MAI 2016 / n°216 / 2,80 €

LE TEMPS DU DOUTE !
Depuis quelques mois, pas une rencontre avec des adhérents, des sympathisants, d'autres écolos sans que les
mêmes questions se posent. Quelle(s) stratégie(s) adopter ?
Comment faire pour que l'écologie, qui est devenue un sujet
de Café du Commerce, redevienne une priorité dans l'action
politique ? Faut-il transformer EÉLV ou (re)fonder quelque
chose de neuf ?
Derrière les certitudes de certains - La solution, c'est la
primaire ! Il faut refonder la gauche ! Ouvrons-nous sur la
société civile ! Recentrons-nous sur nos fondamentaux ! pointent cependant des questions : comment faire, avec
quels partenaires travailler, quel calendrier, quelles
échéances ?...
Le doute, parfois caché derrière des certitudes bancales, est présent partout, dans les partis politiques, dans la
société en général, dans les choix professionnels de chacun... Et dans ce temps de perplexité, la tentation du repli
sur soi, de la réponse individuelle est bien présente. Pourtant, de ces temps de crise peuvent naître le meilleur
comme le pire.
Alternatiba, Nuit debout sont peut-être les prémices
d'une société nouvelle. Transformons donc ce temps du
doute en temps de reconstruction.
Terminons par un souhait : que le congrès qui arrive ne
soit pas le temps des certitudes bâties sur le passé, mais le
temps du dialogue, de l'écoute, de l'ouverture d'esprit, pour
élaborer ensemble un vrai projet d'avenir. Un vœu pieux,
diront les pessimistes. À chacun de nous, pourtant, de faire
qu'il se réalise.

Alors, bon congrès ! N'oubliez pas : ça commence
le 28 mai, à Besançon !

33, Avenue Carnot

Corinne Tissier
et Bernard Lachambre
Cosecrétaires EÉLV Franche-Comté

Sommaire
P 1 : Édito
P 2-3 : Le zoo de Mengele
P 4-5 : Lettre ouverte à Marie-Guite Dufay
P 6-7 : Qu’est-ce qu’être français ?
P 7 : Où trouver EELV au plus près de chez soi ?
P 8-9 : Pas de lait de robot pour le Comté
P 10-11 : Maladie de Lyme
P 11 : Brèves
P 12-13 : Comment résoudre le problème de l’énergie avec
du béton
P 13 : Reçus fiscaux
P 14-15 : Différentes façons de stocker l’énergie
P 16-17 : Le compteur Linky
P 18-19 : Science et écologie

P 20-21-22 : Petite chronique wallisienne (7)
P 22 : Comment recevoir La Feuille Verte ?
P 23-24 : Débattre
P 24-25-26-27: Congrès EELV
P 28 : Loi El Khomri
P 29-30 : Un mois, émois et moi
P 31 : Bulletin d’adhésion
P 32 : Opération désherbage

Ecowarriors

LE ZOO DE MENGELE

2

En voilà un drôle de titre, surtout pour un roman
où il n'est pratiquement pas question dudit zoo, que le
médecin (!?) d'Auschwitz comptait, paraît-il, se faire installer en Amazonie ! Écrit par un ex-prof de philo norvégien et devenu le best-seller absolu dans son pays, Le Zoo
de Mengele, paru en 1989, n'a été qu'assez récemment
traduit : vous le lirez donc avec plaisir et profit, même si
vous ne pratiquez pas couramment la langue d'Edvard
Grieg et d'Henrik Ibsen…
C'est une histoire parfaitement jouissive
et euphorisante que déroule, sur quelque
400 pages, ce roman difficilement « classable » :
un peu thriller, un peu conte naïf, pamphlet autant que récit initiatique, roman d'aventure mâtiné d'un onirisme léger, il se déroule souvent
dans des ambiances qui, ne serait-ce que par le
choix des lieux et des personnages, évoquent
Sepulveda ou Garcia Marquez.

Pourquoi « jouissive et euphorisante » ? Tout
simplement parce que ses quatre héros principaux, de
très jeunes gars et filles totalement sympathiques et désinhibés, osent réaliser sans la moindre hésitation, le
moindre scrupule, ce que tout écolo normalement constitué rêve d'accomplir ou de voir accomplir au moins une
fois dans sa vie tout en sachant qu'il ne le fera évidemment jamais : avec une intelligence, une subtilité, une
hardiesse incroyables, Mino et ses trois amis éliminent
purement et simplement, par centaines et dans le monde

entier, les responsables du massacre de l'Amazonie et,
plus largement, de la biodiversité – financiers, dirigeants
de la Banque mondiale, défricheurs de forêts tropicales,
gros propriétaires terriens, pétroliers, patrons de multinationales – et tous ceux qui les soutiennent – militaires,
miliciens, journalistes vendus et/ou complices…

Terroristes ? Oui, bien sûr ; mais - oserait-on
dire ? - pour la bonne cause. L'action politique,
ils n'y croient pas, tant les chicaneries au sein
des groupes gauchistes (des écolos, on ne parle
pratiquement pas), pourtant les plus proches
de leurs préoccupations, leur paraissent futiles
et vaines. Ce qu'ils pratiquent, eux - et avec
quelle maestria ! -, c'est l'action individuelle,
l'assassinat sélectif (enfin, plus ou moins...),
l'élimination radicale des parasites et des nuisibles (lesquels ne sont pas du tout ceux que
traquent nos chasseurs à nous), le tout avec
légèreté, enthousiasme, élégance même, pour
ne pas dire avec... innocence.
Évidemment, aucun d'entre vous, lecteurs, même
avec l'illusion de sauver ainsi le monde, ne se lancera
jamais dans une telle croisade anti-pollueurs, antiexploiteurs ; aucun d'entre vous ne descendra (avec une
sarbacane comme ces ecowarriors ou, plus simplement,
avec une AK 47 – il paraît que ça se trouve très facilement) le moindre capitaliste, le moindre galonné, le
moindre dictateur. Pourtant, « Hypocrite lecteur, - mon
semblable, - mon frère ! » (1), qui parmi vous (parmi

nous) osera prétendre n'avoir jamais rêvé (avec un hoquet
de mauvaise conscience, ça va de soi) qu'un carnage, une
épidémie, un tsunami débarrassait pour de bon la terre de
cette répugnante engeance qui s'acharne à la rendre invivable pourvu que l'exploitation interminable des ressources
contribue à l'assouvissement de son insatiable cupidité ? Et
pas besoin pour cela d'être (contrairement à Mino et ses
amis) un zélateur de Gaïa, un combattant de la « deep ecology ».

Alors, bien sûr, cette histoire « hénaurme », à
l'humour pince-sans-rire, ne saurait être prise au premier
degré – surtout en cette période où le terrorisme (le vrai)
risque de donner un relief particulièrement détestable à
certains passages. Mais elle peut et doit contribuer à la réflexion – sur la surpopulation (2), sur la disparition des
peuples et des cultures, sur l'inefficacité (?) de la lutte politique, etc. Et puis - c'est peut-être un peu mesquin, mais
bon... - ce vibrionnant commando, recherché par les plus
zélées barbouzes mais chaque jour plus adulé par les foules,
nous venge, en affolant et en faisant imploser le système
libéral dominant, de nos frustrations et de nos échecs militants. À défaut de mieux, c'est toujours ça... (3)

Gérard Roy

(1) Charles Baudelaire, Au lecteur, poème liminaire
des Fleurs du Mal.
(2) Mino répète qu'il y a sur terre « deux milliards
d'hommes en trop ».
(3) Gert Nygårdshaug : Le zoo de Mengele, 1989,
édition française 2014 (J'ai lu). Suivi des tomes 2 et 3, Le
Crépuscule de Niobé et Le Bassin d'Aphrodite (que je n'ai
pas lus).

« Mino pouvait être fier de lui. Il avait appris tant
de choses qu'il avait l'impression de comprendre le monde,
de le maîtriser. Et il avait enfin un but : tuer. Tuer d'une
manière cynique et calculée. Il avait compris qu'il n'y aurait
plus jamais de grandes guerres mondiales comme par le
passé. Mais une autre guerre était en marche : le terrorisme systématique contre ceux qui avaient le pouvoir de
détruire, d'empester et d'oppresser, contre ceux qui
n'avaient pas compris l'importance des déplacements des
fourmis, la communication sensible des feuilles, la perception exceptionnelle des animaux et la nécessité des concepts environnementaux. Il avait appris qu'il y avait des
écosystèmes, des chaînes d'événements assemblées et
forgées au cours d'un lent processus ayant duré des millions d'années. Et que ces chaînes avaient été brutalement
rompues par une course aveugle aux profits à court terme.
Il n'y avait pas de grâce à accorder. Il ne pouvait pas y
avoir de grâce. »

« Deux milliards d'hommes en trop.
Aussi n'importe quelle guerre touchant à l'humanité, mais laissant la nature intacte, constituerait-elle une
bénédiction. Aucun cri de détresse poussé par l'Homme ne
pourrait dépasser les injustices que les océans, la jungle et
les montagnes avaient dû endurer. La Terre n'était pas là
pour servir les êtres humains ; c'était à eux
de servir la Terre. »

3

Hausse des indemnités des conseillers régionaux
Comme beaucoup, en particulier parmi les sympathisants de gauche, je suis resté médusé devant la hausse indemnitaire dont nos conseillers régionaux récemment élus se sont gratifiés.
Comme beaucoup, je suis consterné par la polémique que cette décision inopportune a suscitée.
Comme beaucoup, j’ai voulu croire le plus longtemps possible qu’il ne s’agissait que d’une maladresse, certes fâcheuse
mais réparable et que nos élus, face au concert des critiques, reviendraient sur ce vote controversé.
Il n’en a rien été. C’est pourquoi j’ai décidé de proposer la publication par La Feuille Verte d’un argumentaire sous la
forme d’une lettre ouverte, dont j’aurais préféré que, grâce à un meilleur concours de circonstances, elle puisse rester
dans les tiroirs.

LETTRE OUVERTE À
MARIE-GUITE DUFAY

Madame la Présidente du Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté,

4

Parmi celles et ceux qui ont voté pour la liste que vous conduisiez les 6 et 13 décembre derniers, nous sommes nombreux à regretter amèrement les conséquences de notre choix. L’amertume est à la mesure des espoirs que vous aviez fait naître en usant d’une rhétorique qui croisait les enjeux éthiques avec la proclamation
d’une transparence et d’une exemplarité accrues. En fait d’exemplarité, vous n’avez rien eu de plus pressé, pour inaugurer
votre mandat, que de demander et d’obtenir le relèvement de 20 % de l’indemnité allouée à la centaine de membres de l’instance que vous présidez, ce qui représente pour chacun un bonus indemnitaire de 380 € mensuels au minimum.
En confirmant à la sauvette cette décision, vos colistiers et vous-même vous êtes mis en porte-à-faux avec les électrices et les électeurs grâce auxquels vous avez réussi à « battre sur le fil » la droite et l’extrême-droite (1). Le score peu flatteur que vous avez obtenu au second tour (34,68 %) tandis qu’en Bretagne, dans une configuration pourtant similaire, la liste
« PS et apparentés » engrangeait 51,41 % des suffrages, aurait dû vous faire réfléchir aux conditions les plus favorables à
l’émergence d’une forme de consensus régional. Il semble qu’il n’en ait rien été, si l’on en juge par la polémique qui a très vite
surgi et qui menace de s’installer durablement à propos de la hausse indemnitaire que nos conseillers régionaux se sont octroyée à la faveur d’un vote controversé. Pour s’en faire une idée, il n’est que de se reporter aux gros titres de L'Est
Républicain.

