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MODELES DE PROPAGATION

POUR L’INGENIERIE RADIO CELLULAIRE

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Date 14/01/2016
Auteur (s) Dr. Hatem MOKHTARI
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Document établi sous la responsabilité des signataires


Rédaction Approbation
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Modèles de propagation

MODELES DE PROPAGATION
POUR L’INGENIERIE RADIO CELLULAIRE

RESUME :
Après quelques rappels généraux de propagation, ce document décrit les principaux
modèles de la littérature utilisés dans les outils d’ingénierie radio-cellulaire. Les modèles
implantés dans l’outil PlaNET sont ensuite décrits

Diffusion de ce document soumise à l'autorisation de MSI France i


SOMMAIRE

I. INTRODUCTION

II. NOTIONS DE PROPAGATION

II-1 Modèle espace libre.

II-2 « Modèle de terre plate » - Réflexion sur le sol.

II-3 Ellipsoïde et zone de Fresnel

II-4 Rayon terrestre équivalent.

II-5 « Modèle de terre sphérique » - Réflexion sur le sol.

II-6 « Modèle de terre rugueuse » - Effet de la rugosité.

II-7 Diffraction sur la terre.

II-8 Diffusion troposphérique


II-8.a La méthode NBS
II-8.b La méthode UIT-R [CCIR 2]

II-9 Diffraction sur une arrête.

II-10 Diffraction sur plusieurs arrêtes.


II-10.a Méthode de Vogler [Vogler 1981], [Vogler 1982].
II-10.b Méthode de Deygout [Deygout 1966], [Deygout 1991], [Deygout 1992].
II-10.c Méthode de Epstein-Peterson [Epstein 1953].
II-10.d Méthode de Bullington [Bullington 1947].
II-10.e Méthode de Walfisch-Ikegami [Walfisch 1988], [Ikegami 1984], [COST 231].

III. MODELES PROPOSES DANS PLANET

III-1 Modèles macrocellulaires.


III-1.a Modèle « Okumura » (défini dans « Model ‘style’ »).
Modèle « standard Okumura Hata ».
Modèle « NTT Experiment Report 1967 ».
III-1.b Modèle « General ». (défini dans « Model ‘style’ »).
Le modèle
Les mesures servant au calibrage.
Exemple de procédure de calibrage du modèle.
Utilisation du modèle de diffusion troposphérique.
III-1.c Paramètres et facteurs de corrections des modèles.
Paramètres des modèles.
Facteurs correctifs.
• Facteur de correction de la hauteur effective d’antenne. « Eff. BS ant. ht »
• Facteur de correction des irrégularités du terrain. « Rolling hilly »
• Facteur de correction fine des irrégularités du terrain. « Rolling hilly fine »
• Facteur de correction de l’inclinaison du terrain. « Inclination »
• Facteur de correction pour les trajets maritimes. « Sea/lake »
• Facteur de correction pour les zones suburbaines. « Suburban area »
• Facteur de correction pour les zones dégagées. « Open area »
• Facteur de correction prenant en compte une arrête du profil. « Knife edge »
• Facteur de correction prenant en compte plusieurs arrêtes le long du profil. « Multiple
knife edge »
• Facteur de correction fonction de la densité de bâtiments. « Building density »
• Facteur de correction de la hauteur de l’antenne de réception. « Mobile ant. ht »
III-1.d Modèle « Walfisch ».
III-1.e Prise en compte du diagramme d’antenne

III-2 Modèle microcellulaire


III-2.a Affaiblissement en visibilité.
III-2.b Affaiblissement en non visibilité.
III-2.c Affaiblissement de pénétration dans les bâtiments.

III-3 Interface PlaNET avec d’autres modèles.

IV. TRAITEMENT ET MISE AU FORMAT DES DONNEES

REFERENCES
I. INTRODUCTION

Le but des modèles de propagation dans un outil d’ingénierie tel que PlaNET est d’aider les
services opérationnels à déployer ou à faire évoluer un réseau de télécommunication radio-mobile
en limitant le nombre de campagnes de mesures. Pour un nouveau site d’émission, l’opérateur a
besoin de connaître la zone couverte utile (c’est à dire la zone pour laquelle le champ reçu par un
mobile sera suffisant pour assurer une liaison de bonne qualité) et la zone brouillée (c’est à dire la
zone pour laquelle le champ issu de l’ensemble des autres stations de base risque de perturber la
liaison). En l’absence de modèles de propagation, l’opérateur devra effectuer des campagnes de
mesures pour chaque site installé, voir même après chaque ajustement des caractéristiques de la
station de base. Un modèle de propagation performant permet de limiter le nombre de campagnes
de mesures à un rôle d’ajustement du modèle et de validation générale du réseau déployé. Outre
cet aspect purement financier, un bon modèle, associé à un outil d’ingénierie performant offre des
indications précieuses pour le choix des sites d’émission et de leurs caractéristiques (station de
base) permettant de proposer efficacement, c’est à dire rapidement et à moindre coût, le pré-
design d’un réseau radio-mobile. De fait, les modèles de propagation constituent la clef de voûte
des outils d’ingénierie radioélectrique. Du fait de ce rôle stratégique, de nombreuses études sont
menées pour proposer des modèles adaptés. En effet, si les phénomènes électromagnétiques que
l’on rencontre sont bien identifiés et connus (diffraction, réflexion, absorption, transmission,
diffusion et guidage), la variété des situations et la complexité des environnements constituent la
difficulté principale pour la mise au point d’un modèle de propagation. La disponibilité des
données caractéristiques de ces environnements constitue souvent une limitation à une approche
purement physique de la propagation : on peut considérer que tout élément dont les dimensions
sont de l’ordre ou supérieures à la longueur d’onde doivent être considérés. A 900 MHz, la
longueur d’onde est de 30 cm !.
Dans la littérature, on a vu apparaître trois types de modèles :
 Les modèles physiques. Assortis d’hypothèses simplificatrices, principalement au niveau de
la représentation de l’environnement, ces modèles utilisent des équations «physiques» pour
estimer l’effet de l’environnement sur la propagation. Ils nécessitent des bases de données
relativement précises, sont gourmands en temps de calcul, très sensibles à la précision des
bases de données et de fait présentent souvent des performances assez moyennes, leur plus
gros avantage est leur robustesse et une connaissance précise de leur domaine de validité.
L’approche la plus utilisée pour ce type de modèle est la technique dite de «lancer de
rayon».

 Les modèles statistiques. Du fait de la complexité des environnements et le nombre de


paramètres à prendre en compte, une approche purement statistique est souvent proposée.
Ayant effectué un grand nombre de mesures, représentatives des environnements que l’on
est sensé rencontrer, ayant identifié quelques paramètres caractéristiques des liaisons (par
exemple : distance émetteur récepteur, type d’environnement (rural, sub urbain, urbain,
urbain dense, ...), fréquence, ...) une expression de l’affaiblissement de propagation en
fonction des paramètres caractéristiques est proposée à l’aide de techniques de régression à
partir des mesures. En général, ces modèles ne nécessitent que peu d’informations
caractéristiques sur l’environnement, sont très rapides en temps de calcul ; leur domaine de
validité dépends exclusivement de la distribution des mesures utilisées. On distingue deux
types de modèles statistiques :

 les modèles généraux, sensés prendre en compte tout type de situation. Les performances de
tels modèles sont très moyennes. Ils servent généralement de modèles de références et peuvent
être utilisés pour faire un pré-dimensionnement de réseau. Leurs performances sont en général
insuffisantes pour effectuer l’ingénierie d’un réseau.

 les modèles ponctuels, permettant d’affiner localement la prédiction. En toute rigueur, ces
modèles ne sont valables que sur les mesures ayant servi à les mettre au point. Le domaine de
validité est souvent difficile à quantifier, ce qui rend leur utilisation très délicate.

 Les modèles hybrides. Avec le développement des réseaux radio-mobiles et des contraintes
d’ingénierie associées, une nouvelle génération de modèles s’est beaucoup développée.
Partant de formulations physiques du problème et de campagnes de mesures, des modèles
hybrides (utilisant à la fois des expressions physiques et des techniques de régression
statistiques) ont été proposés. Du fait de l’utilisation de formulations physiques des
phénomènes rencontrés, ces modèles sont plus robustes que les modèles statistiques, du fait
de l’utilisation de techniques de régression ils sont en général plus précis et mieux adaptés
aux bases de données disponibles que les modèles physiques. En contre partie, ces modèles
sont plus gourmands en temps de calcul et en base de données que les modèles statistiques
et l’utilisation de mesures rend leur domaine de validité difficile à déterminer. Si ils
constituent, sans conteste, les modèles les mieux adaptés à l’ingénierie de réseaux radio-
cellulaires, ces modèles hybrides sont délicats à mettre au point, principalement par le choix
des campagnes de mesures à utiliser.

Suivant le type de réseau que l’opérateur cherche à développer et la phase de l’ingénierie à


considérer ces types de modèles sont plus ou moins adaptés : il serait ridicule d’utiliser un modèle
physique pour effectuer le dimensionnent d’un réseau de radiomessagerie en zone rurale, à
l’inverse, un modèle statistique global ne permettrait pas de densifier un réseau cellulaire en zone
urbaine. Une bibliothèque de modèles et une bonne connaissance de leur domaine d’utilisation
sont donc indispensables dans un outil d’ingénierie radio-mobile.
Ce document se décompose en trois parties. Dans la première, nous rappellerons les notions
de propagation utilisées par les principaux modèles de la littérature. Nous présenterons ensuite les
modèles proposés dans PlaNET avec leur mode d’utilisation et leur domaine d’application. La
dernière partie est consacrée aux bases de données et à leur utilisation par les modèles.
II. NOTIONS DE PROPAGATION

La propagation des ondes électromagnétiques est régie par les équations de Maxwell. Celles
ci permettent de formaliser l’évolution d’une onde électromagnétique se propageant dans
n’importe quel environnement, si complexe soit il, sous forme d’équations. Cependant, la
difficulté de résolutions de ces équations augmente avec la complexité de l’environnement. On est
alors amené à proposer des hypothèses simplificatrices permettant de traiter le problème de façon
relativement simple.

II-1 Modèle espace libre.

Considérons l’environnement le plus simple qui soit : une source isotrope rayonnante dans
le vide.
A i  k .d t 
Le champ rayonné par cette source prend la forme : u (d, t )  .e
d
En un point de l’espace, à une distance d de la source, l’intensité de l’onde est définie par :
2
c A
I  . (c vitesse de la lumière)
8 d

En se propageant, l’énergie rayonnée va s’étendre spatialement à la surface d’une sphère


(l’intensité est proportionnelle à 1/r²).

On en déduit l’affaiblissement de propagation d’une onde en espace libre en fonction de


la distance et de la fréquence :
 4   d  f 
Ao  20.log10  . f . d   20.log10    20.log10    27.6 dB
 c   m  MHz 
(1)

R
d

source ponctuelle

Figure 1 : Propagation en espace libre

Tout se passe comme si, l’énergie transmise de l’émetteur au récepteur s’était propagée le
long d’un rayon (droite joignant l’émetteur au récepteur) en subissant un affaiblissement Ao.
Pour établir une liaison radiomobile, on considère des antennes d’émission et de réception
placées à la surface de la terre. Différents types d’obstacles viendront perturber le mécanisme de
propagation en espace libre présenté ci dessus.

Quand une onde rencontre un obstacle, on distingue principalement quatre mécanismes


d’évolution de l’onde :
• réflexion sur l’obstacle,
• diffraction sur l’obstacle,
• transmission et absorption à travers l’obstacle
• et diffusion par l’obstacle.

Le ou les mécanismes principaux à prendre en compte vont dépendre de la géométrie et


des propriétés diélectriques de l’obstacle.

II-2 « Modèle de terre plate » - Réflexion sur le sol.

La terre constitue un premier obstacle pour les ondes émises. Dans ce cas, la réflexion
constitue le mécanisme à considérer. Une façon simple de modéliser la réflexion sur la terre
consiste en une approche à deux rayons. On considère un premier rayon pour la propagation en
espace libre et un second rayon représentant l’énergie arrivant au récepteur après avoir été
réfléchie par la terre.

E
d’
d’1
he 
d’2
 hm

Figure 2 : réflexion sur le sol

Ces deux rayons vont interférer, c’est à dire que l’énergie reçue par le récepteur ne sera pas
la somme des énergies reçues, elle dépendra de la différence de phase (e.g. distance parcourue)
entre les deux rayons. En utilisant les notations de la figure n° 2 :
 4  d'
Ao  20.log10  . f . d   20.log10 1  * R. exp  jk(d 'd '1 d ' 2 ) dB
 c  d '1 d ' 2
(2)
où R est le coefficient de réflexion sur le sol pour l’angle  (R>0).
Dans le cas des liaisons mobiles,  sera en général faible ( R  1 et d’  d’1+d’2).

On en déduit l’affaiblissement de propagation pour un modèle de « terre plate » en


fonction de la distance d, de la fréquence f et des hauteurs d’antennes émetteur h e et mobile
hm :
 4    4 f  
Ao  20.log10  . f . d   10.log10  2  2. cos he hm   dB
 c    c d  
(3)

On peut ainsi voir qu’à longues distances l’affaiblissement est proportionnel à 40.log 10(d) et
non plus 20.log10(d) comme pour l’espace libre.

Comparaison des affaiblissements en espace libre et


pour le modèle avec réflexion sur le sol

160
affaiblissement (dB)

140 Espace libre


Réflexion sur le sol
120

100

80

60
100 1000 10000 100000
distance (m)

Figure 3 (he=30 m, hm = 1.5 m, f = 900 MHz)

Lorsque he et hm deviennent grands (non négligeables devant d) le rapport d’/(d’ 1+d’2) et le


coefficient de réflexion R diminuent. Le second terme de l’équation (2) devient négligeable ; on
retrouve alors l’expression de l’espace libre.

II-3 Ellipsoïde et zone de Fresnel


Il n’est pas nécessaire de considérer tous les obstacles de l’univers pour prédire le champ en
un point. Du fait de l’affaiblissement de propagation lié à la distance, l’influence des obstacles
lointains sera en général négligeable. Pour simplifier l’analyse d’une liaison entre deux points, on
décompose l’espace en une famille d’ellipsoïdes dit de Fresnel. Un point P appartient à l’ellipsoïde
n si l’inégalité suivante est remplie :
EP+PM  EM+n/2
où E et M représentent les deux extrémités de la liaison.

d1 d2

rayon direct
E n=1 M

n=2

n=3

Figure 4 : ellipsoïde de Fresnel.

Le premier ellipsoïde défini la zone de Fresnel.

