Vous êtes sur la page 1sur 8

Copyright © 2016 John Libbey Eurotext. Téléchargé par un utilisateur anonyme le 11/08/2016.

Téléchargé par un utilisateur anonyme le 11/08/2016. Nouvelles techniques de soins Mucites radio- et

Nouvelles

techniques de soins

Mucites radio- et chimio-induites :

actualités sur la prise en charge

R.J. Bensadoun, E. Caillot Service de Radiothérapie, CHU de Poitiers, 2, rue de Milétrie, 86000 Poitiers, France

La mucite est une complication majeure induite par la radiothérapie et/ou la chimiothérapie dans le traitement des cancers des voies aérodigestives supérieures. Cette toxicité a un fort retentissement sur la qualité de vie des patients ainsi que sur la réalisation optimale des traitements qui leur sont proposés. La physiopathologie, les facteurs de risque, l’incidence et les conséquences de la mucite seront abordés dans cette revue. Si sa prise en charge est avant tout symptomatique (prescription d’un traitement antalgique et support nutritionnel), depuis quelques années, plusieurs études révèlent que l’utilisation du laser basse énergie est particulièrement intéressante dans la prévention et le traitement des mucites radio- et/ou chimio-induites.

L a radiothérapie, exclusive ou postopératoire, occupe une place fondamentale dans le traite-

ment des cancers des voies aérodigestives supérieures. La tendance actuelle est à une intensification thérapeu- tique avec l’association de chimio- et/ou biothérapies de façon concomitante à la radiothérapie. Ces nouvelles stratégies, dans une optique curative, s’accompagnent d’une amélioration de la survie globale, mais aussi d’une augmentation significative de la toxicité aiguë, en par- ticulier de mucites oropharyngées [1]. La mucite oropharyngée est une complication fré- quente des traitements par radiothérapie et/ou chimio- thérapie des cancers oropharyngés (36 à 100 % en cas de traitement combiné [2]). Son impact est majeur en termes de morbidité liée au traitement. Cette toxicité altère significativement la qualité de vie des patients et constitue un motif fréquent de recours aux antalgiques opioïdes, d’hospitalisation et de support nutritionnel par sonde. À son paroxysme, elle peut constituer un motif

d’interruption des traitements altérant de façon majeure les résultats en terme de contrôle tumoral [3] grevant le pronostic vital des patients. La prise en charge de la mucite, dans un souci d’optimisation thérapeutique, est une préoccupation majeure des professionnels qui fait l’objet de recommandations internationales comme celles du groupe Mucites MASCC/ISOO (Multinational Asso- ciation of Supportive Care in Cancer/International Society for Oral Oncology) [4]. L’intensification des traitements oncologiques proposés dans un but d’amélioration de la survie des patients atteints de cancers ORL avancés [5] doit s’accompagner de mesures préventives et thé- rapeutiques pour pallier aux effets délétères des mucites aiguës. Dans ce contexte, le développement de l’usage du laser basse énergie pourrait apporter une aide précieuse pour soulager cette toxicité aiguë et mener le traitement à son terme [6].

Copyright © 2016 John Libbey Eurotext. Téléchargé par un utilisateur anonyme le 11/08/2016.

Nouvelles

techniques de soins

anonyme le 11/08/2016. Nouvelles techniques de soins Définition La mucite radio-induite (comme la mucite chimio-

Définition

La mucite radio-induite (comme la mucite chimio- induite) est définie comme l’altération non seulement de l’épithélium, mais aussi de l’ensemble de la muqueuse et du tissu conjonctif sous-jacent, se traduisant par l’appari- tion d’une ulcération. La phase de cicatrisation est carac- térisée par l’apparition d’un infiltrat de cellules inflamma-

toires, avec exsudat interstitiel, fibrine et débris cellulaires,

produisantunepseudomembranequi,lorsqu’elleesthydra-

téeparlasalive,peutprendreunecouleurblancheouopa-

lescente, alors qu’une infection en surface peut la faire apparaître jaune ou verdâtre. Il est facile, dans ce cas, de laconfondreavecuneinfectionà Candida,d’autantqu’un ulcère dû à une mucite radio-induite peut être surinfecté à Candida [7]. Alors que l’ulcère s’élargit, il se connecte aux ulcères adjacents, produisant un aspect de pseudo- membranes confluentes. La régénération des cellules entraîneuneré-épithélialisationetlarésolutiondel’ulcère; maislesprocessusdecicatrisationserontd’autantpluslongs et difficiles qu’il existe une surinfection et que l’ulcère est large et profond. Lorsque l’ulcère est très profond, la cica- trisation peut se faire en un tissu de granulome. En fonc- tion de la gravité de la mucite précoce, la muqueuse résul- tante, à distance de la radiothérapie, peut apparaître quasimentnormale,maisleplussouvent,elleestpluspâle, atrophique ; parfois même, la cicatrisation ne se fait pas, ce qui peut entraîner une radionécrose muqueuse.

