Vous êtes sur la page 1sur 4

Dalban Moreynas Pablo TES6

Dissertation

Sujet : Les technologies apparues récemment sont-elles forcément à l’origine


d’une accélération de la croissance ?

Les innovations technologiques font partie du processus économique


naturel, le secteur privé cherchent à innover afin d’augmenter la demande et
donc les profits. Ce qui satisfait tout le monde puisque une augmentation de la
demande signifie la plupart du temps une augmentation de la croissance.
L’innovation, et les progrès techniques ont toujours été intimement mêlés à la
croissance économique. Sans progrès pas de croissance et sans croissance pas de
progrès. Les entreprises le savent bien puisqu’elles sont le principal acteur de
l’innovation et que pour elles, innover signifie un meilleur profit à plus ou moins
long terme. C’est pour cela qu’un des moyens utilisé pour relancer la croissance
est de favoriser l’innovation. On peut penser à la mise en place des pôles de
compétitivités ou encore une augmentation des subventions de la part de l’Etat.
Pourtant le progrès technique à ses limites, les banques sont frileuses lorsqu’on
leur demande un prêt pour l’innovation et on peut voir que les progrès technique
ne s’accompagnent pas toujours d’une augmentation de la croissance et d’une
hausse de l’emploi.
Le progrès technique est-il donc un des moteurs essentiels de la croissance ?
Dans une première partie nous allons confirmer cette affirmation et montrer que
l’innovation est bien un moteur de croissance puis nous nuancerons nos propos
dans une seconde partie.

Le progrès technique, même si il a longtemps été décrié pour ses effets


destructeurs sur l’emploi (luttes des canuts au 19e siècle contre les métiers à
tisser automatique de Jacquard) possède en fait de nombreux atouts pour
relancer la croissance. Aussi bien en terme quantitatif, puisque le progrès
technique crée de l’emploi, mais aussi qualitatif, le progrès permet en effet un
changement de structure et de qualification des emplois.
Même si il est clair que le progrès technique détruit des emplois, il en crée dans
d’autre secteur.
Imaginons qu’une entreprise renforce sa productivité grâce à une innovation de
procédé. Le bénéfice engendré par l’innovation se répartit plusieurs catégories :
-Les consommateurs bénéficient d’une réduction de prix, qui augmente
leur revenu réel ce qui augmente donc leur demande adressée à l’entreprise
innovante ou à d’autres entreprises.
-Les travailleurs peuvent recevoir une augmentation de salaire dû à
l’amélioration de la situation de leur entreprise. Cet argent sera dépensé en biens
et services achetés à d’autres entreprises qui elles même créeront d’autres
emplois.
-Les employés licenciés par l’entreprise innovante trouveront un emploi
dans les entreprises auxquelles s’adresse la nouvelle demande, engendrée par
l’augmentation des salaires et des profits dans la firme innovante et la réduction
de prix dont ont bénéficié les consommateurs. C’est la théorie du déversement.
Ainsi les pays riches ou qui se développent assistent a une tertiarisation de leur
société au fur et à mesure que progresse l’innovation.

De plus être innovant signifie être en position de monopôle sur le marché et


accroitre donc massivement sa compétitivité. Le secteur privé a très bien
compris cette notion et encourage donc massivement l’innovation. Ainsi cette
course a l’innovation, et par extension au profit, est déjà pour Shumpeter un
phénomène économique. En effet, lorsque les entreprises cherchent à innover,
elles investissent. Ce qui génère des flux de dépenses qui donnent lieu a une
distribution de revenus.
Kondratiev, un économiste russe a analysé ce phénomène et à donné son nom au
cycle qui fait le parallèle entre croissance et innovation. Les cycles de
Kondratiev montrent clairement que sur une première période de 25 ans, on
assiste à un bourgeonnement de produit nouveaux (qu’il définit sous le nom de
« grappes d’innovations »), parallèlement la croissance augmente aussi. Les
entreprises investissent en masse et les nouvelles innovations sont beaucoup
demandé. Les produits nouveaux suscitent une demande nouvelle, qui amène les
firmes à accroître leur production et donc à embaucher. Comme avec
l’apparition du portable qui a radicalement changé le mode de vie des gens et
qui a fait l’objet d’une véritable frénésie d’achat. Ainsi donc les technologies
récentes augmentent la croissance. Elles augmentent aussi la demande extérieure
et par conséquent les exportations qui sont une des sources majeures de la
croissance économique.
Sur la deuxième période du cycle de Kondratiev, il y a une perte de vitesse. Les
concurrents à l’entreprise innovante vont s’adapter ou couler. Il va donc y avoir
d’une part une répartition des profits qui va baisser mais aussi une baisse des
emplois. De plus lorsque que tous les consommateurs seront munis du produit
innovant ils ne voudront plus en acheter de nouveau sauf ci celui possède une
nouvelle innovation ou si il est moins cher. L’exemple le plus flagrant est
l’évolution des ventes de lecteur dvd ou de téléviseur à écran plat. Celles ci sont
en perte de vitesse car très peu de personne voit l’utilité d’acheter une deuxième
télé ou un deuxième lecteur dvd. Sauf si le produit possède une innovation,
comme l’apparition du blu-ray pour les dvd ou de la HD pour la télé, ou que les
entreprises baissent le prix de leurs produits afin d’ouvrir le marché aux
ménages moins aisée.

