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KLING Vincent

Elève Ingénieur en 5 ème Année Spécialité Génie Civil

3 juin 2011

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GC - 2011
GC - 2011

AUTEUR

Vincent KLING

Elève ingénieur en 5 ème année, Spécialité Génie Civil - Option Construction

Institut National des Sciences Appliquées de Strasbourg

TUTEUR ENTREPRISE

M. Philippe ZINK

Ingénieur ENSAIS, responsable du service Tunnels, Pathologie et Techniques Spéciales.

INGEROP Conseil & Ingénierie

TUTEUR ECOLE

M. Jean-Michel HOTTIER

Professeur agrégé de génie civil (ENS Cachan)

Institut National des Sciences Appliquées de Strasbourg

de génie civil (ENS Cachan) Institut National des Sciences Appliquées de Strasbourg MEMOIRE PFE – Vincent
de génie civil (ENS Cachan) Institut National des Sciences Appliquées de Strasbourg MEMOIRE PFE – Vincent
GC - 2011
GC - 2011

REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier tout particulièrement et à témoigner toute ma reconnaissance aux personnes suivantes, pour l’expérience enrichissante et pleine d’intérêt qu’elles m’ont fait vivre durant près de cinq mois au sein de la société INGEROP Conseil&Ingénierie à OBERHAUSBERGEN.

Monsieur Philippe ZINK, Ingénieur en chef au sein du Pôle Infrastructures, pour son accueil et la confiance qu’il m’a accordé dès mon arrivée dans l’entreprise. Mais également pour le temps qu’il m’a consacré tout au long de cette période, sachant répondre à mes diverses interrogations ; sans oublier sa participation au cheminement de ce mémoire.

Monsieur Jean-Michel HOTTIER, Enseignant à l’INSA de Strasbourg, pour l’encadrement et plus particulièrement l’organisation, la rigueur et les observations qu’il a su véhiculer durant ce PFE en vu d’aboutir à un mémoire de qualité.

Enfin, l’ensemble du personnel constituant le pôle Infrastructures, pour leur accueil et leur bonne humeur qui a permis de travailler dans une ambiance conviviale ; et plus spécialement le service Tracé pour m’avoir reçu et supporté au sein de leurs bureaux.

GC - 2011 SOMMAIRE
GC - 2011
SOMMAIRE

PREAMBULE

1

1.

INGEROP

1.1 LE GROUPE

1.1.1 HISTORIQUE ET STATUT DE LA SOCIETE

1.1.2 SECTEURS D’ACTIVITES

1.1.3 IMPLANTATIONS

1.1.4 CHIFFRES CLES

1.2 ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL

1.2.1 UNITE EST

1.2.2 ORGANISATION

2

2

2

3

5

6

7

7

8

2. LA PROBLEMATIQUE

2.1 AVANT LES EUROCODES

2.1.1 LES REGLEMENTS ANTERIEURS FRANÇAIS

2.1.2 LE BAEL ET LE BPEL

2.2 LES EUROCODES

2.2.1 LES EXIGENCES DE BASE

2.2.2 LES PRINCIPES DE VERIFICATION

2.2.3 CRITERES DE VERIFICATION SELON LES EUROCODES

2.3 LES ENJEUX ET LES ATTENTES DE L’ENTREPRISE

2.4 LA STRATEGIE ADOPTEE

2.4.1 LES POINTS DECISIFS

2.4.2 LA DEMARCHE

9

9

9

9

12

12

12

14

16

17

17

18

3. PRINCIPE DU DIMENSIONNEMENT D’UN PONT DALLE

19

3.1 CREATION D’UN OUTIL DE CALCUL

3.2 HYPOTHESES

19

21

21

3.2.1

ENVIRONNEMENT DE L’OUVRAGE MATERIAUX

3.2.2 22 MEMOIRE PFE – Vincent KLING
3.2.2
22
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
GC - 2011 3.2.3 ENROBAGE DES ARMATURES 23
GC - 2011
3.2.3 ENROBAGE DES ARMATURES
23

3.2.4 MODELISATION DE L’OUVRAGE

23

3.2.5 LES CHARGES

24

3.2.6 LES COMBINAISONS D’ACTIONS

26

3.2.7 LES CONTRAINTES ADMISSIBLES

27

3.3 SOLLICITATIONS

28

3.4 PRINCIPE DE LA JUSTIFICATION

29

3.4.1

PRECONTRAINTE

30

3.4.2

SECTION D’ARMATURES PASSIVES

35

3.4.3

MAITRISE DE LA FISSURATION

41

3.4.4

JUSTIFICATION VIS-A-VIS DE LA RUPTURE FRAGILE

43

3.4.5

DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES

45

3.4.6

BILAN ET VERIFICATION DES CONTRAINTES

45

3.4.7

VERIFICATION A LA FATIGUE

46

3.4.8

ARMATURES D’EFFORTS TRANCHANT

49

4. DEVELOPPEMENT

51

4.1

SECTION NERVUREE

51

4.1.1 MODELISATION

51

4.1.2 MODIFICATIONS

52

4.2

PROFIL LONGITUDINAL A INERTIE VARIABLE

52

4.2.1 MODELISATION

52

4.2.2 MODIFICATIONS

53

5. ANALYSE

54

5.1

DEFINITION DES CRITERES

54

5.1.1 LES COUTS

54

5.1.2 LA QUALITE

55

5.1.3 LES DELAIS

55

5.2

CADRAGE DE L’ETUDE

56

5.2.1 PONTS DALLE & PONTS A DALLE NERVUREE 56 MEMOIRE PFE – Vincent KLING
5.2.1 PONTS DALLE & PONTS A DALLE NERVUREE
56
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
GC - 2011 5.2.2 LA DEMARCHE 58
GC - 2011
5.2.2 LA DEMARCHE
58

5.3

LES DONNEES GEOMETRIQUES

59

5.3.1

PREMIERE APPROCHE

59

5.3.2

DEVELOPPEMENT

63

5.3.3

LA FORME DE LA SECTION

64

5.3.4

L’INERTIE VARIABLE

67

5.3.5

EQUILIBRAGE DES TRAVEES

68

5.3.6

LE NOMBRE DE TRAVEES

69

5.4

LES TYPES DE CHARGEMENT

70

5.4.1 LA

LARGEUR DE L’OUVRAGE

70

5.4.2 LA CLASSE DE TRAFIC

71

5.5

LES MATERIAUX

72

5.5.1

CLASSE DE BETON

72

5.5.2

TYPE D’ARMATURES DE PRECONTRAINTE

72

5.6

LES CLASSES D’ENVIRONNEMENT

73

5.6.1 LA CLASSE STRUCTURALE

73

5.6.2 OUVERTURE DES FISSURES

73

6. SYNTHESE

75

6.1

RAPPEL DE LA PROBLEMATIQUE

75

6.2

L’OUTIL DE CALCUL

75

6.3

BILAN DES OBSERVATIONS

75

6.3.1

LE COUT

76

6.3.2

LE DOMAINE D’EMPLOI

76

6.3.3

LA DURABILITE

78

CONCLUSION

79

BIBLIOGRAPHIE

80

TABLES DES ANNEXES

MEMOIRE PFE – Vincent KLING
MEMOIRE PFE – Vincent KLING

81

GC - 2011 PREAMBULE
GC - 2011
PREAMBULE

Le Projet de Fin d’Etudes (PFE) constitue, d’un point de vue scolaire, le dernier exercice avant l’obtention d’un diplôme d’ingénieur. Ce travail en situation professionnelle fait partie intégrante de la formation d’un ingénieur depuis la création des premières écoles d’ingénieurs voila près de trois siècles et assure une transition vers le monde professionnel.

Le PFE est un travail personnel, au cours duquel il convient de faire preuve de méthode, de rigueur et d’organisation. Il doit mettre en évidence les capacités d’initiative et d’autonomie de l’élève ingénieur tant sur le plan scientifique que technique.

Après avoir effectué plusieurs stages dans le bâtiment et les travaux publics, tant en conduite de travaux qu’en études, j’ai choisi de réitérer une nouvelle expérience au sein d’un bureau d’études techniques dans le cadre de mon projet de fin d’études. Néanmoins, j’avais à cœur de profiter de ce stage pour découvrir un nouveau domaine, en l’occurrence les ouvrages d’art.

