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PASSION DE JESUS

Résurrection de Lazare
A la fin de cet automne-là, il se rendit à Jérusalem
pour un bref séjour.
• C'est à ce moment-là qu'eut lieu la résurrection de
Lazare, qui représente la clef de voûte de Mon enseignement
» (Grand Evangile XI, p. 104).
• Cette action causa l'extrême colère du Temple car
elle avait eu lieu près de Jérusalem. Lazare était l'un des
hommes les plus riches du pays et, après sa mort, le tiers de
son immense fortune devait, selon la loi, revenir au Temple
car il n'avait pas d'enfant. »
Lazare pria Jésus de passer l'hiver chez lui,
comme il l'avait déjà fait une fois. Jésus n'accepta
cependant pas cette invitation et se décida à se retirer
avec ses apôtres (sans Judas) et huit autres disciples, tout
à fait à l'écart. Les autres disciples retournèrent chez eux
passer l'hiver comme de coutume. Jésus se rendit à
Ephraïm qui ne se trouve pas en Samarie, comme le
prétendent certains auteurs mais dans les monts Judas, à
l'est d'Hebron, près de la Mer Morte. Le texte de
l'évangile de Jean 11 : 54 ne permet pas de prétendre que
Jésus se rendit dans le nord. Les disciples restèrent tout
l'hiver à Ephraïm, un petit endroit très peu fréquenté en
hiver, où ils restaurèrent, avec l'aide des anciens, une
forteresse en ruines, pour l'habiter. Ils y demeurèrent
trois mois (Grand Evangile XI, p. 146). En quittant
Ephraïm, Pierre mit une fois encore Jésus en garde
contre le Temple.
« Il devinait que les choses s'étaient aggravées au
plus haut point et, dès ce moment-là, Pierre cacha sur lui une
épée pour offrir sa vie au cas où les gardes viendraient
M'arrêter » (Grand Evangile XI, p. 148).
« Après le retour d'Ephraïm suivirent des journées
significatives où Je dus convaincre Lazare et Mes disciples
du but final que J'avais pour l'humanité et Je leur expliquai
encore beaucoup de choses qu'il n'est pas encore temps de
révéler à l'humanité. Cela viendra plus tard. »
« Le soir, nous étions tous assis au Mont des Oliviers,
dans la grande salle d'une auberge qui appartenait également
à Lazare. La foule défilait pour Me voir et cela était bien car
elle devait Me voir » (Grand Evangile XI, p. 154, 155).
« Le premier soir, à Mon arrivée chez Lazare, nous
nous étions retirés loin de la foule qui n'était pas encore très
importante, dans la salle qui nous servait de logement à tous,
lorsque Judas Iscariote ouvrit la porte et nous salua tous »
(Grand Évangile XI, p. 155).
« Il fit une description haute en couleurs de la
solitude qu'il avait ressentie à Jéricho où il s'était arrêté et de
la pauvreté, de la souffrance et de l'esclavage du peuple qu'il
avait rencontré en chemin. Il termina avec ces mots : O
Seigneur, si j'avais seulement le dixième de Ta force, je
pourrais alors comme je voudrais mettre fin rapidement à
toute violence, libérer et rendre heureux le peuple qui est
asservi et appeler au secours Jéhovah pour qu'Il loue le
Seigneur et jubile devant Dieu. O Seigneur, combien de
temps pourras-Tu encore hésiter et laisser retentir ces
supplications sans les exaucer ? »
• Un grand silence plein d'attente succéda à ces
paroles qui montraient bien à quel point Judas attendait que
Je sois le Messie libérateur terrestre. Je lui répliquai : "N'ai-je
pas appelé à Moi les pauvres de tous temps ? N'ai-Je pas
consolé les affligés, guéri les malades et enrichi les
malheureux autant qu'ils le méritaient ? Qui tarde donc ? Ce
n'est pas Moi, c'est le monde qui tarde et qui ne veut pas de
salut. Le Fils de l'homme atteindra bientôt le faîte de sa
puissance, afin que le monde voie qu'Il a atteint ce à quoi
tous aspirent et qui leur paraît si désirable. Mais cela arrivera
pour le salut de Mon ciel et non pour le salut du monde. Et
toi, console-toi avec ce que tu as déjà vu et verras encore
bientôt." Judas se tut alors et fut tout heureux dans son cœur
car il croyait par ses paroles M'avoir aidé à faire peut-être le
pas décisif qui allait Me décider à libérer le peuple du joug
des Romains car il savait que J'en avais la force » (Grand
Evangile XI, p. 156.)
• Judas imaginait que Je n'étais pas capable de lire ses
pensées secrètes. Avec toutes les bonnes dispositions de
l'esprit que peut avoir un homme matérialiste, il ne percevait
cependant pas très profondément l'essence et l'intelligence de
Ma personne et ne voyait en Moi qu'un être doué de facultés
exceptionnelles » (Grand Evangile XI, p. 158).
• Judas s'en alla vers la foule assemblée devant
l'auberge et raconta à tout le monde que J'étais là et que
J'irais le lendemain à la ville » (Grand Evangile XI, p. 161).
• Mais Je sortis de la maison et Me rendis seul au
sommet du Mont des Oliviers d'où l'on jouit d'une vue
étendue sur Jérusalem et tous les environs. Ici la Divinité se
sépara en Moi du fils de l'homme Jésus et lui dit : "Vois ici
devant toi la ville de ta souffrance, qui va commencer dans
les jours qui viennent, si tu veux prendre librement sur toi le
joug qui servira à sauver l'humanité. Dans ton corps humain,
tu es séparé de Moi, tu es un homme comme tous les autres.
En sacrifiant ta volonté, tu as laissé croître en toi la volonté
du Tout-Puissant. Mais c'est de ta volonté d'homme qu'il
dépend maintenant que tu acceptes le dernier acte le plus
pénible. C'est pourquoi Je te demande : « Veux-tu, en tant
que Mon fils, retourner au Père et donc accomplir tout ce que
Je te demande ? Ou veux-tu, en tant que fils des hommes,
appartenir à cette humanité seulement et rester seulement de
ce monde ? Tu peux être un conquérant et rester un libérateur
du monde ; mais si tu grandis parfaitement en Moi et deviens
par-là le souverain de la vie de toute éternité, tu peux aussi
devenir un chemin qui mène à Moi et qui conduit au plus
profond du cœur de Dieu. Tu peux être un intercesseur des
hommes créés par Ma puissance, sortis du cœur du Père où
ils doivent retourner, mais tu peux aussi être un intercesseur
de l'amour qui commande à la sagesse de changer sa justice
en compassion. Ainsi, choisis maintenant ce qui est devant
tes yeux et ce qui va arriver à ton corps, si tu veux suivre le
chemin à côté de Moi ou le chemin en Moi, car voici venue
la dernière décision. »
(Grand Evangile XI, p. 166).
« Alors parla l'âme de Jésus, le Fils de l'homme :
"Père, Ta volonté est toujours la mienne et qu'il advienne
seulement ce que Tu veux." Alors la Divinité dit au cœur du
Fils de l'homme : "Je te le demanderai encore une fois
comme aujourd'hui et il arrivera ce que tu veux, selon la
réponse que tu donneras. Mais vois ce que le monde va
t'offrir aujourd'hui." » (Grand Evangile XI, p. 167).
« Le lendemain matin, tous étaient réveillés avant le
lever du soleil. Nous sortîmes immédiatement. J'appelai Mes
disciples et les douze apôtres autour de Moi et leur dit : "Mes
chers, ce jour sera un jour de cérémonies pour le fils de
l'homme parce que le Père le veut pour l'amour des
humains." Les disciples, parmi lesquels se trouvait Judas, Me
demandèrent : "Seigneur, que veux-tu dire ? Et comment
pouvons-nous nous protéger de l'ennemi ?" Je me tournai
alors vers Jérusalem et criai : "Mais toi, fille de Sion,
prépare-toi à recevoir ton Roi" » (Grand Evangile XI, p.
167).
« Les disciples ne disaient plus rien, s'émerveillaient,
chuchotaient entre eux et se demandaient ce que Mon
étrange personne avait à dire. Judas, qui avait entendu ces
paroles, dit en riant à Jean : "Ami, le Maître sait déjà quel
chemin Il va suivre. Il prend les voies de l'oint du Seigneur,
qui mènent non en enfer mais à la gloire et à l'honneur de son
peuple." Il m'adressa ces mots avec enthousiasme en Me
regardant, car Mon puissant appel lui avait paru être la
réalisation de tous ses vœux ; il voyait la voie ouverte à tous
les honneurs qui devraient aussi lui être rendus, à lui qui
avait préparé le chemin du Messie et qui, donc, méritait toute
Ma reconnaissance ! »
« Pierre regarda avec étonnement Judas qui montrait
une si fière assurance. Pourtant, il se tut, émerveillé par le
déroulement de cette matinée et, silencieusement, il se mit en
route avec les onze »
(Grand Evangile XI, p. 168).
« Nous arrivâmes à la moitié du chemin qui séparait
Béthanie des portes de Jérusalem. A main gauche devant
nous, se trouvait une petite bourgade qui s'appelait Betphage
mais qui, aujourd'hui, a complètement disparu. Je demandai
que deux de Mes disciples veuillent bien Me rendre un grand
service. Tous se proposèrent. Je fis le choix de Jean et Pierre
et les priai d'aller à cet endroit qu'ils voyaient devant eux. Là
ils trouveraient à la première maison, une ânesse attachée
avec son ânon et broutant l'herbe. "Amenez-Moi cet ânon car
J'ai besoin de lui. Si l'on vous demande qui vous a envoyé,
répondez simplement : c'est le Seigneur et Il en a besoin, et
on vous le donnera" » (Grand Evangile XI, p. 169).
« Migram, le propriétaire de l'ânon, avait entendu
parler de Moi qui l'avais initié à Mon enseignement. Il était
Romain, et se disait ouvertement Mon partisan ; il ne se
souciait pas des Juifs, n'ayant à faire qu'aux envoyés et aux
citoyens de Rome. Lorsque les deux disciples arrivèrent à sa
maison, ils trouvèrent les deux bêtes, délièrent la plus jeune.
Le propriétaire sortit alors en hâte de sa maison, suivi de tous
ceux qui se trouvaient chez lui pour acheter des fruits. Il
demanda d'un ton rude comment il leur était venu à l'idée de
vouloir emmener cet ânon ? Jean répondit selon Mes paroles
et Migram, plein de joie à la nouvelle qu'il pouvait Me
rendre un service, s'empressa de détacher aussi la vieille
ânesse pour Me l'envoyer avec son ânon. "Mais, dirent les
disciples, le Seigneur n'a besoin que de l'ânon" » (Grand
Evangile XI, p. 169-170).
• Tandis que nous étions encore occupés à ces
préparatifs, une foule de gens empruntait cette route de
Jérusalem. Lorsqu'ils nous aperçurent, ils se précipitèrent
vers nous et, très rapidement, nous fûmes entourés de
centaines de personnes qui voulaient M'acclamer et Me
saluer comme le sauveur d'Israël. La plupart d'entre eux
étaient des Juifs qui Me connaissaient déjà plus ou moins et
m'avaient vu avec Mes disciples exercer Mon ministère de
guérison, au cours de Mes voyages. Ces gens Me
reconnaissaient comme leur roi, ce qui M'avait obligé à
M'enfuir » (Grand Evangile XI, p. 170).
• Lorsqu'ils virent Lazare, que tout le monde
connaissait et dont le nom était sur toutes les lèvres depuis
qu'il était ressuscité, leurs cris de joie ne connurent plus de
limite et ils se mirent à M'acclamer en disant : "Hosanna -
Félicité." Je ne refusai pas ces acclamations et, sans rien dire,
Je montai sur l'ânon qui se dirigea vers Jérusalem. La foule
augmenta de plus en plus, attirée par le bruit ; elle se mit à
brandir des rameaux verts et à en couvrir le sol. Les gens
étalèrent aussi leurs vêtements et firent un chemin pour
l'ânon, tout cela en signe d'hommage, comme on le faisait
pour les anciens rois. Lorsque nous approchâmes du versant
du Mont des Oliviers d'où la vue s'étend sur tout Jérusalem,
nous vîmes que des milliers de personnes se tenaient aux
portes de la ville et couvraient la vallée du Cédron. »
• Lorsque, venant du Mont des Oliviers, nous
arrivâmes à la porte principale de Jérusalem, la garde
romaine tenta de la fermer, craignant une insurrection. Mais
quand les Romains constatèrent que le peuple m'entourait
paisiblement, des palmes et des rameaux à la main, ils
renoncèrent à toute résistance et regardèrent plutôt avec
curiosité ce cortège qui, pour eux, devait sans doute faire
partie de la fête. Nous entrâmes ainsi sans entraves dans la
ville, nous dirigeant immédiatement vers le Temple. Les
pharisiens, les prêtres et les serviteurs du Temple étaient
dans la plus vive inquiétude et se demandaient ce qu'il fallait
faire. Ils convinrent rapidement qu'il était impossible de
barrer les chemins sans provoquer une insurrection contre les
autorités du Temple. La foule était dans une euphorie qui ne
pouvait pas être étouffée par les armes. Ils ne purent donc
faire autrement que de laisser aller les choses et d'attendre le
moment propice pour intervenir. Un conseil fut réuni en hâte,
où le grand-prêtre Caïphe conseilla d'attendre et de voir où Je
voulais en venir. »
« Cependant les serviteurs du Temple furent chargés
d'aller en hâte informer de Ma présence les vendeurs qui, à
nouveau, étaient très nombreux au Temple, afin de leur
éviter une scène fâcheuse, semblable à celle que Je leur avais
déjà réservée une fois ! Mais la mise en garde était inutile !
Les changeurs et les vendeurs de toutes sortes, attentifs aux
rumeurs de la foule qui leur parvenaient de l'extérieur des
murailles, se rappelant ce que Je leur avais déjà fait, avaient
rapidement plié bagage et pris la fuite en emportant leurs
marchandises impures. Cette seconde purification du Temple
s'effectua donc sans Mon intervention directe ; elle est à
l'origine de la confusion commise par ceux qui croient que la
fameuse scène s'est produite ici et non au début de Mon
ministère, comme ce fut le cas en fait. Le peuple entra dans
le Temple en poussant des cris ; il se précipita tout d'abord à
la recherche des prêtres, voulant exiger du grand-prêtre
Caïphe de M'oindre avec la sainte huile et de Me proclamer
roi pour pouvoir ensuite Me conduire à la citadelle de Sion et
M'y rendre hommage ; mais les prêtres étant introuvables, le
peuple traversa les cours et pénétra jusque dans le Saint Lieu.
»
• Les pharisiens et les chefs du Temple avaient jugé
avec exactitude l'excitation du peuple. Tandis que celui-ci
n'avait pas imaginé qu'il ne parviendrait pas à soumettre les
prêtres à sa volonté. Le peuple était maintenant sous l'effet
produit par ce lieu vide, d'où tous les prêtres étaient absents.
L'excitation générale fit place à un silence solennel, dans
l'attente de ce que J'allais faire. J'avais donné l'ordre aux
miens de rester à l'écart. J'étais donc seul face à tout le
peuple. Je lui parlai à haute voix, disant : "L'heure est venue
car le monde doit apprendre où conduisent les voies qu'il a
suivies jusqu'ici et chacun doit décider s'il veut ou non aller
au Père ! Vous m'avez mené jusqu'ici dans cette maison où
l'esprit visible de Dieu habitait autrefois. Mais il a quitté
maintenant ces murs, et ces lieux sont devenus vides. Il s'est
choisi maintenant une autre demeure, et chaque être humain
peut se construire un temple s'il agit selon Ma parole et selon
Mon enseignement, que Je vous ai donné. Que chacun se
laisse conduire par l'humilité et suive le droit chemin qui
mène à la maison de Dieu, qui est devenue vide, mais qui
doit être remplie d'une nouvelle manière par vos actes et par
votre amour. Chaque acte d'amour est une prière pour la
construction du Temple et ce Temple sera couronné par le
signe de la sagesse et de la force, et l'amour seul en sera la
pierre de fondation. C'est pour cela que Je suis venu à vous
afin que vous appreniez de Moi cet amour que vous négligez,
non l'amour de soi que vous avez déjà, mais l'amour du
prochain que vous n'avez pas mais qui vous illumine en Dieu
et qui, seul, peut vous mener à Dieu. Mais si vous croyez que
Je suis et veux être votre Roi, sachez alors que Mon
Royaume n'est pas de ce monde mais qu'il réside, dans toute
sa gloire, en chaque homme et représente l'héritage que le
Père a donné au Fils et, par Lui, à tous les hommes sur la
terre et dans tous les cieux. Ne croyez donc pas que je vais
M'établir dans le palais de David pour fonder un royaume
terrestre. Que celui qui veut Me suivre, Me suive dans ses
actes, il sera alors bienheureux..." »
Afin que vous voyiez comment la force du Père peut
agir dans l'homme, amenez-Moi les malades qui souffrent
dans leur corps et que Je les guérisse. Mes paroles sont la
vérité et parce qu'elles sont la vérité, elles sont également la
vie et la force de la vie. C'est d'après cela que J'ai agi ici en
tant qu'homme et Je suis donc devenu un Maître de la vie.
C'est pourquoi Je vous le dis à tous : allez et faites de même
mais ne péchez plus, ni dans vos paroles, ni dans vos œuvres.
Ne péchez plus, c'est-à-dire ne faites rien qui soit contre
l’amour de Dieu et du prochain, vous resterez alors en bonne
santé et deviendrez de vrais maîtres de la vie. Levez-vous et
mettez-vous en marche ! »
• A ces mots, toutes les infirmités des malades
disparurent et ceux-ci se levèrent guéris et fortifiés dans leur
corps. Mais le peuple qui était là tout autour éclata à nouveau
de joie, jubilant et Me louant par-dessus tout. Beaucoup se
jetaient à Mes pieds et voulaient saisir Mes mains et Mes
vêtements pour les embrasser. Je ne les en empêchai pas et,
au contraire, les laissai tous venir à Moi. »
• Beaucoup voulurent encore une fois tenter d'obliger
les grands-prêtres à réaliser leur intention de Me faire oindre
et proclamer Roi. Mais les prêtres s'étaient si bien cachés que
ceux qui étaient partis à leur recherche revinrent sans en
avoir trouvé aucune trace ! Ils se pressèrent alors autour de
Moi et M'environnèrent tumultueusement. Je leur donnai
l'ordre de faire silence, disant à tous ceux qui avaient envie
d'un Roi : "Dites-Moi, celui qui devant Dieu est le porteur de
Sa puissance, peut-il être mis plus haut sur terre qu'il ne l'est
déjà devant Dieu ?"
- Maître, répondit, quelque peu frappé, le meneur de
la bande, évidemment pas lui, mais ceux qui lui
appartiennent désirent un signe extérieur visible de sa force
afin que le peuple soit heureux sous sa puissante poigne et ne
soit plus opprimé.
Et Je dis :
« Qu'a donc gagné le peuple lorsque Samuel, sur les
instances du peuple, a oint Saül et l'a proclamé Roi ? Certes
ni la paix, ni le calme mais le combat et l'inquiétude. Et
pourquoi ? Parce que le peuple s'était fatigué du joug facile
qu'il avait demandé au Seigneur d'établir sur lui. Depuis vous
n'avez pas manqué de rois et, actuellement, Hérode est
devenu votre roi. Croyez-vous vraiment qu'un nouveau roi,
que vous cherchez en Moi, vous apporterait la paix s'il
voulait exercer extérieurement son pouvoir ? Hérode et les
Romains chercheraient à le détruire. Il y aurait guerre,
désolation et misère si Je devenais votre roi terrestre et cela
serait en contradiction avec Mon enseignement où Je vous
dis d'aimer votre prochain comme vous-même. C'est
pourquoi, avec Moi, renoncez à l'extérieur. Mon Royaume
n'est pas de ce monde. Erigez en vous-même le juste
Royaume de Paix, c'est là que Je veux être et rester votre
Roi. »
« A ces mots, ceux qui jouaient les bouffons en
réclamant un roi, se détournèrent déçus et pensèrent que Je
n'étais pas le héros que le peuple d'Israël attendait pour son
salut extérieur. Ils se mêlèrent à nouveau à la foule et ne
cachèrent pas leur déception. Mais il était impossible de
retourner le peuple contre Moi car la puissance de Mes actes
avait parlé. »
« Les Juifs du Temple, les prêtres et les pharisiens
avaient maintenant remarqué le grand calme qui régnait sur
toute la place. Quelques-uns d'entre eux, déguisés, s'étaient
cachés dans le peuple pour espionner. Rapidement ils se
