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La Permaculture

Ou comment l’utiliser Pour amateurs et professionnels

l’Université Populaire de Permaculture

comment l’utiliser Pour amateurs et professionnels l’Université Populaire de Permaculture Dessins par Chloé Decaux 1

Dessins par Chloé Decaux

Ce livre a été écrit, dans cette première version, majoritairement par Steve Read. Afin de créer quelque chose de vivant, il a décidé de vous l'offrir en format PDF. Vous pouvez le télécharger gratuitement et l'imprimer autant que vous le voulez. Pour poursuivre cette démarche, le livre est aussi accessible aux experts de la Permaculture qui peuvent ajouter à fur et mesure des chapitres, des notes, des annexes. Si vous souhaitez faire partie de cet équipe, veuillez contacter l'Université populaire de la Permaculture. Les améliorations faites seront ensuite disponibles pour tout ceux qui veulent garder les versions de ce livre évolutif.

Sommaire Introduction et définition de la permaculture.

Chapitre 1 Les principes éthiques de la permaculture

Chapitre 2 Les principes généraux de la permaculture.

Chapitre 3 Comment faire une conception en permaculture.

Chapitre 4 L'élément EAU.

Chapitre 5 L'élément SOL.

Chapitre 6 L'élément ENERGIE.

Chapitre 7 Les MICROCLIMATS.

Chapitre 8 Les HABITATS.

Chapitre 9 LES VILLAGES, HAMEAUX et LOTISSEMENTS.

Chapitre 10 LES VILLES.

Chapitre 11 LES BIOREGIONS.

Chapitre 12 La permaculture dans le monde.

Annexe 1 Certaines méthodologies utiles pour une conception

Annexe 2 D'autres principes de la Permaculture.

Annexe 3

Définitions

Annexe 4 Feuilles de conception

La permaculture est un art :

Art d'observation, d'interconnexions, de conception.

La permaculture est une science :

Science de recherche, d'expérimentation, de test et d'amélioration des systèmes grâce à l’observation des résultats.

INTRODUCTION

Avant même la publication du livre “Un printemps silencieux” de Rachel Carson, de nombreuses personnes avaient exprimé des inquiétudes par rapport aux conséquences des activités humaines sur la planète et la biosphère. Ces inquiétudes ont conduit à la création d’organisations comme Les amis de la Terre ou Greenpeace, et de mouvements comme l’agriculture bio ou l’éco-construction. La Permaculture, née dans les années 80 des travaux de Bill Mollison et David Holmgren, est une tout autre démarche. Ce n’est ni du jardinage, ni de l’agriculture, de la construction ou de la politique. Ses origines se trouvent dans le travail de Masanobu Fukuoka sur l’agriculture naturelle, de Arthur

Yeomans sur le concept de Keyline, la stratégie de gestion de l’eau dans les exploitations agricoles, de Howard Odum sur la science de l’écologie, de nombreuses autres recherches de la science

moderne comme la théorie des systèmes ou les fractales

traditionnelles d’une myriade de cultures. Les recherches menées par Mollison et Holmgren leur ont permis d’étendre le champ d’application de la science de la conception et de l’aménagement du territoire créée par Yeomans et ils ont inventé le mot permaculture, à partir de la contraction des mots “permanent agriculture”, pour désigner leur système. Pendant les années qui ont suivi la publication du livre Permaculture one, A perennial agriculture for human settlements (Tigari publications 1978), il est devenu évident qu’une ferme et un potager ne faisaient pas seulement partie d’un écosystème naturel mais aussi d’un écosystème humain et que le travail du permaculteur était l’aménagement des deux. Aujourd’hui le mot permaculture fait référence à la “culture permanente” qu’on peut définir dans ce contexte comme l’ensemble des structures sociales, artistiques, culturelles, agricoles rendues vivantes par les gens du lieu.

autant que dans les pratiques

PERMACULTURE :

La permaculture est une science et un art de l’aménagement des écosystèmes humains. Elle peut

être mise en œuvre partout, aussi bien à l’échelle d’un appartement que d’une ville, d’un potager

Et elle est accessible à tous. C’est un art qui vise à aménager des écosystèmes

humains, éthiques, durables et robustes, qui s’intégreront harmonieusement dans les systèmes naturels. Vous retrouverez sans doute dans ce livre des approches et des techniques que vous connaissez déjà car la permaculture suit une approche synthétique et s’enrichit sans cesse des avancées faites dans tous les domaines qui lui sont utiles, surtout la science de l’écologie Mais l’art dans la science est de trouver comment organiser au mieux l’ensemble et d’utiliser les imaginations et les connaissances individuelles en accord avec les principes et les techniques pour créer les systèmes les mieux adaptés.

que d’une ferme,

La Permaculture cherche à concevoir des systèmes résilients, c’est à dire des systèmes suffisamment élastiques pour se rétablir ou s’adapter après des chocs et des changements, et pérennes, c’est à dire des systèmes qui, sur leur temps d’existence, génèrent plus d’énergie qu’il n’en a fallu pour les établir, les maintenir et assurer leur remplacement.

Les permaculteurs sont des concepteurs de ces systèmes résilients, c'est à dire qu’ils testent leurs idées, techniques et stratégies, ainsi que les connexions qui les lient ensemble, 'sur le papier' avant de passer aux travaux pratiques.

La phase de conceptualisation, qui sera explorée dans ce livre, est une phase d'observation, de réflexion, d'exploration, par des recherches et aussi parfois par des tests d'approche faits à petite échelle. Tout ça pour produire une conception spécifique tant pour le lieu que pour les gestionnaires du projet ; conception qui va les guider pas à pas vers la création d'un écosystème durable et productif, en harmonie avec la nature.

Elle se distingue d’autres méthodes d’aménagement du territoire et de conception (comme l'architecture) par la place centrale qu’y occupent ses principes éthiques fondamentaux: prendre soin de la terre, prendre soin des hommes, produire et redistribuer les surplus et préserver la vie, auxquels sont subordonnés tous les choix de méthodes et de moyens.

La permaculture ne peut être réduite à de simples techniques. Sa mise en pratique dans tous les coins de la planète a clairement mis en évidence le fait qu’il n’existe aucune approche en

agriculture, en architecture, dans la gestion de l’eau,

climats et à toutes les cultures. On peut donc parler des 10000 stratégies, car, dans chaque activité humaine il existe des milliers d’approches différentes qui peuvent être plus ou moins adaptées à un lieu, un climat, des personnes et des besoins. Les approches sont spécialisées, en conséquence le champ d’application de chacune est limité. Mais elles sont établies et gouvernées par des principes qui sont de grandes lignes directrices beaucoup plus générales. Les principes de la permaculture nous aident à choisir les techniques et les approches les plus adaptées aux circonstances, aux gens et aux lieux.

qui soit adaptée à tous les lieux, à tous les

,

Le mot permaculture est également utilisé pour désigner un écosystème installé ou utilisé selon ces principes et méthodes. On parle alors d’une permaculture. C’est un lieu où sont mis en pratique les principes éthiques et généraux de la permaculture : un lieu où les activités humaines prennent soin de la terre et des êtres, où les surplus créés par ces activités sont redistribués pour aider d’autres personnes et d’autres lieux à améliorer leur qualité de vie, enfin un lieu où les conséquences générales de l’existence des différents éléments sur un lieu, pour la production d'énergie, de la nourriture, nos habitats etc est autant que possible, bénéfique à tous les autres et à la Terre.

Les permaculteurs qui travaillent de nos jours dans tous les coins de notre planète ont tous les mêmes objectifs : à travers leur art et leur science, transformer nos systèmes actuels en systèmes durables, abondants et qui nuisent pas à la santé des écosystèmes naturels. Ce livre n’a pas vocation à faire une analyse de tous les effets pervers ou de tous les dangers de nos pratiques actuelles mais de présenter des solutions. Ces solutions existent déjà pour la plupart :il s’agit de toutes les approches alternatives, des méthodes et des outils qui pourraient être utilisés pour prendre soin de la Terre et fournir aux hommes leurs ressources vitales. Mais pour la plupart de temps elles ne sont pas mises en œuvre

Ce livre s’adresse autant à ceux qui veulent apprendre la permaculture et devenir concepteurs de systèmes permaculturels qu’à tous ceux qui veulent simplement se servir de cet outil puissant pour mieux faire aboutir leurs projets. Il est le premier d’une série d’ouvrages dont chacun approfondira l’approche permacole dans différents domaines, par exemple:- la production de nourriture, le bâtiment, la permaculture urbaine etc. C'est dans ces livres que vous trouverez d'avantage de techniques et stratégies adaptées à un évolution socio-ecologique durable. Ce premier volume explique certaines techniques mais il est surtout destiné à montrer comment faire une conception, un design, en permaculture.

C'est ça le cœur de la permaculture, de faire une conception pour l’aménagement d'un territoire avec une planification de la mise en œuvre de cette conception.

Maintenant que nous avons défini ce qu’est la Permaculture nous pouvons regarder d’abord les principes éthiques et puis certains des principes généraux de conception.

CHAPITRE 1 LES PRINCIPES ETHIQUES

La permaculture est basée sur trois principes éthiques fondamentaux, interconnectés et interdépendants :

prendre soin de la Terre, prendre soin des êtres humains, créer des surplus et les redistribuer. Tous sont d’égale importance et doivent être pris en compte de manière équilibrée dans les applications. Ils reposent tous les trois sur un socle commun:

Le respect de la vie

Les principes éthiques sont là pour nous guider dans nos approches et dans notre sélection des techniques, stratégies, outils ou matériaux les mieux adaptés. Ils permettent à celui qui veut faire une conception en permaculture de choisir, entre les différentes approches, techniques et matériaux disponibles, ceux qui, pour leur création, destruction et transport, génèrent le moins de dépense énergétique et de pollution, nuisent le moins à la vie et préservent au mieux les ressources. Au mieux ils peuvent orienter vers des solutions qui améliorent la qualité de vie et créent de

l’abondance

des solutions qui découlent de la stratégie de travailler avec la nature et pas contre

elle.

de l’abondance des solutions qui découlent de la stratégie de travailler avec la nature et pas

PRENDRE SOIN DE LA TERRE Prendre soin est une traduction du mot anglais “care”, qui porte aussi l’idée de se soucier, s’occuper de et prêter attention à quelque chose. Chacune de ces nuances est présente dans l’idée générale de prendre soin de la Terre et des hommes. Elle implique le fait de veiller à leur bien être, de leur apporter de l’attention, de l’écoute, de ne pourvoir à leurs besoins que quand ils sont trop affaiblis pour le faire et le reste du temps de soutenir leurs efforts et fonctions naturelles sans interférer et ce faisant créer des dépendances.

La biosphère est le système qui inclut l’ensemble des processus géologiques, climatiques, énergétiques, biologiques et autres, dans lequel se développe et se manifeste la vie. Chacun des

processus qui y ont part, comme les rayonnements solaires, l’attraction gravitationnelle de la lune,

l’activité tectonique, le climat

est en lui-même très complexe. Quand ses interactions sont prises

en compte, la complexité est démultipliée. Or ce système fonctionne comme un tout interconnecté où se manifestent, en plus de tout le reste,

des propriétés émergentes absentes de ces sous-systèmes.

Chaque élément y est lié aux autres et à l’ensemble. Chaque activité d’un organisme a donc, par différents réseaux d’interactions, des conséquences sur les éléments qui l’entourent et la biosphère. Les effets produits sur cette dernière peuvent être insignifiants ou, parfois, très profonds. Mais la complexité du système est telle qu’il est très difficile de les prévoir avec précision. Par contre il est possible de les observer a posteriori.

Nous habitons dans la biosphère. Nous sommes des éléments de ce système, et nos activités et

modes de vie ont des conséquences sur le reste du système qui sont, de manière générale, négatives.

Il est important de comprendre que des conséquences négatives sur un système dont nous ne

sommes qu’un élément ne peuvent manquer d’avoir, tôt ou tard, des répercutions sur nous. Le principe de “prendre soin de la Terre” découle de cette évidence. Il est aussi naturel que l’instinct qui pousse les êtres à prendre soin ou, au minimum, s’occuper de leur abri ou de leur maison pour éviter de mourir de froid.

PRENDRE SOIN DES ETRES HUMAINS Les êtres humains ont des besoins multiples et variés: matériels autant qu’émotionnels ou mentaux, individuels autant que sociaux. Le principe de prendre soin des êtres humains est complémentaire

du précédent. Il ajoute aux préoccupations liées aux systèmes naturels celles associées aux systèmes

sociaux, culturels, familiaux,

Ce principe amène, avant de faire un choix, à prendre le temps de considérer attentivement certaines questions : ce qui est produit par telle ou telle approche ou stratégie, qu’il s’agisse de nourriture, de

bâtiments

de telle ou telle technique est-elle néfaste pour la santé, contraire à des traditions locales ou des interdits sociaux?

Il est possible que la mise en œuvre d’une technique, même si elle répond au principe de soin de la

Terre, implique des efforts trop importants pour une personne ou prenne trop de temps sur la vie d’une famille, et ainsi ne respecte pas le soin des êtres.

A l’inverse il est possible d’utiliser des méthodes et des stratégies qui permettent d’entretenir ou de

développer le corps et l’esprit, et d’améliorer la santé par le travail. Cela passe par l’utilisation de l’outil, de la technique et de la stratégie les mieux adaptées non seulement à l’ouvrage, mais aussi à l’individu qui va s’en servir. En travaillant j’ai envie de me faire du bien, pas du mal, et de prendre soin de moi autant que de

est-il bon pour la santé physique et émotionnelle des personnes? La mise en application

et aux individus.

mon environnement humain et naturel.

Stratégiquement la permaculture favorise le travail avec la nature humaine, les sociétés et les

cultures différentes, pas contre nature.

tout comme elle favorise le travail avec plutôt que contre la

CREER DES SURPLUS ET LES REDISTRIBUER

La création de systèmes hautement productifs est possible avec nos connaissances actuelles et notre compréhension croissante des écosystèmes et de la nature. Nous pouvons mettre en place des formes de culture qui produisent de l’abondance. Par la suite, une fois que le système mis en place produit suffisamment pour satisfaire ses besoins propres de maintien, de croissance et de reproduction, il est possible d’en tirer des ressources pour une personne et sa famille ou ses proches. Puis, quand il produit suffisamment pour satisfaire également leurs besoins, le surplus de ressources dégagé, qu’il s’agisse de temps, d’argent, d’informations ou de récolte, peut être redistribué pour aider d’autres personnes à vivre et établir leurs propres projets.

Nous ne vivons pas isolés. Mes voisins ont un effet sur ma vie

éloignées peuvent jouer sur ma qualité de vie. Nous sommes tous interconnectés dans le macro- écosystème de la Terre où les systèmes humains interagissent avec la biosphère. Nous sommes habitués à voir les effets négatifs des activités des autres sur nos vies. Mais il est tout à fait possible que leurs activités rendent ma vie plus simple, plus saine et améliorent ma qualité de vie.

et même les activités de personnes

- ETHIQUE DE LA VIE: PRESERVER LA VIE

Comme cela a été dit en introduction sur ces trois principes éthiques, ils reposent sur une base commune : l’éthique de la vie. Toutes les formes de vie ont le droit d’exister pour elles-mêmes, indépendamment de leur utilité ou inutilité pour les hommes. Comprendre toutes les fonctions d’un animal ou d’une plante dans un écosystème est, comme nous l’avons vu, très difficile, voire impossible. Leur éradication expose donc à des conséquences imprévisibles et peut être la cause d’un bouleversement important dans un écosystème et, à terme,

dans des systèmes dont nous dépendons. Détruire aveuglément sans savoir ni ce qu’on détruit, ni les

conséquences que cela peut avoir ne peut mener qu’au désastre

d’autant plus qu’il est infiniment

plus facile de détruire que de recréer ou réparer. Le principe de préserver la vie découle de cette constatation et vise à protéger de notre ignorance et notre avidité des éléments dont l’utilité n’est pas toujours apparente.

Chapitre 2 les principes generaux de la permaculture

les principes d’attitude et de conception de la permaculture

-les principes d’attitude

l’observation travailler avec la nature et non contre l’imagination et l’information comme seules limites

le principe de questionnement

le problème est la solution

faire le moins pour obtenir le plus tout jardine et tout a un effet sur l’environnement créer des systèmes intensifs a petite échelle

le principe de design ( conception)

principe de placement et de connexion mise en relation pour créer un système interconnecte principe de zonage principe de voisinage : les guildes principe de versatilité : chaque élément doit remplir plusieurs fonctions principe de redondance / chaque fonction doit etre assuree par plusieurs elements

LES PRINCIPES D'ATTITUDE ET DE CONCEPTION DE LA PERMACULTURE

Certains des principes de base de la permaculture, dont tous les principes éthiques, sont des postulats qui peuvent nous aider à percevoir et à interagir différemment avec le monde, la vie, les êtres et les choses. Ils sont ce qu’on pourrait appeler des principes d’attitude. Une autre catégorie de principes englobe tout ce qu’on appellera les principes de design (ou conception). Ils ont leurs origines dans les sciences humaines, les sciences systémiques,

l’écologie,

et servent de guides pratiques dans les conceptions de nos lieux, projets, villes

Tous ces principes ne sont que des interprétations de nos connaissances des systèmes naturels. Et ces connaissances sont loin d’être complètes et absolues. Donc aucun de ces principes ne doit être pris comme un dogme rigide. Pour paraphraser Albert Einstein : “le mode de pensée qui a donné naissance à un problème n’en donnera pas la solution.” La nature a un mouvement, une dynamique, qui fait évoluer ses systèmes vers une organisation complexe et très productive. Les principes de la permaculture qui s’en inspirent peuvent nous aider à en faire autant. Par la stratégie du mimétisme et de l’imitation réfléchie de ce qui fonctionne dans la nature il est possible d’en émuler certains résultats. Il est important de comprendre que tous ces principes interconnectés ne sont là que pour nous aider à répondre à cette question: comment agir?

LES PRINCIPES D ’ ATTITUDE

- L’OBSERVATION Le premier, le plus simple et en même temps le plus difficile des principes d’attitude est simplement d’observer.

L’observation est le début et la fin de la Permaculture. Une longue observation vaut mieux qu’un long travail inutile lancé sans réelle compréhension des besoins et des risques. Les conceptions et installations qui sont faites après une longue période d’observation seront plus complètes, plus complexes et comporteront moins d’erreurs de jugement.

Le temps dépensé à l’observation, puis à la planification, est vite récupéré. Car rien n’est plus coûteux en temps et en ressources que de devoir défaire quelque chose qui a été mal conçu, mal pensé, mal placé ou qui est simplement inutile ou néfaste.

Le processus d’observation se poursuit tout au long de la mise en place du projet et continue ensuite. Il sert alors la double fonction de surveillance, pour l’entretien et la maintenance, et de prise de données pour juger de l’efficacité et du bon fonctionnement de la conception.

Le principe d’observation en permaculture cherche à combiner le regard de l’enfant ou du sage et celui du scientifique. C’est une observation qui se veut sans jugement et sans intention, pour ne pas limiter les informations reçues à ce que nous cherchons ou à ce qui confirme nos préjugés. Elle fait usage de la méthode scientifique d’observation, de recherche, d’expérience et de questionnement pour analyser le fonctionnement des systèmes.

Si le premier regard utilisé en Permaculture est neutre, le second est constructif et le

Si le premier regard utilisé en Permaculture est neutre, le second est constructif et le troisième seulement critique. Un principe stratégique suggère de garder le meilleur et d’améliorer le reste. L’idée est de partir du positif, de ce qui est déjà présent : des stratégies, techniques et approches qui fonctionnent déjà dans un système, pour ensuite modifier ou remplacer tout ce qui est inefficace, destructif ou dangereux.

EXERCICE: Chacun d’entre nous a des préférences et des à priori, des préjugés et des conditionnements. Il est important si je veux faire une conception conforme aux besoins, désirs et ambitions des habitants d’un lieu que je laisse tomber toutes ces idées pour ne pas qu’elles s’imposent malgré moi sur les leurs. De même dans toute phase d’observation si je n’abandonne pas tout ce bagage je risque de bloquer l’accès à toutes les informations qui les contredisent. Un exercice à la fois très simple et très compliqué est de se promener sur le lieu sans rien

faire. Sans rien faire signifie ici que je laisse aller les pensées, les définitions et les noms de

tout ce que je perçois : plantes, bâtiments, arbres, sons

Je ne commence pas non plus à

juger ou définir les pollutions ou destructions. Je m’imprègne seulement du lieu, des êtres et de l’environnement. Sans juger ni critiquer. Cet exercice peut m’aider à me vider l’esprit de mes idées et préférences et me permettre de mieux répondre et m’adapter aux besoins du projet.

Combinée aux principes éthiques, l’observation guide le questionnement :

-“est-ce que cette manière de faire les choses nous permet de subvenir à nos besoins vitaux:

habitat, nourriture, énergie, santé

-“est-ce que ces méthodes et ce qu’elles produisent sont bons pour notre environnement naturel et social?” -“Fonctionnent-ils efficacement ou, au contraire, nuisent-ils à la santé des êtres, des systèmes voire de toute la biosphère?” Ces questions nous amènent, après le stade d’observation sans jugement, à utiliser les informations obtenues pour en tirer un diagnostic relatif à notre système d’interrogation.

?”

Le bilan que nous obtenons, si nous nous interrogeons sur les conséquences des activités humaines et leur relation éthique à l’environnement social et naturel, est, globalement,

négatif. Il y a toujours aujourd’hui, au 21e siècle, des personnes qui souffrent de la famine, du

et ce même dans les pays les plus riches.

D’autre part nos systèmes de production tendent à détruire les bases dont nos vies dépendent, les vies de la faune et la flore avec lesquelles nous partageons la planète. Les sols

manque d’eau ou de l’absence de logement

s’appauvrissent , la biodiversité se réduit, les ressources s’épuisent

DONNEES: par exemple en France entre 1995 et 2000 , 17 tonnes par hectare du sol ont été perdues sur les terres agricoles (source: European Commission: a selction of environmental pressure indicators for EU and Acceding countries, Luxembourg 2003 p.16). Le sol est créé par un processus assez lent et une perte de plus de 1 tonne par hectare par an peut être considérée comme problématique.)

Ce diagnostic qui expose les aspects négatifs se combine à l’inventaire des aspects positifs pour donner une carte équilibrée à partir de laquelle orienter le actions.

Un dernier aspect essentiel du principe d’observation est le processus d’auto-observation. On a vu l’importance de ce processus sur le concepteur qui y cherche les préjugés et habitudes qui risquent de parasiter son travail et ses relations. Mais ce processus est aussi important

pour les personnes qui s’impliquent dans un projet ou les habitants d’un lieu dont quelqu’un fait un design. Il leur permet d’être vraiment sûrs de leurs désirs, leurs ambitions, de comment

ils veulent vivre

rôle et leur place dans un lieu, une société ou une communauté. L’importance de ce processus ne peut être exagérée : nombreux sont les projets qui ont échoué, non pas à cause du bâtiment, du terrain ou de manques de ressources matérielles mais simplement parce que les relations humaines et l’organisation des personnes impliquées dans le projet ne fonctionnaient pas. Celles-ci s’étaient engagées dans le projet sans avoir suffisamment réfléchi à leurs aspirations, besoins et désirs.

en résumé d’avoir une vision claire de l’avenir qu’ils souhaitent, de leur

Pendant le processus de conceptualisation (design) nous nous servirons d’autres outils d’observation qui seront discutés dans le chapitre “méthodologie de design.”

NON-OPPOSITION : TRAVAILLER AVEC LA NATURE, PAS CONTRE ; TRAVAILLER AVEC LES CULTURES ET LES PERSONNES, PAS CONTRE

Ce principe a déjà été mentionné en relation avec les principes éthiques. Comme beaucoup d’autres c’est à la fois un principe d’attitude et un simple principe de bon sens. Le principe

d’observation, par exemple, répondait à l’approche terre à terre de “réfléchir avant d’agir” et

d’observer avant de réfléchir

pensée puis l’action. Le principe de non-opposition se fonde sur des réalités physiques aussi simples et évidentes :

s’opposer à une force et un mouvement demande une énergie supérieure. La gravité ramène les objets vers le sol et le centre de la terre, faire décoller un objet demande donc de dépenser assez d’énergie pour compenser puis dépasser la force qu’elle exerce. Le maintenir en l’air demande de maintenir dans le temps une dépense d’énergie qui compense les forces qui le guident vers le bas.

ou encore de “regarder où on met les pieds” avant d’avancer la

Un autre aspect de ce principe est rendu évident par la rencontre de deux voitures qui roulent

l’une vers l’autre. L’opposition crée, dans le meilleur des cas, une résistance et un frein à un mouvement et, dans le pire, un choc, un conflit, dans lequel le plus fort finit par l’emporter mais pas avant d’avoir subi des dommages proportionnels aux énergies impliquées. Ainsi la voiture qui génère le plus d’énergie par sa masse et sa vitesse impose sa direction à l’autre, son mouvement l’emporte, mais ce faisant il est tout à fait possible que les deux voitures soient détruites, sans parler de leurs passagers.

Ce qui vaut pour des mouvements simples vaut pour des mouvements complexes comme ceux des systèmes naturels et sociaux.

L’opposition frontale est une stratégie coûteuse et risquée qui donne peu de résultats. C’est aussi une stratégie qui implique une certaine attitude : recherche de domination, absence de

totalement à l’opposé de celle prônée par la permaculture qui met

l’accent sur le soin, l’attention et le respect apporté aux choses.

respect, compétition

EXEMPLE: Pour mieux comprendre ce principe, il faut aborder certains concepts de l’écologie, en particulier celui de la succession écologique. Pour simplifier on peut dire qu’un écosystème évolue d’un stade relativement simple et désordonné vers une forme plus complexe et ordonnée. Cette évolution va vers un stade théorique qu’on appelle climax. Dans les écosystèmes terrestres ce stade climax sera généralement une forêt ou une prairie, en fonction des climats, des interactions avec les

espèces animales, Ce stade climax, comme tous les états et systèmes dans la nature, n’est pas fixe ou figé, mais se maintient en équilibre dynamique, c’est à dire qu’il maintient une stabilité relative dans un environnement constamment changeant. Les incendies, chablis (= chutes d’arbres liées à différentes causes qui créent une clairière immédiatement occupée par des plantes qui profitent de la lumière rendue disponible par le trou formé dans la canopée), tempêtes, tsunami et autres forces de la nature peuvent ramener une partie d’un écosystème ayant atteint un stade climax à un stade de succession antérieur. Mais généralement ces parties reprennent la succession et retournent vers le stade climax. Beaucoup de ces systèmes climax de prairies ou de forêts ont été colonisés par l’homme pour

la production agricole, qu’il s’agisse de céréales, de légumes, de viande,

ou de matières

, premières. Dans les deux cas le système climax est remplacé par une forme simplifiée d’écosystème, qui n’existe pas dans la nature, comme des monocultures, présentant une bio- diversité très inférieure et une moindre résilience. Ces systèmes, figés à un stade artificiel de succession, cherchent pourtant à évoluer vers le stade climax et de grandes quantités d’énergies , de nos jours surtout du pétrole, sont dépensées pour les en empêcher. C’est un exemple de travail contre la nature et ses mouvements qui se paie en travail et énergie.