Suite à un entretien avec M. Philippe ZINK, professeur à l’INSA de Strasbourg et ingénieur en chef au sein du bureau d’études INGEROP Conseil&Ingénierie, ce dernier m’a proposé d’étudier un sujet traitant de la précontrainte partielle dans les ouvrages d’art courants.

L’objectif principal du PFE consiste à déterminer la justification optimale à adopter selon les Eurocodes pour le dimensionnement en précontrainte partielle d’un pont courant routier, ceci en vue d’aboutir à des préconisations pour le concepteur.

Le présent mémoire se décompose en trois parties majeures. Une présentation de la société d’accueil et de mon environnement de travail. Cette partie introductive est suivie d’une définition de la problématique de mon PFE et du développement de mon étude. L’ensemble étant ponctué d’une synthèse et d’une analyse comparative entre la précontrainte totale et la précontrainte partielle. Ce rapport a pour objectif de présenter mon travail auprès de mon tuteur école, M. Jean-Michel HOTTIER et d’exposer à l’entreprise les résultats obtenus.

GC - 2011 1. INGEROP
GC - 2011
1. INGEROP

1.1 LE GROUPE

1.1.1 HISTORIQUE ET STATUT DE LA SOCIETE

INGÉROP est née en 1992 du regroupement d’INTER G et de SEEE, deux sociétés d’ingénierie technique au parcours original et complémentaire :

INTER G, l’une des toutes premières ingénieries privées indépendantes françaises, a été créée en 1945, au lendemain de la deuxième guerre mondiale. INTER G se développe dans le domaine des centrales thermoélectriques, hôtels, hôpitaux… En 1984, la société est reprise par le groupe constructeur GTM Grands Travaux de Marseille – avec l’ambition de développer son activité dans les domaines d’expertise.

SEEE, fondée en 1962 par le même groupe GTM, en est, à l’origine, son département d’études techniques pour les ouvrages d’art et les structures complexes. Au fil des années, SEEE dépasse largement son rôle de services d’études pour sa maison mère, fait son apprentissage de la maîtrise d’œuvre de grandes infrastructures linéaires, et se développe dans les domaines du bâtiment et de l’installation industrielle. En 1992, GTM décide de regrouper INTER G et SEEE. La nouvelle entité prend le nom d’INGÉROP.

Fin 2000, alors que son actionnaire GTM est absorbé par VINCI, les cadres dirigeants d’INGÉROP, prennent l’initiative du rachat de leur société. INGÉROP rassemble alors 1100 collaborateurs.

Dix ans plus tard, les effectifs d’ INGÉROP ont progressé de 1100 à 1460, dont plus de 250 à l’international, avec un ancrage confirmé dans plusieurs pays d’Europe et du reste du monde et son chiffre d’affaires est de 157.5 M€.

du monde et son chiffre d’affaires est de 157.5 M€. Le 15 mai 2008, les actionnaires

Le 15 mai 2008, les actionnaires ont élu Yves Metz à la présidence du directoire d’INGÉROP. Il prend la succession de Christian Delage qui assurait ces fonctions depuis 20 ans.

Organisation actuelle du Groupe :

Le Groupe INGÉROP est structuré en trois sociétés dédiées aux missions de conseil et ingénierie, aux études de structures complexes et à l'international.

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 2 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
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GC - 2011 1.1.2 SECTEURS D’ACTIVITES
GC - 2011
1.1.2 SECTEURS D’ACTIVITES

Le Groupe INGÉROP se positionne sur cinq métiers - infrastructures, transports, eau, énergie et environnement, bâtiment, industrie - avec la particularité de faire autant d'ingénierie grands projets que d'ingénierie de proximité. Le Groupe fait du management de projet et de l'ingénierie technique.

Les principales missions de la société :

Assistance à maîtrise d'ouvrage

Études de faisabilité, études économiques

Maîtrise d'œuvre de conception ou de réalisation

Ingénierie de conception

Direction, conduite et gestion de projet

Validation - Conformité réglementaire Expertise

a) Les Infrastructures :

Le Groupe INGÉROP apporte à ses clients un savoir-faire qui couvre les domaines suivants :

infrastructures linéaires (ferroviaires, routières, autoroutières et voies navigables), ouvrages d'art, ouvrages géotechniques, aménagements urbains, équipements, environnement, études générales.

urbains, équipements, environnement, études générales. b) Les Transports : INGEROP travaille sur tout projet de

b) Les Transports :

environnement, études générales. b) Les Transports : INGEROP travaille sur tout projet de transport : métro,

INGEROP travaille sur tout projet de transport : métro, tramway, tram-train, trolleybus, bus à haut niveau de service, navettes fluviales, circulations douces, équipements et systèmes. Son objectif reste, quel que soit le mode de transport, de concilier aménagement et transport durable.

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 3 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
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GC - 2011 c) L’eau, l’énergie et l’environnement :
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c) L’eau, l’énergie et l’environnement :

L'activité Eau, énergie & environnement du Groupe INGÉROP s'organise autour de 5 secteurs d'activité : l'hydraulique fluviale et routière, le génie maritime et côtier, le génie urbain et industriel, l'environnement, l'énergie.

urbain et industriel, l'environnement, l'énergie. d) Le bâtiment : Le Groupe INGÉROP couvre un large domaine

d) Le bâtiment :

Le Groupe INGÉROP couvre un large domaine d'interventions du secteur public au secteur privé:

hôpitaux, établissements d'enseignement et de recherche, équipements culturels et sportifs, bâtiments tertiaires, résidentiels, industriels, centres commerciaux

tertiaires, résidentiels, industriels, centres commerciaux e) L’industrie : INGÉROP offre une prestation globale ou

e) L’industrie :

INGÉROP offre une prestation globale ou ciblée dans les domaines du bâtiment industriel, des utilités et du process, pour des secteurs d'activités comme le nucléaire, l'aéronautique, les télécoms et data centers, l'agroalimentaire, la chimie, la pétrochimie, la pharmacie, l'industrie automobile et la défense.

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 4 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
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GC - 2011 1.1.3 IMPLANTATIONS
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1.1.3 IMPLANTATIONS

a) En France :

Le siège de la société se situe à Courbevoie en région parisienne. Le Groupe INGEROP couvre l’ensemble du territoire français via 23 agences reparties en 7 unités possédant chacune une direction régionale.

en 7 unités possédant chacune une direction régionale. b) A l’internat ional : INGEROP possède également

b) A l’international :

INGEROP possède également un nombre grandissant d’antennes à l’étranger, notamment en Europe de l’Est et en Afrique.

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 5 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
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GC - 2011 1.1.4 CHIFFRES CLES
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1.1.4 CHIFFRES CLES

Les résultats suivants sont extraits du Bilan Annuel 2010 provisoire paru début 2011.

a) Les effectifs :

b) L’activité :

paru début 2011. a) Les effectifs : b) L’activité : c) Bilan : Le Groupe INGEROP
paru début 2011. a) Les effectifs : b) L’activité : c) Bilan : Le Groupe INGEROP
paru début 2011. a) Les effectifs : b) L’activité : c) Bilan : Le Groupe INGEROP

c) Bilan :

Le Groupe INGEROP fait parti des leaders européens en matière d’ingénierie, avec pour principaux atouts :

 la puissance d'un grand groupe d'ingénierie technique  une forte présence régionale  une
la puissance d'un grand groupe d'ingénierie technique
une forte présence régionale
une activité significative à l'international
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
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GC - 2011 1.2 ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL Pour ma part, j’ai effectué mon projet de
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1.2 ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL
Pour ma part, j’ai effectué mon projet de fin
d’étude au sein de l’agence de Strasbourg appartenant à
l’unité EST:
- Strasbourg (Direction Régionale)
- Metz
- Nancy
- Besançon

1.2.1 UNITE EST

INGEROP Est résulte elle-même de la combinaison des deux implantations régionales d’INTER-G et de SEEE.

A Metz, SISA, héritière de la société Secommet Cercelet Sibille créée en 1949, et dirigée par Jacques Cercelet, avait rejoint INTER-G en 1987. Une forte activité locale en bâtiment et services à la sidérurgie régionale est développée.

