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musique

siciens célèbres, soldats eux aussi.

Air libre Plus tard, Alain Le Meur se produit


dans les cabarets-jazz, au Havre,
« ’ai vécu plusieurs vies en une. puis à Paris où il s’installe dans les
J J’étais musicien instrumen- années 70. Il y côtoie des musi-
tiste, et en même temps composi- ciens déjà célèbres à l’époque,
teur. En parallèle, je travaillais dans comme Daniel Humair, Maurice
le commerce en gros d’instruments Vander, Bernard Lubat, Eddie
de musique – j’ai été notamment le Louiss, qui deviendront rapidement
premier importateur de la marque des compagnons de route.
japonaise de batteries Pearl. J’ai C’est à Paris qu’il compose ses
même, pendant un temps, dirigé le premières œuvres classiques. A la
Syndicat de la facture instrumen- même période, sollicité par un ami
tale française.» Pianiste, organiste, producteur de cinéma, il écrit la
vibraphoniste, originaire du Havre musique du film Un cave, de Gilles
et installé à La Rochelle en 1998, Grangier. «Cela a marché très fort.
Alain Le Meur est le créateur du A partir de là, j’ai composé une
festival Jazz entre les deux tours. quinzaine de musiques pour des
Formé à l’école classique, Alain films – comme L’amour en douce
Le Meur se passionne très tôt pour de Molinaro – et également pour
le jazz. «C’est mon premier pro- des feuilletons télévisés.»
fesseur de piano – j’ai commencé à Quand, en 1998, Alain Le Meur
Claude Pauquet

six ans – qui m’a initié à l’art de cesse ses activités commerciales, il
prendre des libertés avec la parti- quitte la capitale et choisit de s’ins-
tion. J’ai appris à improviser… sur taller à La Rochelle. Quelques mois
Bach et sur Mozart !» A treize ans, plus tard, il lance son projet de fes-
il se produit déjà en public. Musi- tival. «Ce projet avait des chances
cien dans un orchestre New Or- d’aboutir, car le contexte était por-
Apprivoiser Clicquot leans, il joue également des tangos teur, avec un fort potentiel régional
en très bons musiciens de jazz, un
le dimanche, en pianiste profes-
e 7 mars 1791 à Poitiers, la voir un instrument qui paraît à beau- sionnel, au Casino d’Etretat. Pen- accueil favorable de la part des ac-
L cathédrale Saint-Pierre reçoit coup, et à tort, inaccessible. Oli-
vier Houette et Jean-Baptiste Ro-
dant ses études de droit, le jeune
homme est nommé organiste titu-
teurs politiques et culturels locaux,
avec, enfin, des équipements et un
enfin son orgue. Cet instrument a
été commandé au facteur du roi en bin, réussissent le concours orga- laire au Havre. Appelé sous les cadre idéal : le quartier du vieux
personne, François-Henri Clicquot, nisé pour le recrutement et devien- drapeaux en Algérie, il monte un port, avec ses deux tours.»
fils et petit-fils de facteurs d’or- nent ainsi co-titulaires. «Outre les jazz-band réunissant quelques mu- Mireille Tabare
gues, qui ponctue la dynastie en facilités d’organisation que cela
laissant des instruments admira- présente, nous sommes parisiens
blement conçus. Outre les qualités tous les deux, avoir deux titulaires
issues d’une belle facture, l’orgue est un bien indéniable pour l’ins- Olivier Houette. Les deux jeunes
de la cathédrale doit beaucoup au trument. Cela permet de confron- organistes ont à cœur de faire con-
fait qu’aucune mauvaise restaura- ter les avis, sur les questions de naître l’orgue en général et l’orgue
tion n’a altéré son intégrité. Alors restauration par exemple, et de con- Clicquot en particulier. Ils lancent
que la quasi-totalité des orgues de trecarrer une tendance récurrente des idées : Jean-Baptiste Robin
cette époque ont été remis au goût chez les organistes à trop s’appro- pense à des concerts avec un écran
du jour, «le Clicquot» de la cathé- prier l’instrument. Certains le gar- pour voir l’organiste à l’œuvre, et
drale de Poitiers est intact, donc dent tellement jalousement qu’ils Olivier Houette souhaiterait déve-
rare. Qualité et authenticité font se prêtent difficilement à leur rôle lopper les visites avec des groupes
Bruno Veysset

que l’orgue jouit d’une réputation de promoteur.» scolaires.


dans le monde des organistes qui Titularisés depuis le mois de juin, «L’orgue souffre parfois de sa si-
dépasse les frontières européen- ils doivent prendre le temps d’ap- tuation dans les édifices religieux,
J.-B. Robin et O.Houette.
nes. privoiser l’extraordinaire instru- il est très lié au sacré et certaines
Et c’est un honneur d’en être le ment. «Chaque orgue a un tempé- personnes ne l’appréhendent pas
TRIO JAZZ
titulaire. Au début de l’année, le rament, un caractère auquel nous comme un instrument comme les
Drôles d’oiseaux , c’est le titre du
décès de Jean-Albert Villard, titu- devons nous adapter, comme nous autres. Au Japon, par exemple, les
nouveau CD du trio jazz formé par
laire du Clicquot depuis plus de le ferions avec une personne», ex- orgues sont dans les salles de con-
Didier Frébœuf (piano, mélodica),
cinquante ans, a laissé l’instrument plique Jean-Baptiste Robin. «C’est cert. Nous devons combattre cer- Guillaume Souriau (contrebasse)
orphelin. Il faut trouver l’organiste une véritable alchimie que nous taines idées reçues et penser à pro- et Christophe Beausset (batterie,
qui saura accompagner liturgies et devons comprendre. Un équilibre mouvoir activement la connais- derbouka). Neuf titres composés
cérémonies, partager les secrets que entre l’instrument et le volume im- sance de ce patrimoine vivant.» par Didier Frébœuf, enregistrés en
renferme l’énorme buffet, promou- mense de la cathédrale», ajoute Ang-Gaëlle Truong concert. Distribué par DyMusic.

L’Actualité Poitou-Charentes – N° 50 9