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Mémoire présenté en vue de l’obtention de la licence option « Gestion »

Sous le thème :

La Finance Islamique : constituera-t-elle une ancre privilégiée Pour le financement des PME

au MAROC?

Année universitaire : 2013 2014

Remerciements

Au terme de ce travail, nous tenons à remercier très sincèrement tous ceux qui nous ont soutenus tout au long de la préparation de notre projet de fin d’étude.

Nous tenons avant tout à exprimer notre profonde gratitude et nos

chaleureux

remerciements au professeur Mm. xxx, pour l’aide et le temps qu’elle a bien voulu nous consacrer et sans qui ce mémoire n’aurait jamais vu le jour.

Nous tenons également à remercier le corps professoral et administratif de la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et sociales d’Agadir, pour la richesse et la qualité de leur enseignement.

Nous remercions infiniment toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce mémoire.

Nos dernières pensées iront vers nos proches, nos familles spécialement nos parents à qui aucun remerciement ne saurait traduire la profondeur des sentiments d’affection, d’estime et de respect que nous vous portons. Que Dieu, le tout puissant, vous préserve et vous procure santé et longue vie.

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Table des matières

Remerciements

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Table des matières

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Introduction générale

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Chapitre 1 : Historique et concepts de la finance islamique :

7

Section 1 : Histoire et évolution de la finance islamique:

7

Section 2 : Les principes de la finance islamique:

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2.1 La monnaie en Islam :

12

2.2 Les six piliers de la finance islamique :

13

Section 3 : La crise financière et la finance islamique :

18

3.1 Les origines de la crise financière :

18

3.2 Les conséquences de la crise financière :

19

3.3 La finance islamique en face de la crise financière :

19

Section 4 : Les produits de la finance islamique :

22

4.1 Les produits de financement :

22

4.2 Les produits participatifs :

24

4.3 Les produits non bancaires :

25

Chapitre 2 : Le cadre réglementaire de la finance islamique au Maroc :

28

Section 1 : Le droit musulman ‘Sharia’ :

28

Section 2 : La surveillance de conformité à la sharia :

29

Section 3 : Le cadre juridique de la finance islamique au Maroc :

36

3.1. La loi bancaire :

37

3.2. Les lois de titrisation :

40

Section 4 : Les différences entre les banques islamique et les banques classiques :

45

4.1 Les différences au niveau des principes :

45

4.2 Les différences au niveau de gestion des opérations :

46

4.3 Les différences au niveau des postes du bilan :

48

4.4 Les différences au niveau des revenus :

49

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Chapitre 3 : Les PME et la finance islamique au Maroc :

50

Section 1 : Les caractéristiques générales des PME :

50

1.1 La définition des PME :

50

1.2 Les caractéristiques des PME :

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Section 2 : L’importance des PME dans développement économique et sociale du

Maroc :

55

2.1 Sur le plan économique :

56

2.2 Sur le plan social :

58

Section 3 : Les produits islamiques susceptibles d’intéresser les PME :

60

3.1 Al Murabaha :

60

3.2 Al Ijara :

61

3.3 Al Salam :

62

3.4 Al Mucharaka :

63

3.5 Al Mudharaba :

63

3.6 Al Istisnae :

64

Section 4 : Les avantages et les inconvénients du financement islamique des PME : . 64

4.1 Quelques avantages du financement islamique pour les PME :

64

4.2 Quelques inconvénients du financement islamique pour les PME :

65

Chapitre 4 : L’approche empirique : le feedback des PME face au

lancement des produits de financement islamique : sera-t-il négatif ou

positif ?

66

Section 1 : Présentation :

66

Section 2 : Analyse des résultats :

67

Section 3 : Conclusion et recommandations :

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Conclusion générale

76

Bibliographie

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Annexes

79

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Introduction générale

Aujourd’hui, le monde musulman est traversé par un mouvement qui manifeste un désir profond des sociétés musulmanes de se conformer aux valeurs fondamentales de l’Islam. Dans le domaine de l’économie, la conception et la mise en œuvre d'un système bancaire et financier débarrassé du Riba prohibé, sont au cœur des efforts déployés en vue de rendre le fonctionnement du système économique, dans son ensemble, guidé par les principes de l'islam.

La finance islamique est un système financier éthique, où l'homme n'est pas dans une position de distribuer les ressources de la façon qu'il veut. Il existe une limitation morale sérieuse imposée par le saint Coran et Sunnah sur les pouvoirs des individus.

Ces dernières années, le monde s’est intéressé de plus en plus par la finance islamique qui a montré une forte solidité, face aux crises. C'est d'où les analystes financiers ont constaté que seul le système financier éthique pouvait résister aux problèmes économiques actuels.

Alors, en s'inspirant des systèmes financiers islamiques des pays leaders dans ce domaine, le Maroc s'apprête dans un avenir proche, à enrichir son système de financement et d'assurance. Ainsi, le gouvernement marocain espère que la nouvelle loi sur la finance islamique permettra un plein essor de ce secteur, après l'échec de la première tentative en 2007.

Donc la tendance serait de lancer un nouveau système tout en sauvegardant l'équilibre du système financier marocain et en consolidant sa place de leader aussi bien sur le plan arabe qu'africain.

En outre, Le Maroc s’est toujours intéressé aux petites et moyennes entreprises, qui représentent un élément indispensable pour la croissance économique du pays qui constitue un indice de son développement.

Malgré les efforts déployés pour le développement de ce type d’entreprises et les aides financières octroyées aux entrepreneurs pour les encourager à entreprendre, ces derniers ont toujours des difficultés en matière du financement, soit au démarrage soit au cours de l’activité. Car les aides ne sont pas accessibles à tous les entrepreneurs.

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A son tour, le système financier classique propose de plus en plus des offres de financement aux entreprises. Pourtant, cela reste insuffisant et ne répond pas aux différents besoins des entrepreneurs.

En raison des facteurs précités, le Maroc a emboîté le pas d’un grand nombre de pays en décidant de mettre en place un système financier islamique et en espérant qu’il contribuera à la croissance du pays sur les différents plans économiques et sociaux.

Dans le cadre de ce mémoire, nous allons aborder la problématique du financement des PME au Maroc via le financement islamique, afin de savoir si les entrepreneurs marocains sont intéressés par le financement islamique pour financer leurs investissements. Et si la finance islamique propose aux entrepreneurs des produits adéquats à leurs besoins.

Pour élaborer ce travail, nous nous sommes basés en premier lieu sur l'histoire de la finance islamique, ses fondements, son cadre légal au Maroc et le financement islamique prévu pour les PME marocaines. En second lieu, nous avons fait une étude empirique qui porte sur la mise en œuvre des produits islamiques dans l'économie marocaine.

Plus précisément, dans un premier chapitre, nous allons tenter à présenter l'historique et les concepts de la finance islamique tout en se focalisant sur les origines et l'évolution de la finance islamique à travers le monde entier, de comprendre ses principes fondamentaux, d'étudier la crise financière et ses influences sur la finance islamique et d'exposer les produits de celle-ci.

Dans le deuxième chapitre, nous allons présenter les différentes sources constituant le droit musulman et les institutions financières chargées de surveiller la conformité des produits islamiques à la sharia, de plus nous allons aborder le cadre juridique réglementant la finance islamique au Maroc, enfin nous allons faire une comparaison entre les banques classiques et les islamiques.

Dans le troisième chapitre, nous allons se concentrer sur les caractéristiques des PME au Maroc et leur rôle dans l'économie marocaine sur les deux volets économique et social. Ensuite nous allons traiter quelques produits islamiques susceptibles d’intéresser les PME. Enfin, nous allons aborder les avantages et les inconvénients du financement islamique des PME.

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Dans le dernier chapitre, nous allons faire une enquête pour répondre à la question :

« Quel sera le feedback des PME face au lancement des produits de financement islamique au Maroc ? ». Cette étude nous permettra de savoir les points de vue des jeunes et anciens entrepreneurs de la ville d’Agadir à propos de l’introduction du financement islamique au Maroc.

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Chapitre 1 : Historique et concepts de la finance islamique :

Avant de commencer notre étude qui porte sur le financement islamique des PME, dans ce premier chapitre, nous allons voir des différentes voies qui ont été adoptées et qui ont permis l'application de tous les principes et techniques financières développés ci-dessous, en réponse à diverses circonstances historiques et économiques de la seconde moitié du 20 éme siècle tant dans le monde musulman que non-musulman. Nous allons commencer par un aperçu rétrospectif du développement des différentes institutions financières aux préceptes islamiques et de leur évolution à travers le monde, ensuite nous allons étudier les principes de la finance islamique, après nous allons traiter la crise financière et son effet sur la finance islamique, enfin nous allons aborder l'étude des produits islamiques.

Section 1 : Histoire et évolution de la finance islamique :

Au cours des années 1900, le monde a vécu la seconde guerre mondiale, qui était le début de l'indépendance des pays musulmans et de l'émergence de la finance islamique. La fin du colonialisme et l'expression de la religiosité ont largement contribué à ce phénomène.

Les principes théoriques de la finance islamique ont été formulés en grande partie par le théologien pakistanais Sayyid Abul Ala Maududi en 1940. Ce dernier a contribué à l'islamisation progressive du système bancaire pakistanais. Ce qui permettait au Pakistan en 1979 d’être le premier pays d’avoir un système financier islamique.

Après le Pakistan, L'Iran emboita le pas et profita de sa révolution islamique pour islamiser une fois pour toute, toutes les banques présentes sur son territoire.

Mais la création de la première institution de la finance islamique remonte aux années 60, exactement en 1963, en Egypt. Ahmed AL-Najjar a pu fonder « MitGhamr Saving Bank » dans la bourgade agricole de MitGhamr située dans le delta du Nil. Cette institution était agricole du nord de l’Egypt. L’objectif de leur fondateur était d’assurer l’intermédiation de ressources financières entre épargnants et petits investisseurs locaux, mais cette expérience a duré seulement 4 ans 1 .

En 1963, connut l’émergence d’une autre institution financière dans un autre pays, plus précisément en Malaisie. « Priligrims Administration and Fund» était financée par les

1 http://www.doctrine-malikite.fr/Definition-et-historique-de-la-finance-islamique_a116.html.

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autorités publiques Malaisiennes, et mise en place pour investir les ressources collectées auprès d’un grand nombre de petits épargnants dans des grands projets industriels, agricoles ou de constructions.

A partir les années 1970 et dans l’envol des prix du pétrole et d’embargo-pétrolier

arabe, les pays musulmans ont commencé à développer leur collaboration, et grâce à l’organisation de la conférence islamique à Lahore au Pakistan, on a décidé de créer

la

banque islamique du développement en 1973, à Djeddah en Arabe Saoudite et en mettant

en

place un système d'entraide fondé sur des principes islamiques.

La banque islamique de développement (BID) est une organisation multilatérale comprenant 56 pays membres, à pour objectif d'aider au développement des pays en voie de développement (PVD) et des pays moins avancés (PMA), avec des techniques de financement islamique, qu’il s'agisse de financer le commerce extérieur, de lutter contre la pauvreté, de financer certaines infrastructures (routes…) et certains projets sociaux comme la construction des écoles ou des centres de santé. Lors de sa création, la banque islamique de développement disposait d'un capital de plus de 2.270 millions dollars 2 .

En 1975, la première banque commerciale islamique au monde arabe, Dubaï Islamic Bank, a ouvert ses portes. Par suite, d’autres banques islamiques en différents pays tel que Finance House et la Bahreïn Islamic Bank, ont vu le jour. Dans les premières années, les produits proposés restaient basiques et finalement assez proches des produits bancaires classiques. Mais depuis peu, la finance islamique a commencé à connaitre un fort développement dans de nouveaux produits et services.

La création des banques islamiques dans les pays du golf, va ainsi s'accélérer avec l'apparition des banques comme la Faysal Islamique Bank (FIB) au Caire en Egypte, la Faysal Islamique Bank au Khartoum et la Jordan Islamic Bank of Finance and Investment.

A ce nombre important de banques, il faut ajouter la création de la puissante société holding

d'investissement nommée «Dar Al Maal Al Islami» (DMI) par le prince saoudien Mohamad Al Faysal Al Saoud, dont le siège se trouve à Genève en Suisse et qui est un peu présent partout dans le monde.

2 http://www.institut-numerique.org/chapitre-i-historique-des-institutions-financieres-islamiques-

51bb438cb2cca.

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Ces dernières années, les institutions financières islamiques (banque, assurances, et même des bourses de valeurs mobilières,…) se sont multipliées dans les pays majoritairement musulmans, au Bangladesh, au Brunei, aux Emirats arabes unis, en Jordanie, en Malaisie, au Sénégal, au Soudan et même la Turquie où l' attachement à la laïcité 3 .

A partir des années 80, Les opérateurs se sont diversifiés sur le plan géographique, au début en Asie du sud et puis en Afrique du nord.

Au cours des années 90, la croissance des actifs islamiques, largement alimentée par l’explosion de la rente pétrolière s’est accélérée. Cette fois, l’accent est mis sur la recherche de solutions concrètes permettant à la fois le respect des normes coraniques, la rémunération des capitaux investis et de l’expertise de la banque. Ces années sont également marquées par une extension de la banque de détail islamique et par un début, même timide, de désintermédiation dans la finance islamique. Les règles de fonctionnement des institutions financières islamiques deviennent plus raffinées et les premières tentatives d’homogénéisation de ces normes, certes encore à l’échelle locale ou régionale, ont lieu. Ainsi, en 1991, fut créée l’Accounting and Auditing Organization for Islamic Finance Institution (AAOIFI). L’AAOIFI est une organisation à but non lucratif créée pour promouvoir les principes de la sharia auprès des institutions financières islamiques et des autres acteurs du secteur.

Les institutions financières islamiques ont aussi fait apparition dans les pays non musulmans, où vit une minorité musulmane relativement importante et en expansion :

au Danemark, aux Etats-Unis, particulièrement dans la région de détroit et en Californie, en Grande-Bretagne, aux Philippines et aussi au Canada. Certaines des institutions financières islamiques ont en outre choisi d’installer leur siège ou d’effectuer une partie de leurs opérations dans des places financières internationales connues pour leur respect du secret bancaire et leurs avantages fiscaux, comme les anglo-normandes, le Luxembourg et la Suisse.

A la fin des années 90, l’université de Harvard, de son coté, a considéré le phénomène de la finance islamique comme étant suffisamment important pour créer son « Islamic Finance Information Program », qui permet la mise à la disposition de ses membres, d’une base

3 http://www.banque.org/enligne/Histoire-de-la-finance-islamique.

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de données sur plus de 60000 transactions qui furent effectuées selon les règles de la finance islamique 4 .

Vers les années 2000, les autorités ont cherché à faciliter le développement de la finance islamique au Royaume-Uni. Ainsi les premières demandes d’agrément de banques islamiques se sont vues déposées et se sont créés plusieurs enseignes dédiées aux produits islamiques, dont the Islamic Bank of Britten et l’Européen Islamic Investement Bank.

S’inspirant des modèles précurseurs de la banque Amanah aux Philippines et de la Citibank au Bahreïn. Des banques occidentales n’ont pas hésité à ouvrir dans le monde musulman des succursales où coexistent deux guichets de dépôt et d’emprunt :

l’un conventionnel et l’autre islamique.

En tant que signe de respectabilité, la finance islamique a ses propres revues scientifiques : depuis plusieurs années, le journal of Islamic Banking and Finance (depuis 1999), L’international journal of Islamic Financial Services, dont le contenu est disponible sur la toile.

Au début des années 2000, plusieurs agents ont eu une incidence prépondérante sur le développement de cette finance bien particulière. Parmi les incidences on trouve :

la variation de la somme allouée aux capitaux investis à l’étranger par les pays exportateurs de pétrole suite aux attentats du 11 septembre 2001 et à la politique étrangère américaine qui en découle. Par la suite, les investisseurs du Moyen-Orient ont rapatrié une grande partie des capitaux investis au Etats-Unis, afin de les redistribuer en Europe et dans les pays émergents. D'autre coté, les investissements directs et les investissements en bourse représentaient prés de la moitié de l’excédent du compte courant des pays producteurs de pétrole 5 .

Depuis 2003, le nombre de fonds islamiques dans le monde a explosé, passant d’environ 200 en 2003 à presque 700 en 2009. On assistait à l’ouverture de nouvelles banques islamiques comme Al Anma Bank d’Arabie Saoudite créée en 2006, doté d’un capital de presque trois milliard de dollars et la Noor Islamic Bank de Dubaï créé en janvier 2008 et pourvue d’un capital de un milliard de dollars. Le taux de croissance des banques islamiques de plus de 15% par an est trois fois supérieur à celui des banques

4 A. MARTENS, la finance islamique : fondements, théories et réalité, cahier 20-2001, université Montréal, septembre 2001.

5 H. SMITH, Guide de la finance islamique, 2009.

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conventionnelles. Cette expansion est alimentée par la conjonction de plusieurs facteurs, dont les placements financiers des monarchies pétrolières dans les pays développés, le développement des communautés musulmanes dans les pays occidentaux, la progression du microcrédit dans les pays en développement, et aussi, la réaction contre le capitalisme financier international et la résurgence du fondamentalisme musulman 6 .

Parler de la finance islamique au Maroc remonte à 1969. Le Maroc a été l’un des pays fondateurs de l’Organisation de la Coopérative Islamique (OCI) : l’assemblée constitutive de cette organisation intergouvernementale a eu lieu à Rabat (le 2 septembre 1969) sous la présidence de feu Hassan 2. Lequel a été le premier chef d’Etat musulman à lancer l’idée d’une rencontre au sommet des chefs d’Etats des pays islamiques.

