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CHARIOTS
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Tél. : 01 48 60 22 33 - Fax : 01 48 61 20 07 Route de Roissy - 93290 Tremblay en France

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ROISSY 2015 : L’EXCELLENCE EUROPEENNE - ROISSY 2015 :

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Roissy • tel. :: 01
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3029
2904
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N° 26

Roissy et
l’Afrique
mars/avril 2008 • DIFFUSION : 20.000 ex. aux ENTREPRISES et ADMINISTRATIONS DU PÔLE Valeur : 3,5 €

Panorama des
nouvelles zones
d’activités
économiques :
Des centaines d’hectares
en cours d’aménagement
sur le pôle de Roissy

Pages
Pages :: 30
30 àà 49
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26 5 - 27 DOSSIER : ROISSY ET L’AFRIQUE


sommaire 05-06
07-08
10-13
Des liens de plus en plus importants…
Le CIAN : les entreprises françaises en Afrique
L’Afrique si proche et pourtant si méconnue
15-23 7 années à Cotonou : une expérience africaine
24-27 Art-Rivages…

39-49 PANORAMA DU DÉVELOPPE-


MENTDES NOUVELLES ZONES
46 D’ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
DU PÔLE DE ROISSY
30-31 Les ZAE, facteurs de croissance
32 Gonesse en forme
34 Roissy Porte-de-France : toujours à la pointe
37 CDG Est : une ruche d’activités
39-40 Canton de Dammartin : ça bouge
41 Aulnay-sous-Bois : la ZAC des Aulnes
42 Villepinte : naissance d’un géant, VIPARIS
44 Aéroville : 270 millions controversés
46-48 L’AFTRP : un opérateur historique en pleine mutation
49 Tremblay : la ZAC « Sud-CDG », c’est pour cette année
50 50-53 PORTRAIT
Gilles Baëza

54-55 LES ENTREPRISES DU PÔLE


Informatique : de la nécessité de faire appel à des « pros »

56-61 HÔTELLERIE – RESTAURATION


56-58 Claude Chevauché (Pullman) : j’ai vraiment l’impression
58 60-61
d’avoir ouvert un nouvel hôtel
Service à table : réactions

Bénéfice. net bimestriel gratuit édité par VPP SARL


1 Clos du Thillay - 95380 Epiais-lès-Louvres
Tél : 01 30 29 04 32
Fax : 01 34 68 52 07
Directeur de la publication : Eric Veillon :
eric.veillon@wanadoo.fr -
Redaction et publicité : 01 30 29 04 32
Imprimerie : Dulac (Pacy-sur-Eure)
2 Dépôt légal à parution. Tirage : 20.000 exemplaires
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VPP
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Edito ... Edito ... Edito ... Edito ...


Majorité d’idées pour le pôle de Roissy.
Appel à André Toulouse.
Quand ce numéro 26 de Bénéfice.net sera diffusé, nous ne tarderons pas à
connaître les résultats des élections municipales et cantonales. De nouvelles
équipes seront en place, et elles auront un mandat populaire de 6 ans pour
gérer les collectivités territoriales : communes et départements. Notamment
celles qui concernent le pôle de Roissy. Cette région aéroportuaire,
informelle mais cohérente au niveau du développement économique et de
l’aménagement du territoire, comprend plusieurs dizaines de communes sur
4 Départements et 2 Régions.

Elle sera marquée, ces 6 prochaines années au moins, par le développement très important de
l’aéroport CDG, devenu de fait un consensus politique, en même temps qu’un atout formidable
pour la croissance économique de notre pays, qui en a bien besoin. Le développement de
nouvelles zones d’activités dans et autour du 7ème aéroport mondial, dont nous donnons un
aperçu dans ce numéro, montre la force d’attractivité de la région aéroportuaire, au centre d’un
nœud de communications unique. Et les retombées de cette force sont bénéfiques pour les
populations qui y habitent, beaucoup plus qu’ailleurs.

Pour autant, rien n’est simple. Les disparités de ressources fiscales, dues à un système aussi
compliqué qu’insuffisant de répartition entre collectivités proches sont sources d’incompréhension
et de frustration. Prenez l’exemple de la ville de Sevran, qui peine à survivre, n’ayant que peu
de ressources. Elle héberge nombre de travailleurs du pôle de Roissy, participant ainsi à son
développement, mais sans en avoir les retombées correspondantes. Il faudra que les nouveaux
élus se posent la question d’un meilleur partage des ressources fiscales.

Mais aussi les termes d’un aménagement concerté de notre territoire. La polémique qui a fait
rage autour du projet de centre commercial « Aéroville » et de ses implications économiques,
environnementales et territoriales, montre bien la nécessité d’un minimum sinon de gouvernance,
au moins de concertation par les collectivités du pôle de Roissy et singulièrement par les
communes. On pourrait en dire autant des transports en commun, des infrastructures
(routières notamment), et même de la promotion extérieure du pôle, inexistante dans sa globalité.

L’Etat qui, après la disparition de la « Mission Roissy », ne suit plus vraiment le dossier du pôle
qu’il qualifiait pourtant d’excellence, pourrait, en se fondant sur le discours du 6 juin 2007 du
Président de la République, relancer cette gouvernance souhaitée. Par la Communauté
aéroportuaire ou toute autre solution, mais en s’appuyant sur les maires.

