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Les répercussions du tourisme

sur la pénurie d’eau: la


méditerranée

Vidéo introductive: L'eau des villes méditerranéennes

I)Mediterranée : le tourisme assèche les réserves


d'eau
Désormais, 150 millions de personnes vivent sur le littoral méditerranéen.
En juillet et août ce sont quelque 250 millions de visiteurs qui se rendent sur les côtes,
faisant de la Méditerranée la première région touristique au monde.
L'organisation non gouvernementale qui se bat pour la protection de l'environnement,
World Wide Fund for Nature (WWF) a publié un rapport inquiétant sur l'état des réserves
d'eau du bassin méditerranéen. Le texte, intitulé " Eau et tourisme dans le bassin
méditerranéen ", alerte les spécialistes. Il rappelle que l'augmentation spectaculaire de la
fréquentation touristique provoque une surconsommation d'eau qui pourrait, à terme, menacer
tout l'éco système et appelle les touristes à user de l'eau avec modération.

De 1995 à 2004, certains pays ont connu des taux de croissance annuels du tourisme
très élevés, comme la Croatie (+ 20 % par an), la Syrie (+ 15,7 %), l'Egypte (+ 11,7 %),
l'Algérie et la Turquie (+ 10 %). Selon les projections effectuées par le Plan Bleu,
organisation dépendante du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE)
chargée de la Méditerranée, la fréquentation touristique de la région pourrait atteindre 637
millions de personnes en 2025. Pour Paolo Lombardi, directeur du bureau méditerranéen de
l'organisation écologiste WWF, le tourisme sera dans les années à venir "le principal facteur
de dégradation écologique des côtes méditerranéennes".
Elles charment la vue, attirent les touristes, donnent une belle image de leur pays.
. Dans tout le bassin méditerranéen, les pelouses des grands hôtels et des résidences dédiées
au tourisme de masse sautent aux yeux. Un peu de vert au milieu du désert, comme c'est le cas
au Maroc, en Tunisie ou en Egypte. Mais à quel prix ?

La Méditerranée est la région qui attire le plus de touristes au monde. Elle concentre
25% du tourisme international. Dans les années 90, une moyenne de 135 millions de
personnes visitaient chaque année la côte méditerranéenne (tous pays confondus, de l'Espagne
à la Turquie, en passant par le Maroc, l'Italie et Israël). Ce chiffre pourrait passer à 235 ou 355
millions en 2025. Or, le tourisme de masse dans cette région représente le plus gros danger
pour les réserves en eau des pays. Un touriste vivant à l'hôtel consomme trois fois plus d'eau
par jour qu'un habitant local. Il engloutit entre 300 et 850 litres d'eau par jour pendant l'été,
entre piscines, pelouses verdoyantes et terrains de golf. Un green, entre 50 et 150 hectares, a
besoin de 1 million de m3 d'eau par an. Soit l'équivalent de la consommation d'eau d'une ville
de 12 000 habitants.

Le rapport appelle les touristes à avoir des gestes éco-citoyens qu'ils réduisent par exemple le
temps de leurs douches. Selon WWF, avec une réelle prise de conscience du secteur
touristique, des gouvernements et des touristes, et les actions qui vont avec, il serait facile de
réduire de 50 % la consommation d'eau actuelle de la région méditerranéenne. L'enjeu est la
survie de la Mediterranée, source de tous les désirs des touristes.
Gaspillage de l’eau en Tunisie
L’eau constitue une source de consommation pour le touriste : celle des espaces verts des
hébergements, des activités de loisirs (piscines, golfs, jardins…) La pression du tourisme est
la plus forte au moment où les ressources en eau sont rares et demandées par l’irrigation.

