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LAURUS

NOBILIS

LAUROCERASUS
OREODAPHNE C.
Dr Jean Lansmanne Braine L’Alleud
jean.lansmanne@scarlet.be
Laurier-sauce, Laurier noble, Laurier d’apollon, Laurier commun, Laurier des poètes.
Laurus nobilis.
(Lauracée)

Propriétés générales.

Très appréciée des cuisiniers, la feuille de laurier est dépourvue de toxicité. Les seuls symptômes
décrits dans la littérature sont des douleurs abdominales généralement violentes, liés à des obstructions
ou des perforations à différents niveaux du tractus digestif : des feuilles de laurier perforent la
muqueuse ou barrent la lumière intestinale. (Palin et Richardson,1983. Brokaw et Wonnell,1983. Bell
et Mustard,1997)
Notons encore quelques réactions allergiques dûes à la présences de lactones sesquiterpéniques.

Il possède des propriétés médicinales diurétiques, sudorifiques et antispasmodiques. Il est également


antiparasitaire et antirhumatismal sous forme de bains.
Par distillation dans la vapeur d’eau, on extrait de la feuille de laurier une essence qui entre dans la
composition du baume de Fioraventi, un liniment utilisé comme antinévralgique et antirhumatismal.
Les baies servent à obtenir, par expression à chaud, une huile grasse que l’on appelle le « beurre de
laurier ». C’est une masse verte onctueuse, solide à température ordinaire. Elle est composée d’un
mélange de graisses et d’essences qui possèdent une action hyperémiante. Le beurre de laurier sert à
préparer des pommades à appliquer sur les abcès et furoncles, ou à utiliser contre les douleurs
rhumatismales et névralgiques.
Par voie générale, des extraits de graines de laurier noble ont été testés sur l’ulcère gastrique induit
chez des rats, et les résultats confirment un effet anti-ulcéreux de l’huile essentielle. On note également
une baisse significative de la glycémie de lapins diabétiques après administration d’extraits
éthanoliques de feuilles de laurier noble.

Mythologie.

Malgré de patientes recherches à travers la littérature homéopathique, impossible de mettre la main sur
une description de symptômes liés à ce remède. Il est absent des ouvrages de tous les grands auteurs
classiques (Clarcke, Hering, Allen, Hughes & Dakes…) et je n’ai trouvé aucune étude, aucun travail (ni
aucune pathogénésie) qui lui soit consacré.
En l’absence d’une base symptomatologique, je vous propose une petite balade symbolique et
mythologique, à la recherche d’un fil conducteur qui pourrait nous permettre d’utiliser ce remède et de
le prescrire au bénéfice de l’un ou l’autre patient. C’est donc plutôt un travail de recherche que je
compte vous présenter.

Comme tous les arbres à feuillage persistant, le laurier est lié à la notion d’immortalité. Mais au delà de
cette notion générale, les ouvrages traitant de symbolisme s’accordent à nous présenter le laurier
comme l’arbuste dédié à Apollon. D’où vient cette association, et que pouvons-nous en déduire qui
soit utilisable pour nous homéopathes ?

Et d’abord, qui est cet Apollon ?


Vous savez qu’Apollon est l’un des douze dieux de l’Olympe ; c’est le fils de Zeus et de Léto, et le
frère jumeau d’Artemis (Diane). Un personnage représenté tout à son avantage par quelques statues très
connues.
L’histoire de sa vie commence fort : Apollon est nourri de nectar et d'ambroisie par la déesse Thémis ;
grâce à ce régime un peu particulier, il atteind la taille adulte en quelques jours !
Il commence alors à voyager à travers la Grèce ; il se rendra à Haliartos où il rencontre la Nymphe
Telphousa qui possédait un oracle. Apollon aurait aimé prendre ses quartiers auprès d’elle…Mais
Telphousa refuse qu' Apollon établisse son sanctuaire à proximité de sa source. Pour se débarasser de
lui, elle l'envoie à Delphes. Delphes était en effet considérée comme le centre de la terre, et la nymphe
flattait Apollon en lui suggérant de s’installer dans un endroit dont le prestige était plus grand, selon ses
dires. Mais en lui donnant ce conseil, elle savait très bien qu’elle l'envoyait ainsi au devant du Python,
un énorme serpent femelle ; cette créature rendait des oracles au nom de sa mère et maîtresse Gaia, la
Terre. Apollon tuera l'animal et donnera son nom à sa propre prêtresse, la Pythie.