joignirent à ces bouffons qui réclamaient un roi et qui, très
contrariés, montraient leur mauvaise humeur et cherchaient à
monter le peuple contre Moi, afin de provoquer une
atmosphère contraire. Mon âme alors ressentit que Mon
heure était venue et fut attristée par les souffrances
prochaines et par l'inconstance du peuple. C'est pourquoi Je
dis à Mes proches qui M'entouraient : "Mon âme est attristée
maintenant. Et que dois-Je dire ? Père, aide-Moi en cette
heure. Et c'est pourtant à cause de cela que Je suis venu en ce
monde. O Père, transfigure Ton Nom!" Alors une voix
retentit du Ciel qui, en réalité, résonna dans les cœurs de tous
ceux qui pouvaient encore s'éveiller à la vie de l'esprit : "Je
l'ai transfiguré et Je vais encore le transfigurer." »
« Entre temps, les prêtres et les chefs du Temple
avaient donc appris que le peuple s'était calmé, que J'avais
refusé d'exercer un pouvoir officiel et que Je n'avais pas
voulu Me faire proclamer Roi. En outre, ils savaient que cela
avait provoqué une déception momentanée. Ils cherchèrent à
profiter rapidement de cet état d'esprit. Les prêtres et les
lévites reçurent l'ordre de préparer en hâte un grand cortège.
Les trompettes ouvraient la marche et des hérauts
annoncèrent au peuple que le grand-prêtre avait reçu l'ordre
de Dieu de faire un grand sacrifice exceptionnel pour les
péchés du peuple. Le Seigneur voulait ainsi lui manifester sa
grâce et lui pardonner tous les péchés commis depuis une
demi-année ! Le cortège se rendit en grande pompe et
magnificence jusqu'au maître-autel du Temple où Caïphe,
lui-même, fit le sacrifice. De cette manière, le Temple
atteignait son but car le peuple était encore très attaché aux
anciennes cérémonies. Ce contre-courant exceptionnel
exerça ainsi une vive impression sur les esprits et déjà, au
milieu du jour, il n'y avait plus trace de l'extraordinaire
excitation du peuple causée par Mon entrée. »
« Peu de temps après, nous étions tous à la maison de
Lazare. Chacun avait suivi le chemin en silence et les yeux
soucieux des Miens croisaient souvent Mon regard car il leur
semblait clair que J'avais essayé de frapper un grand coup
mais, pour eux tous, il était raté ! Où était Ma puissance
miraculeuse qui aurait pu si facilement consolider Ma
Mission par un signe extérieur ! Car la guérison des malades
était devenue quelque chose de quotidien qui réussissait
même à Mes disciples ; cela n'était donc plus quelque chose
d'exceptionnel pour le peuple. Quant à cette voix du ciel, elle
était pour eux douteuse car elle n'avait pas retenti avec
suffisamment de puissance pour pouvoir chasser toute espèce
de doute. »
« Ces questions préoccupaient les Miens lorsque nous
arrivâmes à Béthanie et que Je Me retirai dans une chambre
solitaire pour Me fortifier, c'est-à-dire pour rassembler Mon
âme et pour l'affermir. Parmi les Miens, Judas était celui qui
s'excitait le plus à cause de Mon échec apparent. Il en parlait
ouvertement, disant que "Ma bonté et Ma douceur infinie
M'empêchaient de montrer Ma puissance au peuple : le
Seigneur est, certes, un homme d'une force et d'une sagesse
exceptionnelle et je ne doute aucunement qu’il est le Messie
tant attendu. Mais cet esprit puissant qui habite en Lui et qui
a souvent la force extraordinaire de l'éclair, est contenu dans
une enveloppe trop fragile, laquelle montre encore trop de
faiblesse au peuple. Ce ne sont pas seulement la douceur et la
bonté qui régissent le monde mais aussi le poignet qui sait
manier l'épée lorsqu'il est nécessaire d'assurer son succès par
le sang. Si le Seigneur était obligé de se préserver, Lui et les
Siens, des bourreaux, la force divine qui L'habite se
manifesterait tout différemment pour ne pas tomber avec eux
et pour accomplir son œuvre." »
• Pierre lui dit : "Judas, n'as-tu pas encore vu combien
souvent le Maître et nous-mêmes avons été tourmentés et
que sans cette force qui L'habite, nous aurions déjà sombré
depuis longtemps. Rappelle-toi comme Il a fait taire la
tempête et comme les complots que le Temple tramait contre
Lui ont souvent été déjoués."
• Judas répondit : "Ce n'est pas une preuve car,
chaque fois, les circonstances ont été favorables et nous
aurions peut-être pu échapper au danger par notre propre
force. Non, je veux dire que si, tout à coup, un danger
physique se présentait à lui, que chacun pourrait voir et
craindre, le Seigneur n'agirait-Il pas alors avec beaucoup plus
de force ? Le peuple ne serait-il pas alors de Son côté d'une
toute autre manière, et Se laisserait-Il encore retourner par la
niaiserie de la comédie pompeuse du Temple ?" »
• Pierre et les autres, en hochant la tête, se
demandaient : "Comment cela pourrait-il arriver et qui en
déciderait ? Le Seigneur Lui-même saura mieux ce qu'Il a à
faire et ce qu'Il fera." Judas se tut et resta tout le jour sombre
et renfermé. Tout était calme dans cette maison de Lazare et
personne ne Me troublait. Je restai seul dans une petite
chambre, dialoguant en Moi avec mon Père. Mais aucun être
humain ne peut vraiment comprendre comment cela est
possible. »
• Là-dessus, Nicodème, accompagné de trois hauts
fonctionnaires de ses parents, vint de nuit me trouver en
secret pour M'informer des dangers qui Me menaçaient. Je
leur répondis : "Ne vous préoccupez pas de ce qui est arrivé
et de qui arrivera encore. Le Père le veut ainsi. Encore un
peu et le Fils sera éternellement dans le Père. Mais vous
n'avez pas à vous préoccuper de la manière dont cela doit
arriver, et cependant cela sera pour votre bien et pour le bien
de toute l'humanité." »
• Nicodème répondit : "Seigneur, nous ne
comprenons pas vraiment Tes paroles mais il nous semble en
tous les cas nécessaire que Tu penses à Ta propre sécurité ;
c'est pour cela que nous sommes venus ici Te proposer notre
aide selon nos forces. Ne serait-il pas préférable que Tu
quittes ces lieux et Te caches dans la montagne ? Le fils de
mon père, que voici, Te conduirait sûrement car il a de
nombreuses relations hors du pays où Tu pourrais vivre un
certain temps en parfaite sécurité." »
• Jésus répondit : "Ne soyez pas insensés, Je n'ai
besoin de l’aide de personne. Voudrais-Je anéantir Mes
ennemis que ce ne serait pour Moi qu'une peccadille ! Mais
Je ne le veux pas. Car vous aussi, vous devez prendre part au
salut et tout le peuple avec vous. Je reste. Soyez certains que
personne ne Me saisira avant que Je ne l'aie voulu Moi-
même." »
• Lorsque le jour vint, Judas chercha à s'approcher de
Thomas et à le prendre à l'écart. Ils sortirent, Judas disant à
Thomas : "Frère, peux-tu vraiment comprendre la façon
d'agir du Seigneur ? Hier nous avons tous deux été témoins
de Son triomphe et nous avons vu comme il aurait suffi de
peu pour que le peuple, qui Lui est si attaché, Le suive là où
Il aurait voulu. Et au lieu de convaincre le monde de Sa
mission messianique, Il s'est laissé prendre des mains tous
les fruits de Son travail sans entreprendre ce que le peuple
attendait de Lui. Il a pourtant en Lui la puissance de
commander le Temple et les Romains, pour autant qu'Il
veuille bien rassembler en Lui toutes Ses forces ! A quoi Lui
sert toute la puissance de Dieu, avec laquelle Il peut
commander les tempêtes, les malades et tous les malheurs,
s'Il est assez faible en Lui-même pour ne pas utiliser cette
force-là où elle est nécessaire!" »
« "Mon cœur tressaille de joie dans mon sein lorsque
je pense à ce que cela pourrait être, mais comme cela n'est
pas ! Et pourquoi n'en est-il pas ainsi ? Parce que Lui, qui est
le seul en qui la force de Dieu vit, n'a pas le courage de
prendre rapidement une décision pour agir... Moi aussi, je
suis persuadé qu'Il est le seul à pouvoir apporter le salut au
monde mais je suis également persuadé qu'il faut que
quelque chose se passe pour que ce salut se réalise. C'est
maintenant ou jamais." »
« Hérode Lui est favorable, les forces romaines sont
actuellement moins importantes du fait qu'elles sont utilisées
ailleurs. Tout Lui est donc propice pour qu'Il soit l'homme le
plus puissant, s'Il le veut bien. Mais comment éveiller en Lui
cette volonté ? Tout est là ! Nous avons vu comme Il est
hésitant et nous avons entendu ce que veut le Temple. S'Il ne
trouve pas en Lui le courage d'entreprendre ce qui est
nécessaire, il faudra qu'Il soit forcé de le faire." Thomas,
effrayé, demanda : "Forcer ? Qui veut forcer Celui par qui
parle le Tout-Puissant ?" »
Jésus quitta Lazare et se rendit à Jéricho avec ses
disciples, et passa deux jours au bord du Jourdain.
« Je consacrai ce temps à expliquer encore aux
apôtres leur mission et Mon enseignement. Là-dessus, Judas
prit congé de nous et se rendit à Jérusalem. Il apprit
rapidement que Ma disparition soudaine avait surpris tout le
monde. Il ne restait plus rien de la grande euphorie
provoquée par Mon entrée. Le peuple croyait, en général,
que J'avais fui devant la puissance du Temple. Celui-ci était
surveillé par les gardes du Temple et par les soldats d'Hérode
; en plus, les soldats romains parcouraient la ville
journellement pour dissiper tout rassemblement populaire
éventuel. Le Temple avait demandé l'appui et le soutien du
gouverneur romain Ponce Pilate, en cas d'un soulèvement
quelconque, et M'avait dénoncé comme agitateur. »
« Pilate lui-même avait ordonné des recherches qui
avaient montré que le peuple n'avait manifesté aucun signe
d'hostilité mais, uniquement, un grand enthousiasme pour ce
sauveur miraculeux qui n'était, dès lors, plus inconnu de
Pilate. Il ne prêtait donc aucune importance particulière à cet
événement, tout en donnant cependant l'ordre à ses troupes
de parcourir la ville. Le peuple était impressionné par ces
mesures et savait par trop que la puissance et la sévérité
romaine seraient redoutables s'il faisait le moindre écart. »
« Le Temple en avait assez et pensait qu'il était temps
de porter un coup définitif. Si seulement ils avaient pu savoir
où et comment Me saisir fortuitement. En conseil secret, ils
délibérèrent sur les moyens et les chemins à prendre, sans
parvenir à un accord. Là-dessus, il leur fut annoncé qu'un
homme voulait informer le Haut Conseil du lieu où se tenait
le Nazaréen. »
« Tout heureux, Caïphe fit venir à lui Judas Ischariote
et le mena devant le Haut Conseil. Caïphe lui demanda
alors : "Sais-tu où il se trouve ?" Judas répondit : "Non, car je
ne peux pas savoir s'il a déjà quitté l'endroit mais je sais que
cette année, comme toujours, il voudra manger l'agneau
pascal en compagnie de ses partisans et que cela ne peut
avoir lieu ailleurs que dans les environs de la ville." Un des
pharisiens répondit : "Le mieux serait de le saisir pendant la
nuit, d'une part à cause du peuple qui tient à lui et, d'autre
part, j'ai toujours entendu dire que la force de ce genre de
magiciens est plus faible la nuit," Caïphe ne voulut pas tenir
compte de tout cela car il était certain que le Nazaréen n'avait
pas d'autres forces que celles qu'on connaissait aux Esséniens
; cependant, il était aussi d'avis d'arrêter Jésus, de nuit, pour
éviter d'être remarqué. »
• Il fut convenu avec Judas que celui-ci se trouverait
au Temple le soir du jour de l'agneau pascal et retrouverait
les archers pour les conduire au lieu où le Nazaréen se
trouverait. Judas, qui se réjouissait intérieurement que le
Haut Conseil soit tombé dans le piège qu'il croyait avoir
tendu, fut plus heureux encore de voir que son plan qui
rapportait de l'argent, alors que cela n'avait pas été dans ses
intentions. Il exigea les trente sicles d'argent qui lui furent
promis s'il venait le soir convenu.»
• Judas était certain que Je réussirais sans peine à
conquérir tout le peuple en un acte héroïque quelconque. Le
peuple avait peut-être bien été surpris mais il ne M'avait pas
complètement laissé tomber. Cette idée le réjouissait et
l'affermissait dans son intention de Me mettre dans une
situation qui M'obligerait à M'opposer à Mes agresseurs, en
les détruisant ou en ne leur faisant rien, mais où Je ferais en
sorte que chacun reconnaisse clairement que personne sur
terre ne peut Me résister.
Puis vint le jour de l'agneau pascal. L'évangile de
Jean raconté exactement tout ce qui arriva ce soir-là.
Nous reprendrons ici seulement l'enchaînement des
événements afin de mieux comprendre comment ils se
sont accomplis.
« C'était la coutume qu'après le repas, le maître de la
maison rompît un morceau de pain en disant un verset de
l'écriture à celui qui recevait le morceau. Tandis que Je
préparais ces morceaux, Mon âme fut envahie d'une grande
tristesse et Je prononçai ces paroles : "L'un d'entre vous Me
trahira!" Horrifiés par cette parole qui leur semblait obscure,
les disciples M'assaillirent de questions, demandant ce que Je
voulais dire et qui Me trahirait ? Je refusai de répondre et Me
mis à rompre les morceaux en faisant encore une exhortation
à chacun, selon son caractère. Pierre, qui fut un des premiers,
était très impressionné par Mes paroles et fit signe à Jean qui
était à côté de Moi, disant qu'il aurait bien voulu savoir à qui
Je pensais.
« Il faut ici expliquer l'expression "couché sur le sein
de Jésus" qui souvent à été mal comprise. Il s'agit en effet
d'un cas très particulier de l'idiome de cette époque. Nous
n'étions pas couchés à table à la façon des Romains, comme
on le prétend parfois, car c'était une coutume païenne que les
Juifs repoussaient comme ils évitaient tout ce qui pouvait
avoir un rapport avec les peuples païens. Nous étions assis.
Celui qu'on voulait marquer d'un signe particulier d'amitié
était assis à la droite du maître de maison et avait ainsi
l'honneur de devoir lui tendre les plats. Le maître de maison
devait donc, pour cela, souvent tourner sa poitrine de son
côté. Dans l'usage de la langue de cette époque, ce détail
correspondait donc à l'expression qui a été traduite par
"couché sur le sein".
• Jean Me questionna doucement et à lui, qui était le
serviteur en qui J'avais le plus de confiance, Je répondis :
"C'est celui auquel Je donnerai ce morceau de pain!" Judas
reçut alors ce morceau, avec ces mots : "Ce que tu fais, fais-
le au plus tôt." »
• Les autres disciples, évidemment, ne pouvaient pas
comprendre le sens de ces paroles. Mais Judas, qui avait été
effrayé par Mes premières paroles concernant la trahison
d'un disciple, prit ces derniers mots pour un encouragement à
réaliser ses plans, se leva rapidement et sortit
triomphalement. Tout l'orgueil du futur triomphateur qu'il
escomptait devenir grâce à Moi, ainsi que les plus vifs désirs
de gloire et d'honneur, l'envahirent, de sorte que Satan et tous
les démons de la vanité s'emparèrent de son âme, embrasée
du désir de régner et d'anéantir tous ses adversaires. »
« Nous sortîmes et nous nous dirigeâmes vers le
Mont des Oliviers, là où se trouve ce jardin qu'on appelle
encore aujourd'hui Gethsémané, mais qui est indiqué à un
tout autre endroit. Ce jardin faisait partie de cette auberge du
Mont des Oliviers qui appartenait à Lazare et qui était un lieu
de promenade réputé. Un parc s'étendait au-dessous de
l'auberge et un chemin très agréable conduisait au sommet de
la colline d'où l'on jouissait d'une vue agréable. Ce parc était
Gethsémané à proprement parler et n'avait que son nom de
commun avec ce qu'on montre aujourd'hui à un tout autre
endroit, sous prétexte que certains arbres y sont très
anciens*. »
« Nous nous installâmes en retrait du chemin et
J'invitai Pierre, Jacques et Jean à faire quelques pas à l'écart
des autres. Ils le firent et Me suivirent. C'est ici que surgit cet
instant où tout le poids du prochain malheur du Fils de
l'homme s'abattit sur lui et où l'esprit de Dieu se retira
complètement pour permettre à l'homme Jésus une décision
parfaitement libre. Il ressentit cette heure amère avec
épouvante, disant : "Mon âme est accablée de tristesse
jusqu'à la mort !" Il dit alors aux trois autres : "Restez ici et
veillez avec Moi !" Puis, étant allé un peu à l'écart, Il pria
aussi en disant "Mon Père, que cette coupe s'éloigne de moi
si cela est possible ; toutefois, non pas comme je veux, mais
comme Tu veux." »
• Mais, à ces mots, sa propre décision n'était pas
encore prise fermement, la divinité n'étant pas encore
revenue en lui. Jésus retourna vers les siens et les trouva
endormis. »
• A nouveau poursuivie par la crainte, Son âme
cherchait une communication extérieure auprès des Siens. Il
les trouva encore une fois endormis, si profondément qu'ils
ne se réveillèrent pas et, sous l'ivresse du sommeil,
remuèrent seulement à Son appel. »
• Pour la troisième fois, Il se retira. Maintenant,
Jésus, le Fils de l'homme, avait gagné. Revenant vers les
Siens, Jésus leur jeta un regard compatissant et appela à
haute voix : "Père, Je sais qu'il est possible que cette coupe
s'éloigne mais que Ta volonté seule soit faite, Je veux la
boire." »
« Alors la Divinité revint en lui et le fortifia, le
pénétra complètement, disant : "Mon fils, pour la dernière
fois, tu avais à te décider. Maintenant le Père et le Fils sont
unis en toi et devenus inséparables à jamais. Porte ce qui t'a
été donné de porter ! Amen !" »
« Je Me relevai encore une fois et retournai à Mes
disciples qui dormaient de nouveau, et les réveillai. A ce
moment-là, une troupe armée de gardiens du Temple
s'approcha avec des torches, menée par Judas qui voulait la
conduire à l'auberge où il pensait Me trouver. Les disciples
Me demandèrent ce que cela signifiait. Je leur demandai de
rester en arrière et M'avançai sur le chemin, vers la troupe.
Lorsque Judas Me vit, il vint vers Moi et voulut M'embrasser
en signe de connivence avec les archers. Mais Je l'en
empêchai, lui disant "Judas, tu trahis donc le Fils de l'homme
? Il serait préférable que tu ne soies jamais né !" Là-dessus,
Je Me tournai vers l'escorte et demandai d'une voix forte :
"Qui cherchez-vous ?" Le chef répondit : "Jésus de
Nazareth." Là-dessus, Je Me rendis à eux, disant : "Je le suis"
et Je fis quelques pas pour M'approcher d'eux. Les archers
reculèrent car ils avaient entendu parler de Ma puissance et
la craignaient. C'est pourquoi Caïphe n'avait choisi que des
archers qui ne Me connaissaient pas encore. Quelques-uns
même de ceux qui se trouvaient derrière, tombèrent au sol
sous la poussée du recul des premiers. Comme ces hommes
armés hésitaient et restaient là, anxieux, une fois encore Je
demandai : "Qui cherchez-vous ?" Et à la réponse du chef, Je
répétai encore : "Je vous l'ai dit, Je le suis. Si c'est Moi que
vous cherchez, laissez ceux-ci s'en aller." Lorsque ces
hommes armés virent qu'il ne leur arrivait rien, ils eurent
honte de leur première épouvante, se précipitèrent sur Moi et
M'entourèrent aussitôt ; le chef, exécutant l'ordre du grand-
prêtre, ordonna qu'on ne saisisse que Moi. »
« Judas restait là, attendant que quelque chose se
passe qui put effrayer les archers. Et comme rien ne se
passait, il pensa avec d'autant plus d'assurance que Ma force
se manifesterait devant le Haut Conseil. »
• L'escorte traversa le Cédron et la porte par laquelle
J'avais fait Mon entrée. Les gardiens du Temple Me
