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Des progrès considérable dans l’agriculture sont à l’ origine de la révolution industrielle, ils

ont permis d’accroitre les capacités vivrières avec une population active agricole décroissante.
Aujourd’hui le progrès en matière agricole réside en partie sur les perspectives apportées par les
OGM.

Qu’est ce qu’un OGM : c’est un organisme dans lequel un gène extérieur a été introduit afin
de conférer à cet organisme une propriété particulière. On isole donc un gène d’une plante, par
exemple, naturellement résistante à un parasite ou à certaines conditions de culture (qualité du sol,
climat, quantité d’eau) pour l’introduire dans une autre plante qui ne possèderait pas ce caractère et qui
subirait des pertes de ce fait. Par exemple dans certains pays d’Europe (France, Suède, République
Tchèque, Pays Bas, Grande Bretagne) des essais en culture ont été réalisés avec une pomme de terre
biotechnologique. Cette dernière contient un gène de variété de pomme de terre mexicaine
naturellement résistante au mildiou, une maladie qui fait des ravages dans les champs. Toutes ces
techniques constituent le génie génétique et ses applications offrent de multiples possibilités en
matière agricole mais aussi médicale.

Depuis les années 1980/1990 les tests sanitaires restent rares mais les enquêtes se sont
multipliées, les réponses apportées sont discutées et discutables. De plus, à cela, s’ajoute une
dérèglementation croissante qui constitue le corollaire d’un développement mal contrôlé des OGM.

Chaque pays (du moins au Nord) dispose pourtant d’organismes chargés de veiller à la non
toxicité des produits en circulation, en France c’est l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire
des Aliments), pour l’UE il y l’AESA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments), aux Etats-Unis
c’est la FDA (Food and Drug Administration), chacune de ces institutions peuvent appliquer une
clause d’exclusion à des produits qu’elles estiment dangereux.

En réalité l’attitude des pays face aux risques potentiels représentés par les OGM est
différente, certains en autorisent la culture (Etats Unis, Australie, Brésil, Chine, Argentine qui sont
aussi les principaux exportateurs mondiaux avec l’UE), d’autres accordent pour certains OGM une
autorisation de culture en sol sous contrôle : c’est le cas de l’UE. Vraisemblablement peu de pays
peuvent résister à l’entrée d’OGM dans leur agriculture. Il faut savoir que les 5 premiers exportateurs
de produits agricoles (Etats-Unis, UE, Canada, Brésil, Chine, Australie, Argentine selon l’OMC en
2003) sont aussi ceux qui ont le plus largement accepté la culture d’OGM hormis l’UE.

Dans quelle mesure les OGM représentent-ils un progrès ?

Les OGM sont sujets à controverse et par cet argumentaire on essaiera de donner quelques
éléments de réponse. En mettant en évidence, d’une part, les perspectives ouvertes en matière
médicale et agricole. Et d’autre part, les phénomènes de dépendances économiques liées à leur
exploitation (commercialisation) et les dangers potentiels qu’ils représentent pour l’homme et
l’environnement.

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I. Un progrès aux multiples facettes :
Le génie génétique et ses perspectives…

A/ … médicales.

Les biotechnologies à usage médicales et pharmaceutiques offrent des perspectives multiples que ce
soit en matière de prévention, traitement ou production de molécules utilisées pour concevoir des
médicaments. Pour illustrer les innovations apportées par le génie génétique en matière médicale on va
étudier différents exemples d’applications et leurs bienfaits.

Tout d’abord les médicaments aliments. Prenons une espèce animale ou végétale où l’on introduit un
gène ayant les mêmes effets sur l’individu qu’un vaccin, mais celui-ci serait ingérer. Les chercheurs
évaluent la possibilité de vacciner contre l’hépatite grâce à des bananes qui auraient été
génétiquement modifiées. Les avantages sont nombreux, d’une part le coût de production est plus
faible que si le vaccin avait été extrait ou synthétisé, qui sont des procédures ou le risque d’échec est
élevé. D’autre part et c’est peut être le plus important, est que ce médicament peut être transporté et
stocké facilement sans aucun soin particulier, les vaccins conventionnels nécessitent d’être réfrigérés,
Cela représenterait un grand pas pour la vaccination des populations des pays en développement
(PED).