Une pétition (2) a circulé avec succès à propos de cette
fameuse hausse indemnitaire. Il est troublant de constater que la
Bourgogne Franche-Comté est la seule région à avoir augmenté sensiblement l'indemnité de ses élus, alors que partout ailleurs, il n’est
question que de statu quo ou de révision à la baisse de ladite indemnité.
N’est-il pas choquant que les élus puissent déterminer euxmêmes et pour eux-mêmes le montant des indemnités qu’ils perçoivent et qu’ils soient décisionnaires pour cela ? Que diriez-vous,
Madame la Présidente, si, dès demain, prenant exemple sur les élus de la République, chacune et chacun d’entre nous décidait pour soi-même une hausse de sa rémunération à hauteur de 20 % ? Illégal, me direz-vous. Mais quel que soit le cadre
légal dans lequel une telle décision a été prise, n’était-il pas opportun - surtout s’agissant des représentants du peuple - d’en
évaluer l’impact et la légitimité ?

Les élus qui siègent dans l’exécutif régional que vous avez l’honneur de présider veulent-ils rejoindre la cohorte de celles
et de ceux qui, au cours de la période récente, ont été à de multiples reprises montrés du doigt, en raison des avantages et
des privilèges de toute nature qu’ils s’octroient ?

Ne sentez-vous pas monter l’exaspération de
nos concitoyens alors que, dans notre pays, plus de
12 millions de personnes sont frappées à des degrés divers par la crise du logement, près de 150 000 personnes
environ essaient de survivre dans la rue ou dans des bidonvilles, près de 500 000 ménages sont en situation
d’impayé de loyers ou de charges, plus de 80 000 ménages
propriétaires ne réussissent pas à rembourser leurs
échéances, et plus de 3,5 millions de chômeurs de catégorie A sont inscrits à Pôle Emploi ?
L’émotion est très vive sur le sujet des disparités et
les citoyens, désabusés, ne supportent plus les décisions
prises à la hâte ou mal ficelées. Ce serait une lourde erreur
que de traiter les citoyens vigilants comme des populistes ou des poujadistes attardés.

Madame la Présidente, en confirmant la hausse des indemnités sans passer par un nouveau vote, vous n’avez fait que
raviver les rancœurs et susciter la méfiance. Ne serait-il pas urgent de démontrer votre capacité à redonner du souffle aux
principes et aux valeurs dont vous vous prévalez ?

Rémy David

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(1) Le Monde du mardi 15 décembre 2015, p 8
(2) Hélène Larmet, sur change.org

Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté
(33, Avenue Carnot 25000 Besançon)
Directeur de publication : Gérard Roy
Comité de lecture : Michel Boutanquoi, Gérard Mamet,
Gérard Roy, Suzy Antoine, Françoise Touzot
CPPAP: 0518 P 11003
Maquette : Corinne Salvi Mise en page : Suzy Antoine
Imprimé sur papier recyclé
Par les soins d’Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté
ISSN 1169-1190

Vaste question...

QU’EST-CE QU’ÊTRE FRANÇAIS ?
Le 25 février, six personnalités étaient les invitées du
Scénacle, à Besançon, pour débattre sur le thème de
l’identité française. Hamid Asseila avait convié Judith
Alvarado-Migeot, professeur d’université à la retraite,
Philippe Haas, un psychiatre bisontin, Norredine Dahes,
communicant, Karim Bouhassoun, écrivain et conseiller
politique, Alain Montaclair, maître de conférences, ainsi
qu’Éric Alauzet, député EÉLV de la 2e circonscription du
Doubs.
Le public était venu en nombre. Après avoir entendu
chaque orateur expliquer sa version de l’identité française, il était convié à débattre de la question.

Judith Alvarado-Migeot vient du Venezuela. Elle a

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uni son nom, Alvarado, à
celui de son mari, Migeot,
ce qui lui donne une double
identité. Elle explique qu’il
s’agit d’un choix, ce qui suppose également un effort,
car c’est l’adoption d’une
langue étrangère, d’un
autre mode de vie, de coutumes différentes, mais
aussi l’adhésion à des valeurs, à la « res publica » (la chose
commune).

Karim Bouhassoun, lui, trouve insupportable
l’idée de la « discrimination positive ». Issu d’une banlieue, il a
très bien réussi sa vie professionnelle. Il se souvient d’avoir fourni
de gros efforts pour s’en sortir. Il
lui arrive d’être convié dans une
école pour servir d’exemple aux
élèves. C’est là qu’il leur fait
comprendre qu’il est important qu’ils se disent français
plutôt que marocains, algériens ou turcs. Il raconte une
anecdote concernant le journaliste Rachid Arhab qui, lors
d’un banquet, s’est vu servir du melon alors que tous les
autres invités avaient en plus une tranche de jambon de
Bayonne. Or, le journaliste est né en Kabylie, est arrivé en
France à l’âge de 3 ans et se dit non croyant… Il mange
donc du porc sans craindre les foudres d’Allah. Mais,
compte-tenu de son physique et de son nom, il porte l’étiquette « arabe-musulman » ! Pour construire son identité
française, il faut s’accrocher !

Norredine Dahes a découvert
qu’il était français lorsqu’il a suivi
des études en Grande-Bretagne. Là,
son comportement était considéré
comme celui d’un « frenchie ». Il dit
que « la France est en [lui], qu’[il] la
porte, qu’elle [le] fait rêver ».

Philippe Haas est franco-allemand. Cela débute déjà par
un conflit linguistique rien
qu’à la prononciation de son
nom : [as] en
France
et
[ha :s] en Allemagne ! Il est
tout à fait conscient de sa part française et de sa part
allemande. Il sait que les mots, les phrases, ne recouvrent
pas exactement le même sens dans d’autres langues. Il lui
paraît évident que l’identité se construit ; on ne naît pas
français (ou allemand ou algérien…), ce qui pourrait s’apparenter à une filiation ; on le devient, c’est l’affiliation.

Éric Alauzet apporte la parole républicaine. Il explique comment on « gagne » sa
nationalité française lors d’une
cérémonie officielle à la préfecture. Les « heureux gagnants »
auront cependant dû subir une
longue procédure, celle de la
naturalisation, qui dure au moins
10 ans. La laïcité, l’égalité
homme/femme et l’appartenance à la communauté nationale charpentent le discours du préfet, qui cite également des sportifs, des scientifiques, des artistes, des écrivains, venant de l’étranger, qui ont beaucoup apporté à
notre pays. Cependant le député note que l’on s’adresse
plus à une certaine partie des migrants qu’à une autre
lorsque le préfet insiste sur certains points. Vous devinez
lesquels, n’est-ce pas ?...

Quant à Alain Montaclair, il estime que la situation de notre pays est très
dangereuse, que cette question d’identité pourrait masquer un problème mondial,
qui est celui des guerres provoquées par le conglomérat
financier. Subitement, il s’enflamme et parle même du
moment où « il faudra tirer
dans le tas » ! Quelques applaudissements ponctuent
ce discours gauchisant. Peut-on savoir ce qu’Alain
Montaclair ferait en cas de situation insurrectionnelle ?
Sait-il seulement se servir d’une arme à feu ?

La parole fut ensuite donnée au public ; mais de
débat, il n’y en eut point ! Les gens se sont racontés, se
sont dits d’accord avec tel ou tel intervenant. Quelques
tentatives pour apporter de la contradiction n’ont pas
abouti du fait de la « pensée dominante » que ce genre
de réunion a tendance à susciter. Une ouverture possible serait de demander aux citoyens d’écrire, de dessiner, ce que représente pour eux l’identité française. Cela
pourrait ensuite recouvrir un mur et permettre à tout
un chacun de s’y plonger, de s’y retrouver, de s’y différencier.
La question reste donc posée : qu’est-ce que
l’identité française aujourd’hui ?
Au fait, hier, qu’était-elle ?...

Suzy Antoine

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Élevage

PAS DE LAIT DE ROBOT POUR LE COMTÉ
Le 7 mars 2016, le village de Vercel (Doubs) a été le théâtre d'un événement historique : 800 éleveurs, hommes et
femmes, se sont rassemblés pour défendre le cahier des charges de l'AOP Comté à l'appel de la FDSEA, de la Confédération
paysanne, de la Coordination rurale et des Jeunes
Agriculteurs. Une telle unité est suffisamment rare
pour qu'on la souligne. Après la fin des quotas
laitiers, les éleveurs francs-comtois ont bien compris
les risques des dérives que pourrait entraîner une
nouvelle intensification de l'élevage, avec les dangers
avérés de surproduction et d'effondrement des
cours que démontre la crise agricole actuelle.

La justice en faveur des robots
Au point de départ de toute cette affaire, il y a le
refus de la coopérative à comté de Pierrefontaine-lesVarans d'accepter le lait d'un GAEC d'Ouvrans, récolté à
l'aide d'un robot. Les éleveurs du GAEC intentent alors
une action en justice et la décision du tribunal dit que
« l'emploi de deux robots répond au cahier des charges ».
La coopérative de Pierrefontaine accepte donc de nouveau le lait mais continue de refuser d'en faire du comté.

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Le cahier des charges du comté ne disait pas jusqu'à maintenant, explicitement, que le robot de traite
était interdit, mais les prescriptions étaient claires : « La
traite doit se faire deux fois par jour, le matin et le soir, à
des heures régulières, de ce fait la traite en libre service
n'est pas possible. » Et aussi : « Les premiers jets doivent
être éliminés » pour détecter un éventuelle infection, ce
qui suppose la présence d'une personne qui installe la
trayeuse sur les pis des vaches.

Un vétérinaire, Paul Polis, apporte, dans Factuel
Info, des arguments très convaincants contre l'usage du
robot. D'abord le robot rompt l'effet « troupeau » : les
vaches ne mangent plus ensemble, ne ruminent plus
ensemble et vont se faire traire par le robot plusieurs fois
tout au long de la journée. Ensuite, elles sont attirées à la
traite par des aliments concentrés, consommés en trop
grandes quantités, qui engendrent des changements
dans la qualité du lait. Enfin, avec le robot, on est obligé
de refroidir le lait au fur et à mesure, ce qui détruit la
flore naturelle propice à une bonne fermentation.
Mais on peut dire également que l'utilisation
des robots, c'est un pas de plus vers l'industrialisation de
l'élevage, c'est la porte ouverte à des « fermes des mille
vaches ». Les troupeaux deviennent trop importants
pour que les vaches puissent brouter l'herbe dans les
prés et leur alimentation devient de plus en plus artificielle.

Un cahier des charges qui encadre la production

Le cahier des charges définit un certain nombre
de conditions pour garantir la qualité du comté. Les
vaches doivent être de race montbéliarde ou simmenthal
française. La charge ne doit pas dépasser une vache à
l'hectare ; il y a des limites dans l'utilisation des engrais
et des aliments complémentaires : farines, granulés, etc.,
pour que l'essentiel de l'alimentation soit de l'herbe.

Le comté doit être fabriqué avec du lait cru, traité
au maximum 24 heures après la traite. La zone de collecte
du lait doit être limitée à un cercle de 25 km et il est interdit d'utiliser des additifs ou des colorants dans les fromages. Toutes ces prescriptions contribuent à limiter la
production et ainsi à garantir la qualité du produit. À Vercel, Gérard Coquard résume le point de vue de la Confédération paysanne: « Si nous sommes réunis ici aujourd'hui, c'est pour affirmer notre attachement collectif à un
cahier des charges, à des modes de production, à un savoir-faire, à une excellence qui font l'identité du comté. »

Dans un éditorial que l'on peut lire sur le site internet du CIGC (1), Claude Vermot-Desroches, son président,
met en garde les éleveurs contre une politique d'intensification et de dérégulation : « Bien sûr, nous sommes dans
une économie de marché où la concurrence doit s’exercer
entre les acteurs. Encore faut-il que celle-ci soit loyale !
Sans quoi cette compétition en trompe-l'œil est le meilleur
moyen pour encourager la médiocrité, le laminage des
produits de qualité, et engendrer un appauvrissement
collectif ! »

Qualité ou quantité ? Il faut choisir...
L'agriculture européenne est à la croisée des chemins. D'un côté, il y a ceux qui poussent à un système
toujours plus industrialisé, comme Xavier Beulin, le président de la FNSEA, qui ne se cache pas d'être, par ailleurs,
un « agrobusiness man » (2). Les paysans sont incités à
produire toujours plus des denrées de qualité médiocre,
destinées à l'exportation.

