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CHAPITRE 69

(Les sottes visions : suite - La superstition, des signes fastes et néfastes : exemples.
Résidus du paganisme : une maladie de l'âme causée par les influences de certains esprits.
La position des vrais chrétiens vis à vis de ces phénomènes. Les rencontres avec les animaux,
le plomb fondu ou l’œuf versé dans l'eau. les baguettes magiques, les questions circulaires.
Critique de ces superstitions. La pire espèce de ces superstitions : La cartomancie, source de
malheur temporel et éternel. L'officine des mauvais esprits. Indications au sujet du traitement
des somnambules. Il faut que ceux-ci soient approchés seulement par qui est croyant.
Bénédiction du magnétisme au Nom du Seigneur, et ses malédictions s'il est employé avec des
intentions impures par un non-croyant. Avertissement de se garder de vouloir scruter dans
l'avenir ! L'avenir n'a en soi rien de précis, ni n'existe le destin ; tout cela au contraire est
formé par la libre volonté humaine. La vraie destination de l’homme, c’est la Rédemption par
les voies de la régénération ; alors certes aussi l'avenir est comme un livre ouvert. )

- 17 avril 1847 -

Une autre sorte de vision éminemment absurde consiste en ce que presque tous, mais
particulièrement ceux qui appartiennent à la religion catholique romaine, font grand cas et
croient en certains signes de bonne ou de mauvaise chance, et de semblables folies se trouvent
répandues généralement depuis les cercles élevés jusqu'à la plus misérable cabane ! L'un de
ces signes de bonheur ou de malheur est par exemple la première rencontre que quelqu'un fait
en sortant de sa maison ; rencontrer un homme est un bon signe, tandis qu'est mauvais signe
de tomber, avant que sur d'autres, sur une quelconque innocente femme. En certains une
semblable croyance est si enracinée, que sinon à haute voix, mais du moins en leur cœur, ils
commencent à maudire la malheureuse femme qui a la malchance de les rencontrer la
première. Combien de fois on pourrait entendre ou même on entend affectivement : "Maudite
vieille, idiote, charogne, ou autres semblables expressions louables !" Particulièrement les
chasseurs, quand ils sont sur le point de se mettre en marche, considèrent une rencontre de ce
genre comme un très mauvais indice, et si ce n'était pas la crainte de la justice du monde, un
semblable être innocent de sexe féminin pourrait être certain de goûter la primeur de la poudre
et du plomb des chasseurs. Cette folie stupide qui souvent a eu les plus tristes conséquences,
est justement elle-aussi un reste des temps du paganisme, et est encore toléré ; seuls quelques
soucieux des âmes quelque peu meilleurs, lorsqu'ils sont particulièrement bien disposés, font
parfois tomber du haut de la chaire quelques petites paroles contre une semblable absurdité, ce
qui cependant, et de bien loin, ne suffit pas à extirper à la racine une tumeur maligne de cette
sorte et si ancienne.
Mais la cause de tout cela est à rechercher dans le fait que de telles folies ne sont pas
vues et considérées dans leurs fondements pour ce qu'elles sont vraiment, c'est-à-dire une
maladie de l'âme qui est provoquée par cette mauvaise race d'esprits qui, provenant du
paganisme, n'est pas complètement mûre pour l'Enfer, et donc a toujours libre accès à la
surface terrestre dans le but d'arriver à une juste connaissance des choses, de se repentir et de
s'améliorer.
Ces esprits se joignent à toutes sortes d'hommes, se collent à leur chair, et influent
avec leur paganisme sur les racines de l'âme, là où elle est en rapport avec le corps, et c'est
ainsi que l'âme acquiert ensuite de telles croyances vides et stupides.
Nombreux sont ceux qui voient bien sûr qu'en tout cela il ne peut pas en réalité y avoir
quelque chose de vrai, et cependant dans la pratique ils finissent par y croire, ou du moins ils
sont amenés à un certain embarras à la pensée que pourtant il pourrait y avoir quelque chose
de vrai.
Mais pour qui veut se comporter en chrétien, il faut qu'une telle superstition soit
bannie pour toujours, parce qu'elle ne peut jamais conduire à quelque chose de bien, mais bien
plutôt seulement au mal.
Un autre de ces indices prophétiques consiste en ce que certains sont de l'avis, ou
même croient fermement que, si devant eux la route est traversée par un chat, par un lièvre ou
par quelque autre animal parfaitement innocent, leurs entreprises sont destinées à échouer.
Mais, Je demande, Moi, quelle influence peuvent avoir ces petits animaux sur le bon ou
mauvais succès de ce qu'un homme veut entreprendre? Ceci est donc, comme précédemment
un dérivé du paganisme, et cela tire ses propres origines dans l'âme humaine de la même
façon que l'autre ; c'est pourquoi ce doit être évité et combattu avec beaucoup de soin.
