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PRÉFACE

La méthodologie qui vous est présentée dans ce guide est le produit de trois mois de recherche sur le terrain d’une équipe constituée d’une jeune consultante et d’un expert national vétérinaire spécialisé en pêche continentale au Cameroun. Ont apporté leur contribution et leur appui : l’Unité de Support Régional (USR), l’Unité de Coordination Nationale (UCN) et le Projet Pilote 3 du Programme pour des Moyens d’Existence Durables dans la Pêche (PMEDP - Cameroun). L’objectif de l’équipe était de tester une méthodologie opérationnelle, rapide et peu coûteuse pour l’analyse de la chaîne de valeur dans la filière pêche artisanale au Cameroun en vue d’orienter les politiques et institutions pour l’amélioration du secteur post-capture. Ce guide expose la démarche à entreprendre pour aborder l’analyse de la chaîne de valeur dans le cadre de l’Approche pour des Moyens d’Existence Durable dans la Pêche (AMED).

Les outils de travail sélectionnés et présentés dans ce guide ont étés choisis parmi d’autres méthodologies telles que le « Kit de formation à l’approche genre » de la FAO, certains outils de la MARP et de l’analyse de filière. Ils ont étés testés sur le terrain et font l’objet de plusieurs observations et conseils, certains ont fait l’objet ont étés modifiés afin de s’adapter au contexte de la pêche artisanale. La spécificité de ce guide est de combiner deux approches : l’AMED et l’approche dite filière (Sub-sector analysis). En effet, cette combinaison permet d’avoir une bonne représentation des principaux agents impliqués dans le secteur post-capture tout en s’intéressant aux moyens d’existences des communautés, préoccupation première du PMEDP. Ce dernier vise précisément à réduire la pauvreté des femmes et des hommes dans les pêcheries artisanales par l’amélioration de leurs moyens d’existence.

Comment utiliser ce guide ? Ce guide a été conçu dans la même logique que le « Kit de Formation à l’approche genre » de la FAO. Il n’est en rien rigide quant à l’intégration de nouveaux outils, nouvelles pistes de réflexion pour obtenir de meilleurs résultats c’est pourquoi, il doit être adapté à chaque situation et doit être utilisé avec souplesse.

Chaque page de ce manuel est divisée en trois parties :

La colonne de gauche clarifie les mots-clés (définition)

La colonne centrale décrit la démarche à suivre

La colonne de droite propose des conseils, expériences vécues, illustrations et outils

TABLE DES MATIERES

Introduction

ETAPE 1 :

Contextualiser le milieu de l’étude

ETAPE 2 :

Etablir une relation de partenariat

ETAPE 3 :

Collecter les données pour l’analyse de la chaîne des valeurs

ETAPE 4 :

Restituer et confronter les résultats de l’étude

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Durée de l’étape, définitions des mots-clé

La filière est un système d’agents qui concourent à produire, transformer, distribuer et consommer un produit ou un type de produit.

L’amélioration des moyens d’existence vise à renforcer les capacités et les forces des hommes et des femmes face aux multiples facteurs qui les rendent vulnérables à la pauvreté

INTRODUCTION

Un guide sur l’analyse de chaîne de valeur dans la pêche artisanale? La plupart des problèmes évoqués par les acteurs du secteur post-capture des communautés de pêche gravitent autour des thèmes de l’approvisionnement en matériel de pêche, de la fluctuation des prix du poisson sur les marchés, des pratiques de taxation informelle, des difficultés rencontrées par les femmes impliquées dans le secteur, de l’inexistence (ou insuffisance) de moyens de conservation du poisson limitant un accroissement des revenus…etc… Aussi, une analyse de la filière pêche artisanale se révèle nécessaire afin de mettre à plat le secteur post-capture en définissant les intervenants, les circuits, les flux de produits, puis en analysant la commercialisation, la transformation de ces produits et leurs débouchés. Une fois mise à plat, la filière fait l’objet d’une analyse comptable par intervenant. Cependant, cette analyse ne suit pas complètement le canevas de l’analyse traditionnelle de filière dans la mesure où l’on s’intéresse prioritairement aux populations les plus pauvres. Cette approche se justifie dans la mesure où le sort de ces populations est étroitement lié au secteur post-capture et que le PMEDP s’intérèsse à l’amélioration de leurs moyens d’existence.