Depuis le début des années 1980, plusieurs institutions financières islamiques approchent les autorités monétaires marocaines dans la perspective d’une implantation au Royaume. On se rappelle d’une tentative de création d’une banque islamique locale, initiée en 1985, par Attijari Wafa Bank.

Ce n’est qu’en septembre 2007, que Bank-AL Maghreb a publié la première directive (directive n° RN33/G/2007) relative aux produits islamiques officiellement nommés « alternatifs ». En effet, trois nouveaux produits bancaires se sont autorisés à être commercialiser par les banques marocaines, ces produits sont parmi les produits plus répondus de la finance islamique, il s’agit de Murabaha pour le financement du commerce, Mucharaka et Ijara pour les entreprises, ces produits que nous aurons l’occasion de les expliquer dans les développements qui suivent. Différemment, la démarche adoptée par Bank- AL Maghreb est la commercialisation de ces produits par les banques déjà agrées, donc il n’y a pas un besoin de créer des banques spécialisées (islamiques).

Le 16 Janvier 2014, le gouvernement marocain vient de faire un pas important dans le développement de la finance islamique. Il a adopté un projet de loi relatif aux établissements de crédits, ce projet de loi définit le statut des banques participatives, les produits, les organes de contrôle et un fond de garantie. Suite à l’adoption de ce projet de loi et à la modification de la loi bancaire marocaine, les premières banques participatives devraient voir le jour au second semestre de l’année en cours.

6 Rapport d’information sur la finance islamique N°329, Sénat session ordinaire, 2007/2008.

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Section 2 : Les principes de la finance islamique :

2.1. La monnaie en Islam :

La conception islamique de la monnaie est l’élément le plus remarquable et le point de divergence le plus important entre le système financier islamique et le système conventionnel. L’islam définit la monnaie en tant qu’unité de mesure et intermédiaire des échanges. Il considère l’argent comme un bien à part entière et rejette toute idée d’intérêt, assimilé au prix de l’argent. Ce point est un élément central en finance islamique, car l’interdiction de l’intérêt (ou Riba) est une spécificité du système financier islamique par rapport au système conventionnel qui se repose fondamentalement sur l’intérêt. 7

Pour pouvoir assurer efficacement ses fonctions, la monnaie doit disposer de trois caractéristiques essentielles : 8 La stabilité : si on utilise un instrument de mesure qui change tout le temps, il est évident qu’il n’est pas bon pour remplir sa fonction. La durabilité : La monnaie doit pouvoir conserver intacte l’épargne issue du revenu du travail ou du commerce, et ceci même sur une longue durée. La valeur intrinsèque : La valeur de la monnaie doit être contenue dans la monnaie et ne pas dépendre du bon vouloir d’un législateur. La richesse appartient à Dieu seul et il la donne et la retire à qui il veut.

Tant que seul Dieu peut créer la richesse, les économistes et les juristes islamiques trouvent que c’est nécessaire d’adosser la monnaie à l’or et l’argent pour éviter l’inflation et la création excessive de la monnaie et donc empêcher les banques de prêter la richesse qu’elles ne possèdent pas.

En mettant en place un système financier qui garantie une distribution juste de la richesse. ‘L’islam s’est différencié par son modèle économique différent du capitalisme et du communisme’ 9 . L’argent en islam est à Dieu (comme dépôt chez l’homme) et non pas à l’individu ni à l’Etat. Néanmoins, l’islam reconnait bien la propriété privée, la respecte et la protège, il déclare au tant que ‘sacré’, l'Homme, sa vie, ses biens et son honneur. ‘L'islam

7 http://www.memoireonline.com/11/12/6460/m_La-finance-islamique-evolution-et-perspectives1.html.

8 RIBH Le journal de la finance islamique (http://ribh.wordpress.com/2010/11/13/systeme-monetaire-finance- islamique-or/).

9 La doctrine Malikite (http://www.doctrine-malikite.fr/Les-principes-de-la-finance-islamique_a117.html).

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prône un juste milieu entre l'individualisme exagéré du capitalisme et le collectivisme injuste du communisme pour pouvoir instaurer la paix sociale et le développement durable’ 10 .

2.2. Les six piliers de la finance islamique :

Le système financier islamique se base sur la prohibition de certaines activités ainsi que certains principes. Donc, le bon fonctionnement de ce système découle du respect et de l’application de ces principes :

2.2.1 L’interdiction de la « Riba » :

La prohibition de la Riba dans toutes ses formes semble être l'une des conséquences de l'égalitarisme recherché dans la loi musulmane. Cette interdiction est fondée sur l’affirmation que l'argent n'est pas productif.

De point de vue étymologique, le mot Ar-Riba (nom arabe masculin) vient du verbe Raba & Arba qui signifie augmenter et faire accroître une chose à partir d'elle-même.

Du point de vu juridique, la Riba correspond à un surplus ou à un avantage sans équivalent de service rendu, sa réception et sa perception est strictement interdite ainsi que, toute obligation de verser des intérêts est réputée nulle. Cette interdiction résulte de ce verset :

« Ô vous qui croyez ! Ne pratiquer pas l’usure pour multiplier sans cesse vos profits ! Craignez Dieu si vous voulez assurer le salut de votre âme ! » 11

On peut distinguer entre deux types de Riba :

Riba Annassia : ‘Somme payée pour l'usage de capitaux empruntés ou en contrepartie d'un rééchelonnement dans le paiement d'une dette. C'est à dire on donne un crédit, dont le délai accordé pour son remboursement est facturé12 . Riba Annassia est le type le plus répandu dans la société, notamment à travers les crédits, les prêts et les placements proposés par les établissements bancaires et les organismes de financement traditionnels. Il a été rapporté de façon sûre d’après Djâbir que le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) a maudit celui qui

10 Comité indépendant de la finance islamique en Europe (http://www.cifie.fr/les-principes-de-la-finance- islamique/).

11 Coran, Sourate 3, verset 130.

12 La doctrine Malikite, Op.cit p 12.

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se nourrit d'usure (Riba), celui qui la produit, celui qui l’enregistre et celui qui en sert de témoin… Il a dit qu’ils sont tous pareils 13 . Riba Al Fadl : Le surplus reçu lors d’une vente ou échange d'un bien contre un autre de même nature, si les biens sont différents donc il est nécessaire de l’échanger de main à main. Le Prophète (sur lui la paix) a dit : « Vendez de l'or contre de l'argent (les quantités échangées étant) comme vous voulez, à condition que ce soit main à main. Vendez du blé contre des dattes sèches (les quantités échangées étant) comme vous voulez, à condition que ce soit main à main. Vendez de l'orge contre des dattes sèches (les quantités échangées étant) comme vous voulez, à condition que ce soit main à main » 14 .

L’objet de cette prohibition est de construire une société harmonieuse. Elle vise à protéger les plus nécessiteux contre les abus des plus riches. Outre, l’interdiction incite les composantes de la société à travailler tant qu’aucun bénéfice n’est licite que s’il est lie à un effort fourni. Ainsi, la perception du Riba détruira les valeurs et les bienfaisances entres les individus en concrétisant la concentration de la richesse entre les mains d’une minorité ce qu’en résulte l’accroissement de la pauvreté.

2.2.2 L’interdiction de l’incertitude des ventes et de la spéculation :

La sharia exige également, dans les affaires et le commerce, qu'il n'est pas permis de conclure de transaction qui renferme du Gharar. Le Gharar peut être définit comme étant tout flou non négligeable au niveau d'un des biens échangés et/ou qui présente en soi un caractère hasardeux et incertain 15 .

La notion du Gharar est une notion large à saisir 16 , qui englobe l’incertitude, tromperie, risque, ambiguïté…, l’interdiction du Gharar à comme objet, la protection des deux parties contractantes envers une représentation fausse de la marchandise ou d’une interprétation différente. Un contrat entachée d’alea ou Gharar est réputé nul de nullité absolue. On peut citer a titre de preuve une parole du prophète Mohammed (pbsl) : « L'Envoyé de Dieu a interdit de vendre la portée d'une chamelle avant que celle-ci ne mette bas » 17 .

13 Rapporté par Muslim.

14 Rapporté par At-Tirmidhi, Hadith n° 1240.

15 Bla Crédit (http://www.blacredit.com/index.php?option=com_content&view=article&id=177&Itemid=211). 16 G. CAUSSE-BROQUET, La finance islamique, revue banque, paris 2000.

17 Rapporté par Al Boukhari, Mouslim.

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D’autre part, l’islam a obligé le vendeur à révéler les défauts du sous-jacent et préciser exactement l’objet du contrat pour les deux parties, sinon on risque d’avoir deux interprétation de cette objet : chacune des parties désirera le sous-jacent favorable à son intérêt. Le Gharar est considéré comme normal dans une transaction s'il n'est pas excessif et si son impact sur l'économie ou la société est minimal 18 .

Les juristes musulmans justifient également la prohibition du Gharar par la nécessité d’orienter les fonds disponibles au financement de l’économie réelle, au lieu de les laisser alimenter les bulles financières vides de toute productivité et de richesse utile.

Dans le même ordre d’idées, on notera également l’interdiction du Maysir (spéculation). ‘Etymologiquement le Maysir était un jeu de hasard, qui vient de l’adjectif Yassir : qui veut dire facile : avant l'avènement de l’Islam, les arabes considéraient ce jeu comme moyen facile de gagner l’argent’ 19 .

Son prohibition découle de la possibilité pour l’un des contractants de perdre la totalité de sa « mise ». Il désigne toute forme de contrat dépendant d'un événement aléatoire. Ainsi, chaque contrat doit avoir tous les termes fondamentaux (tels que l'objet, le prix, les délais d'exécution et l'identité des parties) clairement définis au jour de sa conclusion. Les juristes musulmans encouragent par ailleurs fortement la satisfaction de toutes les conditions préalables avant la signature du contrat. Ceci différencie clairement les banques Islamiques des institutions de prêt à intérêt, basée sur le principe que l'on peut acheter sans payer et vendre sans détenir, ce qui alimente constamment la spéculation et porte préjudice à la stabilité du système bancaire.

L’interdiction du Maysir est citée dans ces versets : « O vous qui avez cru ! Le vin, la divination par les entrailles des victimes ainsi que le tirage au sort (jeu de hasard : Maysir)

ne sont qu’un acte impur de ce que fait Satan. Évitez-le !

introduire parmi vous les germes de la discorde par l’animosité et par la haine à travers le vin et le jeu (de hasard) et à vous détourner de l’invocation de Dieu et de la prière. Allez vous donc y mettre fin ? » 20

diable ne cherche qu’à

Le

18 La doctrine Malikite, Op.cit p 12.

19 N. MANKAR BENNIS, La Finance Islamique: une alternative éthique étude du cas marocain, 2009 (Mémoire).

20 Coran, Sourate 5, versets 90 et 91.

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2.2.3 La Zakat et l’interdiction de la thésaurisation :

La thésaurisation est « un terme technique économique décrivant une accumulation de monnaie pour en tirer un profit ou par absence de meilleur emploi, et non par principe d'économie ou d'investissement productif » 21 .

Allah, dit : À ceux qui thésaurisent l’or et l’argent sans les dépenser dans la voie de Dieu, fais l’annonce d’un supplice douloureux. Un jour, ces métaux rendus incandescents au feu de l’enfer, leur seront appliqués sur le front, leurs flancs et leurs dos –et on leur dira- voici ce que vous ramassiez, pour vous-même, savourez donc ce que vous avez thésaurisé22 . Ces versets interdisent de thésauriser les richesses sans y prélever les droits d’Allah et sans les dépenser dans ce qui est rentable pour l’individu et la société. L’argent doit normalement circuler entre les gens, en conséquent l’islam incite ses fidèles à distribuer la Zakat et l’aumône pour l’intérêt collectif de la communauté.

La Zakat est un impôt religieux annuel que chaque musulman a l’obligation de régler pour autant qu’il en ait les moyens. Ce devoir fait partie des cinq piliers de l’Islam et est prélevé afin d’aider les plus démunis, permettant d’équilibrer les richesses. Une banque islamique doit créer nécessairement une caisse de la Zakat et concevoir des Comités de la Zakat chargés de prélever l’impôt ainsi que de gérer des fonds conformément aux principes de la sharia. De pus, ce comité est rattaché à la haute direction des entreprises.

2.2.4 Principe de partage des pertes et des profits :

La notion de partage des pertes et profits est un des éléments clés dans le concept de finance islamique car elle est le reflet des valeurs que l’Islam transmet au monde, à savoir la justice, l’égalité sociale et la fraternité. La finance islamique est souvent qualifiée de «participative» car elle permet le partage des risques entre entrepreneur et investisseur.

Le système de Partage des Pertes et des Profits (appelé communément le principe des «3P ») permet d’associer le capital financier au capital humain, et exige que les modalités de partage soient obligatoirement fixer d’avance. Par suite, la participation doit être fixé dans une proportion et non par un bénéfice à la signature du contrat. Et donc, « l’investisseur devra partager toute perte éventuelle à hauteur de son pourcentage avec l’entrepreneur, si celle-ci n’est pas due à une négligence ou une faute grave de ce dernier. Ainsi le client d’une banque

22 Coran : Sourate 9, verset : 34 et 35.

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islamique a pratiquement un statut d’actionnaire dans les investissements liés à ses contrats et son revenu prend la forme de dividende » 23 .

2.2.5 « L’Asset Backing » :

«L’Asset Backing» ou la tangibilité de l’actif est un principe, qui consiste à ce que toute opération doit être obligatoirement adossée à un actif tangible, réel, matériel, et surtout détenu. Il exige que tout contrat soit rattaché à une activité « palpable» pour qu’on puisse renforcer le potentiel en termes de stabilité et de maîtrise des risques et assurer notamment la connexion entre la sphère financière et la sphère réelle.

Ce principe est également une manière pour la finance islamique de participer au développement de l'économie réelle par la création d'activité économique dans les différents domaines.

2.2.6 Investissement/Financement éthique :

La sharia exige qu’on n’investie/finance que les activités licites. Par suite, la prise de participation sous la forme d’actions dans les entreprises dont les activités sont illicites est interdite. En d’autres termes, les sous-jacents de tous types de contrats doivent être conforme aux impératifs moraux et religieux tels qu’ils sont dictés par l'Islam.

Et donc est Haram (interdit), tout investissement dans les secteurs suivants : l’industrie du tabac, l’industrie de l’alcool et du vin (et bien sûr les drogues), l’industrie porcine (restauration, industries agroalimentaires, élevage…), l’industrie de l’armement (exception faites pour les Etats), les services financiers non islamiques (banques, assurances, obligations…), L’industrie du divertissement (casinos, jeux du hasard, pornographie

24

L’examen de la compatibilité des investissements et des financements avec la sharia peut s’avérer parfois complexe (ex. :l’investissement dans un hôtel vendant de l’alcool), mais c’est en faveur du développement durable et de l'investissement socialement responsable de la société musulmane.

23 I. BENLAHMER, La finance islamique face à la crise, 2010 (Mémoire).

24 En Islam se divertir par des choses licites sans que cela soit au dépend des obligations religieuses est autorisé.

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Section 3 : La crise financière et la finance islamique :

temps,

mais c’est le résultat d’une succession des événements économiques, débutant par la crise

des subprimes, arrivant au krach boursier 2008.

La

crise

financière

des

Etats-Unis

en

2007,

n’est

pas

le

fruit

du

La mondialisation a accéléré la propagation de l’influence de la crise financière américaine à tous les pays développés et les pays en développement, cette crise a été marquée par une aggravation sur divers aspects économiques.

3.1. Les origines de la crise financière 25 :

La crise financière débutée en 2007, prend ses origines de la variabilité de la politique monétaire américaine au cours des années 2000. Pour relancer l’économie nationale et fournir de la liquidité, la banque centrale américaine ou ce qu’on appelle la réserve fédérale (Fed) a baissé le taux d’intérêt à 1 % en 2003. Par conséquent, les établissements financiers ont accordé des crédits moins fiables, c'est-à-dire, les banques accordent des prêts Hypothécaires (prêts immobiliers) à des millions des foyers américains à faibles revenus. En contre partie, les prêteurs mettent leurs biens immeubles en gage comme garantie pour les banques.

D’autre part, les agences de notation ont attribué la meilleure note aux crédits hypothécaires, ce qui a encouragé les banques à titriser ces crédits et les échanger sur les places boursières. Cette titrisation s’est très vite étendue au système financier international. En effet, un nombre très important des banques étrangères d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient ont acheté des titres hypothécaires, profitant de l’évolution du marché d’immobilier américain à l’époque (la hausse des prix immobiliers).

En 2006, la Fed a augmenté le taux d’intérêt à 4,5 %, afin de réduire les pressions inflationnistes, suite à cette augmentation soudaine les ménages se trouvent incapables à payer leurs dettes, ce qui a poussé les banques à vendre les biens immobiliers pour récupérer l’argent prêté, entrainant une augmentation de l’offre sur le marché et introduisant une chute des prix, autrement dit la valeur de la propriété vendue est beaucoup moins que la valeur des prêts. Donc la banque se trouve incapable à renforcer ses engagements financiers.

25 P. SALIN, «la crise financière : causes, conséquences et solutions », Institut Libéral, 2009.

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Par conséquent, il y a eu une crise de liquidité. C’est là où réside la crise des subprimes en 2007.

3.2. Les conséquences de la crise financière 26 :

Après la crise des subprimes en 2007 et en raison d’une crise de méfiance, les banques ne veulent plus prêter de l’argent entre elles. Donc les banques se voient contraintes de vendre leurs actifs, pour qu’elles puissent continuer leur activité. La vente massive des actifs entraine une dépréciation de leurs prix et provoque une chute brutale des valeurs sur le marché boursier (Krach boursier en 2007-2008).

