Vous êtes sur la page 1sur 27
| ra | LEO FROBENIUS Histoire de la CIVILISATION AFRICAINE sraduit par D'H. BACK et D. ERMONT GALLIMARD 5 Patis — 43, ruc de Beaune AVANT-PROPOS Gest avec des proportions gigantesques et sans cesse croissantes qwapparait ¢ Uhomme vivant aujourd'hui, délioré des issants qui ne lui laissaient voir que des fins définies, et sol tune conception nouvelle, —- lunité de la civilisation humaine. Le regard du chercheur distinguait jus: fel la spiritualité greeque, 1a 1a spirit ‘Sconomie européen présent 6 de Vancien Mexique; fa Tes images de Tare le falt que la vie organique sudit des fluctuations et des changements continuels. Maintenant seulement nous voyons clatrement que des mondes entiers danimaur se sont suecédé au cours de Uhis- de la terre, les uns surgissant ion procédant toujours du mi fion (voir Schicksalskunde, p. 58). C'est par la sur-spécialisation qu’ont disparu les ammonites, les trilobites, les sauriens et d'autres espéces qui peuplaient jadis le monde, de notre ton se flétri les trite bites. Bm nous lult la premiere aube du image de la ville immense auee ses millfers d'édifices s'évanouit. Nous com- mengons & percevoir Tes contours dune autre image. La pensée 8 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRIGAINE, surspéctalisée dans la recherche des buls se meurt et fait place a une imputsion nouvelle vers la compréhension du sens de ld ole Au lew de se perdre dans les détails, on se retronve dans Vuntté Liédifice apparait, avec ses proportions gigantesques et sans cee erotssantes, et son immensité dépasse toute imagination, Le respect et Lémotion nous font douter non seulement de la réalilé de celle mer, le, mais qu’elte soit méme composée de faits solides. Il faut de ta furdiesse et du courage pour contempler, a travers. les’ fantdmes idées des sikctes passés, le monde grandiose. qu et pour plonger alors son regard dans les. pr ws de Comment Vobservatenr ne craindrait-il pas que le spectacle ses yeux ne finisse par se dissiper Comme une fumée? Me de ne suis pas libre de cette crainte. Mats, dan lire, Fal osé me délivrer des derniers restes de Vanctenne conception et mabandonner au besoin nouvean de saistr la signification, A sest affirmée d'elle-méme la nécessité de poser non seulement Uhlstorre de la civilisation d'un seul continent, mals les principes d'une histoice gique de la civilisation. Leo Fromrxies, Francfort-sur-le-Main, aoat 1993, PREMIERE PARTIE CONTEMPLATION LIVRE PREMIER, — NOTRE PLAN DB VISION 1 Que voyons-nons? Comment voyons-nous? | tees sont les questions qui ne cessent de nous obsédey nous autres | enfants dune Gpoque sitaée an lournant dan siete et Gane procédoas d'un sens de Vordre, det fla et des vest Bion of qu avons eu pour sageemie tne conception du monde ds caractise singulrenat semsiable 4 ea dan antioreur. de Cheating de Yer, Objecvité signa sors dans Vobservation, n’avait atteint une telle ¢virtuosité >! Et cela non seulement pour Vobservation de la nature, mais aussi pour les travaux philosophiques et historiques. Mais la vue d’ensemble des phénoménes et la pénétration & travers les faits jusqu’a In réalité intérieure restaient inaecessibles 4 Vhumanité. Par un travail forcené elle acquérait une vision générale de la surface, mais non une vue intuitive en profondeur, Elle n'aboutissait qu’ une reproduction extrémement fine, en miniature, de le surface du monde. La surface! le grand champ offert & Vactivité de "homme, & sa diligence, & sa joie de collectionner, a son désir d’accumuler! La surface de la terre surtout; la connaissance de tous les continents et de toutes les iles, des montagnes, des systtmes fuviaux, du mécanisme séologique, des ‘végétaux, des animaux, des races humaines. A cela, 12 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE n'y ait plus de Iacunes. Une vision totale, tel était Ie grand mot AZ jour au nom duguel on emplissait a deborder les alles des palais ft ica armoires dex musées Lietude de In surface se. poursuivalt inexorsblement. 1immensté des données sconmulées of eur clasifeation sant cease pls pouss fsisatent aur esprit une impression prodigieuse ‘et devenalent un élément décisif tion a Festime Le domaine of I vue semblait porter le plus loin était eeful de ta péndtration des. civilisations, partculierement celles des peuples Erangers, et de Vethnologie proprement dite. A cet dgard, Ia «mole. fon de ce temps Eveilles toujours admiration de la postérita. Les Ginecteurs de morées asaient a flamme du desir de connaltre. Les xploratours et les collectionneurs obeissaient appel. Note ssience inmen de vue de Ta multitude des sr classification; vout at moins pour ee qUl appar tenait a la surface. _ Heed Mats & present nous devons consldérer un eas particulier. u Que signifi pour nons Afrique? Pour nous, hommes du miliew du xx" si Cette question trouve plas aisément sa réponse, st nous demandons en. meme temps: sete pour nous que Vase? Lase avec sats frande complexite en tant que partie du monde, en tant que mére {eimuttiples efilisations et de multiples religions, et méme, selon ce=- tains, en tant que mére de Phuimanite. 17Asie avee ses races Jaunes, branes, noires, blanches, avee som hiver éternel au Nord, son éternel ete au Sud! ‘A‘ses cOtés sétend PAfrique pareille 4 un gtant massif et rode on 4 tm loc de pate compact. Immense et amorphe. Au Nord et av Sud des" déserts, au centre des savanes et des foréts; des hommes. not- Fittes ou chocolst dans les pays @il centre, bruns on blancs, mais brilés du sole, vers Te Nord: Ge continent, qy'a-til donné & Phuma- nite? L’Egypte? Mais ce singolier jerdin de feurs est st bien fermé tm Iuisméme, si bien sépart da reste de cette partie du monde, et si “hui encore nous ne pouvons nous décider A'Yenetore dans «notre Afrique >. La civilisation égyptienne me. viendralt voisin, de TAsie Occidentale? Ne reeueilions-nons pas. chaque Te nodveanx indices du fait que Babylone, Ia civilisation sumérienne de 1a Mésopotamfe, est plus ancienne que tout ee qui prit naissance dans la vallée du Nil? Qi?un vent Piatuences asiatiques soit parvent jusqu'a HEgypte voisine, sans ateindre ni téeonder fe sein méme du feant de PAfrique massive, crest tn fait gut nous est confirm par He pas plutdt d'un pays NOTRE PLAN DE VISION 3 des analogies postérieures. Les Phéniciens venus de Asie Occidentate wer renee ss Pete a Petite Afrique et plantérent le germe de la caller Carthage. Leo Arabes ef Uislam, venus egaTement de Asie Beneutale, en submorgeaat LAfrique du Nord rent naltre en Egypte iguvelle dre de splendeur et un nouvea style de vie, et créerent fats dns Tes pays de In Méditerranée. La Tegende se plait uc ics vastes empires eles. grandes villes du Soudan tefont point autre chose que Feuvre de ces Arabes et de Vislam. alte Ronception fut acueptee de confance ot pe se. vit jamais opposer de doutes séricux. Bn effet, qu jonner dessentie We ciilsation, ce desert désert, quon Vappelle Sahara, desert de Lybi Gagtaut un e pays mort >, wae mer de sob e auveits imitée ou Vardeur bedtante du soll tue la vie ida Nord. el du NordcEst ne sontils pas tels ra bégard de a civilisation jal Wabsovber pour se dessécher de pierres, de rochers, ‘comme une éponge capable se & nouveau? Cela quant au désert de VAfrique du Nord et aux pays africains les fa bassin de la grande civilisation historique ("Asie ia Méditerranée), Mais quelle est notre notion vulgaire de la vaste Afrique Noire, plus au Sud? Un ciel dlacier gris bleu au-dessus d'une savane illimitée, un sol rouge, une herbe de couleur sombre, de Vherbe, encore de Vherbe, fa et 1A an acacia parasol — ch et 1d un misérable village nésre, Guelques buttes rondes au toit de chaume en forme de cOne arrondi Ai'sommet, quelques indigtnes de couleur chocolat, vétus de haillons, dde pagnes et de peaux de betes, armés dares et de fléches; quelqu: femmes aux seins mous et ballotants, qui_pilent ‘mouvement dans les mortiers — des. poules et des chévres demi morts de faim; tel est le theme d'une ‘me dans un film chaque jour, semaine, toujours dans le méme rythme; sans cesse les mémes Teg memes impressions mornes et obsédantes jusqu's flisse sur Yeau dans un canot experiences, Pepuisement. De temps en temps, secoue par ies Tapides, on rencontre une compagnie de gibier, on Voit déboucher tin troupeau de detail, on croise de petits hommes 2s d'avoir bu trop de biére : telles sont les distractions occa- ‘pres ainsi que Ia plus grande partie de Vhuma- e representait encore, voiel une genération, es voyage du Sénégal 4 Abyssinie ot de nité européenne ‘melpaux ineidents d’ forét! Des arbres d’un vert sombre, hauts de xante-dix métres, et réunis ins fleurs auedessus d'un marais 1 Iourde, étouffante, sans luminosité, cd el ‘quadrangulaires en paille tressée, une foule nes trés savages, enelins lanthropophagie, des jardins cinquante, soixar entrelacées, un tout cela d'une monotone uniforiité, jusqu’a ce ‘ane largeur fabuleuse, avee’ des hippopotames, des Danes de sable, des dléphants, des herons, vieune couper Tarmatere dela foret Les vastes dtendues bolsées de TOuest et du grand bassin ‘tu Congo i’échappalent point 4 ces représentations generates dan temps. 