Parmi ceux-ci, un homme pourrait aussi avoir un rôle important dans cette orientation :
André Toulouse, le maire de Roissy, qui sera sûrement réélu brillamment. Le fondateur
visionnaire de Roissy Porte de France a toute l’expérience, la hauteur de vue et l’autorité pour entraîner
le mouvement. Il pourrait redonner vie dans un premier temps à l’association du « Grand Roissy »,
organiser des Etats-Généraux du pôle. Le reste suivra.

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ROISSY ET L’AFRIQUE

.
Des liens de plus en plus importants,
mais toujours diffciles à comprendre
Avouons-le tout de suite : nous l’Afrique, sont perdus chaque année noncée dans différents forums in- le féliciter. Vous trouverez celui-ci
avons été trop ambitieux, sur l’an- à cause de la corruption. ternationaux n’a toujours pas facilement sur le site web de l’Elysée.
nonce de ce dossier que nous vou- donné de résultats probants (le Le « glissement » de ce dossier sur
lions riche et complet. La faute nous Même si nous devons être prudents NEPAD, dernier né des programmes « Roissy et l’Afrique », plutôt que
en revient en premier : nous aurions dans nos jugements (les guerres en d’aide, est devenu un « machin », de le laisser tomber, nous a donné
dû faire davantage d’investigations. Europe, la Shoah, ou les massacres souligne A. Bouthelier, du CIAN - à penser, et ce sentiment a été
L’enthousiasme initial était dû (et ethniques en ex-Yougoslavie ne Conseil français des investisseurs partagé par plusieurs de nos inter-
demeure) aux multiples relations, sont pas éloignées), il faut bien ad- en Afrique-, dans ce dossier). locuteurs, qu’il fallait en profiter
grandissantes, entre le continent mettre que ces maux africains em- pour faire ici de la pédagogie.
africain et notre région aéropor- pêchent encore le développement Même si des progrès réels exis-
tuaire. Mais, outre notre (fausse) di- de l’Afrique et donnent une mau- tent, il reste que l’Afrique est tou- C’est un continent merveilleux, que
lettante, il ressort des différents vaise image du continent. jours en marge de l’économie j’aime beaucoup car les qualités des
contacts que j’ai pu avoir pour prépa- mondiale, malgré sa richesse po- Africains sont immenses. Ils trouve-
rer ce dossier, que l’Afrique n’est tou- Ce qui ne donne pas le droit, pour tentielle. Et pourtant le dévelop- ront, j’en suis sûr, les moyens de sur-
jours pas un thème porteur, en gros, certains du moins, de prendre les pement économique est la clé de monter leur difficultés.
l’Afrique n’est pas « sexy ». Que ce Africains pour des imbéciles. La la- tout. Comment voulez-vous que
soit de la part des entreprises (le mentable affaire des Pieds-Nickelés les jeunes Africains (et les moins On vous recommande en particulier
CIAN, voir l’article, mis à part) qui de « l’arche de Zoé », qui ont, sous jeunes), dans leur masse, devant de prendre le temps de lire ici un ré-
travaillent ici avec le continent, et couvert « d’humanitaire », véritable- le peu d’avenir qu’ils ont, ne pen- sumé de l’histoire de l’Afrique, mal
Dieu sait s’il y en a, que des particu- ment tenté d’enlever des enfants en sent pas à émigrer ? connue, fait par mon ami Brice Bous-
liers, les gens peinent à évoquer leurs est un triste exemple. Je voulais sari, professeur d’histoire au lycée
relations avec l’Afrique. Difficile à ex- faire, pour ce dossier, un article sur Vous verrez dans l’article sur le CIAN Gustave Eiffel à Gagny, que je
pliquer pourquoi, mais voici quelques la « coopération décentralisée » en que l’exemple à suivre est celui de connais depuis presque 20 ans. Il a
pistes. Les « clichés » existent tou- Afrique. Comprenez : la coopération l’Asie, qui a su se développer ces 30 l’avantage non seulement d’être bi-
jours (qui ne sont pas des clichés des collectivités territoriales, (com- dernières années, d’une manière national (Français et Béninois) mais
d’ailleurs, mais des réalités) : munes, départements…) avec leurs quasiment miraculeuse. surtout biculturel. Son résumé est
- guerres et massacres (les évène- homologues africaines. Trop sou- riche, bien documenté, équilibré,
ments du Kenya, pourtant impensa- vent, je l’ai vu à plusieurs reprises, vraiment parfait.
bles, puis la guerre au Tchad sont elle donne lieu à des épanchements Pédagogie
tout récents), de « générosité » pas très saine : on Vous prendrez le temps de lire
- famines (il y en a encore), immi- emmène du matériel (souvent obso- aussi, avec intérêt, j’en fais le
gration illégale, (bien connue dans lète) et on se fait plaisir en allant à Au-delà, des questions profondes pari, le récit d’une expérience afri-
notre région aéroportuaire, porte grands frais (avion, hôtels, restau- se posent sur les raisons du sous- caine, la mienne, que je vous avais
d’entrée principale de la France, où rants…) « donner ». En revanche, développement africain. Le Prési- promise dans le BN 24. Puis avec
l’on est en train de construire un les actions de coopération dans le dent Sarkozy, à peine élu, (le 26 le CIAN, un regard professionnel
nouveau et grand centre de réten- domaine direct de l’économie, juillet 2007) a tenté d’y répondre des entreprises françaises sur les
tion, au Mesnil-Amelot), comme peut le faire par exemple le lors d’un grand discours devant les relations commerciales avec
- corruption (il faut lire l’article du CEEVO (comité d’expansion écono- étudiants de l’Université de Dakar. l’Afrique. Et, enfin, nous avons
Monde (31/01/2008) qui rend mique du Val d’Oise) au Cameroun Ce discours a été l’objet de nom- choisi une société d’Epiais, Art Ri-
compte de l’enquête policière en ou, depuis peu au Maroc vont à coup breuses critiques venant, pour la vage, pour illustrer les relations
cours suite à une plainte déposée sûr dans le bon sens. plupart, d’intellectuels, africains locales. Mais il y en a bien d’autres
par des associations sur le formi- ou européens. Certains passages : compagnies aériennes, handling,
dable patrimoine de certains diri- Le développement de l’Afrique ne du discours, qu’il faut lire en en- organisateurs de transport, im-
geant africains), sont encore le lot se fera pas à coup de condescen- tier, ont pu choquer, mais le Prési- port-export…Nous y reviendrons,
de nombreux Etats. L’Union africaine dance sur la misère. « Trade, not dent d’Afrique du Sud, peu suspect promis.
a estimé (en 2006) que 148 milliards aid », disent les Américains. L’aide de complaisance, a envoyé rapide- 5
de dollars, soient 25% du Pnb de publique passée ou nouvelle, an- ment une lettre à N.Sarkozy pour EV BN
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ROISSY ET L’AFRIQUE