En une semaine, du 09 au 16 août 2007, les principaux indices boursiers ont eu une baisse brutale. À ce niveau, les banques centrales interviennent par l’injection de l’argent en vue de permettre aux banques de récupérer de la liquidité à très faible taux. Le 09/08/2007, la Banque centrale européenne a injecté 94,8 Milliards d’Euro dans le système financier européen. Ainsi, la Fed a injecté 24 Milliards de Dollar américain. À fin, d’éviter l’effondrement général du marché financier et les faillites en cascade.

La crise financière a affecté l’activité économique par le biais des difficultés rencontrés au niveau de l’obtention des crédits, les entreprises n’ayant plus les crédits souhaités pour financer leur plan de développement, réduisent leurs activités et licencient une partie plus ou moins importante de leur personnel. Par conséquent, on assiste à une récession économique débutée aux Etats-Unis, qui se propage en Europe et dans les pays émergents.

D’abord, c’est le secteur d’immobilier qui était touché, suivi du secteur automobile dans lequel les entreprises annoncent des baisses de leurs bénéfices, même des pertes en 2008, donc ces entreprises sont amenés à mettre des salariés au chômage technique ou bien à les licencier purement et simplement.

La diffusion internationale de la crise est vue comme le résultat de la globalisation financière, du fait que les pays en développement, bien qu’ils ne soient pas à l’origine de la crise financière et économique ont été frappé par les répercussions de la crise. Ces pays ont subi à un degré plus ou moins élevé, la baisse des transferts des migrants et la tension sur le taux d’intérêt et le taux de change.

26 M. BENHAMMOU, L’impact de la crise économique internationale sur le développement économique et social en Afrique, Tanger, 2009.

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D’une part, il y avait une chute des investissements directs étrangers (IDE), les investisseurs devaient faire face aux manques de liquidité. Selon les estimations, les apports mondiaux d’IDE ont diminué de 20% en 2008.

Ainsi, la crise a causé un fort ralentissement de la croissance du tourisme international à travers le monde en 2008 (le déclin de la croissance des touristes internationaux arrivées

2007-2008).

Il paraît dans certain pays, que le développement des infrastructures en particulier était retardé ou annulé, en conséquences directes de l’effondrement de l’accès aux crédits, les échanges commerciaux avaient baissé par l’absence de possibilité de crédit, autant que la demande des pays emprunteurs pour l’obtention de support financier a affiché une croissance significative.

La crise économique a impacté fortement la seine économique des pays fortement

dépendants des ressources naturelles (Cuivre, Pétrole, Bois,…

ressources a conduit à une baisse importante des recettes d’exportation. Ainsi, au second semestre de 2008, les prix des produits de base hors énergie ont diminué de 38%, avec une baisse remarquable des prix des produits alimentaire, des matières premières agricoles et des métaux.

Le déclin des prix de ces

).

En effet, la crise économique se transformait rapidement en une crise sociale. Au premier semestre de 2008, il avait une crise alimentaire. La hausse des prix des produits de première nécessité a influencé la consommation des populations. Suite à l’augmentation prodigieuse du taux de chômage et son impact sur le pouvoir d’achat des consommateurs, entre 55 et 90 millions des africains étaient sous le seuil de la pauvreté en 2009.

3.3. La finance islamique en face de la crise financière 27 :

Dans le contexte de doute sur le mode de fonctionnement traditionnel des marchés financiers, que la finance islamique est apparue, comme un relais de croissance et de liquidité pour les économies en difficulté depuis la crise des subprimes. La finance islamique a démontré une solidité puisque seules les banques islamiques n’étaient pas touchées par la crise.

27 H. HOUSSA, la finance islamique : est elle une alternative à la finance conventionnelle face à la crise, 2012 (mémoire).

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En effet, grâce à une véritable traçabilité de ses transactions et son appartenance à la famille des finances qui prônent des valeurs morales et éthiques, la finance islamique peut améliorer la vie de l’Homme et établir l’équité sociale.

On peut dire que la finance islamique est une finance rassurante, car elle se base sur le principe de « 3P », donc le choix d’un projet à financer exige une étude de faisabilité et une évaluation technique et financière, de plus les banques islamiques accompagnent les entrepreneurs à maximiser la rentabilité économique du projet, autant que les banques conventionnelles ne prennent aucun engagement.

Ces dernières années, la finance islamique a commencé à gagner de la place et la confiance pour alterner le système conventionnel, puisqu’elle pourrait apporter des solutions aux problèmes et fardeaux qui entravent le développement des pays : chômage, dégradation des pouvoirs d’achat, logement,

Par ailleurs, l’application d’un système financier islamique sera bénéfique pour tout Etat, car elle a la capacité d’attirer des investissements en provenance des pays du Golf, qu’ils ont la particularité de posséder des portefeuilles sans risque et liquides.

La finance islamique connait un essor en raison de la forte demande des musulmans qui cherchent des services financiers qui représentent les principes islamiques. Toutefois, les non musulmans sont aussi intéressés par les valeurs morales et les garanties moins risquées offertes par le système financier islamique. Dernièrement les banques islamiques britanniques ont enregistré une hausse de la clientèle non musulmane.

L’industrie de la finance islamique a connu une diversification et une croissance annuelle deux fois plus rapide que celle de la finance conventionnelle. En effet, l’expansion rapide de la finance islamique reflète son degré de compétitivité et sa capacité à répondre à l’évolution de la demande des particuliers et des entreprises, et à résister aux aléas d’un environnement difficile et dynamique.

En bref, la finance islamique peut constituer une source de financement et un levier de croissance et de développement incontournable vu les opportunités qu’elles offrent.

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Section 4 : Les produits de la finance islamique :

4.1. Les produits de financement :

4.1.1. Al Murabaha :

« La Murabaha ou « Bay Al Moajjal », dans la littérature classique du fiqh, se réfère à une vente contre un paiement différé (soit en une seule fois, soit à tempérament). Et donc, c’est un contrat par lequel une banque participative acquiert un bien meuble ou immeuble en vue de le revendre à son client à son coût d’acquisition plus une marge bénéficiaire convenue d’avance » 28 . Le règlement par le client est effectué selon les modalités convenues entre les parties.

Dans cette opération, la banque supporte les risques liés à la détention de l’actif et ceci constitue la principale justification de sa marge. Par ailleurs, le créancier se rémunère par le biais d'une majoration du prix d'achat du bien. Le montant de la marge bénéficiaire ne varie pas dans le temps : il est fixé au préalable et ne varie pas pendant la durée du financement.

À la différence du système conventionnel, la Mo*urabaha prévoit une double cession au lieu d’un emprunt avec intérêt.

4.1.2. Al Ijara :

C’est tout contrat selon lequel une banque participative met, à titre locatif, un bien meuble ou immeuble déterminé, identifié et propriété de cette banque, à la disposition d’un client pour un usage autorisé par la loi. 29

L’Ijara peut revêtir l’une des deux formes suivantes :

Al Ijara tachghilia : consiste en une location simple ;

Al Ijara wa l’Iqtinae : est l’équivalent du contrat crédit-bail. Toutefois, ce qui le diffère au crédit bail, c’est l’absence de pénalité en cas de non paiement mensuel ou en cas de retard car la sharia réfute de pénaliser un débiteur de bonne foi déjà en difficulté.

28 T.HARI, Le projet de loi sur la finance islamique adopté en Conseil de gouvernement, LesECO édition du 17-

01-2014.

29 N. BOUAYAD AMINE, Le développement de la finance islamique au Maroc : quelles adaptations du cadre législatif et réglementaire ?

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Cette technique est souvent utilisée, à moyen ou à long terme, par la banque pour le financement de biens de consommation durables ;

L’Ijara Mawsufah Fi Al Dhimmah : Cette technique permet aux financiers d’être rémunérés (par le versement de loyers anticipés) avant même qu’un actif ne soit disponible à la location au titre d’un crédit-bail, d’une location ou d’une vente.

Les financiers islamiques ont donc la possibilité de participer au financement ou au développement de projets en leur fournissant une rémunération pendant la période de construction. Les loyers anticipés sont pris en compte lors du calcul du montant des loyers perçus pendant la phase de location. Techniquement, ces paiements doivent être remboursés si le bailleur ne met pas les actifs à la disposition de son client au jour de l’achèvement de la construction. 30

4.1.3. Al Salam :

C’est une vente avec livraison différée qui consiste à ce que l’acheteur paie au comptant le prix négocié à l’initiation du contrat. Le vendeur livre le bien à terme. Afin d’éviter toutes confusions, le vendeur signe une promesse de livraison à l’acheteur en déterminant les modalités de la vente (nature des marchandises, quantités, prix, délais et modalités de livraison et/ou de vente).

‘Ce contrat est une exception, car la finance islamique interdit, en principe, la vente d'un bien non-existant car celle-ci implique le hasard « Gharar ». Mais, pour faciliter certaines opérations, notamment dans l'agriculture, des exceptions ont été accordées.’ 31

A l’époque du Prophète, le commerce saisonnier et l’agriculture constituaient les fondements de l’économie islamique. Il était courant d’effectuer des contrats Salam. C’est pour cela, le Prophète autorisait aux fermiers de vendre à terme leurs produits agricoles non encore récoltés. Les fermiers pouvaient ainsi utiliser l’argent, payé par les acheteurs, comme capital pour commencer à cultiver. À l’échéance, le fermier livrait la quantité convenue de produits à l’acheteur. 32

30 S. HERBERT, Guide de la finance islamique, 2009.

31 W. MZID, La Finance islamique : Principes fondamentaux et apports potentiels dans le financement de la croissance et du développement.

32 Le système bancaire islamique : Guide à l’intention des petites et moyennes entreprises, Genève, 2009.

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L’avantage du Salam s’explique par le fait que les pourvoyeurs de fonds peuvent se prémunir contre le risque d’inflation et s’assurer un approvisionnement en temps opportun.

4.1.4. Quard Al Hassan « Bon prêt » :

C’est un prêt accordé à la seule condition de rembourser le montant nominal au moment où le bénéficiaire en est capable. Il ne suppose aucun profit pour la banque et se limite à des fins de consommation. La banque accorde ce prêt à des clients pour l’acquisition d’un bien de consommation, ou tout simplement pour faire face à une dépense familiale imprévue. On comprend que les banques islamiques n’accordent qu’exceptionnellement des prêts à des fins de consommation. 33

4.1.5. Al Istisnae :

Un contrat par lequel une partie demande à une autre de lui fabriquer un objet moyennant un paiement, échelonné ou à terme. « A la différence du « Salam » qui porte uniquement sur des marchandises dont le paiement intégral doit être effectué d’avance, l’Istisna est un contrat utilisé pour la construction ou la fabrication de biens (conformément à un cahier des charges précis) dont le prix est convenu à l'avance et payé graduellement tout au long de la fabrication » 34 . Les modalités concrètes du paiement sont déterminées par les termes de l'accord passé entre l'acheteur et le vendeur.

4.2. Les produits participatifs :

4.2.1. Al Mudharaba :

Un contrat qui représente "une association entre deux parties en fonction de laquelle l’un des deux parties, l’agent (Al-Mudharib), s’applique entièrement à la fructification du capital avancé entièrement par l’autre partie, le propriétaire (Rabb-Al-Maal), et dont les bénéfices sont partagés dans des proportions définies". Cette association est basée sur le capital, le travail, la confiance, le risque et la fidélité. 35

33 A. ELMOHANDIZ, Système bancaire islamique, 1999. Portail.Microfinance(https://www.lamicrofinance.org/resource_centers/diversification/produits/islamiqueprint). 35 Le système bancaire islamique, op.cit p 23.

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Il faut noter que le financement se fait par une seule partie, et l’autre partie fournit son expertise et sa gestion.

4.2.2. Al Mucharaka :

« Al Mucharaka » est la traduction de « association » Cette technique peut être décrite comme l’équivalent d’un contrat de partenariat entre deux partenaires qui investissent ensemble dans un projet. Les partenaires partagent les profits et les pertes selon des proportions prédéfinies.

Contrairement à Al Mudharaba, le capital appartient à tous les partenaires. Il en découle que chacun peut participer à faire fructifier le capital et qu’aucun d’eux ne peut prendre une décision sans avoir au préalable consulté les autres.

4.3. Les produits non bancaires

4.3.1. Les Sukuks :

Le « Sakk » est un produit financier adossé à un actif tangible et à échéance fixe qui confère un droit de créance à son propriétaire. Celui-ci reçoit une part du profit attaché au rendement de l’actif sous jacent (qui doit être obligatoirement licite).

Les Sukuks sont ainsi des produits financiers, qui s’apparentent aux obligations. Ils sont structurés de telle sorte que leurs détenteurs courent un risque de crédit et reçoivent une part de profit et non un intérêt fixe. 36 Les produits sous-jacents des Sukuks peuvent être représentés par des contrats tels « l’Ijara », la « Mucharaka » ou la « Mudharaba ». Les Sukuks sont donc soit des titres de créances (obligations), soit des titres de capital ou des prêts indexés sur la performance de l’actif sous-jacent.

On distingue deux types d’émissions de Sukuks : 37

Souverain : Emis par un Etat.

Corporate : Emis par une société, banque.

36 D. BEN JEDIDIA, L’intermédiation financière participative des banques islamiques, Les cahiers de la finance islamique, 2012

37 http://www.lesechos.fr/finance-marches/gestion-actifs/0203586771247-finance-le-sukuk-obligation-conforme-

a-la-loi-islamique-arrive-au-luxembourg-1016243.php.

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Vu qu’ils sont adossés à des actifs, les Sukuks sont en mesure de financer le développement des infrastructures, et de nombreux pays émergents envisagent de financer leurs projets par l’émission des Sukuks.

4.3.2. L’assurance Takaful :

Takaful dérive du verbe arabe « Kafalah » : garantir, c’est un concept d’assurance basé sur la coopération et la protection et sur l’aide réciproque entre les participants. L’importance de ce concept se manifeste clairement dans ce verset : « Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Dieu, car Dieu est, certes, dur en punition ! » 38 .

D’un point de vue juridique, Takaful est un contrat par lequel une personne, l’assureur, promet et s’engage, moyennant le paiement d’une prime ou cotisation, d’indemniser, une personne, l’assuré ou un bénéficiaire tiers, en cas de réalisation d’un risque. 39

Dans l’assurance « Takaful », Il est obligé de séparer les fonds des actionnaires et des participants. En effet, les actionnaires ne doivent ni profiter, ni réaliser de perte sur les opérations d’assurance. Compte tenu à l’interdiction de la prise excessive de risque « Al Gharar » et au paiement et réception d’intérêt « Al Riba », la prime d’assurance prend la forme d’une donation « Tabarru » à la communauté des assurés pour leur intérêt mutuel. Ces donations doivent couvrir l’ensemble des charges techniques et les frais de gestion. L’opérateur n’est qu’un manager des contributions de la communauté des participants et doit calculer toutes les charges d’exploitation et les faire supporter par le fonds.

La compagnie Takaful s’engage à redistribuer les bénéfices à ses participants. Il y a deux options acceptables : distribuer à tous sans exception ou distribuer à ceux qui n’ont pas eu de sinistres (similaire à un bonus). Les actionnaires ne peuvent pas percevoir une partie du bénéfice technique. En cas de perte, ils doivent avancer un prêt sans intérêt au fonds des participants, remboursable sur les profits techniques futurs.

Aux premiers temps de l’Islam, un ensemble de pratiques ayant pour objectif la compensation ou l’indemnisation les pertes en les répartissant au sein du groupe :

38 Coran, Sourate 5, verset 2.

39 M. BOULIF, L’assurance islamique (TAKAFUL) : Du concept historique à l’émergence d’un marché, Workshop Takaful - 19/01/2012.

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Marchands de La Mecque : fonds d’assistance aux victimes de désastres naturels ou mésaventures des caravanes ; Daman Khatar Al-Tariq : garantie/caution pour couvrir les pertes durant les voyages des caravanes de commerçants ; Aqila : pratique d’indemnisation à la famille de la victime d’un meurtre.

Tant que le contrat Takaful doit être conforme aux règles de la charia, il n’y a pas de place ni pour l’intérêt (interdiction du Riba), ni pour les investissements illicites (Haram) d’autre part on trouve le partage des profits et des pertes (Mudharaba) et la délégation de gestion par contrat d’agence (Wakala).

Il existe trois modèles de la mise en pratique du Takaful, la principale différence entre les différents modèles étant le mode de détermination de la rémunération de l'opérateur Takaful :

Modèle de Moudharaba : dans un modèle Moudharaba, le gestionnaire Takaful agit

en tant que ‘Mudharib’ (entrepreneur) et les participants comme ‘Rabb-Al-Maal’ (apporteurs de capitaux). Le contrat précise comment les gains générés par le placement et/ou les excédents de l’opération Takaful seront répartis entre l’opérateur Takaful et les participants,

après déduction de toutes les charges techniques, frais de gestion et autres frais généraux. Les pertes sont à la charge des seuls participants en tant qu’apporteurs de capitaux ;

Modèle de Wakala : Dans ce modèle, le gestionnaire Takaful ne participe pas

directement au risque supporté par le fonds ni à aucun excédent/déficit du fonds. En revanche, l’opérateur agit en tant que ‘Wakeel’ reçoit une commission fixe dite Wakala, qui rémunère sa gestion de l’opération pour le compte des participants, et représente généralement un pourcentage des cotisations payées. le pourcentage des primes est décidé annuellement ;

Modèle hybride des deux : la combinaison des 2 modèles :

Wakala pour la souscription.

