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GEJ10 C218

Parabole de la mauvaise herbe au milieu des blés

1. (Le Seigneur:) « Il y avait un maître de maison qui possédait beaucoup de vignes, de


prairies, de vergers et de champs. Ayant reçu de son père un très beau froment très pur, il dit à
ses valets "Allez et nettoyez soigneusement un grand champ, afin qu'aucune mauvaise herbe
ne pousse au milieu du très beau blé que j'y sèmerai."
2. Les valets firent cela, et le blé fut semé en abondance dans le champ nettoyé ; il ne
tarda pas à lever, et le maître du champ se réjouit fort de ne voir aucune mauvaise herbe entre
les pousses de blé.
3. Mais, au bout de quelque temps, comme le blé était déjà si haut que les épis
commençaient à se former, les valets vinrent trouver le maître et lui dirent : "Seigneur, nous
avons nettoyé le champ et y avons semé, selon ta volonté, ce grain très pur, et il a bien poussé,
ce dont tu te réjouissais fort toi aussi : mais voici qu'au moment où les épis commençaient à se
former, une quantité de mauvaise herbe s'est mise à pousser parmi les blés ! Si tu le veux,
nous irons arracher cette mauvaise herbe."
4. Le maître du champ répondit "Laissez cela, de peur que votre travail ne nuise au blé
déjà haut ; car je sais bien que c'est un ennemi qui m'a fait cela. Aussi, laissez tout venir à
maturité, la mauvaise herbe comme le blé. Quand le blé sera mûr, vous le récolterez, vous,
mes serviteurs, et le porterez à mes granges ; ensuite seulement, vous lierez en bottes toute
cette mauvaise herbe et la laisserez sécher, puis nous la ferons brûler afin d'achever de
nettoyer ce champ."
5. C'est là l'image qui vous montrera ce que vous devrez faire de la mauvaise herbe
dans Mon champ de vie !
6. Le bon grain représente les hommes qui portaient un vrai habit de fête à la table de
Mon festin, et toute la mauvaise herbe ensemble représente le convive qui n'avait pas revêtu
l'habit de noce. Et, bien sûr, il s'est servi des mets posés sur la table, jusqu'à ce que l'hôte
clairvoyant entre en personne dans la salle - ce qui représente la maturité du bon grain et de
l'ivraie.
7. Les convives parés pour la fête resteront, mais celui qui n'était pas bien vêtu sera
jeté au feu de la colère de l'hôte, et finalement, en étant brûlé, il devra lui-même servir à
nettoyer le champ souillé.
8. C'est pourquoi vous rencontrerez encore en ce monde bien des convives qui ne
portent pas d'habit de fête, et vous verrez la mauvaise herbe proliférer au milieu du bon blé ;
mais n'en soyez pas trop fâchés, laissez tout cela venir à maturité, et attendez que Celui qui
donne ce grand festin vienne en personne ! Avec Lui viendra l'heure de trier, et chacun
recevra la récompense à laquelle il aura aspiré selon son bon ou son mauvais penchant. Car il
y a certes dans Ma maison bien des demeures heureuses, mais aussi de nombreux cachots, et
ceux qui préféreront Mes nombreux cachots à Mes demeures bienheureuses et souhaiteront y
habiter auront ce qu'ils désirent ; nous ne leur ferons jamais violence pour qu'ils en sortent et
qu'ils viennent alors souiller nos très pures demeures célestes. Mais s'ils changent d'avis et
veulent d'eux-mêmes s'amender, il ne leur sera pas fait obstacle. - Comprenez-vous tout cela ?
»
GEJ10 C219
Comment reconnaître les faux prophètes