De l'autre, il y a ceux qui, comme les militants de
la Confédération paysanne, veulent privilégier une agricul-

ture de qualité et qui respecte la biodiversité et l'environnement.
L'avenir de l'agriculture et la vraie modernité, c'est
la recherche d'une agriculture durable, intense en emplois, qui respecte les écosystèmes et qui évite les engrais
chimiques et les pesticides. On peut la décliner en agroécologie ou en agriculture biologique. C'est une agriculture
de proximité, qui limite ainsi les transports des lieux de
production vers les lieux de consommation.
L'agriculture productiviste ou conventionnelle, qui
utilise beaucoup de pétrole et de produits chimiques,
« externalise » aussi une partie de ses coûts. En effet,
dans ce type d'agriculture, on ne prend pas en compte,
dans le coût de production, les dégâts environnementaux
et les conséquences sanitaires. Alors que les profits des
multinationales agro-alimentaires sont privés, les processus de « réparation » de la nature (pollution des rivières,
etc.) et de la santé des consommateurs (cancers induits
par les résidus de pesticides, etc.) coûtent cher à la collectivité.
Le CIGC ayant fait appel, la prochaine étape est
prévue en juin. À Vercel, les producteurs de comté ont
montré leur détermination à défendre un système de production capable de garantir à la fois une certaine qualité
des fromages et un revenu décent. En fait, ce sont les
valeurs de solidarité et de défense de l'intérêt commun,
présentes dès la création du système coopératif des fruitières, que les paysans francs-comtois sont bien décidés à
préserver. Et cela ne peut être que bénéfique à l'environnement.

Gérard Mamet

(1) Comité Interprofessionnel de Gestion du Comté.
(2) Xavier Beulin n'est pas seulement président du
principal syndicat agricole, il est aussi le PDG du groupe
agro-industriel Avril (anciennement Sofiprotéol), dont le
chiffre d'affaire est de 6,5 milliards d'euros par an. Les
activités du groupe vont du commerce des huiles végétales aux agrocarburants en passant pas les aliments du
bétail et l'agrochimie.

9

Maladie de Lyme

UN GRAVE PROBLÈME DE SANTÉ PUBLIQUE
EN FRANCHE-COMTÉ
La maladie de Lyme est une grave affection due à
une bactérie appelée Borrelia, transmise par une tique.
L'Est de la France est une région particulièrement touchée.
La MSA (1) du secteur d'Ornans a organisé une réunion
d'information le jeudi 31 mars avec comme objectif la prévention. Une centaine de personnes étaient présentes,
dont environ un quart de malades qui ont témoigné de
leurs grandes difficultés face à la maladie.

Français ont été contaminés, soit 2 millions de personnes. M. Tillier a même dit qu'il ne serait pas étonné
qu'on atteigne 6 à 7 % de la population en FrancheComté, qui est une région particulièrement touchée.

Quelques leçons tirées de l'exposé et du
débat
Le diagnostic de la maladie n'est pas toujours
facile et les médecins manquent parfois d'informations
pour la détecter dès le début de l'infection. Pour peu
que la tique n'ait pas été vue (3),

Une réunion salutaire

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La MSA avait fait appel à Claude Tillier, épidémiologiste, responsable de l'Institut de Veille Sanitaire de Bourgogne Franche-Comté, mais aussi à une représentante
d'une association de malades. Ce fut l'originalité de la réunion, parce que les associations de malades ont une vraie
compétence pour faire de l'information et de la prévention.
La maladie de Lyme est un grave problème de santé publique qu'il faut vraiment prendre au sérieux. Le traitement à l'aide d'un antibiotique est efficace au stade précoce. Mais quand la maladie n'est pas détectée assez tôt, il
peut y avoir des atteintes cutanées, neurologiques, articulaires et cardiaques graves. Un agriculteur a expliqué qu'il
avait été extrêmement affaibli pendant un an et demi, au
point de ne plus pouvoir faire son travail.
Le taux de prévalence en France serait de 45 pour
100 000 habitants par an, mais sans doute de 100 en
Franche-Comté et 200 dans le Jura. M. Tillier a évoqué
pour la Franche-Comté au moins 1 000 cas par an. Il a annoncé des taux de contamination impressionnants dans
certaines catégories de population : 14 à 22 % chez les forestiers et 15 % chez les chasseurs (2).
Nationalement, 3 % des donneurs de sang sont
positifs aux tests de détection de la maladie de Lyme. Si
l'on considère que l'échantillon des donneurs est représentatif de la population française, cela signifie que 3 % des

que l'érythème migrant (4) soit absent ou pas évident,
ils ne pensent pas forcément à Lyme.

La Conférence de consensus de 2006, actualisée
en 2011, qui sert de référence pour le diagnostic n'est
pas satisfaisante. Sur ce point, M. Tillier, n'étant pas médecin, ne se prononce pas mais il confirme qu'il y a bien
une controverse entre spécialistes. Résultat : de nombreux malades ne sont toujours pas diagnostiqués à
temps.
Les tests ne sont pas fiables par manque de spécificité et parce que leur sensibilité n'est pas connue. Il
est difficile de s'y retrouver dans la quinzaine de tests
Elisa commercialisés, parce que l'on ne sait pas exactement les microbes qu'ils détectent. Les tiques peuvent
aussi transmettre d'autres microbes que les Borrelia et
tout aussi dangereux. Le test Wertern Blot plus fiable est
parfois proposé en complément ou à la place du test

Elisa. Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a annoncé
dès 2014 des études pour une remise à plat des protocoles
et des tests, mais il semble qu'il y ait des résistances au
niveau de certains laboratoires et que ça traîne. Dans l'article de Pour la Science de février 2016, Muriel VayssierTaussat, de l'INRA, dit pourtant que les outils pour réaliser
des tests efficaces existent ; mais il faudrait que des laboratoires les développent et les mettent sur le marché.
L'information du public est très insuffisante sur les
tiques et leurs habitudes, sur leurs façons de piquer les
animaux et les humains et sur la gravité des maladies transmises. 20 % des contaminations ne se font pas en forêt,
mais dans les jardins. Quand on rentre de promenade, on
devrait s'examiner beaucoup plus systématiquement et
examiner les enfants. Il faudrait tous être équipés d'un tiretique et savoir l'utiliser
correctement.
Autre consigne : éviter que les animaux
(chiens, chats) ne
viennent sur les canapés ou sur les lits et
faire attention à la
transmission aux enfants des bestioles
dont ils peuvent être
porteurs.
Mais certains responsables commencent à prendre
le danger très au sérieux. La ville de Besançon a lancé une
opération de prévention, le 7 avril dernier, sous la conduite
de deux élus écologistes, Cyril Devesa, adjoint à la santé et
à l'hygiène, et Anne Vignot, adjointe en charge de l'énergie, des espaces verts, du développement durable et du
cadre de vie.

Des opérations d'information et de prévention sont organisées en direction des Bisontins, par des affiches ou
par des actions de sensibilisation, dans les écoles, aux
conduites à tenir en cas de piqûre de tiques (5).
Il semble donc qu'il y ait maintenant une vraie
prise de conscience de la gravité de l'épidémie. Mais il
serait nécessaire que le ministère de la Santé accélère
les procédures de remise à plat des protocoles et des
tests, procédures qui traînent en longueur, alors qu'il y a
urgence.

Gérard Mamet

(1) Mutualité Sociale Agricole.
(2) Pourcentages de personnes positives à la
présence d'anticorps des diverses bactéries du genre
Borrelia, personnes ayant donc été en contact avec la
bactérie.
(3) Une larve de tique qui est aussi contaminante mesure moins d'un millimètre.
(4) C'est une tache rouge caractéristique, de
forme ronde ou ovale, qui apparaît de quelques jours à
plusieurs mois après une morsure de tique, mais pas
forcément à l'endroit de la morsure.
(5) La Terre de chez nous, hebdomadaire agricole franc-comtois (numéro du 15 avril), relate de manière assez complète cette opération de prévention de la
ville de Besançon.

Brèves
On fait beaucoup de recherches sur l'intelligence artificielle : est-ce un renoncement à combattre la connerie naturelle ?
La police municipale de Besançon demande à être armée ; vu les intrusions récentes de sangliers, cela suppose de gros
calibres.
Pour tous ceux qui pensent que nous devons imiter les Espagnols pour nous en sortir, je suggère
« Rhinocéros » pour contrer les éléphants de qui vous savez.
Une suggestion de nom pour quelques transfuges récents : Mouvement des Écologistes Réformistes Démocrates Européens. Prononcer l'acronyme avec des pincettes.

Guy Marie

11

VOSS

COMMENT RÉSOUDRE LE PROBLÈME DE
L’ÉNERGIE AVEC DU BÉTON
Il s’avère qu’aujourd’hui, l’énergie la moins chère
est l'énergie solaire. En effet, le prix des panneaux photovoltaïques a chuté de façon spectaculaire : dans un
endroit très ensoleillé, le kWh coûte 0,02 € (1). De plus,
cette énergie est extrêmement abondante et illimitée.
Si on couvrait un quart de la surface de la France en
panneaux photovoltaïques, cela permettrait d’alimenter la planète entière en électricité. Si on y ajoute l’éolien et les usines marémotrices, on a largement de quoi
couvrir nos besoins, de manière propre et non polluante, ce qui fera beaucoup de bien au climat (et à
nous aussi, par conséquent).

12

Mais le problème de ces énergies, c’est l’intermittence : le soleil ne brille pas la nuit, le vent n’a pas
toujours la même force, alors que la consommation
reste quasiment constante. Il est donc nécessaire de
stocker le surplus d’énergie de la journée pour pouvoir
lisser la production d’une centrale solaire sur
24 heures.
Jusqu’à présent, la seule solution consistait à
utiliser des batteries au lithium (métal cher et rare),
polluantes en raison des produits chimiques qui permettent les échanges d’ions à l’intérieur, et non durables (le maximum de durée de vie d’une bonne batterie est de 20 ans). Le prix du stockage est élevé : plus de
0,10 € par kWh, ce qui est trop cher.
Un ingénieur, André Gennesseaux (2), a trouvé
une solution, en utilisant la technique des volants
d’inertie (3). Ceux-ci sont généralement fabriqués en
acier ou en fonte, ce qui reste encore très cher. L’idée
géniale a été d’utiliser du béton, qui est un matériau
très bon marché, divisant par 10 le coût du stockage.
Voici donc Voss, pour Volant de stockage solaire, invention récompensée par un prix EDF Pulse en 2015.

Quel est l’intérêt d’un volant d’inertie ?
Pour l’énergie solaire, c’est de stocker l’électricité
produite de jour pour qu’elle soit disponible la nuit. Le
jour, une partie de l’électricité entraîne un moteur qui
met une masse en rotation. La nuit, cette masse tournante entraîne un alternateur qui produit du courant.
Par rapport à des batteries ou à la production d’hydrogène, le volant apporte un coût bien plus faible, à
l’achat et à l’entretien, et un bon rendement à l’échelle

des heures. L’entretien ne coûte à peu près rien et la durée de vie est presque infinie.