Mais le progrès technique n’est pas automatiquement un moteur de


croissance. Et innover pour résorber les crises est un procédé qui connaît ses
limites. Les économistes ont déjà assisté à une multiplication des innovations
technologiques pendant une période de ralentissement de la croissance. Il peut
très bien y avoir des innovations technologiques sans qu’il y est une croissance
de productivité
Ainsi l’économiste R.Solow a trouvé un paradoxe qui porte son nom et qui se
résume à cette phrase : « L’ordinateur se trouve partout sauf dans les statistiques
de la productivité. » En clair, une innovation n’augmentera pas à court terme la
productivité, ce qui n’augmentera pas la demande, par conséquent l’emploi et
donc la croissance. Il faut en effet un certain laps de temps à une innovation
pour être réellement efficace. A l’apparition des ordinateurs dans les entreprises,
il a fallu former les employés au maniement de la machine et changer
partiellement voir totalement l’organisation de l’entreprise. Les entreprises
pouvaient donc investir massivement dans les ordinateurs sans que cela est une
quelconque incidence sur leur productivité car le temps de retour de
l’investissement est supérieur au temps de génération du matériel. Il est tout de
même à noté que vers le milieu des années 1990 on assiste a une accélération
des gains de productivités. Ce qui prouve tout de même que le paradoxe de
Solow ne fonctionne qu’à court terme.
De plus les effets de la productivité (résultat du progrès technique) sur la
croissance apparaissent sous certaine condition. Ainsi le partage des gains de la
productivité doit se faire en faveur des salariés, les ménages et les entrepreneurs
se doivent d’être optimistes en l’avenir et les capacités de production des
entreprises doivent être pleinement utilisées. De plus les revenus
supplémentaires accordés aux dirigeants des entreprises ou aux actionnaires
comme les stock-options réduisent les effets de l’investissement à long terme.

Par ailleurs, la théorie du déversement qui est sensé marché sur le papier connaît
bien sur des limites. Le « déversement » n’est absolument pas automatique,
surtout à court terme. Car il faudrait demander aux salariés une mobilité parfaite.
Aussi bien géographique que professionnel. Ce qui ne peut pas être le cas tant
que les humains ne seront pas des machines à produire.
Nous avons vu que la destruction créatrice des emplois correspondait aussi a un
changement radical du secteur de travail dans la majorité des cas. Ce qui veut
donc dire une totale reconversion de qualification pour les employés, ce qui est
très difficile à accomplir. Très peu d’ouvrier manuelle qui travaillent à la chaîne
en usine ont les compétences requises pour travailler derrière un bureau ou gérer
des dossiers. Il faut accomplir une remise à niveau qui est un frein à la recherche
d’emploi. On assiste donc à un « chômage technologique » qui exclu une parti
de la population active de tradition ouvrière et qui est condamné à disparaître à
plus ou moins long terme. Mais en attendant le chômage fait des ravages parmi
cette population.
Pour éviter ces désagréments il faudrait mettre en place une formation continu
du personnel mais cela couterait sans doute cher a l’Etat ou aux entreprises sans
garantit de réussite au bout du compte.

Le progrès technique a donc des effets nuancé sur la croissance


économique. Je pense tout de même qu’il reste indispensable à l’évolution de
notre société. Aussi bien culturelle qu’économique. Et que pourquoi pas,
atteindrons-nous une société complètement aboutis au niveau de l’innovation de
la production et qui ne demanderait plus aucune main d’œuvre si ce n’est pour
l’entretien des machines. Ainsi chaque progrès technique aurait
automatiquement un effet positif sur la croissance et il n’y aurait plus de
problème de chômage technologique.
Les technologies récentes ne sont donc pas forcément à l’origine de la
croissance mais y contribue tout de même. Il suffit de se souvenir de la frénésie
de consommation apparu pendant les 30 glorieuses qui tira vers le haut durant
30 ans la croissance des pays occidentaux. Il faut penser dans le long terme pour
voir de réelle avancé grâce au progrès technique mais il est certain que toute
nation qui n’investira pas assez dans la recherche et le développement se
retrouvera a la traîne a coté des autres et subira des pénalités économiques
fortes.
De plus il est urgent pour le monde d’innover dans de nouveaux modes de
productions, dans les matières premières, et les moyens de transport. Il n’y a
peut être pas de but lucratif mais il en va de la survie de l’Humanité a long terme
et il est impossible de ne pas en parler avec l’actualité. Je pense notamment au
Sommet de Copenhague sur le climat ou les principaux pays industrialisé vont
discuter ce qu’il convient de faire pour sauver la Terre.