Deux opérateurs interviennent pour l’eau potable à l’échelle nationale en Tunisie. Le premier
est le département du génie rural au Ministère de l’Agriculture qui assure l’alimentation en
eau potable en milieu rural, le deuxième est la SONEDE (Société Nationale d’Exploitation et
de Distribution des Eaux), qui alimente la population urbaine et rurale agglomérée. Cependant
la gestion des eaux usées est du ressort de
l’Office National de l’Assainissement (ONAS) placé sous la tutelle du Ministère de
l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire.
Pour Paolo Lombardi, directeur du bureau méditerranéen de l'organisation écologiste
WWF, le tourisme sera dans les années à venir « le principal facteur de dégradation
écologique des côtes méditerranéennes ».
.

II)Le tourisme: une ressource économique


indispensable aux pays méditerranéens
Comme dit précédemment, environ 150 millions de personnes vivent sur le littoral
méditerranéen. En été la population explose : 250 millions de touristes viennent du monde
entier.Cet afflux constitue une source de revenus indispensable pour les pays concernés

De 1995 à 2004, certains pays ont connu des taux de croissance annuels du tourisme
très élevés, comme la Croatie (+ 20 % par an), la Syrie (+ 15,7 %), l'Égypte (+ 11,7 %),
l'Algérie et la Turquie (+ 10 %). Selon les projections effectuées par le Plan Bleu,
organisation dépendante du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE)
chargée de la Méditerranée, la fréquentation touristique de la région pourrait atteindre 637
millions de personnes en 2025.

Une première conséquence saute déjà aux yeux des visiteurs : 42 % du littoral sont
bétonnés. Hôtels, résidences secondaires, commerces et infrastructures se concentrent sur la
bande côtière, détruisant des écosystèmes particulièrement riches. Les embouteillages
génèrent pollution atmosphérique et gaz à effet de serre. Les ressources halieutiques, trop
sollicitées, souffrent. Les déchets, abondants, finissent la plupart du temps en mer.
Source=

Benidorm. Espagne. Costa Blanca. (sourcehttp://www.flightline.co.uk/)


Carthage (Tunisie). Thermes romains (source centerblog. Kaiven 15/12/2007)

1ère région touristique du monde, l’espace méditerranéen dispose d’atouts


considérables. La plage de Benidorm sur la Costa Blanca espagnole nous rappelle que le
touriste vient chercher une mer chaude et une saison sèche estivales permettant l’activité
balnéaire et tout ce qui s’y rattache. La photographie de Carthage avec son palmier au 1er plan
et la mer à l’arrière plan évoque aussi soleil, chaleur et végétation exotique. Ainsi, soleil,
plage et bain de mer sont les 1ers attraits de la Méditerranée pour les populations du Nord de l’
Europe et même pour les riverains.
Le second avantage de cet espace est d’être à proximité de pays riches de l’Europe de l’Ouest,
bien peuplés et permettant un tourisme de masse.
Ces touristes viennent aussi dans l’espace méditerranéen pour ses ressources patrimoniales
uniques au monde. Cette mer a vu se développer sur ses rives et au-delà les civilisations
antiques égyptienne, grecque, phénicienne (Carthage) ou romaine, les grandes religions
monothéistes juive, chrétienne et musulmane. Des productions artistiques de toute nature
subsistent intactes et entretenues ou sous forme de vestiges archéologiques sauvegardés. Ces
périodes de grande richesse culturelle ont laissé leur lot d’œuvres célèbres ; la carte évoque
des villes d’art comme le Caire et ses musées de l’Egypte pharaonique ainsi que les pyramides
proches, Athènes et son acropole, Izmir, l’antique Smyrne grecque, les palais mauresques de
l’Alhambra de Grenade ou la variété des richesses passées et actuelle de Séville, enfin
Jérusalem où les trois grandes religions monothéistes ont toutes leurs lieux et édifices
célèbres.

Cette zone au patrimoine touristique unique est donc indisociable de son activité
première. Or, sans eau, pas de tourisme. La relation entre ces deux éléments est nette et claire,
certes. Mais force est de constater que dans certains pays du Sud de la Méditerranée, cette
interdépendance vitale reste difficilement perceptible, même si la question de
l’approvisionnement en eau y est érigée en priorité nationale.