conduisirent tout d'abord chez Hanne qui était le beau-frère
du grand-prêtre Caïphe et son représentant. C'est pourquoi on
lui porta tout d'abord la nouvelle qu'on avait réussi à
M'arrêter. »
• Il n'y a pas lieu de répéter ici tout ce que développe
l'Evangile de Saint-Jean car ce présent ouvrage ne doit pas
rendre superflu l'évangile de Jean. Il s'agit uniquement de
combler certaines bévues dans le déroulement des faits
historiques. On peut y lire comment Hanne Me reçut et
comment Pierre se comporta. Hanne Me fit lier et M'envoya
chez Caïphe. »
• Judas, qui constatait bien que tout se déroulait
autrement qu'il ne l'avait prévu, vit comment Je fus emmené
et suivit, consterné et terrifié par l'échec de son projet. Il
voulut même entrer avec Moi chez le grand-prêtre mais
l'entrée lui fut refusée. Tout le Haut Conseil était réuni chez
Caïphe et attendait Ma comparution avec une impatience où
couvait la vengeance. On procéda à l'accusation dans toutes
les formes. Des témoins comparurent. J'étais un grand traître.
On utilisa Mon entrée et le fait que J'avais osé pénétrer dans
le Saint Lieu, en disant que Je prenais un droit sacré que Je
ne possédais pas. En outre, il fut prouvé très subtilement que
Je voulais soulever le peuple contre l'empereur romain pour
Me faire Roi Moi-même. Mais lorsqu'ils cherchèrent des
témoins pouvant affirmer par serment que Mes paroles
avaient manifesté cette intention, ils n'en trouvèrent aucun. »
« Finalement comparurent des témoins qui
prétendirent que J'avais dit : "Détruisez ce Temple et, dans
trois jours, Je le rebâtirai." Caïphe dit alors que c'était un
blasphème contre le Temple lui-même. Car, pour accomplir
cela, il faut la puissance divine que seul possédera l'Oint du
Seigneur, qui viendra un jour dans toute sa force. Je dis alors
que J'étais le Christ, l'Oint. Caïphe alors Me conjura de dire
si, véritablement, J'étais le Christ, le Fils de Dieu ? Je
répondis : "Tu le dis ; et, de plus, Je vous le dis, désormais il
arrivera que le Fils de l'Homme siégera à la droite de la
Puissance de Dieu et viendra, sur les nuées du ciel, au Père
qui habite en Lui ! Alors le grand-prêtre déchira ses
vêtements en disant : "Il a blasphémé ! Qu'avons nous encore
besoin de témoins ? Vous avez entendu vous-même son
blasphème!" »
• Naturellement ils furent tous du même avis car
Caïphe n'avait réuni dans ce conseil que ceux dont il était sûr
et qui lui avaient prouvé, lors des dernières séances, qu'ils
M'étaient hostiles*. C'étaient ceux qui avaient appris la
trahison de Judas et qui, de ce fait, avaient eu l'intention de
Me faire arrêter. »
• La condamnation à mort fut donc rapidement
terminée, et il ne s'agissait plus que d'avoir l'approbation de
Ponce Pilate. Au lever du jour, Je fus conduit chez lui et il
fut dit au gouverneur la chose suivante : J'étais un rebelle et
un blasphémateur et, en tant que tel, méritais la mort. Ponce
Pilate, à qui Mon entrée était connue et qui n'y avait trouvé
aucun caractère de rébellion, chercha à me sauver car il était-
enclin, en tant que Romain, à voir en Moi une sorte de demi-
dieu, doué de forces particulières. Il s'entretint avec Moi
comme on peut le lire dans l'Evangile de Jean et déclara aux
gens du Temple qui attendaient devant le prétoire qu'il ne
trouvait aucune faute en Moi. »
• Les prêtres et les autorités du Temple avaient réuni
tous leurs gens devant le prétoire (25 000 personnes vivaient
grâce au Temple) et ne laissaient pénétrer personne du reste
du peuple, de sorte qu'il n'y avait à proximité que les fidèles
qu'on avait intimidés. Cette clique du Temple cherchait donc
de toutes ses forces à réaliser son désir de Me supprimer.
Elle M'avait fait conduire à Pilate pour qu'il Me juge. S'il
acceptait, ils étaient enfin tranquilles et, s'il refusait, ils le
dénonceraient à l'Empereur, ce pour quoi Hérode leur
donnerait avec joie un coup de main. »
• Pilate n'ignorait pas ce plan mais il ne savait
comment réagir, c'est pourquoi il choisit de laisser aller les
choses. Alors qu'il s'interrogeait sur ce qu'il devait faire de ce
fameux Jésus, ils lui amenèrent le prisonnier, exigeant un
jugement immédiat. Pilate savait que l'enjeu était sérieux ;
comme s'il était descendu des nuages, il demanda d'une voix
de tonnerre : "Qua donc commis cet accusé en qui je ne vois
aucune faute ?" Mais le clergé et les gens qu'il avait
soudoyés crièrent dix fois plus fort : "C'est un agitateur, un
chef d'insurrection, un blasphémateur qui ne respecte pas le
sabbat et qui se fait passer pour le fils du Dieu vivant. Il est
passible de mort selon nos lois que Rome respecte, et selon
les lois de l'Empereur. C'est pourquoi juge-le et fais-le
crucifier, sans quoi tu es l'ennemi de l'Empereur!" »
• Cette menace fit tressaillir Pilate qui ne savait
réellement que faire ! En hâte, il pensa qu'il n'y avait pas
d'autres possibilités, qu'il devait faire bonne figure à mauvais
jeu et, qu'au nom du fatum incompréhensible, il fallait
accorder à ce clergé, qu'il détestait par-dessus tout, ce qu'il
exigeait de lui. »
• Pilate était intimidé. Il connaissait le Temple et
savait de quoi celui-ci était capable. Il tenta, par tous les
moyens, de libérer Jésus mais c'était peine perdue ; enfin,
dans la plus extrême indignation, il se lava les mains en
disant : "Je veux être innocent du sang de ce juste. Vous avez
vos lois, prenez-le et jugez-le." Alors les grands-prêtres
crièrent : "Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants !
Mais nous n'avons pas le droit de souiller nos mains de sang.
Aussi donne-nous des soldats romains. Après la libération de
Barabas, la foule obstinée réclama la crucifixion de Jésus et
ne voulut pas entendre parler d'incarcération ; elle traita
même Pilate de lâche. Celui-ci fut alors au comble de
l'indignation et dit : "Misérables, prenez votre malfaiteur, qui
est plus juste que vous tous. Voici des archers. Retirez-vous
et faites-en ce que vous voudrez. De mes propres mains, j'en
donne l'attestation : mon témoignage sur lui et sur vous vous
suivra." Ayant dit cela, il se retira et leur remit Jésus que les
archers du Temple saisirent et firent crucifier » (Grand
Evangile XI, p. 170-228)
Théologiens et historiens se demandent depuis
longtemps comment, en effet, ce puissant procurateur
romain, qui agissait habituellement avec la plus extrême
brutalité à l'égard des Juifs, a pu céder à la pression des
grands prêtres et condamner Jésus à mort contre sa
propre conscience ? Existe-t-il un autre cas semblable
dans l'histoire du droit où le juge condamne à une mort
atroce un accusé qu'il déclare innocent de sa propre
bouche ? Certains ont tenté de résoudre le problème. Ils
estiment que les paroles de Pilate ne sont pas exactes et
qu'elles ont été ajoutées par la suite.
De telles simplifications sont toujours suspectes et
n'expliquent pas les causes profondes des faits. D'autres
auteurs, comme Rudolf Bultman, pensent que Pilate était
extérieur à l'événement et ne pouvait comprendre le
caractère proprement apolitique de l'enseignement de
Jésus ; c'est pourquoi il aurait condamné Jésus par
erreur. Bultman contredit ainsi les propres paroles de
Pilate dont la signification est pourtant claire et plausible.
Pilate était au courant des prédications de Jésus, dont il
connaissait exactement les intentions. Il est hors de
question que les Romains n'aient pas surveillé de très
près un homme qui attirait des foules de 20 à 30 000
hommes. Dans l'état explosif où se trouvait la Palestine,
les Romains étaient sur leurs gardes car ils n'avaient avec
eux sur le territoire que trois cohortes d'infanterie, c'est-
à-dire 2 500 hommes et 500 cavaliers. Lors de
l'insurrection de 68, leurs forces armées furent
rapidement dépassées par les Juifs insurgés et ce n'est
qu'en 69 et 70 que les Romains purent reprendre en main
le pays, grâce à l'aide de légions venues d'autres pays.
Certains auteurs encore pensent que Jésus fut réellement
un chef d'insurrection et qu'il fut jugé simplement à
temps.
La Nouvelle Révélation jette ici une nouvelle
lumière sur les arrière-pensées de Pilate et nous explique
ce qui le poussa à commettre un crime contre la justice.
Pour le comprendre, jetons un regard sur les événements
de Rome à cette époque. Tibère était sur le trône. Son
conseiller le plus intime était Séjan, général de la garde
prétorienne, l'ennemi juré des Juifs. En l'an 19, il avait
chassé tous les Juifs de Rome. L'historien Eusèbe nous
apprend qu'il projetait d'exterminer complètement la
race juive (« universam gentem judaeorum deperdendam
exposcebat »).
En l'an 26, Séjan devient l'homme le plus puissant
aux côtés de l'empereur. Tibère vieillit, n'éprouve plus de
joie à régner et se retire de plus en plus dans son île de
Capri. Mais il n'oublie pas de faire surveiller secrètement
Séjan à qui incombe tout le pouvoir. Et l'empereur fait
bien car, depuis Lucifer, certaines autorités haut placées
n'aiment pas que d'autres autorités plus hautes encore
règnent au-dessus d'elles. Cette année-là, Séjan nomme
procurateur de Judée, Pilate, qui était chevalier de
second rang. Selon les usages de l'époque, Pilate ne
pouvait être nommé à une telle fonction. Il l'obtint
uniquement grâce aux faveurs de Séjan qui savait le
mépris de Pilate pour les Juifs.
En l'an 30, Séjan entreprend une action générale
contre les Juifs du monde entier. Les gouverneurs et les
procurateurs de toutes les provinces reçurent ses ordres,
ainsi que Pilate qui n'attendait que son signal pour sévir.
Au printemps de l'an 30, Pilate frappe une nouvelle
monnaie de provocation avec le lituus, emblème du
pouvoir impérial. Cette même année, le grand sanhédrin
de Jérusalem perd son droit de condamner à mort.
En janvier 31, Séjan reçoit le consulat pour cinq
ans avec l'empereur. Pilate fait à nouveau frapper sa
monnaie, ce qui provoque un bain de sang parmi les
pèlerins de Jérusalem. Sur les instances de Séjan, le
procurateur consciencieux reçoit le titre honorifique
d'Ami de César, honneur qui lui assure les plus hauts
privilèges et une carrière éclatante.
Mais Tibère sait que son collègue veut l'évincer,
aussi le devance-t-il. Le 18 octobre, Séjan est arrêté à
Rome et exécuté. Ses amis sont dénoncés et tombent les
uns après les autres ou se suicident. La chasse aux
prétendants commence dans tout l'Empire. Les chefs de
toutes les provinces reçoivent l'ordre de cesser
immédiatement toute mesure antisémite.
Pilate, placé en Judée par les faveurs de Séjan,
craint le pire. Une lettre de Hérode Agrippa I à
l'Empereur Caligula nous montre que, dès lors, Pilate
redoute que les Juifs se plaignent de lui à l'empereur
(Philon, Legatio 38/299/305). Par tous les moyens, il tente
d'éviter tout ce qui pourrait lui porter préjudice. Le haut
clergé juif était conscient de cette situation. La pression
exercée par les grands prêtres était une pure tactique.
Lorsqu'ils constatèrent que Pilate tardait à se rendre à
leur volonté et à leur livrer un innocent, ils utilisèrent
leur arme la plus terrible, en criant : « Met Jésus à mort,
sans quoi tu es un ennemi de l'empereur. » Pilate avait
compris ! Brutal, plein de compromis, chevalier de
second rang, peu lui importait la condamnation d'un
innocent ! Mais ce crime ne le sauva pas de la chute qu'il
craignait tant ! Quelques années plus tard, il ordonna en
Samarie une intervention brutale contre des pèlerins
désarmés. Dénoncé à l'empereur, celui-ci le destitua et
l'exila. Il ne fut pourtant pas envoyé en Gaule comme le
dit la légende, mais dans les environs de Naples, près de
Pompéi, où il termina ses jours dans la misère (Grand
Evangile XI).
La Nouvelle Révélation nous dit qu'il est
impossible de comprendre le martyre de Jésus parce que
« ce sont des choses qu'aucune âme humaine ne peut
comprendre dans son corps. Il s'agit donc ici seulement de
donner quelques éclaircissements afin d'avoir une image
précise des dernières heures du Fils de l'homme, telles
qu'elles sont décrites avec assez d'exactitude dans les
Evangiles » (Grand Evangile XI).
« Sur Mon passage se trouva Simon de Cyrène, qui
avait reçu Mon enseignement. Il remarqua avec effroi Mon
état pitoyable et fut ému de compassion. Un homme du
Temple l'interpella et lui cria : "Regarde, ton maître est
incapable de s'aider lui-même. C'est toute sa fameuse force
divine!" Simon, horrifié, répondit en prophétisant "L'heure
viendra où vous maudirez ce que vous avez fait mais, moi, je
désire pouvoir servir mon maître et l'aider dans sa peine."
"Tu n'as qu'à le faire, crièrent plusieurs prêtres furieux, car
puisque tu oses condamner les actions du Temple, tu vas
faire pénitence. Tu dois porter la croix de ton maître !" »
« Lorsque Simon entendit cela, il s'approcha la joie
au cœur prit la lourde croix sur ses fortes épaules et Me
tendit la main pour m'aider à Me relever. Je pris sa main et
Simon fut si fortifié dans son énergie qu'il lui fut facile de
porter la lourde charge... Tous Mes amis les plus proches, qui
n'avaient pu pénétrer dans le prétoire, Me suivaient
maintenant. Le peuple qui avait été tenu jusque-là à l'écart
s'approcha également. Là où le passage s'élargissait près de
la porte en une vaste place, ces gens avaient l'air menaçant.
Mais les pharisiens s'y attendaient et avaient fait placer une
garnison de soldats romains près de la porte afin que l'ordre
fût parfaitement respecté. Lorsque tous ceux qui Me
voulaient du bien virent que J'étais tout à fait perdu et qu'il
était absolument impossible de Me libérer des mains des
archers du Temple, il s'éleva une clameur de désolation, au
milieu des femmes particulièrement. Je Me tournai vers les
plus proches d'entre elles, en disant : "Ne pleurez pas pour
Moi mais pour vous et vos enfants car ce qui leur arrivera
sera pire que ce que vous voyez M'arriver maintenant. Je vais
vers Mon Père mais, eux, ne sauront pas où ils vont!" »
« La tradition de l'Eglise raconte ici que la servante
Véronique Me tendit un mouchoir pour sécher Ma sueur.
Cela est vrai. Elle était au premier rang de ces femmes en
lamentations. Mais l'impression de Mon visage dans le tissu
est une légende née plus tard. Il n'y a jamais eu non plus de
Juif du nom de Ahasver qui M'ait chassé de sa maison. Les
légendes sont apparues parmi les fidèles qui cherchèrent à
entourer Ma mort de toutes sortes de miracles. Si, réellement,
il y avait eu ces tremblements de terre, cet obscurcissement
du soleil, l'apparition des esprits, comme on le raconte,
Jérusalem, se sentant obligée de faire pénitence n'aurait pas
douté de Ma résurrection et l'aurait acclamée comme un
signe de pardon. Mais il n'y avait aucune raison qu'il se passe
quoi que ce soit d'aussi extraordinaire pendant ce moment de
la mort de Mon corps » (Grand Evangile XI).
« On dit que les ténèbres apparurent lorsque Mon
corps fut pendu sur la croix. Oui, une grande nuit intérieure
pénétra Jérusalem. Non pas une nuit extérieure mais une nuit
intérieure que chacun ressentit comme s'il avait perdu
quelque chose sans savoir ce que c'était ; même les grands-
prêtres, les scribes, les pharisiens et les Juifs du Temple qui
avaient exigé Ma mort, n'éprouvaient aucune satisfaction et
aucune joie dans leur action. C'est d'ailleurs la raison pour
laquelle le Temple ne prit aucune mesure contre Mes
disciples et Mes proches, ni contre Nicodème, Joseph
d'Arimathée et Lazare, qui Me suivirent jusqu'au pied de la
croix où ils assistèrent à Mon agonie. C'est évidemment
grâce à Nicodème, membre du Haut Conseil, que les Miens
obtinrent l'autorisation de rester sur place, alors que les
Romains ne laissaient pénétrer personne. A sa demande, on
fit exception pour lui. Mes plus proches disciples, à
l'exception de Jean, étaient tous absents, comme Je l'avais
souvent prédit. "Le berger était frappé et ses brebis étaient
disséminées." Après Mon arrestation, la plupart se
réfugièrent chez Lazare. Seul Jean osait se montrer
ouvertement et offrait son soutien et sa consolation à Marie,
Ma mère selon la chair. »
« Pierre, pris d'un très profond remords depuis sa
chute, suivit secrètement Mon passage à travers les rues et
les places de Jérusalem, se tenant éloigné parce qu'il
éprouvait en son âme le besoin d'être seul et commençait à
comprendre enfin les intentions de Mon œuvre. C'est ici que
lui servirent tout particulièrement les exercices qu'il avait
faits à Ephraïm. Il comprenait l'être et le but de Mon
incarnation terrestre et était pénétré par la nécessité de cette
incarnation. Sans mot dire, il mettait sa confiance dans Ma
résurrection que J'avais annoncée. »
• Lorsque Mon âme se sépara du corps, il y eut
effectivement un tremblement de terre. Mais cela fut peu
remarqué car, de Mon temps, les forces souterraines de la
vallée du Jourdain se manifestaient beaucoup plus souvent
qu'aujourd'hui et les tremblements de terre n'étaient pas
rares. Mais évidemment, les Juifs endurcis ne virent pas que
cela avait un lien avec Ma mort. »
• Il est également vrai que le rideau du Temple se
déchira, en signe extérieur, montrant qu'il n'y avait plus de
barrière pour parvenir au cœur central du Très-Haut et que
chacun pouvait parvenir au Père pour recevoir la vie
éternelle. Mais ce signe, quoique miraculeux, n'attira
l'attention de personne. Les novices suspendirent à nouveau
le rideau et l'incident fut clos. »
• On dit que le soleil s'assombrit. Comme nous
l'avons déjà dit, il y eut une obscurité mais il est connu que
dans les pays chauds, les tremblements de terre provoquent
un fort obscurcissement de l'atmosphère où le soleil perd son
éclat. Ce fut ici le cas. Cette perte d'éclat du soleil avait en
plus une autre cause. »
• Lorsque le corps fut inanimé et que la vengeance
des ennemis se fut refroidie, le peuple se retira car cette
sensation intérieure d'horreur causée par cette fameuse
obscurité poussait chacun à retrouver chez soi une sécurité.
C'était la tombée du jour, le moment où il s'agissait pour les
Juifs de préparer le sabbat selon la loi. Mes partisans s'étaient
approchés de plus en plus du lieu du supplice, de sorte que le
cercle de Mes proches s'était agrandi. Joseph d'Arimathée
était allé auparavant demander à Pilate la permission de
prendre Mon corps. Cette permission n'était pas toujours
accordée mais Pilate la lui accorda volontiers car il voulait
ainsi aiguiser la colère des Juifs, comme il 'avait fait avec
l'écriteau placé au sommet de la croix, où il était écrit en trois
langues que J'étais le Roi des Juifs. »
« Mes amis descendirent le corps, le lavèrent,
l'oignirent et le portèrent délicatement dans un tombeau
appartenant à Joseph d'Arimathée et situé sur un terrain que
celui-ci avait acheté à Nicodème pour y établir sa propre
sépulture. Golgotha était, il est vrai, sur un promontoire
rocheux, tandis que le lieu du tombeau était situé dans un
quartier où beaucoup de Juifs et de Romains s'étaient fait
construire de magnifiques villas ou maisons de campagne.
Ceci explique la proximité du jardin... Des gardes romains
furent placés près du tombeau qu'ils devaient garder pendant
cinq jours » (Grand Evangile XI).