L’idée est simple, mais personne ne l’avait
eue : pourquoi ?
Parce qu'en fait, ce n’est pas si simple… Le béton a
une résistance excellente en compression : on peut poser
un immeuble sur des fondations. Mais il est très mauvais
en traction ; dans un volant d’inertie, la force centrifuge
le désagrégerait. Il a fallu trouver une formule spéciale.
La société Énergiestro a travaillé avec des spécialistes de
ce matériau, notamment grâce au Cerib (Centre d’études
et de recherches de l’industrie du béton). Des fibres, à
l’intérieur, le maintiennent en compression et la vitesse
de rotation a été ajustée pour qu’il ne travaille jamais en
traction. Il a fallu aussi optimiser le rendement en travaillant à plusieurs niveaux : les frottements autour de la
masse tournante, la conception du moteur-alternateur,
etc. Le résultat est un rendement total entre 80 et 90 %,
une autonomie d’une nuit et un coût d’exploitation très
faible. Après les tests réalisés, des volants ayant effectué
100.000 cycles sont comme neufs, alors qu’une batterie
tient 3.000 cycles…

Quels sont les avantages des volants sur les
batteries ?
- Durée de vie illimitée : celle des batteries ne dépasse pas quelques milliers de cycles.
- Insensibilité à la température : les batteries n’aiment pas les températures extrêmes.
- Aucun matériau toxique ou stratégique : plomb,
cadmium, lithium dans les batteries.

Voilà à quoi pourrait ressembler une centrale
solaire équipée du Voss :

Cela a l’air tout simplement génial. De quoi provoquer des sueurs froides aux pétroliers, gaziers et partisans du nucléaire. Espérons que leurs puissants lobbies
ne parviendront pas, une fois de plus, à tuer dans l’œuf
cette invention, qui pourrait nous sauver du désastre
économique, humain et climatique qu’un proche avenir
nous réserve.

Suzy Antoine

(1) Le charbon revient à 0,04 €, le nucléaire à
0,05 € et le gaz à 0,06 €.

(3) Pour les férus de mécanique, voici le schéma
du Voss : le volant Énergiestro est constitué d’un cylindre
(1) capable de résister à une grande vitesse de rotation
pour stocker l’énergie sous forme cinétique. Un moteur/
alternateur (2) permet de transférer de l’énergie électrique au volant (accélération) puis de la récupérer
(freinage). Les paliers inférieur (3) et supérieur (4) sont
des roulements à billes. Une butée magnétique passive
(5) supporte le poids du volant. Une enceinte étanche (6)
maintient le volant dans le vide pour supprimer le frottement de l’air. Un convertisseur électronique (non représenté) transforme la tension continue aux bornes du volant en une tension alternative haute fréquence pour le
moteur-alternateur.

(2) Né en 1962, André
Gennesseaux est ingénieur
des Arts et Métiers ainsi que
de l’École Polytechnique. En
1988, il commence une carrière de chercheur puis devient responsable de la recherche chez Total. Avec sa
femme Anne, il fonde en 2001
Energiestro, une entreprise
innovante française qui développe la technologie du volant
de stockage d’énergie, avec pour principal objectif de diminuer le coût du stockage, encore bien trop élevé avec la
technologie de la batterie. Pour ce projet de volant de
stockage solaire, il est lauréat du « Concours Mondial
d’Innovation 2030 » en 2014 et remporte en 2015 le concours EDF-Pulse.

13

Reçus fiscaux
Peut-être que le problème sera résolu lorsque vous lirez votre Feuille Verte. Mais ce n’est pas sûr. C’est pourquoi je
double, par le biais de notre canard régional, .l’envoi fait par la messagerie.
Pour la première fois, suite aux préconisations d’EELV national, nous avons dématérialisé l’opération concernant les reçus
fiscaux. Entendez par là que tout se passe par voie électronique, ce qui suppose un changement de notre façon de travailler. Nous y sommes parvenus, en y consacrant un peu de temps.
Mais nous ne pensions pas que ceux-là même qui voulaient que tout soit dématérialisé seraient pris à leur propre piège !
En effet, la CNCCFP (Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques) ne parvient pas à
nous envoyer les fichiers dans le timing prévu, ce qui nous permettrait d’imprimer vos reçus et de vous les envoyer !
Normalement, vous n’avez pas à renvoyer votre attestation aux Impôts. Il suffit de compléter votre déclaration. Si vous ne
vous souvenez plus du montant, téléphonez-moi au 03 81 81 06 66 ou envoyez-moi un mail (s.antoine.eelvfc@gmail.com).
Je dispose d’un bon fichier Excel qui me permettra de vous renseigner rapidement.
Nous sommes désolés de vous imposer ce contretemps.

Suzy Antoine

DIFFÉRENTES FAÇONS DE STOCKER L'ÉNERGIE
Pour les énergies dites intermittentes, comme l'éolien ou le solaire, se pose le problème du décalage entre les périodes de production et les périodes de consommation. Ce décalage trouve différentes solutions. D'abord, il y a une certaine
complémentarité entre le solaire, qui ne fonctionne que le jour, et l'éolien, qui produit aussi de l'énergie la nuit. Ensuite,
pour l'éolien par exemple, l'interconnexion des réseaux permet le transfert d'énergie des zones ventées vers les zones sans
vent. Mais la question du stockage de l'énergie se pose inévitablement si l'on veut faire face à ce décalage entre production
et besoin. L'exemple classique du stockage de l'énergie électrique est la batterie, mais il en existe aussi beaucoup d'autres, et
le volant d'inertie est loin d'être le seul.

Tour d'horizon des formes de
stockage d'énergie :
1. Les batteries : Les plus anciennes

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sont les batteries au plomb, lourdes par rapport à la quantité d'énergie stockée. Les batteries au lithium sont beaucoup plus légères
mais coûteuses. De nouvelles batteries, trop
lourdes pour être transportées, comme les
batteries soufre-sodium, permettent le
stockage dans une installation fixe (par
exemple, une batterie de 1 mégawatt sur l'île
de la Réunion).

2. Les STEP : Station de Transfert
d'Énergie par Pompage. Quand l'énergie solaire ou éolienne est en excès par rapport
aux besoins, on l'utilise pour pomper l'eau
depuis l'aval vers des réservoirs en amont. En
cas de besoin, on « turbine » l'eau pour fabriquer de l'électricité grâce à une centrale hydroélectrique.

3. La méthanation : Avec les énergies intermittentes en excès à certaines moments de la journée, il est facile de fabriquer
de l'hydrogène par électrolyse de l'eau. Mais
l'hydrogène est difficile à stocker. Par la méthanation, on combine l'hydrogène avec du
CO2 pour fabriquer du méthane. Ce dernier
étant le composant du gaz naturel, on peut
facilement l'injecter dans le réseau de gaz ou
le stocker. Le méthane peut aussi être utilisé
comme carburant.

4. Stockage thermique : Il existe
déjà des centrales solaires au sud de
l'Espagne et au Maroc qui accumulent de
la chaleur sous forme de sel fondu, porté à
une température de 800°C. Avec cette
chaleur stockée pendant la journée, on
peut générer de la vapeur d'eau sous pression et faire fonctionner un générateur
d'électricité pendant une dizaine d'heures,
ce qui permet de couvrir largement les
besoins nocturnes.

5. Volants d'inertie : Voir l'article
p 12 et 13

6. Air comprimé : L'énergie est
utilisée pour comprimer de l'air. Cet air
sous pression permet de faire fonctionner
un moteur à air comprimé. Il existe même
des véhicules à air comprimé, qui présentent l'inconvénient d'avoir une faible autonomie.

Toute une gamme de systèmes de stockage permet, dès aujourd'hui, de répondre à des besoins variés. Ils se distinguent par l'encombrement, la masse, la durée du stockage et le coût du kilowattheure stocké. On arrive progressivement à
des systèmes fiables, pratiques, complémentaires et au coût de revient modéré. Ce qui permet aux Allemands, par exemple,
de se fixer un objectif énergétique 100 % renouvelable d'ici 2 ou 3 décennies.

Gérard Mamet

15

Un progrès, vraiment ?

LE COMPTEUR LINKY
Récemment, des alertes par mail concernant la pose d’un compteur Linky ont inondé
ma messagerie. J’en avais vaguement entendu parler, comme beaucoup, mais je ne m’étais
pas encore vraiment penchée sur le sujet. Cette fois-ci, ça a l’air de devenir sérieux. Alors
autant rassembler les connaissances du moment pour se faire une petite idée sur la question, avant que l’on se retrouve avec cet appareil chez soi.

1) Le compteur Linky, qu’est ce que c’est ?
Sur le site d’ERDF, voici ce qu’on peut lire : Linky est
la nouvelle génération de compteurs d’ERDF. C’est un
compteur communicant, ce qui signifie qu’il peut recevoir
des ordres et envoyer des données sans l’intervention
physique d’un technicien. Il a été conçu pour faciliter la
vie des clients d’ERDF. La pose des compteurs communicants Linky a commencé le 1er décembre 2015. L’objectif
est de remplacer 90 % des anciens compteurs dans 35
millions de foyers en France d’ici à 2021. Lors du remplacement, ni le compteur, ni sa pose, ne seront facturés au
client, le nouveau compteur prenant la place de l'ancien.

16

Des avantages pour le client
- Ce compteur relève automatiquement la consommation à distance. Du coup, la facturation se fera sur la consommation réelle et non sur une estimation.
- Il adapte la puissance du compteur en moins de 24
heures sans le passage d’un technicien.
- Il permettra de suivre sa consommation sur Internet
(avec néanmoins quelques heures de décalage) et de
mieux la maîtriser.
- Pour les petits producteurs d’électricité, Linky facilite
l’installation des moyens de production d’énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien) en permettant l’utilisation d’un compteur unique qui enregistre à la fois les index de production et de consommation. Chez les particuliers producteurs d’électricité, un compteur Linky remplacera donc les deux compteurs actuellement installés.

Des économies d'énergie
En remplaçant 35 millions de compteurs électriques
par des Linky, le but annoncé par EDF, qui est à la manœuvre à travers ERDF, est de pouvoir éteindre à distance
les appareils électriques pour lisser les « pointes » quotidiennes de consommation et de ne plus devoir importer
d’électricité au moment où elle est la plus chère ni utiliser
ses centrales électriques thermiques (fioul, gaz, charbon).
À première vue, cet appareil semble être un progrès,
même si certains arguments ne me paraissent pas si pertinents que cela. En effet, je peux déjà envoyer par Internet
(le relevé Confiance) mes indices de consommation et
payer suivant ma consommation réelle. Quant à suivre ma
consommation d’électricité avec quelques heures de décalage, cela me paraît difficile car je ne saurai peut-être plus
quels appareils étaient en marche de telle heure à telle
heure. Et pour réduire les pointes de consommation, mieux
vaut remplacer les radiateurs électriques par d’autres
modes de chauffage et réduire la puissance de son compteur, ce qui incite à utiliser les appareils alternativement et
non simultanément. Pour le reste, ça semble séduisant....
Cependant les mails d'alerte clignotent sur mon
écran : allons donc chercher ailleurs des informations contradictoires.

2) Les problèmes
- UFC Que choisir a rédigé un mémento sur le sujet.
Selon l’association Robin des Toits, le compteur engendrerait des ondes électromagnétiques dangereuses. De son
côté, l’association Next-up ajoute un tableau terrifiant sur
les risques d’incendie, de pannes des appareils électriques,
de dysfonctionnements de la domotique.
C’est le courant porteur en ligne (CPL) qui est mis en
cause. La technologie CPL utilise les fils électriques classiques qui fournissent le courant. Dans le cas du compteur
Linky, elle y transmet les données par radiofréquences de
75 kilohertz. Or ces câbles électriques classiques ont été
conçus pour le 50 hertz du courant électrique, pas pour les
champs
électromagnétiques
des
radiofréquences.