On considère qu’une liaison est dégagée lorsque aucun obstacle n’est présent dans la
zone de Fresnel.

 d1d 2 
Le rayon de l’ellipsoïde est défini en tout point par :   (avec les notations de la
 d1  d 2 
figure 4).

II-4 Rayon terrestre équivalent.

Dans l’atmosphère, la propagation va subir les variations de l’indice de réfraction de l’air.


Cet indice de réfraction dépend de la pression, de la température et de l’humidité A petite échelle
les variations sont très difficile à prédire parce que très irrégulières et conduisent à des effets
relativement limités dans les bandes de fréquence VHF et UHF. A grande échelle, les variations à
prendre en compte sont liées à la décroissance de la pression atmosphérique avec l’altitude et sont
stables dans le temps. Elles se traduisent par une modification du rayon terrestre apparent. Du
point de vue de l’onde, tout se passe comme si le rayon terrestre était :
RT
Re 
dN
1 RT * 10 6
dh

Re est le rayon équivalent de la terre,
RT est le rayon réel de la terre = 6370 km,
dN
est le gradient du co-indice de réfraction (des tables de valeurs sont disponibles à
dh
l’UIT).

dN
Pour une atmosphère normale (zones tempérées), = -39.27 km-1, ce qui correspond
dh
à un rayon équivalent de 8500 km, soit approximativement 4/3 du rayon terrestre réel.

Remarque : cette modification du rayon terrestre n’aura que peu d’incidence sur
l’affaiblissement en espace libre, par contre elle pourra changer de façon notable l’affaiblissement
de diffraction pour des liaisons à longues distances.

II-5 « Modèle de terre sphérique » - Réflexion sur le sol.

La prise en compte de la réflexion sur le sol dans le cas d’un modèle de terre sphérique est
un peu plus compliqué que dans le cas d’une terre plate. Il faut commencer par déterminer le
point de réflexion (toujours défini par l’égalité des angles incident et réfléchi) :
d
d1 
2
 1  b
d
d 2   1  b
2
  3c  
m 1  1 3m
avec b2 cos   arccos  
3m  3 3  2  m  1
3 
  
 

c
 he  hm  m
d2
et
 he  hm  4Re  he  hm 

(notations de la figure 5)
Du fait de la courbure de la surface réfléchissante, le calcul du coefficient de réflexion fait
intervenir un facteur de divergence :

Rdiv 

1  m 1  b2  .R

1  m 1  3b2 
E
d’
d’1 M
he d’2
  hm

d1 d2

Re
2
1

Figure 5 : réflexion sur une terre sphérique

Il ne reste plus qu’à introduire ces paramètres dans la formule (2).


Cette approche du problème n’est valable que si le rayon direct n’est pas obstrué (c’est à
dire que la droite EM ne croise pas la surface de la terre), dans ce cas il est nécessaire de faire
intervenir un mécanisme de diffraction.

II-6 « Modèle de terre rugueuse » - Effet de la rugosité.

Dans les paragraphes précédents nous avons supposé que la surface de la terre constituait
un réflecteur parfaitement lisse. La rugosité effective de cette surface va diminuer le coefficient de
réflexion. Seuls les éléments dont la dimension est supérieure à la longueur d’onde auront une
influence. Pour les caractériser, on introduit un paramètre h : écart type de la distribution des
hauteurs des irrégularités dans la zone de réflexion. Un modèle simple de prise en compte de la
rugosité de la terre consiste à multiplier le coefficient de réflexion R div par la quantité  définie
par :
  h sin   
2

  exp 8 2   
avec les notations de la figure 5.
    
 

Ce paramètre est défini comme le critère de rugosité de Rayleigh.


En introduisant ce paramètre dans l’équation (2), on obtient une formulation de
l’affaiblissement de propagation pour un « modèle de terre rugueuse », dans le cas d’une
liaison en visibilité :
 4    2  
. f . d   10.log10  1   Rdiv   2. Rdiv . cos
2
Ao  20.log10  f  dB
 c    c  
(4)

 représente la différence de trajet entre l’onde directe et l’onde réfléchie.

II-7 Diffraction sur la terre.

Lorsqu’un obstacle obstrue le rayon direct, les modèles proposés précédemment ne


s’appliquent plus (la réflexion n’a plus de sens). On montre cependant qu’une part de l’énergie est
reçue derrière l’obstacle, c’est le mécanisme de la diffraction de l’onde sur l’obstacle. Suivant la
forme et la taille de l’obstacle, on utilise deux formalismes de modélisation différents.
Commençons par des obstacles arrondis de grande dimension (très supérieure à la longueur
d’onde), et par le plus gros d’entre eux : la terre. Pour des liaisons à longues distances, le trajet
direct peut être obstrué par la surface de la terre. On défini comme zone de diffraction sphérique
la zone d’ombre de la terre vue de l’émetteur (c.f. figure 6). Dans cette zone les liaisons sont dites
transhorizon. Pour modéliser l’affaiblissement de propagation de ces liaisons on utilise un modèle
de terre sphérique parfaitement lisse et la série des résidus de Bremmer. Une formulation
approchée (au premier ordre) de l’affaiblissement résultant se met sous la forme (Rec. UIT-R :
[CCIR 1]) :

 4 
Ao  20.log10  . f . d    F ( X )  G (Ye )  G (Ym ) dB
 c 
(5)

avec : F (X )  11  10 log10  X   17.6X dB, (6)


terme d’influence de la distance (expression approchée valable pour X>1)
1
   3
où X   2
 d
 Re 

 est un terme correctif, toujours égal à 1 en polarisation horizontale et variant entre 0.47 et
1 en polarisation verticale (ce terme dépend des caractéristiques diélectriques du sol, du rayon de
l’obstacle et de la longueur d’onde).
 17.6 Y  11
 i .  2  5 log10  Yi  11.   8 pour Yi  2
1




20 log10 Yi  01 
. Yi
3
 pou 10 K  Yi  2
K
G(Yi )    Yi    Yi   pour  Yi  10 K dB,
 20 log10  K   9 log10   .  log10    1 10
  K   K  K
 2  20 log10  K  pour Yi 
 10
(7)

terme de gain de hauteur d’antenne


1
 2  3
où Yi  2 2  hi avec i =e ou m
  Re 

et K est le facteur normalisé d’admittance de surface

zone de diffraction sphérique


horizon
zone de visibilité
Terre

Figure 6 : Zone de diffraction sphérique.

Pour prendre en compte les irrégularités de la surface terrestre, une solution consiste à
remplacer les hauteurs d’antenne he et hm dans l’expression de Ye et Ym par des hauteurs d’antenne
effectives.

II-8 Diffusion troposphérique

Lors du calcul de l’affaiblissement de propagation d’une liaison radioélectrique, le


phénomène de diffusion troposphérique doit être pris en compte dans le cas des grandes distances
(en général supérieures à 100 km). En effet, ce mode de propagation est alors responsable d’un
affaiblissement plus faible que celui qui résulterait de la diffraction par la courbure terrestre ou par
des obstacles, donc d’un niveau de champ plus fort.
Plusieurs méthodes  basées chacune sur des résultats empiriques  permettent d’évaluer
l’affaiblissement moyen dû à la propagation par diffusion troposphérique. Nous présentons ici un
résumé de deux d’entre elles : la méthode NBS et celle recommandée par l’UIT-R et proposée
dans PlaNET.

II-8.a La méthode NBS

Cette méthode a été définie en 1966 par Longley, Rice et al. dans la note technique n°101
publiée par le National Bureau of Standards [NBS]. Mentionnons que cette note a subi plusieurs
révisions successives et qu’il n’est pas certain que les formules que nous présentons en constituent
bien la dernière version.
Les principales données utilisées par la méthode sont définies sur la figure 7 et explicitées
ci-dessous :
- d est la distance émetteur/récepteur mesurée le long du grand cercle, exprimée en km.
• Re est le rayon terrestre équivalent exprimé en km.
-  e ,  r sont les angles de site côté émetteur et côté récepteur, exprimés en radians.
d
-    e   r  R représente l’angle de diffusion, en radians.
e

On définit également la fréquence f exprimée en MHz et l’indice de réfraction N s tel que


[NBS] :


k  1  0.04665 exp 0.005577N s  
1

Selon la méthode NBS, une expression approchée de l’affaiblissement moyen de


propagation dû à la diffusion troposphérique (incluant la propagation en espace libre) s’exprime
par :
AdB  30 log10 f  20 log10 d  F  d 

avec :
F  d 
: fonction d’atténuation, connue sous forme de courbes empiriques et
d’approximations analytiques de ces courbes. Cette fonction dépend de l’indice de réfraction N s
et d’un paramètre appelé coefficient d’asymétrie s , compris entre 0 et 1, défini par :
 0 0 
s  Min  , 
 0  0 

où  0 et  0 sont définis sur la figure 8.


Pour chaque valeur de l’indice de réfraction, on obtient un réseau de courbes paramétrées
selon le coefficient d’asymétrie. Une approximation analytique de F(d) existe dans certains cas.
En l’utilisant, on obtient les expressions suivantes pour la valeur usuelle de l’indice de réfraction
N  301 ( k  1. 33 ) :
0.01  d  10 ,
10  d  70 ,
d  70 , 0.7 

r
e
N iv e a u d e la m e r R
E
d - dH e  dH r

hr
he

figure 7 : Notations utilisées par la méthode NBS

N iv e a u d e la m e r 0 R
E 0

figure 8 : Définition des angles  0 et  0 .

II-8.b La méthode UIT-R [CCIR 2]

Le calcul de la diffusion troposphérique a fait l’objet d’une recommandation de l’UIT-R. La


méthode proposée permet le calcul de l’affaiblissement moyen dû à la diffusion troposphérique
pour un pourcentage de temps de 50% (et d’une manière plus générale pour tout pourcentage de
temps q , mais nous nous restreindrons ici à q  0. 5 ). Cet affaiblissement s’écrit en conservant les
notations et unités précédentes, à l’exception de l’angle de diffusion  exprimé ici en milliradians :
 f   d    
AdB  M  30 log10    10 log10    30 log10    AN  AC  Ge  Gr dB
 MHz   km   mrad 
(8)

où : - AC : perte de couplage entre les antennes et le milieu, donnée par la formule


AC  0.07 exp 0.055 Ge  G r   .

- Ge , Gr : gains des antennes d’émission et de réception.


- AN : terme permettant de tenir compte de l’altitude de la base du volume
commun aux faisceaux des antennes (c.f. figure 9), selon la formule :
AN  20 log10  5  H   4.34 h

d
H  10 3  ( km )
4
a
h  10 6  2 ( km )
8

 : paramètre de structure atmosphérique dépendant du climat.

Volume commun

E
Terre R

Figure 9 : Volume commun aux faisceaux des antennes d’émission et de réception.

- M : paramètre de structure météorologique dépendant du climat.

Les paramètres M et  ont des valeurs différentes selon les climats. Ces valeurs sont
données sous forme de tableau dans la recommandation de l’UIT-R : retenons en particulier
M  29. 73 dB et   0. 25 km 1 pour le climat continental tempéré.

II-9 Diffraction sur une arrête.


Selon la théorie de Fresnel, l’affaiblissement de diffraction par une arrête a pour expression
approchée (avec les notations de la figure 10) :

E d1 d2 M

h : hauteur de l’arrête par rapport à la droite joignant l’émetteur au récepteur.


Convention de signe : sur la figure, h et  sont positifs.

Figure 10 : diffraction par une arrête.


1   2
Addiff  20 log10
1 j  exp j t  dt
2 
dB

(9)
2 1 1
avec v   h cos     
  d1 d 2 

Cette expression n’est valable que pour  < 12 °.

En pratique, on utilise souvent l’expression approchée proposée par Deygout [Deygout


1992] :

Adiff  0 , si h / r  0.5
Adiff  6  12h / r , si  0.5  h / r  0.5
Adiff  8  8 h / r , si 0.5  h / r  1
(10)
Adiff  16  20 log10  h / r  , si h / r  1

d1d 2
avec : r  , rayon de l’ellipsoïde de Fresnel.
d1  d 2

Sur la figure 11, on a tracé l’évolution comparée de l’affaiblissement de diffraction en


fonction du rapport d’engagement de l’arrête dans l’ellipsoïde de Fresnel : h/r pour la formule de
Fresnel (8) et pour l’expression approchée de Deygout (9) .
On peut voir sur la figure 11 que l’on a un affaiblissement non négligeable même lorsque h <
0, c’est à dire même lorsque le trajet direct est dégagé de tout obstacle. Lorsque h/r est inférieur à
-1 (arrête hors de la zone de Fresnel) l’affaiblissement de diffraction oscille autour de 0 avec une
faible amplitude (inférieure à 2 dB), ce qui légitime de ne considérer que les obstacles présents
dans cette première zone de Fresnel. Lorsque h = 0 (incidence rasante sur l’arrête)
l’affaiblissement de diffraction est de 6 dB (on perd la moitié du champ). Pour les valeurs de h > 0
on constate que l’affaiblissement de diffraction augmente rapidement avec l’engagement dans la
zone de Fresnel : lorsque h = r (zone de Fresnel totalement obstruée) l’affaiblissement est de 16
dB.

A dB
diff
30
Formule approchée
de Deygout 25

Formule de Fresnel 20

15

10

5
h/r
0
-3 -2 -1 0 1 2 3
-5

Figure 11 : évolution de l’affaiblissement de diffraction en fonction de l’engagement de l’arrête


dans l’ellipsoïde de Fresnel.

Lorsque  dépasse 12, le calcul de Fresnel n’est plus applicable. L’erreur commise par
rapport à la solution de Sommerfeld (exacte, faisant intervenir la polarisation de l’onde) peut
atteindre 8 dB pour des angles de diffraction de l’ordre de 70° (la formule de Fresnel est
pessimiste pour une polarisation verticale). Ce cas, qui est exclu pour des liaisons de type
faisceaux hertziens, se produit cependant fréquemment en milieu urbain : diffraction d’une onde
sur un bâtiment élevé voisin du récepteur. En général, les modèles de propagation prennent en
compte cette erreur en proposant une correction du modèle en fonction de l’environnement
proche du mobile.

II-10 Diffraction sur plusieurs arrêtes.

Le calcul rigoureux de la diffraction par plusieurs arrêtes est en général très lourd voir
impossible. Un grand nombre de méthodes de calcul approchées ont été proposées.
II-10.a Méthode de Vogler [Vogler 1981], [Vogler 1982].

Une des méthodes les plus rigoureuses a été proposée par Vogler.

+
 n

h n-1 h n h n+1

rn r n+1
N

Figure 12 : diffraction multiple.

