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JEU CONCOURS DE L’ÉTÉ

LES RÉSULTATS

P. 58

JEU CONCOURS DE L’ÉTÉ LES RÉSULTATS P. 58 En direct… d’Afghanistan Mensuel d’information et de liaison
JEU CONCOURS DE L’ÉTÉ LES RÉSULTATS P. 58 En direct… d’Afghanistan Mensuel d’information et de liaison

En direct… d’Afghanistan

Mensuel d’information et de liaison de l’armée de Terre

N° 199 - Novembre 2008

Focus

Le Grand rapport

Dossier

Nos soldats ont des idées

Social

Terre fraternité

N° 199 - Novembre 2008 Focus Le Grand rapport Dossier Nos soldats ont des idées Social

Patrimoine

N° 199 - Novembre 2008 Focus Le Grand rapport Dossier Nos soldats ont des idées Social
EDITO 5 PANORAMA 6 FOCUS Le PCTAM 2008 10 Interview du MGAT 11 Le Grand

EDITO

5

PANORAMA

6

FOCUS

Le PCTAM 2008

10

Interview du MGAT

11

Le Grand rapport

12

Le Visa Off de Perpignan

14

EN DIRECT D’AFGHANISTAN

16

L’engagement français

18

La logistique au contact

22

En Kapisa

24

DOSSIER

NOS SOLDATS ONT DES IDÉES

26

TECHNOLOGIE

Protection individuelle du combattant

RETEX

TÉMOIGNAGE

PATRIMOINE

Les 90 ans de la Grande Guerre

24 HEURES AVEC

Afghanistan

SOCIAL

Terre fraternité

40

42

43

44

48

50

RECRUTEMENT

Dark Dog Moto Tour

SPORT

Le CNE Mouro, kitesurfeur Brèves

52

54

56

QUARTIER LIBRE

Les résultats du jeu concours de l’été A l’honneur Votre agenda BD Ces militaires qui écrivent Culture et loisirs Mots fléchés Vu dans les médias Petites annonces

58

60

61

63

64

66

68

69

70

Novembre 2008

sommaire

12
12
44
44
16
16
26
26
50
50

PROCHAINEMENT

CALENDRIER 2009

RÉDACTION SIRPA TERRE 14, rue Saint-Dominique, 00453 Armées PNIA 821 753 + N° de poste

RÉDACTION SIRPA TERRE 14, rue Saint-Dominique, 00453 Armées PNIA 821 753 + N° de poste Tél. : 01 76 64 85 46 - Fax : 01 76 64 85 52

PRÉSIDENT DU COMITÉ DE RÉDACTION

COL Benoît Royal

DIRECTEUR DE LA RÉDACTION

COL Bruno Lafitte

RÉDACTEUR EN CHEF

LCL Michel Sabatier (poste 85 43)

RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT

CNE Julie Cros (poste 85 46)

SECRÉTAIRE DE RÉDACTION

LTN Sabine Fosseux (poste 85 46)

CHEF DES REPORTAGES

MAJ Yannick Le Leuch (poste 85 47)

RÉDACTION

(poste 85 50) CNE Audrey Laisné, CNE Nathalie Durand, LTN Thomas Dijol, LTN Aurélie Carrière, SGT (R) Stanislas d’Alançon, Bernard Edinger

« INFORMATIONS GÉNÉRALES, BRÈVES » « PETITES ANNONCES »

LTN Anne-Béatrice Micard (poste 85 49)

CELLULE PHOTOGRAPHIQUE

(poste 85 45) ADJ Jean-Raphaël Drahi, ADJ Gilles Gesquière, CCH Jean-Baptiste Tabone

CELLULE ICONOGRAPHIQUE

(poste 85 44) BCH Christophe Deyres, BCH Pascal Villemur

MARKETING

MAJ André Lebodic (poste 85 48)

www.defense.gouv.fr/terre

sirpat-comecrite@emat.terre.defense.gouv.fr

ÉDITEUR

Délégation à l’Information et à la Communication de la Défense 1, place Joffre, 75007, Paris

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION

COL Benoît Royal, Chef du SIRPA Terre

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M. Thierry Lepsch Tél. : 01 49 60 58 56

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Commission paritaire n° 0211B05259 ISSN n° 0995-6 999 Dépôt légal : à parution

0211B05259 ISSN n° 0995-6 999 Dépôt légal : à parution Ce numéro comprend un encart Terre

Ce numéro comprend un encart Terre Information folioté de I à IV et un encart central La France Mutualiste. Tous droits de reproduction réservés. La reproduction des articles est soumise à l’autorisation préalable de la rédaction.

CRÉDITS PHOTOS

SIRPAT, CNPI3, CDEF, ECPAD, CNPI2, DR

COUVERTURE

Le colonel Xavier-Marie Desgrees du Lou, tué le 25 septembre 1915 en tenant le drapeau de son 65 e Régiment d’infanterie, DR.

éditorial

Les bonnes idées du terrain

A lors que l’outil de Défense s’adapte au monde qui bouge et à l’évolution de la menace, toutes les énergies des civils et des

militaires de l’armée de Terre se mobi- lisent afin de mettre en œuvre les prin- cipales mutations : « Nous allons être inventifs », annonçait le président de la République le 17 juin 2008 aux armées en présentant le Livre blanc sur la Défense. Dans ce cadre, la mission pour le déve-

loppement de l’innovation participative 1

a pour fonction d’apporter un soutien

à tous les innovateurs, sans distinction de grade ou de spécialité. Au moment où vient le temps de l’ac- tion et où chacun a à cœur de prendre

à bras le corps sa propre tâche dans

l’effort consenti au profit des forces, la mission pour l’innovation offre une aide, concrète et financière, à tout pro- jet portant sur les réformes de l’insti- tution, la simplification des procédu- res ou l’amélioration des matériels. Chaque semaine, le chef de la mission conduit des sessions d’information au sein des formations du ministère, en présence de personnels de tous gra- des et de représentants de tous les services. Chacun d’entre nous, dans sa fonction du moment, peut avoir une idée innovante et présenter un projet pour des améliorations de tout type, technique, opérationnelle et adminis- trative ainsi que concernant le déve- loppement durable. Chacun est auto- risé à s’adresser directement au chef de la mission : c’est simple et rapide car deux mois après l’entretien pré- sentant le projet, les fonds nécessai- res à la réalisation sont mis à disposi- tion de l’innovateur. L’efficacité est obtenue par une grande réactivité. Et d’ailleurs, nos soldats ont des idées:

à la 27 e BIM, l’adjudant-chef Nocodie vient de mettre au point de petits pan- neaux solaires souples avec accumu- lateurs associés portatifs qui donnent aux commandos des URH l’autonomie en énergie électrique ; cette innovation est généralisée et elle est utilisée en opérations extérieures ;

au 3 e REI en Guyane, le caporal-chef Guermanovitch a mis au point une chaîne de transmission vidéo et photo-

a mis au point une chaîne de transmission vidéo et photo- graphique numérique à base de

graphique numérique à base de camé- ras légères, qui permet le recueil d’informations à distance et en temps réel. La diffusion du renseignement est instantanée vers les centres de déci- sion opérationnels. Le système est uti- lisé lors des lancements de fusées à Kourou au centre spatial européen ; • d’autres exemples de projets, comme l’invention d’un logiciel de livraison par air par nos parachutistes, d’une couverture de sauvetage et d’évacua- tion par nos sapeurs- pompiers et d’un simulateur de signaux tactiques pour l’entraînement des opérateurs d’écou- tes par nos transmetteurs montrent la richesse et le capital d’innovation de l’armée de Terre. 2 Je souhaite souligner ici que l’objet de la mission est bien de faciliter l’expres- sion et la concrétisation des idées des futurs innovateurs. C’est notre raison d’être. Des prix et des récompenses sont décernés aux meilleurs projets. Dans l’armée de Terre, entité forte à l’identité affirmée, les compétences des personnels sont élevées et doivent aujourd’hui devenir le moteur d’une réelle démarche d’innovation et per- mettre la démultiplication des « bon- nes idées » du terrain.

la démultiplication des « bon- nes idées » du terrain. Ingénieur général de l’armement François DEBOUT

Ingénieur général de l’armement François DEBOUT Chef de la mission pour le développement de l’innovation participative au ministère de la Défense

1
1

Créée par arrêté ministériel du 1 er mars 1995.

2 Pour en savoir plus sur ces projets, rendez-vous sur le site Internet de la Mission innovation :

www.defense.gouv.fr/dga/dossiers/bienvenue_a_

la_mission_innovation

TIM n°199 - Novembre 2008

5

Panorama

6

L’agenda du CEMAT

 

Le général d’armée Elrick Irastorza, CEMAT, visite chaque mois des formations de l’armée de Terre. Retroplanning depuis sa prise de fonction :

2 JUILLET

2

JUILLET

Visite du 3 e RPIMa, à Carcassonne.

10 JUILLET

10

JUILLET

Visite du 11 e RAMa, à Saint-Aubin du Cormier.

28 JUILLET

28

JUILLET

Visite du 12 e RA, à Haguenau, et du 152 e RI, à Colmar.

26 AOÛT

26

AOÛT

Visite du 8 e RPIMa, à Castres.

15 SEPTEMBRE

15

SEPTEMBRE

Visite du 5 e RG, à Versailles.

19 SEPTEMBRE

19

SEPTEMBRE

Visite du 121 e RT, à Montlhéry.

29 SEPTEMBRE

29

SEPTEMBRE

Visite du 501-503 e RCC,

à Mourmelon, et du 402 e RA,

à Châlons-en-Champagne.

2 OCTOBRE

2

OCTOBRE

Visite du 93 e RAM, à Varces, et du 68 e RAA, à La Valbonne.

8 OCTOBRE

8

OCTOBRE

Visite du 13 e RDP, à Dieuze, et du 40 e RT, à Thionville.

21 OCTOBRE

21

OCTOBRE

Visite du 35 e RI, à Belfort.

24 OCTOBRE

24

OCTOBRE

Visite du 27 e BCA, à Annecy.

Le CEMA et le CEMAT en Afghanistan

Le chef d’état-major des armées, le général d’armée Jean-Louis Georgelin, s’est rendu en Afghanistan du 3 au

4 septembre. Il était accompagné du

général d’armée Elrick Irastorza. Les deux autorités militaires ont rencontré le contingent français au camp de Ware- house, les unités stationnées dans la FOB (base opérationnelle avancée) Tora, puis ils se sont rendus auprès des personnels du 8 e Régiment de parachutistes d’infan- terie de Marine (8 e RPIMa) qui opèrent dans la région de la Kapisa.

chef d’état-major de l’armée de Terre, le
chef d’état-major de l’armée de Terre, le

Entraînement de soldats burkinabè

l’armée de Terre, le Entraînement de soldats burkinabè Du 1 e r au 18 septembre, un

Du 1 er au 18 septembre, un Détachement d’instruction opérationnelle (DIO) du

23

e BIMa (Forces françaises du Cap-Vert)

a effectué une mission de coopération au profit d’une quarantaine de soldats des

Forces armées du Burkina Faso (FABF), au sein du CEC burkinabè de Pô. Les bénéficiaires de cette instruction aux techniques commandos étaient issus à

la fois du CEC, dans le cadre d’un recy- clage d’un précédent DIO conduit en 2007, et d’autres unités du FABF. Instruc- tion sur le combat en localité, techniques

de franchissement vertical et horizontal, exercices d’enchaînement sur les pistes d’audace et instruction TIOR ont ponc- tué les journées d’entraînement.

TIOR ont ponc- tué les journées d’entraînement. Entraînement d’hélicoptères Du 1 e r au 12

Entraînement d’hélicoptères

Du 1 er au 12 septembre, près de 70 pilotes d’hélicoptères et mécani- ciens tchèques du régiment d’hélicop- tères de Prerov se sont entraînés au Centre de vol en montagne (CVM), à Sainte-Léocadie, dans les Pyrénées orientales. A bord de deux hélicoptè- res d’attaque MI-24/35 et quatre héli- coptères de transport MI-171S, ils se sont entraînés au vol en montagne, de jour et de nuit.

TIM n° 199 - Novembre 2008

Au CVM, ils ont pu évoluer jusqu’à

3 000 mètres d’altitude, à la différence

de la République tchèque où le princi- pal sommet culmine à 1 600 mètres. Cette coopération franco-tchèque est une reprise: elle existait jusqu’en 2006 entre le 23 e Régiment d’hélicoptères de Prerov et le 6 e Régiment d’hélicoptères de combat (6 e RHC), mais s’est inter- rompue suite à la dissolution de ce régiment en 2007.

d’hélicoptères de combat (6 e RHC), mais s’est inter- rompue suite à la dissolution de ce

Le SDPMAC au 31

Depuis début 2008, le 31 e RG est équipé de trois systèmes de déminage pyrotech- nique des mines anti-char (SDPMAC), un système permettant de neutraliser les mines anti-char enfouies ou dispersées au sol par le tir de roquettes contenant de l’oxyde de propylène. Composé du lanceur israëlien Carpet monté sur un châssis d’engin blindé du génie (EBG), c’est un moyen d’appui à la mobilité conçu pour les opérations de bêchage. Le 9 sep- tembre, durant son exercice d’entraîne- ment brigade à Mourmelon et dans le cadre de l’instruction de ses opérateurs, le régiment a organisé un tir avec l’appui de la STAT. Le tir s’est très bien déroulé.

l’appui de la STAT. Le tir s’est très bien déroulé. Des civils du 92 e RI

Des civils du 92 e RI à Suippes

Le personnel civil du 92 e RI a été convié début septembre à une journée d’accul- turation au camp d’entraînement de Suippes. Durant un jour et deux nuits, les participants ont pu partager la vie quotidienne des Gorilles de la 2 e Compa- gnie, qui participaient au stade 2 du parcours de tir mécanisé Symphonie. Tir couché au FAMAS – et nettoyage de l’armement – visite guidée d’un AMX 10 P, déplacement sur parcours tout ter- rain, observation des séquences de tir de jour comme de nuit… Cette journée d’acculturation a permis aux participants d’approcher le cœur du métier des mili- taires qu’ils côtoient tous les jours.

C’est la rentrée !

Le 10 septembre a eu lieu la cérémonie de rentrée de l’Enseignement militaire supé- rieur scientifique et technique (EMSST), placée sous l’autorité du général de divi- sion Var, commandant le CESAT. Les offi- ciers y suivront des scolarités civiles ou militaires de haut niveau, d’une durée moyenne d’un an. Cet évènement a été marqué par une conférence de Hervé Juvin sur le thème « Nouveaux territoires, nou- veaux enjeux de sécurité » et par l’inter- vention du général d’armée Elrick Irastorza.