La Permaculture cherche à créer des systèmes de production qui copient les écosystèmes naturels et utilisent les processus de la nature. C’est la stratégie d’imitation qu’on observe par exemple dans la technique de couverture du sol par paillage, ou autres mulch , qui imite la litière de feuilles et de matière végétale qui protège le sol des forêts et utilise ainsi les mouvements naturels de décomposition, de prolifération microbienne, de réchauffement

EXERCICES: les exercices les plus simples liés à la non-opposition font usage du corps. Par exemple essayez de voir comment vous pouvez mouvoir vos membres, votre corps entier ou des objets en utilisant le moins de force possible et en “empruntant” le plus possible aux

forces naturelles comme la gravité, le rebond

de vos outils ou la manutention en observant en quoi ces forces sont liées à des phénomènes

Ensuite trouvez un partenaire qui vous saisit le bras et le tire

et observez ce qui se passe quand vous vous opposez à son mouvement ou quand vous l’accompagnez. Imaginez ce que vous pourriez faire si c’était de l’eau ou du vent qui venait vous pousser.

comme l’équilibre, les leviers

Essayez de vous en servir dans le maniement

L’IMAGINATION ET L’INFORMATION COMME SEULES LIMITES:

LA PRODUCTIVITE D’UN SYSTEME EST ILLIMITEE. LES SEULES LIMITES SONT L’INFORMATION ET L’IMAGINATION

Ce principe découle des précédents. Par l’observation attentive de tout ce qui est produit par un système et ses éléments à tous les niveaux, matériels, énergétiques, émotionnels,

, productivité totale d’un système naturel est illimitée. (productivité totale= la quantité

d’énergie produite en surplus dans un système, une fois soustraites celles qui sont nécessaires

à sa croissance, son entretien, sa reproduction et éventuellement son démantèlement ou sa fin) EXEMPLE:Le minuscule écosystème qui entoure un arbre fournit habitat et nourriture à de nombreuses espèces d’animaux et d’oiseaux, à un nombre encore plus grand d’insectes,

d’invertébrés, de larves, de parasites

nourriture à d’autres, rejette des déchets utilisés par d’autres éléments, consomme et produit

de l’énergie. Il soutient souvent plusieurs espèces de plantes et de champignons. L’arbre synthétise ses éléments vitaux à partir des rayonnements solaires. Il fournit une protection contre le soleil et les intempéries, fraîcheur ou chaleur pendant la nuit, du combustible, des

outils ou des matériaux de construction à partir de son bois, sa sève, ses fruits, ses graines, sa

Combiné aux autres éléments de l’écosystème qui l’entoure sa production totale est

impossible à mesurer.

beauté

dont chacun sert de

informationnels

et à toutes les échelles, du plus grand au plus petit, il apparaît que la

puis de microbes, de bactéries

En utilisant les mouvements naturels sans nous y opposer, et donc en ne dépensant pas notre

propre énergie, qui est, elle, limitée, il est possible de profiter de cette production. Les limites

à ce que nous pouvons utiliser à notre avantage, en dehors de celles fixées par les principes

éthiques, sont ce que nous connaissons d’un système et des possibilités, l’information, et ce que nous pouvons imaginer comme usage, l’imagination. En tant que guide d’attitude, ce principe nous invite à ne pas laisser les définitions, les limites et les connaissances généralement admises restreindre notre curiosité et notre imagination, mais au contraire de les confronter sans cesse à l’observation et de les dépasser.

EXERCICE: prenez n’importe quel objet familier, par exemple une chaise, et essayez de le regarder en oubliant la définition mentale que vous en avez, l’usage auquel vous l’associez

Essayez ensuite de lui trouver autant d’usages différents que possible, pour notre chaise ce pourrait être servir de petit escarbot, de cale pour bloquer une porte, de levier, de bois de

Imaginez comment vous pouvez transformer l’objet ou le combiner à d’autres

pour servir d’autres fonctions, pratiques, esthétiques ou autres.

chauffage

Pour de nombreuses personnes ce principe semble abstrait, farfelu ou délirant. Il importe donc de s’y attarder un peu. Pour bien le cerner, il faut commencer par comprendre que nous parlons de la productivité totale du système, pas seulement de la quantité de pommes, de

bois ou de blé qu’il peut fournir. Celle-ci inclut toutes les formes de nourriture comestibles,

par les humains ou les animaux, les aspects énergétiques (combustible, isolation

les

),

aspects de santé (physique par ses possibles propriétés médicinales, émotionnelle ou

mentale

carbone, purification de l’air

systèmes, ses aspects commerciaux

les connexions et échanges avec d’autres éléments et

ou ses fonctions pour la santé d’un système plus vaste, stockage de dioxyde de

),

DONNEES: Prenons l’exemple d’un champ utilisé pour les cultures, et comparons sa productivité à celle de l’écosystème qu’il remplace.

Quels sont dans la nature les écosystèmes les plus productifs? Selon les scientifiques ce sont les forêts tropicales, qui profitent de climats humides, avec en général plus de 1900mm de précipitations annuelles, et de températures entre 20 et 25 degrés, relativement stables tout

au long de l’année.

Ces systèmes ont une productivité nette estimée entre 2000 et 3000g de matière végétale par mètre carré par an (aussi écrit 2000-3000g m-2 a-1) et parfois plus. Faisons maintenant la comparaison avec des données relevées pour un champ, exploité avec

la forme d’agriculture locale, situé dans les régions où se rencontrent ces écosystèmes: le

Brésil par exemple.

M Wagner Rossi, ministre de l’agriculture du Brésil, a annoncé en 2011, que la productivité

moyenne dans son pays avait grimpé jusqu’à 3,173 kg par hectare par an, autrement dit 0,3173g par mètre carré par an, soit environ 10000 fois moins que la forêt qui a été abattue pour créer ces champs. Il faut ajouter à cela le fait que les chiffres donnés sont bruts et ne

prennent pas en compte les intrants. Dans les écosystèmes naturels la seule énergie apportée de l’extérieur vient du soleil sous forme de rayonnements. Par contre dans les systèmes agricoles les intrants sont nombreux et prennent de nombreuses formes: hydrocarbures utilisés pour les machines, engrais, En 2000 la consommation moyenne d’engrais au Brésil était de 114kg par hectare ( world ressources institute). En 2009, 5 826 000 tonnes de gazole et de gaz y ont été consommées par le secteur agricole (united nations statistics division).

Ces intrants considérables, qui viennent pour la plupart de sources non renouvelables, permettent de produire une part infime de ce que produisait l’écosystème d’origine. Mais ce qui est produit dans le champ est assimilé culturellement à de la bonne nourriture une parmi les quelques centaines de plantes comestibles utilisées mondialement, alors que des

milliers d’autres plantes, insectes et animaux comestibles sont, par conditionnement et donc par manque d’information et d’imagination, ignorés ou détruits. La production de la forêt tropicale n’est pas exploitable à un échelle industrielle car elle est trop diverse et dispersée, mais elle peut fournir à des habitants locaux qui l’observent, la connaissent, et qui utilisent leur imagination, infiniment plus de ressources qu’un champ cultivé. DONNEES: La France est divisée en plusieurs biomes (=ensemble d’écosystèmes caractéristique d’une aire bio-géographique et nommé à partir de la végétation et des espèces animales qui y prédominent et y sont adaptées. Il est l’expression des conditions écologiques du lieu à l’échelle régionale ou continentale): garrigues méditerranéennes sur la

Le biome** le plus largement répandu est la

côte sud, forêts et tundra alpines en montagne,

forêt tempérée qui a en très grande partie été remplacée par des cultures et les habitations humaines. Cette forme d’écosystème a une productivité moyenne de 1200g de matière organique végétale par mètre carré par an. Par comparaison la production moyenne de blé en France est de 6,23 tonnes par hectare par an, soit 623g /m2/ an avec une dépense de milliers de tonnes d’hydrocarbures (united nations stats division) , et 211kg/ha d’engrais. La productivité des champs de blé est donc environ la moitié de celle de l’écosystème d’origine, et cela sans prendre en compte les autres intrants utilisés pour la culture.

L’objectif n’est pas ici de faire une critique de l’agriculture moderne mais de poser deux questions: la première, liée à des principes que nous explorerons plus tard, est de savoir pourquoi et comment les écosystèmes naturels ont une productivité si élevée par rapport aux systèmes agricoles humains (celui-ci est exploré dans les paragraphe sur l’écologie dans les définitions. La seconde est de savoir comment il nous serait possible d’augmenter la productivité de nos systèmes de production ou mieux encore d’utiliser les produits des systèmes naturels pour subvenir à nos besoins. Les réponses aux deux aspects de cette question sont directement liées au principe d’information et d’imagination comme seules limites: l’ignorance de ce qu’il est possible de faire et le manque de créativité pour trouver des moyens de le faire, doublés de préjugés, ou d’un manque de connaissance, sur ce qui nous entoure sont ce qui nous empêche de profiter de la productivité des systèmes naturels ou d’améliorer les nôtres.

LA SOURCE DE L’INFORMATION EST L’OBSERVATION: L’acquisition de l’information est une des formes de l’observation. C’est l’observation des données et des histoires qui viennent des systèmes humains, autant que de la nature, de ses mouvements et de ses formes. Plus nous prenons de temps pour observer, plus développées serons nos connaissances. Leur application peut augmenter la productivité de notre permaculture. Elles forment un répertoire d’options et d’éléments dans lequel le concepteur peut choisir.

Une part importante de son travail par la suite est de les organiser: trouver plusieurs fonctions

à chaque élément, les placer, les connecter entre eux

créativité, c’est la part artistique de la permaculture, et la grande force qui soutient la créativité est l’imagination. Pour citer Mollison: “la productivité d’un système n’est pas quelque chose d’immuable mais une mesure de la compréhension, des facultés et des compétences des concepteurs et gestionnaires d’une conception.” Améliorer notre art de la conception nécessite de libérer toujours plus l’imagination et la force créative qu’il y a en nous.

Ce travail demande beaucoup de

PRINCIPE DE QUESTIONNEMENT: Ce principe a déjà été mentionné plusieurs fois. C’est lui qui nous amène à remettre en question nos observations, nos à priori, nos définitions, nos suppositions comme nos prétendues vérités. C’est lui qui nous pousse à tout questionner. La complexité du monde et de tout système rend la possibilité de connaissance absolue et définitive nulle. Donc toute connaissance et toute vérité est relative et circonstancielle comme le sont, par conséquent, toutes les pratiques, usages et habitudes qui en découlent. Or nombre de nos pratiques quotidiennes ou manières de faire et de penser, qui sont acceptées comme évidentes pour la seule raison qu’elles sont utilisées par tout le monde, sont fondées sur des connaissances approximatives et sont inadaptées aux conditions actuelles.

EXERCICE: Posez vous des questions sur quelque chose qui est généralement accepté comme une vérité. Pr exemple prenons l’exemple de l’action qui consiste à chauffer une maison.

La première question que nous pouvons nous poser est: est-il toujours nécessaire de chauffer une maison en période froide? Quelques recherches suffisent à montrer qu’il est possible de construire une maison qui se chauffe elle-même et n’a pas besoin de système de chauffage additionnel, les maisons passives-solaires par exemple. Donc la réponse est non.

Une seconde question peut être: si j’ai besoin de chauffer la maison, comment puis-je réduire ce besoin et la quantité d’énergie nécessaire? La réponse à cette question impliquera mes

habitudes de vie, comme le fait de chauffer des pièces quand je ne suis pas là, de surchauffer

et aussi une réflexion sur les entrants et sortants

énergétiques, par exemple des fuites de chaleur liées à différents facteurs qui si elles sont réparées permettent une réduction de la dépense énergétique.

plutôt que de garder des vêtements

Une autre pourrait être: j’ai choisi de chauffer ma maison au bois en m’équipant d’un poêle, qu’est-ce que cela implique? Manifestement il faut assurer l’approvisionnement et le stockage d’un bois qui est prélevé quelque part, souvent sur une forêt. En plus du bois, des souvenirs de l’école vont me faire penser que la combustion nécessite un apport continu d’oxygène. Mais quelques recherches me montreront qu’il y a d’autres moyens de “brûler” du bois: par exemple le charbon de bois est obtenu par carbonisation en étouffant un feu. Cette stratégie est utilisée par les 'poêles à réduction'. DONNEES: les schémas énergétiques de deux types de poêles sont présentés ci-dessous:

entrant type

Bois --------- poêle à bois ----------------------------- chaleur, cendres, fumées Bois --------- poêle à combustion limitant l’entrée d’air------ chaleur( autour de 350/400 degrés)------ gazs ( des gaz combustibles comme le monoxyde de carbone (CO), le dihydrogène (H2) et le méthane (CH4)---------- charbon de bois

sortant

Cette question très simple nous oriente vers un système où le chauffage de la maison, la fonction première, produit deux éléments sortants: du gaz combustible et du charbon de bois.

Un concepteur en permaculture qui applique ce principe d’attitude aura tendance à poser des questions sur tout et à tout remettre en question: techniques, stratégies, fonctionnements autant que façons de penser et d’agir. Cette approche de questionnement constant est essentielle pour mieux comprendre le fonctionnement de nos systèmes et formes d’organisation autant que la façon dont nous vivons et agissons dans ces structures.

EXEMPLE: voici une petite histoire tirée de mon expérience professionnelle de concepteur qui permettra de mettre en lumière l’importance de ce principe.

Un agriculteur m’avait demandé de faire une conception pour sa ferme dont la rentabilité laissait à désirer. Il était berger et l’élevage de moutons “bio” formait la base des revenus de la ferme. Durant la phase d’observation et de conception j’ai trouvé plusieurs solutions pour améliorer la rentabilité mais je gardais l’impression qu’il manquait à la gestion de la ferme quelque chose de difficile à définir ou quantifier. Des incidents faciles à éviter nuisaient régulièrement à son bon fonctionnement. Finalement j’ai demandé au berger pourquoi il avait choisi ce métier. Il m’expliqua alors que son père était berger, et son grand -père avant lui et qu’ainsi il n’avait fait que poursuivre une tradition familiale. Comme sa réponse à ma question m’avait interpellé je lui demandais ensuite s’il aimait ce métier. Sa réponse fut: “ non, j’ai passé toute ma vie autour des moutons et je les déteste, j’en ai vraiment marre.”

celui qui en était

J’avais ainsi trouvé pourquoi la gestion de la ferme était déficiente responsable n’aimait pas son métier.

Cette histoire met en évidence l’importance de plusieurs des principes qui ont été mentionnés jusqu’ici: l’observation et surtout, ici, l’auto-observation, le questionnement des choses les plus évidentes, le soin et l’attention portés aux personnes, ici, aux aspirations du berger, le soin et l’attention portés aux animaux et aux choses, l’importance de continuer à rassembler des informations, les problèmes d’organisation, ici la mauvaise personne au mauvais poste

Elle met aussi en évidence l’interconnexion et l’interdépendance de ces différents principes qui souvent se recoupent et sont difficiles à dissocier. Ainsi, le principe de questionnement peut être considéré comme un outil permettant d’accéder à l’information, un outil qui nécessite, souvent, de l’imagination pour trouver les bonnes questions. Mais il ne faut jamais perdre de vue que si l’imagination, l’information et toutes les recherches effectuées sont essentielles, elles n’apportent que des données, des ressources, qui doivent être utilisées. Si nous ne faisons, ni ne construisons rien à partir de ces données, ce sont des ressources gaspillées qui seront oubliées ou perdues.

LE PROBLEME EST LA SOLUTION

Ce principe d’attitude était déjà suggéré dans le passage sur l’observation et la critique. Le regard critique cherche les aspects négatifs, les problèmes, ce principe nous suggère un autre regard qui cherche les aspects positifs et les solutions. Il y a plusieurs façons d’envisager une situation. Souvent, c’est notre point de vue qui nous la fait voir comme un problème. Il est fréquent que la solution soit cachée au coeur même du problème et qu’une analyse attentive de celui-ci nous la révèle.

EXEMPLES: prenons l’exemple d’un terrain dont une partie, à cause de son placement ou de son orientation, reste froide plus longtemps au printemps. Pour la culture ce coin est considéré comme problématique. D’un autre côté certains arbres, comme les pruniers et les

amandiers, viennent en fleurs plus tôt au printemps, et ils se trouvent exposés au risque d’un

gel tardif

apparaît: en plantant ces arbres dans la partie du terrain qui reste froide, ils commenceront

leur floraison plus tard et augmentent ainsi leurs chances d’échapper au gel. . Prenons comme second exemple un morceau de terrain humide et à l’ombre qui serait généralement considéré comme inutile. Ce terrain peut au contraire se montrer très utile, si l’on adapte nos désirs aux conditions, pour la production de champignons. De même l’urine humaine, qui est généralement traitée comme un déchet nuisible, à l’évacuation duquel on emploie des quantités impressionnantes d’eau traitée, est une ressource utile qui peut fournir aux plantes tous leurs besoins en azote et phosphate.

La liste des exemples pourrait se poursuivre sans fin mais c’est le principe qui est important:

en regardant quelque chose comme un problème on se retrouve piègé dans ce regard et cette

définition

en utilisant notre imagination et toutes les informations, on finit par se rendre compte qu’il

n’y a que des solutions

aveugle aux possibilités. En recherchant, examinant et observant encore et encore,

un autre problème. En combinant l’analyse de ces deux problèmes une solution

Il suffit de les trouver

et de les mettre en pratique.

ECONOMIE D’ENERGIE: FAIRE LE MOINS POUR OBTENIR LE PLUS PRINCIPE D’EFFICACITE: APPORTER LE MOINS DE CHANGEMENTS POUR OBTENIR LES MEILLEURS RESULTATS

Ces différentes formulations ne sont que quelques expressions de ce principe essentiel, omniprésent à chaque étape de la Permaculture, duquel découlent certains des grands principes que nous avons abordés, comme la non-opposition, notamment dans son application de “travailler avec et pas contre la nature”. Ce principe a d’innombrables implications et applications: il détermine le choix de quand, où et comment agir et sert de principale motivation pour la longue étape passée à observer et réfléchir avant d’agir.

En tant que principe d’attitude, il suggère d’économiser nos dépenses énergétiques et nos efforts, tant dans nos gestes, nos relations et notre mode de vie que dans nos conceptions. Cette économie ne doit pas être une forme d’avarice mais une recherche d’efficacité et d’assurance. C’est le gaspillage et le mauvais usage du corps et des êtres que ce principe nous incite à surveiller par la générosité ou le don.

EXEMPLE: Un exemple déjà cité faisait référence à la destruction d’une forêt tropicale pour établir des cultures. Dans cet exemple la phase de destruction nécessite d’importantes

elle entraîne la

La phase de culture est

elle aussi très coûteuse en temps et ressources pour obtenir finalement une faible variété de

disparition d’innombrables vies, déplace parfois des populations

dépenses énergétiques, du temps, du travail, l’installation d’infrastructures,

produits dont la récolte, le transport et le conditionnement vont encore nécessiter des efforts

et de l’énergie. La dépense totale est titanesque, la quantité d’énergie produite est de loin

inférieure à celle qui est dépensée. L’efficacité du système est très faible.

A l’inverse il est possible, avec beaucoup moins d’efforts et d’investissements en énergie et

argent, de guider une partie de l’écosystème existant vers une forme plus spécifiquement utile

aux hommes.

C’est l’approche qui est derrière des stratégies de production comme les forêts-jardins ou le jardinage sauvage qui seront abordés dans le chapitre sur les sols.

TOUT JARDINE ET A UN EFFET SUR L’ENVIRONNEMENT: l’idée qu’il est possible d’emprunter de l’énergie à la nature plutôt que d’utiliser la nôtre a déjà été abordée précédemment et demeure une des principales stratégies utilisées dans la recherche de la meilleure efficacité et du moindre effort . Nous la retrouvons ici sous une forme légèrement différente. Les éléments vivants d’un écosystème remplissent des fonctions importantes en son sein. En imitant l’organisation de cet écosystème il est possible de profiter du travail de ces éléments et du même coup de s’épargner des corvées.

EXEMPLE: des vers de terre, comme la variété Lumbicus terrestris, creusent des tunnels qui peuvent pénétrer et aérer les sols compactés ou les semelles de labour . Ce faisant ils augmentent la perméabilité des sols et modifient la granulométrie, décompactant les sols. Les déchets et turricules, contiennent, entre autres choses, des micro-agrégats et du mucus qui vont enrichir le sol, rendre le PH plus neutre, augmentent la nitrification La fertilité du sol dépend de complexes processus bio-chimiques qui peuvent être endommagés ou détruits par nos practiques agricoles. En retournant la terre, surtout à l’aide de machines agricoles, je réduis le nombre de vers de terre et perds le bénéfice de leurs actions.

Le second aspect mentionné dans ce principe est que tout a un effet sur l’environnement. Les effets d’un organisme ou d’un élément sur un système peuvent être très petits ou très grands il n’y a pas nécessairement de corrélation entre l’amplitude des effets et la taille des organismes.

EXEMPLE: La Phylloxera vastaterix originaire de l’est des Etats-Unis a, à partir de 1863, failli détruire les vignobles français. La production n’a pu se poursuivre que grâce aux greffes de cépages européens sur des porte-greffe venus des Etats-Unis.

Cet exemple rappelle le fait que toute introduction d’un nouvel élément, qu’il s’agisse d’une

dans un système aura des

espèce animale, végétale, d’un insecte ou d’une technologie,

,

conséquences. Le plus important quand nous trouvons un élément qui nous apporte, à

première vue, des bienfaits, est de s’assurer que les effets secondaires de son introduction

aussi seront bénéfiques permanent à la vigilance.

L’exemple de l’introduction du Philloxéra en Europe est un rappel

CREER DES SYSTEMES INTENSIFS A PETITE ECHELLE: C’est encore un autre

l’économie en question étant, ici, l’espace. L’idée

est d’utiliser le moins de surface possible pour produire le plus possible. Au lieu de créer de vastes étendues de monocultures éloignées des lieux de consommation, nous essayons plutôt de créer des zones de production intensives directement autour, et dans, les habitations. La productivité est obtenue, comme il a déjà été mentionné, en imitant les écosystèmes naturels et leurs organisations complexes qui utilisent les trois dimensions de l’espace et le temps. Les espèces se répartissent, sur le plan vertical comme sur le plan horizontal, autant en hauteur qu’en profondeur, par étages successifs, et dans les différents milieux autant qu’aux différents moments de la journée. A l’inverse, les monocultures n’utilisent souvent qu’un étage unique et un seul “temps”. En s’assurant que toutes les niches sont occupées par une plante ou un être vivant, animal, poisson, oiseau ou insecte, il est possible d’obtenir une grande diversité d’organismes sur la superficie d’un jardin tout en limitant les espaces inoccupés.

principe dérivé du principe d’économie

EXEMPLE: des exemples traditionnels de ces formes de culture incluent les jardins créoles, les cottage gardens anglais, les forêts jardins du Maroc ou le jardinage intensif français. Ces approches copie beaucoup des principes des écosystèmes naturels, ils sont des polycultures avec une grande variété des plantes. Ils cherche à remplir tout les niches** disponible avec des plante adaptés à ses niches. Ils ont très souvent une abondance des plantes vivace. Les jardiniers traditionnellement conservé leurs propres graines pour leurs semences ont gardent les mieux adapté aux conditions local

Le principe d’économie est le dernier principe d’attitude mais aussi l’un des plus importants. Car dans un système où l’énergie serait illimitée, les préoccupations d’optimisation seraient sans objet et les dépenses et gaspillages sans conséquences. Ce sont les limites de ressources, d’espace, d’énergie et de temps qui imposent à la permaculture ses priorités d’observation attentive, de non-opposition, de chercher à faire des problèmes des solutions et d’économie.

PRINCIPES DE DESIGN (CONCEPTION)

Les principes d’attitude, et les principes éthiques qui en font partie, guident la relation que le concepteur cherche à établir avec ce qui l’entoure, essentiellement une relation d’écoute et de respect. Ils fixent le cadre des actions possibles et leur orientation générale. Les principes de design guident spécifiquement la façon dont le concepteur agit sur cet environnement: sa façon de placer les éléments entre eux à l’intérieur du système qu’il conçoit, de les relier, de leur donner une forme, leur assigner des fonctions Ces principes de design peuvent être classés en plusieurs groupes:

principes de placement et de connexion, qui incluent les

principes de formes

principes de fonctionnement, qui incluent les

principes de résilience et de redondance

Ces catégories sont arbitraires et ne sont là que pour mettre en lumière la structure de la conception. La plupart des principes peuvent être classés indifféremment dans plusieurs de ces groupes car ils sont, eux aussi, interdépendants et interconnectés.

PRINCIPES DE PLACEMENT ET DE CONNEXION Ces principes gouvernent la façon dont les différents éléments d’une conception sont placés, dans l’espace et le temps, et les uns par rapport aux autres. Ils donnent également des pistes sur les liens qui peuvent connecter ces différents éléments. En cela ils recoupent souvent les principes de résilience et ceux de fonctionnement. Ils répondent à la simple question: ”où mettons nous les choses?” en abordant la question du “pourquoi?”.

METTRE LES ELEMENTS EN RELATION LES UNS AVEC LES AUTRES POUR CREER UN SYSTEME INTERCONNECTE:

Ce principe est le tout premier et il relève à la fois des principes de placement et de connexion. En effet, si des éléments ne sont pas connectés et mis en relation, ils ne peuvent former un système. De la même manière que des pièces d’horlogerie qui ne sont pas ajustées et emboîtées les unes aux autres, mises en relation et connectées, ne forment pas une horloge mais un tas. Le tas est bien une forme d’organisation mais celle-ci ne remplit aucune fonction. Les différentes pièces n’y forment pas une structure stable et n’y ont d’autres relations que le voisinage, un aspect du placement qui n’inclut ici aucune autre relation. La mise en relation et l’interconnexion des différents éléments d’une conception est la première méthode de la permaculture, qui ne cherche pas à entasser des éléments épars mais à créer un tout structuré dont chaque partie est soutenue par l’ensemble et sert une ou plusieurs fonctions. Cette interconnexion est une base essentielle des systèmes naturels et en l’imitant nous pouvons créer des écosystèmes humains dignes de ce nom.

EXEMPLE: Les produits issus d’un animal ou d’une plante (= termes qui englobent ici toute forme de faune et de flore, des plus grandes comme les arbres et les sangliers, aux plus petites comme les bactéries et les fourmis) deviennent par la suite des ressources pour d’autres plantes ou animaux. C’est ce qu’en écologie on appelle le réseau trophique (= tout le système interconnecté de la circulation d’énergie dans un écosystème à travers les différentes chaînes alimentaires). Les chaînes alimentaires sont des séquences qui marquent la succession de différents éléments d’un écosystème en tant que proies et prédateurs d’autres éléments. Par exemple: feuille de chêne----- moucherons------ coccinelle-------petits oiseaux------- épervier-------- nécrophages et sols qui se nourrissent des fientes d’oiseau riches en azote, phosphore, magnésium et potassium------- plantes Cet exemple est très simplifié, les chaînes alimentaires sont généralement des réseaux complexes, mais il sert à illustrer le principe.

PRINCIPE DE ZONAGE: LA QUANTITE DE TRAVAIL ET DE VISITES NECESSAIRES DIMINUE EN FONCTION DE L’ELOIGNEMENT PAR RAPPORT AUX HABITATIONS Ce principe de conception est directement lié au principe d’économie, l’économie en question faisant ici référence aux déplacements et au transport. On retrouve ce principe dans des

applications quotidiennes, comme le fait de garder sous la main les outils dont on a régulièrement besoin, mais il peut s’appliquer aussi à grande échelle et guider le choix des zones de production par rapport aux zones de consommation et d’habitation

L’idée est de chercher à placer les éléments dans notre système de manière à réduire le nombre et la longueur des trajets que les habitants auront à faire pour travailler, entretenir ou récolter. Les deux critères à prendre en compte sont:

- le nombre de fois (par jour, par semaine

-le nombre de fois où cet élément a besoin de recevoir notre visite (pour son entretien, sa surveillance…)

)

où nous avons besoin d’aller vers un élément

EXEMPLE: Un potager sera placé près de la maison où est utilisée sa production si les cultures qui y sont faites nécessitent beaucoup d’entretien et une surveillance régulière. Un verger qui nécessite moins d’entretien et de surveillance et qui n’est visité régulièrement que pendant la période de récolte sera installé plus loin de la maison.

METHODE: la conception d’un lieu peut être faite en utilisant la méthode de zonage.

- La maison ou les habitats sont les centres d’activité et de vie, la zone zero.

- Autour d’eux se trouve la zone 1, celle qui contient tous les éléments qui ont besoin d’être

visités tous les jours ou qui ont besoin d’un entretien quotidien ( par exemple les serres, les potagers en production intensive, les ateliers qui ne sont pas trop bruyants, le poulailler, les tas de compost et de bois de chauffage

- La zone 2 contient les éléments qui seront visités une ou deux fois par semaine: par exemple

le verger, les arbustes fruitiers, le potager de plantes robustes et les haies coupe vent d’arbres

fruitiers - La zone 3 est consacrée aux grandes cultures qui n’ont que périodiquement besoin d’entretien. - Dans la zone 4 se trouvent, par exemple, les grands arbres et les plantes sauvages comestibles qui n’ont besoin de presque aucun entretien et sont presque sauvages.

- enfin la zone 5 est la zone qui est entièrement laissée à la nature, où les écosystèmes locaux

suivent leur cours sans intervention extérieure, et qui n’est visitée que pour apprendre et apprécier. La zone 5 est très importante en permaculture et elle doit être présente dans toute conception. En effet l’un des objectifs de l’efficacité et de la productivité sur des petites surfaces est de laisser ou de redonner à la nature des espaces sauvages. De manière générale la méthode de zonage donne l’ordre de priorité du travail à effectuer : la mise en oeuvre d’une conception permacole commence par l’habitat et la zone 1 puis elle progresse zone après zone jusqu’à la zone 5. La méthode de zonage n’est qu’un guide pour nous aider à bien concevoir nos systèmes. Son aspect le plus important est la formulation du principe d’économie qui dit que “ la quantité de travail à faire diminue selon l’éloignement par rapport aux habitations”.

