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A propos de ce livre

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VILLE DE PEKING,

Pour ervir à l'intelligence du Plan de cette

Ville , gravé parles oins de M. de l'I e.

'Par M DE l IsLE , Doyen de l AcacIe mie des Sciences , '6'

des Profe eurs au College Royal , A ronome - Ce ograp/ze

vde la Marine ; 6* M PI N G R É , Chanoine Régulier, Ê'

Bibliothécaire de Sainte Genevieve , de la même Acade'mieé

A ÎOIzoÎne-Gebgrap e de la Marine en hrvivance.

Prix 4 liv.

, de la même Acade'mieé A ÎOIzoÎne-Gebgrap e de la Marine en hrvivance. Prix 4 liv.

A PARIS,

M. DCC. LXV.

, de la même Acade'mieé A ÎOIzoÎne-Gebgrap e de la Marine en hrvivance. Prix 4 liv.
 

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DESCRIPTION

DE LA

VILLE DE PEKINGS

'Pour èrvz'r à l i ztellz'ge zce du Pla/z qui en a c'te/grave'

à Paris par les/bills de M. de l l/Ze.

AVERTISSEMENT DE M. DE L'ISLE.

A corre pondance que j'ai entretenue durant plus de trente ans

avec les PP. Jé uites, Mi îionnaires àla Chine 8c aux Indes , ain i

qu'avec ceux de leurs confrères qui, demeurant en Europe, s occu

poient aux recherches d'A ronomie_ 8c de Géographie , m'ayant pro

curé une grande quantité de Memoires ur ces deux Sciences; 1e n ai di éré ju qu ici de les publier, que dans l e pérance d en recevoir de nouveaux , de plus utiles 8c de plus in ructifs. Je fus invité il y a

neuf à dix ans, 8c ollicité même parle P. Patouillet , de dre er ur les Mémoires dont j'étois o e eur , un Plan de la Ville de Peking , pour

ce Pere e propo oit de

ervir à la de cription e cette grande Ville que

donner au Public dans le vingt-neuviéme volume de l'ouvrage inti

tulé: Lettres édi ant es, &a Je ns réellement graver ce Plan tel que je le publie aujourd'hui ; 8c j étois occupé à recueillir tout ce qui pou voit avoir rapport à l'objet que le P. Patouillet e propo oit , lor que

.les circon ances que tout le monde _ ait , ont mis mon Corre pondant

hors d'érat d'exécuter on de ein. Je n'ai pas cru que cette conjonc

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, ont mis mon Corre pondant hors d'érat d'exécuter on de ein. Je n'ai pas cru

-2

DESCRIPTION

ture dût me faire abandonner la de cription rojettée: au contraire, econdé de M. Pingré , mon A ocié dans les onctions d'A ronome Géographe de la Marine , j'airepris le travail avec plus de chaleur. Nous n avons probablement pas tous .les ecours que le P.' Patouillet pouvoir avoir: nous croyons en avoir a ez pour faire une de crip

'

tion exacte 8c intére ante. Une Lettre du P. Gaubil , à moi adre ée,

en date du 4 Août 175 z ,_ nous a paru contenir un détail a ez curieux de la partie de Peking , ue l on nomme la Ville Tartare. Le P. Gaubil en avoit écrit une parei e à la Société Royale d'Angleterre ; on l'a traduite en Anglois ; elle e imprimée dans le cinquantiéme Volume des Tran lctiolu~ Philq ophiques , avec des additions d'ont nous avons ro té. Cette Lettre renferme l explication du grand Plan qui forme fa econde planche de ce Mémoire. Nous avons con ulté tous les Li vres imprimés relatifs à notre_ objet , que nous avons pu trouver, oit dans la Bibliotheque de Sainte Genevieve , oit dans. celle que j'avois ra emblée, 8L que j'ai cédée au Roi, pour être jointe au dépôt

des Plans , Cartes 8c Journaux de la Marine. En n , nous avons tait

u age de~plu ieurs manu crits

grand nombre d ob ervations a1 ronomiques, extraites de ces mêmes

~ ont partie de mes Recueils. Un

recueils, nous ont mis en état de déterminer avec a ez de réci ion

la po ition de cette Ville célébre. Nous e pérons ue le Pu lic dai

gnera agréer notre Ouvra e: on utilité 8c a atis action eront tou

jours les principaux mob' es qui nous dirigeront dans nos travaux géographiques 8c a ronomiques.

ARTICLE PREMIER.

Fondation de la Ville de Peking.

PEKlNG', actuellement Capitale de' Ia Chine , e ' ituée dansÎa Province la plus eptentrionale de cet Empire , à dix ou douze lieues au Sud de la fameu e muraille. Le nom de la Province e Li-pa-fou,

ou Tche li, ou en n Pe-tchc-lz', 8c non pas Pekeli , comme l écrivent

plu ieurs Géographes. Cette Province e actuellement la premiere , .

la plus peup c'e 8c la plus riche de toutes les Provinces

de a Chine :

l'air y e tempéré ; les rivieres cependant y ont gelées endant qua tre mois de l'année , mais ans qu on y éprouve le froi exce if que

la gelée nous occa ionné en Europe. Il ne pleut pre que jamais dans le Petcheli; une ro ée abondante y upplée 8c donne de la fécondité

aux terres. Le terroir e uni, mais ablonneux; fertile , moins cepen

dant que les Provinces méridionales. Le voi inage de la Tartarie, ituée au Nord du Petcheli, a fait de cette Province une Province impor

tante des le commencement de la Monarchie Chinoi e. La néce ité de

défendre l'entrée de la Chine aux Tartares, a engagé plu ieurs Souve

rains ?a établir leur Cour dans le Petcheli.

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l'entrée de la Chine aux Tartares, a engagé plu ieurs Souve rains ?a établir leur Cour

DE LA VILLE DE PEKÏNG.

3

L'an nu avant Je us-Chri , Oa-Ouang (a), premier Empereur

de la Dyna ie ou de la famille Tcheou , nomma on frere Tchao Kong,

î

Prince de Yen ,- cette Principauté formoit la partie e tentrionale du

Petcheli d'aujourd'hui. Tchao Kong bâtit une Ville con idérable à deux

ou trois lieues (b) au Sud oue du lieu où e maintenant Peking :

c e vrai emblablement en cette Ville que furent faites au quatorzie me iécle de
c e vrai emblablement en cette Ville que furent faites au quatorzie
me iécle de l'Ere Chrétienne les ob ervations a ronomiques de C0
cheou king, dont nous parlerons dans un autre article. La nouvelle
Ville s'accrut peu à peu 8c devint très peu lée. Les Princes de Yen
formerent un Etat pui ant dans le Pétcheli d aujourd'hui 8e dans une
partie du Leao-to zg , Province de Tartarie au Nord e du Petcheli.
L'an 222. avant l'Ere Chrétienne , l'Empereur T in-Chi Hoang s em
para des Etats du Roi de Yen, qui conjointement avec quelques au
tres Rois va aux avoit refu é de lui rendre hommage. Il paroît par
l'Hi oire du P. du Halde, que ous l'Empire d'Eul-C lu', ls 8c ucce
eur de T lH C/zi-Hoang, la Province d'Yen recommença à être gou
vernée par des Rois particuliers. Mais cette Province changea ou
vent de Maitres: les Tartares Sim-pi , les Tartares Hiotgnou ou les
Huns , les Tartares Topo y rent des incur ions 8c s en emparerent
tour à tour. La Chine fut en uite divi ée durant trois écles en deux
Empires , en celui du Nord 8c celui du Midi: cette divi ion dura ju
u'eu l'avn 597 de l'Ere Chrétienne; toute la Chine fut alors réunie
?ous l'autorité d'un eul Chef , en la per onne de Kao T bu Ven ti,
Fondateur de la petite Dyna ie Souy. Cette réunion paroit avoir ub
i é durant toute la domination de la Dyna ie Tang qui remplaça la
Dyna ie Souy ,~ mais ous la petite Dyna ie Lea/2g qui uccéda à
celle de T ange 906 , 8L qui ne dura que eize a ns , les Tartares
Ki tan (c) commencerent à infe er les parties eptentrionales de l'Em
pire: ortis des frontieres occidentales du Leno tond , 8c des ays de
Tartarie itués au Nord du Petcheli , ils entrerent ans cette erni ere
Provinee , 8c fonderent vers 916 un Empire qui a duré 209 ans (d)
ous le gouvernement de neuf Princes. La etite Dyna ie T :mg ayant
détruit la récédente , fut bientôt dépo iédée elle-même par Kao
T bu , che? de la petite Dyna ie T in. Le Chef des Tartares [Ci-tan
contribua beaucoup à cette dernière révolution: oit par reconnoi
ance , oit par la crainte d'un ami i pui ant qui ne vouloit pas avoir
combattu en vain , Kao t bu lui céda eize Villes du Petcheli, voi ines

(a) Nous uivons l'u age de la plûpart mots rang, àng, étang, Ge.

des Ecrivai'ns François , par rapport à' l'or rhographe des mots Chinois terminés par la lettre n : nous la mettons eule, lor qu'elle doit' être prononcée avec un on plein , telle à peu près que nous la prononçons

lor qu'elle e ' uivie d'un e muet , comme

dans les mots canne , Reine , inn nous y

ajoutons un g . lor qu'elle doit_ former

on na al, comme en françois dans

un

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(b)

Nous trouvons ailleurs à une Iieue G!

