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André Tosel

La mondialisation capitaliste
& sa philosophie en France *

« La révolution introduite par la classe bourgeoise dans la conception du droit et donc dans
la formation de l’État consiste spécifiquement dans la volonté de conformisme (donc éthicien
du droit et de l’État). Les classes dominantes antérieures étaient essentiellement conservatrices
en ce sens qu’elles ne tendaient pas à assimiler, à élaborer un passage organique des autres classes à elle-même, à élargir leur sphère de classe <techniquement> et idéologiquement, conception d’une caste fermée. La classe bourgeoise se pose elle-même comme un organisme en
continuel mouvement capable d’absorber toute la société, l’assimilant à son niveau culturel et
économique : toute la formation de l’État est transformée. L’État devient éducateur. Puisqu’il
se produit un arrêt, l’on retourne à la conception de l’État pure force. La classe bourgeoise est
saturée : non seulement elle ne se diffuse pas, mais elle se désagrège ; non seulement elle
n’assimile pas de nouveaux éléments, mais elle désassimile une partie d’elle-même (ou du moins
les désassimilations sont nettement plus nombreuses que les assimilations). Une classe qui se
pose elle-même comme susceptible d’assimiler toute la société est en même temps capable
d’exprimer ce processus, elle conduit à la perfecion de l’État de droit ; jusqu’au point de
concevoir la fin de l’État de droit et du droit devenus inutiles pour avoir épuisé leur tâche et
être absorbés dans la société civile ». (Gramsci. Quaderni del carcere, cahier 8, § 2 ; Torino :
Einaudi, 1975, p. 937)
Ce texte de Gramsci semble bien daté et même falsifié par l’histoire, pour l’essentiel. L’échec
du communisme soviétique que Gramsci soutenait tout en élucidant ses difficultés rend improposable la fin de l’État de droit et du droit sous l’hégémonie d’une classe parfaitement assimilatrice de l’État et de la société civile.
Mais en sa partie critique ce texte portait un jugement théorique et historique sur la capacité hégémonique de la classe bourgeoise qui ne manquait pas en la conjoncure de plausibilité.
Dans les années 1930, en effet, la crise de la démocratie libérale était à l’ordre du jour. Le système social et politique des démocraties libérales était ou ébranlé ou éliminé. Aux États-Unis le
chômage de masse était accompagné de grèves et de mouvements de contestation sans précédent. En Allemagne nazie et en Italie fasciste, les nouvelles couches dirigeantes, soutenues par
les classes capitalistes dominantes, avaient passé alliance avec les classes moyennes paupérisées et
les fracions nationales-populistes les plus violentes pour établir un régime dicatorial ainsi
avaient été vaincus les partis ouvriers, suspendus les libertés, et inventer une autocratie nouvelle. La jeune Union soviétique perdait le pouvoir d’attracion que lui avait valu la percée de
* Ce texte constitue l’introducion de l’ouvrage d’André Tosel, Un monde en abîme : essai sur la mondialisation capitaliste.
Paris : Kimé, 2008.

Certes. La désassimilation des hommes se . en effet. des richesses naturelles. Cette vicoire totale. la producion de richesses et de connaissances se poursuit. autophage. d’une illimitation de la producion-consommation qui se cannibalise elle-même. pèse sur ce monde mondialisé et impose des limites au procès mondialisant. Cette menace est inscrite dans la démesure. Les promesses de la mondialisation sont compromises par sa logique même qui fait du monde un non monde. Ce problème ne pouvait pas être pris en compte par Gramsci. Ce fut le contraire qui se réalisa. Tout d’abord. On ne peut plus compter sur la classe ouvrière. pourrait bien être une vicoire à la Pyrrhus. mais on ne peut compter davantage sur la classe dirigeante. Elles se déploient en produisant une hiérarchie de puissance sociale. il demeure que la vie en commun est fragilisée par l’altération irréversible de certains équilibres et la raréfacion de biens primaires. elle s’enfermait dans ses frontières. La promesse de vie bonne pour tous se fait cynique dérision. Le communisme s’est effondré et les classes dirigeantes libérales ont retrouvé leur pouvoir d’assimilation et elles l’énoncent à la fois dans l’universalisme hégémonique des rapports capitalistes entrepreneuriaux et dans l’universalisme procédural de la démocratie mondiale et à mondialiser. cependant. Si le monde est le lieu et la création de notre être en commun au même monde. et la question de la vie devient pour ceux qui sont dans la situation la plus exposée celle de la survie. cet être en commun se divise de luimême en plusieurs humanités qui ne partagent pas le même monde. En second lieu. l’hubris. Gramsci espérait une reprise hégémonique en s’appuyant sur la saturation bourgeoise.André Tosel. de l’air. Encerclée. Gramsci en appelait à une classe assimilatrice. La mondialisation capitaliste et sa philosophie en France | 2 1917. propre la mondialisation. S’il ne faut pas faire de l’écologie à bon marché et s’il ne faut pas désespérer de l’inventivité humaine. les violences les plus cruelles brisent et fragmentent l’humanité. alors que la nouvelle ondée de mondialisation des rapports