Méthode de l ’ indicateur : une méthode utilisée pour garder une idée de ce qui peut se produire dans des zones plus éloignées est de garder en zone 1 de petits espaces cultivés avec les mêmes plantes que nous cultivons à plus grande échelle en zone 3. Elles montreront à peu près les mêmes stades de développement et de réaction aux facteurs climatiques servant d’indicateurs qui peuvent épargner des trajets tout en apportant l’information. Méthode des chemins : une autre méthode est de faire en sorte qu’ un de nos chemins d’ accès, ou de ballade, utilisé régulièrement, traverse toutes les différentes zones.

L’application de la méthode de zonage en ville nous aide à décider comment installer nos cultures selon l’endroit où se trouvent nos parcelles. Un bâtiment peut servir de zone 1 et un jardin ouvrier situé plus loin être installé comme zone 2.

ouvrier situé plus loin être installé comme zone 2. PRINCIPE DE VOISINAGE: GUILDES Ce principe est

PRINCIPE DE VOISINAGE: GUILDES Ce principe est un principe de placement et de fonctionnement. Une guilde est une association positive de plusieurs éléments autour d’un noyau central. Les différents éléments ont une

action bénéfique sur le système qu’ils constituent, par leur effet de régulation, de protection,

Il peut être résumé par l’idée de mettre côte à côte des voisins qui se

soutiennent les uns les autres plutôt que de se nuire. Cette approche nous aide à créer des systèmes où la coopération entre les constituants est un aspect fondamental. Sa mise en œuvre est très simple : il s’agit de placer autour d’un élément d’autres éléments, animaux, plantes ou systèmes, qui pourvoiront à ses différents besoins et se nourriront de ses déchets. En étendant l’application de ce principe à tous les éléments il se crée une mosaïque d’interconnexions harmonieuses.

de stimulation,

PRINCIPE DE VERSATILITE: CHAQUE ELEMENT DOIT REMPLIR PLUSIEURS FONCTIONS Ce principe de fonctionnement et de résilience dérive du principe d’économie et vise à éviter les dangers de la spécialisation, qui implique un très grand nombre d’éléments pour remplir toutes les fonctions et une grande dépendance vis à vis de chaque élément. S’assurer que chaque élément remplisse plusieurs fonctions limite le nombre d’éléments spécialisés nécessaires ou le travail à assurer pour remplir les fonctions manquantes. Dans le même temps cela permet de trouver des éléments pour assurer le principe de résilience, que nous verrons plus bas, qui stipule que chaque fonction essentielle d’un système doit être assurée par plusieurs éléments. Ce pourrait aussi être un principe d’attitude gardant à l’esprit du permaculteur la nécessité d’être un bon généraliste et de comprendre l’image d’ensemble avant d’être un spécialiste et de connaître parfaitement un détail.

Le choix et le placement d’un élément demande une grande attention et un grand soin. Autant que possible chaque élément devrait augmenter la productivité totale de notre système et réduire les besoins en matériel et en travail. Ce principe guide le questionnement du concepteur vers certaines questions spécifiques:

- cet élément remplira-t-il un besoin ou une fonction importante

- est-ce qu’un autre élément ou système peut apporter plus de bénéfices tout en remplissant la

fonction première?

- est-ce que cet élément peut être intégré de manière harmonieuse dans mon système?

- puis-je trouver un endroit où ce constituant m’apportera plus de bénéfices?

- comment puis-je l’intégrer et le connecter harmonieusement avec les autres éléments au sein de mon système afin de réduire mon travail, assurer ses besoins et utiliser ses produits?

peut-il en remplir d’autres?

EXEMPLE: Les plantes ont besoin, entre autres, d’humidité, de lumière et des différents éléments disponibles dans un sol fertile. Un plan d’eau peut fournir l’humidité et augmenter

la luminosité en réfléchissant la lumière du soleil. De plus la biomasse produite sur et autour

du plan d’eau ( lentilles d’eau, comme wolffia arrhiza, spirodela polyrhiza,

être un apport fertile pour les plantes. Ainsi le plan d’eau se trouve connecté

aux cultures et subvient à plusieurs de leurs besoins. En cherchant un peu plus il est possible de trouver encore d’autres fonctions à notre plan d’eau: il peut servir de réserve d’eau pour les abeilles et autres insectes, de source de nourriture et de lieu de vie pour des canards, qui peuvent aussi remplir des fonctions dans

ficuloides

azolla

)peut

nos systèmes de culture, des poissons (pisciculture), réfléchir la lumière vers l’intérieur

De nombreuses

plantes comestibles aquaphiles ou aquatiques ( comme le riz sauvage zizania aquatica, ou le Nasturtium officinale) peuvent être cultivées dans les plans d’eau. Les marais qui peuvent

être créés autour peuvent accueillir une grande diversité végétale (palanthera dilatata, alium

validum

d’habitations, ou servir dans le système de protection contre les incendies

)

et animale. On peut alors parler d’aqua-jardinage.

PRINCIPE DE REDONDANCE: CHAQUE FONCTION IMPORTANTE DOIT ETRE ASSUREE PAR PLUSIEURS ELEMENTS Ce premier principe suit la préoccupation de bon sens d’assurer l’approvisionnement de tout ce qui est essentiel à nos vies, ou à un système, par plusieurs moyens. Il assure la protection de nos systèmes par la redondance des éléments importants, c’est à dire la multiplication des éléments qui assurent les fonctions vitales et premières, ou des sources d’approvisionnement pour les denrées les plus nécessaires. Si dans un système, les fonctions importantes ne sont assurées que par un élément spécialisé,

il s’expose, en cas de disparition ou d’incapacité temporaire de cet élément, à ne plus pouvoir

assumer sa fonction propre ou, pire, à sa destruction. Cet état de fait crée une dépendance extrême vis à vis des différents spécialistes, et donc de l’environnement et des ressources qui leurs sont nécessaires, et engendre une grande fragilité du système. En multipliant le nombre d’éléments en charge des fonctions essentielles, la pression de “travail” exercée sur eux diminue, la dépendance du système à leur égard aussi et, en cas d’urgence, nous savons que nous pouvons nous appuyer sur d’autres sources. EXEMPLE: l’un des besoins vitaux des êtres vivants est l’eau. C’est également une ressource

importante pour nos installations, nos cultures

Si notre système n’est approvisionné en eau que par une source unique,

Nous nous en servons pour boire, nous laver,

cuisiner, irriguer,

une panne ou l’épuisement de cette source va entraîner des conséquences très graves et difficiles à vivre. Nous disons souvent en permaculture qu’il faut au moins trois sources indépendantes d’approvisionnement de nos besoins essentiels, et trois éléments différents d’un système qui en assurent les fonctions vitales.

Plus la formalisation de ce que nous comprenons est tranchée plus elle laisse de côté des informations contradictoires : plus le cadre du dessin est petit, plus il ignore d’aspects du paysage.

C’est la raison pour laquelle la permaculture ne s’appuie pas sur des techniques mais sur des principes. Ces principes eux-mêmes ne sont pas absolus mais servent de guides au concepteur pour établir une relation entre des circonstances, un environnement, des êtres vivants, une manière de voir et comprendre le monde, et une vision qui sert d’objectif. Et que cette relation dépasse le cadre de l’enchaînement des causes et effets pour s’enrichir de l’inspiration du concepteur et devenir une forme d’art.

Les techniques sont des cadres très précis et très limités qui ignorent le contexte. Elles sont les outils d’application. Les principes sont des modes de compréhension plus vastes et plus vagues, qui, de ce fait, intègrent plus d’éléments et ont un champ d’application plus grand, mais sont moins intelligibles et plus difficiles à transmettre. Ils permettent d’embrasser une situation et de donner une direction générale qui aide à sélectionner les options appropriées. Combinés aux observations, ils permettent de définir des stratégies à partir d’un diagnostic, d’une situation et d’un inventaire des moyens. Les relations représentent les différents modes de communication entre des systèmes qui changent et réagissent les uns aux autres. Enfin, l’art apparaît quand la créativité personnelle, qui constitue l’aspect le moins facile à définir, se marie aux relations, symboles, principes et techniques pour exprimer ce que chaque personne a à offrir d’unique. L’outil le plus défini agit sur la matière, le moins défini agit sur la perception du monde.

Le manque de techniques est donc moins important que le manque de stratégies, qui est moins important que le manque de principes, qui est moins important que l’absence de compréhension du fait que tout est relation. La relation inclut la prise de conscience, la perception et la tentative de communication et de compréhension de quelque chose. Elle résume la fin et les moyens de la permaculture: mettre en relation les éléments des systèmes et les systèmes entre eux afin de soigner la relation entre l’homme et la nature.

La permaculture inquiète, au départ, car elle ne se focalise pas sur des techniques mais sur ce qui inspire et gouverne l’usage des techniques. L’absence de formalisme technique et d’absolu crée une incertitude…Mais le manque de bagage technique se compense naturellement par l’expérience, l’observation, l’imitation et l’apprentissage. Une fois qu’il y a prise de conscience de l’existence ou de l’importance d’un aspect, la connaissance réelle qu’on en acquiert naît de l’observation que viennent compléter les apprentissages par transmission et expérience.

EXERCICE: essayer de trouver derrière des règles, des techniques ou des méthodes, les principes qui les inspirent. Par exemple un passage pour piétons et les feux de signalisation qui l’accompagnent se substituent au principe de vigilance et de protection de soi. Le danger de la substitution est rendu évident quand les piétons cessent d’appliquer le principe pour ne garder que la “technique”, traverser sur le passage clouté quand le feu est vert, en oubliant que le principe est motivé par les relations entre les éléments changeants de l’environnement que sont les piétons ou les animaux d’une part, et les cyclistes, les conducteurs, leurs passagers et leurs véhicules d’autre part. L’abandon du principe est source d’accidents dès que quelque chose d’imprévu se produit. La même chose peut être observée pour la politesse par rapport au principe de respect, les gestes mécaniques de sécurité par rapport à la compréhension de ce qui les motive,…

La permaculture prend le parti de ne pas développer de dogme simpliste, ni de crédo politique radical ni, au contraire, de compromettre ses principes éthiques. Elle sert avant tout de moyen d’action et de source de connaissance visant à changer les façons de penser et d’agir. La caricature et l’extrême simplification que demandent le dogmatisme et le populisme sont incompatibles avec la permaculture. Donc elle ne présente pas de solutions absolues et simplistes, mais propose des moyens de trouver des solutions et de mettre en œuvre celles qui existent déjà, où et quand elles sont appropriées.

Nous entrons maintenant au cœur de la Permaculture, la conception et la mise en œuvre des écosystèmes humains durables. Cela sera expliqué à travers deux conceptions, une pour un projet en ville, l'autre un projet en pleine campagne.

Chapitre 3 COMMENT FAIRE UNE CONCEPTION EN PERMACULTURE

Besoin: Créer une conception pour un lieu avec une planification de sa mise en œuvre et entretien.

de son

Fonction :- La conception aide à l'installation de tous les aspects d'un projet. Le processus de conceptualisation permettra aux participants de bien définir leurs besoins et ambitions. Ce processus peut aussi aider les participants à mettre en place et à pratiquer la prise de décision et la gestion générale de leurs inter-relations. La mise en œuvre du projet sera facilitée par la conception.

Le processus de conception permaculturelle

Ce point constitue le cœur de la permaculture. Souvent le processus expliqué ci-dessous fait partie d’une période d'observation pendant laquelle on ne fera pas de travaux sur le site (parfois il sera nécessaire par contre de faire des travaux avec l'objectif d'arrêter la dégradation d'éléments sur le site, comme le bâtiment ou des endroits affectés par l'érosion). Les observations vont continuer pendant toutes les saisons.

Les paramètres pris en considération sont nombreux, par exemple:-

Le site Le sol L'eau Le paysage (géomorphologie) Le climat et microclimats La flore et la faune

Social

Énergie

Légal

Technologie

Les gens

Bâtiment

Les cultures

Connexions

Le commerce

La Finance

Abstrait Chronologie d'action (timing) Information Éthiques

Le processus de conception peut suivre la démarche suivante et sera expliqué par la suite à travers une conception faite pour un projet en ville.

Analyse,

Conception,

Mise en œuvre

Entretien

Projet permaculture en ville.

Plusieurs personnes souhaitaient créer une communauté extensive dans une grande ville. Ils habitaient tous dans des maisons ou appartements qu'ils louaient.

Analyse.

1. Vision, aider les personnes impliquées dans le projet à bien définir leurs ambitions personnelles, pour elles et pour le projet.

2. Bordures et limites du projet.

3. Bilans de ressources, fuites et dépenses.

4. Examiner et analyser en détail le lieu et les stratégies et techniques qui s'adapteront au projet,

Vision

Approche en permaculture en général La première partie du processus de conception est d’identifier les ambitions des personnes qui s’impliquent dans un projet. Chaque foyer devrait le faire : définir les choses qu'ils voudraient changer dans leur vie et leurs rêves pour l’avenir. Ce processus doit aider ces personnes à bien définir ces ambitions, ces visions. Il ne suffit pas que quelqu'un s'exprime sur les choses dont il ne veut plus dans sa vie, il faut qu'il devienne précis sur ce qu'il veut. Si les 'clients' restent vagues sur leurs envies, cela peut rendre la conception difficile voire impossible ! Souvent des individus ont des idées assez élaborées sur les choses qu'ils veulent changer dans leur quotidien mais ils restent vagues sur ce qu'ils veulent avoir dans leur vie. Par exemple si un agriculteur souhaite changer sa façon de travailler la terre, de produire, le processus en permaculture sera d'aider cette personne à trouver comment il veut produire dans l'avenir. De choisir parmi toutes les formes de production mais aussi d'aider cet agriculteur à faire une analyse du système entier, à voir s'il y a d'autres fonctionnements qu'il veut changer aussi et pour aller vers quoi ?

C'est important aussi que tous les membres d'un projet soit très clairs sur leurs attentes dans ce projet ainsi que sur la place qu'ils veulent y trouver.

Application de cette approche par ce projet. Les membres de ce projet en ville ont ainsi défini ces ambitions pour leur projet:- Que tout le monde soit formé en permaculture et aussi d'avoir accès aux avis d'un permaculteur expérimenté. Réduire les besoins en énergie des foyers Produire autant possible leur propre nourriture. Créer un groupement d'achat pour acheter moins cher de la nourriture biologique. Créer un réseau d’entraide. Présenter le projet aux habitants du quartier et aux quartiers voisin. Créer de l’emploi.

Ils ont aussi fait un bilan des ambitions personnelles des personnes impliquées dans le projet. Ci-dessous, voici une liste des points qui se retrouvent sur les bilans de tout le monde. Dépenser moins Manger 'bio'

Se déplacer moins Gagner de l'argent avec du travail 'écolo' et local. Faire partie d'un groupement solidaire et équitable. D'avoir accès à un réseau d'entre-aide.

Tous les participants au projet ont été encouragés à définir comment ils voulaient vivre et comment ils souhaitaient s'impliquer dans le projet pour atteindre ces objectifs. Tous les foyers ont rempli une feuille PABE.

La feuille PABE Sur une grande feuille de papier on dessine 4 colonnes : 1/ PLANTES, 2/ ANIMAUX , 3/ BÂTIMENTS, 4/ EVENEMENTS. Les participants au projet y écriront alors toutes les choses qu'ils souhaitent avoir sur le lieu et toutes les activités qu’ils aimeraient y mettre en œuvre. Les gens qui ne savent pas écrire peuvent faire un dessin. C’est le moment d’exprimer, pour tous, leur imagination.

Bordures et limites

Approche en permaculture en général

du lieu:- Nous voulons savoir où se trouvent les limites du projet. Soit les limites légales -par exemple si le projet se trouve en ville, les limites géographiques définies par les gestionnaires du projet, un quartier, une immeuble etc. Parfois les limites n'ont pas de forme légale mais une forme qu’on pourrait qualifier de traditionnelle, comme entre deux tribus. Exemplifier.

Qu’il y ait consensus autour des limites d'un projet est très important, que ce soit du côté des porteurs du projet comme de celui du voisinage. Il peut parfois être judicieux de faire venir un géomètre, même si cela peut s’avérer coûteux : on a ainsi vu en Turquie un projet où les limites marquées sur le plan et acceptées par les voisins n'étaient pas correctes. Suite à l'intervention du géomètre, le projet à gagné environ 150m2 et 10 grands figuiers, présents sur ce territoire contesté !

Il faut savoir exactement où se trouvent les limites mais aussi leur « nature » : est-ce que ce sont des talus, des fils de fer, des barbelés, une route, un ruisseau? Où se trouvent les droits d'échelle? Que font les voisins au delà de ces limites ? Quelles sont les activités pratiquées aux alentours ? Quel usage est fait de ces limites par le voisinage ? Ces informations sur la nature des limites vont nous aider à trouver des idées pour se protéger de la pollution, des incendies où encore, du vent. On va aussi y trouver des stratégies pour produire sur ces bordures et ainsi, maximiser l’usage de tout l’espace.

Exemple.

Les bordures en Bretagne sont souvent des talus constitués d’arbres et de plantes. Il s’agit là de bordures traditionnelles et il y a tout intérêt à comprendre comment elles fonctionnaient. En premier lieu, elles délimitent les champs, permettant une bonne gestion du pâturage par exemple. Les arbres, pour la plupart, sont des espèces caduques, entretenues dans un système de recépage : ils sont coupés pour faire du bois de

chauffage, mais partiellement, de manière à ce qu’ils repoussent. Avant, il y avait suffisamment de végétation pour que les talus fonctionnent comme de véritables barrières pour le bétail. Aujourd'hui, comme il n'y a plus assez de végétation, il faut du fil barbelé ou des clôtures électriques pour contenir les animaux. Ces talus avaient ainsi deux fonctions nettement identifiées : la délimitation des espaces et le maintien de réserves d’énergies combustibles. S’il s’agissait de recréer l’usage effectif de ces talus, la meilleure plante à mettre entre les arbres serait l'ajonc. Ses épines découragent les tentatives des animaux les plus téméraires ! Par ailleurs, le mélange d’arbres et d’arbustes constitue un bon brise vent, protégeant les animaux et les cultures. Finalement, nous savons que l'ajonc est une plante qui fixe l'azote, utile pour les arbres mais aussi pour les chevaux, qui apprécient le broyât d'ajonc, riche en protéine.

qui apprécient le broyât d'ajonc, riche en protéine. Des individus:- Les traditions, pratiques culturelles et

Des individus:-

Les traditions, pratiques culturelles et habitudes de vie des habitants sur un territoire donné sont intéressantes pour le permaculteur, qui pourra s’en inspirer, du moins les comprendre, pour adapter ainsi sa proposition technique aux personnes concernées. Les toilettes sèches par exemple, peuvent être construites et utilisées de différentes manières. Quelques questions permettront de trouver la forme la plus adaptée :

Sont-ils assis ou accroupi sur la toilette? Une construction plus solide est nécessaire pour une utilisation accroupi.

Ils se lavent ou ils s'essuient? L'humidité du mélange excrément/matière sèche sera plus élevé si les gens s'essuient, et l’expérience montre que ça peut permettre un compostage plus rapide.

Seront-ils d'accord pour manipuler un seau plein d'excréments ou d'urine? Si la réponse est non, il faut que les gens n’aient besoin de gérer que la matière transformée après compostage.

La gestion d'un projet est parfois faite par une personne, parfois par un groupe. La planification et le choix des techniques d'un projet doivent prendre en compte le nombre, la force physique, les compétences et les expériences des acteurs du projet. S’il y a peu de gens impliqués ou si leurs forces physiques sont limitées, une mise en œuvre plus rapide est parfois possible grâce à l'organisation des chantiers participatifs ou par l’intervention de bénévoles. Un manque de compétences peut être comblé par des cours et des formations, le temps requis pour ces activités devant alors être pris en compte dans la planification de la mise en œuvre du projet.

Application de l’approche de ce projet.

Délimiter la zone du projet en ville (trouver ses bordures, son ampleur) Le groupe faisait de la recherche sur l'histoire de son quartier. Ils ont trouvé qu’avant l'expansion de la ville, le lieu était un village entouré par du terrain agricole et des vergers. Ils ont décidé de limiter leur zone d'action à une partie de cet ancien village qui compte aujourd'hui environ 1000 habitants. Il existait six 'Pub' positionnés dans un cercle et le groupe a décidé de considérer cette circonférence comme la limite de leur 'bio-region' . Le groupe a organisé une grande promenade et un 'picnic' avec tous ses membres pour faire le tour de cette circonférence. Ce processus était important pour plusieurs personnes pour qui l'idée d'agir localement était le moteur de leur envie de participer à ce projet. Ils se trouvaient avec un 'chez eux' plus grand que leur foyer mais pas trop grand pour ne pas disperser leurs énergies.

Repérer les ressources

Approche en permaculture en général

Les feuilles de conception qui se trouvent en annexe aideront à faire les bilans nécessaires pour une conception en permaculture. Le site d’un projet doit faire l’objet de plusieurs explorations. Il faudra noter sur un plan les localisations de toutes les ressources disponibles, ainsi que la nature de ces ressources, leur quantité et leur état en général. En permaculture les ressources ne sont pas que des bâtiments, un champ ou un plan d'eau mais aussi les micro-climats, la pluie etc. Les éléments suivants sont des ressources importantes à identifier et à examiner.

La nature et l’état du sol Le sol est examiné en plus grand détail dans le chapitre sur le sol. Il nous faut des données sur le pH, la perméabilité, la profondeur de la couche de humus et sur le sol en général et ses composants : la répartition entre sable, limon et argile,

Les pentes et la géomorphologie générale Les endroits plats sont rares. Les pentes affectent le ruissellement de l'eau de pluie, le mouvement du matériel comme celui de la terre ainsi que le mouvement de l'air, l'air froid comme les vents. Les cartes disponibles montrent généralement les pentes en utilisant des lignes de courbes de niveau. Celles fournies par L'institut géographique National, d’une échelle de 1:25,000 sont assez bien détaillées pour nos besoins. Elles peuvent servir comme base pour le plan de conception. Cependant, les courbes de niveau indiquées sur ces cartes sont rarement assez précises pour la conception de certains éléments du projet, comme par exemple les baissières* et micro-barrages. Il

y a des moyens simples pour trouver des courbes de niveau sur un site (Ils sont expliqués dans le chapitre sur l'eau).

Élévation

Il y a un relation entre l'altitude et le température de l'ordre d'une réduction de 6,49 °C par 1000

mètres (ICAO). Un grand projet peut avoir plusieurs climats, du fait de ces différentes altitudes.

Orientation Une orientation du terrain vers le sud (dans l'hémisphère nord) est souvent un avantage pour nos cultures et nos habitations.

Flore et faune Tout au début du projet et avant que la mise en œuvre de la conception commence, il est souhaitable de faire un bilan écologique, un dénombrement des espèces présentes et de leurs conditions de vie. Tous les 3 ou 5 ans, ce bilan peut-être refait ce qui permettra de voir les effets de notre projet, positifs et/ou négatifs, sur les organismes avec qui il cohabite. Dans le cas où l'effet serait négatif, alors il faudrait repenser une partie du projet et la conception établie.

Pour réaliser le bilan écologique, il s’agit de noter sur un plan la position, la taille et les variétés de tout le monde végétal du projet. Ces arbres, arbustes et plantes sont la base des ressources végétales du site et pourront notamment servir comme bio-indicateurs*. Des plantes ont tendance à pousser bien là où se trouvent les conditions auxquelles elles sont adaptées. Si nous trouvons qu'un champ est rempli de certaines espèces de plantes ça peut nous donner des indications sur le sol, le micro-climat, l'humidité et le niveau de la nappe phréatique. Les plantes pérennes sont les plus fiables comme bio-indicateurs, surtout si elles sont présentes en grande quantité. Ce n'est pas parce qu'une plante de rumex pousse dans un champ que ce champ est compacté avec un sol acide. Mais s'il y a beaucoup de rumex qui pousse en compagnie d'autres espèces, comme les chardons, ça peut indiquer en effet que ce champ a tendance à être humide, avec un sol acide et peut-être compacté.

Climat général et Microclimats La Terre a des zones climatiques différentes, nous pouvons ainsi nous renseigner précisément sur le climat en général d'un lieu ainsi que sur la végétation qui y est associée.

Il nous faut des renseignements sur les aspects suivants :-

Pluviométrie:-

La station météorologique la plus proche peut nous donner certaines données par rapport à notre lieu. Plus la station sera loin du projet, plus il y aura des différences entre les données fournies et celles effectivement valables et constatées sur le lieu. Il est donc important d'installer des pluviomètres sur place pour obtenir des données plus précises.

Nos données sur la pluviométrie seront utiles pour calculer la quantité de pluie qui pourrait être récupérée d'un toit, dans un plan d'eau, pour nos cultures. Le chapitre sur l'eau explique plus en détails ces éléments.

Le vent:- Le vent est mesuré en kilomètres par heure, en mètres par seconde ou en nœuds grâce à un anémomètre. Pour les conceptions que nous réalisons, nous nous servirons du kilomètre par heure. Des données sur la force et direction des vents sont disponibles dans les stations météorologiques.

C'est également possible d'acheter un anémomètre, ainsi qu’une girouette, qui indique la direction du vent. Pour nos conceptions il est nécessaire de connaître la nature des différents vents qui affectent un lieu.

La direction du vent et surtout les vents dominants,

Leur force en Km/hr. Parfois un lieu n'aura pas assez de vent pour rentabiliser une éolienne.

La nature du vent :- froid/sec, froid/humide, chaud/sec, chaud/humide, pollué, bruyant.

Microclimats:-

Les microclimats dépendent de plusieurs agents qui seront examinés dans le chapitre dédié. Durant la phase d'analyse et d'observation, nous allons noter où se trouvent les microclimats, leur nature (froid, poche de gel, humide, venteux, abrité, ombragé etc). Il faudra observer l'évolution de ces

microclimats pendant les changements de saison et noter les détails marquants, par exemple, jusqu'à quand un endroit à l'ombre garde sa couche de neige. Toutes ces informations seront précieusement notées et la position de chaque microclimat dessinée sur le plan du lieu.

Compétences Il est nécessaire de faire un bilan des connaissances et compétences des acteurs du projet. Les participants n'auront peut-être pas les savoir faire nécessaires pour tous les aspects du projet. Il y a plusieurs solutions :

Les gens sur place vont suivre des formations ou des apprentissages. On peut recruter des nouveaux participants qui ont les compétences nécessaires. Ou embaucher des professionnels pour faire des travaux spécifiques. Ou organiser des chantiers participatifs avec des gens compétents.

Bâtiment Pendant la phase d'analyse nous ferons un bilan de tout qui concerne les bâtiments appartenant au projet : leur emplacement, leur fonctionnement actuel ou historique, leur état, leurs tailles, leurs orientations et leurs formes de construction. Encore une fois, il est bon d’observer le bâtiment durant tout un cycle saisonnier avant d’entamer des transformations.

Finances

Le début d'un projet La toute première phase est souvent l'achat d'un terrain, village ou bâtiment. Cela peut être aussi la transformation d'un projet, d’un lieu (par exemple un quartier en ville) ou encore d’une entreprise déjà existante.

Le porteur du projet ne devra pas dépenser tout son argent dans l'achat d'un terrain ou d’un lieu :

il aura ensuite besoin d’autres ressources pour commencer la mise en œuvre de la conception. Idéalement, il est précieux d'observer un lieu pendant tout un cycle saisonnier avant de l'acheter. Il faut aussi que les individus aient les moyens de vivre pendant cette période d'observation, qu’elle se déroule avant ou après l'achat.

La feuille 3 qui se trouve dans l'annexe peut aider à la création d'une projection financière. Cette projection devra prendre en compte les aspects suivants :-

Dépenses

Le montant des charges sociales et du remboursement des prêts.

Le montant des charges pour des services achetés comme l'eau, l'électricité, une connexion internet, le téléphone…. (La conception aura comme objectif de réduire ces charges autant que possible).

D'autres dépenses comme pour le carburant.

Le montant des investissements nécessaires pour le projet comme l'achat des matériels, d'infrastructures (comme une éolienne)…pour la construction, l'entretien etc.