Moudharaba pour l’investissement.

Par ailleurs, pour garantir une conformité du contrat aux règles de la sharia, toute la procédure est contrôlée par des structures dédiées, qui sont : la direction classique du conseil

d’administration et ses assistantes qui veillent à la gestion quotidienne de la société et « la Sharia Board ».

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Chapitre 2 : Le cadre réglementaire de la finance islamique au Maroc :

Dans ce chapitre, nous allons d’abord définir les différents éléments qui représentent le droit musulman. Ensuite nous allons présenter la sharia board. Puis, nous allons faire un coup d’œil sur les lois de titrisation et le dernier amendement de celles-ci. En outre nous allons parler du cadre juridique de la finance islamique. Dans la dernière section de ce chapitre nous allons faire une comparaison entre le système bancaire conventionnel classique et l’islamique.

Section 1 : Le droit musulman ‘Sharia’ :

Afin de comprendre les particularités de la finance islamique, il est nécessaire de connaitre ses sources. La loi islamique ou Sharia est la justification des comportements acceptables dans la vie du musulman en économie comme dans tout autre domaine, car « l’homme n’est pas dans une position de distribuer les ressources de la façon qu’il veut. Il existe une limitation morale sérieuse imposée par le Saint Coran et la Sunnah sur les pouvoirs des individus imprégnés par les valeurs de l’islam » 40 .

La sharia a l’habilité d’évoluer et de se développer pour résoudre et gérer les actualités du monde musulman. Certes, les principes généraux sont les mêmes à travers le temps. Les principes islamiques fondamentaux qui étaient valides hier, sont valides aujourd’hui et seront valides demain. 41

Les quatre principales sources de la sharia sont, par ordre d'importance, les suivantes :

Le Saint Coran : Il constitue la première source en termes de loi. Tout élément tiré d'autres sources juridiques (ci-dessous) doit impérativement être en totale conformité avec le Coran qui est le livre sacré qui représente la base du droit musulman. Il contient les paroles de Dieu directement révélées au Prophète Mohamed, en langue arabe, il est inimitable et ceci jusqu’à la plus petite sourate. Il est transmis de génération en génération (Tawaatour). Le Coran est la constitution des pays. ‘Il n'évoque les préceptes et les règles qu'avec des textes sommaires et ne s'engage que très peu dans les développements et les détails sur la

40 F. ABDELMALEK, La place de la finance islamique dans le financement des petites et moyennes entreprises en Algérie, 2012 (Mémoire).

41 M. NAIT SLIMANI, Finance islamique et capital risque (capital investissement) : Perspectives de financement participatif pour la création et le développement des PME, 2013 (Mémoire).

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manière de procéder’ 42 . Il est la parole d’Allah dans sa forme et dans son sens. Il a un niveau d’éloquence en dehors des capacités humaines d’où son inimitabilité.

La Sunnah du Prophète Mohammed (pbsl) : Ce terme s'emploie pour désigner ce qu'on a rapporté du Messager (paix et bénédictions d'Allah sur lui) comme parole, acte ou approbation. La Sunnah vient immédiatement après le Coran en rang dans les sources de la législation. Elle comporte l'explication de ce qui y est concis, l'élucidation de ce qui y est vague, la restriction de ce qui y est absolu et traite ce qui n'y est pas évoqué. La Sunnah est donc une source indépendante de la législation qui comporte des préceptes et des règles qui ne sont pas nécessairement évoqués dans le Coran. La distinction entre la Sunnah et le hadith est que ce dernier est narratif, rapportant ce que le prophète a dit, fait, approuvé ou désapprouvé. Alors que la Sunnah est la pratique du prophète (paix et salut sur lui), c’est les normes comportementales. 43 L’Ijmaa : C’est l’unanimité des érudits de la religion, sur une règle légale islamique précise, à une époque donnée à partir des compagnons du prophète. Ce consensus est la résultante de la compréhension, de l’interprétation et de l’application du Coran et de la Sunnah. C’est un mécanisme permettant d’entreprendre des législations collectives pour suivre les évolutions et les changements. C’est la troisième source de législation se situant après la Sunnah. 44 L’ijtihad : C’est le raisonnement et le jugement personnel par les savants de l’Islam. Il englobe l’opinion (Ra’y) et l’analogie authentifiée (Qiyas). « Il consiste à affecter, sur la base d'une caractéristique sous-jacente commune, la règle juridique d'un cas existant trouvée dans les textes du Coran, de la Sunnah et/ou de l'Ijmaa à un nouveau cas dont la règle juridique n'a pas pu être clairement identifiée. C’est un élément important qui assure la dynamique de la Sharia » 45 .

Section 2 : La surveillance de conformité à la sharia :

Etre conforme à la sharia est une exigence pour tous les produits islamiques qui seront lancé dés que les institutions financières islamiques obtiennent l’agrément de Bank Al Maghrib. La mission de vérification de cette conformité sera confiée au Conseil Supérieur des Oulémas, après avoir abandonné l’idée de la mise en place d’un comité sharia ou ‘Sharia

42 M. NAIT SLIMANI, op.cit p 28.

43 N. MANKAR BENNIS, op.cit p 15.

44 Idem (43).

45 F. ABDELMALEK, op.cit p 28.

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Board’ qui été supposé d’être chargé notamment de se prononcer sur la conformité des opérations et produits présentés au public ou encore de répondre aux consultations des banques participatives 46 .

Le Conseil supérieur des Oulémas est la première autorité religieuse du Maroc qui a le monopole des consultations religieuses (fatwas), il est présidé par le Roi en sa qualité constitutionnelle de Commandeur des croyants (Amir Al Mouminine). Celui-ci a été crée en 1981, mais il ne s'est jamais réunie avant les années 2000. En mai 2004, sa composition est modifiée avec la nomination d'une femme et des membres qui ne sont pas exclusivement présidents de conseils d'oulémas locaux. 47

Tant que, le processus prévu pour le travail des membres du conseil supérieur des Oulémas, reste indéfini, on se limite par l’étude de l’organe similaire (la Sharia board) en se basant sur les modèles des pays précurseurs.

Le comité sharia est un organe composé des savants musulmans qui ont une connaissance approfondie des sources de la sharia. En d’autres termes, les membres de cette comité sont tous des théologiens et des experts possédants une excellente maitrise du fiqh al mouâmalât (jurisprudence des affaires) et des connaissances dans le domaine de la finance conventionnelle. 48

En générale, les principales missions d’un comité sont les suivantes : 49

Conseiller et assister les institutions qui désirent réaliser des opérations de finance islamique dans l’élaboration des contrats et des produits qui soient en conformité avec les principes du droit musulman. « Le processus de certification d'un produit passe par les questions typiques suivantes : 50

Les termes de la transaction sont ils conformes à la sharia ?

Est-ce le meilleur investissement pour le client?

L’investissement envisagé produira-t-il de la valeur ajoutée pour le client ? Pour la communauté ? Pour la société dans lequel le client est actif ?

46 Finance islamique: La loi crée un mini régulateur, L’économiste, Édition N° 4194 du 2014/01/20.

47 http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_sup%C3%A9rieur_des_Oul%C3%A9mas_%28Maroc%29.

48 M. OULD SASS, Les Comités de la Charia : historique, constitution et pouvoir, 2011.

49 http://www.finance-muslim.com/2009/04/role-fonctionnement-sharia-board/comment-page-1.

50 La doctrine Malikite, op.cit p 12 .

30
30

En tant que gestionnaire de fonds, la banque effectuerait elle la transaction de la même manière qu’elle le ferait si elle agissait pour son propre compte ? »

Analyser la documentation légale et les caractéristiques des produits sharia compatibles élaborés par les équipes de développement des établissements financiers pour s’assurer notamment qu’ils respectent, entre autres :

les impératifs d’honnêteté, d’intégrité et d’équité (à travers le juste partage des risques notamment) entre les différentes parties,

l’interdiction de l’abus, de la tromperie et du mensonge,

l‘interdiction de contribuer directement à des opérations illicites dans la sharia (comme l’investissement dans une société qui a pour activité principale la production d’alcool par exemple),

l’interdiction de l’intérêt,

la

nécessité

de

contreparties.

l’absence

d’incertitude

et

d’aléa

majeur

au

niveau

des

Émettre son avis (Fatwa) de sharia compatibilité au terme des échanges avec les responsables de l’institution financière, lorsque les éventuelles modifications requises dans la structuration des produits ou autre ont été apportées ;

Procéder à l’audit régulier des produits sharia compatibles pendant leur durée de vie afin de s’assurer que, dans la pratique, les normes imposées pour la validité et le caractère licite de chacune des opérations réalisées sont effectivement respectées. En effet, il suffit parfois d’une modification mineure dans le déroulement des différentes phases composant une transaction pour rendre celle-ci classique : dans le cadre d’une Murabaha par exemple, où le financeur achète un bien sur demande de son client pour le lui revendre avec une marge bénéficiaire déterminée (ce montage constitue une alternative au crédit à la consommation), si la marchandise acquise est revendue avant que l’intermédiaire en prenne possession (directement ou par le biais d’un agent), c’est l’ensemble de l’opération qui n’est plus sharia compatible ;

31
31

Adopter les mesures requises en cas de non respect des conditions imposées dans la mise en application d’un produit au sujet desquels un avis de sharia compatibilité a été émis ;

Réaliser des rapports annuels afin de confirmer le caractère sharia compatible des opérations réalisées par les institutions financières. Ces rapports sont déterminants pour rassurer les investisseurs et clients.

On

distingue

trois

différents

modes

de

gouvernance

de

la

sharia,

qui

varient

sensiblement entre les différents pays à composante financière islamique: 51

Un comité de sharia central au niveau des autorités financières avec un comité de sharia au niveau de chaque institution financière islamique. (Modèle Malaisien) ;

Des conseillers sharia individuels et des inspecteurs de la conformité à la sharia au niveau de chaque institution financière islamique et d’un comité de sharia central au niveau des autorités financières. (Modèle Pakistanais) ;

Un comité de la sharia au niveau de chaque institution financière islamique en l’absence d’un comité central au niveau des autorités financières. (Modèle Moyen Oriental)

De plus, il est important de distinguer entre les SAB (Sharia Advisory Board) et les SSB (Sharia Supervisory Board) : 52

Les SAB (Sharia Advisory Board) sont les comités ayant pour mission l’émission de fatwas sans pour autant exercer un contrôle pour s’assurer de la conformité de l’institution financière aux principes de la sharia.

Les SSB (Sharia Supervisory Board) sont les comités ayant pour mission l’émission de fatwas et le contrôle de la conformité à la sharia.

Au niveau des autorités financières nationales, le comité de sharia central est essentiel pour veiller à la conformité des pratiques financières islamiques au sein de son territoire par rapport aux principes de la sharia. Il a un droit de regard sur l’ensemble des institutions financières islamiques agréées. De plus, un comité de sharia central a le pouvoir d’opposer les

51 A. TAHIRI JOUTI, la Standardisation et l’harmonisation des pratiques financières islamiques, Le deuxième Forum international de l'industrie de la finance islamique : les Mécanismes visant à rationaliser l'industrie de la finance islamique, Décembre 2013 (Intervention). 52 Idem.

32
32

normes et standards internationaux sur les institutions financières islamiques nationales en prenant en considération les spécificités locales. En effet, le comité central exerce un contrôle sur les comités au niveau des institutions financières islamiques. 53

Au niveau des institutions financières islamiques, le contrôle interne de la sharia est nécessaire pour renforcer et s’assurer de la conformité intégrale de l’institution financière aux principes islamiques. Si le comité central de sharia monopolise les fatwas, les comités sharia au niveau des institutions financières islamiques jouent le rôle de supervision et de contrôle de la conformité par rapport aux règles imposées par les autorités financières. 54

Les autorités financières nationales jouent le rôle principal dans l’opposition des normes aux institutions financières islamiques au sein de leur territoire. Mais, on trouve que chaque pays a un mode de gouvernance de la sharia, qui est peut être différent de celui de son voisin. Donc, à fin d’harmoniser et standardiser les pratiques financières islamiques, plusieurs institutions et organisations internationales s’occupent de l’étude, l’émission et la recommandation des standards pour l’industrie financière islamique. Donc, dans le cadre des systèmes internationaux de surveillance des institutions financières islamiques, nombreuses organisations internationales vont se collaborer :

L’Accounting (AAOIFI):

and

auditing

Organization

of

Islamic

Financial

Institution

L’AAOIFI(ou la comptabilité et l’organisation d’audit pour les institutions financières islamiques) est une organisation située à Bahreïn, à but non lucratif, créée pour promouvoir les principes de la sharia auprès des institutions financières islamiques et des autres acteurs du secteur. 55

AAOIFI a publié 88 normes dans les domaines de la sharia, la comptabilité, l’audit, l’éthique et la gouvernance de la finance islamique internationale. Ses normes sont le fruit d’un consensus entre les jurisconsultes islamiques modernes. Ils sont actuellement suivis par la plupart des grandes institutions financières islamiques à travers le monde et ont introduit un

53 http://www.lescahiersdelislam.fr/Les-dispositifs-de-standardisation-des-pratiques-financieres-

islamiques_a515.html.

54 Idem (53).

55 http://www.blog.sami-aldeeb.com/2011/08/13/reflexion-historique-de-la-finance-islamique-un-marche-de-

plus-de-700-milliards-us/.

33
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degré

islamique. 56

progressif

d’harmonisation

des

pratiques

internationales

en

matière

de

finance

La certification AAOIFI garantit la conformité à la sharia. Le processus de cette certification implique une révision périodique régulière qui s’effectue sous la supervision d’un comité de savants islamiques de conseil de normalisation AAOIFI 57 .

Celui-ci propose aussi des formations spécialisées en audit de conformité avec la sharia aux jurisconsultes modernes. Ces jurisconsultes peuvent aider et conseiller les clients et les banques, à concevoir de nouveaux produits tout en s’assurant que leurs activités soient compatibles avec la sharia.

En ce qui concerne la conception de nouveaux produits, la banque islamique commence généralement par une description du produit en précisant l’intérêt de sa création, son utilité, son fonctionnement et les considérations juridiques connexes, en collaboration avec des jurisconsultes de la sharia. Lorsqu’un accord est trouvé sur la description initiale du produit, le jurisconsulte rend une fatwa (décret religieux) définitive approuvant ou rejetant le produit. Si le produit satisfait les normes de l’AAOIFI, la procédure a toutes les chances de suivre son cours sans problème. Parfois le concept et la proposition initiale seront testés sur le marché à travers un test d’une situation réelle. Cela permet de préciser les points de force et celles de faiblesse pour pouvoir ensuite aboutir à la description du produit final. Dans le cas contraire, la procédure peut se compliquer car le jurisconsulte de la sharia devra déterminer sur quels points le produit s’écarte des normes convenues par ses pairs 58 .

En ce qui concerne la conformité avec la sharia, le jurisconsulte vérifie la comptabilité des produits et services de la banque ou de l’entreprise. Il s’assure que l’entreprise respecte les fatwas qui régit ses opérations, et qu’elle reste en tout temps conforme à la sharia.

L'Islamic Financial Services Board (IFSB) :

Le Conseil des services financiers islamiques (IFSB) est une organisation internationale basé à Kuala Lumpur qui a été officiellement inauguré le 3 Novembre 2002 59 . « Sa structure

56 RIBH, Le journal de la finance islamique (http://ribh.wordpress.com/2013/02/20/laaoifi-et-ernst-young-vont- cooperer-pour-la-certification-des-logiciels-de-finance-islamique/).

57 Idem (56).

58 Le système bancaire islamique, op.cit p 23.

59 A. AYADI, Assurance islamique Takaful non-vie en Tunisie : Spécificités et tendances de la présentation des Etats financiers, 2013 (Mémoire).

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organisationnelle se constitue de l’assemblée générale qui regroupe l’ensemble des membres de l’institution, du conseil, du comité technique (constitué de 15 personnes élues par le conseil pour une durée de 3 ans) et du secrétariat général. Le comité technique se constitue des groupes de travail et du comité d’édition qui se charge de la traduction des normes de l’anglais à l’arabe » 60 .

Ce conseil favorise et améliore la solidité, la stabilité et le développement d’une industrie prudente et transparent des services financiers islamiques par l'émission de nouvelles, ou l'adaptation des normes internationales existantes compatibles avec les principes de la sharia et en recommander l'adoption, en faveur des agences de supervision et de régulation dans le but d'intégrer la finance islamique dans le système financier international.

L'IFSB mène également des recherches et coordonne les initiatives sur les questions liées à l'industrie des services financiers islamiques, ainsi que des tables rondes organisée, séminaires et conférences pour les régulateurs et les acteurs de l'industrie. 61

L’IFSB est activement impliquée dans la promotion de la prise de conscience des questions qui sont pertinentes ou avoir un impact sur la réglementation et la surveillance de l'industrie des services financiers islamiques. Cela prend principalement la forme de conférences internationales, des séminaires, des ateliers, des formations, des rencontres et des dialogues mis en scène dans de nombreux pays.

L'International Islamic Financial Market (IIFM) :

L’IIFM est une institution internationale créée par la Banque Islamique de Développement et les banques centrales et agences monétaires du Bahreïn, Brunei, Indonésie, Malaisie et le Soudan. Basée au Bahreïn, l’IIFM se charge de la standardisation des instruments financiers islamiques et des contrats. Il joue le rôle de connexion entre les des institutions financières islamiques en compagnie des autorités de régulation au niveau des marchés de capitaux et marchés monétaires islamiques. 62 De plus l’IIFM se charge de développer un marché primaire de capitaux islamiques et un marché monétaire à court terme ainsi qu’un marché secondaire.