1 1
 rm rm  2  2
 ikrm rm 1 
2
En posant :  m   et : m  m  
  rm  rm 1 rm 1  rm  2    2 rm  rm 1 

l’atténuation du champ par rapport à la propagation en espace libre s’exprime :


N
1  2   
  N
 
N
  e exp   xi
2
A C N e   .... 2f
  dx 1... dx N
2N   1 N  i 1  

N 1 N

avec : f   m  xm  m  xm 1  m 1 N2 N  


m 1
m
2

m 1

1
N 1
 r2... rN . rT  2
et : CN    N2 rT  r
  r1  r2  ...  rN  rN 1 
m
m 1

En développant en série de puissances le terme e 2f, et en utilisant les fonctions


intégrales de la fonction d’erreur :


1 2
I  n,    x  
n 2
e  x dx
n!  

1
On obtient : A
2N
CN e N
 Im
m 0

m N 
mN  3
  m  m  ! 
Im  2  ...     mi 1 m i 1 !  m i I  ni ,  i 
m
m i 1
avec :
m 0
1 m  0 i 1 
N2 i i 1 

Cette méthode est précise mais gourmande en temps de calcul. Elle ne peut être utilisée
pour l’ingénierie d’un réseau mais elle peut servir de méthode de référence.

II-10.b Méthode de Deygout [Deygout 1966], [Deygout 1991], [Deygout 1992].

Le principe de cette méthode est simple et a été développé pour l’estimation rapide de
l’affaiblissement de diffraction pour établir des liaisons hertziennes dans les bandes UHF et VHF.
Le calcul de la diffraction est basé sur l’expression approchée de Fresnel (9).

C’est une méthode de calcul itérative. Considérons un profil de diffraction quelconque (c.f.
figure 13-a). On identifie le pic P1 présentant l’affaiblissement de diffraction maximum (chaque pic
étant considéré individuellement) pour une liaison entre l’émetteur (E) et le récepteur (M). Adiff1
est l’affaiblissement correspondant à ce pic, calculé avec la formule approchée de Fresnel (9). De
part et d’autre de ce pic P1, on réitère l’opération pour une liaison entre E et P 1 et entre P1 et M.
On identifie ainsi P2 et P3 ainsi que les affaiblissements de diffraction Adiff2 et Adiff3. On considère
ensuite les liaisons E-P2, P2-P1, P1-P3 et P3-M. On détermine ainsi P4,P5, P6 et P7 et les
affaiblissements de diffraction Adiff4, Adiff5, Adiff6 et Adiff7 correspondant. On réitère cette opération
jusqu’à ce que l’affaiblissement de diffraction de tous les pics du profil ait été calculé.

Adiff1

h1

E P1 M

Adiff1

Adiff2 Adiff3

h2 h3
E P2 P1 P3 M

Adiff1

Adiff2 Adiff4 Adiff5 Adiff3

Adiff6 Adiff7

E P6 P2 P4 P1 P5 P3 P7 M

Figure 13-a : Construction pas à pas du profil de diffraction - Méthode Deygout.

On en déduit ensuite l’affaiblissement de diffraction total en sommant les différents termes :


A diff =  A diff i
i

Cette méthode surestime l’affaiblissement de diffraction lorsque des pics voisins sont
également engagés dans la liaison. En s’inspirant des travaux de Millington, Deygout introduit
ensuite un terme correctif [Deygout 1991]. Lors du calcul pas à pas, à chaque étape, on considère
les couples de pic identifiés (P1,P2 et P1,P3 à l’étape 2 du cas représenté sur la figure 13-a). Pour
chacun de ces couples, on calcul le terme correctif suivant (avec les notations de la figure 13-b) :

2p
  2    q
TC   12  20 log10      ,0 q  p
  1  /     p 
 0 , q  0 ou p  0

h1 h d1 d2  d 3   d1  d2  d 3
avec : p  2 , q  2 2 , r1  et r2 
r1 r2 d1  d2  d 3 d1  d2  d 3

p est relatif au pic principal et q au pic secondaire.

Adiff1

Adiff2
E P2 P1 M

d3 d2 d1

Figure 13-b : Calcul du terme correctif.

La prise en compte de ce terme correctif s’avère particulièrement importante lorsque les


arrêtes du profil de diffraction sont de hauteurs voisines et lorsque la distance entre pics du profil
devient faible.

Pour la figure 13-a, l’affaiblissement de diffraction avec la méthode de Deygout prend la


forme :

Adiff=Adiff1+Adiff2+TC1-2+Adiff3+TC1-3+Adiff4+TC2-4+Adiff5+TC3-5+Adiff6+TC2-6+Adiff7+TC3-7

Cette méthode est bien adaptée aux profils présentant peu de pics de diffraction obstruant la
liaison ( 5) et espacés de façon régulière. En environnement urbain, lorsque le mobile est dans
une rue encaissée, il est nécessaire de corriger l’affaiblissement de diffraction calculé entre le
dernier immeuble et le mobile (en général >> 12°). Elle est applicable dans les bandes UHF et
VHF.

II-10.c Méthode de Epstein-Peterson [Epstein 1953].

Comme pour la méthode de Deygout, le principe de cette méthode est simple et a été
développé pour l’estimation rapide de l’affaiblissement de diffraction pour établir des liaisons
hertziennes dans les bandes UHF et VHF. Le calcul de la diffraction est en général basé sur
l’expression approchée de Fresnel (9).

Considérons le profil de diffraction de la figure 14. Les pics à considérer sont identifiés par
la méthode de « la corde tendue » : on tends une corde entre l’émetteur et le récepteur, les pics de
diffraction sont identifiés par les ruptures de pente de la corde. L’affaiblissement de diffraction
Adiff1 correspondant au pic i est estimé à l’aide de la formule de Fresnel appliquée en considérant
que l’on a une liaison entre le pic i-1 et le pic i+1 obstruée par le pic i. Ainsi, sur la figure 14, Adiff1
est calculé en considérant une liaison entre E et P 2. Cette opération est ensuite répétée pour les
pics suivants (Adiff2 est calculé entre P1 et P3), jusqu’au récepteur M.

On notera que cette méthode ne considère que les pics de diffraction obstruant la liaison.
Souvent, un calcul complémentaire, prenant en compte les pics de diffraction n’obstruant pas la
liaison (présentant un affaiblissement de diffraction inférieur à 6 dB) est utilisé pour compléter
cette méthode (par exemple en considérant le pic de diffraction principal entre chaque pic identifié
par la méthode de la corde tendue et en appliquant le calcul de Fresnel pour ce pic).
Comme pour la méthode précédente, on note une dégradation de l’estimation lorsque les
pics de diffraction sont trop proches les uns des autres. Par défaut, aucun terme correctif n’est
défini, il est cependant conseillé d’en ajouter un lorsque la résolution spatiale du profil de
diffraction augmente.

Cette méthode est bien adaptée lorsque les bases de données sont assez imprécises (pas
d’information de sursol, résolution spatiale de l’ordre de la centaine de mètres). Elle marche par
contre mal en environnement urbain, lorsque l’on dispose d’informations précises sur les hauteurs
de bâtiments. Elle est applicable dans les bandes UHF et VHF.

E P1 P2 P3 M
« profil de la corde tendue »

Adiff2

Adiff1 Adiff3
h1

E P1 P2 P3 M
d1 d2
Adiff2

Adiff1 h2 Adiff3

h1 h3

E P1 P2 P3 M

Figure 14 : Construction du profil de diffraction - Méthode Epstein Peterson.


II-10.d Méthode de Bullington [Bullington 1947].

La méthode de Bullington est une des premières méthodes à avoir été proposée pour
calculer la diffraction sur plusieurs arrêtes. Elle est très simple, le principe est de remplacer
l’ensemble des arrêtes engagées dans la première zone de Fresnel par une seule arrête équivalente,
sur laquelle le calcul de Fresnel sera effectué. L’arrête équivalente est déterminée en traçant la
droite partant d’une des extrémités de la liaison et tangente à la première arrête déterminée par la
méthode de la corde tendue, de la même manière on trace la droite partant de l’autre extrémité de
la liaison. L’arrête équivalente considérée est définie par l’intersection des deux droites
précédentes (c.f. figure 15).

E P1 P2 M

Adiff

h’

E P1 P2 M
d1 d2

Figure 15 : Construction du profil de diffraction- Méthode de Bullington.

L’affaiblissement de diffraction sur cette arrête est calculé par la méthode de Fresnel. Cette
méthode n’est valable que sur des données très grossières avec une distance de dégagement de
l’émetteur et du récepteur assez importante. Elle est en général très pessimiste (elle surestime
l’affaiblissement).

II-10.e Méthode de Walfisch-Ikegami [Walfisch 1988], [Ikegami 1984], [COST 231].


Les méthodes précédentes n’étaient pas adaptées pour estimer l’affaiblissement de
propagation en environnement urbain, lorsqu’on dispose d’informations de sursol précises. La
méthode de Walfisch Ikegami est particulièrement adaptée pour le calcul de la diffraction multiple
par les toits des immeubles dans les zones urbaines denses et homogènes (les centre-villes denses
avec des immeubles de hauteurs très variées sont exclus).
La plupart des villes sont constituées d’un centre ville avec des buildings de grande hauteur,
entouré d’une zone urbaine relativement homogène (quant à la hauteur et à la répartition des
immeubles). Dans ces zones, les hauteurs et les espacements entre ces immeubles sont
pratiquement réguliers. Le réseau de rue forme un quadrillage relativement uniforme
(particulièrement aux Etats Unis). Aussi, il est en général nécessaire de considérer la propagation
au dessus des toits et la diffraction au niveau du dernier toit vers la rue.
La méthode de Walfisch Ikegami considère deux types de diffraction :
- d’une part, la diffraction multiple d’une onde par des demi-plans semi-infinis (numérotés
de 0 à n) (les immeubles sont considérés comme des arrêtes opaques d’épaisseur nulle),
régulièrement espacés de b et tous de même hauteur hmoy (c.f. figure 16). La polarisation de l’onde
est supposée verticale. Pour n grand (en pratique on considère n>2), un calcul « précis » montre
que l’affaiblissement tends vers une valeur indépendante de n. On en déduit une expression
approchée Lmsd représentant l’affaiblissement de diffraction multiple jusqu’au dernier immeuble
1

avant le mobile.
 d   f   b
Lmsd  Lmsd (1)  ka  kb . log10    kf . log10    9. log10   (11)
 km   MHz   m

avec :

  hbase 
 18.log10  1   si he  hmoy
Lmsd(1)    m 
0 si he  hmoy

  h base 
 54  0.8.   si he  h moy et d  0.5km
  m 

  h d 
ka   54  0.8.  base  si he  h moy et d  0.5km
  m 0.5km 
 54 si he  h moy


 18 si he  hmoy

kd    hbase 
 18  15.   si he  hmoy
  hmoy 
1 Multi Screen Diffraction
  f 
 4  0.7.   1  pour les villes de taille moyenne et les zones suburbaines
  925MHz 
kf  
 4  15  f 
. .  1 pour les centre villes
  925MHz 
h base  h e  h moy

d

he
hmoy
hm

M
E 1 2 3 b n w

Figure 16 : Profil de diffraction pour la méthode de Walfisch Ikegami.

- d’autre part, la diffraction dans la rue où se trouve le mobile, estimée à l’aide d’un modèle
à deux rayons (le calcul tient compte d’une réflexion sur l’immeuble après le mobile, c.f. figure
16). L’expression de cet affaiblissement Lrts est donnée par :
2

  w  f   hmob 
  16.9  10.log10    10.log10    20.log10    Lstreet hmoy  hm
Lrts    m   MHz   m  (12)
0 hmoy  hm

avec : h mob  h moy  h m

2 Rooftop To Street
 10  0.354.  0    35

Lstreet   25.  0.075.    35 35    55

. .    55
 4.0  0114 55    90

 est l’angle formé par l’axe de la rue avec la liaison Emetteur - Récepteur (c.f. figure 17).
Le terme Lstreet est sensé prendre en compte l’effet de l’orientation de la rue dans laquelle se
trouve le mobile. L’expression est purement empirique. Elle est souvent supprimée du modèle.

M

Figure 17 : Orientation de la rue

Enfin, de manière à supprimer des comportements aberrants,


si Lmsd+Lrts < 0, alors Lrts + Lmsd = 0.

L’approche proposée avec cette méthode est très différente de celle utilisée pour les
méthodes précédentes. La principale approximation (et difficulté) est la synthétisation (mise au
format utilisable par l’algorithme du profil réel à calculer) du profil de diffraction. Le calcul est
ensuite relativement précis (pour peu que le profil compte plusieurs arrêtes). Cette méthode est
utilisable pour les liaisons en environnement urbain entre 800 et 2000 Mhz, lorsque l’antenne
d’émission est au dessus du niveau moyen des toits.
III. MODELES PROPOSES DANS PLANET

III-1 Modèles macrocellulaires.

Pour la modélisation macrocellulaire (antenne d’émission au dessus du niveau moyen des


toits) l’outil PlaNET met à disposition de l’utilisateur trois types de modèles de propagation.
Un modèle statistique de référence : Okumura Hata ;
Un modèle hybride, ajustable avec des mesures : Modèle « General » PlaNET ;
Un modèle hybride de référence : Walfisch Ikegami.
En outre, un modèle de diffusion troposphérique, utilisable pour les liaisons hertziennes à
longue distance est proposé.

III-1.a Modèle « Okumura » (défini dans « Model ‘style’ »).

Modèle « standard Okumura Hata ».

