Vous êtes sur la page 1sur 31

THE MAGHREB

REVIEW ÇA

\ quarterly journal on North Africa. Sub-Saharan Africa, the Middle East and

Islamic studies: history, geopolitics, environment

Revue trimestrielle d'études sur 1'Afrique du Nord, I'Afrique Sub-Saharienne.

1e Moyen-Orient, 1'Is1am: histoire, géopolitique, environnement

VOLUME 28 o Nos. 2-3 o 2003

SPECIAL \UMBERS ON: LITERACY IN TRADITIONAL \,IUSLINI SOCIETIES

CONTENTS/SOMMAIRE

Profiles of Nerv Islamic Schools in Northern Nigeria.

B1'Muulltrtln S. Urr.{n

Islamic Literacy Tradition in Ghana. By Hu.l Munttlll Surru.rN'r

Post-Developmentalism and Educational Policies in The Arab Gulf Region.

81' Krxrrru E. SH

sv

L'Expansion Culturelle Européenne en Algérie. Enquête sur les Écoles

)rlormales de Constantine (1879-1940). Pnr Asornnault{ St'rr.trt

La Transmission du Savoir Historique en Al-Andalus et au Maghreb a la

fin du Moyen Age. Par Alrloua Arrrnl

The Maghreb Review - A Manifesto for the Twenty-First Centur.v

La Revue du Maghreb - Un Manifesto pour le XXIème SiècIe

Conditions of Pub1ication Condition de Publications

.,

'

'

,

'

145

170

186

199

'

215

215

241

250

254 '

The Maghreb Review, Vol. 28,2 3.2003

This publication is printed on longlife

paper

@ The Maghreb Reriel 200-1

LA TRANSMISSION{I DU SAVOIR HISTORIQUE

EN AL-ANDALUS ET AU MAGHREB À TA ùN

DU MOYEN AGE

P{R ALLAOUA AMARA*

RESUMÉ

Le présent article se

propose d'étudier la transmission du savoir

de savants ecrits par Ibn

Harifa

Hayr

ar-umawT (m. 51s/rhel

Maghreb et en al-Andalus à

I'analyse de deux catalo-eues

Hayr

au

la fin du Moyen Age en se fondant esentieilement sur

historique

al_rsbrli Abù Bakr

"tAbù-l-easim

abordés

b.

|en_

enseignés.

Les

Muhammad b.

Yùsuf b. Muhammad b. ;{1i al-Tugbi al-sabtr

b. 'umar b.

(m. 730/1329). so.rt

et res

ouurug.,

seignement de l'histoire. res modes de transmission

milieux de l'écriture et de la transmission du savoir historiquî sont également

étudiés. Bien que la

transmission du sar oir en Islam médiéval ait fait

l,objet

études,l il n'existe

de nombreuses

place

que

pas. à ma connaissance, une étude approfondiË sur.ra

tenait l'histoire dans

et transmettre le savoir

plines historiques au Maghreb et en

deux catalogues de savants pour répondre

Ienseignemenr er les modes qur etaiènt pratiques pour préserver

historique.:

Je voudrais ici étudier la transmission des disci_

al-Andalus en se fondant partrculièrement sur

enfin à la question ,i llhir,oir. était-elle

savoir hisùrique etaiiir enseigné? Et si

transmise par oralité. en d'autres termes, le

oui, quels sont ies ,qenres d'our rages enseignés?

rBS NANÀN,'Tè rr r.rU.iRIS: SOLRCES POUR L'HISTOIRE CULTURELLE

Depuis une vingtaine d'annees. l'utilisation des livres dits

Jitharis (fahrasal) comme

al-Nadim

baramig (barnamag) et

plusieurs

tertes historiques a permis d'approfondir

aspects de l'histoire cuiturerle du

raire de faharr.s remonte au troisième

\{a-ehreb et d'ar-Andat.rs niôr, qu" le genre litté_

siècle de I'hégire, période

janari,

durant raquelle Ibn

.;-i;, barami{ du

(m. 3781989) composa son Fihrist,31""

