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le chemin de la côte

Parce que l’identité régionale se


forge par les livres autant que sur
le terrain, et qu’une partie de la
mémoire collective leur est due,
voici quelques moments d’histoire
littéraire : chronologie subjective
et lacunaire, en vue d’idées de
lecture ou de recherches chez les
bouquinistes.

1799 : La naissance de Balzac,


cette année-là (dont on célèbre
donc le bicentenaire) rappelle
qu’Angoulême reçut plusieurs fois
sa visite, dès 1831 ; il y écrivit Le
Médecin de campagne, et la ville lui
inspira de nombreuses scènes pour
Les Illusions perdues.

1806 : naissance à Jarnac de J.-H.


Thierry Girard

Burgaud des Marets (mort à Paris


en 1873), linguiste et écrivain
prolixe, éditeur de Rabelais, de
fables en patois charentais.

1816 : naissance à Saintes


d’Emmanuel Gonzalès (mort à
Paris en 1882), journaliste et auteur
La promenade au phare
notamment du roman, Les Frères
de la côte, un titre que reprendra
Conrad.
de Fromentin
On connaît La Promenade au route qui de Saint-Martin court aux dans le jardin, à l’abri des massifs,
1822 : naissance à Saint-Jean
d’Angély du poète André Lemoyne
phare, roman de Virginia Woolf. Baleines s’allonge avec des cir- qu’on entend de l’autre côté des
(mort à Paris en 1907), fondateur Celle que fit Eugène Fromentin au cuits à travers la campagne plate et massifs la mer qui gronde. Mur-
en quelque sorte d’une veine phare des Baleines, à la pointe de uniforme. Elle est luisante et blan- ceinture continu, blanchi, crépi, ir-
maritime de la poésie charentaise. l’île de Ré, est peu connue. Le che et miroitante en s’imbibant. Le réprochable. Au-dessous une pente
Rochelais visita l’île pour la pre- long cordon de dunes se resserre, de dune, un cordon de sable (plage)
1823 : Alfred de Vigny vient pour la mière fois en octobre 1862 (son on sent que l’île s’étrangle et va se et le flot. Lourd, irrégulier, fort
première fois au Maine-Giraud, roman Dominique étant paru en terminer en pointe. Les villages, solennel.»
près d’Angoulême. feuilleton quelques mois plus tôt), longue agglomération de maisons (Extrait des Œuvres complètes, éd.
et prit des notes en vue d’un article basses blanchies, reliées par des La Pléïade établie par Guy Sagnes,
1832 : naissance à Saujon d’Emile Gallimard, 1984)
jamais paru. murs en pierre sèche, tout cela pâle
Gaboriau (mort à Paris en 1873),
et triste et sans aucune couleur.
«inventeur» du roman judiciaire
«26 octobre. Des moulins, de rares meules de
sinon policier avec L’Affaire Ces pages ont été réunies et
Lerouge, 1866 (c’est Jonzac qu’il Phare des baleines paille d’orge. Au loin droit en face présentées par Jean-Paul
dépeint dans La Corde au cou, D’Ars au phare des Baleines. de la route, la haute tour doublée de Bouchon, éditeur de récits de
1874). C’est dimanche. La campagne est la vieille tour, le pied dans des voyage rares ou saugrenus (aux
vide. La messe à peine finie, on massifs verts. éditions du Paréiasaure, Poitiers),
1838 : le 10 mars, Stendhal fait entend sonner les vêpres dans les Les femmes en mantes noires avec et Alain Quella-Villéger, historien,
étape à Angoulême, qu’il compare villages. Le ciel est entièrement leurs doubles coiffes de futaine jau- notamment biographe de Pierre
à Pérouse en Italie : «sourcils couvert, une pluie épaisse et fine nâtre, des parapluies, vont à l’église Loti (Pierre Loti, le pèlerin de la
admirables des femmes»… s’interpose entre les plus courts de... planète, Aubéron, 1998).
horizons comme une brume. La Des troupes d’enfants propres, en Ils ont ensemble publié en 1995
1843 : Victor Hugo, s’en revenant l’anthologie Gens de Charentes et
campagne est horriblement triste, tenue de dimanche, stationnent à
d’Oléron avec Juliette Drouet, de Poitou (Paris, Omnibus,
dépouillée, mouillée, comme in- l’angle des chemins, et jouent au
s’arrête à Rochefort, le 9 1081 p.).
septembre. Il y apprend en lisant le
hospitalière. Des marais, des vi- palet sur la place de l’église.
Avec Claude Deméocq, ils animent
journal, au Café de l’Europe gnes, des champs enfouis sous les La tour. Belle entrée. Jardin an- à Poitiers la revue Les Carnets de
(actuellement Café de la Paix), la mauvaises herbes. Il n’y a de diffé- glais en triangle, la base à la côte, l’exotisme (Le Torii éditions) et
mort par noyade de sa fille rence quant à l’aspect qu’entre la s’appuyant aux tamarins de droite ont réuni le volume collectif
Léopoldine et de son gendre, à couleur fauve des pampres déjà et de gauche qui bordent la falaise d’anthologie, Via Poitiers
Villequier. fanés et le vert frais des herbes. La en dune. A peine a-t-on le pied (Atlantique-Le Torii, 1998).