Physiopathologie

En raison de leur pouvoir mitotique rapide, les cellules de la muqueuse buccale sont des cibles naturelles des agents cytotoxiques produits par les traitements antican- céreux. Des progrès ont été réalisés ces dernières années danslacompréhensiondelaphysiopathologieconduisant aux mucites. L’American Cancer Society (Sonis) a proposé un schéma d’évolution de la radiomucite en cinq phases :

initialisation,potentialisation,amplificationdusignal,ulcé-

ration avec inflammation, et enfin cicatrisation [8].

Initialisation

Les traitements oncologiques chimiothérapie et radio- thérapie génèrent des radicaux libres (i ou ROS). Les ROS ont deux actions : directe par dommage direct sur les cellules, tissus et vaisseaux, indirecte par l’activation de facteurs de transcription.

Potentialisation et production de médiateurs actifs

L’apoptose cellulaire est déclenchée directement par les ROS du fait des dommages à l’ADN qu’ils entraînent. D’autre part, l’activation indirecte de facteurs de trans- cription tels que le NFκb déclenche une cascade de réac- tions cellulaires. En effet, NFκb est responsable de l’ac- tivation de nombreux gènes qui produisent le TNFα, l’IL1b, l’IL6. Ces cytokines entraînent des dommages tis- sulaires et l’apoptose. NFκb active également la voie cyclo-oxygénase 2 (COX 2) et donc l’angiogenèse. NFκb n’est pas la seule voie de destruction cellulaire ; les ROS activent aussi la sphingomyélinase et la céramide syn- thase, entraînant l’apoptose. Par ailleurs, la lyse de fibronectine provenant du tissu conjonctif entraîne une activation macrophagique indui- sant la production d’une métalloprotéinase de la matrice et donc des dommages cellulaires, puis à nouveau l’ac- tivation du TNFα. Tous ces phénomènes aboutissent à une formation et à une potentialisation de médiateurs à l’origine de dommages tissulaires complexes à tous les niveaux de la muqueuse.

Signal et amplification

Une série de rétrocontrôles positifs médiés par les cytokines telles que le TNFα active de nombreuses voies telles que les voies de la céramide et de la caspase, entre- tenant la production de TNFα, d’IL1b et d’IL6. Il se produit par conséquent une véritable accéléra- tion et amplification du processus biologique au sein du tissu conduisant à l’ulcération.

Ulcération

La colonisation bactérienne du tissu ulcéré et l’acti- vation macrophagique qui en résulte augmentent la pro- duction de TNFα, d’IL1b et d’IL6. L’amplification de ces cytokines est responsable de l’inflammation et des dou- leurs. Les bactéries entraînent des dommages directs sur les cellules, et chez les patients immunodéprimés ou en cours de chimiothérapie concomitante augmentent le risque infectieux et le risque de septicémie. La modification de la composition et de la quantité de salive semble potentialiser la cytotoxicité et diminuer la capacité des tissus à cicatriser.

Copyright © 2016 John Libbey Eurotext. Téléchargé par un utilisateur anonyme le 11/08/2016.

Cicatrisation

Les phénomènes de cicatrisation semblent débuter par un signal venant de la matrice extracellulaire entraî- nant une prolifération, une différenciation épithéliale et le rétablissement de la flore microbienne locale. Après la phase de cicatrisation, la muqueuse apparaît normale, mais ce n’est qu’une apparence : elle a été altérée de façon significative et il persiste une néovascularisation résiduelle ; elle est plus fragile et sensible aux agressions cytotoxiques, elle est donc à risque plus élevé de mucite grave pour des épisodes futurs.

plus élevé de mucite grave pour des épisodes futurs. Prévalence et facteurs de risque Selon le

Prévalence et facteurs de risque

Selon le Radiation Therapy Oncology Group (RTOG) et le National Cancer Institute (NCI), les toxicités aiguës de la radiothérapie apparaissent dans les 90 jours sui- vant le début de l’irradiation [9]. Le développement des mucites dépend de plusieurs facteurs liés aux thérapeutiques et aux caractéristiques du patient. La prévalence peut aller jusqu’à 100 % en cas de traitement par radio- et chimiothérapie concomitante [10]. Certains facteurs ont été identifiés quand d’autres restent obscurs [11]. La nature des traitements systémiques associés à l’ir- radiation, leur dose et le programme d’administration conditionnent le risque de mucite. Les modalités d’irra- diation, le volume irradié, la dose par séance et la dose totale, et l’utilisation de chimiothérapies concomitantes influencent aussi le risque de toxicité [12]. Les études suggèrent que le risque de toxicité est en