Cette petite histoire nous permet de saisir comment sont associés deux attributs principeaux d’Apollon :
la victoire et la connaissance. La victoire (ou la prise du pouvoir) sur le python donne à Apollon l’accès
à la connaissance, en lui permettant de s’installer à Delphes.
Et nous verrons plus loin comment ces deux thèmes sont également associés au laurier.

De cette victoire du dieu sur Python naissent les jeux Pythiques ; ils sont organisés à Delphes en
l’honneur d' Apollon, et ils rassembleront plus tard des épreuves musicales et des épreuves athlétiques :
voilà les jeux olympiques.
Nous retrouvons la musique associée aux épreuves physiques. Pour comprendre cela, il faut savoir
qu’Apollon s’était rendu coupable d’un vol : il avait volé une partie des troupeaux de son demi-frère
Hermès. En échange de la restitution du bétail volé, Apollon recevra une lyre d’ Hermès. Sa virtuosité à
la lyre était telle qu’il pouvait en jouer des deux mains . Voilà qui fait de lui le dieu de la musique et le
patron des muses.

Nous voyons donc que c’est une divinité à laquelle ont été attribué plusieurs fonctions différentes, ainsi
qu’en attestent les divers attributs avec lesquels il est représenté : l’arc, la flèche et le carquois en font
le patron du tir à l’arc ; la lyre rappelle qu’il est le protecteur de la musique ; sa musculature soignée le
désigne comme idéal de la beauté virile, son char à quatre chevaux rappelle qu’il fut assimilé à Hélios,
le dieu-soleil qui conduit chaque jour son char à travers le ciel. Et surtout la couronne de laurier, signe
de la connaissance mais aussi de la raison humaine. En cela Apollon était opposé à Dyonisos (Bacchus)
qui représentait la passion et le côté obscur de la nature humaine.

Maintenant que nous connaissons mieux Apollon et le symbolisme qui lui est attaché, voyons pourquoi
la mythologie en a fait le patron du laurier.
En fait, le laurier a été associé à Apollon à cause de l’anecdote suivante.
Le dieu poursuivait de ses assiduités la nymphe Daphné. Or celle-ci se dérobait à lui. Un jour qu’il la
poursuivait dans les bois, elle était sur le point d’être rejointe; elle invoqua son père, le dieu-fleuve
Pénée. Celui-ci, pour la soustraire à Apollon, la changea instantanément en laurier. Apollon
s’agenouilla devant l’arbuste et jura qu’il serait éternellement sacré. De son feuillage, il se fit une
couronne, la première couronne de laurier.

Voilà comment, par le biais de cette aventure d’Apollon, le laurier a été associé à ces deux grands
thèmes : la victoire (ou le pouvoir), et la connaissance.
Il correspond particulièrement à l’immortalité acquise par la victoire. C’est pourquoi son feuillage sert
à couronner les héros. Il correspond également à la lumière, donc à la connaissance, ce qui en fait
l’allié des sorciers et devins de toutes sortes, qui s’en coiffent volontiers.

A Rome, à l’occasion d’une victoire, on liait la lettre qui portait la nouvelle avec de petites branches de
laurier, et on appelait la lettre litterae laureatae. Et d’après Plutarque, Scipion entra dans Carthage
vaincue, tenant d’une main le sceptre, de l’autre une branche de laurier.
Apollon lui-même est souvent représenté avec une couronne de lauriers, comme dieu qui purifie,
illumine et triomphe.
Chacun connaît ce cliché du général victorieux se présentant aux foules coiffé d’une couronne de
lauriers.