SEEE démarre une agence Infra à Strasbourg en 1989 confiée à Gérard Schlecht, ainsi qu’à Metz en 1992 avec Jean-Marie Braun.

L’ensemble, initialement appelé INGEROP Grand Est, est confié à Jacques Cercelet en 1998. Claude Heyd succède en 2003 à Jacques Cercelet qui a été nommé lui-même à la direction régionale Méditerranée.

En 2004, une agence spécialisée en VRD est ouverte à Nancy et le bureau d’études de bâtiment BETIC est repris à Besançon. L’intégration complète sous le nom d’INGEROP Grand Est, avec Siège régional à Strasbourg, est opérée en 2006.

En 2010, l’entité, dont la dénomination a été simplifiée en INGEROP Est, compte 132 collaborateurs.

Figure 1-01 : Les locaux de l’Agence Strasbourgeoise à OBERHAUSBERGEN (67205) MEMOIRE PFE – Vincent
Figure 1-01 : Les locaux de l’Agence Strasbourgeoise à OBERHAUSBERGEN (67205)
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
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GC - 2011 1.2.2 ORGANISATION
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1.2.2 ORGANISATION

Les 5 métiers sont représentés au sein de l’unité EST. L’organigramme ci-dessous, définit l’organisation fonctionnelle et précise les responsables des différentes sections.

et précise les responsables d es différentes sections. Figure 1-02 : ORGANIGRAMME INGEROP Conseil & ingénierie

Figure 1-02 : ORGANIGRAMME INGEROP Conseil & ingénierie : Région EST

A mon arrivée, le 26 janvier 2011, j’ai intégré le Département « Infrastructures Génie Urbain et Transports » qui comprend près de 40 personnes intervenant dans les domaines suivants :

de 40 personnes intervenant dans les domaines suivants : J’ai été placé sous la tutelle de

J’ai été placé sous la tutelle de M. Philippe ZINK, responsable du Service « Tunnels, Pathologie et Techniques Spéciales ».

Les principales missions de ce service sont les suivantes :

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 8 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
- 8 -
GC - 2011 2. LA PROBLEMATIQUE
GC - 2011
2. LA PROBLEMATIQUE

Mon

projet

de

fin

d’études

s’articule

principalement

autour

de

la

dimensionnement aux Eurocodes de ponts courants.

précontrainte

et

du

Dans un premier temps, afin de définir la problématique de ce projet de recherche et

développement,

il

convient

d’effectuer

un

bilan

sur

l’évolution

des

justifications

des

structures

précontraintes.

2.1 AVANT LES EUROCODES

2.1.1 LES REGLEMENTS ANTERIEURS FRANÇAIS

En 1928, Eugène Freyssinet déposait son premier brevet, définissant sans l’avoir encore ainsi nommé, le Béton Précontraint. Ce brevet contenait quasiment tout ce qui régit le domaine de la précontrainte « à fils adhérents ». L’usage judicieux de la précontrainte a permis de concevoir des structures en béton exemptes de fissuration et de concurrencer des structures bois ou acier.

La précontrainte fut ensuite étendue vers des constructions où les allongements de traction ne sont plus totalement proscrits. La justification d’une telle extension est évidente, les constructeurs en béton armé ayant été amenés à bénéficier des avantages reconnus de la précontrainte. Le béton précontraint n’est en définitive que du béton armé soumis à une flexion composée. Il importait toutefois de formuler certaines règles concernant l’emploi de ces constructions, en associant les connaissances des utilisateurs de la précontrainte et celles des constructeurs en béton armé. De ces travaux est résultés une division des ouvrages de béton en différents classes.

C’est ainsi qu’ont été définit 4 classes de construction en béton. La différenciation entre la classe I et la classe II est liée à la définition de l’état limite d’allongement du béton tendu. La classe I exclue tout allongement et la classe II accepte une certaine fraction de l’allongement normal de rupture. L’acceptation de la fissuration comme phénomène normal fait la coupure entre la classe II et les classes III et IV, la classe IV étant le béton armé.

2.1.2 LE BAEL ET LE BPEL

Les anciens règlements français de justification de structure en béton marquent une nette différence entre le béton armé et le béton précontraint. La justification en béton armé fait l’objet d’un texte unique, le BAEL. Les classes I, II et III furent quant à elles développées dans le BPEL.

a) Contraintes limites :

La différenciation entre classes est définit par des exigences sur les contraintes limites dans le béton en compression et en traction. Celles-ci figurent dans le Tableau 2-01.

GC - 2011 COMBINAISONS Rares Fréquentes Quasi-permanentes 0 0,6 f cj 0 0,5 f cj
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COMBINAISONS
Rares
Fréquentes
Quasi-permanentes
0
0,6 f cj
0
0,5 f cj
Classe I
0,6 f cj
0
0,6 f cj
0
0,5 f cj
Classe II
- f tj
0,6 f cj
0
0,6 f cj
0
0,5 f cj
Classe III
Δσ p lim
σ' s lim
σ s lim
Δσ p lim = 0,1 f prg
2/3 f e
Δσ p lim = 100 MPa
σ s lim =
σ' s lim = 0,35 f e
110 (η * f tj ) (1/2)

Tableau 2-01 : Contraintes limites selon le BPEL 91 (rev. 99)

On peut noter que les contraintes limites en compression définit dans le Tableau 2-01 sont communes aux trois classes et dépendent uniquement de la situation et de la combinaison considérée.

En classe I, aucune décompression du béton n’est tolérée : c’est la précontrainte totale.

En classe II, on admet des tractions modérées dans le béton.

En classe III, les contraintes de traction du béton ne sont plus limitées. En revanche, la fissuration est maîtrisée par un plafonnement des tensions dans les armatures passives et des surtensions dans les armatures précontraintes. C’est le domaine de la précontrainte partielle.

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 10 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
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GC - 2011 Aussi bien en classe II qu’en classe III, un minimum d’armatures passives
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Aussi bien en classe II qu’en classe III, un minimum d’armatures passives longitudinales assure la
limitation de l’ouverture des fissures.

Une vérification des états ultimes de déformation et de fatigue s’impose en classe III.

b) Calcul des contraintes

En classe I et II, les contraintes sont calculées sur les sections non fissurées :

nettes lorsqu’elles sont dues au actions permanentes

homogènes lorsqu’elles sont générées par les actions variables (le coefficient d’équivalence étant pris forfaitairement égale à n i =5)

En

classe III, le calcul des contraintes s’effectue en sections fissurées en respectant les

hypothèses de calcul suivantes :

conservation de la planéité des sections droites

élasticité des matériaux (avec E p = E s = n. E b )

le béton tendu est négligé

non glissement des matériaux

c) Remarques

Le guide d’emploi du règlement français de béton précontraint aux états limites BPEL 83 rédigé par le SETRA apporte les précisions suivantes relatives au choix de la classe de vérification des ponts courants.

*…+ La justification en classe III du BPEL (dite de précontrainte partielle) peut, sous certaines conditions, être intéressante pour les ouvrages courants. En effet, outre l’économie apportée par la réduction des aciers de précontraintes, la classe III ouvre par rapport à la classe II les possibilités suivantes :

une réduction et une meilleure maîtrise des déformations différées des constructions par une diminution des contraintes de compression dans le béton.

une meilleure ductilité grâce à une présence plus importante d’aciers passifs, ce qui a pour effet favorable de rendre d’une part les constructions moins sensibles aux déformations imposées et de leur conférer d’autre part un plus grand pouvoir d’adaptation.

Cependant dans l’état actuel des connaissances, le manque d’expériences en matière de comportement des ouvrages fissurés, notamment vis-à-vis de la fatigue sous les charges lourdes et répétées, doit inciter à la prudence. La classe III n’est par conséquent pas indiquée, pour des ouvrages soumis à de fortes variations de contraintes. Par ailleurs, en raison du risque de corrosion des aciers de précontrainte, la classe III est à déconseiller actuellement pour les ouvrages soumis à une ambiance agressive.