1. Simon Juda répondit : « O Seigneur et Maître, je le comprends désormais si


clairement qu'il me semble impossible de mieux comprendre ! Pourtant, je dois bien admettre
que cela nous est sans doute plus facile, à nous qui sommes Tes premiers disciples, parce que,
par Ta grâce et Ton amour, nous avons entendu en maintes occasions de ces explications
grandioses ; mais, avec bien des hommes encore dans les ténèbres, il y aura quelque difficulté
à rendre de telles vérités aussi claires qu'elles le sont désormais pour nous, et beaucoup de Tes
enseignements si clairement exprimés ne devraient guère connaître un meilleur sort que les
nombreux enseignements des prophètes, surtout ceux de Daniel et d'Ezéchiel, ainsi que ceux
nés de la sagesse de Salomon. Car plus on les lit, ou plus on se les fait lire, moins on les
comprend !
2. Et Ta doctrine est de nature semblable, surtout lorsque Tu parles en paraboles et en
images. Nous comprenons certes, à présent, ces paraboles et ces images ; mais les milliers et
les milliers d'hommes qui viendront après nous, même s'ils embrassent Ta doctrine, ne
comprendront pas ces paraboles et ces images et, fort probablement, leur prêteront très
souvent une fausse signification, en sorte qu'il y aura bien des lacunes dans Ta doctrine si
pure et si vraie. Que faire pour prévenir ce mal ? »
3. Je dis : « Ne vous ai-Je pas dit qu'il vous était donné, à vous qui êtes Mes disciples
élus et ceux qui Me succéderont pour enseigner le peuple, de comprendre les mystères de
Mon royaume ? Car il est bien évident que tout maître doit en savoir davantage que son
disciple, sans quoi il ne saurait être le maître !
4. Si le maître n'était pas plus avisé que le disciple, ce serait comme lorsqu'un aveugle
en conduit un autre : cela va bien jusqu'à ce qu'ils rencontrent une fosse et y tombent tous
deux ; et c'est pourquoi il n'y a que peu d'élus, même si beaucoup sont appelés.
5. Au début, il ne faut les nourrir que très simplement, avec le lait de Ma doctrine ;
ensuite, lorsqu'ils auront acquis une force virile, il sera temps de leur donner une nourriture
plue virile et plus énergique. Aussi, prenez garde avant tout que ceux qui ne seraient
qu'appelés ne se lèvent et ne disent au peuple : "Nous aussi, nous faisons partie des élus !",
afin de pouvoir enseigner cela pour leur bénéfice terrestre ; car, là aussi, un aveugle conduirait
un autre aveugle !
6. Lorsqu'un homme fera bien partie des élus, vous le reconnaîtrez à ce qu'il sera empli
de Mon esprit tout comme vous, et qu'il prêchera le véritable amour de Dieu et du prochain.
7. Mais s'il prêche comme les Pharisiens au Temple, c'est qu'il est l'élu des Pharisiens
et que, comme eux, il est un diable et appartient à ce monde ; car celui qui n'amasse pas par
amour véritable et selon la vraie sagesse divine, celui-là gaspille et est un faux maître qui jette
les hommes dans une superstition d'où tous les anges du ciel auront beaucoup de peine à les
tirer pour les ramener à la lumière de la pure vérité qui les rendrait parfaitement libres, surtout
lorsque ces hommes, devenus vieux, auront pris profondément racine dans les ténèbres de la
superstition. Je vous le dis, il est plus difficile de préserver un homme de la superstition que
de tout autre mal, parce que les autres maux n'emprisonnent qu'une partie de l'âme de
l'homme, mais la superstition l'enferme tout entière !
8. C'est pourquoi, comme Je vous l'ai déjà dit une fois, une foule de faux maîtres et de
faux prophètes se lèveront déjà de votre vivant, en même temps qu'une foule de faux Christs,
et ils enseigneront et diront au peuple : "Voici le Christ ! ", "Il est là !" "Il demeure dans les
temples !" ou encore "dans ces chambres !" ; alors, dites au peuple qu'on le trompe par de
telles doctrines.
9. Ceux que vous convertirez, imposez-leur les mains et baptisez-les en Mon nom. Je
ferai descendre sur eux Mon esprit, et ils reconnaîtront la vérité et chasseront alors eux-
mêmes les faux prophètes et les faux Christs de leur communauté.
10. Et s'il arrive que ceux qui auront été ainsi séduits non seulement ne vous écoutent
pas, mais veuillent vous persécuter pour l'amour de leur faux maître et faux prophète,
détournez-vous d'eux et repartez là où Mon esprit vous emmènera. Pour tout le reste,
remettez-vous-en à Moi ; car, le moment venu, Je saurai envoyer Mes jugements à ces faux
maîtres et à ces faux prophètes, et, dans l'au-delà, il en sera d'eux comme de l'invité qui n'avait
pas de vêtement de fête à Mon festin : les âmes qu'ils auront plongées dans les ténèbres seront
leurs pires persécuteurs !
11. Il suffit que la pureté de Ma doctrine soit préservée par un petit nombre, et Je
veillerai à ce qu'il en soit ainsi de tout temps. Mais la lie des hommes de ce monde continuera
jusqu'à la fin de se vautrer dans sa fange, et en cela, vous devrez suivre le commandement que
Je vous ai donné : ne jetez pas Mes perles aux pourceaux. »