Il s’agit d’un modèle purement statistique, très général, adapté pour la prédiction grossière
du champ dans les bandes UHF et VHF. L’expression analytique de l’affaiblissement de
propagation écrite ci-dessous est due à M. Hata [6]. L’auteur s’est basé sur les courbes
empiriques proposées par Y. Okumura et reprises dans la recommandation 370 de l’UIT-R [CCIR
3].
L’expression de l’affaiblissement total prend la forme [Hata 1980] :

 f   H eff    H eff    d 
Aff  69.55  26.16.log10    13.82.log10    a h m    44.9  6.55.log10    .log10  
 MHz   m    m    km 
dB
(13)
  f    f 
avec : a h m    11
. .log10    0.7 h m  156
. .log10    0.8 dB
  MHz    MHz 

Remarques :
A l’origine, cette formulation a été proposée par Hata pour la prédiction de champ pour les
villes de taille moyenne. D’autres expressions de a(hm) étaient proposées pour les zones urbaines
denses et des facteurs de correction pour les zones rurales ou sub urbaines devaient être ajoutés.
La recommandation 370 de l’UIT-R n’a retenu que cette formule et a proposé ses propres termes
correctifs.
Dans la recommandation 370, Heff est la hauteur effective de l’antenne d’émission définie
comme la hauteur du point central de rayonnement au dessus du niveau moyen du sol entre les
distances de 3 et 15 km dans la direction du mobile (Méthode « Profile CCIR » dans PlaNET).
Conscient des limites d’une telle méthode, une autre est proposée distinguant les cas où l’antenne
d’émission est à une altitude (par rapport au niveau de la mer) plus faible que l’antenne mobile
(Méthode « Spot Ht » dans PlaNET). Lorsque le relief est accidenté cette méthode donne de
meilleurs résultats. Okumura quant à lui proposait une autre méthode basée sur le calcul de la
hauteur moyenne du sol entre 0 et 10 km en partant de l’émetteur, dans la direction du mobile
(Méthode « Profile Okumura » dans PlaNET). Ces différentes méthodes sont détaillées dans le
paragraphe relatif au calcul des hauteurs effectives d’antenne.
hm est la hauteur de l’antenne mobile au dessus du sol.

nom du paramètre paramètre domaine de validité


f fréquence (MHz) 150 < f < 1500 MHz
Heff hauteur effective de l’antenne de la station 30 < Heff < 200 m
de base (m)
hm hauteur de l’antenne mobile (m) 1 < hm < 10 m
d distance (km) 1 < d < 20 km

Sous cette forme, il constitue une référence internationale reconnue et largement utilisée du
fait de sa simplicité et de l’absence de base de données nécessaires. Pour l’ingénierie, il ne peut
servir qu’à proposer un dimensionnent grossier de réseau.
Remarque : pour des distances supérieures à 20 km on note une forte divergence entre la
formule d’Hata et les courbes d’Okumura.

Modèle « NTT Experiment Report 1967 ».

C’est encore un modèle purement empirique, obtenu à partir de mesures réalisées à 800
MHz.

2 3 4

d    d     d     d  
Aff  146.66  2136
. .log10    29.8.  log10     28.58.  log10     9.779.  log10   
 km    km     km     km  
dB
(14)

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un modèle, mais plutôt d’une nouvelle formulation de
la dépendance en distance de l’affaiblissement de propagation. Cette formulation est
exclusivement valable pour des environnements urbain et pour des distances comprises entre 1 et
20 km. Il est vivement déconseillé d’utiliser cette expression pour des distances inférieures à 1
km, les résultats seraient aberrants.
Sur la figure 18 on peut voir que la situation moyenne traitée par le modèle d’Okumura
Hata ou par la formule NTT correspond à une liaison fortement obstruée (affaiblissement en excès
de l’espace libre compris entre 50 et 70 dB), représentative d’un environnement urbain.
Aff (dB) hb=30m
200
f=800 MHz
hm=1,5m

180

160

Modèle NTT

Formule d'HATA
140

Espace Libre

120

100

80
0 5 10 15 20
d (km)

Figure 18 : comparaison du modèle d’Okumura Hata, du modèle NTT


et du modèle Espace libre.

III-1.b Modèle « General ». (défini dans « Model ‘style’ »).

Le modèle

Le modèle « General » proposé dans PlaNET est un modèle entièrement paramètrable par
l’utilisateur à partir de mesures et faisant intervenir :
• la distance émetteur récepteur d,
• une hauteur effective d’antenne d’émission Heff,
• une hauteur effective d’antenne d’émission vue du mobile Hmeff,
• un calcul de diffraction multiple sur un profil de terrain (effectué avec une méthode
d’Epstein Peterson modifiée)
• et une prise en compte de l’influence du sursol le long du profil.

L’expression de la puissance reçue prend la forme :

 d  H eff   d  H eff 
PRX  PTX  K 1  K 2 log10    K 3 log10    K 4 D iffraction  K 5 log10   .log10  
 m  m   m  m 
 H meff 
 K6    K CLUTTER  AntGain
 m 
dBm

On en déduit l’expression de l’affaiblissement exprimée en dB :


 d  H eff   d  H eff   H meff 
Aff  K 1  K 2 log10    K 3 log10    K 4 D iffraction  K 5 log10   .log10    K6    K CLUTTER
 m  m   m  m   m 

(15)

avec :
• Diffraction = - résultat d’un calcul de diffraction multiple effectué sur le profil de terrain entre
l’émetteur et le récepteur par une méthode hybride : pour une deux ou trois arrêtes PlaNET
utilise la méthode d’Epstein Peterson (c.f. §II-10.c). Si plus de trois arrêtes sont présentes,
la technique de Bullington (c.f. §II-10.d) est utilisée pour ramener l’ensemble des arrêtes
comprises entre la première et la dernière a une seule arrête et la méthode d’Epstein
Peterson est utilisée pour effectuer le calcul de diffraction sur les trois arrêtes restantes (la
première, celle créée par la technique de Bullington et la dernière arrête).
Par convention, le résultat retourné est négatif lorsqu’on a des pertes de diffraction.
Le facteur K4 doit donc impérativement être positif.
Si des données concernant les hauteurs de sursol sont disponibles (hauteurs de
bâtiments et de végétation) le calcul de diffraction multiple pourra être effectué sur un profil
faisant intervenir ces informations (profil de terrain + profil de sursol excepté au niveau de
l’émetteur et au voisinage du récepteur. La méthode de synthétisation du profil de
diffraction est décrite dans le chapitre IV.).
• KCLUTTER est un facteur permettant de prendre en compte l’effet de l’encombrement du
sursol le long du profil sur une distance L, définie par l’utilisateur, en partant du mobile. La
formule utilisée est :
n
K CLUTTER = K.  Fn  k clutter x dB
x=0
où K est un facteur d’échelle en général affecté à 1, n est le nombre de pixel définissant le
profil entre le mobile et le point distant de L du mobile, F n est une fonction permettant de
pondérer le poids de l’affaiblissement dû aux éléments de sursol en fonction de la distance
au mobile (les fonctions disponibles sont : rectangle, triangle, logarithme et exponentiel,
fonctions décroissantes normalisées à 1 pour x = 0. c.f. figure 19, dans une version
ultérieure de PlaNET, l’utilisateur pourra proposer une autre fonction de son choix).

kclutterx est l’affaiblissement associé à l’élément de sursol correspondant au pixel x. Cet


affaiblissement est fixé par type de sursol, par l’utilisateur dans le menu « Clutter » de
l’éditeur de modèle de PlaNET. Les valeurs sont exprimées en dB. Par convention, les
valeurs de kclutter doivent êtres négatives lorsqu’elles correspondent à des pertes
(typiquement : zones urbaines denses, zones boisées) et positives pour des zones dégagées.
1
0.8
Rectangle
0.6 Logarithme

Fn(x)
0.4 Triangle

0.2 Exponentielle

0
0 x n

Figure 19 : fonctions de pondération de la prise en compte du sursol


en fonction de la distance au mobile.

Les valeurs typiques recommandées pour le modèle général de PlaNET (à 900 MHz) sont :

Type de sursol kclutter (dB)


Urbain dense -4 à -5
Zone boisée -2 à -3
Urbain 0
Suburbain 3à5
Zone Industrielle 3à5
Zone dégagée en urbain 4à6
Zone dégagée 10 à 12
Etendue d’eau 12 à 14

La valeur de L devra être choisie supérieure à la résolution de la base de données (sinon la


correction n’aura aucun effet) et de préférence inférieure à 2 km (cette correction avait été
définie pour la radiodiffusion avec comme limite supérieure 2km).

• Heff et Hmeff représentent respectivement la hauteur effective de l’antenne d’émission par


rapport à son environnement et vue du mobile. Les méthodes de calcul disponibles dans
PlaNET sont présentées dans le paragraphe III-1.c.
• Série de coefficients :
K1 : Constante de centrage du modèle en dB.
K2 : Premier facteur de prise en compte de la distance. Ce facteur doit impérativement être
négatif (l’affaiblissement de propagation augmente avec la distance). Si K5 est affecté à 0,
K2, suivant les cas, doit varier entre -20 (espace libre) et -40 (réflexion sur le sol) ; dans
certains cas exceptionnels (propagation dans des rues très encaissées, à proximité de
l’émetteur) des valeurs allant jusqu’à -60 peuvent être rencontrées.
K3 : Facteur de prise en compte du dégagement de l’antenne d’émission. Si K5 est affecté à
0, K3 devra être positif : plus l’antenne est dégagée, plus Heff est élevé, moins on a
d’affaiblissement ; dans ce cas, une valeur comprise entre 20 et 40 constitue un ordre de
grandeur.
K4 : Facteur de pondération du calcul de diffraction multiple. Comme nous l’avons vu, pour
effectuer le calcul de la diffraction multiple, on utilise des méthodes simplifiées sur des
profils de terrain schématisés. En général, ces méthodes surestiment l’affaiblissement de
diffraction. Un coefficient de pondération de l’ordre de 0.5 est un bon compromis pour la
méthode d’Epstein Peterson utilisée par PlaNET. Dans tous les cas ce facteur doit rester
positif.
K5 : Facteur combinant la prise en compte de la distance et du dégagement de l’antenne
d’émission. Il doit être considéré comme un coefficient d’ajustement du deuxième ordre
(après K2 et K3). Il sera en général positif et de l’ordre de quelques unités. Ce coefficient
traduit le fait que plus l’antenne d’émission est dégagée, plus on s’approche d’une
configuration en espace libre (dépendance en distance de l’ordre de 20.log 10(d)), à
l’inverse, plus l’antenne d’émission est encaissée, plus l’onde rencontrera d’obstacles
(dépendance en distance de l’ordre de 40.log10(d)). Dans la formulation d’HATA, K5 =
6.55 (avec K2 = -44.9 et K3 = 0).
K6 : Facteur de prise en compte de la hauteur de l’antenne d’émission vue du mobile. Il doit
être considéré comme un coefficient d’ajustement du deuxième ordre (après K3). Il devra
être positif. Du fait de la linéarité de la prise en compte, ce coefficient doit être << 1.
Si l’option « 2 piece » (modèle à 2 pentes) est activée dans l’éditeur de modèle de PlaNET,
deux couples de coefficients K1 et K2 pourront être fixés. Une distance paramètrable doit
être définie. Le premier et le second couple de coefficients s’appliqueront respectivement
pour les liaisons de longueur inférieure et supérieure à la distance paramètrable. Lorsque
cette option est utilisée, il est indispensable de s’assurer de la continuité de la prédiction
lorsqu’on passe d’une section à l’autre.

Les mesures servant au calibrage.

Ce modèle doit ensuite être calibré avec des mesures représentatives de l’environnement sur
lequel le modèle sera ensuite utilisé. Un bon modèle ne peut être obtenu que si un nombre
suffisant de mesures est disponible pour chaque type de situation rencontré sur le terrain ; par type
de situation, on entend, type de sursol, type de relief, type d’environnement, gamme de distances,
gamme de hauteurs d’antenne. Un modèle calibré avec des mesures effectuées en environnement
urbain donnera des résultats aberrants en zone rurale ; un modèle calibré pour une gamme de
distance allant de 200 m à 5 km, a peu de chance de donner des résultats acceptables pour des
distances supérieures, etc... Dans la mesure du possible, il est préférable que les distributions de
chacunes des variables pertinentes (log10(d), log10(Heff), type d’environnement, ...) soient les plus
uniformes possibles sur la gamme intéressante. Si ce n’est pas le cas, il est recommandé de
conserver, pour cette variable, le coefficient multiplicatif recommandé par défaut.

Les mesures utilisées doivent avoir été moyennées spatialement sur une distance de l’ordre
de 40 de manière à supprimer le fading (évanouissements rapides du champ liés aux trajets
multiples et aux interférences qui en résultent). Ces mesures doivent ensuite être filtrées de
manière à supprimer les mesures bruitées et les mesures saturées. La précision nécessaire pour le
positionnement géographique de ces mesures dépend essentiellement de la précision de la base de
donnée utilisée (il est également évident que cette précision aura une incidence sur la précision du
modèle ajusté) : si le pas de maille des données géographiques est de 100 mètres, un
positionnement des mesures à 100 mètres prés est suffisant ; par contre, pour tirer bénéfice d’une
base de donnée définie au mètre près le positionnement doit également être précis au mètre (ce
sera surtout critique pour le modèle de Walfisch Ikegami).
Enfin, avant d’ajuster le modèle il est nécessaire de s’assurer que les fichiers d’en-tête
existent et sont bien renseignés, en particulier concernant :
• le positionnement du site d’émission,
• la puissance effective rayonnée,
• le type d’antenne d’émission,
• la hauteur d’antenne d’émission (par rapport au sol),
• d’éventuelles informations sur l’environnement de la station de base et le dégagement
proche de l’antenne.
Remarque : ce modèle ne fait pas intervenir la fréquence. Les mesures utilisées pour mettre
au point le modèle doivent être effectuées à  10 % de la fréquence à modéliser.

Exemple de procédure de calibrage du modèle.

La procédure de mise au point du modèle Général de PlaNET proposée ci-après permet, en


général, d’obtenir un bon calibrage sur des mesures à 900 MHz.