Une autre stupidité encore du même genre est la suivante : Que plus d'un sot tente de
lire dans l'avenir en interprétant certaine phénomènes naturels. En ces cas il est versé par
exemple du plomb fondu dans l'eau, ou bien il est répandu dans l'eau le contenu d'un œuf
frais, et puis au moyen de certaines baguettes magiques on va à la recherche d'un trésor caché.
Ailleurs on pend dans un verre un objet d'or afin qu'il ait à révéler l'âge auquel arrivera
chacun, ou bien pour qu'il ait à répondre oui ou non à quelques questions en frappant ou en ne
frappant pas sur le verre.
De semblables moyens avec lesquels on prétendrait scruter l'avenir sont vraiment trop
niais pour mériter qu'on s'y étende d'un seul mot de plus.
Qui donc, pour peu raisonnable qu'il soit, voudra vilipender son propre esprit de
manière telle, à faire admettre vis à vis de cet esprit-même - sous l'apparence d'un très stupide
mystère - qu'un métal mort puisse avoir plus d'intelligence que lui ?
Et pourtant l'homme n'admet jamais volontiers qu'à coté de lui il y ait un autre plus
avisé et plus sensé que lui, dans l'idée que cela peut porter préjudice à son propre esprit ; mais
quand il admet qu'un métal mort peut avoir un plus grand discernement que lui, qu'arrive-t-il
alors, et comment l'honneur de son propre, esprit en sort-il sauvegardé ? Si l'homme, comme
nous l'avons déjà dit, qui est cependant une créature spirituelle vivante, ne peut en aucune
manière arracher les secrets à l'avenir, comment pourrait donc jamais un métal mort être
capable de la faire ?
Laissons donc tomber ces choses, la futilité en étant que trop évidente ; par bonheur de
telles sorcelleries sont en vogue parmi les hommes davantage comme passe-temps que
comme véritables superstitions.
Mais une manière bien pire de déchiffrer l'avenir est ce que l'on appelle la consultation
des cartes. Par l'effet de ce méchant jeu, déjà beaucoup se sont condamnés au malheur dans le
temps et pour l'éternité. C'est pourquoi que chacun fuit comme la peste qui pratique la
cartomancie ; parce que là où habite quelqu'un qui bat les cartes par métier, demeurent en
même temps tout autant de démons principaux qu'il y a de cartes en possession d'un
travailleur de cette espèce. Et si même il arrive que parfois le tireur de cartes réussit à deviner
quelque chose, cela arrive effectivement seulement grâce à l'aide de Belzébuth ; c'est pourquoi
il faut le répéter, comme ce fut déjà dit dans l'Ancien testament : Fuyez comme la peste ces
prophètes ou ces prophétesses, autrement vous tomberez prisonniers de l'Enfer !
A côté de la cartomancie, pour lire dans l'avenir ou découvrir des choses secrètes d'un
autre genre, en des temps plus modernes on a eu recours même au somnambulisme.
En ce qui concerne un semblable traitement magnétique, quand un magnétiseur veut
vraiment être utile au somnambule, il ne doit jamais lui faire de demandes égoïstes, mais bien
plutôt il doit prendre note seulement de ce que le somnambule annonce volontairement, et il
ne faut pas qu'il le contraigne à parler, ce qui est d'un grave danger pour lui ; mais bien plutôt
que le magnétiseur attende patiemment jusqu'à ce que le somnambule lui-même se trouve en
condition de pouvoir parler ; alors il dira de lui-même ce qui sera nécessaire, et une question
ne devra lui être adressée que dans le cas seulement où il s'exprimerait avec quelque
imprécision ou parfois trop indistinctement autour d'un sujet. En général ce système curatif au
moyen de l'imposition des mains est pratiqué seulement par des croyants à l'avantage d'autres
croyants ; mais si quelque vaniteux de médecin, présomptueux et sot, sans religion ni foi,
uniquement par l'effet d'une manipulation matérielle artificieuse provoque le sommeil
magnétique sur une faible femme, pour apprendre d'elle certaines choses, pour faire sur elle
des expériences scientifiques, ou bien, ce qui est pire, pour l'exhiber à la curiosité ou l'exposer
aux interrogations d'autres personnes contre rétribution, un semblable magnétiseur est un
démon avec le masque d'homme, et pour la somnambule ce serait la même chose, sinon
vraiment mieux peut-être, d'être possédé par un démon authentique, que de subir un
traitement magnétique de la part d'un semblable goujat de magnétiseur scélérat, sans religion,
sans cœur et sans conscience.
