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COLLECTION

DE

DOCUMENTS INÉDITS

SUR L'HISTOIRE DE FRANCE,

PUBLIÉS

PAR ORDRE DU ROI

KT PAP. T.ES SOINS

DU MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE.

PREMIÈRE SÉRIE.

HISTOIRE POLITIQUE.

COLLECTION

DES

CARTULAIRES

DE FRANCE.

TOME m.

CARTULAIRE DE L'ABBAYE DE SAINT-BERTIN

PUBLIÉ

PAR M. GUÉRARD,

MEMBRE DE L'INSTITUT DE FRANCE.

A PARIS.

M DCCC XL.

CARTULAIRE

DE

L'ABBAYE DE LA SAINTE-TRINITÉ

DU MONT DE ROUEN,

AVEC NOTES ET INTRODUCTION,

PRÉPARÉ POUR L'IMPRESSION

PAR A. DEVILLE,

CORRESPONDANTDE L'INSTITUT

(ACADEMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES).

CHARTULARIUM

MONASTERII SANGT^ TRINITATIS

DE MONTE ROTHOMAGI.

5l.

INTRODUCTION.

L'abbaye de la Sainte-Trinité du mont de Rouen, plus connue sous la désignation de Sainte-Catherine, nom qu'elle

emprunta aux reliques de cette sainte, qu'on

vénération fut fondée au xie siècle, sous la règle de saint

Benoît,

conservait avec

y

Gozelin d.'Arques, vicomte de Rouen, et par Em-

femme. L'acte de fondation, qui ouvre ce cartu-

par

sa

meline,

laire, porte la date de io3o. Il est signé

mandie, Robert I, qui

l'archevêque de Rouen, Robert, arrière-petit-fils de Rollon,

et par le fondateur lui-même. L'abbaye de la Sainte-Trinité

de Rouen couronnait la montagne qui domine la ville à l'est.

Son église offrait, au dire de témoins oculaires3, la plus

grande analogie avec la belle église de Saint-Georges de Bo-

le grand cham-

par le duc de Nor-

marquis,

par

prend le titre de

y

cherville, édifiée, à deux lieues de Rouen,

par

bellan de Guillaume le Conquérant Raoul de Tancarville

1 Ubi sacratissimse ac venerabilis vir-

a ginis et martiris Calerinœ miro miraculo

« cotidie ab omnibus longe lateque vene-

« rantur ossa. » Charte xc.

1 Les ducs de Normandie, à l'exception

de la branche des Plantagenets prennent

indifféremment, dans leurs diplômes, la qualification de ducs, de comtes, de mar- quis, de princes et même quelquefois celle de patrices et de consuls.

3 Pommeraye Histoire de l'abbaye de

la Sainte-Trinité de Rouen, p. 4o.

elle devait produire, sur ce point si élevé, l'effet le plus im-

posant et le plus pittoresque. A peine si l'on pourrait aujour- d'hui indiquer la place qu'elle occupait; elle a complètement disparu, ainsi que les bâtiments claustraux et l'enceinte for-

tifiée dans laquelle était compris le monastère'. Cette église,

qui en avait remplacé une plus ancienne, bientôt jugée trop

petite, avait été construite par le troisième abbé, Gautier, dans la seconde moitié du xie siècle; car, dans ces temps re-

culés, les arts, comme les sciences et les lettres, avaient trouvé

un asile au fond des cloîtres. Là, dans le silence et la médi-

tation, se formaient des hommes également versés dans l'ar-

chitecture, la sculpture, la peinture, qui surent imprimer

aux monuments sortis de leurs mains un caractère de

gran-

deur, de hardiesse, d'élégance, de la plus exquise originalité;

mérites longtemps méconnus, dénigrés même, par nos ar-

payer leur tribut d'admiration. De l'école de la Sainte-Trinité du

tistes modernes, mais auxquels ils sont enfin forcés de

mont de Rouen surgirent, presque à son origine, des hommes

éminents par leurs talents c'est ainsi que le moine Aynard

en sortait, en 10^3, pour aller bâtir l'église de Saint-Pierre-

sur-Dive Alvérède, en

port Robert, en io53, celle de Cormeille. Ces pieux cé-

io5o,

construire celle du Tré-

pour

nobites en furent en même temps les premiers directeurs spirituels.