Les plantes pourraient aussi servir à produire des molécules que les laboratoires pharmaceutiques ne
savent pas produire, ces derniers sont obligés de pratiquer des prélèvements sur des organes humains
avec les risques que cela comportent. Un groupe de chercheur de l’INSERM a mis au point une
variété de tabac pouvant produire de l’hémoglobine, molécule qui permet l’acheminement de
l’oxygène des poumons vers les tissus. Cette dernière pourrait être un substitut du sang pouvant être
stocké et transporté aisément. La note de presse de l’INSERM à ce sujet montre que les personnels de
santé disposeraient d’un outil qui permettrait d’intervenir dans des situations urgentes de perte de sang
massive tel que les accidents de la route, catastrophes ou conflits sans attendre un donneur et à fortiori
sa compatibilité.

Enfin, chaque année des personnes décèdent faute d’organe à greffer, selon les estimations le
don d’organes humains ne pourrait jamais subvenir à tous les patients. Les chercheurs considèrent que
le porc est le meilleur donneur d’organe pour l’homme. Il faut donc tenter d’humaniser ces porcs en
leur introduisant des gènes humains, on a réussi jusque là à réduire les probabilités de rejets des
greffons. Mais les reins et le cœur ne sont pas les seuls organes susceptibles d’être transplantés, les
chercheurs envisagent aussi d’utiliser différentes cellules du foie, des hormones. De plus ces animaux
transgéniques pourraient permettre d’étudier certaines maladies jusqu’alors incurables, comme la
maladie de Creutzfeldt-Jacob ou d’Alzheimer.

Même si les chercheurs ont encore besoin d’expériences pour limiter les transmissions de maladies à
l’homme, cette approche thérapeutique représente un réel intérêt.

Etant donné que nous nous attachons davantage à l’aspect économique de la question nous ne
nous attarderont pas sur les problématiques scientifiques.

B/… Agricoles et industrielles :

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Les OGM dans ces domaines ont un double objectif : productiviste et environnemental. Pour
le premier il est aisé d’en calculer les effets en mesurant les gains de productivité qu’ils occasionnent.
Pour le second aspect on se reposera sur les études menées par les chercheurs.

Tout d’abord, en matière agricole les OGM concernent surtout les céréales. Les variétés de
soja et de colza OGM permettent une réduction significative des épandages d’herbicides et leurs
rendements ont légèrement augmenté. On reconnait que le succès (80% du soja cultivé aux Etats-Unis
et en Argentine) des ces OGM est en partie lié au fait que cela simplifie les tâches de l’agriculteur. Le
coton et le maïs ont aussi fait l’objet de manipulation génétique les rendant plus résistants aux
ravageurs et parasites, 30% du mais et 80% du coton sont modifiés aux Etats-Unis. La culture du
coton naturel nécessite aujourd’hui 7 à 8 épandages de pesticides, or, certains de ces pesticides sont
toxiques pour les agriculteurs et très polluants. Le coton OGM nécessite en moyenne 4 fois moins de
pesticides, ce qui pour les agriculteurs n’est pas négligeable étant donné que cela réduit les coûts de
production (coûts des pesticides), ils apprécient également d’être moins intoxiqués.

En outre, des animaux génétiquement modifiés destinés à l’alimentation humaine sont en


cours d’étude. Parmi ceux-ci on peut citer les porcs rejetant moins de phosphate polluant, responsable
de la pollution des ruisseaux en Bretagne. Ainsi que, les poissons à croissance accélérée qui seraient
une source de protéine pour les pays où les populations souffrent de malnutrition. Ou encore, du riz
qui résisterait à une submersion totale lors de forte pluies. C’est un enjeu important pour les pays où la
mousson fait des ravages dans les champs, comme le Bangladesh, l’un des pays les moins avancés. Un
manioc biotechnologique est à l’étude au Nigéria il contient beaucoup plus de vitamine A, enrichi en
fer et résistant aux virus. Plus de 250 millions de personnes en Afrique sub-saharienne (et plus
globalement 800 millions de personne) ont un régime qui dépend presque exclusivement du manioc.

L’objectif de productivité permet donc de réduire les coûts, par conséquent les prix. Cela
favorisera l’accès aux denrées alimentaires de base des pays en développement. L’enjeu est encore
plus important si l’on prend en considération la croissance démographique dans les régions les plus
pauvres du monde. Les avantages environnementaux sont considérables car les pesticides et les
engrais sont très polluants et en partie responsable de la pollution des sols. Enfin les agriculteurs
seraient moins exposés à ces produits chimiques.