60 Les cahiers de l’Islam, op.cit p 33.

61 http://ifsb.org/background.php.

62 Idem (60).

35
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Sur le marché financier islamique primaire, les entreprises qui émettent des titres, réclament des fonds et cherchent les offres de fonds qui émanent des nombreux établissements bancaires. Le développement du marché primaire exige le développement simultané d’un marché secondaire. Ce dernier permet en effet de satisfaire la préférence pour la liquidité des épargnants détenteurs de titres financiers, en leur présentant la possibilité de les vendre rapidement63 . La négociation des produits financiers est tolérée dans l'islam et les prix sont soumis aux lois de l'offre et de la demande, mais les activités de spéculation sont interdites. Cependant, les placements ne sont pas sans risques : risque de faillite de l’entreprise et risque lié à la capacité de l’entreprise d’engendrer des profits.

L'International Islamic Rating Agency (IIRA):

Créée en 2002 au Bahreïn et après presque 3 ans, l’agence internationale de notation islamique a commencé ses opérations en Juillet 2005. Cette agence dispose d'un conseil d'administration et un comité de notation totalement indépendant.

Le système de notation de l’IIRA reconnaît et intègre les caractéristiques uniques de la finance islamique d'une manière qui élargit la perspective de la qualité, qui est l'objectif ultime d'une agence de notation. Cela facilite l’accès des institutions islamiques aux marchés de capitaux des pays que l’IIRA souhaite servir, et facilite ainsi le développement de ceux-ci en fournissant une évaluation du profil de risque des entités et des instruments qui peuvent être utilisés comme base pour les décisions d'investissement. Elle sollicite également la reconnaissance de ses notes par les organismes de réglementation. Elle est sur la liste des agences de notation agréées de la Banque islamique de développement.

Compte tenu de la nature de ses activités, la présence d'une agence de notation devrait accroître la transparence, l'équité et l'indépendance du marché grâce à la promotion de la communication et de la connaissance des normes dans les marchés financiers islamiques.

Section 3 : Le cadre juridique de la finance islamique au Maroc :

Conscient de l’importance de la mise en place d’un cadre légale régissant la finance islamique, le Maroc a procédé à la refonte de la loi bancaire et des lois de titrisation pour pouvoir répondre à ce besoin latent qui permettra de favoriser l’émergence d’un marché financier islamique au Maroc.

63 http://fr.financialislam.com/les-marcheacutes-financiers.html.

36
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3.1. La loi bancaire :

3.1.1. Historique et évolution du secteur bancaire Marocain 64 :

L’ouverture des premiers guichets bancaires au Maroc date de la deuxième moitié du 19éme siècle. L’acte d’Algésiras, signé en 1906 par les délégués de douze pays européens, des Etats Unis d’Amérique et du Maroc, a institué la Banque d’Etat du Maroc qui sera effectivement créée, à Tanger, en 1907 sous forme de société anonyme, dont le capital était réparti entre les pays signataires, à l’exception des Etats Unis. Outre les opérations à caractère commercial, la Banque d’Etat du Maroc disposait du privilège de l’émission de la monnaie fiduciaire sur tout le territoire du royaume et assumait le rôle d’agent financier du gouvernement marocain. Avec l’avènement du protectorat français en 1912, de nombreuses filiales de grandes banques commerciales européennes, notamment françaises, de banques d’affaires et de groupes financiers étrangers se sont installées au Maroc. De même, ont vu le jour des institutions financières marocaines remplissant des fonctions spécifiques et intervenants dans des domaines particuliers.

L’exercice de l’activité bancaire qui n’était régi par aucun texte particulier, a été organisé pour la première fois en 1943, suite à la promulgation du dahir du 31 mars relatif à la réglementation et à l’organisation de la profession bancaire. Les modalités d’application de ce dahir ont été fixées par l’arrêté du directeur des finances de la même date, puis modifiées par les arrêtés du 15 janvier 1954, du 17 janvier et du 16 avril 1955. Le champ d’application des textes des documents susvisés qui ne concernait que la zone territoriale sous protectorat français, a été étendu par les arrêtés du 14 août 1958 et du 31 mars 1960 respectivement à la zone sous occupation espagnole puis à la province de Tanger qui disposait d’un statut particulier.

Le lendemain de l’indépendance du Maroc en 1956, les bases d’un système bancaire national ont été mises en place. Ainsi, la banque du Maroc a été instituée par le dahir n 1-59- 233 du juin 1959 pour se substituer à la Banque d’Etat du Maroc et assurer la fonction de Banque Centrale. Créée sous forme d’établissement public doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière, cette institution s’est vue confier le privilège de l’émission de la monnaie fiduciaire, ainsi que la mission de veiller à la stabilité de la monnaie et d’assurer du bon fonctionnement du système bancaire. D’autre part et afin de répondre aux objectifs de

64 http://z.ouriqua.over-blog.net/11-categorie-10741663.html.

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développement et aux besoins de financement spécifiques à des secteurs économiques jugés prioritaires, l‘Etat a procédé à la création d’organismes financiers spécialisés et à la restructuration de certains institutions existantes. Ainsi, furent créés, en 1959, la Caisse de Dépôt et de Gestion « CDG », le Fonds d’Equipement Communal « FEC », la Caisse d’Epargne Nationale « CEN », la Banque National pour le Développement Economique « BNDE » et la Banque Marocaine du Commerce Extérieur « BMCE ».

L’année 1961 a vu la restauration du Crédit Agricole et du Crédit Populaire. Le crédit immobilier et hôtelier, qui a succédé en 1967 à la Caisse de Prêts Immobiliers du Maroc, a été réorganisé conformément aux dispositions du décret royal portant loi du 17 décembre 1968. Cette période s’est caractérisée également par la réduction du nombre des banques, qui a été ramené de 69 à 26 entre 1954 et 1961, sous l’effet conjugué de la fusion et de la disparition de certains établissements.

La seconde étape importante de la mise en place de la consolidation du système bancaire marocain a débuté avec la promulgation du décret royale N 1-67-66 du 22 avril 1967 portant loi relatif à la profession bancaire et au crédit, dont les principaux apports consistent en une définition plus précise de l’activité des banques, la délimitation des attributions des autorités de tutelle et de surveillance et l’institution d’une réglementation plus appropriée. Cette loi établissait une distinction très nette entre les banques commerciales ou de dépôts, et les organismes financiers spécialisés (OFS).

A partir de juillet 1993, une importance réforme, relatif à l’exercice de l’activité des établissements de crédit et leur contrôle, a introduit un nouveau concept, largement inspiré de l’expérience internationale à savoir celui de la banque universelle. En vertu de cette loi, les banques peuvent exercer et commercialiser l’ensemble des produits et services bancaires. Cette notion annule la spécialisation établie jusque là entre les banques commerciales et les organismes financiers spécialisées. Après, une panoplie de textes juridiques, qui visent l’ouverture internationale du secteur financier marocain et son environnement, ont suivi entre 1993 et 2003.

Afin de rapprocher encore d’avantage la législation nationale des standards internationaux, la loi 76-03, portant statut de Bank Al Maghrib et la loi 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, ont été promulgué.

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Encore une fois la loi relative aux établissements de crédits et organismes assimilés va être promulguée afin de permettre l’instauration du système financier islamique. Le 16 janvier 2014, le conseil de gouvernement marocain a adopté le projet de loi. Après près de trois mois, le débat sur ce projet a débuté au Parlement pour, en suite, passer au vote parlementaire.

3.1.2. Projet d’amendement de la loi bancaire :

Après des années d’hésitation et de pression du lobby bancaire marocain, la banque centrale marocaine autorise les banques islamiques au Maroc sous l’appellation de banques participatives.

Le projet de la loi précise, dans l’article 50, que les banques participatives sont des personnes morales habilitées à exercer à titre de profession habituelle en conformité avec les préceptes de la Sharia, les activités suivantes 65 :

la réception de fonds du public ;

les opérations de crédit ;

la mise à la disposition de la clientèle de tous moyens de paiement, ou leur

gestion.

Outre ces activités réservées aux établissements de crédit, les banques participatives sont également habilitées à réaliser les opérations commerciales, financières et d’investissement, à l’exclusion de toute opération impliquant la perception et le versement d’intérêt’ 66 .

Deux éléments retiennent l’attention dans les dispositions de ce projet de loi 67 :

la conformité des activités aux préceptes de la Charia ;

la réalisation des opérations commerciales, financières et d’investissement.

Le premier élément renvoie à l’identité islamique de ces banques qui s’abstiennent de percevoir ou de verser les intérêts assimilés au Riba prohibé par la Sharia. Le deuxième élément renvoie, quant à lui, à la nature de ces banques qui sont assimilables à des banques d’affaires.

65 N. BOUAYAD AMINE, op.cit p 22.

66 K.M, Réformes juridiques majeures : Enfin un référentiel pour la finance islamique, 05/09/2012, Edition Nr

3860

67 Idem (65).

39
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L’article 56 précise la nature participative de ces banques : «Les banques participatives sont habilitées à recevoir du public des dépôts d’investissement dont la rémunération est liée aux résultats des investissements convenus avec la clientèle». Il ne s’agit donc pas des classiques dépôts à terme rémunérés à base d’intérêt, mais de dépôts rémunérés selon le principe de la Moudaraba que l’article 58 définit comme étant «tout contrat mettant en relation une banque participative (Rab El Mal) qui fournit des fonds et un entrepreneur (Moudarib) qui fournit son travail en vue de réaliser un projet».

Au sens de l’article 58, la responsabilité de la gestion du projet d’investissement repose entièrement sur l’entrepreneur (la banque). Les bénéfices réalisés sont partagés selon une répartition convenue entre les deux parties et les pertes sont assumées exclusivement par Rab El Mal (le client) sauf en cas de fraude commise par le Mudharib (la banque). 68

Notons que la banque peut être un investisseur direct ou confier elle même les fonds ainsi collectés à un autre investisseur et se transformer ainsi en Rab El Mal à son tour.

Outre les dépôts d’investissements à base de Mudharaba qui concerne la réception des fonds du public et sa gestion, la banque participative peut procéder au financement de la clientèle à travers notamment : la Murabaha, l’jara et la Mucharaka (article 56).

De même, il consacre la mise en place d’un fonds de garantie pour sauvegarder les intérêts des clients en cas de déconvenue d’une banque participative. Ainsi, le texte indique que «la conformité des produits participatifs à la Sharia est du ressort du Conseil Supérieur des Oulémas».

S’il est entériné par le parlement, ce projet de loi devrait constituer une bonne et due forme, de la finance islamique au Maroc et baliser le terrain à l’entrée de nouveaux acteurs dans le marché financier marocain. Ceci devrait contribuer amplement à la concrétisation de l’ambition des pouvoirs publics de faire du Maroc le premier hub financier et économique dans la région de l’Afrique du Nord et de l’Ouest. 69

3.2. Les lois de titrisation :

Le 16 janvier 2014, le conseil de gouvernement marocain a adopté le projet de loi modifiant la loi 33-06 relative à la titrisation d'actifs. Ce projet présenté par Le Ministère de

68 N. BOUAYAD AMINE, op.cit p 22.

69 S. NAOUMI, Des milliards de dollars échappent au Maroc, LE MATIN, édition du 14 décembre 2013.

40
40

l’Economie et des Finances, accompagné de Maghreb Titrisation, a procédé à la refonte du cadre légal et fiscal de la titrisation au Maroc.

3.2.1. Focus sur le concept de la titrisation :

" La Titrisation est une technique financière permettant à un établissement cédant de vendre une partie de ses créances en les transformant en titres liquides et négociables (Certificats de

dépôts, Bons de sociétés de financement, Billets de trésorerie). L’établissement cédant, vend un lot

de créances à une structure appropriée : Au Maroc, le Fonds de Placements Collectifs en Titrisation (FPCT). ʺ 70

de Placements Collectifs en Titrisation (FPCT). ʺ 7 0 Schéma : L’ensemble des intervenants dans la

Schéma : L’ensemble des intervenants dans la technique de titrisation 71

L’initiateur (ou cédant) : tout établissement (banque, établissement de crédits, entreprise commerciale ou industrielle…) souhaitant réaliser des opérations de financements ou répartir les risques liés aux créances.

L’établissement gestionnaire (ou l’arrangeur) : C’est effectivement l’entité ou société chargée de la gestion du FPCT. L’arrangeur, comme son nom le stipule, se charge de l’opération du placement des titres émis sur le marché en analysant les besoins des établissements cédants et en faisant la structuration de l'opération de Titrisation de manière à atteindre les objectifs des cédants et des investisseurs. Au Maroc, c’est généralement MAGHREB TITRISATION.

Le FPCT (Fond de placement collectifs de Titrisation du Maroc): plus connue sur la scène internationale anglo-saxonne par SPV ou encore en France par FCC, le FPCT

70 Maghreb Titrisation (www.maghrebtitrisation.ma)

71 Idem (70).

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n’as pas de personnalité morale et son but exclusif est d'acquérir des créances et d'émettre des titres représentatifs de ces créances.

L’Etablissement dépositaire : Il a pour principal tâche la garde et assure la validité des actifs.

L’investisseur : Tout bailleur de fonds sur le marché telles que les institutions financières, les assurances, entreprises, particuliers…

Autorité de marché : Son rôle est la surveillance des démarches des opérations. Au Maroc, l’autorité du marché est le CDVM (Conseil Déontologique aux Valeurs Mobilières) qui est de sa part régit par la Ministère de la Finance.

Actif du FPCT : comprend les créances acquises auprès du Cédant et leurs accessoires, les flux de paiement qui s'y rapportent ainsi que les produits de placement de la trésorerie.

Les tires émis par le Fonds : sont des obligations négociables émises par le FPCT sur le marché. Elles peuvent être de plusieurs catégories et comporter des niveaux de risque différents.

3.2.2. Historique des lois de titrisation :

« La première loi 10-98 sur la titrisation a été annoncée en août 1999, cette loi qui avait pour objectif premier de favoriser le financement de l’habitat, a posé les contours d’un premier cadre juridique de la titrisation fortement inspiré de l’ancienne loi française du 23 décembre 1988 relative aux organismes de placement collectif en valeurs mobilières.

Après la mise en application de la loi 10-98 qu’en janvier 2002 dans un contexte de sur liquidité bancaire et sans aucune incitation fiscale. La publication de l'arrêté ministériel fixant les règles comptables applicables aux Fonds de Placements Collectifs en Titrisation (FPCT) s’est faite en mars 2002. Mais, le champ d’application de la loi 10-98 était limité aux créances hypothécaires détenues exclusivement par des banques et destinées au financement de l’acquisition ou construction de logements individuels. Ainsi, Seul CIH en la bénéficiée avec la mise en place de 3 fonds de titrisation de prêts immobiliers destinés aux particuliers.

Compte tenu des contraintes de cette première loi sur la titrisation, Maghreb Titrisation a entamé, dés 2003, la réflexion pour son amendement en vue notamment de permettre à

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d’autres

bénéficier.

établissements

initiateurs

qui

ont

un

besoin

permanent

en

financement

d’en

En 2008, la loi 1098 fut abrogée par la loi 3306 qui a redéfini le cadre marocain de la titrisation en élargissant le champ des créances éligibles, en renforçant le régime juridique des FPCT en les rendant notamment immunes à la faillite. A la suite de nombreuses consultations, discussions et approbation, la loi 33-06 n’est devenue opérationnelle qu’en octobre 2010 avec la publication des arrêtés ministériels d’application » 72 .

La loi 3306 présentait néanmoins certaines barrières au développement de la titrisation, principalement en raison du nombre limité des actifs éligibles à la loi rendant impossible le développement de la finance participative. En Adoptant la loi 119-12 modifiant et complétant la loi 33-06 relative à la titrisation d'actifs permettant ainsi l'acquisition de tout actif éligible et l'émission des Sukuks, le Maroc a manifesté sa grande volonté d’accompagner le développement de la finance participative en Afrique.

3.2.3. Projet d’amendement de la loi de titrisation :

Selon la note de présentation du projet d'amendement de la loi n°33-06 relative à la titrisation de créances, ce projet consiste à :

Élargissement des actifs éligibles :

Le champ des actifs pouvant être acquis par l'organisme de titrisation (OPCT) est élargi

à tout actif, corporel ou incorporel. Cet élargissement est réalisé en remplaçant la notion de « créances » par celles d'« actifs éligibles », destinée à inclure aussi bien les actifs incorporels comme les créances que corporels comme les actifs immobiliers.

A ce titre, l'article 16 définit les catégories d'actifs éligibles qui comprennent les

créances, les titres de créances, les biens immobiliers et mobiliers ainsi que tout autre actif qui

serait défini le cas échéant par voie réglementaire.

Ouverture à d'autres émetteurs :

Le projet d'amendement ouvre la possibilité du recours à la titrisation à d'autres émetteurs dont notamment l'Etat.

72 A. DASSOULI, Houda Chafil, DG de Maghreb Titrisation : Elargir le champ des actifs éligibles à la titrisation, La Nouvelle Tribune (www.lanouvelletribune.info/) le 01 - 11 2012.

