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GEJ8 C92

De l'institution du sabbat

1. (Le Seigneur :) « Depuis les premiers temps, voyez-vous, il a été d'usage chez les
hommes de diviser la semaine en sept jours, division qui, au sens naturel, leur a été inspirée
par les quartiers de la Lune, et, au sens spirituel, leur a été révélée, cela par les sept esprits de
Dieu, dont vous avez déjà entendu parler, mais sans en avoir encore jamais compris le premier
mot.
2. De ces sept esprits, le septième purifie et adoucit par une sorte d'action en retour
chacun des six qui le précèdent, et ce septième esprit est la miséricorde agissante. Et si Dieu, à
travers Moïse, a fixé un sabbat le septième jour, c'est aussi afin que, ce jour-là, vous vous
absteniez de travailler servilement pour votre propre ventre et qu'en vous assemblant devant la
tente où se dresse l'Arche, vous voyiez vos frères et sœurs pauvres, et les veuves et les
orphelins, et que vous exerciez votre pitié envers eux ; car tout ce que disent la loi de Moïse et
les Prophètes, c'est que vous devez pratiquer les œuvres de la vraie compassion envers votre
prochain pauvre, et c'est en cela aussi que consiste le seul vrai culte divin qui Me soit agréable
!
3. Et s'il en est ainsi et en aucun cas autrement, comment Moïse aurait-il jamais pu
imaginer, même en songe, que Dieu avait fait le sabbat pour qu'aucun Juif ne puisse faire
œuvre charitable même envers son prochain pauvre ?
4. Songez vous-mêmes si c'est faire honneur à Dieu que de passer une journée entière,
d'abord dans la plus complète oisiveté, ensuite, au Temple de Jérusalem, dans quelque
synagogue ou chez soi, à marmonner et à piailler sans y mettre ni cœur ni esprit, ou à faire
marmonner et piailler de même un prêtre à qui l'on a donné une offrande pour cela, croyant
stupidement que ces murmures et ces criailleries auront plus de force et seront plus agréables
à Dieu, venant de la bouche d'un prêtre ! O insensés que vous êtes ! Demandez-vous s'il est
possible qu'un Dieu très sage Se soit complu et puisse jamais Se complaire à ces folies et à ces
extravagances que vous seuls, et non pas Moïse ou les prophètes, avez inventées jusqu'au
point d'en faire une loi !
5. Les hommes qui connaissent Dieu et L'aiment par-dessus tout doivent certes Le
prier dans leur cœur. Mais comment ? D'abord en suivant vraiment Sa volonté par la pratique
des œuvres de la charité, ensuite en Lui parlant ainsi dans leur cœur plein d'amour :
6. "Notre Père très aimant qui demeures dans Tes cieux,
Que Ton royaume éternel d'amour et de vérité vienne à nous,
Que Ta seule sainte volonté, essence de tous les êtres, devienne réalité parmi nous comme elle
l'est dans tous Tes cieux et dans toute Ta Création !
Donne à Tes petits enfants que nous sommes le pain de vie,
Pardonne-nous nos fautes comme nous les pardonnons à nos frères qui nous ont offensés,
Ne nous soumets pas à des tentations et à des attraits auxquels, dans notre faiblesse, nous
aurions peine à résister, mais délivre-nous de tout mal !
Que Ton nom soit toujours sanctifié, glorifié et loué par-dessus tout, car tout amour, toute
sagesse, toute force et tout pouvoir sont Tiens éternellement."
7. Voilà ce que c'est qu'une vraie prière à Dieu, formulée en toute sincérité par un
cœur fervent ! Cependant, même cette prière sera sans valeur, quand bien même vous la
prononceriez mille fois, si vous ne la formulez pas dans vos cœurs en toute sincérité et avec
une vraie volonté, et il faut aussi prouver dans vos actes ce que dit votre cœur, sans quoi toute
prière est une abomination pour Dieu : car le Dieu éternel vivant, qui est amour, sagesse, force
et puissance, ne permet pas qu'on L'adore par de vaines paroles mortes et par des offrandes et
des cérémonies dépourvues de sens, mais seulement par des œuvres conformes à Sa volonté.
Et ces œuvres, tout homme peut les accomplir chaque jour, et pas seulement le jour du
sabbat : ainsi, il fait de chaque jour un vrai sabbat et n'a pas besoin d'attendre le septième jour
de la semaine, qui n'a en rien plus de valeur qu'un autre jour. Voilà ce que J'ai à vous dire ! A
présent, docteur du Temple, tu peux Me contredire, si tu as un motif pour cela ! »
8. Le docteur de la loi : « Seigneur et Maître, je m'en garderai bien désormais, et pour
toujours ! Car ce n'est qu'à présent que je reconnais clairement que Tu es véritablement l'Oint
de Dieu ! Oui, Tu as raison en tout, et le reproche que Tu nous fais est absolument justifié.
Mais, hélas, nous sommes prisonniers du Temple et ne pouvons rien pour faire avancer Ta
cause divine.
9. Mais Toi, Seigneur, Tu es puissant : fais ce que bon Te semble selon Ta grâce, Ton
amour et Ta sagesse. Même si nous demeurons au Temple, nous n'y dirons certes plus jamais
un seul mot contre Toi en conseil, mais, à l'occasion, montrerons aux grands prêtres ce qu'il
en est. Si Tu voulais bien nous indiquer ce que nous devons faire à cet égard, nous le ferons,
afin que Tu nous reçoives dans Ta grâce, Seigneur et Maître, quelle est Ta volonté en ce qui
nous concerne ? »
10. Je dis : « Je vous ai déjà dit certaines choses où votre entendement reconnaîtra
bien Ma volonté. Agissez en conséquence, et vous recevrez la vie ! Le Temple ne vous
empêchera pas de croire en Moi dans vos cœurs et de vous conformer à Ma volonté, et même,
en cas de besoin, de Me confesser publiquement : car Je vous le dis aussi : celui qui Me
reconnaît devant le monde, Je le reconnaîtrai au ciel devant Mon Père. - A présent, vous
pouvez repartir pour Jérusalem : et si les gens du Temple vous questionnent à Mon sujet, ne
leur dites rien ! Ma bénédiction est avec vous. Amen. »
11. Là-dessus, les templiers se levèrent et, fort émus. Me rendirent grâce pour Mon
enseignement et pour les avoir délivrés de leur confusion, puis ils prirent le chemin du retour,
et, comme il faisait déjà assez sombre, Lazare les fit accompagner avec des torches, ce qui
leur fit grand plaisir. Quant à nous, nous retournâmes nous asseoir à notre table dans la grande
salle. Alors seulement, les Romains laissèrent libre cours à leur joie, se réjouissant de tout ce
que J'avais dit aux templiers avec tant de franchise et tant de vérité divine.
12. Cependant, tous Me demandaient la vraie prière que J'avais enseignée aux
templiers. Alors, s'avançant vers Agricola, Raphaël la lui remit, écrite sur un parchemin, ce
dont les Romains Me remercièrent sans fin.
13. Puis Je dis à Lazare : « Frère, puisque nous avons encore bien travaillé, fais-nous
apporter avant le repas un peu de pain et de vin, afin que nous puissions nous restaurer. »