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Université Paris 6 P. et M.

Curie 2006–2007
LM231

Corrigé de l’examen du 25 Mai 2007

Question n˚1
On tire 4 fois de suite une boule avec remise dans un urne contenant 10 boules numérotées. A chaque
tirage, on a 10 choix possibles, on prend alors comme espace de probabilité Ω = {1, . . . , 10}4 , de cardinal
|Ω| = 104 , que l’on munit de la probabilité uniforme.
a) Soit A = "Obtenir quatre nombres dans un ordre strictement croissant". On a A = {(x1 , . . . , x4 ) ∈
Ω| x1 < x2 < x3 < x4 }, c’est-à-dire A est l’ensemble des parties à 4 éléments de l’ensemble {1, . . . , 10}.
C4
D’où, |A| = C410 , et P(A) = 10104 .
Remarque : Il s’agit bien ici de C410 et non de A410 , bien que les tirages soient ordonnés. En effet, la
donnée de quatre nombres distincts ne conduit qu’à une seule suite ordonnée par ordre croissant.
b) Soit B = "Obtenir quatre nombres dans un ordre croissant". On a B = {(x1 , . . . , x4 ) ∈ Ω| x1 ≤
· · · ≤ x4 }.
- 1re méthode : Soit (x1 , . . . , x4 ) ∈ B. En posant,

y1 = x1 , y2 = x2 + 1, y3 = x3 + 2, y4 = x4 + 3,

on obtient une suite strictement croissante 1 ≤ y1 < y2 < y3 < y4 ≤ 13. Ainsi B est en bijection avec
l’ensemble des parties à 4 éléments de l’ensemble {1, . . . , 13}, i.e. avec {(y1 , . . . , y4 ) ∈ {1, . . . , 13}| y1 <
C4
y2 < y3 < y4 }. D’où, |B| = C413 , et P(B) = 10134 .
- 2e méthode : On décompose B en une partition de quatre événements incompatibles, selon qu’il y
ait ou non des nombres distincts dans la suite obtenue. Soient

B4 = "4 nombres distincts croissants", B3 = "4 nombres croissants dont 3 distincts"


B2 = "4 nombres croissants dont 2 distincts", B1 = "Obtenir le même nombre".
4
[ 4
X
On a alors B = Bk , et Bi ∩ Bj = ∅ pour i 6= j, et donc P(B) = P(Bk ). Or,
k=1 k=1

|B4 | = C410 (comme dans la première question),


|B3 | = 3 C310 (C310 choix des 3 nombres, et à chaque choix correspond 3 tirages ordonnés possibles),
|B2 | = 3 C210 (C210 choix des 2 nombres, et à chaque choix correspond 3 tirages ordonnés possibles),
|B1 | = C110 = 10.

D’où,
3
C410 3 C310 3 C210 C110 X Ci C4−i
3 10 C413
P(B) = + + + = = ,
104 104 104 104 i=0
104 104
par l’identité de la loi hypergéométrique.
c) Soit C = "Obtenir le nombre 3 au moins une fois". Le complémentaire de cet ensemble est C c =
"Obtenir aucun 3". On a alors |C c | = 94 , puisque à chaque tirage, on choisit n’importe laquelle des 10
9 4
boules, sauf la 3. D’où, P(C) = 1 − P(C c ) = 1 − 10

.
d) Soit D = "La somme des nombres obtenus est égale à 13". On a

D = {(x1 , . . . , x4 ) ∈ Ω| x1 + x2 + x3 + x4 = 13}.

1
Soit (x1 , . . . , x4 ) ∈ D. En renumérotant les boules,

y1 = x1 − 1, y2 = x2 − 1, y3 = x3 − 1, y4 = x4 − 1,

on obtient D = {(y1 , . . . , y4 ) ∈ {0, . . . , 9}4 | y1 + y2 + y3 + y4 = 9}. Le cardinal de D est alors le nombre


C9
de combinaisons avec répétitions, i.e. |D| = C912 , et P(D) = 10124 .

Question n˚2
Soit Ci = "la i-ème personne est une femme citadine" = Aci ∩ Bi . On introduit les v.a.
(
1 , si la i-ème personne est une femme citadine
Xi = 1Ci =
0 , sinon.

Les v.a. Xi suivent la loi de Bernoulli de paramètre P(Ci ) = P(Aci ∩ Bi ) = P(Aci )P(Bi ) = (1 − p)q, par
indépendance des événements Ai et Bi . Soit N = X1 + · · · + Xn la v.a. égale au nombre de femmes
citadines parmi les n personnes considérées. N est alors la somme de n v.a. indépendantes, et de même
loi de Bernoulli de paramètre (1 − p)q, donc N suit la loi binomiale de paramètres n et (1 − p)q, i.e.
k n−k
P(N = k) = Ckn (1 − p)q 1 − (1 − p)q , pour k = 0, . . . , n.

X linéarité, on a E(N ) = E(X1 ) + · · · + E(Xn ) = nE(X1 ), les v.a. Xi ayant même loi. Or E(Xi ) =
Par
k P(Xi = k) = P(Xi = 1) = (1 − p)q. D’où, E(N ) = n(1 − p)q. Par indépendance des v.a. Xi ,
k=0,1
n
X 2
on a Var(N ) = Var(Xi ). Or, Var(Xi ) = E(Xi2 ) − E(Xi ) , et E(Xi2 ) = E(Xi ) = (1 − p)q, d’où
i=1 
Var(N ) = n(1 − p)q 1 − (1 − p)q .