Compte tenu de ces éléments, et ainsi que le prévoit explicitement la circulaire d’accompagnement des règles BPEL, il convient de consulter le SETRA pour les projets d’ouvrages à justifier en classe III. *…+

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 11 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
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A ce jour, très peu d’ouvrages ont été justifié en classe III. Les concepteurs et les maîtres d’ouvrages ont principalement opté pour un dimensionnement en classe II. Ils ont pu avoir recours à la classe III dans le cadre d’une justification d’un pont existant ayant subit des modifications (ex : nombre de voies) et où la vérification en classe II ne convenait plus.

A titre indicatif, l’unité EST d’INGEROP n’a pas conçu d’ouvrage neuf en classe III.

2.2 LES EUROCODES

Avec les Eurocodes, et principalement l’Eurocode 2 traitant du calcul des structures en béton, la séparation très nette que faisaient les règles françaises entre béton précontraint et béton armé s’estompe pour donner naissance à un texte unique traitant globalement des constructions en béton renforcées par des armatures en acier, qu’elles soient passives ou actives. Il existe ainsi une continuité allant du béton armé à la précontrainte totale en passant par la précontrainte partielle.

Les Eurocodes ont la particularité de laisser un choix important au projeteur, tant au niveau des méthodes de calcul employées que des critères de vérification. Ils constituent un texte normatif commun à l’ensemble des pays européens. Cependant, il convient de relativiser cette uniformisation en raison de l’importance prise par les annexes nationales complétant ou modifiant le texte commun.

2.2.1 LES EXIGENCES DE BASE

Les normes Eurocodes sont fondées sur un triptyque d’exigences de bases l’EN1990 §1.1 (1):

définit dans

de bases l ’EN1990 §1.1 (1) : définit dans Figure 2-01 : Les principes et exigences

Figure 2-01 : Les principes et exigences de bases selon l’EN1990

Ces exigences de bases sont les trois principes directeurs de la rédaction de ces normes de conception et de réalisation.

2.2.2 LES PRINCIPES DE VERIFICATION

Les Eurocodes définissent les bases pour le dimensionnement et la vérification des principes et exigences de bases. Ils sont fondés sur le concept d’état limite, utilisé conjointement avec une méthode des coefficients partiels (cf. Avant propos - EN1990 Informations additionnelles spécifiques).

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 12 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
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GC - 2011 2.2.2.1 LE CALCUL AUX ETATS LIMITES L’EN1990 §3 fait une distinction claire
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2.2.2.1 LE CALCUL AUX ETATS LIMITES
L’EN1990 §3 fait une distinction claire entre deux types d’états limites :

les états limites ultimes (ELU) définit dans l’EN1990 §3.3, qui concernent la sécurité des personnes et de la structure. Leur vérification garantit la résistance et la stabilité de la structure.

L’EN1990 §6.4.1(1) distingue plusieurs types d’état limites ultimes :

o

EQU : correspondant à la limite d’équilibre statique de la structure

o

STR/GEO : correspondant à la limite de résistance et de stabilité de forme

o

FAT : correspondant à la limite de résistance à la fatigue

les états limites de service (ELS) définit dans l’EN1990 §3.4, qui concernent le fonctionnement de la structure, sa durabilité, le confort des usagers. Ils sont définis par une limitation de la traction du béton ou sa non décompression, une limitation de la traction/compression dans les armatures et une limitation de la largeur d’ouverture des fissures.

2.2.2.2 LA METHODE DES COEFFICIENTS PARTIELS

Le principe de la méthode des coefficients partiels ; définit dans l’EN1990 §6 ; consiste à vérifier qu’aucun état limite ne soit dépassé lors de l’application de cas de charges critiques définis par des combinaisons et des pondérations particulières (cf. EN1990 §6.1(1)). Cette méthode permet de se placer du coté de la sécurité en prenant un certain nombre de réserves successives sur les actions, leurs effets, les propriétés des matériaux et les dimensions des ouvrages. De plus la méthode introduit la notion de « valeur de calcul » d’une action, ou des propriétés des matériaux (cf. EN1990 §6.1(3)).

2.2.2.3 REMARQUES

L’essentiel du traitement de la précontrainte apparaît à l’Article 5.10 de l’EN1992-1-1; cependant d’autres éléments indispensables sont donnés de façon disséminée, sous forme de règles spécifiques dans l’ensemble du document.

Il est également essentiel de relever que les Eurocodes sont rédigés dans une optique de vérification et non de dimensionnement. C’est pourquoi, il convient de mettre en place des démarches permettant la conception optimale de structures et satisfaisant les critères de vérifications imposés dans les Eurocodes. Cet aspect représente une partie déterminante de mon PFE. En effet, les justifications en précontrainte partielle n’étant pas courantes, il existe peu de documents présentant la démarche de calcul à adopter. Une première étape consiste donc à dresser les processus de justification.

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 13 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
- 13 -
GC - 2011 2.2.3 CRITERES DE VERIFICATION SELON LES EUROCODES
GC - 2011
2.2.3 CRITERES DE VERIFICATION SELON LES EUROCODES

Les Eurocodes définissent un certain nombre d’état limites avec des vérifications associées. Pour les structures précontraintes, les justifications sont définies dans les paragraphes suivants.

2.2.3.1 AUX ETATS LIMITES DE SERVICE

Il convient de vérifier :

les contraintes admissibles dans les différents matériaux (cf. EN1992-1-1 §7.2)

l’ouverture de fissures (cf. EN1992-1-1 §7.3)

les flèches admissibles (cf. EN1992-1-1 §7.4)

a) Les contraintes admissibles

LEN1992-1-1 §7.2 impose plusieurs limitations de contraintes dans les différents matériaux. On distingue notamment :

c

 

p

s

0,6.

f

ck

0,8. 0,8.

f f

pk

yk

pour le béton pour les armatures de précontrainte pour les armatures passives

Pour mon étude, les contraintes admissibles sont redéfinies explicitement dans le paragraphe 3.2.7.

b) Maîtrise de la fissuration

La clause (1) de l’EN1992-1-1 §7.3.1 impose que la fissuration doit être limitée de telle sorte qu’elle ne porte pas préjudice au bon fonctionnement ou à la durabilité de la structure ou encore qu’elle ne rende pas l’aspect de l’état de surface inacceptable. Il convient ainsi de définir une valeur limite de

en tenant compte de la nature de la structure, de sa classe

d’environnement ainsi que du coût de la limitation de la fissuration.

l’ouverture calculée des fissures

w max

Le principe de justification de la maîtrise de la fissuration est détaillé au paragraphe 3.4.3 du présent mémoire.

c) Limitation des flèches

La déformation d’un élément ou d’une structure ne doit pas être préjudiciable à leur bon fonctionnement ou à leur aspect. Il convient de fixer des valeurs limites appropriées des flèches, en tenant compte de la nature de l’ouvrage et de sa destination. Dans le cas d’ouvrages précontraints, la limitation des flèches n’est pas déterminante. C’est pourquoi la vérification est souvent omise.

GC - 2011 2.2.3.2 AUX ETATS LIMITES ULTIMES Il convient de vérifier :
GC - 2011
2.2.3.2 AUX ETATS LIMITES ULTIMES
Il convient de vérifier :

les déformations admissibles dans les différents matériaux (cf. EN1992-1-1 §6.1)

les sollicitations tangentes (tranchant et torsion) (cf. EN1992-1-1 §6.2 et §6.3)

la fatigue des structures soumises à des cycles de chargement réguliers (cf. EN1992-1-1§6.8)

la rupture fragile dans le cas de structures précontraintes (cf. EN1992-1-1 §5.10.1)

a) Les déformations admissibles

Les limitations des déformations dans les matériaux sont les suivantes :

c

cu

p

pu

s

su

pour le béton

pour les armatures de précontrainte

pour les armatures passives

Les déformations admissibles sont définies pour chaque matériau dans l’EN1992-1-1 §3.

b) Les sollicitations tangentes

Il convient de comparer les sollicitations induites par les actions extérieures et les sollicitations résistantes calculées à partir des caractéristiques des sections. (cf. §3.4.8)

c) La fatigue des structures

La résistance des structures à la fatigue doit dans certains cas particuliers, faire l’objet d’une vérification, notamment lorsque celles-ci sont soumises à des cycles de chargements réguliers. La justification doit être effectuée séparément pour le béton et l’acier. Elle se traduit par le calcul d’un endommagement de la structure. Le principe de justification à la fatigue fait l’objet du paragraphe 3.4.7 du présent mémoire.

d) La rupture fragile

Enfin, lEN1992-1-1 §5.10.1 impose une vérification des structures précontraintes en tenant compte d’un pourcentage de câbles rompus. Le principe de justification est détaillé paragraphe 3.4.4.