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Victor Hugo, de Rochefort à


Marennes et Oléron
C’est à Rochefort et au retour d’un court séjour sur l’île tent devant les portes en plein midi. C’est là le premier TAINE À ROYAN
d’Oléron que Victor Hugo apprend la noyade de sa fille trajet. [...] D’un voyage dans le Sud-Ouest
Léopoldine et de son gendre, Charles Vacquerie, à Le pertuis de Maumusson est un des nombrils de la mer. et les Pyrénées, Hyppolite Taine
Villequier (septembre 1843). Bien que la narration de Les eaux de la Seudre, les eaux de la Gironde, les rapporte des impressions qui,
son séjour lui soit antérieure (elle est extraite d’une grands courants de l’Océan, les petits courants de réunies, deviendront le Voyage
lettre à ses proches, rassemblée avec d’autres dans un l’extrémité méridionale de l’île pèsent là à la fois de aux Pyrénées (1855). Sur le
volume inédit et posthume intitulé Voyages, paru en quatre points différents sur les sables mouvants que la chemin des centres de cure en
1891), une intense tristesse baigne le récit qu’il a mer a entassés sur la côte et font de cette masse un vogue ou débutants, ce voyageur
consacré à sa lente progression vers l’île, au temps de tourbillon. Ce n’est pas un gouffre, la mer paraît plane systématique et dépourvu de
la malaria et du bagne militaire. et unie à la surface, à peine y distingue-t-on une flexion toute fantaisie s’accorde une
légère ; mais on entend sous cette eau tranquille un escapade à Royan, alors simple
«On n’arrive pas aisément sur l’île d’Oléron. Il faut le bruit formidable. village.
vouloir. On ne conduit ici le voyageur que pas à pas ; Tout gros navire qui touche le pertuis est perdu. Il
il semble qu’on veuille lui donner le temps de réfléchir s’arrête court, puis il s’enfonce lentement, s’en- «Le bateau s’amarre à une
et de se raviser. fonce toujours et décroît de hauteur peu à peu. [...] estacade, sous un amas de
De Rochefort, on le mène à Marennes, dans une façon Rien ne peut arrêter dans son mouvement lent et maisons blanches : c’est Royan.
d’omnibus qui part de Rochefort deux fois par jour. terrible la redoutable spirale qui a saisi le navire. Voici déjà la mer et les dunes ; la
C’est une première initiation. Cependant les embarcations qui calent peu l’eau droite du village est noyée sous
Trois lieues dans les marais salants. De vastes plaines traversent hardiment le pertuis. Sans danger, vous un amas de sable ; là sont des
où s’élèvent, comme deux obélisques dans un cime- disent les marins. [...] collines croulantes, de petites
tière, les beaux clochers anglais à aiguilles de pierre de Le soir de mon arrivée à Oléron, j’étais accablé de vallées mornes, où l’on est perdu
Moise et de Marennes ; tout le long de la route, des tristesse. Cette île me paraissait désolée, sinistre, et ne comme dans un désert ; nul bruit,
flaques d’eau verdissante ; à tous les champs, qui sont me déplaisait pas. Je me promenais sur la plage, mar- nul mouvement, nulle vie ; de
des marais, d’énormes clôtures cadenassées ; aucun chant dans les varechs pour éviter la boue. Je longeais pauvres herbes sans feuilles
passant ; de temps en temps un douanier le fusil au les fossés du château. Les condamnés venaient de parsèment le sol mouvant et
poing debout devant sa cabane de terre et de brous- rentrer, on faisait l’appel, et j’entendais leurs voix leurs filaments tombent comme
sailles avec un visage blême et consterné ; pas d’ar- répondre successivement à la voix de l’officier inspec- des cheveux malades ; de petits
bres ; nul abri contre le vent et la pluie si c’est l’hiver, teur qui leur jetait leurs noms. A ma droite les marais coquillages blancs et vides s’y
contre le soleil si c’est la canicule ; un froid glacial ou s’étendaient à perte de vue, à ma gauche la mer couleur collent en chapelets, et craquent
une chaleur de fournaise ; au milieu des marais, le de plomb se perdait dans les brumes qui masquaient la avec un grésillement, partout où
village malsain de Brouage enfoncé dans son carré de côte. [...] Ce soir-là tout était pour moi funèbre et le pied se pose ; ce lieu est
murailles, avec ses ruines du temps des guerres de mélancolique. Il me semblait que cette île était un l’ossuaire de quelque misérable
religion, ses maisons basses, blanchies comme les grand cercueil couché dans la mer et que cette lune en tribu maritime. Un seul arbre peut
sépulcres dont parle la bible, et ses spectres qui grelot- était le flambeau.» y vivre, le pin, être sauvage,
habitant des forêts et des côtes
infécondes : il y en a ici une