GEJ10 C220
A propos des miracles

1. (Le Seigneur :) « Il faut certes propager Mon évangile sur toute la terre, mais Je ne
fais un devoir à aucun vrai maître et prophète d'amener tous les hommes au grand jour de Ma
vérité. Il suffit de transmettre la pure doctrine à l'homme le meilleur et le plus accompli, et de
lui donner le droit de la répandre ensuite autant que possible parmi les autres hommes.
Heureux ceux qui la recevront ! Mais même le maître et le prophète le plus accompli ne
pourra faire que les raisins poussent sur les épines et les figues sur les chardons.
2. Moi-même, Je suis le Seigneur, et vous savez que rien ne M'est impossible - et
pourtant, avec tout Mon amour et la meilleure volonté du monde, Je ne peux hausser les
hommes de cette terre jusqu'à la lumière éternelle de Ma vérité, parce que Je dois leur laisser
leur complet libre arbitre. Et ce que Je ne peux ni ne dois faire Moi-même, vous le pouvez et
le devez d'autant moins.
3. Bien sûr, il vous semble que cela aussi, Je devrais pouvoir le réaliser par quelque
miracle grandiose, et, Je vous le dis, vous avez en partie raison - mais en partie seulement !
Car un miracle a certes un effet à l'endroit et surtout au moment où il s'accomplit - mais,
ailleurs, il faut déjà le raconter, et alors, certains y croiront sans doute, mais d'autres diront
"S'il y a eu un miracle là-bas pour éveiller la foi, pourquoi n'est-ce pas le cas chez nous ?" Et,
dans la suite des temps, comme pour n'importe quel autre événement, on croira d'autant moins
même au plus grand des miracles qu'il aura fait davantage sensation. Il entrera donc dans le
domaine des contes et des fables, et, chez les hommes crédules, qui sont le plus grand
nombre, il servira davantage à renforcer par ailleurs la superstition qu'à éveiller la vraie
lumière dans leur cœur.
4. Car les hommes ne font aucune différence entre un miracle authentique et un faux
miracle, ils les considèrent l'un et l'autre comme une chose extraordinaire qui les contraint de
croire.
5. C'est pourquoi vous devez faire aussi peu de miracles que possible, si ce n'est guérir
les malades par l'imposition des mains et baptiser ceux qui ont tout à fait la foi, afin qu'ils
reçoivent en eux l'esprit de vérité.
6. Et c'est aussi pourquoi vous devez vous en tenir à la pure vérité, car elle seule rend
l'homme tout à fait libre ; tout le reste laissera dans son âme la trace plus ou moins durable de
la contrainte, dont il aura beaucoup de peine à se défaire. Or, une foi forcée est la plupart du
temps bien pire que pas de foi du tout.
7. Les stoïciens, pour la plupart disciples du Grec Diogène, ne croient en rien, et
pourtant, Je vous le dis, Je les préfère de beaucoup à ces Juifs stupides qui croient
aveuglément, aujourd'hui encore, que la fumée du temple vivifie et fertilise leurs champs,
leurs vergers, leurs prairies et leurs vignes, et que celui qui dépose son argent en sacrifice