capitalistes se prévaut d’une puissance d’intégration et d’assimilation sans précédent. et Gramsci pourrait retrouver sous peu une acualité critique aujourd’hui. ce non monde met en cause les conditions de sa propre reproducion au sein des réseaux biologiques et biophysiques qui le font exister sur la planète. Là aussi les inégalisations sont extrêmes et croissantes en rapport à la disposition de l’eau. qui s’étend depuis une hyperclasse ou hypercaste dirigeante vivant dans un luxe qui ferait pâlir les féodaux du passé. les inégalisations les plus diverses. le capitalisme est le démiurge qui révèle à l’humanité sa puissance d’autoproducion illimitée. irresponsable de ses choix et immunisée de toute sancion et qui s’étire jusqu’aux populations poubelles composées d’hommes superflus au sein d’un apartheid mondial. dominante. Le non monde est menacé dans ses conditions de possibilité. et elle est mondiale. mais il s’inscrit désormais dans la même thématique élargie. et le néo-libéralisme est devenu la conception du monde. Elle sous-tendait la démarche de Gramsci qui la pensait en termes d’État éducateur se résorbant dans une société civile transformée. La désassimilation est bien en cours. un abîme qui les réduit au néant. Il s’agit toutefois d’une apparence. maintenait l’état d’exception qui lui était imposé et finissait malgré des réussites évidentes par traiter ses populations récalcitrantes comme des colonisés. au monde d’une autoproducion aveuglée sur elle-même. Une triple menace. bloc des masses subalternes porteur d’un universel plus concret. et le monde est pour beaucoup un non monde. cimentant le nouveau bloc historique autour de ses élites dirigeantes.

ouvrent des possibilités que la marchandisation et l’hégémonie de l’homme solvable peuvent inverser en création d’une nouvelle espèce transhumaine. celui des penseurs qui les ont infléchis en un sens social-libéral plus marqué comme A. J. ou. Beck. M. Giddens. Touraine. producion de cyborgs à des fins militaires et sexuelles. notamment en France. Hayek. croisant la philosophie et les sciences sociales et économiques. En troisième lieu. Gramsci ne pouvait anticiper la transformation de l’autoproducion interne humaine par une humanité capable d’agir sur elle-même et sa propre reproducion. Le système-monde. La mondialisation capitaliste et sa philosophie en France | 3 redouble en une désassimilation tendancielle de l’espèce d’avec la planète. Modifications génétiques. La philosophie a suivi le mouvement avec retard. pour reprendre un concept élaboré par les historiens Fernand Braudel et Immanuel Wallerstein. Monique Canto-Sperber. Bourdieu. allemands ou italiens. U. Rawls. Cette littérature est dominée par les approches anglo-étatsuniennes. mais ils n’en explicitent pas toute la portée. Held. Cette hégémonie n’est pas seulement économique et politique. Certaines de ces œuvres ont heureusement franchi les barrières disciplinaires. politiques. elle est simultanément intellecuel et morale. en Europe. Walzer. sélecion des individus. voire français. Habermas. Les essais qui suivent impliquent ce concept. Luc Ferry. c’est la vie humaine en tant que telle qui est affecée en sa texture. Voilà pourquoi nous tentons en introducion de combler cette lacune en nous référant surtout à quelques travaux anglo-saxons. dans la mesure ou le libéralisme éthico-politique et le néo-libéralisme économique anglo-saxons sont devenus sous des formes diverses et relativement contradicoires la conception du monde dominante au sens totalisant de Gramsci. R. juridiques et sociales. L. a été dominé longtemps par le Royaume Uni avant de l’être par les États-Unis. prothèse et réserve artificielle de l’espèce. Boltanski. Cette problématique n’a pas eu en France le même écho à l’exception de sociologues. Nozick. tous préoccupés de mener l’éternelle croisade antitotalitaire et de chanter la gloire de l’État libéral de droit et de justifier sa révision à la baisse. une désassimilation générique qui se réalise de manière violemment inégale. Baumann. comme le font Philippe Raynaud. L’état des lieux en France et l’inégal développement des savoirs de la mondialisation La mondialisation fait désormais l’objet d’une énorme littérature en sciences économiques. Pierre . L’humanité désassimilée ne sera plus rebut à traiter par l’auto-élimination de la misère et par la répression. Pas plus que le problème écologique. Ce croisement n’a pas eu lieu davantage en France du côté des philosophes sociolibéraux académiquement en place. Nous ne traiterons pas cet ultime problème pourtant capital. l’élite des ayant droit dotée de solvabilité. qu’ils soient socio-libéraux comme A. J. Friedmann ou social-libérales de M. strico sensu. clonage. Elle sera traitée comme une espèce nouvelle d’humanoïdes pouvant être réassimilée par la nouvelle espèce des seigneurs. citoyens d’une Herrendemokratie biophysique. Z. mais il excède la mondialisation. comme le prouvent le succès des œuvres purement libéristes de F. Cette situation n’a rien de surprenant. Nous tenterons une analyse en nous limitant surtout au premier aspec et en clarifiant tout d’abord le concept même de mondialisation. Alain Renaut. ou post-marxistes critiques comme P.André Tosel.