Dans la campagne romaine, le laurier était employé pour prendre les augures sur la bonne ou la
mauvaise récolte ; on brûle les feuilles de laurier : si en brûlant elles font du bruit, la récolte sera bonne ;
dans le cas contraire, elle sera mauvaise.
Il paraît que la feuille de laurier placée sous l’oreiller fait voir en songe des choses qui se réaliseront.
La prophétesse la plus importante de l’Antiquité, la Pythie, se droguait en inhalant la fumée de feuilles
de laurier : en mâchant ou en brûlant cet arbuste consacré à Apollon, elle en retirait des pouvoirs
divinatoires. Ceux qui avaient reçu d’elle une réponse favorable s’en retournaient chez eux avec une
couronne de laurier sur la tête. Cette pratique se retrouva chez les jeunes médecins qui recevaient une
couronne de baies de laurier : bacca laurea, d’où vient le nom « baccalauréat ».
Il est amusant de relever la puissance du symbolisme du laurier, et la façon dont il a pu s’imposer à
travers toute l’Antiquité jusqu’à nous. Et à quel point ses messages restent forts, dans le thème de la
connaissance et surtout dans celui de la victoire et du pouvoir : les exemples sont multiples.

Mais malgré tous ces exemples, un mystère reste entier à ce stade : pourquoi diable l’inconscient
collectif de l’humanité a-t-il fait du laurier d’Apollon le symbole de la victoire ?
En effet, c’est par le truchement de l’annecdote de Daphné que le laurier est associé à Apollon.

On imagine Apollon, dieu de la beauté virile, cavalant à travers bois à la poursuite d’une jolie nymphe
– avec les intentions que l’on sait – et se retrouvant brusquement nez à nez avec un laurier ! Belle
frustration, belle humiliation, belle défaite ! De là à faire du laurier le symbole de la victoire…étrange !
Les dieux grecs ne nous ont pas habitués à un comportement aussi « sport ».
Pour mieux saisir ce paradoxe apparent, revenons à la conception antique de l’arbre. Jadis, tous les
arbres possédaient chacun une âme correspondant à leur essence propre. Parfois, cette âme était celle
d’un être semi-divin, dont l’espèce portait le nom et qui était censé lui avoir donné naissance ; mais le
plus souvent, c’était une nymphe qui avait subi une métamorphose. Ces histoires étaient très courantes
chez les anciens. D’ordinaire, la métamorphose constituait le seul moyen d’échapper à un péril
menaçant. Poursuivie par un dieu et sur le point d’être violée par lui, la nymphe invoquait le dieu-
fleuve, son père, qui modifiait aussitôt son apparence. Trompant l’attente de son amant, elle perdait
soudain son aspect charnel et se trouvait à l’abri de toute convoitise.
Notons que n’importe quelle nymphe ne se transformait pas en n’importe quelle essence. Dans les
métamorphoses rapportées par Ovide comme par ses prédécesseurs grecs, on trouve un lien entre
l’arbre, la nymphe et son père, comme s’ils appartenaient à la même famille, comme si la nymphe était
déjà en puissance l’arbre qu’elle deviendra ; à tel point qu’on peut se demander si cet être de chair n’est
pas l’incarnation provisoire sous forme humaine de l’esprit de l’arbre.
La plus célèbre de ces métamorphoses végétales est celle qui nous occupe et qui fit de Daphné le
laurier d’Apollon. Notons au passage que Daphné n’est pas la seule nymphe séduite par Apollon; il
séduisit aussi des mortelles (Coronis (Ovide, Métamorphoses) qui sera la mère d'Asclépios, dieu de la
médecine, et Cassandre à qui il apprendra l'art de la divination), et ne dédaignait pas les jeunes gens, à
l’occasion (Hyacinthos (Ovide, Métamorphoses) qui sera métamorphosé en jacinthe et Cyparissos en
cyprès) mais Daphné est la seule qui osa lui résister, et semble-t-il la seule qu’il aima, peut-être à cause
de cette résistance, justement.

L’explication réside sans doute dans l’opposition Apollon – Dyonisos, qui n’est en fait que la classique
dialectique bien – mal.

Le premier thème symbolisé par le laurier est celui de la victoire. Victoire de Daphné qui, par le
truchement d’une métamorphose, réussit en fait à faire triompher sa véritable identité. Elle donne à
Apollon – et elle nous donne – un message fort : fais respecter ta personnalité !
Victoire d’Apollon également, qui accepte ce message, et impose le respect en s’abstenant de toute
réaction de colère ou de dépit : victoire sur soi-même, en réalité.