dans les caisses de Dieu au Temple de Jérusalem rend à Dieu un service bien plus agréable
que s'il donnait cet argent à un autre homme pauvre qui serait ainsi secouru pour longtemps.
Aussi, ne prêchez jamais que la vérité, et soyez avares de miracles ! »
8. Pour une fois, ce fut Mon Jean qui répondit : « Seigneur et Maître, en ce qui me
concerne, je ferai aussi peu de miracles que possible, car je comprends bien désormais que
cela est bien moins utile aux hommes que la seule parole.
9. Celui que la vraie parole ne libère pas sera encore moins libéré par un signe. Il est
vrai que les signes peuvent faire beaucoup de bien lorsque c'est Toi qui les accomplis, parce
que Toi seul es capable de calculer au mieux le moment où un signe est nécessaire, et en quoi
il doit consister ; mais nous, Tes disciples, nous ne le saurons jamais tout à fait tant que nos
âmes seront dans cette enveloppe de chair, et c'est pourquoi je pense qu'il vaut mieux s'en
tenir à la parole, qui se confortera d'elle-même par son contenu de vérité sans avoir besoin
d'une confirmation accessoire, comme on le voit aussi d'une manière évidente dans nos
mathématiques.
10. Si je dis à quelqu'un que deux et deux font exactement quatre, faut-il donc encore
que j'accomplisse un signe devant lui pour confirmer cette vérité mathématique ? Je crois que
cela n'est pas nécessaire ! De même, Ta doctrine parfaitement simple est en soi pareille à une
vérité mathématique que tout homme ayant un peu de bonne volonté peut appréhender et
comprendre à la première audition.
11. Car il y a en tout homme un élan intérieur qui le pousse d'abord à chercher Celui
qui a créé ce monde avec tout ce qu'il porte, parce que cet homme voit bien que le Créateur de
toutes ces grandes choses doit être très sage, très puissant et parfaitement bon, et, dès lors qu'il
a reconnu cela en Lui, il ne peut que Le respecter et L'aimer par-dessus tout, de même qu'il ne
peut alors que respecter et aimer comme lui-même son prochain, qui est comme lui l’œuvre
très merveilleuse de Dieu. Ce sont là deux vérités mathématiques desquelles nul ne peut
douter. Ensuite, l'homme qui comprend clairement que la puissance et la sagesse de Dieu ont
créé toutes ces choses doit nécessairement comprendre aussi que Dieu n'a pas fait exister ces
merveilles en quelque sorte pour passer le temps d'un jour à l'autre, mais que même la plus
petite de ses œuvres porte en elle pour l'éternité une destinée toujours plus élevée.
12. Je crois que tout homme peut comprendre cette vérité sans l'aide d'aucun signe ;
cela dépend seulement de la façon dont on la lui présente.
13. Par exemple, guérir des malades, ou même délivrer un possédé des esprits qui
l'affligent, donc faire ainsi le bien à son prochain, ce sont là sans doute des œuvres d'amour,
mais il ne faut les accomplir que par amour, et non pour qu'elles viennent à l'appui de la vérité
!
14. Seigneur et Maître, ai-je bien parlé, ou peut-être pas tout à fait, avec ces mots
simples ? »