La pêche artisanale un secteur spécifique ? Si de nombreuses études de chaîne de valeur ont déjà été menées dans le secteur agricole, fort est de constater que le domaine de la pêche fait figure de parent pauvre de la littérature grise. Or, pour mettre en place une analyse de la chaîne de valeur il faut prendre en compte certaines spécificité du secteur de la pêche. En effet, Il existe de fortes différences entre l’agriculture et la pêche, la première activité utilisant les potentialités d’un milieu donné pour cultiver de manière cyclique des végétaux, la seconde s’apparentant davantage à la cueillette. De cettte définition découlent trois grands points de divergences :

- La dépendance vis-à-vis du climat rend la production agricole relativement aléatoire alors que la pêche souffre beaucoup moins de ce facteur

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Conseils, expériences vécues, illustrations, outils

Genre : prise en compte des relations entre hommes et femmes en terme de différences relatives

- L’inévitable délai existant entre la décision de produire et l’obtention de la production. Ces deux éléments se traduisent par une forte incertitude pour les producteurs quant aux quantités qu’ils produiront et les prix qu’ils en obtiendront. Dans le domaine de la pêche, la disponibilité en poisson dépend essentiellement de la gestion de la ressource faite par ses utilisateurs. En effet, bien que les ressources halieutiques soient renouvelables, elles ne sont pas infinies.

- Les aspects qualitatifs des produits agricoles qui, par leur non-homogénéité et la variabilité de leurs caractéristiques gustatives ou hygiéniques. La maîtrise qualitative de la production est donc elle aussi relativement aléatoire, ce qui ne fait qu’accroître l’incertitude économique.

Cependant, il est également intéressant de se focaliser les caractéristiques communes aux deux activités :

- La haute périssabilité du poisson ressemble à celle de certains produits agricoles (maraîchage par exemple).

- la saisonnalité des activités

- la pêche artisanale s’apparente à l’agriculture familiale concernant la répartition des facteurs de production (par exemple la main d’œuvre y est majoritairement familiale)

Intégrer les aspects genre L’implication de la femme dans les activités de pêche artisanale fait d’elle une actrice incontournable du secteur post-capture. Sans conteste il existe des inégalités entre les femmes et les hommes sur l’accès aux ressources, aux décisions et à l’information. Ces différences se traduisent par exemple dans la commercialisation par des circuits très courts pour les femmes. Nous abordons donc l’aspect genre en identifiant les écarts existants entre homme et femme.

Intégrer la saisonnalité La saisonnalité de la pêche influe fortement sur le secteur post-capture, aussi les résultats de l’analyse de la chaîne de valeur ne peuvent avoir une certaine validité que s’ils sont obtenus à partir d’informations collectées aux différentes saisons.

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1. CONTEXTUALISER LE MILIEU DE L’ETUDE

Durée de l’étape, définitions des mots-clé

Durée de l’étape : une semaine à dix jours selon le niveau de maîtrise du sujet.

Les fonctions techniques

: Elles consistent à faire

passer le produit d’un “état” à un autre à travers une opération technique

(exemple : poisson frais opération de fumage)

Les fonctions commerciales : Les intermédiaires sont repérés par les fonctions qu’ils effectuent entre la production et la consommation (achat/revente, congélation…)

 

Description de la démarche

 

Avant d’effectuer toute descente sur le terrain, il est important de s’imprégner des données secondaires disponibles sur la pêche dans le cadre de la lutte contre la pauvreté dans les communautés de pêche artisanale et sur la filière poisson.

 

EN ROUTE !

Stade 1 : Pour démarrer la collecte des données, il est important de déterminer les organismes ou entreprises auprès desquels vous trouverez des documents qui vous seront utiles. Cette recherche documentaire doit être menée de pair avec des interviews sur le terrain avec des personnes « ressources ».

A ce stade les données collectées doivent permettre :

 

De délimiter la filière c’est-à-dire de fournir une définition précise des produits retenus

pour l’étude, à délimiter la hauteur de la filière (prise en compte des activités dont il faut faire cas), sa largeur (différents sous-systèmes inscrits dans la filière), son épaisseur (prise en compte de l’ensemble des activités des opérateurs, par exemple un commerçant de poisson fumé peut aussi être commerçant de céréales), sa délimitation géographique et spatiale.