C'e ain i que lc P. Gaubil les 2p

demie eulement.

(c)

pelle: le P. du Halde l'es avoit nommés

Sinan.

(d)

Nous di ons 2.09 ans d'après le P.

l'Empire des

du Halde: pour trouver ce nombre d'an

fallennées , il906fautoucommencer907-

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d'après le P. l'Empire des du Halde: pour trouver ce nombre d'an fallennées , il906fautoucommencer907- A1]

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u Leao-tong. Le Tartare ne fut pas long temps d'intelligence avec

les Empereurs Chinois, il leur en eva le re e du Petcheli , le Chanz i, le Chan-tong, 8c une partie du Chen- i, 8c ayant xé \à ré idence dans

la Ville d' Yen

, ildprit le titre d'Empereur. Yen fut alors appellée Yen

King ou la Cour Yen. Les Empereurs Tartares ornerent cette Ville a

ils y rent con ruire un T è /cin , ou un Palais Impérial, un Hoang

tching ou une enceinte pour tout ce qui regardoit immédiatement

l'Empereur, un Ob ervatoire; ils y établirent des Tribunaux , des ä li oriens , des A ronomes 3 ils donnerent à leur Dyna ie le nom

e Leao.

Hoey-t bng , huitiéme Empereur de la Dyna ie Song, réunit es

forces avec celles d'Agota , Chef des Tartares Nul che (e), qui demeu

roient au Nord de la Corée, 8c qui ju ques-la avoient obéi aux Prin ces Ki tan ou Leao , mais qui venoient de e révolter contre leur Em

pereur. La victoire marcha par-tout devant Huy Jong 8c Agota ,

Empire de Leao fut détruit: Agota , en é de es uccès , ne voulut.

point demeurer ujet ou va al du Chinois, il rit en 1115 le titre (l'Empereur , 8c donna à on Empire le nom e Kin .- peu après il. porta es vues plus loin, il s'empara des Provinces de Petcheli 8c de _Quen- í: Hoey z bng e livra imprudemment entre es mains8c nit es jours dans la captivité en r 1 2. 5. Le ucce eur d'Agota s'appliqua à embellir Yen-king, il en t une

Ville au ii belle 8c au i grande ue Peking l'e aujourd'hui: il y éta _ blit a ré idence; mais es uce eurs transférerent leur Cour à Cai jbng m Capitale du Homm. Cependant les Ian étoient re que conti

nuellement en erre avec les Song. Pour e débarr er d'un voi in

: i fächeux , ui ev jouoit

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nels, Ning-Tjon

, treiziéme Empereur de la Dyna ie Son , ap ella à

\bn ecours le C ef des Tartares occidentaux), qui venoit e e ormer

un Etat pui ant ous le nom d' Y en. Celui-ci étoit , elon le P. Gaubil,

le fameux Tching Kis Kñan ou Gin-tchis Hzan : ce conquérant , à la tête de es Tartares Mongous ou Mogols , entra dans la Chine , s empara de quelques Provinces , entr'autres du Petcheli, 8c prit Ville d'Yen-king. Son ls Oä ay pou a plus loin es conquêtes &mit nn à la Monarchie des Kin. Les Tartares orientaux, entièrement ubju és , parurent même anéantis ju qu'au temps marqué dans les décrets e la Providence , où de leurs cendres devoit naître un Conquérant qui oumettroit toute la Chine , 8c eroit l'Auteur de la Dyna ie T z ng , qui gouverne aujour

d hui ce va e Empire.

Kobilay (f), neveu d Octay 8c petit- ls de Gín-tchis-Uxan, détrui it ab olument la Ville de Yen-king 8c deux ou trois lieues (a) au Nord c , il fit jetter en 1267 les fondemens d'une autre Ville a laquelle il

.

(e) Le P. du Halde les appelle-Níu

( ) Le P. du Halde le nomme Ha

tc lle : dans la traduction Anglai e de la Pi- lé.

Lettre du P. Gaubil, ils ont nommés Nun-

nde.

(g) Ou, elon d'autres, une licuc a:

demie.

'

e de la Pi- lé. Lettre du P. Gaubil, ils ont nommés Nun- nde. (g) Ou,

DE LA VILLE DE PEXING, 5

donna le nom de Ta tou ou grande cour: elle fut au i appellée Ki v

tching: on nom véritable e actuellement Chun tien-fou ,- mais on a connoît plus énéralement ous le nom de Pe-kin : ce mot igni e , Cour du Nor ; 8c le nom de Nan-king, ille où Ies Empereurs Chi

nois ont ouvent ré idé , igni e Cour du Midi. Les bâtimens actuels

du Palais Yng tay à Peking ont pre que tous du tem s de Kobilay , ain i ue la montagne appellée King chan, les lacs 8c es canaux ui ont ans le T é-Lin , Ôc. Peking eut alors oixante lis ou ades C i noi es de tour , 8c l enceinte' des deux Villes actuelles , me urée par ordre des derniers Empereurs , n e que de 52 lis : c e que du temps de Kobila , le li Chinois étoit plus petit qu il ne l e à pré ent.

En 12 o, elon le P. du Halde , Koln'lay remporta une victoire na

ans. Kobilay e it appeller Chi-t ou, il établit d'abord a Cour à Tai

vale ignalée ur Ti ping, dernier Empereur de la Dyna ie Song , 8c devint par-là le Maître de toute la Monarchie Chinoi e; la Dyna ie Tartare des Yven monta avec lui ur le Thrône 8c s'y outint pendant

89

yven fou Capitale du Chan- l,- mais il ne tarda pas à la tran porter dans a nouvelle Ville de Peking. C e durant ces révolutions que Marc Paul, Gentilhomme Véni tien, vint à la Chine : un Etranger qui ignoroit la langue du pays ,

Pouvoir facilement e tromper ur les noms propres des lieux qu il

traver oit. Marc-Paul parle d'une Ville de Quin- ày inconnue en Chine :

c e qu'apparemment on donnoit alors le nom de King che ou de

King [fe à la Ville de Hang tcheou, Capitale du T che-kiang, où les Em

pereurs de la Dyna ie Song fai oient leur ré idence; les noms de King-che ou King- e igni ent Cour du Prince. Pareillement la Ville

que Marc Paul nomme Cambala , n e autre que celle de Peking. Can

ou Khan en langue Tartare , igni e Roi ou Empereur, 8c balga , bal gat, bala gun, balgajîm , bali/c font autant de mots Tartares qui igni

ent Ville: ain i Peking a pu être appellée Gumball/c ou [Chamber/ik,

8c par corruption ou par mauvai e prononciation, Cambalu, c e

dire , Ville de l'Empereur: on auroit pu au i l'appeller Ordobali/c ou Qrdolóalu, ordo ou orto igni ant dans la langue des Tartares Mon gous, une mai on ou un Palais royal. Ces noms de Caml-alu , d'Or