Châtelaillon vue par Gaston Chérau colonie ; ils se serrent


fraternellement, et couvrent le
sable de leurs lamelles brunes ;
la brise monotone qui les
La Saison balnéaire de Monsieur Thébault, roman de Il se rapprocha ; vit son cou, dégagé de tout artifice et
traverse, éveille éternellement
début de Chéreau (1902), n’a pas le cadre deux-sévrien se complut à le regarder.
leur murmure ; ils chantent ainsi
ou berrichon des œuvres de sa maturité, si ce n’est pour Une remarque lui vint à l’esprit : il comprenait, main-
d’une façon plaintive, mais avec
son point de départ. M. Thébault, conseiller municipal tenant, pourquoi les femmes se décolletaient. Elles
une voix bien plus douce et bien
d’une ville qui ressemble à Saint-Maixent, découvre en étaient ainsi plus désirables.
plus harmonieuse que les autres
compagnie de son épouse les charmes et les risques Il pencha la glace et aperçut son corps, moulé dans le
arbres ; cette voix ressemble au
d’un séjour à Chateloripeaux, la perle de l’Océan. jersey. Eh ! Eh ! il y a des athlètes qui seraient rudement
bruissement des cigales,
heureux d’avoir sa ligne !
lorsqu’en août elles chantent de
«Brûlé par le soleil qui lui frappait directement la peau, [...] Mme Thébault, en un costume classique de bai-
tout leur cœur entre les tiges des
il se promena sur le plancher de l’établissement, con- gneuse de corpulence généreuse, apparut dans l’enca-
blés mûrs.»
sidéra la mer dans laquelle il allait entrer, sourit à cette drement de la porte.
agréable pensée et, se reprochant de ne s’être pas Il se retourna et réprima un recul d’étonnement.
encore regardé dans son costume, revint à sa cabine. Il Sa femme, gênée de ne sentir presque aucun vêtement
décrocha la petite glace à reflet bleu d’acier, la plaça sur elle, lui demanda comment il la trouvait.
sur l’étagère du coin, près d’un peigne qui n’avait pas – «Ah ! ma pauvre amie ! – lui répondit-il, – ça ne te va
l’air de servir tous les jours, et chercha à s’y voir. pas mal... Mais quand on porte ces bonnets imperméa-
La glace déformait. bles, on ressemble toujours à un pompier.»