Au centre, A. Bouthelier, lors de la présentation du rapport CIAN 2008.

Le CIAN :
les entreprises françaises en Afrique
Difficile d’évoquer des relations éco- J’ai voulu en savoir plus et j’ai dans le temps sur les seuls pays sa carrière à Pechiney, beaucoup
nomiques françaises avec l’Afrique contacté le CIAN par l’intermé- francophones. Cette évolution en Asie-Pacifique, puis en 1994
sans rencontrer le CIAN. C’est le diaire de son site web : s’est accélérée depuis la Prési- comme directeur de la division
Conseil français des Investisseurs en www.cian.asso.fr . Excellente réac- dence de Gérard Pélisson, qui a « afrique ». C’est à ce moment
Afrique, comme ses initiales ne l’indi- tivité de la part de l’équipe, et j’ai succédé à J.P Prouteau, décédé en qu’il découvre le CIAN, dont il de-
quent plus. Il est connu du monde des été fort bien reçu par son Prési- 1998 », me confie, suite à ma pre- vient secrétaire général en 1998,
affaires à cause de la publication, de- dent délégué, Anthony Bouthelier. mière question le Président délé- puis donc Président délégué, en
puis 16 ans, en janvier, de son fameux Les bureaux du CIAN sont situés gué. « Gérard Pélisson, 2006. Un « Asiatique » au CIAN ?
rapport annuel, dans un numéro spé- rue de la Chassée d’Antin, à Paris co-fondateur d’ACCOR, groupe plaisantais-je… Sourires, mais
cial du MOCI (Moniteur du Commerce (9ème). M. Bouthelier me reçoit mondial, a encouragé la venue au plus tard dans la discussion (à
International). Une centaine de pages tout de suite. L’ambiance est dé- CIAN de gens qui n’avaient pas propos du NEPAD), il m’explique :
d’analyses thématiques accompa- tendue, ça me va bien. « C’est vrai seulement un expérience africaine, « je vais vous dire pourquoi l’aide
gnées, pays par pays, des tendances que le CIAN a pu avoir une image mais mondiale ». publique au développement n’a
macroéconomiques actualisées. un peu surannée, un peu « nostal- pas réussi en Afrique. Tout simple-
gique de l’ancienne Françafrique ment parce qu’elle n’a pas fait la
Cette association de chefs d’entre- », mais ce temps là est fini. De- jonction avec le secteur privé.
prises, plutôt discrète, dont les ori- puis une quinzaine d’année, la vo-
Un « Asiatique » Prenez l’exemple de la Chine, dont
gines remontent loin dans le temps, a cation du CIAN est de s’occuper de pour l’Afrique… on parle tant de nos jours. Les di-
connu, connait depuis une décennie, l’ensemble du continent, et non rigeants de ce pays au régime éta-
une sorte de renouveau par rapport au seulement de l’Afrique Noire, d’où tique pourtant rigide, à l’économie
6 temps où il s’appelait encore le Conseil son changement de nom. Et donc A l’image donc de mon interlocu- plus que dirigée savaient, dans les
BN des Investisseurs en Afrique Noire. de ne plus être focalisée, comme teur. Celui-ci a fait presque toute années 70, qu’ils allaient dans le
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ROISSY ET L’AFRIQUE