GC - 2011 2.3 LES ENJEUX ET LES ATTENTES DE L’ENTREPRISE
GC - 2011
2.3 LES ENJEUX ET LES ATTENTES DE L’ENTREPRISE

Actuellement, dans le cadre du dimensionnement de structures précontraintes, les concepteurs n’exploitent pas à 100% les possibilités de l’Eurocode 2. Du fait de la réticence avérée de l’ancienne Classe III (cf. §2.1.2c), ils s’imposent des limitations complémentaires de manière à retrouver des justifications semblables aux Classes I et II des règlements antérieurs.

Ces mesures comportent plusieurs avantages :

les maîtres d’ouvrage et les ingénieurs ne changent pas leurs habitudes et continuent à concevoir des ouvrages dont ils maîtrisent le comportement.

les hypothèses supplémentaires permettent de s’affranchir de plusieurs vérifications imposées par les Eurocodes telles qu’une vérification à la fatigue ou un calcul d’ouverture de fissures.

Bien que ces mesures s’avèrent plus sécuritaires, une question fondamentale se pose, sont- elles économiques ?

Certes depuis les années 60, les fondements de la précontrainte reste inchangés, mais depuis, les techniques ont sensiblement évoluées. Suite à de nombreux essais expérimentaux, des phénomènes tels que la fatigue, la fissuration, le fluage… sont à ce jour nettement mieux maîtrisés, et formulés de façon plus explicite dans les règlements.

C’est pourquoi, l’objet de mon projet de fin d’études peut être définit de la manière suivante :

Déterminer la justification optimale à adopter selon les Eurocodes pour le dimensionnement en précontrainte partielle d’un pont courant routier en béton précontraint (en fonction du type de structure et de son environnement), ceci en vue d’aboutir à des préconisations pour le concepteur.

Ce projet étant indépendant de toute affaire en cours, l’impact à cours terme pour l’entreprise est faible. Cependant, si l’étude aboutit, plusieurs enjeux à plus long terme peuvent être relevés :

modifier ou confirmer les pratiques de l’entreprise dans le cadre du dimensionnement de pont courant,

concevoir des ouvrages plus économiques.

Toutefois, ce projet de fin d’études s’inscrit dans la logique de l’entreprise, à savoir la capitalisation de connaissances, et dans le cas présent, l’analyse d’une partie de la nouvelle réglementation en vigueur.

GC - 2011 2.4 LA STRATEGIE ADOPTEE
GC - 2011
2.4 LA STRATEGIE ADOPTEE

La mission énoncée précédemment consiste principalement à étudier les types de justification de structures précontraintes et notamment la précontrainte partielle. Ceci afin de déterminer dans quelles mesures une telle justification s’avère intéressante tant économiquement mais également du point de vue de la durabilité de l’ouvrage. Par conséquent, l’étude qui m’a été confiée nécessite de maîtriser parfaitement la justification d’une structure précontrainte selon les règlements en vigueur, à savoir les Eurocodes.

2.4.1 LES POINTS DECISIFS

Au cours de mon étude, j’ai adopté une démarche consistant à développer les points décisifs suivants :

consistant à développer les points décisifs suivants : Figure 2-02 : Les points décisifs du PFE

Figure 2-02 : Les points décisifs du PFE

GC - 2011 2.4.2 LA DEMARCHE
GC - 2011
2.4.2 LA DEMARCHE

Pour mener le travail d’analyse, il est indispensable de faire évoluer les différents paramètres, afin d’identifier leur impact sur le dimensionnement. Une justification manuelle étant relativement longue à mener, c’est pourquoi j’ai fait le choix de créer un outil de calcul pouvant effectuer l’ensemble des justifications automatiquement. Cet outil permet à terme de traiter un grand nombre de cas de figure, et ainsi d’appuyer concrètement le travail d’analyse et de synthèse.

Finalement, la démarche globale que j’ai adoptée se présente en 7 phases distinctes, détaillées dans le Tableau 2.02.

Phase

Dénomination

Objectifs

Moyens

1

Bibliographie

Acquérir les différents documents nécessaires

Documents internes Bibliothèque INSA

2

Appropriation des techniques et des notions

Se familiariser avec les méthodes de justification aux Eurocodes

Développement d’un cas d’étude traité partiellement lors de mon cursus scolaire

3a

Création d’un outil permettant la généralisation du dimensionnement en précontrainte totale et partielle d’un pont dalle

Pouvoir traiter un grand nombre de cas de figure et identifier des paramètres déterminants

Création d’un tableur Excel

3b

Etude des vérifications à la fatigue, du calcul d’ouverture des fissures et de la rupture fragile

Identifier dans quelles configurations de telles justifications sont dimensionnentes

Travaux en parallèle du tableur Excel précédent

4

Effectuer une démarche analogue aux points 3a-3b pour des ponts à poutres ou des ponts nervurés

Identifier l’impact du type de structure

Création d’un nouveau tableur semblable au précédent en modifiant les paramètres nécessaires

5

Analyse

Faire évoluer les paramètres à l’aide des tableurs

 

6

Synthèse

Dresser les conclusions issues de l’analyse

 

Tableau 2-02 : La démarche

La suite du présent mémoire, s’articule autour des différentes phases énoncées ci-dessus. Les paragraphes 3 à 6 détailleront les principes et les spécificités de chacune d’entre elles.

GC - 2011 3. PRINCIPE DU DIMENSIONNEMENT D’UN PONT DALLE
GC - 2011
3. PRINCIPE DU DIMENSIONNEMENT D’UN PONT DALLE

Le dimensionnement aux Eurocodes d’un pont dalle en précontrainte totale fut l’objet du PFE de M. Rony KHADRA en 2009. De plus, le cours de béton précontraint de M. Philippe ZINK établit explicitement les méthodes de dimensionnement des structures précontraintes.

Ainsi, le présent paragraphe a pour objectif de définir clairement les hypothèses nécessaires à mon projet et de rappeler brièvement les principes de détermination et de justification d’une structure précontrainte selon les Eurocodes.

3.1 CREATION DUN OUTIL DE CALCUL

La phase 3 consiste à créer un outil de calcul permettant la justification d’une structure précontrainte. J’ai conçu cet outil sur un tableur Excel. Il permet le dimensionnement de ponts dalles à 2 ou 3 travées ayant une section constante. L’utilisateur est libre de faire évoluer les dimensions de la section, les portées, les matériaux, l’environnement de l’ouvrage… Le tableur détermine ensuite, l’effort de précontrainte, la ligne de câblage, ainsi que les armatures passives nécessaires dans trois cas de figure :

armatures passives nécessaires dans trois cas de figure :  Cas A : Ouvrage en précontrainte

Cas A : Ouvrage en précontrainte totale avec une non décompression du béton. (cf. BPEL 91 : Classe I )

Cas B : Ouvrage en précontrainte totale admettant une traction inférieure à la traction admissible dans le béton. (cf. BPEL 91 : Classe II )

Cas C : Ouvrage en précontrainte partielle. (cf. BPEL 91 : Classe III )

En définitive, l’outil de calcul se décompose en 4 sections représentées sur la Figure 3-01. La première partie sert d’interface avec l’utilisateur et permet de saisir les hypothèses de calcul (cf. §3.2). La seconde détermine les sollicitations dues aux actions extérieures communes aux trois cas envisagés (cf. §3.3). La section suivante est quant à elle décomposée en trois sous parties faisant chacune l’objet du dimensionnement selon l’un des trois cas cités ci-dessus. Les principes de justification sont énoncés dans le paragraphe 3.4. Enfin, la dernière section effectue une étude comparative en chiffrant chacune des solutions (cf. §5).