Le second thème est celui de la connaissance. Rappelons-nous qu’au début de son histoire, Apollon
accède à Delphes, haut lieu de la connaissance, grâce à sa victoire sur Python : victoire et connaissance
sont déjà intimement liés.
Rappelons-nous aussi qu’à Delphes, la consommation de feuilles de laurier sacré, censée produire
l’extase nécessaire à l’émission de l’oracle, était défendue à tout autre qu’à la Pythie, une prêtresse.
Dans cette optique, la connaissance se réfère plutôt à la compréhension profonde du sens des choses,
et non à l’accumulation d’une science livresque.
Le symbolisme du laurier a été largement récupéré et banalisé par une civilisation masculine ; il a été
réduit à un signe honorifique très mâle, censé récompenser des exploits guerriers ou académiques. Mais
ces deux femmes, Daphné et la Pythie, nous donnent une autre leçon, plus intuitive, peut-être : en tant
qu’arbre apollinien, le laurier signifie surtout les conditions spirituelles de la victoire, l’union de
l’héroïsme et de la sagesse.
L’histoire contemporaine n’a d’ailleurs pas oublié le rôle clef de la femme : c’est elle qui nous transmet
ce message fort, le vrai sens de ce symbole.
Indication homéopathique.

Les lauriers posés sur la tête des lauréats seraient d’avantage destinés à leur rappeler que l’essentiel de
la science reste à acquérir, et qu’il convient de rester modeste.
Rappellons à cette occasion l’orgueil d’Apollon, qui le poussa à protéger les Troyens contre les Grecs,
s’opposant ainsi à l’ensemble de l’Olympe. Et l’esclave debout derrière le général triomphant : il tenait
la couronne de lauriers au-dessus de sa tête tout en lui rappelant à l’oreille qu’il n’était qu’un simple
mortel.
De cette façon, et en l’absence d’une pathogénésie sur laquelle nous baser, nous pourrions proposer le
laurier dans la situation suivante : le patient se « tresse des couronnes » en souffrant de ne pas être
reconnu pour les qualités dont il se sait pourvu, mais qui semblent échapper aux autres. Il éprouve le
besoin d’imposer la reconnaissance de ses mérites.

Pour terminer, je voudrais encore citer la curieuse approche de Léon Vannier. Dans son livre intitulé La
typologie et ses applications thérapeutiques (Ed.Doin, 1955), il cherche à établir des relations entre des
types morphologiques et des catégories de remèdes. Pour cela, il utilise la mythologie, et il décrit ainsi
un type Jupitérien, Mercurien, etc, avec chaque fois un profil morphologique et psychologique. Et il
présente e.a. un type Apollinien, qu’il associe à un patient gracieux et longiligne, au caractère ardent et
passionné, avec un côté artiste. Une conception originale.

Laurocerasus - Laurier-cerise
Prunus Laurocerasus
(Rosacée)

