Etat civil d’enfants nés par GPA : la France de nouveau condamnée

22/07/2016 08:11

Etat civil d’enfants nés par GPA : la France de
nouveau condamnée
LE MONDE | 21.07.2016 à 11h27 • Mis à jour le 21.07.2016 à 15h42 | Par Gaëlle Dupont (/journaliste/gaelle-dupont/)

La Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg, en 2014. FREDERICK FLORIN / AFP

La France a de nouveau été condamnée, jeudi 21 juillet, par la Cour européenne des droits de
l’homme (CEDH), pour avoir refusé de transcrire à l’état civil les actes de naissance d’enfants nés à
l’étranger par gestation pour autrui. Elle se prononçait dans les dossiers Foulon et Bouvet, où des
hommes ont eu recours à des mères porteuses en Inde . La Cour estime que le refus de
transcription constitue une violation du droit au respect de la vie privée des enfants, garanti par
l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Elle condamne l’Etat à verser
5 000 euros à chacun des enfants concernés pour « dommage moral », et 15 000 euros à chaque
famille au titre des frais de procédure.
Les deux affaires étaient arrivées jusqu’à la Cour de cassation, qui avait estimé le 13 septembre
2013 que la naissance étant l’aboutissement d’une fraude à la loi, la GPA étant interdite en France,
le refus de transcrire l’état civil étranger était justifié. En novembre 2015, le gouvernement français
avait proposé des indemnisations de plus de 30 000 euros aux familles pour solder le contentieux,
que ces dernières avaient refusé.

Lire aussi : La France sort le chéquier pour clore un contentieux sur la GPA
(/societe/article/2015/12/25/la-france-sort-le-chequier-pour-clore-un-contentieux-sur-la-gpa_4838022_3224.html)

Les nouveaux arrêts de la CEDH, symboliquement importants, ne sont pas surprenants. La Cour
confirme la condamnation de juin 2014 dans les dossiers Mennesson et Labassée, où les enfants
sont nés par mère porteuse aux Etats-Unis. Tout en reconnaissant à la France le droit d’interdire la
GPA sur le territoire national, la CEDH avait affirmé que le refus de transcription « porte atteinte à
l’identité [des enfants] au sein de la société française » et avait condamné la France au nom de leur
http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/07/21/etat-civil-d-enfants-nes-par-gpa-la-france-de-nouveau-condamnee_4972678_3224.html

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lemonde. 34 transcriptions d’actes de naissance étrangers Selon les données transmises par le gouvernement au Conseil de l’Europe . » Il y a en revanche blocage quand un parent non biologique est mentionné (mère d’intention ou père d’intention dans un couple homosexuel). Le tribunal refuse de reconnaître la mère d’intention.html Page 2 sur 2 . » Laurence Roques plaide également pour la prise en compte de la « réalité juridique » des actes de naissance étrangers. « La filiation n’est pas une question biologique. Les enfants concernés vivent en France avec des papiers étrangers. affirme maître Caroline Mécary. décrypte Alexandre Urwicz. Quand le père est seul sur l’acte de naissance. ce qui est le cas par exemple quand une GPA à lieu dans certains états des EtatsUnis. Leurs parents dénoncent le fait qu’ils soient pénalisés du seul fait de leur mode de conception. Or en droit français. quand l’acte mentionne un père et une mère porteuse ou quand il mentionne un couple d’hommes. http://www. Au cas par cas Cependant le gouvernement n’a donné aucune instruction après la condamnation de 2014 pour faciliter les transcriptions. l’avocate du couple. « Les actes de naissance des jumelles Mennesson ne sont toujours pas définitivement transcrits. la seule mère possible est la femme qui accouche… donc la mère porteuse. dès lors que le père d’intention a adopté l’enfant après sa naissance. Il arrive qu’elle fournisse un ovocyte pour la conception. puisque les actes de naissance en question mentionnent le père biologique et la mère porteuse. « Seules certaines configurations fonctionnent. ce qui pose des difficultés dans leur vie quotidienne. » Dans une GPA hétérosexuelle. 34 transcriptions d’actes de naissance étrangers ont eu lieu entre la condamnation de juin 2014 et le 1er janvier 2016. Les élus laissent donc les tribunaux trancher au cas par cas. La transcription partielle [du seul parent biologique] n’est pas tenable au regard du respect au droit à la vie privée et familiale. de peur de prêter le flanc aux opposants à la GPA. la mère d’intention est la femme qui a un projet d’enfant mais ne peut pas le porter pour des raisons de santé (absence d’utérus par exemple). C’est une interprétation restrictive. Les arrêts du 21 juillet ne permettront pas de trancher ce débat. ou que le couple fasse appel à une tierce personne. conseil de MM. Foulon et Bouvet. président de l’Association des familles homoparentales.Etat civil d’enfants nés par GPA : la France de nouveau condamnée 22/07/2016 08:11 intérêt supérieur. relate Laurence Roques. Ces derniers redoutent que la reconnaissance par l’état civil n’ouvre une brèche dans l’interdiction française.fr/societe/article/2016/07/21/etat-civil-d-enfants-nes-par-gpa-la-france-de-nouveau-condamnee_4972678_3224. une donneuse d’ovocyte.