L’ensemble des notations employées a été répertorié dans une note d’hypothèse jointe en Annexe 1.1. Celles-ci sont, dans la mesure du possible, conformes aux Eurocodes. Le cas échéant, elles sont définies préalablement.

Afin de ne pas surcharger ce mémoire, seuls les principes de justifications sont détaillés. Il convient de mener une lecture simultanée avec la note de calcul NC.01 jointe en Annexe 2.1 détaillant l’ensemble des calculs pour un exemple numérique donné. Cette note permet de décrire chaque phase de calcul programmée sur le tableur Excel.

GC - 2011
GC - 2011
GC - 2011 Figure 3-01 : Organigramme présentant l’architecture de l’outil de calcul MEMOIRE PFE –

Figure 3-01 : Organigramme présentant l’architecture de l’outil de calcul

GC - 2011 3.2 HYPOTHESES
GC - 2011
3.2 HYPOTHESES

3.2.1 ENVIRONNEMENT DE LOUVRAGE

La première étape consiste à identifier les conditions d’environnement auxquelles la structure est soumise. Pour ce faire, il convient de se reporter à l’EN1992-1-1 §4.2. La clause (2) décrit des classes d’exposition en fonction des conditions d’environnement, conformément à l’EN206-1 §4.1.

On distingue 7 familles de classes d’exposition.

Désignation de la classe

Description de l’environnement

1. Aucun risque de corrosion ni d’attaque

X0

Béton non armé et sans pièces métalliques noyées : toutes les expositions sauf en cas de gel/dégel, d'abrasion et d’attaques chimiques. Pour le béton armé ou avec des pièces métalliques noyées : Très sec

2. Corrosion induite par la carbonatation

XC1

Sec ou humide en permanence

XC2

Humide, rarement sec

XC3

Humidité modérée

XC4

Alternance d’humidité et de séchage

3. Corrosion induite par les chlorures

XD1

Humidité modérée

XD2

Humide, rarement sec

XD3

Alternance d’humidité et de séchage

4. Corrosion induite par les chlorures présents dans l’eau de mer

XS1

Exposé à l’air véhiculant du sel marin, mais pas en contact direct avec l’eau de mer

XS2

Immergé en permanence

XS3

Zones de marnage, zones soumises à des projections ou à des embruns

5. Attaques gel/dégel

XF1

Saturation modérée en eau sans agent de déverglaçage

XF2

Saturation modérée en eau avec agents de déverglaçage

XF3

Forte saturation en eau, sans agent de déverglaçage

XF4

Forte saturation en eau, avec agents de déverglaçage ou eau de mer.

6. Attaques chimiques

XA1

Environnement à faible agressivité chimique

XA2

Environnement d’agressivité chimique modérée

XA3

Environnement à forte agressivité chimique

7. Abrasion du béton en surface

XM1

Abrasion modérée

XM2

Abrasion importante

XM3

Abrasion extrême

Tableau 3-01 : Définition des classes d’exposition selon l’EN206-1 §4.1

L’EN206-1§4.1 fournit également des exemples informatifs illustrant le choix des classes d’expositions, ainsi
L’EN206-1§4.1
fournit
également
des
exemples informatifs illustrant le choix des
classes
d’expositions, ainsi que plusieurs notes afin de faciliter le choix de la classe d’exposition.
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
- 21 -
GC - 2011 Il convient également de consulter l’annexe nationale de l’EN1992-1-1 Clause 4.2(2) et
GC - 2011
Il
convient
également
de
consulter
l’annexe
nationale
de
l’EN1992-1-1
Clause
4.2(2)
et
l’EN1992-2 Clause 4.2(106) pour plusieurs notes explicatives complémentaires.

Le choix de la classe d’exposition d’un élément intervient directement sur son dimensionnement. En effet la traduction des exigences de durabilité impose une classe de résistance minimale du béton (cf. EN206-1 Tableau NA.F.1) et conditionne l’enrobage des aciers passifs et de précontrainte. (cf. EN1992-1-1 §4.4).

En toute rigueur, chaque paroi en béton d’une structure est caractérisée par sa classe d’exposition. Par simplification, en accord avec M. Philippe ZINK, l’outil de calcul permet la saisie de trois classes d’exposition. Il retient ensuite la classe de résistance minimale du béton la plus élevée et une condition d’enrobage unique pour toutes les faces de la structure.

3.2.2 MATERIAUX

3.2.2.1 LE BETON

Bien qu’une classe minimale de résistance du béton soit imposée, l’utilisateur est libre de choisir une classe de résistance supérieure. Le tableur permet de choisir une classe de béton allant des classes C20/25 (classe minimale pour un pont) à C90/105.

L’EN1992-1-1 §3.1 permet ensuite de déterminer les caractéristiques de résistance et de déformation en fonction de la classe de résistance du béton.

3.2.2.2 LES ACIERS DE PRECONTRAINTE

L’outil de calcul permet de choisir un type de câbles parmi les plus couramment utilisés. Les procédés et les systèmes de précontrainte étant fonction du fournisseur, j’ai choisi pour mon étude, de prendre pour référence l’ATE N°ETA-06/0226 détenu par la société FREYSINNET.

Actuellement en France, les armatures de précontrainte se présentent essentiellement sous la forme de torons ayant les diamètres courants suivants :

Désignation

Diamètre

T13

12,5mm

T13S

12,9mm

T15

15,2mm

T15S

15,7mm

Tableau 3-02 : Diamètres courant des torons selon l’ATE N°ETA-06/0226 §B.1.1

Les câbles usuellement utilisés dans le cadre de pont dalle sont composés de 12 à 13 torons (voir 19 ou 22 plus rarement).

Les caractéristiques du matériau (résistance, module d’élasticité…) sont automatiquement pris en compte par l’outil de calcul en accord avec les règlements Eurocodes ou l’ATE N°ETA-06/0226 en fonction du type de câbles choisi.

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 22 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
- 22 -
GC - 2011 3.2.2.3 LES ACIERS PASSIFS
GC - 2011
3.2.2.3 LES ACIERS PASSIFS

Le choix du type d’acier passif est restreint. Seules les armatures de béton armé à haute adhérence (HA) peuvent être sélectionnées. De plus, en France, l’Annexe Nationale de l’EN1992-1-1

Clause 3.2.2(3) précise que la valeur courante à utiliser pour la limite d’élasticité est

f MPa .

500

yk

3.2.3 ENROBAGE DES ARMATURES

L’EN1992-1-1 §4 impose une valeur minimale de l’épaisseur de béton autour des armatures afin de retarder la pénétration des agents agressifs.

avec :

La valeur nominale

c nom

de l’enrobage est définit par l’EN1992-1-1 §4.4.1.2

c

nom

c c

min

dev

c

dev

: l’enrobage lié aux tolérances d’exécution. La valeur recommandée est de 10mm.

Cependant l’utilisateur est libre de choisir une autre valeur, s’il est en mesure de la justifier.

où :

: l’enrobage minimal assurant une bonne transition des efforts entre les armatures et le

béton et une protection suffisante contre les agents agressifs extérieurs. Selon l’EN1992-1-1 et

son annexe nationale :

c min

c

min

max(

c

b

;

c

min,

; 10

mm

)

min,

dur

minimal

d’armatures et de leurs sections

c

min, b

est

l’enrobage

vis-à-vis

des

conditions

d’adhérence

qui

dépend

du

type

c min, dur

est l’enrobage minimal vis-à-vis des conditions d’environnement. Il dépend de la classe

d’exposition de l’ouvrage ainsi que de sa classe structurale. (cf. EN1992-1-1 §4.4.1.2(5))

La classe structurale de l’ouvrage dépend de la durée d’utilisation du projet, des caractéristiques du béton d’enrobage, des conditions de mise en œuvre du béton et est déterminée à l’aide du Tableau 4.3NF de l’annexe nationale de l’EN1992-1-1.

3.2.4 MODELISATION DE LOUVRAGE

L’ouvrage étudié peut être modélisé par une poutre continue à 2 ou 3 travées de longueurs (L 1 , L 2 ) ou (L 1 , L 2 , L 3 ).