dobalu, 6T. ont été certainement donnés à plu ieurs Villes où les Sou

verains A iatiques fai oient leur ré idence. La Dyna ie Yven paroit avoir toujours ré idé 'a Peking.- elle fut détruite en 1369 par Tai-t ou ou Hong-vou , Chef de la Dyna ie Chi noi e Ming, qui occupa le Thrône pendant l e pace de 276 ans. Taz' z bu établit a Cour à Nanking ; il érigea la contrée où e Peking en ouveraineté , 8c il en gratitia on quatriéme ls Tching Tchou ou Yong-lo. Apres trente 8c-un ans de regne , il lai a a Couronne à on petit- ls qui n étoit âgé que de treize ans: les Princes es ls, indi gnés de cette préférence, s'armerent contre leur neveu : Yong-lo fut e plus heureux de tous.; il fut reconnu Em ereur quatre ans après la mort de on pere. 11 s'aPPliqua alors à em ellirPeking , il entreprit

il fut reconnu Em ereur quatre ans après la mort de on pere. 11 s'aPPliqua alors

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d'y faire 'con ruire de plus belles murailles, de rendre le Palais us

régulier , 8c de rebâtir

neuf les tours du tambour 8c de la cloc e :

c'e 'a cet Empereur qu il faut attribuer la fondation de la nouvelle

Ville de Peking , telle qu elle e actuellement , quoique depuis on regne les Empereurs y aient fait élever uelques nouveaux Palais , 8c que l'Empereur actuellement régnant (h ait pre que entiérement re nouvelle l enclos de la montagne King chan. Yong-lo it au i bâtir dans la Ville vieille les enclos du Sien nong-tan 8c du Tien ran. Tous ces ou vrages , commences en 1306, furent nis en 1421.

_En la leptleme annee e on re ne , Yong 10 abandonna Nanking

8c vint établir a Cour à Peking; epuis ce temps Peking a toujours

été le éjour des Empereurs 8c la Capitale de toute la Chine. Cette V_~ille n e cependant pas dans un ens la Capitale du Petcheli , c e

celle de Pac-ting ou qui a cet honneur , pui que le Gouverneur ou le

Viceroi de la Province y ré ide; mais les Tribunaux ouverains éta

blis a Peking ayant autorité iir tout l'Empire , ils renferment dans

l'étendue dc leur Juri diction Pao-u'ng-fou , ain i que toutes les autres

Capitales des Provinces de la Chine. En 1544 , Kia-[ ing , onziéme Empereur de la même Dyna ie Mn , t bâtir la partie de la Ville qu on &ippelle vieille Ville ou Ville C ' oi i: J il la t entourer de mu railles, éleva es portes : il paroît que la grandeur de Peking n a pas varié depuis. Vers le commencement du dix eptième iecle les Tartares orien

taux Nul-che ou Nid-che , réunis ous un eul Chef, recommencerent a c faire redouter; on les nommoit au ii Tartares Mantchéoux. Un rebelleL nommé Li-cong t è , e révolta quelques années apres contre

Ming , il

força ce mi érable Prince à nir lui même es jours , pour ne pas

Hai ç/bng ou T bn

,

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"

~

tomber_ entre les mains d'un vainqueur in olent 8c féroce; 8c pour jouir avec plus de écurité du fruit de on crime , il immola à a fu reur plu ieurs Princes du Sang Royal. Ou- àn-gue y, ls d'une de ces victimes infortunées , ayant tout à la fois on R01 , on pere 8c a pa trie à venger , appelle. à on ecours T hng-*te , Chef des Mantcheoux. Tout plie a l'arrivée du Tartare , mais une mort précipitée l empêche de pour uivre des conquêtes à peine commencées.; avant a mort ,il nomme Chun tclu' on fils pour lui uccéder à un Empire u il ne po é-v

.

doit pas encore. Chun-tchi n avoir'que ix ans, mais ous a age tutele

de on oncle A ïld-Van , il e reconnu à Peking, 8c uccellivement dans les autres Provinces de la Chine ; il réullit à s'a ermir ur le

Trône , 8c il le tran inet à a po érité , qui forme aujourd'hui la

Dyna ie T ing actuellement régnante à la Chine : cette révolution e

de l'an 1644. Chun-tchi ne toucha point aux loix 8c aux coutumes

Chinoi es; eulement comme il y avoit des Tribunaux ouverains à Nanking ain i qu'à Peking ,'il abolit ceux de 'Nanking , 8c transféra à Peking toute la Jurisdiction ouveraine de l'Empire: il partagea la nou

(h) En Août i752

, 8c transféra à Peking toute la Jurisdiction ouveraine de l'Empire: il partagea la nou (h)

DE LA V1LLE DE PEKlNG.

11

velle Ville de Peking entre les principaux Tartares qui avoient con tribué à es triomphes; les Chinois furent obligés de e retirer dans

l'ancienne Ville , plu ieurs même s'expa'trierent , contraints de céder

la lace à de nouveaux hôtes; quelques-uns cependant e trouverent

melés dans la nouvelle Ville avec les Tartares , ils s'étoient attachés à la fortune de T hng-te 8c de Chun-tchi, on les appella Chinois Tarta

ri es: il re oit au h à Peking des de cendans des T artares Mongous

avoient dominé du teqzs de la Dyna ie Yven. Chun-tchi n exclut

point les Chinois des Tribunaux ni des autres po es de l'Empire ,

qui

mais il leur a ocia des Tartares, tant Mongous que Mantchenux. Ce

ont ces trois e peces de peuples qui habitent actuellement la Ville de

Pe-king. '

A

R T I c L E

Iv I.

Dc riptiorz générale de la Ville de Peking.

N

qui

O U s avons dit que cette Ville étoit divi ée en deux parties: celle

e au Nord forme pre que un quatré parfait, 8c e nomme King

tching , ou la nouvelle Ville, ou la Ville Tartare; l'autre ituée au Midi

a

la gure d'un quarré long ; on la nomme Lao-tching , ou vieille

Ville (i) , ou Ville Chinoi e; elle e moins longue du Nord au Sud ,

;lue la Ville Tartare , mais de l'E à l'Oue elle e beaucoup plus

ar e.

Ig.e circuit des murs des deux Villes , pri es en emble, a été me uré

'

par ordre des derniers Empereurs (k) , il s'e trouvé de 52 lis ou en

viron qu 15

il e YO lis : mais cette derniere Ville ne peut être com arée à

de nos toi es. Le circuit de Nanking e plus grand, pui

Peking par rapport à la beauté, la randeur &la largeur de es mu

tailles. Les murs de Péking ont de rique, hauts de quarante pieds , a ez larges pour qu on pui e s y promener à cheval : lpour cela on a ratiqué d'eipace en e pace des rampes ou talus qui e prennent de Fort loin , 8c forment une ente a ez douce pour permettre à la Ca valerie de monter au haut es murailles. Au re e , ce que nous di ons ici ne doit .s'entendre que des murs de la Ville Tartare , ceux de la Ville Chinoi e ont plus petits 8c plus imples; ils ne di erent point de ceux

des Villes de la Province.

'

Les p'ortes de Peking ont au nombre de eize; neuf ap artiennent

à la Ville Tartare , les ept autres à la Ville Chinoi e. VolCl les noms

(Ir) A proprement parler, les euls murs

de la Ville Tartare ont été me urés par ordre de l'Empereur: ce ont des Mi ion

'mens de la premiere ont apparemment naires qui, ans doute avec la permi ion

- (i) _l'emploie les termes u ités

prement

:

à pro-

parler, la VilleChin i e e plus

nouvelle que la Tartare ; m'ans~ les bîti-

plus de ignes extérieurs dc vétu é que ccux

du Gouvernement , ont me uré géométri

de la econde.

'

quement le contour dc la Ville Chinol c.

l

que ccux du Gouvernement , ont me uré géométri de la econde. ' quement le contour

Planche Il~e

6c II*

8

D E s c a I P 'r t o N'

a bien voulu donner l expli-v

cation de la plûpart des noms par le quels on a coutume de les dé i gner en langue Chinoi e. 1. Porte appellée par le peuple T en-men ou Sim-metz , quoique on vrai nom gravé en Tartare 8c en Chinois oit Tching yang men , c e *

de ces portes: M. des Hautes-rayer nous

à-dire , Porte directement tournée au Soleil de Midi.