Proche parent des cerisiers et des pruniers, le laurier-cerise s’en distingue nettement par ses feuilles
persistantes et brillantes, qui l’ont fait comparer au vrai laurier. Mais Laurocerasus, le dit "Laurier" de
nos jardins, n´est pas une Lauracée alors que le laurier sauce, Laurus Nobilis en est une.
Il se présente avec un nom plein de promesses savoureuses, sous lequel se dissimule un empoisonneur.
En effet, ses feuilles contiennent un taux élevé d’acide cyanhydrique et les accidents qu’elles ont
causés sont nombreux. Les cuisinières s’en servent pour donner aux crèmes un goût d’amande amère.
Mais la dose toxique est rapidement dépassée, surtout si on utilise de jeunes feuilles (une à deux
feuilles sont un maximum !). La pulpe de la cerise est également toxique pour l’homme, même si elle
est inoffensive pour les oiseaux.
Cette toxicité unanimement reconnue est cependant relativisée par deux auteurs.
Dans Drogues végétales et plantes médicinales, Marc Delfosse nous dit ceci : « les seules parties de la
plante qui pourraient attirer les enfants sont les drupes dont la pulpe ne contient que fort peu
d’hétéroside cyanogène ; il faudrait que les graines soient mâchées pour provoquer une intoxication
sévère alors qu’elles sont généralement avalées intactes ou recrachées. Les symptômes observés se
limitent généralement à quelques troubles digestifs bénins et plus rarement à quelques signes généraux
(asthénie, céphalée, tachycardie..)
Dans Plantes toxiques, Jean Bruneton confirme que l’acide cyanhydrique n’est libéré des hétérosides
cyanogènes que si les tissus de la plantes sont lésés, par mastication, par exemple.
Or les feuilles, qui contiennent beaucoup d’hétérosides, ont une consistance telle qu’on ne songe guerre
à les croquer, et il en va de même pour la graine.Le centre anti-poison confirme que l’ingestion de
pulpe de fruit est quasi sans conséquence ; en 15 ans, le centre de Lyon a recensé 202 cas : 25 enfants
ont présenté des troubles digestifs, 3 une légère somnolence, et 4 de la tachycardie.
En outre, l’organisme humain a la propriété de détoxifier assez rapidemment les cyanures en
thiocyanates qui sont éliminés par voie urinaire.
Par contre, il en va différemment chez l’animal, qui risque bel et bien de mâcher les feuilles.
(Imprudemment déversées en bordure d’un pâture après la taille, p.ex.) La dose létale chez les bovins et
ovins est de 2mg/Kg, ce qui représente 1kg de feuilles pour un animal de 500 Kg.

En cas d’intoxication massive, les symptômes observés sont ceux de l’anoxie cellulaire : il y a
combinaison des ions cyanure avec le cytrochrome-oxydase, la réoxydation du cytochrome C est
interrompue et l’oxygène ne peut plus être utilisé par la cellule.
Médicalement, retenons que l’on prépare une eau de laurier-cerise par distillation de feuilles fraîches ;
elle a des propriétés antispasmodiques et stimulantes pour l’appareil respiratoire. Mais elle n’est pas du
ressort de la médecine familiale, les doses thérapeutiques et toxiques étant beaucoup trop proches.
Cette eau a également été très prisée en gastronomie au XIX° siècle, comme aromate.

Vous avez compris que les symptômes physiques du remède sont largement superposables à ceux de
l’intoxication par l’acide cyanhydrique, et c’est en grande partie ce que la matière médicale nous décrit.

A propos des symptômes physiques, Clarcke nous dit ceci.

Il y a une toux d´irritation comme de la gelée parsemée de points sanglants. Lauroc. a la cyanose à la
fois du nouveau- né et de la maladie cardiaque. On a ici un "halètement" particulier, indicatif,
halètement sans respiration réelle. En plus de la couleur bleue du visage il y a les contractions
nerveuses des muscles faciaux ( qui indiquent également Lauro. dans la chorée.) L´Hippocratisme
digital, trait commun dans la cyanose et la phtisie est une caractéristique de Lauro. "Manque de pouvoir
réactionnel" faible vitalité, est un autre symptôme-clef de Lauro. C´est assez particulier quand ça
survient dans les affections thoraciques.

On décrit des syncopes de longue durée ( Camph. a des défaillances soudaines); le patient semble
n´avoir aucun pouvoir réactionnel; son visageest pâle et bleu, de surface froide. Il est épuisé avant de
se lever le matin avec une difficulté pour ouvrir les yeux; il présente descrises d´indigestion avec
douleurs à travers la partie inférieure de l´abdomen, qui surviennent soudainement le matin et
disparaissent généralement en se levant.

On décrit une douleur rongeante dans la partie inférieure de l´abdomen continuant depuis des années
chez les vieillards qui ont de temps en temps un relâchement intestinal. Si on force pour faire descendre
des liquides dans la gorge ils roulent de manière audible dans l´estomac.