Maghreb et d'al-Andalus sui'ent un modère particulier et propre à cette

C.es bardmig ou faharis,

diverses formes, leurs maîtres et res

ouvrages quatre catégories. La première est caractérisée

région.

catalogues dans lesquels des savànts énumèrent, sous

étrrdié, sous leur direction, sont de

par

le classement des ouvrages par

maîtres avec l,indication des

catégorie, elle combine une addition aux listes

La tradition des cata-

discipline tandis que la seconde donne une liste des

ouvrages étudiés sous leur direction. euant à la troisième

les deux classements: maîtres et catégoiies, et la dernière est ci-dessus de réflexions personnelies et de récits de l'auteur.5

logues de savants6 a été développée en al-Andarus peut-être prus précocément

* Universié El-Emir Abdelkader, Constantine. Alsérie

:I6

ALLAOUAAMARA

qu.ailleur5grâceàunenostalgieaccéléréeparlareconquêtechrétienne.

L'installatioo d.s .ommunautés

aidal0uses dans les

villes maritimes du Maghreb

et pt* tard en Syrie diffusa cette littérature'?

Dansleprésentarticle,monchoixs'estportésurdeuxouvragesdelapremière

le premier estli Fcùrasat

md'rawdh'an luyùhih min al-dawdwln al-musan-

al-IsbÏh (m'

Barnâmale dt Maghrébin al-Tupîbi (m'

de l'Andalou Ibn L{ayr

catégorie:

-rr"f"

ti

durtï al-'ilm wa anwti' al-ma'drif|

5?5/1179) tandis que le second est le

13011329).

IbnflayrnaquitàSévilleen502||l0letfutunbonconnaisseurd,al-Andalus

à so' se3oo, a seviite, Béja,

cordoue, Alméria et Tarifa. on sait

qu'il s'installa

de la Grande Mosquée en 57211176 et

crâ."

à la

fin de sa vie à cordoue oil-rrrt imam

il mourut en 57 5l I 179. Ibn Llayr

maghrébins, comme

;;;;r"-"ire, en

ui-qaJi

côté de la Fahrasa,un

eut un nombre important de maîtres andalous et

ivâa.r0I.l fut renommé pour ses connaissancesenqdab,

philolàgie, en histoire e,t en science s du hadll. on connaît de lui, à

du $ahTh d'al-Bubâr1.r1 on peut donc associer

"oîrÂerrtaire

les

plus fastes de la vie culturelle d'al-Andalus'

Ibn flayr à l,une des périodes

Quantàal-Tu[TbT,ilseraitnéàCeutaen686||2BT,maissafamilleestoriginaire

deValence.Aprèsdesétudeslocales,ilentamaunVoyagequilemenaenorientetlui

p.r*it

de s'initier dans plusieurs centres

"i

maghrébins et orientaux.

Alexandrie, Le caire, La Mecque et Damas. Dans

la direction d'Ibn TayÀi,yyu

en tt298. Lavie d'a1-Tu[IbT

sait qu'il mourur en

son retour de l'orient. bn

Barndmag en i02llZ03 qu'il dédia à un vizir

aussi l,auteur d'un ouvrage rapportanr

l-igtirïb.t3Al-Tulibi est tZmoitt de

tels que Béjaia'

cette dernière ville, il étudia sous

est moins connue après

j30fi329. rl avait rédigé son

mérinide, sans citer son nom'r2 Il est

son voyage en orient, le,Mustafâd al-rihlawa-

I'une des périodes les plus riches de la vie intellec-

tuelle au Maghreb. Le choix de ces deux catalogues

ment dans l,espace andalou u.r xII"

tion plus large dans laquelle

au XIV" siècle, ce q.rii

Ào

n'est pas arbitraire. Ibn Ha)'r décrit I'enseigne- siècle tandis qu'al-TufIbî donne une représenta-

se croisent la.culture andalouse avec celle du Maghreb

de cerner l'évolution du lien entre l'écriture et I'en-

et al-Andalus durant deur siècles' Ces deux

rares documents mentionnant les livres d'his-

,.ign.rn.nt

catalogues

toire enseignés

de I'hist;ire dans le Maghreb

sont également parmi

les

dans les cèrcles

de savants. Enfin, la Fahrasa d'Ibn Hayr et le

dans un espace andalou-m_aghrébin marqué par

Barnama!'d'al-Tu{îbTs'enracinent

les tentatives d'unification almoravide,

à mieux cerner le lien entre la

Etats dans cette région? Bien entendu,

pour répondr. a

recours à d'autres

chroniques.