4l. Suen vou-men , Porte des illu res Guerriers.

42.

T bng ven-men

, Porte des re pectabl Lettrés.

'

43. Tchao yang-men.

44.
45.

46. Te-ching men , Porte de la victoire, ou de la vertu guerrierc.

4.7. Si-tchin men, Porte directe d'Occident.

4.8. Feou tclzing men.

9 5.
96.

94.

Tong-tchin-men , Porte directe d'Orient.

Gan-ting men , Porte de la paix durable.

Y ung tirzg men , Porte de la abilité éternelle.

.~I b gan-men , Porte gauche de la paix. '

Yeou gan-men , Porte droite de la paix.

93. Kuang-kiu men, Porte du grand canal. 9:. Kaang ning men , Porte de la grande paix.

9]. Tung pien-men , Fau e porte d'Orient , ou porte' courbée d'O*

nent. c o. Siëpz'en-men , Fau e porte d'Occident , ou porte courbée d'Oc

c1 ent

'

Les Portes de la Ville Tartare ont hautes 8c bien voutées , elles

ortent, elon le P. du Halde , des avillons de neuf étages, percés.

fenêtres ou @MÊME WS il y a une e pece

e

de alle, où e _retirent les O ciers es o ats qîrrortent de garde 8( ceux qui doivent bien-tôt y entrer. Au devant de chaque porte e

un e pace de plus de 360 pieds, formant comme une place d'armes , 8c

renfermé par un avant- mur circulaire , de même con ruction que les murs de la Ville: cet avant-mur e défendu ar un pavillon embla ble au premier; 8c tandis que le canon du pavillon intérieur peut con tenir ceux qui ont en-de ans de l'enceinte , celui du pavillon exté

rieur peut battre toute la campagne voi ine 8c les Fauxbour s. Les

murailles ont d'ailleurs anquées de petites tours quarrées , ont la di ance en; d'environ vingt toi es; il y a d e pace en e pace des tours

plus con idérables , urtout aux angles dela Ville.

Les murs de la Villene ont pas tournés directement aux quatre

points cardinaux du Ciel : lemur oriental 8c le mur occidental ne tendent pas exactement du Midi au Nord; ils déclinent de 2 d zo' du

Nord à l'Oue . Il y a apparence , dit le P. Gaubil, qu'au temps ue

Kolzilay ou plûtôt Yong-lo t con ruire ces murs , on les orienta eu

lement avec la bou ole dont on i noroit les variations , 8c que la déclinai on de l'aiguille étoit alors e deux dégrés trente minutes du

'

Les rues de Peking ont grandes , larges 8c tirées au cordeau: les

Nord à l'Oue .

'

plus

minutes du ' Les rues de Peking ont grandes , larges 8c tirées au cordeau: les

:-KHz-4::

9

plus grandes ont environ vingt toi es de largeur. La rue nommée

cCha

DE LA VILLE DE PEXING.

*

e níi-gan-kiaiplus belleou rueruedudereposPekingperpétuel,: elle vaadebienl'Etrente

à l'Ouetoi es de, ellelarge;e

bordée au Nord en partie par les murs du Palais Impérial , au Sud par plu ieurs Palais 8c Tribunaux. Les mai ons dela Ville ont très-ba es, il n y a ouvent qu un rez de chau ée; ce rez-de chau ée e quelquefois urmonté d'un étage :

ces mai ons ont a ez mal bâties ur le devant ; cela forme avec la beauté des rues un contra e qui ne doit pas plaire. Cependant l'éclat

8c la variété des marchandi es , expo ées aux yeux du Public , doit

former en lu ieurs quartiers un cou d' il a ez atisfai ant. Les rues 8c les mai ons de la Ville Chinoi e ont fort inférieures à celles de la Ville Tartare. Outre ces deux Villes, il y a à Peking douze grands Fauxbourgs

d une demi -lieue ou même de trois quarts de lieue de longueur. ll

y a point de Fauxbour vis-à vis des trois portes méridionales de la Ville Tartare; la Ville C inoi e y met ob acle; il n y en a point non plus hors de la porte Yung ting men qui e au milieu du mur méridio nal de la Ville Chinoi e: toutes les autres portes des deux Villes ont leurs Fauxbourgs corre pondans. Outre la grande rue de chaque Faux bourg , il y en a quelques-unes de traver e; mais elles ont peu con

idérables, excepte dans deux ou trois Fauxbourgs , où elles s étendent

n

a ez loin.

La Ville Tartare , la Ville Chinoi e 8c les douze Fauxbourgs , pris

en emble, forment certainement une tres grande Ville ; en conclu

rolls-nous , comme l'ont fait plu ieurs Auteurs , que Peking renferme

20 , 15 , 1O, 8, ou du moins 4 millions d'habitans? ce eroit , dit le P. Gaubil , une rande exagération. Premièrement , la moitié de la

Ville Chinoi e e dé erte: outre les va es enclos du Sien-nong-[an' 8c

du T [en tan , dont nous parlerons ailleurs, il y a des champs , des ;ar dins , des épultures. Dans le Kin -tching ou la Ville Tartare , outre le

Palais Impérial , qui e très-v e , il y a un nombre con idérable
Palais Impérial , qui e très-v e , il y a un nombre con idérable
d'autres Palais , de magazins, de lieux ublics; de Tribunaux , de lacs,
de Miao ou de Temples d'Idoles: ces 'eux ont plus de la moitié du
King tching. D'ailleurs, les rues du King !Ching ont très-lar es , .8C les
mai ons des deux Villes ont fort ba es. Le P. Gaubil conc ut de tout
cela, qu il n'y a pas tant de logement dans le King-tclzing, dans la Ville
Chinoi e 8c dans les Fauxbourgs de l'une 8c de l'autre, qu il y en a
dans Paris 8c es Fauxbourgs. Il e vrai que la partie de Peking qui
e
habitée, l'e beaucou plus à proportion qu une partie emblable
de Paris. Les Chinois ne cherchent oint à être au lafge dans de va es
appartemens; une chambre u t liiuvent à plu ieurs ; vingt Chinois
e trouveront fort à l'ai e , où 'dix Pari iens e croiroient extrêmement
re errés. Le P. Gaubil e en con équence per uadé u'il y a au plus
deux millions d'ames dans les deux Villes de Peking 8c ans leurs Faux
bourgs.: Ce n'e , dit-il , qu un: q/lime ,- mais je crois, ajoute-t il, qu il n);
#pas grande erreur.
B
Faux bourgs.: Ce n'e , dit-il , qu un: q/lime ,- mais je crois, ajoute-t il,

"to

D'EscntP'rroN Les Européens ont frap és du rand nombre d habitans qu'on

rencontre perpétuellement ans qu ques rues du King-tching, dans toutes celles e la Ville Chinoi e 8c dans les Fauxbourgs. Ce nombre e i grand , ue les per onnes de di inction ont obligées de e faire précéder par es Cavaliers pour écarter la foule 8c s'ouvrir un pa age.

On ne voit aucune femme dans les rues: les hommes y ont attirés

'par le commerce , mais plus encore par la curio ité; ils s'a emblent 'en pelotons pour écouter des di eurs de bonne aventure, pour ad mirer des joueurs de gobelets , pour prêter l'oreille à des hi oriettes ou

des chan ons du jour , pour apprendre les e ets admirables des nou

à

veaux remedes que les charlatans débitent. Une Ville i grande 8c peuplée exige néce airement une police bien exacte: _celle que l'on ob erve à Peking e telle , qu il e extrê mement rare d'y entendre parler de uelque dé ordre: il y a conti nuellement dans les rues des Soldats, 'épée au côté 8c 'le fouet à la main , prêts à frapper ceux qui voudroient occa ionner quelque tu multe; ils ont oin que les rues du King-tching oient entretenues dans ia plus grande pro reté , ils mettent même la main à l' uvre , s il e néce aire: ils ont a garde toute la nuit , 8c ne permettent à per onne

rie ortir alors dans les rues , i ce n e la lanterne à la main , pour~

quelque cau e néce aire, comme our avertir un Médecin; ils inter 'rogent même ceux qui eroient c ar és de quelque commi ion de l'Empereur, 8c il faut toujours répon re d'une maniere atisfai ante :

ils ont droit d'arrêter par provi ion uiconque leur-ré i e ou leur e u pect : le Gouverneur de la Ville Zait ouvent des vi ites , lor qu on

s y attend le

~

-

iers de la arde doivent veiller avec un

,

oin extrême ur les So ats qui on

~ndre négli

ence eroit punie, 8c l'O cier roit ca é dès le lendemain. Ces Sol

'

äats de garde ont Fanta ms.