1. Affecter les valeurs suivantes aux coefficients du modèle :


K1 K2 K3 K4 K5 K6
-20 -44.9 -5.83 0.5 6.55 0
(c’est à peu de chose près la formule d’Hata)
2. Affecter les valeurs kclutter à 0.
3. Estimer l’erreur et l’écart type d’un tel modèle sur les mesures, à l’aide de l’outil
d’analyse statistique de PlaNET. Une estimation de l’erreur moyenne et de l’écart type du
modèle par type de sursol est également calculée.
4. En modifiant pas à pas les différents coefficients k clutter et K1, ajuster l’erreur moyenne du
modèle en global et par type de sursol à zéro. Dans certains cas, ceci ne peut être obtenu
qu’en affectant des valeurs inacceptables à certains coefficients k clutter, par exemple,
correspondant à un affaiblissement plus fort en urbain qu’en urbain dense. Si cela se produit,
ils est conseillé de remplacer la valeur aberrante par une valeur voisine de celle trouvée dans
le tableau des valeurs typiques recommandées de la page 28.
5. Ces valeurs étant fixées, ajuster la valeur de K2 de manière à minimiser l’écart type global
du modèle. K2 doit rester impérativement négatif. Si ce n’est pas le cas, affecter K 5 à 0 et
recommencer l’opération. Si la valeur de K2 résultant n’est pas de l’ordre de -20 à -40, c’est
qu’il y a vraisemblablement un problème avec les mesures où avec la base de donnée.
6. Ajuster de la même manière la valeurs de K4 de manière à minimiser une nouvelle fois
l’écart type global du modèle. K4 doit rester impérativement positif. Si ce n’est pas le cas
prendre K4=0 (cela signifie qu’il y a vraisemblablement un problème avec les mesures où
avec la base de donnée).
7. Recommencer l’opération 5 en ajustant plus finement la valeur de K2.
8. Recommencer l’opération 6 en ajustant plus finement la valeur de K4.
9. Ajuster ensuite la valeur de K3 de manière à minimiser l’écart type global du modèle.
10. Recommencer les opérations 5, 6 et 9 avec des pas d’ajustement de plus en plus fins,
jusqu’à observer une saturation ou une dégradation de l’écart type global du modèle
lorsqu’on modifie les coefficients K2, K3 ou K4.
11. Ajuster ensuite la valeur de K5 de manière à minimiser l’écart type global du modèle.
12. Recommencer les opérations 5, 6, 9 et 11 avec des pas d’ajustement de plus en plus fins,
jusqu’à observer une saturation ou une dégradation de l’écart type global du modèle
lorsqu’on modifie les coefficients K2, K3, K4 ou K5.
13. Ajuster ensuite la valeur de K6 de manière à minimiser l’écart type global du modèle.
14. Il reste ensuite à fixer la fonction de pondération et la valeur de la distance sur laquelle
KCLUTTER doit être calculée. Le choix peut être effectué par des tests successifs de manière à
minimiser l’écart type global du modèle. Il peut être nécessaire de revoir ensuite les étapes
5, 6, 9, 11 et 13.
15. Le modèle est obtenu en ajustant K1 de manière à annuler l’erreur moyenne globale du
modèle.

Une seconde méthode peut également être recommandée :


1. Affecter les valeurs suivantes aux coefficients du modèle :
K1 K2 K3 K4 K5 K6
-20 -44.9 -5.83 0.5 6.55 0
(c’est à peu de chose près la formule d’Hata)
2. Affecter les valeurs kclutter à 0.
3. Estimer l’erreur et l’écart type d’un tel modèle sur les mesures, à l’aide de l’outil
d’analyse statistique de PlaNET.
4. Ajuster la valeur de K2 de manière à annuler la corrélation entre l’erreur du modèle et
log10(d). K2 doit rester impérativement négatif.
5. Ajuster ensuite la valeurs de K5 de manière à minimiser l’écart type global du modèle
6. Recommencer l’opération 4.
7. Ajuster la valeurs de K4 de manière à minimiser une nouvelle fois l’écart type global du
modèle. K4 doit rester impérativement positif. Si ce n’est pas le cas prendre K4=0 (cela
signifie qu’il y a vraisemblablement un problème avec les mesures où avec la base de
donnée).
8. Ajuster ensuite la valeur de K3 de manière à minimiser l’écart type global du modèle.
9. Recommencer les opérations 4, 5, 6, 7 et 10 avec des pas d’ajustement de plus en plus
fins, jusqu’à observer une saturation ou une dégradation de l’écart type global du modèle
lorsqu’on modifie les coefficients K2, K3, K4 ou K5.
10. En modifiant pas à pas les différents coefficients kclutter et K1, ajuster l’erreur moyenne du
modèle en global et par type de sursol à zéro. Dans certains cas, ceci ne peut être obtenu
qu’en affectant des valeurs inacceptables à certains coefficients k clutter, par exemple,
correspondant à un affaiblissement plus fort en urbain qu’en urbain dense. Si cela se produit,
ils est conseillé de remplacer la valeur aberrante par une valeur voisine de celle trouvée dans
le tableau des valeurs typiques recommandées de la page 28.
11. Il reste ensuite à fixer la fonction de pondération et la valeur de la distance sur laquelle
KCLUTTER doit être calculée. Le choix peut être effectué par des tests successifs de manière à
minimiser l’écart type global du modèle.
12. Recommencer les opérations 4, 5, 6, 7 et 10 avec des pas d’ajustement de plus en plus
fins, jusqu’à observer une saturation ou une dégradation de l’écart type global du modèle
lorsqu’on modifie les coefficients K2, K3, K4 ou K5.
13. Le modèle est obtenu en ajustant K1 de manière à annuler l’erreur moyenne globale du
modèle.

Cette seconde méthode est plus fastidieuse que la précédente mais elle garanti une meilleure
prise en compte de la distance et des types de morphologies.

Dans les deux cas, les valeurs obtenues pour les différents coefficients du modèle devraient
rester dans les intervalles donnés dans le tableau suivant :

Coef. K1 K2 K3 K4 K5 K6 KCLUTTER
> -70 -20 0 0 0 -20
< -20 20 0.8 10 20

Il est ensuite vivement conseillé de tracer l’erreur du modèle par rapport aux mesures et de
s’assurer que la répartition des erreurs est bien homogène. Si des erreurs systématiques
apparaissent pour certaines configurations de mesures, une analyse plus fine s’impose.
Trois causes peuvent être identifiées :
• Problème de mesures,
• Problème au niveau des données terrain,
• Coefficient du modèle conduisant pour certaines situations à des valeurs aberrantes.

Avec ce type de modèle, il est possible de calibrer des modèles sur une large gamme de
paramètres. Le domaine de validité du modèle calibré est conditionné par les mesures utilisées
avec les limites données dans le tableau ci-dessous :

Identifiant du paramètre paramètre domaine de validité


f fréquence (MHz) 50 < f < 2000 MHz
hb Hauteur de l’antenne de la station niveau moyen des toits < hb < 100 m
de base (m)
hm Hauteur de l’antenne mobile (m) 1 < hm < 100 m
d distance 100 m < d < 100 km
Utilisation du modèle de diffusion troposphérique.

Ce modèle ne doit être utilisé que pour la prédiction des faisceaux hertziens (liaisons fixes à
grande distances).
Si l’option « Use Troposcatter Model » du menu « General » de l’éditeur de modèle de
PlaNET est choisie, un modèle troposphérique sera utilisé pour le calcul des affaiblissements de
propagation lorsque la longueur d de la liaison sera supérieure à d t. Si d est inférieur à dt, le
modèle utilisé sera le modèle « General » . 3

dt est défini par :


si dh > 90.3953, dt = dh,
sinon, dt = dhata,

avec : dh  2
Re
1000
 hpcs  hmw  distance transhorizon exprimée en km,

Re : rayon équivalent de la terre exprimé en km (c.f. §II-4),


hpcs et hmw : hauteurs des antennes PCS et MW au dessus du niveau moyen du
terrain exprimées en m. Si l’une de ces hauteurs est inférieure à 5 m, elle est
replacée par une hauteur par défaut de 5 m;
et : dhata = - 115 + 105 log10(dh),
distance à l’horizon d’après Hata, exprimée en km.
La méthode de calcul de l’affaiblissement des liaisons transhorizons utilisée dans PlaNET a
été normalisée par l’UIT-R. Elle est décrite au §II-8.b du présent document.
Rappelons que la formule de l’affaiblissement est donnée par :
 f   d    
AdB  M  30 log10    10 log10    30 log10    20 log10  5  H   4.343 h dB
 MHz   km   mrad 

Deux paramètres de ce modèle, M et  dépendent des conditions atmosphériques. Ces


paramètres doivent être fixés par l’utilisateur par l’intermédiaire du choix du « type de climat » de
la région considérée. Les types de climats et les valeurs de M et  correspondantes, disponibles
dans PlaNET sont :

Types de Equatorial Continental Maritime Désert Continental Maritime Maritime


climat : sub-tropical subtropical tempéré tempéré tempéré
sur terre sur mer
M (dB) 39.60 29.73 19.30 38.50 29.73 33.20 26.00
 (km-1) 0.33 0.27 0.32 0.27 0.27 0.27 0.27

PlaNET offre également la possibilité de calculer l’affaiblissement de propagation pour des


pourcentages de temps supérieurs à 50 % (sauf mention contraire, tous les modèles présentés
dans ce document calculent des affaiblissements moyens, c’est à dire pour 50 % du temps), ce qui
est utile pour la prédiction de la qualité des faisceaux hertziens. La formule utilisée est :
Lq = L50+cqL90 dB
où : q est le % voulu (> 50 %)

3 le modèle troposphérique peut également être choisi avec le modèle « Okumura ». Dans ce cas, lorsque d<dt, le modèle utilisé est le
modèle « Okumura ».
L50 = AdB
 f 
L90 = 2.2   8.1  2.3 10 4 . 0.137 h
 .e dB
MHz 

et :
q 50 80 90 99 99.9 99.99
cq 0 0.67 1 1.82 2.41 2.90

L’affaiblissement prédit par le modèle troposphérique est comparé à l’affaiblissement en


espace libre de la liaison, si l’affaiblissement calculé par le modèle troposphérique est plus faible,
le modèle retourne la valeur en espace libre.

III-1.c Paramètres et facteurs de corrections des modèles.

Paramètres des modèles.

• Méthodes de calcul de la hauteur effective d’antenne d’émission.


La hauteur effective de l’antenne d’émission est censée donner une information quantitative
sur le dégagement de l’antenne d’émission par rapport à la liaison considérée.
Les méthodes proposées dans PlaNET concernent exclusivement le dégagement par rapport
au terrain. Cinq familles de méthodes sont proposées :

 « Base Ht » : Heff = hb hauteur du point central de rayonnement de l’antenne d’émission par


rapport au sol.
Dans ce cas, le calcul est élémentaire et donc rapide, par contre il tendra à limiter la
précision du modèle. En outre, l’utilisation de cette méthode avec le modèle general de PlaNET
devient problématique car les coefficients K2 et K5 deviennent très difficiles à ajuster lorsque peu
de sites de mesures sont disponibles (log10(Heff) varie très peu).

 hb  hob  hom si hob  hom


 « Spot Ht » : Heff =

 hb si hob  hom
où hob est l’altitude du pied de l’antenne d’émission mesurée par
rapport au niveau de la mer.
et hom est l’altitude du pied de l’antenne mobile mesurée par
rapport au niveau de la mer.

 « Average » : Heff = hb + hob - homoy


où homoy est la hauteur moyenne du terrain par rapport au niveau de la mer
calculée sur toute la zone de prédiction.
Cette valeur est calculée une fois pour toute par station de base (son calcul est donc rapide)
par contre, son utilisation est délicate avec le modèle general de PlaNET car les coefficients K 2 et
K5 deviennent très difficiles à ajuster lorsque peu de sites de mesures sont disponibles (log 10(Heff)
varie très peu).

 « Slope » : Heff = hb+hob-hm-hom+K.d


où d est la longueur de la liaison et K la pente du terrain calculée sur une
distance ds paramètrable) à partir du mobile dans la direction de l’émetteur
(droite de régression sur les hauteurs calculée sur ds) c.f. figure 20.
Remarque : les valeurs min et max prises par Heff peuvent paramétrées par l’utilisateur (de
manière à limiter l’étendue de ce paramètre, particulièrement dans les zones
vallonnées). Typiquement on pourra utiliser 1 m comme valeur min. et 200 m
comme valeur max.
Cette méthode devrait exclusivement être utilisée dans des zones rurales dégagées, avec un
émetteur placé sur un point haut. Elle est sensée prendre en compte l’effet des réflexions sur le
sol. Son utilisation est peu recommandée.

ds
d
E M

Heff pente de la droite : K

Figure 20 : calcul de Heff par la méthode de la pente.

 « Profile » : Heff = hb + hob - <ho>


où <ho> est la hauteur moyenne du terrain par rapport au niveau de la mer
calculée sur une portion du profil de la liaison.
Trois modes de paramétrage de cette distance sont proposés :
• Méthode « CCIR » : <ho> calculé de 3 à 15 km en partant de l’émetteur dans la
direction du mobile.
• Méthode « Okumura » : <ho> calculé de 0 à 15 km en partant de l’émetteur dans la
direction du mobile.
• Défini par l’utilisateur : <ho> calculé entre deux points du profil fixés par l’utilisateur.
Les paramétrages en distance du CCIR et d’Okumura ont été définis pour a modélisation de
la radio diffusion ; ils sont peu adaptés pour la modélisation des mobiles. Un paramétrage par
l’utilisateur est donc recommandé, une valeur de l’ordre du rayon moyen de la cellule divisé par
deux constitue un bon compromis.
Si de nombreuses méthodes de calcul de la hauteur effective de l’antenne d’émission
coexistent (un survol rapide de la littérature sur ce sujet permet aisément d’en identifier une
trentaine), c’est que, premièrement, la mise au point d’un tel paramètre est en général purement
empirique, et que les situations pour lesquelles il est adapté sont limitées. Ainsi, BaseHt est
universel mais peu précis, SpotHt ne sera pas adapté pour les zones montagneuses lorsque
l’émetteur est très dégagé, AverageHt peut être utilisé lorsque l’émetteur est bien dégagé
(attention : Heff peut être négatif), Slope ne devra être utilisé que sur les terrains d’inclinaison
relativement constante, enfin les méthodes Profile doivent donner de bon résultats sur les terrains
légèrement vallonnés lorsque l’émetteur est bien dégagé (attention : Heff peut être négatif).

• Méthode de calcul de la hauteur effective d’antenne d’émission vue du mobile.


C’est tout simplement la différence d’altitude entre les points centraux de rayonnement des
antennes de réception et d’émission : Hmeff = hm+hom-hb-hob.
La prise en compte d’un tel paramètre dans le modèle Général (à travers K 6) risque de
conduire à des prédictions aberrantes lorsque le relief est légèrement accidenté.

Facteurs correctifs.

Les performances du modèle d’Okumura Hata, de la formule de NTT ou éventuellement du


modèle General PlaNET peuvent être améliorées ou ajustées en utilisant un ou plusieurs des
facteurs correctifs proposés ci-dessous. Sauf mention contraire, ces facteurs sont soustraits de
l’affaiblissement calculé par le modèle d’origine (ils sont ajoutés à la puissance reçue).
Remarque : l’utilisation de ces facteurs avec le modèle General PlaNET n’est théoriquement
pas nécessaire mais est possible. Si l’utilisateur décide d’ajouter l’un de ces facteurs dans le
modèle Général, la procédure d’ajustement doit être reprise à zéro. Le facteur ne doit être
maintenu que si l’écart type global du modèle avec la correction est plus faible que l’écart type
global du modèle sans ce facteur correctif.