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1890 : Pierre Loti publie Le Roman

Un amour de Fromentin d’un enfant, suivi en 1919 de Prime


jeunesse, œuvres
autobiographiques à la recherche
d’un temps charentais perdu.
Elle s’appelait Jenny-Caroline-Léocardie Chessé, fille certaines influences plutôt physiques que morales aux-
de capitaine au long cours née à l’île Maurice en 1817, quelles j’étais moi-même si continuellement assujetti. 1896 : André Theuriet (1833-1907),
et mourut dans sa 28e année, ayant entre-temps épousé Je la mettais en face de certains tableaux de la campa- venu en vacances en 1851 en
un monsieur Béraud. Elle habitait le quartier Saint- gne choisis parmi ceux qui, invariablement composés Poitou, auteur du Fils Maugars
Maurice, près de La Rochelle, en face de chez Eugène d’un peut de verdure, de beaucoup de soleil et d’une (1879), dont l’action balzacienne se
Fromentin, lorsque celui-ci se mit à l’aimer passionné- immense étendue de mer, avaient le don infaillible de situe à Civray, sous le Second
ment. Elle devint Madeleine, idéalisée dans Dominique. m’émouvoir. J’observais dans quel sens elle en serait Empire, préside à Niort le congrès
de la Société d’ethnographie et
frappée, par quels côtés d’indigence ou de grandeur ce
d’art populaire.
«Madeleine n’était jamais venue aux Trembles, et ce triste et grave horizon toujours nu pourrait lui plaire.
séjour un peu triste et fort médiocre lui plaisait pour- Autant que cela m’était permis, je l’interrogeais sur ces 1899 : Le poète Victor Segalen
tant. Quoiqu’elle n’eût pas les mêmes raisons que moi détails de sensibilité tout extérieure. Et lorsque je la (1878-1919), futur romancier des
pour l’aimer, elle m’en avait si souvent entendu parler, trouvais d’accord avec moi, ce qui arrivait beaucoup Immémoriaux, vient à Rochefort
que mes propres souvenirs en faisaient pour elle une plus souvent que je ne l’eusse espéré, lorsque je distin- voir un ami médecin de marine ; il
sorte de pays de connaissance et l’aidaient sans doute guais en elle l’écho tout à fait exact et comme l’unisson sera affecté à l’hôpital maritime en
à s’y retrouver bien. de la corde émue qui vibrait en moi, c’était une confor- octobre-novembre 1914.
«Votre pays vous ressemble, me disait-elle. Je me mité de plus dont je me réjouissais comme d’une
serais doutée de ce qu’il était, rien qu’en vous voyant. nouvelle alliance.» 1900 : Paul Claudel séjourne à
Il est soucieux, paisible et d’une chaleur douce. La vie l’abbaye de Ligugé, en septembre.
Huysmans l’y a précédé en 1898
doit y être très calme et réfléchie. Et je m’explique
maintenant beaucoup mieux certaines bizarreries de
LA FEMME AU BAIN (lire L’Oblat).
Le thème de la femme au bain est un leitmotiv de la
votre esprit, qui sont les vrais caractères de votre pays peinture et de la littérature au XIXe siècle. Le poète André 1901 : L’Oiseau d’orage, de
natal.» Lemoyne, avocat reconverti dans l’imprimerie et devenu Marcelle Tinayre (1870-1948),
Je trouvais le plus grand plaisir à l’introduire ainsi dans archiviste de l’Ecole nationale des Arts décoratifs à romancière féministe liée à
la familiarité de tant de choses étroitement liées à ma Paris, reste un authentique poète saintongeais. Le Barbezieux et co-fondatrice du Prix
vie. C’était comme une suite de confidences subtiles poète en donne une vision épurée presque chaste, où
Femina, se passe à Oléron, où sa
l’eau, miroir et complice, apporte une note troublante :
qui l’initiaient à ce que j’avais été, et l’amenaient à «Une femme apparut (venant on sait d’où)
mère, Louise Chasteau, à ses
comprendre ce que j’étais. Outre la volonté de l’entou- Sur le bord de l’étang, jeune et belle inconnue [...] heures également écrivain, s’était
rer de bien-être, de distractions et de soins, il y avait La femme voulut prendre un bain, après sa course retirée en 1894, à Saint-Trojan.
aussi ce secret désir d’établir entre nous mille rapports Dans cette eau vierge et bleue où pas un être humain
d’éducation, d’intelligence, de sensibilité, presque de N’avait trempé l’orteil, ignorant le chemin [...] 1902 : on joue au théâtre La Mérine
Vite elle déchaussa son petit pied charmant à Nastasie [La marraine
naissance et de parenté, qui devaient rendre notre
(Tout en elle était pur, tout en elle était chaste) d’Anastasie], classique de la
amitié plus légitime en lui donnant je ne sais combien Interrogeant des yeux la haute forêt vaste, littérature picto-saintongeaise, par
d’années de plus en arrière. La blonde abandonna son dernier vêtement le Dr Jean Athanase.
J’aimais surtout à essayer sur Madeleine l’effet de Et sur un fond vert sombre apparut toute blanche...»
1903 : naissance à Saint-Fort-sur-
Gironde de Pierre-Henri Simon