""r-qrrÀtions.

"uâlogo.r,

almohade et mérinide' Peuvent-ils nous aider

transmission du savoir historique et l'évolution des

T eurs

on ne peut se restreindre à ces deux sources

informàtions seront donc complétées par le

ainsi qu'à des dictionnaires biographiques et à des

L'HtsrolRE tsr ersetcrÉt

montre le nombre d'ouvrages étudiés par al-Tuglbr et Ibn flayr

Le tableau ci-après

al-I5bî1. La liste

de ce dernier, particulièremeni fournie 1330 ouvrages' divisés en 29

LA TRANSM;SSION

DU SAVOIR HISTORIQUE EN AL'ANDALUS ET AU MAGHREB

2I7

sections'commençantparlessciencesduCoran(exégèse,récitation)etterminantpar

La

dt'

masse

ooutug"t

les catalogues

ciplines

de savants'

importante

est

religieuses grrià*,

à;;'i"

Wttique)

i'on'à'i

èt finguistiquesJittéraires

a'rcn Èavr âl-tsuli' et

Ë;il?;;;;'à

dans les deux

catalog";;.;;1*"

à li" L{"vr, elle arrive en

dominée

par les dis-

(grammaire, philol-

par les sciences dthadl!

accordée à l-'histoire est à noter,la dans la Fahrasa

quatrième position derrière les disciplines que nous venons

de citer.

DansleBarnamafid,a1.Tu[ibT'l,histoirel5estplacéeencinquièmepositionder-

rière les sciences dt hadl1,lefiqh,les catalogues

tiques. Aucun doute n'est possible: I'histoire

dl savants et les disciplines linguis-

était bel et bien enseignée dans le

Màehreb et al-Andalus'

Nombred'ouvragesmentionnéSparIbnHayretal-TufibÏ

Disciplines

Sciences du Coran Sciences dthadî!

Histoire

Fiqh et usul Manuels de cuisine

Calcul Ru'ya Théologie et mYstique

Langue arabe et adab Faharis (catalogues)

Total

Ibn Hayr

131

t94

t32

JO

10

4

r97

50'7

115

1330

al-Tulibi

18

r65

22

)L

2l

25

27

310

L,ORALITÉ, PRINCIPAL MODE DE TRANSMISSION DU SAVOIR HISTORIQUE

Le plus connu des auteurs médiévaux de ceuta, al-Qâdi 'Iyâd distingue les quatre

medesprincipauxO"t*^-i"iondusavoirauMaghrebetenal-Andalusl.qirâ'a

(atditiàîi,

(remise) ex' igaà (certificat de transmission)'16

àans le livre

devant le maître et celui-ci écoute

ou avec ce qu'il conserve dans sa

(lecture), samâ'

Dans la

qirâ,a,',élève ri['nu",",roie

^""a"a/a

ce qui est riciæ avec son exemplaire

Dansle sama,, itie". e"""te les

et compare

mémoire.

traditions récitées de mémoire ou lues dans

lelivredumaître.Quantà|,i{âza,elleestdedeuxSortes:letransmetteurautorisé

quelconque

donne la permission

I'autorisation de

munâwala,le maître

de transÀettre

un livre ou il délivre à une personne

transmettre des ouvrages qu'il

,"À.,

a l,élève soit ioriginal

collationnÉ

"*.-plaire

en stipulant

,n,

ne spécifie pas'u Enfln dans la

où sont consignées les traditions

cet original. I1 peut céder à l'élève

qu'une fois copié I'exemplaire lui soit

entendues par lui or r,

,l,ouvrage soit à titre oinrritir'roit

restitué.r8Ilyavaitdoncdeuxmodesdetransmissionenprésencedumaître(qira'a'

samd,)etdeuxensonub,.,'".(munâwala,ifidza),maisilétaitindispensabledansles

deux cas. Ces quatre modes soni

généralement

connus sous le nom d e turuq

al-taham-

mul (modes de reception de la transmission)'

