Appel des maires centristes de la Métropole du Grand Paris

à la tenue d’États Généraux de la circulation
Le 26 septembre prochain, la Maire de Paris devrait soumettre à l’approbation du
Conseil de Paris la décision de fermeture à la circulation automobile de la portion
de 3,3 Km des voies sur berges rive droite, entre le tunnel des Tuileries et
l’Arsenal.
Outre le fait que la commission d’enquête d’utilité publique a rendu, le 8 août
dernier, un avis défavorable au projet, considérant que l’étude d’impact, sur un
périmètre insuffisant, ne permettait pas d’établir la réalité de la réduction de la
pollution automobile, de nombreux élus parisiens, métropolitains, et franciliens
ont exprimé, à l’épreuve des faits, les premières difficultés que soulève ce projet
pour leurs habitants : embouteillages-records, circulation en accordéon,
carrefours bloqués et augmentation des temps de parcours sur les axes
principaux et secondaires métropolitains.
Il est aujourd’hui évident que ce projet impacte non seulement les
arrondissements « riverains » de la portion des berges fermées, le Ier, IVème,
XIIème, ainsi que ceux concernés par le report « immédiat » de la circulation V ème,
VIème et VIIIème arrondissements, mais plus généralement les conditions de
circulation à Paris, et plus largement sur les axes viaires de la Métropole, et d’Ile
de France.
D’une manière générale, il semble bien que l’attractivité et l’activité parisiennes,
compte tenu de sa position d’hyper-centre dans l’équilibre métropolitain, aient
été sous-estimées, de sorte que l’onde de choc de la décision de la Maire de Paris
dépasse largement son épicentre parisien, et se propage dans toute l’aire
métropolitaine.
En effet, la circulation automobile dans la métropole est structurée depuis des
décennies autour de deux infrastructures routières « parisiennes » à haut débit le boulevard périphérique circulaire, le plus emprunté d’Europe, et les voies sur
berges. Au niveau métropolitain, des axes stratégiques plus récents, comme
l’autoroute circulaire A86, et les 6 liaisons autoroutières radiales, l’A1, l’A3, l’A4,
l’A6a, l’A6b, et l’A13 convergent vers le boulevard périphérique, et structurent le
réseau viaire métropolitain, pour pénétrer dans Paris ou pour contourner la
capitale.
A ces axes principaux, il convient d’associer les axes essentiels à l’entrée et à la
traversée de Paris, sud-nord ou est-ouest, ses portes, sans oublier le réseau
routier assurant la liaison des communes de la métropole entre-elles.
Tous ces axes majeurs revêtent assurément une nature « métropolitaine », et
chacune des décisions individuelles prises sur ces axes nous concerne
collectivement. C’est la force et la faiblesse de notre projet d’aménagement
urbain commun.
Or, depuis quelques années, la ville de Paris multiplie de sa seule initiative, et
sans concertation, les chantiers sur ses axes structurant, tels que les portes de

Paris, les boulevards des maréchaux avec la construction du tramway T3, ou
encore la fermeture annoncée du tunnel de l’avenue du Maine pour la
réhabilitation du quartier Montparnasse, la rénovation prochaine de plusieurs
grandes places parisiennes, mais aussi la requalification prochaine des ChampsElysées ou encore de l’avenue du Général Leclerc, la fermeture définitive du
tunnel de l’étoile, les aménagements autours des gares parisiennes, autant de
projets qui risquent d’impacter très fortement les conditions de circulation dans
Paris et au-delà, dans notre métropole.
En tout état de cause, il semble indispensable de réaliser que toute modification
ou suppression de la circulation de ces axes viaires structurants nécessiterait au
minimum une concertation à l’échelle métropolitaine, en amont, car faute
d’alternatives en matière d’itinéraires ou de modes de déplacements, les
incidences d’une telle décision, les déports de circulation, et autres
conséquences, sont graves et parfois extrêmement pénalisantes dans la vie
quotidienne des habitants, des familles et des acteurs économiques
métropolitains.
Il nous semble donc aujourd’hui impératif d’organiser des États Généraux de la
circulation dans la « Métropole du Grand Paris », qui permettraient de poursuivre
les objectifs suivants :
-

Partager une carte « qualifiée » des flux de circulation automobile selon
leur intensité et leur fluidité sur le territoire francilien ;

-

Déterminer les moyens à déployer pour réduire les embouteillages, source
de pollution, et notamment un plan concerté de circulation ;

-

Engager avec la Région Ile de France, et l’ensemble des collectivités, une
stratégie commune et de long terme en matière de substitution des modes
de transports carbonés et individuels par des transports collectifs et
faiblement émetteurs de gaz à effet de serre ;

-

Établir un processus d’information et de concertation préalable à toute
décision en matière de circulation automobile sur des axes viaires d’intérêt
métropolitain ;

-

Identifier une méthode et des outils scientifiques partagés pour mesurer,
dans le cadre d’un projet de suppression ou de modification d’un réseau
viaire, le calcul du phénomène d’évaporation des véhicules, le calcul des
gains en matière de réduction d’émission de gaz à effet de serre, les
calculs de modification des temps de parcours, à l’échelle métropolitaine
d’une part, et régionale d’autre part ;

Nous sommes nombreux à partager la conviction selon laquelle la Métropole de
demain ne doit pas être étouffée par la circulation automobile, mais il nous
semble nécessaire qu’un dessein de cette envergure, dans le domaine de la
circulation comme dans d’autres domaines, ne relève pas d’une décision isolée,
décidée par « une » des 131 communes membres de la Métropole, fût-elle la plus
importante, mais s’inscrive bien dans un cadre établi, coordonné et partagé par

le plus grand nombre, pour construire ensemble une métropole apaisée,
soucieuse de son développement durable, et de son cadre de vie.

Eric Azière Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris, Jean-Christophe
Lagarde, maire de Drancy (UDI), André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux
(UDI), Hervé Marseille, maire de Meudon (UDI),Vincent Capo-Canellas, maire
(UDI) du Bourget, Jean-Loup Metton, maire (UDI)
de Montrouge, Bernard
Gauducheau, maire (UDI) de Vanves, Patrick Donath, maire (UDI) de Bourg-laReine, Denis Badré, maire (Modem) de Ville d’Avray, Stéphane de Paoli, maire
(UDI)de Bobigny , Laurent Rivoire maire (UDI) de Noisy-le-Sec, William Delannoy,
maire (UDI) de Saint-Ouen, Ludovic Toro, maire (UDI) de Coubron, Laurent Lafon,
maire (UDI) de Vincennes.

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