51 Yon trouvalt chet les indigenes de TAtrique Occidentale des bois scutptés, des Miguratlons ‘homsues ot animaux, des, masques, on clasait tout cela sous la Fubrique «fetches > ou ct barbare » 1 ne faut pas oublier que, voiet encore une génération, Afrique, re générale, Stal un pays dds 1e pouvalent s'adapter que les nventuriers Les indigénes étaient des barbares, presque des snimaux, une race d'eselaves, cin Hat de dépravation ims une conversation interlocuteur ies grandes villes de ll i vous 2 «Gest la ce que les Arabes EL pourtantt Au slécle dernier, alors méme que ce point de vue pré- valaien Europe, un. groupe admirable. de heros, allant de Vakeat malgré Te mepris, I bvre et Ie eannibalisme, peraleat Yecorce qu Fecouvrait Ia substance de cette partie da moade pour exhumer alee tne Wrihté superbe son image Visible Ges heros savaient que In conception vulgaire ttait erronée. Is reéussirent a jeter pour la promiére fois tun regard sur de prodiglcuses Spleadenrss tne a sir apparut. Nas i fallat shore un generation pour que ase de Iarope fi pete 4 cecpter Non pas que les premiers navigateurs européens de Ja x du Moyen ‘Age n'eussent fat dans ce domaine de trés remarquables observations Lorsquiils arrivérent dans la Baie. de Gainge et abordérent f Vanda; les capitaines furent fort étonnés de trouver des rues bien amenagee Bordées sur une longueur de plusieurs Heues par deux rangees bres; ils traverstrent pendant’ de longs ours une campagne: conver de champs magnifiques, babitée par det horames ‘vetus We. costames éclatants'dont ils avatent tissé V@toffe euximémest Plus au Sud, dans Jo Royaume du Congo, une fovle groulllante habillée dee sole Set de « velours », de grands Etats bien ordonnts, et cele dans les moins ares details, des souversins puissants, des industries opuleates. Civic TL toute. semble était Ie condition des pays a Ia te orfentale, la Mozambique Les révélations des navigateurs du Xv preuve certaine que Afrique Negre. qu eee que VAtrique Négre qi iécle fournissent Ia ’etendait au Sud de le zone n épanouissement, dans tout ions harmonicuses et bien formées. Cette floraison, européens nt & mesure qu'lls pro- que avait besoin d'esclaves les conquist gressaient. Car le nouveau pays d’ 16 NOTRE PLAN DE VISION des centaines, des milliors, de pleines cargai- [sons d'eselaves! Cependant Ia traite des noirs ‘ae ft jamais une Uifaire de tout ropos; elle exigealt sa Justifeation; aussi fiton du [Nbjre un domi-animal, une marehandise. Et c'est ainsi que Yon inventa [in notion du fétiche (portugais = feticeiro) comme symbole dune reli ion africaine, Marque de fabrique européenne! Quant & moi, je n'ai ye dans aucune partie de VAfrique Négre les indigenes adarer des bet V'Afrique en offrait Liidee du «Négre barbare> est une invention européenne qui a, par contre-coup, dominé l'Europe jusqu'au début de ce siécle. Ce quiont raconté ces anciens capitaines, ces chefs d'expédition, les aElbéo, les des Marchals, les Pigafetta et tous les autres, ce quils f ont raconté est vrai, on peut ie controler, Dans la vielle Kunstkammer [royale de Dresde, dans la collection Weydmann d’Ulm, futre.c cabinet sis > européen, nous trouvons Collections dobjets de VAtrique Oceldentale datant de cette époque, eax velours peluchés, dune extréme doaceur, fait des ¢-espce de bananier; des étomtes | ouces et souples, brillantes et délicates comme des soles, issces avec des fibres de rafla bien préparées, des javelots puissants aux pointes incrusiées de cuivre de 1a facon la plus élégante, des ares si gracieux st bien ornés. quiils feraient honneur a nimporte quel musée Yarmes, des valebasses décorées avec le plus grand godt, des ivolres ides bois seulptes dont Je travail révéle beaucoup dapplication el e syle, | (“rt fut cota venait des pays de a périphérie africaine, ies lors aux marciands Wesclaves, et dans lesquels Te vi | is largo ds cst eruptene, tars» om pantalons et des e niggar-clerks> partsites, ais quand les pioaniers du siécle dernier percérent cette zone do civilisation etropéenne> et 1e mur de protection qui, entre temps, wétait deve derriére elle, le mur de protection des ‘Negres ‘ intaets >, fly rencontrérent partout ees mémes merveilles que’ les capitaines avatent trouvées au vr alécle sur les cdtes fe Je pénétral dans Te tervitoire de Ki ded villages dont les rues principale fs cases, ornées chacune de fagon charmante, P deuvres Wart. Aucun homme qui ne po ide fer on de cuivre, incrusté de peaux de serpent. Partout des velours et des étoffes de soie, Chaque coupe, chaque pipe, chaque cuiller était un objet d'art parfaitement Wétre comparé aux eréations du style roman européen. Mais tout cela m'était que le duvet particuliérement tendre et chatoyant qui Tes gestes, les maniares, Je canon euple entier, depuis le petit enfant jusqwau vieillard, bien ls demeurassent dans des limites absolument naturelles, étaient rmpreints de dignité et de grace, cher les familles des princes et des iches comme chez celles des féaux et des esclaves. Je ne connais 16 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE tu Nord qui se puisse comparer & ces primitifs pou ation, t jes dernidres « Hes des Bienheurenx » furent submergées elle par le raz de marée de la eivilisation européenne. Et la beaut paisible fut entralnée par les lots Mais bien des hommes ont véou cette expi qui partirent des plateaux sauvages et guer du Nord pour descendre dans les plaines du et de POubangui, des hommes comme Spi Cameron, Stanley, Schweinfurth, Junker, de Brazza, eux tous firent méme constatation : ils venaient de pays dominés par les lois rigides Arés Afvicain et pénétraient @ présent dans les contrées oil régnaient Ia paix, la joie de la parure et de la beauté, des pays de vieilles civilisations, de civilisations danciens styles, de styles bar. 7 ede Fist fa Sud ng Ou lae de Vicon eran aed qui altribuait & MIslam Voriging de toute civilisation élevée. Nous avons beaucoup appris depuis lors) et nous savons que les beaux «tob> et les autres vétements des} peuples soi t deja en usage en Afrique avant la naissance| de Moham: ivé edt pu pénétrer & Pintéri de TAfrique; nous ‘organisation particullére Etats du Si longtemps avant Islam, que le de Ia calture des champs et de la politesse, que les ordres bourgeois et les systimes de corporation de T'Afrique Negre sont plus ancien de milliers d’années qu’en Europe. Mais nous exposerons plus. loia| les éléments décisifs de cette question Soudan posséde done lui aussi une civilisation autochtone! st un fait que Vexploration n'a rencontré en Equatoriale que d'anciennes civilisations vigoureuses et » partout oit 1a prépondérance des Arabes, le sang Hamite ou| : enlevé aux noirs phalénes la e de leurs ailes jadis si belles. Partout! Bt partout o nous pouvons encore évoquer cette vieille civilisation, elle porte Ia méme frappe, Quand nous traversons les grands musées ‘ope, le Trocadéro, le British Museum, les musées de Belgique, je ef d’Allemagne, partout nous reconnaissons’ un esprit», un caractére, une essence semblables, De quelque point de ce continent que Ies objets épars proviennent, ils s‘unissent pour parler e langue. Si le visiteur cherche a’ déterminer ce caractére » qwil compare les objets qui s'offrent A Tui avec ceux des Asie. La des étoffes dune heauté somptueuse, ddes images et des sculptures aux lignes empreintes d'une prodigieuse douceur, des armes rehaussées es, des bijoux, des costumes (qui, méme dans tiquement fermées, exhalent Yodeur de Vambre et de Vessence de rose), tout cela par se spleudeur enivrante et sa varieté ondoyante murmurer dans NOTRE PLAN DE VISION y nouvelles chinoises, istiques afticaines : jax les plus riches sont sobres, les armes sont simples et ne fonction (méme ces fantastiques couleaux de les sculptures ont des lignes Apres et sevéres sdduire par ube expression de doucet enve ur defen eouvant das Is oaes, Fodor iatpeaux qui sentent Ja transpiration et la graisse, Fodeur dex glandes ‘antmaun. Tout comporte ua but précis, pre, severe, tectonigue Volt Te caractere du style aftieain, Quiconque wapproche de Tui séloignent pas de 1 jet & plusieurs Jame Rien qui cherehe & vo loppante. Tout exhal f | i NOTRE PLAN DE VISION 19 ait bientét quill do: Quant aux documents vivants de la civilisation hi on atre. Ii se manifeste) possédait mai 's peuples négres antant que dans leur plas cette courbe qui 's danses comme dans leurs masques, dans nisme ulilitaire de I'application, Les trouvailles faites dans ce domaine yume dans leurs modes d'existence, leurs formes) semblaient sans importance pour le dev ins de peuple. Il vit dans leurs fables, leurs contesf monde ou tout au moins pour sa promiére esquisse : Wabord le ‘ine que Yon fee, leurs légendes, leurs mythes, commerce des esclaves, puis Mesprit «accaparement, Geel posé, si nous comparons ces caractéristiques avec celles dep de trésors dans les musées et quelques details épicss FEgypte, ne voyous-nous pas que Ia formule de l'Afrique Noire défiailf des elfels de salon pour les snobs et les esthetes. fMssi_ Tessence de cette civilisation particullére ? L’Egypte pref Crest un fail singulier, mais authentique, que la connaissance Ia islamique ne s'exprime-telle pas elle aussi dans un style apre, sévére,) plus Lamportante pour rélléchi, direct et grave? Tous les pays de PAtri ‘omme, celle de lul-méme, lui apparut alors, Selon les conceptions régnantes et In recherche de Vexploration de ie sont sereins, polyglottes et joyeux de} la surface, comine la chose la plus négligvable ime dans un passé trés lointain, Ie style Jc clans touto sa plénitude leur expression dame est pre Ge furent des initiatives, considérées dabord comme sans impor- lea dQ, une fois né, persévérer dans sa caractéristiquelf tance, qui donnérent au sidcle dernier une orientation nouvelle & ui le charme dune naissance énigmatique et tres Io ViHistoire, Jen vois le symptome le plus ble de pénéirer ta spiritualité d'une chose aussi éloignée} tion de Ieinrich Schliemann 4 ians Ie temps? quHomére weétait que de In possi Hérodote un reportage assez doutoux, porta la pioche a ‘role, & Myeéne et a Tirynthe. La corporation des savants pouvait en penser ™ ce qu’elle voulait : Troie, Mycéne et Tirynthe jaillissaient sous 1a pioche comme des faits immenses, du monde de la poesie dans celui Comment saistr te sens des manifestations? de VHistoire véritée, Ce n'était 1h qu'un début, & se Vest toujours poste, mais de fagons Aujourd’hui le passé préhistoriqne de VEgypte et de Ja Mésopotamie e niveau de conscience, 1d temporalité, laf soffre & nous sous aspect de documents ti lectuelle, La pénétration des lointaines régionsp aussi a voir plus 'y rencontrer des civilisations tout & fail é Indes. Et quant 4 la préhistoire de l'Europe, elle devient si uencés plus fortement que nous ne le eroyons en parente A nos yeux quill a deja été possible desquisser une bi nous ‘autres hommes du cycle européen-améri-f mondiale des temps primilifs. Car Ie science peut survre h prés Mie de capasement de nos connaissances colncida avec une nouvelle histoire des efforts humains assez loin dans le passe pour se forme de culture. En effet des civilisations vieilles de la derniéré ire de Vexploration du globe pergoit auf période glaciaire, comme des ismes » clairs et significalfs des deux derniers sidcles un changement de direction. Tse ans ce devenir que I’éloignement rend spectral, nous voyons ‘ebut de cette période une poussée irrésistible pour la pénétration| mn lambeau de grand art! Un art qui sur In terre européenne Avec tne énergie et une’ persévérance sans| feurit et mourut, it une vue d’ensemble de la sur- progressif de notre science du passé fut Pimpu- globe, terres et mers, continents et tes, monta sion derniére qui porta le cercle des penseurs les plus considérables si que du monde des’ eréat vers fique désir par sa nostalgie firent des découvertes qui, apris n’avoir eu Satisfaction, individuelle, troavérent enfin leur ulilisati -s. Nous commengons ir dans T'Asie Centrale, en Extréme-Orient et aux Vv Une vision en profondeur du moins Ss apportaient de sur les différentes parties da monde natur qui fit son apparition au tournant de festations saisissables par Ia mécanique et la tance décisive lors ces efforts peut etre desi ent ala fai nomie du monde.) les esprits se. dégris fe de Vi 20 “HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE Il importe de dire ici que dans les pages qui suivent je parlerai, conformément a Yobjet de cet ouvrage, d'ethnographie, de prehistoire et de science des civilisations. A ‘cos différents domaines sont empruntés les exemples qui serviront & expliquer la transposition de notre conception du monde et de notre méthode de vision, Mais cette transposition, avant tout allemande, s'est aussi produite dans tous les autres domaines scientiliques, dans la philosophic comme dans les sciences naturelles, dans le droit comme dans la médecine, «< Vision en profondeur > au lieu de ¢ vision de surface » n'implique pas un retour & la métaphysigue antérleure au xix" sitele (voir le 2% chapitre), méme si faut d'abord déblayer le matéralisme di siecle développement de cette vision en profondeur, le science sations va enfin acquérir une importance prépondérante; car, tandis que tous les autres domaines exploités ne comportent que des objets déja systématisés et par 1a méme devenus immédiats, Ja substance de la science des civilisations, ayant jusquiet pas été jee, est demeurée insaisie, A I'épogue ot Ia mécanique parvenue A une monstraeuse virluosilé permetiail aux savants de découvrir en chimie tous les corps purs et les conditions les plus secrétes de leu tre, 1a matiére de Ia science des civilisations restait inconcevable, insaisissable, Cette matidre ne se révéla qu’ Taide de la volonté de vision en profondeur, et de la conception que In connaissance des faits, pour e ‘quelle soit, ne représente quiune science de. surface, puisque ces faits sont les formes de manifestations dont le réalit qu’a celui qui s’y consacre pleinement, Si-au cours de cet ouvrage nous voulons entreprendre une «his. toire de l'art et de la littérature » dans le seus d'une conception future du monde, il nous faut tout d'abord mettre en lumiére le point de vue ‘qui permet cette vision en profondeur. Grest ce que nous allons tenter dans les pages suivantes. [ LIVRE I, — MISE AU POINT ET REALITE ‘A quelque temps qu'il appa le fagon quill se comporte & Végard da monde qui Pentoure, me observe et juge, il parvient tout naturellement une formule dichotomique yppose le = moi observateur > & tout Ie reste : Pobservé, « La Beaute est dans Veil de Vobservatenr >, a dit Wolffin. Non seulement position de Pobservateur qui considére une quvre Importe, mais aussi Téelairage et Yeneadrement donnés A cette cuvre, et enfin le point de yue de son eréateur. Le probléme du jeu de forces grace Auquel un homme # créé une auvre prend une importance décisive, si fervateur abandonne les questions esthétiques et cherche & péné- frer, non 1a beauté, ‘mais la signifleation, Vessence et Ye style de Peeuvre contemplée; si Tobservateur s'efforce i celul du créateur. Cette Wu, en d'autres term de subordonner son propre point de vi car une ceuvre ne nait pas scule- obser- formule est encore tres Impatf de vue >, mals pas seulement un point de vue, mais aus conditionnée, délimitée et réqie par une multitade Son époque, son Age, son habitat, son share, som destin, et. ‘Tout’ homme a ane conception part bien que le « crdateur I faut done, pour @uvre — a quelque temps, & quelque lew qu'elle ap Fabservateur ait'la possibile matérielle et In factlté son propre point de vue pour adopter celui dt créateu ‘« jeu de forces », et d'une @muvre » est une tehe accomplissement ne saurait étre alleint, car personne ne pe fe sae peau >; fout homme a son style propre, i est aussi impossible de rencontrer deux styles sem blables que de trouver dans une forét de chénes deux feuilles abso- foment identiques, et nul ne saurait éviter dans une cer de parler « A e6td de autre » (c'est-a-dire de Iui étre inintel En outtre, cet effort de comprehension est beaucoup pour les hommes de notre temps que pour ceux des époques anté- sérieuse et ard Heures, parce que notre conception procéde de la slorifi- cation outrée des fails, de la mécanisation et de la systématisation, et parce jas ne vivons, dans notre orgueil borné, que notre moi absolut >, apres nous étre refusés avec horreur, pendant un siécle & penser en mol « naif > 2% HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRIGAINE nité, dans Ta sitation actuelle de, sa fuitement 412 condition Ge Tent Mal de Phumamité et de In civilisation ne saurat fre atteint si tous les peuples wapprennent 4 penser enc tal >, Tox tle eat do cette Idée'dunité one conception primitive, parfois méme grotesque et harhare, qu'il se sousiat de Perigo i ion ou du détall de nos conquttes civ ce ta } | que Thuma- peut satisfaire pas abandonner cette tiehe dans quelle intention? >, demandait-on ‘afin que... » Pour que les Iaborieuses ce temps, si stires de leur but, eussent réussi A créer la Jampe électrique et A déterminer expérimentalement les matiéres conduetrices, il fallait que Vhumanité edt dabord coneu Vétat, cinventé > Parc, appris le caletl, Nt ion du monde sans astucieax, nulle institution sa n que. comme force motrice de t in > qui justifalt sf mn ne se Taisse pas tromper par je des dames esthétisantes et des artistes insatisfaits de leur temps ornaient, vers la fin de cette époque, Ietrs de grotesques ‘mex canines. S'tromper par des rensttions épictes des gens cette mascarade fe if qu vw Rtre et joner Des garsons de douze ans environ jouent sur une place publique. Us abundonnent complétement eur occupation Sans. se. does auton les observe do In malton du coin, Deux Hilettes de neuf ane Asbouchent dune rue Interae. Ulles bavar essen qu'a leur sujet, absorbées par Teur garcons par leur jen. Lobservateur se r€io elles » dont font preuye les enfants ~~ jusqu'au moment Tes ayant toumé le cain et pénétré sur la place, chacu MISE AU POINT ET REALITE rend compte de 1a présence de Vautre. Dis quils se voient, ce Tail de Inveonversation si grave, si exclusive des filetes, 'em est fait Cal abandon des gargons& leur jbl Le changement est dautant Tappant que les enfants sont plus naisrels plus inconscient ue les deux groupes se connaissent moins. Leobservateur enfants, que experience, sail qua present Pattention des gargons certainement «objets selon Sa pre, chacun se mettra phos om moins frsics,fanforounera et era des fagons pour attire Se donuent Pair de ne pas se soucier Te moins d eux peltes soles, ou de ne pas meme sapercevoir de nce. Mais fes gargons ont des réactions tres divers Mi commence & jouer un nouveau role el se montre trés B que son camarade sindigae Pune explosion gu Iti apparalt comme nfdslit Les deux fillets elles aussi changent de facons; leur sation no Tes absorbe plus complétement; leurs regards errent furfole avee coquetterte vers le groupe des garcons, méprisant peut [re Te plus demonstratif pour approuver Miadignéy Tear allure, leur Amare sont mantras 1 de la communauté fei imenter A mesure que les flees traverseront la place, B quvapres avoir tourné Te coin, celles-el s'fforceront de retrouver conversatio i est fort dontens que Tes fe énergie, le méme enthone Same et ‘Noten bi et que In conscience des enfants ‘exemple a ts quotidiens quan enseignement évident " que 7 1e son réle naturel. Exeminons de plus pres notre exemple. rae Te fat comporte deus élats: premid- celal a Je Conversation, decxiémement elt de 14 inlérdis, Diabord on, pois ¢parpillement ye phase nots observans un. absind seconde sa dissoition. Ai on te trove Smvchangement de conception qui, aprés avoir impliqué Te sens de “fen sexes, adopt la notion kt complément des sexes. Cette permutation sponiante so révéle déja. cher’ des enfants qui ne. se Fehdent point encore compte des problémes de Ia diférence tes Sexes, Eile prouve que Vhomme. est naturellemest cepable @avoir deux Conceptions générales diferente Pour les deux pai mentionner Je fait, I! nous faudra montrer sof porte pour le « devenir dune 24 HISTOIRE DE LA CIVIL SATION AFRIGAINE abord une remarque sur ce jeu et son imp Thomme et celle de ia civilisation. Le mot symbolise bien Ia légtteté avec laquelle 1a pensée super- Acid dele pat st comportait 4 gard de Puma fonda mental» inventa comme Tun des «instincts > Tes plus. fan sont ‘une invention du désarrot devant tance pour Ia vie de de jouer >. La science ne considéra alors cette ¢ en comme un phénoméne remarquable que parce deja chez Venfant naturellement et antérieuremet 4 tome de ¢ Erleb’ «Sebicksalskunde » (p. 147 et ss) par Pexemp le force eréatrice démoniaque se révéle dans le lest superfiu d'avoir recours & cet exemple mery. connait des enfants actifs sait ce qu’ll en entte Ginterrompre un enfant vraiment absorbé par son jen p demander de ¢venir a table» ou de ¢reatrer >, Toute connaitre le regard étonné et ép son jew tout d'un coup, sa rés oht rls fant qu 4 des « heures guitenes >. Ce gest pose tine grossiérett aye chologique dérivee un imperatit eatégorique dont on # sens cffe, le jen de enfant représente Ia source fondamentale qu des nappes souterraines les plus stcrées et d'ott proctdent toute grande force ereatrice, Car dans ce jeu se revéle Ia abandonner son Ame en toute realite 4 un un monde des apparitions, dans lequel le petit homme oa 5 leisve captiver par un phénoméne qui ‘de Telations naturelles et de teurs causes se mene jonnelle d son propre changement acquiert deus formes de vi, Done le fail de « joner ton rile» se trouve & la source de toute elvk- lisation, ' a ce role que dolt jouer individu, le peuple, "humanité fixée A son temps oad son lieu, est celui qui est reril pour fat individ communauté, Et ce qui est « écrit pour lui > se revéle Tui dans Pémotion! va Emotion et pet fits qui s'y rapportent, au se ite de Vert fondes MISE AU POINT ET REALITE 25 principes. (Voir dailleurs « Schicksalskunde >.) Il sagit de ma de In faculté de perception humaine, qui est dune je et conditionnée par les sens, de Pautre paideumal (¥. « Brlebte Erdteile >, IV) et conditionnée par le sentiment. A cette opposition des organes les plas importants qui nous unissent a la vie correspond peut-étre une scission du monde qui nous entoure en domaine des phénoménes factuels et domaine des phénoménes récls. Cette distinction, je 1a congois d’aprés la polarité qui se manifeste par le jeu du repos et du mouvement; I'expression du repos et le sédiment du mouvement représentent le domaine des fails que nous pouvons pereevotr d Palde de nos sens; le mouvement, la réalité et le phéno- méne par lequel ils s'expriment représentent le patdeumatique que hows pauvons reconnattre. Ou en d'autres termes Lhomme Inieméme est un fait naturel comme tous les autres faits du monde qui nons entoure : cette relation Ini permet de comprendre Ie mionde des faits (comme une abeille ou tout alitre organisme vivant) et de Fexpliquer & l'aide de ses sens et de se raison: il peut saisir Te monde des faits Cependant Vhomme Iui-méme est