La résurrection de Jésus
« Au matin de Pâques, le troisième jour, la Divinité
revint et appela le corps du Fils de l'homme qui,
immédiatement, fut dissous et devint le vêtement de l'âme.
Les gardes romaines virent cet événement s'accomplir dans
une lumière éblouissante remplissant tout le tombeau. Ils
furent effrayés et se sauvèrent en courant annoncer que
J'étais ressuscité. Les prêtres leur donnèrent beaucoup
d'argent pour qu'ils s'enfuient, ce qu'ils firent aussitôt. C'est
alors qu'on raconta qu'on avait volé le corps et cette croyance
demeure encore aujourd'hui » (Grand Evangile XI).

L'Ascension
« Les disciples s'en retournèrent à leurs affaires et à
leurs maisons. Je leur avais demandé de se retrouver à une
certaine date chez l'aubergiste (du Mont des Oliviers), ce qui
advint le quarantième jour après Pâques. Tous ceux qui
tenaient à Moi s'y trouvèrent également. J'arrivai au milieu
d'eux et les conduisis au sommet du Mont des Oliviers d'où
la vue est dégagée. Je fis réunir les apôtres autour de Moi, les
autres disciples formant un cercle un peu plus loin. Je les
exhortai encore une fois à tenir fermement à Moi et à Mon
enseignement. Je donnai à Mes disciples la mission d'aller
prêcher Mon Evangile, en Mon Nom, dans le monde entier.
Puis Je pris congé d'eux en leur disant qu'ils n'allaient plus
Me voir physiquement mais que, dès lors, ils seraient liés
spirituellement à Moi. Puis Je les bénis et disparus aussitôt
d'au milieu d'eux » (Grand Evangile XI).

Pentecôte
A diverses reprises, la Nouvelle Révélation nous
indique que la descente du Saint-Esprit, décrite par les
Evangiles, est en majeure partie « 1’œuvre de la fantaisie
des Miens ». Il est ajouté que le témoin oculaire, Jean,
n'en savait rien et, pour cette raison, n'a pu en parler
(Grand Evangile XI).