mur. Qu’ont-ils fait ? Ils ont créé nous permet, par exemple, de devenu une « usine à projets », Cette confédération, basée à
Shenzhen et les zones écono- « dénoncer » tels ou tels dysfonc- comme on en a connu dans le Bruxelles, met en avant le rôle
miques spéciales. Ils s’étaient tionnement dans tel ou tel pays, passé, un « machin », sur fond de « crucial » du secteur privé et
tout bonnement inspirés des mé- ce que pourrait difficilement rivalités politiques pour le « lea- veut promouvoir le commerce et
thodes qui avaient fait le succès faire, on le comprendra, la ou les dership » en Afrique : Khadafi est les investissements européens au
de leurs cousins de Singapour. La entreprises françaises qui subis- passé par là…Donc, rien de nou- Sud de l’Europe.
méthode asiatique adaptée au sent ces dysfonctionnements ». veau sous le soleil d’Afrique, de
continent africain, voici la voie. ce point de vue ». Enfin, signe des temps, M. Bou-
On a vu le résultat en Chine, mais thelier m’informe que le CIAN est
il y a d’autres exemples en Asie ». désormais (depuis mars 2006) ad-
« Les Etats ont montré ministrateur au sein du Conseil de
leur limites. » Le CIAN, nouveau l’Agence Française de Développe-
Et on revient au CIAN. « C’est vrai
aussi qu’on est un peu élitiste », « think tank » ? ment, organisme d’Etat qui coor-
me répond-il, lorsque je lui pose donne l’aide publique au
la question des adhérents du Revenant sur le fond, M. Bouthe- développement, ce dont il se ré-
« Club ». Pour en faire partie, il lier insiste : le rôle du CIAN est On revient au CIAN. Quid de ses jouit.
faut d’abord avoir une véritable de rappeler (il est toujours bon de rapports avec le MEDEF, et le
expérience africaine, et bien sûr le faire) l’importance des inves- MEDEF International* ? « Cette Quand je lui demande s’il ne se-
une honorabilité sans faille. Ces tissements privés pour qu’aug- organisation du MEDEF a vocation rait pas bon que le CIAN soit un
deux conditions sont validées par mente la richesse globale dans les à intervenir dans le monde entier. peu plus « public », un peu mieux
le système du double parrainage. pays d’Afrique », reprenant en ça Mais nous, nous sommes les spé- connu, malgré l’efficience de son
Et j’apprends qu’il y a une cen- les termes que l’on peut voir sur cialistes de l’Afrique ». M. Bou- rapport annuel (100 000 lec-
taine d’entreprises membres, leur site web : « Le CIAN s'efforce thelier me cite des exemples teurs), le Président délégué ne
« mais qui représentent les 2/3 de coordonner tout ce qui récents : c’est le CIAN qui était me dément pas. Mais cette année
du business français en Afrique », concourt en Afrique à la prospé- présent au sommet du G8 à Gle- 2008 sera une première : le 15
précise le Président délégué. Le rité des entreprises sans les- neagles* de 2005. Puis les rap- janvier, aura été présenté le fa-
groupe Bolloré (transport-logis- quelles la lutte contre la pauvreté ports avec les Américains. Il faut meux « rapport » du CIAN lors
tique avec SDV et Saga) qui se est un concept vide ». savoir, m’explique- t-il, que 21% d’une conférence de presse.
développe dans des zones afri- des approvisionnements pétro-
caines nouvelles pour lui (Afrique C’est que, « les Etats ont montré liers américains se font en Afrique En terminant l’entretien, je me
de l’Est et australe), la CFAO leurs limites dans leurs capacités (désormais supérieurs à ceux du risque à lui poser la question sui-
(groupe PPR), Total, Lafarge, à promouvoir un vrai développe- Moyen-Orient). Et les USA veulent vante, à propos des nouveaux
Vinci (avec Sogea),Air liquide, ment économique, qui profite à porter ce chiffre à 25%. Du coup, « entrants » en Afrique (outre les
BGI, OPTORG, Coralma, Rougié, tous », continue-t-il. ils souhaitent que le Golfe de Gui- Américains, les Chinois (qui font
SOMDIAa (GROUPE VILGRAIN)° née soit sécurisé. Or dans ce Golf, le forcing), les Indiens, les Brési-
ACCOR, Air France ; Thalès, et les « Mais le NEPAD*, n’a-t-il pas pris il y a beaucoup de pays franco- liens…). «J’ai l’impression, à lire
grandes banques etc. sont les en compte ces réalités ? » Certes, phones, que les Américains ap- vos derniers rapports, que la
grands noms français en Afrique, me répond M. Bouthelier en m’ex- préhendent mal. C’est ainsi que le venue de ces « nouveaux » a pro-
tous membres du CIAN. pliquant son point de vue : « Le National Intelligence Council* a voqué un regain d’intérêt de la
NEPAD, c’est parti d’Afrique du récemment tenu un séminaire sur part des entreprises françaises,
Sud, sur des idées du Président l’avenir des relations entre qui s’étaient mises un peu à
« Nous fonctionnons comme un
Thabo Mbeki. Il a lancé : le déve- l’Afrique et la France, le CIAN y a « bouder » l’Afrique, qu’en pen-
club, où l’on échange informa-
loppement doit passer par le sec- été invité, à titre d’expert. sez-vous ? ». Et M. Bouthelier,
tions et expériences. Par exemple,
teur privé. C’était bien. Pendant dans un sourire, de me dire que je
lorsqu’une de nos entreprises sou-
ce temps, le Président du Sénégal De même, se tient désormais, n’avais pas tort…
haite s’implanter nouvellement
dans un pays, nous lui faisons ga- présentait, en 2001, son plan tous les deux ans, un sommet des
gner un temps précieux par les « Omega » au sommet France affaires USA/Afrique, organisé par
conseils et informations que nos Afrique de Yaoundé, dans lequel le « Corporate Council on Africa),
EV
membres, qui connaissent le il prévoyait notamment un déve- dont le cinquième s’est tenu au
pays, pourront lui fournir. En- loppement des infrastructures, CAP, en Afrique du Sud, en no-
suite, nous avons (et de plus en avec des financements d’origine vembre dernier. Le CIAN y a été
plus), un rôle de représentation externe. Or, il est vrai que les cer- invité et y a participé. Enfin, le
et de communication. Nous taines infrastructures lourdes CIAN fait partie de l’EBCAM (Eu- En savoir plus :
sommes, de par notre expertise, sont finançables par l’aide et le ropean Business Council for Africa
la voix des entreprises françaises secteur public… Et c’est A. Wade and the Mediterranean) qui re- www.cian.asso.fr 7
en Afrique. Et notre structure qui a gagné : le NEPAD est ainsi groupe les « CIAN » européens. BN
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ROISSY ET L’AFRIQUE