Pour une semblable race, comme pour les pires brigands et incendiaires, il devrait être
construit des prisons avec des murs d'acier ; parce que la chose le plus abominable et la plus
monstrueuse, et pire encore que le commerce des esclaves se manifeste quand un homme
n'hésite pas à céder à l'Enfer pour de l'argent, non seulement le corps de son propre frère ou de
se propre sœur, mais même en partie leur âme et leur esprit.
De semblables crimes, dès lors qu'ils devraient devenir fréquents, auront cependant
aussi ici et là, sous Mon impulsion, la plus rigide punition.
Je vous expose toutes ces choses, afin que, selon le ces, vous sachiez comment vous
comporter.
Certes Je bénirai n'importe quel magnétiseur qui en Mon Nom imposera les mains aux
malades pour leur rendre la santé, mais par ailleurs Je frapperai de Ma malédiction ce chien
galeux rempli de vanité qui voudra mettre à profit tout cela pour mettre en scène uniquement
un spectacle de jongleur en lequel il n'a ni ne peut avoir la moindre foi, dans le but d'en retirer
un gain sordide et ignominieux. De semblables préparateurs de miracles et révélateurs de
l'avenir, il sera nécessaire qu'ils se tiennent très loin de Moi pour l'éternité des temps.
En général, chacun doit faire bien attention, et vous-mêmes pouvez donner à
quiconque le même conseil, que l'on ne doit jamais se laisser induire à vouloir lire dans
l'avenir en se servant d'un moyen extraordinaire quel qu'il soit, tant que l'homme n'est pas mûr
pour une révélation ; parce qu'une semblable chose non seulement est extrêmement
préjudiciable pour toute âme, mais elle est en outre aussi suprêmement folle et stupide, parce
que de toujours il n'y a jamais eu d'avenir bien précisé.
L’avenir s’ordonne toujours uniquement selon la libre volonté des hommes ; lesquels
vivent sur la Terre justement pour organiser et ordonner leur libre volonté. Ce n'est que
d'après l'ordre de la libre volonté des hommes sur la Terre qu'est réglé l’avenir ; comment
donc un imbécile peut-il, sans aucune foi de surcroît, oser faire croire à des personnes faibles
ce qu'il prétend faire passer pour une révélation de l'avenir ?
J'ai de toute façon donné à chaque homme un esprit libre, à la régénération duquel
chacun doit tendre de toutes ses forces ; quand la régénération sera devenue un fait réel, alors
sera aussi dévoilé pour l'homme tout l'avenir ; mais tant que cela n’est pas le cas, pour
l'homme il n'existe pas non plus encore d'avenir dans son véritable sens.
Pourquoi donc voulez-vous scruter stupidement dans l’avenir ? Cherchez avant tout le
Royaume de Dieu seulement ; tout le reste vient de soi de surcroît.
GEJ10 C129
Le Seigneur explique l'univers afin de combattre la superstition

1. (Le Seigneur:) « Car une petite erreur, même pour ce qui est des choses de ce
monde, c'est-à-dire de cette terre, mais aussi des astres du ciel, est nécessairement suivie d'une
foule d'autres erreurs !
2. Si vous ne voulez pas retomber vous-mêmes dans les anciennes erreurs et dans les
nombreuses superstitions ignorantes des devins et des faux voyants qui lisent le destin des
hommes dans les signes et les astres, il faut que vous sachiez en toute vérité comment est faite
la Terre, et ce qui y produit le jour et la nuit.
3. Il faut aussi que vous sachiez ce que sont la Lune, le Soleil et tous les astres sans
nombre. Car la représentation que vous aviez jusqu'ici de la Terre, du jour et de la nuit, de la
Lune, du Soleil, des planètes et des étoiles fixes, du mouvement de tout cela, des éclipses, des
comètes et d'autres phénomènes encore, tant dans le ciel que dans les airs ou les eaux, était
tout à fait fausse, sans la moindre parcelle de vérité.
4. C'est pourquoi Je veux vous éclairer aussi sur ces choses naturelles. Cela, bien sûr,
ne saurait se faire aisément sans l'aide de certains expédients visibles, aussi vais-Je nous les
procurer par Ma toute-puissance, après quoi Je vous montrerai la forme et le mouvement de la
Terre, de même pour la Lune, le Soleil et les astres mobiles et fixes, et aussi d'autres
phénomènes qui ont lieu dans le ciel, les airs et les eaux, ainsi que sur et dans la terre. Soyez
donc tous bien attentifs à ce que vous verrez et à ce qui vous sera expliqué ! »
5. Alors, comme Je l'avais fait bien des fois en d'autres lieux, Je fis apparaître un globe
terrestre tout naturel, assez grand pour que l'on voie à sa surface, bien sûr à une échelle fort
réduite, tous les objets de quelque grandeur qui s'y trouvent, et Je leur expliquai brièvement
tout cela de la manière la plus compréhensible.