Il y a de plus à Peking une Cavalerie nombreu e; on la fait mon ter à 80000 hommes: on oin principal e de veiller àla garde des portes 8c des murailles, _8c de e tenir prête à marcher au premier ordre , i a pré ence e jugée néce aire pour éteindre quelque part le feu de la édition ou de la révolte. Cette troupe e divi ée en

v uatre bannieres, 8c chaque banniere , ubdivi ée en deux autres, e

di inguée ar la couleur de on uniforme. La banniere jaune e la premiere: on uartier dans le King-tclling, occupe toute la partie ep tentrionale de 'e à l'Oue ; es ubdivi ions ont en banniere jaune ans bordure 8c en banniere jaune à bordure rouge. La econde ban niere e ou rouge ans bordure , ou rouge avec une bordure blan che; elle a on quartier dans la partie occidentale du King-'tClzing, 'qu elle n occu e cependant pas en entier. La partie eptentrionale en

'e a ectée à a banniere jaune ; 8c la troi iéme banniere ou la ban

niere bleue occupe la partie limitrophe du Palais Impérial. Cette même

banniere bleue tourne en uite au Midi de ce même Palais , 8c on

quartier s étend Parallelement au mur méridional Julqu au mur orien i

\.b.

Midi de ce même Palais , 8c on quartier s étend Parallelement au mur méridional Julqu

DE LA VILLE DE'PEKING.

Il

tal:'cette banniere e ubdivi ée en banniere purement bleue, 8c en

banniere bleue avec une bordure rouge. En n la banniere blanche a on quartier dans le milieu de la partie orientale de la Ville , borné au Nord .par la premiere banniere , 8c au Sud par la troi ième: elle e vêtue d'un uniforme blanc ans bordure ou avec une bordure rouge. Ces huit bannieres ont compo ées chacune de dix mille Cava

liers', 8c comme ces Cavaliers ont partie Tartares Mantcheoux , partie Tartares Mongous , 8c partie 'Chinois tartari és , le Général de cha

que banniere a ous lui ix Lieutenans Généraux , dont deux ont Mantcheoux, deux Mongous
que banniere a ous lui ix Lieutenans Généraux , dont deux
ont
Mantcheoux, deux Mongous 8c deux Chinois. Ces Lieutenans géné
raux n ontapparemment lous eux que les Cavaliers de leur nation, puiiï
que le P. Gaubil ajoute que cette Cavalerie forme vingt-quatre corps.
Chaque banniere a on ar enal , es magazins , on
tré or'.
Une des principales attentions de la Police de Peking,_e de pré
venir la famine : il y a, tant dans la Ville ue dansles Fauxbourgs ,
un grand nombre de greniers, où l'on fait e très-grandes provi ions
de riz pour les annees de di ette: mais les plus beaux 8c les p us grands
de ces greniers ont à Tong-tcheou, Ville éloignée de Peking de qua
tre lieues vets l'Orient. Dans tous ces greniers on con erve du riz
pour plus de huit ans , oit pour la con ommation de Peking , oit
pour celle des Villes voi ines. Les ordonnances au ujet de ces gre
niers ont idélement exécutées au voi inage dela Cour ; i elles l'é
toient de même dans les Provinces , il n'y auroit pas de famine :
mais il y en a ouvent par la négligence des Mandarins. Outre ces
greniers , l'Empereur en a d'autres qu il fait remplir de bled ro
ment , de légumes 8c de provi ions néce aires à l'entretien des bêtes
de omme.
_
Une petite Riviere, qui prend a ource dans des montagnes à en
viron trois lieues au Nord -oue de Peking, entre dans le King-tthing
par a partie eptentrionale , e épare en plu ieurs bras, environne le
Palais Impérial, forme plu ieurs lacs auxquels il paroît que la nature
n'a pas eule travaillé , entoure toute la Ville Chinoi e (1) , 6c réu
nie en un eul bras qui porte le nom de Yn , elle e jette à Tong-[cheou
dans le euve Pay-ho , à quatre lieues à l'E de Peking.
Le Plan que nous donnons ici des deux Villes , a été gravé ur un
Plan de même grandeur envoyé de Peking par le P. Gaubil: nous y
avons fait cependant ajouter quelques lieux principaux dans les deux
Villes , tels que l'enceinte du Palais Impérial, le lieu de la mai on des
Jé uites François , le College des Portugais , la ré idence de Saint JO
(.l) Le P. Gaubil dit, que cette Riviere
entoure tout le King telling : il y a peut
les murs des deux Villes fu ent également
arro és par les eaux de la petite Riviere :
îtrc ici une faute d'inatrention ; au moins ,
ne eroit-ce pas même la conclu ion lé
elon les plans que nous avons devant les
yeux , ce n'e pas le King tclling, c'e
gitime. que l'on pourroit tirer de ees deux
e peces de canaux dont on voit ur le Plan
la Ville Chinoi e qui e toute environnée
d'eau. Il e pourroit cependant faire que
les nai ances au-de us des fau es porta
d'Orient 6c d'Occident?
vJ

Bij

Planche I.

cependant faire que les nai ances au-de us des fau es porta d'Orient 6c d'Occident? vJ

Planche II.

DESCRIPTION

eph, l Ob ervatoire Im érial , la tour de la cloche , celle du tambour

!2

dans la Ville Tartare , e Tien-tan , l'entrée du Sien-nong tan dans la

Ville Chinoi e, 8c hors des enceintes le lieu de la épulture des Mi

ionnaires: nous avons en cela uivi un autre Plan manu crit à beau cou plus grand point , envoyé pareillement de Peking. C e M.

Mei ier , cet A ronome i connu du Public par l'exactitude 8c la mul titude des ob ervations a ronomiques qu il fait à l'Ob ervatoire de la Marine, qui a pris le oin d'exécuter les de eins néce aires pour la gravûre des Planches.

ARTICLE III.

De cription partículiere de la P'ille Tartare.

LE Plan que nous donnons ici de cette Ville a été ori inairement levé par des Mathématieiens Chinois , ur les ordres de Empereur.

Les PP. Slavi ek , Gaubil 8c autres Mi ionnaires , en ont envoyé lu ieurs copies en France: nous avons actuellement trois de ces P ans

ous les yeux; le plus petit, numéroté par le P. Gaubil , e ab olu ment relatif à la Lettre dont nous avons parlé ci-de us ; c'e celui ue l'on a uivi pour la gravûre , en diminuant cependant lenombre

* es ntunéros , qui auroit pu occa ionner de la confu ion: un econd

exemplaire plus grand 8c très-propre, de iné ur une e pece de aze , s'accorde fort exactement avec le premier; il ne contient d'ai eurs

aucun éclai c ëfñmwen ulc troi iéme

.a environ quatre pieds en tout ens ; ~ renferme plu ieurs notes 8c explications dont nous avons fait u age. Nous avons dit que c'e M. Me ier qui a fait les réductions 8c les de eins néce aires pour mettre

le Plan gravé dans l'état où nous le pré entons au Public. La de crip tion que nous allons en donner, era donc princi alement, mais non pas uniquement extraite de la Lettre du Gaub : nous avons parlé lus haut des additions que ce Pere a faites depuis à a Lettre; elles

ont in érées dans le cinquantiéme volume des T ran àctions philo b

phíques , part. 2. vannée I758 , n°. 96 ; nous avons tiré arti des notes

contenues ur le grand Plan ; en n nous avons con ult les Ouvrages des Mi ionnaires 8c de plu ieurs autres Auteurs qui ont parlé de Peking.

.Voilà nos ources.

.

La Ville Tartare e comme compo ée de trois Villes , renfermées

'l'unc dans l'autre , 8c chacune de ces trois Villes a on enceinte par ticuliere.