De repérer les fonctions intervenants dans les échanges : entre les producteurs et

les consommateurs se succède toute une série d’opérations qui permettent aux produits analysés de changer de lieu et d’avoir une forme consommable répondant à la demande en quantité et en qualité. On distingue ainsi les fonctions de collecte, de transport, de stockage, de transformation, de commercialisation et de distribution d’un produit donné. Chacune de ces fonctions en un lieu et en un temps donné, est assurée par une technique et des outils déterminés qui ont leur performance et leur contrainte propre.

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Conseils, expériences vécues, illustrations, outils

Outil 1 : Check-list entretiens semi-structurés personnes ressources.

Organismes à consulter Secteur public :

- Ministères concernés qui peuvent posséder des documents statistiques sur la pêche au niveau national, des documents portant sur les réglementations des activités, document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté, prendre connaissance des politiques de décentralisation et de développement local

- Des centres de recherches, des entreprises publiques… Secteur privé :

- Les entreprises spécialisées dans la pêche ou la commercialisation des produits de la pêche - Les associations professionnelles et les sociétés de services telles que les transitaires, les transporteurs…

- Les bailleurs de fond et ONG ayant eu des projets en lien avec les communautés de pêcheurs ou le produit étudié.

Rappel : Les facteurs de vulnérabilité sont les tendances ; la saisonnalité ; les chocs.

Stade 2 : Procéder à l’analyse du contexte de vulnérabilité dans la zone étudiée. Si aucun diagnostic participatif des facteurs de vulnérabilité de la communauté n’est disponible, il faudra procéder à l’étude du profil de pauvreté des communautés de pêche en se référant à l’AMED.

Dans le cas ou le diagnostic aurait déjà été réalisé (disponible au niveau de l’UCN), il suffit de l’actualiser en posant une question :

Comment ont évolués les facteurs de vulnérabilité depuis la dernière fois ?

L’analyse des moyens d’existence durable dans une communauté (stade 2) s’inscrit dans un contexte local, sectoriel, national et sous-régional. Il faudra donc mettre en relation les données collectées en stade 1 avec ces dernières.

Stade 3 : Identifier les sites d’enquête. Le choix des communautés avec lesquelles nous allons travailler s’effectue en fonction de plusieurs critères :

La distribution de la pauvreté

Des produits de la pêche commercialisés

Du degré d’enclavement des communautés s’il est considéré comme un facteur influant sur la pauvreté

Des marchés importants

De la présence ou non d’institutions de micro-finance

De la présence ou non d’infrastructures (réseaux routiers, réseau de téléphonie mobile, écoles…)

Présence ou non de groupements de pêcheurs, transformateurs…

La présence d’innovateurs (spécialisation sur un débouché spécifique)

A LISSUE DE CETTE ETAPE, VOUS DEVEZ AVOIR UNE BONNE VISION DE LA PECHE ARTISANALE DANS SON CONTEXTE NATIONAL ET AU NIVEAU DE VOTRE ZONE DETUDE. VOUS AVEZ PRIS CONNAISSANCE DU CONTEXTE DE VULNERABILITE DES COMMUNAUTES DE VOTRE ZONE DE TRAVAIL ET SELECTIONNE VOS SITES DENQUETE EN CONSEQUENCE. VOUS POUVEZ PASSER A LA SECONDE ETAPE.

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Outil 2 : Canevas de collecte ou d’actualisation des données sur les facteurs de vulnérabilité

Consulter la documentation existante sur les communautés.

Les sites d’enquête ne se limitent pas aux communautés de pêche. Le stade 1 de notre démarche a permis de dégager les marchés sur lesquels il nous faudra nous rendre.

2. ETABLIR UNE RELATION DE PARTENARIAT

Durée de l’étape, définitions des mots- clé

Durée de l’étape :

Durant toute la durée de l’étude et du projet. La confiance ne s’établit pas toujours dès le départ, il faut donc s’armer de patience.

Description de la démarche Pour que le projet ait un impact à long term e,

Description de la démarche

Pour que le projet ait un impact à long terme, il est important que de solides partenariats soient crées entre le projet, les communautés concernées et les institutions jouant un rôle dans le secteur de la post-capture. Qu’elles que soient les études à réaliser, les différentes parties prenantes doivent se sentir intégrées au projet.

EN ROUTE ! Stade 1 : Prendre rendez-vous dans les communautés choisies afin de présenter la démarche si possible une semaine avant la présentation.