Nouvelles

techniques de soins

partie déterminé par l’âge, l’indice de masse corporelle, le genre [13], l’altération de la production salivaire. La tumeur elle-même comme les comorbidités (dia- bète, insuffisance rénale) ont un impact sur le risque de mucite. Le tabagisme associé à une radiothérapie aug- mente significativement l’intensité des mucites radio- induites [14]. Il semble de plus en plus clair qu’il existe des déter- minants génétiques à l’apparition de mucites. En effet, des polymorphismes génétiques ont été identifiés asso- ciés au métabolisme de certains agents cytotoxiques. Un polymorphisme du gène codant un médiateur inflam- matoire tel que TNFα est impliqué dans le risque de mucite chez les patients receveurs d’une greffe de cel- lules souches [15]. Par conséquent, l’étude du rôle des cytokines impli- quées dans les mucites peut être d’un grand intérêt en thérapeutique. La flore buccale est considérée comme jouant un rôle secondaire dans la physiopathologie des mucites. Tou- tefois, la colonisation bactérienne augmente la sévérité des mucites et retarde la cicatrisation.

la sévérité des mucites et retarde la cicatrisation. Évaluation L’évaluation clinique de la sévérité des

Évaluation

L’évaluation clinique de la sévérité des mucites est réalisée par des classifications validées [16]. Il est néces- saire, en effet, pour pouvoir mener des études cliniques fiables et comparables, de classer en différents stades de sévérité l’atteinte tissulaire observable cliniquement et de créer des échelles reproductibles, adaptées à l’évolu- tion de cette complication. Deux classifications appa- raissent comme les plus utilisées par les professionnels (tableau 1) :

Tableau 1. Classification des mucites radio-induites

 

Classification du NCI-CTC (et du RTOG)

Classification de l’OMS

Grade 0

Pas de mucite

Pas de mucite

Grade 1

Érythème de la muqueuse

Érythème, sensation désagréable (douleur)

Grade 2

Plaques pseudo-membraneuses < 1,5 cm et non-confluentes

Érythème, ulcères, alimentation solide possible

Grade 3

Plaques pseudo-membraneuses confluentes > 1,5 cm

Ulcères, alimentation liquide uniquement possible

Grade 4

Ulcération avec nécrose

Alimentation per os impossible, alimentation entérale ou parentérale obligatoire

Copyright © 2016 John Libbey Eurotext. Téléchargé par un utilisateur anonyme le 11/08/2016.

Nouvelles

techniques de soins

– la classification du National Cancer Institute -Common

Toxicity Criteria (NCI-CTC)- validée par le RTOG ;

– la classification de l’Organisation mondiale de la Santé.

la classification de l’Organisation mondiale de la Santé. Conséquences La mucite a des conséquences cliniques et

Conséquences

La mucite a des conséquences cliniques et écono- miques [17].

Cliniques

Les symptômes de la mucite sont multiples : dou- leurs, brûlures, gêne gingivale, difficultés d’alimenta- tion, altération du goût [18]. La mucite détruit l’épithélium buccal et inhibe son renouvellement aboutissant à une atrophie épithéliale qui facilite l’adhésion et l’invasion de Candida albicans [19]. Associée à cela, la radiothérapie externe est res- ponsable d’une hyposialie, voire d’une asialie débutante aux alentours de la troisième semaine de traitement. Or, le flux salivaire et la composition même de la salive jouent un rôle prépondérant dans la lutte contre la candidose oropharyngée. La radiothérapie externe est également fréquemment associée à la chimiothérapie qui peut être responsable d’une baisse de l’immunité et qui est sou- vent source d’une antibiothérapie, cette dernière peut être la cause d’une destruction de la flore buccale et donc faciliter la colonisation par Candida albicans. Il existe un risque d’extension systémique de la levure alors res- ponsable d’une septicémie pouvant conduire à un sep- sis sévère voire à un choc septique et aboutir au décès.

sévère voire à un choc septique et aboutir au décès. Figure 1. Mucite buccale radio-induite de

Figure 1. Mucite buccale radio-induite de grade 3 NCI- CTC (ulcérations confluentes, fausses membranes).

Économiques

Une mucite de grade 3-4 augmente significativement le risque de douleur sévère (54 % vs 6 % ; p < 0,001) et la perte de poids de plus de 5 kg (60 % vs 17 % ; p < 0,001) par rapport à une mucite grade 1-2 [20]. L’altération du statut OMS et les difficultés alimentaires significativement diminuées dans les stades sévères sont à l’origine d’hos- pitalisations. Ces soins de support augmentent le coût de la prise en charge globale du patient, et ce de manière proportionnelle à la sévérité de la mucite.

de manière proportionnelle à la sévérité de la mucite. Prise en charge Traitement préventif Différentes