Les radiofréquences se retrouvent donc dans l’air environnant, mesurables jusqu’à 2,50 mètres de tous les
câbles encastrés dans les murs, les fils électriques apparents et les appareils eux-mêmes, y compris les lampes
de chevet. à moins de refaire son installation électrique
avec des câbles blindés, il est légitime de s’inquiéter,
d’autant que le Centre international de recherche sur le
cancer (CIRC) a classé les ondes des radiofréquences
dans la catégorie « cancérogène possible », ce qui n’a
rien d’anodin.

- Les inquiétudes portent aussi sur le risque de
perturbations qui dérèglerait des systèmes ou des appareils, la technologie CPL ayant été souvent mise en
cause sur ce point. « Il peut y avoir des interférences
avec des appareils qui fonctionnent sur la même fréquence, confirme Jean-Charles Lebunetel, maître de
conférences à l’Université de Tours et spécialiste de la
compatibilité électromagnétique. Mais en l’occurrence,
c’est plutôt la transmission CPL de Linky qui risque d’être
affectée. »
- Quant au risque d’incendie, il est rare mais réel,
avec 8 cas recensés pour 300 000 compteurs installés
pendant l’expérimentation.

3) La CNIL s’en mêle.
Là, je me dis que cela devient vraiment grave.
Mais en quoi cet organisme est-il concerné ? C'est tout
simplement que, grâce à ce compteur dit intelligent, on
va savoir beaucoup de choses sur ma vie : l’heure à laquelle je me lève, je me couche, je pars ; si j’ai du
monde à la maison, etc. Toutes ces données vont être
collectées et probablement revendues à d’autres organismes, qui viendront ensuite me harceler pour me
vendre tel ou tel objet ou service en fonction de mes
habitudes de vie, qu’ils connaîtront à l’avance.

Les victimes des pannes et incendies provoquées par le
Linky (particuliers et entreprises) auront des difficultés à
obtenir d’ERDF l’indemnisation de leurs dommages.
Dans ses nouvelles conditions générales de vente 2015,
EDF/ERDF prouve qu’il est conscient du problème en
s’exonérant de toute responsabilité en cas de panne et
d’incendie. Les victimes n’auront que 20 jours à compter
du sinistre pour apporter la preuve du contraire et chiffrer le montant des dommages. Et comme les assurances ont exclu des garanties « tous les dommages causés par les champs électromagnétiques », ce sont les
particuliers et les professionnels eux-mêmes qui devront
payer les réparations et les pertes de marchandises… Ils
seront alors amenés à se retourner contre le maire, à
charge pour lui de se retourner, à son tour, contre ERDF.
C’est pourquoi une véritable fronde des maires,
soutenue par l’Association des Maires de France, commence à se mettre en place. Larnod est la première
commune de Franche-Comté à voter une résolution
contre le remplacement des compteurs de la commune
par les nouveaux compteurs Linky d'ERDF. Les communes qui s’abstiendront de prendre des délibérations
refusant le déploiement du Linky sur leur territoire imposeront de fait à leurs administrés le déploiement du
Linky, ce qui revient à rendre obligatoire un produit dangereux en contrevenant, de plus, aux plus récentes recommandations de l’Anses (1), qui a recommandé en
2013 de réduire les expositions. Il est donc fortement
conseillé d’alerter son maire que sa responsabilité est
engagée.

5) Y a-t-il un autre possible ?
La réponse est oui.
- Il existe une technologie par fibre ne présentant
aucun des inconvénients cités.
- En attendant, vous pouvez refuser cette installation
et garder votre compteur, qui, lui, est conçu pour durer
longtemps et ne présente aucun des inconvénients dont
je viens de parler. Il suffit d’envoyer un courrier en recommandé avec accusé de réception à ERDF pour les
informer de votre opposition.
Quoi qu’il en soit, il sera plus aisé d’agir à plusieurs pour prévenir votre maire, vos voisins, vos amis.
Tout le monde est concerné. Alors autant savoir à quoi
s’en tenir pour pouvoir se mobiliser.

Suzy Antoine

4) Les mairies sont concernées.
Ça, je n’en comprends pas la raison… Il faut savoir,
m'explique-t-on, que c’est la commune, et non EDF/
ERDF, qui est propriétaire des réseaux électriques.

(1) Agence nationale de Sécurité sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail.

17

Science et écologie

VACCINATIONS, RECHERCHES ANTITERRORISTES ET ENERGIE DE FUSION
La science pour éclairer les choix de l'écologie politique.
La réflexion politique pour développer la critique de la science.

1. Les politiques et acteurs de la santé doivent se mobiliser pour redonner sa place à la vaccination

18

23 500 cas de rougeole ont été répertoriés en
France au cours du premier semestre 2015, causant
10 décès et 34 complications neurologiques. C'est la
défiance croissante vis-à-vis de la vaccination qui en est
responsable. Le mouvement de réticence par rapport à
la vaccination a des causes variées. D'abord, les vaccins
sont victimes de leur succès : comme ils sont efficaces,
beaucoup de maladies ont quasiment disparu et le souvenir de leur gravité avec. Ensuite, il y a une défiance
croissante vis-à-vis des autorités de santé et des laboratoires. L'obligation de la vaccination n'est pas forcément
la meilleure solution : dans des pays d'Europe du nord,
comme la Suède ou la Finlande, il n'y a pas d'obligation
vaccinale et pourtant la couverture est excellente. (Pour
la Science n° 461, mars 2016, pp. 16-18)

rente possible, tant sur les bénéfices, souvent oubliés, que
sur les risques, aucun médicament n'étant sans risque.
Enfin, la mise au point de nouveaux vaccins devrait permettre de faire reculer certaines maladies émergentes
comme la dengue, Ebola, zika ou le chikungunya.

2. Un immense besoin de comprendre
Face au terrorisme, quel est le rôle des scientifiques ? Quelques jours après les attentats de Paris de novembre 2015, Alain Fuchs, président du CNRS, lançait un
appel à la mobilisation des chercheurs contre le terrorisme. Déjà, après les attentats contre Charlie, un premier
inventaire des travaux sur les processus liés au terrorisme
avait été réalisé. Des chimistes travaillent sur des techniques de neutralisation des armes chimiques. D'autres
développent des outils d'analyse des odeurs corporelles
capables de reconnaître une « empreinte corporelle »
propre à chaque individu. Dans le domaine des sciences
sociales, les efforts de recherche se concentrent sur deux
pistes : l'idée selon laquelle la radicalisation constituerait
une voie de sortie quand on est discriminé, socialement
marginalisé ; et une autre partant du principe que la jeunesse a besoin d'idéal et que nos sociétés n'en fournissent
plus, ou si peu. (La Recherche n° 509, mars 2016,
pp. 86-88).

Commentaire : S'il y a bien, pour certains vaccins, des risques d'effets indésirables, ceux-ci restent
nettement inférieurs aux bénéfices. Il faut donc réévaluer en permanence le rapport bénéfices/risques et, en
cas de risques trop élevés, réviser les recommandations.
On doit aussi tenir compte des risques liés aux adjuvants, par exemple à l'aluminium ; certaines associations réclament, à juste titre, la possibilité de disposer
de vaccins sans aluminium. Mais il faut rappeler aussi
que de nombreuses maladies ont disparu grâce à la vaccination. La communication doit être la plus transpa-

Commentaire : L'appel lancé par le président du
CNRS n'a pas fait l'unanimité des chercheurs. D'abord, il
faut se garder de trop de précipitation. De même qu'on ne
légifère pas correctement sous le coup de l'émotion, les
recherches de qualité ne se fabriquent pas dans l'urgence,
surtout dans le domaine des sciences sociales qui demandent du recul. Ensuite, il ne faut pas oublier la question des
valeurs. Par exemple, au XIXe siècle, les ethnologues, les
médecins et les naturalistes ont largement contribué à

développer l'idée de la hiérarchie entre les races, participant ainsi à la justification du système colonial et impérial
de l'époque. Dans un autre domaine, Einstein, confronté à
la barbarie nazie, avait alerté Roosevelt sur les risques du
potentiel nucléaire d'Hitler, mais il avait refusé de travailler à Los Alamos (1). Il faut enfin veiller à la diversité des
analyses, le problème étant que les politiques n'ont pas
envie d'écouter celles qui vont à l'encontre de leurs certitudes.

3. La fusion peut-elle remplacer les énergies
fossiles ?
Depuis 60 ans, on parle de la fusion nucléaire
comme source d'énergie sans gaz à effet de serre et illimitée à l'échelle de l'humanité. Le principe est le même que
celui d'une bombe à hydrogène, mais dont la réaction
serait maîtrisée : la fusion de deux noyaux d'isotopes (2)
de l'hydrogène, deutérium et tritium, pour donner un
atome d'hélium en libérant une énorme quantité d'énergie. Un gramme de combustible représente autant d'énergie que 10 tonnes de pétrole. Le deutérium existe dans la
nature, par exemple dans l'eau, à raison d'un atome pour
3 200 atomes d'hydrogène « normal », ce qui représente
une quantité quasi illimitée. Le tritium ne se trouve quasiment pas dans la nature, il est donc fabriqué par l'industrie nucléaire. La grosse difficulté, c'est que la réaction de
fusion
se
produit
à
une
température
de
100 millions de degrés et qu'il est très difficile de concevoir des systèmes qui résistent à une telle température.
(La Recherche n° 508, février 2016, pp. 46-49).

Commentaire : On peut se demander si la fusion
nucléaire n'est pas une chimère. Annoncé à 4,6 milliards
d'euros en 2001, le projet ITER (3) est estimé aujourd'hui à 15 milliards. Actuellement, on maîtrise les techniques de chauffage et de confinement magnétique,
mais on n'arrive pas une réaction auto-entretenue qui
produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme. Et malgré un effort scientifique sans relâche, l'objectif de maîtrise de la fusion semble toujours hors de portée. On se
demande si on arrivera un jour à faire mentir l'adage :
« La fusion est à trente ans de nous et le sera toujours. »
Et même si on y arrivait, les coûts sont tellement importants que les investissements devraient être amortis sur
plus d'un siècle. En fait, il semble bien plus raisonnable
et plus sûr d'investir dans le triptyque de la transition :
sobriété énergétique / efficacité énergétique / énergies
renouvelables.

Gérard Mamet

(1) Le laboratoire de Los Alamos a été fondé en
1943 au Nouveau-Mexique, aux États-Unis, pour mettre
au point la première bombe atomique. Il a été dirigé au
début par Robert Hoppenheimer et a accueilli de prestigieux physiciens, comme Niels Bohr et Enrico Fermi.
(2) Les isotopes sont les variétés d'un même élément. Ils ont le même nombre de protons mais se distinguent par un nombre de neutrons différents. Ainsi le
noyau d'hydrogène « normal » n'a qu'un proton, le
noyau du deutérium a un proton et un neutron, le noyau
du tritium a un proton et deux neutrons.
(3) International Thermonuclear Experimental
Reactor, en français « Réacteur thermonucléaire expérimental international ». C'est un réacteur de recherche
civil à fusion nucléaire.