l'abbaye de la Sainte-Trinité sur

La position occupée

par

un point culminant, qui dominait la ville de Rouen, l'avait

plus d'une fois exposée aux insultes des armées ennemies, lors

des sièges

que cette ville eut à soutenir. Véritable forteresse car elle avait des murs crénelés et flanqués de

elle-même,

Le musée d'antiquités de Rouen pos- sède un énorme chapiteau en pierre et

quelques pavés coloriés seuls débris de l'abbaye de la Sainte-Trinité.

tours, l'abbaye fut l'objet d'attaques ea. règle, qui portèrent de sérieuses atteintes à sa prospérité et qui finirent par com-

promettre son existence la création, au xvia siècle, d'un fort bastionné en avant de l'abbaye et se liant à ses fortifications,

en avait fait une véritable place de

guerre. Rouen, d'un autre côté, voyaient avec une

ne dissimulaient

plongeait sur leur cité et d'où un ennemi heureux pouvait, depuis l'invention du canon, la réduire en cendres en quelques

heures. Aussi firent-ils entendre d'unanimes réclamations au- près de Henri IV, lors de l'entrée de ce prince dans Rouen, à la suite du siége de i5p,i. Henri IV, qui avait été longtemps arrêté devant le fort de Sainte-Catherine, où il avait failli échouer, se prêta facilement aux instances des Rouennais. La destruction du fort fut résolue. L'abbaye, dont il faisait

partie intégrante, fut enveloppée dans le même arrêt de

Les habitants de

inquiétude qu'ils

pas cette citadelle toujours menaçante, qui

pros-

cription. Les habitants de Rouen se mirent à l'oeuvre avec une telle ardeur, qu'en quelques jours l'église de la Sainte-

Trinité et les bâtiments claustraux jonchèrent le sol de leurs

débris.

Henri IV avait préalablement obtenu du pape Clément VIII

la suppression de l'abbaye, pour sa réunion et

un bref

pour

le transport de ses revenus à la chartreuse

en l'année 1 563 par le cardinal Charles de Bourbon, le roi

de la Ligue. Ce bref

porte la date du 3 mai 1697. Les reli-

de Gaillon, fondée,

gieux de la Sainte-Trinité, qui s'étaient réfugiés dans

Rouen,

firent opposition à cette sentence et soutinrent avec énergie leurs droits. Ils ne pouvaient espérer de faire relever les murs de leur couvent, mais ils insistaient pour ne pas être incor-

porés aux chartreux de Gaillon. Enfin,

une transaction,

par

confirmée par lettres de Henri IV, du 4 janvier 1698, ils

obtinrent

la moitié des revenus de leur abbaye fût laissée

que

à leur disposition, et qu'on leur permît de s'établir sur tel point de la province qu'ils voudraient choisir en conservant la règle de leur saint patron. Ce fut aux portes de Rouen, dans l'ancienne léproserie de Saint-Julien, qu'ils avaient ac- quise des hospices de Rouen, qu'ils se retirèrent. L'abbaye de la Sainte-Trinité du mont de Rouen comptait cinq cent

soixante-sept années d'existence, sous vingt-sept abbés, lors-

qu'elle fut détruite en 1 697.