La mondialisation capitaliste et sa philosophie en France | 4 Manent. plus modestement comme le répétait et le pratiquait Georges Canguilhem. bien sûr. économiques et politiques de la société moderne qui s’ouvre sur ce qui va constituer la seconde époque de la mondialisation capitaliste. Une exception est à noter. juridiques. Les dicionnaires très utilisés des Presses universitaires de France en philosophie politique (Philippe Raynaud et Stéphane Rials) et en philosophie morale (Monique Canto-Sperber) sont peu bavards en la matière. L’appel à une méditation qui pense ensemble la condition de l’être au monde commun et la déconstrucion de la métaphysique comme oubli de l’être a tenté. de se confronter à la fois aux les formes logiques catégorielles et aux contenus empiriques. nous pensons qu’il importe. Il s’agit. ce monde et ce temps apparaissent comme ceux de la mondialisation que nous dirons capitaliste. de son monde. qu’il soit régulationniste avec Robert Boyer. celle qui . Foucault. de ce qui est « autre » et doit devenir son autre. pour l’essentiel ils revisitent la tradition libérale ou importent à haute dose la philosophie éthique du courant analytique. de se faire weltgeschitlich. Castoriadis. et d’autres que nous rencontrerons chemin faisant. Il faut reconnaître ainsi à Habermas le grand mérite de ne pas avoir renoncé à cette tâche et d’avoir croisé une théorie de l’agir communicationnel avec les sciences humaines de notre temps. Ces tâches ne sont nullement méprisables et elles ont toute leur place. N’oublions pas que l’auteur de la Logique dialecique est aussi celui qui a pu écrire cet ouvrage qui pense notre monde et son temps en leur affirmation difficile après la Révolution française et en simultanéité avec la naissance de la nouvelle société et de sa science propre. ou d’inspiration marxienne avec Gérard Duménil et Dominique Lévy et bien d’autres. lui qui est le seul à continuer en voulant la séparer de l’idéalisme absolu la leçon de Hegel. et bien d’autres. réflexion immanente des savoirs portant sur des objets réels de ce temps et de ce monde. elle a pour foncion de porter son Temps au Concept. ou. et cela est très difficile. à s’épuiser en se voulant théorie autoréférentielle ou à se faire épistémologie générale des épistémologies régionales.André Tosel. Quitte à passer pour ringard. des Principes de la philosophie du droit (1821). G. l’économie politique. elle concerne le mouvement de critique de l’économie politique. de ne pas séparer le logique et l’empirique. elle a produit un effet de compréhension important. Marx est incontournable. Toutefois la confusion permanente de l’analyse des catégories existentiales et empiriques et le remplissage des premières par des contenus empiriques injustifiés ne tient pas lieu d’une Weltweisheit comme aurait dit Kant. si. historico-mondiale. comme le voulait et le démontrait le grand Hegel. Michel Aglietta. La philosophie pourtant est concernée au premier chef. Or. antilibéral avec Alain Caillé et le Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales (le MAUSS en hommage de filiation à Marcel Mauss). Il lui faut malgré ce qu’il en coûte aimer ou du moins accepter le réel. De ce point de vue. La philosophie ne peut se borner à se prendre elle-même indéfiniment pour objet. Mais la philosophie doit ne pas renoncer à se vouloir pensée de son temps. elle doit se nourrir des objets les plus divers et de leurs savoirs. l’accumulation illimitée du capital La juste injoncion de la phénoménologie d’aller aux choses mêmes ne peut se limiter à l’exploration des strucures transcendantales d’une intersubjecivité désincarnée. à réfléchir exclusivement sa propre histoire. si l’on excepte C. en ce qu’elle ne peut échapper à ce qui lui assure sa continuité avec le passé. Deleuze. André Orléan. d’une sagesse qui est aussi savoir du monde. M. malgré la volonté déclarée de méditer au ras des corps propres et leurs rapports. Les catégories logiques permettent de penser les strucures morales. certes. En France. peu de philosophes ont eu cette ampleur de vue et ce courage.