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Les propositions d'élargissements susvisées devraient permettre notamment l'émission par l'Etat des Sukuks souverains. A ce titre, la section II du Chapitre II du projet de la loi de titrisation définit les règles spécifiques aux émissions de certificats de Sukuks et permettre à l'OPCT :

D'acquérir des créances commerciales ;

La titrisation de créances d'organismes publiques, sociétés d'Etat et filiales publiques ;

De financer directement l'acquisition d'actifs éligibles par les prêts aux établissements initiateurs ;

De réaliser des opérations de titrisation de risques d’assurance ou de réassurance ;

L'introduction de ces élargissements a exigé la révision de la forme juridique des OPCT et ce, afin de leur permettre l'acquisition d'actifs tangibles tels que les biens immobiliers et de faire bénéficier les OPCT des conventions fiscales internationales qui concernent exclusivement les personnes morales. Aussi, il est proposé d'offrir aux OPCT la possibilité de prendre, en fonction de leurs activités, l'une des formes ci-après :

FPCT doté ou non de la personnalité morale ;

Société de titrisation qui prend la forme soit d'une société anonyme soumise aux dispositions de la loi n°1795 relative aux SA et de la loi n°1595 portant code de commerce, soit d’autres sociétés (société anonyme simplifiée, société en commandite simple, société en commandite par actions, société à responsabilité limitée ou société en participation) et ce, tout en adaptant le cadre juridique aux spécificités des sociétés de titrisation.

Amendements connexes :

Outre les modifications proposées dans le cadre du projet d'amendement de la loi sur la titrisation, et en tant que mesures d'accompagnement, autres modifications sont également proposées dans d'autres textes législatifs qui concernent en particulier la fiscalité et les règles d'investissement dans les véhicules de titrisation, pour l’harmoniser avec la future loi bancaire.

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Section 4 : Les différences entre les banques islamique et les banques classiques :

L’intermédiation est la mission principale de toute banque (classique ou islamique). On peut dire que les services offerts par les banques islamiques sont identiques à ceux proposés par les banques classiques. Cependant, les principes qui régissent le fonctionnement du système financier islamique sont différents de l'esprit de la finance «traditionnelle ».

Contrairement à ce que laissent entendre certains présupposés, l'Islam encourage l'esprit entrepreneurial et le commerce, autorise la prise du risque et cautionne le profit, tout comme la philosophie libérale. Et, si certaines formes de commerce (le commerce d'argent) ou de profit (l'intérêt) sont interdites, ces interdictions se sont l'exception et non la règle. 73

4.1. Les différences au niveau des principes :

L’analyse des principes de fonctionnement met en évidence les divergences au niveau :

De l’intérêt : comme nous l’avons déjà indiqué la religion islamique rejette les notions d’usure et d’intérêt « la Riba ». Donc, le système bancaire islamique est totalement opposé au système bancaire classique, puisque ce dernier repose essentiellement sur le paiement d’intérêts débiteurs et créditeurs.

Du partage du risque : la notion de partage est fondamentale dans le système islamique, ce qui se traduit par un partage des risques entre l’investisseur, l’entrepreneur et la banque. Cela signifie que chacune des parties obtiendra les bénéfices ou supportera les pertes d’un projet. Par opposition au système bancaire classique, qui reporte les risques sur une seule et même personne, étant donné que la banque ne supporte pas les pertes. Par suite, les banques islamiques se trouvent obliger de bien gérer le risque.

De la productivité et la solvabilité : le système bancaire classique attache une grande importance à la solvabilité de l’emprunteur, l’échéance du remboursement, la somme prêtée et des intérêts. Le système bancaire islamique diffère par le fait que l’accent est mis sur la productivité et non sur la solvabilité de l’emprunteur. La banque s’intéresse davantage à la viabilité des projets et aux capacités de l’entrepreneur.

73 R. MBADIFFO, Comparaison banques classiques banques islamiques (http://investir-afrique.com).

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Du risque moral : Contrairement aux banques classiques, les banques islamiques doivent se soumettre aux valeurs de l’Islam islamiques, par conséquent elles ne financent pas les activités illicites ou (Haram).

4.2. Les différences au niveau de gestion des opérations :

4.2.1. Gestion du compte courant :

Dans une banque classique :

Lorsque la banque classique octroie un prêt, elle le transfère sur le compte courant de son client. Ce prêt produit des intérêts.

Dans une banque islamique :

Lorsque qu’un client sollicite la banque islamique pour l’acquisition d’un bien, le compte courant du client ne reçoit pas de l’argent. La banque verse l’argent au fournisseur pour l’achat du bien et le revend à terme au client. Donc la rémunération de la banque est constituée de la marge sur la vente du bien. Dans le cas où le client souhaite, de la banque, un prêt pour une cause urgente (mariage, décès), la banque passe par un compte spécial. Elle ne prélève pas d’intérêt sur ce genre de prêt.

4.2.2. Gestion du compte d’investissement ‘Profit Sharing Investment Account (PSIA)’ :

Dans une banque classique :

Dans la banque classique, il n’existe pas d’équivalent aux comptes « PSIA ». Cependant, il est à noter que dans tout compte traditionnel, le capital est supposé être garanti. La banque doit donc pouvoir rembourser une partie du capital de tous ses déposants à tout moment. Ce qui n’est pas le cas des comptes « PSIA ».

Dans une banque islamique :

Les fonds déposés dans le compte d’investissement sont gérés par la banque en contrepartie de frais de gestion qui peuvent être, soit des profits, soit des pertes. Les dépositaires n’ont aucun droit de regard sur la gestion de leurs comptes et la durée des dépôts varie entre 1 mois et 5 ans.

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Si le détenteur du compte se retire avant la fin de l’échéance il partage les pertes, mais pas les profits que les fonds ont pu générer, parce que ni le capital ni le taux de rendement ne sont garantis.

4.2.3. Gestion du compte d’épargne :

Dans une banque classique :

Dans la banque classique, le compte d’épargne génère un intérêt dont le taux d’intérêt est fixé d’avance.

Dans une banque islamique :

Dans la banque islamique, le compte d’épargne ne génère pas d’intérêt, mais il perçoit des profits. En plus, le capital est garanti mais il est versé après prélèvement de la « zakat ».

4.2.4. Gestion de la relation client-banque :

Dans une banque classique :

Les banques classiques ont, avec leurs clients, des relations de créanciers / débiteurs.

Dans une banque islamique :

Les banques islamiques ont, avec leurs clients, des relations de partenariat.

4.2.5. Rôle de la banque :

Dans une banque classique :

La banque classique a uniquement un rôle d’intermédiaire financier. Elle collecte des fonds et les utilise dans des opérations de prêts.

Dans une banque islamique :

En plus du rôle d’intermédiaire financier, la banque islamique a un rôle d’intermédiaire commercial car les transactions financières sont adossées à des actifs tangibles.

47
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4.3. Les différences au niveau des postes du bilan :

Il existe une différence de comptabilisation entre les bilans des banques islamiques et des banques classiques. Le tableau 74 suivant la met en relief :

Banque conventionnelle

 

Actif

Banque islamique

Actif circulant :

Actif circulant :

- Titres négociables

 

- Cash ;

- Prêts standards

- Investissements :

- Découverts

-Financement « Mucharaka » -Financement « Mudharaba »

- Autres avances

 
 

- « Mourabaha » interbancaire de CT

- Vente à crédit -Salam -Istisnae -Murabaha

Actif immobilisé :

Investissements actions, immobiliers Actif immobilisé :

-

- Participation

 

- Participation ;

- Immeubles

- Immeuble

- « Diminishing Mucharaka »

Banque conventionnelle

 

Passif

Banque islamique

Dettes à CT :

Dettes à CT :

- Dépôts

- Compte courant « Quard Hassan »

- Emprunts

et

dettes

financières

- Compte d’investissements

diverses

- Compte d’épargne

- « Zakat » et impôts anticipés

- « Murabaha » interbancaire de CT

Dettes à LT :

Provision Dettes à LT :

-

- Capital action

 

- Fonds islamiques

- Bénéfice

- Capital action

74 http://www.institut-numerique.org/i3-bilan-des-banques-islamiques-vs-banques-conventionnelles-

5266b925e2b8c

48
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-

Réserves

- Bénéfice à purifier

 

- Réserves

4.4. Les différences au niveau des revenus : 75

4.4.1. Les revenus des banques classiques :

Dans le système bancaire classique, le rôle d'une banque est de collecter des fonds et de les utiliser pour des opérations d'intermédiation financière. Les banques classiques tirent l’essentiel de leurs revenus en jouant sur les taux d'intérêts considérés comme « les loyers de l’argent prêté pour une période déterminée ».

4.4.2. Les revenus des banques islamiques :

Les techniques de financement utilisées par les banques islamiques sont les suivants :

Marges commerciales générées par les ventes à tempérament :

Dans un contrat de vente à tempérament (ou Murabaha), les deux parties négocient une marge sur le prix d’achat. Ce qui permet de fixer le prix de la vente à crédit. La marge

négociée constitue le revenu de la banque.

Marges commerciales générées par le leasing :

Le leasing (ou ijara) ne peut être comparé au prêt d’argent dans la mesure où la banque transmet un bien et non une somme d’argent. La location d’un bien en nature, permet légitimement, la perception d’un loyer qui correspond à la jouissance du bien par le client. La particularité du contrat Ijara découle de la clause de résiliation. Dans le cadre du système financier islamique, le client est libre de résilier son contrat avant l’échéance du dernier loyer, ce qui n’est pas le cas dans le système bancaire classique.

Bénéfices générés par les projets financés :

 

Le

financement

participatif,

des

banques

islamiques,

peut

s’exercer

sous

deux

principales formes :

- La « Mucharaka »

- La « Mudharaba »

75 R. MBADIFFO, op.cit p 45.

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Chapitre 3 : Les PME et la finance islamique au Maroc :

Avant d’entamer cette partie, nous avons jugé bon de faire une présentation des caractéristiques générales des PME pour en suite passer à la présentation des produits susceptibles d’intéressées les PME.

Section 1 : Les caractéristiques générales des PME :

1.1. La définition des PME :

Il n'existe pas de définition unique de la PME, en effet la pme fait l'objet de plusieurs tentatives de définition et de redéfinition, celle-ci continue toujours d'être une problématique.

En réalité, la PME est un être multiforme caractérisé par une extraordinaire diversité, ce qui rend difficile la définition universelle de cette entité. De même, cette définition diffère d'un pays à l'autre à cause de non conformité de la taille de l'économie à l'échelle internationale.

Avant d'aborder le problème de la définition tel qu'il se pose au Maroc, il nous parait pertinent de présenter quelques définitions adoptées ailleurs, et cela non pas pour faire une comparaison, mais pour démontrer que derrière toute définition se cache en fait des réalités et des stratégies très différentes.

1.1.1. La définition de la PME aux USA :

La PME est définit comme une entreprise à propriété indépendante non dominante dans un secteur d'activité. Une petite et moyenne entreprise est celle qui emploie moins de 500 salariés, mais ce seuil est porté à 1500 dans l'industrie manufacturière. Le chiffre d'affaires annuel doit être inférieur à 50 millions de Dollars dans les services, à 13,5 millions Dollars dans le commerce et à 17 millions Dollars dans la construction 76 .

Les Etats-Unis d'Amérique retiennent plusieurs critères à savoir l'emploi, la taille et le chiffre d'affaires. Les PME représentent plus de 99,5% des entreprises qui exportent directement les marchandises à l'étranger et contribuent pour une bonne part non seulement à la croissance économique mais aussi à la création d'emploi (53% d'emploi sont crée par les PME).

76 Small Business Administration

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1.1.2. La définition de la PME à l’Union Européen :

La PME est définie dans l'UE « comme une entreprise qui occupe moins de 250 salariés et dont le chiffre d'affaire annuel n'excède pas 50 millions d'Euros ou le total du bilan annuel n'excède pas 43 millions d'Euros» 77 .

Cette définition distingue trois catégories d'entreprises différentes, cette distinction a pour objectif l’obtention d’une image claire de la situation économique des entreprises et exclure celles qui ne sont pas de véritable PME 78 .

1.1.3. La définition de la PME au Maroc :

La définition de la PME au Maroc est évaluée en fonction des dispositions contenues dans les différents textes qui ont cherché à encourager cette catégorie d'entreprise en raison de sa taille réduite et sa fragilité relative. Parmi ces textes, en peut citer : la procédure simplifiée accélérée de 1973, le code des investissements de 1983, la charte de la PME.

La définition de la procédure simplifiée accélérée :

Les critères retenus pour l’identification des PME se sont modifiés durant la période allant de 1973 à 1987 :

- Le plafond de crédits était : de 500000 Dhs maximum (en 1973) et de 100000 Dhs maximum (en 1987).

- Le total actif après investissement était : de 2000000 Dhs maximum (en 1973) et de 5000000 Dhs maximum (en 1987).

- Le chiffre d'affaires était de 3000000 Dhs maximum (en1973) et de 7500000 Dhs maximum (en 1987).

La définition du code des investissements de1983 :

Le code définit la PME « comme étant l'entreprise dont les investissements à la création ou à l'extension ne dépassant pas 5 millions de Dhs et dont la valeur en biens d'équipements par emploi stable crée ne dépasse pas 70.000 Dhs».

77 Extrait de l’article 2 de l’annexe à la recommandation 2003 /361/CE.

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Il faut souligner que cette définition ne tient pas compte du nombre des emplois créés puisqu'elle insiste sur le coût par emploi 79 .

La définition de la PME selon la charte de 2002 :

On entend par PME : « toute entreprise gérée et/ou administrée directement par les personnes physiques qui en sont les propriétaires, copropriétaires ou actionnaires, et qui n'est pas détenue à plus de 25% du capital ou des droits de vote par une entreprise ou conjointement par plusieurs entreprises ne correspondant pas à la définition de la PME. » 80

En outre, les PME doivent répondre aux conditions présentées dans le tableau suivant :

Les entreprises existantes :

Type d’entreprise

Effectif

Chiffre d’affaire

Total du bilan

PME

<=200 Personnes

<=75 Millions Dhs

<=50 Millions Dhs

Les entreprises nouvellement créées :

Type d’entreprise

Investissement initial global

Ratio

d’investissement

par emploi

PME

<=25 Millions Dhs

<=250 Milles Dhs

On distingue deux types de critères de définition des PME. D'une part, les critères quantitatifs qui portent sur les différents éléments constitutifs de l'activité de l'entreprise à savoir l'effectif, le chiffre d'affaires, le capital social, la valeur ajoutée, la montant des investissements engagés, le total bilan, la part du marché

D'autre part, des critères qualitatifs à titre d’exemple : style de direction, l’organisation et la gestion, indépendance du chef d’entreprise… Ces critères sont utilisés non seulement pour compléter les premiers, mais aussi pour rendre compte des spécificités managériales et organisationnelles des PME. Ces critères donnent une idée précise sur la réalité des PME, puisqu'ils renseignent sur sa structure interne, son organisation et ses méthodes de gestion.

79 Le code des investissements article n° 3

80 La charte de la PME/PMI de 2002, Dahir n° 1-02-188, Loi n° 53 le premier article

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En bref, après ces différentes définitions on constate, d’une part, une absence de définition légale et unifiée de la PME au Maroc. D’autre part, les définitions proposées ont pris en considération les critères quantitatifs plus que ceux qualitatifs.

1.2. Les caractéristiques des PME

1.2.1. De point de vue organisationnel 81 :

Diverses caractéristiques permettent de dresser un profil organisationnel de la PME :

- Petite taille.

- Centralisation et personnalisation de la gestion autour du propriétaire dirigeant.

- Faible spécialisation du travail.

- Stratégie intuitive ou peu formalisée, forte proximité des acteurs.

- Système d'information interne simple, peu formalisé et externe simple basé sur les contacts directs.

- La proximité entre patron et employés.

- La faible formalisation.

- Le recours à l'écrit n'est pas primordial, du fait de l'importance de l'ajustement mutuel.

- Une structure plate.

- Quasi absence de niveaux hiérarchiques.

- Les réseaux de PME se structurent avec d'autres PME. Une répartition des tâches s'opère (recherche, production, commercialisation Généralement, les PME au Maroc se distinguent par les caractéristiques suivantes :

- Prépondérance de l’entrepreneur.

- Faiblesse de l’encadrement.

- Faiblesse technologique.

- Absence d’innovation.

- Manque d’information claire et fiable.

- Une grande souplesse structurelle.

Il en résulte que les PME sont caractérisées par l'unicité de la direction. En effet, celui qui possède le contrôle exerce lui-même la direction d'où la corrélation entre la démarche de l'entreprise et la nature de son chef.

81 P. André et M. Merchesnay , La Petite Entreprise, Vuibert Editions, Paris, 1988

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Les PME possèdent une capacité d'adaptation rapide aux événements et aux fluctuations de l'environnement économique grâce à la simplicité de leurs structures et la faiblesse de leurs

engagements.

1.2.2. De point de vue juridique :

Au Maroc, différents types de sociétés commerciales sont possibles, mais en dehors de la société individuelle, les plus répandus sont la Société Anonyme(SA) et la Société à Responsabilité Limitée(SARL). Les autres formes sociales prévues par la loi restent peu usitées dans la pratique sauf pour des montages complexes ou pour l’ingénierie patrimoniale.

1.2.3. De point de vue financier 82 :

Le financier doit trouver les sources de financement et évaluer la rentabilité de chaque

investissement en le comparant au coût global de son financement.

Le financement interne des PME :

Toutes les PME peuvent recourir à leurs moyens propres et à ceux de leurs associés ou dirigeants pour financer partiellement ou totalement leurs besoins en équipement ou en fonds

de roulement, ceux-ci constituent le financement interne qui concerne essentiellement les modes suivants :

- L'autofinancement : qui est dégagé par l'activité courante de l'entreprise, Ce sont les disponibilités que génère l'entreprise après avoir rémunéré l'ensemble de ses parties prenantes.