• Facteur de correction de la hauteur effective d’antenne. « Eff. BS ant. ht »

2
  H    H eff 
Ht  A.  log10  eff    B.log10   C dB (16)
  m    m 

Afftotal=Affmodel - Ht

avec :
d (km) A B C
1 0.5131 11.68 -23.32
3 0.2433 14.42 -27.31
5 0.3690 15.60 -29.94
10 0.5457 17.75 -34.66
20 2.568 11.89 -30.61
40 4.289 7.019 -27.66
70 4.225 4.830 -23.23

Les valeurs intermédiaires sont déduites par interpolation linéaire.

d = 5 km, hm = 1.5 m, f = 800 MHz


185
180
175
Aff
170
165 Aff-Ht
Aff (dB)

160
155
150
145
140
135
0 20 40 60 80 100
Heff (m)

Figure 21 : Influence de la hauteur effective d’antenne,


l’affaiblissement étant calculé avec la formule d’Hata.

Sur la figure 21 on a illustré l’effet de ce facteur correctif en fonction de la hauteur effective


d’antenne d’émission dans le cas du modèle d’Okumura Hata. On peut voir que ce paramètre
tends à augmenter la prise en compte de Heff par rapport à la formulation d’Hata.
L’utilisation d’un tel facteur correctif est recommandée en zone urbaine dense ou lorsque la
hauteur de l’antenne d’émission est voisine de la hauteur moyenne des toits environnants. Lorsque
les hauteurs de sursol sont utilisées lors du calcul de diffraction multiple dans le modèle Général,
l’intérêt de cette correction devient moindre.

• Facteur de correction des irrégularités du terrain. « Rolling hilly »

Ref. : UIT-R Rec. 370 [CCIR 3].


2
  h    h 
Kh  5.180.  log10     3.538 log10    3.105 dB
  m   m
(17)

Afftotal=Affmodel - Kh
où h est un paramètre défini par l’UIT-R servant à caractériser le degré d’irrégularité du
terrain. h est égal à la différence entre 90 et 10% de la fonction de répartition des hauteurs le
long du profil de terrain partant de l’émetteur dans la direction du mobile, la fonction de
répartition étant cumulée sur une distance X paramètrable (c.f. figure 22).

10 %
h
90%

Figure 22 : Calcul de h.

Dans PlaNET, X peut être paramètré de trois façons :


• Méthode « Okumura » : partant de l’émetteur et sur une distance de 15 km dans la
direction du mobile.
• Méthode « CCIR » : de 10 à 50 km dans la direction du mobile.
• Mode manuel : l’utilisateur fixe lui même les points de départ et d’arrivée (Il est
recommandé d’utiliser des distances relativement importantes : >10 km).
Cette correction ne s’applique que si h >20 et si il y a au moins trois « pics » sur la section
considérée.

On peut voir sur la figure 23 que ce facteur correctif est toujours négatif ; il correspond à
une augmentation de l’affaiblissement de propagation avec le vallonnement.
0
-2
-4
-6

Kh (dB)
-8
-10
-12
-14
-16
-18
0 50 100 150 200
h (m)

Figure 23 : Facteur de correction des irrégularités du terrain.

• Facteur de correction fine des irrégularités du terrain. « Rolling hilly fine »

  h  h 
 Khf  2  si h  10m
 
Khf point d' ondulation    h 
 
dB (18)
 2
 0 si h  10m

Afftotal=Affmodel + Khf(point d’ondulation)


2

 h    h 
avec : Khf  14191
. .  log10     14.0544.log10    10.727 dB
  m   m

h  h : hauteur du point d’ondulation / au niveau médian du terrain le long


2
du profil estimé sur la distance X.

Cette correction n’est appliquée qu’au sommet d’une colline ou dans le fond d’une vallée
(points d’ondulation du terrain). Khf(point d’ondulation) est positif au fond d’une vallée (ce qui
représente un gain sur le champ reçu !) et négatif au sommet d’une colline. On peut avoir une idée
de l’amplitude de la correction à partir de la figure 24 sur laquelle on a tracé l’évolution du
facteur multiplicatif Khf en fonction de h.
14

12

10
Khf (dB)
8

0
10 60 110 160 210
 h (m)

Figure 24 : Facteur de correction fine des irrégularités du terrain en fonction de h.

• Facteur de correction de l’inclinaison du terrain. « Inclination »

Ce facteur n’est calculé que dans les cas de visibilité.

La pente du terrain a est estimée par un ajustement à l’aide de la méthode des moindre
carrés sur le profil de terrain en partant du mobile et sur une distance de 5 km dans la direction de
l’émetteur. L’angle correspondant est déduit par la formule : m  17.4532. arctan a exprimé en
mrad.

Le facteur correctif est ensuite calculé pour 3  m  20 mrad à l’aide de la formule :

Ksp  Am 2  Bm  C dB (19)

pour les autres valeurs de m Ksp = 0.

Afftotal=Affmodel + Ksp

avec :
d (km) A B C
> 60 -0.009411 0.7620 0.22
= 30 -0.013400 0.6313 -0.63
< 10 -0.002394 0.2057 0.12

Les valeurs de A, B et C pour des distances comprises entre 10 et 60 km sont déduites par
interpolation linéaire.

12

10
d>60 km
8
Ksp (dB)

6 d=30 km
4

2 d<10 km

0
0 5 10 15 20
 m mrad

Figure 25 : Facteur de correction de l’inclinaison du terrain en fonction de m.

• Facteur de correction pour les trajets maritimes. « Sea/lake »

On distingue les cas où une étendue d’eau est à proximité de l’émetteur ou du récepteur.
Dans les deux cas, le facteur correctif s’exprime sous la forme :

Kse  A 2  B  C dB (20)

Afftotal=Affmodel - Kse

avec :  = rapport de la longueur de l’étendue d’eau ramenée à la longueur totale de la


liaison, exprimé en %. (Ce paramètre est calculé côté mobile et côté émetteur).

et avec : côté mobile

d (km) A B C
> 60 -0.001191 0.2620 0.27
< 30 -0.000789 0.1868 0.06

et : côté émetteur

d (km) A B C
> 60 0.000454 0.1143 0.27
< 30 0.0005795 0.06893 -0.09

Les valeurs de A, B et C pour des distances comprises entre 30 et 60 km sont déduites par
interpolation linéaire.
Sur la figure 26, on peut voir que le facteur correctif tends à diminuer l’affaiblissement
lorsqu’une étendue d’eau se trouve à proximité d’une des extrémités de la liaison. Cela traduit le
fait que dans ce cas l’extrémité en question est dégagée. De fait, il est logique de constater que ce
facteur correctif est plus important lorsque l’eau est du côté du mobile que du côté de l’émetteur.

18

16
côté émetteur, d > 60 km
14 côté mobile, d > 60 km
côté émetteur, d < 30 km
12 côté mobile, d < 30 km
Kse (dB)

10

0
0 20 40 60 80 100


Figure 26 : Facteur de correction pour les trajets maritimes en fonction du pourcentage d’eau
au voisinage du mobile et de l’émetteur.

• Facteur de correction pour les zones suburbaines. « Suburban area »

Ref. :[Hata 1980]


Le facteur correctif s’exprime sous la forme :
2
  1 f  
Ksub  2 log10     5.4 dB
  28 MHz  
(21)

Afftotal=Affmodel - Ksub
Ce facteur correctif a été proposé par Hata pour ajuster sa formule sur les courbes
d’Okumura dans les zones suburbaines.

• Facteur de correction pour les zones dégagées. « Open area »

Ref. :[Hata 1980]


Le facteur correctif s’exprime sous la forme :

2
 f    f 
Kopen  4.78  log10     18.33 log10    40.94 dB
  MHz    MHz 
(22)

Afftotal=Affmodel - Kopen
Ce facteur correctif a été proposé par Hata pour ajuster sa formule sur les courbes
d’Okumura dans les zones dégagées.

• Facteur de correction prenant en compte une arrête du profil. « Knife edge »

Le facteur correctif s’exprime sous la forme :

 4
Kim  0.07 h Ad2  Bd2  Cd 2  Dd2
3 2
 dB
(23)

Afftotal=Affmodel - Kim
où d2 est la distance séparant l’arrête considérée du mobile, exprimée en km,
h la hauteur de l’arrête en m.
avec :
d1 (km) A B C D
> 60 0.8492 -1.677 11.47 -30.41
= 30 0.6259 -1.280 9.184 -25.19
< 10 0.0498 -1.065 8.102 -23.33
où d1 est la distance séparant l’arrête considérée de l’émetteur.
Les valeurs de A, B, C et D pour des distances comprises entre 10 et 60 km sont déduites
par interpolation linéaire.

10

d2 (km)
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Kim (dB)

d1>60km
d1=30km
d1<15km

-5

-10

-15

Figure 27 : Facteur de correction prenant en compte une arrête du profil.

On peut voir sur la figure 27 que cette correction n’a de sens que pour des valeurs de d 2
(distance de l’arrête au mobile) comprises entre 2.5 et 8 km.

• Facteur de correction prenant en compte plusieurs arrêtes le long du profil. « Multiple


knife edge »

Le facteur correctif s’exprime sous la forme :

Kmke  0.031072512.  H i  139870768


. dB
(24)

Afftotal=Affmodel - Kmke
avec Hi hauteur de l’arrête i, l’ensemble des arrêtes étant déterminé par la méthode de la
corde tendue.

On peut voir sur la figure 28 que cette correction ne s’applique que quand la liaison est
obstruée avec la somme de Hi supérieure à 45 m.
5

0
0 200 400 600 800 1000
-5
Kmke (dB)
-10

-15

-20

-25

-30
somme des Hi

Figure 28 : Facteur de correction prenant en compte l’ensemble des arrêtes du profil.

• Facteur de correction fonction de la densité de bâtiments. « Building density »

Le facteur correctif s’exprime sous la forme :

 20   1%

. .log10    975 
. . log10   
2
S   20  374 1%    5% dB (25)

 26  19.log10     5%

Afftotal=Affmodel - S

où  représente la densité d’immeubles au niveau du récepteur exprimée en %. L’utilisateur


doit associer une densité de bâtiments par type de sursol (dans le menu « Clutter » de l’éditeur de
modèle). Cette correction s’applique pour des distance comprises entre 2 et 40 km et pour des
valeurs de  inférieures à 40 %. Pour les valeurs supérieures à 40% la correction est nulle.
25

20

15
S (dB)
10

-5
0 10 20 30 40


Figure 29 : Facteur de correction fonction de la densité de bâtiments.

Sur la figure 29 on a tracé l’évolution de S en fonction d’. On peut voir que quand  est
faible, la zone est dégagée, cette correction se traduit par une diminution importante de
l’affaiblissement de propagation. A hautes fréquences (1800 MHz), l’influence de la végétation est
pratiquement du même ordre que celle des bâtiments ; il serait judicieux d’affecté au tuype de
sursol boisé une valeur non nulle de % de bâtiments de manière à ce que cette correction
s’applique également dans le cas des zones boisées.

• Facteur de correction de la hauteur de l’antenne de réception. « Mobile ant. ht »

Le facteur correctif s’exprime sous la forme :

3 2
  h     h     h  
Hr  22.92 log10  m    10.27 log10  m    10.16 log10  m    19
. dB
  m    m    m 
(26)

Afftotal=Affmodel - Hr
70
60
50
Hr (dB) 40
30
20
10
0
-10
0 5 10 15 20 25 30
hm (m)

Figure 30 : Facteur de correction de la hauteur de l’antenne de réception.

III-1.d Modèle « Walfisch ».

L’utilisation d’un tel algorithme présuppose que tous les autres paramètres du modèle
General aient été affectés à zéro, exception faite du Rayon équivalent de la terre. Si ce n’est pas le
cas, le modèle ne s’applique pas.
Les principes et équations permettant de calculer les termes de diffraction (L rts et Lmsd) de
Walfisch Ikegami sont décrits dans le §II-10.d du présent document.
La formule de l’affaiblissement de propagation qui en résulte est la suivante :

  d  f 
 42 . 6  26 . log10    20.log10   en visibilité
  km   MHz 
Aff  
 32.4  20.log  d   20.log  f 
  Lrts  Lmsd en non visibilité
 10
 km 
10
 MHz 
(27)

Dans le cas de la non visibilité, on reconnaîtra la formulation de l’affaiblissement en espace


libre corrigée par les termes Lrts et Lmsd. Pour la visibilité, une formulation empirique simple est
utilisée. Ces deux expressions ont été proposées dans le cadre de l’action européenne COST231
[COST 231], à partir des travaux publiés par Walfisch et Ikegami.
Dans la version du modèle implantée dans PlaNET, les hauteurs de sursol n’interviennent
que pour déterminer si le mobile est ou non en visibilité de l’émetteur, les paramètres h moy (hauteur
moyenne des toits « clutter height »), b (distance moyenne entre les arrêtes : « Building
separation »), w (largeur de rue : « street width »),  (orientation de la rue : « street orientation »)
sont fixés par l’utilisateur dans le paramétrage du modèle (elles peuvent être fixées globalement
ou par type de sursol).

Dans le rapport COST231 où ce modèle est défini, un paramétrage par défaut est conseillé :
• b compris entre 20 et 50 m,
• w = b/2,
•  = 90°,
• et hmoy = 3 m * (nombre d’étages) + htoit,

 0m toit plat
avec htoit = 
 3m toit incliné

Le domaine de validité du modèle est alors :

nom du paramètre paramètre domaine de validité


f fréquence (MHz) 800 < f < 2000 MHz
hb hauteur de l’antenne de la station de 4 < hb < 50 m
base (m)
hm hauteur de l’antenne mobile (m) 1 < hm < 3 m
d distance 20 m < d < 5 km

avec une réserve toutefois sur son utilisation en microcellulaire où les performances du
modèle sont largement dégradées. On recommandera l’utilisation d’un tel modèle, exclusivement
pour le calcul de l’affaiblissement de propagation en zones urbaines, lorsque l’antenne d’émission
est au dessus du niveau moyen des toits.

Bien que non prévu dans le modèle d’origine de Walfisch Ikegami, le modèle peut être
calibré comme le modèle General en ajustant les coefficients K1, K2, K3, K4, K5, K6 et KCLUTTER
suivant une procédure similaire à celle décrite pour le modèle General (les valeurs des coefficients
pourront être sensiblement différentes de celles obtenues pour le modèle General). Si AffWalfisch est
l’affaiblissement prédit avec la formule ci-dessus, l’expression de l’affaiblissement total de
propagation est alors :
 d  Heff   d  Heff   Hmeff 
Aff  AffWalfisch  K1  K 2 log10    K 3 log10    K 4Diffraction  K 5 log10   . log10    K6   K
 m  m   m  m   m 
(28)

III-1.e Prise en compte du diagramme d’antenne

Dans PlaNET, le diagramme d’antenne est défini par sa projection dans les plans
horizontaux et verticaux. Les valeurs peuvent être éditées à l’aide de l « antenna editor » de
PlaNET; les antennes sont caractérisées par un gain (soit en dBi, soit en dBd) et par deux tableaux
de valeurs donnant les affaiblissements relatifs à la direction principale de l’antenne en dB (les
valeurs doivent être positives) en fonction de l’angle de la direction considérée par rapport à la
direction principale de l’antenne (les valeurs doivent être comprises entre 0 et 360° avec une
définition supérieure à 0.5°, les valeurs des angles utilisées ensuite par PlaNET seront interpolées
linéairements), ceci pour les plans horizontaux et verticaux (c.f. figure 31).