Stade 2 : Se présenter aux partenaires avec l’équipe du projet déjà en place. Ainsi, s’il existe déjà une relation de partenariat, il s’agit de la consolider dans le cas inverse, il est important de bien expliquer l’objectif du travail et les attentes que chacune des parties prenantes peut avoir. Lors de cette première visite de terrain, toutes les parties prenantes doivent être réunies afin de négocier les périodes appropriées pour la collecte des informations et les discussions approfondies. A l’issue de cette première visite, si les communautés se disent prête à collaborer, se planifieront les réunions en groupe pour la première phase de l’étude de la chaîne de valeur.

Stade 3 : Retournez dans la communauté au moment convenu lors de vos contacts préliminaires et assurez-vous que vous introduisez votre mission d’appui de manière claire et motivante. Intégrez les préoccupations de vos partenaires en laissant toujours un temps libre pour les questionnements des membres de la communauté.

de vos partenaires en laissant toujours un temps libre pour les questionnements des membre s de

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Conseils, expériences vécues, illustrations, outils

Conseil : Négociez de bonnes relations de colllaboration avec kes agents intervenants déjà dans les communautés avant de commencer.

Conseil : Ce premier contact est déterminant, soigner la présentation des objectifs, ne pas faire de promesses, rester honnête quant à ce que va leur apporter l’étude.

ATTENTION !

Ne faites pas de promesses aux populations que vous ne pourrez tenir même s’il

vous semble que cela pourrait vous aider à gagner leur confiance ! Par la suite, ces promesses non tenues pourraient porter préjudice au bon fonctionnement du projet.

Prenez toujours en compte le fait que les communautés ont des activtés et que

c’ets vous qui devez vous adapter à leur emploi du temps. Laissez-les toujours choisir la date et l’heure du rendez-vous mais restez ferme sur la ponctualité.

Ne vous lassez de répondre aux même questions, il arrive que les populations

vous posent à chacun de vos passages la même question. Cela signifie que la réponse n’est pas encore claire ou qu’il ont besoin de se rassurer quant à vos intentions de les aider. Soyez patients.

A LISSUE DE CETTE ETAPE, VOUS DEVEZ AVOIR INITIE UN PROCESSUS DE PARTENARIAT, DE MISE EN CONFIANCE DES COMMUNAUTES POUR POUVOIR COMMENCER LES ENTRETIENS.

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Expérience vécue : Au Cameroun, les experts envoyés pour réaliser l’étude sur les profils de pauvreté ont assuré aux populations enquêtées que le projet construirait des écoles et hôpitaux.

Expérience vécue:

Dans les villages enquêtés sur la retenue de Mbakaou (Cameroun), la même question était sans cesse posée : Quels sont les objectifs du projet et pourquoi avoir construit une chambre froide à Mbakaou ? Les communautés par manque d’information pensaient que ce qui se construisait à Mbakou était une chambre froide alors qu’il s’agissait d’une fabrique de glace. De plus, la question sur les objetifs du projet revenait sans cesse car une rumeur circulait sur la privatisation de la pêche dans la retenue par le projet.

3. COLLECTER LES DONNEES POUR L’ANALYSE DE LA CHAINE DES VALEURS EN PECHE ARTISANALE

Durée de l’étape, définitions des mots- clé

Durée de l’étape : Selon le nombre de communauté, la complexité de la chaîne des échanges et la taille de l’équipe sur le terrain, 2 à 3 semaines.

   

Description de la démarche

 

La

collecte des données s’effectue à plusieurs niveaux et dans un ordre bien précis puisque

l’analyse doit être effectuée au fur et à mesure de la collecte. Dans cette démarche, nous intervenons à deux niveaux ; tout d’abord au niveau des communautés de pêche puis au niveau des villes sur les marchés auprès des commerçants.

En effet, il ne faut jamais perdre de vue que si l’étude s’inscrit dans le cadre du PMEDP, elle

a

aussi pour objectif de comprendre la filière dans son ensemble d’où la nécessité

d’intervenir à plusieurs échelles (microéconomique, mésoéconomique et macroéconomique).

EN ROUTE !

 

Stade 1 : Représenter la chaîne des échanges avec les communautés afin d’identifier les différents acteurs du secteur post-capture et leurs fonctions. Rappelons ici que ce travail doit être réalisé par les communautés et reflète leurs connaissances de la commercialisation du poisson. L’équipe rassemblera toutes les chaînes représentées en une seule. Cet outil devient alors un support pour les étapes suivantes.