Revenus Il y a généralement deux formes de revenus : celui du projet et celui du participants au projet. Il y a beaucoup de formes d'organisation possibles. Par exemple les participants peuvent décider qu’ils gagnent de l'argent grâce à leurs propres activités. Alors, ils payent un pourcentage au projet. Ils peuvent aussi décider que tout sera partagé, donc tous leurs revenus seront consacrés au projet. Lorsque quelqu'un a besoin d’argent, cela sera déduit des comptes tenus en commun. Il est important que le projet ait assez de revenus pour couvrir l’ensemble de ses dépenses et pour avoir un surplus à investir dans son développement et son entretien. Donc dans le plan d'action il faut aussi prévoir:-

Des revenus disponibles pour payer les dépenses du projet

Des revenus et surplus disponibles pour le développement du projet.

Une conception en permaculture doit avoir une bonne base financière, donc une projection fiscale est essentielle pour une bonne planification de la mise en œuvre. Cette mise en œuvre se fera en plusieurs étapes. Idéalement, la première étape va commencer à donner un revenu qui permettra ou aidera le financement de la deuxième étape etc.

Produire Encore des bilans à faire, celui de l'énergie est expliqué dans le chapitre correspondant. Il nous faut aussi des bilans sur la quantité de récoltes nécessaire pour nourrir tous les habitants et animaux du lieu. Il faut aussi que ce bilan prenne en compte les variations éventuelles dans la demande en nourriture à cause des cours, et autres formes d’événements.

Application de cet approche par ce projet. Chaque foyer a fait un bilan de ses ressources matérielles et humaines.

Le groupe ensemble a fait un bilan des ressources potentiellement disponibles dans son quartier :

matériaux, terrain, bâtiments, arbres fruitiers

Ils ont aussi contacté des membres locaux des

organisations comme les amis de la terre, Greenpeace etc.

Conception

Approche en permaculture en général Une conception en permaculture est composée de deux éléments principaux : un plan ou maquette du lieu pressenti, ainsi qu’un document qu’on pourrait qualifier de « guide » et qui explique les démarches adoptées et comment le système va fonctionner. Il contient aussi une planification de mise en œuvre et d'entretien. Ces deux outils permettront de donner une bonne intelligibilité de la

manière dont le projet va être installé, de son développement et de la façon dont les individus s’intègrent au fonctionnement du système.

Les planifications de mise en œuvre permettent aux acteurs du projet de comprendre et de savoir le travail qu'il y a à faire et quand il faut le faire.

Le plan et le document sont les guides de création et d’utilisation d'un lieu en permaculture.

Le plan. Le plan ou maquette indique l'emplacement de tous les éléments déjà en place et qui seront installés (le document explique tous les interconnections et flux qui existent entre ces éléments). Il montre aussi les pentes et les secteurs.

Souvent, une maquette parlera beaucoup plus aux gens que des plans et des calques. Comme les éléments sont en 3 dimensions, ils pourront être déplacés au fur et à mesure pour bien trouver leurs positions optimales. Une maquette est faite à l’échelle et peut être construite avec une grande variété de matériaux, en terre, papier mâché, plâtre etc. La construction d'une maquette et son utilisation rendent le processus à la portée de tout le monde, même les jeunes enfants peuvent participer, ce qui est plus difficile avec un plan.

Les méthodologies utiles pour une conception se trouvent dans l'annexe

Secteurs Les secteurs sur un plan de conception montrent d'où viennent les vents différents, la différence de hauteur du soleil en été et hiver, et les secteurs à risque potentiels d’incendies (souvent le même secteur qui indique la direction d'un vent chaud…).

Quelques approches pour aider au bon déroulement du processus de conceptualisation.

Analyse d'un élément. Cette démarche informe sur tous les besoins et les produits constitutifs du système. Ils peuvent être listés ainsi (le canard servant d’élément central dans cet exemple)

Besoins

Caractéristiques (unique à la race)

Produits

nourriture

plus carnivore

fiente

eau

race pour œufs plus que viande

œufs

de la compagnie

 

viande

abri

 

plumes

Nous pouvons poursuivre cette démarche pour chaque élément dans notre système et aussi pour les constituants que nous pensons y introduire. Pour chaque besoin nous créons un flux depuis un autre élément qui va les remplir. Nous ferons pareil pour les produits : trouver un élément ou système qui va profiter de ces produits. Nous pouvons faire une sélection dans toutes les races de canard qui sont disponibles pour trouver celle qui a les caractéristiques qui s’accordent le mieux avec nos besoins. Par exemple un canard 'coureur indien' préfère les sources de protéine aux légumes, alors il mange d’abord les limaces et leurs œufs. Ainsi de nombreuses personnes ont intégré ces canards

dans leurs potagers et ont remarqué par la suite une absence des limaces.

Cette démarche s'adapte aussi à une analyse des machines, par exemple dans le chapitre 'habitat' pour une machine à laver.

le chapitre 'habitat' pour une machine à laver. Modélisation des flux des ressources vivantes. Nous allons

Modélisation des flux des ressources vivantes. Nous allons créer un schéma qui montre tous les flux des ressources entre les constituants d'un lieu qui existe déjà. Sur la base de ce schéma, nous pouvons voir les flux qui fonctionnent bien, ceux qui fonctionnent moins bien et enfin, ceux dont le lieu a besoin. Cette gestion des ressources nous donne souvent l’indication des choix qu'il faut ainsi faire. Par exemple pour les déchets végétaux de cuisine:

Déchets → poules => œufs, viande Déchets → compost => apport de fertilité pour le potager Déchets → bio-digesteur => méthane, apport de fertilité pour le potager Déchets → système de pisciculture => poissons Déchets → posés directement sur les plates bandes du potager => apport de fertilité pour le potager

Les choix que nous ferons seront décidés par les besoins du lieu et les préférences des habitants.

Mise en œuvre

Approche en permaculture en général

Afin de déterminer où commencer et quels sont les éléments prioritaires, le design sera divisé en parties qui tiennent compte des capacités physiques et financières des installateurs. Les dépenses correspondantes peuvent être divisées en tranches, ainsi, soit les coûts de la phase 2 peuvent être couverts par les revenus de la phase 1, soit la continuité du projet sera soumise à la mise à disposition de nouveaux

L'installation de certains éléments sera faite selon la saison, les arbres plantés pendant l'hiver, les plans d'eau, baissières et micro-barrages étant plutôt mis en place pendant les périodes sèches par exemple.

Il est judicieux de commencer la mise en œuvre avec la création des sentiers et chemins. Le transport de matériel et de machines sera plus facile par la suite. Quand les sentiers sont en place, on peut continuer par la création des éléments liés à la gestion d'eau. Parfois, il faudra faire venir un tracta-pelle. Le déplacement de cette machine coûte cher, il est donc intéressant de prévoir de tout faire en même temps : es sentiers, chemins, barrages, baissières, terrassement etc.

Gestion de la mise en œuvre.

1. Réunion tous les jours ou au minimum deux fois par semaine pour décider les chantiers à faire

2. A chaque réunion il doit y avoir des retours sur ce qui a était fait et ce qui n'a pas était fait et pourquoi.

3. La planification sera modifiée selon ces retours.

Entretien Le planning de maintenance, à court, moyen ou long terme et les tâches qui lui sont liées peuvent, selon le contexte, débuter avant que le design ne soit entièrement appliqué. Dans la conception se trouve une planification de l'entretien indiquant ce qu'il y a faire et quand.

A la fin du processus de conception nous aurons les éléments suivants :

Un plan ou une maquette de la globalité du projet notant tous les éléments du lieu, ainsi que les éléments qui y seront installés. On pourra utiliser des calques sur le plan de base pour bien identifier les différentes étapes au fil de la mise en œuvre.

Un document qui détaille les flux et les connections entre les différents éléments. Le fonctionnement de chaque élément et de chaque système sera aussi détaillé. Ce document est le 'guide d'utilisateurs' du projet, donc il explique le fonctionnement des structures visibles

(bâtiments, jardins, forêts etc) et des structures invisibles (flux, timings, éthiques, gestion de la communauté).

Une planification de mise en œuvre ; ce document explique quand il faut faire quelque choses et aussi le meilleur ordre à suivre pour faire la création du projet.

Une planification d'entretien, ce document détaille les travaux qui sont à faire et quand ils sont à faire pour la bonne gestion du projet.

Conception et mise en œuvre pour le projet en ville.

Avec les bilans de ressources, des besoins, des dépenses et aussi les listes des ambitions des personnes en place, le groupe organisera des réunions pour faire la conception. On trouve ci dessous les décisions prises sur les différents aspects du projet et comment elles ont été mises en œuvre.

Planification de la mise en œuvre.

La première partie de la mise en œuvre était de décider comment le groupe va fonctionner, comment les décisions seront prises et comment les participants peuvent travailler dans ce projet.

Une grande astuce dans la permaculture est de réduire des besoins, en matière d’énergie, d’eau et de transport. Donc la deuxième partie pour la mise en œuvre était de travailler dans chaque habitat pour accomplir ces objectifs. Ces travaux ont était faits à travers une série de chantiers participatifs.

Par la suite, encore pendant des chantiers participatifs, les membres du projet ont dû travailler pour créer des jardins potagers et aussi mettre en place des jardins potagers de type zone 1, c'est-à-dire sur les immeubles et dans les jardins publics.

Pendant cette phase un groupe de travail mettait en place l'administration du SEL. Ce système fut lancé quand les travaux sur les habitations et jardin potager était fini.

Par la suite les groupes de travail pour les initiatives différentes ont commencé la mise en œuvre de ces projets.

Formation du groupe et organisation du mode de fonctionnement

Le groupe à décidé de créer une association avec un fonctionnement collégial. Les décisions prises en consensus. Le grand groupe se divisait en groupes plus petits avec des zones d'action différentes. Toutes les deux semaines ils organisent une réunion de tous les groupes pour faire un bilan de leurs initiatives. A ce moment là un membre de chaque groupe quittera son groupe actuel pour faire partie pendant les deux semaines suivantes d'un autre groupe.

Se former en permaculture et avoir accès aux avis d'un permaculteur expérimenté. Le groupe a contacté le réseau national de permaculture pour trouver un formateur, par la suite ils ont organisé un cours certifié de permaculture. Le formateur choisi acceptait aussi de devenir leurs consultant pendant les phases de conception et mise en œuvre.

Réduire les besoins en énergie. Le groupe à décidé quel était le foyer prioritaire pour ce travail. Celui-ci a été fait selon les bilans en consommation présente par chaque foyer en relation avec les revenus du foyer. Donc la maison avec

la plus grand dépense en électricité et gaz en relation à un revenu modeste était prioritaire.

La mise en œuvre Comme le foyer était occupé par des personnes à revenu modeste il était important de trouver des moyens d 'atteindre leurs objectifs sont trop des dépenses. Nous avons trouvé ces astuces:-

Pour l'isolation sous le toit nous avons demandé aux restaurants et bars du coin de garder les bouchons en liège des bouteilles de vin. Quelqu'un du groupe passait chaque semaine pour les récupérer et en 6 mois nous avons pu accumuler assez de bouchons pour faire cette isolation en les broyant.

Nous avons créé des mini-serres sur les plinthes des fenêtres qui faisaient aussi comme une sorte de double vitrage. Elles étaient faites avec du bois et des bâches de plastique transparent, deux matériaux de récupération. Nous avons fabriqué des volets isolants qui ont était installés sur les fenêtres face au nord.

L'habitat était équipé avec une cheminée qui avait était bouchée. Sa remise en fonction était relativement facile et un poêle à était fabriqué par un membre du groupe avec deux vieilles bonbonnes de gaz. Le bois de récupération pour le poêle était facile à trouver en ville.

Une bouteille de 2 litres remplie d'eau et fermée était placée dans la cuve de la chasse d'eau pour réduire la quantité d'eau qui sortait à chaque fois de la chasse. L'eau était conservée dans la baignoire et les habitants pouvaient aussi nettoyer les toilettes avec cette eau. Des diffuseurs installés sur les robinets réduisent aussi la consommation en eau dans la salle de bains et la cuisine.

Les habitants avaient un frigidaire avec un congélateur dont ils ne se servaient pas. Celui-ci a était transformé en « cuisinière ». Les aliments comme le riz sont d'abord portés à ébullition sur la cuisinière électrique et par la suite la casserole est placée dans le congélateur qui conserve le chaleur pour finir la cuisson.

Produire autant possible sa nourriture Quand le groupe a fait le bilan des ressources disponibles dans son quartier il a repéré tous les arbres et arbustes fruitiers, pour la plupart ils se trouvent dans les jardins des voisins. Par la suite ils ont frappé à la porte de chaque foyer qui avait une telle ressource pour demander si les fruits étaient récoltés. Si ce n'était pas le cas, le groupe proposait de le faire et partageait la récolte entre eux et les habitants de la maison. Il se trouvait aussi que pas mal d'arbres fruitiers et des arbres à coque poussaient dans les lieux publics, comme les parcs et aussi sur des terrains à l’abandon. Ces fruits, noix et châtaignes ont par la suite fourni en partie les besoins alimentaires du groupe.

La mise en œuvre Certaines des maisons appartenant aux membres du groupe avaient un jardin, d'autres des toits accessibles. Une conception a été faite pour chaque jardin et il a été instauré une série de journées de travail collectif. Au moins la moitié de chaque jardin a été transformée en jardin type zone 1. La même chose a était faite pour les toits et les balcons des autres foyers. Un mur peut être considéré comme un jardin vertical et après l'installation de la conception des plantes ont grimpé avec du treillis sur la façade de la plupart des foyers. Un membre du groupe, formé en apiculture, a créé une entreprise en plaçant des ruches sur tous les toits accessibles.

Le groupe a trouvé des jardins ouvriers disponibles mais à 5 kilomètres du projet. Suivant les principes du zonage ils ont était transformés en jardin type zone 2 . Donc plantés avec des arbustes fruitiers et aussi des plantes qui demandent moins d'intervention et qui ne sont pas récoltées tous les

jours, des pommes de terre et des courges par exemple.

Deux groupes d'achat ont était créés, le premier pour fournir des fruits et légumes, en travaillant avec un maraîcher qui avait ses terrains à 10 kilomètres du projet. L'autre pour fournir les aliments comme la farine, riz, et autres produits secs, pour ça le groupe a contacté un grossiste en produits biologiques. Un membre du groupe a proposé une pièce chez lui pour le « magasin ». Chaque semaine les membres du groupe passaient leurs commandes de fruits et légumes qui étaient livrés et récupérés dans le magasin. Pour les produits secs et le lait de soja, le groupe a créé un fonds et avec ça ils ont acheté en gros les produits qu'ils voulaient. Ils étaient stockés au « magasin » qui était en auto-gestion. Quand un membre du groupe voulait quelque chose comme de la farine il se rendait au magasin, pesait la quantité qu'il voulait, le notait dans un carnet et le payait en laissant l'argent dans la caisse. Toutes les deux semaines un bénévole faisait les comptes et recommandait les produits nécessaires.

Un membre du groupe avait une grande cuisine chez lui et un groupe de travail se rendait chez lui pour transformer des surplus de fruits en confiture et compote et des surplus de légumes en purée ou soupe, le tout conservé dans des bocaux.

Créer un réseau d’entraide Pendant la phase de conception le groupe a décidé que le meilleur moyen de créer un réseau d'entraide serait de mettre en place un système d’échange local (SEL) . Ils avaient tous travaillé bénévolement dans des associations différentes et ils ont bien constaté que le désir de faire du travail bénévole est quelque chose qui peut s’épuise avec le temps. Avec un SEL le travail ou les biens offerts accumulent des crédits qui peuvent être échangés contre du travail, services ou biens offerts par quelqu'un d'autre dans le système. Le permaculteur qui travaillait avec le groupe avait beaucoup d’expériences de création de SELs. Cette expériences lui a montré qu’une bonne démarche pour créer un SEL s'est de mettre en place des événements de rencontre conviviale ouverts à tout le monde dans le groupe mais aussi aux autres habitants du quartier. La mise en œuvre Des personnes du groupe se sont proposées pour faire l'administration et les comptes nécessaires au bon fonctionnement du système. Par la suite, à travers des soirées rencontre, des jeux et des discussions 170 personnes se sont inscrites dans le SEL. Les administrateurs produisaient par la suite sur une page web une liste de tous les services et biens offerts par les membres.

Présenter le projet aux habitants du quartier et aux quartiers voisin Le groupe a bien constaté l'importance de s’intégrer dans le quartier où il se trouvait ; il ne voulait pas devenir isolé et perçu comme une bande d'hippies ou autre chose du genre. Ils étaient très conscients aussi de la valeur des connaissances et des expériences des personnes de tout âge et voulaient en profiter mais aussi partager leurs propres savoir faire et rendre le projet ouvert et accessible à tout le monde.

La mise en œuvre Le groupe a commencé à organiser des soirées portes ouvertes une fois par mois. Ils ont invité à chaque fois un animateur pour donner une conférence sur une thème spécifique comme par exemple l'apiculture, les énergies renouvelables, le compostage etc. Chaque soirée se terminait par un repas et une discussion générale.

Des membres du groupe se sont procuré une grosse photocopieuse avec l'objectif de produire un tract sur la permaculture et de produire tous les deux mois un bulletin d'information sur le projet et

les initiatives du groupe. Ils ont décidé par la suite d’amener des produits faits par le groupe avec tract pour les vendre sur foires, marchés et événements revendiqués 'écologiques'.

D'autres personnes dans le groupe se sont proposées pour donner des cours de deux jours d'initiation à la permaculture, pas que pour les gens du quartier mais ouvert au grand public. Elles se sont aussi proposé comme conseilleurs pour d'autres groupes qui voulaient mettre en place des projets du même style que le leur.

Un membre du groupe s’est proposé pour faire partie du conseil d'administration du réseau national de la permaculture. Celui-ci avec l'objectif d’échanger des expériences avec d'autres projets et de rester en contact avec eux. Aussi de créer un réseau d'entraide pour des projets à plus grande échelle.

Créer de l’emploi. Pendant le processus de conceptualisation les membres du groupe ont constaté que les initiatives proposées vont créer des postes qu'il faut remplir. Par la suite il faudra trouver un moyen pour que ces postes deviennent rémunérés. SEL:- des postes créés pour son administration, ils seront rémunérés à l’intérieur du système par une « dîme » offerte par chaque adhérent en proportion avec leurs échanges. Le SEL avait adopté aussi le système de « crédits fondants » : pour éviter que des personnes accumulent des crédits, au- delà une certaine somme ils sont « taxés » à x%. Les crédits ainsi taxés arrivaient dans le compte d'administration pour aider à payer les administrateurs.

Plusieurs membres du SEL, avec l'aide de tout le monde, ont lancé leurs propres entreprises : ils proposaient leurs services et produits dans le SEL.

Alimentation Tout le monde ne veut ou ne peut jardiner. Certains membres du groupe se proposaient de prendre en main toute la production locale des fruits et légumes, en demandant de temps en temps l'aide de tous les membres du groupe. Par la suite ils ont proposé des paniers de fruits et de légumes aux adhérents du SEL et les vendaient aussi aux autres habitants du quartier.

Pour mieux accueillir les soirées mensuelles une importante maison fut transformée en café- restaurant. Les travaux ont été réalisés à travers le SEL par des personnes compétentes dans le bâtiment. Finalement ce lieu est devenu ouvert plusieurs jours par semaine au grand public et cette initiative a créé 3 emplois salariés.

Quand le projet a été bien avancé, avec beaucoup d’initiatives en place les membres du groupe ont

organisé un réunion avec les autorités municipales pour leur présenter le projet et voir comment ils pouvait travailler ensemble. Avant d'assister à la réunion le groupe prépare ces propositions:-

Que la municipalité plante des arbres utiles plutôt que des arbres simplement décoratifs.

Que le groupe crée des jardins potagers et vergers dans les parcs et aussi prenne en main la gestion des espaces verts du quartier, y compris les pelouses autour des immeubles, là encore pour créer des jardins potagers et des jardins forêt.

Que le groupe prenne en charge un ou plusieurs bâtiments appartenant à la municipalité pour créer des lieux de rencontres, des ateliers, studio de répétition pour des musiciens, théâtre et salle de résidence, cuisine pour la transformation des fruits et légumes et aussi pour créer des abris temporaire pour des personnes sans logement (la cuisine servira aussi pour faire des repas pour ces personnes).

Plus généralement de travailler avec les fonctionnaires pour réduire la consommation en

dans les bureaux de la Mairie comme le

énergie, en eau et différentes choses utilisées papier.

La Mairie s’est révélée très accueillante pour les initiatives du groupe et plusieurs projets ont commencé par la suite. Malheureusement après les prochaines élections d'autres personnes ont été élues et elles étaient beaucoup moins favorables au projet. Le groupe a alors décidé de mettre plusieurs de leurs projets en pause en attendant un climat politique plus propice.

Des difficultés rencontrées par le projet

SEL. Certaines personnes ont eu des difficultés à trouver quelque chose à offrir dans le système et même à comprendre comment fonctionne le SEL. Les administrateurs ont proposé aux personnes qui maîtrisaient bien la marche du SEL d’aider les gens qui le maîtrisaient moins bien et de travailler avec eux pour trouver des biens ou des services qu'ils pouvaient proposer. Par exemple une dame de 72 ans pensait qu'elle n'avait rien à offrir dans les échanges, pourtant elle comprenait bien le système. Un peu de recherche a révélé qu'elle avait de l’espace chez elle, qu’elle aimait beaucoup les enfants et qu'elle a vécu une vie riche d’expériences intéressantes. Le groupe a installé une crèche chez elle et deux fois par semaine des enfants pouvaient aller chez elle pour jouer et écouter ses histoires.

Nous avons fait plusieurs présentations du SEL au public ; une présentation faite dans un Pub fréquenté pour la plupart par des motards genre « Hells Angels » était une expérience intéressante pour les animateurs. Les jeux qu'ils ont proposés ont eu un succès limité, mais par la suite certains d’entre eux sont venus s’impliquer dans des projets du groupe.

Système de paniers de légumes. Les personnes qui s'occupaient de cette initiative ont vite constaté que d'avoir plusieurs endroits en culture leur donnait beaucoup plus de travail. Finalement ils ont pris en main la gestion d'une petite ferme à l’abandon à 20kms du quartier. Les jardins potagers ainsi libérés en ville ont été transformés en forêt jardin. Deux des foyers mettaient une partie de leurs récoltes à vendre à prix libre sur des petits stands à l'entrée de leur jardin. Les personnes qui achetaient ces produits laissaient l'argent dans une boite en métal qui se trouvait sur le stand, pendant un an, même dans ce quartier de la ville connu pour un taux de crime et violence important, personnes n’a volé ces boites.

Gestion du groupe.

Parfois il y a avait des grandes difficultés parmi les individus du groupe. Une personne qui faisait partie d'un projet du même genre et qui habitait pas loin se proposait d'intervenir dans des situations difficiles en tant de modérateur. Un membre du projet se proposait pour offrir le même service à l'autre groupe. L'effet d'avoir quelqu'un impartial et pas impliqué dans les processus du groupe, qui assiste et guide les rencontres entre des personnes en difficulté suffit pour la plupart des cas à aider ces personnes à résoudre leurs problèmes. Parfois cette approche ne suffit pas, surtout dans les cas de rupture des couples et de temps en temps certains personnes préfèrent quitter le groupe. Pour la plupart ils partent pour rejoindre un autre groupe ou pour mettre en place leurs propres initiatives.

Chapitre 4

L'eau

Commençons par rappeler un point que peu de personnes ont conscience :

L’eau sur la planète Terre est un élément présent en quantité finie ; cela veut dire que depuis le Big Bang il n’y a eu ni création ni perte d’eau et cela durera jusqu’au big bang final :

L’eau est le cycle fermé absolu : il n’y a aucune création d’eau et toute perte d’eau est recyclée. Il est donc indispensable de protéger cet élément que nous allons utiliser et ré utiliser tout au long

planète.

La conscience que nous devrions avoir du fait que l’eau que nous allons boire a déjà servi X fois depuis la formation de notre planète et devra encore servir jusqu’à l’extinction des feux pourrait nous amener à être plus attentifs aux usages que nous en faisons !

de

la

vie

de

notre

Besoins:- Irrigation, systèmes d'aquaculture, eau potable, eaux pour usages domestiques et dans des ateliers.

Fonctions de l'eau:- La vie, production d’énergie et de la nourriture. Loisir, beauté et la création écosystèmes complexe.

Un système de gestion d'eau efficace est essentiel pour le bon fonctionnement d'un projet. La plupart des formes de vie sur terre font partie du cycle d'eau planétaire. Nos activités socio- économiques, industrielles, agricoles, domestiques, interviennent dans le cycle d'eau.

Bref rappel du cycle d'eau :

Évaporation de la mer Précipitations dans la mer. Précipitations sur la terre Évaporation. Ruissellement, ruisseaux, rivières Infiltrations Nappes phréatiques.

Source d'eau Volume d'eau (km3) Océans, mers, et baies 1,338,000,000 Calottes glacières, glaciers

Source d'eau

Volume d'eau (km3)

Océans, mers, et baies

1,338,000,000

Calottes glacières, glaciers et neiges persistantes

24,064,000

Eaux souterraines

23,400,000

Eau douce

10,530,000

Eau saline

12,870,000

Humidité dans le sol

16,500,

Pergélisol , permagel , permafrost

300,000,

Lacs

176,400,

D'eau douce

91,000,

D'eau saline

85,400,

Atmosphère

12,900,

Eau marécageuse

11,470,

Rivières

2,120,

Eau biologique

1,120,

TOTAL

1,386,000,000,

Source: Gleick, P.H. 1996: Water ressources; Encyclopedia of climate and weather. Editor: S.H Schneider, Oxford University Press, New York, volume 2

Un projet en permaculture va intervenir aussi dans le cycle d'eau terrestre mais souvent d’une manière très différente de nos systèmes actuels. Les structures de gestion d'eau que nous créons peuvent être visualisées comme la circulation sanguine et le maillage veineux, elles sont souvent très complexes.

Astuces permaculture:- Un site aura un minimum de 15% de sa surface consacrée à une forme ou autre de structure aquatique. Un lieu devrait être capable de fournir tous ses besoins en eau et de rendre propre cette eau avant qu'elle ne parte sur le terrain.

Conception Fonctions de l'eau.

La vie; la bonne gestion de l'eau sur un site permet le développement d'un écosystème plus complexe. L'eau c'est la vie.

Énergie; un bon système d'eau ressemblera d’une certaine façon au système vasculaire, la circulation de l'eau se fera autant que possible par gravité, c'est à dire que nous essaierons de stocker l'eau en amont des endroits où cette eau sera utilisée pour qu’elle puisse descendre sans pompage. Tous les éléments qui ont des besoins en eau seront connectés au circuit de micro-barrages, plans d'eau, réserves d'eau et les systèmes de recyclage de l'eau et de transport de l'eau.

La première démarche dans la conceptualisation d’un système d'eau est de faire un bilan des besoins de chaque élément du site. Nous allons trouver des démarches pour réduire nos besoins en eau et parallèlement, installer par préférence des éléments qui sont le moins gourmands possibles. Par exemple, par rapport à nos cultures nous pouvons nous poser quelques questions:

- Est que j'ai besoin d'irriguer mes cultures ou sera-t-il possible de trouver des stratégies grâce auxquelles les plantes trouveront leurs besoins en humidité du sol sans mon intervention? (Quelques réponses à cette question se trouvent dans le chapitre sur le sol).

- Les cultures ont besoin d’humidité mais aussi d'oligo-éléments : il y a-t-il un moyen d'enrichir l'eau disponible pour les cultures d’oligo-éléments produits ou recyclés dans le système?

- Sur le site il y a des zones humides (donc des endroits où la nappe-phréatique approche ou dépasse le surface du sol) ai-je besoin de les drainer ou est-ce qu’il y a des cultures adaptées à ce genre de milieu? Il faut ainsi avoir en tête que ces endroits sont souvent très propices aux plans d'eau.