L'action des disciples


« Après la Pentecôte, les disciples restèrent douze ans
en Judée où ils fondèrent des communautés. Puis ils allèrent
dans divers royaumes connus de la terre. Mais ils
travaillaient peu. Leurs communautés s'éloignèrent
rapidement si complètement du principe de base de Mon
enseignement que Je fus dans l'obligation de réfuter leurs
égarements par le truchement de Jean dans ses Révélations. »

GEJ11 C75
Sur la mort du Seigneur

1. Que se passait-il donc tandis que Mon corps gisait


au tombeau, et quelle était la vraie raison, la raison impérieuse
de Mon trépas ? Il faut que cela vous soit exposé en peu de
mots, mais clairement. Voici donc :
2. On l'a déjà expliqué plusieurs fois. Adam, le premier
homme - au sens où son esprit était tout à fait libre -, a été
créé et mis sur cette terre afin de constituer une forme à partir
de laquelle la matière pourrait retourner à la vie libre de
l'esprit. Or, pour que cela arrivât, il fallait avant tout vaincre la
matière elle-même : autrement dit, il fallait créer, grâce au
libre arbitre, un état qui, d'un côté, permettrait de triompher de
toutes les qualités dites inférieures, plaisirs, désirs et
penchants terrestres, afin de rendre possible, de l'autre côté,
l'ascension librement choisie vers la très pure vie de l'esprit.
3. Comme on l'a suffisamment répété, l'âme humaine
est constituée de minuscules ébauches qui, en grandissant et
en évoluant vers des états de conscience toujours plus élevés,
ont fini par atteindre, en l'homme lui-même, une forme qui ne
peut plus se développer davantage sous son aspect terrestre,
mais seulement sous son aspect spirituel. C'est pourquoi deux
principes se rencontrent en l'homme : la fin de la vie
matérielle dans la conscience extrême de soi, et le début de la
vie immortelle de l'âme avant atteint sa plus haute perfection
formelle. C'est pourquoi, sur ce fil du rasoir qu'est la vie
terrestre, l'homme ne peut certes pas cacher à sa conscience
qu'il vit - car il en est lui-même la preuve -, mais en même
temps, il peut ne pas pressentir qu'il a atteint le seuil de la vie
spirituelle, devenue possible avec l'achèvement de la forme
humaine: autrement dit, après avoir traversé un grand nombre
de transformations physiques qui avaient pour but de lui
donner sa forme définitive, l'âme humaine ne changera plus
guère dans son aspect général mais elle commence alors une
transformation qui devra la rapprocher toujours plus de l'esprit
même de Dieu, et la faire entrer en communion avec Lui.
4. Que celui qui le peut pense ! Qu'arrivera-t-il si ce
passage ne se fait pas ? Car la matière et l'esprit sont là dans
une opposition extrême : ils peuvent certes s'affiner toujours
plus l'un l'autre, mais, en tant que pôles contraires, sans jamais
se toucher. Il faut pourtant montrer un chemin, jeter un pont
sur lequel l'âme puisse quitter la matière pour aller vers l'esprit
- et il faut que ce chemin soit un exemple que chacun puisse
suivre. Si l'homme ne trouvait pas ce chemin, c'est-à-dire s'il
ne le suivait pas, il lui deviendrait impossible de quitter la
matière pour entrer dans la vie libre de l'esprit.
5. Il faut donc que Dieu Lui-même S'efforce d'attirer à
Lui - une fois quelles ont atteint cette frontière à partir de
laquelle la voie spirituelle devient possible - les créatures qu'Il
a contraintes, par amour et pour leur salut, à suivre la voie de
la matière, et qu'Il les guide, un peu comme un père fait avec
son enfant. Adam devait édifier ce pont en lui-même, et, en
vérité, il avait la tâche facile, car la matière avait alors bien
moins d'attraits qu'à présent. Il lui suffisait, pour jeter ce pont
et que la vie spirituelle s'éveille en lui et fleurisse, de se
vaincre lui-même et d'obéir, car l'obéissance à Dieu est la
seule épreuve à laquelle soit soumis un homme par ailleurs
sans péché. De la désobéissance s'ensuivent d'elles-mêmes
toutes les autres fautes, comme chacun peut aisément
l'observer chez les enfants. Avec la chute d'Adam, l'homme a
reculé vers la matière, c'est-à-dire vers la polarité où il est
possible de s'éloigner de Dieu autant que l'on pouvait s'élever
vers Lui, et vers des félicités toujours plus grandes.
6. Et avec cette chute, le péché était venu dans le
monde, parce que Dieu ne crée jamais aucune œuvre pour la
détruire. Une fois le chemin créé, il faut le suivre, et en
quelque sorte tâcher de le corriger, parce que la sagesse divine
a considéré et prévu les conséquences d'un échec. Or, lorsqu'il
s'agit de créer des être libres et non des machines spirituelles,
le seul moyen est que l'être humain évolue de lui-même. Et,
lorsque la race humaine est née sous la forme des peuples, la
succession de tous les péchés à venir dans une chute continue
était déjà prévue, puisque la source de ces péchés était déjà là
dans la désobéissance première. Autrement dit, si Adam
n'avait pas désobéi, nul n'aurait pu le faire après lui, parce que
le germe aurait été détruit en lui et n'aurait pu se transmettre à
sa postérité. Mais Adam a fait fructifier cette graine, et, chez
ses descendants, elle est devenue un arbre dont le dur feuillage
empêchait la lumière du soleil de parvenir jusqu'à eux.
7. Souvent, des âmes d'une grande force ont cherché à
percer cette frondaison pour laisser briller le soleil, et, à
mesure qu'elles y parvenaient, l'humanité acquérait peu a peu
ses premières religions. Mais ces âmes fortes n'ont jamais
réussi à trouver la graine et à briser la couronne de cet arbre
immense pour le faire mourir. Et elles ne l'ont pas pu parce
qu'elles-mêmes n'étaient pas, dans leur vie terrestre, exemptes
de faute. Elles avaient d'abord goûté au monde avant
d'éprouver la soif de la vérité et de la connaissance de Dieu, et
elles ne commençaient à mieux chercher que lorsque le monde
leur paraissait devenu fade.
8. Les vieilles religions de l'Inde sont les plus
anciennes qui vous soient connues, parce que l'ancienne
religion égyptienne leur est antérieure dans sa vraie doctrine,
mais la connaissance s'en est perdue. Les maîtres de toutes ces
religions étaient de ces âmes fortes qui, ayant traversé le toit
de feuilles, pouvaient montrer le chemin, et ce qu'ils ont écrit
et dit était donc parfois vrai et juste, mais, en leur temps, ils ne
pouvaient écrire autrement qu'ils ne l'ont fait, aussi beaucoup
de leurs écrits, qui s'expliquaient par l'état de choses de leur
époque, sont-ils devenus caducs aujourd'hui. Encore un mot
là-dessus :
9. Avant Son incarnation en Jésus, Dieu était
impersonnel, et c'est pourquoi nul ne pouvait Le voir*. Il était
seulement possible de sentir Sa présence, qui, naturellement,
n'était perceptible que comme une lumière, parce que Dieu est
Lui-même une pure lumière qui rayonne. Mais, quand la
lumière est là, elle est partout - elle inonde tout et vivifie tout.
Cependant, l'impersonnalité de Dieu signifie qu'Il n'est pas en
un point particulier d'où Sa lumière rayonnerait comme un
soleil : c'est plutôt un océan d'une lumière qui n'est concentrée
nulle part. Ainsi, ceux qui voulaient s'élever spirituellement
vers la divinité ne pouvaient ressentir l'être de Dieu que
comme une vie dans la lumière, quelque chose qui planait et
reposait dans la lumière, se fondant dans la lumière sans rien
*
Avant Son incarnation en Jésus. Dieu demeurait dans Sa lumière
inaccessible et aucun être créé ne pouvait Le contempler. Même les tout
premiers des esprits angéliques ne pouvaient voir la divinité que comme
un soleil [Die geistige Sonne ''Le Soleil spirituel'', non traduit]. t. 2. 13,7).
Mais Dieu en Soi est homme de toute éternité (Grand Evangile de Jean. t.
6. 88,3), qui a créé l'homme à Son image (Moïse I. 1,27 : La Maison de
Dieu, t. 2, 139,20 et 138,20 : Erde und Mond [''Terre et Lune'' non traduit].
54.9 : Grand Evangile de Jean : t. 1, 1,13-16 : t. 2, 144,4 t. 4 88,7 : t. 5,
70,3 : t. 6, 135,1 et 230,6 ; t. 7. 121,3 et 219,11 : t. 8, 24.6 ; t. 9, 58,7)
désirer. Avec la personnification de Dieu dans l'homme Jésus,
la perception de la divinité est devenue tout autre pour celui
qui l'approchait : c'était tout simplement un homme
s'approchant d'un autre - et c'est pourquoi les anciens
prophètes disaient vrai ; mais les nouveaux, ceux qui ont vécu
après Moi, disent vrai également.
10. Après la chute de Lucifer, quand le monde matériel
est apparu, le soleil spirituel a certes été créé comme le siège
de la divinité : néanmoins, il ne faut pas concevoir ce soleil
spirituel comme une concentration unique. La lumière était
partout dans le monde spirituel, et, avant Mon incarnation, ce
soleil spirituel était invisible à l'homme de chair tant que son
âme n'était pas séparée de son corps. Que ce soleil devînt
visible était le couronnement de la foi des êtres spirituels, qui
ne pouvaient le voir qu'en devenant de purs esprits : mais avec
Moi, il est aussi devenu visible pour l'homme qui croit en
Moi, dès lors que l'œil de son esprit s'est ouvert, parce que
l'homme Jésus peut à tout moment dévoiler Son royaume tout
entier à ceux qui croient en Lui.
11. Encore une question : pourquoi trouve-t-on les
mêmes caractéristiques essentielles dans les anciennes
religions ?
12. Pour celui qui a compris ces révélations, il serait
plutôt étonnant qu'il n'en soit pas ainsi ; car, si ces anciennes
religions étaient des précurseurs de la doctrine du Fils de
l'homme et de Dieu. elles devaient nécessairement contenir les
caractéristiques essentielles de celle-ci, et non la contredire. Et
c'est pour la même raison que la vie des différents maîtres
apparus au fil des temps présente des similitudes avec la
Mienne.
13. Si nous pouvions connaître l'ancienne religion
égyptienne avec toutes ses caractéristiques originelles, qui ne
sont parvenues jusqu'à nous que sous une forme altérée par le
culte tardif des divinités, on verrait que la religion chrétienne
est issue de celle de l'ancienne Égypte - tant elles sont
semblables, surtout lorsqu'on connaît la véritable essence, à
l'origine, d'Osiris, d'Isis et d'Horus.
14. En quel sens ai-Je réussi, Moi, à briser l'arbre du
péché, et non pas seulement à en traverser le feuillage ?
15. Il faut d'abord que chacun comprenne clairement
ce que signifie le mot "péché".
16. Beaucoup auront déjà la réponse toute trouvée et
diront : le péché est tout ce qui va contre la volonté de Dieu ! -
Cela est juste, sans doute. Mais qu'est-ce que la volonté de
Dieu, et comment l'homme qui ne croit même pas en Dieu,
encore moins à Sa volonté, peut-il la reconnaître ?
17. En cela, il faut juger selon la vie des hommes. -
Nul ne peut pécher contre Dieu s’il ne L'a pas reconnu. De
même qu'on ne peut se fâcher contre un aveugle qui, ne
pouvant voir la lumière, prétend qu'elle n'est pas là. Dieu ne
peut accabler celui qui, par incompréhension, ne Le reconnaît
pas. Mais un aveugle peut fort bien faire du tort à son voisin
ou à un autre en s'opposant à lui de quelque manière, car, s'il
ne le voit pas, il peut l'entendre, le toucher et percevoir
immédiatement ses bienfaits. Il peut donc pécher contre
l'amour que lui témoigne cet homme : car, même aveugle, il
ne peut méconnaître son existence.
18. Il en va de même de l'aveugle en esprit : même
sans connaître Dieu, il peut parfaitement pécher contre le
commandement de l'amour du prochain. Or, comme on l'a
souvent expliqué, c'est l'amour du prochain qui mène à
l'amour de Dieu.
19. Or, l'homme Jésus obéissait en toute chose à ce
commandement, cela dès sa jeunesse, et c'est ainsi que
l'amour de Dieu a grandi en lui jusqu'à ne faire plus qu'un
avec lui. Le péché n’avait aucun pouvoir sur lui, car, en
suivant d'abord le chemin visible de l'amour du prochain,
manifesté dans ses œuvres extérieures, il s'est efforcé
d'atteindre le chemin intérieur et invisible de l'amour de Dieu.
20. Dieu avait donné un commandement à Adam, celui
de l'obéissance inconditionnelle. Adam ne l'a pas respecté et a
déchu. Pour l'amour de Dieu, l'homme Jésus s'est donné
volontairement le commandement de ne rien faire sans la
volonté du Père, devenant ainsi un exemple lumineux pour la
postérité. C'est ainsi qu'il a atteint le degré auquel Adam
n'avait pu accéder, et qu'il s'est concilié la divinité dont la
sainteté avait été lésée par la violation du commandement.
21. La sagesse a donné le commandement : la volonté,
la force, exigeait son accomplissement ; l'amour a trouvé le
moyen d'accomplir en l'homme Jésus ces conditions, qui
étaient nécessaires pour rendre à toutes les créatures la félicité
originelle. C'est en cela que consiste la rédemption : que le
chemin soit désormais ouvert qui mène directement à Dieu, et
que le fils d'homme Jésus ait suivi ce chemin pour devenir
Fils de Dieu. La mort de Jésus porte le sceau de l'obéissance
inconditionnelle. Elle aurait pu n'être pas nécessaire : mais
parce que, dans son libre arbitre illimité, l'humanité l'a exigée
sous l'inspiration de Lucifer, Jésus s'est soumis à cette
exigence et a accepté la mort de son corps.
22. A tomber sans cesse d'un péché dans un autre,
l'âme devient toujours plus dure, état que traduit l'expression
"cœur de pierre". Jusqu'où cela peut aller, nul ne peut le
prévoir. La matière, les plaisirs extérieurs prennent toujours
plus de place, ce qui, naturellement, réduit sans cesse la
conscience d'un noyau spirituel de l'être. Ce durcissement
conduit finalement à un état bestial qui ne connaît plus que la
conservation et la reproduction, sans la liberté intérieure de
l'esprit. Pour sortir d'un tel état, il faut une doctrine purement
spirituelle menant à une conscience morale de la dignité
humaine, et cette doctrine a été donnée sous une forme brève
et aussi claire que possible, ne laissant aucune place à l'erreur.
Son observance brise les chaînes de la matière, dénoue les
liens du désir de jouissance terrestre, pour amener finalement
les désirs et les convoitises matérielles à un état de sensibilité
très pure qui est la connaissance du mal, mais sans
l'accomplissement du mal, parce que le moi individuel s'efface
toujours plus, au lieu de ne cesser de croître (l'égoïsme). Plus
il s'amoindrit, plus les liens de la matière se dissolvent (se
relâchent), pour finir par n'être plus ressentis comme une
entrave.
23. Ainsi, seul Jésus pouvait briser l'arbre du péché,
parce qu'il renfermait en lui cet Esprit divin de qui Adam avait
déjà reçu le commandement qu'il n’a pas accompli.
24. On demandera sans doute : où est la preuve qu'il en
est réellement ainsi, et que les maîtres précédents n'ont pas fait
de même ? Car ce qui est dit ici échappe au regard humain,
c'est un cheminement intérieur dont nul ne peut parler que
Jésus, tandis qu'on déjà vu plusieurs fois se produire
l'événement extérieur que constitue la venue d'un maître
remarquable, avec ses actes, son enseignement et même sa
mort. En quoi Jésus a-t-il véritablement brisé l'arbre du péché
là où les autres n'avaient fait qu'en traverser le feuillage ? Les
effets sur ce monde n'en sont guère sensibles, puisque le péché
est aujourd'hui plus florissant que jamais - et les hommes ne
peuvent guère juger que par les signes extérieurs !
25. Oui, il semble bien qu'il en soit ainsi à première
vue, et pourtant, si l'on y regarde de plus près, il n'en est pas
ainsi !
26. Tout homme qui suit la voie intérieure s'apercevra
bientôt de ce qu'il est réellement. L'apparence extérieure ne
signifie rien, elle n'est qu'une enveloppe. Quant à celui qui ne
veut pas suivre la voie intérieure, il est aussi impossible de le
convaincre, ou même de lui donner une simple idée de ce
chemin, que de donner à un aveugle la notion des couleurs.
C'est là que se décide le succès. Le chemin est là, suivez-le, et
vous jugerez ensuite !
27. Nul ne peut atteindre le Père sans Moi, et, sans la
foi en Jésus, aucun sage n'a encore jamais ressenti l'être tout-
puissant de Dieu comme la source originelle de tout amour,
capable de se personnifier. Ce n'est qu'en Jésus que
l'impersonnel devient personnel, et cette union des deux sous
la forme d'un homme fait que la créature peut se rapprocher de
son Créateur, la matière se changer en esprit, la suite des
péchés issue de la séparation de la matière et de l'esprit revenir
en arrière, en franchissant cette barrière qui, sans cela, eût été
un point inamovible - et le pont, c'est la vie de Jésus.
28. La question se pose alors : avant la mort du Fils de
l'homme, jusqu'où les âmes défuntes pouvaient-elles encore
progresser ?
29. Si elles avaient suivi l'enseignement de l'un des
nombreux maîtres qui existaient déjà alors, elles pouvaient
certes parvenir à la connaissance de soi, et même à une forme
de félicité, mais, bien sûr, elles ne pouvaient contempler la
divinité personnifiée.
30. Cela est arrivé pour la première fois quand le corps
de Jésus était au tombeau. Son corps purement terrestre gisait
là, tandis que son âme, avec l'esprit divin qui demeurait en
elle, entrait dans l'au-delà et s'y montrait à tous comme celui
qui est et qui était.
31. On ne peut faire ici qu'une brève allusion à ce
sujet, mais tout ce qui est arrivé sera révélé en détail par la
suite.
32. Cette révélation dans le monde des esprits fut le
début de l'édification et du peuplement de la Nouvelle
Jérusalem, la Cité de Dieu, qui durera éternellement.