Prise en charge

Traitement préventif

Différentes interventions thérapeutiques ont montré un bénéfice dans la prévention et le contrôle de la sévé- rité des mucites associés aux traitements oncologiques [21]. Leur niveau de preuve variable implique que le bénéfice pourrait être spécifique selon le type de can- cer et le type de traitement. D’autres études avec un nombre suffisant de patients sont nécessaires afin d’éta- blir des recommandations selon la pathologie et le trai- tement. En pratique, la cryothérapie et les facteurs de croissance kératinocytaires ont fait la preuve de leur effi- cacité dans la prévention des mucites. La cryothérapie est indiquée chez les patients qui reçoivent un bolus de chimiothérapie à courte demi-vie (5FU ou melphalan) [22]. Le palifermin (Kepivance ® ), une protéine analogue au facteur de croissance des kératinocytes naturels (KGF), obtenue par biotechnologie, a fourni des résul- tats intéressants dans la prise en charge des mucites sévères liées aux traitements de conditionnement réali- sés avant les greffes de cellules souches hématopoïé- tiques [23] ainsi que chez les patients traités par 5-fluoro- uracile pour un cancer colo-rectal métastatique [24]. Ce produit injectable est en cours d’évaluation pour les mucites liées aux traitements des cancers buccaux. Le niveau de preuve est plus faible quant au béné- fice de l’aloe vera, de l’amifostine, de la supplémenta- tion en glutamine intraveineuse, des facteurs de crois- sance granulocytaires, du miel, du laser, des antibiotiques [25] et du sucralfate. Il n’y a pas de preuve que la chlorhexidine soit plus efficace qu’un placebo, celle-ci ne doit pas être utili- sée comme traitement préventif [26].

Copyright © 2016 John Libbey Eurotext. Téléchargé par un utilisateur anonyme le 11/08/2016.

Modalité de la radiothérapie L’accélération, l’hyper-fractionnement [27] et la dose totale élevée (80 Gy) augmentent significativement la toxicité muqueuse, donnant 50-60 % de mucite de grade 3. L’irradiation conformationelle, avec ou sans modu- lation d’intensité, éventuellement guidée par l’image, assure une meilleure définition des volumes cibles et permet par conséquent de réduire le volume des tissus sains irradiés à fortes doses [12]. Les caches focalisés et cache cervical médian (en RC3D] permettent l’épargne muqueuse des régions saines.

Les soins locaux Un bilan et une mise en état dentaire sont indispen- sables avant toute chimiothérapie ou radiothérapie au niveau de la sphère oropharyngée. L’éducation des patients sur l’hygiène buccale est primordiale. La pres- cription de bains de bouches au bicarbonate 14/1000 doit être systématique, il est de plus essentiel de prodi- guer des conseils au patient quant à leur application. Des associations d’agents thérapeutiques en bains de bouche ont démontré des résultats significatifs en termes de réduction du risque infectieux local [28]. Toutefois, la prescription à titre préventif d’antifongiques ou d’an- tiseptiques n’est pas recommandée, leur utilisation sys- tématique serait responsable de l’émergence de souches résistantes.

Le laser de basse énergie Le laser de basse énergie (Low-level laser therapy [LLLT]) correspond à l’application simple et atrauma- tique d’une source de lumière monochromatique consti- tuée de photons de haute densité. Ce terme regroupe les lasers hélium-néon d’une puissance de 5 à 200 mW (He/Ne, longueur d’ondes 632,8 nm) et à diode (lon- gueur d’ondes 650 à 905 nm) qui sont les plus fré- quemment utilisés. Les données expérimentales ont montré que des faibles doses (10 à 10 3 W/m 2 ) sur une courte période (10 à 100 secondes) délivrent un effet macroscopique durable dans le temps. Depuis 2007, le groupe « Mucites MASCC/ISOO » recommande le LLLT [16]. L’intérêt de la photothérapie au laser dans le traite- ment préventif et curatif des mucites buccales chimio et/ou radio-induites a été mis en évidence dans plusieurs études de bonne qualité [29]. Plusieurs études rando-

Nouvelles

techniques de soins

misées ont observé une diminution significative des mucites de grade 3 et 4 chez les patients traités par laser après chimiothérapie aplasiante, pendant le traitement de conditionnement avant les greffes de cellules souches hématopoïétiques dans le cadre du traitement des hémo- pathies malignes. Ainsi dès 1997, Cowen et al. avaient observé dans une étude randomisée en double aveugle une diminution significative de l’incidence (p = 0,01) et de la durée (p = 0,01) des mucites de grade 3 dans le groupe de patients traités par laser He-Ne (632,8 nm), par rapport au groupe contrôle [30]. En 2007, Antunes et al. et Schubert et al. ont observé, dans des études ran- domisées en double aveugle, les effets préventifs du laser diode. Antunes et al. rapportent ainsi que 94,7 % des patients traités avec laser n’ont pas dépassé la mucite de grade 2, 63,2 % étant au grade 0 ou 1 (sans ulcéra- tions), comparativement à 31,5 % des patients pour le groupe contrôle (P < 0,001) [31]. L’intérêt du laser de basse énergie a été démontré plus récemment dans le traitement préventif et curatif des mucites radio-induites chez des patients traités pour un cancer des voies aéro-digestives supérieures. Une première étude multicentrique randomisée, publiée en 1999 par Bensadoun et al, a étudié l’effet du laser He/Ne sur 30 patients. Conformément à ce qui a été décrit avec les mucites lors des greffes de cellules souches héma- topoïétiques, l’incidence des mucites de grade 3 était de 7,6 % dans le groupe laser contre 35,2 % dans le groupe contrôle (P < 0,01) [32]. Par la suite, plusieurs types de lasers de basse énergie ont été évalués dans cette indi- cation. Ainsi, Arora et al. [2008] ont étudié l’effet du laser He/Ne sur 24 patients traités par radiochimiothérapie pour des cancers des VADS [33]. Simoes et al. ont com-

pour des cancers des VADS [33]. Simoes et al. ont com- Figure 2. Low-level laser therapy

Figure 2. Low-level laser therapy [LLLT] ou laser de basse énergie par voie directe, endo-buccale.