stipulé par 1a réalité, Tous Tes autres phénoménes le sont également; mais, plus que tout autre orga e est doue pour la . autres a stdent anssi ce don & un degré Vhomme, & certains stades ile faculte d'etre ému par vessence mm par les faits, ma a réalité qui les stipule ou en d'autres termes par Vessence des fails, (Oa bien encore Toute vie est réal est capable d'étre ém: pénétrent dans sa coi velle forme. Est-ce bien elair ainsi? et projetée par la réalité, mais seul homme ‘sorte par Vessence des choses qu'elles jence paideumatique, et acquiérent une now var Jeu, Art, Ctoitisatton L’homo europaeus, et parti traverser Pépoque des lumiéres, 12 résignation et le sacrifice du sigele dernier pour atteindre une virtuosité dans la comprehension des falls qui Ini permit de se délivrer dn poids des connaissances, Quels ne forent pas & celle époque Vindigence, Ie dénuement des ames, Id Spengler put enterrer définitivement la ice de soisnéme par rapport aux faits » conception qui alteignait le point culminant de Vorguell, de 1h glorification de soi-méme et de Visolement, dépouilla homme de sa capacité paideumatique comme il ne Vavait jamais été dans. les 26 “HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE temps origin desséehées que de puissantes Glalent les seuls qui aépe Gtaient & peine ut Tr ne leur restait plus qu'un seul domaine domaine. TL y eut jadis une Ja digaité du jeu et Pémo Dignité du jeut Heures de grice pendant lesqr est emu par Fessence des choses — c'est la grh que cette faculté d’abandon. Llart permet & Vhomme mir, & Vaide de ses sei ‘ceuvres par dela Feeuvre de Diet. Et ce que nous appelons civilisation, c'est eet ordre sacré de phéno- mines révélés a] ssence diverse des temps ct des espaces — et qui lui permet de réaliser ici ane forme de communauté et d'état, 18 un podme, 18 encore une conception du monde. civilisations hommes des Vart. Mais quant & ce prévalait sur toutes choses : s le petit homme réme grice 1a su Gos hommes du passé ont Julté pour In ¢ vérité >1 Mais V'énigme de la vie réside dans la réalité! Les hommes ont voulu ¢comprendre> les ceuvres Létre ne Yontuils jamais su vraiment) qu’elles’o Gopendant il ne suffit pas d'envisager es choses sous cet angle pour inétrer avec succés le « devenu >. Les auvres anciennes procédent une conception différente dont nous ne pouvons approcher qu’en allant vers 1a ‘est cette direction quill nous faut trouver aintenant. LIVRE Ill. — LA MARCHE DU JEU IK Notre antagoniste invisible temps dont la vision restrointe et spécia- 's apparaitre @autant plus étonnante et plus effrayante le révéle un abandon sans prescience, nous sommes tourmentés par le souci de notre propre transformation et de conseience, Nous sortons de T'e tenébrenx des fai domaine de Ia réalité. Les premiers effets sont que Ie contraste est plus grand. Crest & peine si les fab emandes nt assez de papier pour recueillir tout ce nurs egarés, c¢ bégaiement des émus. Le 1s affrenx, des sédimi > Ya apprist Mais ‘empire de 1a mentalité fac! avons quitté Te i sur le terrain, jeu de Tasser~ x de com: oy tune essence paideus Pour nous eette allégresse di que. therté a quelque chose d'effrayant. Nous savons qu'une ¢ nouvelle liberté » ne signifle qu'un changement de servitude, et que cette joie a’ flle-méme le germe d'un autre s: anchissement porte foreément en ment : le désir d'une nouvelle servi- indépendant, et plus intense est Ia ance. Crest la darée d'une servitude qui vie, plus grande est la dép 28 HISTOIRE DE LA CIVILISATION APRICAINE LA MARGHE DU JEU 29 In Gait vessenti quelque chose comme un poids, mais une servitude ¢ fraiche > de leurs travaux de nouvelles voies de pensée, et, gene- imuilant. ralement, une nouvelle fermete spirituelle engendrée par une émotion ‘Le passage de Tune a Tautre est chaotique — mais seulement up ements une nov passages c'est en co sens surtout que Ia doctrine de Ia réalite voit dant le chaos le premier stade vers un nouvel ordre de phénoménes et de route jeune civilisation, toute nouvelle eréation humaine implique signffeations. Une nouvelle sh oir «senti > pour Ia premiére fois une substance vierge. sition d'une substance vierge non encore spiritualisée. Un nouveayf op suite voistance tiaabent Les idee qui pratineat, Those doa Sens ne saurait jallir d'une substance usée. Par exemple: Un phil notvenus en transformant st concestion logue, extrémement capable et méme homme omme vient l'abandon; de In substance "émotiont lent qui achéve, disons, sa cinguieme année Sieve est absorbe. par Cette épogue passée qui pensait les fails et yoyait 1a surface nous a rendus myopes, Les Grecs d'Homeére salsissaient encore claires des Eiblopiens, qui habitaient pourlant un pays infinimeat Cette vie parlicipait de ss conditions de leur pr Les inrepr 1 Mais naterf préferent>) Avec la distinction entre «Romains >. el « Barbares > -vous de rien omettrey Commence ascension vers le pinacle de la conception européenne. d ce qwont dit tel ef tel grand savant. Examinesy pommenes 1 terprétation, et consultez aussi Jos cent ou deux eentil on domaine vague tous les étrangers, et la troisiéme distinction entre neventt eveiee ecivilisés » et « sauvages > éloigna ces derniers de toute conceptic ras, il garde encor sivante et de toute representation. Désignés enfin comme e primilifs >, ux auteurs def jis devinrent invisibles a Yoil de Vame second ordre, il seffraye de la multi possibles;| “pour les deux dernitres grandes écoles de 'anctenne conception du son esprit est fatigué. Mais quand Il a h Pactivité de} onde, pour Ratzel et Bastian, « les hommes d'stcdela > étaient fa Pensée sest usée, elle a perdu sa précision; le cristal sux ardtes} Cicbre’dignes, en tant qu’éires, quon les cludiat au tGlescope et quan Hou rond qui, pareil a tant d'autres} joy interpretat comme on eit fait de fantémes. Pour les penseurs qui It de Ja siviére, ne se distingue plus par une forme originale giaient accord avec ees ccoles, ces sires bimains latent devonts, Tone eeeemer une substance usée, Tile peut produire des varia genitivement invisibles, et «on» considérait les produits de sécré- rete neat uses kes, chetsdicouvre, ‘des choses dune grande} tion dos civilisation anciennes comme leurs principaux vestiges. Tl aaron nha getuerin un nouveau sens, il faut qu'une nouvelle farait que ces étres humains eussent été d'abord complétement élimi- conception jaillisse dune substance non usée, és de nos préoccupations européennes pour juillir A nouveau devant notre regard, sortant tout A coup de leur invisibilité, et nous appa- reltre comme nos antagonistes. it, puis s'emballe, Ta vraiment la vox d'un autre monde; peut-étre sortira-til de ielque chose de grand. Mettez-vous done at trava jement avec Ia plus grande précaution. Garé Rechercher d’ telle et tell theses qui ont travail. Quand il él Ef avoir eu le premier son idée; quan: thnologie opposée aux doctrines plus anciennes. dernier, Pethnologie consistait seulement en une mise ématique et analogique des temps régnait en maitresse, et lorsqa'é la fin je dernier je di ire esquisse dune vue nouvelle basée sur In signification des ‘matiéres ethnologiques — la « doctrine de la sphére de civilisation > x Réalité jonée Si les pages qui précédent ne manquent pas de clarté, le lecteur fl a diy trouver Tidee que Thumanité observatrice peut comprendre aaa essence de la civilisation, si elle ssisit les changements de sa propre premier & pressentir, fohéis a 1a voi conception, nourrie du sentiment de sa propre vie, et Ia remplace nt de ce monde. Le pi une conception basée sur le senti de la vie des étres observés, ‘on ne peut trouver B [vobservateur devra se mettre sur le «plan des sentiments», aban- es deseriptts, ces nécropoles. Je sooner Le domaine des faits et jouer, selon leurs propres sentiments, voir si Von ne s'abandonne a elle sans aucune idée préconeue. TA pouple aussi qualifé que le peupl ‘Avjourd’hai eacun des GIéves’ de notre Institut tronve dans te, Nu BeuPle ausel qualifé que Te peu jemand. pour ons eapables, jadi 30 HISTOR DE LA CIVILISATION AFRICAINE LA MARCHE DU JEU 31 le principe de Ja Réalité, de ressentir cette on pas dan sais “dans celui dune civilisation élrangére pposées aux notres. Notre propre civilisati A La mys saisir par cette essence. Cela permet a Te peuple allemand, préparé & Vabandon par de dures doctrines alt destin, fut sisi par la réalité de son style el de sa nature propres West ainsi que le devenir et 1a transformation de la civilisation se Sont accomplis des milliers de fois. Bt c'est ainsi que la civilisation elle-méme est « devenue >! Je ne puis une révélation affective de la subst sa direction, et provoqua son jai whomme de jouer 1s réalité, premiére floraison, ique des peuples gui ne sut jamais s'émaneiper de la scol ne trouva son apogee qi ne < théorie psy. iévotion mystique >. jui manqualt & 1a mystique -mande, comme , ia matiére méme, la nou substance ‘de I'émotion, Le sentiment de la vie des peuples ocel ‘taux, étant plus intense que le nétre, influenca toujours leur époque nous devinmes un pays « éclairé », puis nous passimes pat le ral alisme et par le réalisme pour aboutir enfin au materialisme, tout doctrines qui nous étaient étrangéres. Nous jouions le role des civ sations de 'Occident. Nous étions toujours préts & nous abandon é dont font preave dans une large mesure toutes les civil tun fond mystique, et cette disposition & abandon uous co t pas été écrit pour nous, et & persevere} role jusqu’é ce qu'il Se désageégedt, méme chez les autres et jusqu’a ce que Phégémonie mondiale de ce sentiment de vie deci Hew au tournant de ce siécle, quand 'économie mon! et ainsi réalisée en fait subit Passaut du sens de humanité ne comprendra « vraiment » le sens profong de ce jeu de forees, de ce processus réel, mais Je puis fort bi les vilisati art, que dans la qui Iul imprima sa signifleation, lissement méme. x Tragédie. th ‘Au « penseur des faits », 'idée peut pat et tre grotesque qu'un peuple des penseurs » — tout le < peuple des poétes autre, Mais le savant qui ses dossiers et présente au «penseur des faits > un do révéle un phénoméne part Un exemple environ avant Teuillette iment gui jérement irrationnel. Le voiei Gevenir de Ia civilisation trois ou quatre mille ans s-Christ La vie de famille était heureuse. réguliérement. L’administration était te; le pays était divisé on quatre provinces, selon les poi eardinaux. Chaque province avait & sa téte une sorte de prétie Yerneur auquel incombaient diverses taches; en Iui, le profane se con caractérise Ia civilisation da avait pas encore de différence Le sentiment de vie de Yhumanité monde apparurent en Allemagne sor guerre vaincue dans notre conception re & notre. mi jouga a Jouer ce role et 2A présent le sem jemand est pur. Onn arraché notre cost nger, et nous pouvons jouer Ie rdle qui fut ¢erit pour nous. Nou sommes delivrés du régne spirituel de T'étranger. Anjourd’ @ peine si les fabriques de papier allemandes fournissent assez Papier... etn lant le nouvelle substance ji Poi dont nous parlons, c'est se trouvait gouverné par un roi qui ic de quatre portes. C'était ce que nous appelons un souverain absolu, ear aucune puissance terrestre ne pouvait sitnmis: Wvernement. Mais ses gestes étaient quelque ‘onceptions. A mesure que la nouvelle lume un eas particulier parmi une foule ‘augmentait ses relations avec le public, c'est. Il se montrait et, lors de la pleine line -— ds jours de fete pour le peuple — il appa mpe et distribuait des cadeaux. Mais apres lus, A mesure que décroissait se dissimulait dans un lieu ws peuple. Il restait eaché aussi longtemps ie Ia lune demeurait invisible, pour se montrer A nouveau timidement (nous prenons i ‘rés diversi) Tere iedire avec Je pet etait Pun des fait que le jeu finit par étre <-yrai>, mais qus Je destin peut le faire dévier pour quelque temps. 