Juin 2016 - n°4

« Dans un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui
n’est pas absurde, c’est ce que l’on peut faire pour les autres ».
André Malraux.

Logements sociaux - Yerres, mauvaise élève de l’Essonne
A la fin de l’année 2015, le Gouvernement annonçait la reprise
en main par l’Etat d’un certain nombre de communes ne respectant pas la loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains (SRU) en termes de logements sociaux.
Sans surprise hélas, Yerres en faisait partie. Elle est même la
seule en Essonne reprise en main par l’Etat…
La reprise en main de l’Etat d’une commune n’est pas un acte
neutre, cela ne doit pas nous réjouir mais au contraire être un
signal d’alarme.
Cela fait des années que nous interpelons la majorité municipale
pour que celle-ci se donne vraiment les moyens de respecter la
loi.
Et cela fait des années qu’elle nous répond qu’elle refuse de voir
notre ville se parer de tours de 15 étages.
Comme s’il n’existait aucun autre moyen de créer des logements sociaux !

majorité de catégories sociales. Une commune qui ne fait pas
d’efforts en matière de logement social et ne veille pas à la diversité de son offre résidentielle ne respecte pas l’égalité des citoyens face au droit au logement. A Yerres, ce manque de diversité s’ajoute à la pression fiscale très forte que nous connaissons
depuis 20 ans et provoque le départ de nombreuses personnes
à revenus modestes dont beaucoup de jeunes parmi ceux qui
cherchent un premier logement.
Ainsi, Yerres figure dans le peloton de tête des 8 villes franciliennes qui ne respectent pas la loi.

En avril 2016, le Ministère du Logement et de l’Habitat durable
publiait, pour la première fois, le bilan de la loi SRU sur son site
internet.
Le résultat pour Yerres est sans appel.

Jamais nous n’avons défendu l’urbanisation à outrance et jamais
nous n’avons proposé de bétonner notre ville. Ce ne sont-là que
des clichés et des procès d’intention. La reconversion de logements laissés vacants en logements sociaux est tout à fait possible. Il existe pour cela de nombreux dispositifs. Par ailleurs, de
nombreux projets immobiliers sont sortis de terre à Yerres depuis
1995.

Le taux légal de logements sociaux à atteindre en 2025 est
de 20%.

Mais combien parmi eux sont des logements sociaux ? Bien
trop peu !

Alors, à quand une politique ambitieuse et plus juste pour
permettre à tout un chacun de vivre à Yerres ?

En revanche, ce qui est bien réel, c’est que depuis des années,
notre ville devient de plus en plus inaccessible pour une grande

Le Canard’Yerres

Conseil départemental : la double peine infligée
aux Essonnien-ne-s par François Durovray
Il y a un an, François Durovray, ancien bras de droit de Nicolas
Dupont-Aignan à Yerres, devenu maire de Montgeron, tournait le
dos aux promesses faites aux Montgeronnais-es pour devenir
Président du Conseil départemental de l’Essonne et promettait
un travail collectif tourné vers ses concitoyen-ne-s.
Le résultat est sans appel. Cette
première année est catastrophique : aucune politique innovante,
la suppression systématique de
toutes les politiques protectrices
mises en place par l’ancienne majorité de gauche, une multitude de
postures politiciennes et une instrumentalisation continue de l’institution
départementale.
1ère peine : des impôts qui s’envolent
Après avoir augmenté de 12 % les
impôts des Montgeronnais-es quand
il est arrivé à la mairie de Montgeron,
François Durovray a augmenté de
29 % ceux des Essonnien-ne-s
quand il est arrivé à la tête du département. Cette augmentation porte
sur la part départementale de la taxe
foncière sur les propriétés bâties (la
seule qui soit encore perçue par le
Département) et concerne les familles essonniennes propriétaires de
leurs logements (60 % des foyers) ainsi que la plupart des entreprises. Il s’agit d’une augmentation pouvant aller jusqu’à 850
euros.
2ème peine : des mesures injustes contre les familles, les
jeunes, les personnes âgées et les plus fragiles.
Durant cette première année à la tête du Département, François
Durovray a procédé à de très nombreux désengagements dans
la plupart des programmes mis en place par la précédente majorité à destination des plus fragiles (personnes âgées, handicapées,...), de la protection de l’enfance, des politiques culturelles,
éducatives, sportives et de soutien à la vie associative. Quelques
exemples :
 Suppression de la majoration de 5 % de l’aide apportée

aux transports des élèves
 Suppression de la carte SCOL’R pour les lycéen-ne-s
 Suppression du dispositif « Sac ados »
 Suppression des emplois d’avenir
 Baisse de 30% des budgets
pédagogiques
 Suppression de l’allocation personnalisée d’autonomie différentielle (APA) pour les personnes
âgées
 Arrêt de l’initiation aux gestes
de premiers secours dispensés aux
collégien-ne-s de l’Essonne