L 1 L 2 L 3
L 1 L 2 L 3
L 1 L 2 L 3
L 1 L 2 L 3
L 1 L 2 L 3

L 1

L 2

L 3

Figure 3-02 : Modélisation de la structure MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 23 -
Figure 3-02 : Modélisation de la structure
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
- 23 -
GC - 2011 La forme du profil transversal est imposée. Il convient de spécifier une
GC - 2011
La forme du profil transversal est imposée. Il convient de spécifier une section définit par les
paramètres (b, b 0 , b 1 , h et h 0 ) comme indiqué sur la Figure 3-03.

h

w w T1 w T2 h 0 b 1 b 2 b 0 b 2
w
w T1
w T2
h
0
b 1
b 2
b
0
b 2
b 1
b

Figure 3-03 : Section transversale

3.2.5 LES CHARGES

On distingue :

3.2.5.1 LES CHARGES PERMANENTES

Le poids propre de l’ouvrage

G k ,1

est automatiquement pris en compte.

Les charges d’équipements

. L’utilisateur peut saisir l’épaisseur de l’étanchéité et de la

couche d’enrobé sur la chaussée ainsi que celle des trottoirs. Il convient également de renseigner le poids linéique des corniches et barrières de sécurité.

G k ,2

3.2.5.2 LES CHARGES DEXPLOITATION

a) Système de chargement LM1 :

Conformément à l’EN1991-2, le tableur prend en compte le groupe de chargement Gr1a, c'est-à-

.

et

dire la combinaison du modèle de charges LM1 TS UDL et des surcharges sur les trottoirs

L’utilisateur doit cependant renseigner la largeur de la chaussée w ainsi que celles des trottoirs

q fk

w

T

1

w

T

2

(cf. Figure 3-03) et définir la classe de trafic.

L’outil de calcul détermine ensuite l’intensité des charges à appliquer sur la poutre continue équivalente. Pour prendre en compte la répartition transversale des charges, l’utilisateur peut saisir un coefficient multiplicateur pour chaque charge appartenant au système de charge LM1.

Ces coefficients peuvent être déterminés par la méthode de Guyon-Massonnet-Barès. Cependant, leurs déterminations n’ont pas été programmées dans l’outil de calcul. En effet, l’étude de cette méthode a fait l’objet de mon Projet de Recherche Technologique en collaboration avec Flavie MICHAUD en 2010, et la programmation de celle-ci engendre des calculs volumineux. En accord avec M. Philippe ZINK nous n’avons pas jugé utile de mener une telle opération dans le cadre de mon étude.

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 24 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
- 24 -
GC - 2011 b) Actions thermiques :
GC - 2011
b) Actions thermiques :

Conformément à l’EN1991-1-5, il convient de prendre en compte les actions thermiques sur les structures.

L’action thermique

T

k

peut se décomposer en trois composantes :

une composante de variation uniforme de température. Elle conduit à un allongement ou raccourcissement du tablier de l’ouvrage et éventuellement à un effort normal ; cette

composante est notée

T

N

une composante dite de gradient thermique, qui correspond à une différence de température entre les fibres supérieures et inférieures du tablier. Elle conduit à une courbure du tablier, ainsi

qu’éventuellement à un moment fléchissant ; cette composante est notée

T

M

une composante dite équilibrée notée

T

E

qui combine les deux précédentes.

(R1) : Dans le cas d’un pont dalle reposant sur des appuis néoprènes, l’effort normal créé par la composante uniforme est quasi nul. De plus le guide du SETRA admet qu’il n’est en général pas utile de tenir compte explicitement de la composante équilibrée dans les calculs de section. Pour les ponts en béton, ses effets sont couverts par un ferraillage de peau adapté. Par la suite, seul le gradient thermique sera pris en compte.

est conventionnellement compté positivement lorsque la fibre

supérieure du tablier est plus chaude que la fibre inférieure (échauffement direct par les rayons solaires en journée). A l’inverse, il est compté négativement lorsque la fibre supérieure du tablier est plus froide que la fibre inférieure ce qui correspond à un refroidissement du tablier pendant la nuit.

(R2) : Le gradient thermique

T

M

D’après l’annexe nationale de l’EN 1991-5 Clause 6.1.4.1(1) concernant les charges thermiques, les valeurs des variations du gradient thermique pour un pont dalle sont :

T

M heat

,

 C

12

et

T

M cool

,

Note : Le coefficient de dilatation thermique du béton vaut :

T

 C

6

10

5

C

1

GC - 2011 3.2.6 LES COMBINAISONS D’ACTIONS
GC - 2011
3.2.6 LES COMBINAISONS D’ACTIONS

Construire des ouvrages capables de résister à toutes actions possibles agissant simultanément ne serait pas économique. C’est pourquoi la méthode des coefficients partiels va de paire avec la notion de combinaisons d’actions. Celles-ci sont définit par l’EN1990 §6.4 et §6.5 pour les états limites ultimes et de services.

3.2.6.1 AUX ETATS LIMITES DE SERVICES

Les combinaisons d’actions pour les ELS sont définies symboliquement par les expressions suivantes :

a) La combinaison caractéristique:

j

1

G

k j

,

P Q

 

k

,1

Q

0,

i

.

k i

,

i

2

b) La combinaison fréquente:

j

1

G

k j

,

P Q

 

1,1

.

k

,1

Q

2,

i

.

k i

,

i

2

c) La combinaison quasi-permanente:

j

1

G

k j

,

 

P

Q

2,

i

.

k i

,

i

1

3.01

3.02

3.03

L’EN1990 AnnexeA1_AN_Clause A2.2.6 précise les valeurs des coefficients à utiliser pour les

pour le groupe de charges Gr1a et les charges

ponts routiers. Le Tableau 3-03 fixe les valeurs de

thermiques.

Le Tableau 3-03 fixe les valeurs de  thermiques. Tableau 3-03 : Valeurs de  pour

Tableau 3-03 : Valeurs de pour le groupe de charges Gr1a

GC - 2011 3.2.6.2 AUX ETATS LIMITES ULTIMES Les combinaisons d’actions pour les ELU sont
GC - 2011
3.2.6.2 AUX ETATS LIMITES ULTIMES
Les combinaisons d’actions pour les ELU sont définies symboliquement par les expressions suivantes :

a) La combinaison fondamentale:

j

1

G

G

.

k j

,

P Q

P

.

Q

,1

.

k

,1

i

2

  Q

Q i

,

.

0,

i

.

k i

,

où :

1,20 1,35

G

P

Q

pour les surcharges d’exploitation dues au trafic routier, piétons et cycles.

1,50 pour les autres actions variables (thermiques, surcharges d’exploitation…)

1,35

b) La combinaison d’action pour l’ELU de fatigue :

j

1

G

k j

,

P Q

 

1,1

.

k

,1

Q

2,

i

.

k i

,

i

2

Q

fat

3.2.7 LES CONTRAINTES ADMISSIBLES

3.04

3.05

Le tableur Excel est conçu afin d’effectuer une justification selon 3 cas de figure (cf. §3.1). Pour chaque cas, les contraintes admissibles dans les matériaux évoluent.

Les contraintes de compression et de traction admissibles dans le béton pour la présente étude figurent dans le Tableau 3-04.

Pour le besoin de l’étude, il convient de poser les notations suivantes :

l’étude, il convient de poser les notations suivantes : Figure 3-04 : Notations des contraintes limites

Figure 3-04 : Notations des contraintes limites

Rappel : l’ensemble des notations et leur dénomination figure dans la note d’hypothèse jointe en Annexe 1.1.