La remiere enceinte e nommée Kong-tching , c'e à dire , Ville du Pa ais ou murailles du Palais; on l'appelle au i le T e kin .- les

.nombres I 1 , i7, 21 , 24 dé i nent les quatre grandes portes de cette enceinte , 8c en font connaître étendue, nous y ajouterons cependant

~

n

i nent les quatre grandes portes de cette enceinte , 8c en font connaître étendue, nous

DE LA VILLE DE PEKING.

13

dans notre de cription l e pace compris entre la porte n°. 2 , 8c celle du

n°. 1 I , qui en forme comme l'avenue.

La econde enceinte e terminée par les portes numérotées 3 , 18 ,

50, 40: on la nomme Hoang-tclzing, Ville ou murailles du Souverain

ou du Maître ab olu. En n la troi iéme enceinte comprend tout le Plan ou toute la Ville Tartare : nous avons dit qu elle e nommoit le King tching, ou la Ville de la Cour, 8c qu elle avoit neuf portes numérotées 1, 41 , 47. , 43 ,

44,45, 46, 47 &48.

g. I.

De n-ptz'on du T e-kin ou du Palais Impe riaL

Nous .avons déja dit que l'enceinte de ce Palais e déterminée ur le Plan par les portes r r , 17 , 24 &c 2r : a forme e donc une e pece de quarré un peu plus long que large; il e environné de fortes mu railles crénelées, con ruites de briques 8c couvertes de tuiles'de cou leur jaune ; le jaune en Chine e la couleur im ériale. Sur chaque porte e un pavillon va e 8c élevé : il y a au i e emblables pavil Ions aux quatre coins de l'enceinte. Le T é-kin a environ ix lis de

tour: le li , me ure itinéraire des Chinois , contient 296 de nos toi es.

Les murs du T e-kin ont environnés d'un lar e fo é , revêtu de pier res de taille; vis-à vis des portes eptentrion' e, orientale 8c occiden tale , on traver e ce fo é ur des ponts-levis. Le dedans du Palais e une en lade de cours 8c de alles ou appar

temens , qui emblent e di puter le prix de la beauté 8c de la magni

cence.

En entrant dans la Ville parla porte Sim-men , n°. r. 8c en allant

au Nord on traver e d'abord une grande rue parallele au mur méri dional de la Ville. On entre en uite ur un grand terrein uarré en vironné d'une grande balu rade de marbre. Ce terrein e terminé au Nord par une econde rue , 8c a communication de part 8c d'au tre avec cette rue e orné d'un bel arc de triom he qui n e pas marqué ur le Plan. Lor qu on traver e cette rue ans la longueur, il faut mettre pied à terre au premier arc de triomphe : paraitre en

chai e ou à cheval dans l'e pace renfermé entre les deux arcs , ce eroit

manquer de re pect à la maje é du Souverain, dont le premier appar tement e au n°. 2. Ce premier appartement, n°. 2 , e nomme le Portail dej grande 1m rete : au bas on voit trois grandes portes qui ne s'ouvrent Jamais que quand l'Empereur veut ortir du Palais: les particuliers doivent entrer

& ortir par les portes 49 8c 50. La orte 2 e voutée, large 8c très

profonde; elle porte une très-belle

toutes les autres portes du Palais. L e pace renfermé entre les n°. 2 8c 3 , forme une très-va e cour,

e; ce qui lui e commun avec

pavée de gro es briques po ées de chan_a 8c ornée à droite 8c àgau

e cour, e; ce qui lui e commun avec pavée de gro es briques po ées

14-

DESCRIPTION

che de portiques 8c de galeries outenues par plus de deux cens co Lonnes: cela,
che de portiques 8c de galeries outenues par plus de deux cens co
Lonnes: cela, dit on, fait un très-bel e et. Cet e pace ou cette cour
e terminée au Nord par la rue du perpétuel repos, avec laquelle elle
a communication par les deux portes 49 8c 50. A égales di ances de
ces deux portes, on voit dans la rue du perpétuel repos deux arcs de
triomphes , marqués ur le Plan. Pre que vis-à-vis de ces deux portes,
marbre on traver , e ornés un rui de colonnes eau ou un , canal de balu à demi rades ec, 8c ur de cinq gures (m) dre onts lions: de
ces ponts condui ent au econd ortail n°. 3. cinq portes forment ce
portail: l'Empereur eul peut pa ier par les trois du milieu 3 les deux au
tres ont très-ba es , elles ont ouvertes à tous ceux qui ont droit d'en
trer au Palais. Ce portail a plus de vingt pas géométriques d'épai
eur ; il e urmonté comme les autres 'un tres-bel appartement , 8c
uivi d'une cour moins grande qui conduit au troi iéme appartement, n°.
4
, nommé Portail du commencement. Avant que d'arriver à ce portail, on
voit à droite , n°. 7 , le Tay miao : le mot Chinois Mido igni e , au
moins pour l ordinaire, un Temple ,' dans celui dont il s'agit ici, on
rend un culte religieux aux tablettes des ancêtres de l'Empereur 8c à
celles des illu res Tartares, qui ont contribué à établir ou a a ermir
ur le Trône la Dyna ie actuellement régnante. Ce Miao e trés
bien entretenu: l'Empereur y va pratiquer en tem s réglés les uper
itions u itées chez les Chinois par rapport au cu te des ancêtres. A
gauche de la même place on voit le Che-t í tan, n°. 9; c e un autre
Miao , élevé en l'honneur des anciens Chinois, qui ont en eigné l'art
de l'Agriculture:l'Empereur y va pareillement en temps régles faire les
cérémonies pre crit
l'u age.
Les n°. 4, 5 , 6, ont es portes d LTnE~Vî' fe cour, voèrles Princes du
Sang vont ouvent cha ue mois , pour recevoir les ordres de l'Empe
reur. Il y a des alles e inées à les recevoir : les Mandarins leur
o rent le thé , 8c in crivent leurs noms dans des Regi res de inés à.
cet e et. Quand ils ne peuvent venir faire leur cour aux jours mar
qués, on exige qu ils donnent les rai ons de leur ab ence. C e dans
cette même Cour que les Princes tributaires ont hommage à l'Em e
reur , oit par eux-mêmes , oit par leurs Envoyés: l'Empereur fait ges
ré ens, tant aux Princes mêmes, qu à ceux qui ont envoyés pour
es repré enter, 8c ces pré ens ont con idérés comme des récom
pen es.

Les n°. 8 8c 1O répré entent probablement des Miao. Le Fan-king tchang ou le Magazin des livres cla iques écran ers e près'du n°. 5:

il e faux que les aintesEcritures e trouvent ans ce Magazin. Tout ce que nous avons vu ju qu ici e en quelque orte extérieur

au Palais: c e par la belle porte Old-mer; , n°. r 1 , qu on entre dans

l'intérieur. Cette porte , que l'on nomme la tour ou Ie portail du Midi,

e compo ée de trois grandes arcades, 8c urmontée d'une alle plus

va e que celles des appartemens précédcns. Aux deux extrémités de

(m ) Quelques Auteurs di ent a~.

alle plus va e que celles des appartemens précédcns. Aux deux extrémités de (m ) Quelques

DE LA VILLE DE PEKING.

r5

'cet appartement, il y a deux murailles ou plûtôt deux corridors , qui

courent vers le Sud l e pace d'une portée de mou quet ou environ , 86 ui ont terminés, tant au Nord qu'au Sud, par des pavillons ou des

Ëalles emblables à celle qui couronne le portail du Midi, mais beau

coup plus petites: ces corridors s'étendent vers les n° 5 8: 6. ll y a

ur le portail du Midi une gro e cloche, que l'on onne lor que l'Em

pereur ort du Palais , ou lor qu il y rentre.