- les cessions d'éléments de l'actif immobilisé et les cessions-bails : ce sont des ressources exceptionnelles résultant d'opérations sur le capital menées par l'entreprise, par exemple cession d'immobilisation (notamment de construction ou de terrain), ou des biens d'équipements à une société de crédit bail.

- le prélèvement sur le fond de roulement : Lorsque le fond de roulement d'une affaire est supérieur à ses besoins d'exploitation (trésorerie excédentaire), l'entreprise peut en prélever certaines sommes pour réaliser des investissements supplémentaires.

- Le recours aux associés (ex : augmentation du capital).

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Le financement externe des PME :

L'insuffisance des capitaux propres se manifeste lors de la réalisation des événements importants dans la vie de la PME tels que des projets d'investissements ou restructurations

diverses. Par conséquent, les entreprises doivent trouver des sources externes pour son cycle

d’exploitation et chercher à optimiser les coûts liés à ces financements.

Le financement bancaire : On distingue entre :

- Des crédits à court terme : on désigne sous le terme des crédits à court terme l'ensemble

des techniques de financement spécialisées relatives aux opérations du cycle d'exploitation et d'autre part des moyens de financement dont la durée est extrêmement courte.

- Des crédits à moyen et à long terme : Pour financer les besoins d'investissements des entreprises en phase de création ou de modernisation, les banques proposent des crédits à moyen terme, et d’autres à long terme.

Autres moyens de financement :

- Le crédit bail : est un mode de financement qui prend la forme d’une location portant sur un bien meuble ou immeuble. Ce contrat de location est obligatoirement assorti d’une option d’achat à une valeur résiduelle tenant compte des sommes payées à titre de loyer.

- Le capital risque : (ou venture capital en anglais) est un financement apporté, sous la forme d'une prise de participation au capital, à de jeunes entreprises dont l'activité présente un fort potentiel de développement. Cet investissement consiste à prendre des participations temporaires dans le capital d'entreprises naissantes ou très jeunes. Les investisseurs apportent non seulement du capital à l’entreprise, mais peuvent aussi la faire profiter de leurs conseils, leurs réseaux et leur expérience.

Section 2 : L’importance des PME dans développement économique et sociale du Maroc :

Que ce soit dans les pays en développement ou bien les pays développés les PME occupent une place importante. En effet, personne ne peut contester aujourd'hui, le rôle primordial que peuvent jouer les PME dans les pays en voie de développement. En effet, les PME constituent l'un des éléments les plus dynamiques de la croissance économique et sociale dans la stratégie du développement de chaque pays.

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2.1. Sur le plan économique 83 :

Selon la direction des statistiques, la PME est présente dans tous les secteurs d'activité économique avec un taux de 98% : l'industrie, l'artisanat, les commerces et enfin les services qui englobent le tourisme, les communications, le transport, les services financiers. D'après le graphique ci-dessous, la part des PME est de plus de 90% dans toutes les branches d'activité sauf celle de la production et de la distribution d'électricité, gaz et eau, où cette participation est uniquement de 50%.

gaz et eau, où cette participation est uniquement de 50%. Figure 1 : les secteurs d’activité

Figure 1 : les secteurs d’activité économiques marocaines 84

83 Direction de la politique économique générale « les PME au Maroc éclairages et propositions » document de travail N° 50. 84 Idem (83).

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Cependant la participation des PME dans la création de la valeur ajoutée globale est de 21%.Cette participation est très variable allant de 0.2% pour la branche de la production et de distribution d'électricité, gaz et eau, à 73% pour la branche de l'immobilier et des services et de 20% dans le cas des industries manufacturières comme présente le graphique ci-dessous.

manufacturières comme présente le graphique ci-dessous. Figure 2 : la création de la valeur ajoutée par

Figure 2 : la création de la valeur ajoutée par secteur d’activité 85

En termes d'exportation, les industries textiles et cuir viennent également en tête (46%), suivies, cette fois-ci par les industries agro-alimentaires (39%), et les industries chimiques et para chimiques (10%). Par contre en terme d'investissement, ce sont les industries chimiques et para chimiques qui viennent en têtes (34%), suivies des industries agro-alimentaires (30%), et des industries textiles et cuir (21%).

85 Op.cit p 53.

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Les PME facteur de souplesse et de renouvellement industriel :

La souplesse d'une économie est jugée à sa capacité de faire face aux déséquilibres (conjoncturels ou structurels) induits par l'évolution économique. Les déséquilibres sont d'autant plus intensément ressentis qu'ils affectent des branches concentrées et lourdes et des entreprises de grande taille .Ces dernières se caractérisent par une certaine rigidité de structure à l'adaptation rapide au changement.

Au delà de cette souplesse, les PME sont sources de renouvellement industriel à travers le processus de disparition et de création d'entreprises, c'est à dire que si les PME se caractérisent par un certain degré de mortalité et par une plus grande sensibilité en phase de récession, elles représentent le gros des troupes au niveau de la création des entreprises et réagissent plus rapidement à toute politique de relance de l'activité économique.

2.2. Sur le plan social :

Auparavant, le rôle de l'entreprise était limité à la simple production des biens et services pour réaliser un profit et par conséquent participer à la croissance économique nationale, le nouveau concept de développement durable met à sa charge des nouvelles responsabilités vis-à-vis de son environnement notamment social et écologique.

En effet, pour s'inscrire efficacement dans le processus de développement, les entreprises aujourd'hui, doivent prendre en compte d'autres objectifs, dans leurs stratégies, en plus de l'efficacité économique pour être un « bon citoyen » qui est socialement responsable.

Le principe de responsabilité sociale définit l'entreprise comme une communauté

de recherche des profits qui ne doit pas occulter l'engagement social et environnemental. Ce principe encourage une éthique et un souci que doit avoir l'entreprise volontairement

et l'oriente aux bonnes relations avec ses employés, clients, médias, Etat, société civile

etc.

Dans une économie en voie de développement comme celle du Maroc, la PME occupe certainement une place de grande importance en vue de sa participation efficace à la promotion de dimension sociale.

La création d'emploi constitue un problème du premier ordre dans le monde entier. C'est dans ce cadre que les PME jouent le rôle de stimulateur continu de la création d'emploi.

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Elle permet la création du maximum d'emplois, stables et rémunérateurs, dans les plus brefs délais. La main d'œuvre recrutée n'étant pas nécessairement d'une grande spécialisation.

On estime que les PME emploient plus de 80% de la population active repartie ainsi :

Secteur

Secteur

Secteur

Secteur

Secteur

d’activité

industriel

artisanal

de tourisme

de commerce

Nombre

250000

2000000

888000

600000

de salarié

Les PME sont un moteur de développement régional 86 :

Un développement économique équilibré pour une nation n'est atteint que lorsque chaque citoyen peut disposer des moyens de faire carrière dans sa région ou dans sa localité sans être dans l'obligation de s'expatrier vers quelques grands centres urbains.

Cet objectif qui est celui de toute politique d'aménagement du territoire ne peut être atteint qu'avec le concours actif des PME dont l'intégration à un tissu économique préexistant est plus facile que celle de la grande entreprise.

L'implantation dans les différentes régions du Maroc contribuera efficacement à la valorisation des richesses et des potentialités et à l'amélioration des conditions de vie des populations locales. Les données de la direction de statistique se présentent comme suit :

86 N. Ibn Abdeljalil, L’entreprise et son environnement, Edit Consulting, 1999.

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Figure 3 : la répartition régionale des PME au Maroc Section 3 : Les produits

Figure 3 : la répartition régionale des PME au Maroc

Section 3 : Les produits islamiques susceptibles d’intéresser les PME :

3.1. Al Murabaha :

La Murabaha est le contrat de vente le plus courant dans les banques islamiques, il se fait entre la banque islamique et son client. ‘Le client s’adresse à la banque islamique pour obtenir un financement. Cette dernière achète la marchandise demandée par le client, celui-ci est informé du coût pour la banque, et accepte un prix d’achat qui inclut la marge bénéficiaire de la banque et qui est communiquée au client 87 ’. Cette marge est déterminée à la suite de négociations entre la banque et le client donneur d’ordre.

L’intervention du financier en tant que négociant dans l’achat et la vente permet de légitimer l’opération de crédit aux yeux de la loi islamique dans le contexte bancaire. Contrairement à un prêt conventionnel, le financier assume ici parfois certains risques entre l’achat et la vente, parce que si le client constate un défaut, il a le droit de rejeter la marchandise ou d’en renégocier le prix.

‘Après la signature du contrat, la banque se charge de toutes les opérations liées à l’acquisition et au transfert du bien au donneur d’ordre. Après la livraison, le bien devient la propriété exclusive du donneur d’ordre. Ce dernier a la possibilité de payer comptant le bien après la livraison ou opter pour un paiement différé. Dans ce dernier cas, le paiement peut être

87 Le système bancaire islamique, op.cit p 23.

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sous forme de loyers avec un échéancier bien défini que le client doit s’engager à respecter’ 88 . En cas de défaut de paiement, la banque ne peut pas selon les règles de la Charia appliquer une pénalité pour couvrir le coût du financement en cas de remboursement tardif mais elle se protéger contre ce risque en exigeant des garanties qui en principe doivent être en fonction des moyens du client. Elle peut aussi prendre le bien vendu comme gage, tout dépend des termes du contrat.

Donc, cette technique peut être très utile aux PME, qui à cause de leur faiblesse sur le plan financier et commercial ont des difficultés à accéder à certains marchés contrairement aux grandes entreprises. Pour les PME le Murabaha pourrait être un excellent moyen pour importer des marchandises, des matières premières ou des équipements et outils industriels.

3.2. Al Ijara :

L’équivalent de l’opération de leasing ou de crédit bail dans la finance islamique est l’Ijara. La différence ici n’est qu’une question de terminologie et elle est aussi liée au fait que les banques islamiques ne financent pas les actifs en rapport avec des activités prohibées par la Sharia (matériel de production d’alcool).

Le circulaire n°36 du 13 Septembre 2007 de la banque central du Maroc, dans son article 1 donne la définition suivante : « On entend par Ijara, tout contrat selon lequel un établissement de crédit met, à titre locatif, un bien meuble ou immeuble, identifié et propriété de cet établissement, à la disposition d’un client pour un usage autorisé par la loi ».

Dans le contrat d’Ijara le client choisit lui-même le bien, et négocie le prix avec le fournisseur et ensuite informe la banque, à laquelle il donne mandat pour l’acquisition du bien. Le matériel reste une propriété de la banque pendant toute la durée du contrat. En d’autres termes l’établissement de crédit garde la nue-propriété du bien et ne transfert au client que l’usufruit. Le contrat d’Ijara ne concerne que les biens durables et répond à un standard défini par la banque.

Dans cette opération, l’institution de crédit islamique et le locataire se mettent d’accord sur les loyers. Ceux-ci sont en général fixés en fonction des moyens du locataire et servent à la fois de rémunération et de marge bénéficière à la banque.

88 http://www.institut-numerique.org/chapitre-ii-presentation-des-instruments-de-financement-islamique-

susceptibles-dinteresser-les-pme-51bb438cc9301.

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Si le locataire ne respecte pas ses engagements, il devra restituer le bien à la banque et verser les loyers restants en guise d’indemnisation. « Les banques islamiques sont beaucoup plus souples concernant les garanties dans les contrats d’Ijara que les banques classiques dans les contrats de crédit bail » 89 . En général, le bien, objet du leasing, constitue souvent la garantie.

En effet les banques islamiques sont en principe plus sensibles aux difficultés d’ordre économiques et financières auxquelles peuvent être confrontés les locataires et qui sont indépendant de ces derniers. En général dans ces cas, les banques islamiques accordent un délai supplémentaire pour permettre aux locataires d’améliorer leur position de trésorerie.

Ce mode de financement peut permettre aux entreprises d’obtenir des équipements ou des immobilisations qu’ils ne peuvent acheter directement. Ce type de financement doit être privilégié par les PME à cause des avantages du système des amortissements et du fait que les loyers payés sont considérés comme des charges sur le plan comptable.

3.3. Al Salam :

Il s’agit d’un contrat à terme personnalisé, négocié en privé et portant sur des matières premières, agricoles ou minérales. Ce contrat peut être utilisé pour le financement du commerce, des opérations en amont de l’extraction/de la plantation des matières premières. Ainsi, les vente de type Salam peuvent porter sur toute matière première à l’exception de l’or, de l’argent ou des devises.

« La vente al Salam repose sur un paiement anticipé de 100% du prix convenu contre livraison à terme de la matière première visée. La date de livraison peut être approximative. La qualité et la quantité sont précisées dans le contrat de Salam. Toute variation de qualité ou de quantité est susceptible d’entraîner une renégociation ou une annulation du contrat si la qualité ou la quantité livrée est inférieure à celle prévue dans le contrat. En cas de livraison anticipée, le contrat ne peut être révisé. Cependant, en cas de livraison tardive, le contrat peut être résilié et l’argent déjà versé restitué. En plus d’être un moyen de financement, le contrat de vente Salam constitue une couverture qui permet au fournisseur/vendeur d’être certain du prix et de la vente. L’acheteur est lui aussi certain du prix et de la quantité » 90 .

89 https://ribh.wordpress.com/tag/ijara/.

90 Le système bancaire islamique, op.cit p 23.

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Le contrat de Salam est un moyen efficace d’obtenir un financement pour les PME qui travaillent beaucoup avec des produits primaires ou des matières premières transformées.

3.4. Al Mucharaka :

La Mucharaka est un contrat aux termes duquel les bénéfices dégagés seront partagés selon une clé de répartition donnée entre les partenaires. Les éventuelles pertes sont subies proportionnellement au montant investi. « La Mucharaka est souvent utilisée pour le financement du commerce, de projets, pour l’obtention de liquidités et pour l’achat de biens immobiliers » 91 .

Cette structure présente une grande souplesse en termes d’organisation des intérêts commerciaux des différents partenaires. En règle générale, quel que soit le type de Mucharaka, la règle de base veut que le capital soit quantifié et précisé, et que la clé de répartition des bénéfices soit déterminée au préalable.

« La Mucharaka moderne est utilisée essentiellement pour les sociétés à responsabilité limitée » 92 , le concept sous sa forme traditionnelle peut s’appliquer pour les PME en générale. Et donc cette méthode permet à l’entrepreneur d’accéder au capital dont il a besoin pour financer ses projets.

3.5. Al Mudharaba :

Le concept de la Mudharaba se rapproche de celui de la Mucharaka. Dans ce type de financement, Rab al mal (ou l’investisseur) apporte un capital et s’engage à dédommager un entrepreneur ou un gérant (le Mudharib) en partageant les bénéfices. Le financier finance l’entreprise et l’entrepreneur apporte ses compétences. Dans ce type de partenariat, le bailleur de fonds supporte le risque financier et l’entrepreneur investit son temps et ses efforts.

La Mudharaba est communément utilisée pour alimenter la trésorerie d’une entreprise, le Moudharib s’adresse à la banque pour obtenir un financement. Au terme d’une vérification approfondie de la situation de l’entreprise, la banque consent un investissement compatible avec la charia dans l’entreprise du client. Les profits sont partagés suivant une clé de répartition convenue dès la signature du contrat. En cas de perte, la banque en sa qualité de Rab al mal perd son argent et le client, en tant que Moudharib, perd le temps et les efforts

91 Le système bancaire islamique, op.cit p 23.

92 Idem.

63
63

investis. À l’échéance du contrat de Mudharaba, les mêmes règles de partage des profits et des pertes s’appliquent. La Mudharaba peut être continue ou limitée dans le temps. 93

3.6. Al Istisnae :

L’istisnae ou la sous-traitance peut être considéré comme un contrat selon lequel, une partie appelée Moustasnie demande à une deuxième partie, Sanie, de lui fabriquer ou construire un ouvrage en contre partie d’une rémunération payée d’avance. Le paiement peut se faire d’un seul coup ou de manière fractionnée. C’est à ce point là que l’istisnae se différencie du Salam. 94

Pour ce type de financement, la banque peut jouer le rôle d’un fournisseur qui entreprend pour lui-même ses propres projets d’investissement et gère ses activités de production. Cependant ce produit est rarement proposé parmi les produits de la banque parce qu’il est difficile pour une banque de financer et de gérer tout un processus de fabrication qui est en principe la mission des entreprises mais cela n’empêche que les entreprises l’utilisent entre eux.

Section 4 : Les avantages et les inconvénients du financement islamique des PME :

4.1. Quelques avantages du financement islamique pour les PME :

Les financements islamiques offrent beaucoup d’avantages aux PME surtout à cause du caractère plus social des banques islamiques par rapport aux banques classiques. En général, les banques islamiques tiennent compte des éléments indépendants des actions et de la volonté de l’entrepreneur.

L’absence de taux d’intérêt constitue aussi un avantage pour les PME car en lieu de l’intérêt les banques islamiques optent pour un partage des profits et des pertes. Ce partage ne concerne que les résultats après déduction de toutes les charges. En plus la clé de

93 Le système bancaire islamique, op.cit p 23. 94 HORD Abdenbi, nance islamique : Développement, pratique et analyse de certains aspects liés à sa réglementation, 2009 (Mémoire).

64
64

répartition n’est pas imposée par la banque mais plutôt déterminée par négociation entre les parties prenantes95 .

Dans les financements islamiques les banques assument autant de risques que leurs clients dans les projets. Les banques islamiques agissent ainsi sauf si les pertes sont dues à des fautes de gestion de l’entrepreneur (négligence, mauvaise foi…).

Aussi la nature de certaines opérations financières islamiques peut être d’un grand intérêt pour les PME. Comme nous l’avons vu, les opérations de Mudharaba, Mucharaka ou Murabaha peuvent être très utiles aux PME.