On place en tête de ses bienfaiteurs les ducs de Norman- die, Robert 1 et Guillaume le Conquérant, son fils. A leur exemple, les seigneurs normands les plus puissants, les Robert comte d'Eu, les Guillaume fils d'Osbern, les Raoul de Va- renne, les Roger de Montgomery, les Gautier Giffard, etc. sans parler du fondateur lui-même, Gozelin d'Arques, l'enri-

chirent à l'envi de leurs donations. Plus tard, nous trouvons

parmi ses bienfaiteurs les seigneurs

d'Enneval, et le célèbre Enguerran de Marigny, qui fit faire à ses frais, le long de la côte de Sainte-Catherine, des degrés en pierre pour faciliter l'accès du monastère. Nul doute qu'on

de Tancarville, de Cailly,

ne doive

ranger dans la même catégorie Mathieu de Trye,

sous

Charles le Bel, Isabelle de Dreux,

maréchal de France

sa femme, et Robert de Floques, bailli d'Évreux, tué à la

bataille de Montlhéry sous Louis XI, dont les cendres re-

posaient dans l'église abbatiale. On

voyait aussi le tom-

y

beau des fondateurs Gozelin d'Arques et Emmeline, ceux d'un grand nombre de membres de la riche famille normande d'Enneval, et. les tombes de plusieurs abbés. Le souvenir de

ces sépultures et quelques inscriptions tumulaircs, conservées

par

les historiographes de Rouen, voilà tout ce qui en reste

aujourd'hui.

Précieux débris du vieux monastère normand, le cartulaire

dont nous publions le texte

miracle, échappé

a, comme

par

à cette destruction générale. Il gisait

ignoré à Rouen, au mi-

poudreux des ar-

lieu de liasses de procédures, dans un coin

chives départementales, lorsqu'un heureux hasard

l'y

nous découvrir. Nous nous empressâmes d'en faire une copie,

fit

étant loin de

soupçonner alors qu'il dut un jour prendre rang

dans cette collection.

Ce cartulaire, le plus ancien

peut-être que possède la

par

le nombre de pièces

Normandie, se recommande moins

que par

d'entre elles.

unes écoulées de io3o à

laume le Conquérant

leur date reculée et l'importance relative de quelques-

Il embrasse les soixante années qui se sont1.

iogi, c'est-à-dire le règne entier de Guil-

et quelques années des ducs Robert,

père et fils de ce prince célèbre. Nous

assez grand nombre des plus anciennes et des plus puissantes familles normandes et anglo-normandes. A l'aide de

laire il devient même possible de faire remonter d'un et même de deux degrés plusieurs d'entre elles, et d'éclaircir la

ce cartu-

figurer

y voyons

un

filiation, encore incertaine, de quelques autres1. Sous le

rap-

port de la chronologie, de la géographie, de la division terri-

des transactions, du prix vénal des terres, de la con-

personnes, des usages en Normandie, au xic siècle,

toriale,

dition des

ce petit monument

n'offre pas moins d'intérêt.

Quelques-unes des

chartes qu'il renferme acquièrent un

yeux de l'érudit et même de l'histo-

pour nous borner à une ou deux la charte lxxxii, qui n'est autre

par

Guillaume le Conquérant lors

prix tout particulier aux

rien. Qu'il nous suffise,

citations, de mentionner

que le jugement rendu

du plaid tenu à sa cour, en l'année 1080, au sujet d'une

Nous citerons particulièrement les maisons de Varenne et de Vernon

52

contestation dans laquelle était intéressée l'abbaye de la

Sainte-Trinité. Nous pourrions signaler encore l'acte lxvii,

trait curieux relatif au même prince, qui

nous trouvons un

un quand ils le dépeignent comme un homme d'humeur sé-

semble donner

démenti aux chroniqueurs et à la tradition,

que

dans ces temps reculés, pour

vère et farouche. On sait

imprimer aux donations faites devant témoins un caractère plus authentique, on faisait fréquemment figurer, au moment même de la donation, un objet matériel comme, par exemple,

une gerbe de blé, un morceau de bois,

couteau, etc. à titre symbolique ou féo-

relatée dans notre

une motte de terre, un fer de lance, un

dal. Dans une circonstance de ce

charte lxvii un couteau,

percer la

ainsi que

genre,

Guillaume le Conquérant ayant fait apporter

s'en saisit en jouant, et faisant semblant d'en

main de l'abbé de la Sainte-Trinité lui dit « C'est

la terre que

je te donne doit être à toi 1. » Ce trait,

son apparente simplicité, appliqué à un homme aussi

malgré

célèbre mérite d'être signalé. Il nous reste à dire quelques mots de l'exécution matérielle

