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Histoire de la littérature espagnole

Intro :

La reconquête de la péninsule commence au début du 13 e siècle. Celle ci dure +- 3ans pour être récupérée des arabes. Au 15 e siècle, il y a un Etat qui s’occupe « à peu près » de la surface péninsulaire. Plusieurs territoires (Corona de Castilla, Corona de Aragón, Reina Granada, Navarra). Au Moyen-Age, une grande partie des textes sont des chroniques, ils mélangent les faits historiques et les faits littéraires. Par ailleurs, l’idée de la littérature reste encore inconnue au Moyen-Age. Encore au 18 e siècle, on définit la littérature comme « ce qu’on écrit » (cela inclus la science, lettres, etc…)

Le premier texte que l’on trouve en Castillan est non-littéraire, ce sont justes des notes dans les marges des livres latins (dialecte navarro-aragonais, pas l’espagnol d’aujourd’hui). Ces notes sont appelées Glosas emilianenses y silenses ; emilianenses pour San Millàn et silenses pour Santo Domingo. Ecrites par un prédicateur entre 975 et 977, elles sont retrouvées dans les monastères de Yuso et de Suso. Leur but est d’expliquer les textes dans les livres latins.

Lyrique populaire traditionnelle :

En 1948, Samuel Stern décrypte les premiers poèmes en langue romanes péninsulaire.

Moaxajas : fin du 9 e -début du 10 e , crées par Moccadam ibn Moafa. Forme péninsulaire de la casida, poèmes en arabe (plus tard imités en hébreu classique). Les derniers vers étaient toujours écrits en langue romane. On nommera ceux-ci Jarcha.

Jarcha : Poèmes romans d’Al-Andalus, chants d’amour, prouvent l’existance de lyrique en roman avant l’arrivée des troubadours. Le Jarcha s’apparente aux chansons de femme. Il y a toujours la présence de la mère de la fille (interlocutrice silencieuse), habibe mot très utilisé, il est normal de nommer les parties du corps, pas de référence au paysage ; s’il y a c’est seulement une référence au paysage urbain, sensualité du lexique, de nombreux diminutifs, …

Dans la première partie, l’homme parle (Moaxaja), la deuxième partie fait référence à la femme (Jarcha). Le « je » poétique masculin de la première partie s’oppose au « je » poétique de la deuxième partie.

La Moaxaja va se propager (dans la Romania => endroits où l’on parle une langue romane) dans une autre forme appelée Zéjel.

Zéjel : Plus narratif que les Moaxajas, nombre plus grand de strophees, arabe vulgaire ou roman. Composé de « tres morillas » => 3 parties :

1. Cabeza (la tête)/ Estribillo (le refrain)

2. Mudanza (vers à rime unique)

3. Verso de vuelta (verbe retour ; retour à la rime du refrain)

Georges Martin se demandait: “Moaxaja et zéjel sont-ils une adaptation par les poètes arabes et hébreux d’une forme populaire antérieure, voire extra-péninsulaire ? ! Il semblerait que la jarcha ait préexisté aux moaxajas ; elle était ressentie comme un emprunt à un patrimoine traditionnel” [Canavaggio I, 33].

La jarcha est un peu comme une chanson populaire (déjà présence du refrain).

Présence de rime assonante et consonante. Rime assonante : même voyelle >< Rime consonante : même terminaison On va compter les syllabes. La régularité syllabique est importante. Il y a un certain parallélisme et la présence de répétitions => structure d’une chanson

Les troubadours :

Autre genre pratiqué dans le nord de la péninsule au 12 e siècle. Personne qui invente, trouve l’expression de l’amour, passe une communication politique ou sociale tout en chantant cela dans une langue romane. Au cours du 13 e siècle, il y a près de 50 troubadours provençaux en Castille (professionnels ou amateurs) Le plus souvent, ils sont attachés à la cour d’un souverain ; particulièrement à la cour d’Alfonso II de Aragon (poète lui-même). Le sujet le plus abordé est l’amour courtois : transposition analogique des rapports féodaux : le seigneur (la femme), le serf (le chevalier). A cette époque, amour signifie grâce, faveur, alliance.

A l’opposé, on trouve les Goliardes. Personne ayant parcouru l’Espagne et produit une poésie

(goliarde) épicurienne, pas sentimentale mais matérialiste qui a eu peu d’influence sur la

péninsule.

Les troubadours ont assuré le prestige littéraire des langues vernaculaires face au latin. Les premiers troubadours ayant composé dans leur langue vernaculaire se trouvaient à l’ouest => lyrique gallaïco-portugaise.

Attention : différence entre langue et dialecte : la langue a une armée, elle est donc puissante tandis que le dialecte, lui, n’en a pas.

Le mal d’amour va devenir la spécialité des troubadours galliéco-portugais. C’est une variation du « Je » poétique féminin (toujours une femme) Il y a plusieurs types de chansons (cantigas)

Exemple :

Cantigas de mal dizer (de raillerie). Cantigas de amigo : un homme qui écrit comme une fille. Celles-ci sont « fortement ancrée dans un paysage » >< Jarcha

Lyrique gallaïco-portugaise :

Cancioneros : Ce sont des manuscrits collectifs de 14 e -15 e siècle. Ils proviennent des anciennes poésies des troubadours. On y retrouve le mal d’amour et un « je » féminin.

Exemples : Cancionero de Baena, Cancionero de Estùñiga , Cancionero de Palacio, Cancionero General

Plusieurs types de chansons. Elles apparaissent entre 1220 et 1230. A la même époque, il y beaucoup de chansons de femmes chez les chansonniers de la cour française (ex : Roman de Guillaume de Dole intitulé Roman de la rose) Chansons animées, entre autre, par des danses voluptueuses

Juglares :

Ce sont des jongleurs mais ils sont à leur façon des troubadours. Ils jouent des instruments de musique. Ils sont la version populaire des troubadours et jouent pour les vilains (= couche sociale du Moyen-Age). Les vilains ont leur propre littérature : Villancicos

Villancicos :

« Véhiculé à l’origine par les vilains », ils sont conservés chez les chansonniers de la fin du 15 e siècle. Ils comportent deux ou trois vers à métrique variable => tendance au schéma :

1. Estribillo

2. Copla (glose, strophe)

3. Versos de vuelta

Plus tard on appellera villancico l’ensemble de ces deux ou trois vers et sa glose. C’est également un chant choral liturgique que l’on chantait dans les églises à l’occasion de certaines fêtes comme Noël.

Poésie épique : Canción de gesta

La chanson de geste est un poème narrant les faits d’un membre laïque de l’aristocratie, destiné à un public dépassant le cercle des lettrés et (qu’il fut chanté, récité ou lu) objet d’une diffusion principalement orale.

Dans tout l’espace romain s’est répandu une nouvelle version de la chanson de Roland. Des jongleurs introduisent la chanson de geste dans les royaumes péninsulaires. Parmi les Wisigoths existaient déjà des chansons historiques. Deux théories concernant l’écriture d’une chanson de geste :

1. Théorie individuelle : l’auteur l’a écrite du début à la fin.

2. Théorie traditionaliste : c’est une tradition qui a créé la chanson, un processus a aboutit à celle-ci.

Les chansons de geste se sont répandues à une époque où il y avait beaucoup de pèlerinages, les pèlerins venaient de toute l’Europe pour visiter l’Espagne. Malgré le caractère populaire, ces œuvres représentent un type hautement développé, d'une technique cohérente et sûre, et non dépourvu complètement des éléments érudits et de ton courtois. Aujourd’hui, nous ne pouvons trouver que deux chansons et demies de geste en Espagne (Poema de mio Çid, Las mocedades de Rodrigo et fragment du Cantar de Roncesvalles). Ce serait une preuve de la théorie individualiste. Il n’existe que 8000 vers face aux millions de français!

Quelques exemples des chansons de geste espagnoles :

Poema de mio Cid Rodrigo Díaz de Vivar († 1O99) Première chanson de geste, copie du milieu du XIV du manuscrit signé par Per Abbat en mai 12O7. On ne sait pas si c’est lui qui a écrit la copie en 12O7 ou s’il a recopié, au 14e siècle, un écrit de 12O7. Personne ne le sait. Mais on ne le pense pas en être l'auteur.

Noble castillan, percepteur des impôts qu’il devait payer au roi de musulman de Séville. Il s’agit donc d’une figure historique. Ce poème a un déroulement rectiligne. Le but de ce poème est de défendre l’honneur qu’il a perdu. Au début, il est expulsé de la cour car il a soit disant volé de l'argent. Il doit récupérer les honneurs par des exploits,

Menéndez Pidal a étudié ces textes et en a retiré deux théories:

1. un seul auteur a écrit le texte du début à la fin

2. deux jongleurs l’ont écrit ; un plus proche des faits historiques que l’autre, qui aurait élaboré le Cantar del destierro tandis que l’autre plus moderne aurait fait les deux autres chants.

Cependant, on aurait tendance à penser que ce n’est ni l’une ni l’autre mais plutôt une sorte de « compromis » entre les deux, c’est-à-dire : un auteur aurait rassemblé ce qu’il aurait entendu par ci-par là pour en faire un texte.

Un exemple de poésie castillane médiévale :

Ya quiebran los albores

e vinie la mañana,

e essos gañados

quantos en derredor andan.

 

Mio Çid don Rodrigo

a la puerta adeliñava;

ixie el sol, En Castejon

abren las puertas, por ver sus lavores Todos son exidos, con pocas de gentes las yentes de fuera

¡Dios, que fermoso apuntava! todos se levantavan,

de fuera salto davan e todas sus heredades. las puertas abiertas an dexadas, que en Castejon fincar[a]n; todas son deramadas.

los que la tienen ovieron miedo

Mio Çid Ruy Diaz

en mano trae

quinze moros matava

Gaño Castejon

quando vieron la rebata

e fue desemparada.

por las puertas entrava,

desnuda el espada,

de los que alcançava.

El Campeador

salio de la çelada,

Sos cavalleros

y el oro e la plata. legan con la ganançia,

corrie

Moros e moras

a Castejon sin falla.

avien los de ganançia,

Quelques mots de vocabulaire :

Campeador : surnom du Cid lavores : travaux heredades : héritages deramadas : dispercé sin falla : sans s'arreter adeliñava : se dirigea ganancia : butin dexan : laisse

dexan la a mio Çid

todo esto non precia nada

(el poema del mio Cid, v. 456-475)

Ici encore le “Cid” est Rodrigo Diaz de Vivar. Il s’agit d’une bataille, la conquête d’une ville appelée Canstejon. Vers anisosyllabiques (pas le même nbre de syllabes dans chaque vers) avec rimes assonantes (sauf quelques exceptions). Les verbes sont divisés en deux hémistiches (même nbre de vers des deux côté). On peut voir aussi les césures. On retrouve cette forme partout dans la poésie médiévale espagnole.

Mocedades de Rodrigo:

Cette poésie raconte l’histoire de la jeunesse de Rodrigo. Ses prouesses dans la péninsule, ses exploits en France. Il y apparaît plus violent et arrogant que dans le poème précédent.

C’est une élaboration cultivée d’une chanson de geste perdue (1350-1360). Vers égalemente anisosyllabiques.

Romancero:

Le mot romancero vient de romance qui est son sens original. C’est une oeuvre narrative écrite en langue vulgaire (romane) donc en langue plus moderne.

Le style romancero qui s’apparente à la ballade présente de nombreuses similitudes avec la poésie épique. Il y a, cependant, une grande différence dans la structure (la régularité syllabique des vers du romancero) La forme des ballades (chansons narratives: histoires terribles, héroïques ou criminelles) diffèrent dans chaque pays, chaque tradition. La forme espagnole serait les romances. Les romances sont une forme péninsulaire de la ballade. Mais ce ne sont plus des vers anisosyllabisque. Vers à rime unique, assonante, 16 syllabes (plus régulier que chanson de geste) avec hémistiches (et césure).

Au 16e siècle, le romancero témoignerait de la persistance fragmentaire d’une poésie héroïque

primitive

geste espagnole; 2 théories:

que l’on n’a pas trouvé. Menéndez Pidal parle du “corpus latent” de la chanson de

1. Le romancero viendra à substituer la poésie épique: “según Menéndez Pidal, al

ampliarse el público de la epopeya (épopée), se fueron introduciendo elementos que agradaran a un público más heterogéneo (amor, episodios novelescos, etc.); después, este público se entusiasmaría con algún momento determinado del cantar y haría que el juglar lo repitiera; el auditorio acabaría aprendiéndose estos fragmentos” [Breve, 141]

2. Pourtant,“son muy escasos los paralelismos directos entre cantar de gesta y Romancero; más bien habría que pensar —y es la idea de Menéndez Pidal — en niveles distintos de elaboración de la tradición épica por parte de autores de épocas muy diferentes” [Breve,

142].

Il a peu de parralélismes entre romancero et poésie épique. C'est donc une théorie, et cette même théorie mise en question. Il y avait peut-être la poésie épique, et aussi des chansons différentes sur le même sujet, chantées par le peuple.

Les romances les plus anciens que l’on a recueilli, ca. 1421. Ce sont ceux d'un étudiant qui écrivait dans la marge de ses cahiers quand il s'ennuyait. Le sujet le plus ancien dans un romance est la mort de Fernando IV (1312)

Plusieurs types de romances:

Romancero viejo: (corpus ancien) Anonyme et médiéval, il est recueilli au 16e siècle. Il connait des imitations à partir de 1580.

Romancero nuevo: On commence à aborder les nouveaux sujets. On aborde le rêve des espagnols de la fin de l’emprise arabe => romances moriscos.

Romancero vulgar: Produit à partir du 17e siècle pour et par les chouches urbaines = romancero nuevo = romancero ciego (très diffusés)

Romancero tradicional: Oral et anonyme = romancero viejo (sujet: cycles épiques,

lutte dans la frontière, des histoires parfois se jouent dans la cour de Charlemagne,

sujets bibliques ou classiques

)

Il y a une poésie cultivée en Espagne qui s'appelle Mester (manière) de clericia (clergé). Manière très stricte. Style formel, fixe. Ils étaient lus et chantés dans des espaces publiques. C’est donc fait pour le public, pas individuel

Mester traygo fermoso, non es de joglería; mester es sen peccado, ca es de clerecía:

fablar curso rimado por la cuaderna vía a sílavas cuntadas, ca es grant maestría

Définition typique de la poésie religieuse. Elle est constituée de vers dits à quatorze syllabes métriques, à double hémistiche chacun accentué sur la sixième syllabe (et donc césure => espaces) et de rimes consonantes.