Apres avoir pa é le quatrieme portail, on entre dans une cour, 8c

l on .traver e un fo é profond 8L rempli d eau, ur cinq ponts ornés

de parapets , balu res , colonnes , pila res 8c perrons avec des gu

res de lions Sc d'autres culptures , le tout de beau marbre. On arrive de là à trois portes qui ont marquées ur le Plan , mais qui ne ont point numérotées. Plu ieurs relations repré entent ces portes comme un cinquiéme aÿpartement, auquel elles donnent le nom de hpr ëme

portail. On pa e de-l a dans la belle cour de Iay Izo n~en , dans laquelle on peut au h entrer par les portes latérales 12 8c 13. Cette cour e

terminée à droite 8c à gauche par des portes , des portiques 8c des galeries ornées de balcons 8c outenues par des colonnes; ona ure que le tout produit un e et ab olument frappant. Au Nord de cette

cour on voir la belle alle du Tay-lzo tien ( n) ou la ùprême zlle im

périale, qui forme le ixiéme appartement. On y monte par cinq e caliers de quarante-deux marches chacun, le tout de marbre tres lin:

l'e calier du milieu e fort large; il e ervé pour l'Empereur; les Princes 8c les Mandarins montent par les deux e caliers voi ins; les deux extrêmes ont les plus étroits , ce n e que par ces deux derniers

que les Eunuques 8c_ les O ciers du Palais peuvent monter au Tay ho u'en. Au Premier jOU de l'an 6c en d'autres jours de grande céré

monie , es Mandarins s'a emblent elon leur rang de dignité dans la Cour d ay-ho tien : l'Empereur e a iis dans la_ alle iùr on thro

ne ; les Princes , les Mini res , les Grands du premier ordre ont allis

res

de lui; les Mandarins , oit d'armes , oit de lettres, font leurs

oumi ions au Souverain, en e _pro ernant à diver es repri es 8c en

frappant du front contre terre. C e dans cette même alle que l'Em

-pereur donne audience aux Princes étrangers , 8c à leurs Amba a

deurs. Cette \alle étoit , dit-on , une des merveilles du monde ous

les Empereurs Chinois: mais le rebelle Li-cong t : s'étant emparé de Peking 8c du Palais , ous le regne du dernier Empereur de la Dyna ie .Ming, 8c e voyant obligé d'abandonner a proie par la crainte des -Tartares 5 qui s'approchoient à grandes journées , voulut ignaler a férocité avant on départ; il mit le feu au Palais, 8c le Tay-ho tien fut

entiérement con umé : les Tartares l'ont rétabli de uis , inon avec au

'tant de' magni cence , au moins dans le même gout qui avoit dirigé a

appartement., dont

la grande union- Le P.

premiere con ruction.

.Au-delà du T ay ho u~en , il y a plu ieurs autres

(n)

Tay Iza tien igni e ,_ elon le P. du Halde, la àlle de

Gaubil Domme le Turbo-nm, la Salle du Thrône.

Tay Iza tien igni e ,_ elon le P. du Halde, la àlle de Gaubil Domme

16

DESCRIPTION'

il e fait mention dans plu ieurs relations de nos Mi ïonnaires ; ils

ont éparés les uns des autres par des

Le eptiéme appartement e celui de

cours plus ou moins patieu es.

la rlle très-élevée , le huitiéme

e nomme la ùprême alle du milieu : dans le neuviéme, nommé de la

ouveraine concorde , l'Empereur e rend deux fois par jour pour con

férer des a aires de l'Etat avec es Colaos ou Mini res, 8c avec les

Mandarins chefs des ix grands Tribunaux. Le dixieme appartement

e le portail du Ciel clair G net , 8c le onziéme e appelle la demeure

du Ciel claire? net ,- c'e le plus haut , le plus riche 8c le plus magni que de tous: dans la cour qui le précédé , on voit une e pece de tour de bronze doré , ni ant en pointe , haute de douze ou quinze pieds , relevée par un grand nombre de petites gures travaillées avec une rande délicate e: aux deux côtés de cette tour , il y a deux gran s bra iers de bronze doré ,où l'on brule jour 8c nuit des odeurs. Les deux ap artemens uivans, celui de la belle ê agréable maz bn du milieu, 8c celui de Ia maz m qui ra oit le Ciel, forment avec le précé dent ce ue l'on peut appeller proprement le logement de l'Empe reur: c'e en e et dans ces trois appartemens que l'Empereur ré ide avec l'Impératrice régnante , les Reines 8c les Concubines ; c'e -là

ce que l'Auteur d'un voyage autour du monde ap elloit le Serrail de

Empereur. Ce logement e renfermé dans un e pace quarré long.,

_que l on voit aux environs du n°. 2,3 ; car on n'a pas pu repré enter tous ces. appartemens ur le Plan. L enclos de l'appartement de l'Empereur

_ 8c de l'Impératrice a des murailles 8c des portes plus élevées , que

l

n'en ont les enclos des Reines 8c des Concubines. Au re e , il y a

dans tous cesenclos de etits canaux, des jets d'eau , des lacs , des

loge .aujourd'hui (0.)

parterres , des

dans un grand 8c beau Palais , à l'Oue de la cour du Tay lw tien ,

n°. 2o, il s'appelle 'I ím'ng kozz : a l'E de la même Cour, au

e un autre Palais , habite par e Prince héritier, lor qu il y en

n°. 16,

a un de_

déclaré.

L e pece de portail guré au n°. 23 , n e point une porte; c e un arc de triomphe. Derriere le logement de l'Empereur e un va e jardin qu'on nom me le' Jardin Impérial, 8c qui tient lieu de quatorzième appartement:

il conduit au quinziéme qui porte le nom de Portail de la my e'rieu è valeur n°. 24. Ce portail e une des portes du T é-hin : il a encore ati-delà des appartemens appartenans à l'Empereur, ils ont partie du Hoang-tclzing, dont nous donnerons la de cription dans le para graphe uivant.

Outre les cours 8c les appartemens dont nous venons de parler, on voit encore dans le Kong tclzing ou T E-Æin plu ieurs Tribunaux 8c ur

tout celui des Mini res , un grand nombre de manufactures 8c de

magazins, plu ieurs beaux Miao ou Temples d'Idoles, des Ecoles. où

'

l'on apprend la langue Chinoi e 8c la Tartare, une Imprimerie Impé

(0) 'En 17 .

i

riale ,

Ecoles. où ' l'on apprend la langue Chinoi e 8c la Tartare, une Imprimerie Impé (0)

DE LA VILL! DE PEKING; .

!7

riale , une belle Apothicairerie avec des Laboratoires: mais', ajoute le

P. Gaubil , cette Imprimerie , cette Apothicairerie a ces Laboratoires ne

peuvent être comparés pour la beauté à nos Imprimeries Royales, ni

aux

aux

,La/nas Tartares; il a couté des ommes immen es.

belles Apothicaireries ou aux beaux Laboratoires de France. Quant

Temples d'ldoles, on en a bâti un depuis peu , pour l'u age des

5. I 1.

De êription du Hoang-telling.

Cette enceinte , commençant au n°. 3 , s'étend à l'Oue , le long

'cle la rue du perpétuel repos , ju qu à un arc de triomphe qui e au dela du lac le plus méridional; elle monte en uite au Nord le long de ce lac , après quoi elle retourne à l'Oue , 8c de-là remonte au Nord , pa e à la porte n°. 40, tourne à l'E au-delà des lacs ; après avoir

pa é en uite à la porte n°. 30, 8c traver é un petit rui eau, elle de

cend au Sud en lai ant ce même rui eau à l'Oue , elle e percée à

la porte n°. 18 , 8c traver ant de nouveau ce rui eau, elle regagne la

porte n°. 3 où nous l'avions fait commencer : on lui donne 18 Il.: de circuit : la couleur des tuiles qui lui ervent de toit , lui a fait donner

le nom de mur jaune. Toute cette enceinte étoit de inée au Palais de l'Empereur ar Yong-lo, qui l'a fait bâtir en l'état où elle e mainte nant: mais es Empereurs, ucce eurs d'Yong-lo , en ont concédé divers em lacemens à des articuliers; ils ont permis que quantité de

'Marchan ss'y vin lèntétab ~ ; ilsy louent même actuellement un grand

nombre de bouti ues. En ortant du T e kin au Nord , par le portail de la my érieu e va

leur n°. 24 , on traver e le rui eau ou le fo é ur un beau pont de

marbre extrêmement large, 8c l'on arrive au eiziéme ap artement

Palais n°. 25 , il s'appelle la portail ort e leve du Sud :- e dix- ep

tiéme appartement n°. 26 , e nommé le portail de Van- ouy ou dd

mille années ,~ Van- udy e un des urnoms u on a coutume de

donner à l'Empereur. Ces deux derniers portails ont éparés par'.une

dix

du

cour longue de _trente toi es du Midi au Nord , 8c d'environ deux cens

de l'E à l'Oue .