Pourquoi avoir pris ces décisions
qui vont toutes à l’encontre de
l’intérêt des Essonnien-ne-s?
« C’est une décision difficile, mais je
l’assume car il n’y a pas d’autres
solutions », a affirmé François Durovray.
C’est faux ! D’après le cabinet Michel Klopfer (spécialiste des budgets des collectivités), la situation
du département de l’Essonne
correspond à une « situation
moyenne pour un département
aujourd'hui ». Dans ce contexte,
l’opposition a proposé toute une
batterie de solutions pour ne pas avoir recours à une augmentation des impôts. François Durovray les a toutes refusées.
Comme il a refusé la proposition de l’opposition d’être associée à
la construction de ce budget. Au final, le budget adopté a provoqué le mécontentement des personnels (105 suppressions de
postes annoncées), d'une partie de la majorité qui a refusé le
recours à la fiscalité et bien sûr de l'opposition. Beau succès de
François Durovray !

En période de crise, cette politique injuste et
antisociale ne peut nous amener que dans le
mur.

le journal des socialistes et écologistes yerrois

M. Dupont-Aignan, profession : candidat !
Maire, député, président d’agglomération, candidat à la présidence de la République, président de parti… M. Dupont-Aignan aurait
-il le don d’ubiquité, lui qui, lors des Présidentielles de 2012, se disait « pour la limitation à 2 mandats à l’avenir », ajoutant
« Personnellement, j’exerce un mandat de député-maire et cela ne me semble guère excessif dans la mesure où mes deux mandats sont scrupuleusement accomplis »?
Bon, d’accord… tout le monde peut changer d’avis. Et puis… peut-être que M. Dupont-Aignan accomplit vraiment scrupuleusement tous ses mandats, lui qui a récemment déclaré, lors de l’annonce de sa candidature à la Présidence de la République de
2017 « Je veux qu’on botte les fesses des feignants, des paresseux et des profiteurs ». Car, qu’on se le dise, M. Dupont-Aignan
n’est pas fainéant ! Peut-être même que s’il le voulait, il pourrait encore prétendre à d’autres présidences (comme celle des villes
les plus taxées ou les plus vidéo-surveillées de France par exemple).
Soyons sérieux ! Il est évident que M. Dupont-Aignan ne peut pas accomplir scrupuleusement tous ses mandats. C’est
impossible et nous en avons la preuve.
Examinons, par exemple, son activité de député. L’exerce-t-il de façon « scrupuleuse » ? Pour le vérifier, il suffit de se rendre sur
le site http://www.nosdeputes.fr/. Voici, pour les 12 derniers mois, ce qu’a consigné cet observatoire citoyen de l’activité parlementaire.
Commissions

Hémicycle

Amendements

Députés

Semaines
d’activité

Réunions

Interventions

Interventions
longues

Interventions
courtes

signés

Moyenne

26

45

54

72

111

NDA

20

22

11

50

66

Propositions

Questions

adoptés

Rapports
écrits

écrites

signées

écrites

orales

518

67

1

1

28

32

3

4

1

0

6

13

40

0

Nous voyons que dans quasiment tous les domaines de son activité de parlementaire, M. Dupont-Aignan se situe dans les derniers de la classe ! Mais bon… une fois passée la déception de constater qu’il ne possède pas, comme nous le pensions, le don
d’ubiquité, on se dit que s’il est un mauvais député, c’est peut-être pour mieux se consacrer à ses autres mandats ?
Et bien non. Même pas. En fait, la seule activité qu’il exerce vraiment, c’est celle de candidat, candidat partout, à tout, tout le
temps. Ainsi, il peut faire ce qu’il sait le mieux faire, à savoir parader dans les médias où, monté sur ses ergots soi-disant gaullistes
(pas sûr que le Général aurait accepté cette paternité), il aime à
donner des leçons à celles et à ceux qui ne sont pas d’accord
avec lui ou à leur reprocher de ne pas mettre leurs actes en conformité avec leurs promesses (ce qui, comme nous venons de le
voir, n’est pas son genre).
Candidat est incontestablement le métier que M. Dupont-Aignan
sait le mieux faire. Aussi, le plus grand service à lui rendre (et à
rendre aux Yerrois-es, par-dessus le marché) est d’arrêter de
l’élire afin qu’il puisse se consacrer à temps plein à cette activité
qu’il aime par-dessus tout.