6. Je fis avec les autres corps célestes comme avec la Terre, montrant ce qu'étaient les
étoiles fixes, les soleils centraux, également les gousses globales, puis les comètes et tous les
autres phénomènes mentionnés.
7. Cette explication dura jusque deux bonnes heures après minuit, et, comme J'avais
fait en sorte que leur esprit imprègne leur âme autant qu'il le fallait, ils comprirent tous fort
bien Mes explications, s'émerveillant sans cesse de l'infinie grandeur de Ma sagesse et de Ma
puissance.
8. Après un moment de stupéfaction, l'aubergiste dit : « Ah, Seigneur, grand Maître
éternellement divin par Ton esprit, seul peut connaître tout cela et l'expliquer aux faibles
enfants de la Terre que nous sommes Celui qui en est l'architecte éternel et le demeurera à
jamais ! Tout ce que nous pourrions T'offrir en témoignage de gratitude pour cette faveur
merveilleuse que Tu nous accordes serait moins que rien du tout !
9. Ah, quand je compare ce que je viens d'entendre à l'idée que je me faisais
auparavant de la l'erre et de tous les astres du ciel, je ne peux que m'étonner fort, au fond. que
les hommes aient pu se faire une idée si fausse de tout cela ! En plus de toutes les choses que
Dieu leur a toujours fort bien enseignées par ailleurs, Moïse et les autres grands sages des
Juifs, qui se sont donné le nom de peuple de Dieu, ont eu sans doute une assez bonne
connaissance de ce que Tu viens de nous montrer, et pourtant, il y a chez ces mêmes Juifs une
méconnaissance presque plus grande que chez les Romains et les Grecs, qui, en cette matière,
ont repris ce qu'ils savent des anciens Égyptiens, qui s'y entendaient fort, encore qu'ils prissent
le Soleil pour une planète se mouvant autour de la Terre. »

GEJ10 C130
De l'astrologie égyptienne et d'autres erreurs

1. Je dis : « Ami, les anciens Egyptiens savaient l'essentiel de tout cela, et de même
Moïse et bien d'autres sages. Moïse a écrit là-dessus un grand livre qui s'est conservé jusqu'au
temps des Rois. Mais cette connaissance rapportait bien trop peu à la prêtrise en quête de
biens terrestres, et c'est pourquoi elle s'est emparée de l'astrologie égyptienne, s'en servant
pour faire aux hommes aveugles toutes sortes de prédictions bonnes ou mauvaises pour
lesquelles elle se faisait payer aussi bien que possible.
2. Et ces prêtres savaient faire en sorte, par des machinations secrètes, que la plupart
des choses qu'ils lisaient dans les astres se réalisent. Celui à qui ils avaient annoncé une bonne
nouvelle payait déjà volontiers au-delà de ce qu'on lui avait demandé, et celui à qui ils
annonçaient un malheur devait ensuite s'adresser aux prêtres pour qu'ils intercèdent en sa
faveur et demandent pour lui à Dieu un meilleur sort, ce pour quoi il lui fallait aussi apporter
les offrandes requises. Les prêtres y trouvaient donc toujours leur compte, qu'ils eussent
annoncé un mal ou un bien ; mais le mal revenait plus souvent que le bien, parce qu'il leur
rapportait davantage.
3. Vous comprenez donc sans peine pourquoi ce sont surtout les prêtres eux-mêmes
qui, à la longue, ont changé les vérités de la nature en erreur et en mensonges. Car ils
estimaient qu'il importait peu qu'un homme crût telle ou telle chose au sujet des astres,
puisqu’il ne pouvait aller se rendre compte par lui-même s'il en était bien ainsi.
4. Pourvu qu'il crût en Dieu et qu'il observât Ses commandements, il en faisait assez,
et il valait mieux pour lui qu'il n'eût aucune connaissance fondée de la forme de la Terre et des
astres.
5. Mais, dans leur aveuglement mondain, ils ne songeaient pas qu'une petite erreur n'a
que trop vite fait de mener l'homme à une erreur plus grande, et de là à une quantité d'erreurs
de toute sorte.
6. Et vous savez bien, par les nouvelles que l'on vous donne de tous côtés de l'état
d'aveuglement des hommes, qu'il en est aujourd'hui ainsi chez tous les peuples.
