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MD3 C46

Discours du sage Orateur au sujet du langage intérieur


de l'esprit et de celui, extérieur, des lèvres

(24 mai 1843)


1. Après quelques instants, un des contestataires se leva tout de même et dit : "Écoute,
cher ami et frère ! Il est incontestable que tu es le plus sage de tous ceux qui se trouvent à
cette table. C'est la raison pour laquelle je suis persuadé d'avance que tu vas résoudre
l'importante question que j'aimerais te poser. Je te demande de bien vouloir m'écouter !"
2. Mais l'Orateur lui répliqua : "Écoute ! L'authentique sagesse qui provient du
Seigneur Dieu Sabaot ne doit jamais questionner ni être questionnée ! Car le vrai sage connaît
ce qui se trouve à la base de toute vérité par sa Parole intérieure et vivante. Et il n'est pas
besoin que le sage légitime soit interrogé, vu que son esprit l'instruit de ce qui est nécessaire à
son frère.
3. Si tu veux Me questionner, dis-Moi, qu'en est-il alors de ta sagesse que tu viens de
vanter si hautement en ta qualité d'esprit caustique ?
4. Vois, si tu es réellement avisé, la lumière de ton esprit devrait pourtant te montrer
que Moi, en tant que sage, dois être au courant de ce qui te préoccupe sans que tu Me poses de
questions !
5. Néanmoins, tu veux le faire ; es-tu vraiment un sage, et considères-tu du plus
profond de ton être que J'en suis réellement un ?
6. Crois-tu que ces éminents invités ne le sachent pas ? Oh, va donc le leur
demander !"
7. Ici, le contestataire à l'esprit critique devint très gêné et ne sut que faire, car les
propos de l'orateur lui montraient clairement que celui-ci avait dû remarquer qu'il avait eu
l'intention de lui poser une question quelque peu litigieuse.
8. Mais vu qu'il se rendait maintenant compte qu'il ne pourrait pas facilement se
débarrasser de son interlocuteur, il commença à écouter ce que la voix de son cœur s'efforçait
de lui faire entendre.
9. S'étant aperçu de cela, l'Orateur lui adressa les paroles suivantes :
10. "Écoute : Je vais te donner une réponse à la question que tu avais l'intention de Me
poser pour Me tendre un piège, car J'ai vu que tu as laissé monter en toi un autre état d'esprit.
Voici donc Ma réponse :
11. Tu étais d'avis que l'être humain ne peut se faire comprendre de ses frères sans la
parole ; par conséquent, la parole que les lèvres prononcent est l'accomplissement de celle,
muette, qui se trouve dans le cœur, puisque c'est grâce à elle que l'être humain est capable de
se manifester devant toutes les autres créatures de la terre ; il en découle qu'il faudrait toujours
adorer, remercier et glorifier Dieu, le Créateur, au moyen de la parole accomplie, et non avec
la pensée intérieure ou les impressions reliées aux sentiments, lesquelles ne satisfont que
l'esprit.
12. Vois : c'est justement tout le contraire ! Du fait que l'être humain est devenu un
serviteur du monde et de ses sens, qu'il s'est tourné vers ce qui est apparent et s'est également
identifié au langage oral extérieur, il ne peut comprendre son frère que par les mots que ses
lèvres prononcent, ce qui ne représente en soi que l'écorce extérieure d'un arbre.
13. Toutefois, ce gain illusoire signifie pour lui une perte incommensurable ; car, si
l'homme avait conservé son langage spirituel, la création tout entière serait capable de
s'exprimer, et il pourrait saisir l'essence des choses. Mais, tel qu'il est, il est devenu un
observateur muet de ce qui l'entoure et a perverti ses sens par son extériorisation ; il est
maintenant sourd, aveugle et insensible, tout comme l'écorce de l'arbre, et ne comprend rien à
ce qui se trouve à la base des choses. Oui, il ne se connaît même pas lui-même et reste fermé
devant les souffrances de ses frères !
14. Ne voudrais-tu pas encore tourner vers l'extérieur la reconnaissance de l'adoration
de Dieu, Lui qui est la Vie qui se trouve au plus profond de l'être humain, ce qui te permettrait
de perdre Dieu et de devenir un païen, ou bien même un athée accompli ?"
15. Ici, tous les convives qui se trouvaient à la table de l'Orateur se sentirent
singulièrement mal à l'aise, ce qui fut également le cas de ceux de la table principale, - à
l'exception d'Hénoc, de Lémec des hauteurs et d'Hored.
16. Et notre Lémec des profondeurs commença à se gratter avec insistance derrière les
oreilles et aurait bien aimé faire une remarque ; l'Orateur n'avait pas encore terminé Son
discours, ce qu'il fit attendit patiemment jusqu'au bout.