2 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE A apparition du premier croissant. Ainsi se forma ua maillon now ‘veau de la chaine des formes d'apparitions reyales, Le style de la vie familiale du roi a cel aussi quelque peu étrange. Bn un temps trés «cour se soit composée d'un assez grand nombri fort singuliers, a Ja téte desquels se trouvaient les quatre prélres-gow eurs déja’ mentionnés. C’élait une biérarehie réyulidre dont les is semblera| able que la pages, par toutes sortes de fonctionnaires chargés de responsabil de détail, Un certain nombre d'entre eux étaient de sang royal. A et A cette hiérarchie répondait 1a structure du hare Les rapports du roi avee ¢es grandes dames étaient réglés, comme tout le reste, dans les moindres détails 5 08 celle civilisation était en pleine floraison, les noces protocole sacré, et non point Ta terrasse dun édifice qui it la forme d'une tour. Les unions les avec les différentes femmes n’avaient pas lieu seulement dans un ordre hiérarchique, elles correspondaient aussi — comme Jes apparitions du souverain dépendaient des phases de Ia lune aux mouvements des astres. Il semble que depuis des anelens la vie de la « premiére femme sb soil Ja plandte Vénus. ‘ciel astral avait une influence heaucoup plus importante en: sur le terme du got et facte de violence, Le roi élait tué, sans doute ‘trang! d'un lacet. Il se peut que les quatre grands fonctionnaires et peut-dtre sudo un Féle aussi la « premlére femme » alent joue dans eelte funeste, [Le sacrifice du roi marquait la eésure entre les époques. C'était uné journée de terreur qui renversait toutes les conditions de vie, conférait faux uns le droit de se livrer 4 des yoies de fail, aux autres le devoir de les subir. Et cela chez des peuples qui menaient en temps ordineire lune vie exemplaire et bien ordonnée, ‘A la terreur et A Yéponvante de ce jour de ruine suc Vinves titure d'un nouveau souverain, fétée avec une grande allégresse, et le retour d'un ordre réglé par une discipline de fer. yn seulement nous possédons aujourd’bui des documents sur le yde de décadence de ces civilisations antiques, mais nous pouvons encore étudier daprés la vie méme leurs derniéres formes sur 1 terre africaine. Nous avons des précisions sur les traditions, sur le ‘mythes et les chants, sur les rites du sacre et du sacrifice, et nous P LA MARCHE DU JEU 33 yoyons dans ces diverses manifestations un magnifique exemple de la faculté émotive de Phomme; nous sayons que ceite tragédie constitue ‘monument saisissant et merveilleux de a civilisation d'un temps randiose. En voici la elet Pour la premiére fois, ordre et le style des changements du sublime univers entraient entiérement dans le champ de Ia vision spirituelle {de Phumanite, L'essence du changement des temps, I'essence de ordre immuable qui régissalt le cours des astres avait © saisi > Phumanité qui, préte 4 s'abandonner, s'ouvrait 4 cette réalité, A V'époque dont ‘ous parlons, is longtemps cessé d'etre no ne se laissait plus saisir par l'essence de Ja pl Yanimal. Les simples phénomenes de Punivers Giaient devenus pour elle une chose intime et une réalité ‘Alors ordre ‘plus du temps el de Wespace, recevant une ion agissante, devint une matitre nouvelle pour Vhuma qui se mit & cel ordre. Les diverses directions entrérent les points cardinaux d'un plan i: out T'astre principal, furent représentés, sir pour sa gloire dans whe famille sac sar quien fat le représentai lible de corps ot d'espr devait célébrer les noces saintes sur 'édifice symbolisant le monde, conformer toute sa vie 4 des rites basés sur une con cosmique, et subir a la fin son destin én ultima ratione mimen. Le jeu de réalité de Phomme M'a mené jusqu’a des faits qui nous sont devenus saisissables. XI Coméate. Mais cet aspect de la civilisation, quelque émouvant qu'll ft, n’était que transitoire. Tl s'intégra a la civilisation et, la phase termince, devint forme. Laboricusement, nous descendons a titons dans let {énébres, nous agrippant a des indices bien fragiles pour atteindre les sources paldeumatiques profondes de ces phénoménes. Mais elaire- ment, distinetement, nous voyons le fleuve des jeux de la réall sécouler du domaine de Vaspect dans le monde des formes. Car ‘homme, aprés avoir vécu, au sein de Pémotion qwaujourd'hnt nous he pouvons plus saisir, essence de Vordre des étoiles et des temps, aprés avoir wu se transformer son cosmos en substance, a rencontré sur le chemin de Ja civilisation sa propre essence. Ce qui jadis avait Hi aspect, Te mythe et Ie jeu devint une forme détronée qui, dans atiére, animée seulement par « Révéta Salat». Un Diew-Roi fut encore sacri Ce qui fut pour Vaspect Je plus sublime du jeu sacré ‘immortaliso dans Ia: civilisation, L’aspect devient forme La tragédio s'est perpétuée dans les f8tes du carnaval. EL Vidée du destin, dans Mhoroscope. 4 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE Pourquol ce monde des représentations, cette incarnation de réalité, issus de Pémotion Ia plus profonde, pourquoi leur disparition, ne redeviendraient-ils point c #6 que Ia science peut saisir? Pourquoi no Mais ce qui mérite avant tout notre attention, cest le fait que la eet profonde ‘ragedie vest mie finslement en comedy dan Je carnaval, : 7 * oe magtemps aprés| jeevables dans une LIVRE. ASPECT BY FORME Xu ar Que Yhomme aborde Vart sous Vangle de la religion, sous Yungle de nieve ow sous Fangle de Ta eiviisation (ab sens ot nous Ten haque fois Tart lui présente une nouvelle face. Les querelles soetaet out court et sur Tart décoralif, Part sublime et Vart vulgaire, Smlemes de ce genre sout les pires produits d'une concep- je a Yegard des. problemes Ge fait se manifeste dans stiques change avee nos princip le développement de la science, Tout ce. qui est jeune et fort dans son expression prétend A wne cerlaine preeminence, selon les exigences de sa vitalité. Ce fut succes sivement dans 1a Iangue, histoire ou dans le devenir de ia communauté et de I'Etat, puis encore (mais tres ‘qui soutint de telles expériences ne fut jamais trés gr: inité européenne vit Pinstrument de mesure propre & ‘et Pomege, la signification et Je niveau. Il est naturel religion avec sa fameuse distinction entre mono- thfisme et polyihdisme, Vhistoire des Etats avec ses hypothéses sur famille ét sa distinction entre eet monogamn issent au droit de juger. Ma sei devenir de la civilisation de Teich » (Fai éerit cette phrase pe méme expression; ‘préten- e Te la premiére fois en 1897 en m ig der Afrikanische ception de monde comme i Ges formes dexpression de cette tolalité. Ils nous dans Tesquels nous lisons I est aspect subli ¢ de la civilisation dans sa pureté eulée, vinginale et in Si nous entreprenons d’éerire ici un essai d'histoire de Vart et de littérature de PAfrique, cot essai devra forcement rester & Vétat 36 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE esquisse. Non seulement parce que certaines matiéres nous man sweat, @ notre penetration et notre experien de parler des «arts » en distng 1a seulptre, Ia peinture, is musique, fa danse: Mass s atts a bien varié avec les époques, Ty e ord trois Muses sur VHelicon, celles dela rllesiom, de is meinols et du chant. Mais Hésiode dja n connstt eu Une histoire de ls conception eartistique selon Tes dliférentes ques de Yhumanité correspondrait a une histoire de Devaluation onsciente des esoins qu se suceédent apparemunent de tarey Mais nous n'avons que faire de tout c I aous faut résoudre a notre maniére art probléme de Vessence de| xy Devenir La terre délimitée dans espace forme un tout fermé et homogi dans ses relations anciennes et moddernes avec toutes les époques sont Yair et la terre, commun gements ininterrompus, L’homme vivant cons homogéne, il est pour nous Ie péndtrer en di in tout homogéne qui, depuis tan de ses éléments constitutifs, perdu méme lorsqu'elle a semblé svisoler, elle n'a jamais ¢ des institutions humaines continues. etait de reconnalire cette unité avec des moyens itesse de ncepti monde environnant. rer comme des elfe Polarité, laquelle, & la fois repos et mouvement surcompréhension. Nous pouvons designer Panité comme réalité, le jeu du devenir du monde comme V'efret ded seven tuations changeanies des tens ‘ous pouvons nous représ e Se produisant en trol ier le devenir de> torrestre Dhases la premiere est 1 atone ms Tas fat-du «monde milien or Ja trolsiéme état dee efvilisation >. soit Te ‘« tet Chacune de'ces trois phases a se propre siga celle de ta typification progressive; Ik seceade at Te premiere. Phas i de Tune 2 at In frisiéme de mt 18 synthése, Car dans tn sens plu profond, civilisation veut dire vue de coincidence, Mais cette vue de cofneitence ne nant ASPECT ET FORME a7 par une Iente conguéte, issue du, monde environnant, ‘Avec chaque un élément nouveau dans Avec chaque emotion, imation paldeumatique. pensée civilisalrice doit étre inspirée par la tendance vers le sentiment de Vanité. 