19

De la Franche-Comté à Wallis-et-Futuna

PETITE CHRONIQUE WALLISIENNE (7)
Depuis quelques jours, une situation inédite anime le petit Landernau wallisien : alors que le royaume d’Uvéa (Wallis)
ne disposait plus de monarque depuis septembre 2014, voilà que nous avons deux rois (lavelua) et deux premiers ministres
(kalae kivalu) depuis dimanche 17 avril…
À l’origine de ce conflit, les traces toujours présentes de la crise coutumière profonde qui s’était ouverte en 2005, (1) entre
royalistes et rénovateurs, entre partisans d’un respect strict de la coutume et réformateurs souhaitant que les instances coutumières évoluent. À cela s’ajoutent des questions de pouvoirs entre les trois districts de ce petit territoire, la chefferie du
nord contestant le choix quasi systématique du souverain au sein des familles royales du centre…
Impossible de dire aujourd’hui comment va se résoudre cette nouvelle crise coutumière. Le Préfet se trouve dans une situation cocasse : devoir arbitrer entre les deux camps, car il doit transmettre le nom du nouveau roi d’Uvéa pour inscription au
Journal Officiel... et cela sans s’immiscer dans les questions coutumières ! Espérons que la situation ne va pas dégénérer dans
la violence comme en 2005 (blocage de l’aéroport, dégradations, bagarres…). Quoiqu’il en soit, si les Wallisiens sont profondément divisés, ils sont nombreux à se dire agacés et fatigués par ce nouveau conflit qui montre, à l’évidence, que des évolutions
sont nécessaires.
Qui a dit qu’il ne se passait rien à Wallis-et-Futuna ?...

Une électricité cinq fois plus chère qu’en métropole

20

Ce mois-ci, je me suis intéressée à la question de la
production de l’électricité à Wallis-et-Futuna.
En effet, lors de la visite présidentielle le 22 février
dernier, François Hollande a annoncé ou confirmé plusieurs décisions. L’une d’elles concerne le prix de l’électricité, cinq fois plus élevé dans l’archipel qu’en métropole. La
Loi de Transition énergétique pour la Croissance verte,
promulguée en août dernier, permettra en effet d’aligner
le prix de l’électricité à Wallis-et-Futuna sur celui de la métropole d’ici cinq ans par un système de péréquation. C’est
la Contribution au Service Public de l’Électricité (CSPE),
une taxe payée par tous les consommateurs d’électricité,
qui viendra compenser le déficit d’exploitation du producteur, Eau et Electricité de Wallis-et-Futuna (EEWF).
Bonne nouvelle évidemment pour les habitants et
les entreprises…
Rien cependant, dans les propos du chef de l’État,
sur l’origine de ce surcoût, ni sur d’autres modes de production d’énergie, alors que la quasi-totalité de l’électricité
produite vient d’une centrale thermique au fioul. Une installation composée de cinq groupes électrogènes diesels
pour une puissance totale de 5 650 kVA. Tous les deux
mois, un pétrolier en provenance de Singapour livre sa
cargaison de kérosène, d’essence et de gazole, dont 65 %
sert à faire tourner la centrale d’EEWF. Avec un bilan environnemental « craignos » :

- Dérivé du pétrole, le fioul est une ressource
fossile non renouvelable.
-Les émissions de CO2 sont considérables, mais
aussi celles de dioxyde de souffre et d’oxyde d’azote.
- Le pétrolier parcourt plus de 10 000 km dans le
Pacifique par livraison, avec risque de marées noires
ou de dégazages sauvages.
Et pourtant, l’archipel dispose d’un ensoleillement intense, quasi constant, il est bordé de 106 km
de côtes, avec des vents et des marées quotidiennes.
Au lendemain de la COP21 et de la loi sur la transition
énergétique, qui prévoit de multiplier par deux la part
du renouvelable dans la production d’électricité, est-il
possible que cette question ne soit pas, ici, à l’ordre du
jour ?

Le solaire, c’est possible…

Jean-Paul Vinet s’est installé à Wallis en 1991 et
a fondé une famille avec Malia. Il y a sept ans, ils ont
fait équiper leur falé (2) de 21 panneaux solaires pour
une surface totale de 25 m².

des sources d’énergie : une installation hydroélectrique
fonctionne sur un cours d’eau, un projet d’éolienne est à
l’étude.

Taxes et dividendes avant tout
Selon Jean-Paul, s’il n’y a aucune volonté politique
pour développer des alternatives au fioul, c’est que les
taxes sur les importations de fioul sont une vraie manne
pour le Territoire. Peu d’intérêt, pour les élus de l’Assemblée territoriale, de valoriser les ressources de l’île !

« Je trouvais dommage de ne pas utiliser cette
énergie gratuite et abondante que nous avons ici. Et
puis, j’étais alors prof d’électrotechnique et le solaire,
c’était dans mes cordes, je savais faire. Je voulais aussi
réduire mes factures d’électricité. J’ai choisi de simplifier
au maximum et j’ai opté pour une installation sans batteries, parce que les batteries ne sont pas recyclées à
Wallis. »
Jean-Paul a dû surmonter davantage d’obstacles
que s’il résidait en métropole :
- investissement de départ sans aides publiques
mais auquel s’ajoutent des taxes douanières ;
- pas de rachat du surplus de l’électricité produite ; son ancien compteur EEWF « tournait à l’envers », mais celui-ci a été changé pour un compteur
électronique qui ne permet plus cet avantage. Les décrets permettant le rachat des kW produits par les particuliers ne sont jamais parus ;
- lors du cyclone de 2013, Jean-Paul a dû démonter puis remonter ses panneaux.
Pourtant, Jean-Paul et Malia ne regrettent pas
leur choix. Au bout de sept ans, leur installation est
amortie et leur facture d’électricité est divisée par
deux. Jean-Paul déplore que le Territoire ne promeuve
pas davantage le solaire.
« Si chaque habitation avait une installation photovoltaïque, on diminuerait considérablement les importations de fioul. Il y a quelques réalisations, mais
trop limitées : l’équipement de fale fono (3), le fonctionnement de pompes à eau. L’éolien ne présente pas le
même intérêt ici, les vents n’étant pas assez puissants et
pas constants. Un projet au Mont Loulou a été abandonné. »
Les ressources naturelles de l’île-sœur de Futuna
sont, en revanche, plus adaptées à une diversification

Pour Fété Baudry, élu futunien à l’Assemblée territoriale, les intérêts individuels des actionnaires d’EEWF
sont aussi un obstacle majeur à l’implantation d’autres
activités. Responsables d’EEWF, Assemblée territoriale,
personne n’a intérêt à voir des concurrents à la centrale
au fioul… EEWF est détenue à 67 % par E.E.C. (Eau et
Électricité de Calédonie), filiale de GDF Suez, et à 33 %
par le territoire de Wallis-et-Futuna.
En décembre 2015, une société calédonienne, SAS
Helios Wallis, a proposé à l’Assemblée territoriale l’implantation d’une centrale photovoltaïque sur le toit d’une
grande surface, Batirama. La production annuelle attendue était de l’ordre de 558 000 kWh, sur la base d’un prix
de rachat de 39 francs pacifique (0,33 euros) par kWh.
Un projet intéressant a priori mais qui a été rejeté.

21

Des rivalités entre chefferie et EEW compliquent
encore la donne, un conflit important ayant opposé les
deux protagonistes en 2010. Différends et désaccords
prennent vite ici beaucoup d’ampleur et laissent des
traces durables…

En tout cas, pour Fété, l’annonce présidentielle
n’est pas forcément une bonne nouvelle car elle risque
d’encourager la consommation d’électricité et de décourager en revanche un peu plus les particuliers et entreprises motivés par le solaire.

Quid de la transition énergétique, célébrée avec
ferveur il y a cinq mois à peine au Bourget lors de la COP
21 ? La situation wallisienne illustre tristement le hiatus
entre volonté affichée au sommet de l’État et réalités de
terrain, d’autant plus qu’ici les préoccupations pour l’environnement ne sont pas – encore - des priorités, ni pour les
citoyens ni pour les élus.

Françoise Touzot

(1) La crise débute quand le petit-fils du roi
Kulimoetoke II est condamné pour homicide involontaire après avoir tué un motocycliste en conduisant en
état d’ivresse. Il se réfugie au palais royal et le roi résiste d’abord aux demandes d’arrestation de son petitfils. Ce choix divise les familles nobles, partagées entre
le devoir traditionnel de solidarité familiale (envers le
petit-fils et le roi) et celui de la loyauté envers la France
et la justice républicaine.
(2) Falé : maison traditionnelle wallisienne, joliment relookée en ce qui concerne celle de Jean-Paul et
Malia
(3) Fale fono : case commune où se réunissent les
villageois.

22

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Nuit debout, primaire...

DÉBATTRE

Dans des registres différents, sur des fondements distincts et sur des logiques dissemblables, le
mouvement Nuit debout et celui pour la primaire de la
gauche et des écologistes témoignent d'une même envie de débattre, d'ouvrir les fenêtres, d'aérer une démocratie qui s'est enlisée dans les institutions de la Ve
République, avec ses élites reproductibles, son monarque cacochyme qui s'accroche au fauteuil, ses partis
tournés vers eux-mêmes.

gauche ; les pervertir en réinventant la désignation d'un
candidat à la présidentielle sur la base des idées (et du
débat pour l'élaboration d'un socle commun), et non de
l'homme ou de la femme providentiel (4).

Pour les participants de Nuit debout, il
s'agit de contourner un modèle à bout de souffle, pardelà les institutions et ses organisations, de se réapproprier les questions centrales de ce qui fait société, de
tenter d'inventer une démocratie de l'instant, du quotidien. D'une certaine manière, on peut entendre ce désir d'un possible comme une remise en cause d'une
forme d'aliénation. Pour Cornélius Castoriadis,
« l'aliénation se présente comme aliénation de la société à ses institutions, comme autonomisation des institutions à l'égard de la société » (1). Ce qui revient en partie à dire le sentiment que les institutions fonctionnent
pour elles-mêmes, loin des réalités individuelles et sociales. Norbert Elias (2) souligne de son côté combien
l'intégration de plus en plus poussée des sociétés dans
des ensembles plus vastes conduit au sentiment de
perte de contrôle de sa vie (3).
En un sens, Nuit debout est un mouvement porteur d'une critique radicale par ses formes, par les débats qu'il ouvre ; un mouvement qui s'exprime dans un
temps présent sans souci immédiat d'un débouché.
Cela fait sa force, mais aussi sa faiblesse.

Les tenants de la primaire portent une critique moins radicale en ce sens qu'ils cherchent à
bousculer les institutions et les organisations pour les
dépasser dans un double mouvement : les contourner
en montrant l'inanité de certains clivages au sein de la

23
Là où Nuit debout s'inscrit dans l'invention d'un
« demain » aux contours inévitablement incertains, en
remettant à plus tard la question incontournable des
institutions (5), la primaire cherche à produire un effet
immédiat sur ces dernières sans les modifier, en remettant à plus tard la constitution d'un corpus politique à
même d'engager le changement.

Les deux mouvements ont donc en commun
le désir de remettre le débat au cœur du politique en
l'arrachant aux représentants légitimes (et autolégitimés), l'un dans le temps long d'une construction fragile
aux débouchés indécis, l'autre dans l'urgence d'éviter
l'élimination durable d'une certaine idée de la gauche.
C'est peut-être ce qui sépare la jeunesse, qui peut
s'inscrire dans le temps long, et ceux qui ne se voient pas
renvoyer le renouveau à une promesse lointaine probablement hors de leur temps.
Il ne s'agit en aucun cas de les opposer, mais peutêtre d'imaginer les manières dont ils peuvent tenir
compte l'un de l'autre.

(1) L’institution imaginaire de la société, Points

Pendant ce temps-là, EÉLV prépare son congrès,
un congrès de survie, et si les différentes motions ne manquent pas de souligner les faiblesses du parti, la nécessité
de le refonder, elles donnent le sentiment de ne pas entendre ce qui bouillonne au-delà de leurs cercles restreints.
Le risque est de témoigner ainsi d'une certaine arrogance à l'égard de ce qui est aussi une critique de nos
modes de fonctionnement.