Voici les 7 parties qui consitutent toujours le Libro de buen amor:

Libro de buen amor. 1330-1350, Castille-la Manche, par l’archiprêtre de Hita, Juan Ruiz. “Johanne Roderici archipresbitero de Hita”, témoin d’un procès en 133O. Ensemble apparemment chaotique, avec des parties disproportionnées; un livre que l'on peut divisé en sept parties totalement différentes.

“la obra se puede dividir en seis [sic, en realidad siete] núcleos perfectamente diferenciados:

[1] un prólogo en prosa que sigue las técnicas del sermón; prologue en prose [2] diversos exempla utilizados en las argumentaciones; exemples [3] un conjunto de composiciones líricas, con distintas formas métricas (tal vez compuestas, en parte, antes que el Libro); compositions lyriques compositions lyriques (métrique diverse) [4] algunas digresiones didácticas o burlescas; digressions (= qqch d'hors sujet) [5] una paráfrasis libre del Pamphilus [de amore, comédie latine du XII]; paraphrase [6] una versión de la Batalla de Carnal y Cuaresma [composition ternaire propre au sermon mediévale; parodie du poème épique]; version de la bataille entre carnaval et carême [7] y una composición que sigue el tema de la Consultatio sacerdotum” [Breve, 150]. Composition sur le sujet

L’ambiguïté est le sujet du livre (on parle d’amour. Serait-ce l’amour de Dieu ? ou du libertinage ?). On peut interpréter le monde de différentes façons (ex : ce qui est beau pour quelqu’un peut être laid pour quelqu’un d’autre) Unité structurelle: “je” a une identité variable (archipêtre, écuryer, hidalgo, livre, etc Jaques Joset.

) =>

De todos instrumentos yo, libro, só pariente:

bien o mal, qual puntares, tal diré çiertamente; qual tú dezir quisieres, y faz punto, y tente; ( = je te dirai ce que tu veux entendre) si me pontar sopieres, siempre me avrás en miente (strophe 70).

Il a ambiguïté, on se sait pas de quel amour il parle. Cependant, on sait qu’il s’agit d’un amour fou, serait-ce le reflet du monde?!

Nunca desque nasçí pasé tan grand peligro de frío; al pie del puerto falléme con vestiglo , más grande fantasma que vi en este siglo […]

En [e]l Apocalipsi Sant Johan Evangelista non vido tal figura nin de tan mala vista; a grand hato daría lucha e grand conquista:

non sé de quál dïablo es tal fantasma quista.

Avía la cabeça mucho grand[e], sin guisa, cabellos chicos, negros, más que corneja lisa, ojos fondos, bermejos, poco e mal devisa; mayor es que de osa la patada do pisa;

las orejas mayores que de añal burrico, el su pescueço negro, ancho, velloso, chico, las narizes muy gordas, luengas, de çarapico; bevería en pocos días caudal de buhón rico […] Costillas mucho grandes en su negro costado, unas tres vezes contélas estando arredrado; dígote que non vi más nin te será contado, ca moço mesturero non es bueno para mandado

(strophes 1008-1020)

Ici, le laid est opposé au beau et vice-versa. La femme sauvage est opposée à la femme idéale (description d’une femme gelée sur une montagne). C’est une sorte d’amour grotesque, il y toujours de l’ambiguïté, il ne dit pas exactement ce qu’il s’est passé avec cette femme.

Qualquier omne que l’oya [ce livre], si bien trobar sopiere más á y [a] añadir e emedar, si quisiere; ande de mano en mano a quienquier que l’pidiere:

como pella a las dueñas, tómelo quien podiere […] que sobre cada fabla se entiende otra cosa sin la que se alega en la razón fermosa.

De la santidat mucha es bien grand liçionario, mas de juego e de burla es chico brevïario;

por ende fago punto e çierro mi almario:

séavos chica fabla, solaz e letüario.

Señores, hevos servido con poca sabidoría, por dar solaz a todos, fablévos en juglería, yo un gualardón vos pido: que por Dios, en ro- mería digades un paternóster por mí e avemaría.

(strophes 1629-1633)

Il demande quelque chose à la fin de la chanson comme les jongleurs. Mais ici, ce n’est pas à boire ou à manger mais des prières. C’est un livre goliarde (gula: gourmandise/goliath => golias => goliarde) Les goliardes prônent l’arrogance et le goût des plaisirs (9e-13e siècle). Leur influence est rentrée par le nord est de l’Espagne à partir du 11e siècle.

Exemple:

Confessio Goliae de l’archipoète de Cologne est le livre goliarde le plus connu. Il disait que comme tout les jeunes, il abandonnait la vertu et cherchait les plaisirs, et vu que sont ame etait deja perdue, il ne s'occupait que de son corps Anticléricalisme. Confessio Golias de Juan Ruiz. Consultatio sacerdotum de Gautier Map. Il reste dans l'ambigüité. Il ne dit pas que les plaisirs sont bons.

Esprit anti-épique (J. Joset): “La épica supone la univocidad semántica y la cohesión ideológica”. Ils attirent un public hétérogène. On y découvre une bonne maîtrise du débat. Traces de Platon, Ptolémée, Hippocrate, Aristote, Virgile et très spécialement, de l’Ars amandi d’Ovide; pas de modèle unique pour le livre de buen amor.

Les dialogues:

Ils sont écrit en latin ou en langue vulgaire. On retrouve pas mal d’antithèses.

Razón de amor con los denuestos del agua y del vino: la première partie a un rapport avec la “poésie amoureuse de la pastourelle” ou la “chanson de femme”; la deuxième avec les carmina potatoria goliardes et les débats scolastiques.

Autres titres: voir feuille de cours

Théâtre médiéval: historia de una auscensia (absence)

En Espagne, on dira qu’il n’existe pas de théâtre médiéval. Cependant, il n’existe qu’une seule oeuvre intitulée Auto (mystère) de los Reyes Magos, exemple en langue vernaculaire (en vers) de l’Ordo stellae (tropes); apparemment écrit au milieu 12e siècle par un immigrant gascon à Toledo; constitué de 147 vers polymétriques (pas de régularité, chaque vers a un nbre différent de syllabes). Il y avait des représentations, parfois comiques, de cette pièce dans l’église.L’oeuvre raconte l’histoire des évangélique que tout le monde connait. Cependant, on ne sait pas comment elle finit car ce n’est qu’un fragment de l’histoire, nous n’avons pas la fin. Elle était précédée d’abord par les tropos (le prêtre récite des extraits de la Bible => Est de l’Espagne) qui avait comme sujet “Les Rois Mâges”.

Les spectacles parathéâtrales étaient remplis de blagues, costumes, parades, parodies, etc Bajtin, un écrivain qui a écrit un livre sur le Moyen-Age en Espagne, a étudié la culture du renversement de l’ordre, des valeurs. Au Moyen-Age, les représentations sont interdites dans les églises. Il y avait beaucoup d’interdiction, l’emprise religieuse était étouffante mais les gens y allaient quand même. Les activités des jongleurs sont considérés comme du théâtre.

Auto de la Pasión, Auto de la Huida a Egipto (Gómez Manrique) (ca. 1412-1490). Ce sont deux petits ouvrages lyriques avec quelques interventions dramatiques.

El un pastor (le berger) Dime tú, ermano, di,

El segundo Una gran boz me semeja

si

oíste alguna cosa,

de un ángel reluziente

o

si viste lo que vi.

que sonó en mi oreja.

(Representación del Nacimiento de Nuestro Señor)

On ne sait pas où, ni de quelle façon le poème était lu à cette époque (fin du 15e) On retrouve des preuves abondantes d’un théâtre liturgique, dans les alentours de 145O. Eglogas (églogues): poésie au sujet pastoral (histoire de bergers dans un contexte idéalisé), on ne peut pas considérer les églogues comme un genre en soi.

La Celestina Fernando de Rojas Célestine est une entremetteuse. Elle est la figure principale du récit. Elle a eu une mauvaise vie. Son nom est un rapport ironique au ciel. Elle possède un univers propre à elle.

La Celestina ressemble à une oeuvre théatrale mais ne l’est pas. Il y a, en effet, quelques ressemblances:

Annotations pour représenter chaque scène

Le livre est divisé en actes et non en chapitres

C’est un scénario

MAIS le livre fait plus de 300 pages, alors qu’une pièce en fait moins de 100. L’univers spacial est un peu “bizarre”, on ne peut pas le représenter. La version de 1499 (Comedia) est divisée en 16 actes. Celle de 1502 a été élargie et a changé de nom pour passer de Comedia à Tragicomedia. Elle est moins exemplaire, le ton/style est plus didactique et le langage familier. L’acrostiche (poème fondé sur une figure de style consistant en ce que les initiales de chaque vers, lues verticalement de haut en bas, composent un mot ou une expression se rapportant au sujet du poème ) de ce poème est FERNANDO. Cette comédie humaniste connait un succes immédiat. Il y a une incohérence dans l’espace, faits surprenants voir irréels. L’espace de temps est très (trop?) court par rapport aux évènements qui s’y déroulent (trop d’évènements en peu de temps => injouable). Fernando de Rojas ne veut pas être directement identifié comme l’auteur car il n’était plus Juif mais Chrétien. Il s’était converti au christianisme. Mais on le surveillait car il était suspect (tous les Juifs l’était). On ne peut pas effacer le passé. On avait peur qu’il continue ses rites juifs. Certains pensent que ce n’est qu’une excuse littéraire.

Original: Ilícito amor

Les personnages sont typés (ex: Calisto l’amoureux malheureux). L’espace et le temps forme un univers propre à l’oeuvre, ils sont impossibles à identifier (ville castillane mais on ne sait pas laquelle précisémment!). La religion se montre moins importante que l’amour. Toute l’histoire tourne autour d’un triste amour, ils ne sont que des jouets de l’amour (perte du salut des personnes). L’amour est la religion des personnages (=> illicite, fou). Ils veulent faire quelque chose de “très physique” (surtout Calisto). On cherche à interpréter cette pièce comme une parodie des romans sentimentaux.

Prose médiévale:

Pour la première fois, les langues romanes sont la cible de la traduction (en castillan ou gallician) Alfonso X a commandé les traductions de beaucoup d’oeuvres et a eu une activité juridique

importante

Il

a lui-même écrit de nombreux poèmes.

Chronicón Villarense écrit en dialecte dans La Rioja, début du 13e siècle, est la première oeuvre historique en roman péninsulaire. Estoria de España et Grande Estoria d’Alfonso X, divisé en 4 parties:

1. l’histoire de Rome

2. l’histoire des rois barbares

3. l’histoire des rois d’Asturies

4. l’histoire des rois de Castille

On crée le Concile de Latran qui consiste à améliorer le niveau intellectuel des religieux (partout dans le monde) “en 1293 muchos de los miembros del cabildo catedralicio de Palencia–y entre ellos el maestrescuela–eran incapaces de escribir su propia firma

Calila e Dimna (1251) Persan => arabe => fables indiennes. Alfonso X dit ne pas l’avoir traduite. Ces fables introduisent plusieurs ressources narratives, plusieurs histoires dans un même contexte.

El conde Lucanor de Don Juan Manuel (neveu d’Alfonso X) est un receuil d’exemples. Il y 3 parties: les exemples, les proverbes, la doctrine. L’auteur fait preuve d’une conscience frappante pour l’époque; L’AUTEUR dit exactement quel est le texte définitif de l’oeuvre, sa signification selon l’auteur

Schéma:

Patronio Exemples => Lucanor

Explication:

=> Lecteur Don Juan Manuel (auteur)

Le texte est composé de plusieurs petites histoires correspondant aux aventures du comte Lucanor (+ou- recueil des aventures de Lucanor). Dans chacune de celles-ci, Lucanor commet des erreurs, et apprend à les corriger et à tirer des leçons de celles-ci grâce à son serviteur Patronio. A la fin de chacune de ces histoires, l’auteur, Don Juan Manuel, intervient lui-même et s’adresse au lecteur en lui montrant la morale de l’histoire (// Jean de LaFontaine)

Livres de chevaleries:

Voici les ingrédients typiques des livres de chevaleries:

- origines secrètes

- exploits

- magiciens

- dragons

- sorcières

- amour

- une terre féérique

- et finalement, le héros épouse officiellement sa dame et gouverne en paix son royaume

Exemple: Harry Potter

Libro del cavallero Zifar (13O3). C’est l’histoire du chevalier de Dieu qui eut pour nom Zifar et qui, par ses actions vertueuses et ses hautes prouesses, devin roi de Menton. Ce fut le premier livre de chevalerie d’origine Castillane. L’auteur probable serait l’archidiacre Ferrand Martínez. Toujours des exemples, miracles, facecias, proverbes. Cependant, les parties ne sont pas aussi bien définies que dans le conte précédent.

Le plus connu s’appelle Amadís de Gaula qui fut réédité plus de 20x fois au 16e siècle. L’auteur est Garci Rodríguez de Montalvo. Ici, les sources sont françaises.

Tirant lo blanc a connu deux éditions; le premier auteur a commencé l’histoire ( Joanot Martoell), le deuxième l’a terminée ( Martí Joan de Galba) à Valence. Histoire drôle, innatendue, amour sensuel, on connait le territoire et le temps est proche. On y retrouve beaucoup d’éléments de la réalité.

L’époque connait l’essor des libros de caballerías dés 1510. Ils connaissent leur apogée vers 155O. Il y a une série d’Amadises et de Palmerines. Les auteurs font preuve de beaucoup de goût, de connaissances et d’expériences. C’est un genre conservateur (parcours typique des chevaliers). Les livres de chevaliers ont voyagés avec les conquistadores.

Au 15e siècle, le fait le plus culturel est l’accès des laïques aux textes. Les femmes passent leur temps à lire des oeuvres peu édifiantes.

Roman sentimental:

Il apparaît entre 144O et 155O et est présenté sous forme de livre d’aventure mais d’aventure sentimentale. Il s’adresse à la bourgeoisie; ce n’est pas un genre populaire.

Exemple:

Siero libre de amor (145O) Juan Rodríguez del Padrón C’est une allégorie : en littérature, l'allégorie est une figure rhétorique qui consiste à exprimer une idée en utilisant une histoire ou une représentation qui doit servir de support comparatif.

Histoire : un chevalier brûle d’amour pour sa dame. Le chevalier va se laisser dépérir de faim et de soif car sa dame ne veut plus le voir (détresse) Il va démontrer en 15 points/arguments l’excellence des femmes.

Contexte historique du roman : le roman a été écrit dans une époque où l’on parlait de la querelle des femmes. Il existait une polémique publique sur le rôle des femmes dans la société. Certains disaient que la femme était inférieure aux hommes car elle était l’héritière d’Eva (cf : la 1 ere femme qui a péché). On va utiliser des arguments théologiques pour exprimer son désaccord avec la théorie affirmant que les femmes étaient inférieures : « la mère de Jésus était une femme ». On va utiliser des exemples et des récits exemplaires (= exemplas) qu’il faut déchiffrer allégoriquement.