MEMOIRE PFE – Vincent KLING - 27 -
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
- 27 -
GC - 2011 Combinaisons Caractéristiques Fréquentes Quasi-permanentes 0 0,60 f ck 0,45 f ck 0
GC - 2011
Combinaisons
Caractéristiques
Fréquentes
Quasi-permanentes
0
0,60 f ck
0,45 f ck
0
0,60 f ck
0
Cas A
0,60 f ck
0
0,60 f ck
0,45 f ck
Cas B
- f ctm
- f ctm
0,60 f ck
0,60 f ck
0
0,45 f ck
Cas C
0,80 f pk
0,80 f pk
0,80 f yk
0,80 f yk
En noir : limitations imposées par l’EN 1992
En rouge : limitations supplémentaires choisies pour l’étude

Tableau 3-04 : Contraintes admissibles

3.3 SOLLICITATIONS

Les moments fléchissant ont été déterminés à l’aide de la méthode des foyers et des règles de calcul classiques issues de la Résistance des Matériaux. D’autre part, les efforts tranchants ont été déterminés soit par calcul direct, soit par dérivation du moment fléchissant en appliquant la convention suivante :

V ( x ) 

dM x

(

)

dx

GC - 2011 3.4 PRINCIPE DE LA JUSTIFICATION
GC - 2011
3.4 PRINCIPE DE LA JUSTIFICATION

Le paragraphe suivant a pour objectif de définir le schéma d’enclenchement des phases de calculs permettant la justification d’un pont dalle selon les Eurocodes en fonction du cas d’étude. Le coffrage de la section étant fixé, il convient de déterminer les sections d’armatures satisfaisant les critères de vérification imposés par la réglementation en vigueur énoncés dans le paragraphe 2.2.3.

La justification se décompose en 8 phases :

 

Dénomination

CAS A

CAS B

CAS C

 

Détermination de la précontrainte

  Détermination de la précontrainte
  Détermination de la précontrainte
  Détermination de la précontrainte

1

(Effort de précontrainte et tracé des câbles)

2

Détermination de la section d’armatures passives afin de satisfaire les contraintes admissibles dans les matériaux.

   
de la section d’armatures passives afin de satisfaire les contraintes admissibles dans les matériaux.    

3

Vérification de la maîtrise de la fissuration

 
*
*
3 Vérification de la maîtrise de la fissuration   *

4

Vérification de la rupture fragile

4 Vérification de la rupture fragile
4 Vérification de la rupture fragile
4 Vérification de la rupture fragile
 

Dispositions constructives

  Dispositions constructives
  Dispositions constructives
  Dispositions constructives

5

(Acier de peau, Ancrages…)

6

Bilan et Vérification des contraintes

   
6 Bilan et Vérification des contraintes    

7

Vérification à la fatigue

   
7 Vérification à la fatigue    

8

Détermination des armatures d’efforts tranchant

8 Détermination des armatures d’efforts tranchant
8 Détermination des armatures d’efforts tranchant
8 Détermination des armatures d’efforts tranchant

*

Seule la détermination du ferraillage minimum sous moment de fissuration est nécessaire.

 

Tableau 3-05 : Ensemble des justifications à mener conformément aux Eurocodes

Le principe de justification de chacune des phases est détaillé dans la suite du présent paragraphe.

Remarque : Le cours de béton précontraint de M. Philippe ZINK détaille l’intégralité des justifications des phases 1 et 2. C’est pourquoi les paragraphes 3.4.1 et 3.4.2 présentent uniquement les grandes lignes de la détermination des armatures. De plus, la note de calcul NC.01 retrace l’ensemble des calculs pour un exemple numérique donné selon chaque cas d’études (A, B, C).

GC - 2011 3.4.1 PRECONTRAINTE
GC - 2011
3.4.1 PRECONTRAINTE

Rappelons dans ce paragraphe brièvement le principe de détermination de l’effort précontrainte. Quelque soit les contraintes admissibles, et donc le cas étudié, le principe de détermination de la précontrainte reste inchangé.

Notons cependant que dans les cas A et B, la détermination d’effectue sous combinaisons de charges caractéristiques, et dans le cas C sous combinaisons quasi-permanentes.

3.4.1.1 RAPPEL DES CONDITIONS MECANIQUES ET GEOMETRIQUES

a) Les conditions mécaniques :

La justification de la précontrainte consiste à vérifier que les contraintes développées respectent les contraintes limites choisies. La convenance des contraintes se traduit par des conditions à respecter

sur l’ordonnée

e p 0

de la ligne de précontrainte :

En traction :

 

'

C

.

v

'.

 1

En compression :

cm

.

A

c

  

M

m

P

k

P

k

 '

.

v .

1

'

cm

.

A

c

  

M

m

P

k

P

k

e

e

p 0

p 0

 

.

v

.

v

.

   1

'

A

cM c

.

   M P

M

k

P

k

'.

  

1

A

cM c

.

   M P

M

k

P

k

C

 

3.06

3.07

Ces conditions définissent les ordonnées du fuseau de passage de la précontrainte.

b) Les conditions géométriques :

De plus, quelque soit la section, les câbles doivent être correctement enrobés. Ceci se traduit par une condition sur la ligne de câblage :

c) Bilan :

(

v t e v t

p

'

')

3.08

Afin de déterminer un câblage satisfaisant aux conditions mécaniques et géométriques, la ligne de précontrainte doit respecter les trois conditions suivantes :

(C1) : Etre inscrite à l’intérieur du fuseau de passage

(C2) : Etre concordante

(C3) : Présenter une flèche suffisamment faible pour que le câblage qui en sera déduit par transformation linéaire respecte les conditions géométriques

P k Ces trois conditions influent directement sur l’intensité de la précontrainte. MEMOIRE PFE –
P
k
Ces trois conditions influent directement sur l’intensité
de la précontrainte.
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
- 30 -
GC - 2011 3.4.1.2 EFFORTS DE PRECONTRAINTE EXTREMES DANS LA SECTION
GC - 2011
3.4.1.2 EFFORTS DE PRECONTRAINTE EXTREMES DANS LA SECTION

En premier lieu, afin de satisfaire à la condition C1, il convient au minimum que le fuseau de passage soit ouvert. Ceci se traduit par le système d’équation suivant :

C ' C  

'

  

3.09

Afin de garantir l’ouverture du fuseau de passage, la résolution de ce système implique la limitation de l’effort de précontrainte suivante :

P

I

,min

M

.

I '

.

I

cm

cM

v v

'

.

h

P

k

P

I

,max

 

M

.

I

'

.

I

cM

v

cm

v

'

.

h

3.10

3.4.1.3 EXISTENCE DUNE LIGNE DE PRECONTRAINTE

Dans un second temps, la ligne de précontrainte doit être inscrite dans le fuseau de passage.

Max C   e Min C

p

0

,

(

',

')

(

)

et doit être nécessairement concordante.

3.11

Rappel : une ligne de précontrainte est dite concordante si elle vérifie pour chaque appui la relation de concordance suivante :

(

e

p

0

)

L

i 1

0

P e

k

.

p

0

.

  

1

x   dx

EI

L

i

0

x dx

J i

3.12

3.13

3.13a

L i 1

P e

k

.

p

0

.

L EI

i

Ces conditions conduisent à une nouvelle enveloppe de l’effort de précontrainte :

avec :

P

k

P

1,

i

P

II

,min

Max P P

i

1 à n-1

1,

i

;

2,

i

P

k

P

II

,max

i

Min P P

1 à n-1

1,

i

;

'

'

2,

i

L

0

i

 

1

 

dx

 

L

0

i

 

 

1

 

M

 

I  ' . cM '
I
'
.
cM
'

v

  .

1

x

M

 

'

I

x dx

M

 

L

i

.

EI

M

cM

.

v

'

 

.

.

L EI

i

 

L

i

0

1

.

v

.

1

x

L

i

1

 

.

dx

EI

L

0

i

.

v

.

x dx

.

L EI

i

   

L

0

i

1

 

M

 

I  . cm
I
.
cm

1

x

 

dx

i

L

M

 

 

I

x dx

m

v

  .

 

L

i

1

 

.

EI

0

 

m

cm

.

v

 

.

.

L EI

i

3.13b

P  P  k 2, i i  1  L  . v
P
 P
k
2,
i
i
 1
 L
.
v
'.
0
x
dx
x dx
i
1
.
 L
.
v
'.
.
EI
0
L EI
L i
 1
i
MEMOIRE PFE – Vincent KLING
- 31 -
GC - 2011  I   x  dx  I  x dx
GC - 2011
I
x 
dx
I
x dx
i
 1
i
 L
M
.
1
.
  .
 L
M
.
.
.
M
cM
M
cM
3.13c 
0
 
v
EI
0
L i
 
v
 
L EI
 1
i
P
 P '
k
1,
i

P

k

P '

2,

i

 

L

0

i

1

.

v

'.

1

x

L

i

1

 

.

dx

EI

L

0

i