Les applications industrielles sont encore assez méconnues mais un groupe de chercheurs a
tenté de synthétiser les avantages qu’ils représentent. Ils ont étudier l’impact de l’utilisation des
biotechnologies dans l’industrie chimique, plastique, textile, agroalimentaire, minières, transformation
des métaux et de l’énergie. Ces secteurs sont aussi connus pour être les plus pollueurs et dans lesquels
les conditions de travail sont pénibles et dangereuses, parfois même ces industries ont une empreinte
sur la qualité de vie des riverains.

Ils démontrent que les biotechnologies peuvent servir à promouvoir une industrie durable,
permettant de satisfaire les besoins, favoriser le développement industriel (grâce aux gains de
productivité) tout en préservant l’environnement. Dans certains cas observés l’utilisation de
bioprocédés a permis de réduire de 80% les consommations d’eau et d’énergie et diminuer de 90%
l’utilisation de solvants chimiques. Un certain nombre de débats sont animés par ces questions, ce
mode de production durable constitue une des réponses. On parlerait alors de d’industrie durable ou de
bio-économie, qui permettrait de fournir les biens et services nécessaire de façon à répondre aux
besoins et aspirations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire
leurs besoins, les similitudes avec la notion de développement durable sont palpables. En réalité, l’idée
d’industrie durable s’inscrit dans un objectif de développement durable.

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Cette perspective présente des avantages tant pour les pays développés qu’en développement.
Pour les premiers, elle offre la possibilité d’exploiter du potentiel technologique, assure la sécurité
énergétique et l’approvisionnement en produits chimiques afin de surmonter les grands
bouleversements économique et sociaux qu’entraineront les fluctuations de l’offre et des prix de
l’énergie ainsi que la réfaction des ressources non-renouvelable. Pour les seconds, cela permettra de
« sauter » la phase de dépendance aux énergie fossiles pour passer directement à celle des
biocombustibles et des bioproduits chimiques pouvant être produits localement entrainant des
externalités positives sur la qualité de vie et sur l’environnement.

A l’heure actuelle la bio économie en est à ses balbutiements, en réalité il manque une volonté
politique et des grandes orientations stratégiques ainsi que de véritables outils d’évaluation.

Il est apparent que les perspectives en matière médicale, agricole et industrielle sont un
progrès, il ne faut pas négliger pour autant qu’en pratique la commercialisation des OGM entraine des
externalités négatives.

II/ Un progrès contesté…


En raison…

A/ … D’externalités négatives

La réalité économique des OGM n’est pas aussi vertueuse que ce qui a été évoquées précédemment.
En effet leur commercialisation se fait à la solde de quelques multinationale peu scrupuleuses, et
n’ayant pour seul but la recherche du profit.

L’exemple de Monsanto, entreprise américaine leader sur le marché des biotechnologies, permet
d’illustrer ce propos. 90% du soja cultivé aux Etats Unis est résistant au « round up », son produit
phare. Entre 1995 et 2005 Monsanto rachète une cinquantaine de compagnies semencières dans le
monde, soja, tomate, pomme de terre, coton, blé, mais, à moyen terme on peut s’attendre à une
disparition des semences non- transgéniques. Les bénéfices de la firme s’élèvent à 1 milliards de
dollars.

Grace à cette suprématie économique Monsanto s’offre les faveurs du gouvernement américain. Le
commerce des OGM représente 50 milliards de $ en 2000, les Etats Unis sont les premiers
exportateurs de produits agricoles. Monsanto a le pouvoir d’exercer une pression sur le législateur
concernant les règles qui pourront aller à l’encontre des objectifs de la firme. Ce qui conduit le
président G.BUSH élu en 1992, après avoir soutenu les projets de la firme lorsqu’il était vice président
de R.REAGAN, à déréglementer le commerce des OGM. Dans une déclaration, en 1992, du vice
président de G.BUSH, concernant les règles sanitaires sur les OGM, il affirme que « les
règlementations sont inutiles».