Dans les romans sentimentaux, c’est juste une histoire allégorique à ne pas prendre au pied de la lettre, il n’y a pas d’histoire que l’on peut suivre chronologiquement >< romans de chevaleries.

Autre exemples:

Càrcel de amor (1492) Diedo de San Pedro Grisel y Mirabella (1495) Juan de Flores

Histoire: Une femme est surprise dans une tour avec un jeune chevalier. On cherche à savoir qui est le coupable du pêché original. => point central: la culpabilité

Trois éléments typiques :

1)

Héroïne

2)

Pénitence

sentimentale :

l’homme

doit

montrer

qu’il

souffre

pour

mériter l’amour de la dame.

 

3)

Conflit.

Processo de cartas (1548) Juan de Segura

Premier roman épistolaire de la littérature européenne. Ce sont des lettres croisées entre les personnages. Genre très populaire au 19 e siècle. Ce genre faisait partie du genre sentimental. On y raconte aussi des histoires d’amour avec parfois certaines victimes => suspens. Il est à la fois le dernier roman sentimental MAIS le premier roman épistolaire.

Romans pastoraux:

Le scénario est toujours le même. Il s’agit d’un amour platoniquese déroulant dans une terre mythique (qui a un rapport avec l’âge d’Or) que l’on appelle Arcadie (région de la Grèce néo- classique). C’est un monde parfait et idéal. L’Arcadie est aussi un locus amoenus ; il s’agit d’un topos (un sujet typique classique). Le lieu est aimable et présente un certain nombre de caractéristiques identiques. On recherche l’ombre et la fraîcheur propices au dialogue philosophique. Les personnages n’ont qu’à philosopher, chanter. Le lieu est caché. Il ne doit pas être réaliste (on va trouver des plantes qui n’existent pas par exemple) Le locus amoenus va être interprété différemment suivant les auteurs. Le personnage typique est un berger (seul personnage que l’on trouve dans ces romans) Tout est idéalisé : l’amour, le lieu, …

Los siete libros de Diana (1558-1559) Jorge de Montemayor

Il est le premier roman pastoral et le plus connu. L’histoire se joue dans les terres du León en Espagne (sorte d’Arcadie hispanique). Cette région est également très idéalisée. Il y a une union de proses et de vers car les protagonistes chantent leur amour grâce à des poèmes qui sont bien sûr en vers. Le berger chante son amour pour la bergère.

Par ailleurs, il y a quelques problèmes… Il n’y a pas d’évolution possible, l’histoire est fermée dés le début. Les personnages ne font que parler de leur relations sentimentales. Ce genre est assez ennuyant. Il faut le lire d’une autre façon : les personnages représentent des personnages réels. Ces romans cachent une histoire réelle ! hypothèse intéressante. Il ne faut pas chercher l’histoire émouvante mais chercher quelque chose d’autre.

Romans moresques :

Les moresques étaient les gens qui habitaient dans les territoires arabes de la péninsule ibérique. Le protagoniste est arabe.

El Abencerraje y la bella Jarifa (1551 ou 1561) L’auteur est inconnu.

Abencerraje est le nom d’une famille très célébrée pour ses valeurs. Presque exterminée par le roi de Grenade. Il a été captif par Rodrigo de Navarre (un Chrétien). Il va raconter ses amours

avec sa dame lorsqu’il est captif. Le Chrétien est ému et le libère pour trois jours (le temps qu’il aille voir sa dame). Il doit revenir après. C’est un mythe. Le Chrétien va toujours être touché par la conduite de l’Arabe. Abencerraje ne voulait pas seulement rendre visite à sa dame, mais aussi épouser sa promise. C’est pour ça qu’il a promis à sa dame de la retrouver après avoir quitter sa femme.

Le sujet de la nouvelle est l’amitié entre chrétien et arabe (musulman) dans la péninsule. C’est une histoire de reconquête. On part toujours d’ennemis. Ces derniers ont des valeurs en commun. L’histoire de la nouvelle est difficile à imaginer maintenant : deux cultures qui se tolèrent et qui vivent ensemble. Cependant, le désaccord avec le roi de Grenade est réel !

Guerres civiles de Grenade (1595-1619) Ginés Pérez de Hita

Premier roman historique européen. L’image des arabes dans ce livre est l’image des chevaliers galants qui sont idolâtrés parce qu’ils partagent ce code chevaleresque avec les aristocrates de Castille. L’image du noble arabe qui appartient à cette culture en décadence va être héritée d’un romancier espagnol. Image idéalisée sur l’aristocrate arabe ! cette image est toujours transmise aujourd’hui

Siglo(s) de Oro (le siècle d’Or)

Synonyme de la Renaissance espagnole, c’est le nom donné à une période de grandeur économique et culturelle de l’Espagne en l’Europe. Epoque où la fidélité à la réalité n’était pas si importante (présence de beaucoup de représentations symboliques). Cette période est issue du hasard (surtout grâce à la découverte de l’Amérique qui apporte de l’argent et d’autres facteurs). La définition temporelle est assez floue. Le début ne peut pas être fixé avant 1492, la vitalité littéraire et artistique arrive plus tard (vers 1650) La Renaissance et le Baroque font partie du siècle d’Or. On peut le définir différemment mais surtout PAS avant la découverte de l’Amérique.

Qu’est ce que la Renaissance ? C’est une période historique qui est caractérisée par le renouvellement des thèmes et de l’art qui a commencé en Italie au 15 e siècle (quattrocento en Italie). Son concept est l’humanisme. La littérature n’est plus seulement un divertissement mais quelque chose qui nous améliore (on pense que ceux qui lisent sont meilleurs). Au Moyen Age on pensait que les textes importants étaient les textes religieux. A la Renaissance, les lettres humaines vont avoir la même importance que les lettres sacrées, religieuses. Tout va être très logique ! scolastique. La science est le sujet typique. Il y a un idéal de clarté de style pour l’écriture. On propose un idéal d’écriture, de clarté. On va éditer les textes des l’antiquité greco-romaine pour enlever les erreurs des copistes. Les textes que l’on lisait n’étaient plus les textes authentiques ! nécessité de faire quelque chose. On va donc créer la philologie pour recréer le texte de base, d’origine. C’est l’esprit des humanistes. Ces derniers éditaient des textes classiques qui étaient à la même hauteur que les textes sacrés, religieux. Les humanistes étaient souvent des professeurs de grammaire qui prônaient la lecture des poètes humanistes ! éducation fondamentale. On va appendre le latin pour pouvoir lire les textes classiques. L’expression personnelle des écrivains n’était pas pratiquée, on recopiait seulement. Si l’humanisme s’est développé en Espagne, c’est grâce aux troupes espagnoles dans le sud qui ont amené le mouvement de la Renaissance en Italie.

Doctrine d’Erasme de Rotterdam :

Erasme de Rotterdam a prôné une nouvelle façon de comprendre le christianisme.

Le plus important est de vivre la religion en privé >< Moyen Age où la religion se vivait en groupe. Cette nouvelle idée est écrite dans l’Enchiridion, traduit à l’espagnol (pas toujours conforme à l’original) dés 1525 : début de la Renaissance en Espagne.

Monachatus non est pietas : « l’habit ne fait pas le moine ». Erasme va critiquer la corruption. Les règles monacales, religieuses ne sont pas de la piété (amour respectueux pour les choses de la religion et respect des règles qui en sont les piliers.), la piété n’est pas de faire de la pénitence, de jeûner. La perfection spirituelle peut aussi se produire chez les laïques.

Retour à une religion intérieure : pas de religion en groupe si pas de sentiment religieux. Retour au christianisme originaire : retour à une vie simple, honnête qui repose sur une vie simple et charitable et pas sur le « m’as-tu vu » et l’hypocrisie. Erasme attaque le pouvoir de l’église. Il accepte l’autorité du pape, mais veut qu’elle se fasse différemment.

Erasme a été supporté par Charles Quint qui garantissait l’orthodoxie (ça c’est correct, point, il n’y a plus rien à dire) Beaucoup de protestants ont fait figure d’erasmistes pour ne pas être critiqué et échapper au tribunal de l’époque (inquisition) L’erasmisme est reconnu comme une tendance légitime du catholicisme. Le dialogue est le genre privilégié des Erasmistes, cultivé par Erasme. On le cultive en l’Espagne du 15-16 e siècle. A partir de l’erasmisme, il n’était pas difficile de devenir chrétiens ou lutheriens. Ca fait partie des idéaux de l’Antiquité prônés par ceux-ci. Le dialogue fait partie d’un genre particulier.

Nb : Qui est Luther ? Il est le fondateur de la doctrine protestante qui dénonce les excès de l’église catholique au 15 e siècle. Il a aussi prôné la lecture directe de la bible, les catholiques prônaient l’interprétation de la Bible. Cependant, la hiérarchie de l’église est la seule à pouvoir lire la Bible et surtout pas dans la langue vernaculaire. Les autorités théologiques étaient les seules à pouvoir interpréter les textes. Le peuple devait croire ce que le prêtre disait parce qu’il n’avait pas accès aux textes. Le concile de Trente qui a eu lieu au début du 16 e siècle est la réponse catholique à la doctrine protestante. Erasme et Luther avaient la même pensée et les même idées. Ils étaient tous les deux des réformistes. Luther a été excommunié et a fondé sa propre religion. Des phénomènes politiques et le fait qu’Erasme n’ait pas été excommunié expliquent qu’Erasme faisait partie de l’Orthodoxie et que Luther non.

Le plus grand représentant de l’humanisme en Espagne est Alfonso de Valdés. Un de ses ouvrages : Dialógo des Mercurio y Carón (1528-1529) n’étais pas connu à l’époque, il n’a pas été diffusé, il était seulement lu entre petites bandes d’initiés.

C’est un dialogue +- dramatique. Aflonso de Valdés aborde le sujet de la différence entre les commandants de Dieu et ceux de l’Eglise, il dira que ceux de Dieu sont plus importants que ceux de l’Elgise. C’est l’attitude personnelle qui est importante dans la religion. Carón/Charon était la figure mythologique qui faisait passer les âmes de l’autre côté du Styx (fleuve des enfers). Il faisait ça grâce à sa barque. Les âmes oublient leur vie quand elles arrivent dans l’autre monde. Seulement les hommes simples et honnêtes peuvent passer.

La citation mythologique est utilisée pour faire une critique sociale. Alfonso de Valdés va défendre (après la mize à zak de Rome en 1527) et va faire un éloge à Charles Quint qui était à l’époque critiqué par l’Eglise.

Diálogo de la doctrina cristinana (1529) Juan de Valdés

Il va s’enfuir après la publication du livre et va aller vivre en Italie. Dans l’ouvrage, il se déclare humaniste. Il va défendre la langue espagnole qui mérite d’être étudiée, cultivée. Le « J’écris comme je parle » (= ecrivo como hablo) devient l’idéal de naturalité expressive de quelques uns des écrivains. Il est encore lu aujourd’hui par le Diálogo de la lengua (écrit en 1535, publié en 1763) où il présente l’évolution de l’espagnol au même niveau que le latin. Cela devient une dignité, la langue mérite d’être étudier car à cette époque toutes les œuvres philosophiques étaient publiées en latin et pas en espagnol !

Certains nobles ont pris goût à la lecture et vont défendre la lecture (qui devient aussi noble que de porter les armes). C’est difficile à l’époque de défendre la lecture parce qu’il y avait un idéal chevaleresque.

Las armas y las letras : poètes du cancionero

Ce sont des textes et à côté de ceux-ci se trouvent des dessins. Les dessins sont fort explicites. La lecture est codifiée. C’est par les cancioneros que nous sont parvenus les poèmes du Moyen Age.

Il va y avoir une séparation lente de la musique et du texte de façon que nous trouvions des compositions lyriques destinées à la lecture et pas à la chanson. Les poèmes sont écrits pour être lus et pas pour être joués.

Renouvellement de la poésie, 15-16 e siècle :

1. Íñigo López de Mendoza, marqués de Santillana (1398-1458)

Sa famille était connue dans le cercle culturel de l’époque. Il est humaniste. Il a connu plus tôt les théories humanistes et avait un contact plus proche avec l’Italie où les idées de la Renaissance étaient déjà connues. Il va faire traduire des livres français et surtout italiens en espagnol. Sa théorie était que le poème doit être exact dans la scansion des syllabes. On décompose le poème en syllabes (qui doivent être scandées). Chaque vers doit avoir le même nombre de syllabes, de rimes etc (ex : alexandrin). Il va utiliser l’allégorie et on voit déjà des influences de la Renaissance (Dante, Pétrarque, Guillaume de Machaut et Alain Chartier) même si c’est n’est encore que le 15 e siècle. C’est le premier à écrire des sonnets (42 sonnets), mais se trompe car il croit qu’il faut juste compter les syllabes, mais il faut aussi compter les accents, etc… Il fait donc quelque chose d’autre qui rappelait plus le Moyen Age. Il va aussi écrire 8 seranillas (1429-1440) genre plus réaliste et sujet original : bergère.

Qu’est-ce qu’un sonnet ?

Un sonnet est une langue chantée qui va être rendue célèbre par les poètes de la Renaissance italienne. Le sonnet est inventé eu 13 e siècle. C’est un genre relativement nouveau qui va être diffusé par les poètes de la Renaissance.

2. Juan de Mena (1411-1456)

C’est un intellectuel pur. Il a fait des études et était fonctionnaire pour l’état. Laberinto de Fortuna ou Las Trescientas : les 300 strophes est son œuvre principale.

C’est l’affrontement perpétuel de la chance et de la providence (= plan que Dieu a pour le monde d’après la théologie chrétienne) La thèse de son livre serait que le plan divin va toujours vaincre la chance, il sera toujours plus important, c’est le hasard de la vie. C’est la providence qui régit le monde. Si on lit les 300 strophes, on remarque que l’on n’a pas vraiment la thèse, l’impression que donne les 300 strophes et tout à fait différente. La thèse est exprimée explicitement à la fin du livre. Dans les 300 strophes, on fait un voyage parmi les 7 maisons de la chance, on voit toutes les victoires et les défaites qu’ils ont eues. On remarque alors que ces victoires et ces défaites sont arbitraires ! Où est la providence alors ??? Toutes les choses sont régies, pourquoi toujours changer son avis.