Copyright © 2016 John Libbey Eurotext. Téléchargé par un utilisateur anonyme le 11/08/2016.

Nouvelles

techniques de soins

paré l’effet de deux types de lasers et de deux proto- coles d’administration (1 fois/semaine et 3 fois/semaine) sur 39 patients, He/Ne laser (660 nm, 40 mW/cm) ver- sus He/Ne laser (808 nm, 1 W/cm). Ils rapportent un meilleur contrôle de l’intensité de la douleur avec le laser de plus faible énergie avec un protocole de 3 fois/semaine [34]. Zanin et al. ont obtenu des résultats similaires avec un laser diode 660 nm utilisé 2 fois/semaine, dans une étude portant sur 72 patients (groupe laser versus groupe contrôle (n = 36) [35]. Les lasers hélium-néon (He/Ne, longueur d’ondes 632,8 nm) et à diode (longueur d’ondes 650 à 905 nm) sont les plus fréquemment rapportés dans ces indica- tions, comme le laser He/Ne de 660 nm et 685 nm et le LLLT de 830 nm [36]. Bien que l’intérêt du laser dans les mucites soit main- tenant incontestable, la question de la puissance utili- sée et du protocole fait actuellement débat. Il semble que les protocoles sur 2 à 3 jours/semaine soient plus efficaces que les protocoles proposant une utilisation par semaine. Simoes et al. ont obtenu de meilleurs résul- tats avec le laser de plus faible énergie [34]. Ces résul- tats restent à confirmer et des études supplémentaires devront préciser les paramètres suivant : le type de laser

devront préciser les paramètres suivant : le type de laser Figure 3. Low-level laser therapy [LLLT]

Figure 3. Low-level laser therapy [LLLT] ou laser de basse énergie par voie externe (pour mucite buccale).

et sa longueur d’onde, la puissance et l’énergie admi- nistrée par cm 2 . Une méta-analyse de 11 études randomisant le LLLT versus placebo entre 1997 et 2009 (415 patients) révèle que le LLLT réduit le risque de mucite de 2,45 (CI 1,85- 3,18), réduit la durée (4,38 jours, p = 0,0009) et la sévé- rité de celle-ci [37].

Traitement curatif

Prise en charge de la douleur et des difficultés nutritionnelles La prise en charge de la douleur est bien entendu un élément majeur. Un traitement antalgique adapté aux paliers OMS de la douleur doit être systématiquement prescrit ; les dérivés morphiniques étant fréquemment le traitement de choix. L’emploi de médicaments anti- inflammatoires est également préconisé. En cas de dou- leurs locales, l’utilisation de topiques anesthésiants, du type lidocaïne en gel, peut être nécessaire. La prise en charge nutritionnelle, au mieux par voie entérale avec gastrostomie doit être anticipée [38], c’est un impératif dans le cadre de l’optimisation thérapeu- tique. L’objectif est de maintenir des apports hydriques et caloriques satisfaisants.

Place du laser de basse énergie Les recherches in vitro [39] et in vivo ont montré que le LLLT possède trois propriétés photo-biologiques prin- cipales : antalgique, anti-inflammatoire et cicatrisante [40].

Analgésie et inflammation Le LLLT entraîne une transmission d’électrons res- ponsable de réactions d’oxydoréduction au niveau de la chaîne respiratoire mitochondriale des cellules. Il en résulte une augmentation de la production d’énergie (ATP) par les cytochromes des mitochondries. Le méta- bolisme de la cellule et ses capacités de prolifération sont ainsi accélérés. Au décours des traitements oncologiques, radiothé- rapie et chimiothérapie des radicaux libres oxygénés sont créées. Les ROS générés par les traitements anti- cancéreux agissent, d’une part, directement sur la muqueuse et les vaisseaux et, d’autre part, indirectement en déclenchant une réaction inflammatoire locale par l’activation de facteurs de transcription, comme le NF B qui représente la voie centrale d’activation de nombreux gènes des médiateurs de la réaction inflammatoire

Copyright © 2016 John Libbey Eurotext. Téléchargé par un utilisateur anonyme le 11/08/2016.