GEJ10 C221
De la conversion par les miracles

1. Je dis : « Mon cher Jean, ce que tu as dit est parfaitement bon et vrai, et c'est ainsi
qu'il faut apporter Ma doctrine aux autres hommes pour qu'elle porte de bons fruits durables.
Car si on l'imposait aux hommes avec trop de miracles, elle serait comme un fruit mal mûri,
qui ne contient souvent pas grand-chose et ne se garde guère longtemps.
2. Car tout ce qui est mûri de force n'a que peu d'esprit en soi et ne tarde guère à se
corrompre et à pourrir - et tout ce qui peut se faire vite et facilement est comme la maison que
cet architecte avait bâtie à peu de frais sur le sable : quand les tempêtes et les pluies
diluviennes sont venues, elle ne put leur résister et fut abattue. Et il en va de même de la
doctrine du royaume de Dieu lorsqu'elle est prêchée et imposée aux hommes à grand renfort
de signes et de miracles.
3. Oui, ils l'accepteront alors facilement ; mais quand, avec le temps, viendront les
tentations et les épreuves, ils n'auront rien à opposer à ces tentations - c'est-à-dire à ceux qui
les tenteront par une autre doctrine mensongère - que les signes miraculeux qu'ils auront vus.
Et si les tentateurs que sont les faux maîtres et les faux prophètes exécutent leurs faux
miracles sous les yeux de ces chrétiens mûris de force, ceux-ci, n'ayant rien en eux qui puisse
conforter la vérité profonde de Ma doctrine, la renient et rejoignent les faux maîtres et faux
prophètes.
4. Car ces hommes qui n'ont pas encore saisi la vérité sont pareils à un roseau que les
vents font pencher de tous côtés.
5. Mais le vent ne peut pas jouer ainsi avec les chênes et les cèdres. Et seuls sont
pareils à des chênes et à des cèdres les hommes qui ont été convertis par la seule vérité de Ma
doctrine. Les faux maîtres et les faux prophètes auront beau s'époumoner devant eux, ils ne
les feront pas plier, parce que la vérité intérieure est plus puissante que toutes les forces de la
terre.
6. Si vous observez ce principe lorsque vous répandrez Ma doctrine, vous serez
vériitablement pareils à ce semeur qui ne sème le blé que dans un bon champ et en récolte
bientôt le centuple ; mais celui qui n'observera pas ou pas assez ce principe sèmera aussi son
blé par les chemins, sur les pierres et les rochers, et parmi les épines et les chardons, et il fera
une mauvaise récolte pour la peine prise.
7. De même, vous ne devez pas trop ébruiter les miracles que J'ai faits, mais plutôt
montrer très clairement aux gens les merveilles et les signes que J'accomplis chaque jour aux
yeux de tous, car vous ferez ainsi une bien meilleure récolte que si vous leur racontiez Mes
miracles en long et en large. Car, si les gens comprennent que Je suis le Seigneur et le Maître
éternel de toute chose, ils devraient bien comprendre aussi que rien ne Me fut impossible
durant Mon existence terrestre.
8. Que celui qui comprend cela s'y conforme, et il Me rapportera de bons fruits !
Pourtant, Je vous dis encore ceci il en est encore quelques-uns parmi Mes disciples qui ne
comprennent pas cela comme Mon disciple Jean. C'est pourquoi sa parole restera jusqu'à la
fin des temps, mais non pas celle de tous les autres, surtout pas de celui qui en dira trop
lorsqu'il racontera Mes miracles par la suite. »
9. Ce discours, comme les paroles précédentes de Jean, ne plut certes guère à certains
des autres disciples présents, mais aucun n'osa rien dire là-contre.