]s

ALLAOUAAMARA

Les deu,r catalogues étudiés indiquent le (ou les)

la Fahrasad'Ibn

mode (s)

de transmtssron ce

ouvfages d'histoire étudiés par Ibn

de cerner de longues

chaque ouvrage:1g0

;{-;;;;t

La

mentions de moàes des 1ôZ

;eîtio's de modes dans I'ouvrage d'al-TugIbr'

section d'histoire àe

Hayr m'a permis

sièclei de

remontant aux pr"-i"it

I'Islam' mais je me suis

chaînes de transmission

contenté à étudier

des modes par lesqueli

l'auteur a pris connaissance des ouvrages

transmission orale est li

plus courante chez Ibn F-Iayr avec 117 sur 180

mots utilisés pour désigner cette transmis-

(informer) et anb'a

(34)' Ibn-Havr reçut une bonne

saivants locaux' La lecture (qird'a) anive

!:hba:!

qu,il cite. La

modes de transmission mentionnés. Les

en troisième ptu"" uu""-ig citations.

I'enseignement

mais avec 9

Hayr.

sion orale sont: had'doi-1'à"o"tt';,

(apprendre 0", ,to.tu.ii"ti.

partie de ses certilicatr-J"irutr-ission

sama'a (écouterj'

vi""' ensuite I'i{dza

des

Cela révèle la place assez limitée du livre dans

Le livre intervient dans la mundwala' est médiocrement représenté chez Ibn

en al-Andalus au XII" siècle.1e

occurrences, ce dernier mode

Dansuncontextechronologiqueetgéographiquedifférelt,:.lyidesprincipaux

intellectuels du ùaghr"6 Ët de I ngypte

au XIV" siècle, le livre prit le dessus

de transmission cités par al-Tu[Ïbr, la lecture, la

avec respectivement 25,.12 et 8 0ccurrences'

l'oralité. Ainsi sur les i7 modes

ie qoe

"ptet""

hi,to,ique

l2des 57 modes cités' Cela montre le passage

de l,oralité au livre, marqué notamment par

foyers

sur

mundwala etl, i{âzadominent largement

tandis que l'auditior, ,t"

de la transmission du,uuoi,

lesgrandescompilationsdesauteursdesXlll"etXlV.siècles(Ibn.Idârral-

MarrâkusT t-. uprer-iii tr3t3),Ibn al-Hatib (m.77611375)

g0g/1406) et l'élaboration a.r

et.Ibn Khaldùn (m.

,ééueits de biographie et des chroniques locales'

par I6n i]ayr,

les demeures privées constitu-

Dans la plupart des cas mentionnés

l'enseignement de I'hisioire'2o L'étude des ouvrages cités

attesté par I'emploi de la forme

aient le lieu par excellence de

par Ibn L{ayr

relevait d'un enseignernent individuel,

(|:m,a raconté) répétée dans l'ensemble

de la section. En revanche, l'usage

collectif de I'histoire:

haddatanT

au pluriel

dans le catalogue d'al-Tulfbi atteste un enseignement

(llnous a informé)' qala lana (il nous a

Qakarahu tana (llno,"liu tappelé)'-ahbarana

dit), haddalana (il nous u ,u"ànté;.tt

Le

leur racontait des récits d'après un

Il pouvait s,agir d,un

scientifiques

livre êcrit par

maître invitait ses élèves dans sa maison et

livre dont il devait mentionner l',auteur et le titre'

l,auteur lui-même. cette importance des cercles

(masali,iLakqat) eitauestée par Ibn Abd al-Barr al-Namarâl-Qurtùbi

(m.463||07|)dansletitredesonouvrageintituléBahlatal-ma!âliswaunsal-

mugdlis.22

Lesmaîtresintroduisirentaussil,enseignementdel'histoiredanslesmosquées,

d'Abù Abd Allâh b' $âlih a1-KinânT al-Satibi (m'