GEJ11 C76
Résurrection et Ascension de Jésus
1. Ainsi donc, au troisième jour de la Pâque, Dieu
revint appeler le corps du Fils de l'homme, qui fut dissous tout
entier pour aller rejoindre l'âme et la revêtir. Cela apparut aux
gardes romains comme une brillante lumière qui emplissait le
tombeau, et ils en furent si effrayés qu'ils s'en furent en
courant porter la nouvelle de Ma résurrection. Quand le
tombeau s'était ouvert, la pierre qui le couvrait était tombée à
côté, si bien que chacun pouvait à présent en voir l'intérieur.
2. Les soldats coururent chez Pilate, qui s'en étonna
fort et fit porter la nouvelle aux membres du Sanhédrin, non
sans se réjouir un peu de leur consternation. Quelques-uns
partirent donc sans tarder voir le tombeau et le trouvèrent
vide. Remplis de crainte, car ils connaissaient la colère du
peuple, ils cherchèrent à étouffer l'affaire en donnant de
l'argent aux gardes, leur enjoignant de dire que les disciples
avaient volé le cadavre pendant qu'ils dormaient. Ils leur
garantirent aussi l'impunité devant Pilate, qui, sans cela, aurait
dû punir de mort la conduite de soldats qui s'endormaient à
leur poste.
3. Mais, quand l'un des grands prêtres vint essayer de
négocier avec lui cette impunité, Pilate refusa de l'accorder,
disant : « Ou bien les soldats se sont endormis, et, en ce cas,
ils sont doublement coupables, d'avoir dormi et de m'avoir
menti, ou bien ils n'ont pas dormi, et je ne m'exposerai pas par
un mensonge à la colère du ressuscité ! »
4. Comme il n’y avait rien à faire avec Pilate, les
prêtres donnèrent beaucoup d'argent aux soldats pour qu'ils
s'enfuient vers des contrées lointaines, ce qu'ils firent : c'est
ainsi que l'histoire du vol du cadavre se répandit, et cette
croyance s'est maintenue jusqu'à nos jours.
5. On sait par les Evangiles qu'après cet événement, Je
suis apparu à beaucoup de gens, et cela non seulement sur les
lieux qu'on a cités, mais partout ou J'avais enseigné, afin de
prouver à Mes adeptes la vérité de l'enseignement que Je leur
avais donné.
6. Je ne fus pas seul à Me rendre visible : beaucoup de
ceux qui avaient été rappelés avant Moi apparurent à leurs
proches dans des songes lucides, tout spécialement le jour de
Ma résurrection, afin de leur annoncer la Nouvelle Jérusalem.
Par la suite, ces faits ont été rattachés à l'instant de Ma mort,
ce qui s'explique par le fait que beaucoup de morts ont
ressuscité et sont apparus à leurs proches dans leurs maisons.
7. Les événements importants survenus dès lors jusqu'à
Mon ascension au mont des Oliviers seront mentionnés
brièvement ici.
8. Ce fut d'abord Marie Madeleine qui Me vit, et cela
s'est passé très exactement comme Jean l'a rapporté (Jean
20,1-8).
9. Marie était venue très tôt au tombeau avec six autres
femmes - avant même que la nouvelle fût parvenue au
Sanhédrin - afin de prier et de verser encore une fois sur Mon
corps les huiles parfumées qui devaient le préserver de la
décomposition. Or, trouvant le tombeau vide, elles revinrent
en hâte avertir Mes disciples.
10. Quand ceux-ci furent un peu remis de leur
émotion, ils revinrent tous porter la nouvelle aux autres, qui
ne savaient encore rien de ce qui s'était passé. Marie
Madeleine seule resta en arrière.
11. On a déjà dit pourquoi Je la repoussai en disant : «
Ne Me touche pas ! » - parce que son amour encore impur
aurait pu la détruire si elle avait touché Mon être devenu
purement spirituel.
12. Jean rapporte encore que Je suis apparu aux
disciples tandis qu'ils étaient assemblés derrière des portes
closes (Jean 20,19-23). Voici comment cela est arrivé. Quand
les Pharisiens eurent répandu partout leurs fausses nouvelles,
il y eut une grande agitation dans le peuple de Jérusalem. La
plupart ne croyaient pas les gens du Temple car ceux qui
prétendaient cela savaient fort bien que c'était une chose
inouïe, et qu'on n'avait jamais vu des soldats romains négliger
la surveillance d'un lieu qu'on leur avait confié au point que
l'on pût y ouvrir un tombeau et le vider ! Toutes sortes de
plaisanteries coururent bientôt à propos du profond sommeil
de ces soldats, raillant son invraisemblance et le comparant au
sommeil bien plus profond du Temple. Fort courroucés contre
les disciples qui avaient mis à mal leurs mensonges en
racontant comment les choses s'étaient passées, les prêtres
cherchaient à les faire arrêter, afin de les empêcher eux aussi
de nuire.
13. Aussi les disciples s'étaient-ils réunis chez
l'aubergiste du mont des Oliviers, que nous connaissons bien,
afin de décider de ce qu'il fallait faire.
14. Thomas, cependant, n'était pas présent à cette
assemblée, parce qu'il se trouvait à Jérusalem pour chercher à
savoir où en étaient les choses.
15. Or, au milieu de cette assemblée, à laquelle Lazare
assistait également, Je fis Mon entrée et saluai ceux qui étaient
là. Revenus de leur première surprise, ils se pressèrent autour
de Moi, submergés par la joie. Ce soir-la, Je les instruisis une
fois de plus sur le but de Ma mort, ainsi que sur la mission
d’enseignement qui était désormais la leur, afin qu'ils
n'eussent aucune crainte, car une foi ferme et l'amour de Moi
les préserveraient de toutes les persécutions. Ainsi, Mon
apparition était la preuve de l'immortalité dans Mon royaume,
et ils eurent tous désormais une foi entière et le cœur plein de
zèle.
16. Ensuite, Je pris congé, non sans leur avoir conseillé
de se réunir à nouveau dans le même lieu au bout de huit
jours, et que chacun s'occupe de sa maison.
17. C'est donc huit jours plus tard qu'eut lieu la scène
avec Thomas également décrite par Jean (Jean 20,26-29)
18. Dans cette période qui suivit la Pâque. Je suis
apparu en personne à tous ceux qui avaient été en relation
directe avec Moi, afin de leur donner la preuve de la vérité de
Mes paroles et de fortifier leur âme pour qu'ils répandent Ma
doctrine. Aucun ne fut exclu. Ceux que Ma mort avait mis en
colère contre les Juifs furent apaisés, et ceux dont le courage
vacillait furent fortifiés.
19. Mais il est inutile de décrire tous ces cas en détail,
parce que chacun peut se représenter lui-même sans peine tout
ce qui s'est passé alors. Ces actes notaient que le
couronnement de la foi de ceux qui croyaient déjà, et cela n'a
rien ajouté à Mon enseignement.
20. Le récit des deux disciples d'Emmaüs, par
exemple, donne une image assez fidèle de tous les événements
du même genre qui ont eu lieu, et c'est pourquoi il s'est
transmis.
21. Quant à la révélation au bord de la mer de Galilée
(Jean 21, 1-19), elle avait pour but de remettre Pierre sur le
bon chemin et de le fortifier. Car il souffrait terriblement a la
pensée qu'il M'avait renié. C’est pourquoi il fut soumis à une
épreuve où il dut mettre en œuvre sa foi. Quand les disciples
qui étaient dans la barque Me reconnurent et dirent à Pierre
qu'ils M'avaient reconnu, celui-ci se jeta aussitôt à la mer afin
d’être plus vite près de Moi. Ainsi, sa foi le lava des impuretés
qui subsistaient en lui : car tout homme qui M'a reconnu doit
chercher le plus court chemin vers Moi à travers une mer
houleuse.
22. Et la question trois fois répétée : « M'aimes-tu ? »
répond donc à son triple reniement.
23. Il y a là un grand symbole que peuvent déchiffrer
tous ceux qui ont lu cette œuvre avec le cœur et pas seulement
avec la raison. Aussi, que chacun s’examine et voie s'il peut
déchiffrer ce symbole.
24. Les disciples repartirent ensuite, chacun vers son
occupation, afin de s'occuper de leur maison. Je leur avais
commandé de se réunir à nouveau chez l'aubergiste un jour
donné, ce qu'ils firent. Ce jour était le quarantième après la
Pâque, ce qui correspond aux quarante Jours dans le désert
dont chacun avait besoin pour se préparer.
25. Alors, tous ceux qui M'étaient proches se réunirent,
et Je fus de nouveau au milieu deux et les conduisis au
sommet du mont des Oliviers, d'où la vue porte très loin. Là,
Je rassemblai les Apôtres autour de Moi. Les autres disciples
nous entouraient en un large cercle. Je les exhortai tous, une
fois de plus, à croire fermement en Moi et en Ma doctrine. De
plus, Je confiai à Mes disciples la mission d'aller de par le
monde et d'y prêcher l'Evangile en Mon nom. Ensuite, Je pris
congé d'eux en leur expliquant que désormais, ils ne Me
verraient plus corporellement, mais qu'ils resteraient pourtant
à tout moment en relation avec Moi par l'esprit.
26. Alors Je les bénis, et aussitôt Je disparus et ne fus
plus au milieu d'eux...

GEJ10 C128
De la propagation de la doctrine du
Seigneur, et de la bénédiction

1. (Le Seigneur :) « Voici : toi, aubergiste, et vous


tous, habitants de ce village, vous êtes désormais pleinement
initiés à Ma doctrine, puisque vous sentez clairement en vous-
mêmes que toutes les lois et tous les prophètes sont contenus
dans ce seul commandement : ayant reconnu Dieu, l'homme
doit L'aimer par-dessus tout, et son prochain comme lui-même
! Qui fait cela accomplit pleinement la volonté que J'ai de tout
temps révélée aux hommes, et c'est par là que Mon esprit
s'éveillera dans son âme et la conduira en toute sagesse,
comme vous en ferez bientôt tous l'expérience.
2. Mais il y a encore autre chose : il importe d'instruire
dans cette doctrine tous les autres hommes, afin qu'ils puissent
penser, vouloir, agir et vivre selon l'esprit qui est en eux ; car
un homme qui ne sait rien d'une doctrine ne peut en faire le
principe qui règle ses pensées, sa volonté, ses actes et sa vie.
3. Or, ce n'est pas une tâche aisée que de convertir à la
très pure doctrine de la vérité des cieux des hommes qui se
sont enfoncés dans toutes sortes d'erreurs, encore moins ceux
qui savent tirer de ces erreurs un bénéfice terrestre ; car tout
homme dispose d'une volonté parfaitement libre et peut donc
en tout temps penser, croire, vouloir et faire ce qu'il veut, et il
se laissera très difficilement détourner de ses grandes erreurs
si, comme Je l'ai dit, elles lui rapportent de gros avantages en
ce monde.
4. Songez donc combien d'hommes, sur cette terre,
vivent encore dans les plus grandes erreurs et dans les plus
profondes ténèbres spirituelles ! Ne serait-il pas fort
souhaitable que tous ceux qui sont dans ces vieilles erreurs
quasi innombrables connaissent au plus vite la lumière où
vous êtes déjà ?
5. Je vois dans vos cœurs que vous chérissez cet espoir
; mais comment faire pour réaliser le vœu que Je viens
d'exprimer, et que vous ressentez si vivement ? Faut-il se
mettre en route sans plus tarder pour aller prêcher partout Ma
doctrine, apportant ainsi aux hommes Ma lumière céleste ?
6. Ce serait fort bien, Mes chers amis, s'il n'y avait de
si gros obstacles à une telle entreprise, surtout en un temps où
le pouvoir de l'enfer a établi sa mauvaise influence sur toute la
terre ; d'abord, la terre est vaste, et il faudrait déjà près de
mille ans à un homme pour parcourir toute l'Asie, l'Europe et
seulement une partie de l'Afrique en traversant tous les lieux
et les villages où vivent des hommes, et pour leur transmettre
Ma doctrine et les gagner à elle.
7. Vous vous dites à présent : "Oui, ce serait certes tout
à fait impossible à un homme, quand bien même il n'aurait pas
d'autres obstacles à combattre que la dimension de la Terre ;
mais, quant à ce seul inconvénient, ce qui est impossible à un
homme seul doit être possible à beaucoup ! Qu'on en envoie
dans toutes les directions, et il ne faudra pas mille ans pour
apporter à tous les hommes la lumière de vie !"
8. Je vous le dis, votre calcul serait fort bon si l'on
n'avait à combattre au monde que cet obstacle, qui est en soi
tout naturel et n'a rien à voir avec l'enfer.
9. Mais comment affronter les obstacles de l'enfer,
comment convertir à la lumière de la vérité éternelle des cieux
les prêtres sans nombre qui inspirent à leurs peuples et à leurs
rois un respect craintif et jouissent d'un prestige presque
supérieur à celui des dieux, eux qui, par leurs faux
enseignements, ont acquis depuis si longtemps des richesses
considérables, et par là un immense pouvoir terrestre ?
10. Y parvenir, pour le vrai salut des hommes, par la
voie toute naturelle que Je vous ai dite, Je ne le pourrais pas
plus que chacun d'entre vous, même avec la meilleure volonté
du monde !
11. Quant à agir par Ma toute-puissance, cela
reviendrait pour ainsi dire à détruire tous ces hommes pour en
faire des bêtes. Car les bêtes n'ont pas besoin d'instruction
pour mener leur vie naturelle jugée, elles n'agissent que
selon l'instinct que Ma sagesse et Ma puissance éveillent et
préservent en elles selon leur espèce, et c'est pourquoi elles
ne sont pas capables par elles-mêmes de perfectionner
réellement leur vie ; seuls certains animaux domestiques
peuvent être amenés, par l'intelligence et la ferme volonté
des hommes, suffisamment au-dessus de leur condition
naturelle pour rendre les services grossiers et subalternes
que l'on sait.
12. Si Je traitais ainsi tous les hommes qui sont dans
ces erreurs innombrables, quelle différence y aurait-il alors
entre eux et les bêtes ?
13. Mais, en ce cas, que faire pour annoncer à tous les
hommes, et avec les meilleurs effets, cette doctrine que Je
vous ai Moi-même apportée des cieux, à vous qui êtes des
hommes de bien ?
14. Pour cela, il importe de ne jamais manquer de
temps ni de patience, et aussi d'avoir toujours la volonté très
ferme de confesser Mon nom devant les hommes, quelle que
soit leur croyance, en toute occasion propice, et de leur faire
connaître Ma volonté. Car ceux qui ne craignent pas de Me
reconnaître devant les hommes afin de les éclairer en vue de
leur salut éternel, Je les reconnaîtrais Moi aussi au ciel devant
le trône de Mon Père, qui est en Moi le très pur amour éternel.
15. Bien des hommes passent à longueur d'année, dans
l'un et l'autre sens, sur ce chemin qui, venant du lointain
Orient, mène vers les nombreux pays de l'Occident. Jusqu'ici,
ils ne s'arrêtaient que rarement chez vous, si ce n'est pour
prendre de l'eau, et poursuivaient leur route vers Aphek ;
mais, à présent que, par Ma grâce, votre petit pays va porter
bien plus de fruits de toute sorte qu'il ne vous en faut, et que
vos troupeaux aussi seront plus nombreux, vous pourrez loger
à fort bonne auberge quantité de voyageurs ! Et, lorsque ces
voyageurs encore aveugles vous demanderont, à coup sûr,
comment ce désert qu'ils connaissaient bien est devenu une
contrée si florissante, profitez de cette occasion pour leur
montrer la lumière de la vérité des cieux, et prononcez Mon
nom devant eux.
16. Si le voyageur reçoit votre lumière et embrasse
votre foi, bénissez-le en Mon nom, et il sentira cela en lui-
même ; de retour dans son pays, il convertira bientôt à sa foi
beaucoup de ses amis, de ses connaissances et de ses parents,
et sera ainsi un bon précurseur de ceux que Je leur enverrai, le
moment venu, pour annoncer Ma doctrine.
17. Si des gens de Bethsaïde ou d'autres lieux viennent
vous demander quand et par quel moyen votre petit pays est
devenu si florissant, faites avec eux comme Je vous ai
conseillé de faire avec les étrangers ; beaucoup se mettront à
croire, et vous les bénirez aussi en Mon nom, et ils percevront
cette bénédiction.
18. Pour les bénir, vous devez imposer les mains aux
convertis et leur dire avec foi et avec la plus grande confiance
en Moi : "Le Seigneur Dieu soit avec vous, Lui qui est venu à
nous dans la personne de Jésus, Fils de l'homme, qui témoigne
par la puissance de Sa parole et de Sa volonté qu'Il est le
Messie promis ; et par Lui, paix sur terre aux hommes de
bonne volonté qui croient en Lui et observent Ses
commandements !
19. Dès que vous aurez prononcé ces paroles devant
les convertis, ils percevront en eux Ma bénédiction et
deviendront assurément pour vous de vrais amis - mais, pour
ceux qui ne croiront qu'à moitié, ne faites cela que lorsqu'ils
seront devenus à la longue de vrais croyants ; car une demi-
croyance ne suffit pas pour recevoir Ma bénédiction.
20. Et à présent, parlons encore d'autre chose. »
GEJ11 C54
De la nature sacrée de Dieu