Pendant l’étape « Analyse » de notre site, nous avons fait un bilan de toutes les zones humides et sèches. Les sources d'eau sont notées et nous avons des données sur la pluviométrie du lieu. L'analyse de chaque élément dans le système nous a donné aussi de l'information sur les besoins en eau de ces éléments, nos cultures, les animaux, les habitations et les activités. Les caractéristiques spécifiques à chaque élément ou activité nous indiquent aussi la qualité d'eau nécessaire à leur bon fonctionnement. Par exemple, l'eau pour la cuisine a besoin d'être plus pure que celle utilisée pour la douche. Nous avons aussi, suite à ce processus de conception, l'information de la qualité de l'eau

qui sera produite par des éléments ou activités du projet. Par exemple, une cuisine a tendance à produire une eau qui est riche en oligo-éléments, grâce à l'eau de cuisson, l'eau de la vaisselle et du nettoyage des légumes qui sont jetées dans l’évier. Il sera alors efficace de faire un flux d'eau depuis la cuisine vers des cultures.

Il y a plusieurs sources d'eau qui peuvent fournir les besoins des activités d'un projet :

précipitations, ruisseaux/rivières, des sources et la nappe phréatique.

Précipitations:-, La pluie, la neige, la grêle et la rosée du matin. La pluie est très souvent la plus grande source d'eau

par précipitation, suivie par la neige, il y a même des endroits sur Terre où c’est la rosée qui fournit l’essentiel des disponibilités en eau. Par exemple la précipitation annuelle moyenne en Gran Canaries est de 134 mm, par comparaison celle de Marseille est de 554,6 mm ! Si nous examinons la qualité de l'eau de pluie nous trouvons qu'elle est bien adaptée pour une

utilisation

Par contre, il faudra une légère filtration pour les douches et bien filtrer les eaux de la cuisine.

cultures.

directe

dans

les

Exercice pratique

La fabrication d'un pluviomètre est assez simple. Découpez soigneusement la partie haute d’une bouteille d'eau transparente, à fond plat. Retournez la partie haute et reposez la dans la bouteille d'eau pour créer "un entonnoir". Faire des traits sur la côté avec un marqueur, pour indiquer chaque millimètre. Fixer le pluviomètre sur un poteau afin que la surface du bord soit entre 0.5 et 2 mètres du sol. La distance entre le pluviomètre et un obstacle comme un bâtiment, des arbres ou une haie devrait être plus que quatre fois la hauteur de cet obstacle. Dans les zones où il y aura beaucoup d’évaporation mettez quelques gouttes d'huile dans le collecteur, ça fera un film sur la surface qui limitera beaucoup l'évaporation. Il faut prendre des résultats régulièrement, noter la hauteur atteinte sur le cylindre pour connaître la quantité de pluie tombée, par exemple chaque semaine. Ces chiffres seront en millimètres et pourront être convertis en litres par mètre carré.

L'eau qui arrive sur le site par des rivière ou ruisseaux devra être analysée pour

L'eau qui arrive sur le site par des rivière ou ruisseaux devra être analysée pour son contenu de produits chimiques et azote. Cette eau ne devrait pas être bue directement sans traitements, il suffit qu'un animal meure et tombe dans la rivière en amont du site pour que l'eau soit contaminée. Généralement si sa charge de produits chimiques est minimale cette eau est bonne pour les cultures. Pour les habitations elle devrait être très bien filtrée ou même pasteurisée.

La production par l'eau d'électricité ou de la force motrice demande un bilan du débit de la rivière ou ruisseau et de le refaire à plusieurs reprises pendant l'année car le débit peut être très différent selon la saison. Une pompe bélier* peut pomper de l'eau s'il y a un flux d'eau suffisant. Une estimation du débit d'un cours d'eau peut être faite suivant l'approche expliquée dans le sous- chapitre sur l’hydro-électricité

Les sources Il y a de l'eau de pluie qui s'infiltre dans le sol, la

Les sources Il y a de l'eau de pluie qui s'infiltre dans le sol, la plupart de cette eau va commencer un mouvement dans le sol qui va suivre plus ou moins le contour du paysage. Il y a parfois des zones imperméables dans le sol qui à un moment donné approchent la surface donc l'eau est transportée aussi vers la surface et là où il y a des failles une source se formera. Si le site du projet est relativement haut dans le paysage, il y a peu de choses qui peuvent contaminer l'eau qui arrive en amont dans la nappe-phréatique, l'eau qui sort d'une source peut être de très bonne qualité. Nous ferons une estimation du débit de chaque source comme expliqué ci- dessous.

Nous utilisons la nappe-phréatique par la construction d'un puits ou par un forage. C'est bien de se rappeler que l'eau dans la nappe phréatique est en mouvement donc comme pour les rivières et les sources, l'eau peut-être contaminée.

Stratégies pour la gestion de l'eau.

La construction de certaines des structures expliquée ci-dessous demande de bonnes connaissances techniques et de l'expérience ; il ne faut donc pas hésiter à demander des avis d’experts.

Exercice pratique

Comment trouver une courbe de niveau. Nous nous servons des courbes de niveau pour plusieurs stratégies de gestion de l'eau. Une courbe de niveau est une ligne qui connecte des points qui sont tous à la même altitude. Nous nous servirons de deux outils principaux qui peuvent être fabriqués chez soi, Un niveau laser est l'outil le mieux adapté sinon on peut utiliser une fermette à niveau ou un niveau à eau.

La fabrication d'une fermette à niveau est expliquée dans le chapitre sur la conception.

application

On plante un piquet dans le sol pour indiquer le début de la future courbe de niveau

On place un pied de la fermette à côté du piquet

Tout en gardant le premier pied bien en place on monte et on descend l'autre pied sur la pente afin que le plomb soit aligné avec le trait sur la latte horizontale.

On plante un autre piquet là où se trouve le deuxième pied.

On faire pivoter la fermette en gardant le deuxième pied bien en place

On refait les étapes 3,4 et 5 afin de tracer une ligne avec les piquets. Cette ligne est une des courbes de niveau de cette pente.

Une description du niveau à eau se trouve dans le chapitre sur la conception.

50
50

L'utilisation de cet outil est en gros comme pour la fermette à plomb. Il faut deux opérateurs qui communiquent entre eux les niveaux d'eau dans les tubes respectifs, celui qui n'est pas au point d'origine de la courbe va déplacer sa latte pour que les deux niveaux soient identiques. Quand un opérateur se déplace pour commencer à trouver le prochain point sur la courbe il faut que les tubes soit fermés pour empêcher un éventuel débordement de l'eau.

Accumulation de l'eau dans le sol pour mes cultures. La quantité d'eau retenue en forme d'humidité dans les sols est estimée à 16,500 Km3 avec un temps de résidence d'entre 1 et 2 mois selon le type du sol. Pour les systèmes permacoles, le sol est considéré comme le lieu de « stockage » d'eau le plus important. Par la suite je vais discuter plusieurs approches pour augmenter l'infiltration de l'eau dans le sol et ainsi réduire le ruissellement

Exercice pratique

Test pour le niveau de la nappe phréatique

Creusez un trou pendant une saison sèche, essayez de ne pas compacter le sol au fond ni sur les côtés. Un trou de 1m et entre 10 et 20cms le large suffira.

Attendre au moins 24 heures et si le trou se remplit d'eau, la nappe phréatique à cet endroit est près de la surface. Dans ce cas, la construction des sillons isoplèthes ou des baissières est contre-indiquée.

Sillons isoplèthes (d'altitude) Le ruissellement de l'eau descend les pentes ; un sillon qui suit une courbe de niveau (isoplèthe d'altitude) va intercepter l'eau et la faire pénétrer dans le sol. La stratégie est de créer de nombreux sillons isoplèthes le long de la pente. Les sillons sont créés par une sorte de charrue qu’on appelle une sous-soleuse. Il est possible de se servir de chisels (un outil utilisé en agriculture pour le de- compactage d'un sol)* mais il y a des outils développés en Australie, mieux adaptés. L'objectif est de créer des sillons très nets, sans faire remonter des blocs de terre et avec un minimum de bouleversement de la surface. Ce travail se fait quand le sol est humide mais pas saturé, par exemple en fin d'hiver ou au printemps. Une démarche possible est de faire des sillons au printemps à 10cm de profondeur. Il faut ensuite refaire le travail à la fin de l’hiver à 20cm. Quand il y a une bonne croissance de l'herbe, les animaux peuvent y paître. Sinon, on laisse les plantes monter en fleur et on les coupe. La masse racinaire est plus importante en période de floraison, beaucoup des racines vont mourir et se décomposer. Les sillons augment la perméabilité du sol, pour l’eau comme pour l’air. La température du sol remonte plus rapidement au printemps par l’activité biologique et aussi grâce aux tunnels d'air dans les sillons. La création d’humus est plus rapide et la capacité du sol à retenir l'eau est augmentée. Cette pratique fait aussi partie des approches de réhabilitation du sol.

Pour les surfaces moins grandes, il y a d'autres techniques. La perméabilité du sol peut être améliorée en l'ouvrant avec une grelinette (une fourche avec deux manches et entre 3 et 5 dents, inventée par M. Grelin), l'idée étant de ne pas retourner la terre mais seulement de la rendre plus meuble. Comme avec les sillons isoplèthes cette technique permet aux plantes de développer un enracinement profond. Certaines plantes jouent ce rôle là aussi. Nous allons choisir des plantes annuelles qui ont des racines pivot importantes comme le Daikon (Raphanus sativus var. Longipinnatus). Les plantes peuvent être coupées ou mangées. Les racines elles, sont laissées dans le sol et vont se décomposer

sur place, ce qui augmentera la perméabilité du sol.

Plates bandes isoplèthes. Il s’agit de créer des plates-bandes et leurs sentiers correspondants qui suivront les courbes de niveau. Les sentiers, qui sont creusés, permettent l'infiltration d'eau dans le sol. Si par contre nous créons des sentiers qui ont une pente la pluie va ruisseler dans le sens de la pente et créer de l'érosion.

Baissière (swale) En gros c’est un fossé avec un fond perméable qui va suivre une courbe de niveau, sa fonction étant le rechargement de la nappe phréatique. Elle se compose d'un fossé et d’une butte.

Elle se compose d'un fossé et d’une butte. La construction est simple:- Nous commençons par trouver

La construction est simple:-

Nous commençons par trouver les endroits où une baissière nous sera utile. Il y a quelques questions à se poser:-

Est que c'est que le sol bénéficiera d'une augmentation de son humidité?

Permet-il une amélioration significative du sol pour un minimum de travail?

Sera-t-il possible de se servir de la baissière et de sa butte pour autre chose?

Est-ce qu'on peut construire une baissière dans cet endroit sans qu’elle devienne un danger pour le site lui même ou pour les individus circulant sur le lieu?

Avant qu'une décision ne soit prise sur un emplacement, il y a une autre considération très importante : il faut que la baissière soit équipée d'un trop-plein (un point dans la structure où l'eau peut déborder dans une manière contrôlée)*. Idéalement le trop-plein sera situé là où l'eau pourra déborder et couler sur le terrain, dans un endroit qui a une pente inférieure à 1:250. Ainsi il n'y aura pas de dégâts créés par le mouvement d'eau en cas de fortes précipitations. C'est possible aussi que l'eau qui déborde coule dans une autre baissière ou un plan d'eau, qui auront leurs propres trop- plein. Le niveau du trop-plein est 20cms plus bas que le dessous de la butte et d'environ 2m de large, si la longueur de la baissière dépasse 50m c'est mieux d'avoir deux trop-pleins, un à chaque bout de la butte. Le trop-plein est fait avec des matériaux qui peuvent résister au ruissellement, par

exemple

pierre.

en

Les baissières ont une grande variété de dimensions, d’1 mètre de large pour le fossé jusqu'à plusieurs mètres Les dimensions d'une baissière dépendent des critères suivants:-

Une baissière sur un sol argileux sera plus profonde que sur un sol plus perméable comme un sol sableux. La profondeur donne plus de temps à l'eau pour infiltrer un sol moins perméable. Par ailleurs, l’évaporation de l'eau est aussi réduite.

Une baissière peut être vue comme une gouttière, il y a des calculs très précis que nous pouvons faire mais le suivant donne des résultats assez probants pour la plupart des projets.

Estimation d’une quantité d'eau depuis un champ:- Quantité d'eau m3 = pluviométrie (mm/semaine) * surface (m2) * coefficient (% de l'eau qui ruisselle).

Estimation du coefficient

Pente

Bon perméabilité granulométrie grosse

Perméabilité

moyen

Perméabilité lente

Perméabilité pauvre fort en argile

mélange

de

granulométrie fine

 

granulométrie

 

0-1%

0,049 – 0,09

0,07 – 0,12

0,11 – 0,16

0,15 – 0,20

2-6%

0,09 – 0,14

0,12 – 0,17

0,16 – 0,21

0,20 – 0,25

+6%

0,13 – 0,18

0,18 – 0,24

0,23 – 0,31

0,28 – 0,38

Source : storm drainage design manual, Eerie and Niagra counties regional planning board.

Il nous faut un demi cylindre (la baissière) qui peut accueillir cette quantité d'eau Le volume contenu par un demi cylindre peut être calculé ainsi πr2h/2

Exemple Paris:- la pluie la plus forte pendant une période de 5 ans = 43mm (par m2) et pour un terrain de 100*100 m et 80% de la pluie sera infiltrée. 43mm * (100m * 100m) * 0,2 = 43 * 10,000 (1Ha) * 0,2 = 4300 m3 d'eau en 24hrs. Donc 2 baissières devront avoir une taille de 12m de largeur * 100m * 3m de profondeur (soit une

capacité d'environ 2211m2 chaque)

3 baissières devront avoir une taille de 9m * 100m * 2,5m (soit une capacité d'environ 1442m3 chaque)

4 baissières devront avoir une taille de 6m * 100m * 2,5m (soit une capacité d'environ 1075m3 chaque)

Dans ces calculs il y a deux marges de sécurité :

Nous avions pris en considération un orage avec une très forte pluie (pour Paris le mois de mai est généralement le plus pluvieux et c'est en moyenne 63,6mm). La baissière ne sera pas étanche mais perméable. L'eau qui y coule s’infiltra dans le sol. Des marges de sécurité et le trop-plein sont essentiels car si l'eau déborde de la baissière, la butte sera détruite. La terre de la butte sera perdue et il faudra tout reconstruire.

Construction d'une baissière La courbe de niveau est indiquée par des piquets, un fossé est creusé, soit avec un tractopelle soit avec des pelles. La profondeur du fossé est uniforme sur sa longueur. La terre creusée est posée à côté du bord le plus bas du fossé pour former une butte. Nous pouvons augmenter la perméabilité du fond du fossé en ouvrant le sol avec une grelinette. La butte sera mulchée*(le mulchage est expliqué dans le chapitre Sol et plantée avec des arbres qui donneront de l'ombre sur le fossé de la baissière. Le champ après la baissière est planté lui aussi avec des arbres et arbustes ou bien cultivé. Croissant Même une pierre ou un morceau de bois posé sur une pente va réduire localement la vitesse de ruissellement de l'eau. Un croissant est une muraille courbée. Il peut être construit avec des pierres ou des branches tressées. Quand l'emplacement est déterminé, il faut commencer par ouvrir le sol avec une fourche pour le rendre plus perméable. Par la suite construisons la muraille. La taille est souvent autour de 2m entre les deux pointes et ça monte à entre 50 et 80cm pour la partie la plus haute. Un arbre (ou arbuste) est planté au milieu du croissant. Le sol est couvert d’une couche épaisse de mulch. Normalement il y aura nombreux croissants tout le long de la pente. La distance entre eux dépend du diamètre du houppier de la plante à maturité. Par exemple l'arbre aura un diamètre houppier de 5m = un rayon de 2,5m, avec une marge d'environ 0,50m entre les branches de cet arbre et son voisin il faut une distance d'au moins 5,50m entre les croissants.

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0,50m entre les branches de cet arbre et son voisin il faut une distance d'au moins

Gabions

Gabions Un gabion est un casier, souvent en métal qui est rempli de pierres. Nous pouvons

Un gabion est un casier, souvent en métal qui est rempli de pierres. Nous pouvons créer une barrière perméable avec une muraille faite des gabions. Comme avec une baissière ou un croissant, cette muraille va réduire la vitesse de ruissellement, aider à l'infiltration d'eau et ainsi augmenter la fertilité du sol par sédimentation, l'eau de ruissellement devient chargée en matière organique. La

capacité de l'eau à transporter des matériaux est fonction de sa quantité et de sa vélocité ; quand l'eau rencontre un obstacle sa vitesse est réduite ce qui réduit aussi sa capacité d’érosion. Une partie de la matière transportée par l'eau sera alors déposée derrière l'obstacle

.

Stockage d'eau.

Voici maintenant une présentation des structures dédiées au stockage de l’eau en surface.

Plan d'eau Nous trouvons dans des fermes des bassins de récupération d'eau. Ils sont souvent de forme carrée et dimensionnés par rapport aux besoins du lieu et au budget du projet. Pour la plupart ils sont équipés d’une pompe qui va envoyer l'eau dans un système d'irrigation. Cette forme de bassin se trouve rarement dans un système permacole où nous cherchons à avoir plusieurs fonctions pour chaque élément.

Avant toute construction, voici quelques questions à se poser :

Est-ce que le plan d'eau peut remplir d'autres fonctions et lesquelles?

Ou se trouve le meilleur emplacement du plan d'eau pour réduire notre travail, réduire les besoins en énergie (par exemple éviter le besoin du pompage) et remplir des besoins d'autres éléments du système. Nous prendrons en compte aussi le côté esthétique et la sécurité des habitants et visiteurs du lieu.

Quelle forme de bassin pour un meilleur rendement?

Le plan d'eau peut être une réserve d'eau pour l'irrigation des plantes. Dans ce cas de figure, il est bon que le plan d'eau soit à côté et si possible, plus haut que les plates bandes ou que les champs de cultures. Il y a parfois même la possibilité dans certaines situations de mettre les plates bandes dans le plan d'eau. Les plantes aquatiques peuvent servir comme apport d'engrais pour les cultures, par exemple l’azolla sp a la capacité de fixer l'azote. Ces plantes peuvent être mises dans un compost ou posées directement sur les plates bandes, sous forme de mulchage. Une surface d'eau a un albédo (mesure de la réflectivité d'une surface) assez élevé, c'est un peu comme un miroir, un bon positionnement du plan d'eau permettra un apport plus important de lumière vers les plantes. Cette augmentation de la lumière peut aider à prolonger la saison des cultures ou aider à la croissance des plantes durant l'hiver. Une masse d'eau est aussi une masse thermique, près des cultures, elle va créer un micro-climat, avec un effet tampon sur les changements de température aux alentours.

Exemple Une serre passive-solaire est une structure qui a des éléments capables de stocker la

Exemple Une serre passive-solaire est une structure qui a des éléments capables de stocker la chaleur du soleil pour la retransmettre pendant la nuit. Une masse d'eau a une très bonne capacité calorifique et de simples bidons d'eau installés dans la serre peuvent la chauffer pendant la nuit. Durant la journée, ces mêmes bidons vont nous aider à mitiger la température de la serre quand il fait trop chaud.

Climat

Quantité (Ltrs * M2 de la surface de la serre qui est face au soleil)

Froid

110

Tempéré

90

Méditerranéen

70

Marcus McCabe, permaculteur Irlandais, a créé des plans d'eau dans sa serre avec des vieux pneus remplis de terre pour les murs et une bâche à l'intérieur pour l’étanchéité. Des plantes sont cultivées dans le sol et aussi en pots sur des palettes qui sont posées sur les plans d'eau. Un apport de fiente dans l'eau la rend très fertile et il y a une bonne production d'Azolla qui par la suite sert comme mulch pour les plates bandes. C'est aussi possible d’avoir une production de poissons dans ces bacs d'eau.

Aquaculture Les différents types d'aquaculture d'eau douce

La pisciculture, c’est-à-dire l'élevage de poissons, l'astaciculture, élevage des écrevisses, et la pénéiculture (élevage de crevettes de mer et de crevettes d'eau douce). Il y a aussi des variétés de plantes aquatiques qui sont comestibles ou qui ont d'autres utilités.

La nature. Les plans d'eau sont des ressources importantes pour beaucoup d'espèces. La forme de construction des plans d'eau sera très souvent adaptée aux besoins des animaux et insectes. Les abeilles mellifères se serviront du plan d'eau comme abreuvoir, les canards comme protection, ils mangeront aussi certaines des plantes aquatiques. Les grenouilles et crapauds qui y trouveront un lieu de vie. Ces derniers mangent les limaces et escargots et peuvent ainsi aider à protéger nos cultures.

Protection d'incendie Intégré avec un système de dispersion l'eau stockée dans les plans d'eau et micro-barrages est une ressource pour protéger un lieu contre les incendies. Pour les endroits qui sont dans une zone risque, la conception du lieu sera en partie faite pour réduire ce risque.

Incendie Un incendie est poussé par le vent, il peut monter des pentes très rapidement. Des braises transportées par le vent peuvent transporter le feu à travers des routes et des barrages anti- incendie. Même quand ça semble éteint ça continue parfois en sous-terrain dans les racines et les matières organiques dans le sol. Les plantations dans les secteurs feu seront des arbres ou autres plantes qui sont peu inflammables, donc qui contiennent beaucoup d'eau, les figuiers de barbarie et les pommiers par exemple. Des plans d'eau dans ce secteur protègent aussi, d'abord par leur simple présence mais aussi l'eau qu'ils contiennent peut être versée dans le secteur pour tremper le terrain. Un chemin en terre battue servira comme barrière contre l’incendie et l'eau d'un micro-barrage ou d’un plan d'eau peut être libérée pour couler sur le chemin.

Autour de la maison il y aura une zone protectrice où il n'y a rien qui peut prendre feu facilement, l'eau dans un plan d'eau plus haut que la maison peut être libérée pour éteindre un feu mais aussi pour tremper le terrain tout autour de la maison et la maison elle même. S'il y a des pentes importantes derrière les habitations elles seront aussi plantées avec des arbres et des plantes qui ne brûlent pas facilement. Si une pente perd sa couverture d'arbres et que par la suite le sol de cette pente est saturé d'eau- par exemple après un orage- il peut avoir un éboulement de la pente.

Construction La forme d'un plan d'eau idéale pour une permaculture aura différentes possibilités de profondeurs. Il n'y a pas une profondeur maximum en général, par contre le plus que l'eau est profonde le moins il y a de la productivité, surtout à cause d'une manque de lumière. Mais une profondeur d'environ 2m aura un effet tampon sur des variations en température saisonnière, dans les endroits où la surface de l'eau va geler les profondeurs sont aussi une réserve d'oxygène et un sanctuaire.

Par préférence les plans d'eau ont un périmètre irrégulier.

La taille du plan d'eau sera adaptée à la situation et à l’utilisation qui en sera faite. Il peut avoir la taille d'un évier ou bien couvrir 10ha ou plus encore.

Trouver la meilleure situation pour un plan d'eau est une phase très importante.

La construction sera moins chère et moins compliquée si la topographie est relativement plate. L’idéal étant de construire un bassin qui contienne la plus grande quantité d'eau pour

un minimum de terrassement.

Une source d'eau adéquate pour le bon fonctionnement du bassin, le plan d'eau peut être connecté à un système de baissières, drains et alimenté par le ruissellement d'eau sur un chemin.

Une situation propice à toutes les fonctions du plan d'eau et toutes les interconnexions qui seront mises en place.

Phase 1

Un test du sol pour trouver son pourcentage d'argile est donné dans le chapitre sur le sol. Si il y a 40% ou plus d'argile le bassin peut être rendu étanche sans besoin d'autre chose. Par contre si le sol a 40% d'argile mais que cette argile contient des pierres il sera nécessaire de les enlever pour faire une couche d'argile d'une épaisseur minimum de 20cm. Parfois une excavation peut révéler une couche d'argile cuite, suite à une incendie, il faut sortir cette couche et la remplacer avec de l'argile fraîche. La couche d'argile sera compactée soit par un compacteur vibratoire, soit travaillée avec les pieds ou par des animaux (par exemple des cochons)

Si le sol ne contient pas assez d'argile il y a d'autres techniques pour rendre le bassin étanche.

4. Il est possible d'acheter de l'argile pour faire la couche d'étanchéité. Il y a des fournisseurs qui vendent des pavés d'argile qui sont posés serrés et par la suite travaillés comme expliqué déjà.

5. La bentonite est une forme d'argile qui est vendue pour étanchéifier les bassins. En forme de poudre on peut la mélanger avec de la terre : 5 ou 6 % argile par rapport au poids de terre. Une autre façon de faire c'est de poser une couche de bentonite d'un minimum de 15cm. Dans les deux cas la couche est par la suite humidifiée d’une manière uniforme et par la suite compactée.

6. On utilisant des pierres non-poreuses nous pouvons les poser comme une mosaïque au fond du plan d'eau, aussi rapprochées que possible. Quand le bassin est rempli d'eau un sédiment va se former entre les pierres qui augmentera l'étanchéité de la couche. Il est possible de remplir les interstices avec de la bentonite pour une étanchéité plus rapide et plus sûre.

7. Il y a également une variété de bâches (géomembranes) qui sont disponibles.Elles sont faites avec du polypropylène, du PVC ou un caoutchouc artificiel (Polyisobutylène). Ces

produits ont des conséquences environnementales négatives dans leur production et à le fin de leur vie qui est souvent d'un maximum d'entre 15 et 20 ans.

8. Elles ont besoin aussi de 2 couches protectrices d'un géotextile (un tissu très résistant fait à bases de composants synthétiques). La technique est simple, il suffit de couvrir la surface du fond du bassin avec une première couche de géotextile sur laquelle est posé la géomembrane et une deuxième couche de géotextile est posée dessus. Toutes les bâches sont suffisamment grandes pour qu'elles dépassent les bords du bassin de 50cm, la partie visible étant couverte avec du végétal ou des pierres.

Phase deux La situation du bassin étant décidée, ses dimensions seront indiquées sur le terrain par des piquets. La terre est excavée et posée pour créer une butte horizontale autour du bassin. La butte aura une pente de 2:1 du côté bassin et 3:1 en aval ; elle sera compactée. Pendant ce processus les tuyaux pour l'évacuation de l'eau et le trop plein sont mis en place. Le trop-plein peut être fait aussi en laissant une partie plus basse dans la butte.

Phase trois L'étanchéité est faite suivant une des procédures exposées précédemment et le bassin va se remplir d'eau. Quand le plan d'eau est plein les plantes aquatiques peuvent être installées ainsi que des poissons soit pour la pisciculture soit simplement pour qu’ils mangent les larves de moustiques. Des arbres plantés autour du bassin peuvent donner de l'ombre et ainsi réduire l'évaporation, une couverture de plantes aquatiques n'ayant pas le même effet parce qu'ils transpirent. Un treillis qui couvre le bassin et sur lequel poussent des vignes peut aussi réduire la perte de l'eau par évaporation. Dans certains cas extrêmes un film d’huile végétale peut avoir le même effet. La butte sera végétalisée aussi rapidement que possible pour qu'elle ne soit pas érodée par la pluie.

C'est bien que le bétail ne vienne pas boire dans le plan d'eau qui serait vite abimé par les sabots et Sali par les bouses. Il vaut mieux installer un abreuvoir en aval du bassin ; il sera rempli automatiquement par l'eau du bassin.

Micro-barrages Dans certaines situations il est possible de construire un barrage pour créer une réserve d'eau. Il sera construit en travers d’une source donnant de l'eau, par exemple un ruisseau ou en creusant un bassin de récupération derrière un barrage. L'eau pour ce genre de barrage vient du ruissellement, des chemins et des toits. Le processus suivant explique comment construire un micro-barrage ; toute construction de cet ordre devra être faite sous la conduite d'une personne expérimentée pour ce type de construction.

Comme nous voulons un minimum de perte par évaporation, il faudra prévoir moins de surface et plus de profondeur.

Estimation de la hauteur du barrage Plus le barrage sera haut et plus il y aura de retenue d'eau derrière.

L'approche la plus simple pour trouver la hauteur du barrage adaptée au projet c'est de calculer les besoins en eau.

5. Estimation de la demande totale que devra couvrir la réserve ( D litres par jour)

6. Estimation de la surface couverte par la réserve d'eau (S m2)

7. Estimation de la perte de l'eau par évaporation (E mm par jour) * par la surface pour calculer la perte total (S*E litres par jour)

8.

Estimation de la période où l'entrée d'eau est inférieure à la demande et aux pertes (J jours)

9. Estimation du débit d'entrée d'eau (Q) pendent la période J

10. Estimation du volume de stockage (V) requis:- S = (D+S*E - Q)*J

Dans le cas d’un barrage qui a une hauteur maximum de 3m, avec un trop plein d’une hauteur de 2.50m il faut une hauteur d'eau derrière le barrage en moyenne de 2m, selon le calcul précédent, soit en général : hauteur du barrage = hauteur du surface de l'eau + 1m

Pour un barrage qui va par exemple traverser une vallée sa capacité peut être calculée en considérant le réservoir comme une pyramide dont la base serait la surface de l'eau Capacité (C) = (Surface * Profondeur de barrage)/3 Il faut aller sur l'endroit proposé pour le barrage pour mesurer la combinaison idéale entre la surface de l'eau et la hauteur du barrage pour stocker assez d'eau pour les besoins du site.