Tous n’ont pas traité de la mondialisation capitaliste.ou postmarxistes cependant ont beaucoup de peine à remplir le programme de déconstrucion et de reconstrucion qu’avait lancé un temps Althusser.André Tosel. Lefebvre et Althusser. une Philosophie politique et une Philosophie morale mêlant Kant.Nancy. Jean-Pierre Terrail. Castoriadis. M. Adorno. comme le disait Hegel à propos de l’esprit des temps modernes. André Tosel – que l’on m’excuse de succomber au self-service –. et proposaient une interprétation d’un monde reprenant alors le cours de sa mondialisation après les césures de 1914-1945. En France. ces philosophes néo. La mondialisation capitaliste et sa philosophie en France | 5 s’achève avec la confrontation sanglante des impérialismes et des nationalismes en 1914. comme Éric Weil. Jacques Bidet. Malgré l’écho qu’ont pu avoir à titres divers les œuvres de Lukács. J. Bloch. Et il faut de temps à autre pourvoir à sa propre promotion. notre monde. Jean Robelin. Marx et Weber. les œuvres les plus marquantes sont à chercher chez ceux qui ont manifesté le plus d’audace par rapport aux écoles et aux filiations et qui ont affirmé une originalité proprement philosophique non encore épuisée. Deleuze. Merleau-Ponty dans les années 1945-1966 ont développé la phénoménologie dans le sens d’une prise en compte des Temps Modernes. ou de ceux qui à la même époque. intérieure à la Logique de la philosophie. G. ou autres. sont un moment de ce repérage du pensable pertinent. conjoindre le moment logico-transcendantal et le moment historico-empirique. La mondialisation en sa nouvelle époque intéresse surtout en France les philosophes d’inspiration marxienne ou libertaire qui maintiennent la volonté de se mesurer au géant qui définit l’horizon et constitue l’enjeu de la poursuite de l’existence historique. Il s’agit d’Etienne Balibar. A l’exception de Marx. mais tous ont produit des problématiques. la démission de la philosophie contemporaine a quelque chose de monstrueux qu’aggrave la marginalisation imposée à des penseurs qui comme Sartre. Michael Lowy. des analyses et des catégories dont l’inventaire s’impose à ceux qui entendent se mesurer avec ce monde. avaient tenté de penser sous la catégorie d’Acion. à l’époque dont on ne sait si elle a chaussé les bottes de sept lieux. Tony Andréani. Jacques Rancière. Ils vivent la diaspora des mille marxismes et tentent de saisir le monde d’après 1989 avec des moyens et des résultats qui sont à évaluer. Nous nous permettons de les citer. peu de penseurs seront capables de renouveler et de dépasser l’exploit spéculatif et pratique de Hegel. Yves Clot. Lucien Sève. De fait. Yvon Quiniou. de quelques marxistes hérétiques du XXe siècle. en tant que métacritique du monde moderne. allemandes. Alain Badiou. bien sûr au plus spéculatif de tous. comme Jean Lojkine. Jean-Claude Delaunay. italiennes. Granel. Georges Labica. de Nietzsche à sa manière. On pourrait ajouter l’apport de sociologues et d’anthropologues philosophes. Yves Schwartz. car la koinè libérale les ignore pour la plupart. Foucault. Emmanuel Terray. . Ces remarques n’ont pour but que d’établir un état des lieux et nous savons que d’autres thématiques critiques anglo-saxonnes. J. et que ceux que j’oublie me pardonnent. Maurice Godelier. Derrida. Gramsci. et. dans une œuvre trop peu lue. Je songe à C. Hegel. G. ni même entamée.-L. de Weber. Daniel Bensaïd. Jean-Marie Vincent.

que celui-ci soit emprunté à Kant ou à la philosophie morale analytique. et elle fonde l’ensemble de ces démarches sur une éthique communicationnelle. mais elles incluent aussi des théoriciens contemporains de l’agir communicationnel comme J. ils traitent la mondialisation capitaliste par prétérition et l’euphémisent. Passeurs et traduceurs des œuvres du passé anglais et allemand ou du présent américain. Ce serait sur le terrain de l’éthique que l’on trouverait un élargissement de leur approche. La seconde approche se situe à un niveau ontologique plus radical. Locke. M. T. A. elle tente d’élaborer un recours au droit . Habermas. Cette approche promeut de même l’universalisation des droits de l’homme et les garantit d’un droit-devoir d’ingérence humanitaire . R. ou plus près de nous. de F. C. Walzer. Dewey –. Honneth ou de la justice. Ils sont unis. comme le prouve la recherche stimulante de Jean-Marc Ferry.André Tosel. Höffe. Pierre Manent. Antitotalitarisme oblige. M. Rawls. Constant. La mondialisation est manquée à la fois par excès de particularisation et par excès de généralisation. Ils ne sont pas réellement novateurs par rapport à cette tradition. en effet. Pierre Rosanvallon sont celles du libéralisme français classique – B. celui d’une interprétation générale de la modernité et de la post-modernité. Sandel. von Mises. Ces travaux tentent de se démarquer du néolibéralisme extrême de V. T. Blandine Kriegel. La première approche se concentre dans une philosophie du droit qui se veut éthiquement fondée et soutient le point de vue cosmopolitique abstrait. S’opère en effet. Paine. comme J. Jefferson. A. J. mais ils ont une importance topique évidente. le représentant le plus important de cette approche serait un philosophe qui n’a pas produit expressément de . des Lumières kantiennes ou anglo-saxonnes enfin découvertes – J. de Tocqueville. par le refus de la dialecique hégélienne et de la critique marxienne de l’économie politique. Luc Ferry. Hayek. Elle affronte la question des rapports de l’universalisme libéral et du multiculturalisme communautarien et s’interroge sur les capacités d’intégration de la République. I. de L. Bentham. Aron –. Berlin –. K. Pareto. international. horizon de l’universalisation de la communication humaine. Ils ont en même temps le mérite d’élargir le champ culturel français. J. Ils sont tous convaincus de la positivité de la mondialisation qu’ils n’analysent pas autrement que selon les formes de l’entendement juridique et qu’ils entendent tempérer par un supplément éthique. la producion d’un espace-temps transnational réellement global où le temps se fait espace. Ils s’accordent sur le caracère indépassable de la démocratie représentative de marché et de l’ordre capitaliste. des échanges économiques. Alain Renaut. tant leur peur du conflit et leur souci de modération limitent leur honnête entendement académique. La mondialisation capitaliste et sa philosophie en France | 6 Les deux approches philosophiques dominantes en France En France. des réseaux de savoirs. de la traversée des frontières. Les références des travaux de Philippe Raynaud. Stuart Mill. a/ l’approche éthico-juridique du cosmopolitisme philosophique L’approche juridique et politique s’intéresse à la perspecive d’une cosmopolis. Ces philosophes privilégient une élaboration normative qui est précédée d’un consensus critique. Tout bien pesé. Apel. François Ewald. du dépassement de l’État nation et de la citoyenneté nationale.-O. la mondialisation est traitée philosophiquement de deux manières toutes deux indireces et allusives.