La base émirienne se renforce

Dans le cadre de la mise en place d’une Implantation militaire française perma- nente aux Emirats arabes unis (IMFEAU), environ 120 militaires français, dont 8 terriens, sont actuellement présents à Abu Dhabi. A compter de l’été 2009,

230 militaires français armeront cette

IMFEAU (dont 100 terriens). Depuis le

1 er octobre, trois Mirage 2000-5 français, ainsi qu’un avion ravitailleur Boeing C

135 FR, ont rejoint la base émirienne d’Al

Dhafra, dans le cadre de l’IMFEAU. Cette IMFEAU comprendra une base navale de soutien, une base aérienne et un grou- pement armée de Terre.

Le MINDEF loge les étudiants

Afin de pallier le manque de logements étudiants, le gouvernement a prévu d’utiliser dans une quinzaine de villes françaises les casernes militaires vouées à la fermeture. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, et la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, ont signé le 5 septembre un protocole d’accord. Dans le passé, cette procédure avait déjà été utilisée, mais cette fois-ci le projet est bien plus important, compte tenu du nom- bre de casernes laissées vacantes par la restructuration de la Défense. Les premiers logements seront disponibles en 2010, et une fois transformés, leur gestion sera prise en charge par les Centres régionaux des œuvres univer- sitaires (CROUS).

Rallye fédérateur au 6 e RMAT

Fédérer les différents sites appartenant au 6 e RMAT, créer une ambiance et une cohésion : tels étaient les objectifs que le lieutenant-colonel Eric Laval, comman- dant le régiment, s’était fixés en organi- sant le premier rallye VTT réunissant les différentes implantations du régiment. L’itinéraire ? Départ du régiment de Besançon – où se situe le PC –, le 16 sep- tembre, à 7 h 30, pour arriver 32 heures plus tard, le 18, à 1 h du matin, à Gress- willer, via Valdahon, Belfort, Colmar, Phalsbourg, Bitche. Personnels civils comme militaires ont pédalé jour et nuit pour effectuer les 8 étapes, en 37 relais de 8 coureurs, d’une durée moyenne de 1 h 30, et parcourir les 520 km de petites routes.

Le chiffre du mois

110 sites du ministère de la Défense étaient ouverts au grand

public à l’occasion des journées européennes du patrimoine, organisées les 20 et 21 septembre. Le thème retenu par le ministère de la Culture, « Patrimoine et création contemporaine », était présent à travers toutes les œuvres des peintres des armées exposées. Le Centre européen du résistant déporté a permis au public de découvrir, sur le site de l’ancien camp de Natzweiler-Struthof, l’architecture contemporaine de Pierre-Louis Faloci.

Des PVP en Géorgie

Dans le cadre du déploiement par l’Union européenne d’une mission d’observation (EUMM Georgia) chargée de contrôler l’application des accords mettant un terme au conflit entre la Géorgie et la Russie, des gendarmes sont déployés dans la zone depuis septembre – la mission a atteint sa pleine capacité opérationnelle le 1 er octo- bre. La France fournit un contingent de 43 militaires, sur 265 personnels au total. Les gendarmes sont notamment équipés de huit PVP mis à leur disposition par l’armée de Terre. Notons également qu’un militaire de l’armée de Terre est inséré dans la Mission des Nations unies en Géorgie (MONUG) et qu’un autre est obser- vateur pour l’OSCE en Géorgie. Un CRER, armé cette année par la 1 re BL, a été déployé en août.

 

DEVISE

« Je continuerai »

En 1991, lorsqu’il prend le comman- dement du 6 e RG, le colonel Robert Charvoz contacte Hervé Bazin, ange- vin d’origine et président de l’acadé- mie Goncourt. La demande du colonel est la suivante : il souhaite reprendre la formule « Je continuerai » – qui se

trouve dans le livre intitulé La mort du petit cheval - pour en faire la devise du 6. Ainsi, dans une lettre en date du 15 septembre 1991, monsieur Bazin écrivait : « […] Dire “Je continuerai”,

à

80 ans, […], contient une part de

défi

ou, si l’on préfère, de ténacité.

Il est vrai que les hommes d’armes – dont les devoirs sont stricts et les

risques permanents – peuvent

à

plus forte raison se réclamer de ce

verbe : servir suppose la continuité. Et même une triple continuité : celle du soldat, celle du corps auquel il appartient, celle du pays dont il assure la protection (…) ».

TIM n° 199 - Novembre 2008

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Panorama

Pouvoir d’achat garanti Ministres européens à Deauville Le gouvernement a mis en œuvre un dis-
Pouvoir d’achat
garanti
Ministres européens
à Deauville
Le gouvernement a mis en œuvre un dis-
positif novateur de garantie individuelle
du pouvoir d’achat permettant de corri-
ger la situation des fonctionnaires et
des militaires ayant connu une perte du
pouvoir d’achat sur leur traitement entre
2003 et 2007. La Garantie individuelle du
pouvoir d’achat (GIPA) résulte d’une com-
paraison entre l’évolution du traitement
indiciaire brut détenu sur une période de
référence de 4 ans (2003-2007) et celle de
l’indice des prix à la consommation (fixée
à 6,8 %) sur la même période. La situa-
tion du personnel susceptible d’être
concerné par cette mesure fera l’objet
d’un examen automatique par les CTAC.
La prime devrait être attribuée fin 2008
Pour en savoir plus, connectez-vous sur
le site intranet du SGA
(www.sga.defense.gouv.fr) rubrique Vie
professionnelle/Civils/Rémunération/
GIPA
Dans le cadre de la Présidence fran-
çaise du conseil de l’Union européenne,
Hervé Morin, ministre de la Défense,
pour une réunion de travail de deux jours,
les 1 et 2 octobre, à Deauville. Cette réu-
nion marque la volonté de la France,
conformément aux orientations du prési-
dent de la République, de relancer l’Eu-
rope de la Défense. Au programme des
a invité ses 26 homologues, Javier
Solana, Haut Représentant pour la
PESC, et la Commission européenne
discussions à Deauville: capacités maté-
rielles, opérations militaires de l’UE et lien
entre Europe de la Défense et citoyens…
Inauguration
de la Chapelle Saint-Christophe
Clin d’œil
Faites-nous parvenir
vos clins d’œil et situations
militaires originales
à l’adresse Internet
sirpat-comecrite@
emat.terre.defense.gouv.fr
La chapelle Saint-Christophe, dite cha-
pelle du Mont Igman, a été rapatriée
du camp de Mostar, en Bosnie, lors du
démontage du dispositif ASTREE à la
Les meilleurs seront publiés
et récompensés
fin de l’année 2007. Remontée sur le
camp de Mailly, elle a été inaugurée le
18 septembre par le colonel Robin,
chef de corps du CENTAC et le père
Max Vivier, aumônier du camp, en pré-
sence du général Bertrand Dumont-
Saint-Priest, commandant le CPF.
Cette chapelle était à l’origine une
cabane construite sur le Mont Igman
par les sapeurs français pour se pro-
téger des intempéries. Elle fut dédiée
par la suite à la mémoire des hommes
tombés sur ce théâtre. Le démontage,
le rapatriement et la reconstruction
ont pu se faire grâce au concours
financier de Thalès, du diocèse aux
armées, de différents dons individuels
et le bénévolat d’associations de Mailly.
Lors du 14 Juillet 2007, un parachutiste
se lance dans un saut spectaculaire
au dessus de Paris… en toute sérénité !
L’excédent des fonds sera reversé à la
CABAT.
La JAPD a 10 ans
orienter vers les institutions
s’inscrit dans la lignée du service natio-
nal suspendu en 1997. C’est le rendez-
adéquates.
Enfin, la JAPD
est un
passage indis-
Instituée en 1998, la Journée d’appel de
vous
entre
l’ensemble
des
jeunes
pensable
pour un
grand nombre
de
préparation à
la Défense
(JAPD) fête
formalités
cette année ses dix ans. L’occasion
Français et la Défense. Il a pour but de
les sensibiliser à la citoyenneté, au devoir
la
vie courante,
comme
pour
l’inscription
l’examen
du
permis
de
les établissements de la Direction du
de mémoire,
de
les informer sur les
conduire
et de
passage
du
baccalauréat.
service national
(DSN) d’organiser cou-
enjeux et les évolutions
de la Défense,
Plus
d’infos
le sur à
www.defense.gouv.fr
rant 2008 des « JAPD exceptionnelles
»,
et de leur présenter les métiers civils
et
à l’image de celle, ouverte au public, qui
se tenait, fin août, à Valenciennes.
Si la
JAPD ne prétend pas le
remplacer, elle
militaires de la Défense. La JAPD per-
met également de détecter les jeunes
en difficulté (lecture, écriture) et de les
8
TIM n° 199 - Novembre 2008
© ADJ Olivier DUBOIS

Tous à l’eau !

Les 6 et 7 septembre, les militaires de l’Ecole des troupes aéroportées (ETAP) ont participé à Tousekiflot. Cette mani-

festation, ludique et sportive, lancée sur l’initiative de quatre associations de Pau, fêtait cette année son huitième anniversaire. Il s’agit, entre autres, à descendre le Gave, de Pau à Laroin, sur une embarcation de fortune, construite par les participants eux-mêmes. Les militaires du rang de l’ETAP ont participé sur un radeau ayant pour thème les Nations unies et les lieute- nants sur un radeau rustique orné d’un parachute sur le thème du naufrage, mais avec une devise qui en dit long:

« Etre et durer.» Quelque 5 000 spec-

Un Français à la tête de l’EUROFOR

Le 19 septembre, le général de division Marc Bertucchi a pris le commandement de l’EUROFOR. Basé à Florence, en Ita- lie, l’Euroforce opérationnelle rapide (EUROFOR) regroupe au sein de son état-major 90 officiers et sous-officiers de quatre nations différentes (France, Italie, Espagne, Portugal). L’EUROFOR peut agir de manière indépendante ou combinée avec d’autres forces dans le cadre des missions humanitaires ou d’évacuation de ressortissants, des missions de maintien de la paix, des mis- sions de forces de combat pour la ges- tion des crises, y compris des opérations de rétablissement de la paix.

Très d’humour

C'est un militaire de carrière qui prend sa retraite et se fait embaucher dans une boîte civile.

Le premier jour, il arrive à 7 heures et repart à 17 heures. Le deuxième jour, il arrive à 9 h 30 et repart à

16

heures. Son patron pense qu'il a

certainement des problèmes de

transport. Le troisième jour, il arrive à 10 heures et repart à 15 h 30. Son patron se dit qu'il a peut être des problèmes avec sa famille… Le quatrième jour, il arrive à

11

heures, et le patron le convoque

dans son bureau :

-

Tu arrives de plus en plus tard le

matin. Quand tu étais à l'armée, les militaires ne te disaient rien quand tu arrivais à des heures pareilles ?

Si, ils me disaient “Bonjour mon Colonel” !

-

Monster acquiert Armées.com

Monster, leader mondial de la gestion de carrière en ligne, annonce l’acquisi- tion d’Armées.com, site français privé d’informations dédiées à améliorer la vie du personnel militaire, des vétérans et de leurs familles. Cette acquisition va permettre à Monster d’assurer de façon plus importante la mise en relation entre les civils s’intéressant à la vie mili- taire ou les anciens militaires en cours de reconversion, avec les entreprises publiques ou privées à la recherche de ce type de profils pour promouvoir cer- tains de leurs postes. De plus amples informations sont disponibles sur le site www.monster.com

tateurs ont jalonné la descente de 7 km. La participation de l’ETAP est d’ores et
tateurs ont jalonné la descente de
7 km. La participation de l’ETAP est
d’ores et déjà reconduite pour l’ann-
prochaine.

Caporaux d’honneur des TDM

Le 1 er septembre, à Fréjus, à l’occasion du grand rassemblement annuel des troupes de marine – organisé en mémoire des coloniaux de la division Bleue qui, en 1870, luttèrent contre les Prussiens à Bazeilles jusqu’à leurs dernières cartouches –, les généraux de corps d’armée Bruno Dary et Emma- nuel Beth, ainsi que le vice-amiral d’escadre Launey, ont reçu la distinc- tion de caporal d’honneur des troupes de marine.

10 ans à Issoire

Le 28 e Régiment de transmissions (28 e RT)

a fêté, les 18 et 19 septembre, la Saint-

Gabriel ainsi que son dixième anniversaire de son installation à Issoire. A cette occa-

sion, de nombreuses activités étaient

organisées en centre ville: une exposition photo et de matériel, une messe en l’église Saint-Austremoine, suivie d’une cérémo- nie militaire. Un grand son et lumière a clôturé ces journées gratuites et ouvertes

à tous.

JARGON

Psychoter

Contrairement à certaines idées reçues, « psychoter » ne signifie pas uniquement paniquer, avoir peur ou avoir des réactions imprévisibles ou irrationnelles. Ce terme d’argot traduit également le fait de com- mettre une maladresse, notamment à un moment crucial. Le mot est dérivé de l’appellation donnée aux appelés réformés pour raisons psychologiques (P4), et à ceux qui n’avaient pas été réformés mais que l’on trouvait maladroits ou un peu fous : les psychos.

Le CICLO en selle

Le Centre interarmées de coordination de la logistique des opérations (CICLO) est opérationnel depuis le 29 septem- bre. Organisme à vocation interarmées dépendant de l’armée de Terre, le CICLO, stationné à Montlhéry, est armé par 31 personnels. Subordonné au Cen- tre de préparation et de conduite des opérations, le CICLO est chargé de coor- donner les actions des armées et des services interarmées afin de rationali- ser le soutien des forces projetées en

opération extérieure.

EX… TELEX… TELEX

L’inauguration des salles militaires franco-allemandes au musée de la

garnison de Mayence (Allemagne)

a eu lieu le 13 septembre. Le général Chinouilh, gouverneur militaire de Metz et commandant de la région Terre nord-est (RTNE), la musique de la RTNE ainsi qu’une délégation du 16 e Bataillon de chasseurs (16 e BC) étaient présents

Les mandats du colonel Jean-Claude Girot et du major Philippe Lejay, conseillers réserve du major général de l’armée de Terre (MGAT), ont pris fin. Le MGAT désigne le colonel Philippe Martin et le major Denis Pedron pour leur succéder.

Lors de la rentrée de l’EMSST le 10 septembre, le LCL Deshedin, le CBA Benquet et le CCD Gauthier se sont vu attribuer le Prix Sabatier récompensant leurs résultats et leur comportement exemplaire.

TIM n° 199 - Novembre 2008

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Focus

PCTAM 2008

PCTAM 2008 :

au cœur de l’interopérabilité

L a Présentation commune Terre Air Mer (PCTAM) s’est dérou- lée le 25 septembre, sur la base aérienne 112 de Reims et le camp de Mourmelon. A la fois

statique et dynamique, elle a réuni pour la première fois les moyens en hommes et en matériels des trois armées. Des mili- taires belges, suisses, allemands et bri- tanniques ont également participé à cette démonstration. Le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général d’armée Elrick Irastorza, le chef d’état-major de l’armée de l’Air, le général d’armée aérienne Sté- phane Abrial, et le vice-amiral d’escadre Jacques Launay, major général de la

Marine 1 , ont choisi de mettre en commun leurs matériels et leurs capacités, afin de montrer la complémentarité de leurs savoir-faire spécifiques, dans la conduite d’opérations combinées. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants (SEDAC), représentant le ministre de la Défense, présidait la démonstration dyna-

10

TIM n°199 - Novembre 2008

mique: « Je veux d’abord saluer une ini- tiative historique. […] C’est un symbole fort, qui souligne la volonté de cohérence opérationnelle de nos forces. […] La France a de moins en moins vocation à agir seule: nous devons poursuivre nos efforts en matière d’interopérabilité et de coopérations multinationales. […] C’est par son interopérabilité que la France est un contributeur majeur des opérations de

l’OTAN et de l’UE. » Outre la présenta- tion des nouveaux et futurs matériels (le

système de protection des individus FELIN, l’hélicoptère Tigre, etc.), l’accent a été mis sur le défi de travailler ensemble,

« à trois niveaux : entre ministères, entre armées et entre alliés ».