ATTENTION !

 
 

Bien s’assurer que l’exercice n’est pas réalisé par un seul individu (l’intérêt de ce

type d’exercice étant de favoriser l’échange) en validant systématiquement les nouveaux éléments énoncés auprès du groupe.

La quantification des flux, du nombre d’acteurs impliqué dans la chaîne ne peut se

faire que sur « dires d’acteurs », ce travail ne pouvant remplacer une étude statistique approfondie.

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Conseils, expériences vécues, illustrations, outils

Outil 3 : Check-list pour la représentation de la chaîne des échanges

Outil 3A : Diagramme des échanges par produit et tableau fonctionnel des échanges

Conseil : A ce stade on peut confirmer ou infirmer les données déjà collectées auprès des personnes ressources sur la filière.

Cet exercice est intéressant car il permet de dégager des produits « niches » ou

de déterminer des débouchés « atypiques ».

L’étude sur la chaîne de valeur s’inscrivant dans le cadre du Programme pour les Moyens d’Existence Durable dans la Pêche, la localisation des plus pauvres et leur fonction dans la chaîne des échanges doit être mise en évidence.

Stade 2 : Localiser les populations les plus pauvres dans la chaîne des échanges en intégrant les facteurs de vulnérabilité. On cherche à établir les liens existants entre catégories socio-économiques, genre et profil de pauvreté. Dans notre situation, étant donné que nous nous intéressons aux communautés villageoises, il ne nous paraît pas essentiel de procéder à cet exercice avec les catégories socio-économiques localisées au niveau des villes. Par contre, l’approche genre est fondamentale car bien souvent, dans le secteur post- capture, les femmes sont confrontées à de plus grandes difficultés d’accès au capital ou à certains services en comparaison aux hommes. De plus, certaines tâches accomplies dans la chaîne sont exclusivement menées par des opérateurs féminins.

ATTENTION !

Trouver des informateurs clés de la communauté connaissant parfaitement chaque

ménage et veillez à bien définir les critères de pauvreté.

Stade 3 : Comprendre l’organisation de la chaîne des échanges Il est nécessaire de procéder à l’étude de l’organisation des acteurs afin d’analyser la nature des relations entre individus et les règles qui régissent les échanges. On parle de formes institutionnelles pour désigner les structures sociales dans lesquelles s’insèrent les relations et les règles économiques. En comparant les activités économiques au déroulement d’un jeu, on parle d’organisations pour désigner les acteurs du jeu (par exemple les familles, réseaux, entreprises, associations) et d’institution pour désigner les règles du jeu (par exemples les contrats, réglementations, conventions, relations de pouvoir…).

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Outil 4 : Agents rencontrés selon les niveaux de pauvreté

Conseil : L’analyse doit se faire à l’issue de chaque stade car elle oriente l’étape suivante.

Outil 5 : Check-list discussion par groupe d’acteur.

ATTENTION !

Il n’est pas utile en discussion de groupe d’avoir un trop grand nombre d’interlocuteurs. Trois à cinq informateurs clés sont bien souvent plus pertinents qu’un grand groupe de personnes.

Stade 4 : Calculer la valeur ajoutée crée pour chaque produit Les entretiens doivent permettre de donner un éclairage sur la répartition du revenu entre les différents acteurs du secteur post-capture :

Quels montants par activités ? Qu’est-ce que cela représente sur la totalité des échanges ?

Comment la valeur ajoutée est-elle crée, par qui et pourquoi ? Variabilité saisonnière marquée ?

ATTENTION !

Avant votre passage sur les marchés, il est nécessaire de vous annoncer auprès de

l’administration responsable du suivi de la commercialisation (taxes…) mais insister pour réaliser l’enquête seul. En effet, compte tenu de la méfiance des commerçants, il est impératif de garder une totale neutralité.

Au niveau des marchés le temps représente un réel inconvénient, il est pourtant

fondamental de réunir quelques frères commerçants” afin de réaliser un premier ciblage : Nombre d’actif pour chaque type d’agent et importance (gros, moyen, petit). Il est impératif de toujours demander quels critères ils utilisent pour déterminer l’importance d’un acteur. Après cette première réunion de groupe, procéder aux entretiens individuels.