1. Plus que tous les autres, Pierre avait profondément


gravé Mes paroles dans son cœur, et, avec la force de volonté
singulièrement efficace qui était la sienne, il entreprit sans
plus tarder de perfectionner son âme là où elle était encore
détaillante. Ainsi, il fit aussitôt retraite afin d'essayer d'ouvrir
sa vision spirituelle, et, pendant quelques jours, on ne le vit
quasiment plus.
2. Il importe ici de mentionner à nouveau que, si
J'avais réuni Mes disciples en ce lieu, c'était afin qu'ils
puissent de leur plein gré, sans intervention de Ma personne ni
aucune pression extérieure de l'entourage, se livrer sur eux-
mêmes à une sorte d'examen volontaire, afin d'entrer en pleine
possession personnelle des facultés qu'ils avaient déjà
acquises, mais pour les avoir seulement reçues de Moi en vue
de leur apostolat futur. C'est de ce point de vue qu'il faut
considérer tout ce qui arriva à Ephrem.
3. Quand Pierre recommença à se montrer davantage
parmi ses frères, dont chacun suivait de son côté son propre
chemin de la vie intérieure - raison pour laquelle ils ne
remarquèrent pas particulièrement cette retraite, car il était
toujours présent aux repas ordinaires, venant et repartant en
silence -, il arriva un soir que les disciples restèrent assemblés
plus longtemps que d'habitude. L'occasion en fut une question
de Jacques, qui demandait comment la sainteté, la nature
sacrée de Dieu, pouvait se sentir offensée par les péchés des
hommes. Puisque ces péchés eux-mêmes étaient souvent le
moyen de la purification, et puisque Dieu avait permis qu'il
fût possible de les commettre. Il fallait donc que ce précepte
du Temple eût une autre signification spéciale, puisque aussi
bien J'avais Moi-même fréquenté beaucoup de pécheurs sans
M'être encore jamais senti offensé par les pires d'entre eux.
4. Ils se mirent tous à parler, chacun rappelant telle ou
telle de Mes anciennes leçons, car chacun s'était forgé son
propre point de vue sur la sainteté de Dieu. Finalement, Jean
expliqua en détail ce qu'il fallait réellement entendre par
"sainteté" : le grand amour désintéressé de Dieu, qui, certes,
pouvait être blessé par la résistance des pécheurs contre Son
amour, de même qu'un bon père peut se sentir blessé par le
manque de cœur de ses enfants, mais, avant de se courroucer,
cherche les moyens les plus doux possibles pour extirper ce
manque de cœur, et ne recourt à des moyens sévères et
rigoureux que lorsque les moyens plus doux ont échoué, cela
non par colère, mais uniquement par amour et dans un but
juste.
5. Les autres disciples se déclarèrent d'accord avec ces
paroles, Pierre ajoutant toutefois que la sainteté de Dieu ne
désignait pas seulement Son grand amour, mais aussi la
grande sagesse avec laquelle Il avait disposé chaque chose
dans toute sa perfection et son adéquation. Et le devoir le plus
sacré de l'homme était de ne pas déranger cette ordonnance
qui renfermait en elle la raison d'être des choses. Or, c'était
précisément en cela que les hommes avaient infiniment péché,
allant jusqu'à s'opposer à cette ordonnance en cherchant à
détruire, pour leur plus grand dommage, l'harmonie des lois
naturelles. C'est ainsi qu'était survenu le Déluge, parce que les
Hanochites, en faisant exploser les montagnes, avaient déréglé
l'ordonnance de ces montagnes qui avaient pour fonction de
maintenir en place les réserves d'eau souterraines. Ainsi,
aujourd'hui encore, l'homme péchait contre l'ordonnance, et
c'est en cela qu'il offensait la sainteté de Dieu, mésusant de
son corps pour se livrer à la débauche et à la luxure, qui
rendaient son corps incapable d'abriter une âme saine. Or,
connaître la règle de vie que devaient suivre les hommes était
un pas important vers la régénération, et c'est ainsi qu'il avait
reconnu, pendant ces quelques jours, à quel point il était
nécessaire de s'absorber en soi-même, parce que seule la quête
intérieure permettait de recevoir l'enseignement divin et de
connaître la vérité.
6. Les autres demandèrent à Pierre si c'était là ce qu'il avait
fait. Il répondit que oui, expliquant qu'il avait passé ces jours à
chercher avec beaucoup de zèle, et qu'il était désormais
convaincu d'avoir trouvé la voie pour devenir un bon disciple
de notre Seigneur et Maître. Cependant, il était aussi
convaincu que tous ses frères avaient bien retenu les dernières
paroles du Seigneur et aspiraient à atteindre ce but proche :
mais il se sentait poussé à leur faire part de ses observations,
au cas où l'un ou l'autre en tirerait quelque conclusion
personnelle, ou, à l'inverse, pourrait lui apprendre quelque
chose qui lui serait utile, à lui. Pierre.

GEJ8 C86
Marc témoigne du Seigneur

1. Mais le Romain Marc s'avança vers eux et leur dit


en langue grecque, que les Pharisiens possédaient mieux que
la langue romaine : « Ne soyez pas confus, amis, parce que
vous venez d'exprimer très franchement devant nous que vous
voudriez être débarrassés de notre domination et que vous
considéreriez presque sans conditions comme le vrai Messie
celui qui ferait à nouveau de vous un grand peuple libre et
puissant sur cette terre. Car, voyez-vous, nous sommes
accoutumés depuis longtemps à de telles déclarations de votre
part, et elles ne nous inquiètent guère. En cela, nous nous en
tenons à notre vieux proverbe : LEO NON CAPIT
MUSCAS[Le lion n'attrape pas les mouches], parce que nous
nous sentons encore bien assez forts et puissants pour cela.
2. Cependant, vous avez confessé devant le Seigneur
que vous voulez désormais croire en Lui et y croirez, même si
ce Messie très authentique ne devait rien changer aux
conditions de cette terre, non seulement pour les Juifs, mais
pour tous les hommes de la terre ; cela était assez bien dit
pour que nous vous pardonnions cette autre déclaration
moins flatteuse. Mais nous sommes particulièrement étonnés
que vous commenciez seulement à comprendre un peu, vous
qui êtes si instruits de votre Écriture, ce que nous, Romains,
considérons depuis longtemps et avons fort bien reconnu
comme une vérité irrévocable.
3. Voyez-vous - ce Jésus dit de Nazareth, mais qui est
né à Bethléem, selon votre calendrier en l'an 4151 après
Adam, le septième jour du mois de janvier à minuit, est un
Juif aussi bien que vous !
4. Et nous sommes informés depuis longtemps de
toutes les merveilles survenues au moment de Sa naissance, et
quelquefois par la suite. Nous n'avons jamais manqué de bons
informateurs, aussi n'avons-nous jamais été assez insouciants,
au contraire de vous, pour perdre tout à fait de vue Sa très
mémorable personne : car nous avions de Ses nouvelles par
Cyrénius et Cornélius, et vous concevrez sans peine qu'étant
tous des hommes de cinquante à soixante-cinq ans, nous
ayons pu être mis au courant de bien des choses.
5. Vous nous traitez d'aveugles, nous, païens, et
pourtant, nous pensions depuis bien longtemps en nous-
mêmes - d'autant que nous avions appris à connaître vos lois
et vos prophètes - qu'il devait y avoir derrière ce merveilleux
Nazaréen quelque chose de tout à fait extraordinaire, et qu'Il
était peut-être même le Messie promis à tous les hommes
selon les Prophètes. Et à présent, même si nous gardons
encore cela pour nous, nous ne doutons plus du tout qu'il ne
soit en toute vérité ce que nous pressentions depuis
longtemps.
6. Si nous comprenons, nous, païens aveugles, qu'Il est
le grand Messie du monde, et si, encore une fois, bien qu'Il ne
soit extérieurement qu'un Juif et donc pas particulièrement
bien considéré par nous en tant que tel, nous louons en Lui
notre Seigneur et celui de tous les souverains de la terre,
qu'est-ce qui vous empêchait de reconnaître sur-le-champ cet
insigne compatriote pour Celui qu'Il est sans le moindre
doute ?! N'est-ce pas un honneur pour vous aussi que les
puissants Romains Le reconnaissent, Lui qui est
extérieurement un Juif de naissance, et louent en Lui le
Seigneur et le Maître de tous les seigneurs du monde, ce par
quoi nous confessons donc ouvertement qu'Il nous a vaincus,
nous, Romains, par l'esprit de toute vérité ? Et nous n'avons
pas honte de le confesser, parce que cela ne peut qu'ajouter à
notre gloire qu'Il nous ait nous aussi accueillis comme Ses
enfants sous Son sceptre paternel tout-puissant ! Mais vous,
les Juifs, dans votre grand orgueil et votre aveuglement, vous
ne cessez de vous consulter sur la meilleure façon de vous
emparer de Lui et même de Le tuer ! Comment peut-on
seulement imaginer cela de vous, dites-le-nous ! »
7. A cette apostrophe énergique de Marc, les
Pharisiens, encore plus surpris, ne surent que répondre.
8. Mais le Romain insista, les sommant de dire ce
qu'ils pouvaient et voulaient : on ne leur en tiendrait pas
rigueur, car des hommes libres et honorables pouvaient
toujours s'exprimer sans réserve devant Dieu en toute liberté
et en tout honneur.

GEJ8 C9
Lazare témoigne du Seigneur

1. Lazare dit : « N'as-tu pas lu dans l' Écriture : Quand


le Seigneur viendra sur cette terre en tant que Fils d'homme, le
petit nombre des justes verra les anges monter et descendre du
ciel pour Le servir ? Que direz-vous donc si je vous affirme
que j'ai vu cela, et bien d'autres avec moi, et que ce n'était pas
un songe, encore moins une quelconque illusion, mais une
réalité parfaitement tangible ! Et ce jeune homme est
justement un ange, et même un archange !
2. Quant aux sept hommes, l'esprit en eux leur a
annoncé, au plus profond de l'Égypte, que la Promesse s'était
accomplie chez nous, les Juifs, et c'est pourquoi ils sont partis,
guidés par l'esprit, afin de voir de leurs yeux le Seigneur de
toute gloire marcher dans la personne d'un homme et
enseigner parmi nous, hommes trop aveugles pour reconnaître
ce que ces hommes qui vivent si loin de nous voient déjà si
clairement.
3. Pour ce qui est la faculté qui m'a permis de savoir ce
que vous disiez entre vous, je ne l'avais jamais possédée
jusqu'ici, et c'est le Seigneur, cet insigne Galiléen, qui me l'a
accordée à cause de ma foi en Lui et de l'amour que j'ai pour
Lui et, à cause de Lui, pour mes frères pauvres.
4. Ce que je vous dis là est une vérité sacrée : mais je
ne puis vous la prouver, si ce n'est en vous disant une fois
pour toutes : voilà ce qu'il en est, et voilà pourquoi je crois
que l'insigne Galiléen est en toute vérité le Messie promis,
Yahvé Sabaoth. Qui croit en Lui, L'aime par-dessus tout et
aime son prochain comme soi-même aura en lui la vie
éternelle !
5. A présent, faites comme vous voudrez, car c'est là
une autre parole sacrée du Seigneur : même au diable, il faut
laisser tout son libre arbitre : car sans cela, l'homme ne serait
pas homme ni à la mesure de Dieu. Il ne serait qu'un animal à
l'âme privée de liberté, donc contraint d'agir selon ce que lui
dicterait la toute-puissance divine.
6. Tout ce que vous voyez sur cette terre et au
firmament est jugé et soumis à la loi immuable de la nécessité.
L'homme doit accepter pour un temps limité cette loi
immuable et figée, pour son corps seulement : car seule la
toute-puissance divine gouverne le corps humain pour ce qui
est de sa forme, de sa croissance et de sa belle organisation,
ainsi que pour la durée normale de la vie physique, et c'est
d'ailleurs pourquoi Dieu peut guérir instantanément un corps
malade par la puissance de Sa volonté. Mais la toute-
puissance divine ne doit pas toucher à l'âme libre de
l'homme ! C'est pourquoi les règles que Dieu a données aux
hommes pour la conduite de leurs âmes n'ont pas été
formulées comme une contrainte, mais comme un devoir*.
7. Ainsi donc, nous n'avons pas reçu les lois divines
comme une nécessité et pouvons les observer si nous le
voulons : de même, à présent, nul n'est forcé de se mettre à
croire dans le Seigneur, et le font ceux qui le veulent
librement. Mais que l'on songe aux conséquences pour l'âme
dans l'au-delà, où elle sera tout aussi libre qu'ici-bas, mais
avec cette différence qu'elle devra se créer par elle-même tout
ce dont elle aura besoin pour sa subsistance éternelle. Que
deviendra-t-elle alors, si elle n'a pas accumulé ici-bas, selon le
conseil de Dieu, les richesses et les matériaux spirituels ?
8. Et, comme Il le fait ici-bas à présent, de par Son
ordonnance éternelle, Dieu ne fera jamais peser Sa toute-
puissance sur l'âme des hommes, afin de préserver leur libre
arbitre. Mais ici-bas, l'homme a cet avantage que la toute-
puissance divine met à sa disposition toutes sortes de richesses
grâce auxquelles, s'il en fait bon usage selon le conseil de
Dieu, il peut gagner d'immenses trésors spirituels pour son
âme éternelle. Dans l'au-delà, au contraire, les richesses et les
nourritures du monde créé par Dieu disparaissent tout à fait, et
chaque âme, à l'image de Dieu, doit tout créer par elle-même,
selon sa propre sagesse et sa propre volonté parfaitement
libre. Mais quel sera son sort si elle n'a jamais été reliée à la
volonté, à la sagesse et à l'amour de Dieu ?
9. Que fera alors une âme aveugle et ignorante, donc
sans force et privée de toutes les richesses intérieures de
l'esprit ? Si vous songez ne serait-ce qu'un peu, vous
comprendrez nécessairement à quel point il serait stupide de
refuser d'avoir part à la grâce divine du Seigneur, en un temps
où cette occasion merveilleuse nous est offerte comme elle ne
le sera peut-être plus jamais à ce degré extraordinaire !
10. A présent que je vous ai dit tout ce que pouvait dire
un ami soucieux de vérité, il ne me reste plus qu'à vous répéter
une dernière fois qu'en ce qui me concerne, rien ne vous lie ni
ne vous contraint à quoi que ce soit, car vos âmes sont tout
aussi libres que la mienne. »
11. Quand Lazare eut achevé ce discours aux
Pharisiens, le second orateur, qui, comme on l'a dit, était un
grand érudit, déclara : « Il est plus qu'évident que notre ami
Lazare, dont nous savons qu'en tant que particulier, il est pour
ainsi dire l'homme le plus riche du pays, ne saurait avoir un
intérêt personnel à nous donner ce conseil. Qu'aurait il à faire
de notre or et de notre argent, de nos perles et de nos pierres
précieuses ? Il en a déjà tant qu'il pourrait s'acheter un
royaume ! S'il nous dit que nous devons croire dans le
Galiléen, ce n'est donc pas pour nous faire quitter le Temple
afin que nous placions à intérêt nos richesses à sa banque de
change ; cette pensée doit être d'autant plus éloignée de nous
qu'il a définitivement fermé cette banque il y a deux ans ! Lui
qui, comme chacun sait, porte sur tout ce qui peut arriver en
ce monde un jugement très lucide, il a à coup sûr étudié avec
impartialité cette affaire du Galiléen, et son esprit pénétrant en
a découvert le fin mot ; aussi ferions-nous sans doute bien
mieux de suivre son conseil sans plus hésiter !
12. Nous n’avons vraiment plus grand-chose à gagner
au Temple ! Le bénéfice matériel s'est quasiment réduit à
néant, et quant à nos âmes, elles ne font qu'y perdre chaque
jour davantage sans jamais rien gagner : nous agirions donc à
coup sûr fort sagement en considérant enfin, sur nos vieux
jours, ce qui pourrait advenir de nos âmes après notre mort
physique, qui ne saurait plus guère tarder. Si vous faisiez de
même, je serais tout prêt à me dégager tout à fait du Temple !
13. J'y mettrais une seule condition, facile à remplir :
je voudrais d'abord m'entretenir une dernière fois avec le
jeune homme que notre ami Lazare vient de nous désigner
comme un archange. Serait-ce encore possible, ami Lazare ? »
14. Lazare : « Oh, rien de plus facile ! Je n'ai qu'à
l'appeler, et il viendra sur-le-champ ! »
15. Le second orateur : « Fais-le donc, ami, je t'en
prie, car je brûle du désir de voir cet homme-archange et de
lui parler ! »