Métrique de la strophe : un seul vers à 11 syllabes (chaque mot finit par une consonne), les autres en ont 12. En rouge (sur la feuille du cours): l’accent métrique qui est l’accent normal (accent tonique) = ictus (terme technique pour l’accent métrique). Lier les voyelles :

synalèphe /sinalefa qui est propre à la métrique espagnole. Ca compte comme une syllabe. Schéma régulier : il y a toujours un ictus puis 2 syllabes. Il y a toujours une césure qui est très forte et qui peut parfois compter comme une syllabe. A la césure on lit avec une pause, pause longue donc comptée comme une syllabe.

Juan de Mena impose une nouvelle esthétique dans laquelle le rythme est en dessous des considérations lexicales et syntaxiques. Il crée des nouveaux mots (= néologismes) et des archaïsmes. Il y a des hyperbates (= changer l’ordre des mots) et des chiasmes (placer les éléments semblables de deux groupes successifs dans un ordre inverse).

Cette logique s’appelle Arte mayor Arte Mayor est une autre façon d’écrire la poésie qui fait très attention au rythme. S’il manque une syllabe au début d’un vers, c’est normal car il y a une pause à la fin du vers du dessus. On fait une pause et on garde le rythme.

3. Jorge Manrique

Issu d’une famille exceptionnelle. On se rappelle de lui juste pour une seule œuvre : Coplas a la muerte de su padre. Ce sont 15-20 pages de strophes.

Copla est un terme difficile à définir. On pourrait le traduire comme « poème/strophe à la mort de son père » C’est un poème que l’on produit très lentement. Il a été commencé avant la mort de son père.

Il y a 3 parties :

1) Sujet de la mort dans l’abstrait (mort en général) 2) Mort historique, mort dans l’histoire, mort des rois 3) Mort de son père

Il va du général au particulier. Le poème est si bien construit qu’il est tout de suite devenu un classique (en 1501) Son père est présenté comme un modèle de conduite. Il le met en avant, il le présente comme quelqu’un de cultivé.

Ces genres de poètes font tout et s’intéressent à tout : ils peuvent écrire des poèmes et le lendemain se battre.

La forme de ses strophes à 6 vers s’appelle Sextilla de Manrique. Il est tellement célèbre que l’on garde son nom pour nommer la forme. C’est LA forme de Manrique. Elle est tellement célèbre qu’on a donné son nom à la forme. Il y a 2 vers à 8 syllabes et puis 1 vers à 4 syllabes (= Sextilla de Manrique), rime consonante. Le 1 er vers rime avec le 4 ème vers, le 2 ème avec le 5 ème etc.

Le sujet de la poésie classique : Où sont les rois/les riches ? Poésie imprimée très tôt. Le texte va être commenté et analysé du point de vue génétique. Le thème de la mort revient souvent :

en face de la mort pas de couche sociale. ! Tout le monde est égal et a le même statut en face de la mort.

Poésie de la Renaissance :

Juan Boscán et Garcilaso de la Vega sont les influences de la Renaissance.

1526 est la date décisive pour la poésie espagnole. C’est la fête des noces de Charles Quint. On va proposer à Juan de Boscán de créer une nouvelle poésie (poésie italienne proposée par Garcilaso) En revenant des noces de Charles Quint, il y pense et c’est le début de la révolution lyrique et de la Renaissance en Espagne. Boscán publie ses œuvres avec un extra qui sont les œuvres de son ami Garcilaso. Finalement les œuvres de Garcilaso auront plus de succès que celle de Boscán.

Garcilaso est l’Homme de la Renaissance. Il représente l’idéal de la Renaissance :

humanisme, nouvelle poésie italienne, cultivé, il lit, il se bat. Il a fait les campagnes d’Afrique et contre la France avec l’empereur. Entre temps, il va écrire des sonnets. On va réimprimer ces sonnets qui vont devenir des classiques. Son sonnet est parfait, le schéma est systématique, il y a toujours un ictus, un accent sur la 6 ème syllabe. Les sources du sonnet sont des sources classiques : il reprend les idées classiques sur la vie, sur l’univers et les reformule. Son sujet de prédilection est Carpe Diem => épicurisme.

Il va également écrire des vers avec des sujets mythologiques : ce sont les églogues (poèmes de style classique avec un sujet pastoral. C’est son amour personnel qui est chanté dans les églogues grâce aux sujets mythologiques)

Il n’y a plus d’unité syntaxique comme au Moyen Age (un vers = une phrase). Maintenant, les

phrases sont coupées et continuent dans le vers suivant. On va critiquer ce choix en disant que ce n’est pas de la poésie, mais de la prose/phrase. Il y a aussi un penchant pour la rime féminine.

! Rime féminine : palabras llanas

! Rime masculine : palabras esdrujulas

Fernando de Herrera (1534-1597)

Il crée la première édition annotée (Anotaciones) de Garcilaso quarante ans après la première édition. Cette édition annotée est publiée en 1580. Il y a beaucoup de références à la Bible et à la culture classique (= valeur extrême de l’érudition). Il était très perfectionniste. Il va mettre des points sur les syllabes qui avaient des accents métriques par exemple.

Poésie religieuse :

Fray Luis de Léon (1527-1591)

Un des poètes du 16 e siècle. Chez lui, on ne trouve pas de néologismes ou de métaphore. Sa caractéristique est l’allitération, c-à-d la répétition d’un son au sein d’un même vers. Il créa une poésie savante en langue vulgaire, ce qui n’était pas « normal » à l’époque.

¡ Qué descansada vida

la del que huye del mundanal rüido ,

huerto,

y sigue la escondida

senda, por donde han ido los pocos sabios que en el mundo han sido!

cierto

Vivir quiero conmigo ; gozar quiero del bien que debo al cielo,

a solas, sin testigo,

libre de amor, de celo, de odio, de esperanzas, de recelo.

Del monte en la ladera, por mi mano plantado tengo un

que con la primavera de bella flor cubierto, ya muestra en esperanza el fruto

El aire el huerto¨orea y ofrece mil olores al sentido ; los àrboles menea con un manso rüido, que del oro y del cetro pone olvido.

(« Canción de la vida solitaria » a.k.a « La vida retirada »)

Poème écrit en langue naturelle. Rimes consonantes. Vers à 7 syllabes suivis d’un vers à 12 syllabes. La strophe s’appelle la Lira, d’origine italienne, elle doit toujours avoir la rime consonante. Ici il y a deux sortes de verbes : des courts et des longs. Par ailleurs, il est difficile de faire des vers courts tout en ayant un bon parler, Fray Luis de Léon a réussi à le faire ! Dans le poème ci-dessous, il y a une amplification du cliché classique d’Horace.

Libro de la vida, Libro de las fundaciones, Las Moradas (1515-1582) Santa Teresa de Jesus

Le premier livre est une biographie, dans le deuxième elle parle des monastères qu’elle a créés et dans le troisième, elle raconte les expériences mystiques qu’elle a faites.

San Juan de la Cruz (1542-1591)

&

Santa Teresa de Avila

Religieux ayant fondé des couvents d’après la règle de Santa Teresa de Jesus. Santa Teresa de Avila, déguise sa culture, elle se présente comme une illettrée malgré son savoir, car à l’époque une femme cultivée était mal vue.

Ce type de poème présente une certaine étrangeté ; de nombreux oxymores et paradoxes. Il présente plus de mystères que de raisonnements : ressemblances, similitudes,… On utilise ici l’amour humain comme métaphore de l’amour divin.

Un nouveau style apparaît : el romancero nuevo Souvent abordant des thèmes pastoraux ou moresques. Ce style présente moins de 8 syllabes (6 ou 7), les métaphores se superposent.

Fabla : façon d’écrire à l’ancienne Romancillo : diminutif de romancero

Luis de Góngora (1561-1627) sera le grand représentant d’une poésie comportant de nombreux ornements, de métaphores, d’hyperboles etc … Ses poèmes sont très compliqués. Dés 1617, il devient le prêtre du Roi. Un peu plus tard, une génération d’écrivain va se nommer.

Fábula de Polifemo y Galatea (1912)

Poème mythologique de 504 vers avec beaucoup de références mythologiques. Ici, la strophe s’appelle Octava et les vers sont des alexandrins. Les thèmes secondaires sont la poésie pastorale et rustique, rivages et des fonds sous-marins, naufrages et navigation lointaines.

Soledades Poème avec deux types de vers (typique du 17 e siècle) : Silva

Francisco de Quevedo (1580-1645) détesté par Góngora Il est une figure très intéressante de la littérature espagnole. Son œuvre déborde d’antisémitisme, il avait des idées absolutistes. Il vénère la montagne (façon de dire le nord de l’Espagne) Il était très fier de ses origines mais d’un autre côté, il était très irrespectueux, très contestataire. C’était une figure polémique. Il a fait partie du Siglo de Oro. Il aimait beaucoup la politique. Il a réalisé des œuvres satiriques en prose.

Sa poésie (tempus fugit= le temps s’enfuit) fait référence au Baroque, sujet de la fugacité des choses terrestres. A cette époque, il y avait une catastrophe économique et politique sous le règne de Felipe IV. Quevedo voit que la gloire est éphémère, un jour il a de l’argent, le lendemain il en a plus.

Il y a un changement de la littérature à la fin du 16 e siècle, qui s’exprime de 3 façons différentes :

poesía culteranista : évolution de la poésie, au dessus du vers italien, hyperbole, oxymore. roman moderne : son arrivée.

comedia nueva : nouvelle façon d’écrire le théâtre.

Roman picaresque :

Le roman picaresque est une espèce de roman de voyage. La décadence du roman moresque et pastoral commence. Le roman picaresque est un concept flou, un phénomène spécifiquement espagnol. Né en Espagne, il est imité ailleurs. A travers l’autobiographie de l’antihéros ( = héros décrit de façon ironique = le protagoniste du roman picaresque), ce sont toutes les couches sociales qui sont représentées avec dérision.

Quelques exemples :

La vida de Lázaro de Tormes auteur inconnu, c’est le premier roman picaresque de l’histoire. Ce situant entre réalité et fiction, ce récit révolutionnaire devient un vrai chef d’œuvre. Il sera d’ailleurs copié.

Vida de Guzmán de Alfarache (2 parties, 1599-1604) Mateo Alemán, c’est une histoire poétique, l’auteur sera le premier à utiliser le mot « pícaro » qui s’utilisera pour décrire un genre poétique (se traduit par « voyou » aujourd’hui) Il a eu jusqu’à aujourd’hui 26 éditions dans 5 langues différentes, un vrai succès !

Alemán condamne les infractions aux normes religieuses car la providence régit la destinée de chacun, car la foi doit être accompagnée de partage et de dons caritatifs. Il éditera peu de vers mais ils ont été très diffusés.

Historia de la vida del buscón llamado don Pablos (1626) Quevedo Il a eu beaucoup de succès même si ça a été publié à l’insu de l’auteur. Il y deux versions. L’histoire raconte Pablos de Ségovie qui a sa fortune à faire et Diego qui a déjà la sienne grâce à son père (celui qui est roi, reste roi, celui qui est né pauvre, reste pauvre : hiérarchie dominée par la noblesse) Il n’y a qu’une morale et qui se trouve à la fin :

« il ne suffit pas à l’homme de se transplanter, pour que son état se bonifie ; il faut encore qu’il change de vie et de mœurs » De plus, il y plusieurs exemplum a contrario (=ce qu’il ne faut pas faire) Le roman n’est qu’une suite de brillants exercices de style (jeux de mots, calembours avec lesquels il arrive à faire rire, joue souvent avec le mot « cuartos »qui a plusieurs sens, quelques rapports inattendus …)

Suite du genre :

La pícara Justina (1605) Francisco López de Ubeda => comptemporain de romans tels que Don Quichotte La hija de Celestine (1612) Alonso Jerómino de Salas Barbadillo => Celestina l’entremetteuse du roman médiéval La vida del escudero Marcos de Obregón (1618) Vicente Espinel La vida y hechos de Estebanillo Gonzáles (1646) Gabriel de la Vega

On ne parlera plus du roman picaresque dans la deuxième moitié du 16 e siècle.

Le théâtre au Siglo de Oro :

Auparavant, on ne parlait pas de théâtre. Cependant, il se développe au 16 e siècle. Le théâtre se répand, est plus vif et visité dans la péninsule. Le public est plus vaste et populaire. On engage des acteurs professionnels et on forme des troupes. Les acteurs pro avaient un contrat de municipalité. Le directeur était el autor, il achetait les manuscrits aux poètes, les modifiaient pour l’adapter à ses personnages et les faisaient jouer. A l’époque, les troupes jouaient ce qu’on appelait des autos sacramentales, c-à-d, des pièces courtes réduit à un seul acte, souvent très allégorique. Par la suite, les autos sacramentales deviennent des corrales. L’édification de ces « cours » se fait entre 1575 et 1585, entre autre à Madrid, Séville, Valence, Tolède, …

Lope de Rueda (1510-1565) était le directeur d’une troupe théâtrale, il fut surtout célèbre grâce à ses pasos (= entremeses) qui était sa grande innovation. Ces de pièces courtes étaient d’abord un genre de spectacle dans un banquet, puis a pris place dans les corrales. On jouait ces pièces comiques car il fallait amuser le public pour ne pas qu’il s’en aille pendant l’entracte.

Comédies de Lope de Rueda : Eufemia, Los engañados,

Son éditeur, Juan Timoneda, a changé les originaux de Lope de Rueda, sans méchanceté car à l’époque ce n’était pas un « crime » de changer les œuvres originales. Dans ses pièces, l’action était généralement une moquerie ou une supercherie. Des anecdotes de la vie quotidienne étaient jouées. Les personnages étaient typés, souvent avec un défaut ou un vice. Les femmes n’avaient pas de très bons rôles (misogynie)

Félix Lope de Vega Carpio (1562-1635) est devenu le maître en la matière, créateur du théâtre national. Il a eu 8 ans d’exil hors de Madrid car il avait écrit des poèmes satiriques. Cependant, il était même appelé le « phénix du théâtre ». Ce dernier a beaucoup écrit (plus de 1000 pièces, dont on a conservé que 400), il pouvait parler en vers, il lisait déjà le latin et le castillan à 5 ans… Il a eu une vie sentimentale agitée qu’il a reflété dans ses poèmes. Lope de Vege Carpio a surtout eu une production poétique autobiographique.

Comedia nueva :

!! comedia >< comédie

=>

pièce de théâtre >< comédie

La comedia nueva était la formule de Félix Lope de Vega Carpio. Caractéristiques :

3 actes versification polymétrique (alterner les syllabes) présence obligée d’un valet comique intrigue principale et secondaire qui s’entremêlent

Félix Lope de Vega Carpio codifie et écrit cette formule dans Arte nuevo de hacer comedias

(1609)

Cette formule plait et fonctionne. Chaque strophe a un rôle. Les entractes sont animés (danses …), les 3 règles aristotéliques (temps, espace, décor) sont réduites à une seule qui est l’unité d’action.