7. Quand les hommes auront enfin une connaissance authentique de toutes les choses
visibles de ce monde, les prêtres avides d'or et de richesses ne pourront plus leur faire croire
leurs vieilles sottises, et ce sera la fin de leur obscurantisme. »
8. L'aubergiste dit : « Seigneur et Maître, je comprends clairement tout cela à présent ;
mais je vois tout aussi clairement combien l'entreprise sera difficile lorsque nous voudrons
instruire en toute vérité des choses naturelles un homme enfoncé dans ces vieilles erreurs.
Car, d'abord, il nous sera bien difficile de rendre cela parfaitement tangible sans les moyens
appropriés que Ta puissance divine le procure aisément, et ensuite, tous les profanes nous
demanderont d'où nous tenons cette science.
9. En ce cas, bien sûr, nous ne manquerons pas de nous réclamer de Toi ; mais il s'en
faudra encore de beaucoup que l'on ne comprenne qui Tu es !
10. A la longue, il sera sans doute possible d'accomplir de très grandes choses en Ton
nom ; mais on ne peut pas faire grand-chose en un temps si court.
11. Bien sûr, nous mettrons tout en œuvre pour informer très exactement les gens de
ce qui s'est passé ici et de ce que nous avons vu et entendu, et nous sommes convaincus par
avance que ce ne sera pas peine perdue ; mais ils seront assurément beaucoup à ne pas nous
croire.
12. Mais cela ne doit pas nous détourner le moins du monde de T'annoncer aux
hommes, d'où qu'ils viennent, comme l'unique vrai Dieu, Seigneur et Créateur du ciel et de la
terre.
13. Encore une dernière chose, Seigneur et Maître : ne voudrais-Tu pas nous donner de
manière durable quelques-uns de ces instruments que Te procure Ta puissance, afin que nous
puissions, grâce à eux, faire plus aisément percevoir aux hommes ce que sont véritablement
tous ces grands corps que Tu nous as expliqués avec tant de clarté ? »
14. Je dis : « Oh, rien de plus facile - mais Je ne les ferai pas comme ceux que Je vous
ai montrés ; ils seront comme faits d'argile, afin que vous puissiez les garder, et, bien sûr,
encore plus petits que ceux que J'ai représentés pour vous selon leur aspect naturel. Pour le
reste, votre intelligence et votre sagesse devront y suppléer. »

GEJ9 C83
De l'arbre de vie et de celui de la connaissance

1. Je dis : « Tout d'abord, la vérité reste la vérité, même sans les signes, et celui qui s'y
conforme dans sa vie et ses actes ne tardera pas à percevoir très vivement en lui-même que
Ma doctrine est une parole divine et non humaine.
2. Ensuite, ceux qui transmettront à d'autres Ma doctrine du royaume de Dieu en
l'homme et ne se contenteront pas d'enseigner Ma volonté clairement exprimée dans Ma
doctrine, mais la mettront aussi en pratique eux-mêmes, ceux-là seront également capables
d'accomplir des signes en Mon nom, et de plus grands que ceux que Je donne Moi-même.
3. Mais, s'ils se contentent d'enseigner Ma doctrine sans la mettre en pratique, ils ne
pourront pas faire cela ; car le pouvoir d'accomplir des signes ne vient pas de la raison, mais
de la foi vivante et de la fermeté de la volonté. Car l'intelligence du cerveau est pour l'homme
une lumière morte du monde qui ne pénétrera certes jamais dans les régions les plus
profondes de l'esprit et de sa force, tandis que la foi vivante du cœur est pour l'âme une vraie
lumière de vie qui éveille l'esprit en elle et le fait imprégner l'homme tout entier. Et quand
l'homme est tout imbu de son esprit, il l'est également de la force toute-puissante de celui-ci ;
alors, ce que veut l'esprit vivant, qui ne fait plus qu'un avec l'âme, arrive et est déjà l’œuvre
accomplie de la volonté.
4. C'est pourquoi il est dit dans l'Ecriture : Dieu a mis deux arbres dans le jardin de la
vie, l'arbre de vie et l'arbre de la connaissance, et Il a dit à l'homme : "Si tu ne manges que les
fruits de l'arbre de vie, tu vivras ; mais si tu manges aussi les fruits de l'arbre de la
connaissance avant que Je les aie bénis pour toi, la mort viendra sur toi, et tu mourras !"