un cas qui

n'est pas unique dans le

comme le montre l'exemple

69911297) a la cranàe ù'àrq,re. de Béjaia,23

Maghreb du XIV" ,ie"t". r.u^t."ture

de la

Kbaldùn confirme;;;éi"ù-*ment

q",ei"nuaîrlàrr

études sous sa directi-on.,a De son

troisième partie de |a Chronique d,Ibn

de l'enseignement de l'histoire. Ibn Khaldùn

al-Âbuli (m.-75711356),- son maître des sciences

côté,

Abt Abd Allâh Muhammad al-Ma!ârt

(m'

nous racont"

rationnelles,luinarradesévénementssurvenusauMaghrebdesontempslorsdeses

s62|I458),'o,,,upp,.",'dqu,ilentenditlesouvragesd,IbnKbaldtn:|aBurhdniyyajï

LATRANSMISSIONDUSAVoIRHISTORIQLEENAL.ANDALUSETAUMAGHREB

2r9

:çtl al-djn (science des fondements) rion de leur auteur.25 La lecture du

Marrâkusr contribue à améliorer nos connaissances de 1'enseignement, de l'écriture

et le Kitab nl-'Ibar (histoire) lus sous la direc-

préambule dt Bq'dn al-Mugrib d'Ibn 'Idârî al-

et de la compilation de I'histoire. L'auteur erplique qu'il passait ses jours et nuits à

parler de

lhistoire avec les sa\ants et lettrés (ocltb) si bien que ceux-ci lui

àemandèrent d'écrire un livre pour consen er ces récits. A ia suite de cela, Ibn'Idâri al-Marrâku5i mit à écrire son livre s'appui\ ant sur des sources écrites qu'il cite dans

son livre, faisant, comme Ibn Klaldùn. un réritable travail d'historien'26 Cela

signifie qu'à une phase de transmission urrale su.-cede ici une phase de transmission

écrite.

Modes de transmission

Audition

Lecture (qira'a)

Remise (munawala)

Certiflcat de transmission (igâ:a) Total

I r:, H""

t1

t'-

rI

:

9

130

A1-Tu[ibï

]Iuh-dala

JAtlltl

I tlDOr

tnDa

-F^r.l

I

6

3

2

l2

25

t2

8

51

LTHISToIRE co\srITL E-T-ELLE L\

GENRE À p'+nr?

Il est possible de connairre i. :e:,'::::

andalous.

Trois termes ont été utilisés

dition rapportant

Dû'ji

r

de l'histoire dans les milieux intellectuels

On retrouve les categ.'::;s .niilsees dans les premiers siècles de I'Islam'

ùés:ller les traditions: hadl! pour désigner la tra-

actes ei paroies 1-, p1.rphèÎe ou son approbation d'actes effectués

les traditions

le mot alar (lii'

en sa préienc e. lJabcrr (nouve[e. irlo:ra:ir-rn ) est employé pour désigner

du Prophète, mais aussi celies de sis Cûrnpaglons et Epigones, enfin

téralement trace, vestige )

des Epigones du

d'ouwages

situation s'impose

ifubariyyun

àyyam'(auteurs

a été utirise pr-rur appeler 1es traditions des Compagnons et

Prophète.:- -\insi. i-,ii.li'et ttlJbar sonL souvent employés dans le titre

d'histoire notammenr penciant les trois premiers siècles de I'Islam.28 Cette

dans ie Fi]trist lc.rsqu'Ibn al-Nadîm consacre un chapitre aux

(auteurs des nouvellesl. nos-sahùn (-uénéalogistes) a;hab al-ahdai! v)a-l-

des événements) pour désigner 1es auteurs d'ouvrages d'histoire'2e

Ûn peu plus

et plus structurée sur le passé.-"r

tard, le mot tartli s'impose dans le sens d'une réflexion plus rationnelle

t

I

I

I I I I

L-

l-\,

ALLAOUAAMARA

Cætrt-'}isbranchodel'histoireconnurentuneéVolutiondansl,espaceandalo-

at-garr

à la généalogie

('ilm al-ansâb)

et

maeùrébin. L.intérêt o;;;;ibn_Abd

ïi-o,ïËo-'î,'1i:irî#iïiîï*9#*::.","1:'JJ:'dl*i'ii:.ï;"Ï,iii:

reiieieur et soclaux'-' i

p.nù l-

i'approbation). Dans

'itm al-larh waJ-ta'd:tt (f impprobation et

otQàii

'oJ-u*o* fiJ-ta'r\f bi-ansdb al-

leQuel il se

lTrylt::l"dans

qui constituaient le savor

aî-ahbar wa-l-tawarTh' al-

sciences a, nàîai,*"ïiuiiculier

'";;;"";;;

71Uà

at-gar.