GEJ3 C194
Opinions des Perses sur le Seigneur

1. Cependant, tandis que Je débattais avec Cyrénius de


la générosité et de l'avarice, les Perses discutaient entre eux de
ce que Je pouvais être. Certains estimaient que Je devais être
un prophète : d'autre Me tenaient pour une sorte de sage
connaissant bien toutes les écoles d'Égypte, de Grèce et de
Jérusalem : quelques-uns pensaient même que Je pouvais être
un prince romain très au fait de tout ce qui se passait dans le
vaste Empire et ainsi d'une grande sagesse politique. Il fallait
donc bien se surveiller devant Moi, disaient-ils : sans cela, le
fier Romain Cyrénius, gouverneur général de toute l'Asie, ne
ferait pas montre avec Moi d'une telle humilité ! Mais l'un des
deux délégués dit : « Quoi qu'il puisse être, c'est en tout cas un
homme supérieur qui peut nous apprendre des choses, et c'est
bien ce dont chacun a le plus grand besoin en ces temps ! »
2. Tous étant finalement d'accord là-dessus, et bien que
la nuit commençât déjà à tomber, ils se dirigèrent vers la
colline où Je Me trouvais.
3. Au même moment, le vieux Marc vint Me demander
ce qu'il fallait faire à propos du repas, parce que les tables
avaient été brisées par la grêle et que le sol était encore fort
humide.
4. Mais Je lui montrai les Perses et lui dis : « Regarde,
c'est un mets particulièrement délicieux qui vient vers Moi :
avant même le repas de ce soir, il faut que Mon amour les
consume entièrement ! D'ici là, tu trouveras bien le temps de
préparer un repas matériel et d'arranger les tables de quelque
manière : car seules quelques-unes sont brisées, et elles seront
bien réparées à temps. Mais allumez d'abord les lampes, afin
que les hommes n'aillent pas dans les ténèbres ! » Là-dessus,
Marc s'en retourna joyeusement et fit activer son monde.
5. Cependant, les Perses, parvenus devant Moi,
s'inclinèrent derechef jusqu'à terre selon leur coutume. mais
ils se redressèrent ensuite au lieu de demeurer face contre
terre.
6. L'un des deux précédents délégués prit la parole,
disant : « Seigneur et assurément grand ami des hommes de
bonne volonté, nous voici ! Tu connais notre situation et le
motif qui nous a amenés en ces parages. Mais nous
considérons qu'il s'agit là d'une circonstance providentielle
venue d'en haut et disons avec Job : "Seigneur, tout
T'appartient, le ciel et la terre, l'air et les eaux ! Tu donnes et
Tu reprends selon Ton bon plaisir ; Tu peux donner la
couronne et le sceptre à un mendiant et courber la tête des rois
dans la poussière du néant !" C'est pourquoi nous n'avons
point de peine ; car celui qui a constamment à la bouche et au
cœur la volonté du Dieu tout-puissant ne s'afflige jamais, à
moins qu'il n'ait péché à la face de Dieu. C'est pourquoi aussi
nous ne regrettons point notre importante perte ; car si la
volonté divine n'était pas intervenue dans cet événement
apparemment fâcheux, nous aurions sans doute recouvré notre
argent dans son intégralité, comme cela fut le cas toutes les
autres années. Mais à l'évidence, c'est la volonté de Dieu qui
s'en est ici mêlée, et nous Lui sacrifions volontiers ce peu de
chose et ferions même volontiers de plus grands sacrifices si
le Tout-Puissant l'exigeait de nous ; car Lui seul est le
Seigneur et nous ne sommes que Ses valets obéissants, ne
servant en tout temps que Lui seul.
7. Nous n'aimons et ne craignons que Dieu et n'avons
donc nulle crainte des hommes ; et si le Seigneur du ciel et de
la terre nous a fait perdre quelque chose aux yeux des
hommes. Il a sans doute pour cela une fort bonne raison ! Car
l'homme insouciant ne pèche que trop aisément devant Dieu,
ce qui est toujours dommageable à son salut : mais alors, le
Seigneur intervient avec Sa férule et aide l'homme à revenir
sur le droit chemin !
8. Tu vois par là, cher seigneur et ami, que nous ne
sommes pas des hommes oublieux de Dieu, loin de là. Il se
peut certes que tu sois un sage païen très au fait des forces de
la nature ; mais nous ne connaissons qu'une seule
omnipotence, celle qui appartient à Dieu, et nous
n'accepterions aucune doctrine qui dise le contraire !
9. Ainsi, si tu veux nous enseigner quelque vraie
sagesse, n'oublie pas que nous sommes adeptes de la religion
de Moïse avec une foi inébranlable ! Nous n'acceptons aucune
doctrine, quelle que soit sa sagesse réelle ou supposée, à
l'encontre de celle-ci ! Car nous aimons mieux être des sots
pour les sages du monde que des pécheurs devant Dieu ! »
10. Je dis : « Vous avez bien raison, et c'est là la
meilleure voie ! Mais, tant dans Moïse que, surtout, chez les
Prophètes, il y a des choses qui vous paraissent peut-être
encore fort obscures. C'est celles-ci que Je voudrais vous
expliquer, afin que vous les compreniez vous aussi, pour
vous-mêmes et pour vos frères, vos femmes et vos enfants, à
quelque moment que ce soit !
11. Quand Elie se cachait dans une grotte de la
montagne, l'Esprit lui fit savoir qu'il devait demeurer dans la
grotte jusqu'à ce que Yahvé en personne passât devant elle !
Elie se plaça près de l'entrée et attendit. Alors survint une
violente tempête qui passa avec un tel tracas que toute la
montagne en trembla. Elie demanda si c'était bien Yahvé qui
était passé là. Mais l'Esprit répondit "Yahvé n'était pas dans la
tempête !"
12. Elie se remit à attendre, et c'est alors qu'un
immense incendie passa devant la grotte ! Il grondait et
crépitait si violemment qu'au-dehors. les parois se vitrifièrent
sous l'effet de la chaleur. Elie crut que c'était bien Yahvé cette
fois. Mais l'Esprit parla encore et dit : "Yahvé n'était pas non
plus dans ce feu !"
13. Alors, le grand prophète se dit en lui-même :
''Yahvé dans Son être essentiel d'amour ne Se trouve donc ni
dans la tempête, ni dans la toute-puissance du feu.
14. Mais comme il méditait ainsi profondément, un
très doux et très léger souffle passa devant sa grotte, et l'Esprit
parla encore et dit : "Elie, Yahvé est passé dans ce léger et
doux murmure, et c'est là le signe promis que tu peux
désormais aller librement et quitter cette grotte où tu devais te
cacher en attendant ta délivrance !"
15. Alors, Elie sortit tout tranquillement de la grotte, et
il reprit librement le chemin de sa grande patrie sans courir le
moindre danger. (J Rois, 19, 9-15.)
16. Puisque vous avez une foi si ferme dans l'Écriture,
expliquez-Moi cette étrange allégorie

GEJ6 C231
Infinité et omniprésence de Dieu en Jésus.
L'apparition au baptême du Seigneur

1. (Les disciples :) « Seigneur, une seule question


encore, et tout sera à peu près en ordre !
2. Voici : en plus de toutes Ses autres qualités, Dieu est
infini, donc omniprésent. Comment cela T'est-il donc
possible, puisque Tu Te trouves en même temps
corporellement parmi nous, dans une personne strictement
limitée ? »
3. Je dis : « Vous qui êtes Mes premiers disciples, cela
témoigne encore une fois de votre manque de mémoire ! Ne
vous souvenez-vous pas de M'avoir posé presque la même
question, quand, de Samarie, nous revenions en Galilée ? Et
n'ai-Je pas fait avec le soleil un signe qui vous a montré que Je
pouvais être présent tout à la fois dans le soleil et sur cette
terre ? Et à présent, vous Me demandez presque exactement la
même chose ! Je vous l'ai également montré près de Césarée
de Philippe, chez l'aubergiste Matthias de Capharnaüm, quand
J'ai comblé en un instant l'immense cavité qui s'était
effondrée, et à Chotinodora avec le lac idolâtre ? Et vous ne
comprenez toujours pas le mystère du royaume de Dieu, et
encore moins le mystère de Dieu ?!
4. N'est-ce pas Ma volonté, embrasée par l'amour
éternel et illuminée par la flamme de sa lumière, la sagesse de
Dieu, qui est précisément ce Saint-Esprit pour vous si
incompréhensible, qui, rayonnant sans cesse de Moi, emplit
l'infini tout entier ?! Et c'est par ce Moi, par ce "Je Suis" qui
est Moi-même, donc par Mon être et Ma présence, que Je suis
ainsi présent partout, tout comme Je suis à présent parmi vous
sans intermédiaire dans Mon être véritable ! Je vous l'ai déjà
montré clairement à plusieurs reprises, à vous, Mes premiers
disciples et Mes frères, et pourtant, vous l'avez oublié ; mais
peut-être vous en souviendrez-vous cette fois ?
5. Je ne serai pas toujours ainsi parmi vous, avec

tout Mon être essentiel ; et pourtant, Je demeurerai avec

vous, identique à Moi-même, jusqu'à la fin des temps de


cette terre, du moins avec tous ceux qui suivront fidèlement

Ma parole dans leur vie et dans leurs œuvres.

6. Car, lorsque Mon heure sera venue, Je quitterai par


la souffrance et les plus grandes humiliations cette humanité
qui est encore la Mienne pour retourner à Ma divinité
première et remonter vers Mon Dieu, qui est en Moi, et votre
Dieu, qui est à présent avec vous et vous enseigne de Sa
bouche. »
7. Plusieurs dirent : « Seigneur, nous préférerions que
Tu restes ainsi avec nous pour toujours ; car là où Tu es, ô
Seigneur, est aussi le plus haut des cieux, et nous n'en avons
jamais espéré de meilleur ! »
8. Je dis : « Ce n'est pas votre esprit qui parle ici, mais
votre chair, où l'esprit est encore profondément enfoui !
9. La vie purement spirituelle de l'âme dans Mon
royaume vous est encore tout à fait étrangère, et c'est
pourquoi, bien sûr, vous préféreriez vivre éternellement ici-
bas ; mais si vous saviez qu'en un instant, dans Mon royaume,
vous pourriez connaître plus de félicités, et infiniment plus
grandes, qu'en mille ans de vie sur cette terre dans le corps le
plus sain, vous ne parleriez pas ainsi. Je vous en ai certes
donné quelques avant-goûts, à vous, Mes anciens disciples -
mais votre mémoire demeure courte, en cela comme en toute
chose. Cependant, Je ne vous donnerai pas de nouvelles
preuves , car lorsqu'un jour Mon esprit descendra sur vous, Il
vous guidera en toute sagesse ! »
10. Thomas, qui était celui qui croyait le plus
difficilement, dit enfin : « Seigneur, pourquoi donc avons-
nous vu le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe de feu, et
pourquoi avons-nous entendu la voix du Père venant des cieux
ouverts ? »
11. Je dis : « Je savais que tu aurais encore une
question à Me poser, et, venant de toi, Je ne la prends certes
pas mal ; car tu es de ceux qui ne questionnent que fort
rarement.
12. Pour vos sens limités, le symbole de la colombe
désigne d'une part la grande douceur, d'autre part la grande
facilité à voler de Ma volonté, qui est le véritable Esprit-
Saint ; car là où Je veux agir par Ma volonté, Je suis présent et
J'agis, si infiniment loin que ce soit.
13. Quant à la voix qui semblait venir du haut des
cieux, c'est encore Mon esprit qui faisait cela, et l'amour issu
de Moi l'emplissant tout entier, aussi intimement lié à Ma
volonté en tout lieu qu'en Moi-même. Si la voix vous semblait
venir des cieux, c'était afin de vous montrer et de vous
enseigner que tout ce qui est vrai et d'une bonté divine vient
avant tout d'en haut, de même que l'homme ne devient
foncièrement bon que lorsque sa raison illuminée par Dieu
illumine son cœur et l'élève véritablement.
14. Et c'est seulement quand le cœur est illuminé et
enflammé d'un véritable amour que tout devient parfaitement
clair et vivant en l'homme. Alors, ton amour aussi se mettra à
parler et te dira : "La lumière en moi est mon cher fils qui a
toute ma faveur, et vous - c'est-à-dire tous mes souhaits, mes
désirs et mes passions - , écoutez-le !" - Qu'en dis-tu, Mon
disciple? N'en est-il pas ainsi ? »
15. Le disciple dit : « Oh, comment pourrait-il en être
autrement ? Seigneur, en Toi sont l'amour et la sagesse
suprêmes ! Tu peux tout nous faire apparaître sous le jour le
plus lumineux ! Mais les choses n'iraient-elles pas beaucoup
mieux si les autres croyants pouvaient bientôt comprendre
cela comme nous à présent ?»
16. Je dis : « Ceux qui, pour le moment, ont besoin de
mieux comprendre ce grand mystère de Dieu, Je viens de leur
en donner l'explication. Quant aux autres, ils sont encore loin
de comprendre lorsqu'on leur parle de choses terrestres et de
ce monde ; comment comprendraient-ils ces choses
profondément spirituelles ?
17. Il faut une nourriture différente pour les enfants et
pour les hommes mûrs. Comment feras-tu comprendre une
chose profondément spirituelle à un homme qui ne connaît
rien de la terre qui le porte et le nourrit, et encore moins de
tout ce que contient le ciel étoilé ? Mais vous, Je vous ai
enseigné tout cela, afin que vous vous fassiez d'abord une idée
vivante de la grandeur et de la très sage ordonnance de Dieu,
et c'est ainsi que vous avez pu comprendre plus aisément ces
choses supérieures et purement spirituelles ; quant aux autres
qui sont ici, ils connaissent déjà bien ce monde et ont donc
eux aussi de bonnes raisons de comprendre les choses
supérieures, bien que ce soit avant tout leur grand amour pour
Moi qui les en rend capables. Ainsi, tous ceux qui en étaient
capables ont désormais reçu l'explication de ce grand et
profond mystère ; tous les autres devront attendre jusqu'au
jour où ils pourront la recevoir de Mon esprit. »