5. Mais l'homme, à cause de son libre arbitre, se laissa séduire par le serpent de ses
désirs et mangea aussi à l'arbre de la connaissance avant qu'il ait été béni dans le cœur de
l'homme par la maturité de la foi, c'est-à-dire qu'il commença à vouloir chercher et sonder
l'esprit de Dieu, donc l'esprit de la vie, par la raison de son cerveau, et il en résulta qu'au lieu
de se rapprocher toujours plus de Dieu, il s'en éloigna toujours davantage. Et cela était déjà la
mort, au sens de la mort spirituelle de l'homme, et c'est ainsi que l'homme tout entier perdit sa
force et son pouvoir sur toutes les choses du monde naturel ; alors, il fut contraint de travailler
durement pour gagner à la sueur de son front le pain qui le nourrirait physiquement, et plus
encore spirituellement.
6. C'est ainsi que, jusqu'à ce jour, les hommes se sont tellement éloignés de Dieu, donc
de la vraie vie intérieure, qu'ils ne croient presque plus en Dieu, donc pas davantage en la
survie de l'âme après la mort du corps. Et ceux qui croient encore machinalement, soit en un
Dieu, soit, comme les païens avec leur superstition aveugle, en plusieurs, se représentent Dieu
ou les dieux comme si infiniment éloignés d'eux qu'ils finissent par croire impossible qu'un
homme puisse jamais se rapprocher d'un Dieu si lointain.
7. Et, à présent que Dieu est venu en personne S'incarner devant les hommes dans
toute la plénitude de Sa puissance éternelle, avec tout Son amour et toute Sa sagesse, ils ne
s'en aperçoivent pas et, dans leur grand aveuglement et leur stupidité, croient que c'est
impossible, quand toutes choses sont possibles à Dieu. Ainsi, parce que Dieu en personne Se
révèle à eux par Sa bouche terrestre et non au milieu de la foudre et du tonnerre, ils Le
prennent pour un blasphémateur et un agitateur qui veut soulever le peuple contre Dieu et
contre les rois de ce monde, qui se prennent eux-mêmes pour des dieux et se font honorer
comme tels par les hommes.
8. Et tout cela vient de ce que tous les hommes ont préféré manger le fruit mort de
l'arbre de la connaissance, au lieu du fruit vivant et vivifiant de l'arbre de vie. »

GEJ9 C84
« Où es-tu, Adam ? » - une question essentielle

l. (Le Seigneur :) « La question que Dieu pose à Adam quand celui-ci a déjà mangé du
fruit défendu, "Où es-tu, Adam (homme) ?", cette question est encore posée et le sera jusqu'à
la fin des temps de ce monde, tant qu'il y existera des hommes qui préféreront manger à
l'arbre de la connaissance plutôt qu'à celui de la vie.
2. Car l'homme qui mange à l'arbre de la connaissance oublie bien vite Dieu, lui-même
et sa vie intérieure, il ne sait plus qui il est, pourquoi il existe ni ce qui doit advenir de lui.
Alors, son âme s'emplit de crainte, elle cherche dans la raison de son corps la réponse
apaisante et consolatrice à sa question : "Homme, où es-tu ?" Mais c'est toujours la même
réponse désolée qui lui vient : "Tu es dans le jugement, qui est la vraie mort de l'âme ! Gagne
ton pain à la sueur de ton front !"
3. L'âme pourrait-elle donc trouver dans le cerveau autre chose que des images
inhérentes à ce monde, toutes bien plus éloignées qu'elle-même de ce qui appartient à l'esprit
et à la vie ? Si l'âme ne reconnaît pas l'esprit de vie divin qui est toujours au plus près d'elle,
comment le reconnaîtra-t-elle donc lorsqu'il sera infiniment plus éloigné, dans les images du
monde qui occupent le cerveau de son corps ?
4. Or, cette complète absurdité entraîne nécessairement cette absurdité plus grande
encore que l'âme se représente l'être de Dieu comme toujours plus éloigné et inaccessible,
jusqu'au moment où elle finit par le perdre tout à fait et tombe alors dans l'épicurisme ou dans
le cynisme.
5. Dans cet état, où sont à présent la plupart des prêtres de toute espèce, et aujourd'hui
surtout les Pharisiens, les notables, les docteurs de la loi, les princes et les rois avec leurs
nombreux partisans, l'âme ne connaît plus aucune vérité. Pour elle, le mensonge vaut autant et
même plus que la plus pure vérité, pour peu qu'elle puisse en tirer quelque avantage terrestre ;
si quelque vérité l'en empêche, elle devient son ennemie et la fuit ou la persécute par le feu et
le glaive.
6. De même, dans cet état de l'âme, il n'y a plus pour elle de péché ; l'homme qui
commande à quelque force de ce monde fait alors ce qui lui plaît et qui flatte ses sens, et
malheur aux justes et à ceux qui, étant dans la vérité de la vie, iraient dire à ce puissant :
"Pourquoi es-tu ennemi de la vérité, et pourquoi, fou aveugle, commets-tu les injustices les
plus criantes envers des hommes qui, sur cette terre, ne sont pas moins que toi ?"