Félix Lope de Vega Carpio théorise le concept de decoro (aujourd’hui = pudeur, avant = personnes doivent agir selon leurs conditions sociales) hérité de Bartolomé de Torres Naharro.

Ceux qui ont contribué au développement de la comedia nueva :

Guillén de Castro (1569-1635) Tirso de Molina (1579-1648) Etc …

Théâtre du 18 e siècle :

Au cours du 18 e siècle, les corrales de comedia vont laisser place au théâtre moderne, ils se bâtissent à l’instar du théâtre italien. En 1737, s’inaugure le théâtre de la Cruz à Madrid.

En 1765, c’est l’interdiction des autos sacramentales ; le problème était que pour distraire le public il a fallut faire de nombreuses concessions pour lui… Beaucoup de situations aberrantes, d’inexactitudes historiques (costume de Jésus), on mélangeait les personnes de la Bible avec des personnages mythologiques, etc …

A partir de 1780, l’ entremes se fait remplacer au 1er entracte par une tonadilla (chanson

courte) et au deuxième entracte on jouait désormais un sainete (forme plus élaborée de l'entremes)

Une nouvelle forme apparaît. La zarzuela qui est une forme autochtone (de la langue du pays, langue parlée) de l’opérette. La première zarzuela date de 1768 écrite par Ramón de la Cruz (1731-1794): Las segadoras de Valleca Un nouveau genre apparaît également : comedias de magia => devient un phénomène européen Scènes de magie mise en scène, féeries qui attirent tout le public, métamorphoses, apparitions ou disparitions à l’aide de trappes, décor de très bonne qualité …) La caractéristique fondamentale n’est pas le décor mais les inventions techniques qui permettaient de jouer des scènes plus particulières.

Autre genre : comedias caseras Pièces de théâtre jouées par des amateurs, à la maison entre la famille ou entre amis.

Quelques dramaturges célèbres de l’époque :

Le retour des règles aristotéliciennes:

Nicolás Fernández de Moratín (1737-1780): La petimetra Son fils : Leandro Fernández de Moratín (1760-1828): El sí de las niñas (1805). Ce dernier n’écrivit que 5 pièces originales mais toutes sont remarquables. Il préconise le retour aux règles et aux 3 unités comme représentation de la réalité. Ses pièces ressemblent au

théâtre du 20 e siècle. La langue de Moratín est très élégante. Dialogues avec des points suspensifs car les phrases finissent de façon incertaine, incitante. Une de ses pièces, s’appelle

« La comedia nueva »(1792) >< du terme « comedia nueva » (à ne pas confondre !) C‘est une

œuvre dressée contre la comedia nueva du 19 e siècle. Groupe d’amis discutant de l’esthétique

théâtrale, œuvre avec une thèse néo-esthétique (on essaye de récupérer les classiques => néo- classicisme) Son plus grand succès s’appelle El sí de las niñas (sa dernière œuvre) On y trouve une limitation de la réalité pour accentuer la vraisemblance, un langage quotidien, des dialogues tout à fait contemporains, des phrases courtes … Une autre pièce l’avait déjà influencé dans son sujet : « El viejo y la niña » écrite par lui- même… Le titre exprime déjà le sujet : mariage entre un vieillard et une fille. Influencé par le scénario d’une autre pièce en un acte : « L’école des mères » de Marivaux.

Les lumières en Espagne : un siècle français ?

Changement de dynastie en 1700. C’est la fin du règne des Habsbourg => changement de dynastie avec Felipe V (Bourbon) à la tête du royaume. La famille royale change, les bourbons était la famille royale française. Aujourd’hui le nom de famille n’a toujours pas changé : la dynastie des Bourbons. Carlos III un autre roi important règne de 1759 à 1788. C’est alors le choc de l’Ilustración francesa car il est représenté « à la française » sur un tableau. C’est alors l’époque de la francesamiento ( francisation => l’Espagne s’inspire du modèle français) “Le fait important du 18 e siècle espagnol est, en effet, l’irruption torrentielle des idées encyclopédistes dans un lit spirituel où gisent encore des alluvions médiévales” (Jean Descola: Histoire littéraire de l’Espagne. De Sénèque à García Lorca, Paris: Fayard, 1966, p.

161)

Fin du 17 e siècle nous trouvons un groupe d’innovateurs : « novatores » (Francisco Polanco: Dialogus physico-theologicus contra philosophiae novatores (1714)) Francisco Polanco critique les nouvelles idées des novatores :

- Pour autonomie de la science

- Contre l’aristotélisme

- Contre le langage opaque, contre le style compliqué

- Gregorio Mayans y Siscar (1699-1781) un des innovateurs les plus remarquables Auteur de la biographie de Cervantes en 1737 qui le considère comme un classique. Edition du Diálogo de la lengua de Juan de Valdés (dans Orígenes de la lengua española en 1737.

Ignacio de Luzán (1702-1754): Poética 1737 : œuvre importante dans laquelle il se fait l’interprète de quelque unes des normes classiques, qui unissent l’utilité et la vérité et qui proposent une esthétique d’ordre et de proportion à l’instar de l’esthétique de l’antiquité greco-latine.

Les intellectuels du 18 e siècle étaient des religieux progressistes, militaires, fonctionnaires de la Cour ou des nobles. Ce sont ces couches sociales qui vont organiser la vie culturelle espagnole autour d’une série de nouvelles institutions :

1. Sociedades económicas : réunions intégrées par les secteurs les plus dynamiques des

villes. Le but était de promouvoir des réformes notamment dans l'agriculture commence à les fondées en 1765.

On

2. Cercles privés aristocratiques (p. ex. l’“Academia del Buen Gusto”) => qui se retrouvait chez la marquise de Sarria. (ex : Tertulia (salon de café)) 3. Création d’académies: institutions imitées de celles que Louis XIV avait fondées en France : Real Academia Española de la Lengua à Madrid en 1713, Diccionario de Autoridades en 1726, Real Academia de la Historia en 1736.

Antonio Alcalá Galiano (1845): “España se convirtió entonces en una Francia en miniatura" Russell P. Sebold a montré à plusieurs reprises que l’Espagne avait dépassé ses voisins :

on a traditionnellement expliqué le 18 e siècle espagnol comme « le siècle français »

Exemples :

Espagne

><

France

Idées de Bacon 1726

1734 (Voltaire)

Idées de Locke 1727

>1751

Premiers journaux 1758, 1763 -

1779

Banque Nationale 1772 (Banco de San Carlos) 1800

1er recensement complet 1787 Trottoirs fin du 18 e On édite l’épopée nationale 1779 (Cid)

1802

début du 19 e 1837 (Chanson de Roland)

Poésie du 18 e siècle :

Sur un horizon de publication pieuse sur l’hagiographie : récit sur la vie des Saints, se détachent plusieurs personnalités dont:

P. Benito Jerónimo Feijoo (1676-1764) :

frère bénédictin dont l’œuvre prolonge et couronne l’œuvre des novatores.

Teatro crítico universal (1726-1740) :

La 1 ère édition eut 9 volumes, ensuite réduit à 8 dans la réimpression suivante. Malgré le titre, il ne s’agit pas de théâtre ! Ce sont en fait des essais, le projet est de combattre dans tous les domaines les erreurs communes. Dressé contre la superstition, croyances populaires qui ne sont pas fondées sur la raison, sur des vérités scientifiques. Jerónimo Feijoo choisit d’écrire en espagnol plus particulièrement dans la langue vulgaire. On l’a critiqué de ne pas écrire en latin. Ce succès a été sans égal et sans précédent dont presque dans tous les inventaires de bibliothèque étudiés jusqu’aujourd’hui, figurent au moins quelques volumes du Teatro critico universal. Le style est facile à comprendre, naturel => “sin la naturalidad no hay estilo” Nombreuses sources françaises dans l’œuvre, beaucoup de ces notices proviennent du Journal des Savants, Mémoires de Trévoux

A coté de ces sources françaises pour ses essais, on trouve toujours des anecdotes de sa vie

personnelle, ses expériences etc…

Diego de Torres Villarroel (1694-1770) :

Il fut le premier à publier ses oeuvres par un système d'abonnement préalable. Les gens

payaient à l'avance une certaine somme puis ensuite recevaient périodiquement ses oeuvres.

Almanaques del Gran Piscator de Salamanca (1718-1766) il a gagné sa vie en les publiant

Ont la même structure:

1. dédicace (personnalité aristocratique de son entourage)

2. prologue (au lecteur)

3. introduction (aux pronostiques de l’année)

4. quatre pronostics (par saison de l’année)

5. éphémérides (ensemble des événements qui se sont déroulés le même jour, mais à des

années différentes : naissances, anniversaires…) et conseils.

Vida, ascendencia, nacimiento, crianza y aventuras del doctor don Diego de Torres Villarroel (1743-1758) œuvre la plus connue, on parle de sa vie. Rédigé sur le modèle du roman picaresque. L’œuvre souvent mise en rapport avec le genre picaresque n’est pas du tout fictive, c’est sa vraie vie qu’il raconte !

Autres de ses œuvres romanesques :

Viaje fantástico (1724), Correo del otro mundo (1725), El ermitaño y Torres (1726), La barca de Aqueronte (1743), Los desahuciados del mundo y de la gloria (1736), Visiones y visitas de Torres con don Francisco de Quevedo por la Corte (1727-28).

José Francisco de Isla (1703-1781) œuvre la plus célèbre :

Historia del famoso predicador Fray Gerundio de Campazas alias Zotes (

prédicateur frère Géronde de Campazas, dit le Balourd, 1758 / 1760, 2 parties)

du fameux

(long titre => caractéristique des écrivains du 18 e ) 800 exemplaires en 24h, 1500 en 3 jrs !!! Pour l’époque, un succès inédit. Roman très verbal, assez difficile à lire, 2 parties qui fondent un gros volume, pas trop d’actions mais très drôle surtout pour les lecteurs de l’époque qui étaient très familiarisés avec les serments des religieux et des prêtres. Roman interdit par l’inquisition mais Isla ne fut pas un révolutionnaire, il voulait juste une rhétorique religieuse à la française. Signé par son ami Francisco Lobón de Salazar.

La poésie :

Poésie très moralisante, souvent très claire au point de vue syntaxique. Les pièces courtes sont d’inspiration antique ou humaniste (thème bucolique ou érotique, fable didactique, etc…) On reprend la tradition pastorale du 16e siècle. Continuité thématique entre les 34 derniers siècles (16 e –17 e –18 e ) car les sujets bucoliques sont très présents. Souvent écrite en décasyllabes, le sonnet est le plus souvent une pièce de circonstance. On refuse d’employer les artifices rythmiques, syntaxiques de ses prédécesseurs.

Juan Meléndez Valdés (1754-1817): Batilo (nom d'un berger qui parle de ses rencontres, d’une nature très stylisée) On retrouve donc les bergers du 16 e siècle. Retour à la nature, les poètes cherchent ce retour mais en même temps ils la fuient.

Fables de Félix María de Samaniego (1745-1801) et de Tomás de Iriarte

(1750-1791)

Esta fabulilla, salga bien o mal,

y dio un resoplido por casualidad.

me ha ocurrido ahora por casualidad. Cerca de unos prados que hay en mi lugar, pasaba un borrico por casualidad. Una flauta en ellos halló, que un zagal se dejó olvidada por casualidad. Acercóse a olerla

el dicho animal,

En la flauta el aire se hubo de colar, y sonó la flauta por casualidad. “¡Oh!”, dijo el borrico, “¡qué bien sé tocar! ¡y dirán que es mala la música asnal!”. Sin reglas del arte, borriquitos hay que una vez aciertan

por casualidad.

Ton burlesque, morale esthétique à la fin, verts courts.

A coté des poèmes didactiques et pastoraux, on va trouver une poésie érotique florissante. (

Nicolas Moratín, le dramaturge néoclassique, auteur d'un célèbre poème nommé « l'art des putains »)

Le romantisme :

Le romantisme d'Espagne est spécialement compliqué car il est entremêlé d'idées politiques.

Il y a toujours des éléments étrangers au romantisme chez le romantique espagnol.

Le romantique se fiche des règles. Il écrit car il a reçu une inspiration soudaine, et non pas

parce qu'il a d'abord pensé à la morale, puis aux règles

Johann Nikolas Böhl von Faber (1770-1836) & José Joaquín de Mora (1783-1864) Faber, allemand habitant en Espagne depuis des années (il propose la liberté créative, le néo- classicisme est une esthétique étrangère à la tradition historique espagnole), autre personne impliquée dans cette polémique : Joaquin de Mora (défend les idées néo-classiques)

Camille Pitollet: La querelle calderonienne, 1909. (on discute du respect des règles, 1ere fois que l’on entend parlé du romantisme) Faber identifie le romantisme au traditionalisme. La même idée va être reprise.

El Europeo (journal de Barcelone) Le Romantisme apparaît pour la 1ere fois dans cette revue de Barcelone. La revue donne une image réactionnaire du Romantisme, très conservatrice. La plupart des écrivains (esprits éclairés) ont méprisé le nouveau mouvement esthétique, ils ont mal compris ce qu'était le Romantisme croyant que c’était, entre autre, un retour à la monarchie absolue. Ce quiproquo durera jusqu'aux années 1820 plus ou moins.

1813-1833 : règne absolutiste de Fernando VII Entre ces deux dates, la plupart des intellectuels espagnols sont obligés d’émigrer. Parmi eux,

José Joachim. Parfois ils ont pu revenir. On leur a promis de ne rien leur faire. Mais certains ont été trompés

et on les a fusillés.

=> “tout semble confirmer que ce sont les émigrés qui ont ramené la nouvelle littérature dans

leurs bagages” [Canavaggio II, 231]

Pourtant:

- Mora définit le romantisme comme la liberté en littérature.

- The Works of Ossian (Mc Fersen) étaient traduits déjà depuis 1788. Recueil d’une

influence capitale pour les écrivains romantiques européens. L’importance de ces poèmes recueillis est qu’il invente une tradition populaire. On produit un effet de démonstration de la culture populaire. Après lui, les intellectuels européens vont faire partout des recueils de la poésie populaire, fonder des musées, … Le néo-classicisme, c'était le contraire, c'était une culture pour toutes les nations. On commence à croire que chaque culture a une personnalité et dignité propre même si elle est différente des autres => variétés des cultures, littératures… Le romantisme est vraiment l’époque culturelle dans laquelle nous nous trouvons encore => époque des nations. - Moratín traducteur de Hamlet. Les intellectuels espagnols vont éprouver d’une façon douloureuse le décalage entre les couches cultivées et populaires de la nation.