C’est dans l’objectif de réduire les ambigüités qui entourent la corrélation « eau et tourisme »
en Méditerranée qu’une étude autour de l’usage de l’eau dans le secteur touristique de cette
région a vu le jour cette année. Effectuée sur plusieurs pays (dont le Maroc, la Tunisie et la
Jordanie), ses résultats ont été rendus publics récemment. Au Maroc, le tourisme représente le
deuxième plus important secteur économique, et une bonne source de devises pour le pays.
Cette enquête intervient dans un contexte de risque de tarissement des ressources en eau et
d’une augmentation spectaculaire de la fréquentation touristique en Méditerranée, considérée
comme l’une des destinations touristiques les plus attrayantes du globe.

III) les solutions


Certaines solutions sont déjà mises en oeuvre. La Tunisie, par exemple, qui accueille 7
millions de touristes par an, veut ramener la consommation de 560 litres par lit occupé et par
jour à 300 litres. "Si nous ne maîtrisons pas la consommation, nous aurons des problèmes d'ici
une quinzaine d'années", affirme Jean Mehdi Chapoutot, expert en développement touristique
dans ce pays.

1) de nouvelles ressources?
La production artificielle d’eau douce par dessalement d’eau de mer ou d’eau saumâtre
souterraine a débuté principalement dans des îles (Malte, Baléares, Dalmatie, Chypre,
Cyclades...), littoraux (Libye) et déserts (Algérie). Ces productions industrielles d’eau ont
progressé régulièrement en volume et en performance. Elles vont contribuer de plus en plus
aux approvisionnements en eau potable et même industrielle (Algérie, Egypte, Tunisie). Ces
productions vont s’étendre en Espagne, Libye, Tunisie et, tôt ou tard, en Israël et en Jordanie
Dans certains cas, des accroissements appréciables de ressource pourraient être
obtenus par des importations permanentes d’eau, objets d’accord commerciaux. Opérés
jusqu’à présent de manière temporaire ou faire face à des situations de crise (France-Espagne
dès 1983 ou France-Sardaigne), des transports d’eau permanents sont l’objet d’études ou de
projets, dont certains pourraient être réalisés dans les décennies à venir : par voie maritime
entre la Turquie et des pays du Levant (israël, Gaza...) ; par aqueducs sous-marins entre
l’Albanie et l’Italie du Sud ou entre la Sicile (Italie) et Malte ; par voie terrestre entre le Liban
et ses voisins, entre la France et l’Espagne (Catalogne). Un tel commerce international de
l’eau matérialiserait une certaine répartition de ressources entre pays méditerranéens
exportateurs et importateurs.
Ainsi, les perspectives de développement de nouvelles sources d’approvisionnement
sont prometteuses mais resteront insuffisantes pour couvrir l’accroissement des demandes.
L’approvisionnement restera couvert de 95 à 98 % par les ressources conventionnelles
jusqu’en 2025. Les solutions visant à trouver de nouvelles ressources en eaux est envisageable
mais faire l’économie d’une grande partie de l’eau qui est ordinairement perdue ou gaspillée
est techniquement possible et serait bien moins coûteux que les productions supplémentaires
d’eau nécessaire à la couverture des besoins futurs projetés.