du cartulaire. Ce manuscrit se compose

de vingt feuillets, en

ayant oin 33 de hauteur

d'âne, réunis

trois cahiers,

peau sur om 2 5 de largeur, et contenant de vingt-six à vingt-huit

en

Il est réglé à la pointe. L'écriture en est très-

lignes à la page.

belle, nette,

ture en usage

ont de 3 à 4

pleine, et présente tous les caractères de l'écri-

Normandie vers la fin du xie siècle. Les lettres

en

millimètres de hauteur. L'encre a sensiblement

rougi avec le temps. Le dernier feuillet fait seul exception,

nous venons de dire.

sous le rapport calligraphique, à ce que

Bien que l'écrivain ait cherché à se

rapprocher du corps

«

unum cul- « abbati quasi ejus palmae minatus infigere

Haec donatio facta est

per

tellum, quem prefatus rexjocutariterdans « Ita inquit, terra dari debe! »

«

du cartulaire, on voit, au premier coup d'œil, tant l'imitation est grossière, qu'il s'agit ici d'une addition quasi moderne.

Les pièces se suivent, au cartulaire, sans titre, sans som-

maire, ou sans autre indication même celle d'un numéro,

bien que nous en ayons adopté un dans notre transcription,

pour faciliter le renvoi à la table des matières

çons en tête du texte. Seulement les pièces commencent à

que nous pla-

la ligne, et la lettre initiale est tracée, alternativement d'une

pièce à l'autre, en vert et

la même

lettres sont restées en blanc. l'écrivain

enlumineur n'a pas complété son travail. Cette lacune s'ap- plique aux chartes cotées xxvn -xxxv et LXIV-LXXVI. Quoi

qu'il en soit, ces rubriques doivent être contemporaines du manuscrit, à en juger par la simplicité des lettres et le carac-

tère du dessin.

Cette opération a dû

par

en rouge.

que

s'effectuer après

bien

peut-être

coup,

main, car plusieurs

Les pièces sont au nombre de quatre-vingt-dix-sept. La plus ancienne, celle de la fondation de l'abbaye, est de l'an io3o, ainsi que nous l'avons dit ci-dessus; la plus récente est de

l'année

ment de date, il n'est pas impossible d'en déterminer une, du

un assez grand nombre

personnages histo-

figurent, et de quelques

autres indications particulières. Ce travail serait plus difficile

pour une trentaine d'autres actes. En effet, ils ne sont

que ait cherché à placer les plus anciens en tête du recueil. J'ai indiqué dans la table sommaire l'année à laquelle se

rap-

rangés dans un ordre chronologique, bien

1091. Bien que ces chartes ne portent

pour

générale-

pas

moins approximativement,

d'entre elles, en s'aidant des noms des

riques, des évêques et abbés, qui

y

pas

le collecteur

portent les chartes dont j'ai

ainsi fixer la date, ou celle

pu

qui était relatée dans le corps même de la pièce.

5a.

A l'exception de cinq ou six chartes qui ont été publiées,

avec plus ou moins d'exactitude, par D. Pommeraye dans son Histoire de l'abbaye de la Sainte-Trinité de Rouen, tout le reste était complètement inconnu. Cette collection a donc, à part les autres titres qui la recommandent à l'attention des

érudits, le mérite de la nouveauté,

INDEX CHARTÂRUM.

amni"

NUMERI

CU~TAMM. ~ni'

1

io3o

n

io38-io5o

III io3o-io34

ARGUMENTA.