108 formes d’aspect du jeu humain isation au cours de laquelle Pessence de In plante a Vhumanité; nous en trouvons encore de beaux specimens, surtout sur la terre africaine. L’essence de la plante, & laquelle ces hommes se consacrent entiérement, les émeut. Hille devient leur bole et, par voie daualogie, leur dev ige de Ia vie de la ele corps de la mi Ta Plante, Ditférentes apparaissent ssence des animaux vent ouverte aux hommes et set emparée du paidetma humain, Ainsi, Pessence des divers phénomencs qui entourent Phomine A la surface dela torre a réalisé ha premiere ferme dune civilisation de conscience plus love. Test encore une troisime civilisation. dont shapitre ‘précédent. essence mie e, comme réalite,devient p snéme devient essence, et son dest 5 avons parlé an su, drame, tragédie. Alors vest Tt un long ire, d'une ém que lorsque Ia matiére de la précédente, issue dela réalité, a forme un depot d'idées. Nos idées marquent 1a somme des émotions de "humanité et, dans Paccrois. sement de ces sédiments accumulés, nous pouvons reconnaltre I'é lion de Vaction i at de I Gmotion ne peut jai xv « Principes » Ayant esquissé de Ia sorte le devenir de 1a civilisation humaine, rerenons la question: que peut &ire Part pour nots, et que devons: fous appeler art? Ta reponse se trouve dans Pessence du processus de décrire: tomte nouvelle connaissance fait aus auirement dit dans expression; mais lorsque le. pér senlimentale est passée, Vémotion devient Idée appliquee. Ce neo. méne, dans la vie civilisée, se réptte seulement principe de toate mutation, de toute formation de vie pour Vindividu et pour une communauté organique. Mais tandis que dans la nature environnante, 38 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE ASPECT ET FORME 30 tout art, Voici ce qui caractérise Is région paideumati it Part. ‘Nous avons dit : ¢ Lart I est Paspect sublime de Ja civitisa- tion dans sa pureté virginale ct immaculée. » Tl nous sera plus aisé a présent de comprendre cette phrase, « Pureté virginale et imma ge > signifie que Part jaillit dans le Jeu de 1a réalité et dans l'émotion mn des principes; cette pureté s'évanouit quand la ten= utilisé, int Industrie. done sous le deuxiéme Reich, la période do variation et de plast ndapte directement son jeu an plan de l'expérience véeue. Pevolution| fe troisiéme Reich est apparemment trés complexe — car ie essenticlle des phénoménes paideumatiques. Car si dan: onnaissanc: squiils se trouvent dans Au temps oit Vessence de Ia plante avait saisi jouait le role de ta plante, il pensait et représentait son essence & Crest le phénoméne de expression, Lyhomme vivait ce rBle avec une ait Te phénoméne natut ya de Ja plante XVI ture. 1 essence de Tanimal gouvernait Mhomm Style. ot le sais les vues de V'historien de la civilisation fention, peut-ttre les connaisseurs attitrés encore (employons une expression atténuée) Vaccomplissement mémo de sa onde, et st Vexpression. La période de emotion et de Tincorp it cette acquisition def ‘ae Pexpérience animale véeue; ainsi nait Pélevage des bes Mais fai ma réponse préte pour toutes ce genre, et je la donne dés aujourd'hui: «Il ne Pen décider; c'est vous qui étes homme du métier; ‘se borne a sonder es profondeurs doit les arts émergent dans [histoire de Ia ci tragédie du devenir et di entierement sa formed ce principe. Tout c par ia réalité cosmique, flonnées alfectives, se dessine plus tard’ cor owle une chalne @acquisitions civilisatzices : état; 1a royauté; Pastromomies war la seience actuelle de Ja civilisation, le «probléme de Part » ne saurait aueumement devenir une doctrine dappréciation qualita tives il doit Iul permettre @éclairer un grand nombre de questions Telatives & Vessence des styles. Tl est superfia @expliquer que Wart est Te sens de la vie, et qwen pénétrant les styles de In vie nous nous yprochons aussi de Tessence des styles, Cette connaissance (encore ct, par deli ces formes, toute Ia symbolique qui orne encore de m jours — avee Ia crosse et Ia mitre, lo chapelet et Vétole, avec le ma teau imperial et In couronne, avec Ie sceptro et Ie un truisme) pou s suffire en théorie, m: du tout en A-présent, nous voyons déja clairement co que Yart peut et doi'fe pratique, pour éerire Vart et are, Car ‘tre exclusivement, selon Is conception de la science et de la civilkfe 8 Vhomme parvient stolre de tous les styles vitaux de Ia civilisation et Part, H tracera ainsi deux courbes sans point de tange En effet, en tel temps ott en tel autre el ine architecture sublim N jons qu'une histoire de Part devrait étre immen: sément vaste, quelle Te sera un jour, quand nous aurons dépassé cr premier stade de titonnements aveusles Pour Phumanité, Ia nature envirom noménes est devenue le principe de la Ge fut d’abord ce de Ia plante, puis celle de du cosmos étoi expression vitale fut tres importante, on n’arrive point & discerner tne’ forme {nous ne possédions une histoire romaine bien documentée, le devenir de Etat romain, une des euvres 40 “HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE les plus étonnantes que Ia force eréatrice humaine, ow plutét patdew ‘matique, ait produites, nous resteralt & jamais incompréhensible, Lart comme aspect peut se manifester dans tout domaine oli se produit un mouvement vital de civilisation. Nous resterions déconcertés et impuissants devant la multitude’ innombrable des expressions artistiques non elassées, sans la répétition femelle du phéioméne de expression appliquée qui régit. toute activité artistique. Un grand nombre des chefs-deuvre de la Gréce ne nous sont connus que par des copies généralement peu réussies de Pépoque romaine. Les eréations d'un grand artiste touchaient le peuple entier et passaient ainsi du domaine de Ia force expressive ‘dans celut de la mécanisation conservatrice : c'est lé un phenomene de tous les temps. L'aspect devient toujours forme, et les formes sont durables. Méme dans les civilisations assoupies, 'étincelle qui n'a jaill ‘qwune fois et pour un bref instant continue de couver sous la cendre, Les formes ne sont que des moyens. Les formes mortes portent encore trés longtemps en elles les caractéristiques de leur aneienne. En ce sens, nous pouvons prononeer cette grande phrast Toute réalité est surtemporelie. Grace la signification que Comme pent salsir, tout est durable. Le style tui aussi survit dla faculté ima: inative. Et maintenant il me semble voir un spécialiste, pour lequel cette question n'a pas de secret, surgir devant moi aveo un sourire ironique, lirer de sa poche une massue de ! dernigre ére glaciaire et me «Bh bien, cher collégue, que pensez-vous de cela? > Etres pusillanimest Voila cent ans, personne me se dontait que cette pierre avail été faconnée par Ia m: des res glaciaires réguliéres, que la rleure 4 Tére glaeiaire, persone ne se d francaises renfermaient des ceuvres art vi rs d'années — et que nous pouvons pénétrer & présent grice & Vobservation des peuples qui vivent aujourd'hui encore en Afrique et conservent leur heritage de civilis: Elres pusillanimest L'immense période de tion qui précéda notre courte histoire mondiale, les domaines gigan- tesques qui débordent Vespace étroit de notre propre devenir histo- rrique ne se sontils pas ouverts & vous? A coup sir. Il nous faut le dire modestement : aujourd'hui encore nous sommes des novices mathebiles. Mais, saisis par la grandeur et Ia magnificence de Is réalité paldeumatique, nous sommes préts, dans notre modestie flére, & recevoir Ia grace de la vision profonde, ‘Fai voulu par cette phrase exprimer notre propre style de deventr, DEUXIEME PARTIE IMAGE, EFFIGIE, FORME LIVRE V. — LE PLUS ANCIEN ART DE LIMAGE xv Les couches de etvilisation de Uage de pierre. Voici quelques dizaines d’années encore, Jes « savants > cux-mémes hornaient leurs spéculations 4 P'époque des premiers chepitres de "Ancien Testament et du produit des fouilles de la vallée du Ni neore let objets mis & jour ne remontaientuils qua Yunion de In Hante et de la Basse Egypte et au roi Menés, done a Van 3000 avant Fesus-Chi Tes savants de ce temps, se basant sur la si salent ainsi Vhumanité : Pune part les peu fan destin historique entre 1a Mésopotam: ft @autre part... tout Te reste. A cette derniére cal ‘des Blres singuliers, Pune espece ft parmi lesquels on distinguait auvages et des peuples plus Volei quelques dizaines is aboll, Le premier choc qu Vhumanité avait dia produit une - Les preuves de cette unité ne furent pas seulement fournies par sol, mais ausst par les peuples vivants! Les peuples de Ia Mélanésie, de la Polynésie et de Amérique du Sud avaient A Pépoque ot on es déconvrit et ont encore, non des outils de métal, mais des outi de pierre, parfaitement semblables & ceux de Ia période avancée age de pierre. Chex les Tasmaniens, on trouva des objets taillés dans le style de la période reculée de Page de pierre, Ainsi fut prouvée non seulement Panité de notre propre progres "que & partir de la civilisation de Mage de pierre, mais auss ations-sources et Tes civilisations. « ethno- graphiques » vivantes. Mieux encore, on détenait Ia preuve du fait q nous avons déja Gnoncé; & savoir que Ia civilisation humaine, avec toutes ses formes d'expression, est saisissable pour nous depuis son premier devenir jusqu'a son dernier étre, parce que rien ne disparalt définitivement. Notre pénétration dépend de notre faculté de voir Les styles d'outils qui se succédérent selon une évolution précise sur Ie sol de Europe ont 68 nommés d'aprés les lieux des f Nous parlerons du paléolithique recnlé en traitant du Cheliéen, PAchetléen, du Moustérien; cu paléolithique avancé en traitant de VAurignacien, du Solutréen, du Magdalénien, du Campignien; et enfin du néopaléolithique, style de ‘poli, Pour les découvertes tran. ores A 'Europe, cette nomenclature nest pas valable. En Afriqu: ‘Aurignacien et Solutréen forment divers degrés du Capsien qui s'étend jusqu'i Espagne, Indépendamment de ces différentes capitales, il Taut encore mentionner que toute une série de variantes de style por tent des noms spéciaux, Nous trouvons ici la preuve que Ja science progresse par de laborieuses et méticuleuses recherches, que Ie pro- is, Pour notre histoire de Tart. africain, Vesquis suivante suffira Liepoque reculée de la pierre comprend : Chelléen, Acheulée ‘Moustérien; en Afrique : Atérien et la derniére période interglaci jusqu'au milien de Ia derniére ére glaciaire Leépoque moyenne de la pierre comprend : Aurignacien, Solutrée i jgnien; en Afrique : Capsien slaces. Trepoque avancée de la plerre : da Campignien, en passant par néolithique, jusqu’au commencement de répoque duu métal. LE PLUS ANGIEN ART DE L'IMAGE 45 Cotte classification des styles, basée tout dabord sur Ies objets ills, en styles de l'époque rectlée, moyenne et avancée suffit pour pire tiche. Cotte triple division n'est point seulement un systéme de classifica- ion conventionnelle; elle présente un double avantage. Elle exprime Wabord a transformation de Vactivité humaine recon: rolution de la forme et de la maniabilité de Voutil, je deux groupes contemporains, mais separés dans espace. Blle révéle fin dans ses trois degrés une différence de niveau qui ne s'est plus produite par In suite dans Ie développement de Ia civilisation. De Tépoque reculée de Vage de pierre, nous ne possédons que les outils de pierre qui ont subsisté & travers les siecles depuis Vére ire; c'est & peu prés tout ce que nous connalssons de cette ‘ol Yon découvrit les vestiges de 'époque moyenne de Paige de rre, on trouva 4 