'ue"'

rrab

eirit ,rn-fatYc"

va-t:Aga*, rcn

expricite ;;;;;;"i

les principaux chàmps

b;l-ansab, â)-tiyyor',

montre plus

historique: aht dtar,'';;t

t

-ËSlrrru*ue comme

placée derrière t.,

;;';l;

l'une des sciences << identitaires > (propres à-chaque nation) et

âvant les disciplines linguis-

,"i"rr".* ae la Loi ('ultm oii-tort'o),et

de l'histoire ('itm

al-abbar) s'affirme comme une

Hazm (m' 45611064)'

tiques, l,imporrance;;*""*

discipline

intitulée

a purt.rrrr.rJ

à"", r"

classification t, ,.i.tt".tà'Ibn

Cetu,r,"i,

oiui"gue les

différentes branches de

histojre locale (bilâfi'

Lt généalogie (nasab)'35

Risâlat *oratii orulf|m.33

(t"b"qa;;:;;ioià

;;1

l,histoire: histoire ov"^iiâ". t,

biographies

amalik),.',':natii (oi-tni"il,

tep-piilé;;'-a;';ttrr^

t)Ëirtoir. lo"ui" un^

vertus (fada'it)' qu'il nomme

du,ilmal-

Cependant, tbn Hazir36

ma,â'trirbatadinâaL-l'ndatus'31Ilexclutlest,uoiiio"'prophétiquesrelevant

ahbâr,pourtanr

p.n*îJïl-*.

à. i'ttittoit. ilm a1-âtâr,38

àntètttt dt"

par le milieu

.rn. urun"n"

prophétiquet t:1 étroitement liées

biogra-

genre s'in-

andalou-maghrébin. ces traditiàns

'o-t-*uhto.iof'

intellectuel

au genre littéraire à-l-*:''toto:

phiques et généalogiques'

iér.rr. à l,étude de

Abt Sa'id.a1-Azdi'(

ni "" ZZZtg'+4) écrit que ce

'dictionnaires

à., geogtuphique des traditionnistes et

I'appartenance ethmqu.

du hadit appr\quées.dans les branches de'irm al-dirava al-garh wa-

iïppioUut

ionn,iil

it- ot-rigâl criltqte

des biographies des conservation et à la

Galâl al-Din al-

"ï:Ji$*des

l-ta,dTl <<l,impprobat'i"oî

transmetteu,, ' '

rationnalisation du

Suyt!Î(m.

principale

l0cale a

',-'"oîtl"'Ë"""t contribué J la diffirsion' à la

"t

J""tJËiu"'iq""' cttîfp;l;st

épîire

"o',u"iË"

:ic*l,t^1i

de

à la science

l'histoire (rédigée en

911/1506iàu,', son

q* les méthoses

aà t;e"ritrrr" a"

des muhaddilûn consiluaient la base

g.l2^46g)lorsqu,il'âmr-"

aur,, f'euJrrtio'

iitririÀire.a2 Mais l'émergence de I'histoire

truJltiorrttittes et historiens' Les lettrés pro-

l;l;;itt"nistes'

affaiblis après la mort de en 463'1107 I ' al-L{atib al-

une histoire littéraire et

sans doute irrâo.n"e les milieux

fanes(adîbt) *pruiffi'"e""*t*tlt

leurs grands

Bagdâdl a3 et

qui

,Àmir.

se

""brient

et t" O""iàt"t *""'t-utt

$p"t11t'1insi

du puissant

"tuit'J'

Ibn

A;;''i-B";t' A cordoul i

litîmm"rrt par Abù uÏ-etài$a'ia

dans 'o". oou'ug! " 'i"iat 9t

b. Hasan al-Rab'Tal-Bagdadl

d::1"-1-ttait un Bagdadien

vizir al-Mansùr b' Abù

qu'tbn uayyân al-Qurlubr (m'

profane r.prer.r,te"

al-Lulawî (m. 4r711026)

rendit t"

uf-A"àut"s et devint un proche

c,est sous;;irJi"" o.

rit ses é;;;; ;;

rnuitr. u"u-gàuâien

Àatière d. lï;;;;.