MD3 C47
La croyance forcée
La foi devenue libre et vivante à travers l'amour envers Dieu

(27 mai 1843)


1. Après une brève interruption, l'Orateur continua : "Maintenant que Je t'ai laissé
entrevoir un peu de lumière, tu Me regardes, complètement ahuri, et ne sais que penser de
Moi et de Mes paroles.
2. Tu te demandes en toi-même : "Pourquoi devrais-je être un négateur de Dieu si je
Le prie avec mes lèvres ? Pourrais-je témoigner de Lui au moyen de la parole si je ne L'avais
pas auparavant reconnu dans mon cœur, donc dans les pensées qui s'y trouvent ?"
3. Oui, Mon ami et frère, il est bien vrai que tu reconnais Dieu de cette manière et que
les paroles que tu prononces sont l'expression de ce qui se trouve dans ton cœur ; mais
pourquoi en est-il ainsi ?
4. Parce que tu as vu le Seigneur, ton Dieu, et que tu es forcé de croire qu'Il existe, que
tu sais comment Il est et que tu as entendu de Sa bouche ce qu'Il veut des êtres humains !
5. Mais cette croyance ne va pas de pair avec la liberté de l'esprit ; elle est plutôt une
servitude meurtrière pour celui-ci, vu que tu dois croire maintenant qu'Il est Dieu, le
Seigneur ; car tu L'as vu et as pu te convaincre de la puissance de Sa Parole et de Ses actes.
6. Toutefois, tes convictions ne seront valables que pour toi et ne pourront être
retransmises avec la même force à ta descendance ; car ce que tu reconnais en toi de façon
convaincante, tes descendants qui l'auront obtenu en partage le tiendront à peine pour vrai, vu
que ce ne sera qu'un héritage transmis de bouche à oreille qui n'aura jamais la force de ce que
tu ressens maintenant.
7. Dans dix générations, tes convictions retransmises auront été si déformées qu'elles
ne jouiront plus d'aucune considération, et le paganisme sera le fruit de cette tradition qui se
sera propagée oralement ; à ce fruit succédera un athéisme le plus absolu qui sera
infailliblement suivi du jugement, vu que l'être humain qui se trouve en-dehors de Dieu est
déjà jugé dans la nuit de sa propre mort.
8. Mais si tu reconnais Dieu dans ton cœur, c'est-à-dire au moyen de l'amour vivant
que tu Lui portes, et que tu Le pries en esprit et en vérité, alors tu pourras te débarrasser du
jugement auquel tu aurais été inévitablement soumis à cause de ta croyance forcée, laquelle ne
t'aurait jamais apporté de salut ; tu pourras passer à une foi vivante, c'est-à-dire à une
contemplation animée de ton esprit en toi, dans laquelle toute ta force devra finalement
s'unifier si tu veux vivre éternellement.
9. Ce n'est que dans cette contemplation vivante que tu pourras reconnaître
véritablement Dieu en esprit et en vérité ; et tu t'efforceras de maintenir cette foi parmi tes
descendants qui, pour leur part, feront de même avec leur progéniture ; ainsi, le paganisme, la
négation de Dieu, le jugement et la mort ne les connaîtront point.
10. Car il est certain et absolument conforme à l'ordre des choses que l'esprit humain
est l'élément qui se trouve dans la plus grande profondeur de l'homme, tout comme le germe
vivant se situe à l'endroit le plus intérieur de chaque fruit.
11. Si tu crois et pries en te tournant vers ce qui est placé en dehors de toi, vers ce que
tes sens te montrent de matériel, alors tu attires également ton esprit dans ce qui est extérieur
et appartient à la matière, ce qui signifie jugement et mort.
12. En agissant de la sorte, tu te comportes de même sur le plan spirituel, comme si tu
voulais placer une torche incandescente dans une eau boueuse au lieu de la laisser brûler ! Je
te le demande : va-t-elle continuer à flamber et à éclairer ton chemin privé de lumière ?
13. Ton esprit est ta lumière et ta Vie ; mais si tu l'éteins, qu'as-tu encore qui pourra
faire naître la Vie en toi ?
14. Il est certain que tu vis, puisque tu as vu Dieu et dois croire qu'Il existe. Mais Je te
le dis : avec cette vie-là, tu ne vivras pas au-delà du tombeau si tu n'oublies pas dans ta
matière ce que tu as vu et ne retrouves pas ce que tu as oublié sous forme de nouvel élément
de ton esprit, né par un amour puissant à l'égard de Dieu.
15. Garde ces paroles en toi aussi précieusement que ce que tu as vu, et ainsi tu vivras
éternellement ; sinon, seulement jusqu'à la tombe !
16. Comprends bien cela ; et s'il se trouve quelque chose qui te soit encore obscur, dis-
le Moi, afin que Je te donne de la lumière ! Amen."