Charta Rotberti, ducis

Normannorum, qua con-

Sanctae Trinitatis

peractam

a

firmat fundationem abbatiae

Gozelino vicecomile

Charta Isemberti, abbatis Sanclœ Trinitatis de emp-

confirmante Willelmo,

tione manerii Heltonis

comiLe Normannorum.

P4GISJ:.

4a 1

4a3

Gozelinus vicecomes dat abbatiae Sanctae Trinitalis

terram Corbuzonis, annuente Rotberto, comite

Normannorum.

424

IV io38 u Willelmus et Osbernus, fratres, largiuntur terram

Herchembaldi vicecomitis et Turoldi camerarii, annuente Willelmo, duce Normannorum. fak

v io3o-io35 Vicecomes Erchembaldus donat prata de Salhus,

et quod possidebat in villa, annuente Rotberto,

comite Normannorum

^a5

vi io35- îoAo

Gulbertus, filius Erchembaldi cedit vallem Richerii

Normannorum

et prata de Reduil, annuente

Willelmo, comité

4a55

vil

» io5a Robertus, cornes de Ou, et Beatrix, conjux ipsius,

comité Normannorum 426

annuente

Willelmo

dant

silvam de Spinei

Vin

tx

io3A-io35 Gozelinus vicecomes largitur vineas in valle Wa-

thenensi, annuente Rolberto, principe ac duce

Normannorum

io3o-io34 Vinea in territorio Vernonensi emptà et donala a Gozelino vicecomite, annuente Rotberto. comile. 427

Ixin

x

xi

xu

1060-1066 Urso et Ursilinus

censi,

tradunt vineas in

Ebroi-

pago Willelmo comite subscriptore

vineam.

Odo Alcepied vendit quamdam

Conventio intër abbatem

et

Drogulum viniUn-cra,

mancipium monasterii

\in

4a8

4a8

»_

-fl--

NUMERI

ANNI.

CHÀRTART1BC.

xm

xiv

xv

Villa. Villa.

ARGUMENTA.

moi».

Osmundus de Longa Villa tradit vineam in Longa

429

Godefredus, coquiu, de Vernonello, dal vineam. 42 9

430

Ogerus de Panillosa miles, dat vineam in Longa

xvi

xvii

xvm

xix

xx

xxi

xxii

xxiii

xxtv

xxv

xxv

xxvn

1066

Willelmus Vernonensis, filius Hugonis, et Emma, conjux ejus, dant teloneum castri Vernonen-

Normannorum 430

sis, annuente Willelmo, rege Anglorum et duce

Altiz

Villa

43 1

43i i

43i

Heppo et Otto, fratres, dant terram in LongaVilla,

in loco dicto

Hersent Grosse donat quatuor jugera terrae in Lon-

1050-1075 Rainerius abbas emit vineam.

ga

Rainerius abbas emit vineam in

Rainerius abbas emit

Emma de Longa Villa

vineae

Monte (Rothomagi). 43a

432

terroe

partem

dat in alodio portiunculam

gnei. 433

reddit ecclesiam

annuente

de Gravi-

43a

concedit ecclesiam MontviUœ

et Cardonvillam, annuente Rotberto comite. 433

io5a-io66 Ricardus, cornes Ebroicensis,jubente et

Willelmo principe,

io3o-io35 Gozelinus vicecomes

io5g

Guillelmus et

Montvilla

Gislebertus, fdii Godefredi, Archa-

rum

vicecomitis, dant, alodii nomine, terram in

434

Rodulfus Hacchet, miles, tradit in alodium terram

io55

in Montvilla

434

Rodulfus de Warethna vendit centum acras silvœ

in Monte Rothomagi, terram in Blovilla, pratum

in Sottevilla, etc. annuente Willelmo, duce Nor-

mannorum 435

NUMEM

CnARTARDM.

AN NI.

ARGUMENTA.

««"«

xxvm

io55

xxix io5g

xxx 1O&9

xxxi 1060

xxxii 1060

xxxm

Scurrae.