SSttéépphhaanniiee DDRREEYYFFUUSSSS Photos: BRI Vincent / CNPI 3

D R R E E Y Y F F U U S S S S Photos:

1 Le major général de la Marine représentait le Chef d’état-major de la Marine (CEMM), l’amiral Forissier.

d’état-major de la Marine (CEMM), l’amiral Forissier. Lors des présentations dynamiques, les nouveaux et futurs

Lors des présentations dynamiques, les nouveaux et futurs matériels des armées ont été présentés au public.

Interview du MGAT

« Tous ensemble,

nous réussirons »

Le général de corps d’armée François-Pierre Joly a été nommé Major général de l’armée de Terre le 2 juillet 2008. Il succède ainsi au général d’armée Elrick Irastorza en tant que «numéro deux» de l’armée de Terre.

Terre Information Magazine : Mon géné- ral, vous avez pris, cet été, les fonctions de MGAT. Pouvez-vous nous rappeler en quoi elles consistent ? GCA Joly: Le CEMAT commande l’armée de Terre et je suis, en tant que MGAT, son premier adjoint. Mon rôle est de proposer et de mettre en œuvre la politique géné- rale de l’armée de Terre par l’intermé- diaire de l’EMAT 1 dont je dirige les travaux. En qualité de responsable de la gestion des ressources financières de l’armée de Terre 2 , je veille également à assurer le res- pect des objectifs de performance qui me sont donnés dans le cadre des moyens alloués.

Terre Information Magazine : La trans- formation de l’armée de Terre a débuté. Cela fait beaucoup de chantiers menés simultanément! Quels seront les défis à relever dans les mois à venir? GCA Joly : Effectivement, la transforma- tion de l’armée de Terre est en marche. Elle consiste en un ensemble de réformes qui découlent à la fois des recommanda- tions du Livre blanc et de la Révision générale des politiques publiques. Ces réformes vont nous amener à relever plu- sieurs défis. Le premier de ces défis est de s’assurer que la cohésion de la com- munauté humaine «armée de Terre», per- sonnel militaire et civil, soit préservée. Je veillerai à ce que chacune des 50 000 per- sonnes touchées par les restructurations puisse retrouver une vie sociale et profes-

restructurations puisse retrouver une vie sociale et profes- sionnelle de qualité malgré les dissolu- tions et

sionnelle de qualité malgré les dissolu- tions et transferts d’unité qui commence- ront dès l’année prochaine. Le deuxième défi consistera à expérimen- ter, dès le 1 er janvier 2009, les bases de Défense. De manière à les généraliser, nous tirerons ensuite tous les enseigne- ments de ces expérimentations, sans tabou, sans dogmatisme, pour atteindre l’objectif poursuivi qui est bien d’alléger les charges d’environnement et de per- mettre un fonctionnement recentré sur le cœur de métier des formations opération- nelles. Le troisième défi sera d’employer au mieux l’enveloppe financière donnée à l’ar- mée de Terre, dont je suis responsable techniquement devant le CEMA. C’est une tâche essentielle à l’heure où tous les ministères doivent participer à la réduc- tion de la dette. Nous ajusterons notre fonctionnement général et nos équipe- ments grâce, notamment, à de nouvelles procédures de maintien en condition opé- rationnelle. Nous adapterons nos maté- riels aux engagements opérationnels en complétant les programmes d’armement de long terme par des achats sur étagère directement utiles, dans le court terme, à nos forces sur les théâtres d’opérations.

Enfin, le dernier défi consistera à réorga- niser les forces terrestres en procédant à un rééquilibrage des fonctions opération- nelles, sans pour autant cesser d’être en mesure d’honorer le nouveau contrat opé- rationnel de l’armée de Terre.

Terre Information Magazine: Mon géné- ral, quel sera le «retour sur investisse- ment» de toutes ces réformes ? GCA Joly: Les économies que nous ferons seront réinvesties dans la condition du personnel et sur les équipements. Nous devons garder à l’esprit que notre armée de Terre a pour objectif unique son apti- tude humaine et technique à l’engagement opérationnel. Quels que soient les boule- versements en cours ou à venir, l’armée de Terre assume aujourd’hui 80 % de la charge opérationnelle des armées. Elle a plus que jamais besoin de toutes les éner- gies pour que cette transformation impor- tante s’inscrive résolument dans cette perspective. Je ne doute pas un instant que, tous ensemble, nous réussirons.

LLaa rrééddaaccttiioonn Photo : ADJ Gilles GESQUIÈRE

1 2
1
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Etat-major de l’armée de Terre.

BOP Terre 17811C et BOP STAT 14660C.

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Focus

Rendez-vous traditionnel, le Grand rapport de l’armée de Terre (GRAT) a adopté cette année un nouveau visage, en se déroulant sur trois journées distinctes. Le 1 er octobre dernier, le CEMAT, le général d’armée Irastorza, s’exprimait devant les chefs de corps et en présence du plus vieux drapeau de l’armée de Terre :

celui du 1 er RI. L’occasion pour lui d’exposer son ordre de préparation opérationnelle. Décryptage.

Le temps de l’action

U n GRAT de plus ! » En ouvrant ainsi la matinée du Grand rapport de l’armée de Terre, le nouveau chef d’état-major de l’armée de

Terre, le général d’armée Irastorza, a voulu s’inscrire dans la continuité des précédents. Et pourtant, le GRAT 2 008 était notoirement différent. Articulé en trois journées pour accueillir séparé- ment les commandeurs, les chefs de corps et les officiers en temps de res- ponsabilité, il a été voulu plus sobre et surtout plus opératoire. Cette nouvelle formule a été spécialement conçue pour répondre à trois objectifs bien pré- cis : informer, à travers des points de situation et des présentations, dévelop- per le dialogue avec les périodes de questions, et donner des ordres par la diffusion de l’ordre général et l’ordre de préparation opérationnel (OPO) de la transformation de l’armée de Terre. Dans un contexte qui a évolué, le CEMAT souhaite que chacun se foca- lise sur la conduite de la modernisa-

tion : « 2009 sera une année importante

12

TIM n° 199 - Novembre 2008

du fait des réformes et du durcisse- ment de nos engagements. » Et ce sujet suscite bien des interrogations : dans l’amphithéâtre de l’Ecole militaire, les questions posées au CEMAT et aux commandeurs démontrent l’implication des chefs de corps directement concer- nés par une dissolution ou une muta- tion de leur unité. « Le GRAT marque une volonté de dialogue », estime le colonel Olivier Sastre, commandant l’École nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent. « Nous, les chefs de corps, sommes des échelons locaux : nous relayons les idées du CEMAT vis-à-vis de nos subordonnés. Le GRAT nous fixe la direction à suivre et nous fournit des éléments de lan- gage pour nous adresser à nos hom- mes et à l’environnement local. » Pour le CEMAT, « c’est clair ; rien ne doit arrêter notre capacité à remplir le contrat opérationnel. Notre seule rai- son d’être, c’est l’engagement opéra- tionnel et la préparation de cet engagement opérationnel. Tout le reste est accessoire ». Pour arriver au mieux

à cette finalité, le CEMAT a fixé cinq objectifs aux chefs de corps, accompa- gnés de cinq axes d’effort (cf. encadré).

finalité, le CEMAT a fixé cinq objectifs aux chefs de corps, accompa- gnés de cinq axes

Grand rapport de l’armée de Terre

Les 5 axes forts

- Revenir aux fondamentaux 1

1

en matière de préparation opérationnelle

• Formation commune adaptée

à l’engagement réel, en donnant

la priorité jusqu’au niveau SGTIA

et en privilégiant l’aguerrissement au quotidien;

• Effort sur le tir (étendre l’ISTC);

Retour aux fondamentaux:

stricte application des acquis, des textes et des règlements, drill, renouer avec « les lois de la guerre » dans le domaine de la formation;

Importance du retour d’expérience pour progresser.

2

- Améliorer la promotion 2

interne

La notion d’ascenseur social reste

un principe de l’armée de Terre;

Elaboration de nouveaux parcours

professionnels pour les sous-officiers

et les militaires du rang;

Fidélisation par l’amélioration du taux de renouvellement de contrat à 5 ans.

3

4

5

- Affermir nos règles éthiques et

Former n’est pas sélectionner; 3

Remettre à l’honneur la formation à

l’obéissance dans les écoles;

Rappeler les obligations de réserve

et le respect de la confidentialité.

comportementales

- Rénover les concepts d’acquisition et de maintien en condition opérationnelle de nos équipements

Priorité à la mise au point de

systèmes d’armes 4 moins sophistiqués

mais réalisés plus rapidement et

améliorables dans le futur;

Privilégier l’achat sur étagère pour

les engins duaux;

Préserver les petits programmes

de cohérence opérationnelle;

Réussir la mise en place de la PEGP et du SMITER car elle conditionne le CAPOPS.

- Maîtriser la communication 5

de crise et opérationnelle

Intégration de la communication à

tous les échelons de commandement ;

Strict pilotage de la communication.

Le drapeau du 1 er Régiment d’infanterie.

LES OBJECTIFS

Préserver notre cohérence

capacitaire L’armée de Terre doit rejoindre au plus vite les cibles capacitaires établies par le Livre Blanc. Au plan, des matériels, il n’est pas utile d’entretenir et de servir ceux qui sont hors contrat opérationnel depuis le 17 juin. La Politique d’emploi et de gestion des parcs (PEGP) aidera à gérer cette manœu- vre. De la même façon, la déflation des effectifs impose une rationalisation des soutiens et du socle: « Les DUO ne sont

pas des bases de discussion et constituent des ordres exécutoires. »

Préserver la cohérence

de notre système d’hommes Jusqu’à 50 000 soldats seront concer- nés par les restructurations, au travers de l’ensemble des mesures de la modernisation. La Direction des res- sources humaines de l’armée de Terre (DRHAT) leur accordera une attention particulière. Si les départs devront donc

être pilotés, de façon à ne pas pertur- ber le fonctionnement de l’institution en préservant la ressource instruite, le recrutement devra continuer afin de ne pas vieillir le modèle de l’armée de Terre : « Nous réduirons la pyramide par la pointe et les arêtes mais nous ne diminuerons pas la base. »

Tenir le cap des réformes et réussir la réduction de notre empreinte au sol par la création des bases de Défense (BDD) et la maîtrise des coûts

« Je veux que l’on s’engage dans la consti- tution et le fonctionnement des BDD

avec résolution et pragmatisme » Pour réussir cet enjeu, le CEMAT s’appuiera sur tous les chefs en situation de commande- ment et de responsabilité pour mettre en œuvre les ordres reçus avec intelligence et conviction. Parallèlement, la maîtrise des coûts permettra de dégager des marges financières pour améliorer la condition du personnel et commander les équipements.

Développer une véritable culture

de l’anticipation et de la réactivité Les retours des diverses expérimentations devront permettre d’imaginer « de nou-

velles procédures, de nouvelles organi- sations, de nouveaux modes de fonction- nement et de financement pour nous adapter à cet environnement complexe et

incertain ». Le CEMAT demande que tous fassent preuve de vivacité d’esprit et de réactivité pour atteindre les objectifs fixés.

Eviter tout repli sur soi

Malgré la diminution des effectifs, l’armée de Terre doit continuer à vivre avec ses concitoyens, à expliquer sa raison d’être, à montrer ses forces et parfois expliquer ses difficultés. L’entretien d’un lien fort avec la Nation est indispensable pour éviter tout repli sur soi et accroître notre légitimité.

LLTTNN AAuurréélliiee CCAARRRRIIEERREE Photos : ADJ Gilles GESQUIERE

C A A R R R R I I E E R R E E Photos
C A A R R R R I I E E R R E E Photos

Rien ne doit arrêter notre capacité à remplir le contrat opérationnel. Notre seule raison d’être, c’est l’engagement opérationnel et la préparation de cet engagement opérationnel. Tout le reste est accessoire. »

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Focus

L’œil du soldat

Grâce à l’adjudant Jean-Raphaël Drahi, l’armée de Terre était présente pour la première fois au plus grand festival de photojournalisme d’Europe : le Visa pour l’image de Perpignan. Pari gagnant puisqu’il y a été récompensé par le prix spécial du Jury pour le Visa Off.

Dans le vil- lage plus un bruit. Cha-

cun sait ce qu’il a faire. Seul le crisse-

ment des semelles sur la neige trouble

le silence. » Les légendes des images exposées tentent d’être à la hauteur de l’intensité de l’engagement des équipes OMLT 1 , de retranscrire l’ambiance dans laquelle elles évoluent en Afghanistan.

5 h 15

En tout, ce sont aujourd’hui six OMLT fran- çaises qui accompagnent la montée en puissance de l’Armée nationale afghane (ANA). Mises en place en 2005, elles comptent désormais 200 militaires fran- çais, principalement en RC Est auprès du 201 e corps de l’ANA. Les OMLT apportent conseil et expertise aux commandants de bataillon et de compagnie ainsi qu’aux chefs de section afghans.

Deux visas pour la photographie

Créé en 1989, le Visa pour l’image de Perpignan a pour vocation de faire découvrir le photojournalisme autour d’expositions, de rencontres et de projections. Le Visa off, quant à lui, accueille depuis 13 ans des photographes en devenir, des travaux d’amateurs ou de collectifs.

en devenir, des travaux d’amateurs ou de collectifs. 14 TIM n° 199 - Novembre 2008 Capture

14

TIM n° 199 - Novembre 2008

Capture d’un chef taliban

Le parcours de l’exposition brosse donc le quotidien rustique des OMLT et leur contribution à la formation de l’ANA; cette formation est maintenant l’un des axes d’effort de la coalition sur place. Le photographe de TIM a accompagné une équipe par deux fois en janvier 2008 dans la province du Logar. Deux sorties pour deux missions: la capture d’un chef tali- ban et la sécurisation d’une assemblée traditionnelle. « Avec l’aide des forces spé- ciales américaines, il fallait aller chercher un chef taleb’dans une zone avec des ris- ques d’attaque élevés », explique le pho- tographe. Les équipes OMLT vivent sur le terrain avec les unités de l’ANA dont elles suivent toutes les missions, de la prépa- ration opérationnelle au combat. « Au fur et à mesure des missions, l’ANA prend de l’assurance. Elle est jeune et pourtant constituée d’hommes qui ont pratique- ment tous connu la guerre », détaille l’ad- judant Drahi à propos d’un des clichés.

