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Bulletin d’information

17 MAI 2010
Syndicat national des journalistes CGT (La Nouvelle République )

RÉMUNÉRATIONS, DURÉE ET ORGANISATION DU TRAVAIL

De nouveaux reculs
sont inenvisageables
Comme on pouvait le craindre, salaires réels ; si elle s’y refuse, la valeur du
la négociation annuelle obligatoire point « journalistes » et donc notre salaire
s’est engagée sous de fâcheux auspices : mensuel demeureront inchangés : si nous en
la direction entend encore faire pression restons là, aucune augmentation salariale pérenne
sur les salaires (en ne s’engageant pas, pour n’interviendra, et ce pour la deuxième année
consécutive. Après le gel des salaires NR en
l’instant, sur une progression du point
2005, une évolution ralentie de 2006 à 2008, et un
d’indice et en menaçant de réduire, voire de nouveau gel en 2009, subi cette fois par
liquider, la PNH) et sur le temps de travail l’ensemble des salariés de la presse quotidienne
(en envisageant de supprimer de nouveaux – et que vient compenser, de manière certes
jours de RTT), alors que nos rémunérations insatisfaisante, la “prime exceptionnelle” de 200 €
réelles ne cessent de baisser et que nos brut –, la valeur de notre point d’indice, donc de
conditions de travail sont déjà inacceptables. nos salaires, a déjà accumulé, en un peu plus de
Avec vous, le SNJ-CGT s’opposera cinq ans ans, un retard de 3,24 % par rapport au
à de nouvelles régressions. point SPQR. Si nos salaires réels restent
inchangés au 1er avril 2010, le retard sera de