Pour un barrage avec bassin, nous pouvons décider que la hauteur du barrage sera de 3m et ensuite calculer la surface du bassin pour avoir la réserve d'eau nécessaire. NB : Même avec un bon compactage pendant la construction il y aura forcément une réduction de la hauteur du barrage, entre 5 à 10%, il faut donc sur-dimensionner le barrage de 10%.

Dans le cas d'un barrage dans une vallée il faut que le site soit imperméable autant possible, une pente douce en amont du barrage permet une grande réserve d'eau par rapport à hauteur du barrage. C'est possible d'avoir un barrage moins large si une partie de la vallée est étroite.

Quand le site du barrage a été établi, il faut faire une analyse du sol pour trouver la quantité d'argile qu'il contient, donc comme pour un plan d'eau il faut un minimum de 40%. Si le pourcentage est moins il faut trouver de l'argile ailleurs pour faire des couches d'étanchéité. Les couches de végétation et d'humus seront enlevées et utilisées ailleurs. Les ruisseau seront déviés et le travail de construction sera fait pendent une saison sèche.

Pour un barrage avec une hauteur de 3m La position du barrage (avec bassin si c'est le cas), est indiquée par des piquets.

Le côté « eau » du barrage aura une pente de 3:1 et l'autre de 2.5:1.

Entre les deux il y aura une surface plate de 3m de large.

Le barrage aura un « tenon » de terre imperméable qui s'enfonce dans le sol jusqu'à ce qu’il soit en contact avec un sous-sol imperméable.

Ce tenon aura une largeur au fond de 2.5m.

Le barrage sera construit avec des matériaux disponibles sur le site et il faut se servir des formes du sol le moins perméable possible.

L'intérieur du barrage est fait de matériaux très imperméables, l'extérieur pouvant être fait avec d'autres types de matériaux moins imperméables.

La zone la plus touchée par l'eau est souvent protégée par des pierres ou autres de façon à pouvoir résister à l'action des vagues.

Une tranchée sera creusée jusqu'au sous-sol imperméable et ensuite la construction du barrage se fera par couches, chaque couche devant être bien compactée avant la pose de la prochaine.

Si nécessaire, une couche d'étanchéité avec de l’argile sera faite comme cela a été expliqué précédemment pour les plans d'eau. Quand tout est fini et que tout est bien compacté le barrage sera semé avec des variétés d'herbes résistantes pour le protéger, le trop-plein étant lui aussi fait comme pour un plan d'eau.

Maison

La gestion de l'eau du domicile est l'aspect le plus technique parce que d’une part nous voulons de l'eau chaude et que d’autre part c'est ici que l'eau va devenir la plus sale (chargée d'oligo-éléments entre autre choses).

Il y a trois aspects importants :

- l'alimentation en eau pour les différentes activités,

- la production d'eau chaude, cet aspect étant traité dans le chapitre Bâtiment,

- le traitement de l'eau chargée (eaux grises).

La conception de tout qui concerne l'eau du domicile commence en faisant un bilan des besoins. Il faut savoir le nombre de consommateurs d'eau chaque jour. La meilleur manière de faire cette partie du bilan c'est avec un tableur : il y aura des gens qui habitent le lieu d’une manière

permanente et des visiteurs. Ces visiteurs créent une demande irrégulière sur le système ; il faut donc qu'il y ait une stratégie de stockage capable de satisfaire leurs besoins et aussi d'absorber leurs déchets. Par exemple si un lieu organise des cours qui reçoivent 20 personnes pendant une semaine et s’il y

a

5 personnes qui habitent le lieu à plein temps la demande pendant chaque cours est multipliée par

4.

Par la suite nous ferons un bilan de tous les éléments qui consomment de l'eau, de combien ils ont besoin pour chaque utilisation et combien de fois ils sont en fonctionnement.

Ces bilans vont nous donner des estimations sur la quantité d'eau qu’il fadra fournir par jour.

La deuxième partie est de faire un bilan des sources d'eau et sa qualité.

L'eau de pluie d'un toit:- en gros le même calcul comme pour un plan d'eau et le ruissellement : pluviométrie X par surface du toit X par un coefficient de perte : depuis un toit en zinc il y aura autour de 90% de l'eau récupérable ; d'un toit en chaume autour de 20%, en toit en ardoises ou tuiles environ 80%.

La pluie n'étant pas la seule chose qui tombe sur un toit il faut alors un système qui permette que les 5 premières minutes soient versées vers le stockage d'eau d'irrigation ; après le reste sera filtré et stocké au froid et au noir pour les habitations.

L'eau d'une source ou d’un puits devra bénéficier d’une analyse chimique pour savoir si elles sont potables ou si elles ont besoin d'un filtrage.

Dans les deux cas, le débit devra être calculé en validant aussi ses changements au cours des saisons : s'il y a très peu de débit pendant les périodes sèches il faudra prévoir de stocker pendant la saison des pluies.

L'eau disponible depuis les plans d'eau et micro-barrages.

Dans certains cas il y aura aussi la possibilité de nettoyer l'eau grise suffisamment pour qu'elle puisse resservir pour certains besoins domestiques. Par exemple l'eau issue d'un bon traitement par phyto-épuration peut servir pour les douches, machine à laver etc. Donc pour

le bilan nous pouvons aussi prendre en compte cette quantité d'eau.

Les calculs peuvent devenir assez compliqués et il faudra les organiser sur un tableau pour rendre ce travail plus facile et plus fiable. En gros il faut connaître la quantité d'eau nécessaire au bon fonctionnement des habitations par jour et la quantité d'eau disponible depuis les différentes sources et cela jour par jour. Ces chiffres nous indiqueront la quantité de l'eau il faut stocker et donc le volume des cuves, micro-barrages, plans d'eau etc.

Alimenter les habitations avec de l'eau n’est qu’une partie du flux d'eau domestique parce qu’ après son utilisation beaucoup de cette eau sortira de la maison et il faudra qu’elle devienne une ressource pour autre chose dans le projet. Nous devons analyser chaque utilisation dans les habitations.

Exemple d'une machine à laver. Ces machines pour la plupart ont besoin d'eau et de l'eau chaude ; elles consomment en général 35 litres d'eau par kilogramme de linge donc dans les meilleurs des cas autours de 50 l par lavage. Depuis 1990 il y a en moyenne quatre utilisations d'une machine par semaine (Waterwise). L'eau pour le cycle de lavage est chauffée par une résistance électrique, une machine standard pouvant consommer 0,54KWh/cycle. L'eau qui sort de la machine est chargée avec détergents et des fibres. Si la machine consomme 50l par lavage la plus grande partie de cette eau va ressortir et donc il y aura une décharge de presque la même quantité.

En France il n’y a majoritairement qu'une entrée d'eau (ce qui n'est pas le cas dans certains pays) ; avec aussi la possibilité d'un cycle de lavage à froid. Il y a un besoin d'eau chaude pour le lavage et d'eau froide pour le rinçage. Les machines sont dotées d'une pompe pour évacuer les eaux usées.

Des expériences ont montré que la consommation en électricité peut être réduite de 0,54KWh/cycle à 0,09KWh/cycle si la machine est alimentée directement en eau chaude, l'eau n'étant pas chauffée par la résistance interne.

Partant de là, l’installation et l’utilisation d'une machine à laver pourrai se faire ainsi:

La machine est alimentée en eau chaude et la température est règle par un mitigeur qui n'a qu'une sortie branchée à l'entrée unique de la machine. Le lavage est fait en utilisant le programme 'lavage à froid', quand le lavage est fini le rinçage peut être fait avec de l'eau froide en règlant le mitigeur à froid.

L'eau qui sort est sous pression grâce à la pompe de la machine, c'est donc possible de se servir de cette pression pour amener l'eau dans un système d'irrigation si le lavage est fait avec des produits naturels et facilement bio-dégradables. Par contre comme l'eau est chaude est arrive dans des grands quantités comme des pulsation, c'est aussi chargé en fibre qui bouchera rapidement les tuyaux d'irrigation. Le solution est d'installer une cuve tampon, l'eau arrive le dedans directement de la machine et en passent à travers une filtre l'eau peut passer dans une système de tuyaux d'irrigation, où l'eau sort sera couvert de mulchage.

NB. Si la cuve est plus haut que la machine à laver il faut installer une vanne de non-retour dans le tuyau sinon l'eau va redescendre pour remplir la machine.

Cette forme d'analyse nous est utile pour tous les éléments et activités dans une maison ; elle nous

aide à bien couvrir tous les besoins et à trouver une utilisation pour les produits.

A la fin du processus d'évaluation nous aurons les éléments suivants:

Des bilans sur les

fonctionnements.

besoins en eau en quantité et en qualité nécessaires aux divers

Des décisions à prendre pour les stratégies et structures d'infiltration, de stockage et de nettoyage des eaux.

Une stratégie pour intégrer ces systèmes et pour les connecter avec les autres éléments et fonctionnements du site.

Les décisions à prendre pour que chacune des structures puisse servir à plusieurs fonctions.

Chapitre 5

Le Sol

Besoins:- Un sol fertile, bien structuré, renouvelé et productif, des cycles de naissance, vie, mort et décomposition, des systèmes de production qui donneront de bons rendements pour un minimum de travail, qui travaille avec les processus naturels et non pas contre eux.

Fonctions:- Production de la nourriture, du pâturage et du bois. Stockage d'eau et de carbone. Habitat de la pédoflore et de la pédofaune. La base du système de production de nourriture. Ressource pour certaines formes de construction.

Il y a des approches pour la production de la nourriture qui sont souvent considérées d'être 'LA permaculture', le jardinage sur butte par exemple. Mais comme nous l’avons déjà expliqué il n'y a pas une technique ou une approche qui s'adapte à toutes les conditions que nous pouvons rencontrer. Ainsi, il y a des situations où le jardinage sur butte sera une bonne stratégie mais il y a aussi beaucoup de lieux et de conditions où cette approche sera contre-indiquée. Parfois nous devrons jardiner plutôt dans des creux et pas sur des buttes. L'objectif de ce livre est de présenter l'approche et la façon de penser que nous avons en permaculture ; c’est ce qui va nous aider à bien choisir la meilleure approche pour notre lieu. Mais d’abord il faut comprendre certaines choses sur la vie du sol.

Le sol

La formation d'un sol commence avec la dégradation de la roche mère par l'action de l'eau, du vent, de la vie. Dans certains climats et dans certaines situations cette matière minérale sera mélangée avec de la matière organique issue des communautés de plus en plus complexes de la flore et de la faune : leur vie, leur mort, leur décomposition. Dans d'autres situations le sol reste dans un état simple de matière minérale : les déserts.

Le processus de formation du sol continue tout le temps ; si ce n'est pas le cas le sol est mort et il sera rapidement dégradé par le vent, la pluie et les changements de température. Le processus de formation d'un sol étant très complexe, il nous en faut une très bonne compréhension pour nous aider à trouver les bonnes approches permettant de réhabiliter ou d’améliorer nos sols.

Structure Une structure grumeleuse existe quand il y a une bonne cohésion entre les particules de sable et de limon. L'argile, la présence de calcium et d’humus permettent aux particules de se former en agrégats. Les grands espaces ou macro-pores peuvent être remplis avec les gaz du sol et ils permettent une pénétration facile des racines. Les petites espaces ou micro-pores retiendront l'eau du sol qui pourra monter dans le sol par capillarité. S'il y a trop d'eau ou que la nappe phréatique est trop proche de la surface les macro- pores se rempliront d'eau et seules les plantes adaptées à ces conditions pourront survivre.

Exercice pratique

Test du sol

Mettre l'échantillon du sol à sécher sur du carton ou sur un journal. Enlever toutes les pierres et matières organiques. Quand c'est sec, transformer le sol en poudre. Remplir un bocal jusqu'à 1/4 avec le sol et puis le remplir à ¾ avec de l'eau. Bien secouer le bocal jusqu'à ce que tout le sol soit en suspension dans l'eau.

Les particules du sol vont se poser en couche selon leurs granulométries. Après deux ou trois jours les couches seront posées et pourront ainsi être mesurées pour calculer les proportions de sable, limon et argile contenus dans le sol.

Le sable qui a la plus forte granulométrie sera au fond, le limon par dessus et puis l'argile qui est formée de particules très fines.

A. Épaisseur du sable

B. épaisseur du limon

C. épaisseur de l'argile

D. épaisseur totale

Ex. A/D * 100 = pourcentage du sable

Exercice pratique

Test de taux d'infiltration d'un sol

Il faut un tuyau (A) de 30cm de diamètre et un autre (B) de 60cm et les deux ont une longueur de 27cm. Une règle marquée en mm et un morceau de tissu de 60*60cm.

On enfonce le tuyau A dans le sol à une profondeur de 15cm, puis en gardant le tuyau A au milieu on enfonce de la même façon le tuyau B. On couvre la surface du sol à l'intérieur des deux tuyaux avec le tissu enfin de le protéger quand l'eau sera versée dans les tuyaux. Enfin on enfonce la règle en laissant 12cm apparents.

Remplir les deux tuyaux avec de l'eau jusqu'à 100mm.

Après 2 minutes noter de combien l'eau est descendue

Remplir les tuyaux à 100mm encore

Continuer cette procédure : au début prendre les mesures et remplir les tuyaux assez souvent, par exemple toutes les 3 minutes puis vers la fin du test toutes les 20 minutes environ.

Le test continue jusqu'à ce que les mesures prises soient toujours identiques.

Noter toutes les mesures sur le tableau ci dessous.

1

2

3

4

5

6

7

8

9

Heure

Différence

Temps total

Niveau

Niveau

Infiltration

Taux

Taux

Infiltration

d'heure

d'eau avant

d'eau après

infiltration

infiltration

totale

remplissag

remplissag

hr,

min,

min

min

e

e

mm

mm/sec

mm/heure

mm

sec

mm

mm

C'est important de refaire le test au moins deux fois et sur des endroits différents

C'est important de refaire le test au moins deux fois et sur des endroits différents du site.

Interprétation des résultats Une courbe de taux d'infiltration peut être faite en utilisant les chiffres de la colonne 3 (temps cumulatif) et de la colonne 8 (infiltration cumulative). Avec ce graphique nous pouvons calculer le temps que cela prendra pour que telle ou telle quantité d'eau puisse s'infiltrer.

En général un sol sableux aura un taux d'infiltration de moins de 30mm hr-1, un sol argileux entre 1 et 5mmhr-1. Si le sol est compacté la perméabilité est affectée et la capacité du sol d'absorber et retenir l'eau est réduite.

La solution du sol Les deux sources d'eau dans le sol sont les précipitations et la nappe phréatique. Dans une situation naturelle l'eau tombe d'abord sur une couche de végétation et par la suite s'infiltre dans le sol à travers la couche litière et la couche humique. Pendant ce transit l'eau de précipitation est transformée et se charge en acides humiques et acides fulviques.

Le gaz du sol. La plupart de nos plantes ont besoin d'oxygène autour de leurs racines, donc de conditions aérobies. Un bon sol peut échanger des gaz avec l'atmosphère, absorber l'oxygène et libérer du dioxyde de carbone (et d’autres gaz comme l'éthylène)

pH

L'eau peut être dissociée pour donner un ion d’hydrogène (H+) et un ion d’hydroxyde (OH-) H2O ------> OH - + H +

Plus il y a des molécules de H+ dissociées, plus l’acidité de la solution sera élevée. L'eau distillée a un pH de 7, donc pour chaque litre il y a 10-7 molécules dissociées.

10

0-----------------------7-------------------------------14 pH

0

10 -7

acide

neutre

base

=

alcaline

aigre

bitter

vinaigre

savon

10 -14

M

H +

Le pH d'un sol est un facteur important pour sa fertilité. Un sol avec un pH de 4 est lessivé des

oligo-éléments dont les plantes ont besoin ; avec un pH de 10, ces oligo-éléments ne sont pas disponibles pour les plantes.

Les constituants minéraux et organiques d'un sol ont une capacité d'adsorber beaucoup d’oligo- éléments nécessaires à la bonne croissance des plantes.

Ces éléments sont des cations ( K+, Mg+, Ca2+ etc). Les molécules H+ peuvent s'attacher aussi aux

particules minérales et organiques, les cations sont donc dissous dans le sol et peuvent être absorbés par les racines des plantes. Un sol avec une bonne capacité d'échange cationique a un pH autour de

7.

Autrefois on gouttait le sol : son goût plus ou moins acide suffisait à connaître son PH. Comme aujourd’hui on a tendance à éviter de se mettre en bouche des choses aussi incertaines et on établit plutôt ce pH avec un simple test disponible dans le commerce.

Les oligo-éléments Les plantes ont besoin de plusieurs sels minéraux pour se former et pour le bon fonctionnement de leur processus de vie. Si certains des oligo-éléments ne sont pas disponibles dans le sol il y a un déséquilibre et des dysfonctionnements.

macro-éléments: oxygène (O), carbone (C) nitrogène (N), phosphore (P), potassium (K)

macro-éléments secondaires: calcium (Ca), soufre (S), magnésium (Mg) Silicone (Si)

micro-éléments: manganèse (Mn), fer (Fe), zinc (Zn), cuivre (Cu), molybdène(Mo), nickel (Ni), sélénium (Se), et sodium (Na).

C,H,O :- air, eau

P, K, N :- abondance limitée dans le sol

S, Ca, Fe, Mg :- abondant en général dans le sol

Les micro-éléments sont généralement disponibles dans la plupart des sols.

Il y a un transfert des oligo-éléments par des particules du sol transportées par le vent (lœss), par les oiseaux, les inondations, le volcanisme et par l'action des racines profondes qui dégradent la roche mère par des processus chimiques et mécaniques.

Au niveau d'un écosystème une bonne part de la fertilité vient de l'intérieur de ce système. Il n'y a donc pas besoin des intrants et engrais produits industriellement comme le font trop souvent nos systèmes d'agriculture.

Cela est illustré par l’axiome permacole : « ne récolte que l'eau et le soleil ».

Si dans un système de production il y a une exportation de la fertilité il faut la remplacer soit par des stratégies internes, soit l'importer. L'importation et l'exportation de la fertilité sont quelque chose à éviter autant possible. Il vaut mieux créer des cycles de retour inspirés par ceux des écosystèmes naturels.

Quand un maraîcher vend ses légumes à des consommateurs il y a un transfert des macro et micro oligo-éléments de son sol. Petit à petit son sol peut perdre sa fertilité et il faudra trouver des cycles à mettre en œuvre pour éviter l'épuisement du sol.

Tout ce qui n'est pas mangé par les clients revient sur le lieu et sera soit déposé sur les plates bandes directement soit composté.

Si les consommateurs utilisent des toilettes sèches le compost ainsi produit peut

revenir aussi chez le maraîcher. Normalement cette matière est déposée autour des arbres fruitiers et des arbustes et pas sur les légumes.

Il y a plusieurs stratégies possibles pour recycler les oligo-éléments.

Tout d’abord on peut intégrer la production des légumes et des céréales au milieu des arbres : les arbres ont des racines profondes qui vont faire remonter des oligo- éléments depuis la roche mère vers la surface du sol.

Ensuite un apport de fiente peut venir des oiseaux sauvages mais aussi d’un élevage d’animaux domestiques comme les poules et les canards.

Si nous considérons maintenant le système d'agriculture le plus répandu sur la terre, le labourage, cela consiste à retourner la terre pour créer pratiquement une table rase pour la semence.

Or depuis plusieurs décades les problématiques associées au labourage ont été contestées :

Perte de matière carbonique vers l'atmosphère

Destruction des vers de terre

Destruction des cycles biochimiques du sol, comme le cycle d'éthylène

Perte d’humus par érosion

Compactage et création d'une semelle de labour

Consommation de gazole

Les avantages du non-labour

96% moins d'érosion

66% réduction en consommation de gazole

réduction en émissions de Co2

amélioration de la qualité de l'eau

plus d'activité biologique

meilleure fertilité du sol

meilleur rendement et stabilité de production

réduction du prix de production

Les approches du non-labour commencent à être de plus en plus connues et reconnues, et se trouvent en accord avec l’axiome : prendre soin de la terre au lieu de la détruire. Le non-labour n'est pas une stratégie seulement pour l’agriculture mais aussi pour les maraîchers et pour votre potager. Cette couche de matière organique a plusieurs actions : création de l'humus, abri et nourriture pour les vers de terre, insectes, champignons et plantes mais c'est aussi un couvre sol qui protège de l'impact des gouttes de pluie et qui fonctionne comme une éponge en absorbant la pluie et la laissant s’infiltrer doucement dans la terre. L'eau de la pluie est transformée par des acides organiques issus des feuilles. La couche des feuilles mortes est aussi un mulchage ( ou paillis ) qui empêche la lumière de toucher le sol, un effet protecteur aussi, mais qui empêche aussi pas mal des graines de germer.

Ces effets de protection de l'eau face au vent et au soleil, de décomposition de la matière et son

incorporation dans le sol par l'action de plusieurs formes animales : la pédofaune, et l'action de mulchage sont aussi des choses que nous voulons dans nos jardins et fermes.

Réhabilitation d'un sol Un bon sol à certaines caractéristiques:-

Il est vivant, avec une pédofaune et une pédoflore abondante et en bonne santé. Il faut donc qu'ils trouvent tout ce dont ils ont besoin pour leur vie dans le sol.

Une couche de mulch faite des matériaux appropriés sera une source de nourriture pour beaucoup d'espèces. Les racines laissées dans le sol après une récolte auront la même fonction et en plus leur décomposition laissera des tunnels qui permettent une pénétration racinaire plus facile aux prochaines plantes.

Il y a des régions où les termites et les fourmis sont les acteurs les plus importants de la formation d'un sol alors que pour la plupart des climats ce sont les vers de terre.

Ils ont besoin d'un pH neutre, d’avoir à manger, d’un sol ni trop sec ni trop mouillé et ils n'aiment pas que le sol soit travaillé par labourage ou même par bêchage. Si nécessaire, on peut élever les vers de terre et les placer là où le sol est moins fertile et où il y a une absence de vers de terre.

La surface du sol est naturellement perméable et meuble ; le compacter par des machines ou par piétinement est donc contre-indiqué même si parfois un sol très sableux aura besoin d'un léger compactage pour réduire l'espace entre les particules s'il est trop meuble. Il faut que l'eau de pluie et d'irrigation (si vraiment l'irrigation est nécessaire) puisse s'infiltrer dans le sol.

Les gouttes de pluie peuvent aussi compacter la surface d'un sol. Un sol dans son état naturel aura une couche végétale qui le protège de l'impact de la pluie ainsi que du vent. Les productions qui permettent une couche végétale permanente protégeront le sol de la même manière. Par exemple certaines cultures peuvent pousser dans une couche permanente de trèfle nain (Trifolium subterraneum).

Une autre stratégie est le semis direct sous couverture permanente végétale (CSV), par exemple une culture d'engrais verts est pliée puis aplatie pour créer une couche de mulch par un rouleau équipé de lames non tranchantes spécialement conçu pour cet usage. Les graines sont alors semées dans des sillons taillés dans la couche de mulch. Une couche de mulch est une copie de la couche litière d'un sol naturel.

Un sol compacté peut être restructuré par la création de sillons isoplèthes et par des outils tels qu’une grelinette.

Un sol en bon état échange des gaz avec l'atmosphère, le compactage du sol empêche ces échanges. De même pour l'infiltration de l'eau il faut que la surface du sol soit ouverte et que le sol ait une bonne structure.

Une stratégie en permaculture est de récolter de la biomasse depuis des zones qui ne sont pas en production pour augmenter la fertilité de ces zones. Il y a des endroits qui seront plantés avec des arbustes, arbres et plantes pour que cela soit récolté et déposé direct ou broyé et disposé sur nos plates bandes ou composté. Ce compost sera par la suite utilisé sur les plates bandes. Une haie peut être plantée autour d'un potager pour protéger les récoltes du vent et pour créer des zones en demi- ombre si nécessaire. La haie peut être taillée et les jeunes branches ainsi récoltées serviront comme apport pour le sol du potager. Plus généralement nous récoltons de la biomasse depuis le site pour l'accumuler sur les plates bandes et aussi comme mulch pour nos arbres et arbustes. Le compostage

En gros il y a trois formes de compostage, à chaud, à froid et anaérobique. Le compostage à chaud est le plus connu et le plus pratiqué. La démarche en permaculture reste toujours de comprendre comment fonctionne une technique ou approche. Le compostage à chaud est un processus qui n'existe pas vraiment dans la nature, le matériel produit n'est pas un sol c'est du compost. Il contient certains des oligo-éléments dont les plantes ont besoin mais il ne ressemble pas à la couche d'humus d'un bon sol. Le compost posé sur un sol sera par la suite incorporé dans le sol par la pédoflore et la pédofaune. Le traitement du matériel fécal issu des toilettes sèches par compostage à chaud est idéal car les bactéries comme les coliformes seront détruites grâce à la chaleur. Par contre une chaleur adéquate est produite seulement quand le compostage est bien fait.

Compostage chaud Les déchets végétaux sont décomposés par une variété de micro-organismes aérobies. Il faut que les nutriments dont ils ont besoin se trouvent dans le matériel végétal. Les hydrates de carbone sont fluidisés par le processus de respiration des micro-organismes, cette respiration produisant du Co2 et de la chaleur. Les micro-organismes ont besoin aussi d'azote et de molécules de carbone pour former des protéines et prendre corps. Les micro-organismes ont besoin de plus de matière carbonique pour leur respiration ; ils en ont besoin pour former des protéines, la proportion idéale de matière carbonée (C)/matière azotée (N) est 25:1 vers 30:1. S'il y a trop de C ils n'ont pas assez de N pour se former et le processus de compostage ne peut pas avancer très rapidement parce que les micro-organismes ne peuvent pas se reproduire très vite. Petit à petit une proportion de C est perdue en forme de Co2 et quand les proportions arrivent à l'idéal le processus de compostage va s’accélérer. Donc si un tas de compost ne chauffe pas beaucoup il faut ajouter de l’azote. Dans l'autre sens s'il y a trop de matière azotique il va former de l’ammoniaque qui à une odeur bien particulière… Dans ce cas il faut ajouter du carbone.

Les micro-organismes ont aussi besoin d'humidité ; un tas de compost devrait contenir autour de 60% d'eau. Etant aérobies, ils ont aussi besoin d'oxygène ; pour cela il faut que le tas ne soit pas compacté ou trop humide. Il faudra aussi bien le protéger de la pluie que l’arroser régulièrement s’il fait très sec.

Au début le compostage est fait par les bactéries mésophiles qui préfèrent une température minimum de 20°C. Le compostage ne peut donc pas démarrer si la température est inférieure à 20°. Ils dégagent de la chaleur et l’extérieur du tas fonctionne comme une couche d'isolation, quand la température à l'intérieur du tas dépasse 45° les bactéries thermophiles prennent le relais. Ces micro- organismes peuvent monter la température du compost jusqu'à environ 70° à 75°c. Après un certain temps la matière au milieu du tas aura épuisé l'azote et les hydrates de carbone ; c’est qu’il faut alors mélanger pour rapporter l'extérieur vers l'intérieur.

Une partie de la chaleur produite peut être utilisée, par exemple en passant un tuyau au milieu du tas pour chauffer de l'eau. Comme la couche extérieure du tas sert d’isolation, la proportion du tas qui est bien chauffé peut être augmentée si nous le mettons dans un conteneur bien isolé. Les vieux congélateurs s'adaptent très bien à cette fonction.

Une autre stratégie pour profiter de la chaleur produite par le processus du compostage est

Une

autre

stratégie pour profiter de la chaleur produite par le processus du compostage est les lits chauds.

Lit chaud, lit tiède et lit sourde Une stratégie pour démarrer des plantes avant que la terre soit assez chaude pour que les graines germent : il faut une source de fumier/urine de cheval mélangée avec de la paille et un châssis.