Michel Boutanquoi

Seuil.
(2) La société des individus, Pocket.
(3) Le défi à l'égard de la construction européenne renvoie bien à sa question de notre pouvoir sur
ce qui s'y joue. On comprend aussi pourquoi la fusion
des régions, en renforçant des formes centralisées au
détriment de la proximité, est une erreur politique fondamentale.
(4) Selon une ancienne règle grammaticale, j'aurais pu écrire « l'homme ou la femme providentielle ».
(5) Peut-on fonctionner à l'échelle d'un pays en
AG permanente ? Comment concilier une démocratie
représentative renouvelée et une démocratie de terrain, au plus près des réalités quotidiennes ?

Congrès EELV

OU COMMENT FAIRE COMPLIQUÉ QUAND
ON POURRAIT FAIRE SIMPLE ?
2016 sera l’année de notre Congrès extraordinaire. Voici ce que l’on peut lire sur le site national d’EÉLV.

24

Réuni tous les trois ans, le Congrès fédéral est l’instance qui fixe l’orientation politique du parti et élit les personnes qui seront chargées de la mettre en œuvre jusqu’au congrès suivant.
C’est le moment où les adhérent-es s’emparent de différentes thématiques pour élaborer les orientations politiques - les « motions d’orientation générale » - et débattre et prendre position sur les sujets d’actualité et de politique
générale - les « motions ponctuelles ou thématiques ».

1) Fixer une orientation politique
Les orientations politiques proposées au vote des
militant-e-s sont décrites dans des documents normés : les
motions d’orientation générale ; celles-ci abordent toutes
les dimensions du projet politique souhaité : le rapport aux
pouvoirs en place, la stratégie politique, le périmètre des
alliances, la relation à la société, aux citoyens, aux associations et aux élus, les voies de l’amélioration du fonctionnement interne. Elles sont adossées à des listes de candidat-e
-s au Bureau exécutif, qui seront en charge de son application durant les trois années suivantes. Un-e même adhérent-e ne peut signer qu’une seule motion d’orientation.
A- L'écologie en commun B- L'Imprévu - Tout autre chose C- E-U-R-O-P-A D- Réinventer - Horizon 2025 - L'écologie en commun -

E- TIC-TAC / Très Important Congrès pour Tout
Autre Chose Sont également proposées aux votes des motions ponctuelles, ou motions thématiques. Elles
abordent un sujet plus spécifique (actualité, vie du
parti, combats locaux ou nationaux, etc.) Un-e adhérent-e peut signer plusieurs motions ponctuelles ou
thématiques.
1- Tou-te-s à Flamanville 2- Pour que la condition animale soit au cœur de
l'écologie politique 3- Revitaliser l'écologie politique 4- Pour un « Manifeste des Lignes Vertes » 5- Agir, penser, local, global et international 6- 6ème République 7- Présidentielles : pour une candidature écologiste d'un genre nouveau -

2) Désigner les instances qui appliqueront
les décisions
De nombreuses instances sont renouvelées à
l’occasion du Congrès :
- le Conseil fédéral, « parlement » du parti (CF),
- le Bureau exécutif « gouvernement » du parti (BE),
- le Conseil d’orientation politique (COP),
- les commissaires financiers,
- les observatoires de la parité et de la diversité, etc.
Toutes ces instances sont élues à la proportionnelle de liste. (Jusqu'ici, c’est encore compréhensible...)

3) Le planning :
(attention, maintenant,
accrochez-vous !)
Le Congrès fédéral se
déroule en plusieurs phases.
- Du 1er janvier au
14 avril : Le temps des contributions.
Entre 3 et 6 mois avant le Congrès, des militant-e
-s se regroupent pour rédiger des textes qui expriment
leurs souhaits pour le futur du mouvement. Ce sont des
contributions. Certaines sont très thématiques (un sujet
d’actualité, le rapport au gouvernement, un combat
local ou national, une façon de militer, etc.), d’autres
ont une visée plus généraliste.
Les rédacteurs s’efforcent généralement d’aborder le devenir du parti dans toutes ses dimensions.
Dans tous les cas, ces contributions doivent être signées par au moins 5 adhérent-e-s du parti. Le « jeu »
consiste, quand on a produit un texte, à indiquer une
liste de « premiers signataires », puis à faire circuler
largement le texte au sein du mouvement pour que
celles et ceux qui le souhaitent puissent ajouter leur
signature et participer, jusqu’au « temps des motions »
et au-delà, à la vie de la contribution, au choix des personnes qui pourront la porter dans les instances et à la
recherche de convergences avec d’autres groupes de
personnes qui ont, eux-mêmes, contribué au débat en
publiant un texte. Les contributions n’apparaîtront pas
sur la Tribune envoyée aux adhérent-e-s mais sur le site
web du Congrès.
- Du 15 avril au 28 mai : Le temps des motions
Le dépôt des motions d’orientation générale et
des motions ponctuelles (ou thématiques) se termine le
14 avril 2016 à 18 h 00. Elles sont représentées auprès
du Bureau du Congrès par un-e mandataire de motion
qui veille au suivi administratif et à l’organisation des
débats en régions. Toutes les motions doivent répondre
à un certain nombre de critères.

4) La première phase : Le Congrès décentralisé, le 28 mai 2016
(attention, ça va secouer !)

Où ça se passe ?
Les textes sont disponibles pour tou-te-s les adhérent
-e-s sur le site du Congrès ; ils et elles reçoivent également un courrier qui précise les lieux des Congrès décentralisés dans chaque région ainsi que le lieu du Congrès
fédéral. En Franche-Comté, ce sera à Besançon, au

centre Pierre Mendès France.
- Qui y est convoqué ?
Tou-te-s les adhérent-es à jour de cotisation 2016 et
validé-e-s par le Conseil politique régional (pour les nouvelles adhésions de plus de 3 mois). Les adhérent-e-s
2015 (non démissionnaires) sont également convoqué-es et peuvent participer aux votes dès lors qu’ils et elles
régularisent leur situation au préalable, ou le jour même
du Congrès décentralisé.
- Comment ça se passe ?
L’ordre du jour du Congrès décentralisé est le même
dans toutes les régions. Toutes les séquences se déroulent simultanément dans toutes les régions.
Le déroulé précis figurera dans la convocation au Congrès, qui sera envoyée début mai.
Sous réserve de modification avant l’envoi de la convocation, il est prévu, le 28 mai :
- un congrès portant sur la réforme des statuts dans
la matinée,
- le congrès décentralisé l’après-midi.

- Qu’est ce qu’on décide ?
Les nouveaux statuts seront proposés au vote le
matin du Congrès décentralisé. Dès les résultats connus
au niveau national, ils entreront en vigueur.
Les motions d’orientation générale sont soumises au
vote des adhérent-e-s au Congrès décentralisé.
Les adhérent-e-s se prononcent également en Congrès
décentralisé sur les motions ponctuelles (ou thématiques).
(Ça commence à chauffer sous le bonnet …)

25

Sont également désigné-e-s en région lors du Congrès décentralisé :
- Les quatre cinquièmes des conseiller-es fédérauxles (donc 120). Le vote s’effectue par un scrutin ad hoc à la
proportionnelle de liste. Rien n’oblige que les listes de candidat-e-s épousent parfaitement les motions d’orientation
générale. Il est possible d’avoir des candidatures « hors
motion », comme il est possible que deux ou plusieurs
motions proposent des listes communes de candidat-e-s.
- Les délégué-e-s des régions (600 au total) au Congrès fédéral élu-e-s à la proportionnelle de listes. De la
même manière que pour les conseiller-es fédéraux-les,
rien n’oblige que les listes de candidat-e-s épousent parfaitement les motions d’orientation générale. Il est possible
d’avoir des candidatures « hors motion » comme il est possible que deux ou plusieurs motions proposent des listes
communes de candidat-e-s.

La deuxième phase : Le Congrès fédéral, le 11
juin 2016
(là, on plonge carrément en piqué !)

26

Le Congrès fédéral se tiendra
en Ile-de-France le samedi 11 juin
2016. Il sera suivi du premier Conseil fédéral le dimanche 12 juin
2016.
Il rassemble les 600 délégué-e-s des régions élu-e-s en
Congrès décentralisé.
- Le vote des motions
Les motions d’orientation peuvent
être déposées à nouveau le jour du Congrès (les mêmes qu’au congrès décentralisé !? Aïe, aïe, aïe ! La militante de base
s’y perd !). Elles peuvent également fusionner entre elles : on parlera alors de
motion de synthèse. Les motions d’orientation présentent des candidat-e-s au
Bureau exécutif et au Conseil fédéral
(part nationale : 30 membres).
- Les premières désignations
Lorsque le Bureau exécutif est au complet, les délégué-e-s votent pour la ou le Secrétaire National-e ; il ou
elle ne peut être désigné-e que parmi les candidat-e-s au
Bureau exécutif.
C’est aussi le Congrès fédéral qui élit le binôme de
commissaires financiers du mouvement pour 3 ans.
- La séance inaugurale du Conseil fédéral
Le premier Conseil fédéral se tient le lendemain du
Congrès fédéral, le 12 juin 2016.
À cette occasion, les conseillers fédéraux désignent les
membres des instances suivantes :

- le Bureau du Conseil fédéral (son président et
4 membres),
la
Commission
permanente
électorale
(21 membres),
- les deux représentant-e-s d’EÉLV au Parti Vert Européen,
- le Conseil d’Orientation politique,
- les délégué-e-s thématiques du mouvement,
- les membres des Observatoires de la Diversité et
de la Parité,
- les membres de la Commission financière du Conseil fédéral.
Toutes ces instances doivent respecter la parité.
Certaines instances peuvent être désignées lors du
Conseil fédéral suivant pour des contraintes de temps.
N.B. : Certaines de ces règles pourront être modifiées
suivant les résultats de la consultation sur la réforme
statutaire et réglementaire.

Termes et notions à connaitre
- Le nombre vert : Il s’agit du nombre d’adhérent
-e-s à jour de cotisations pour l’année en cours et de
sa répartition par région. Il est calculé environ 10 semaines avant le Congrès. Il permet de déterminer le
nombre de signataires nécessaires pour déposer un
texte qui sera débattu et/ou soumis au vote du Congrès, soit 1% des adhérent-e-s..
- Le nombre de représentant-e-s de chaque
région au Conseil fédéral : Les 120 représentant-e-s
des régions au Conseil fédéral sont réparti-e-s entre
les régions à la proportionnelle au plus fort reste avec
un minimum de 2 représentant-e-s par région. La représentation de chaque région au Conseil fédéral est
composée d’autant d’hommes que de femmes. Pour
les régions qui ont un nombre impair de représentante-s, c’est par un tirage au sort que le Bureau du Congrès détermine les régions qui auront un homme ou
une femme pour équilibrer la parité nationale. Ils et
elles seront élu-e-s à l’occasion du Congrès décentralisé dans les régions le 28 mai.
- Le nombre de délégué-e-s de chaque région
au Congrès fédéral. Les 600 représentant-e-s des régions au Congrès fédéral sont réparti-e-s entre les régions à la proportionnelle au plus fort reste avec un
minimum de 2 représentant-e-s par région. Ils et elles
seront désigné-e-s à l’occasion du Congrès décentralisé dans les régions le 28 mai pour représenter leur
région au Congrès fédéral du 11 juin.

Bravo à celles et ceux qui ont tout compris du
premier coup ! Quant à celles et ceux qui en sont à relire
et à essayer de se souvenir de ce qui a été écrit plus
haut, qu’ils-elles ne s’inquiètent pas. Lors du Congrès,
les phases sont réexpliquées les unes après les autres,
en sachant que vous ne comprendrez peut-être pas tout
la première fois. Parole de militante, je vous jure que
c’est long et fastidieux. Rassurez-vous, vous n’êtes pas
idiot-e pour autant. Je fais partie de celles et ceux qui
ont encore des blancs dans la compréhension de la
bonne marche du parti. Ce sont d’ailleurs toujours les
mêmes qui rédigent les motions, s’étant approprié le
fonctionnement du mouvement.