Rencontres autour des photos

Pendant deux semaines, ce sont près de 15000 visiteurs qui se sont succédé dans la cour de la caserne Mangin à Perpignan, où l’exposition a pris ses quartiers avec le soutien du Bureau du service national (BSN). Tous les genres et toutes les sen-

Le Visa Off de Perpignan

Une expo qui voyage

L’exposition « Soldats français au cœur de l’Afghanistan » est maintenant partie dans un tour de France et peut-être d’Europe puisque l’OTAN veut montrer le travail fait sur place par les OMLT. Les formations intéressées pour la recevoir peuvent s’adresser au SIRPA Terre. Contact :

Adjudant Drahi au 821 753 85 45 ou jean-raphael.drahi@emat.terre. defense.gouv.fr (Intraterre).

sibilités se rencontrent. Autour des pho- tos, des débats s’amorcent. Le public est d’autant plus réceptif après l’embuscade

du 18 août 2008 2 et l’avalanche médiatique qui a suivi. « C’est une super exposition, je suis surprise de voir cette qualité au Visa Off (cf. encadré) », explique Catherine, une visiteuse. Venue avec elle, son amie enchaîne aussitôt: « C’est un sujet com- pliqué et les photos étaient très belles. »

Intitulé « Soldats français au cœur de l’Af- ghanistan », ce témoignage brut du quo- tidien opérationnel des militaires français rencontre un large public et va poursui- vre son aventure (cf. encadré « Une expo qui voyage »). Lors du vernissage, Anto- nella Cesarino, représentante de la

du vernissage, Anto- nella Cesarino, représentante de la Pendant deux semaines, ce sont près de 15
du vernissage, Anto- nella Cesarino, représentante de la Pendant deux semaines, ce sont près de 15

Pendant deux semaines, ce sont près de 15 000 visiteurs qui se sont succédé dans la cour de la caserne Mangin, à Perpignan.

division de la Diplomatie publique de l’état-major de l’OTAN à Bruxelles, a tenu

à adresser ses « remerciements au gouvernement français et à souligner l’ac- tion des militaires français en Afghanis- tan ». Le prix spécial du jury que le Visa Off a remis au reporter de Terre Informa- tion Magazine est aussi un moyen de pro- mouvoir le travail des soldats français au « Royaume de l’Insolence ». Le message est passé. Dans le livre d’or de l’exposition, Georges, un visiteur, a simplement rajouté : « Très bien et bon courage les gars. »

LLTTNN TThhoommaass DDIIJJOOLL Photos : ADJ Jean-Raphaël DRAHI CDT Sophie CAUSSEL

1 Operational mentoring and liaison team. 2 Pour en savoir plus, consultez le n° 198 1 Operational mentoring and liaison team. 2 Pour en savoir plus, consultez le n° 198 de Terre Information Magazine.

Sécurisation d’un village. Vérification de l’identité d’un suspect.
Sécurisation d’un village.
Vérification
de l’identité
d’un suspect.

Français et Américains en soutien de l’ANA.

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En direct de…

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Le caporal Antoine Daoust, du 8 e RPIMa.

Afghanistan

Dans un environnement exigeant et un pays complexe, les armées françaises participent à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan depuis fin 2001. Le plus fort contingent y est fourni par l’armée de Terre. En avril 2008, pour répondre à la demande de nos alliés, le président de la République décide du renforcement du dispositif français. La France augmente sa contribution à hauteur de 3 400 hommes. Répartis dans trois des cinq zones de responsabilité de la FIAS en Afghanistan, ainsi qu’au Tadjikistan et au Kirghizistan voisins, et dans l’océan Indien, les militaires français participent ici à la plus grande opération militaire de l’OTAN hors d’Europe. Leur mission principale consiste à sécuriser le pays pour aider le gouvernement afghan à étendre son autorité. Une mission ardue dans ce pays au cœur de l’Asie centrale, plus grand que la France et montagneux à 85 %.

LTN Thomas DIJOL Photos : CCH Jean-Baptiste TABONE

La réalité afghane

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En direct de…

VAB équipé d’un brouilleur. Ici, une patrouille en Shamali.

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L’engagement français en Afghanistan

La France participe à la Force internationale d’assis- tance à la sécurité (FIAS) depuis sa création en décembre 2001. Elle est engagée comme les autres forces de la coalition dans le cadre de la résolution 1386 du Conseil de sécurité des Nations unies. En août 2003, la FIAS est passée sous le commandement de l’OTAN. Depuis 2005, son champ d’action s’est étendu à tout le pays alors qu’il se limitait initialement à Kaboul et sa région. Avec 2800 hommes sur le sol afghan, la France est le 5 e contributeur d’une coalition comptant environ 50000 soldats originaires de 39 pays.

La France aux commandes

Depuis le 6 août 2008, le général Michel Stollsteiner a pris le commandement du Regional Command – Capital (RC-C) pour un an. Sous les ordres du COM ISAF, il commande dans la région de Kaboul les unités de différents contingents (français, turc et italien) déployés dans le RC-C. L’état-major, quant à lui, regroupe 16 nationalités, une centaine de militaires dont deux tiers de Français.

TIM: Quelles sont les principales missions pour le RC-C? Général Stollsteiner : Deux volets sont particulièrement importants pour nous aujourd’hui : assurer la sécurité dans la zone de responsabilité du RC-C et conduire le processus de transfert de res- ponsabilité et de sécurité aux forces afghanes, qui vise à transmettre le maxi- mum de responsabilités aux Afghans eux-mêmes.

TIM: Quelles sont les implications pour les troupes françaises, jusqu’au niveau de l’unité sur le terrain? Général Stollsteiner: Il s’agit principale- ment d’améliorer et garantir la sécurité, notamment par des missions de contrôle de zone et le soutien aux forces de sécu- rité afghanes. Notre présence facilite l’ins- tallation durable d’une bonne gouver- nance en soutenant tous les pans de l’ad- ministration officielle du gouvernement afghan. Enfin, nous participons modes-

tement à la reconstruction du pays grâce aux actions civilo-militaires (Civil-military co-operation-CIMIC), mais surtout en per- mettant un retour à un contexte pacifié pour le développement économique.

TIM: Après le général Le Bot, le général de Villiers a assuré le commandement du RC-C de décembre 2006 à mars 2007. Qu’est-ce qui a changé depuis? Général Stollsteiner : La zone d’opéra- tions n’a pas changé. Le district de Surobi, à l’est de la capitale et où se trouve la FOB Tora, est automatiquement sous la res- ponsabilité de la nation qui commande le RC-C, donc, désormais, du bataillon fran- çais. Nous disposons pour cette mission d’un renforcement capacitaire notable avec un contingent qui a augmenté de près d’un millier d’hommes. Ce renfor- cement se poursuit aujourd’hui avec le déploiement de capacités complémentai- res (Caracal, Gazelle, mortiers, drones).

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Afghanistan

Afghanistan TIM: Est-ce que le processus de transfert aux Afghans fonctionne dans le RC-C? Général Stollsteiner:

TIM: Est-ce que le processus de transfert aux Afghans fonctionne dans le RC-C? Général Stollsteiner: Nous en sommes à la première étape. Le RC-C anticipe ce qui devrait se passer dans les autres zones avec le transfert de la responsabi- lité de la sécurité pour la province de Kaboul. La ville de Kaboul, à l’exception de quelques points clés (aéroport par exemple), est ainsi exclusivement aux mains des forces de sécurité afghanes.

TIM: Quels sont les projets pour 2009 dans le RC-C? Général Stollsteiner: Nous voulons conti- nuer à assurer le soutien de l’Armée nationale afghane (ANA) et des forces de sécurité dans tout le RC-C, mais en leur permettant de prendre le maximum de res- ponsabilités. Je tiens d’ailleurs à souligner ici l’excellente coopération avec nos alliés, et particulièrement le RC-E, où nombre de Français opèrent en Kapisa. Grâce à un réseau d’officiers de liaison et une planifi- cation rigoureuse, nous bénéficions de tous les moyens de l’OTAN sur le théâtre (dro- nes, close air support, héliportage tacti- que). Les officiers de liaison présents au sein des forces de sécurité afghanes faci- litent également le travail de tous par leur proximité avec les décideurs locaux.

de tous par leur proximité avec les décideurs locaux. Les officiers de liaison en Afghanistan L’état-major

Les officiers de liaison en Afghanistan

L’état-major de la RC-Nord accueille deux officiers de liaison ; deux autres sont en RC-Est, pour notamment superviser le travail avec les FOB de cette zone (Nijrab et Tagab). Les officiers de liaison ont un rôle déterminant dans une opération comme celle menée en Afghanis- tan. Ils sont répartis chez nos

alliés et auprès des forces de sécurité afghanes, permettant ainsi une bonne coordination des actions et leur planification. 7 officiers de liaison officient aujourd’hui auprès des forces de sécurité dans la région de Kaboul, avec en ligne de mire le transfert de la zone aux forces de sécurité afghanes.

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En direct de…

BATFRA:

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vers le transfert des responsabilités aux forces afghanes

Avec ses 600 hommes, le Bataillon français (BATFRA) assure la surveillance de points sensibles comme l’aéroport de Kaboul, participe aux escortes de convois et à la dépollution des abords de la capitale. Il participe aussi la sécurité et au contrôle de zone au nord et à l’est du RC-C. Illustration avec une patrouille en Shamali.

groupe du 3 e RPIMA est posté aux abords. Civilités d’usage : « On est contents », explique un des habitants. « Les Français ont construit une rete- nue d’eau. Vous êtes toujours les bien- venus ici. »

Le soleil descend et les Français saluent les habitants en repartant. Cette région passera bientôt sous le contrôle des Afghans et la route du retour est d’ailleurs ponctuée de check points de l’ANA.

L’une des missions : soutenir les forces de sécurité afghanes.

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C

est en Shamali, au nord-ouest de Kaboul, que le 3 e RPIMa (3 e Régiment de parachutistes d’in- fanterie de marine) et le 1 er Régiment de

hussards parachutistes (1 er RHP) patrouillent ce jour-là. Après la fin du goudron, la piste s’enfonce entre les montagnes dans un nuage de pous- sière. Au bout de la route, le village isolé de Cheshmeh ye Kharot. Des insurgés ont été signalés ces derniers jours dans la zone et tout le monde est aux aguets.

Les hommes débarquent. Le chef de peloton, le lieutenant Frizac, discute avec un des maleks 1 pendant que le

Une zone immense

La zone d’opérations du BATFRA est

immense. « Comme dans d’autres endroits, la situation est contrastée et il n’y a pas de région 100 % sûre »,

explique le colonel Jean-Pierre Per- rin, chef de corps du 3 e RPIMa. « La

menace est protéiforme. Elle est per- manente sous la forme des IED 2 et des roquettes. Le risque d’une attaque plus organisée, visant un objectif sym- bolique, est également important car Kaboul concentre les signes du pou-

voir. » L’objectif principal du BATFRA est de conduire le transfert d’autorité avec les forces de sécurité afghanes dans tous les districts de la province de Kaboul.

Afghanistan

Afghanistan « Le transfert de la sécurité aux Afghans est notre priorité » « Le transfert

« Le transfert de la sécurité aux Afghans est notre priorité »

« Le transfert de la sécurité aux Afghans

est notre priorité », explique à ce propos le colonel Perrin. Afin de garantir au plus vite la sécurité du pays, l’effort consenti par la coalition pour la formation et la montée en puissance de l’ANA est considérable.

« Ensuite, en coordination avec l’ANA et

les alliés, nous préparons et conduisons des opérations pour sécuriser la vallée de

l’Uzbeen 3 et y combattre les insurgés », ajoute le chef du BATFRA. Dans le même temps, le 3 e RPIMa et les autres unités du BATFRA poursuivent les actions CIMIC dans toute la zone, avec un effort en Surobi.

1
1

Chefs traditionnels afghans.

avec un effort en Surobi. 1 Chefs traditionnels afghans. La menace est protéiforme. Elle est permanente
avec un effort en Surobi. 1 Chefs traditionnels afghans. La menace est protéiforme. Elle est permanente

La menace est protéiforme. Elle est permanente sous la forme des IED et des roquettes. »

2 Improvised explosive device : engin explosif improvisé.

3 Voir l’article paru dans le numéro d’octobre de Terre Information Magazine.

Groupe cynophile, le complément de confiance

Installé sur le camp de Warehouse, à Kaboul, le groupe cynophile du 132 e Bataillon cynotechnique de l’armée de Terre participe aussi bien à la sécurité de cette emprise qu’à celle de la FOB Tora, située à l’est du RC-C, sur la route du Pakistan.

« Les chiens renifleurs d’explosifs ou d’intervention effectuent de nombreuses missions au profit de la force », explique le lieutenant

Frédéric Longprez, chef de détachement. Chaque jour, les chiens aident à filtrer les véhicules à l’entrée du camp. Ils peuvent aussi assister une compagnie d’infanterie sur un barrage filtrant ou aider à déclarer une zone claire avant l’arrivée de personnels de

la coalition.« Le chien est un atout psychologique indéniable pour nos hommes », poursuit le lieutenant. « Partout où il est, les soldats français se sentent plus sereins », conclut le chef de détachement. « Ils se disent souvent que s’il y a quelque chose, le chien le sentira ! »

Le chien, un atout psychologique.

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En direct de…

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Convoyer : une opération particulièrement difficile en ville.

La logistique au contact

Des kilomètres de routes sous la menace d’engins explosifs improvisés ou d’attaques des insurgés. C’est dans ce contexte opérationnel que les convois et leurs escortes évoluent en Afghanistan. Reportage au sein du Bataillon de commandement et de soutien (BCS) basé sur le camp de Warehouse, à Kaboul.

U n porte-avion. » Voilà l’image que le commandant Jean- Bernard Thépenier utilise pour les convois logistiques qui regroupent souvent 20

véhicules, hérissés d’hommes et toutes

armes dehors. « Nos convois sont mon- tés comme des opérations militaires »,

précise le chef opérations du BCS. Créé pour coordonner le soutien au profit des unités françaises déployées sur le théâtre, le BCS compte 500 per-

déployées sur le théâtre, le BCS compte 500 per- Le détachement d’hélicoptères de Kaboul CPA et

Le détachement d’hélicoptères de Kaboul

CPA et gunner dans un Caracal.

Ce détachement de l’armée de l’Air, mis en place fin avril 2008, compte 45 militaires. Consacré prioritairement aux évacuations sanitaires (MEDEVAC), il réalise également des missions d’aérotransport tactique au profit des troupes, des récupérations de personnel ou des missions de renseignement. La quasi-totalité de ses 70 heures de vol mensuelles sont réalisées au profit des terriens déployés en RC-C.

« Nous sommes au cœur de l’interarmées et

de l’interalliés », affirme le lieutenant colonel Cello, chef de détachement. Outre les hélicoptères Caracal (qui comptent notamment deux mitrailleuses MAG 58 de 7,62 mm et un groupe de commandos de l’air), le détache- ment a reçu des Gazelle Viviane en renfort.