eété des outils de pierre toutes sortes d'outils et Vos, de cornes de ruminants et de dents de rennes, et méme de petites sculptures, pour Ja plupart anthropomorphes. Mais surtout, de grandes cavernes qui s'enfoncaient profondément dans le sol révélérent des dessins et des images gravées et peintes, ainsi que des sculptures dargile. Dans Vensemble, un art d'un style précis et fort, qui s'est éteint dans POceident européen a Ia fin de V’époque mayenne de lage de pierre. Le troisi¢me stade de l'époque moyenne de l'age de pierre nous montre Phomme s'adonnant deja & Vagriculture et a Vélevage. Cest le temps oli Phumanité batit avec des rochers des chateaux do cartes, In période des mégalithes et de la céramique, qui va toujours en se difféerenciant de plus en plus et dépend strictement du lieu. Nous nous foccuperons au Livre VIII des principaux produits de cet art xv Styles d'images de VAfrique du Nord. Voici d'abord Part Je plus ancien (de l'époque moyenne de Tage de pierre), celui des images rupestres. Leur conservation ou leur dis- parition appartient am destin; il est vrai que les images coloriées furent faites trés probablement & Vaide d’excellents fixatifs, mais un inlervalle de tant de millénaires implique des changements de climat de nombreux hasards. Si nous ne trouvons aujourd'hui les merveil- louses uvres Wart du style franeo-cantabrique que dans les eavernes dy Sud-Ouest de Ia France et du Nord de Espagne, cela ne prouve fsueunement que eet art n'a louri qu’en ces Ileux. Bt si Jadis semblable prodige de forme et de couleur a resplendi sur les rochers suspendus (¢ abris >} de PAtlas Saharien, il a disparu aujourd’hui au cours des iénaires par suite du changement du climat d'abord pluvicux, puls see, des tempétes de sable et du passage a I'air libre, c'estacdire 46 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE LE PLUS ANCIEN ART DE LIMAGE a du froid au chaud! Bt ce qui est vrai pour les peintures Vest encore pour les sculptures d’argile ou les graffiti des murs dg terre, fest 1A un fait qu'il ne faut pas perdre de vue lout at long de fet Vhistoire de Part des images rapestres firent leur apparition au commencement dé we moyenne de V'age de pierre (en Europe : Aurignacien; Afrique: Capsien) dans TOuest de l'Europe; quelles subirent’ des transformations de style pendant I"époque moyenne de Page de pier que Ia ruine de cet art se produisit, également en Europe 0: fale, & la fin de Pére glaciaire (vers Van 5000 avant Jesus En Europe, cette période d'art s'est donc étcinte aux approches de Ie période avancée de Paige de pierre (laquelle commence att Campigaien et atteint son point culminant au néolithique), Ten fut autrement sur le sol africain, L’Afrique da Nord, dont nous parlerons d'abord, Yere glacisire de PEurope une période pluvieuse, AY de Vage de pierre, PAfrique du Nord, comme le montrent les gisemen féconds en ceuvres dart du Maroc du Sud, du Fezzan et du desert de Nubie, fut sans doute couverte de prairies sur de grandes étendu ft ses steppes sillonnées par des leaves. La, le commencement lune puissance expression merveilleuse. Les spécialistes sont d’avis, que les deux styles datent du méme temps et que par conséquent Ie slyle de Espagne orientale appartient & la civilisation de Pepoque moyenne de lige de pierre. ‘Si la grande figure gravée lune beauté dpre ot sévére comu alricain (Egypte); les représentations gravées dani vages (a Vexclusion de figures humaines) procédant d'une concept- ge correspondent au style franco-cantabrique, et la peinture e proportions plus petites empruntant ses motifs Ala vie humaine dgfnit le style de Espagne orientale. Nous verrons plus tard que cette division bipartite se reproduit dans WAfrique du Sud. sauf toutefois en Scandinavie, appartiennent trés proba Nous pouvons citer es sur Toc de ce pays sment a Vépoque avaneée de Page de pierre, epoque moyenne de Page'de pierre coincide avec Te commencement fy. ta province franco-cantabriqu. stu dessichement, In dispartion des eaux et la in des grandes plus — Hf province franeo-cantabrigue, Earope Ui est important de constater que li ou Ton découwrt des objet fa province tranco-cantabrique (Europe). tales de tpogue Tectlee de Page de pieme, om ne troura jana pe yf £8 Province tran pinus, arene) de peintures, méme dans les lieux qui senblatent oftie un amp! yi cement particalérement tentant ie anion ‘hu NordcEst de TAfrigue, les images rupestres se trouvent toujours Cece e long des bords escarpés des vallees Huvisles; dans Te desert de ea nea ia|an calle nea Nubie, elles impliquent 1a présence proche de nappes souterraines je. et Nubic). \ Gela ‘ignite qulles furent sans doute exéeutes ent un temps 0 “1 PALI SS au Sud (hodésie). pavsage offrait sensiblement le méme aspect qqveujourdbut tn vse Se nese rea } {ation était probablement beaucoup plus dense et la terre vegeta plus riche, mais les fluyes et les lees avaient a peu prés le mene Ee yq La province de Palestine niveau quaujourd'ui), I faut distingucr deux styles dans Vart dep Hi | Asie (Compares Ia carte 1, p. 48) TAtrique due Nor oe eee @) celul des gra 0) celui des peintures es lane et ocre, Peut-étre n'est-ce point un fait sans importance que dans Ie Sahara central les ciselures soient toujours sur grés (Fezzan), les peintures sur granit (domaine du Ghat, 4 exception d’une seule caverne oi elles sont sur grés!) Ces deux styles révélent de grat différences. Cest un fail frappant que Yon rencontre aussi en Europe occide! tale “deux styles différents, dans des domaines tout a feit distinct A est vrai: le style franco-cantabrique du Sud de Ia France et Nord de V'Espayne, et le stylo do Espagne de VEst, On trouve les spécimens du premier style dans des eavernes, ceux murailles rocheuses découvertes des ¢ abris >. Le s brique est un slyle animalier polychrome dune vivacite et dune virtuosité extrémes, sans figurations bumaines. Le style espagn: monochrome et raide, reproduit surtout des figures humaines, ave It que Vaile occidentale de la province de ord-Hst de VAfrique (III et IV), comme en témoignent ses euvres les plus importantes, se rapproche des formes expression eu éeunes (Let 11), non seulement par sa position dans Vespace, mais par ‘essence de ses ceuvres, Il importe également de noter que les @uvres Atlas Saharien (II) et du Fezzan (LV) ne sont ‘ables par Jeur dimension, mais aussi par leur en dehors de ces provinces primordisles pour 8 Tupestres de l'Afrique du Nord, on trouve bien encore line foule de spécimens de moindre Sshara occidental et central, mais il s eau Maroc, dans le énéral dan art épi- ;poque plus récente, comme le prouvent les fréquentes representations 48 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE LE PLUS ANGIEN ART DE LIMAGE 49 de chameaux, car cet animal ne fit som apparition dans ce pays qu cours du premier sprés Iésus-Christ. En général, Hlude artistique qui ie sens profond des pre jenser de préter grande clies relevent de ineur d'un temps avancé, créations de ’Atlas Saharien et da Fezzan peuvent etre qualifiges de grand Indépendamment de ces deux ¢ oasis > de grand zone de productions isolées rate encore deux groupes au Soudan, cette Imagerie rup province dit Nord-Est de l'Afrique, dans le desert de N i, offre des images rupestres dont le développement his s murs des temples de lancienne Egypte. ie continuation de Mmagerie rupestre au Soudan est pi des documents les plus importants de 1a civilisation afri ra trouvé prés de Bamako et au Sénégal des cavernes doi ois portent des peintures d'une époque asser recente. Des} i. a i ide Hombourri (dans a courbe du Niger), des m wis) portant des peintures que les garcons a Vage de doivent exéeuter ou repeindre. Enfin, Paul Germann eut de découvrir an fond du Sierra Leone, chez Jes Gissé, une Importance capitale (ef. planche 31) : au cours det jaise sur lequel Jes jeut gens tracent toutes sortes de contours en. place devant Ie mur des poupées Wargile (7). Dans le chapitre suivant, qui traite de 1a ¢i aussi prendre en considération ps ‘provinee V de Vimagerie rupestre. Si t aujourd'hui Ie désert de Nubie, aide du ple, tandis que dans la vallée du Nil les des plus tard sur les murs des temples & Papogée d Hienne — sont incisés dans les murs, Nous montrerons Timportanes fe différence, qui correspond & une différence de positions aux quvres monumentales de l'Ouest, les images de Nubi ‘ent dabord el facon égyptienne. Elles VAsle occidentale, Cet art de se manifesta & une époque avi les se. dessina en En tout cas, on peut dire que les documents de la province d'ime- 50 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE serie rupestre de Afrique du Nord révélent par les caractéristig de fears gisements maturels deux groupes distincts. Les cwuvres plus anciennes di nels avee a province d'art de Est (V), des Fapports ave tenant i la civilisation de Pépoque. moye demires & celle de Pepogue avancée de LE PLUS ANCIEN ART DE LIMAGE a Jes autres @’un travail plus fin, 11 semble que les gravures ne se ‘trouvent jamais dans des « absides », rochers suspendus et murs de cavernes, mais toujours sur des blocs de rocher a surface plane ow blique, épars sur le sol. On peut distinguer deux motifs diiférents : des représentations d’animaux; 2) des formes géométriques incom- prdhensibles; les premiéres sont faites av secondes des com jons, tous les animaux sont isolés. Deux girafes placées Pune & até de Pautre veprésentent le maximum de composition. Les figura- ns humaines sont presque inexistantes et, ‘découvre, jord-Ouest (IIE et 1V) trabissent des rapports f vec moins de soln. Ces reproductions ne d Ps xx pplus de soin, sont nntours des antilopes, des hippo- si finement, les plis de Ia peau, itement ménagés, que les reliefs ‘ a Styles d'images de VAfrign potames et des rhinocé: ouverte ou non de poi donnent Vimpression d’cuvres colorées (v. ‘pl. 4 et 44), cela d’autant plus que seuls nous sont parver sur des pierres extrémement dures comme le basalte, iorite, La couleur de la pierre est uniforme (chaises de roi), Dans Pune Toles mous trouvimes deux grandes peintores représentant Ie roi cot Se aedessous, en cercles concentrqies, toutes sortes de fantd- comparison avee autres pelnfires, nous pouyons ere stirs Roh agit dun c duivon >, eestaedire d'une representation des Sords des lace sacr ces et les fan tomes de Pade Ges peintures nous feappent déja par leur content caractéristqne. n'y frouve non seulement des representations de Toes, mais aussi Glarbres et de rochers (v. pl 52). Sur Vune des feesques es pls les vietimes des sa: hantés p: 4 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE importantes, & droite de Ia scéne du couronnement, est représen grand groupe de Fensevelissement : le zébre immolé — on voit jailtir Te sang des