(TNFα, IL1 ou IL6) à l’origine de dommages tissulaires complexes survenant dans la muqueuse. Des études, comme celle de Mafra de Lima, démontrent que le laser diode (GaAs) diminue l’expression des transcrits du TNFα via le NFκB, dans un modèle expérimental d’in- flammation respiratoire induite par les lipopolysaccha- rides bactériens chez le rat [41]. Il a été démontré que le laser diode de faible puissance à GaAs (904 nm) réduit de manière significative la migration cellulaire des poly- nucléaires neutrophiles dans un modèle expérimental de péritonite induit par les lipopolysaccharides bacté- riens. Dans l’étude de Lim et al. (2007), l’irradiation par le laser 635 nm a permis de mettre en évidence une inhi- bition du relargage des prostaglandines inflammatoires (PGE2) et des deux isoformes (1 et 2) de la cyclo-oxy- génase. Les lasers de faible puissance ont par ailleurs une action antalgique [42] en augmentant la synthèse et le relargage des endorphines, ainsi qu’en diminuant le relargage de récepteurs nociceptifs comme la bradyki- nine et la sérotonine.

Cicatrisation Pour le potentiel cicatrisant, França et al. [43] ont étu- dié l’aspect histologique des effets préventifs et théra- peutiques du laser diode (GaAs) dans des mucites chi- mio-induites chez le hamster : ils ont observé une augmentation de l’angiogenèse, du nombre de fibres de collagène, et de l’organisation du tissu de granulation dans les groupes traités avec le laser [43], et ce, de manière plus importante. Ces effets sont plus marqués dans le groupe thérapeutique que dans le groupe pré- ventif. Il a été en outre montré in vitro un effet du laser de faible puissance sur la prolifération cellulaire. Au niveau des cellules de la muqueuse buccale, le laser aug- mente ainsi la production de collagène des cellules épi- théliales de la muqueuse orale et permet une régénéra- tion rapide des fibroblastes en myofibroblastes.

tion rapide des fibroblastes en myofibroblastes. Conclusion La mucite qui complique les traitements

Conclusion

La mucite qui complique les traitements anti-cancé- reux est une cause importante d’inconfort, de douleurs, de mauvaise nutrition, parfois d’infections, d’hospitali- sations et de retard de prise en charge. Son traitement est un challenge pour parvenir au bout des traitements oncologiques. En 2007, le groupe MASCC-ISOO a actua- lisé ses recommandations, le LLLT est depuis recom-

Nouvelles

techniques de soins

mandé pour la prévention des mucites lors de la greffe de cellules hématopoïétiques [16]. Plusieurs revues systématiques de la littérature attri- buent un niveau de preuve élevé au LLLT dans la pré- vention traitement des mucites radio-induites. L’appli- cation de doses de 1 à 6J par point sur la muqueuse oropharyngée prévient l’apparition des mucites lors des traitements des cancers oropharyngés. Le LLLT diminue significativement la douleur, la sévérité et la durée de l’ulcère en favorisant la cicatrisation des lésions. Si des essais contrôlés randomisés avec de plus gros effectifs de patients sont encore attendus pour établir des protocoles préventifs et curatifs (dose, temps d’ap- plication, nombre de séances), la laserthérapie, dénué d’effets indésirables connus est un soin de support onco- logique très prometteur des mucites radio et chimio- induites.

très prometteur des mucites radio et chimio- induites. Références 1. Calais G, Alfonsi M, Bardet E,

Références

1. Calais G, Alfonsi M, Bardet E, et al. [Stage III and IV cancers of the

oropharynx : results of a randomized study of Gortec comparing radio-

therapy alone with concomitant chemotherapy]. Bull Cancer 2000 ; 87 (N° Spec) : 48-53.

2. Trotti A, Bellm LA, Epstein JB, et al. Mucositis incidence, severity and

associated outcomes in patients with head and neck cancer receiving radio- therapy with or without chemotherap y : a systematic literature review. Radiother Oncol 2003 ; 66 : 253-62.

3. Van den Bogaert W, Van der Leest A, Rijnders A, Delaere P, Thames H,

van der Schueren E. Does tumor control decrease by prolonging overall

treatment time or interrupting treatment in laryngeal cancer ? Radiother Oncol 1995 ; 36 : 177-82.

4. Bensadoun R-J, Le Page F, Darcourt V, et al. [Radiation-induced mucosi-

tis of the aerodigestive tr act : prevention and treatment. MASCC/ISOO

mucositis group’s recommendations]. Bull Cancer 2006 ; 93 : 201-11.

5. Pignon JP, Bourhis J, Domenge C, Designé L. Chemotherapy added to

locoregional treatment for head and neck squamous-cell carcinoma : three

meta-analyses of updated individual data. MACH-NC Collaborative Group. Meta-Analysis of Chemotherapy on Head and Neck Cancer. Lancet 2000 ;

355 : 949-55.

6. Palazzi M, Tomatis S, Orlandi E, et al. Effects of treatment intensification

on acute local toxicity during radiotherapy for head and neck cancer :

prospective observational study validating CTCAE, version 3.0, scoring sys-

tem. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2008 ; 70 : 330-7.