Quand il est indiqué dans les fièvres éruptives, l´éruption est pâle, et après une pression du doigt la
peau met longtemps à retrouver sa couleur. Il y a des accès de suffocation vers le coeur, agg en se
relevant de la position assise; le patient est obligé de se coucher ( comme chez Psor); alors que
quelques symptômes cardiaques ont la modalité opposée et obligent le patient à s´asseoir. Guernsey
donne comme symptômes importants : "Halète pour respirer; le patient porte la main au coeur comme
s´il y avait là quelque perturbation; ceci peut résulter d´une course sur une courte distance, qui le met
totalement hors d´haleine, monter les escaliers, marcher ou n´importe quel exercice peut ramener la
respiration haletante". La froideur est une sensation courante, froideur interne et chaleur externe. La
langue est froide. Le patient ressent une chaleur au milieu du front, puis une froideur comme après un
courant d´air qui a duré longtemps. La moitié gauche du thorax est plus atteinte. Il y a agg avant de
manger. Des sensations de constrictions à la gorge et au rectum.

Il y a quelques symptômes utérins très remarquables, de ménorragie et de dysménorrhée. Il y a


tendance aux suintements de sang qui est généralement vif et mêlé de caillots gélatineux. Ceci
s´applique aux symptômes thoraciques comme aux symptômes utérins et rectaux.

Dans la plupart des cas on remarquera que les douleurs que le remède soulage partent de la partie
inférieure de la colonne vertébrale et irradient soit autour du bassin soit en haut à la tête, et sont
accompagnées d´une impression de suffocation et d´une sensation nauséeuse, avec somnolence et un
grand désir de dormir qui généralement apporte un soulagement. Dans les cas avec insomnie le désir de
dormir est très grand.

Dans les affections nerveuses "les secousses incessantes, ne peut rester tranquille", et le halètement
caractéristique sont les indications importantes.
Les sensations particulières sont : fraîcheur au front comme par un courant d´air. Poids au sommet de la
tête. Comme si le cerveau était mal assujetti et tombait dans le front en se penchant. Comme si une
masse lourde tombait de l´abdomen au creux du dos; comme un voile devant les yeux. Comme si le nez
était bouché. Comme si des mouches et des araignées rampaient sur la peau. Comme si la langue, la
bouche et la gorge étaient brûlées. Comme si un abcès dans la région du foie allait percer. Comme si
les poumons ne pouvaient pas suffisamment être dilatés. Comme si les poumons appuyaient contre
l´épine dorsale. Comme si les muqueuses étaient sèches. Les piqures sont très prononcées, ainsi que la
raideur et la pression, surtout la pression vers l´extérieur.

Les indications de Allen sont : un état d´extrême nervosité, d´excitabilité accompagnant les troubles.
Diarrhée comme de mucus vert, avec des crises de suffocation vers le coeur. Toux phtisique, sèche et
harassante. Toux spasmodique aux derniers stades de la coqueluche, quand le malade est très affaibli et
présente des symptômes nerveux spasmodiques. Toux avec maladie cardiaque valvulaire; toux
incessante surtout en se couchant.

Symptômes mentaux.

Lors de l’introduction botanique, nous avons pu constater deux choses importantes : d’une part que le
laurocerasus, contrairement à Laurus Nobilis, n’est pas un laurier ; d’autre part que, contrairement à lui,
il n’est pas comestible, mais toxique au contraire. Notre ami essaie de se faire passer pour un autre :
mensonge ou confusion d’identité ? Quoi qu’il en soi, il y a une cerise sur le gâteau : en effet, en
voyant l’étude du mind sous cet angle, on peut ajouter (ne serait-ce qu’à titre mnémotechnique) que, à
l’opposé de Laurus Nobilis, Laurocerasus n’est pas clairvoyant. Nous allons voir que sa difficulté à
faire fonctionner ses facultés est le thème central du mind.

Loin de prononcer des oracles, le patient a des difficultés à s’exprimer (Speech hesitating, inarticulate,
slow), et souffre même d’aphasie (aphasia, 2 sympt.) ; il se met en colère si on ne le comprend pas
(Anger when misunderstood), ce qu’on rencontre facilement chez les aphasiques . Sa concentration est
difficile (Concentration difficult) et son esprit est confus (Confusion of mind, 8 sympt.) et distrait
(Absentminded). Il est hébété (Stupefaction, 4 sympt.) et il manque d’idées (Deficient of ideas). Son
hébétude va jusqu’à l’inconscience (Unconsciousness, 9 sympt.) On le trouve au 3° degré à Lenteur
d’esprit (Dullness, 3 sympt.). On relève 7 sous-rubriques à Faiblesse de mémoire (Weakness of memory,
7 sympt.) et même Loss of memory. On le trouve encore à Mental exertion agg, impossible et av.to. ,
ainsi qu’à Forgetful, comme de juste (4 sympt.). Sa pensée est décousue et imprécise (Thoughts
disconnected, vanishing et Prostration of mind)
Au total, nous avons ainsi 201 symptômes de Mind dans le répertoire Synthesis, et 53 symptômes
s’inscrivent dans le thème de la difficulté intellectuelle au sens large : petite notion statistique qui vaut
ce qu’elle vaut, mais tout de même !

