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Thème 1 – Vers un

renouveau des politiques


libérales dans un
contexte de
mondialisation:
la remise en cause
des politiques
interventionnistes
Introduction:
• La politique économique peut être défini
comme l’ensemble des décisions des
pouvoirs publics qui visent à orienter
l’activité et les équilibres économiques
dans un sens jugé souhaitable aux yeux de
tous.
• La politique économique est la discipline
qui s'occupe des choix stratégiques que
l'Etat doit faire et des instruments qu'il
peut employer afin de corriger les
déséquilibres conjoncturels et structurels
qui peuvent exister dans une économie .
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POLITIQUE BUDGETAIRE ET FISCALE
Rééquilibrage du
+ déficit public ex budget ex post + rentrées fiscales
ante

+ dépenses publiques - impôts

+ Revenus distribués
par l’État (salaires des + investissements + assiette fiscale
- Impôts payés par - Impôts payés par
fonctionnaires, publics (grands
les ménages (TVA les entreprises
revenus sociaux …) travaux)
…)

+ consommation + Investissement + Investissement

+ production
+ demande globale + emploi - chômage
(CROISSANCE)

- Coût du crédit
+ consommation + revenus

- Taux d’intérêt

POLITIQUE
MONETAIRE

POLITIQUE KEYNESIENNE DE RELANCE (SOUTIEN DE LA DEMANDE)


Source : J.Ganachaud - Lycée Pasteur LE BLANC – Académie d'Orléans-
Tours
Partie I –
L'échec des
politiques
conjoncturelle
s selon les
libéraux
I – Constat : la
dérive des
finances
publiques
A – L'augmentation des dépenses publiques
B – Plus rapide que les recettes publiques

Source Rapport Pebereau : rompre avec la facilité de la dette publique,


2005
3- Crée un déficit budgétaire

Solde budgétaire français en pourcentage des recettes publiques


L'évolution du déficit public et les
prévisions jusqu'en 2018
II - Comment
financer
le déficit
budgétaire ?
A – Le financement
par l'endettement
* Montant multiplié par 10
1 - LE CONSTAT
L'évolution de la dette publique en
France depuis 1978
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2 – la conséquence :
La dette publique
chasse
l’investissement
privé:
l'effet d’éviction
Relation dette-croissance
(moyenne sur la période 1992-2004)
140

120

100
taux d'endettement moyen

80

60

40

20

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8

taux de croissance annuel moyen


Les enseignements selon les libéraux:
1. L’explosion de la dette est un phénomène généralisé
2. Le recours à la dette permet d’accroître les dépenses
plus que le recours à l’impôt (myopie)
3. Ce mouvement a été favorisé dans un premier temps
par des conditions favorables au financement de la dette

4. Les dépenses engagées sont en grande partie des dépenses


« improductives » (renforcé par un effet d’éviction net)

5. Les pays endettés ont en général une croissance plus


faible et une fiscalité plus lourde

6. Le risque de recourir au financement monétaire est grand


B – Le financement
monétaire des déficits
publics et de
l'endettement produit
de la stagflation : les limites
d'une politique monétaire
Expansive selon Milton Friedman
1 – la situation des années 70

La théorie habituelle nous explique que l'inflation réapparaît dans les


économies où les taux d'endettement sont excessifs. En ce qui concerne la
dette publique, l'inflation résulte de la monétisation, c'est-à-dire du rachat de la
dette publique par la Banque Centrale à partir de la création monétaire. En ce
qui concerne les dettes privées, l'inflation permet normalement d'obtenir la
solvabilité des emprunteurs en réduisant les taux d'intérêt réels.
Si la dette publique est excessive, les investisseurs ne veulent plus acheter de
dette publique supplémentaire. La seule solution est alors que la Banque
Centrale monétise la dette publique, c'est-à-dire achète une partie de la dette
publique en finançant ces achats par la création monétaire.
La création monétaire supplémentaire fait alors apparaître de l'inflation , et
cette inflation réduit l'accumulation de dette publique par deux mécanismes :
− elle réduit le taux d'intérêt réel ;
− elle fait apparaître une taxe inflationniste basée sur les encaisses
monétaires qui finance une partie du déficit public.
Ce type de mécanisme de monétisation s'est par exemple observé dans les
années 1970, ou il y a inflation, croissance monétaire rapide et taux d'intérêt
réels négatifs dans les pics d'inflation d'où la baisse du taux d'endettement
public aux Etats-Unis et très fortement, au Royaume-Uni