Le témoignage de Gérard Pélisson,


Président du CIAN :
« Il ne peut pas y avoir une
Europe prospère
aux côtés d’une
Afrique à la dérive »
M. Gérard Pélis- CIAN publié par le MOCI « les En- Ce combat que mène le CIAN doit
son, en tant que treprises françaises et l’Afrique » être gagné car il ne peut pas y
Président du Afrique – Europe : une
est révélateur des progrès à ac- avoir une Europe prospère aux
CIAN, a accepté relation singulière complir notamment lorsqu’on se côtés d’une Afrique à la dérive.
d’écrire ce mot penche sur la carte du harcèle-
pour les lecteurs ment fiscal. Gérard Pélisson
La proximité géographique et Président du CIAN
de Bénéfice.net, l’Histoire fondent la spécificité des
dans le cadre de rapports entre l’Afrique et l’Europe.
ce dossier. C’est
un grand honneur L’Europe ne peut pas ignorer JE VEUX RECEVOIR BENEFICE.net
l’échec global de ce continent à mon nom et à mon adresse.
qu’il nous fait, car
dans la lutte contre la pauvreté et
cet homme d’af- les entreprises qui sont les créa- Je souhaite adhérer à l'Association
faires visionnaire, teurs de ces richesses nécessaires “LES LECTEURS DE BENEFICE.net” (loi 1901)
co-fondateur, avec au développement doivent relever
Paul Dubrule, du cet immense défi.
Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
grand groupe
français Accor Cependant, l’investissement privé Prénom : ............................................................................

(115 hôtels sur ne se décrète pas, et les opéra-


Adresse : ............................................................................
teurs économiques, qu’ils soient
le continent), africains ou étrangers, ont besoin ......................................................................................
président de d’une bonne visibilité pour mesu-
l’Union des rer leur risque. N’oublions pas en Facultatif : Profession . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
rançais de effet qu’un entrepreneur est Facultatif : Téléphone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
l’Etranger (UFE) d’abord un gestionnaire de risque
est un homme et que l’opacité, l’arbitraire décou- E. mail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ragent l’investisseur.
exceptionnel. Je joins un chèque de 20 euros (cotisation normale)
Sa réussite et son C’est pourquoi les actions du CIAN
(ordre : Association des
lecteurs de B.N.)
31 euros (j'aime vraiment bien)
expérience don- se portent prioritairement sur 76 euros (ou plus) (je soutiens l'association).
nent à son témoi- l’amélioration de l’environnement signature :
gnage sur des affaires et la promotion d’un
l’Afrique une Etat de droit qui garantit l’inves-
tisseur contre tous les caprices J'ai bien noté que les statuts sont disponibles à l'adresse de :
valeur à prendre
d’une puissance publique dont le “BENEFICE.net”,
en compte par moteur est souvent la corruption.
8 1 Clos du Thillay - 95380 Epiais-lès-Louvres à laquelle j'envoie le présent bulletin.
BN
tous. A cet égard, le dernier rapport du
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ROISSY ET L’AFRIQUE

L’Afrique si proch
et pourtan
Par Brice Boussari, professeur certifié d’histoire-géographie