Rodulfus de Warenna vendit portionem silvee

montium Blovillœ et

436

Rodulfus de Warenna vendit villas Amundi Villae,

Anglicevillae Flamenvillœ Mallevillee,

Willelmo, consule

Normanniae.

annuente

Rodulfus de Warethna tradit decimam rusticorum

in Amundi Villa

et in Flamenvilla

Hugo

de Flamenvilla vendit decimam in Amundi Vil-

436

43y r

la, annuente domino ipsius Redulfo de Warethna.

hày

Hugo marescal dat, alodii nomine, decimam in

Flamenvilla

439

Alveredus de

laBruere vendit decimas in Maltevilla

Rodulfo de Warethna

et Amunde Villa, annuentibus Widone comite et

439

xxxiv 1 062

xxxv

1074

Willelmus, filius Ansgeri de Salceid, miles, vendit

dulfo de Warenna.

terram arabilem in AmundiVilla, annuente Ro-

Villae

conjux ejus Emma dant

Rodulfus de Warenna et

decimam Osulfi

439

440

xxxvi

Adelia largitur ecclesiàm de Salceid, confirman-

tibus filiis ipsius Rogerio et

Rotberto

44o

xxxvn

io33

Guillelmus de Vernone vendit prata apud Martinvil- lam, annuente Willelmo, Normannorum consule. 441 1

xxxvm io5o-io66 Willelmus de Scalfou et filius ejus Willelmus dant

Guiardi Villam in episcopatu

Lisiacensi 442

xxxix 1066

Rogerius de Montgomeri perdonat abbatiœ quod

calumniabaturin

terra Guiardi Villœ,

annuente

Willelmo, principe Normannorum.

44a

XL

Rogerius, filius Hugonis episcopi, vendit molturam

virorum francorum

Novillula, ele.

degentium.

et rusticorum in Blovilla,

442

NUMERINUMERI

CHARTARCM.

xi.i

XUI

ANNI.

AKGUME!\TA. "«™«.

villulis

Rodulfus de Warenna vendit molturam virorum

in eisdem

dulfo de Warenna

Willelmus Deldic vendit decimam, annuente Ha-

443

443

xmii

xuv

XIV

io53-io66 Rogerius de Buslei vendit decimam de Buslei,

annuente Willelmo, principe

Normannorum. 444ti

444

444

suae

Iradil in alodium

Godardus, prsepositus villae Buslei,

terio Gifardo

decimam

terrae

AfErmatid donationis terrae de Sclavellis, a Gual-

xlvi io5o- 1066 Hicardus et Rogerius, milites, filii Herluini senes-

annuente Willelmo,

calli, dant Altam Vesnam,

comite

Normannorum

445

xi.vh

xi.viii

xlix

1066

Redemptio medietatis capellae Sanclac Trinitatis et

terrae ad eam pertinentis,

rege Anglorum

annuente Willelmo,

Gislebertus, Oculus Pulicis

dii. mansum in

Appavilla.

dictus, dat, lilulo alo-

446

446

Ansfredus, filius Osberni de Ou, vicecomitis, largi- tur, annuentibus dominis suis Emma, Osberni

dapiferi uxore, et fdiis eorum, possessiones in Valle Richerii, in villa Smrcti Jacobi, in Capre-

villa, Chivellei, Ermentrud, etc. Willelmo, prin- cipe Normannorum, chartam confirmante. 447

L

io53

LI io43

in

vrevillae

concedit beneficium Sancli

Michaelis in Monte Rotomagi et ecclesiam Che-

Robertus, filius Hoelis,

lxk~j

Warulfus de Chevrevilla, jussudomini ipsius Roberti

de Maineres.donatterramChevrevillae, perunum

capellum vulpinum,

annuente Willelmo

principe. 448

terrae 44p,

Ricardus de Bundi Villa confert decimam villae Put-

buef et sex acras

NUMERI

CnARTÀRDM.

A NNI.

lui

liv 1047

l'V 1068

ivi

lvii 1066

LVin

io63

LIX 1059

Lx îoôo-io^ô

lxi

lxii

Lxm

1 066

lxiv io66

ARGUMENTA.