Source : P Arthus, natixis, mai 2008 : L'inflation récente est-elle le phénomène


monétaire habituel des économies trop endettées ?
2 – les explications de Milton Friedman
• Friedman avance trois raisons pour expliquer le fait que l'Etat
augmente la quantité de monnaie plus vite que la production.
– " La première qui a prévalu pendant des siècles, consiste à
dire que le gouvernement se trouve dans l’obligation
d’augmenter ses dépenses alors qu’il n’est pas en mesure
d’augmenter officiellement les impôts. Il est par
conséquent amené à appliquer une forme d’imposition
indirecte, à travers l’inflation. "
Commentaire: L’Etat, n’ayant pas la volonté ou la possibilité
d’arbitrer entre les différentes dépenses, recourt à un
financement monétaire du déficit pour éviter une hausse des
impôts. Cette création monétaire, déconnectée par rapport au
niveau de production, est inflationniste. Il s’agit d’une
imposition détournée dans la mesure où l’inflation diminue le
pouvoir d’achat des agents économiques et ce qui n’a pas été
obtenu directement par une hausse des impôts ou une baisse
des dépenses l’est par l’inflation. Il y a prélèvement car les
revenus ne suivent pas ou avec retard la hausse des prix.
Friedman déclare aussi que l’inflation profite à ceux qui ont
des dettes dans la mesure où l’inflation allège le poids des
intérêts qu’ils ont à verser.
" La seconde raison de l’inflation,
beaucoup plus récente celle-là,
tient à l’objectif du " plein emploi ",
qui a donné lieu à la politique du
même nom. "
– On trouve ici la critique d’une politique keynésienne de
relance économique, basée sur un accroissement du déficit
public financé par la création monétaire, ce qui se
rapproche de la première raison. Toutefois Friedman
reconnaît l’existence à court terme d’un impact de la
création monétaire sur la croissance, mais cet impact est
de courte durée et les maux inflationniste reprennent vite
leurs droits. Friedman ne justifie pas la courbe de Phillips,
selon laquelle l’augmentation de l’inflation -donc de la
masse monétaire au préalable- conduit à une baisse du
chômage ;pour lui chômage et récession ne sont que les
effets du remède contre l’inflation et les remèdes à
l’inflation.
• " une troisième raison(...) tient aux
erreurs commises par les banques
centrales. "
– M.Friedman n’accorde pas une confiance
illimitée aux autorités monétaires, quel que
soit leur degré d’indépendance vis à vis du
pouvoir politique, aussi conclut-il à la
nécessité d’une croissance limitée et
programmée de la masse monétaire.
" l’inflation est toujours et partout un
phénomène monétaire, qu’elle n’est pas
inévitable en période de développement
et que, dans des conditions normales,
l’inflation peut difficilement promouvoir
le développement, même si ce peut être
une panacée provisoire  »
3 - les solutions préconisées par Friedman