Mariano José de Larra (1809-1837) —Fígaro. Journaliste à succès connu pour son nom de plume, satire et jeu de l’ironie, déçu par son pays et les mesures du gouvernement, vie familiale et sentimentale douloureuse, il se suicide à 28 ans. Il reste un mythe du romantisme espagnol, il s’intéressait à la vie nationale, était très passionné. Hormis Larra, il n’y a pas beaucoup de romantiques espagnols.

La poésie romantique :

Alberto Lista (1775-1848), directeur (1821-1825) et enseignant de l’école la Casa de Educación de San Mateo. Ses disciples lisaient en cachette Diderot, Rousseau … Ils ont conformé et ont fait partie de la tertulia du Parnasillo.

José de Espronceda (1808-1842) un des plus importants romantiques espagnols, libéral dans ses idées politiques, il s’est fait arrêter à l’âge de 16 ans par Fernando VII. Exil 1827-1833 Il rentre en Espagne sans changer d’idées et compose des poésies sociales. Seul auteur de sa génération qui s’engage vraiment dans la voie de la contestation sociale et politique. C’est le seul auteur qui s’engage au rejet de l’écriture édifiante. Parmis ses oeuvres: “La canción del pirata” (1835) cette poésie a affirmé sa renommée de production d’écrivain.

[…] ¡Sentenciado estoy a muerte! Yo me río; no me abandone la suerte, y al mismo que me condena, colgaré de alguna antena, quizá en su propio navío.

Y si caigo, ¿qué es la vida? Por perdida ya la di,

cuando el yugo del esclavo, como un bravo, sacudí.

Que es mi barco mi tesoro, que es mi dios la libertad, mi ley, la fuerza y el viento, mi única patria, la mar. […]

Métrique du poème : vers à 8 syllabes et 4 syllabes, pas de régularité métrique. => polymétrie = plusieurs métriques Ici, plus que la forme, le contenu : mépris pour la société bourgeoise, indépendance du pirate, se fout de tout …

Autres sujets: Le mendiant, le bourreau, le cosaque, le condamné à mort

tout, mépris pour les riches et se foutent de la société européenne. Façon d’écrire : monologue dramatique cultivée d’abord par les romantiques anglais. C’est à partir de là que la poésie devient un moyen de dénoncer les vices de la société.

=> ils se foutent de

Deux grands de ses poèmes:

El estudiante de Salamanca (ca. 1835-1840) El diablo mundo (1839-1842)

L’après romantisme:

Gustavo Adolfo Bécquer (1836-1870) est aujourd’hui encore très célèbre, ses livres son lu notamment dans les écoles, les enfants apprennent par cœur quelques uns de ses poèmes. Lors de la révolution de 1868 il s’est exilé, ce fut une révolution libérale. Après cette révolution c’est la 1 ere république, il n’y a pas de Roi. Pendant cette révolution, il était en France et a perdu ses poèmes, qu’il a essayé de reconstituer de mémoire. Il leur donna le titre de : Libro de les gorriones. Ce livre là ne sera pas publié comme il l’avait prévu car il attrape une grippe et meurt en 1870. Les poèmes seront publiés l’année suivante par ses amis. Ils renommeront le titre en Rimas. Trois poèmes jugés trop réalistes par ses amis, ne seront pas publiés. Bécquer incarne une image romantique aujourd’hui. Pourtant on ne peut pas le considérer comme un poète romantique même si on l’a souvent comparé avec Heinrich Heine, à cause de plusieurs différences. Sa poétique est très évocatrice, le style est simple, c’est pour ça qu’on peut faire de Bécquer un précurseur du symbolisme en Espagne. Sa poésie s’exprime sur le monde de la suggestion, de l’illusion, et sur l’interrogation.

Exemple :

XV

Saeta que voladora cruza, arrojada al azar,

y que no se sabe dónde

temblando se clavará;

hoja que del árbol seca arrebata el vendaval,

y que no hay quien diga el surco donde al polvo volverá.

Gigante ola que el viento riza y empuja en el mar

y rueda y pasa y se ignora que playa buscando va.

Luz que en cercos temblorosos brilla próxima a expirar, y que no se sabe de ellos cuál el ultimo será. (tonique ! = une syllabe)

Eso soy yo que al acaso cruzo el mundo sin pensar de donde vengo ni a dónde mis pasos me llevarán.

Plusieurs images auxquelles le poète s’identifie. Au point de vue métrique (plus une syllabe quand la fin d’un vers est tonique !): octosyllabe, rime assonante, toujours la même rime assonante avec la voyelle « a », nombre de vers pair.

Rosalía de Castro (1835-1885) Elle a développé un style poétique épuré. Le thème renvoie à la tradition galicienne (-solitude amoureuse) L'intimisme, la présence de poésie populaire, l'emploi de rimes assonantes d'une façon telle qu'elle s'approche parfois du vers libre (qui n'a ni rime ni régularité syllabique) => style

typique de cet auteur. Elle a écrit la plupart de ces poèmes en galicien, un seul en castillan ; celui ci :

De la altura la bruma desciende y envuelve las copas perfumadas, sonoras y altivas de aquellos gigantes que el Castro coronan; brilla en tanto a sus pies el arroyo

que alumbra risueña la luz de la aurora, y los cuervos sacuden sus alas, lanzando graznidos y huyendo la sombra.

Il y a juste 3 vers qui riment. Les consonnes changent mais pas les voyelles. Rime assonante.

Gaspar Núñez de Arce (1834-1903) Il pratique une poésie moralisante, historique, ce sont déjà des sujets étrangers aux poètes romantiques purs ou post-romantique (chez eux, il n’y a pas de morale, pas de choses concrètes, toujours les sentiments et intuitions du poète mais pas d’histoire ou de contenu moralisant) Même si sa poésie peut aujourd’hui nous sembler comme une poésie creuse, trop historique, trop banale, il a été l’un des poètes les plus connu de son époque et a certainement eu un public très large pour ce type de poésie. Les caractéristiques de sa poésie :

Rimes consonantes, poésie très sonore (il respecte les règles de sonorités avec les rimes consonantes)

Ramón de Campoamor (1817-1901) Doloras (1846); Pequeños Poemas y Humoradas (1886-1888) Il a inventé un titre de poésie propre à lui. Il invente même des mots (ex : Doloras)

La niña es la mujer que respetamos y la mujer la niña que engañamos.

Yo, como muchos, creo que dura nuestro amor lo que el deseo.

Exemple de sa philosophie sceptique, souvent définie comme matérialiste, philosophie déçue de la vie. Partagée par des couches très large de la population, grâce à cette philosophie et à la forme simple et bien battue des poèmes, que ceux-ci ont connu un grand succès. Poésie non lyrique qui se rapproche de la prose, on sait toujours de quoi il parle, pas d’ambiguïtés. Symétrie structurelle (reflet entre le 1 er et le 2 e vers). Langue simple. Cette poésie a été exposée d’une façon systématique dans son livre :

Poética en 1883 Il prône l’usage d’une langue simple dans la poésie. Obligation de basé le poème sur une vision philosophique, il doit toujours vouloir dire qqch.

Le théâtre romantique :

(Théâtre historique: Francisco Martínez de la Rosa: La viuda de Padilla (1814); Antonio Gil y Zárate: Blanca de Borbón (1835); Francisco Martínez de la Rosa: Aben Humeya (1830), La conjuración de Venecia (1834))

Quelque uns d’entre eux ont été exilés de l’absolutisme. Ce sont des titres évocateurs, histoire de la reconquête espagnole, lutte entre arabes et chrétiens, …

Ángel Saavedra, duc de Rivas (1791-1865): Don Álvaro o la fuerza del sino (1835) Auteur du 1 er drame romantique espagnol même si à l’époque il n’a pas été perçu comme ça.

Juan Eugenio Hartzenbusch (1806-1880): Los amantes de Teruel (1836)

Il a fait des études chez les Jésuites mais il lui manquait la vocation religieuse. Il devient un

auteur romantique. La pièce est basée sur une ancienne légende. La légende ancienne qu’il reprend dans cette pièce, s’agit d’un drame en prose et en vers divisé en 5 actes. C’était sa 1ere pièce et la plus célèbre, il est devenu le 2 e plus grand dramaturge espagnol. Le 1 er était José Zorrilla. Personnages de la pièce: Diego Marsilla, Isabel, Azagra.

José Zorrilla (1817-1893): Don Juan Tenorio (1844)

Coexistent avec le théâtre romantique:

- Comédie de mœurs et comédie de magie.

- Joaquín Dicenta (1862-1917): Juan José (1895) totalement inconnu ; il met pour la 1ere fois en scène des ouvriers espagnols représentés avec leurs vêtements et leur langage, non seulement une pièce réaliste mais aussi socialiste. - Género chico. Forme courte de pièce d'une acte, durée de une heure. Normalement, il s'agissait d'opérettes espagnoles (sarzuelas) Le nationalisme est évident dans ces pièces.

Le roman au 19 e siècle :

Walter Scott était un romancier anglais. Il est l'auteur étranger qui faisait fureur en Espagne à

cette époque. Ses principaux romans ont été traduits très tôt. Il a été très important, très imité.

Il inspira :

Larra, Espronceda, Enrique Gil y Carrasco (1815-1846): El señor de Bembibre (1844) Dès 1844, de nombreux romans historiques apparaissent. Le rythme de production du roman historique s’accroît avec entre autre l’influence de Sue et Dumas.

Quelques exemples :

Manuel Fernández y González (1821-1888) a écrit de nombreux romans Don Miguel de Mañara. Memorias del tiempo de Carlos V (1877) Ramón Ortega y Frías (1825-1883):

Guzmán el Bueno (1857) Francisco Navarro Villoslada (1818-1895) Doña Blanca de Navarra (1847), Doña Urraca de Castilla (1849) Amaya o los vascos en el siglo VIII (1877)

Romans patriotiques fait par des auteurs engagés, qui écrivent pour le bien de la patrie. Le nationalisme surgit à ce siècle.

A coté des romans historiques il y une forme particulière de prose. Au début il s’agissait

d’une forme brève. Elle met en avant l’esthétique du fragment. Cette forme s’appelle :

Le costumbrismo: forme brève, issue du journalisme Dans ces articles on représente des types sociaux, qui cherchent toujours l'effet comique ou pittoresque (catégorie esthétique plus intéressante, les choses que l'on veut perpétuer avant qu'elles ne disparaissent, idée chère au romantisme qu'on peut analyser aussi d'une façon politique)

Los españoles pintados por sí mismos (1843-1844) ouvrage collectif, recueil de portrait en prose, chaque portrait faisait deux ou trois pages. Dépendance espagnole par rapport aux entreprises françaises.

Ramón de Mesonero Romanos (1803-1882): Escenas matritenses (1842, 4 vols.); Semanario pintoresco español (1836-1857) auteur le plus célèbre du Costumbrismo (précurseur du roman réaliste espagnol)

Cecilia Böhl de Faber (Fernán Caballero son nom de plume) (1796-1877) écrivain qui intègre pour la 1ere fois la descriptions des mœurs. Elle met les descriptions « costumbristas » dans un roman. Son père avait intégré une idée conservatrice du romantisme. Elle ose dire dans ses romans que les femmes ne doivent pas imiter les hommes, elles doivent être comme les stéréotypes (c-à-d femmes au foyer,etc…) cependant elle n’est pas comme ce genre de femmes, elle éprouvait une certaine honte d’être une femme écrivain => à l’origine de son nom de plume.

Panorama du roman de la fin du siècle: la moitié des romans publiés en Espagnol entre 1880 et 1890 sont encore des traductions (du français notamment) On constate une nationalisation progressive. Roman par livraisons, on constate sa présence comme hypotexte (texte d’origine, texte imité) De plus, les grands romanciers réalistes imposent leurs œuvres.

Le roman réaliste :

Il se développe grâce au costumbrismo. On y retrouve des tendances conservatives / progressistes.

Quelques écrivains réalistes de la fin du siècle :

José María de Pereda (1833-1906): Peñas arriba (1895) est son roman le plus connu. Conservateur, fervent catholique, il se fait défenseur de la vieille Espagne et de ses supports :

religion, famille, roi.

Juan Valera (1824-1905) a influencé d’autres écrivains, il était diplomate, il a parcouru l’Europe, il était connu et reconnu comme critique littéraire et théâtrale des mœurs. Son chef d’œuvre :

Pepita Jiménez (1874)

Roman épistolaire (la narration, le récit, nous parvient comme un recueil de lettres entre les différents personnages) Toute l’histoire se développe sur un fond d’Andalousie stylisée. Le roman s’intéresse à la psychologie des personnages, ils agissent sans qu’ils sachent vraiment pourquoi ils le font. C’est une Espagne stéréotypée qui est au fond des romans de Valera.

Emilia Pardo Bazán (1852-1921) Elle a toujours été passionnée par la lecture, une femme avancée par rapport à son temps, romancière à temps plein. On dit qu’elle était féministe avant la lettre (elle a été une référence pour la culture féminine, elle était reconnue comme intellectuelle, 1 ère femme professeur à l’université) Elle a introduit le débat sur le naturalisme.

La Tribuna (1882) Elle écrit un sur le prolétariat, elle est allée voir les conditions de travail pour s’informer et ne pas se tromper. La cuestión palpitante (1883) Elle a été avec ce livre l’ardente avocate et la théoricienne espagnole du naturalisme. Des traits naturalistes se retrouvent dans ces récits (portrait des couches défavorisées, …)

Catholicisme ! naturalisme = Libre arbitre ! déterminisme Elle était une catholique convaincue, elle n’admet ni le positivisme ni le réalisme cru, brutal de Zola. Elle est assez éloignée du déterminisme Zolien.

Leopoldo Alas Clarín (1852-1901) journaliste satyrique à Oviedo. La Regenta (1884-1885) Personnages: Ana Ozores, Don Fermín de Pas, Álvaro Mesía C’est un roman psychologique, espèce de triangle d’amour. Roman dans la lignée de Madame Bovary de Flaubert. Lien avec Madame Bovary: protagoniste à l'imagination romantique. Egalement dans la lignée de La faute de l’abbé Mouret de Zola. Lien: le sujet, la vie sexuelle d'un prêtre.

Benito Pérez Galdós (1843-1920) La sociedad presente como materia novelable (discours de réception à la RAE, 1897) Il fut l’auteur le plus lu pendant les 20 premières années du 19 e siècle. Les écrivains de la seconde moitié du 19 e siècle écrivent sur leur société contemporaine. Il appartient à ce groupe de romancier réaliste de la fin du siècle.