Le Grand Meaulnes à Rochefort (1903-1972), chroniqueur littéraire


remarquable, le «Mauriac
charentais», auteur notamment
En juin 1905, à Paris, un jeune homme de dix-huit ans j’eusse aimé passer ma vie. J’ai revu le visage de la
d’Elsinfor (1956) et du tryptique
tombe amoureux d’une passante, qu’il suit, poursuit, Beauté, de la Pureté et de la Grâce.» Lorsqu’il publie en
Figures à Cordouan (entre 1960 et
retrouve et perd : il s’appelle Henri-Alban Fournier et octobre suivant Le Grand Meaulnes, il le lui adresse. 1971) ; il évoque notamment le
écrira par et pour elle Le Grand Meaulnes, signé Alain- Aucune réponse. Alain-Fournier meurt au front. village de Corme-Royal, près de
Fournier. Elle s’appelle Yvonne Toussaint de Pour en savoir plus, lire dans Roccafortis, Rochefort, Saintes, dans La Sagesse du soir...
Quièvrecourt, est fiancée, et deviendra une héroïne n° 16, septembre 1995, l’article de J.-P. Galtier, et
romanesque : Yvonne de Gallais. addenda du n° 17, janvier 1996. 1906 : le Prix Goncourt couronne
On sait peu en revanche qu’ils se retrouvèrent, et que ce les frères Jean et Jérôme Tharaud
Le jardin de la Marine vers 1920. (des «Charentais» d’Angoulême,
fut à Rochefort, en 1913. Un ami lui ayant signalé que la
famille Toussaint de Quièvrecourt résidait dans cette bien que nés à Saint-Junien),
ville, où le père était contrôleur général de la Marine auteurs notamment de La
Maîtresse servante (1911).
depuis 1908, Fournier accourut, début mai 1913, ren-
contra la jeune sœur, puis revint deux semaines plus tard.
1908 : arrivée à Poitiers de Jean-
Désormais mariée, venue de Toulon pour passer quel- Richard Bloch (1884-1947), qui se
ques jours chez ses parents, Yvonne lui donne quelques fixe définitivement en Poitou, ce
chastes rendez-vous dans le jardin de la Préfecture (dit «col de la civilisation» qui lui
C. Gozzi, coll. part.

jardin de la Marine). Son amour est trop grand pour elle, inspirera, au milieu d’un œuvre
qui n’offre place qu’à une amitié ambiguë, et part vivre féconde d’intellectuel, de riches
avec son mari à Brest. Rentré à Paris, Fournier a cet récits, dont Matin à Lusignan (1931,
ultime soupir : «Il y a un seul être au monde avec qui repris dans Destin du siècle).

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