7. Sonis ST. A biological approach to mucositis. J Support Oncol 2004 ; 2 :

21-32 ; discussion 35-6.

8. Sonis ST. Pathobiology of mucositis. Semin Oncol Nurs 2004 ; 20 : 11-5.

9. Cox JD, Stetz J, Pajak TF. Toxicity criteria of the Radiation Therapy Oncol-

ogy Group (RTOG) and the European Organization for Research and Treat- ment of Cancer (EORTC). Int J Radiat Oncol Biol Phys 1995 ; 31 : 1341-6.

10. Elting LS, Keefe DM, Sonis ST, et al. Patient-reported measurements of

oral mucositis in head and neck cancer patients treated with radiotherapy with or without che motherapy : demonstration of increased frequency,

severity, resistance to palliation, and impact on quality of life. Cancer 2008 ;

113

: 2704-13.

11.

Barasch A, Peterson DE. Risk factors for ulcerative oral mucositis in

cancer patient s : unanswered questions. Oral Oncol 2003 ; 39 : 91-100.

12. Sanguineti G, Sormani MP, Marur S, et al. Effect of Radiotherapy and

Chemotherapy on the Risk of Mucositis during Intensity-Modulated Radiation Therapy for Oropharyngeal Cancer. Int J Radiat Oncol Biol Phys [Internet] 2011 nov 19 [cité 2012 févr 2013] ; Available de :

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22104358

Copyright © 2016 John Libbey Eurotext. Téléchargé par un utilisateur anonyme le 11/08/2016.

Nouvelles

techniques de soins

13. Vokurka S, Bystrická E, Koza V, et al. Higher incidence of chemother-

apy induced oral mucositis in femal es : a supplement of multivariate anal- ysis to a randomized multicentre study. Support Care Cancer 2006 ; 14 :

974-6.

14. Trotti A. Toxicity in head and neck can cer : a review of trends and

issues. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2000 ; 47 : 1-12.

therapy (LLLT) in cancer therapy-induced oral mucositis. Support Care Cancer 2011 ; 19 : 1069-77.

30. Cowen D, Tardieu C, Schubert M, et al. Low energy Helium-Neon laser

in the prevention of oral mucositis in patients undergoing bone marrow transplant : results of a double blind randomized trial. Int J Radiat Oncol Biol Phys 1997 ; 38 : 697-703.

15.

Robien K, Schubert MM, Bruemmer B, Lloid ME, Potter JD, Ulrich CM.

31.

Silva GBL, Mendonça EF, Bariani C, Antunes HS, Silva MAG. The pre-

Predictors of oral mucositis in patients receiving hematopoietic cell trans-

75.

vention of induced oral mucositis with low-level laser therapy in bone mar-

plants for chronic myelogenous leukemia. J Clin Oncol 2004 ; 22 : 1268-

row transplantation patients : a randomized clinical trial. Photomed Laser Surg 2011 ; 29 : 27-31.

16.

Keefe DM, Schubert MM, Elting LS, et al. Updated clinical practice guide-

32.

Bensadoun RJ, Franquin JC, Ciais G, et al. Low-energy He/Ne laser in

lines for the prevention and treatment of mucositis. Cancer 2007 ; 109 :

the prevention of radiation-induced mucositis. A multicenter phase III ran-

820-31.

17. Elting LS, Cooksley CD, Chambers MS, Garden AS. Risk, outcomes, and

costs of radiation-induced oral mucositis among patients with head-and- neck malignancies. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2007 ; 68 : 1110-20.

18. Murphy BA, Beaumont JL, Isitt J, et al. Mucositis-related morbidity and

resource utilization in head and neck cancer patients receiving radiation therapy with or without chemotherapy. J Pain Symptom Manage 2009 ;

38

: 522-32.

19.

Soysa NS, Samaranayake LP, Ellepola ANB. Cytotoxic drugs, radio-

therapy and oral candidiasis. Oral Oncol 2004 ; 40 : 971-8.

20. Mañas A, Palacios A, Contreras J, Sánchez-Magro I, Blanco P, Fernán-

dez-Pérez C. Incidence of oral mucositis, its treatment and pain manage- ment in patients receiving cancer treatment at Radiation Oncology Depart-

ments in Spanish hospitals (MUCODOL Study). Clin Transl Oncol 2009 ;

domized study in patients with head and neck cancer. Support Care Can- cer 1999 ; 7 : 244-52.

33. Arora H, Pai KM, Maiya A, Vidyasagar MS, Rajeev A. Efficacy of He-Ne

Laser in the prevention and treatment of radiotherapy-induced oral mucosi- tis in oral cancer patients. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod 2008 ; 105 : 180-6, 186.e1.

34. Simões A, Eduardo FP, Luiz AC, et al. Laser phototherapy as topical pro-

phylaxis against head and neck cancer radiotherapy-induced oral mucosi- tis : comparison between low and high/low power lasers. Lasers Surg Med

2009 ; 41 : 264-70.