Quelques petits symptômes plus secondaires peuvent encore être mis en rapport avec la clairvoyance
du laurier.

On trouve au répertoire :

Delusions seeing old men with long beards and distorded faces,
Delusions frightful, sees Phantoms,
Delusions sees dead persons,
Delusions sees distorded faces.

Et on lit également:

Delusions objects turned round and round,


Delusions everything turned in a circle,
Delusions everything turned round and round.

On pourrait en retenir que les quelques maigres accès à la clairvoyance sont effrayants, et donnent le
tournis !
Umbellularia California, Laurier de Californie.
Oreodaphne California.
(lauracée)

Oreodaphne est un autre laurier à symptomatologie désertique. On le trouve dans quelques matières
médicales, souvent sous forme d’une mention de quelques lignes.

Néanmoins, Clarcke nous rapporte une expérimentation, à base de teinture de feuilles. Elle vaut ce
qu’elle vaut, puisqu’elle n’a été menée que sur quelques personnes. Mais elle met clairement en
évidence une céphalée fronto-occipitale très marquée, < par le mouvement et > par le repos.
Il est à noter que les symptômes ont été plus marqués lorsque la teinture était inhalée plutôt qu’ingérée.
Petit détail curieux, à mettre en rapport avec le fait que les feuilles froisées émettent une odeur épicée
qui provoque l’éternuement.
Clarcke rapporte encore un grand poids de la tête : il donne au patient l’envie de secouer la tête, ce qui
ne le soulage pas du tout.

Par ailleurs, le symptôme caractéristique du remède est le suivant : céphalée très douloureuse avec
sensation de pression à l’angle interne de l’orbite, le plus souvent gauche. La douleur s’étend à travers
le cerveau et le long du cuir chevelu jusqu’à l’occiput. Elle est aggravée par la lumière et le bruit,
améliorée en fermant les yeux et par le repos complet.

C’est tout ce qu’on peut dire du remède ; aucun symptôme mental n’est décrit.

Dr Jean Lansmanne
Braine L’alleud

Bibliographie
Plantes toxiques. Jean Bruneton
Pharmacognosie. Jean Bruneton
Les plantes aromatiques. Jean-Claude Lamontagne
Botanique médicale. Bernard Vial
Drogues végétales et plantes médicinales. Marc Delfosse
Dictionnaire des symboles. Chevalier & Gheerbrandt
Ces précieuses plantes de Méditerranée. Dr Yvan Avramov
Dictionnaire des mythes et des symboles. James Hall
Mythologie des plantes. Angelo de Gubernatis
Dictionnaire éthymologique de botanique. François Couplan
Mythologie des arbres. Jacques Brosse
Mythologie, histoire et dictionnaire. Guiraud et Schmidt, Larousse
Larousse des arbres. Jacques Brosse
Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux. Pierre Lieutaghi
La médecine par les plantes à travers les âges. Loïc Girre
Les arbres guérisseurs. Jean-Luc Ansel
Compendium van rituele planten in Europa. Degleene & Lejeune
Plantes médicinales. P.Fournier
Typologie. Léon Vannier
The Flora Homéopathica. E.Hamilton
Traité pratique et raisonné des plantes médicinales. Cazin
Voyage symbolique dans la marque. Julien Behaeghel

Dictionary of practical materia medica. Clarcke


Matière médicale du praticien homéopathe. Voisin
Matère médicale homéopathique. Guermonprez
Encyclopedia of pure materia medica. Allen
Keynotes of leading remedies. Allen
Matéria medica therapeutics and pharmacology. Blackwood
Guindings symptoms. Hering