Jacques Derrida. si l’on passe ce mot. transposé sur le terrain de la démocratie processus. Le capitalisme est sublimé dans la Technique et superficielle. C’est celle d’un nieztschéoheideggerianisme infléchi. Elle est surtout plus intéressante du point de vue de l’émancipation en ce qu’elle sait prononcer le mot de capitalisme et esquisse une analyse catégorielle des formes de la mondialité. être-là en commun au monde. La mondialisation est reconnue de loin comme un chapitre nouveau et peut-être terminal de l’histoire en tant qu’histoire du nuhilisme . La première est une version euphémisée de la révolution conservatrice. Elle dispose d’une élaboration théorique autrement consistante. Les élites à venir pourront donc prendre appui sur l’acuelle caste dirigeante et ses richesses et mettre en place avec elles les modalités nécessaires pour gérer le troupeau humain. Cette approche se réfère originairement à la métacritique de la critique moderne. La téléologie humaniste de l’histoire est rendue responsable de la catastrophe moderne par sa prétention à faire de l’homme le produceur de l’histoire. Cette approche demeure toutefois extrêmement générique et croit posséder la clé du monde sans pénétrer dans une analyse de formes qu’elle juge ontique. b/ l’approche ontologique négative Une seconde approche conteste ce juridisme moraliste et aborde le bouleversement induit par la mondialisation en la concevant comme le résultat potentiellement catastrophique de la modernité et de sa métaphysique de la subjecivité. La seconde version n’est pas marquée par la nostalgie des élites et du surhomme. peut-être parce qu’elle accepte le capitalisme comme chargé d’affaire de la catastrophe. mis en syntonie avec le meilleur de l’héritage des Lumières et de Marx. L’analytique de l’être-là comme Mit-Dasein. En attendant le système capitaliste tient lieu du surhomme nécessaire au salut de l’Occident. La philosophie doit consommer son destin dans le mépris d’un monde devenu immonde et préparer l’avènement d’une nouvelle pensée qui sera celle d’une élite de l’excellence. Paul Ricœur. Cette version est étrangement silencieuse sur la dimension économique de la mondialisation et sur ses immenses dégâts humains. mais faisaient l’objet d’une apologie indirece. de la volonté de maîtrise. de Nietzsche à Heidegger et à la révolution conservatrice de Jünger. elle radicalise l’impasse ontologique de la modernité. elle décrit les noirceurs de la mondialisation en matière de culture – la montée de l’insignifiance et la manipulation. la destrucion de la pensée – et de la politique – ambiguïté du « droit-de-l’hommisme » et perversion irréducible de la démocratie. Bien entendu. On peut identifier en Gérard Granel. ses représentants. mais qui a donné à ce courant une fondation empruntée à la fois à Kant et à la phénoménologie et l’a soutenu d’une réflexion sur l’histoire. se spécifie comme analytique de être-là en commun au monde de la mondialisation capitaliste. Tout se passe comme si le capitalisme financier et ses violences étaient non seulement immunisés contre toute critique.André Tosel. Jean-Luc Nancy. alors qu’il en est le consumateur. L’accomplissement de ce triomphe revêt la forme de l’accomplissement . le mot de capitalisme n’est jamais prononcé. La dévastation de la planète par la Technique qui est la face armée de la métaphysique occidentale réduit l’humain à un objet mis à la disposition d’une volonté de maîtrise nihiliste. La mondialisation capitaliste et sa philosophie en France | 7 philosophie politique et juridique. L’Occident est ainsi à la fois l’espace et le temps d’un déclin qui coïncide avec son triomphe. Cette version oblige à lire Heidegger avec plus d’équité. Celle-ci est susceptible de deux versions très différentes. Rendue prudente par les mésaventures politiques de Heidegger et la catastrophe du nazisme. être-là avec les autres. voire de Schmitt.