35. Zanin T, Zanin F, Carvalhosa AA, et al. Use of 660-nm diode laser in

the prevention and treatment of human oral mucositis induced by radio-

therapy and chemotherapy. Photo med Laser Surg 2010 ; 28 : 233-7.

36. Khouri VY, Stracieri ABPL, Rodrigues MC, et al. Use of therapeutic laser

11

: 669-76.

for prevention and treatment of oral mucositis. Braz Dent J 2009 ; 20 : 215-

21.

Worthington HV, Clarkson JE, Bryan G, et al. Interventions for pre-

20.

venting oral mucositis for patients with cancer receiving treatment. Cochrane

37.

Bensadoun R-J, Nair RG. Low-level laser therapy in the prevention and

Database Syst Rev 2011 ; (4) : CD000978.

treatment of cance r therapy-induced mucositis : 2012 state of the art based

22. Svanberg A, Ohrn K, Birgegård G. Oral cryotherapy reduces mucosi-

tis and improves — nutrition — a randomised controlled trial. J Clin Nurs

2010 ; 19 : 2146-51.

23. Spielberger R, Stiff P, Bensinger W, et al. Palifermin for oral mucositis

after intensive therapy for hematologic cancers. N Engl J Med 2004 ; 351 :

2590-8.

24. Rosen LS, Abdi E, Davis ID, et al. Palifermin reduces the incidence of

oral mucositis in patients with metastatic colorectal cancer treated with flu-

orouracil-based chemotherapy. J Clin Oncol 2006 ; 24 : 5194-200.

on literature review and meta-analysis. Current Opinion in Oncology [Inter- net]. 2012 mars 23 [cité 2012 mars 28] ; Available de :

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22450151

38. Marcy PY, Magné N, Bensadoun RJ, et al. [Percutaneous endoscopic

gastrostomy : cost/benefit analysis in patients with carcinoma of the upper aero-digestive tract]. Bull Cancer 2000 ; 87 : 329-33.

39. Kreisler M, Christoffers AB, Willershausen B, d’Hoedt B. Effect of low-

level GaAlAs laser irradiation on the proliferation rate of human per iodon-

tal ligament fibroblasts : an in vitro study. J Clin Periodontol 2003 ; 30 : 353-

25.

El-Sayed S, Nabid A, Shelley W, et al. Prophylaxis of radiation-associ-

8.

ated mucositis in conventionally treated patients with head and neck can-

40.

Enwemeka CS, Parker JC, Dowdy DS, Harkness EE, Sanford LE,

cer : a double-blind, phase III, randomized, controlled trial evaluating the

Woodruff LD. The efficacy of low-power lasers in tissue repair and pain

clinical efficacy of an antimicrobial lozenge using a validated mucositis

control : a meta-analysis study. Photomed Laser Surg 2004 ; 22 : 323-9.

scoring system. J Clin Oncol 2002 ; 20 : 3956-63.

41.

Mafra de Lima F, Costa MS, Albertini R, Silva JA Jr, Aimbire F. Low level

26.

Dodd MJ, Larson PJ, Dibble SL, Miaskowski C, Greenspan D, MacPhail

laser therapy (LLLT) : attenuation of ch olinergic hyperreactivity, beta (2)-

L, et al. Randomized clinical trial of chlorhexidine versus placebo for pre- vention of oral mucositis in patients receiving chemotherapy. Oncol Nurs Forum 1996 ; 23 : 921-7.

adrenergic hyporesponsiveness and TNF-alpha mRNA expression in rat bronchi segments in E. coli lipopolysaccharide-induced airway inflam- mation by a NF-kappaB dependent mechanism. Lasers Surg Med 2009 ;

27.

Bernier J, Thames HD, Smith CD, Horiot JC. Tumor response, mucosal

41 : 68-74.

reactions and late effects after conventional and hyperfractionated radio-

therapy. Radiother Oncol 1998 ; 47 : 137-43.

28. Lanzós I, Herrera D, Santos S, et al. Mucositis in irradiat ed cancer

patients : effects of an antiseptic mouthrinse. Med Oral Patol Oral Cir Bucal

2010 ; 15 : e732-738.

29. Bjordal JM, Bensadoun R-J, Tunèr J, Frigo L, Gjerde K, Lopes-Martins

RA. A systematic review with meta-analysis of the effect of low-level laser

42. Bjordal JM, Johnson MI, Iversen V, Aimbire F, Lopes-Martins RAB. Low-

level laser therapy in acute pain : a systematic review of possible mecha- nisms of action and clinical effects in randomized placebo-controlled tri- als. Photomed Laser Surg 2006 ; 24 : 158-68.

43. França CM, França CM, Núñez SC, et al. Low-intensity red laser on the

prevention and treatment of induced-oral mucositis in hamsters. J Photo- chem Photobiol B Biol 2009 ; 94 : 25-31.