TIM n° 199 - Novembre 2008

Afghanistan

sonnes issues de 18 formations de l’armée de Terre. Il assume également le soutien de l’état-major du RC-C, du domaine santé 1 et du camp de Ware- house.

Mission convoi

Sur les axes logistiques afghans, pour ravitailler les troupes et positions du dispositif français, les hommes et fem- mes de la composante logistique du BCS réalisent jusqu’à 35 missions par

semaine. « Nos hommes rentrent de mission lessivés », sexclame le com-

mandant Didier Rostollan, chef du Cen- tre opérationnel du BCS. « Pour le BCS,

la priorité est de livrer notre fret. En cas d’accrochage, nous cherchons d’abord à accomplir notre mission. »

La mission convoi est donc l’objet d’une préparation minutieuse, d’un dialogue avec les toutes les composantes de la colonne (train, infanterie, JTAC 2 ).

« L’articulation du convoi est une étape

importante », explique l’adjudant-chef

Gilles Carolle. « Nous bénéficions du

système IFTS (ISAF Force Tracking Sys-

tem), un système de positionnement par satellite des véhicules très perfor-

mant. » Cela permet de savoir où se trouve le convoi en permanence, ce qui peut être très utile en cas d’incident ou d’attaque. Tout le monde exerce une surveillance à 360° pendant les trajets. « Parfois

ça peut aller très vite », explique un

Plus de 2 000 km par semaine !

conducteur. « Le danger vient des insur- gés bien sûr, mais aussi du trafic, des animaux ou de l’état de la route. » Les

hommes sont concentrés dès le portail franchi. Pendant des heures, ils scru- tent la route, écartent avec des signes les véhicules civils qui tentent de ren- trer dans le convoi. Les véhicules équi- pés de brouilleurs sont savamment positionnés, pour créer une bulle de protection contre les IED.

Plus de 2 000 km par semaine

Les missions ne s’arrêtent pas à l’es- corte ou au transport de fret. « Les

missions log’ qui parcourent plus de 2000 km par semaine sur les routes d’Afghanistan, sont aussi l’occasion de recueillir des informations d’ambiance. La collecte d’information sur les axes ou la reconnaissance d’itinéraires complètent donc nos missions », expli-

que l’adjudant Henri Vanson, en charge du renseignement. Un large spectre de missions et de compétences pour le BCS qui a permis

« de trouver sa place dans la chaîne de

soutien PAMIR », selon le lieutenant- colonel Beaucamp, son chef de corps.

« C’était notre challenge de tout mettre

en place. La relève devra, elle, affron-

ter les rigueurs de l’hiver afghan. »

elle, affron- ter les rigueurs de l’hiver afghan. » 1 Avec 45 militaires du Service de

1 Avec 45 militaires du Service de santé aux armées. 2 Joint tactical air controler.

Logistique de théâtre

Le BCS est armé par 18 formations de l’armée de Terre, dont les

10

formations de la 1 re Brigade

logistique. Il est en mesure d’acheminer le fret et le carburant,

de signaler et reconnaître les itinéraires, de réparer les véhicules et l’armement mais aussi de produire de l’énergie, de fournir de quoi nourrir et laver les soldats partout où ils sont déployés sur le théâtre. Depuis juin 2008, il a mené 501 missions de tous types (convois, escortes, etc.), 44 convois de

15

véhicules minimum,

4 425 conteneurs transportés avec une moyenne de 3 075 km par véhicule, soit environ 123 500 km parcourus sans accidents. Environ 860 interventions techniques ont été réalisées dans tous les domaines sur les sites de Bagram, de la FOB Nijrab, de Kandahar et sur le site de Warehouse.

TIM n° 199 - Novembre 2008

23

En direct de…

En Kapisa

En RC-Est, le GTIA 1 Kapisa est stationné sur deux FOB

(Forward Operating Base

Bases opérationnelles avancées), au confluent de plusieurs vallées. Sa mission : aider les forces afghanes dans la lutte contre les insurgés, dans un environnement éprouvant pour les hommes et le matériel.

24

TIM n° 199 - Novembre 2008

N otre préparation avant la projection a été très

exigeante », explique le colonel Jacques Aragones, patron du GTIA et chef de

corps du 8 e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMA). « Cela nous a permis de nous adapter plus vite, aussi bien aux conditions de vie qu’aux accrochages qui ponctuent la vie ici »,

détaille-t-il. Le chef opérations, le lieute- nant-colonel Vincent Tassal, enchaîne :

« Nous avions mis l’accent sur le combat et la préparation dans le domaine santé; ces choix se sont avérés être les bons. »

Actions de combat

L’ensemble du GTIA évolue souvent au

contact des insurgés. « Les actions de combat, 39 depuis fin juillet, ne sont pas ici un fait exceptionnel », rajoute le colo- nel Aragones. Il précise aussitôt: « Cer- tains blessés légers sont soignés sur

La vigilance est de mise à chaque patrouille.

place et se remettent très vite au travail. »

En effet, des personnels touchés par des éclats de RPG 2 quelques jours auparavant ont repris normalement leur mission. Le GTIA Kapisa s’est déployé fin juillet au sein du RC-Est, à proximité des troupes déjà engagées dans le RC-C (Kaboul) et des OMLT. Il est installé sur deux bases avancées: les FOB de Nijrab et de Tagab. Il compte également un petit élément de liaison à Bagram, auprès du HQ RC-E, et un détachement de liaison au camp de Warehouse.

Pas un pas sans appui

La mission principale du GTIA, grâce à 600 hommes issus de plusieurs forma- tions (cf. encadré), est « d’assurer et de maintenir la sécurité dans la province. À cette fin, nous menons des opérations du niveau compagnie ou bataillon. Nous assurons aussi de nombreuses patrouil- les avec des sections renforcées », ajoute

La FOB Nijrab.

Afghanistan

le chef de corps du 8. « Nous voulons montrer à la population que nous appor- tons de la sécurité et que rien ni personne ne peut nous empêcher de circuler dans

la zone », explique-t-il calmement. Chaque section est donc renforcée d’un groupe de sapeurs, capables d’appuyer les fantassins. Ainsi, les sapeurs ouvrent fréquemment les itinéraires, participant aux éventuelles fouilles de maisons et à la neutralisation des IED ou des muni- tions non explosées. Des artilleurs ren- forcent eux-aussi les sections et apportent leur savoir-faire pour le réglage d’un appui mortier ou le guidage pour l’appui aérien quand celui-ci s’avère nécessaire.

« Ici, l’adage “Pas un pas sans appui” se

vérifie », ajoute le lieutenant-colonel Vin- cent Tassal, chef opérations. Il poursuit:

« En Kapisa, il n’y a pas de pic d’attaques

puis une accalmie. Le rythme des actions est constant, chaque patrouille peut vrai-

ment se transformer en combat. »

Les artilleurs en Afghanistan Tir de mortier de 120 mm. « L’artillerie en OPEX, dans
Les artilleurs en Afghanistan
Tir de mortier
de 120 mm.
«
L’artillerie en OPEX, dans son
cœur de métier, avec plus de
200 tirs réels ! » Le capitaine
Stéphane Sentana, chef de
détachement du 35 e RAP, ne cache
pas son enthousiasme. Implanté
sur les trois FOB françaises,
le 35 e RAP a tiré avec ses mortiers
de 120 mm pour la première fois
depuis l’opération TACAUD au
Tchad en 1978. « Bien sûr que
nous sommes fiers d’avoir tiré »,
déclare l’adjudant Stéphane
Duchamp, basé à Nijrab. « Hier
soir par exemple, nous avons
tiré des éclairants au profit d’une
FOB où se trouvent des soldats
américains », explique l’artilleur.
Mais nous avons aussi tiré des
munitions explosives au profit
de notre PC tactique sur des
personnels ennemis clairement
identifiés.»
«

Coopérations fructueuses

Les FOB maintiennent un rythme d’ac- tivités important et la coopération avec l’Armée nationale afghane (ANA) et avec l’Afghan national police (ANP) est systématique. Avec les alliés égale- ment, les FOB étant en région Est, sous commandement US : « Nous

bénéficions des moyens de l’Alliance au niveau du soutien aérien (hélicop- tères ou avions) pour appuyer nos

troupes au sol », explique le capitaine

Yann, commandant la 1 re compagnie du 8 e RPIMa. De l’interarmes à l’interar- mées, voire l’interalliées, une mission passionnante que le colonel Aragones résume d’une phrase : « On met en

œuvre ici ce qu’on a appris pendant toute sa vie de soldat. »

1
1

Groupement tactique interarmes.

2 Rocket Propelled Grenade : lance-roquettes.

Composition du GTIA Kapisa

-

8 e Régiment de parachutistes

- 1 er Régiment étranger de

d’infanterie de marine (8 e RPIMa) :

cavalerie (1 er REC) : les blindés sont répartis sur les FOB ;

-

42 e Régiment de transmissions (42 e RT) / 54 e Régiment de transmissions (54 e RT)

unité leader, infanterie ;

17 e Régiment de génie parachu- tiste (17 e RGP) : une section de génie d’assaut par FOB ;

-

-

35 e Régiment d’artillerie parachutiste (35 e RAP) : deux pièces par FOB ;

et quelques compléments individuels en provenance d’autres unités.

Fouille de civil au bazar de Nijrab. Le 1 er REC en Afghanistan Les blindés
Fouille de civil au bazar de Nijrab.
Le 1 er REC en Afghanistan
Les blindés sont mis à
contribution en Afghanistan
avec un peloton du 1 er REC.
Composé de cinq AMX 10 RC
et trois VBL 12,7 mm, le
détachement du REC assure
des patrouilles mixtes en
soutien des troupes
déployées sur place dans
les FOB. Les 10 RC ont déjà
eu à intervenir à plusieurs
reprises, notamment en
appuyant les fantassins pour
leur permettre de rompre
le contact ou pour dégager
une colonne. Le peloton sera
relevé par le 4 e Régiment
de chasseurs en décembre.

TIM n° 199 - Novembre 2008

25

✁ Terre info Organe de liaison des ressources humaines fondé en 1973 par le Général d’armée

Terreinfo

Organe de liaison des ressources humaines fondé en 1973 par le Général d’armée de Boissieu

sommaire - Novembre 2008

Téléchargez Terre Info sur Intranet :

www.emat.terre.defense.gouv.fr/rh

Un CT1-VE qui évolue•

Construire dès maintenant l’armée de Terre de 2014
l’armée de Terre de 2014Construire dès maintenant

Construire dès maintenant l’armée de Terre de 2014 (suite)dès maintenant l’armée de Terre de 2014 • • Du nouveau chez les majors • Un

Du nouveau chez les majorsdès maintenant l’armée de Terre de 2014 (suite) • • Un CT1-VE qui évolue Depuis sa

Un CT1-VE qui évolue

Depuis sa création en 2003, le Certificat technique du premier degré par validation d’expérience (CT1-VE) a évolué pour répondre aux attentes des différents acteurs. Désormais, sa mise en œuvre se rapproche de celle de la Validation des acquis de l’expérience (VAE). Le point sur ces évolutions.

La circulaire du 05 juillet 2007 1 relative à la mise en œuvre du CT1-VE répond désor- mais aux objectifs d’individualisation et de valorisation des parcours profession- nels du militaire du rang. Cette circulaire précise le nouveau cadre du CT1-VE :

ouverture du passeport professionnel dès l’orientation des 4 ans et au plus tard en début de 5 e année de service ;

acquisition des savoir-faire sur 3 ans ;

fondement de la décision du jury régi- mentaire sur la valeur technique des can-de service ; acquisition des savoir-faire sur 3 ans ; • • • • • didats

didats (notation et aptitude physique sont prises en compte dans les critères d’ou-

verture du passeport professionnel) ;

au moment de sa présentation devant le jury, le candidat doit détenir au moins 75% des savoir-faire décrits dans le passe- port, certains d’entre eux étant considé- rés comme impératifs;

possibilité pour le jury régimentaire de juger la valeur technique de l’engagé, par la mise en situation professionnelle du candidat pour apprécier son niveau d’acquisition des compétences ;

validation, lorsqu’elle existe, de la forma- tion complémentaire dans les 12 mois qui suivent la réunion du jury régimentaire (Dans ce cas, le CT1 est toutefois attribué à la date de présentation effective devant un jury). Cette formation est désormais constitutive du CT1-VE.

La mise en œuvre du CT1-VE se rapproche désormais de celle de la Validation des acquis de l’expérience (VAE) en reprenant ses grands principes, afin d’accroître sa cré- dibilité et permettre à certains militaires du rang de bénéficier, à terme, d’un diplôme professionnel reconnu à la fois par l’institu-

Le dispositif CT1-VE depuis 2007

Étapes Détention du CT1-VE : d’orientation Orientation, décision d’ouverture ou non du passeport
Étapes
Détention du CT1-VE :
d’orientation
Orientation, décision
d’ouverture ou non
du passeport
professionnel
du CT1 VE
une des conditions pour
l’orientation parcours long.
Années
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de
service
3
ans
minimum
Formation
complémentaire
CURSUS
Ouverture
pour
la
(si
elle
éxiste)
à
effectuer
du
pas
seport
CT1-VE
dans
les
12
mois
qui
suivent
professionnel
validation
la
réunion
du
jury
d’expérience
JURY
RÉGIMENTAIRE
-
juge
la
valeur technique
-
mise
en
situation
professionnelle
possible

La mutation d’un militaire du rang en cours de CT1-VE doit s’inscrire dans la continuité du parcours professionnel.

tion militaire et par le monde professionnel civil. En effet, depuis un an, avec l’aide des écoles de formation, le CoFAT entreprend de faire progressivement certifier auprès de la commission nationale de certification pro- fessionnelle (CNCP) la majorité des CT1, ce qui permettra, à terme, l’obtention d’un titre à caractère professionnel reconnu par tous. La détention d’un titre certifié constituera pour le militaire du rang une véritable valo- risation de son parcours professionnel. Quatre CT1 sont en cours d’inscription auprès de la CNCP et une dizaine d’autres CT1 seront transmis pour validation à cette com- mission avant la fin de l’année.

voie de la formation). Il faut souligner que, désormais, le niveau de qualification et la dénomination du CT1 sont communs aux engagés et aux sous-officiers, seul diffère le mode d’acquisition des compétences.

Il est à noter également que la détention du certificat technique du premier degré par validation d’expérience, est une condition nécessaire mais non suffisante pour le renouvellement de contrat au delà de 11 ans.

Les passeports professionnels et les textes d’application sont consultables depuis le portail intraterre du CoFAT (http://www.cofat.terre.defense.gouv.fr/) sous la rubrique documentation/CT1-VE.

CoFAT

1 Circulaire 6600/CoFAT/DF/B.COORD/SIRH/FORM (BOC N°01 du 11 janvier 2008, texte 18). 1 Circulaire 6600/CoFAT/DF/B.COORD/SIRH/FORM (BOC N°01 du 11 janvier 2008, texte 18).