Cependant Monsanto ne peut commercialiser ses produits sans s’appuyer sur des rapports favorables
de scientifiques. On va voir que dans ce domaine transparence est l’exception. Les scientifiques qui
travaillent avec Monsanto sont triés sur le volet, des salariés témoignent avoir été licenciés après avoir
remis des rapports insatisfaisants sur les OGM de Monsanto. De plus, on ignore le nombre de
scientifiques qui travaillent à la solde de la firme. Etant donné qu’elle offre 1 million de dollars à tous
les scientifiques qui émettraient un avis favorable sur ses activités. Monsanto finance aussi des
laboratoires et des centres de recherches afin d’avoir la main mise sur les scientifiques et leurs

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recherches, tous ceux qui interviennent contre les intérêts de Monsanto risquent d’être exclus du projet
et le groupe de recherche dissout. Monsanto utilise tous les moyens pour se débarrasser des éléments
perturbateurs. C’est pourquoi les rapports doivent être examinés avec prudence et critique. Un
scientifique indépendant a consulté les comptes rendus d’une des expériences pratiquées chez
Monsanto, donnant un avis favorable à la commercialisation. Il remarque que cette expérience
présente des irrégularités de méthodes, par exemple il avait été utilisé des rats en mauvaise santé ce
qui fausse le analyses. De plus des organes comme le foie avait été considéré « normal », « de la
bonne couleur » sans avoir été disséqué ni analysé, même un amateur ne ferai pas ce genre d’erreur.

En plus de la pression exercée sur la communauté scientifique Monsanto s’attaque à l’administration.


On peut remarquer que les différents cadres dirigeants de Monsanto ont tous été membres de la
Fédéral and Drug Administration (FDA). Cette dernière est une institution qui a un objectif
règlementaire en matière sanitaire et alimentaire entre autres. Donc les intérêts de Monsanto sont
représentés au sein de l’administration américaine. On parle du phénomène des portes tournantes.

C’est grâce à ces études souvent subjectives que Monsanto parvient à conquérir le monde, notamment
en Australie en Asie et en Amérique du sud où les cultures OGM ont augmenté de 100 millions
d’hectares entre 1990 en 2000, 70% sont résistantes au round up et 30% à l’insecticide BT élaboré à
partir de la dioxine utilisé pour fabriquer l’agent orange (Vietnam).

L’importance des coûts de recherche et développement des biotechnologies entraine un degré de


concentration élevé dans le secteur. Monsanto est aussi propriétaire d’une cinquantaine de compagnies
semencières dans le monde qui assurent la distribution des OGM brevetés. Chaque pays ou chaque
paysan qui cultive un produit Monsanto doit signer un contrat d’utilisation et s’engage à ne pas
replanter les semences de l’année précédente. En cas de fraudes Monsanto dispose même de
détectives qui vérifient que les contrats soient bien respectés. Les OGM rendent les agriculteurs
davantage dépendant du marché des semences engrais et pesticides. Les marchés sont parfois obtenus
de façon douteuse. Le ministre chargé de l’agriculture du Paraguay admet que « des sacs blancs »
contenant des semences OGM ont pu rentrer de façon irrégulière pour se glisser parmi les semences
non-OGM. Les OGM étaient interdit au Paraguay, mais devant le fait accomplit, et pour ne pas mettre
les paysans dans l’illégalité, le gouvernement a dû les légaliser. Au Paraguay comme dans nombre de
pays d’Amérique du sud, 2% de la population détient 70% des terres et les OGM accentuent la
concentration des terres qui est un problème majeur pour les minifundio. Dans ce pays les ¾ des
producteurs de soja sont des étrangers qui investissent dans le nouvel or vert. Certains quittent le
désert vert (monoculture) qui empêche la cohabitation avec des cultures traditionnelles. Les seules
possibilités offertes aux paysans sont soit de travailler en ville soit de travailler pour un des exploitants
agricoles dans des conditions très dures.

Issu d’un libéralisme croissant le commerce des OGM tend à devenir contraire aux préceptes libéraux.
La position de monopole, la propriété des semences entrainent des phénomènes de dépendances. Le
secteur agricole est dépendant des importations de semences qui détériorent la balance commerciale et
le pouvoir d’achat des agriculteurs. Monsanto par sa stratégie tente de contrôler les produits
alimentaires de bases, arme plus forte « que les bombes » et capable de faire céder les gouvernements
(arme alimentaire).

B/ …D’effets incertains sur l’homme et l’environnement.

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Les dangers que les OGM représentent sur l’homme et l’environnement sont difficile à déterminer et
les études sont contradictoires. A. PUZTAI (scientifique indien) démontre que l’ingestion de certains
produits transgéniques peut entrainer des tumeurs de l’estomac et la surchauffe du système
immunitaire. Le cas des vaches dioxynées est le plus frappant en effet du pus a été découvert dans le
lait. Ce pus est issu d’une maladie bien connu la mammite. Ces vaches avaient été modifiées pour être
traites 3 fois au lieu de 2 fois par jour, mais désormais les éleveurs sont obligés d’augmenter la
consommation d’antibiotiques qui se retrouve dans le lait.