naseaux, — au-dessous des hommes sacrifiés, plus bas ‘encore Venveloppe de la momie, & gauche limmense linceul en peau de heout doi Yon voit surgir la téte; au milieu s'éleve le rocher dans Tequel stenfonce Ta caverne sépulerale; plus & gauche, au pied du rocher, Yarbre dont les fruits donnent Thuile qui sert 4 momifier le eadavre; ausdessus une petite figure de deuilleur; enfin, tout & fait A gauche, Ia seéne du couronnement (v. pl. 49). L’enveloppement dans une peau de boeuf n'est que l'une des anciennes méthodes employées pour ensevelir le souverain, On voit ailleurs un corps de rol élégamment entouré de bandelettes et la face couverte d'un masque cornu (v. pl. 50). ‘Le paysage joue done un grand réle dans ces peintures. La varigté des espéces Warbres représentées est étonnante. On y voit encore des scénes comme celle-ci ? un homme saute d'une eréle rocheuse dans tune vallée oi se dresse un arbre; ou bien un guerrier court vers un homme tué (cette fresque ressemble beaucoup A la précédente); ou Dien encore une femme agenouillée se lamente tandis qu'un homme se dirige vers un lac ot nagent des poisons : il a jeté l'arc, c'est abandonné Ia vie; A cété du lac s'éléve un arbre. Enfin, sur une peintare des Matopohilis, nous voyons & droite le lac avec des arbres, et des hommes qui montent, des animaux entourés de plusieurs rangées hommes, A gatiche tne montagne et des poisons. Done des paysages de grand style, qui sont complétement absents des images rupestres miridionales ainsi que des documents préhistoriques de TAfrique du Nord et de l'Europe. Les représentations de rochers ainsi que d'autres formes sont bien diffieiles & interpréter. Indépendamment de ces représentations quasi inexplicables, il en est dautres d'un caractére tout aussl étrange, que J'al dQ ranger sous V'appellation générale de ‘formes> (v. pl. 56) : I, des racines bulbeuses, des blocs de rochers ct d'autres motifs s’enehevétrent si étrangement qu'il faudra un travail Tongues années pour déchiffrer tout cela. fa plus, Sur une pelnture, un roi (?) léve les mains en priére, devant Tui sur la terre est Glendue sous un arbre une femme immolée; du ciel une autre femme se penche; des lignes paralléles sortent d’elle pour former on bas des goultes. Une autre peinture rappelle plus encore la pluie, ruisselant, semble-til, sur un homme qui brandit son fare en invocation et sur tne procession dansant une ronde; dans cette peinture, une jeune fille entourée de rayons ou de racines est couchée Sous un arbre >, et comme dans l'image précédente, une autre femme se penche du ciel, L'arbre se termine par un serpent muni «oreilles; ‘des hommes grimpent et redescendent (v. pl. 53) Sur d'autres images, des hommes grimpent sur un pont de serpents Cette représentation typique du style nordique a une parenté éloi gnée avec des images du Sud, On voit encore des hommes grimpant A Taide d’échelles ou sans échelles sur des formes qui rappellent un pont ou bien traversant des fleuves ot sv trouvent des serpents; les estes semblent conseiemment acrobatiques. Ge style m’hésite done pas a traiter les sujets Ies plus compliqués, Ie LE PLUS ANGIEN ART DE LIMAGE 85 et différe par 1A de tous les autres styles anciens qu'on nomme avec Foison prehistoriques. De la Vimpossibilité d'altribuer Tes euvres principales de cette provinee d'images rupestres (méme si l'on consi fire leurs modéles es plus anciens) & une époque reculée de l'age de pierre. Nous en venons naturellement & la question de Tépoque et de Ia civilisation auxquelles appartiennent ces images rupestres de V’Afrique fda Sud, On est en droil d'attendre que nous donnions une explication fe nos Teproductions, mais il nous est encore impossible de le faire fe {acon certaine, Pai entendu molméme en Afrique du Sud les inter~ prétations les plus oppasées. Les tins, invoquant le fait que certains es premiers colons ont encore vu peindre les Boschimans, en concluent que ces milliers de peintures ont toutes été extcutées par cette peuplade : les gravures, et toutes les variantes de style nordique ff méridionall Les autres, invoquant le fait que les fouilles pratiquées ans Ie sol des cavernes a images rupestres ont mis surtout & jour des outils de pierre de l'époque du Capsien, en concluent que Ia plus de ces peintures proviennent de Part du Capsien. isations aussi simplistes ne permettent pas de pénetrer dons toute Ieur complexité des questions fort problématiques. Des fanciennes gravures, on peut dire que leur exécution artistique et leur ie, sinon leur style, les apparentent 4 notre style européen du Magdal ‘ce qui n'est pas contredit par leur patine, Elles sont trés éloignées par leur technique et leur art des deux styles de peinture et n’ont rien de commun avec eux. Quant au style méri- dional, surtout dans ses représentations polychromes de I’élan du Cap, ‘on ne saurait nier que ses figurations animaux s'apparentent au sile franco-cantabrique, et que les contours, T'attitude et les gestes des figures ressemblent extrémement aux représentations humaines dda style de T'Espagne de V'Est. Tl ne serait donc pas étonnant que istoire des sources de ces ceuvres remontht aux mémes racines de 8 et de civilisation, Mais cela m'implique pas foreément que les, peintures de PAfrique méridionale sient un aussi grand age, et que hous retrouvions en elles les Images rupestres originelles de YAuri- gnacien et du Capsien. Le ¢ destin > des ations africaines est jamétralement opposé & celui des civilisations européennes en ceci : en Europe, continent des plus grands changements de civi- sation, des vagues de vie nouvelle, déferlant depuis les temps pré- historiques, recouvraient sans cesse Tes formes anciennes de matiéres différentes — la nature africaine laissa vivre et subsister dans une palx Jamais troublée Tancien 4 c6té du moderne, jusqu’s Varrivéee te Ia civilisation européenne qui détrvisit tout. TL faudra beaeoup de science et de discernement pour déterminer i une image a pu se conserver depuis des temps si reculés, ou si elle est que le dernier maillon d'une chaine de copies ininterrompue Le style nordique, avec ses corps cunéiformes, sa tendance 4 accen- fuer Ia frontal ‘angles Apres et ses compositions de paysages, ne saurait étre assimilé aux styles paléolithiques de l'Europe occiden- fale. Si Yon a ses earactéristiques, on pensera tout naturelle 56 HISTOIRE DE LA CIVILISATION AFRICAINE ‘ment au groupe oriental des styles de Fancienne Mésopotamie et ae Egypte pré-dynastique, caractérisée par les. paysages, les corps cunéiformes ef les angles aigus. Mais cette parenté de style ne permet pas encore d'attribuer une dale & ces mages, ear il ne faut pas oublier Ja longévité de certaines formes de styles. On ne saurait nier non plus 'influence réciproque des styles du Nord et du Sud, ainsi qu'en témoignent une série d'exemples. 11 est absolument certain que le style classique cunéiforme, comme Jaime rais le nommer, n'est pas une « invention > africaine. Les régions ob il se manifeste ‘sont celles d'anciennes mines, d’anciens édifices bien constraits, de Vancien Etat sac prétres. I! constitue an élément t ui forme un ensemble fermé et sai prendre un jour une grande Import {tainement toute Vattention des spéci et de Pancienne mythe caractéristique d'une ei issable, Comme tel, il pourrait bien et sa découverte mérite cer ists. Cette yue d’ensemble des styles préhistoriques des images rupestres de PAfrique partait de Véquation : civilisation de l’époque moyennt de Vage de pierre = relation avec 'Europe occidentale (déeisive pour les styles de l'Afrique du Nord-Ouest); elle ne peut se terminer’ que ppar cette autre equation : époque avancée de Page de pierre — rele- tion avec Asie occidentale (décisive pour les styles de Afrique du Sud-Est), Ce fait implique une tension maintenue pendant des milliers années, Vimportance de cette conclusion au sujet du style de PAtre que du Sud-Est a déja &té exposée au chapitre XI du troisiéme livre Dans les pages suivantes nous essayerons, en comparant les ceuvrer Wart de T'époque moyenne de Vige de pierre de Ouest et de'l'Europe occidentale avee celles de vivante du Soudan (nous y avons fait allu reirouyer Ia signification réelle des styles PAtrique du Nord, et peut sation encore chapitre XVII) de ‘images prebistoriques de ire aussi de l'Europe. LIVRE VI. ~ LION xxl La courbe métaphysique Liart des images de l'époque moyenne de Wage de pierre n'est venu jusqu’d nous que particllement et dans la mesure oi la surface terrestre Festée intacte. Si l'on construisait alors sur le sol des batiments de re ou de bois, il n’en subsiste évidemment plus rien, Mais nous wvons aucune raison de Je supposer. Nous connaissons maintenant wneien monde souterrain, les cavernes de la Dordogne et Jeurs vastes wmifications; tout y fut ‘trouvé & peu prés dans l'état od avait abandonné Tactivité humaine : les nombreuses lampes, les outils, les foulptures d'argile et méme les traces de pied. SI une architecture ‘quelque Importance s'était lors levée sur le sol, sans doute en i-on découvert des vestiges dans ce monde souterrain. En effet, plus nas Gludions Tes détails décoratifs de cet univers souterrain, toujours fobscur, plus nous sommes forcés de voir en lui un habitat 4 destination sacrée, du moins pour les établissements les plus considérabl est vrai que le lent éclaircissement progressif du devenir de la sation en général et des phénoménes qui révélent 1a naissance ine civilisation particuliére (v. Livre 1) nous force a reconnaltre {que dans les © commencements > il est impossible de séparer Ja vie profane de la vie sacrée. Tel fut assurément le cours de I'évolution lune conception presque animale procédant de la nature du milicu ‘environnant engendra des émotions qui portaient les premiers germes ia ¢paideuma » eréateur. L’émotion implique toujours le sens du sueré. La faculté q’émotion croissant, homme fut esaisis par une substance, puis par une autre, jusqu'a’ ce que tous les phénoménes dit monde et de Ia vie se résumassent enfin en un sentiment vital et de essence sacrée; A ce premier point culminant, tout était sacré : le proche et T'éloigné; le plus petit comme le plus’ grand: aécessaire it la vie, 'évident, le guotidien; Ia recherche de Ja nourri- ture comme Ia nourriture; le vétement et In demeure; comme nous ‘orrons, les rapports sexuels eux-mémes étaient soumis au premier ef & cette conception, que Walter F. Otto a justement déinie en catie phrase : « Alors le mythe vivait et germait dans les actions. » ‘Nous ignorons of Ia période sacrée atteignit son point culminant, is il nous est possible de le rechercher A V'aide des faits ethno- saphiques, dans essence des arts humains des temps reclés. Aujour~ Hhui, peut-étre nous estuil déja permis de le placer dans la zone de