*«*

Godefredus presbyter concedit decimam alodii sui. 45o

Ricardus de Bernai vendit in alodium tres mansos et dimidium molendini apud Quatuor Molendinos. 45o

Willelmus cornes, filius Osberni dapiferi, traditcon-

Bothel.

suetudines silvœ de Longo

45o o

Hugo Taleboth dat decimam de Sanreith, annuente

Walone de la Roca

45 1

Osmundus de Bodes dat decimam

Warenna 45 1

terrae suœ

in

alodium, annuente domino ipsius Rodulfo de

suam

post mor-

Germundus de Ponte Sancli Petri tradit,

tem, hereditatem

45a

Huelinus, frater Osmundi de

Lxx acras terrae in

alodium. 45a

Franca

Villa, vendit

Odo monetarius, filius Hunfredi coci, vendit abbati

Rainerio terram Toterel

fluvium Clerae

super

Monlvilla

Ricardus, frater Rotberti de Freschenes, donat ter-

ram in

453

453

Ansguid de Sorenx, miles, tradit in alodium

terrae

et

decimam in villa

Rogerius,filius

in

Sclavellis 453

acram

453

Sothevilla

Turoldi, condonat tria

jugera

terrae

Bernardus forestarius et filius ejus Willelmus dant tractum insulae

454

Lxv io55-io66 Restoldus et Teozo largiuntur quadraginta acras

lxvi

lxvii

terrae in Grinvilla

454

Henricus de Grinvilla dat acram et dimidiam terrae. 455

1069

Willelmus, duxNormannorum, rexAnglorum, do-

nat terram Hermodesodes in

Anglia.

53

455

NUMERI

CHARTARt'M.

i.xviii

ANN]

lxix io4q ?

i.xx

lxxi

lxxu

Lxxm

i o63

Lxxiv 1068

lxxv

lxxvi

lxxvii

lxxviii

lxxix

i.xxx

io5a

io44

ARGUMENTA.

r*

Ricardus de Porco Morluo concedit consuetudines et

Roeillie.

apud Byseî et x acras

medietatcm rerum suarum

terrae ac domum in

456

Lezelina, comitissa de Ou, dat terram unius cellarii

super ripam Sequanae annuentibus

capacem

filiis

ipsius

Hugo de

Franchevilla miles, filius Senrelh vendit

nonis castellario.

hortum in Marlinvilla,

annuente

Willdmo, Ver-

457

457

Ebroinus de Pormort tradit in alodium quamdam

decimam in Warcliva

Vigerius de Torduit dat terram in Warcliva.

Ricardus, filius Herberti, gravaloris de Alta Vesna,

467

458

dat decimam beneficii sui apud

Wardivam. 458

458

prati.

Osbernct juxta insulam

camerarii comitis,

Corbuzzo t.radit tractum Turhulm et tres acras

Mauricius, filius Corbuzzonis,

Gruceth.

cum

abbate Raynerio, dat in

compositione facla

alodium lerram

45f)

Bodesvilla.

Hugo, monachus Sanctae Trinitalis, emit l acras

terrœ in

459 9

Hugo monachus emit ab Emma, matre Hilberti de Lacei, xxn acras terres in Bodesvilla

Huelinus de Franca Villa donat decimam terrarum suarum in Franca Villa, Falc, Bellebueth an- nuente domino suo Willelmo Vernonensi 460

Hugo, forestarius, dat sex acras terrae in villa Bri-

4»9

crebecb annuente domino

tranno et uxore

ejus

Susanna.

suo

Rotberto Ber-

Vesna

dat

tres acras

Evardus gener lIerberti gravatoris

terrae in Alta

46o

46 1

NUMERINUMERI

CnARTAETJM.

ANNI.

ARGUMENTA.

»«»«•

lxxxi

lxxxii

1080

Rotomagi 46 1

46a

Odo et Ermengardis, uxo