7. Regardez donc autour de vous, et dites-Moi s'il n'en est pas ainsi partout en ce
monde ! A qui la faute ? Je vous le dis : à ceux qui mangent toujours plus des fruits de l'arbre
de la connaissance !
8. Je suis venu en personne M'incarner en ce monde pour les hommes qui se sont par
trop éloignés du vrai but de la vie, et Je leur demande à nouveau "Où es-tu, Adam ?", mais
aucun ne sait Me répondre où et qui il est - et à présent, Je leur montre à nouveau l'arbre de
vie et les encourage à manger de ses fruits et à s'en rassasier.
9. En vérité Je vous le dis : qui mangera des fruits de l'arbre de vie parviendra à la
vraie vie de Mon esprit, et alors, il n'aura plus jamais faim ni envie de manger des fruits de
l'arbre de la mort ! Car une fois qu'un homme se trouve dans la vie de Mon esprit, il est aussi
dans sa sagesse ; alors, celle-ci bénit enfin l'arbre de la connaissance, et l'âme connaît
davantage en un instant qu'elle n'aurait pu connaître en mille ans par les vaines recherches
superficielles de sa raison.
10. Et vous, quand vous serez dans l'état de la vraie vie, vous serez capables
d'accomplir des signes en Mon nom et de porter ainsi témoignage devant tous, lorsqu'il le
faudra, de la vérité de Ma doctrine. - As-tu bien compris à présent, ami érudit ? »

EM C2
L'évêque Martin trouve le temps long dans sa solitude
Ses réflexions sur un éventuel changement

1 Notre homme était resté immobile comme une statue depuis quelques heures; rien
ne s'était passé ni modifié autour de lui. Le temps lui sembla alors désespérément long (car
dans les sphères naturelles du monde spirituel, il y a aussi une impression semblable à la
durée des choses terrestres), et il se remit à monologuer selon les fantaisies de son
imagination.
2 «Comme c'est étrange, me voilà depuis au moins une demi-éternité au même et
unique endroit, et tout reste parfaitement inchangé! Rien ne bouge! Ni la mouse, ni les
cheveux de ma tête, ni mon vêtement! Que va-t-il se passer enfin?
3 Suis-je peut-être condamné à rester ici éternellement? Eternellement? Non, non,
cela ne peut être, car alors ce serait déjà l'enfer! Et si c'était le cas, je devrais apercevoir la
terrible horloge infernale avec son effroyable pendule qui clame à chaque battement «
toujours! » - Oh, quelle angoisse! Puis de nouveau: « jamais »! Oooh, c'est encore pire!
4 Dieu merci, je ne vois pas cet épouvantable symbole de l'éternité! Ou alors, serait-il
visible seulement après le Jugement dernier? L'image du Fils de l'Homme va-t-elle bientôt
apparaître au firmament? Depuis combien de millions d'années déjà suis-je debout ici?
Combien de temps devrais-je encore attendre avant que le terrible jour du Jugement Dernier
arrive?
5 C'est très curieux: dans le monde terrestre, on ne sait absolument pas quand cela se
passera. Et dans le monde des esprits, le silence là-dessus est encore infiniment plus grand.
Ici, mille ans ne sont qu'un bref instant, et un million d'années ne signifie pas grand-chose de
plus! Si je n'avais pas une si grande foi, je pourrais presque me mettre à douter de la venue
de ce jugement, et même de la véracité de tout l'Evangile.
6 C'est pourtant étrange : toutes les paroles des prophètes citées dans les Ecritures
ressemblent d'une manière frappante aux oracles de Delphes. On peut les tourner de
n'importe quelle façon et personne ne peut affirmer qu'elles se rapportent clairement et
uniquement à tel ou tel fait. Bref, elles conviennent autant à une chose qu'à une autre! Et le
Saint-Esprit que l'on dit caché dans l'Evangile doit être un oiseau des plus rares, car, depuis
la lointaine époque des apôtres, il ne s'est fait voir nulle part, excepté dans la cervelle
dérangée de quelques protestants fanatiques, hérétiques et exaltés.
7 Ma foi est bien encore très ferme, mais si je dois rester plus longtemps dans de
pareilles conditions, je ne sais pas si elle va tenir le coup!
8 De même, en ce qui concerne la Vierge Marie qui est tant glorifiée dans mon
Eglise, ainsi que les innombrables litanies sacrées, tout cela me paraît bien étrange. Car si ce
qu'on dit de cette Marie était vrai, elle aurait déjà dû m'entendre depuis longtemps, vu que
ma mort date, comme j'en ai la pénible impression, de plusieurs millions d'années. Et ni la
Mère de Dieu, ni son Fils, ni aucun autre saint n'ont signalé un tant soit peu leur présence!