Fin du siècle :

1890-1910 : époque de changement : la psychanalyse apparaît et révèle des motivations secrètes à l’intérieur des individus, sociologie, physique, … 1897 : procès de Montjuich (attentats anarchistes) 1898 : L’indépendance de Cuba, des Philippines et de Porto Rico à provoqué une crise nationale, on commence à se demander ce qu’on a mal fait pourquoi on a pas su garder les colonies, à partir de cette question on en arrive à d’autres, pourquoi l’Espagne est encore sous-développée au niveau industriel, pourquoi 1/3 de la population est analphabète.

Regeneracionistas (=> politiciens mais des écrivains se posent les mêmes questions et vont essayer de proposer des solutions dans leurs textes littéraires): Joaquín Costa (1846-1911) etc.:

despensa y escuela

Miguel de Unamuno (1864-1936) Professeur de grec à Salamanca pratique une littérature philosophique. El sentimiento trágico de la vida (1912), La agonía del cristianismo (1925) angoisse religieuse. Amor y pedagogía (1902) contre l’éducation positiviste. Niebla (1907, publ. 1914) auteur d’un roman dont le protagoniste se révolte contre l’auteur qui s’inclut dans le roman.

Pío Baroja (1872-1956) Crée une profession de personnage miséreux. La lucha por la vida (La busca, Mala hierba, Aurora roja (1904)) trilogie

Memorias de un hombre de acción le protagoniste est un aventurier, agent secret de la reine Marie Christine, …

Antonio Machado (1875-1939)

Il était surtout poète, n’a pas écrit de roman.

Son premier recueil poétique :

Soledades (1903) réécrit, republié à plusieurs reprises. Deuxième recueil :

Campos de Castilla (1912) Il imite Becquér (qui a introduit le symbolisme) Sa poésie était traditionnelle, populaire. Caractéristique de sa poésie : intimisme, solubsisme (n’avoir besoin de personne), longue échappée dans le rêve, méditation solitaire, …

El limonero lánguido suspende una pálida rama polvorienta

sobre el encanto de la fuente limpia,

y allá en el fondo sueñan los frutos de oro Es una tarde clara, casi de primavera, tibia tarde de marzo,

que el hálito de abril cercano lleva;

y estoy solo, en el patio silencioso,

buscando una ilusión cándida y vieja:

alguna sombra sobre el blanco muro, algún recuerdo, en el pretil de piedra de la fuente dormido [sic], o, en el aire,

algún vagar de túnica ligera. En el ambiente de la tarde flota

Ese aroma que evoca los fantasmas de las fragancias vírgenes y muertas. Sí, te recuerdo, tarde alegre y clara, casi de primavera, tarde sin flores, cuando me traías el buen perfume de la hierbabuena, y de la buena albahaca, que tenía mi madre en sus macetas. Que tú me viste hundir mis manos puras en el agua serena, para alcanzar los frutos encantados que hoy en el fondo de la fuente sueñan Sí, te conozco, tarde alegre y clara, casi de primavera.

[“El poeta visita el patio de la casa en que nació”]

Une après-midi déclenche le souvenir d’un après-midi passé, la situation du symbolisme c’est qu’il pleut, métaphore du temps qui s’écoule. Vers à 7 ou 11 syllabes, silva-romance à la rime assonante, toujours la même rime assonante.

A cette époque, on fait une distinction entre les intellectuels et les écrivains modernistes.

Opposition entre Generación del 98 " Modernismo

# terme inventé par Azorín, il s’inclut lui-même dans cette génération., dans l’espoir d’accroître son prestige intellectuel.

Ramón María del Valle-Inclán, né Ramón José Simón Valle Peña (1866-1936)

Il s’est inventé une personnalité littéraire, une image reconnaissable. Il a inventé sa propre vie,

histoires sur la façon dont il a perdu le bras gauche par exemple. Un des représentants les plus brillants du modernisme. Carliste jusqu’à la I guerre mondiale c-à-d tendance politique conservative. Poésie ésotérique influencé par la théosophie (pensée religieuse éclectique) Femeninas (1895) 1 er livre publié, recueil d’histoire d’amour influencé par des lectures françaises Maupassant, Bourget etc… Epitalamio (1897) son deuxième livre a été influencé par d’Annunzio.

Sonatas (1902-1905) son plus grand succès, chacune de ses sonatas référent à une saison.

« Son théâtre »: c’est là où il développe une nouvelle esthétique, théâtre très difficile à jouer car le libre enchaînement des tableaux, violence de l’action, rapides changements entre deux scènes ou même des scènes simultanées… rendent difficile la représentation. Il a imprimé ses scénarios pour qu’ils soient lus comme des romans à dialogues. Il fait souvent des jeux de mots avec le titre

de ses pièces. Ses personnages vont toujours avoir des modèles classiques littéraires en tête.

Exemples :

Luces de Bohemia (1920) style de pièce: Esperpento (farce-épouvantail) mot inventé par Goya. Los cuernos de don Friolera (1921) Martes de carnaval. Esperpentos (1930)

Tirano Banderas (1926)

Roman avant-gardiste, contexte intéressant et complexe, des fragments ont été publiés dans un magasine espagnol => stratégie professionnelle très chère à Valle-Iclán. C’était le 1 er roman d’un sous genre : roman de dictateur hispano-américain, après celui ci vont s’écrire d’autres romans sur les dictateurs hispano-américains. Ici, l’auteur se base sur l’ensemble des dictateurs américains qui ont vécus avant 1925 et s’est inspiré de leur vie. Lorsqu’il écrit et publie ce roman, l’Espagne est encore sous la dictature de Miguel Primo de Rivera (il a arrêté l’auteur après la publication car ce dernier était très critique envers son régime) L’écriture n’aurait pas été possible sans les nombreux voyages que l’auteur a fait au Mexique. Scénario : des révolutionnaires veulent tuer Tirano Banderas, il s’agit de la révolution. Les personnages sont nommés à chaque fois d’une façon différentes, beaucoup de métaphores. Préface : révolutionnaires discutent de la meilleure stratégie pour attaquer la résidence du dictateur, le roman finit avec la chute de Tirano Banderas. Ca se passe dans un pays imaginaire. Une bonne partie de l’histoire sont les rapports entre Tirano Banderas et sa Cour de bouffons, rapports entre Tirano Banderas et la colonies espagnole. Chaque colonie avait un certain nombre de diplomates ,qui représentaient les intérêts économiques des anciennes métropoles. Chantage sur l’ambassadeur d’Espagne par Tirano Banderas avec les lettres prises à son amant pour empêcher l’Espagne d’imposer leurs critères économiques. L’image des espagnols n’est pas sympathique, ils sont ridiculisés déjà avec le ministre. Révolutionnaires : Domiciano chassé par Tirano Banderas car il a cassé les verres d’une vieille femme (Banderas lui a promis de prendre une revanche sur le coupable), Roque Cepeda, Filomino, Zacarias le Balafré (qui n’en faisait pas partie au début mais a aider Domiciano) A la fin du livre, la révolution éclate. Tirano Banderas cherche un successeur pour en avoir finit avec la politique. Il meurt à la fin. Cette façon de mourir est copiée de la mort du conquistador Lope De Aguire qui est devenu fou et a déclaré la guerre à Felipe II, il a également tué sa fille etc … L’élément occultiste du roman : personnages aux pouvoirs surnaturels (ex : la voyante Loupita au pouvoir télépathique et qui a appris la fuite de Domiciano avant que l’autre ne le lui dise) rapport avec l’intérêt occultiste qu’avait Valle-Inclan. Toute la structure du livre est conçue comme si c’était un livre magique, un manuel théosophique. Exemple : le 1 er chapitre est déjà la fin de l’histoire = la veille de la révolution, c’est une histoire racontée d’une façon +- logique du point de vue temporelle, chapitre entrecoupés et isolés par rapport les uns aux autres, le dernier chapitre avant l’épilogue :

Loupita raconte l’histoire = comme si elle voyait l’histoire d’une façon instantanée. Par ailleurs, on peut établir une analyse de la société de Santa Fe divisé entre les gachupins (espagnols), métis et indigènes, faciles de savoir à quelle couche appartient chaque personnage. Idée générale : dénoncer la situation d’exploitation des indigènes en Amérique latine, car ils sont exploités par les autres couches. La fin n’est pas le commencement d’une démocratie mais seulement la chute d’un dictateur.

Protagoniste de l’histoire : il y en a plusieurs, Banderas apparaît d’une façon lointaine comme l’ombre qui menace Santa Fe, il n’y a pas beaucoup de pages dédiées à Tirano, on pourrait dire que les protagonistes sont les révolutionnaires mais ce n’est pas clair. Absence de protagonistes => caractéristique nouvelle inventée par l’auteur = roman mural. Le protagoniste c’est toute la société qui est représentée dans un roman. L’importance dans l’histoire de la littérature universelle est grande, l’auteur va faire des choses inexistantes avant. Style d’écriture complexe. Il ne faisait pas partie de l’histoire de l’avant-garde espagnole, il était l’un des représentants les plus brillants du Modernismo.

Modernismo :

Ce mouvement poétique était un terme péjoratif pour les écrivains qui ne cultivait plus les formes littéraires et métriques mais qui voulaient essayer des choses nouvelles à l'instar des choses que l'on faisait en France. On va critiquer chez les modernistes les points « trop flous ».

Symbolisme + Parnasse 1.Usage des sujets éloignés de la réalité quotidienne => point de vue thématique

- Fuite dans l’espace (orientalisme)

- Fuite dans le temps (passé)

2.Virtuosité métrique, cherche la perfection formelle, cherche de nouvelles strophes => point de vue métrique

3. Lexique particulier, néologisme, mots savants, gallicismes

Difficile de trouver un poème avec les 3 caractéristiques exprimées d’une façon évidente.

Rubén Darío (1867-1916): Azul

1888 date du commencement, livre fondateur du Modernismo. Enfant prodige, il utilisait des néologismes ou des mots emprunté au français, sa syntaxe était calquée de ka syntaxe française.

(1888)

“A Margarita Debayle” (1908)

Margarita, está linda la mar,

y el viento

lleva esencia sutil de azahar; yo siento en el alma una alondra cantar:

tu acento. Margarita, te voy a contar un cuento.

Margarita, la mer est d’une grande beauté et le vent porte de subtiles essences de fleurs d’oranger j’entends dans mon cœur une alouette chanter:

ton accent. Margarita, je vais te raconter une histoire.

Este era un rey que tenía un palacio de diamantes, una tienda hecha del día

y un rebaño de elefantes, un kiosco de malaquita, un gran manto de tisú,

y una gentil princesita,

tan bonita, Margarita, tan bonita como tú. […]

Il était une fois un rois, qui avait un palais de diamants, une tente faite du jour et un troupeau d’éléphants, un kiosque de malachite un grand manteau de lamé et une belle petite princesse aussi belle, Margarita, aussi belle que toi. […]

Sujet très éloigné de la réalité quotidienne. C’est un poème pour un public adulte. La métrique : poème difficile à classer, strophe inventée qui n’a pas de nom, vers à dix syllabes, rime masculine combinée avec des vers à trois syllabes, ce qui est bizarre.

modernismo >< generación del (18)98 Opposition entre l’art engagé (littérature cultivée par la génération 98, qui traitait de sujets réels, de la vie nationale, sociale => souci social dans une bonne partie de leur production) et l’art pour l’art (représenté par les modernistes, réalité éloignée de la vie quotidienne)

Face à cette opposition traditionnelle, il faut souligner que beaucoup de modernistes avait une vie peu bourgeoise (bohème) et même si le moderniste nous semble éloigné de la réalité de la vie quotidienne il a été utilisé comme un instrument nationaliste au service de la bourgeoisie.

L’avant-garde en Espagne :

On ne peut pas fixer le commencement de l’avant-garde avant 1909.

Ramón Gómez de la Serna (1881-1963) écrit 14 pièces de théâtre sur une période de 3 ans. C’était quelqu'un d’assez bizarre tout comme sa littérature, il donnait des conférences sur un trapèze ou sur le dos d’un éléphant. On ne considérait pas qu’il faisait du journalisme. Il avait un style propre à lui comme Valle-Inclán, on peut facilement reconnaître ses textes. Les avant-gardistes espagnols cultivaient chacun un style différent. Son style et ses connaissances vont faire de lui la figure la plus visible de l’avant-garde. Il faisait traduire et éditer la littérature nouvelle des étrangers dans le magasine qu’il gerait: Prometeo (1908-1912). Pendant deux décennies il a été l’animateur de la Tertulia du café Pombo (1915-1936) La plupart des avant-gardistes en ont fait partie.

“Dice todo lo que se le ocurre, escribe todo lo que dice, publica todo lo que escribe y obsequia todo lo que publica”

Il avait une vision subjective, absurde ou poétique des choses. On évoquait son style comme le « Ramonismo » Il inventa un genre nouveau qui n’existait pas avant lui et qui va être la clef de voûte de son style nommé « greguería » “greguería = metáfora + humor”. Image intuitive, surréaliste, irrationnelle. analogie visuelle (recours typique pour la construction des greguerías), correspondence intuitive.

Le style de Ramón a une ressemblance avec Unamuno. Toute sa production cache une “vision dramatique et désespérée du monde” (J.-C. Mainer)

1912

: première exposition cubiste (Galerías Dalmau, Barcelona)

1918

: Ultraísmo mouvement littéraire qui voulait introduire toutes les nouveautés littéraires

de l'Europe. Une personne indispensable pour le développement de l’avant-garde :

Juan Ramón Jiménez (1881-1958), prix Nobel en 1956 Platero y yo (1913) livre en prose poétique, histoire d’un âne, livre célèbre lu partout dans le

monde hispanophone, à partir de ce moment là la poésie qu’il écrit poursuit un idéal de simplicité, il aime écrire une “poésie pure”, sans rimes, au lexique exact, dépouillé d’ornement.

Intelijencia [sic], dame el nombre exacto de las cosas, que mi palabra sea la cosa misma creada por mi alma nuevamente.

(Eternidades, 1918)

Les vers ont un nombre différent de syllabe, ce qu'il veut dire c'est exactement ce qu'il dit. Ici il veut trouver le nom exact des choses. Poésie déjà très moderne, éloignée du Modernismo.

Segunda antolojía poética (1922) a eu une influence sur la poésie hispanique du 20 e siècle.

1927 : Tricentenaire de la mort de Luis de Góngora. Les jeunes écrivains ont voulu rendre un hommage à la liberté créative et aussi souligner que la poésie se base sur la métaphore (identification entre métaphore et poésie) Parmi eux :

Jorge Guillén (1893-1984) José Bergamín (1895-1983) Gerardo Diego (1896-1987) Federico García Lorca (1898-1936) Dámaso Alonso (1898-1990) Rafael Alberti (1902-1999)

On peut dire « génération de 1927 » (// avec la génération de 1898) MAIS on ne parle pas d’une génération poétique car chacun allait chercher son propre style et écrivait différemment.