Yerres, une ville écolo ?

Mais pour l’instant, si l’on y
regarde d’un peu plus près,
les réalisations de la ville
ressemblent plus à du
« greenwashing » (une écologie d’apparence, des actions symboliques qui n’ont
rien à voir avec l’écologie)
qu’à une politique soucieuse
de l’environnement et de la
santé des Yerrois-es.
Quelques exemples :
1. Parlons nourriture :
A la cantine scolaire,
si on se réfère aux
menus du mois
d’avril 2016, on
compte seulement
deux aliments biologiques par semaine.
Profiter des bienfaits
du bio avec ce programme, c’est un
peu court. On reste
perplexe devant la
mention de l’Office
Central de Restauration Scolaire (OCRS) : « recette comme à la maison »
explique la note en bas de page. Donc les autres plats
(majoritaires d’ailleurs) sont comment ? Recette
comme dans l’industrie agro-alimentaire ?
Quand on sait que les aliments arrivent tous les jours en camionnette de Seine-et-Marne dans des barquettes en plastique réchauffées au micro-onde, on cherche vainement la
cohérence.
2. Parlons pistes cyclables : qui a déjà fait du vélo à
Yerres sait que les pistes cyclables sont discontinues
quand elles ne sont pas interrompues par des bureaux
de vente pour programme immobilier comme devant la
permanence du député. On ne peut pas sillonner la
ville en toute sécurité et encore moins avec des enfants. Nous savons que ceci a un coût mais il s’agit
d’un choix politique puisque Nicolas Dupont-Aignan se
fait en permanence le défenseur des automobilistes.
D’ailleurs, nous avons plusieurs fois constaté que le
Conseil municipal est plus que réticent à réduire la

chaussée pour laisser la place aux vélos et aux trottinettes…
3. Parlons énergies propres : avec toutes ces rafales
de promesses vertes dans les journaux de la mairie, le
vent créé pourrait faire tourner des éoliennes. Raté !
Nicolas Dupont-Aignan défend encore le nucléaire,
l’énergie du siècle passé
dont tous les pays limitrophes nous prient de nous
débarrasser. Nous sommes
encore à la recherche des
panneaux photovoltaïques
sur les toits des bâtiments
municipaux qui pourraient
nous faire espérer que notre
ville entre dans la transition
énergétique et dans le futur.
De part le monde, des centaines de villes mettent
l’écologie au cœur de leur
action. Elles démontrent
que les municipalités peuvent agir au quotidien et que
c’est possible sans renoncer
à une qualité de vie confortable, bien au contraire.
Alors, qu’attendons-nous
pour prendre exemple sur
des idées qui fonctionnent et agir en conséquence?

Si vous souhaitez vous aussi contribuer au Canard’Yerres,
contactez-nous par mail canardyerres@gmail.com ou par
téléphone au 06 01 21 62 49
Directeur de la publication : Alain Bétant
Conception : Elodie Jauneau
Comité éditorial : Alain Bétant, Stéphane Fabe, Anne-Laure
Fonbaustier, Fabienne Gabbanelli, Elodie Jauneau, Denis
Montarou.
Illustrations : Canard’Yerres, Ministère du Logement et de
l’Habitat durable, psyerres.fr, Clipart.
Sites internet des socialistes et écologistes yerrois :
psyerres.fr
eelv91.fr

Retrouvez Le Canard’Yerres sur internet
www.canardyerres.blogspot.fr

Ne pas jeter sur la voie publique

L’encre verte coule à flot dans le Journal des Yerrois. A en
croire les articles et les déclarations de Nicolas DupontAignan, l’écologie lui tient à cœur. Il est vrai que le plan stratégie biodiversité, adopté au Conseil municipal le 14 décembre
2015, a de quoi faire rêver les citoyens les plus écologistes s’il
est appliqué.

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