Le dispositif CT1-VE dispose actuellement de 92 passeports professionnels décrivant les compétences qui doivent être acquises par la voie de l’expérience pour l’attribution d’un CT1 (7 autres CT1 sont obtenus par la

II
II

✁ TTerrerree infoinfo La manœuvre RH, vers Le général Renard au Grand rapport de l’armée de

TTerrerreeinfoinfo

La manœuvre RH, vers

Le général Renard au Grand rapport de l’armée de Terre.
Le général Renard
au Grand rapport de
l’armée de Terre.

« Pour remplir le contrat opérationnel fixé dans le nouveau Livre Blanc, et suite à la révision générale des politiques publiques, l’armée de Terre doit atteindre un nouveau format et adopter une nouvelle organisation pour 2014 »

Aussi, sans attendre les prochaines déci- sions concernant notamment le fonction- nement général du soutien ou des bases de défense, nous engageons dès à présent la manœuvre des ressources humaines afin de bâtir l’armée de Terre de demain. Cadencée annuellement par des restructurations, des transferts ou des dissolutions d’uni- tés, cette manœuvre, qui nécessite, en parallèle, une diminution maîtrisée des effectifs, s’appuie sur un dialogue constant et sur des dispositifs d’accompagnement redynamisés. Ainsi, au regard des possibilités offertes en termes de conditions de départ, de mobilité et de parcours professionnels, nous souhaitons que chacun, militaire ou civil, puisse savoir, comprendre, anticiper et choisir au mieux.

Général de division Philippe RENARD Directeur des ressources humaines de l’armée de Terre

PRINCIPAUX POINTS A RETENIR

«

Efforts, cohérence et équité… »

Tout d’abord, la manœuvre RH appuie pleinement

cée ou fortement restructurée. Cependant, compte tenu de l’ampleur de la réforme et dans un souci

celle de l’armée de Terre. L’objectif est bien de garantir le maintien de la capacité opérationnelle.

• Par ailleurs, cette manœuvre, conduite sous forte contrainte financière, nous oblige à marquer des efforts ciblés, par catégories, par domaines de spé- cialités et dans la durée (cf. tableau ci-contre).

L’armée de terre fournit un effort important pour son personnel en termes de formation et de lisibi- lité des parcours professionnels. Aussi, les départs qui permettent la diminution des effectifs se doi- vent d’être maitrisés et répondront à des opportu- nités professionnelles ou des considérations personnelles.

d’équité, « porter une attention prioritaire » ne signi- fiera pas «donner systématiquement satisfaction en termes d’affectation ».

• Ainsi, il convient de garantir l’équité de considé- ration et de traitement entre toutes les catégories de personnel, en préservant tout particulièrement les militaires en 1 ère partie de carrière. A titres d’exemple, citons les sous-officiers engagés dans le cursus du BSTAT ou les officiers subalternes pré- vus pour un temps de commandement d’unité élé- mentaire. Des réorientations pourraient être proposées le cas échéant.

• L’attention particulière portée à la mobilité que la transformation de l’armée de terre implique, sera synonyme d’une gestion individuelle du person- nel appartenant à une formation dissoute, dépla-

La poursuite d’un recrutement externe et interne important est due à l’impératif de jeunesse liée à la capacité opérationnelle, l’attractivité du métier, au maintien de la promotion interne et à la cohé- sion de l’armée de Terre.

II II
II
II

l’armée de Terre 2014

DISPOSITIFS DE MOBILITÉ ET DE DÉPART

« Personne ne sera laissé sur le bord du chemin »

Compte tenu des objectifs quantitatifs fixés et des équilibres à préserver, certains dispositifs vont être renforcés : reclassement dans les fonctions publiques ou dans le secteur privé, changement d’armée, mobilité ministérielle, aides financières à la mobilité ou au départ,… Ainsi, en fonction de la catégorie de personnel, du niveau d’emploi ou du métier, chacun pourra envisager la meilleure solution, adaptée à sa situation personnelle, et ainsi envisager son avenir en dehors ou au sein de l’armée de Terre, en toute connaissance de cause.

Le tableau générique ci-dessous présente les pointes d’efforts du dispositif.

Personnel militaire

Personnel civil

Officiers

• Départs (aide financière)

Sous-officiers

• Départs (aide financière et reclassement)

Militaires du rang

• Fidélisation

• Mobilité (aide financière)

Fonctionnaires et agents sur contrats

• Mobilité (interministériel et aide financière)

• Reclassement

Ouvriers de l’Etat

• Départs (aide financière)

• Mobilité (interministériel et aide financière)

A NOTER : Soumises aux parutions de décrets, les mesures financières et les procédures d’accompagnement feront l’objet d’articles spécifiques dans les prochains numéros de TIM ou sur le site de la DRHAT (www.drhat.terre.defense.gouv.fr).

RESTRUCTURATIONS

« un dialogue renforcé avec les organismes »

Le 2 septembre dernier, l’ensemble des chefs de corps et directeurs d’établissements d’organismes restructurés en 2009 ont été reçus par la DRHAT. Un objectif : leur présenter le dispositif mis en place afin de les accompagner dans la préparation de la mobilité de leur personnel.

Ce dispositif, reconduit chaque année, s’articule autour de 5 axes :

une prise en compte de toutes les situations individuelles en faisant effort sur les populations les moins mobiles :

les engagés volontaires et les ouvriers d’Etat;

un point de contact privilégié (PCP) : un officier de la DRHAT a été désigné pour chaque organisme afin de suivre pas à pas le déroulement du PAM ;

des visites régulières au sein des organismes, avec possibilités d’entretiens individuels, associant tous les acteurs RH (locaux, régionaux et centraux, en charge de la gestion du personnel militaire, civil et réserviste) ;

des aides financières spécifiques pour les différentes catégories de personnel (PM, PC) ;

une aide financière pour les conjoints.

Juillet

Juillet

Septembre

Septembre

Octobre

Octobre

Décembre

Décembre

Janvier

Janvier
Février

Février

Mars

Juillet Septembre Octobre Décembre Janvier Février Mars
                       
           

Visites DPMAT-RT

         
                 

Ventilation à partir

   
           

des FE restructurées 2009

   

du 27/02

   
Décembre - janvier OM des FE restructurées
Décembre - janvier OM des FE restructurées
Décembre - janvier OM des FE restructurées

Décembre - janvier

Décembre - janvier OM des FE restructurées

OM des FE restructurées

Décembre - janvier OM des FE restructurées
         

2009

 

Calendrier

2/09 : Réunion

AMD : Début

 

Préparation OM

 

Visite DPMAT

 

mesures 2009.

des CDC des FE

visite CDC

 

des FE restructurées

 

des FE restructurées

Lettre aux

restructurées (BCM-

Priorité aux FE

 

2009

 

2010

 
               

CDC Envol

BRES-BPC-RT) visite des

restructurées

       

FIDEMUT

FE (PCP+RT+BRES)

         
 
 
 
 
 
 
 

Glossaire : FIDEMUT (Fiche de desiderata de mutation), BCM (Bureau coordination carrières et métiers), BRES (Bureau réserves),

 

BPC (Bureau personnel civil), FE (Formation d’emploi), OM (Ordres de mutation)

II II II
II
II II

✁ Terre info Du nouveau chez les majors La fusion du corps des majors avec celui

Terreinfo

Du nouveau chez les majors

La fusion du corps des majors avec celui des sous-officiers dans le nouveau décret des sous-officiers de carrière (SOC) a pour conséquence la disparition du concours des majors et la création des épreuves de sélection professionnelle (ESP). La logique du recrutement laisse place à une logique d’avancement. Explications.

Les premières ESP seront organisées fin 2009.
Les premières ESP seront
organisées fin 2009.

L es adjudants-chefs ayant réussi les ESP constitueront un vivier au sein duquel seront choisis et promus les futurs majors de l’armée de Terre. Les ESP sont

constituées d’épreuves écrites d’admissi- bilité et d’épreuves orales d’admission. Elles sont détaillées ci-dessous.

1. Composition des épreuves d’admissibilité :

une prise de position argumentée s’ap- puyant en particulier sur une analyse cri- tique de celui-ci. D’une durée de 3h et de coefficient 6, l’épreuve consiste en l’ana- lyse d’un texte rédigé en français portant sur un fait de société. Cette épreuve comporte :

• 2 questions de compréhension portant sur le texte, à traiter en 10 lignes maxi- mum par question ; • 1 question imposant une prise de posi- tion développée et argumentée s’ap- puyant, en particulier, sur une analyse critique du contenu du texte.

Remarque : Une note inférieure ou égale à 4 à l’épreuve d’analyse de texte est éliminatoire. Seule l’épreuve d’analyse de texte comporte une note éliminatoire.

2. Composition des épreuves d’admission :

2.1. Réalisation d’un curriculum vitae

Cet exercice tend à juger de la capacité de rédaction et de synthèse du candidat, ses motivations et sa maîtrise de l’outil infor- matique. D’une durée de 2 heures et de coefficient 1, cette épreuve se déroule la veille de l’épreuve d’entretien.

2.2. Epreuve d’aptitude générale

mettent en perspective le parcours profes- sionnel du candidat et apprécient son ap- titude à exercer des fonctions et des res- ponsabilités de niveau supérieur dans la

spécialité correspondant aux ESP présen- tées. D’une durée de 40 mn et de coefficient 4, cette épreuve comporte deux parties :

une interrogation sur les fonctions exer- cées en tant que sous-officier à partir du

 

CV

remis au jury ; des questions portant sur

CV remis au jury ; des questions portant sur

la connaissance du domaine de spécialités

correspondant aux ESP présentées : orga-

 

nisation du domaine de spécialités concer-

né,

formations entrant dans ce périmètre,

missions, règles d’emploi ou de fonction-

 

nement qui en relèvent.

Remarque : Une note inférieure ou égale à 4 à l’une des épreuves orales est élimina- toire.

2.4. Epreuves sportives optionnelles et facultatives.

Le

candidat a le choix du nombre de dis-

ciplines qu’il souhaite présenter :

 

• grimper chronométré de corde lisse (7 mètres de grimper effectif), • abdominaux,

• 100 mètres natation nage libre plus

 

10

mètres en apnée,

• test d’endurance pédestre (Cooper de

 
 

12

mn).

  12 mn).

La

somme des points au dessus de la

 

L’épreuve permet d’estimer la capacité de

2.3.

de spécialités

Epreuve de connaissance du domaine

moyenne obtenus à chaque épreuve effec-

1.1.

Questionnaire à choix multiple de

réflexion, de raisonnement et d’expression

culture générale L’objectif est d’apprécier le niveau de cul- ture du candidat et l’intérêt qu’il porte au monde et aux questions civiles ou militaires. D’une durée de 2h30 et de coefficient 3, l’épreuve comprend 100 questions de cul-

orale du candidat, sa capacité à construi- re et à soutenir une thèse sur un sujet d’ac- tualité civil ou militaire et enfin de le juger en termes de savoir-être (expérience pro- fessionnelle, motivations, culture généra- le, qualité d’expression et aptitude à exer-

tuée, est additionnée au total des points de l’admissibilité et de l’admission des ESP.

Ces épreuves se déroulent la veille de l’épreuve d’entretien. Toute épreuve non terminée ou non effectuée, ou dont la per- formance est inférieure à la performance correspondant à la note de 1 sur 20 est

ture générale portant sur l’orthographe, le

cer des fonctions et des responsabilités de

notée zéro. Toute performance qui se trou-

vocabulaire, la grammaire, la géographie,

niveau supérieur). D’une durée de 40 mn

ve

comprise entre deux performances dif-

les relations internationales, l’Europe, les religions dans le monde, l’environnement, l’histoire et les connaissances militaires.

et de coefficient 5, cette épreuve se décom- pose en un exposé de 10 mn et en un entretien de 30 mn avec le président et le vice-président de la sous-commission

férant d’un point entraîne la note corres- pondant à la performance inférieure. Pour chaque épreuve, le protocole et le barème différencié par catégorie d’âge

1.2.

Questionnaire à choix multiple de

d’admission des ESP à partir de l’exposé

et

de sexe sont décrits dans l’instruction

langue anglaise

et du CV du candidat. Le candidat traite au

126/DEF/EMA/EMP/3 du 25 janvier 2007

Ce questionnaire vise à évaluer le niveau

choix l’un des 2 sujets d’actualité tirés au

relative au contrôle de la condition physique

d’anglais du candidat et sa capacité de com-

sort, l’un se rapportant à la défense et

du

militaire.

préhension. D’une durée de 30 mn et de coefficient 1, l’épreuve comprend 10 textes de difficulté variable : 2 questions par tex- te avec 4 propositions par question dont une seule est exacte. (Le niveau requis est ce- lui de l’attestation pratique élémentaire de langue).

l’autre aux grands problèmes contempo- rains. Le candidat dispose d’un temps de préparation de 20 mn.

L’objectif est d’évaluer la compétence ac- quise par le candidat dans son domaine de

Les premières ESP seront organisées fin 2009. Les lauréats de plus de deux ans de grade seront, courant 2010, étudiés dans le cadre des travaux d’avancement au choix pour le grade de major en 2011. Les travaux d’avancement au choix pour le grade de major en 2010 ne concerne-

1.3.

Epreuve d’analyse de texte

spécialités et sa capacité à l’intégrer dans

ront que les adjudants chefs nés avant le

Cette épreuve vise à estimer la capacité du

une problématique plus large (cadre inter-

01/01/1961 et non titulaires des ESP.

candidat à comprendre un texte et à bâtir

armes, état-major…) ; les examinateurs

II VV
II VV

BPRH

Innovation

en Le bond avant

Pour répondre au durcissement des engagements, plus particulièrement en Afghanistan, l’armée de Terre a lancé des achats, destinés à renforcer la protection individuelle et collective du combattant des unités au contact, améliorant ainsi son confort et son efficacité au combat pour des situations d’engagement particulières.

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TIM n°199 - Novembre 2008

F ranchement c’est un grand progrès ! C’est la première fois que les Français chan- gent de chaussures depuis la Seconde Guerre mondiale »,

déclare tout sourire le lieutenant Thibaut Frizac, chef de peloton au 1 er Régiment de hussards parachutistes (1 er RHP). Ses hommes, de retour de patrouille, enchaînent spontanément :

« Les gants sont supers », annonce le

maréchal-des-logis Michel Chef. « On

est maintenant impatients d’avoir la totalité des équipements améliorés et surtout les nouveaux gilets pare-bal-

les » 1 , ajoute le maréchal-des-logis Julien Viorney.

Plus de 8 millions d’euros

Avec une série d’équipements tant indi- viduels que collectifs, l’effort consenti se chiffre à plus de 8 millions d’euros rien que pour l’équipement individuel. Ces nouveaux équipements font partie

d’une batterie de mesures arrêtées dès le début de l’année 2008 par le général CEMAT pour maintenir au plus haut niveau le potentiel de combat de la force engagée en Afghanistan. Ce théâtre est, dans le domaine, un véritable labora- toire des mesures de protection des soldats. Les améliorations apportées ou deman- dées sont le résultat des retours d’expérience depuis plusieurs mois, notamment ceux des OMLT (Operatio-

nal mentoring and liaison teams).