Les entretiens sur les coûts/produits doivent être réalisés de préférence en individuel car les données demandées sont d’ordre confidentiel.

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Outil 6 : Entretiens individuel coût/produit par agent

Conseil : Au niveau des marchés régionaux, il existe bien souvent des associations de commerçants qui peuvent être de bons points d’entrer pour annoncer l’étude.

Prévoir et construire le questionnaire (surtout pour les commerçants) de manière à

éviter d’aborder directement les quantitées achetées, vendues, les prix et les marges.

Lorsqu’un commerçant se montre méfiant malgré les explications données sur la

démarche, ne pas insister. Repasser éventuellement après avoir travaillé avec d’autres commerçants ayant accepté de collaborer et voir si l’effet d’annonce a eu un impact positif sur les agents les plus réticents.

A LISSUE DE CETTE ETAPE, VOUS SAVEZ DE MANIERE PRECISE COMMENT EST ORGANISEE LA FILIERE, QUELLES SONT LES CONTRAINTES ET FORCES DE CHAQUE AGENT. VOUS AVEZ EGALEMENT DEGAGE UNE TYPOLOGIE DES DIFFERENTS ACTEURS ET VOUS SAVEZ QUI CREE LA RICHESSE DANS LA FILIERE. VOUS NE PERDEZ JAMAIS DE VU QUE VOUS VOUS INTERESSEZ A COMMENT AIDER LES PLUS PAUVRES DANS CE CONTEXTE.

Expérience vécue: Sur le marché de Bertoua, nous avons fait l’objet d’un véritable boycott par les grossistes de poisson frais. Une d’entre elle nous ayant connu à Mbakou (son site d’approvisionnement) avait accepté de discuter avec nous mais elle a subit la pression de ses collègues et n’a pas pu continuer l’entretiens.

4. RESTITUER ET CONFRONTER LES RESULTATS DE L’ETUDE

L’équipe connaît à présent les forces et les faiblesses de chaque agent de la chaîne, l’influence du contexte de vulnérabilité, des PIP et le poids économique de chaque agent.

L’étape de restitution au niveau micro se divise en trois phases : une phase préparatoire, une phase de présentation validation, une phase de confrontation et recherche de solutions. Au niveau méso et macro, la restitution a lieu en une seule phase et a pour objectif de lancer une réflexion sur les actions à mener à ces échelles.

Stade 1 : Préparation de la restitution Organiser une réunion générale avec l’équipe du projet pour discuter de la forme la plus pertinente de restituer l’information. Vous rappelez qu’il faut utiliser un langage simple, compréhensible pour tous et tenez compte de la disponibilité des personnes.

Stade 2 : Présentation et validation des résultats par ateliers Il est fondamental de diviser les groupes d’acteurs en d’un côté les producteurs (pêcheurs/transformateurs par exemple) et de l’autre les commerçants (congeleurs/grossistes par exemple) afin de valider par groupe l’information analysée. Durant cette première phase on cherche aussi à trouver des solutions aux problèmes identifiés. Ces ateliers doivent être interactifs. La présentation se fait élément par élément, entrecoupée de discussions sur la validation avant d’aborder les solutions.

Stade 3 : Confrontation des solutions adoptées On rassemble les groupes en plénière afin de voir comment les solutions élaborées en atelier peuvent s’intégrer dans la filière sans bouleverser négativement les acteurs qui tirent leurs revenus du poisson.

ATTENTION !

Il est presque impossible que les acteurs rencontrés sur les marchés des villes soient présents lors de cette restitution quia lieu sur le site d’implantation du projet.

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Conseils, expériences vécues, illustrations, outils

Outil 7 : Matrice des problèmes

Outil 5A & 6

Expérience vécue : nous avons opté pour faire venir des personnes représentantes dans les communautés de chaque acteur afin de faciliter le débat

Pièges à éviter : Ne rentrer pas dans des débats accusateurs, veuillez toujours à montrer que jeter la faute sur un groupe d’acteur ne fait pas avancer les choses et que vous n’êtes pas là pour écouter ce type de discussion

Aussi, dans un souci d’équité, il est nécessaire d’organiser une retsitution au niveau des commerçants des villes afin de valider les résultats avec eux et de tester aupès d’eux les propositions faites par les autres acteurs de la chaîne. Une formule peut être utilisée à cet éffet : « Et s’il se passait ça, comment réagiriez- vous ? »

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