Les financements islamiques peuvent être aussi utiles aux entrepreneurs débutants ou ceux qui veulent exploiter de nouveaux marchés et cela grâce aux instruments de participation comme le Mudharaba et le Mucharaka. Et aussi les opérations d’Ijara, d’Istisnae et de Salam sont des instruments très adaptés au financement du haut du bilan que les PME peuvent intégrer dans leur plan d’investissement.

Au niveau des garanties, les banques islamiques demandent souvent presque les mêmes que les banques classiques. Mais au niveau des banques islamiques ces garanties peuvent être allégées ou même abandonnées au profit de la réputation du promoteur, de l’impact social du projet et la qualité des relations entre l’entrepreneur et la banque. 96

4.2. Quelques inconvénients du financement islamique pour les PME :

Le premier des inconvénients liés aux financements islamiques est que les banques islamiques refusent de financer les activités dont la licéité du point de vue de la Sharia n’est pas prouvée. Certains projets doivent obtenir l’approbation du comité de Sharia pour bénéficier du financement des banques islamiques.

Il peut arriver que l’activité financée soit « halal » mais engendre indirectement ou directement une autre activité qui ne respecte pas la Sharia. Tout ceci fait que les montages financiers comprenant une part islamique sont très difficiles à mettre en œuvre, nécessitant souvent l’intervention de spécialistes du droit islamique et des financements islamiques. Ce qui peut avoir pour conséquence une augmentation du coût final du projet.

95 http://www.institut-numerique.org/chapitre-iii-les-points-forts-et-les-points-faibles-du-financement-islamique-

51bb438ccd9af.

96 Idem.

65
65

Dans le cadre de financement de projets les banques islamiques exigent souvent la preuve de rentabilité prévisionnelle très élevée avant d’accorder leur financement. Et si le projet est jugé risqué ou si la banque n’a pas une excellente relation et qui datent de plusieurs années avec l’entrepreneur, les garanties peuvent être très élevés (hypothèque en général). Etant donné que les banques islamiques prennent plus de risques que les banques classiques, elles exigent un dossier solide de l’expérience et la maîtrise de son domaine d’activité. 97

Aussi en recourant aux financements islamiques, les PME peuvent courir le risque d’ingérence de la banque dans leurs affaires. C’est le cas des opérations de Mudharaba et de Mucharaka où l’entreprise peut difficilement apporter des modifications dans la conduite du projet sans l’autorisation de la banque.

Chapitre 4 : L’approche empirique : le feedback des PME face au lancement des produits de financement islamique : sera-t-il négatif ou positif ?

Section 1 : Présentation :

Notre étude s’intéressera en particulier aux entrepreneurs et dirigeants des petites et moyennes entreprises auprès d’un échantillon de la ville d’Agadir.

Cette enquête nous permettra de savoir ce que les PME d’Agadir pensent concernant le financement islamique. Cette enquête à pour objectif d’anticiper la réaction des PME à la création des organismes de financement islamique création.

Notre enquête a été réalisée au cours du mois de Juin 2014. Le recueil de l’information est basé sur l’administration d’un questionnaire comprenant 15 questions fermées à choix multiples (à réponse unique ou multiple), qui ont été adressées à 30 petites et moyennes entreprises choisies au hasard (Voir annexe 2 et 3).

97 Op.cit p 65.

66
66

Section 2 : Analyse des résultats :

Analyse de la première partie « l’identification de l’entrepreneur »

(1)Etes-vous ?

:

Q 1

13,3%

23,3%
23,3%
de l’entrepreneur » (1) Etes-vous ? : Q 1 13,3% 23,3% Mademoisel Madame 63,3% Monsieur La

Mademoisel

» (1) Etes-vous ? : Q 1 13,3% 23,3% Mademoisel Madame 63,3% Monsieur La majorité des

Madame

63,3% Monsieur
63,3%
Monsieur

La

majorité des entrepreneurs interrogés sont des hommes (63.3%) et 36.6% sont des

femmes.

(2)Dans quelle tranche d’âge situez-vous ?

Q 2

0,0%

36,7%

33,3%
33,3%
0,0% 36,7% 33,3% 26,7% 3,3%
0,0% 36,7% 33,3% 26,7% 3,3%

26,7%

0,0% 36,7% 33,3% 26,7% 3,3%
0,0% 36,7% 33,3% 26,7% 3,3%

3,3%

situez -vous ? Q 2 0,0% 36,7% 33,3% 26,7% 3,3% Moins de 20 ntre 21 et

Moins de 20 ntre 21 et 3 ntre 31 et 4 ntre 41 et 5 lus de 51 a

ans ans
ans
ans

ans

ans

36,7% des entrepreneurs ont l’âge limité entre 31 et 40, 33.3%

ont un âge entre 21

et 30 ans, 26,7% ont un âge entre 41 et 50 et 3,3% ont un âge plus de 51 ans.

67
67

(3)Quelle est votre niveau d’étude ?

Q3

3,3%

0,0%

16,7%

13,3%

26,7% 23,3%
26,7%
23,3%

16,7%

? Q3 3,3% 0,0% 16,7% 13,3% 26,7% 23,3% 16,7% ans diplôm Brevet de Diplôme Bac 0,0%

ans diplôm Brevet de

13,3% 26,7% 23,3% 16,7% ans diplôm Brevet de Diplôme Bac 0,0% Bac + 5 Bac +

Diplôme

26,7% 23,3% 16,7% ans diplôm Brevet de Diplôme Bac 0,0% Bac + 5 Bac + 8

Bac

0,0% Bac + 5 Bac + 8
0,0%
Bac + 5
Bac + 8
Bac + 2
Bac + 2

Bac + 3 / 4

collège

technique

ont un niveau d’étude de ’BAC+3 ou 4’, 23,3%

ont un niveau ‘BAC+2’, 16,7% ont un ‘BAC+5’, 16,7% ont un diplôme technique et 13,3% ont seulement un baccalauréat et le reste des entrepreneurs interrogés n’ont aucun diplôme.

26,7% des entrepreneurs interrogés

(4)Depuis quant vous avez créé votre entreprise ?

Q 4

50,0%

50,0% 23,3% 20,0% 0,0% 6,7%
50,0% 23,3% 20,0% 0,0% 6,7%

23,3%

20,0%

0,0%

6,7%

oins de 5 a

? Q 4 50,0% 23,3% 20,0% 0,0% 6,7% oins de 5 a ntre 6 et 1
? Q 4 50,0% 23,3% 20,0% 0,0% 6,7% oins de 5 a ntre 6 et 1
? Q 4 50,0% 23,3% 20,0% 0,0% 6,7% oins de 5 a ntre 6 et 1

ntre 6 et 1 ntre 11 et 1 ntre 16 et 2 lus de 20 a

ans

ans

ans

La majorité des entrepreneurs ont récemment créé leurs entreprises (50%), 23,3% ont créé leurs entreprises ça fait 6 à 10 ans, 20% sont des entrepreneurs ça fait 11 à 15 ans et seulement 6,7% sont des entrepreneurs depuis plus de 20 ans.

68
68

(5)Quel est le secteur de votre activité principale ?

Q 5

3,3%

26,7%
26,7%

70,0%

Commede votre activité principale ? Q 5 3,3% 26,7% 70,0% Industrie Services Les entreprises dont l’activité

Industriede votre activité principale ? Q 5 3,3% 26,7% 70,0% Comme Services Les entreprises dont l’activité

Servicesprincipale ? Q 5 3,3% 26,7% 70,0% Comme Industrie Les entreprises dont l’activité principale est le

Les entreprises dont l’activité principale est le commerce représentent un pourcentage très important (70%). Seulement 3,3% des entreprises interrogées travaillent dans le secteur industriel et pour le reste des entreprises, « les services » est le secteur de leur activité principale.

(6)Comment avez-vous financé votre activité au démarrage ?

Q 6

26,7%

0,0%

56,7% 10,0% Ma propre nvestisseme
56,7%
10,0%
Ma propre nvestisseme
43,3% 3,3% Appui de rêts des am
43,3%
3,3%
Appui de rêts des am
Ma propre nvestisseme 43,3% 3,3% Appui de rêts des am Crédit Donation épargne de mon ass

Crédit

Donation

épargne

de mon ass

famille

bancaire

ié de son pr

pre capitale

69
69

La plupart des entrepreneurs (56,7%) disent qu’ils ont financé leur activité au démarrage par leur propre épargne, 43,3% ont pu créer leurs entreprises par l’appui de leurs familles, 26,7% par un crédit bancaire, 10% par l’investissement de leurs associés et seulement 3,3% ont procédé à obtention d’aide de leurs amis. Il faut noter qu’il y avait des entrepreneurs qui on procédé au plusieurs modalités de financement.

Analyse de la deuxième partie « la situation actuelle »

:

(1)Êtes-vous satisfaits des produits bancaires actuels ?

Q 7

26,7%

50,0%

26,7% 50,0% 23,3% 0,0%

23,3%

0,0%

bancaires actuels ? Q 7 26,7% 50,0% 23,3% 0,0% Pas du tout Peu satisfait Satisfaits rop

Pas du tout Peu satisfait

? Q 7 26,7% 50,0% 23,3% 0,0% Pas du tout Peu satisfait Satisfaits rop satisfai satisfaits

Satisfaits

rop satisfai

satisfaits

On constate que la majorité des répondants (50%) sont peu satisfaits des produits bancaires actuels, tandis que 23,3% sont satisfaits et le reste des entrepreneurs interrogés ne sont pas du tout satisfaits.

70
70

(2)Avez-vous déjà pris un prêt bancaire dans le cadre du financement de votre activité ?

Q8 53,3% 46,7% Oui Non
Q8
53,3%
46,7%
Oui
Non

53,3% des entrepreneurs ont déjà activités et 47,7% ne l’ont jamais pris.

pris

un prêt dans le cadre du financement de leurs

(3)Connaissez-vous la finance islamique ?

Q9

56,7%

56,7% 43,3%

43,3%

56,7% 43,3%
56,7% 43,3%

Oui

Non

La plupart des entrepreneurs interrogés connaissent la finance islamique (56,7%) et les autres n’ont jamais entendu ce concept.

71
71

(4)Quels sont les produits islamiques que vous connaissez ?

Q10

56,7% 36,7% 26,7% 13,3% 6,7% 0,0% 0,0% Aucun Mudharaba Mucharaka Murabaha Ijara Istisnae Autres
56,7%
36,7%
26,7%
13,3%
6,7%
0,0%
0,0%
Aucun
Mudharaba Mucharaka Murabaha
Ijara
Istisnae
Autres

La majorité des enquêtés (56,7%) ne connaissent aucun produit islamique alors que 36,7% connaissent la Murabaha, 26,7% connaissent la Mucharaka, 13,3% connaissent la Mudharaba et seulement 6,7% des entrepreneurs sachent ce qu’on veut dire par Ijara.

(5)Pensez-vous que les produits islamiques seront conformes à la sharia ?

73,3%

Q11

73,3% 26,7% Oui Non
73,3%
26,7%
Oui
Non

des

entrepreneurs

pensent

que

les

produits

islamiques

seront

conformes

à la Sharia alors que seulement 26,7% ne le pensent plus.

72
72

(6)Votre avis sur l’application de la finance islamique au Maroc :

Q12

93,3% 6,7% Pour Contre
93,3%
6,7%
Pour
Contre

Seulement 6,7% des entrepreneurs sont contre l’application de la finance islamique au Maroc tandis que 93,3% sont pour.

(7)La finance islamique rendra plus facile le financement des entreprises :

Q13

6,7%

6,7%

70,0%

6,7% 6,7% 70,0% 16,7%

16,7%

des entreprises : Q13 6,7% 6,7% 70,0% 16,7% as d'accor as d'accor D'accord Tout à fait

as d'accor

entreprises : Q13 6,7% 6,7% 70,0% 16,7% as d'accor as d'accor D'accord Tout à fait du

as d'accor

D'accord

70,0% 16,7% as d'accor as d'accor D'accord Tout à fait du tout d'accord La majorité des

Tout à fait

du tout

d'accord

La majorité des entrepreneurs interrogés pensent que la finance islamique rendra plus facile le financement des entreprises même si le choix de cette réponse s’est marqué par une certaine hésitation. Alors que 6,7% pensent qu’elle ne facilitera pas le processus de financement et 6,7% sont tellement convaincus que la finance islamique ne résoudra pas les problèmes de financement chez les entreprises.

73
73

(8)J’emploierai le financement islamique dés qu’il sera disponible au Maroc :

Q14

6,7%

70,0%

6,7% 70,0% 10,0%

10,0%

qu’il sera disponible au Maroc : Q14 6,7% 70,0% 10,0% as d'accor 13,3% as d'accor D'accord

as d'accor

13,3% as d'accor
13,3%
as d'accor

D'accord

10,0% as d'accor 13,3% as d'accor D'accord Tout à fait du tout d'accord La plupart des

Tout à fait

du tout

d'accord

La plupart des entrepreneurs interrogés ont l’intension d’employer les produits du financement islamique dés qu’ils seront disponibles au Maroc. Alors que 13,3% ne pensent pas qu’ils vont les employer et 6,7% n’ont aucune intention de les employer.

(9)J’emploierai

le

financement

islamique

même

si

le

coût

globale

d’obtenir

un

financement basé sur l’intérêt serait relativement plus léger que celui du financement islamique:

Q15

13,3%

30,0%

que celui du financement islamique: Q15 13,3% 30,0% as d'accor as d'accor 50,0% 6,7% D'accord

as d'accor

du financement islamique: Q15 13,3% 30,0% as d'accor as d'accor 50,0% 6,7% D'accord Tout à fait

as d'accor

50,0% 6,7% D'accord Tout à fait
50,0%
6,7%
D'accord
Tout à fait

du tout

d'accord

50% des répondants emploieront les produits de financement islamiques même si leur choix s’est marqué par une certaine hésitation, 6,7% ont confirmés qu’ils vont surement

74
74

choisir le financement islamique même s’il coutera alors que 30% ont exprimé leur refus à cause du coût et 13,3% ont insisté sur l’impossibilité d’employer ces financements tant que leur coût est élevé.

Section 3 : Conclusion et recommandations :

En conclusion de cette partie empirique, on constate que la majorité des entrepreneurs ont entendu par le concept de la finance islamique sans vraiment savoir les produits offerts et ils sont peu ceux qui ont une idée sur les différents produits islamiques. Pourtant, la majorité des enquêtés sont pour l’application de la finance islamique au Maroc.

La finance islamique, comme l’indique son nom, est conforme à la Sharia. Mais des entrepreneurs pensent qu’elle ne le sera pas. Alors, c’est là où apparaît le rôle du Conseil Supérieur des Oulémas qui peut changer plein d’avis s’il fera des déclarations aux Médias.

En outre, l’insatisfaction des entrepreneures aux produits bancaires actuels est un élément analyseur pour l’essor de la finance islamique. Donc, si elle proposera des produits concurrents mieux adaptés aux besoins des entrepreneurs, elle pourra occuper une part très importante du marché financier marocain.

La plupart des entrepreneurs ont manifesté leur intention de procéder à ce type financement dés qu’il sera disponible au Maroc, même si leur choix s’est marqué par une certaine hésitation quant nous l’avons demandé s’ils ne changeront pas leurs avis si les coûts d’obtention de ces financements seront plus élevés que ceux des produits des banques classiques. Alors, la demande des produits de financement islamique dépendra principalement de leurs coûts, d’où la nécessité de proposer des offres concurrentes aux celles du banques conventionnels.

En général le feedback des entreprises face au lancement des produits islamiques nous apparait positive même s’ils ne sont pas encor disponibles au Maroc mais cela nous n’a pas empêché de faire cette étude pour savoir ce que pensent les entrepreneurs de ce mode de financement. Les résultats étaient comme nous l’avons prévu. Les entrepreneurs espèrent que le financement islamique répandra à leurs besoins.

75
75

Conclusion générale

Le Maroc, comme tous les autres pays du monde, a pris conscience des avantages que présentera la finance islamique à son économie. En effet le gouvernement marocain

a donné une place considérable dans ses orientations stratégiques, à l'élaboration d'une loi

qui encadre les activités des banques islamiques, ceci se manifesté par les modifications apportées à la loi bancaire, ainsi que les lois de titrisation. Pourtant, ces changements restent

toujours insuffisants vus le mystère qui entour le processus de contrôle de conformité à la Sharia et spécifiquement celui qu’effectuera le Conseil Supérieur des Oulémas.

La finance islamique souffre d'un autre problème d’un différent genre, ‘un problème d'image’. Celui-ci est lié au fait que les Marocains ont une certaine crainte envers

le financement islamique vu sa cherté par rapport au financement classique.

De ce fait, la banque islamique devra maîtriser le marketing dans une acceptation beaucoup plus riche du métier. Donc l'effort de la banque islamique doit être orienté vers la découverte des attentes des consommateurs qui influencent la satisfaction des clients. Après la connaissance des besoins et attentes du marché et l'évaluation des moyens humains, financiers et techniques dont elle dispose, la banque sélectionne la clientèle cible et formule des objectifs commerciaux.

Par conséquent, il est recommandé de mettre à la disposition des clients des dépliants contenants des renseignements pour faciliter l'explication d'un produit vu que les produits islamiques sont des produits nouveaux alors il faut adapter une stratégie de communication, et montrer que la banque est très ouverte et qu'elle cherche toujours à communiquer avec eux. Ainsi, il faut faire également des enquêtes continuelles et des comparaisons avec la concurrence, afin de mesurer la satisfaction de la clientèle.

Nous prévoyons que le décollage