Les concepts existentiels organisateurs de la quotidienneté inauthentique sont ceux qui ont un référent inséparable de la vie telle qu’elle se présente à l’époque qui suit la guerre mondiale. Le « sujet » est désormais le porteur et l’agent du nihilisme qui a recouvert la surface de la terre. comme l’explicite le dialogue qu’Heidegger noue avec Ernst Jünger dans Über die Linie dès 1949. Ce déplacement permet d’éviter ce que n’évitent pas Heidegger et ses autres disciples. de la modernité mondialisée. La version française de l’approche ontologique heideggérienne de la mondialisation se caracérise par deux traités. Derrida s’inspire ainsi de Lévinas. Tout se passe comme si le mode de producion capitaliste en son devenir-monde n’était que l’achèvement existentiel d’un destin historial plus profond et secret qui est celui de la parabole strucurée par le couple fatal qui unit métaphysique et technique dans un oubli de l’oubli de l’être et se révèle comme Gestell. l’analytique de la quotidienneté de Sein und Zeit se construit sur un glissement permanent de l’ordre de l’existentiel à celui de l’existential. on lui substitue le grand récit d’une errance où se consomme l’interminable déclin de l’Occident buttant sur sa limite intérieure. On se raconte plus d’histoire(s) sur le grand récit édifiant de l’émancipation. qui met aux prises nationalisme et impérialismes. Assurément.André Tosel. . la Technique-Capitalisme-Monde configure l’hégémonie sans issue immédiate du couple sujet-objet et consomme-consume le Monde. Tout rapport authentique à l’être est compromis dans le déchaînement de la puissance. en une catastrophe. Toutefois elles transfigurent l’histoire de l’Occident en dissimulant la strucure et le dynamisme de l’être social de sa dernière époque. et de son ontologie éthique d’Autrui. Granel de Wittgenstein et de Gramsci. D’une part. Il s’agit de l’arraisonnement de tout l’étant en un dispositif qui est mise à la disposition de tout chose pour le sujet. La mondialisation capitaliste et sa philosophie en France | 8 d’une puissance de producion-destrucion qui excède ses formes économiques et politiques de manifestation. elles possèdent une indéniable puissance d’évocation et de provocation dans la mesure où elles rendent possible une certaine reconnaissance de la condition spirituelle de l’époque. sans jamais avoir à subir la distincion d’avec les concepts homonymes. Elles se donnent comme la logique transcendantale d’une condition pérenne de la vie inauthentique et de ce qui plus tard deviendra la Métaphysique-et-la-Technique. de tout l’étant. Cette puissance se pose en espace-monde qui annihile l’espace naturel en le soumettant à la volonté de volonté du sujet libre moderne. Toutefois cette métacritique se fait mystification en ce que les catégories innocentent le capitalisme dans la mesure où elles tiennent lieu de sa critique adéquate et en constituent la dénégation spécifique. Nancy de Arendt et de Bataille. existentiales du dasein en sa généralité transhistorique. en apocalypse. D’autre part. Ils permettent certes une métacritique originale. elle est une prise en compte spécifique de Marx et de la critique de l’économie politique qui la rapproche de l’École de Francfort. Imposant l’universalité d’un rapport de manipulation. Tout se passe comme si la philosophie progressiste de l’histoire se renversait en une philosophie négative. différente de celle de Nietzsche. Ces concepts sont immédiatement transformés et hypostasiés en catégories transcendantales. elle recourt à d’autres problématiques ouvertes sur une ouverture émancipatrice maintenue. une fois passée l’épreuve de l’être pour la mort expérimentée sur les champs de bataille du grand massacre par ceux qui furent des combattants héroïques. En effet. le catastrophisme destinal et la fascination secrète exercée par la thématique de la hiérarchie salvatrice.