L’Afrique n’est séparée de l’Europe Deux découvertes, faites par des pays. C’est une terre de contrastes tous temps une barrière naturelle
que par quatorze kilomètres au Français, sont venus conforter frappants aux reliefs multiples, à entre l’Afrique Blanche et l’Afrique
détroit de Gibraltar. Les relations cette thèse de l’origine africaine la faune et à la flore des plus di- Noire. En fait, il n’en fut rien. Le
entre ces continents sont multi- de l’espèce humaine : Lucy, dé- verses. Plantes, animaux et popu- Sahara, depuis la plus haute Anti-
séculaires, même si elles ne se couverte par la mission Yves Cop- lations sont soumis à des quité, était traversé de routes
sont intensifiées qu’au XIXe siè- pens en Éthiopie en 1974, conditions de vie rudes en raison parcourues par des chars de
cle. Cependant, la connaissance appartenait à la grande famille de l’irrégularité et de la rareté des guerre tirés par des chevaux
de l’Afrique et de son histoire a des Australopithèques. Elle vivait précipitations. comme ceux des Garamantes, ou
encore quelques progrès à faire en il y a environ 3,2 millions d’an- par les caravanes de dromadaires
France. C’est cette lacune que cet nées, et était à la fois arboricole Cependant, le Sahara n’a pas tou- des Touareg. Un commerce in-
article se propose modestement et bipède ; son cerveau n’était jours été ce désert que nous tense a relié les deux rives du dé-
de combler. guère plus gros que celui d’un connaissons actuellement. Certes, sert. Il concernait
chimpanzé actuel. Quant à Tou- la contrée n’a jamais été un pays essentiellement l’or, les esclaves,
maï, découvert au Tchad par verdoyant, mais il fut un temps le sel, et le cuivre. De ce com-
Le berceau l’équipe de Michel Brunet le 19 où elle offrait des conditions de merce transsaharien, il subsiste
juillet 2001, il est considéré vie favorables. Du 6e au 3e millé- encore celui du sel exploité dans
de l’Humanité comme l'une des toutes premières naire av. J.C., une période humide les salines de Bilma et revendu à
espèces de la lignée humaine a permis l’agriculture et l’élevage Agadez, Tahoua et Zinder au
puisqu’il vivait il y a environ 7 dans de multiples régions saha- Niger.
On a l’habitude de dire que millions d’années. riennes. Au début du Néolithique,
l’Afrique est « le berceau de l’Hu- L’espèce humaine a ensuite migré la faune saharienne comportait
manité ». Cette expression signi-
fie que les premiers êtres humains
pour s’installer sur les autres
continents. Les spécialistes s’ac-
hippopotames, buffles, autruches, En Egypte,
girafes et autres animaux sau-
ont vécu en Afrique, il y a plu- cordent à penser que l’Homme a vages de grande taille. (2)
des pharaons noirs
sieurs millions d’années. La vallée quitté l’Afrique pour le Proche-
de l’Omo, en Éthiopie, et la vallée Orient, l’Asie et l’Europe entre 2
du Rift, entre le Kenya et la Tan- À l’âge de la pierre polie, le Sa- La civilisation égyptienne antique
et 1,8 millions d’années. Il s’est
zanie, sont les deux endroits où hara était vraisemblablement la est l’une des plus fascinantes de
adapté au milieu ambiant et a ac-
les restes les plus nombreux ont zone du monde la plus peuplée, l’humanité. Au cours de sa longue
quis des caractères secondaires
été découverts par les paléonto- comme en témoignent les très histoire, l’Égypte a alterné les pé-
tels que la pigmentation de la
logues. Cette idée de l’origine nombreuses images rupestres riodes de puissance et les mo-
peau, la forme des yeux ou celle
africaine de l’espèce humaine, qu’on y trouve. Ces œuvres d’art, ments de faiblesse. Durant ces
du nez.
formulée dès 1871 par Charles gravures ou peintures, appartien- époques les moins fastes, elle fut
Darwin qui a élaboré la théorie de nent à des époques différentes. souvent envahie et occupée par
l’évolution, a eu du mal à s’impo- Elles représentent des animaux et ses voisins. Parmi ces envahis-
ser en Occident. Comment imagi- des personnages, parfois isolés, seurs, il faut citer les peuples du
ner en effet que l’homme Quand le Sahara n’était parfois groupés en scènes com- Soudan, les Kouchites. Aux alen-
européen, qui alors dominait le pas encore un désert plexes. Elles s’échelonnent sur tours de 720 ou 730 av. J.-C., un
monde, puisse être originaire de sept à huit millénaires et font re- Soudanais du nom de Peye ou
ce continent sous-développé et vivre, sur les parois des abris, des Piankhy, qui gouvernait le pays de
tenu pour « sauvage » ? Cepen- scènes de chasse, de cueillette, Kouch situé entre les Ière et
dant, cette idée ne fait plus ac- Région désertique la plus vaste de gardiennage de troupeaux, et VIème Cataractes, s’empara du
tuellement l’ombre d’un doute du monde, le Sahara s’étend de même des scènes d’amour. trône d’Égypte. Il fonda une nou-
dans les milieux scientifiques. l’Atlantique à la mer Rouge, de velle dynastie, la XXVe dynastie,
L’être humain est bel et bien ap- l’Atlas et du plateau libyen au On a aussi longtemps cru que le dite aussi dynastie soudanaise. Son
10 paru en Afrique entre 9,5 et 7 Sahel. Il couvre près de 10 mil- Sahara, en raison de son immen- fils Bakenranef (ou Bocchoris) lui
BN millions d’années avant nous. (1) lions de km2 et s’étend sur 11 sité désertique, avait constitué de succéda et tenta de donner à
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ROISSY ET L’AFRIQUE