En inde, le 3ème producteur de coton mondial, où Monsanto détient le monopole des semences,
le coton transgénique a perdu de son efficacité. Ce dernier est devenu moins résistant qu’auparavant au
ver américain, la plante s’est affaiblie et le ver s’est renforcé. Les agriculteurs sont désormais obligés
d’utiliser deux fois plus de pesticides ce qui a des répercutions sur l’environnement et la qualité de vie
de l’agriculteur. Par conséquent les coûts de production augmentent et les paysans perdent en pouvoir
d’achat, certains abandonnent les activités agraires. Dans les régions d’Inde où le maïs transgénique
est cultivé un grand nombre d’agriculteurs se sont endettés pour investir dans ce maïs mais
aujourd’hui ils ne peuvent plus rembourser. De plus une forte concentration de suicides a été observée
parmi les agriculteurs, certains se suicident même avec de l’insecticide Monsanto, cela devient un
problème de société dans les régions rurales de l’Inde.

Au Mexique il existe des centaines de variétés de maïs présentant chacune des propriétés
particulières et destinées à un plat typique. Avec le traité de libre échange ils n’ont pas pu résister à
l’importation de mais transgéniques, qui est deux fois moins chers que les semences habituelles.
Cependant les paysans qui cultivent pour leurs besoins ont vu dans leur champ se développer parmi
des variétés traditionnelles de maïs hybrides. Cela pose un problème aux petits paysans qui n’utilisent
ni engrais ni pesticide et qui voient apparaitre des variétés hybrides nécessitant engrais et pesticide. En
outre cela conduit à une uniformisation des variétés de plantes, on parle aussi de contrainte sur la
biodiversité (bio-uniformisation). Or, la nature est un équilibre fragile qui est chaque jour atteint par
l’activité des hommes, les OGM constituent un danger pour cet équilibre.

La culture des OGM en cohabitation avec des cultures naturelles entraine une pression sur la
sélection naturelle qui veut que ce soit le plus résistant qui survive. Les OGM étant résistant à un
ravageur ou à un insecticide exercent une pression sur les autres variétés plus fragiles. Les ravageurs
se renforcent face à des plantes mieux protégées mais les variétés naturelles sont vulnérables. De plus
lors de l’épandage d’insecticides superpuissants les variétés naturelles sont exterminées alors que les
OGM résistent. Ces plantes transgéniques deviennent artificiellement plus fortes que leurs homologues
naturelles ce qui entraine des monocultures car les cultures naturelles ne résistent pas au côté de
cultures transgéniques. Donc la cohabitation de culture naturelle et transgénique n’est pas possible.

Les progrès apportés par le génie génétique sont une révolution, pas seulement dans
l’agriculture comme on l’entend régulièrement. Les perspectives médicales offrent un espoir de
pouvoir soigner et même guérir certaines maladies incurables ou génétiques et de favoriser l’accès aux
soins des populations à risque notamment dans les pays en développement. Certes les progrès dans
l’agriculture pourraient permettre d’améliorer les rendements pour mieux nourrir le monde. Cependant
les nombreuses externalités négatives viennent nuancer cette approche.

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C’est pourquoi il est nécessaire d’encadrer leur utilisation au niveau mondial car il n’est pas
acceptable que des pays ayant déjà des difficultés de développement soient victimes, une fois de plus,
des insuffisances du marché. Il faudra aussi garantir l’objectivité des études scientifiques et sanitaires.
Aucune action n’est possible si les entreprises qui abusent de leur situation de monopole ne sont pas
sanctionnées surtout dans un secteur vital comme l’agriculture.

Annexe :
Source :

– Dvd, Le monde selon Monsanto, 2008, de Marie Monique ROBIN (disponible livre du même
auteur)
– Documents et rapports de chercheurs à l’INRA et à l’INSERM.
– Documents de chercheurs indépendants.
– Sources institutionnelles nationales et communautaires
– Le monde diplomatique, le monde.
– Statistique de l’OMC.

DI PIZZO MARTIN L3, Economie de la santé, « Administration publique


hospitalière »

Novembre 2009.