Lit chaud. Creuser un trou à la taille du châssis orienté vers le sud et d'une profondeur d'environ 50cm, remplir jusqu'à 30cm avec du fumier frais, et puis 20 ou 30cm de la terre. Le fumier va commencer à se décomposer et ce processus dégage de la chaleur. Après une bonne semaine la température se stabilise à autour de 20°C et peut continuer pendant un mois et demi voire deux mois. Les graines peuvent être semées directement dans la terre ou en godets. Lit tiède, en gros la même approche que ci-dessus mais au lieu de mettre du fumier frais à 100% on fait un mélange de fumier frais avec des matériaux déjà compostés à 50/50 puis on couvre avec de la terre. On peut ainsi atteindre une température entre 17 et 18°C. La température ambiante dans le châssis peut être réglée en ouvrant et fermant le toit. Certaines plantes peuvent être laissées sur place pour continuer à pousser dans le châssis. L'année prochaine le châssis peut être déplacé et ça laisse derrière un endroit bien fertile.

Compostage froid Cette approche correspond plus à des processus de décomposition trouvés dans la nature.

Compostage froid Cette approche correspond plus à des processus de décomposition trouvés dans la nature. La matière organique est tout simplement posée sur le surface du sol des plates bandes en forme de mulch ; il sera décomposé et incorporé dans le sol par la pédofaune et la pédoflore.

Compostage anaérobique La matière organique est décomposée par des micro-organismes anaerobies, un produit de ce processus de respiration étant le méthane (Ch4). Ce processus est expliqué dans le chapitre sur l’énergie.

L'avantage de la méthanisation par rapport au compostage aérobie est qu'il produit à la fois du compost et en plus un gaz combustible. L’inconvénient étant que c'est un processus utilisant des bactéries mésophiles qui ont besoin d'une température ambiante d’environ 25°C et qu'il produit aussi du sulfure d'hydrogène. La première difficulté peut être résolue en construisant des grands bio-digesteurs qui contiennent plusieurs mètres cubes de matériaux. Nous pouvons réchauffer la matière organique en brûlant une partie du méthane qui est produit pour chauffer l'eau et passer cette eau dans un échangeur de chaleur qui est dans la cuve de méthanisation. Le sulfure d'hydrogène peut être enlevé du bio-gaz avec un piège à gaz comme montré dans le dessin.

Exemples de stratégies de production durable.

Les exemples ci dessous servent simplement à montrer comment une compréhension des écosystèmes naturels peut nous guider à créer des approches et stratégies de production durables. Comme cela est souligné ailleurs dans ce livre il n'y a pas une stratégie ou technique magique qui s'adapte à tous les climats, microclimats, types du sol et cultures humaines. L'approche en permaculture est toujours d'observer les conditions spécifiques du lieu, et de faire des recherches sur les pratiques traditionnelles, de comprendre les approches de production différentes. Ce n’est qu’après que nous trouverons une approche appropriée aux conditions du lieu ou que nous adapterons une approche qui marche bien ailleurs pour qu'elle se conforme aux exigences spécifiques de l'endroit. Par exemple le système 'verger-potager a été développé pour les zones froides et tempérées : les pommiers ayant besoin d'une période froide pour entrer en production, cette approche ne serait pas adaptée aux climats où il n'y a pas d’hiver.

Certaines plantes, arbustes et arbres vont pousser naturellement sur un lieu grâce à des conditions spécifiques du sol. Ces plantes sont adaptées et c'est probable que beaucoup de ces plantes seront comestibles. Nous pouvons faire des recherches pour trouver quelles plantes peuvent être mangées. Autrefois nos régimes étaient beaucoup plus diversifiés ; petit à petit nous avons oublié beaucoup de plantes sauvages comestibles, quelque chose qui n'était pas avantageux pour nous. Ces plantes sont souvent très nutritives et les retrouver dans nos assiettes serait très intéressant pour nous. Le jardinage sauvage consiste essentiellement dans la culture des plantes sauvages comestibles intégrée avec des plantes cultivées mais venant de variétés anciennes. L'objectif c'est de créer un jardin qui soit autant que possible en autogestion. Une base de données de 7000 plantes comestibles ou utiles est disponible depuis ce site internet http://permaculteur.free.fr/pfaf/fr-la/

NB Les plantes sauvages comestibles peuvent chez certaines personnes créer des réactions allergiques, il faut les essayer en petite quantité au début. Certaines plantes se ressemblent donc c'est important de bien vérifier que cette espèce est bien comestible.

Les forêts jardins ( forêt-nourricière) Plusieurs traditions de culture ont développé des approches polyculturelles qui profite des tailles, formes et besoins différents des arbres, arbustes et plantes. Les anglais ont créé un système de jardinage qui reproduit une forme d'écosystème commun chez lui à l'ouest de l'Angleterre : la forêt. Hart considérait que ces forêts naturelles avaient 7 couches ou strates différentes. Les grands arbres, des arbres plus petits, des arbustes, des plantes rampantes, des plantes grimpantes, des plantes feuilles et des plantes racines. Hart a reproduit ce système, mais avec des plantes utiles à nos besoins, autrement dit une forêt comestible. Techniquement l'approche est de considérer tous les niches disponibles et de les remplir avec des plantes qui sont utiles pour nous, de penser d'un terrain en mètres cubes plutôt qu'en mètres carrés. Les forêts-jardins peuvent être de plusieurs tailles, j'ai vu un exemple qui poussait dans une demi-barrique sur un balcon. Les plus grands arbres peuvent être grands ou être limités grâce à des porte-greffes ou par la taille. Beaucoup de gens en Angleterre ont des maisons avec des jardins, Hart pensait que les gens pouvaient planter la moitié de leurs jardins avec un forêt-jardin en créant ainsi des centaines d'hectares de forêt.

Quand ils sont bien faits les forêt-jardins ont besoin de peu d'entretien et sont relativement productifs. Pour mieux laisser pénétrer la lumière ils ont souvent une forme en croissant, des arbres plus grands derrière et les plantes qui ont besoin de plus de lumière vers le devant.

La conception et mise en place d'une forêt-jardin est relativement simple. Nous trouvons des

variétés d'arbres, arbustes et plantes qui vont remplir les niches potentiellement disponibles. Grands arbres, petits arbres, arbustes, plantes rampantes, plantes avec des racines pivot, légumes feuilles et plantes grimpantes. Les variétés choisies seront celles qui nous donneront les fruits, noix et légumes que nous désirons. Nous définirons la hauteur maximale que nous voulons et nous trouverons ensuite les arbres qui grâce à leurs porte-greffes atteindront les hauteurs requises. Nous pouvons aussi tailler les arbres pour qu'ils restent à la hauteur que nous voulons.

La forme générale d'une forêt-jardin est très souvent la forme d'un croissant ouvert face au soleil. Sur le plan nous définirons le placement de la forêt-jardin, son orientation et ses dimensions. Par la suite nous pouvons couper des rondelles en carton avec un diamètre à l'échelle de celui des branches des arbres à maturité. Maintenant nous pouvons jouer avec ces rondelles sur le plan pour créer la forme éventuelle de la forêt-jardin. Nous laisserons un minimum de 50cm entre les branches des arbres pour qu'ils ne se touchent pas. Souvent cette distance sera plus grande pour laisser passer la lumière pour les plantes plus bas.

NB. Certaines plantes grimpantes sont trop vigoureuses pour une forêt-jardin, les kiwis par exemple.

La forêt-nourricière, aussi appelée « jardin-forêt », est une technique de gestion de l'espace autant utilisée pour ses aspects vivriers que pour ses bénéfices environnementaux et pédagogiques. Sa conception est fortement inspirée de l'écosystème forestier. La production est présente à tous les étages de végétations et à tous les stades de développement. Sa présence dans le paysage favorise la biodiversité, tempère le climat local et son élégance et son efficacité en font un excellent lieux d'activités d'éducation à l'environnement.

La forêt-nourricière copie le rôle écologique des forêts naturelles. Elle stock le carbone de l'air dans son cortège de végétaux. Elle stoppe l'érosion des sols grâce aux plantes herbacées qui limitent le ruissellement de l'eau et grâce à la grande quantité de racines qui maintiennent la terre. Elle a un effet régulateur premièrement sur la circulation de l'eau dans le milieu, à l'instar d'un éponge, en en absorbant une grande quantité lors des précipitations et en la retenant lors des périodes de sécheresses. Deuxièmement elle régule la température par l'humidité qu'elle dégage en agissant comme une masse thermique. Le choix d'une grande variété de végétaux offre autant de niches écologiques pour la faune locale. Enfin, ses bénéfices s'étendent au-delà de la zone cultivée en assainissant l'air environnant, en atténuant les aléas climatiques et en créant un lieu ressource pour les communautés locales.

Comme son nom le laisse entendre, la forêt-nourricière est conçu en grande partie avec des plantes comestibles, notamment des vivaces qui limitent les dépenses d'énergies à l'entretien. On y trouve des fruits et des baies sur les arbres, arbustes et buissons ainsi qu'une multitude de légumes comestibles par leur feuilles, fleurs, fruits, tiges ou racines. C'est également un lieu propice à la culture de champignons et dans une certaine mesure à la récolte de matériaux utiles à l'artisanat comme le bois, l'écorce et les lianes.

La concentration d'une telle diversité de formes et de fonctions en fait un lieu idéal pour une large gamme d'ateliers et d'activités pédagogiques. En aménageant astucieusement les accès et les cheminements en connexions avec des espaces de repos et d'observations, un grand nombre de sujets pourront être abordés avec des groupes de tout âges. Les enfants pourront éveiller leurs sens en découvrant la beauté d'un espace préservé, les adultes apprendront les avantages des associations végétales et toutes et tous prendront conscience des bénéfices à coopérer avec la

nature.

L'intérêt pédagogique d'un tel espace commence dès les phases de conception et de mise en œuvre lorsque dans le cadre de formations et de chantiers participatifs la population se retrouve pour s'approprier et améliorer son cadre de vie.

pour s'approprier et améliorer son cadre de vie. Le Système Verger Potager de Phil Corbett Les

Le Système Verger Potager de Phil Corbett

Les fruitiers sur leurs propres racines Pour mieux expliquer ce système, il convient de parler d’un arboriculteur, spécialiste des pommiers à Brogdale en Angleterre qui abrite la plus grande collection d’arbres fruitiers de ce pays, à peu près 1800 variétés de pommiers différents. Hugh Ermin avait déjà 30 ans d’expérience des pommiers quand soudainement il s’est posé la question de savoir pourquoi ils étaient tous greffés sur des porte-greffes. Il savait bien que pour garder aux arbres une certaine taille, il faut réduire leur vigueur mais nous allons voir qu’il y a d’autres façons de s’y prendre. Les autres avantages du greffage généralement invoqués lui semblaient n’être que des mythes. Alors il se mit à créer des pommiers qui avaient leurs propres racines.

Quelques années plus tard, il s’est aperçu que:- Les variétés elles- mêmes gardaient leurs propres caractéristiques par rapport aux maladies mais ses pommiers étaient en meilleure santé en général. Le développement des fruits a démontré:

-leur goût succulent. -leur meilleure conservation -une très bonne taille pour la variété -une meilleure qualité du fruit en général -une meilleure pollinisation, si les moyens (abeilles etc) sont là. -que les pommes contiennent plus de pépins ce qui indique une meilleure fertilité. -de fortes indications que l’auto-fertilité est augmentée Le seul ‘problème’ auquel Mr.Ermin s’est trouvé confronté, c’était que les pommiers étaient vigoureux et avait tendance à produire du bois au lieu de pommes. Avec les pommiers P.R.( propres racines), cette vigueur est contrôlée en utilisant une variété de techniques traditionnelles: limiter l’azote et arrosages (sauf pendant les temps de sécheresse), garder les branches à l’horizontale et tailler pendant l’été (ce qui encourage les bourgeons) et pas pendant l’hiver (ce qui encourage la régénération des branches). Quand les pommiers commencent à donner des fruits, on peut les nourrir et arroser comme d’habitude. Un pommier en bonne production de pommes peut être gardé à une taille légèrement supérieure à un pommier greffé sur MM106, mais avec tous les avantages déjà mentionnés.

Phil Corbett de Nottingham en Angleterre, qui a plus de 30 années d’expérience dans l’horticulture et qui est un Designer de Permaculture de très haut niveau a entendu parler du travail de Hugh Ermin. Après l’avoir rencontré et entrepris des recherches personnelles, il s’est rendu compte qu’effectivement, un pommier sur ses propres racines est un vrai arbre comme un châtaigner ou un chêne et qu’il peut être taillé exactement comme nous le faisons pour le bois de chauffage avec les arbres sur nos talus. Pourquoi? Cela nous permettra d’avoir du bon bois de pommier pour tourner, sculpter ou nous chauffer, et le pommier va repousser et recommencer à donner des pommes .Et, plus important, les arbres qui sont coupés comme cela selon un cycle de 10, 12 d’années ou plus, restent jeunes et ne passent pas par les phases de grande maturité, vieillissement . Je vais avoir du bois et je n’aurai pas besoin de replanter mon verger tous les 40 ou 50 ans. Maintenant on a une technique avec une nouvelle stratégie pour un verger, mais ça ne suffit pas. Avant le 20 ème siècle il n’était pas possible pour les paysans de planter un verger et puis de laisser ce champ tranquille, ils étaient trop pauvres. Alors ils cultivaient des légumes, des arbustes…pendant que les arbres poussaient jusqu’à la production de fruits et jusqu’à ce qu’ils produisent trop d’ombre pour continuer à cultiver en dessous. Alors Corbett a ajouté cette idée dans sa stratégie pour créer le concept du verger-potager;

Voilà très brièvement la stratégie, on crée d’abord les lits de jardin et les chemins et puis on plante les arbres environ tous les 5 mètres N-S et E-O. Les lits ont donc une largeur de 4 mètres et les chemins font environ 0,50m . Sur les côtés S,E et O on plante des haies de protection et fixatrices d’azote, l’Aulne gris, l’Eleagnus etc, mais surtout pas des plantes cousines sauvages des arbres du verger. Côté Nord, nous pouvons planter des arbres plus grands, noyers, châtaigniers…. Le potager Nous cultivons les lits avec un système sans bêchage ( pour récolter les pommes de terre on va avoir, bien sûr, besoin de creuser, ce n’est pas un problème, les racines des arbres fruitiers P.R. sont résistantes). Quand on creuse juste à côté on va de temps en temps couper une racine, celle-ci peut être alors plantée et va donner un pommier de la même race). Pendant que les arbres grandissent,

quand ils commencent à donner de l’ombre, on va planter des plantes qui supportent cet endroit et qui sont aussi comestibles. On va ensuite tailler les arbres sur une ligne N-S et passer les branches dans un broyeur à végétaux pour faire du mulch (ou du bio-gaz) : on obtient un lit en plein soleil pour cultiver. Les fruitiers qui sont dans les rangées à côté auront plus de soleil et ils vont donner plus de fruits.

L’année suivante, on ne va pas couper la rangée suivante parce que ce sont ces arbres qui ont produit le plus de bourgeons, mais celle d’après. On continue ainsi et 10 ou 12 ans plus tard, on reviendra pour couper à nouveau là où on a commencé le cycle. Le potager qui est dessous a bien profité des feuilles mortes et d’autres choses, insectes morts, fientes d’oiseaux qui tombent des arbres etc …pour regagner en fertilité, prêt pour de nouvelles cultures. Plus le système devient mature, plus important sera le système des racines des arbres fruitiers et plus vite il repoussera. Les noisetiers seront coupés plus souvent pour être broyés ainsi que les haies.

Tous ce qui est végétal peut être mis à composter dans un système Jean Pain ou, comme nous voulons faire ici, mis à fermenter pour donner du bio-gaz permettant d’alimenter la maison en énergie. Le bois des arbres fruitiers va être tourné pour en faire des objets à vendre. Nous avons aussi des ruches et une production de champignons sur bûches. Ce système va donc permettre d’obtenir: Pommes, Poires, Cerises, Noisettes, Céréales, Légumes, Champignons, Miel, Noix, Châtaignes, Bois (pour tourner et pour le poêle), électricité, eau chaude, gaz (pour la cuisinière), compost.

Aqua-jardinage Il y a des dizaines de variétés de plantes aquatiques comestibles. Par exemple Butomas umbellatus, une plante vivace et facile à cultiver, les graines sont petites mais comestibles et la racine a 50% amidon. L'approche de l'aqua-jardinage est simple, la création d'un écosystème aquatique comestible. Les plantes aquatiques tout comme les plantes du milieu terrestre ont besoin des nutriments, s'il y a des poissons dans le système leurs déchets peuvent fournir une partie de leurs besoins. C'est aussi possible d'ajouter du compost dans l'eau et même d'y mettre les 'déchets' végétaux de la cuisine directement. Les quantités ajoutées devraient correspondre aux besoins des plantes et des poissons sinon le plan d'eau peut devenir anaérobique. Si l'eau devient trop turbide il faut arrêter les apports en attendant que les poissons et les plantes nettoyant l'eau et qu’elle redevienne plus claire.

Des plantes comestibles du marais peuvent être cultivées dans une zone de sol humide autour du plan d'eau. Un exemple c'est Althaea officinalius, les feuilles sont comestibles et la racine contient 37% d'amidon et 11% de pectine.

NB Les plantes sauvages comestibles peuvent chez certains gens crée des réactions allergiques, il faut les essayer en petite quantité au début. De même, certaines plantes se ressemblent, il est donc important de bien vérifier que vous avez l'espèce comestible.

Jardinage sur buttes Cette stratégie vise à créer des microclimats, des plates bandes sur lesquelles nous ne marchons jamais et des plates bandes où le sol fertile est plus profond. Il y a des approches qui utilisent des grandes buttes (d'une hauteur de 2 mètres et parfois plus) et d'autres où les buttes sont moins grandes (50cms et parfois moins)

Approche de base pour la création d'une butte

démarquer avec des piquets chaque côté de la butte sur toute sa longueur

avec une grelinette ou une fourche à bêcher travailler pour ouvrir le sol où se trouvera la butte, mais sans la retourner.

Poser sur la surface du sol une couche étanche à la lumière, du carton, tapis (fait de fibres naturelles), des journaux etc. Cette couche tuera les plantes qui se trouvent à l’emplacement de la butte. Une autre approche est la 'solarisation', donc de poser temporairement une bâche transparente pendant la saison chaude, la végétation qui se trouve sous la bâche sera brûlée. Après la bâche est enlevée et nous passons à la suite.

Nous pouvons faire une couche de matière végétale ou de fumier composté.

Maintenant nous creusons les sentiers et la terre est déposée pour créer une butte. Approche 1. Creuser les sentiers jusqu'au sous sol et pas plus profond, nous ne voulons pas du sous-sol sur les buttes.

Approche 2. Mettre la terre arable de côté et creuser dans le sous-sol, poser ce sol sur la butte. Quand la butte est à la hauteur souhaitée, on couvre le sous-sol avec la terre arable

La hauteur de la butte peut être augmentée en prenant de la terre sur d’autres endroits du site.

La butte sera enfin couverte avec une couche de mulch et plantée.

Variations:-

Hugelkultur, une butte faite de terre posée sur un tas de tronc d'arbres (normalement des arbres caducs), de branches, des feuilles et du compost et fumier (pour remplir les espaces entre les branches etc). Une approche est de creuser une tranchée entre 1 ou 2 mètres de profondeur, la remplir avec du végétal et par la suite on remet la terre pour créer une butte. Une autre approche est de créer un tas long avec les troncs, branches etc… et de le couvrir avec de la terre et du compost pris ailleurs sur le site. La matière végétale va se décomposer lentement et pendant ce processus la fertilité contenue dans cette biomasse sera libérée et donc disponible pour les cultures. Jardinage en creux. Dans certains endroits à cause du climat et d'une perméabilité du sol élevée une butte sera une zone très sèche. Dans ce cas une autre approche est de creuser pour créer des plates bandes carrées d'environ un mètre par un mètre cernées par un mur en terre d'environ 20cms de hauteur et 15cms de large. Dans la plupart des cas nous créons plusieurs de ces creux l'un à côté de l'autre pour remplir l'espace disponible. Les creux peuvent être par la suite mulchés et plantés. L'irrigation est très simple, il suffit de verser de l'eau dans chaque creux

NB La largeur optimale d'un plate bande est très simple à trouver, il faut que le milieu de la plate bande ou de la butte soit accessible à la main ; comme il y aura un sentier de chaque côté de la plate bande, sa largeur sera deux fois la longueur du bras de la personne impliquée dans le gestion du potager qui a les bras les moins longs.

Une technique pour travailler sans labourage en travaillant avec la nature : les tracteurs à poules

Les poules grattent le sol pour trouver des graines, des insectes, et d’autres choses comme les œufs de limaces et escargot. Elles vont aussi manger ou endommager les cultures si elles sont en liberté totale. Un « tracteur à poules » ( voir schéma) est tout simplement une cage (la base étant ouverte) et un poulailler roulant. Il faut 0,4m2 d'espace par poule. Idéalement la forme et la taille de votre

tracteur correspond aux dimensions de vos plates bandes. Placer sur une plate bande les poules dans le tracteur prépare le sol pour les semences ; il est aussi enrichi par leurs fientes et peut aussi être alimenté avec les 'déchets' végétaux de la cuisine. Ensuite le tracteur est déplacé et la plate bande plantée, semée et mulchée.

déplacé et la plate bande plantée, semée et mulchée. Nous cherchons toujours à créer un équilibre

Nous

cherchons toujours à créer un équilibre dans nos systèmes ; ce que l’on appelle souvent des « maladies » peut être considéré comme les manifestations d'un déséquilibre. Une plante qui ne trouve pas les conditions propices à sa vie va nous l'indiquer, ses feuilles vont se décolorer et se déformer etc. Les approches expliquées ci-dessus vont nous aider à créer des sols fertiles et en équilibre. L’approche systémique de la permaculture en général nous aide à créer des écosystèmes qui sont aussi équilibrés. Je cite Bill Mollison « ne me dites pas que vous avez trop de limaces parce que je vais vous dire que vous n'avez pas assez de canards ». Ceci dit nous aurons parfois des manifestations de déséquilibre de temps en temps, la nature n'est pas statique mais en mouvement, en évolution. Que pouvons nous faire si nous constatons un tel déséquilibre ?

Les hiérarchies d'intervention:-

9. Ne rien faire sauf observer. L'idée ici est de donner le temps 'à la nature' de recréer un équilibre. Si mes plantes sont en train de 'subir une attaque' d’insectes et que j’interviens tout de suite pour éradiquer cette 'peste', je ne donne pas le temps au prédateur de cet insecte de trouver cette source de nourriture.

10. Intervention physique. Si les dégâts commencent à être importants nous pouvons aller dans le potager pour enlever manuellement les pestes, mais pas tout, nous voulons toujours trouver une solution à plus long terme en laissant notre système trouver son

propre équilibre. L'intervention peut être sous forme de pièges, comme par exemple des planches de bois qui serviront d’abri pour les limaces pendant la journée et ces limaces sont donc faciles à récolter pour être données aux poules. 11. Intervention de dernier ressort. Les permaculteurs travaillent dans une grande variété de situations et conditions différentes. Il peut arriver que les récoltes soient en train de subir des grandes pertes à cause des insectes, ou des 'maladies'. Parfois nous ne sommes pas en position d'attendre que les processus naturels trouvent une solution parce que les habitants n’auront pas à manger si les récoltes sont détruites. Dans ce cas nous nous permettons de faire des interventions plus 'dures' en utilisant des produits chimiques acceptés en production biologique.

11. des phéromones dans des pièges ou dispersés sur les récoltes

12. des préparations à base de Quassia amara

13. des préparations de Bacillus thuringiensis

14. des pièges collants contre insectes

15. contrôle biologique mais seulement avec les prédateurs réglementés

16. des préparations antivirales granuleuses

17. la gélatine

18. des préparations faites à base de pyrethrum

19. etc…

Si nous devons en arriver à l'étape 3, il faudra sans doute reprendre certains aspects de la conception, par exemple en créant plus de zone 5 car ainsi nous aurons peut-être une plus grande diversité de flore et de faune naturelles.

A la fin du processus d'évaluation nous disposerons des éléments suivants:-

les stratégies pour améliorer la fertilité du sol et des cycles de naissance, vie, mort et décomposition qui permettront au sol de rester fertile.

Une stratégie des flux qui vont cycler la fertilité pour que ça revienne toujours sur les zones de production.

un bilan des besoins en nourriture des habitants et des visiteurs

une planification pour les semences et les récoltes ; ceci en prenant en compte les variations éventuelles dans la demande de nourriture.

un bilan fait pour la quantité de récoltes qui devra être stockée pour les saisons pendant lesquelles la production est limitée (saison froide ou saisons pluviales).

des décisions prises sur comment nous allons travailler la terre (mulch, non-labourage etc)

des décisions prises sur les endroits du lieu qui seront consacrés à la production, nourriture, animaux et forêts et les stratégies qui vont assurer ces productions (forêt jardin, potagers etc), voir le système de zonage expliqué dans le chapitre sur les principes de permaculture.

un système d’interconnexion des zones de productions, les systèmes d'eau et les sentiers et chemins.

Chapitre 6

Énergie

Nous nous servons de plusieurs sources d'énergie qui peuvent être divisées en deux catégories : les énergies renouvelables et non renouvelables. Mais en général c'est une division fausse car même une source considérée comme renouvelable peut être épuisée si la demande est supérieure à son renouvellement. Le bois est souvent par exemple considéré comme une énergie renouvelable, mais si la demande est supérieure à la vitesse de pousse des arbres, cette ressource sera détruite. L'approche en permaculture est de réduire le plus possible la demande en énergie et par la suite de trouver les moyens de fournir ces besoins de manière durable.

La bonne gestion des ressources est primordiale pour un projet, et pour nos sociétés en général. Dans la Permaculture nous donnons beaucoup d'importance à la conception et ensuite à la bonne gestion des flux d'énergie et des matériaux.

Pour bien gérer nos ressources, beaucoup de choix sont à faire. Il sera possible par exemple de consacrer une parcelle à la production d'une récolte pour la production de bio carburants. Les monocultures sont rares dans la Permaculture alors cette parcelle aura d'autre formes de productions mais le choix de produire un bio carburant, nous empêche de produire d'autres choses par exemple la nourriture. Nous pouvons développer des stratégies comme le système de verger potager, la production de bois de chauffage étant alors intégrée dans la production de nourriture. Le principe de la conception est de noter tous les flux possibles et les éléments dans chacun d'eux,

par exemple:

le tronc d'un arbre est utilisé comme bois de menuiserie ---->Bâtiments/meubles--->sous-produits--- > Sciure/Copeaux de bois---> Toilettes sèches. Branches--->Bois de chauffage --->Cendres---> Savons/lessive/jardin. Ou:- Branches---> Copeaux de bois---> Mulchage.

Nous devrons bien choisir les éléments dans nos flux, par exemple: les poêles qui sont efficaces et pour qui l'énergie requise pour leur bon fonctionnement sera le plus possible produite sur place.

Électricité Selon l'EDF la consommation d’électricité a été multipliée par 3 entre 1973 et 2008. 65,4% de cette consommation viennent de nos maisons et de nos activités dans ces maisons. Les machines qui fonctionnent avec une résistance électrique soit pour chauffer l'eau ou soit pour chauffer l'air sont responsables de l’essentiel de cette demande ; mais les congélateurs et les frigos sont aussi de grands consommateurs d’électricité

L'approche en permaculture est de trouver des moyens et des stratégies pour réduire les besoins d'un foyer en électricité. Par la suite nous travaillerons pour trouver les meilleures façons de fournir cette énergie

Bilan des besoins en électricité La consommation en électricité est affichée sur chaque machine. Par exemple un aspirateur affiche 1000 watts, ce qui veut dire que pour chaque heure en fonction, cette machine va consommer 1000 watts d’électricité.

Parfois la consommation est notée en ampères donc pour le convertir en watts Amosres à Watts:

Watts = Amos x Volts (le voltage est celui demandé par la machine et pas le voltage du secteur. Par exemple l'ordinateur utilisé pour écrire ce livre consomme 2,15 ampères X 19 volts = 40,85 watts).

Le bilan consiste à établir une liste de toutes les machines, avec leur consommation, le nombre total d'heures de fonctionnement par jour et le total de jours d’utilisation de la machine:-

Machine

consommation

Nombre d'heure/jour

Total par watt/jour

Aspirateur

1000watt

1

1000

Ordinateur

300watt

6

1800

Cafetière

700watt

0,5

350

Total de consommation/Jr

3150

Par la suite nous trouverons des moyens de réduire les heures d'utilisation, sa façon de fonctionner (voir l’exemple de la machine à laver dans le chapitre sur l'eau) et aussi s’il est possible d'échanger ou de supprimer la machine. Par exemple les ordinateurs portables consomment en général beaucoup moins que les ordinateurs de bureau, les ordinateurs du style « web book » encore moins. Ça sera donc intéressant d’échanger un ordinateur de bureau contre un web book.