GEJ10 C222
Des âmes mal mûries et des âmes tout à fait mûres

1. Là-dessus, le juge romain se leva et dit : « O Seigneur et Maître, moi-même,


l'aubergiste et sa maisonnée, ainsi que ces trois prêtres d'Apollon, ces deux Pharisiens et ces
Juifs, nous avons bien été convertis d'abord par les signes que Tu as accomplis ici, même si je
suis à présent convaincu que Tes divers enseignements m'ont bien plus servi que Tes signes ;
mais enfin, c'est d'abord par Tes signes seuls que Tu as attiré notre attention sur Toi, et c'est
pourquoi il ne fut pas difficile ensuite de parler avec nous, parce que nous comprenions
qu'aucun homme sur terre n'était capable de donner de tels signes.
2. Mais devons-nous appartenir nous aussi à la catégorie des fruits mal mûris pour la
raison que nous avons été amenés à croire en Toi d'abord par Tes signes, et est-il vraiment
possible que, pour cette raison, un faux maître et prophète soit éventuellement capable de
nous détourner nous aussi de notre foi par des miracles et des signes également faux ?
3. Quant à moi, je peux affirmer qu'un tel maître et prophète n'y parviendra jamais,
parce que je sais fort bien reconnaître tous les faux miracles : je n'ai que trop souvent vu de
ces sortes de mages qui en faisaient commerce, et j'ai percé tous les secrets de leur pratique
miraculeuse, ce qui, au fond, m'a rendu un très grand service, parce que j'ai été ainsi
débarrassé de toute superstition et en ai conçu une prédilection d'autant plus grande pour les
œuvres des anciens philosophes.
4. Mais les signes que Tu as accomplis ici - comme Ton serviteur Raphaël - ne
pouvaient avoir une origine naturelle, et j'ai donc trouvé en Toi le seul et unique vrai Dieu
dans la plénitude de Sa toute-puissance, et ma foi en Toi est plus solide qu'un diamant, mais,
au fond de moi, je suis bien davantage fortifié dans ma foi par la force de vérité de Ta parole
que par le pouvoir de Tes signes, puisque Tu m'as accordé la grâce, comme à nous tous, de
nous expliquer de la manière la plus claire comment Tu pouvais accomplir ces signes ; mais la
question n'en reste pas moins de savoir si, moi-même et les gens d'ici, nous faisons partie des
fruits mal mûris. »
5. Je dis : « En aucune façon, Mon cher ami, car le signe ne constitue en quelque sorte
une maturation forcée que pour celui qui s'est mis à croire aussitôt le signe accompli et ne
s'est plus soucié de rien d'autre ensuite. Or, ce ne fut pas du tout le cas avec toi, car, lorsque
J'ai accompli ce signe, tu t'es mis à Me faire les objections les plus curieuses, et J'ai même eu
fort à faire pour te mettre par Ma parole sur le bon chemin ; en vérité, ce ne fut pas tâche
facile, parce que, alors même que tu croyais déjà en Moi, tu M'as jeté au visage une critique
acérée de Mon attitude envers les créatures, et Je n'aurais pas pu t'opposer avec tant de force
la vérité de Mes paroles si tous les signes que J'avais accomplis ne t'avaient amené à croire
pleinement en Moi. Ainsi donc, c'est bien davantage la force de vérité de Mes paroles qui t'a
élevé jusqu'à la vraie foi en Moi, et tu n'as pas pris les signes accomplis avant et après ces
paroles comme une confirmation de ta foi en Moi, mais comme un bienfait accordé à cette
ville et à toi-même, et tu comprends à présent tout comme Moi et comme Raphaël comment
ces signes sont possibles - mais tu le comprendras encore mieux sous peu.
6. Or, ce qu'un homme analyse, examine et appréhende, comme fibre à fibre, par le
cœur et l'esprit, ne sert plus à le forcer à croire, mais bien à fortifier pleinement l'esprit en lui,
et c'est pourquoi il n'est plus là dans la catégorie des fruits à peine mûrs, mais bien dans celle
des fruits parvenus à leur pleine maturité. Car Je te le dis : tout homme qui, dans sa vie,
entend quelque vérité et y croit sans connaître davantage les éléments qui la fondent et sans
plus se soucier par la suite de les connaître, celui-là est encore un fruit bien immature ; mais
celui qui, ayant entendu cette vérité, laisse naître en lui tous les doutes qu'elle lui inspire
jusqu'à ce qu'il en ait compris tous les éléments fondamentaux, celui-là, en vérité, n'est pas un
fruit mal mûri, mais tout à fait mûr.
7. Car, si un homme veut que je le reçoive, son cœur doit être soit tout à fait froid, soit
déjà brûlant - mais loin de Moi les tièdes, jusqu'au jour où ils seront devenus froids ou au
contraire brûlants. Je préfère mille fois un caractère décidé à mille caractères irrésolus ; car les
irrésolus sont pareils aux pots qui sèchent sur l'étagère d'un potier : ils ne pourront servir à
rien tant qu'ils n'auront pas été durcis au feu. De même, les hommes tièdes doivent traverser le
feu des épreuves et de la tentation avant d'être prêts à Me recevoir et à entrer dans Mon
royaume.
8. Je crois t'avoir dit ainsi tout ce qu'il fallait pour t'apaiser pleinement, toi et les autres.
Il est vrai que je pourrais t'en dire bien davantage, mais à quoi bon ? Celui qui comprend
parfaitement la vérité d'un bref discours n'a pas besoin d'une plus longue leçon ; et celui qui
ne comprend pas la vérité d'une brève leçon la comprendra encore moins si elle se prolonge. -
Es-tu d'accord avec cette leçon, et te contente-t-elle ? »
9. Le juge : « Parfaitement bien, ô Seigneur et Maître, et je dirais même, mille fois
plus que parfaitement, aussi ne me reste-t-il plus, comme à nous tous, qu'à Te rendre grâce du
plus profond du cœur jusqu'à la fin de nos jours. En nous accordant cette grâce, ô Seigneur et
Maître, Tu as bâti dans nos cœurs un temple qu'aucune puissance au monde ne pourra plus
jamais détruire ; mais préserve aussi ce temple qui est le Tien des tempêtes de la tentation ! »