L’équipement individuel a ainsi fait un bond qualitatif et quantitatif important depuis juillet 2008. Les demandes sont traitées en urgence opérationnelle et en boucle courte pour offrir aux combat- tants en Afghanistan les meilleurs matériels dont dispose l’armée de Terre

aujourd’hui. « Toutes les livraisons se font dans le cadre de l’adaptation réac-

tive », explique le capitaine Stéphane Madert, de la DCCAT de Rambouillet, expert en soutien de l’homme pour l’Af-

ghanistan. « Nous avons un bon retour, confirmé par un sondage réalisé sur le théâtre qui attribue des notes excellen- tes à tout le matériel. Les seuls réser- ves concernent les délais de livraison »,

conclut le capitaine.

« Il y a une réactivité »

Les protections auriculaires font l’una- nimité, tout comme les chaussures de

marche. « Les lunettes balistiques sont

très rassurantes », expliquent plusieurs soldats qui ont constaté les dégâts fait par les éclats de RPG sur des yeux non

Toutes les livraisons se font dans le cadre de l’adaptation réactive. » protégés. « Le
Toutes les livraisons se font dans le cadre de l’adaptation réactive. » protégés. « Le

Toutes les livraisons se font dans le cadre de l’adaptation réactive. »

protégés. « Le nouveau treillis (coupe type treillis guérilla) est plutôt adapté »,

dit en souriant le caporal Jean-Paul Mano, du 17 e Régiment de génie para-

chutiste (17 e RGP). « Et puis il est chaud, idéal pour l’hiver qui arrive. »

Le chef de corps du 3 e RPIMA, le colo- nel Jean-Pierre Perrin, explique docte-

ment : « Nous sentons bien que nous sommes l’objet de toutes les attentions du commandement de l’armée de Terre et de l’Etat-major des armées : c’est très motivant de savoir que tout le monde pousse avec nous, de se sentir

écoutés. » Puis louant la rapidité des

Protection individuelle du combattant

livraisons de matériel, il déclare « que

même si il y a une réactivité, il reste des procédures : tout cela arrive parce que le travail avait été amorcé en amont ». « C’est dur, mais il faut être patient »,

explique le général Stollsteiner. « Il

reste des délais inhérents aux acquisi- tions et livraisons: tout le monde va être

équipé. » De nouvelles livraisons sont attendues dans les semaines à venir pour compléter certains paquetages.

LTN Thomas DIJOL Photos : CCH Jean-Baptiste TABONE

LTN Thomas DIJOL Photos : CCH Jean-Baptiste TABONE 1 En Afghanistan, les OMLT, la Task force

1 En Afghanistan, les OMLT, la Task force Kapisa ainsi que le BATFRA ont été équipés courant octobre des nouveaux gilets pare- balles.

Perception de matériel en Afghanistan.
Perception de matériel
en Afghanistan.

De nouvelles tenues pour les démineurs

Les tenues légères de déminage, plus ergonomiques et adaptées aux conditions de travail en Afghanistan, vont être expédiées vers Kaboul. Elles sont accompagnées de chaus- sures Matramines avec des kits de brancardage adaptés pour évacuer des blessés en zone minée.

Matramines avec des kits de brancardage adaptés pour évacuer des blessés en zone minée. TIM n°199

TIM n°199 - Novembre 2008

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RETEX

RETEX Protection maximale en Afghanistan Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont pas inutiles. Le Centre de

Protection maximale en Afghanistan

RETEX Protection maximale en Afghanistan Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont pas inutiles. Le Centre de

Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont pas inutiles. Le Centre de doctrine et d’emploi des forces (CDEF) vous propose ainsi chaque mois un point, en quelques brèves, sur les RETEX en cours.

THEATRES

La protection de la force

sur les RETEX en cours. THEATRES La protection de la force Le durcissement et la complexité

Le durcissement et la complexité des engagements nécessitent de disposer d’une gamme d’équipements adaptés afin d'assurer une protection maximale aux troupes. Les opérations militaires menées en Afghanistan sont particulièrement éprouvantes tant pour les hommes que pour les matériels. Suite au RETEX et à son exploitation, les améliorations et les modifications demandées sont traitées en urgence opérationnelle et en boucle courte. La protection individuelle du com- battant a été renforcée : gilet pare-balles, lunettes de protection balistiques, protec- tions auriculaires, genouillères, coudiè- res et matériel individuel d’identification. Des mesures complémentaires sont enga- gées comme le tourelleau téléopéré pour VAB, le kit de surprotection des VBL ainsi que la protection des véhicules logistiques et d’aménagement du terrain. Le RETEX tactique des unités engagées concourt à une meilleure préparation opérationnelle, condition nécessaire à la sauvegarde de nos soldats en Afghanistan.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Intraterre du CDEF :

www.cdef.terre.defense.gouv.fr

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TIM n°199 - Novembre 2008

ADAPTATION

Achat d’un nouveau lance-grenades

Pour doter les unités d’une capacité de riposte immédiate en réaction à une embuscade et protéger les bases, une vingtaine de lance-grenades automati- ques de 40 mm vont équiper le GTIA Kapisa déployé en Afghanistan. Efficace jusqu’à 2 200 mètres, précise et suffi- samment puissante pour permettre un désengagement sous le feu, voire une récupération de véhicule endommagé,

cette arme est également simple d'em- ploi et équipera le bataillon avant la fin

2008.

ENTRAÎNEMENT

La Mise en condition du personnel (MCP)

L’engagement opérationnel des Ope- rational mentoring and liaison teams (OMLT) est possible dès l’arrivée sur le théâtre, parfois sans préavis. La pré- paration amont doit permettre de « se mettre immédiatement dedans », sans rupture ou instruction complémentaire lourde – sauf stages ISAF spécifiques.

complémentaire lourde – sauf stages ISAF spécifiques. Afghanistan, vallée d’Uzbeen, le 18 août 2008: une
complémentaire lourde – sauf stages ISAF spécifiques. Afghanistan, vallée d’Uzbeen, le 18 août 2008: une
Afghanistan, vallée d’Uzbeen, le 18 août 2008: une unité du bataillon français tombe dans une
Afghanistan,
vallée d’Uzbeen,
le 18 août 2008:
une unité du bataillon
français tombe dans
une embuscade.
Le première classe
Vincent Paul, tireur
d’élite du 8
e Régiment
de para chutistes d’infanterie de marine (8 e RPIMa), se
de para chutistes
d’infanterie de marine
(8
e
RPIMa), se
retrouve dans le groupe de tête, sous
retrouve dans le
groupe de tête, sous
le feu. Témoignage d’un jeune combattant,
le feu. Témoignage
d’un jeune combattant,
extrait de la revue
extrait de la revue
Valeurs actuelles.
Valeurs actuelles.

aul a remplacé le para victime P d’un coup de chaleur dans le groupe de tête. Il se retrouve donc au plus près des insurgés, sur le col. « Dès les premiers

tirs, on s’est plaqué contre la murette de pierres. On était cinq, recroquevillés au maximum, cernés par les impacts. Les balles tapaient à vingt centimètres de nos pieds. On a riposté mais on ne voyait rien. Notre copain qui marchait en tête de la section, plus haut, était blessé mais hors de vue. » Les talibans sont très proches. « Mon voi- sin me dit qu’il a repéré une tête entre des cailloux. Dans la lunette de mon fusil, j’aperçois une petite meurtrière faite de pierres plates. Derrière, une ombre qui

La désignation du personnel doit donc s’effectuer suffisamment tôt pour que la MCP individuelle et collective puisse être complète. La préparation des “individuels” reste par- fois perfectible dans les domaines sui- vants: connaissance du travail de niveau brigade et fondamentaux (secourisme, tir, manipulation de l’armement collectif).

CFX NEB

L’exercice de certification NEB de la 6 e BLB et du GSD armé par le 511 e RT s’est déroulé dans une zone caractéri-

RD©

-

-

-

tout le monde a etE

bouge. Je tire, hausse 600, mais sans voir l’impact. Je corrige: 400 mètres, paf! Je tape dedans. Tout

le monde tirait. Hamada a balancé

une grenade à fusil. On ne pouvait se montrer que quelques secon-

des à découvert car, en face, ils nous alignaient vite. C’est au bout d’une heure et demie qu’on a vrai- ment ramassé. »

Les talibans tentent de prendre les paras en enfilade par la droite.

« En trois secondes, tout le monde

a été touché. Les blessés gémis-

saient en essayant de se faire le plus petit possible. Le seul salut était de passer la murette. On a tous plongé en paquet et on s’est abrité derrière deux gros rochers. Le caporal-chef Grégoire a fait une piqûre de morphine à Weatheane. Les autres se soignaient comme ils pouvaient. »

Les balles ricochent, les valides ripostent sans arrêt. « On était huit, trop nombreux derrière ces rochers.

Il fallait dégager de là. Le sergent est parti

avec un autre pour essayer de rejoindre

l’adjudant. Avec Weatheane et Garabe- dian, on a rejoint un petit talweg qui sem- blait mener au village. On a progressé par bonds, car on était tiré tout le temps. Le caporal-chef avait le bras en bouillie,

il souffrait beaucoup. »

Le combat ne faiblit pas: explosions, rafa- les, fumées, poussière, toute la montée vers le col est sous le feu, les VAB en appui aussi. Les mitrailleuses françaises arro- sent quand même les crêtes. « J’ai vu des

A 10 arriver de la vallée et remonter la

pente à basse altitude, en tirant sur les insurgés mais juste dans notre axe. Il fai- sait sombre, j’avais peur qu’ils nous tou- chent. J’ai pris une petite lampe et lancé plusieurs SOS : trois points, trois traits,

lampe et lancé plusieurs SOS : trois points, trois traits, sée par sa dimension importante et

sée par sa dimension importante et dans un environnement numérisé de l’unité élémentaire à la division. Il a de nouveau été souligné qu’un entraîne- ment régulier restait un gage de réus- site dans l’appropriation complète des

un gage de réus- site dans l’appropriation complète des “ En trois secondes, trois points. A

En trois secondes,

trois points. A un moment, l’avion est passé en latéral. J’ai vu la silhouette du pilote. Il m’a fait des signaux avec une lumière rouge. Il avait compris. » Soula- gement. Il faut continuer à descendre. A l’appro- che de la première maison, Paul voit des silhouettes. « A la forme des casques, j’ai compris que c’était des Français.“Eh les gars, c’est moi Paul!” Ils se sont aussitôt postés. J’ai répété plusieurs fois mon nom, puis on m’a répondu:“Carmin 2” Je me suis approché et j’ai reconnu le lieutenant de Carmin 3. » Grâce à Paul, le caporal- chef blessé sera récupéré, d’autres ren- seignements seront fournis. Durement éprouvée, Carmin 2 a été rapa- triée à Castres. Pour la relève, les volon- taires du 8 e RPIMa ont été très nombreux.

systèmes. De même, toutes les unités engagées doivent réaliser un entraîne- ment préalable afin de débuter la phase tactique sur des bases solides. Il s’agit bel et bien de créer une coopération entre les systèmes mis en place et non une simple juxtaposition de moyens.

ETRANGER

Les drones contre les EEI

En Irak et en Afghanistan, les convois américains sont la cible d'attentats à la bombe. Des engins explosifs improvisés

La 1 re section de la 3 e compagnie a été désignée. Commandée aussi par un adjudant, un “un fils du 8” arrivé simple parachutiste en 1990, cette section est maintenant à Kaboul. La mission continue pour ce régiment soudé comme jamais par l’épreuve.

Source: Valeurs actuelles du 25 septembre 2008, enquête réalisée par Jacques Antoine.

Photos : CCH Jean-Baptiste TABONE, DR

APPEL À TÉMOIGNAGES ! Faites partager vos expériences opérationnelles à nos lecteurs. Envoyez vos textes à la rédaction par internet à sirpat-comecrite@emat.terre.defense.gouv.fr

(EEI) se déclenchent au passage des véhicules. Afin de s'en prémunir, l'ar- mée américaine s'attaque directement aux poseurs de bombes. Nuit et jour, des drones (aérodynes sans pilote – Unman- ned aerial vehicle UAV) patrouillent dans le ciel et surveillent les axes empruntés par les convois. Les capteurs embarqués permettent de repérer des insurgés enfouissant un EEI. Les images retrans- mises en direct à une station au sol sont exploitées immédiatement : un hélicop- tère d'attaque peut alors traiter l'objec- tif désigné.

Photos : SIRPA Terre, DR, CDEF/B3A

TIM n°199 - Novembre 2008

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Patrimoine

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900

En ce mois où la France célèbre le 90 e anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, Terre

Information Magazine

a recueilli les propos de M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, du général d’armée (2S) Jean-René Bachelet, ancien inspecteur général des armées, et du professeur d’histoire André Kaspi, sur les leçons et la mémoire d’un conflit qui a fait 900 morts par jour pendant quatre ans.

Le colonel Xavier-Marie Desgrees du Lou, tué le 25 septembre 1915 en tenant le drapeau de son 65 e Régiment d’infanterie.

TIM n° 199 - Novembre 2008

morts par jour

d’infanterie. TIM n° 199 - Novembre 2008 morts par jour À travers la lecture du carnet

À travers la lecture du carnet de route de Joseph Tézenas du Montcel, lieutenant au 5 e Régiment d’infanterie colonial pendant la Première

Guerre mondiale, le général d’armée Jean-René Bachelet, ancien inspecteur général des armées, nous rappelle la condition du soldat au combat et le rôle du chef dans ces conditions extrêmes.