L’ échauffement de l'eau qui est très souvent fait avec un ballon et une résistance électrique est un système très gourmand en électricité. Ils sont souvent de 2000watts et fonctionnent pendant plusieurs heures. Pendant l'été la plupart et parfois la totalité de nos besoins en eau chaude peuvent être fournis par un chauffe eau solaire. Pendant les autres saisons avec moins de soleil ils vont quand même chauffer l'eau et ainsi réduire les besoins d’électricité. Dans les lieux où c'est possible, un poêle avec un chauffe eau en parallèle avec le chauffe eau solaire suffira largement à remplir les besoins en eau chaude d'un foyer.

Quand nous avons réduit la consommation autant que possible nous referons un bilan comme ci- dessous pour faire une estimation des futurs besoins. Par la suite nous pouvons trouver des solutions pour fabriquer l’électricité et la stocker.

Les panneaux photovoltaïques Si pendant leur vie utile les panneaux solaires non pas d'impact négatif sur l’environnent ce n'est pas le cas avec leur fabrication et leur éventuelle dépose. Les matériaux pour leur fabrication viennent pour la plupart des mines et l’énergie requise par la transformation de ces matériaux pour créer un panneau solaire a été estimée à 235 Kw hrs par M2 (1990). Les technologies photovoltaïques sont en évolution continuelle et l'impact sur l’environnement diminue dans les pays où il y a un bon contrôle environnemental. Il ne faut pas quand même penser que la production d’électricité photovoltaïque est sans conséquences.

Les panneaux produisent à leur maximum quand il y a assez de soleil. Ils sont pour la plupart fixes et ne pivotent pas pour suivre le soleil donc il y a seulement quelques heures pendant la journée où ils produisent à leur maximum. Pendant l'hiver ils produisent encore moins et les latitudes plus au nord ont moins d'heures par rapport aux latitudes plus au sud. Il faut donc estimer le nombre d'heures de pic soleil, en France ça peut être entre 2 et 5 heures par jour. Nous pouvons faire nos calculs sur la base du nombre d'heures de pic soleil en hiver.

Nous pouvons faire un calcul ainsi:-

exemple

Besoin total watts hrs/ jour 100 Nombre d'heures pic soleil 4 Besoin minimum de production par panneau solaire(PS) = 100/4 = PS de 25 watt hrs. Comme c'est très rare que nous utilisions l'électricité produite par un panneau solaire directement il faut la stocker dans des accumulateurs. Nous pouvons calculer la capacité de stockage dont nous avons besoin ainsi:-

Exemple

Accumulateur de 12 volts avec une autonomie de 5 jours entre chargements (pour des périodes de ciel couvert)

La capacité d'un accumulateur est donnée en ampère heures donc il faut convertir de watt en ampère. Comme il est important qu'ils ne sont jamais déchargés de plus de 50% on va multiplier par deux notre calcul. Pour l'exemple ci-dessous

(25 watts / 12 volts) * 2 * 5 (jours d'autonomie) = 20,83 ampère h.

Donc il faut un accumulateur avec une capacité d'au moins 21 ampères h.

Après avoir réduit autant que possible la demande d'un foyer en électricité ça sera bien possible d'avoir assez de panneaux solaires et accumulateurs pour remplir cette demande. Mais les panneaux restent assez chers et parfois le ciel restera couvert pendant plusieurs jours et les accumulateurs seront vidés à 50%. La redondance dans nos systèmes est essentielle, toutes les fonctions importantes sont soutenues par plusieurs éléments. Il y a d'autres moyens pour produire l'électricité ; les deux les plus importants à l'échelle d'un habitat sont les éoliennes et le micro hydro-électrique.

Les éoliennes Il y a de plus en plus de formes différentes adaptées aux différents endroits. Ils produisent à leur maximum si le vent n'est pas trop faible ni trop fort. Il y a des endroits où il n'y a pas suffisamment de vent pendant l'année pour le bon fonctionnement d'une éolienne. L'aéroport le plus près peut donner des chiffres sur la vitesse du vent mais il vaut mieux installer des anémomètres sur le site pour avoir des données plus précises.

L'avantage de la combinaison éolienne et panneaux solaires c'est qu'il y a souvent du vent quand il n'y a pas du soleil et vice versa.

Si la plupart de la demande en électricité est fournie par les panneaux solaires, il va falloir une éolienne de production modeste qui peut assurer une production quand il n'y aura pas assez de soleil. Souvent par contre l’essentiel de la production sera fait par l'éolienne, surtout parce qu'elles sont en général moins chères par watt produit par rapport aux panneaux solaires.

La vitesse moyenne du vent par jour nous donnera la quantité d’électricité qui sera produite par tel ou tel modèle et taille d'éolienne, il suffit de choisir le modèle capable de fournir la demande en

électricité du foyer. Il y aura assez de panneaux solaires pour remplir la demande pendant les périodes sans assez de vent.

Micro hydro-électrique Ces machines sont des turbines qui en général produisent moins que 100Kw. Elles sont adaptées aux lieux où il y a un ruisseau ou une rivière avec un débit d'eau assez important et aussi une différence de hauteur entre deux points sur le cours d'eau qui donnera assez de pression.

Mesure de la pression hydrostatique Il faut mesurer la différence en altitude entre deux points sur votre ruisseau. Il faut que cette mesure soit assez précise, l'altimètre sur un GPS ou un smart phone peut donner une indication mais une méthode plus fiable se fait ainsi:-

Avec un laser ou théodolite et avec un assistant muni d'une mesure graduée on calcule par étape la différence d'altitude entre les deux points sélectionnés.

Soustraire la hauteur du niveau de hauteur mesuré pour chaque étape

Refaire tout le processus depuis le point de départ jusqu'à la position de la turbine

Additionner les mesures de toutes les étapes ensemble pour trouver la différence d'altitude entre le point de départ et la turbine.

d'altitude entre le point de départ et la turbine. Une autre méthode consiste à mesurer la

Une autre méthode consiste à mesurer la différence en pression entre les deux points. Muni d’un

tuyau d'arrosage d'au moins 100 mètres (plusieurs peuvent être connectés ensemble si les connections sont bien étanches). Remplir le tuyau avec de l'eau et mesurer la pression avec une jauge de pression. Si besoin refaire pour toute la distance entre les deux points et calculer le total des pressions. 10 mètres de différence = 1 bar.

Ces approches nous donnent la pression hydrostatique. Quand l'eau est en mouvement dans un tuyau il y a des pertes à cause de la friction entre l'eau et le tuyau, la perte diminue quand le diamètre du tuyau augmente. Il y a un compromis à faire, les tuyaux de large diamètre sont plus chers. Il ne faut pas qu'il y a une perte de pression plus importante que 10 ou 15%.

Calculer le débit du ruisseau La méthode la plus simple c'est de choisir un point sur le flux d'eau, poser une mesure sur les deux rives et mesurer la profondeur tous les 50 centimètres. Trouver la profondeur moyenne et la multiplier par la distance entre les deux rives. Trouver un endroit au moins 3 mètres en amont et mettre un ballon dans le flux, chronométrer le temps que le ballon va prendre pour arriver au repaire. Comme le flux sera diffèrent selon les différents endroits dans la largeur du ruisseau c'est bien de refaire l'expérience en démarrant le ballon depuis plusieurs endroits différents dans la largeur du ruisseau. Par la suite calculer le temps moyen. Les deux calculs nous donneront un chiffre en M3 par seconde.

Il ne faut pas faire ces mesures pendant ou juste après des jours de pluie.

Le potentiel de production de l'électricité est en relation avec le débit et la pression, pour un petit ruisseau avec un débit entre 0,01 m3/s et 0,05 m3/s il faut entre 50 mètres et 10 mètres de différence de niveau. Pour un ruisseau de taille moyen avec un débit entre 0,05 et 0,25 M3/s il faut entre 10mètres et 2,5 mètres de différence de niveau.

Pour les habitats groupés nous pouvons faire les calculs pour trouver la demande en électricité de chaque foyer et par la suite installer assez de panneaux solaires, une éolienne assez importante et un système micro-hydro électrique pour assurer une production suffisante.

Un projet aura très souvent des ateliers avec des besoins pour des machines. Parfois c'est possible de trouver des machines qui ne fonctionnent pas avec de l'électricité, par exemple une scierie qui marche avec un engin à vapeur. Dans les cas où cette approche n'est pas possible il faut faire un bilan de la demande en électricité de chaque atelier et ajouter ce total à la demande des foyers pour trouver la demande totale du projet.

Il y a des cas où les machines auront une demande au delà de la capacité de la production d'un système « domestique ». Donc il faut trouver d'autres stratégies pour satisfaire ces demandes. C'est possible de faire tourner une groupe électrogène avec du bio-gaz ou de l'alcool mais il faut par la suite assurer la production de suffisamment de gaz ou d’alcool, ce qui ne sera peut-être pas très simple. La meilleure approche est toujours de pas avoir besoin de grandes machines qui consomment beaucoup d'électricité.

Autres formes d'énergie

Bio carburants :

Les biocarburants sont des carburants produits a base de plantes, en général ces carburants sont utilisés pour les déplacements nécessaires. L'approche permacole est de valoriser les liens locaux et ainsi réduire autant que possible les déplacements nécessaires. Les bio carburants peuvent servir aussi à la production d'électricité avec un groupe électrogène

Bio masse Cette approche concerne la production de matières organique par les plantes qui vont produire de l'énergie par leur combustion. Très souvent cette forme de production d'énergie est faite par le recépage des arbres. Le recépage peut être mis en place pour produire du bois de chauffage qui sera brûlé dans un poêle, ce bois peut être déchiqueté pour former des copeaux ou granulés pour les poêles adaptés à cette consommation.

Comme déjà expliqué, il faut faire un bilan de demande et de production pour que la première ne soit jamais supérieure a la deuxième.

Bio gaz

Il y a des micro-organismes qui vivent sans oxygène, les anaérobies. Certains d’entre eux peuvent servir de nourriture au matériel organique. Ces bactéries méthanogènes produisent, grâce à leur cycle de respiration, un gaz qui contient entre 50 et 70% méthane (Ch 4 ), du dioxyde de carbone (Co 2 ), et du sulfure d'hydrogène (H 2 S). Le méthane est le constituant principal du gaz naturel et il est combustible en présence de l'air.

(H 2 S). Le méthane est le constituant principal du gaz naturel et il est combustible

Le processus de méthanisation demande une température ambiante d'entre 25 et 45°C car les bactéries méthanogènes sont pour le plupart des mésophiles.

Les avantages de la méthanisation par rapport au compostage aérobique sont:-

Production d'un gaz combustible.

Production du compost. A la fin du processus de méthanisation, le matériel est sorti de la cuve de méthanisation et peut être utilisé comme un apport de fertilité au sol tout comme le matériel issu d'un compostage aérobique. Les inconvénients Production d'un gaz combustible. Bien que le méthane soit un gaz léger qui se disperse rapidement dans l’atmosphère, il reste un gaz potentiellement explosif. La température requise par les bactéries méthanogènes pour leur vie. Donc pour beaucoup d'endroits il y a une saison de production de gaz et sa production diminuera pendant les périodes froides. Des stratégies existent pour prolonger la saison, de chauffer la cuve en utilisant une partie du méthane produit par la cuve, de faire des installations très grandes et de couvrir les cuves avec une bonne couche d'isolation. Le processus de méthanisation produit aussi du sulfure d'hydrogène mais il est bien possible de piéger ce gaz dans un filtre avant que le biogaz soit brûlé.

Bien que la méthanisation soit assez bien installée dans plusieurs pays, ce système reste un peu confidentiel en France. Il y a des centres de méthanisation installés mais il semble que l’industrie de production d’énergie préfère mettre des ressources à faire sortir le 'gaz de schiste' par exemple. Un grand pourcentage de nos ordures ménagères sont de la matière organique qui pourrait être transformée en méthane et compost. Il existe aussi des micro-systèmes adapté à l’échelle des habitats groupés.

Micro-climats

Besoins:- trouver des endroits plus ensoleillés, chauds et protégés du gel, protéger les habitats, cultures et bâtiments du vent, prolonger la saison des cultures par la création de zones plus tempérées, protéger les cultures et bâtiments d'un soleil trop fort.

Produits:- une diversité de zones protégées et de micro-climats différents, une diversité de stratégies de production pour les zones différentes.

Un lieu aura très souvent plusieurs micro-climats : les endroits qui vont geler d'avantage et qui se dégèlent moins vite, les endroits qui captent d'avantage le soleil et qui sont abrités du vent par exemple. Nous travaillons autant que possible avec ces micro-climats et mais nous allons aussi les créer.

Un endroit qui reste froid plus longtemps au printemps peut être planté avec des arbres qui viennent en fleur tôt et donc risque de perdre leurs fleurs à cause d'une gelée tardive. Planté dans un tel endroit ils vont venir en fleur plus tard à cause du froid et donc après que la risque du gel ait diminué. Un endroit qui est bien au soleil et protégé va se réchauffer plus vite au printemps et refroidir moins vite pendant l'automne donnant une saison de culture plus longue. La masse thermique des murs crée aussi un micro-climat et dans le temps les jardiniers construisaient des jardins entourés par des murs. Les villes grâce à leurs masses thermiques, la pollution et chaleur produit par les immeubles et l'industrie crée des îlots de chaleur. Le centre d'une ville peut avoir une température plus élevée de plusieurs degrés que ses environs.

L'air froid coule comme un sirop, pas comme de l'eau et pourtant ils suivent tous les deux le même chemin. L'air froid va créer un bassin de froid derrière un obstacle tel qu’un talus ou mur. L'air froid va aussi descendre une pente pour enfin arriver dans une vallée donc les fonds des vallées ont tendance à être plus froids que les endroits situés plus haut sur la pente.

Le vent crée aussi des microclimats selon les zones abritées et les zones exposées. Parfois nous voulons profiter du vent pour refroidir mais le plus souvent nous voulons plutôt protéger nos habitations et cultures du vent fort. Les sommets des collines étant souvent très venteux il sera contre indiqué d'y construire.

Les micro-climats et la conception en permaculture

Une haie aura plusieurs fonctions, nous permettant de protéger nos cultures et aussi nos habitations du refroidissement causé par le vent(sauf en zone tropicale où c'est au contraire souhaité). La surface du sol protégée par une haie est relative à la hauteur des arbres. Le niveau de protection est relative à la distance derrière les arbres, leurs hauteurs et la densité du haïe.

Ce tableau donne la protection fournie par des haies perpendiculaires au vent avec des essences

Ce tableau donne la protection fournie par des haies perpendiculaires au vent avec des essences différentes selon leurs hauteurs ; la valeur du vent étant alors de 100%

Distance

derrière

le

5 fois hauteur d'arbres

10

fois

hauteur

15

fois

hauteur

20 fois hauteur d'arbres

haïe

d'arbres

d'arbres

 

Pourcentage

du

vent

Pourcentage

du

vent

Pourcentage

du

vent

Pourcentage du vent du champ

du champ

du champ

 

du champ

 

Arbres caduc

 

50,00%

65,00%

80,00%

85,00%

Résineux

30,00%

50,00%

60,00%

75,00%

Multiple-rang

 

25,00%

35,00%

65,00%

85,00%

Nous pouvons voir dans le schéma que la zone protégée par une haïe est de forme triangulaire. Cette zone aura une température plus élevée et aussi plus d'humidité (2-4% en plus) que les zones exposées au vent)

Une masse d'eau ou bien des rochers ou un mur captent la chaleur pendant la journée et la redonnent la nuit et le matin. Le chapitre 'Eau' explique comment nous pouvons profiter de cet effet dans une serre et avec des plans d'eau. La chapitre 'habitats' montre comment nous pouvons construire pour encore profiter de l'effet « masse thermique ». Il existe d'autres techniques pour profiter de la masse thermique d'un mur comme l'espalier, des rangées d'arbres fruitiers palissés verticalement contre un mur.

Chapitre 8

Les habitats

Besoins:- Protection contre la pluie, la chaleur, le froid et le vent.

Fonctionnement d'une maison:- Abri et lieu du stockage des biens, lieu de vie de la famille, stockage de la nourriture et lieu de préparation des repas, endroit pour dormir, parfois un endroit de travail

Il y a un nombre énorme de formes d’habitation, traditionnelle et moderne. L'approche de la permaculture c'est de comprendre les stratégies derrière les formes différentes pour mieux choisir la forme adaptée aux lieux, gens et projets.

Nous cherchons à construire des habitations qui ont des caractéristiques suivantes (parmi d'autres)

Adaptée au climat

En général pour les zones tempérées les bâtiments devraient être alignés face au soleil pour mieux profiter de la lumière et la chaleur. Un auvent ou véranda, son angle adapté à la latitude sert à protéger le bâtiment du soleil d'été. Dans les zones tropicales les bâtiments devraient être orientés pour profiter des brises qui vont ventiler et refroidir l'intérieur. Ils ont aussi une forme ouverte pour que toutes les pièces soient ventilées.

Parfois les maisons sont construites avec des matériaux qui vont leur donner une masse thermique. En gros les murs et couverture du sol ont un effet tampon sur les changements de température. Une partie de la chaleur en provenance de l'extérieur et celle produite à l'intérieur sont stockées dans la masse des murs et le sol et par la suite, redonnées à l'air de la maison. Ils ont aussi un effet tampon pendant les périodes chaudes, le froid stocké pendant la nuit aide à garder une température confortable pendant la journée. Les maisons traditionnelles de masse thermique ont était construites avec de la pierre, de la terre ou enterrées. Ces traditions continuent et aujourd'hui nous avons aussi le « super adobe » donc construction avec des sacs remplis avec la terre, les « earthships » construits en partie avec des vieux pneus remplis avec de la terre et souvent en partie enterrés. Ces nouvelles approches, surtout le super adobe nous évitons une désavantage des formes de construction traditionnel qui est la besoin des connaissances et expériences profond pour bien le faire.

Les murs face au sud sont chauffés par le soleil mais peu ou rien de cette chaleur est conduit vers l'intérieur ; c'est le soleil qui pénètre dans la maison à travers les fenêtres qui chauffe les murs et dalles sur lesquels le soleil rayonne. Une maison construite plus large que profond profitera mieux du soleil, les pièces utilisées pendant la journée se trouvent devant les pièces comme les chambres. La face au soleil aura des baies vitrées ou des grandes fenêtres. Un plan d'eau devant le sud réfléchira aussi le soleil vers l'intérieur. Pendant les périodes chaudes l'intérieur de la maison peut être protégé du soleil par des volets, par des arbres caducs et l'auvent de la véranda. La véranda peut être aussi en forme de serre et dans la serre nous pouvons installer les cuves d'eau comme expliqué déjà pour les serres.

Nb. Si la température des murs et dalles est de 3°c (ou plus) en dessous de la température de l'air les habitants auront l’impression d'avoir froid. En effet le confort ressenti par les gens par rapport à la température n'est pas entièrement une fonction de la température réelle ; en effet un tiers du confort ressenti est lié à la température réelle et les deux autres tiers étant psychologiques. Les surfaces froides par rapport à l'air donnent aux gens une impression de froid.

Construction en super-adobe, exemple d'une forme de construction 'masse thermique'

Ce système a été développé par l'architecte Iranien Nader Khalili. La méthode est basée sur l'utilisation des tubes en tissus, soit du polypropylène soit de la toile de jute. Ces tubes sont remplis avec de la terre et posés l'un sur l'autre pour former des constructions coniques. Du fil de fer barbelé est posé sur chaque couche de tubes pour fixer la prochaine couche en place. Le tout est couvert par la suite avec un enduit.

Cette forme de construction est rapide, robuste et permet la création de bâtiments de masse thermique, c'est aussi une approche à la portée de la plupart des gens parce qu’il ne demande pas des grandes expertises.

Cette forme de construction nécessite une terre qui n'est pas trop forte en argile. La forme conique est la mieux adaptée et elle est autoportante. Il sera possible d'adapter la technique pour créer d'autres formes comme une construction en ossature bois avec les murs remplis avec des sacs de super-adobe ; mais ce sera peut-être moins résistant et demandera des bonnes connaissances en construction en bois.

Les constructions « légères » gardent la chaleur dans l'air ambiant mais pas ou très peu dans les murs. Quand l'air de la maison est refroidi, par exemple en ouvrant une porte, la source de chaleur, poêle etc doivent tout réchauffer, avec la construction en masse thermique ce processus est beaucoup facilité par le rayonnement de la chaleur depuis les murs et le sol. Idéalement donc c'est bien d'incorporer quelque chose qui a de la masse dans une maison « légère », une dalle isolée du sol, des poêles de masse, ou des bandes construites avec la terre dans lesquelles passe la cheminée.

L'isolation est quelque chose d'important pour les habitations et autres bâtiments dans des zones de climat tempéré. Un isolant thermique est un matériau qui réduit le transfert de chaleur d'une zone chaude vers une zone froide. L'air est un mauvais conducteur thermique et la grande majorité des isolants contiennent des minuscules poches d'air tenues par une structure. Nos vêtements fonctionnent de la même manière et les plus confortables laisse respirer le corps, il y a un transfert d'humidité et de gaz vers l'atmosphère, nos isolants devraient faire la même chose. Par contre l'isolation thermique d'une maison n'est pas quelque chose qu'on va changer régulièrement, il faut qu'elle ne dégrade pas, ne soit pas attaqué par des mites ou autres insectes, ne va pas pourrir et idéalement n'est pas un lieu propice aux rongeurs. Les isolants ont quand même une durée de vie et il faudra bien les remplacer à moment donné. Il est alors important de ne pas donner des déchets nuisibles aux futures générations. Ces principes nous aideront à choisir un isolant parmi les différents types disponibles ou encore mieux à faire notre propre isolant avec des matériaux disponibles ou produits localement. Des exemples sont la laine, le chanvre ou d'autre type de fibres ainsi que les vêtements recyclés.

Maison en ballot de paille, exemple d'une forme de construction 'masse leger'

Cette tradition de construction vient du Kansas aux États Unis où il n'y avait que très peu de bois et des pierres mais de la prairie en abondance. Une partie de ces prairies a été transformée pour la production du blé. L'invention d'une machine capable de créer des ballots de paille a donné une ressource utile pour la construction. Les ballots de paille ont plusieurs caractéristiques intéressantes pour la construction :

- comme ils contiennent de l'air ils sont un isolant thermique ;

- dans beaucoup d'endroits ils peuvent être produits sur place

- ils résistent bien au feu,

- la construction d'un bâtiment peut être rapide et les techniques sont relativement simples et à la

portée de beaucoup de gens. Des tests récents ont montré qu’un bâtiment bien construit résiste bien aux tremblements de terre.

Diffèrent des autres formes de construction, c'est une approche qui s'adapte à beaucoup de climats différents, mais il y a des zones où ce ne sera peut-être pas la solution adaptée. Par exemple les zones inondables, les endroits où la culture du blé n'est pas adapté, les zones tropicales et les endroits comme souvent en Afrique où il sera difficile de protéger les ballots contre les attaques des insectes comme les termites. Il faut aussi protéger les ballots contre la pluie et ça se fait pour la plupart avec un enduit en terre ou de la chaux et sable ; il faut donc qu'un de ces matériaux soit disponible localement.

Confortable et ergonomique Qu’une habitation ne soit ni trop froid ni trop chaud, bien éclairé à l'intérieur, bien ventilé et en général confortable, cela semble évident mais il y a d'autres considérations. L'approche dans la permaculture c'est de regarder l'utilisation de chaque pièce pour faire une conception et par la suite une construction adaptée à ces utilisations. Si nous prenons comme exemple la cuisine il y a plusieurs considérations.

Des cuisines sont des lieux où les repas sont préparés, la nourriture est transformée pour la préserver ; souvent les repas sont consommés ici et ce sont des lieux de rencontres et de convivialité. Les endroits consacrés à la préparation et transformation de la nourriture devraient être ergonomiques avec suffisamment de surface pour que la préparation soit facile à faire. C'est mieux d'avoir plusieurs étagères qui ne soient pas trop profondes, sinon ce qui est derrière est caché par les choses placées devant. La redondance est un principe de base dans la permaculture ; alors il y aura au moins 3 moyens de cuisiner si la cuisson est pratiquée par les habitants. Un poêle multifonction permettra la cuisson, mais aussi de chauffer l'espace et de chauffer l'eau du ballon. La hauteur du plafond est en relation avec la taille de la pièce, trop haut et c'est moins intime et plus difficile à chauffer, trop bas et ça donne une impression d'être serré et confiné.

Adapté au gens et leurs cultures La forme d'un bâtiment peut suivre les traditions du lieu qui ont souvent évolué pour être bien adaptées aux exigences climatiques locales. Après il y a d'autres considérations. Dans les endroits plus chauds il y a souvent plus d'activités dehors, chez certains la tradition est d'être assis par terre et pas à table, certains cultures sont nomades, d'autres majoritairement sont sédentaires. Une liste exhaustive sera très longue, il suffit de dire qu’un concepteur en permaculture prendra en compte les besoins et désirs des gens qui vont se servir du bâtiment.

Multifonctionnel Adaptable et modulable; en effet, le fonctionnement de l'habitation peut changer. Par exemple si c'est un lieu familial avec des enfants, ils vont grandir et leurs besoins d'espace vont changer. A l'adolescence ils auront souvent envie de plus de vie privée donc c'est bien si la maison est modulable pour mieux répondre à ces changements de besoins.

Esthétique Il y deux considérations principales : les désirs du gens du projet mais aussi la situation du lieu. La construction d'une forme de bâtiment trop différente des formes traditionnelles locales peut nuire aux relations entre les gens du projet et leurs voisins. La décision pour un style de bâtiment sera un compromis entre les désirs esthétiques du gens, le prix de la construction, sa faisabilité et sa fonctionnalité.

Autonome autant possible en énergie, eau et traitement de déchets Il nous faut des bilans sur les besoins en énergie, eau, eau chaude et la quantité de déchets. (voir feuille de conception et les chapitres sur l'eau et l'énergie.)

Un minimum d'empreinte écologique L'idéal c'est la construction de bâtiments avec des matériaux qui ne détruisent pas l'environnent dans leur production, utilisation et éventuelle disposition. C'est mieux si la production de ces matériaux n'épuise pas les ressources non-renouvelables de la planète.

Exemple. La chaux est le nom donné à une matière obtenue par combustion du calcaire à des températures autour de 1000°C. La chaux est souvent considérée comme un matériau « écologique » et par rapport à la production du ciment son bilan écologique est moins important. L'énergie qui est nécessaire pour chauffer le calcaire à 1000°C vient pour la plupart des sources non-renouvelables et cela nécessite 20kwh pour chaque tonne de la chaux produite. (LIME By M. Michael Miller). La roche calcaire vient des carrières donc son extraction nécessite la destruction d'un paysage. Ça ne veut pas dire que nous ne devrions pas utiliser de la chaux, en effet c'est possible de le produire soi même. Mais quand nous prenons un choix nous devrions prendre en compte tous les impacts environnementaux de ce choix.

À la fin de ce processus d'évaluation nous aurons les résultats suivants:- un bilan fait des bâtiments existant, leur état et les travaux à faire pour les mettre en bon état. Un bilan fait sur des bâtiments qu'il sera nécessaire de construire, leur positionnement sur le lieu et leurs formes.

Des décisions prises sur comment ces structures seront interconnectées avec les systèmes d'eau, production de la nourriture et production d'énergie.

Les bâtiments sont ou créent des microclimats, leurs effets seront pris en compte et ces effets intégrés avec la production de nourriture.

Chapitre 9

Villages, hameaux et lotissements.

Nos habitations sont souvent groupées en lotissements, hameaux et villages. Pour la suite j’utilise le terme village pour parler de ces différentes formes. Ces groupements se sont formés historiquement pour une variété de raisons différentes mais très souvent pour l'entre-aide que peuvent s’apporter l'un l'autre les habitants. La base économique de beaucoup de villages était l'exploitation des ressources naturelles, par l'agriculture, la foresterie et la pêche marine. Dans les villages plus grands et les petites villes se trouvaient les marchés. Les changements socio- économiques depuis « la révolution industrielle » ont vu une forte migration des individus vers les villes, ce mouvement continue aujourd'hui. Dans beaucoup de pays il y a nombreux villages et hameaux qui sont entièrement abandonnés ou qui survivent mais avec une population très réduite par rapport à autrefois. Plus récemment dans certains pays il y a u