oche
ant si méconnue
l'Égypte une législation nouvelle. des mines d’or du Galam, du Bam- père pour qu’il se redresse. Et c’est Soundjata Kéita. Il fut le véritable
Cette dynastie régna soixante ans bouk et du Bouré situées au Sud en s’appuyant sur l’insigne royal fondateur de l’Empire songhaï. Ce-
sur le trône des pharaons jusqu’à de l’empire. (4) qu’il se mit enfin debout. À la pendant, sa dynastie ne régna pas
la conquête de l’Égypte par les As- mort de son père, Soundjata longtemps car son fils Sonni Bou-
syriens d’Assourbanipal en 663 av. Une autre particularité de l’Empire triompha de tous ses frères puis kary fut renversé par un gouver-
J.-C. Cette invasion assyrienne du Ghana était le mode succession vainquit à la bataille de Kirina en neur de province qui s’empara du
mettait ainsi fin à la seule dynas- au trône. La transmission du pou- 1240 le roi du Sosso, Soumaoro pouvoir, avec l’appui des ulémas,
tie égyptienne authentiquement voir se faisait de manière matrili- Kanté que seule une flèche avec sous le nom d’Askia Mohammed. Il
noire. (3) néaire. À la mort de l’empereur, le un ergot de coq blanc pouvait entreprit lui aussi le pèlerinage à
pouvoir passait, non pas à son tuer. Il fut un monarque éclairé, La Mecque en 1496 et, comme
fils, mais à son neveu, c’est-à-dire soucieux de développer l’agricul- Kankou Moussa, fit preuve de pro-
Au Moyen-Âge, de au fils de sa sœur. Cela pour s’as- ture. Il introduisit au Mali la cul- digalité tout au long de son par-
surer, nous dit Al Bakri, que le ture du coton, de l’arachide et de cours. Il fut cependant renversé
grands empires successeur soit toujours de sang la papaye. en 1528 par son fils aîné Moussa.
royal, car si l’on est toujours sûr
d’être le frère de sa sœur, on n’est L’empire atteignit son apogée Mais l’Empire songhaï suscite la
Le Moyen-âge, entre le Xème et le
pas toujours sûr d’être le père de sous les successeurs de Sound- convoitise de ses puissants voi-
XVIème siècle, est la période la
plus brillante de l’histoire de son fils. (5) jata. Le plus célèbre d’entre fut sins. En 1591, le sultan du Maroc
l’Afrique de l’Ouest. C’est le mo- sans conteste Kankou Moussa Moulay Ahmed El Dehebi reven-
ment où se fondent et se dévelop- Cet empire, dont la richesse susci- (1312-1332). En 1324, il entreprit dique les mines de sel de Teghaza
pent de grands empires tait la convoitise, succomba sous le pèlerinage à La Mecque accom- qui appartiennent aux Songhaï.
structurés, entretenant des rela- les coups des Berbères Almora- pagné de 60 000 serviteurs, nous L’empereur Askia Ishak lui répond
tions commerciales et diploma- vides en 1076. Les survivants du dit Abderrahmane Es Sa'di dans le en lui envoyant des javelots et
tiques avec le monde Ghana émigrèrent vers l’Est et al- Tarikh es-Soudan. Ses hommes des entraves de fer. C’est une dé-
méditerranéen et européen. lèrent grossir les rangs d’un nou- transportaient près de deux claration de guerre. Le sultan pré-
vel État qui émergeait : le Mali. tonnes d’or sous forme de cannes pare son expédition en faisant
Ces empires ont pour nom Empire ou de poudre. Il répandit le métal appel à des renégats espagnols
du Ghana, Empire du Mali et Em- L’Empire du Mali fut créé par jaune avec une telle profusion au convertis à l’islam. À leur tête un
pire songhaï. Soundjata Kéita. La légende de Caire, où il s’arrêta sur la route de capitaine du nom de Djouder, allie
L’Empire du Ghana naît vers le Soundjata Kéita est l’une des plus La Mecque, que le cours de l’or ténacité et intelligence.
IIIème siècle dans une région si- belles légendes africaines. Elle est baissa pour plusieurs années,
tuée entre la Mauritanie, le Séné- encore chantée par les griots du nous dit le chroniqueur arabe Al Le corps expéditionnaire espa-
gal et le Mali actuels, à l’initiative Mandé, le pays des Mandingues. Omari. Sa renommée fut telle qu’il gnol, bien que constitué de 2000
des Sarakollé. Cet empire, dont Fils de Naré Famaghan, roi d’une est le seul monarque africain à fi- à 3000 hommes à pied et à che-
nous connaissons l’existence par petite chefferie mandé, et de So- gurer sur les atlas d’Angelo Dul- val, disposait d’une arme jusque-
les écrits de voyageurs arabes golon Koudouma, Soundjata était cert (1339) et d’Abraham Cresques là inconnue en Afrique, le
comme Ibn Hawkal et Al Bakri, affligé d’un handicap physique. Il (1375) sous le nom de « rex melli » mousquet. En face, l’armée son-
était surtout réputé pour sa ri- était infirme et souffrait des quo- (roi des mines d’or). ghaï possédait la supériorité nu-
chesse en or. Ibn Hawkal n’hésite libets dont sa mère était l’objet, mérique avec 30 000 fantassins et
pas à dire de l’empereur du Ghana : de la part de ses co-épouses. Un L’Empire du Mali commença à pé- 12 000 cavaliers armés de lances
« C’est le plus riche du monde à jour, excédé par ces bravades, il ricliter sous les successeurs de et de flèches. Les deux armées se
cause de l’or ». En effet, l’empe- demanda, dit la légende, une Kankou Moussa. L’hégémonie dans rencontrèrent à Tondibi le 12 avril
reur du Ghana portait le titre de barre de fer pour se redresser sur la boucle du Niger passa à l’Em- 1591. La tactique des Songhaï
Khaya Maghan qui signifiait « ses jambes. Cette barre se plia en pire songhaï. Sonni Ali, dit Ali consistait à bousculer l’armée ma-
Maître de l’or ». La richesse de deux sous son poids et se brisa. Ber, c’est-à-dire Ali le Grand, fut rocaine par un troupeau de bœufs 11
l’État provenait de l’exploitation On lui présenta le sceptre de son un conquérant comparable à qu’elle poussait devant elle. Mais, BN
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affolés par les coups de feu, les diaire des Portugais du Mozam- core très sensible chez les des- La Conférence mondiale contre le
bêtes se retournèrent et semè- bique, provenait de sa richesse en cendants des esclaves déportés racisme, qui s’est tenue à Durban