".

3eei100e' L'historien des

Ën

et s'adonna à < I'histoire lit- des dictionnaires

les

auteurs

46str077)

,uivit le modèle o. r"" t""itte

omeyyades a" corïo.r"

téra\re> (at-firîh àlii"uï:t i^ité en celalgalement par

tels ;;i;;b.

biographiques

santarïn'

Haqân "riilîi

"Li;;;;;

(r.-. 542t1147).a? Dans

,t"

i*.

's2sn34f6,et Ibn Bassâm al-

fi t ota al-Magrib,l'Andalo-maghré-

4

bi

n(

C

d

f

'7

f

LA TRANSMISSION DU SAVOIR HISTORIQUE EN AL-ANDALUS ET.4,U \I.\GHREB

bin Ibn Sa'id (685/1286) attache d'une manière remarquable I'histoire àl'adab et

nomme les historiens mu' arrihùn-udabA. 8

L'adabisation > de I'histoire n'est pas une particularité andalou-maghrébine.

Comme Ibn Sa'rd, Yâqùt al-Hamawi(m.62611228) mentionne les historiens-udaba'

dans son dictionnaire biographique intitulé Iridd al-ar\b ila ma'rfat al-adtb.ae A

f image de 'Imâd al-Drn al-Asfahânr (m. 59711201),s0 d'Ibn Aybak al-Dâwâdâri (m.

7l3ll3l4)s1 et de Sihâb al-Drn al-Nuwayrï (m. 73311332), I'histoire-adab prit de I'ampleur dans les milieux de cour. Le mot tcirTfu disparut parfois des titres d'ou-

vrages d'histoire et fut remplacé par le mot qdeb comme on le trouve dans le titre de

l'ouvrage encyclopédique d'al-Nuwayrr, Nihayat al-arab fi funun al-adab.s2 Malgré

la renaissance de l'histoire-had|ys3 à Damas à l'époque de Sams al-Drn al-Dahabr

(m.74811347)sa ou au Caire au temps d'Ibn Hagar al-Asqalâni (m. 85211449),ss \a

science de l'histoire resta profane et se structura. notamment dans le Maghreb des XIIIe et XIV" siècles, I'influence des sciences rationnelle diffusées par Falr al-Drn al-

Râzi (m. 60611209) et introduites au Maghreb par Ibn Za.v-tùn de Tunis (m.

73011329).s6

Comme dans les premiers siècles de I'Islam. 1a science du hadi! a joué un rôle central dans la constitution des milieux traditionnistes et dans l'émergence de la lit- térature historique en al-Andalus. Le préambule du biographe andalou al-Dabbi (m. 59911203) est sigifrcatif lorsqu'il justifie son choir de prendre des biographies de trad- itionnistes comme base de son dictionnaire ar ant d'intégrer celles des lettrés, des juristes, des poètes, des hommes politiques et des chefs de guerre.57

MILIEUX TR.{DITIO\\ISTES ET S.{\'OIR HISTORIQUE

Si l'on étudie de plus près maintenanr les chaines de garants (isnA$ données par Ibn

flayr, on constate que la transmission du savoir historique et souvent inséparable de

celle du hadl!. Au XI'siècle. Ibn Hazm mentionne ce qu'il appelle naqalat al-abbar

(littéralement: les transmetteurs d'intormations),58

historiens et les traditionnistes. Trois courants principaux se dessinent en al-Andalus au tournant du XI'siècle et du XII'siècle.je dont les origines remontent aux premiers

siècles de l'lslam en Orient.