t

Les portes n°. 26 , 28 8c 29 , ont celles d'un va e enclos où e la

montagne de King ou King chan : cette montagne a été con ruite de

main 'homme , on y a em loyé la terre qu on a retirée en creu ant

fo és 8c les lacs. Elle e compo ée de cinq collines de hauteur

médiocre; celle du milieu e la plus haute; les autres i: pré entent à

les

l'E 8c à l'Oue en dégradant. Elles ont couvertes d'arbres rangés

avec ymmétrie ju u à leur ommet: on y avoit ra emblédesliévres, des lapins, des cer s , des daims , d'autres animaux emblables , 8c ur

le ommet des arbres mille oi eaux fai oient retentir l'air de leurs ga

.Zomllemens mélodieux. C'e ur cette montagne que l'infortuné

C

fai oient retentir l'air de leurs ga .Zomllemens mélodieux. C'e ur cette montagne que l'infortuné C

18

-Dzscx rrrro'ar

'

T bng-Îclzing ,dernier Empereur de 'la Dyna ie Ming , e réfugia, pour éviter de tomber vif entre les mains du rebelle Li con -t è , qui s étoit rendu maître du Palais: ce malheureux Prince abattit a lle à.

es pieds d'un coup de abre , 8c e pendit en uite à un des arbres du King-chan , le 15 Avril 1644. au matin. La veille au oir, l'lmpératrice on épou e s'étoit dérobée à la pour uite de Li cong t , en e donnant .dans le Palais une emblable mort. L Empereur , actuellement régnant,

a

dins , des promenades agréables , des appartemens magni ques, des alles de pectacles 8c de concerts; le'tout forme maintenant un éjour vraiment délicieux. Au Nord de la montagne, on voit un portail n°. 27 ; 'c'e appa remment celui que les Relations nomment le Portailfort e leve du Nord. Plus haut on voit plu ieurs Palais nommés dans les mêmes Relations,

les Palais Royaux de longue vie : mais ces Relations ne s'accordent point avec notre Plan , en plaçant ces Palais en deç~a du portail fort

élevé du nord. Ces Palais ont actuellement inhabités. On entre en uite dans une rue longue 8c large , bordée à gauche par une en lade de boutiques à un étage, par des atteliers d'Arti ciers 8c de Verni urs , par des chantier s de bois de charpente , .8c par une econde

beaucoup embelli le King-chan : il y a fait con ruire de beaux jar

en lade de bouti ues pareille à la première. A droite il y a deux em

blables èn lades de boutiques: l intervalle entre ces deux en lades e

rempli par des mai ons , ou même par des Palais dont nous n avons pas de connoi ance bien préci e. Cette rue e terminée par le portail du repos du Nord n°. 30; ce portail qui e une des portes du Hoang

îC/H- lg s forme.

.lg Yin iéme 8c dernier appartement du Palais Impérial:

on pourroit mem äcîn l æmm puur Irving-St uniéme , de?

puis que l'Empereur actuel a fait con ruire ur le King-chan les palais dont nous avons parlé plus haut. Cette le de vingt 8; un appartemens ou de vingt 8c un Palais , ui e uccedent les uns aux autres du Sud au 'Nord , e ans doute que que cho e de grand: cependant cela n ex clut pas'un nombre prodigieux d'autres Palais con ruits , oit dans la

artie orientale 8c occidentale du T e Iu~n , oit dans le Hoang tching,

loit dans toute l'étendue du King-tching.

Comme les lieux les plus remarquables du Hoang-tchingôc du King tching ont , pour la plûpart, des Temples ou Miao , des Tribunaux 8c

des Palais ; pour ne pas trop multiplier les renvois particuliers , nous avons cru devoir employer quelques renvois généraux.

.

Miao ou Temples ont été dé ignés par une étoile *ou a ériíl

que *: on peut au i lbuvent les di inguer par une ou deux bannie res , gure'es à côté de ces Tem les: nous avons cru ce endant de voir omettre un grand nombre e petits Miao ,~ les étoiles auraient été trop multipliées: d'ailleurs il n y a point de Palais de Prince qui n ait on Miao. La lettre P dé igne un Palais de Regulo ou de Prince. Les Princes du

Les

Sang ont divi és en di érentes ,cla es z on donne aux Regular dela

Regulo ou de Prince. Les Princes du Les Sang ont divi és en di érentes ,cla

DE LA. VrLLE'DE PE KING.

19

première cla e ou du premier ordre, le nom de T z'rzg-oudn , à: ceux

econd celui de Kun-ouang , à. ceux du troi iéme celui e Pay-led.

u

Quand il meurt un de ces Princes, a di nité ne pa e qu'à celui de

es enfans qui a été choi i pour lui uccé er: les autres enfans , ous

les noms de Fey t é ou de Cong heou , ne ont que Regulos du. qua

triéme ou du cinquième ordre. Il y a encore des Princes d'ordues in férieurs; ceux-ci n ont point de Palais a ecté. Au re e ,. les Chinois peuvent être Princes , non- eulement par la nai ance , mais encore par alliance avec la famille actuellement régnante. La lettre T dé igne des Tribunaux, oit ouverains, oit dépendans; nous aurons lieu de parler de plu ieurs de ces Tribunaux.

l'Oue du T é-Iain &du King-chan , on trouve de grands lacs

creu és de main d'homme. On voit au Nord cinq pavillons con ruits dans le lac même : ceci formoit un Palais , où l on tran portoit les Reines malades; on ne veut pas qu'elles meurent dans le Pal'ais Im

périal, ce eroit un mauvais augure: i cependant il arrive qu elles y meurent , elles ont cen ées mortes dehors , 8c l'on cache à l'Empe

reur le lieu de leur mort. L'Empereur régnant a. changé ce Palais en

Miao.

A

Ati de us , au n°. 52 , e un lieu très agréable avec de très-beaux

appartemens ur le bord du lac : au Nord de ces appartemens, il.y a un Temple dz ldolaes , où l'on voit une atue de Fo d'une grandeur extraordinaire , elle e de bronze doré. D'autres nomment ce Temple

le Miao de la Providence; la atue a cent bras, elle e haute de

plus de oixante pieds; ce Mao n e bâti que depuis peu de temps,

il forme un ttes - beau bâtiment couvert de trois toits. Un peu plus au Nord, on trouve ur le Plan une e pece de porte, c e celle

d'un jardin va e 8c magni que. Au Nord-e de cette porte e un

autre Miao.

En rede cendant au Sud , on voit une I le dans le lac n°. 51:

cette I ie forme une petite montagne ur laquelle e le Pe ta , ou la pyramide blanche. L'Impératrice faifoit nourrir des vers à. oie dans. cette l e; la oie qu'on en recueilloit devoit être employée à faire les habits que l'Empereur porte , quand il acri e au Ciel ou à la Terre. Ce Palais avoit été précédemment un. Miao de Lam-ts , c'e à dire , un Temple con acré à Fo , près duquel demeuroient un grand nom

bre de Lamas. ne ais combien

L'Empereur régnant y d aPParteme/zs (p) avec

a bâti enjoy-me d amPhitlze âtre je des galeries Ouvertes ê* couverter,

très-bien exécutées 6* dans le meilleur goût: le point de vue e charmant,

8c les galeries qui s'étendent le long du lac , font un très-bel e et. Ily

a
.

Plus_ bas , dans une grande pre qui e, on voit une autre mai on de plai ance.

dans cette I le deux ou trois Temples d'Idoles.

,

(p.) Nous employom les termes du P. Gaubil : nous craignent d'altétet a pen ée ,

en ell'ayant de l'interpréter.

Cij

les termes du P. Gaubil : nous craignent d'altétet a pen ée , en ell'ayant de

zo

D E s c a I P 'r r o N

:f Le n°. 83 , e la rte de T àn-yven, c'e un grand enclos , oùl'on'

nourrit maintenant es vers à oie (q).

Plus bas on voit ur le Plan un grand emplacement , ui communi que avec une I le pratiquée dans le lac : ily a dans cette I e un pavillon ouvert de tous côtés pour prendre le frais. Le n°- 22 , e