270 270

180 360 180 360

0 0

90 90

Plan Horizontal Plan Vertical


Figure 31 : Diagrammes d’antenne

Pour chaque site d’émission, l’utilisateur peut définir une valeur d’azimut (défini par rapport
au nord géographique, en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre) et de tilt (positif
quand l’antenne pointe vers le bas).

Le calcul de l’affaiblissement dû au diagramme d’antenne est effectué par PlaNET.


Connaissant les positions respectives de l’émetteur et du récepteur, il est possible de calculer
l’angle  formé par la liaison par rapport au nord et donc par rapport à l’azimut de l’antenne et
d’en déduire l’affaiblissement de directivité horizontale Adirh. Le modèle retourne à PlaNET l’angle
 formé par la droite reliant l’émetteur au premier obstacle engagé, par rapport à l’horizontale
(c.f. figure 32). Connaissant la valeur du tilt de l’antenne dans la direction du mobile , PlaNET
calcul l’angle  formé par l’antenne et la liaison dans le plan vertical et en déduit l’affaiblissement
de directivité verticale Adirv. Seules les valeurs du demi-plan [270°-0°-90°] seront considérées.
Mobile







Diagramme Horizontal Angles dans le plan vertical


Figure 32 : Calcul de Adirv.

Le tilt de l’antenne dans la direction du mobile (défini par l’angle , dans le plan horizontal)
est défini par :
 = atan( tan(tilt) * cos() )
où tilt est la valeur du tilt de l’antenne.
Cette valeur peut être approximée par  = tilt * cos()) lorsque le tilt est inférieur à 20°.
L’angle considéré pour le calcul de Adirv est 

Remarques :
L’angle  est arrondi à 0.5° près pour le calcul de .
Pour calculer , PlaNET considère les centres des pixels sur lesquels se trouvent l’émetteur et le
récepteur.
Si l’émetteur et le mobile sont dans la même maille, l’angle  sera affecté à 45°.

L’affaiblissement total dû au diagramme d’antenne est alors la somme Adirh+Adirv.


Ceci revient à considérer que le diagramme d’antenne 3D est défini à partir du plan
horizontal et par symétrie de révolution du demi-plan vertical autour de son axe

III-2 Modèle microcellulaire

On considère ici le cas où l’antenne d’émission est au dessous du niveau moyen des toits
environnants (typiquement au niveau des réverbères). La taille des cellules est relativement limitée
(le rayon moyen de la cellule varie entre 500 m et 1 km), l’utilisation d’un réseau microcellulaire
est exclusivement limitée aux zones urbaines où un fort trafic doit être écoulé.
Dans ce cas, les mécanismes de propagation à considérer pour la prédiction de
l’affaiblissement sont sensiblement différents de ceux abordés pour les modèles macrocellulaires.
Premièrement, une part importante de la zone couverte est en visibilité de la station de base ; du
fait de l’encaissement des rues, un simple modèle en espace libre n’est pas suffisant, un mécanisme
de guidage par les rues peut être clairement identifié. Deuxièmement, lorsque le mobile n’est pas
en visibilité de l’émetteur, la majeure partie de l’énergie reçue par le mobile peut provenir de la
propagation à travers le réseau de rues adjacentes, plutôt que par un mécanisme de propagation
au dessus des toits (nécessairement fortement atténué par deux diffractions).

Le modèle de propagation « Microcell » implanté dans PlaNET est composé d’un calcul
d’affaiblissement en visibilité (LOS) à deux pentes et d’un calcul d’affaiblissement en non visibilité
(NLOS) basé sur l’estimation de l’affaiblissement le long des rues, intégrant les pertes par
diffraction au niveau des coins de rues.

III-2.a Affaiblissement en visibilité.

On a vu au §II-2 qu’un simple modèle de réflexion sur le sol permettait d’identifier deux
types de comportement de l’affaiblissement de propagation en fonction de la distance (c.f. figure
II-3) : à courtes distances, l’affaiblissement est en moyenne proportionnel à 20.log 10(d), alors qu’à
longues distances cette dépendance est de 40.log 10(d). De façon schématique, la réflexion sur le
sol peut être traitée par un modèle à deux pentes (en log10(d)) en fonction de la distance. Le point
où le changement de pente intervient est appelé « Break Point ». La distance de ce point à
l’émetteur dépend de la fréquence et des hauteurs d’antenne d’émission et de réception. Il peut
être estimé en considérant qu’il coïncide avec le moment où le premier ellipsoïde Fresnel (c.f. §II-
3) devient tangent avec le sol. Lorsqu’il n’y a pas d’intersection entre la zone de Fresnel et le sol,
on peut considérer, en première approximation, que l’on a une propagation en espace libre ;
lorsqu’un intersection existe, on doit faire intervenir la réflexion sur le sol. Par un calcul
géométrique simple, on montre que le « break point » intervient pour une distance :
4 hb hm
dbrk 

Sur la figure 33, on a représenté le résultat du « modèle de terre plate » en fonction de la
distance, ainsi que le modèle à deux pentes correspondant. Dans ce cas simple, le « break point »
se situe à 140 m de l’émetteur et les pentes sont de 20 pour des distances inférieures à 200 mètres
et de 40 pour les distances supérieures.
140
130

affaiblissement (dB)
120
110
100
90
20.log(d)
80
70
60
40.log(d)
50
40
10 100 1000 10000
d (m)

Figure 33 : réflexion sur le sol / modèle à 2 pentes


hm = 1.5 m, hb = 7 m, f = 800 MHz.

En microcellulaire, le modèle de réflexion sur le sol n’est pas suffisant. Du fait de


l’encaissement de la rue où se trouvent l’émetteur et le mobile, les réflexions sur les murs bordant
cette rue doivent être considérées. Ces réflexions supplémentaires ne remettent pas en cause le
principe du modèle à deux pentes mais peuvent modifier la position du « break point » ainsi que
les pentes du modèle.

Une solution à la modélisation de la propagation en visibilité pour le microcellulaire consiste


à calibrer empiriquement les pentes du modèle à deux pentes défini comme suit :

 d
 m2.log10   d  dbrk
h   m 
Aff  m1  m5.log10  b    dB (29)
 m 
 m2  m3.log10 mbrk   m3.log10 m d  dbrk
d d

Cette formule est utilisée dans PlaNET pour calculer l’affaiblissement en visibilité pour le
modèle microcellulaire.
 hb 
Le terme m5.log10   permet de calibrer le modèle lorsqu’une augmentation des pertes
 m
est constatée en fonction de la hauteur d’antenne d’émission (pouvant être due au diagramme
d’antenne). Il est cependant recommandé d’affecter m5 à zéro lorsque trop peu de mesures à des
hauteurs différentes sont utilisées pour calibrer le modèle.
m1 est une constante de calibrage fixée par l’utilisateur.
Dans PlaNET, l’utilisateur peut fixer manuellement la distance séparant le « break point » de
l’émetteur (en affectant cette valeur à m4, exprimée en m) ou utiliser la formule définie par Xia :
4
2  
1
    4hb hm
2
dbrk  2
 2   2  2    
 2  2 

où = hb+hm et = hb-hm.


Pour un espace dégagé, on a m2 = -20, m3 = -40, m5 = 0
 f 
et m1  33.6  20. log10   dB.
MHz 

Pour une liaison dans la rue, la littérature (à 900 et 1800 MHz) fait état de valeurs allant,
pour m2 de -10 à -23 (pouvant être meilleur que l’espace libre) et pour m3 de -20 à -130 (Dans ce
dernier cas il est vraisemblable que la liaison n’était plus en visibilité). Les valeurs typiques à
considérer sont m2= -20 et m3 voisin de -60 (à moduler suivant l’encaissement de la rue).

III-2.b Affaiblissement en non visibilité.

Pour simplifier, le modèle considère que la non visibilité signifie toujours que le mobile n’est
plus sur le même segment de rue que l’émetteur. Le modèle identifie les principaux « chemins »
joignant l’émetteur au mobile par le réseau de routes défini dans la zone de calcul. Pour chaque
chemin, l’affaiblissement est calculé en distinguant les pertes liées à la propagation dans la rue où
se trouve l’émetteur, des pertes liées à la propagation dans les rues adjacentes. Le principe utilisé
est qu’à chaque changement de rue, tout se passe comme si le coin de la rue se comportait comme
un réémetteur. L’affaiblissement de propagation dans la nouvelle rue peut ensuite être calculé avec
un modèle à 1 ou 2 pentes.

Après le passage d’un coin de rue l’expression de l’affaiblissement est de la forme :

Aff  AffLOS ( x )  AffNLOS 1 y  dB (30)

où x est la distance séparant l’émetteur du coin de la rue, y la distance séparant le mobile du


coin de la rue, Aff LOS(x) l’affaiblissement de propagation entre l’émetteur et le coin de la rue
calculé avec la formule en visibilité (29) et Aff NLOS1(y) l’affaiblissement de propagation entre le
coin de la rue et le mobile calculé à l’aide d’un modèle à 1 ou 2 pentes de la forme :
 y
AffNLOS1 y    sn . log10   dB (1 pente)
 m
(31)

  y
 sn.log10   y  ybrk
  m
ou AffNLOS1 y    dB (2 pentes)
   s  s .log  ybrk   s .log  y  y  y
 n f 10  m  f 10  m  brk

(32)

où ybrk correspond au « break point » dans la rue adjacente. Il est fixé par l’utilisateur
(paramètre s4 dans PlaNET).
Un tel modèle n’est pas suffisant. En effet, le niveau de champ reçu dans la rue adjacente
dépend de l’angle  formé par la rue d’origine avec la rue adjacente. Ceci est pris en compte dans
le modèle microcellulaire en rendant les paramètres sn et sf dépendants de cet angle .
L’utilisateur doit fixer (menu « General » du modèle « microcell ») l’angle minimum  à
partir duquel on considère que l’on tourne un coin (c’est à dire que l’on change de formule pour
le calcul de l’affaiblissement) et les valeurs min et max des pentes s n et sf utilisés pour les rues
adjacentes : (s2n,s2f) correspondant à l’angle min et (s3n,s3f) correspondant à l’angle max = . Les
valeurs intermédiaires sont déduites par interpolation linéaire.
  s 3 i  s2 i     s  s2 i   
si       s2 i   3 i  
         

où i correspond à n ou f.
Après le passage du premier coin de rue, ce calcul est réitéré jusqu’au mobile Après le
passage du premier coin, la pente utilisée pour l’estimation de l’affaiblissement sera recalculée à
chaque fois en fonction de l’angle, mais avec les mêmes paramètres : s2i et s3i que pour la rue
adjacente. Pour chaque « chemin », on obtient donc une expression de l’affaiblissement de
propagation de la forme :
N
AffCHEMINj  AffLOS ( x )   AffNLOSi  y i  dB
i 1

où N est le nombre de coin à considérer pour atteindre le mobile et y i la longueur du ième


segment.
Ce calcul est effectué pour l’ensemble des « chemins » possibles.
L’affaiblissement total correspondant à la liaison est ensuite calculé sur la base d’une
sommation des puissances issues des différents « chemins » :
1 1
Afftotal
  Aff
j CHEMINj

Si en cours de calcul (c’est à dire avant d’arriver au mobile), l’affaiblissement devient trop
important (correspondant à un niveau de champ inférieur au seuil de sensibilité du mobile), le
calcul correspondant à ce « chemin » est interrompu. Il est également possible de limiter, a priori,
le nombre de coins de rues à considérer (de manière à limiter l’exploration du réseau de rues et de
gagner en temps de calcul).

Remarques :
• Si à une intersection, l’angle formé par les deux routes est inférieur à , l’angle pour
la route suivante, après une deuxième intersection, sera calculé par rapport à la route d’origine
(les distances x ou y sont calculées par rapport à l’origine ou au dernier coin de rue pris en
compte : angle supérieur à ). Par contre, si le premier angle était supérieur à  le second angle
est calculé par rapport à la rue adjacente. Ceci est illustré sur la figure 34, où l’on a représenté un
« chemin » pour lequel les angles () sont tous supérieurs à  et un « chemin » pour lequel le
premier angle  est inférieur à , ce qui conditionne le calcul du second angle ’1. Le premier
« chemin » fait intervenir deux changements de pente, le second un seul.

E

« chemin 1 » « chemin 2 »



M
’

Figure 34 : prise en compte des angles.

• Si une route est courbée, elle sera décomposée en segments de droites, chaque
segment faisant un angle par rapport au précédent. Le calcul ci dessus s’applique également dans
ce cas. (Un coin de rue n’est pas nécessairement une intersection entre deux routes).
• Si l’émetteur n’est pas géographiquement placé sur une route, le modèle projette la
position de l’émetteur sur la route la plus proche pour faire les calculs de propagation.
• Dans son état actuel, le modèle Microcell ne fonctionne qu’avec des antennes
omnidirectionnelles. Pour prendre en compte des antennes directives, il est nécessaire de modifier
le principe de la prise en compte du diagramme d’antenne dans PlaNET. En effet, pour le
microcellulaire, il est nécessaire que ce soit le modèle qui, pour chaque chemin, calcul
l’affaiblissement dû au diagramme d’antenne en considérant l’angle formé par l’azimut de
l’antenne avec l’axe défini par la route considérée (au voisinage de l’émetteur).

III-2.c Affaiblissement de pénétration dans les bâtiments.

Un point de réception est considéré comme étant sur une route, si il est distant de moins de
w/2 d’un segment de route, w étant la largeur moyenne des routes (w est renseigné dans la base
de donnée ou par l’utilisateur par type de route). Pour le calcul de l’affaiblissement le point est
projeté sur la route la plus proche.

Si le point à calculer est distant de plus de w/2 d’un segment de route, il est considéré
comme étant à l’intérieur d’un bâtiment. Dans ce cas, un calcul de pénétration dans le bâtiment est
effectué.