terme primitif pour désigner les

Le premier se forme autour de f incontournable traditionniste de Cordoue Ibn Abd al-Barr. Issu d'une famille de savants. il naquit en 3681978 et eut pour maître

principal le biographe Abù-l-Qâsim Haiaf b. Qâsim al-}jàfr2 dit al-Dabbâ! (m.

après 390/1000),60 qui avait fait ses études en matière d'histoire à la Mecque sous

la direction d'Abù-l-Hasan Alî b. \Iuhammad b. Ismâ'Il al-Tùsr. Ibn Abd al-Barr

enrichait aussi

ses connaissances historiques auprès des Andalous et des

Maghrébins tels que Abù 'Umar Ahmad b. Abd Allâh b. Muhammad b. Ali al- Bâgi (m. 395/1005), Abt-l-Fadl Ahmad b. Qâsim b. Abd al-Rahmân al-Tâhartr al-

Bazzâz (m. 395/1005)6r et Abù-l-Qàsim b. Halaf b. Ga'far al-Umawr al-I5brli (m.

40511015).Il étudia des livres d'histoire de ses contemporains tels qu'Abù-1-Wal-rd

b. al-Faradr (m.403/1013). Il reçut aussi quatre igazade l'Egyptien Abd al-Ganr b. Sa'id al-Azdr al-Hafiz (m. 40711017 ).6r Ibn Abd al-Barr fut cadi de Lisbonne et

de Santarem à l'époque de leur gouverneur al-Muzaffar b. al-Aftas. Il mourut à

lll

ALLAOUAAMARA

Jariva en 463110'70.63 Son élève al-HumaydÏ(m' 488/1095)* t" li:t::te comme ( un

bonlettréetconnaisseurdeslecturescoraniques,desdivergencesjuridiques(foilafl,

des sciences dl hadTt#;;;;;pt

Abr Arï al_Gassânï t-.

écrit que son maître

Un autre élève d'Ibn Abd al-Barr,

ies.(rigal).65

iu,r ntiyu al-Muhâribl (m.54rlrr47),

et qu'il

avait transmis notamment

à l'histoire.66 On attribue à Abù-l-

+qÀ/iiosj, cité pàr

é;;;"

grand tradiùonniste

al-sagâ#

des ouvrages liés à ru

walïd at-Bâgï ce

qui

l'Orient tandis

iruàitË" prophétique et

-r.rit,

,ur-irutrb

fut le tfaditionniste (hart'z) de

traditionniste de l'occident (musul-

qu,tur, Âùa al-Baff fut le

*"3;-*"

Ibn Abd al-Barr s'intéressa à la

Prophète, de ses compagnons et des pre-

la plupart des éléments de ce groupe'

Uur"rlorr"tret a la vie du

transmission a.,

ïi"iti"à"rr',

Au total,

avantde se consacrer aux biographies locales'oo

iémoignant

de ses talents en matière

il écrivit une vingtain" d,orrurug.,

de tradition, de biographie, de généalogit

l,encyclopédisme

deux savants

de ,lî-.orr,"riporain

étaient i"*

gur, à.ui."ne

Ibn Abd

ti d" droù

semblables aux qualités et à Ce n'est pas un hasard si les

Cordoue avant qu'Ibn Abd al-

tbn H azm.6s

à" Àe*e milieu zahirttede

malikite avec une tendance proche

al-Barr i.U"if" chef

le

de file à'un

du Saf isme'

groupe de traditio-nnistes et d'histo-

Baskuwâl (m' 578/1183)'70

célèbre ru" n;t-Jun

riens parmi lesquels;;;;;""t

Abù Muhammua u.

ÀùJ

Abd al-Rahman

u.

463ll0.7l,Ibn

Natif de Cordoue

locaux et reçut

469110.16).111oua

Ibn Abd al-tsarr

les quêteurs

Barr lui

Àtan u. sa.ia u. iàuâ!

ar-santâli et Abù Muhammad

survenue en

de ce courant'

la direition de maîtres réputés

de. l'historien Ibn Hayyân (m'

des ritvava diffusées par

il fut fréquenté par tous

D'autres élèves d'Ibn Abd al-

rvr"ïu--ad b' Attâb (m' 52011126):Aï-.:t-t^?--ott

principal

Attâb devirr, ,on héritier