Foucault. qui sera intrinsèquement penser du penser et de l’autre du penser. clôturant ainsi l’histoire en son cercle ? Quel avenir promet-elle aux populations qu’elle fait entrer en ce cercle qui n’a rien d’enchanté et d’enchanteur ? Se définit-elle comme promotion sur le long terme d’un plus d’humanité pour les masses subalternes. plus proche de la forme développée par Jünger que de celle présentée par Schmitt avec lesquelles elles symbolisent. Tout ceci est du bricolage où l’empirique l’emporte sur le catégorial. Badiou mériteraient d’être appropriées en cette perspecive comme producrices d’outils. comme le voulait Nietzsche. Des œuvres comme celles de Castoriadis. leur approche. démesure. La rencontre de ce courant avec certains courants du post-marxisme est certainement une tâche de l’avenir. Ils seront critiqués et exploités à la fois sous l’horizon d’un nouveau penser du monde. malgré les dégâts humains et culturels qui l’accompagnent ? Ou se manifeste-t-elle comme mise en abîme grandissante du monde et des hommes privés de puissance . est néanmoins plus riche et plus vigilante que les autres. Elle est le résultat provisoire d’une élaboration qui croise le travail du deuil avec une tentative d’héritage critique et une prise en compte de pensées autres. Cette tâche invite à élaborer un autre concept de la perfecibilité humaine. que constitue la producion-destrucion capitaliste dont la subjecivité autonome et maîtresse du monde est le chiffre abstrait. Pour l’instant nous assumons une recherche marquée et limitée par une culture philosophique post-marxienne ou néo-marxiste. mais nous espérons que cet effort ait une valeur de position ou à défaut de témoignage pour l’avenir. de concepts et de problématiques pertinentes. Elles ne peuvent à terme que déboucher sur une forme originale de révolution conservatrice. Postmodernité et mondialisation Comment aborder la mondialisation ? Est-elle un événement inédit qui fait discontinuité historique ou le moment d’un processus relativement continu ? Comment la caracériser en propre ? Postmoderne ? Postcapitaliste ? Avènement des flux liquides ou imposition d’une nouvelle contrainte ? Repose-t-elle d’abord sur une mutation portée par les savoirs et les techniques cognitives ou acualise-t-elle une financiarisation totale de la producion et de la consommation ? Ouvre-t-elle des possibles exigeant une révolution ou est-elle une révolution permanente qui se fait répétition extatique de son mouvement. Nous remettons à plus tard cette étude. dans le rationalisme des Lumières. De ce point de vue. de développer les facultés d’invention et de connaissance dans les limites d’une nouvelle raison pratique. Tous dénoncent la maîtrise imaginaire des acuels maîtres du monde et sont à la recherche d’une politique hégémonisant l’économie. Cette tâche prendra la figure d’une critique de ce qui demeure hubris. encore trop souvent métaphorique de la mondialisation. de la capacité humaine de produire un monde. Mais ni Hegel. illimitation. de l’acion et de l’histoire. Tous ces penseurs post-heideggeriens ont thématisé le nihilisme acif. Tous pensent du côté des hommes superflus. ni Marx ne seront plus traités comme des chiens morts. La mondialisation capitaliste et sa philosophie en France | 9 c’est-à-dire de son époque acuelle.André Tosel. Deleuze. Nous sommes conscients du caracère lacunaire de cette cartographie. de la dévastation de la nature. demeuré sans dépassement extatique. de la justice ontologique à rendre aux masses subalternes.

société communiste du libre développement de tous. et elle maintenait une exigence explicative forte. par exemple de la forme symphonie et de la forme sonate. Il importait que l’histoire redevînt avant tout un art du récit. il oblige à prendre ace de la crise jugée irréversible de la philosophie de l’histoire en tant qu’histoire de l’émancipation universelle sous toutes ses formes – République des fins sur terre. ces recherches ont été jugées comme occultant l’histoire micrologique des mentalités et des goûts ou de pratiques déterminées. Ils se disent en divers langage. Désormais. Il est passé ensuite à la philosophie – Lyotard – et à la sociologie – J. Virilio. Cette histoire prenait en considération des macro-sujets. des macro-processus. ceci et cela.André Tosel. La mondialisation capitaliste et sa philosophie en France | 10 sociale et intellecuelle ? Faut-il panacher et combiner le oui et le non pour répondre à ces questions. ils se pluralisent en une diversité plurivoque de dicions. de la Méditerranée à l’époque de Philippe II. de l’économie rurale de la France. L’agon. au marxisme la fin de l’histoire globale qu’avaient soutenu à titres divers Weber. sans possibilité d’accession à un . Lucien Febvre. en France surtout. des strucures quasi-immobiles dans la courte durée. mais que la juste dialecique demeure à élaborer. s’est généralisé dans tout le champ des pratiques esthétiques pour désigner la fin des codes représentatifs. à Comte. C’est sur le terrain de la pratique et de la théorie de l’histoire qu’il a manifesté sa charge critique la plus aigüe. chacun doté de sa grammaire et des jeux. Le tournant dit linguistique qui a marqué l’orientation de la pratique historienne est la meilleure expression du moment post-moderne. ou de l’histoire croisée de la civilisation et du capitalisme. Le terme de postmoderne invite ainsi à une réévaluation de l’histoire de l’Occident et de la modernité . sans s’ordonner autour d’une contra-dicion centrale résolutoire. Qu’il s’agisse de la question de l’incroyance au XVIe siècle. est le contraire d’une vraie pensée ? Nous savons que nous ne répondrons pas à ces questions d’une manière également univoque. Ces termes ont toutefois le défaut d’effacer dans la dicion en « post » les caracères qui permanent ou durent impliqués dans le maintien de l’adjecif auquel ils sont préfixés. mais attentive à leur compréhension. Il faut se confronter à une pluralité de récits. en ajoutant à ceci un peu de cela ? Mais alors comment éviter l’éclecisme et l’absence finale de pensée ? Hegel ne nous a-t-il pas appris qu’ajouter un caracère à un autre. de la forme de la représentation projetée encore en expressivité picurale. de la forme roman classique. P. Toynbee. en indiquant après la fin de l’histoire universelle chère à Hegel. Marc Bloch. société de l’abondance totale et du bonheur général. Ce terme comme tous les termes utilisant le même préfixe « post » ont pour foncion d’attirer l’attention sur des phénomènes qui modifient de manière significative la configuration que d’autres concepts définissaient antérieurement. et Fernand Braudel. à Spencer. de postmoderne. un temps lieu commun obligé de la philosophie et des sciences sociales. inventé d’abord sur le terrain de l’urbanisme pour désigner l’épuisement de l’architecure futuriste foncionnelle. Le terme de post-moderne. irréducible à la seule conscience des aceurs individuels ou collecifs. Fin des grands récits et fin même d’une version forte de l’histoire des aspecs progressistes du Monde. la lutte n’ont pas disparu . Partons plus modestement de l’appellation. Il ne faut plus se raconter des histoires sur l’Histoire. il ne faut plus attendre de l’histoire la futurition des idéaux de la modernité. chacun strucuré par une pluralité de différends à évaluer et à surmonter tant mal que bien. et. Baudrillard. l’école des Annales en la personne de ses organisateurs successifs. comme l’a montré Wittgenstein.