2)l'économie d'eau

La modernisation des réseaux de distribution, où les fuites entraînent le gaspillage de 30 % à


40 % de l'eau, est encouragée financièrement par l'Etat. Les eaux issues de 45 des 75 stations
de traitement du pays sont réutilisées pour l'arrosage des terrains de golf et des jardins ou la
recharge des nappes souterraines. La réutilisation est également très développée en Egypte et
en Israël, et elle a commencé à Chypre, en Syrie, à Malte, en Libye et en Espagne.
La généralisation d'appareils économiseurs d'eau pourrait permettre de diminuer de moitié la
consommation, selon l'Agence européenne de l'environnement. Relever les tarifs est un autre
levier. Mais cela peut conduire les hôteliers à effectuer des forages et à pomper sans contrôle
dans les nappes. "Il existe plusieurs niveaux d'action possibles : les Etats, les collectivités, les
entreprises. Mais dans un contexte très concurrentiel, où l'on peut changer de destination
facilement, le pouvoir des politiques publiques est assez faible."
Pour Paolo Lombardi, du WWF, il revient aux Etats de "fixer un cadre qui permettra
de mieux équilibrer les différents usages du territoire, sans oublier la biodiversité". "Mais les
entreprises ont un grand rôle à jouer ; certaines avancent", ajoute-t-il.
Le Clud Med, par exemple, dont une trentaine de villages sont implantés en
Méditerranée, utilise des économiseurs d'eau, des détecteurs de fuites, et réutilise les eaux
usées. Selon Agnès Weil, responsable du développement durable de l'entreprise, la
sensibilisation des touristes au respect de l'environnement est importante. "C'est un travail sur
le long terme : les statistiques ne vont pas bouger d'un coup, mais c'est un discours que les
gens sont prêts à entendre aujourd'hui, et qui est même attendu", affirme-t-elle.

Au Maroc, aujourd’hui, une partie de la population rurale n’a toujours pas accès aux
ressources fondamentales que sont l’eau potable ou encore l’électricité. 8% seulement de la
population rurale possède un raccordement à l’eau potable du réseau publique (contre 83% en
milieu urbain). Cette fracture, due à un manque d’investissement est en train d’être comblée
par le « Programme d’Approvisionnement Groupé en Eau Potable des Populations Rurales ».
Ce programme lancé en 1995 (année de sécheresse importante au Maroc) permet à de
nouvelles familles de recevoir l’eau potable. Il s’agit là d’une opportunité pour éviter le
gaspillage de l’eau. Ainsi, des outils pédagogiques pour les familles et les enfants, vont leur
permettre de prendre de bonnes habitudes dès le départ et ainsi ne pas faire les mêmes erreurs
de gaspillage que les Européens .
La principale mesure incitative au Maroc est la facturation en fonction de la consommation
réelle, mais avec une tarification par tranche de consommation :
• 0 à 24 m3 / trimestre : tranche à prix «social », généralement inférieur au prix de
revient;
• 25 à 60 m3 / trimestre : prix voisin du prix de revient ;
• Plus de 60 m3 / trimestre : prix supérieur au prix de revient.
Cette tarification des tranches présente une grande disparité selon les villes. La
différenciation tarifaire entre les différentes tranches peut être considérée comme incitative
(rapport allant jusqu’à plus de 4 entre le prix de la tranche > 60 m3 et celui de la tranche 0 –
24 m3)
La mise en place d'une politique adaptée pourrais réduire concidérablement les
risques, adapter les activitées touristiques avec des moyens non polluant (ex: ne pa utiliser de
4x4 pour faire des visites) ou instaurer des normes environementales, limiter les
aménagements.
L'écotourisme est également une solution envisagée par beaucoup. En définitive il
s'agit d'une pratique touristique fondée sur la découverte et la connaissance de millieux
naturels: visite des écosystème, de la faune des mers, des océans. L'écotourisme contribue à la
protection de l’environnement et au bien être des populations locales Il sagit de limiter les
aménagerments ainsi que les dépenses d'energie et de consommation, sans oublier de
controler les déplacements touristiques, selon des seuils de tolérance environnementale.

Sources: http://www.planbleu.org/themes/eau.html
Le Monde du 26 juillet 2008 Gaëlle Dupont
http://www.economie-d-eau.com/gaspillage-de-l-eau/
http://www.femise.org/AMI/pdf/TOUR-FTI.pdf