« Il n’y a aucune comparaison possible entre les gigantesques hécatombes de la Première Guerre mondiale, où il y eut parfois des centaines de milliers de morts en l’espace de quelques jours, et les per- tes liées aux engagements d’aujourd’hui. Mais au combat, pour l’individu ou le groupe, la possibilité de la mort, celle que l’on donne comme celle qu’on reçoit, c’est

la même chose », nous a déclaré le géné- ral d’armée Jean-René Bachelet, ancien inspecteur général des armées. Comment imaginer aujourd’hui ce qu’a été la guerre de 1914-1918 dont le der- nier survivant français, Lazare Ponticelli, est décédé cette année? Pour la France, la Première Guerre mondiale a été un conflit gigantesque qui a causé près de 1,4 million de morts. Il faudra attendre 1950 pour retrouver le niveau de popula- tion d’avant août 1914. Toutes les classes

Jean-Marie Bockel lors d’une cérémonie de ravivage de la Flamme à l’arc de Triomphe de Paris en avril 2008.

d’âge à partir de celle de 1900 ont eu au moins 16 % de tués, avec un pic pour la classe 1914 avec 29,2 % de morts – 82200 sur 292000. La Grande Guerre, c’est 2,8 millions de blessés dont plus de 100 000 touchés à trois ou quatre différentes reprises. Le conflit laisse 600000 veuves et un million d’orphelins. Dans l’infanterie, un officier sur trois et un soldat sur quatre sont tués dans des batailles dont Verdun reste la plus emblé- matique même si d’autres affrontements aussi titanesques sont encore plus san- glants. L’inhumation du Soldat inconnu le 11 novembre 1920 jette dans Paris des centaines de milliers de personnes en larmes au passage du cortège. Le cercueil est accompagné par une “famille fictive” composée d’une veuve, d’un orphelin ainsi que d’une mère et d’un père ayant chacun perdu un fils. Lorsqu’il est commandant de la forma- tion de l’armée de Terre, le général d’armée Bachelet prend connaissance d’un témoignage, L’Heure H, étapes d’infanterie 14-18, de Joseph Tézenas du Montcel, lieutenant au 5 e Régiment d’infanterie colonial. En 1918, Tézenas, sorti du rang et qui est âgé de 22 ans, est commandant de compagnie, titulaire de

© Jacques Robert / SGA

© Jacques Robert / SGA la Légion d’honneur et de cinq citations. Le général d’armée Bachelet

la Légion d’honneur et de cinq citations. Le général d’armée Bachelet fait éditer puis diffuser 1 le carnet de route de Téze- nas dans les écoles de l’armée de Terre, y ajoutant une préface où il dit trouver

dans l’ouvrage « l’illustration concrète de tout ce que nous venions d’élaborer au plan théorique en matière d’éthique de comportement et d’exercice de l’autorité,

notamment à travers le Code du soldat ». « Au-delà de l’intérêt historique, ce docu- ment est un exceptionnel témoignage sur la condition du soldat au combat, ses ter- reurs et ses exaltations, ses misères et ses joies, les ressorts de son comporte- ment, les réseaux d’indéfectible solida- rité dans lesquels il s’inscrit néces- sairement, le rôle déterminant des chefs,

à tous niveaux, dans l’exercice d’une auto-

rité qui est vaine si la fermeté et la com- pétence ne s’accompagnent pas d’une constante et chaleureuse bienveillance vis-à-vis de ses subordonnés, loin des vai- nes et dérisoires proclamations ronflan-

tes », écrit le général d’armée Bachelet. Selon lui, « pour les officiers, il me sem- ble que 14-18 c’est la guerre par excel- lence; on est au cœur de la fournaise de façon prolongée. Si on cherche à essayer de mieux comprendre les comportements

à ces moments-là, à s’y préparer soi-

Les 90 ans de la Grande Guerre

Pour M. Bockel, « après le temps du souvenir, où ceux qui commé- moraient étaient les acteurs de l’événement, après le temps de la mémoire, où les commémora- tions se déroulaient en présence de témoins ou de personnes qui avaient connu des protagonistes de l’événement, le temps de l’histoire marque l’entrée dans une période où l’exercice du “devoir de mémoire” s’accom- plira sans lien charnel avec les témoins, c’est-à-dire essentielle- ment à l’aide de supports péda- gogiques ou de représentations littéraires, audiovisuelles, etc. »

Selon le secrétaire d’Etat, l’euro- péanisation progressive de la mémoire de la Grande Guerre mérite également une attention

particulière. « Bien sûr, le contexte de la présidence fran- çaise de l’UE nous aide considé- rablement mais au-delà de cet élément conjoncturel, il y a une évolution de fond. Les pays euro- péens s’approprient la mémoire de la Grande Guerre qui les ancre dans une histoire européenne de longue durée. Voilà deux réflexions d’avenir pour notre ministère, pour notre Histoire et pour notre pays. »

même et à y préparer ses subordonnés, il n’y a pas de doute que les témoignages comme celui de Tézenas du Montcel sont extrêmement précieux ». Le général d’armée Bachelet apprécie particulièrement des passages dont un sur la vanité des “grandes idées” au moment d’intenses tensions comme avant un assaut : « Nous comptions sur l’en- thousiasme des grands sentiments pour nous aider le moment venu… et mainte- nant, l’enthousiasme est tombé au

laquelle ma vie est suspendue… je reste confondu de ce dévouement sans limite que je lis dans leur regard. Nous som- mes devenus comme des frères et nous avons soif de nous aider les uns les autres. » « Quand j’étais jeune lieutenant, j’ai eu à côtoyer un adjudant-chef qui avait été au 8 e Bataillon parachutiste de choc (devenu 8 e RPIMa) à Dien Bien Phû où son unité était spécialisée dans les contre-attaques. Je lui posais la question: “Comment peut- on tenir dans ces conditions ? Il m’a dit:

“Nous étions les meilleurs; meilleurs que les légionnaires, meilleurs que les mar- souins, et certainement meilleurs que ces c… de Viets.” Il donnait de façon triviale et un peu provocatrice la clef du ressort premier et ultime de l’action : celui sur lequel on se réfugie quand il n’y a plus rien d’autre et en tout cas celui qui, à l’ins- tant, fait agir – l’alchimie très particulière des solidarités qui se nouent dans une troupe bien commandée et bien formée. C’est la solidarité horizontale qu’est l’es- prit de camaraderie et la solidarité verti- cale qu’est l’exercice d’une autorité qui n’est pas comme les imbéciles le croient, un exercice de discipline féroce où le chef inspire davantage de crainte que l’ennemi. C’est la fermeté, la compétence et un lien quasi affectif avec les subordonnés. Et le maître mot, c’est la confiance. »

Et ces volontaires d’unités non parachu- tistes qui sautèrent de nuit sur Dien Bien Phû après quelques heures d’entraîne- ment au saut, quand presque tout était déjà perdu, les trouveraient-t-on

aujourd’hui ? « Bien sûr. Pas pour la gloire, mais parce que les copains y sont et on ne peut pas ne pas en être sinon on aurait honte de porter l’uniforme. »

en être sinon on aurait honte de porter l’uniforme. » Pour le général Bachelet, les leçons
en être sinon on aurait honte de porter l’uniforme. » Pour le général Bachelet, les leçons

Pour le général Bachelet, les leçons de Tézenas du Montcel se retrouvent à travers le temps. »

contact de la réalité; il n’y a plus rien que les faits, et la mort, et la souffrance et la misère de tout. Et maintenant il faut payer. La seule impression de chaleur me vient de ces quelques hommes qui marchent derrière moi, confiants les uns dans les autres, petit groupe perdu dans le désert mais auquel notre affection commune donne une âme collective: ces hommes sont devenus ma famille errante, mon foyer, la flamme fragile à

TIM n° 199- Novembre 2008

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1

Patrimoine

P rofesseur d’histoire à la Sorbonne, André Kaspi lui, a accepté du gouvernement une mission de réflexion sur le renouveau des cérémonies

commémoratives. Celles-ci souffrent de désaffection, surtout auprès des jeu- nes. Son rapport a été remis mais n’a pas encore été rendu public. Sans en révéler la teneur, il a accepté de s’en- tretenir avec TIM.

« Les commémorations sont de plus en plus creuses et stéréotypées et ne remplissent plus le rôle de transmission de mémoire. Beaucoup de jeunes ne connaissent pas notre histoire parce qu’on n’y accorde pas assez d’importance. Il est indispensable de passer à un autre exercice qui serait représenté par la transmission de la mémoire sous diffé-

rentes formes », a expliqué le professeur Kaspi. « Aujourd’hui, une commémora- tion nationale, c’est “monument aux morts, minute de silence, dépôt de gerbe et discours plus ou moins creux”. C’est toujours à peu près la même chose et vous trouverez tou- jours aussi peu de person- nes présentes. » Pour le professeur Kaspi, un effort particulier est nécessaire pour renforcer l’ensei- gnement de l’his- toire dans les

2

renforcer l’ensei- gnement de l’his- toire dans les 2 Il faut donner un enseignement très concret
renforcer l’ensei- gnement de l’his- toire dans les 2 Il faut donner un enseignement très concret

Il faut donner un enseignement très concret aux jeunes mais, après les avoir préparés historiquement et psychologiquement. »

classes primaires « où sa part est actuel- lement réduite ». Selon lui, la mission de transmission de mémoire doit être celle de la presse et des pouvoirs publics

comme celle des enseignants. « C’est une entreprise considérable, mais indispen- sable si on veut maintenir l’unité du pays. S’il n’y a pas de souvenir commun, il n’y a pas d’avenir commun. » Certaines commémorations se sont adap- tées, comme le ravivage de la flamme sous l’Arc de triomphe, dit-il. Des classes d’élèves de CM2 par exemple, y chantent parfois la Marseillaise et le Chant du départ. « Il y a un cérémonial qui est très important et c‘est à ce moment que les élèves prennent véritablement conscience d’une mémoire nationale qu’ils ont autre- ment du mal à comprendre. »

Pour le professeur Kaspi, l’enseignement doit être accompagné de « travaux prati- ques » dont les plus simples sont la pré- sentation aux enfants de photos de la guerre 1914-1918 ou des visites au monu-

ment aux morts. « Comment ne pas être impressionnés par des monuments por- tant 12 ou 13 noms d’une même famille? Les enseignants peuvent demander aux enfants de faire des recherches et d’es- sayer de restituer le souvenir de soldats individuels. » Un des exercices les plus marquants est la visite de champs de bataille. « Si vous habitez près de Vauquois ou de Verdun,

vous avez de quoi faire. Il faut donner un enseignement très concret aux jeunes, mais après les avoir préparés historique- ment et psychologiquement. » Selon le professeur Kaspi, il y a trop de commémorations nationales - douze défi- nies par la loi, y compris trois jours fériés (8 Mai, 14 Juillet, 11 Novembre). « Il y a des journées pour l’Indochine, l’Algérie, les déportés, les harkis, pour Jean Mou- lin, etc. On est dans une véritable période inflationniste des commémorations, ce qui explique peut-être que la mémoire est moins forte parce qu’elle est disper- sée. » De plus, après de graves faits divers, l’Education nationale décrète des jours pour enseigner, par exemple, les dangers des chiens d’attaque ou celui de traverser les voies de chemin de fer. « Il faut donner des priorités mais en même temps cesser de multiplier les occasions ou un enseignant doit fournir un effort spécifique. » Ayant présidé le comité scientifique de la commémoration du 60 e anniversaire des débarquements, le professeur Kaspi pense que pour garder leur importance, certains événements ne devraient être commémorés, mais d’une manière exceptionnelle, que tous les cinq ou dix ans. La France devrait-elle insti- tuer une journée unique de commémo- ration des morts de toutes les guerres à l’instar du Memorial Day aux USA? « Cela correspond à la culture américaine, pas

1. Triste moyenne : la Première Guerre mondiale fit 900 morts par jour. 2. « Beaucoup de jeunes ne connaissent pas notre histoire parce qu’on y accorde pas assez d’importance. »

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TIM n°199 - Novembre 2008

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Les 90 ans de la Grande Guerre

3 4
3
4

3. Drapeau du 226 e Régiment d’infanterie.

4. L’infanterie française se défile à travers les ouvrages allemands.

5. Enterrement d’un soldat.

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nécessairement à la culture française. Je ne pense pas qu’un Memorial Day à la française puisse exister », dit-il. N’est-il pas plus difficile d’enseigner le sacrifice des soldats français, y compris ceux des conflits d’Afrique du nord, quand un nom- bre croissant d’élèves est issu de l’immi- gration de ces pays? « Il faut montrer à ces jeunes que leurs grands-parents ont aussi participé aux événements que l’on commémore ; dans la libération de la France en 1944-1945, il y avait des trou- pes d’Afrique du nord et d’Afrique noire. La 1 re armée avait réussi l’amalgame des troupes de l’Empire et des troupes métro- politaines. C’est en ce sens qu’on peut réconcilier les mémoires et parvenir à créer une mémoire nationale. C’est abso- lument indispensable si on veut réussir l’intégration et que la France constitue une Nation et non pas des nations qui occuperaient le territoire national. »

Concernant 1914-1918, “l’air du temps” semble ne plus retenir les chefs victo- rieux et les « Poilus » combattants, mais plutôt les Poilus “victimes de la guerre”,

voire honorer les mutins de 1917. « Les Poilus avaient un double visage », expli- que M. Kaspi. « Ils étaient là d’abord pour défendre le sol national. Leur patriotisme était incontestable, surtout au début de la guerre. Qu’il y ait eu en 1917 des hommes qui ont douté et se sont révoltés parce qu’on leur en demandait trop et qu’on les menait à la boucherie, c’est également exact. J’ai fait ma thèse sur les relations franco- américaines de l’époque et me souviens avoir lu une instruction du maréchal Foch en 1918 qui parlait de “nourrir la bataille”. Ça voulait dire envoyer des hommes sur le front où la bataille devenait une sorte d’ogre qui absorbait de la chair et du sang. Mais, en même temps, chez ces chefs militaires, il n’y avait pas d’hésitation; il fallait combat- tre, se défendre et gagner. Privilégier le rôle de victime des soldats sans tenir compte d’un élan patriotique qui a véritablement existé, c’est contraire à l’histoire. Mais inversement, ne pas tenir compte de la lassitude qui s’est manifestée à certains moments dans certains en-droits et en certaines circonstances préci- ses, c’est aussi contraire à la vérité historique. »

ses, c’est aussi contraire à la vérité historique. » 8 B B e e r r
8
8

BBeerrnnaarrdd EEDDIINNGGEERR

Photos: ADC Olivier DUBOIS, DR

1 Le livre vient d’être réédité par les éditions Economica.

ADC Olivier DUBOIS, DR 1 Le livre vient d’être réédité par les éditions Economica. TIM n°199

TIM n°199 - Novembre 2008

composée

GTIA Kapisa est

compagnie du

La section Blanc 2 de la 1

re

de marine

Régiment de parachutistes dinfanterie

d’éléments du 8

e

Régiment de génie

17

e

renforcée déléments du

e RPIMa) et

Régiment dartillerie parachutiste

(8

e RGP) et du 35

e

parachutiste (17

dans une zone

la FOB de Nijrab,

RAP). Elle est cantonnée sur

(35

e

connu les patrouilles

volatile. Depuis fin juillet, la section a

la garde et l’alerte aussi.

et les accrochages,

LTN Thomas DIJOL

CCH Jean-Baptiste TABONE

Photos :

donne

dans lobscurité. Le lieutenant Guillaume de Gastines

La mission du jour : appuyer la police afghane qui doit

Rassemblement,

4h30:

ses ordres brièvement.

« Suspicion d’IED sur

de Molakhel. La radio crachote.

part devant

deux maisons dans le village

e RGP,

Pierre Mairet, du 17

un événement courant ici. Le sergent-chef

fouiller

devoir attendre que le jour se lève, impossible

l’axe prévu »,

« On va

l’itinéraire.

avec son groupe pour ouvrir

dans le noir », explique-t-il.

de trouver quoi que ce soit

Départ de la FOB Nijrab. Les armes

5h20:

sont approvisionnées.

e RGP

VAB du 17

convoi sélance,

Le

sapeurs débarquent et

en tête. Les

reconnaissent à pied la portion

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