de la catallaxie remplaçait. Il suffit de lire les ouvrages réellement enthousiastes. Ce paradigme herméneutique renouvelé s’est généralisé aux sciences humaines avec les travaux de R. Wittgenstein et le pragmatisme américain. les grands récits déchus de l’émancipation et sous-tendait la fétichisation de la démocratie régime. Toutefois la critique s’est payée d’un prix excessif puisqu’elle a entendu émettre un veto définitif sur l’idée d’une histoire de niveau global. En France. de l’américain Robert Reich ou du japonais Kenichi Ohmae ou du français Pierre Lévy pour prendre la mesure de la croyance de certains libéraux et néolibéraux en cette sociodicée que constitue pour eux une mondialisation fondamentalement heureuse. et elle finit par être réalignée sur le modèle de la révolution américaine et de sa stabilisation supposée éternelle. En fait. En même temps que la recherche historique se renouvelait tout en se reniant comme possibilité d’un récit à prétention globale. de strucures d’ensemble. cette attitude convergea avec celle de la philosophie juridique de la mondialisation. au sens originaire du mot. en effet. Paul Veyne en France a donné sa première et brillante expression à ce mouvement critique qui retrouvait l’histoire comme genre littéraire. Thévenot. le grand marché se faisant le support du rêve cosmopolitique des Lumières. un genre littéraire centré sur des récits vrais. La pensée de la transformation sociale était reconduite dans l’enceinte de l’individualisme méthodologique et du libéralisme politique. voire économique. . Durkheim. Paul Ricœur donnait plus tard sa dimension philosophique à ce tournant linguistique et élaborait un modèle herméneutique de compréhension centré sur la mémoire et les capacités interprétatives des aceurs individuels et collecifs. distincs des ficions. malgré les dénégations. de processus de longue durée et d’époques. M. l’économie politique néo-libérale. pensé exclusivement du côté des transformations économiques et technologiques. qui fit apparaître que le grand récit du marché et de l’entreprise. la critique de l’eschatologie de l’histoire s’inversait en une philosophie libérale de l’histoire consacrant le présent. Cette téléologie était et est toujours un rappel à l’ordre et une remise en ordre qui ne concerne pas la seule politique. la sociologie découvrait l’acion en première personne et renonçait à la théorie globale bourdieusienne des champs de la pratique. libériste pour reprendre la distincion de Croce. Il devenait impossible de penser en termes de global. le montre le rôle de François Furet aussi bien en tant qu’historien de la Révolution Française que comme direceur de l’École des hautes études en sciences sociales. L. C’était la fin du débat que Bourdieu voulait refondateur de la sociologie qu’il avait établi en mettant en confrontation Marx. sur la possibilité de tout dépassement de l’ordre libéral. Boudon. C’est. Gauchet. Boltanski. Le postmoderne a ainsi couvert des attitudes différentes qui ne trouvaient une unité que négative dans la critique souvent pertinente des philosophies de l’histoire. L’idée de révolution fut bien sûr la cible privilégiée de cette révision drastique. une interprétation multiple et provisoire de l’infinité de l’agir humain. L. sur l’approche dynamique et strucurale d’ensemble.André Tosel. mais aussi bien l’économie et la culture. C’est cette économie qui imposa la prise en compte orientée de la Globalization présenté comme le triomphe sans retour du capitalisme et de sa démocratie. La mondialisation capitaliste et sa philosophie en France | 11 savoir scientifique. en une téléologie dogmatique de l’ordre libéral. et il a mis un terme à la sociologie objecive des champs sociaux élaborée par Bourdieu. Weber.