Ces règles comprennent, outre la discipline monétaire, la


stabilité des dépenses et des paiements de transfert des
gouvernements, qui ne doivent pas être utilisés comme moyen
de stabilisation de l’économie, et celle des taux d’imposition et
de taxation, dont l’objectif doit être l’équilibre budgétaire.
A cela, Friedman ajoute en 1960 sa fameuse règle monétaire
qui est devenue, pour beaucoup, le symbole du monétarisme:
pour assurer la stabilité des prix, le seul moyen est de
soustraire les variations de la masse monétaire à la décision
arbitraire des autorités politiques. Le taux de croissance de la
masse monétaire doit être stabilisé en fonction du taux de
croissance à long terme du produit national brut.
Friedman propose même que cette règle soit inscrite dans la
constitution, de manière à la soustraire à l’arbitraire des
décisions politiques.
C – l'augmentation de la fiscalité :
l'analyse de Laffer
Ce qu’on appelle économie de l’offre est un mouvement de
pensée circonscrit, associé aux changements dans la politique
économique américaine sous la présidence de Ronald Reagan, au
point qu’on l’identifie parfois à ce qu’on a baptisé la
«reaganomics».
Avant d’être élu président des Etats-Unis, Reagan avait été gouverneur
de Californie. Un mouvement populaire de révolte contre l’impôt,
soutenu par des économistes, a abouti dans cet Etat au vote de la
fameuse proposition treize, en 1978, qui prévoyait une réduction
importante des taxes sur la propriété.
Cette fronde des payeurs de taxes s’est étendue aux Etats-Unis.
L’année suivante, Arthur Laffer et Jan P. Seymour ont publié The
Economics of the Tax Revolt
On y trouve la courbe qui porte le nom de Laffer, selon laquelle le
rendement de l’impôt augmente puis diminue au fur et à mesure que la
pression fiscale augmente.
La courbe de Laffer
100

Tax rate (percent)

0
Tax revenue (dollars)
100

Tax rate (percent)

0
Tax revenue (dollars)
100

n
Tax rate (percent)

0
Tax revenue (dollars)
100

n
Tax rate (percent)

m m
Maximum
Tax
Revenue
l

0
Tax revenue (dollars)
la fiscalité: des objectifs potentiellement
contradictoires
• Toutes les taxes (ou presque) faussent la «vérité des prix»
(coin fiscal = écart entre la valeur des ressources et ce
qu’elles rapportent) entraînant des effets non souhaitables à
l’origine de distorsions économiques:
– Les impôts frappant les ménages à travers:
• Les revenus du travail ⇒ loisir ↑ ou émigration ↑
• Les revenus du patrimoine ⇒ consommation ↑ et
épargne↓
• Les biens de consommation ⇒ altération des choix
– Les impôts frappant les entreprises à travers:
• Les bénéfices: investissement ↓ ou délocalisation ↑
• Les charges salariales: substitution travail-capital

• Équité et efficacité souvent antinomiques:


– IR: équité ⇒ progressivité, or efficacité ⇒ dégressivité pour
ne pas décourager le travail des plus productifs
– IS: croissance ⇒ investissement ⇒ faible imposition de
l’épargne, or ce sont les riches qui épargnent 30
Vérification empirique de
la courbe de Laffer

hamid AMIFI Politiques economiques------ CPA


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Partie II - Les
contraintes extérieures
dans le cadre de la
mondialisation
aggravent l'inefficacite
des politiques publiques
A -la rem ise en cause d es politiques de relan ce keyné

Dépréciation du taux de
change inflation importée
Ralentissement de la croissance : hausse du
stagflation chômage
Les limites de l’intervention publique
Rappelons ce qu'est une externalité (au niveau international) : c'est l'effet des
décisions prises dans un pays sur le bien être des autres pays.
• En l'absence d'externalités, les politiques peuvent être choisies pays par
pays ;
• en présence d'externalités, il y a nécessairement coordination
internationale.

Pour nous, la mondialisation consiste en la multiplication des externalités :


de plus en plus, les décisions prises dans un pays (émergent ou avancé) ont
un effet important sur les autres pays. Nous allons donner quelques
exemples :
• − politiques salariales, de change, commerciales ;
• − politiques fiscales et sociales,
• − consommation de matières premières, émissions de polluants,
• − politiques influençant les taux d'épargne,
• − politiques monétaires et de création de liquidités.
• B- La solution
A
P
P
R
E
C
I
A
T
I
O
N

D
E

L'
E
U
R
O

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