L a loi oblige l’employeur à réunir chaque 3,96 % (auquel il convient d’ajouter celui de
année les organisations syndicales pour 1,10 point datant de 1990-1991).
négocier notamment « les salaires Au total, dans l’hypothèse d’un gel en 2010,
effectifs ; la durée effective et l’organisation du chaque journaliste aura perdu l’équivalent de
temps de travail » et examiner « l’évolution de 1,70 mois de salaire sur une période de cinq ans
l’emploi dans l’entreprise ». La deuxième réunion et cinq mois (du 1er janvier 2005 au 31 mai 2010)
de cette négociation annuelle obligatoire (NAO) par rapport à l’évolution du barème national. Un
s’est tenue mardi 11 mai. Et, comme vous avez pu journaliste dont le salaire mensuel était de 3.000 €
le lire dans le compte rendu de l’intersyndicale, au 1er janvier 2005 aura perdu 5.098,20 € en cinq
les débats en cours ne laissent rien présager de ans et cinq mois (sans compter l’incidence de
bon, ni sur les salaires, ni sur le temps de travail, cette évolution réduite sur la PNH).
ni sur l’emploi ; quant à l’organisation du travail,
pourtant d’une actualité brûlante, la direction, Dernier élément à prendre en compte : les
pour l’heure, ne semble guère disposée à en prévisions d’inflation pour l’année 2010 la fixent
débattre. à 1,97 %, soit près du triple de l’augmentation
conventionnelle du barème de la PQR.
SALAIRES. – Certes, la direction s’est engagée à C’est à partir de ces données que le SNJ-CGT
appliquer l’accord national (0,70 %, bien entend négocier l’évolution salariale de 2010.
modeste, au 1er avril) quand elle l’aura en sa
possession. Mais elle ne s’engage pas, avant d’en PNH. – Le directoire envisagerait donc de
connaître le contenu précis, à l’appliquer sur les réduire, voire de supprimer, la prime non
hiérarchisée. Cette “prime” est pourtant un minutes de travail par an ; soit 302 heures et
salaire ; elle en a le caractère juridique, et son 30 minutes de plus que la durée maximale prévue
versement est obligatoire. Les plus anciens se par la loi (1.607 heures) ; soit 38 jours (de huit
souviennent peut-être de l’origine de la PNH : il heures, durée conventionnelle d’entreprise) de
s’agit d’une augmentation spécifique attribuée plus que la durée légale, sans bénéfice du repos
nationalement aux journalistes, que les sections compensateur prévu à l’article 29 de notre
SNJ et SNJ-CGT, pour conserver le principe NR convention collective nationale.
d’augmentations identiques pour toutes les Ce n’est pas sur la diminution du nombre de
catégories, et dans un souci de favoriser jours dits “de RTT” que la négociation obligatoire
davantage les salaires les moins élevés, avaient doit porter, mais sur le retour au nombre initial de
proposé de transformer en augmentation jours de repos permettant la réduction effective du
intercatégorielle non hiérarchisée. L’adoption de temps de travail : 26 jours par an pour les
cette proposition a permis la conclusion de journalistes.
l’accord collectif d’entreprise donnant naissance à
la PNH. Et cette négociation doit s’accompagner de
celle, obligatoire elle aussi, relative à
Il s’agit donc bien d’une rémunération de l’organisation du travail. Avec la remise en
nature salariale, d’un avantage acquis sur lequel cause des jours de RTT, on comprend mieux
nous n’accepterons pas de revenir, sauf à perdre pourquoi le directoire s’est montré peu enclin à
un revenu non négligeable et à accentuer encore engager cette discussion, que notre section SNJ-
le retard salarial dont nous parlions plus haut. CGT réclame depuis des mois – réclamation que
DURÉE EFFECTIVE DU TRAVAIL. – relaient ses élus aux DP et au CE –, et dont
Poursuivant dans sa volonté d’infliger au l’urgence est pourtant évidente, eu égard aux
personnel la plus lourde régression sociale évolutions que subit aujourd’hui l’exercice de
possible, le directoire prévoit de supprimer une notre profession.
fois de plus des jours de “RTT”. Le prétexte, cette Notre adresse : dscgt.journalistes@nrco.fr
année, n’est plus la NRD, mais un « gain de
productivité » (par la suppression du recours aux
CDD que celle de jours RTT rendrait possible) ; Rémunération des pigistes
comme si les salaires sacrifiés, les journées à La direction l’oublie parfois, mais toutes les
rallonge, la polyvalence généralisée, jusque-là dispositions de notre convention collective et de nos
gratuite pour l’entreprise, ne généraient aucun accords d’entreprise doivent s’appliquer aux
« gain de productivité » ; sans aucune retombée journalistes rémunérés à la pige (dont la loi dit
sociale pour les salariés, sinon la dégradation clairement qu’il s’agit d’un salaire) ; et un barème de
continue de leurs conditions de travail et de vie… piges doit compléter la grille de classification des
journalistes.
Pour avancer ses arguments, le directoire ne
cesse de se référer au PSE et aux mesures de A la NR, le tarif des piges est nettement inférieur
à ce qu’il devrait être par rapport aux salaires des
régression sociale qu’elle y a fait figurer ;
autres journalistes. Le feuillet (25 lignes de 60 signes
mesures sur lesquelles le CE a prononcé un avis et espaces) y est rémunéré 32 €.
défavorable ; mesures que nous avons combattues
et continuons de combattre. Nous vous ferons grâce du calcul que nous avons
effectué ; il s’appuie sur la référence de la valeur du
Le Code du travail oblige à négocier « la durée point NR à celle du point parisien (article F4 de notre
effective du travail » ; l’adjectif n’est pas anodin. accord complémentaire d’entreprise de 1977 ; la
Prenons en compte le calcul annuel du temps de valeur du point NR est supérieure de 29 % à celle du
travail, mode cher à la direction : chaque point parisien), et sur le tarif du feuillet parisien
journaliste travaille effectivement en moyenne (63,35 €).
9 heures 30 par jour (cf. notre enquête de 2005), Dans un souci d’égalité de traitement entre tous
201 jours par an (196 pour ceux qui ont plus de les journalistes salariés de la NR, nous réclamons que
huit ans d’ancienneté dans la profession) ; il le barème NR des piges se fonde sur un tarif du
effectue donc actuellement 1.909 heures et 30 feuillet fixé à 81,68 €.