Vraiment, quels « Sauveurs »! On ne pourrait en souhaiter de meilleurs! Je le répète : deux
millions d'années bien comptées, et pas la moindre trace d'aucun d'entre eux!
9 Il eût été préférable pour moi que ma foi soit moins forte, car alors je ne serait
jamais resté dans un endroit pareil! Oui, ce n'est que ma stupide croyance qui m'y retient!
Mais plus pour longtemps! Devrai-je encore croupir ici comme une misérable carcasse des
millions d'années de plus? Et ce temps effroyablement long s'étant écoulé, n'aboutir à rien de
mieux qu'à présent? Ce serait de la folie! N'ai-je donc pas suffisamment joué au fou sur
Terre? C'est pourquoi, je vais bientôt mettre un terme à toute cette vaine comédie.
10 Dans le monde, au moins, j'étais honnêtement payé pour mon insanité, et cela
valait le coup de faire l'imbécile. Mais ici, comme mon expérience vieille de plusieurs
millions d'années me le montre, il n'y a que le vide autour de moi. Je vais très vite prendre
congé de toute cette idiotie! »
11 Voyez, l'ange avait transformé sa sensation de quelques heures passées ici en des
millions d'années; maintenant, il va bientôt quitter cet endroit. Pour l'instant, notre homme
est encore aussi immobile qu'une statue et regarde un peu craintivement autour de lui,
comme pour chercher le chemin qu'il pourrait emprunter. A présent, il fixe un point vers
l'occident où il lui semble que quelque chose bouge. Il en devient visiblement préoccupé et
se parle à nouveau ainsi:
12 « Que vois-je donc là-bas, dans le lointain, pour la première fois depuis ces
millions d'années du plus mortel ennui? Je ne puis m'empêcher d'en être effrayé, car j'ai
comme l'impression qu'il se prépare tout doucement une sorte de jugement!
13 Dois-je m'enhardir à me rendre là-bas? Cela pourrait signifier ma perte éternelle!
Mais qui sait, peut-être aussi ma totale rédemption!
14 Cette situation est des plus infernales; car, pour celui qui, comme moi, a passé des
millions d'années terrestres banni dans le même endroit, tout ce qui peut encore lui arriver le
laisse complètement indifférent! Vraiment, qu'y a-t-il encore de pire pour un honnête homme
que d'être quasiment condamné à croupir pendant des millions d'années à la même place?!
15 C'est pourquoi, à l'instar d'un mineur terrestre avant de descendre dans une
galerie, je dis : allons-y, que diantre, je me lance! Il ne peut rien m'arriver de pire que d'être
mort pour l'éternité! Et au fond, ce serait ce qu'il y a de mieux pour moi. Car poursuivre une
vie pareille - des millions d'années sans aucun changement - non merci! Même les étoiles,
qui ne bougent pas de place, ne pourraient le supporter! Oui, un éternel néant serait
infiniment préférable!
16 Il n'y a donc plus à hésiter un seul instant! Advienne que pourra! Que le d... non,
je ne vais pas aller jusqu'au bout de cette expression, car je suis encore sur une terre tout à
fait inconnue. Soyons donc prudent, aussi longtemps que je ne sais pas où je me trouve!
17 Ce qui m'était apparu il y a quelques instant bouge de plus en plus: on dirait un
petit arbre agité par le vent! Allons, un peu de courage! Nous allons voir si je suis encore
capable de marcher, après une si longue période de repos forcé!
18 J'ai bien entendu dire, autrefois, sur Terre - pour autant que je m'en souvienne -
qu'un esprit n'aurait qu'à penser pour se trouver immédiatement là où il voudrait être. Mais
en ce qui concerne la spiritualité de ma personne, je suis plutôt en mauvaise position. Car je
possède encore pieds, mains, tête, yeux, nez et bouche, bref, tout ce que j'avais sur Terre, et
même un estomac; mais celui-ci est soumis à un vrai jeûne de cardinal depuis fort
longtemps. S'il n'y avait pas autour de moi de la mousse en abondance avec beaucoup de
rosée, je serais déjà réduit à un atome depuis belle lurette! Peut-être y aura-il là-bas quelque
chose de mieux pour mon estomac?!
19 Encore une fois, allons-y! Il faut que quelque chose se fasse, car sinon, c'est le
néant! Et n'importe quel changement sera préférable à mon état actuel, qui n'est pas reluisant.
Car il n'y a vraiment pas de quoi se vanter d'être ainsi planté pendant des millions d'années,
toujours à la même place! Ainsi, à Dieu va!»

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