GEJ10 C223
Judas l'Iscariote

1. Le lendemain, tout le monde fut debout très tôt, et Moi de même avec Mes
disciples, aussi l'aubergiste avait-il mis de bonne heure à l'ouvrage sa femme et les
domestiques de cuisine, afin que l'on préparât notre repas du matin.
2. Cependant, Je sortis d'abord avec Jean, Pierre et Jacques et retournai sur le mont
Nébo. Les autres disciples avaient encore à faire avec leurs vêtements et leur toilette, et ils
devaient aussi remettre de l'ordre dans leurs cheveux.
3. Quant à l'aubergiste lui-même, il ne tarda pas à Me rejoindre avec son fils - de
même que le magistrat, cette fois accompagné de sa femme et de ses enfants, qui n'étaient pas
encore bien grands. Les trois prêtres d'Apollon ne se firent guère attendre non plus, suivis de
peu par Mes autres disciples, à l'exception de Judas l'Iscariote. Car celui-ci avait préféré courir
la ville et célébrer les bienfaits de Mes miracles devant les habitants, si bien que ceux-ci lui
avaient ensuite offert un peu d'argent qu'il avait mis dans son sac ; puis il était allé à l'auberge
et s'était fait servir du pain et du vin une bonne heure avant le repas du matin.
4. Or, sur la montagne, l'aubergiste Me demanda ce qu'avait ce disciple qui n'était pas
venu ce matin.
5. Je lui répondis : « Qu'il reste où il est ; car son absence M'est plus agréable que sa
présence, et Je n'ai pas besoin de t'en dire davantage. »
6. Mais le juge Me demanda à son tour : « O Seigneur et Maître, comment se fait-il
que cet homme soit du nombre de Tes disciples ? Vois-Tu, je ne Te demande pas cela pour
rien ; car cet homme a frappé sur-le-champ mon regard de juge, parce qu'il ne regarde
personne en face et que, même lorsque Tu prononces Tes paroles les plus divines, il regarde
devant lui d'un air indifférent et sombre, sans manifester le moindre étonnement ni la moindre
approbation ! Il n'a même pas dit un mot qui permît au moins de connaître le son de sa voix,
alors que tous Tes autres disciples, au contraire, parlaient de temps à autre, tantôt avec Toi-
même, tantôt entre eux. Bref, je dois Te dire que ce disciple ne me plaît pas du tout. Si j'avais
eu un homme comme lui parmi mes nombreux serviteurs, il y a bien longtemps que je l'aurais
congédié. De quelle ville est-il donc originaire ? »
7. Je dis : « Il est Galiléen, et potier de son métier. De tous Mes disciples, c'est le plus
instruit, et il parle aussi bien que n'importe quel maître ; mais il est aussi fort cupide, et c'est là
en lui le vrai démon dont il ne pourra jamais se défaire - car le démon de l'avarice est le plus
difficile à déloger de toutes les espèces de diables et d'esprits malins qui peuvent prendre
possession du cœur d'un homme.
8. Car, en tout autre esprit malin, on peut encore trouver une lueur d'amour du
prochain, mais non pas chez un démon de l'avarice ; c'est pourquoi il est aussi le plus obstiné,
et il imprègne l'homme tout entier jusqu'à ce que celui-ci devienne tout pareil à lui et qu'il
puisse s'en servir au mieux pour accomplir les actes les plus honteux. Aussi, que chacun se
garde avant tout de l'avarice ; car tout autre pécheur entrera plus facilement au royaume de
Dieu qu'un avare ! »
9. Le juge dit : « Si Ton disciple est de cette sorte, Toi qui es tout-puissant, éloigne-le
de Toi ! Que vient faire un tel homme dans Ta compagnie ? »
10. Je dis : « C'est précisément parce que Je suis le Seigneur tout-puissant que -
surtout sur cette terre qui est une pépinière pour Mes enfants - Je dois tolérer aussi bien les
diables que les anges ; car nul ne peut devenir un enfant de Dieu sans le libre arbitre le plus
parfait, et, même au diable, le chemin de la conversion n'est pas entièrement fermé. Cela te
permettra sans doute de comprendre pourquoi Je supporte qu'un disciple qui ne Me plaît
nullement reste auprès de Moi aussi longtemps qu'il le voudra lui-même ; mais s'il veut Me
quitter demain, personne dans Ma compagnie ne lui barrera le chemin.
11. Au reste, s'il ne change pas, il ne tardera pas à trouver sa récompense. Mais pour
l'heure, oublions ce disciple absent, car nous avons à parler de bien d'autres choses.
12. Après le repas du matin. Je partirai sans retard pour Me rendre dans la contrée où
le ruisseau connu sous le nom d'Arnon prend sa source. Car d'ici, les chemins qui mènent à la
vallée du Jourdain sont fort mauvais et difficiles ; mais, par la vallée de l'Arnon, il y a un
assez bon chemin, qui devient cependant lui aussi fort malaisé par la suite.
13. J'ai encore beaucoup à faire dans la vallée du Jourdain, et il se passera encore un
peu de temps avant que Je ne retourne à Jérusalem. »