Pour ce faire, le mobile est projeté sur l’ensemble des segments de routes les plus proches
(points P1, P2 et P3 distants respectivement de d1, d2 et d3 du mobile représentés sur la figure 35).
L’affaiblissement de propagation (dans la rue) est calculé pour chaque point de projection (Aff1,
Aff2 et Aff3 sur l’exemple de la figure 35). On considère ensuite, que l’affaiblissement résultant au
niveau du mobile est de la forme :
AffPi=Affi+L(di) dB,
ceci pour chaque point de projection. L’affaiblissement total est ensuite calculé sur la base
d’une sommation des puissances issues des différentes projection :
1 1
Afftotal
  Aff
i Pi

La fonction L(di) donnant l’affaiblissement de pénétration dans le bâtiment, s’écrit sous la


forme :
L(di) = L1er mur+n.di. dB
où L1er mur représente l’affaiblissement de transmission à travers le mur extérieur du bâtiment
et n représente la pente pour une dépendance linéaire en fonction de la distance.
Ces deux paramères sont fixés par l’utilisateur dans le menu « in building » de PlaNET.

P1 P2
d1 d2
M d3

P3 E

Figure 35 : Calcul de la pénétration dans les bâtiments.

III-3 Interface PlaNET avec d’autres modèles.

PlaNET offre la possibilité de s’interfacer avec des modèles développés par l’utilisateur. Ces
modèles doivent se présenter sous la forme de deux librairies C++ (elles doivent être compilées
avec le compilateur CenterLine C++ compiler V2.02,V2.04, un « Makefile » standard est proposé
par défaut dans PlaNET).
PlaNET s’attend à trouver deux fonctions dans un modèle externe. Le fichier d’interface
s’intitule prediction_interface.h. Un exemple d’implémentation de modèle externe figure dans
prediction_interface.c (Le fichier d’interface et l’exemple sont disponibles dans
$PLANET_HOME/planet/planet/src/).

Les deux fonctions à implémenter sont :


float predict_one_pixel( Affaiblissement calculé en dB (>0)
short *height, Tableau de short contenant les hauteurs de sol MNT
short *clutter, Tableau de short contenant les infos de sursol
int width, Largeur en nombre de mailles de la donnée
float base_ground_ht, Hauteur du pied de la station de base par rapport au niveau de la mer
float antht, Hauteur de l’antenne par rapport au sol
int base_index, Indice du site de la station de base dans les bases de données MNT et sursol
int mobile_index, Indice du site de la station mobile dans les bases de données MNT et sursol
float * angle, Angle d’incidence au niveau de la station de base (en °) (convention de signe :
valeur positive quand la direction est au dessous de l’horizontal) Valeur à
retourner
float square_size) taille de la maille (en m).

Fonction calculant l’affaiblissement de propagation et l’angle d’incidence entre le point


correspondant à l’indice du site de la station de base et le point correspondant à l’indice de la
station mobile. L’angle d’incidence sert au calcul de l’affaiblissement de directivité verticale de
l’antenne d’émission.

void predict_array(
short *height, Tableau de short contenant les hauteurs de sol MNT
short *clutter, Tableau de short contenant les infos de sursol
int width, Largeur en nombre de mailles de la donnée
float base_ground_ht, Hauteur du pied de la station de base par rapport au niveau de la mer
float antht, Hauteur de l’antenne par rapport au sol
int base_index, Indice du site de la station de base dans les bases de données MNT et sursol
float square_size, taille de la maille (en m).
short *loss_dB, Tableau de valeurs contenant les affaiblissements calculés en dB (>0). Valeur à
retourner
float * angle) Tableau de valeurs contenant les angles d’incidence au niveau de la station de
base (en °) (convention de signe : valeur positive quand la direction est au
dessous de l’horizontal)

Fonction calculant l’affaiblissement de propagation et l’angle d’incidence entre le point


correspondant à l’indice du site de la station de base et l’ensemble des points de la zone de
calcul : carré de largeur width*square_size contenant width*width points à calculer. Cette
fonction appellera en général la précédente.
Rq. La place mémoire des tableaux à retourner est allouée par PlaNET.
En outre, PlaNET met à disposition du développeur de modèles les fonctions suivantes :
char *prediction_variable_names[] :
pointeur sur un tableau de chaînes de caractères contenant les intitulés des variables que
l’utilisateur désire voir afficher dans la boite de dialogue du modèle (avec la possibilité de
récupérer les valeurs renseignées dans la boite de dialogue). Le nombre de variables est limite à
60. La dernière variable doit être un pointeur NULL.

extern float get_prediction_variable(


int index) n° de la variable à lire.

Cette fonction permet de lire une des valeurs des variables précédente renseignées par
l’utilisateur dans la fenêtre de dialogue PlaNET. La valeur lue est toujours un float, charge au
programmeur de la convertir au format voulu.

extern int data_profile( Nombre d’éléments dans la structure ProfilePoints


short *height, Tableau de short contenant les hauteurs de sol MNT
short *clutter, Tableau de short contenant les infos de sursol
int width, Largeur en nombre de mailles de la donnée
int base_index, Indice du site de la station de base dans les bases de données MNT et sursol
int mobile_index, Indice du site de la station mobile dans les bases de données MNT et sursol
float square_size, taille de la maille (en m)
ProfilePoints ** profile, Pointeur sur une structure ProfilePoints
float EarthRadius) Rayon de la terre (en m)

Avec le descriptif de la structure ProfilePoints suivant :

Typedef struct {
float dist ; Distance au point origine (en m)
float ht ; Hauteur du point considéré (en m) après correction de la courbure
float uht ; Hauteur du point considéré (en m) sans correction de courbure
float not_used1 ;
short clutter ; Indice du type de sursol au point considéré
char not_used2 ;
int not_used3 ;
}ProfilePoints ;

Les champs non utilisés de cette structure peuvent être affectés par le modèle pour des
calculs intermédiaires.
La fonction data_profile extrait une structure ProfilePoints entre le point correspondant à
l’indice du site de la station de base et le point correspondant à l’indice de la station mobile. Dans
cette structure on trouvera une description du profil avec pour chaque distance du premier point,
la hauteur du MNT compensée et non compensée de la courbure terrestre (si cette opération a été
effectuée) et le type de sursol au point correspondant.

extern void compensate_earth_curve_profile(


ProfilePoints * profile, Pointeur sur une structure ProfilePoints
float EarthRadius) Rayon de la terre (en m)

extern void compensate_earth_curve_array(


short *height, Tableau de short contenant les hauteurs de sol MNT
int width, Largeur en nombre de mailles de la donnée
float EarthRadius) Rayon de la terre (en m)

La seconde fonction modifie de façon globale les hauteurs dans le fichier height en fonction
de la courbure de la terre renseignée. La première ne modifie les hauteurs que pour un profil. Sur
une même donnée, il ne faut pas utiliser en même temps ces deux fonctions, la courbure de la
terre serait corrigée deux fois.
Cette interface très ouverte offre de nombreuses possibilités pour le développement hors de
PlaNET de nouveau types de modèles. Il est nécessaire de garder en mémoire que le calcul de
l’affaiblissement de directivité d’antenne est toujours calculé par PlaNET.
IV. TRAITEMENT ET MISE AU FORMAT DES DONNEES

Pour la modélisation macrocellulaire (antenne d’émission au dessus du niveau moyen des


toits) on fera systématiquement l’hypothèse que le calcul de propagation peut être effectué en
limitant l’analyse au plan vertical contenant l’émetteur et le récepteur. Cette hypothèse, permet de
limiter le temps de traitement des bases de données ; elle constitue une bonne approximation dans
la très grande majorité des cas (exceptions : les zones où un réflecteur important peut être
identifié : régions montagneuses ; villes avec des grandes tours plus hautes que larges, du genre
La Défense ou Manhattan ; espaces dégagés bordés de constructions massives, genre front de
Seine ; ... dans ces cas les modèles doivent être corrigés ou bien faire appel à des techniques de
type lancer ou tracer de rayon plus gourmandes en temps de calcul). Les modèles macrocellulaires
utilisent principalement deux types de données géographiques :
• un fichier maillé contenant des hauteurs. En général, il s’agit d’un Modèle Numérique
de Terrain (MNT en français, DTM en anglais). Pour certaines applications, ce fichier peut
contenir des hauteurs issues du MNT auxquelles ont été ajoutées des hauteurs de sursol. Il s’agit
alors d’un fichier d’élévation (DEM en anglais). Il est alors nécessaire de garder en mémoire que
les hauteurs d’antennes de réception et d’émission seront ajoutées aux valeurs trouvées, elles
devront être renseignées en conséquence. Ce fichier servira à établir le profil de diffraction.
• un fichier maillé contenant les types de sursol (« clutter types »). Plusieurs utilisations
des données disponibles dans ce fichier sont possibles. Une hauteur peut être associée à chaque
type de sursol (dans le « Model Editor », dans le menu « clutter », la variable « clutter height »).
Si cette hauteur est renseignée, pour chaque pixel, la hauteur du type de sursol associée à ce pixel
sera ajoutée à la hauteur trouvée dans le fichier d’altitude pour établir le profil de diffraction. Une
seconde utilisation consiste à associer un affaiblissement à chaque type de sursol. Cette
affaiblissement interviendra dans le calcul de l’affaiblissement total à travers la variable KCLUTTER
(c.f. §III-1.b).

Les données utilisées pour construire le profil de diffraction sont issues de fichiers maillés.
Différentes techniques d’extraction de profil à partir de fichier maillés ont été développées. Dans
le cas des fichiers contenant des informations de hauteur, il s’agit, en général, de techniques
d’interpolation entre les valeurs des mailles les plus proches. On distingue trois types
d’interpolations :
rangées : interpolation entre les quatre mailles les plus proches, pondérées par les distances
à ces mailles ; c’est la technique implantée par défaut dans PlaNET (c.f. figure 37).
colonnes : suivant l’angle de la liaison, interpolation entre les mailles d’une même ligne ou
d’une même colonne, pondérée par les distances au point considéré (technique de Bresenham
interpolé); c.f. figure 36.
diagonales : interpolation entre les mailles d’une diagonale, pondérée par les distances au
point considéré; c.f. figure 36.

M M
E E

Figure 36 : construction d’un profil de diffraction à partir de données maillées.


Interpolation « diagonale » et « colonne ».

Figure 37 : construction d’un profil de diffraction à partir de données maillées.


Méthode « rangée ».

L’utilisation de ces techniques d’interpolation se justifie surtout lorsque le pas de maille est
assez important. Pour des pas inférieurs à 50 m, l’apport de l’interpolation devient négligeable et
peu même, dans certain cas (données de hauteurs intégrant le sursol) n’avoir aucun sens. Dans
PlaNET, il est possible de paramètrer une distance en dessous de laquelle aucune interpolation ne
sera effectuée. Dans ce cas, la maille la plus proche est projetée directement sur l’axe émetteur
récepteur. Cela se traduit par un gain de temps de calcul lors de l’extraction du profil.
Par cette opération, on obtient une suite de couples de valeurs, le premier élément indique la
distance du point considéré au point origine (qui sera en général l’émetteur), le second une
hauteur correspondant à ce point. Pour créer le profil de diffraction, il reste à ajouter les hauteurs
des antennes d’émission et de réception aux points correspondants.
Dans PlaNET, l’utilisateur peut paramètrer une distance L ; les éléments du profil distant de
moins de L seront regroupés en une seul arrête (menu « General » du « Model Editor »).
L’algorithme de calcul de diffraction pourra être utilisé sur le profil résultant. L’ensemble de
ces opérations est en général appelé « synthétisation du profil de diffraction » (c.f. figure 38).

E M

synthétisation
du profil
E M

Figure 38 : construction d’un profil de diffraction à partir d’un profil de terrain.

Dans PlaNET (model editor), il est possible d’associer une hauteur et un espacement moyen
par type de clutter. Lorsque ces données sont renseignées, elles sont utilisées lors de la
synthétisation du profil de diffraction (c.f. figures 39 et 40).

Lorsque le mobile est dans une zone couverte par un type de clutter auquel est affecté une
hauteur, il est nécessaire de prévoir une distance de dégagement du mobile par rapport aux arrêtes
voisines : la position du mobile par rapport aux arrêtes voisines synthétisées par type de clutter
n’est pas significative, or, l’affaiblissement de diffraction dépend fortement de la distance entre la
dernière arrête et le mobile. Pour minimiser l’influence de cette dernière arrête, une solution
consiste à forcer une distance de dégagement du mobile suffisamment importante ; l’effet des
clutters au voisinage du mobile étant pris en compte différemment (paramètre KCLUTTER). Dans
PlaNET, cette distance de dégagement est la distance moyenne séparant deux arrêtes, elle est
renseignée par type de clutter.

Type de clutter
urbain

hmoy
Profil synthétisé
Figure 39 : synthétisation du type de clutter

Figure 40 : synthétisation d’un profil utilisant les types de clutter

De même, de manière à éviter de prendre en compte trop fortement un obstacle de forme


arrondie lors du calcul de diffraction multiple, il est conseillé de définir une distance de
dégagement pour les pics de diffraction. Cette distance est paramètrable par l’utilisateur dans le
menu general de l’éditeur de modèle de PlaNET dans le champ intitulé « Merge knife edges closer
than : ».
Cette distance de dégagement doit rester relativement faible : une colline ne peut être
modélisée par une seule arrête, de plus elle dépend de la fréquence et de la résolution de la base
de donnée. En première approximation, à basses fréquences (inférieures à 500 MHz) une distance
de l’ordre de 2 fois la résolution du MNT peut être considérée ; à plus hautes fréquences cette
distance devrait être plus faible, de l’ordre de 50 mètres.
merge knife edges distance

Figure 41 : distance de dégagement des pics de diffraction.


RÉFÉRENCES

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Proc. IRE, vol 35, pp 1122-1136, October 1947
[CCIR1]- Propagation dans les milieux non ionisés, Annexe au volume V - Rapport du CCIR,
Union Internationale des Télécommunications, 1990.
[CCIR2]- Techniques de prévision de la propagation et données de propagation nécessaires pour
la conception des faisceaux hertziens transhorizon - Recommandation 617 - Commissions
d’études du CCIR, Union Internationale des Télécommunications, 1992.
[CCIR3]- Courbes de propagation sur ondes métriques et décimétriques dans la gamme des
fréquences comprises entre 30 et 1000 MHz - Recommandation 370 - Commissions d’études du
CCIR, Union Internationale des Télécommunications, 1992.
[COST 231]- Urban transmission loss models for mobile radio in the 900 and 1800 Mhz bands
(rev.2), COST 231 TD(90)119 rev2, The Hague, The Netherlands, September 1991.
[Deygout 1966]- DEYGOUT J. - Multiple knife-edge diffraction of microwaves. IEEE
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[Deygout 1992]- DEYGOUT J. - Evaluation de l’affaiblissement de propagation des ondes
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