Question n˚3
On choisit au hasard r objets parmi n. On prend pour espace de probabilité Ω l’ensemble des parties
à r éléments de l’ensemble {1, . . . , n}, de cardinal |Ω| = Crn , que l’on munit de la probabilité uniforme.
a) {Xi = 1} signifie que l’objet numéroté i a été choisi. Il reste donc r − 1 objets à choisir parmi
Cr−1
les n − 1 objets restants. D’où, |{Xi = 1}| = Cr−1 r
n−1 , et P(Xi = 1) = Crn = n . Xi suit donc une loi de
n−1

Bernoulli de paramètre nr . De même, pour i 6= j, {Xi = 1, Xj = 1} signifie que les objets numérotés i et j
Cr−2
r(r−1)
ont été choisis, et il reste r − 2 objets à choisir parmi n− 2. D’où, P(Xi = 1, Xj = 1) = Cn−2
r = n(n−1) . On
n
remarque que P(Xi = 1, Xj = 1) 6= P(Xi = 1)P(Xj = 1), et donc que Xi et Xj ne sont pas indépendantes.
On a pour i 6= j, cov(Xi , Xj ) = E(Xi Xj ) − E(Xi )E(Xj ). Or,
X r(r − 1)
E(Xi Xj ) = xy P(Xi = x, Xj = y) = P(Xi = 1, Xj = 1) = .
n(n − 1)
x,y∈{0,1}

r(r−1)
D’où, cov(Xi , Xj ) = n(n−1) − ( nr )2 = nr n(n−1)
r−n
.
b) Soit S = i=1 Xi . Par linéarité, E(S) = ki=1 E(Xi ) = k nr . On a,
Pk P

k
X X
Var(S) = Var(X1 + · · · + Xn ) = Var(Xi ) + 2 cov(Xi , Xj )
i=1 1≤i<j≤k
r r r r−n r n − r k − 1
=k 1− + k(k − 1) =k 1−
n n n n(n − 1) n n n−1
r n−rn−k
=k .
n n n−1

2
Question n˚4
Soit Sn le nombre de fois où l’on a obtenu face lors d’une série de n lancers d’une pièce équilibrée, les
lancers étant supposés indépendants. Sn suit alors une loi binomiale de paramètres n, 12 . On a E(Sn ) = n2 ,
et Var(Sn ) = n4 . La fréquence de face est alors Fn = Snn . On cherche le plus petit n tel que P(0, 48 <
Fn < 0, 52) ≥ 0, 95. On a,
P(0, 48 < Fn < 0, 52) = P(0, 48n < Sn < 0, 52n) = P(−0, 02n < Sn − 0, 5n < 0, 02n)
√ Sn − 0, 5n √
 
= P − 0, 04 n < √ √ < 0, 04 n
n 0, 25
Z 0,04√n
1  x2 
≈ √
√ exp − dx,
−0,04 n 2π 2
R 0,04√n 2
par le théorème central limite (ou le théorème de Moivre-Laplace). Or, −0,04√n √12π exp(− x2 )dx =

R 0,04 n 1 Rt
2 2
−1 + 2 −∞ √

exp(− x2 )dx. Posant ϕ(t) = −∞ √12π exp(− x2 )dx, on cherche donc le plus petit n tel
que √ √
−1 + 2ϕ(0, 04 n) ≥ 0, 95, i.e. 0, 04 n ≥ ϕ−1 (0, 975).
D’après la table numérique de la loi normale, on a ϕ−1 (0, 975) = 1, 96. On obtient alors n ≥ ( 1,96 2
0,04 ) , et
donc n = 2401.

Question n˚5 P
a) E(X) = x≥0 x(1 − a)ax = x≥1 x(1 − a)ax = (1 − a)a x≥1 xax−1 . En reconnaissant la série
P P
1
dérivée de la série géométrique x≥0 ax = 1−a , on obtient E(X) = (1−a)a a
P
(1−a)2 = 1−a . De même,

X X 2 2a2
E(X(X − 1)) = x(x − 1)(1 − a)ax = (1 − a)a2 x(x − 1)ax−2 = (1 − a)a2 = ,
(1 − a)3 (1 − a)2
x≥2 x≥2

en reconnaissant la série dérivée seconde de la série géométrique. D’où,


2 2 a
Var(X) = E(X 2 ) − E(X) = E(X(X − 1)) + E(X) − E(X) = .
(1 − a)2
b) Par indépendance de X et de Y , on a f (u, v) = E(uX v Y ) = E(uX )E(v Y ). En effet, par indépendance
de X et de Y , la loi du couple (X, Y ) est le produit des loi de X et de Y , et on a
X X
E(uX v Y ) = ux v y P(X = x, Y = y) = ux v y P(X = x)P(Y = y)
x,y≥0 x,y≥0
X  X 
= ux P(X = x) v y P(Y = y) = E(uX )E(v Y ).
x≥0 y≥0

La fonction génératrice de la loi géométrique est pour tout 0 ≤ u < 1,


X 1−a
E(uX ) = ux (1 − a)ax = .
1 − au
x≥0

1−b 1−a 1−b


De même, E(v Y ) = 1−bv , pour tout 0 ≤ v < 1. On obtient donc f (u, v) = 1−au 1−bv . La fonction
génératrice de la v.a. Z = X + 2Y est alors donnée par
(1 − a)(1 − b)
E(uX+2Y ) = E(uX (u2 )Y ) = f (u, u2 ) = .
(1 − au)(1 − bu2 )
a 2b
c) Par linéarité, E(Z) = E(X) + 2E(Y ) = 1−a + 1−b . Par indépendance de X et de Y , on a
a 4b
Var(Z) = Var(X + 2Y ) = Var(X) + Var(2Y ) = Var(X) + 4 Var(Y ) = 2
+ .
(1 − a) (1 − b)2