-

gaz

dans

pressio n

moyen,

L'étud e

pris e

culair e

d e

cett e

de

en compte

du gaz .

zone

la

nécessit e

la

natur e

molé-

s 111 âge

\v

x.

ondes de choc

x.

Ecoulement

supersonique

 

autour

l'un

corps

fuselé

(M 1,7 )

poche

de cavitation

^js^rtv.^

Cavitation

turbine

de

sur

hydraulique

une aube

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- 1.8 -

î.2.2 - Homogénéité — isotropie

Les fluides purs sous une seule phase sont en général des milieux fiomogèKie-ô &t <i&otnope.& pour la plupart de leurs propriétés physi- ques en ce sens que ces propriétés sont les mêmes en tout point du fluide et indépendantes de la direction choisie.

Les mélanges de 2 ou plusieurs gaz ou encore de liquides parfaite- ment miscibles (par exemple eau et alcool), constituent également

du point de vue macroscopique

des milieux homogènes et: isotropes.

Par contre un brouillard» une émulsion sont des exemples de fluides

non homogène . Quant à 1 f anisotropie elle n'existe pas dans les

fluides si ce n'est, dans des conditions particulières, vis-à-vis

de cert aines propriétés optiques.

* La mécanique des suspensions traite de ces milieux hétérogènes.

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