Mais après tout, pourquoi ne rédigerais-je pas une
motion (ou une contribution ?) ponctuelle (ou thématique ?) proposant la simplification du fonctionnement
d’EÉLV ?

Suzy Antoine

27

Loi El Khomri

LA SUPPRESSION DU « PRINCIPE DE FAVEUR »
OU L'INVERSION DES NORMES
La loi « Travail » n'est pas encore définitivement
adoptée et on ne connaît pas sa version définitive. Nous
allons juste analyser un point essentiel d'une loi qui
compte une cinquantaine d'articles : celui qui tient aux
principes mêmes de la législation sociale. Le droit du travail part d'un constat simple : un contrat de travail n'établit
pas un rapport d'égalité entre un travailleur et un employeur, mais une relation asymétrique de subordination,
ce qui est encore plus vrai en période de chômage. Les lois
de protection des salariés sont nécessaires pour rééquilibrer le rapport de force par rapport aux patrons, qui disposent de moyens de pression et d'intimidation.

En droit français, la loi a toujours constitué un

28

socle commun protecteur de l'ensemble des salariés. On
peut le compléter et l'améliorer par la négociation collective au niveau de la branche ou de l'entreprise, mais en
appliquant le « principe de faveur » qui est au cœur du
droit du travail. Cela signifie qu'un accord d'entreprise doit
être plus favorable que ce qui est prévu dans la convention
collective de branche, qui, elle-même, ne peut être moins
favorable que le code du travail.
Depuis une trentaine d'années, les gouvernements
successifs ont de plus en plus autorisé des accords collectifs « dérogatoires », c'est-à-dire moins favorables que la
loi pour les salariés. Mais la loi « Travail » annonce un renversement complet de perspective. Désormais, ce sont les
accords de branches et surtout d'entreprises qui sont prioritaires par rapport à la loi. Or dans les entreprises, dans la
situation actuelle de chômage de masse, le rapport de
force est le plus souvent défavorable aux salariés, comme
me l'ont confirmé les militants CFDT d'Alstom Ornans au
cours d'une manifestation à Besançon. La simple perspective du vote de la loi affaiblit un peu plus le poids des salariés et les dirigeants d'Alstom en profitent déjà pour dédaigner davantage le point de vue des syndicalistes.

La première version de la loi El Khomri
comprenait d'autres mesures défavorables aux salariés : réduction du pouvoir des juges en cas de licenciement, plafonnement des indemnités prudhommales même quand le licenciement est injustifié, extension de la sphère du licenciement économique, etc.
La mobilisation des salariés et des étudiants a entraîné
un certain recul du gouvernement sur ces points, mais
l'inversion des normes subsiste, ce qui va permettre
aux patrons, par exemple, de faire baisser le coût des
heures supplémentaires dans des accords d'entreprises. Par ailleurs, les quelques mesures favorables
aux salariés, comme la sécurisation des parcours professionnels, sont là pour servir d'alibi et auraient très
bien pu faire l'objet d'une autre loi.

Le résultat global, c'est plus de précarité et un
rapport de force encore plus propice à la finance, sans
création significative d'emplois. En effet, la réduction
du nombre de demandeurs d'emplois qui vient d'être
annoncée pour mars 2016 est essentiellement due à
une conjoncture favorable depuis quelques mois : euro faible, pétrole pas cher et crédit bon marché… et à
un nombre important de radiations de Pôle emploi lié
à des contrôles accrus. Les analyses soulignent aussi le
transfert de la catégorie A vers les catégories B et C
pour expliquer la baisse du chômage de mars : comme
le note Libé, quelques chômeurs ont décroché un petit
boulot...

Gérard Mamet

UN MOIS, ÉMOIS ET MOI
Âge. Il n'y avait guère jusqu'à présent qu'une
seule raison d'aimer les jeunes : ils se positionnaient
plus à gauche que l'ensemble du corps électoral français. Aujourd'hui qu'ils se disent majoritairement de
droite, voire d'extrême droite (27 à 28 % d'intentions de
vote pour Le Pen parmi ceux qui voteront pour la première fois en 2017), et qu'il y a même des « Jeunes avec
Macron », je ne vois vraiment pas ce qu'on peut encore
leur trouver.

Bratislava. La Slovaquie a fait son marché parmi
les demandeurs d'asile : elle a choisi 149 réfugiés irakiens, éduqués, bien propres sur eux, exclusivement
chrétiens et ne mordant pas, qu'elle a confiés à l'Église
catholique. Rappelons que la Slovaquie est gouvernée
par la gauche... La quoi ?...

Ruban. L'Élysée remet la Légion d'honneur au
prince héritier saoudien, par ailleurs ministre de l'Intérieur de son charmant royaume. Mais pourquoi le faire
en cachette ? Pour ne pas chagriner ceux - écolos compris ! - qui arborent ce colifichet en croyant y voir un
témoignage de leur vertu ?

piteusement un amendement de son gouvernement
sapant le principe du pollueur payeur. Ah ! Barbara,
quelle connerie le hollandisme !

Galonnés. Donald Trump est le candidat favori
des militaires américains. De même que la musique militaire n'est pas de la musique, l'intelligence des uniformes
n'a rien à voir avec l'intelligence.

Boucle-la. De la centrale nucléaire de Fessenheim, Jean-Vincent Placé « espère qu'on arrivera à la
fermer le plus rapidement possible ». Pareil pour toi, JVP :
on espère que tu vas vite la fermer.

Soutanes.
L'Église
veut l'interdiction totale de
l'avortement en Pologne. Ça
se comprend : faudrait pas
que les curés pédophiles
manquent de gosses.
Fumette. Dans l'entourage d'Emmanuelle Cosse, « on
constate que depuis que [des écologistes] sont au gouvernement, le premier ministre à remis l'écologie dans
[ses] priorités ». Je ne sais pas ce qu'on fume, dans l'entourage de Cosse, mais ça doit être du lourd !

Reliques. Pour près de 380 000 euros, Philippe
de Villiers a fait acheter par son Puy du Dingue une
bague qui aurait appartenu à Jeanne d'Arc. Je signale au
vicomte que, pour le même prix, je tiens à sa disposition
l'allumette qui a servi à mettre le feu au bûcher et un
bout du prépuce de l'évêque Cauchon (1).

Youkaïdi-aïda ! La ministre Laurence Rossignol
décrit ainsi sa collègue El Khomry : « Myriam, on peut
partir en camp scout avec elle, elle a tout ce qu'il faut
dans son sac à dos et elle n'a pas peur la nuit ! » Ah !
ben voilà, on comprend maintenant pourquoi Hollande
l'a choisie comme ministre du Travail !

Lolo. Bon, sa comparaison avec l'esclavage des
« nègres » n'était pas très heureuse ; mais voir
Rossignol (encore elle) attaquée par les communautaristes du Collectif contre l'islamophobie en France, ça
me fait carrément gerber. Et même doublement vu que
ça m'oblige à défendre une socialiste !

Bibelot. À peine nommée secrétaire d'État à la
biodiversité (!), Barbara Pompili, égérie de l'écologie
picarde, se voit contrainte de défendre, puis de retirer

Chic. Certains habitants du 16e qui refusent de
voir s'installer en lisière de leur Bois de Boulogne un refuge pour migrants et SDF arguent de la cherté du quartier, dans lequel ces malheureux ne pourraient rien se
payer. Ils n'ont pas tort : vous avez vu le prix d'un demi à
Auteuil ou à Passy ?

Amen (1). L'archevêque Barbarin à propos des
faits qui secouent le landerneau catholique lyonnais :
« La majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits. » Y a
pas à dire, Dieu, ça sert quand même à quelque chose.

Amen (2). Si j'en crois Le Monde du 2 avril, « la
popularité [du cardinal Barbarin] dépasse même celle du
président du club de foot de l'Olympique lyonnais ». On
dira ce qu'on voudra, mais là Lyon, on est quand même
d'un goût raffiné.

29

Traditions. Sur sa ligne vers l'Iran qui vient de rou-

Cocorico ! Médias et politiques de tout bord

vrir, les hôtesses d'Air France devront porter foulard et
vêtement long dissimulant leurs formes. Et sur la ligne de
la Papouasie, les stewards devront porter l'étui pénien ?

s'en étranglent d'enthousiasme : on va vendre à l'Australie 12 sous-marins d'attaque ! Probablement contre
les requins djihadistes ou les commandos de kangourous-grenouilles. Mais c'est bon pour l'emploi, alors...
On vendrait de la merde si c'était bon pour l'emploi...
D'ailleurs, on en vend, non ?

Philanthrope. Terminons sur une note d'humour : « J'ai fait tout ce qui était humainement possible pour éviter la guerre et réduire la souffrance humaine. » Radovan Karadzic (2)

Gérard Roy

Antenne. Radio France s'ouvre à la publicité commerciale. Si ça pouvait laisser moins de place aux deux
connards de la Matmut !

Tabac. Sous prétexte d'état d'urgence, des tas de
proviseurs autorisent les élèves à fumer dans leurs lycées.
Ceux qui mourront d'un cancer du poumon échapperont
au moins aux djihadistes.

30

Pudeur. Nul ne saurait douter que le féminisme
soit un des « fondamentaux » d'EÉLV : l'enthousiasme avec
lequel on y massacre la langue française pour bien témoigner de son hyperféminisme le démontre éloquemment.
Ce qui ne l'empêche pas de compter en ses rangs une sénatrice qui, pour désigner les divers voiles qu'au nom de la
religion certains veulent faire porter aux femmes, parle
benoîtement de... « vêtement pudique ». Il y a des coups
de pied à la burqa qui se perdent.

Humour

(1) Eh ! rigolez pas, y en a bien qui vénèrent le
« Saint Prépuce » de Jésus de Nazareth !
(2) Condamné à 40 ans de prison pour génocide
et crimes de guerre par le TPIY (Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie). À ce propos, il est bon de
rappeler que les saccageurs islamistes de Palmyre, de
Ninive, de Mossoul, des mausolées de Tombouctou,
des bouddhas de Bâmiyân, et j'en passe, ne sont pas
sans rappeler les soudards serbes qui, fin août 1992,
incendièrent la Vijecnica, la Bibliothèque nationale de
Bosnie, à Sarajevo, afin de réduire en cendres des
siècles d'histoire et de culture. Faut-il préciser que parler des crimes des seconds ne relativise en rien ceux
des premiers ?...

31

Opération désherbage
En juin 2015, Ségolène Royal annonce :
« Le RoudUp sera interdit au 1er janvier
2016 .»
En mars 2016, Ségolène Royal dans « l’Œil
du 20 heures » sur la 2 : « C’est bien dommage qu’on puisse encore acheter du
RoundUp (…) J’avais prévu la date du 1er
janvier 2016. Les parlementaires ont laissé
une marge de manœuvre. J’aurais bien
voulu [une interdiction totale]. Je compte
sur les consommateurs pour que l’interdiction soit effective dans les faits ».

Alors on l’a prise au mot :
samedi 30 avril 2016 à
14 h 30 on s’est retrouvés
devant le Leclerc de
Montbéliard : Odile, Marc,
Jean-Baptiste et Bernard.
On a vidé le rayon Roundup et autres produits
contenant du glyphosate.

- Tout est dans les caddies, prêt à
être retiré des rayons.
- Une occasion d’expliquer aux
acheteurs que ces produits sont
cancérigènes probables d'après
l’OMS (Organisation Mondiale de la
Santé) et devraient être retirés de la
vente.
- Les semaines à venir, l’opération
sera renouvelée dans les autres
enseignes qui vendent encore le
Roundup.

33, Avenue Carnot / 25000 Besançon / 03 81 81 06 66 / http://franchecomte.eelv.fr/

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