Residencia de Estudiantes (1910, Francisco Giner de los Ríos) André Breton: Premier manifeste surréaliste (1924) Buñuel / Dalí: Un chien andalou (1928)

En Espagne: l’automatisme n’est pas le but. Les auteurs avaient une sous-culture d’internat. Amitié entre eux car ils habitaient au même endroit.

La méthode surréaliste a été utilisée pour trouver des images poétiques, surprenantes. L’écriture automatique et l’absence de contrôle (méthode qui servait à l’expression poétique) En Espagne on pratique un surréalisme mais un surréalisme contrôlé !

Federico García Lorca (1898-1936) les images chez lui sont liées à ses expériences personnelles de façon que si nous avons une connaissance historique de sa biographie nous comprenons mieux ce qu’il veut dire. Ecrivain le plus important du 20 e siècle en Espagne. Issu d’une famille aisée même si elle n’appartenait pas à l’aristocratie, ses parents étaient vite devenus riche grâce aux innovations de l’exploitation agricole. Il s’est toujours intéressé à la musique populaire. On retrouve toujours une musicalité claire du rythme dans ses poèmes. Il était un bon musicien également. Son père a payé l’édition de son premier livre de poème. Il publie son 1 er livre à l’âge de 20 ans grâce à l’argent de ses parents. Il essaye de devenir écrivain. Représente une pièce de théâtre, ce fut un grand échec mais ne s’est pas découragé et continua à écrire. Notamment, une poésie d’avant-garde qui n’allait pas être très bien

comprise par les gens.

Le 1 er grand succès de García Lorca : Romancero gitano (1928) Ce livre là cultive un genre de poésie qui appartenait à la poésie espagnole (notamment le romance) La critique qu’il a reçu après la publication était que le livre était trop populaire même populiste, pas assez exigeant, … Il a fait des concessions au public et ses amis lui ont même dit qu’il n’était pas assez avant-gardiste (lui voulait être compris, que ces poèmes soient simplement aimés par le public)

Romancero gitano (1928) Federico García Lorca (1898-1936)

“Romance de la Guardia Civil” Los caballos negros son. Las herraduras son negras. Sobre las capas relucen manchas de tinta y de cera. Tienen, por eso no lloran, de plomo las calaveras. Con el alma de charon vienen por la carretera. Jorobados y nocturnos, por donde animan ordenan silencios de goma oscura

y miedos de fina arena.

Pasan, si quieren pasar,

y ocultan en la cabeza una vaga astronomía

de pistolas inconcretas. […] La ciudad libre de miedo, multiplicaba sus puertas. Cuarenta guardias civiles entran a saco por ellas. Los relojes se pararon,

y el coñac de las botellas

se disfrazó de noviembre

para no infundir sospechas. Un vuelo de gritos largos

se levantó en las veletas.

Los sables cortan las brisas

que los cascos atropellan. Por las calles de penumbra huyen las gitanas viejas con los caballos dormidos

y las orzas de monedas. […] Rosa la de los Camborios, gime sentada en su puerta

con sus dos pechos cortados puestos en una bandeja.

Y otras muchachas corrían

perseguidas por sus trenzas,

“Romance de la Garde civile espagnole” Ils montent de noirs chevaux dont les ferrures sont noires. Des taches d’encre et de cire luisent le long de leurs capes. S’il ne pleurent, c’est qu’ils ont du plomb au lieu de cervelle et une âme en cuir vernis. Par la chaussée il s’en viennent. Groupe bossu et nocturne, sur le passage ils font naître d’obscurs silences de gomme et des peurs de sable fin. Ils vont par où bon leur semble, cachant au creux de leur tête une vague astronomie de pistolets irréels. […] La ville multipliait ses portes, libre de crainte. Quarante gardes civils pour la piller y pénètrent. Les horloges s’arrêtèrent et le cognac des bouteilles se camoufla en novembre pour que nul ne le suspecte. Une volée de longs cris s’éleva des girouettes. Les sabres fendent les brises que les lourds sabots renversent. Par des chemins de pénombre s’enfuient les gitanes vieilles avec leurs chevaux dormants et leurs jarres de piécettes. […] Rosa, fille des Camborios, gémit, assise à sa porte, devant ses deux seins coupés et posés sur un plateau. Et d’autres filles couraient, poursuivies par leurs tresses,

en un aire donde estallan rosas de pólvora negra. […] ¡Oh ciudad de los gitanos! La guardia Civil se aleja por un túnel de silencio mientras las llamas te cercan ¡Oh ciudad de los gitanos! ¿Quién te vio y no te recuerda? Que te busquen en mi frente. Juego de luna y arena.

dans un air où éclataient des roses de poudre noire. […] O la ville des gitans ! Les gardes civils se perdent dans un tunnel de silence tandis que les feux t’encerclent. O la ville des gitans ! Comment perdre ta mémoire ? Qu’on te cherche dans mon front. Jeu de lune, jeu de sable. (trad. collective chez Gallimard)

Métrique du poème : Rime assonante. Vers pairs. On dispose les vers octosyllabiques de cette façon pour écrire un romance. Ce n’est pas un poème sur une relation amoureuse quelconque ou sur des sentiments. Description de la vie des gitans. Même histoire que Santa Olalla. A la fin la garde civile s’en va et la ville reste détruite. Choses surréalistes dans le poème : « une âme en cuir vernis», « silences de gommes », « chevaux dormants », « des roses de poudre noire », … 1 er exemple : Il utilise l’image du chapeau noir cuire pour dire que l’âme de la garde civile est dans le chapeau, il mélange ces deux éléments distincts dans une image surprenante. Le cuir vernis est le matériau des chapeaux de la garde civile. Il mélange souvent les éléments physiques de la garde civile avec d’autres éléments. 2 e exemple : s’explique aussi de la même façon. Polysémie dans le mot « gomme » 3 e exemple : c’était peut-être la nuit, ils étaient endormis mais s’ils l’étaient comment partir ? Il s’oppose à la rationalité dans les villes modernes, les gitans croient encore aux sartillèges, toujours une vieille gitane qui voit l’avenir dans sa boule de cristal, elle s’enfuit avec des chevaux qui appartiennent au monde des rêves, … 4 e exemple : poudre qui sort des fusils ou encore (un peu plus éloigné du texte littéral) on compare les blessures avec les fleurs rouges. Les autres images ne sont pas si claires malgré ça, on comprend ce que l’auteur veut dire. => Ici, on utilise ces images pour suggérer des émotions.

Federico García Lorca a fait un séjour à New York (1929-1930) cette expérience à nourrit les poèmes de : Poeta en Nueva York (1940) Publication après la mort du poète (fusillé sûrement à cause de ses tendances homosexuelles) Il n’a pas connu le même succès mais reste un des grands livre de la poésie espagnole. Il aurait du être publié en 1936 mais la guerre civile éclate et la publication a du être repoussée.

Son théâtre d’avant-garde :

Bodas de sangre (1933) Deux hommes s’entretuent pour une femme évasive. Yerma (1934) Así que pasen cinco años et El público (ca. 1930) Doña Rosita la soltera (1935) femmes qui ne peuvent pas se marier = Bernarda Alba MAIS petite bourgeoisie urbaine fin du 19 e >< bourgeoisie paysanne, propriétaire de terrain à la campagne, dans les années 30. La casa de Bernarda Alba (1936) Mère tyrannique veut que chacun appartienne à sa classe sociale. Grand sujet dans la pièce : désespoir d’être une femme. A coté de l’histoire principale il y a des éléments étrangers qui fonctionnent comme des symboles (étalon :

symbole de la volonté de la plus jeune d’avoir une liberté même sexuelle) Bernarda Alba essaye de se persuader que sa fille est morte vierge et fait absolument croire que c’est la version officielle. La grand-mère devient complètement dingue et représente sûrement le futur

de Bernarda Alba ; elle ouvre un niveau symbolique du même type que l’étalon. Toute la vie

des filles de Bernarda Alba aboutit dans la folie (représentée par la grand-mère) Appartient à

la tradition des tragédies rurales, qui était un genre dramatique très en vogue. Elle a été écrite

en peu de temps, dont la veille de la guerre civile (quelques mois avant) Principe d’autorité contre le principe de liberté. Cette opposition est très claire dans la pièce

est présente aussi dans le plus grand nombre de ses pièces d’une façon ou d’une autre. Entremêlement de chansons typiques, symboliques. Niveau réel mélangé avec le niveau symbolique.

Parfois l'auteur songeait à une histoire qu'il allait écrire 5 ou 10 ans plus tard et modifiait sans cesse les dialogues. Quand il commençait à écrire il savait tout par cœur et écrivait du début à

la fin.

1931 : République. Le roi est chassé et doit s’exilé en France, à partir de là il y une démocratie en Espagne. 1936-1939 : Guerre civile les militaires qui n’aimaient pas la façon d’agir des démocrates ont fait un coup d’état. Début d’une guerre civile. En ce qui concerne les lettres, la plupart des intellectuels de gauche ont du s’exiler en France ou en Amérique latine. L’Espagne après la guerre est restée dépourvue des meilleurs intellectuels. 1939-1975: Dictature de Francisco Franco. Il gouverne, chef de file des nationalistes qui ont lutté contre les républicains. Chef d’une dictature (le Franquisme) qui a duré presque 40 ans. Après 75 , on rétablit la démocratie en Espagne (d’abord avec une période transitoire)

Littérature pendant le Franquisme :

Le théâtre :

On parlera d’une autre génération de 1927, à laquelle appartiennent ces humoristes :

Edgar Neville (1899-1967) Enrique Jardiel Poncela (1901-1952) José López Rubio (1903-1996) Miguel Mihura (1905-1977): Tres sombreros de copa (écrit 1932, publ. 1947, repr. 1952) Si on l’avait représentée en 1932 ça aurait été la toute 1 ère pièce de l’absurde. L’histoire est assez absurde et rationnelle.

Ces humoristes écrivaient du théâtre mais aussi des articles dans la presse, plusieurs ont dessiné des caricatures dans la presse (Mihura, façon de dessiner particulière devenue célèbre) humour nouveau, non verbal basé sur le comique des situations, certains ont tourné des films (Neville)

Antonio Buero Vallejo (1916-2000): Historia de una escalera (1949)

A connu un grand succès. Marque le retour sur les planches de la réalité. Pièce réaliste qui

évoque le piètre destin des locataires d’une maison modeste qui se croisent dans les escaliers pendant de nombreuses années. On a souvent critiqué son théâtre car il a essayé de faire un théâtre engagé pendant le Franquisme. Polémique avec Alfonso Sastre (1926) il représente cette opinion qui voulait faire un théâtre très critique même s’il ne pouvait pas être représenté. La censure était sa façon de montrer son désaccord avec le régime de Franco. <<<

Le roman :

Marché dominé par Baroja, Azorín et des traductions. Collections “de kiosco”, collections populaires proposent au public des aventures bon marché. => littérature de kiosque, bon marché >< littérature des librairies.

Carmen Laforet (1921-2004): Nada (1945) => Prix Nadal 1944, Prix Fastenrath 1948. 1 er d’une série de roman qui exposent une problématique existentielle un peu floue qu’on peut interpréter comme un désenchantement de la réalité du Franquisme. Dans ce roman, il y a une indifférence de la protagoniste.

Plus tard il y eut un réalisme social : le néoréalisme. Ceux qui ont pratiqué ce néoréalisme :

Armando López Salinas (1925): La mina (1960) Antonio Ferres (1924): La piqueta (1959) Jesús Fernández Santos (1926-1988): Los bravos (1954). => titre monosémique

Les écrivains néoréalistes pensaient qu’ils pouvaient changer la réalité, critiquer le Franquisme, changer les choses. Ce fut une véritable crise de conscience. Ils ont essayé d’écrire tout ça et appeler à la conscience des espagnols au bout de nombreuses années ils ont arrêté car rien ne changeait.

Il y avait une “autocensure” de la part des auteurs ! La plupart de ceux-ci ont été membre du :

P.C.E. (parti communiste espagnol) Souvent nous avions droit à un roman objectiviste, absence d’un argument, dilution de l’individualité dans le collectif, exclusion de l’analyse introspective (pensée psychologique)

Toutes ces caractéristiques ce retrouvent dans :

Rafael Sánchez Ferlosio (1927): El Jarama (1951) Dialogue important dans ce roman. Présentation froide de la réalité. Le début et la fin sont une

citation d’un dictionnaire. Volonté du narrateur de s’exclure de l’histoire au début et à la fin. Ce n’est pas le narrateur du 19 e siècle qui exagèrent la situation. Ici quelques mots suffisent, il dit ce qu’il se passe objectivement. Réalisme total ou “dialectique” : il a essayé d’introduire la psychologie, la subjectivité, il a utilisé les procédés narratifs en vogue, l’architecture fragmentaire, les digressions constante où la réflexion remplace le récit, … Ce livre a montré

a quel point le réalisme et l’objectivisme étaient impossible à mettre dans un livre. Il dit que l’objectivisme est une simplification de la réalité. La réalité est beaucoup plus compliquée.

Luis Martín Santos (1924-1964): Tiempo de silencio (1962) “Les procédés narratifs mis en œuvre sont en vogue dans le roman occidental: monologues intérieurs (Joyce), architecture fragmentée […] (Kafka), digressions constantes où la réflexion remplace le récit ([Hermann] Broch, Musil), phrase longue articulée […] par relatifs et conjonctions qui épouse la fluidité de la conscience […] (Faulkner, Proust)” [Delrue 382].

Dans la même lignée :

Juan Goytisolo (1931): Señas de identidad (1966)

Camilo José Cela (1916-2002) Élu à 39 ans à l’Académie Espagnole. Prix Nobel en 1989. Il a tout essayé des derniers procédés de l’histoire littéraire et a écrit de très bons romans. Censeur lui-même, il était la censure pour attirer l’attention (la censure rend le roman plus célèbre) Il était phalangiste. La phalange était une organisation politique espagnole nationaliste d'obédience fascisante. Ce parti nationaliste joua un rôle important dans la guerre civile face aux républicains.

La familia de Pascual Duarte (1942) Durant la guerre le protagoniste commet plusieurs crimes qui n’ont pas été punis. Le seul crime pour lequel il est jugé est un crime social (le comte de machin). La justice ne considère que ce crime comme « important » => crime fait par le pauvre sur le riche ! A l’époque la république était un régime de barbarie. On peut parler de roman critique car à l’époque, c’était un état Franquiste et la représentation de la violence est omniprésente pendant le Franquisme. Voilà pourquoi ce roman est si violent.

La colmena (1951) même procédure que Manhattan Transfer (1925) de John Dos Passos qui consiste à entrecouper le récit. On retrouve un présent historique et l’objectivisme.