rent la panique dans les rangs cuivre, dont le minerai était com- aux Antilles et en Amérique. Il en Afrique du Sud en septembre
songhaï. L’artillerie marocaine mercialisé sous forme de croi- convient de faire quelques mises 2001, a inscrit l’esclavage et la
tailla en pièces la cavalerie son- settes, et en or. (7) au point sur la question des chif- traite négrière au rang des crimes
ghaï. L’Askia Ishak s’enfuit avec fres et sur le relatif silence dont contre l’humanité. Certains chefs
le gros de son armée. Mais l’hon- Ces ruines de Zimbabwe ont bénéficie la traite musulmane. d’État, tels ceux du Mozambique,
neur fut sauvé par les soldats de donné lieu à de vives polémiques du Cap-Vert ou du Togo, deman-
la garde impériale qui refusèrent sur leurs origines. On a prétendu Il convient tout d’abord de dire dent réparation aux pays déve-
de fuir et luttèrent jusqu’à la que ces restes grandioses étaient que l’esclavage en Afrique ne com- loppés pour la traite dont leurs
mort : « la garde meurt et ne se trop beaux techniquement pour mence pas avec la rencontre de ce sociétés ont été victimes et jus-
rend pas » ! Il ne restait plus à être dus à l’ingéniosité des Ban- continent avec l’Europe. Presque tifient cette demande en raison
Djouder qu’à s’emparer des dé- tous. On a parlé de mineurs phé- toutes les sociétés africaines du préjudice subi par le continent
pouilles de l’empire dont les ha- niciens, arabes, persans, et même connaissent l’esclavage domes- qui pénalise son développement.
bitants avaient déserté la des mines du roi Salomon. Tout tique. Ces captifs sont surtout des Il convient d’abord de rappeler
capitale Gao. (6) ceci a été balayé par les premiers prisonniers de guerre qui sont soit, que l’esclavage n’est pas imputa-
tests réalisés au carbone 14 et incorporés dans les armées des ble aux seuls Européens. C’était
qui datent les constructions sur vainqueurs, soit deviennent des une pratique régulière des peu-
un millénaire du VIIe au XVIIe esclaves domestiques. Dans la plu- ples africains. La traite elle-
L’énigme des murailles part des ethnies, ces captifs de même n’est pas un phénomène
siècle. Ce royaume, assez bien or-
du Zimbabwe ganisé pour réaliser des construc- case sont considérés comme des européen puisqu’elle était prati-
tions aussi imposantes, était un membres de la famille ou du clan quée depuis le VIIe siècle par les
État négro-africain, n’en déplai- et sont généralement bien traités. Arabes. La première expédition
Au cœur de l’actuel Zimbabwe, sent à ceux qui sont prompts à La traite hors du continent trans- des Portugais ne date que de
des ruines n’ont cessé d’éveiller dénier aux Africains toute capa- forme les relations entre le maître 1444. Par ailleurs, l’esclavage
la curiosité des explorateurs et cité à réaliser des monuments et l’esclave. persiste en Afrique et les descen-
des historiens. Il s’agit d’une mu- faisant appel à des techniques dants d’esclaves (Hartani au
raille faite de pierres monumen- élaborées. Combien d’esclaves ont été dépor- Niger et Haratine en Mauritanie)
tales, assemblées sans aucun tés d’Afrique ? Les chiffres ont souffrent de discriminations so-
mortier, et qui ne sont pas sans beaucoup varié depuis que cette ciales et politiques. Il n’en de-
rappeler celles de Cuzco au question hante les chercheurs. De meure pas moins que les
Pérou. Il s’agit d’un grand enclos La traite 200 millions d’esclaves déportés prélèvements opérés par les Eu-
de forme ovale mesurant deux ki- négrière selon Léopold Sédar Senghor dans ropéens et les Arabes ont accen-
lomètres et demi de circonfé- les années 1960, on en est revenu tué les inégalités du peuplement
rence, d’une épaisseur de sept aujourd’hui à des chiffres beau- du continent.
mètres sur une hauteur de dix La traite négrière donne depuis coup plus modestes. Entre le VIIe
mètres environ. plusieurs années lieu à des polé- et le XIXe siècle, environ 17 mil- L’impact culturel ne doit pas être
miques à propos des chiffres d’es- lions d’Africains ont été razziés et sous-estimé non plus. La violence
Ce sont ces ruines qui ont donné claves transportés hors du vendus par des négriers musul- de la traite a laissé des séquelles
au site son nom puisque Zim- continent africain. La responsa- mans, à travers le Sahara ou à par- telle la rancœur des Yoruba du
babwe signifie « La grande maison bilité des uns et des autres dans tir de l’Océan Indien, vers les pays Bénin à l’égard des Fon du royaume
en pierre ». L’État du Monomo- ce trafic est régulièrement posée. du Maghreb ou du Golfe Persique. d’Abomey qui les capturaient et les
tapa, dont Zimbabwe était la ca- Un courant, venu des pays anglo- C’est ce que l’on appelle la « traite vendaient. L’Occident doit-il pour
pitale, était connu des Européens phones d’Afrique et de la commu- orientale ». Quant à la « traite oc- autant faire acte de repentance ? Et
dès l’époque moderne. La Fontaine nauté noire aux États-Unis, a cidentale », elle dure du XVIe au si oui, à qui cette repentance doit-
évoque dans l’une de ses fables, lancé le débat du dédommage- XIXe siècle et ne couvre que la elle s’adresser ? Aux Africains ou
Les deux amis, ce pays qui passait ment des Africains pour les dé- côte Ouest de l’Afrique. Elle est aux aux descendants des victimes, les
à l’époque pour une contrée ima- gâts que le continent aurait mains des Européens et a concerné Antillais ou les Noirs américains ?
ginaire, un pays de cocagne : subis. Ce débat passe sous si- environ 11 millions de personnes. Les dirigeants actuels d’Europe ou
Deux vrais amis vivaient au Mono- lence la responsabilité des Afri- Au total, les deux traites auraient d’Amérique sont-ils responsables
motapa : cains dans ce commerce dont enlevé à l’Afrique environ 28 mil- des actes commis par ceux qui les
L'un ne possédait rien qui n'appar- certains royaumes ont largement lions de ses fils et filles sur 13 siè- ont précédés ?
tînt à l'autre : tiré profit. cles. (8)
Les amis de ce pays-là La repentance pose aussi la ques-
Valent bien dit-on ceux du nôtre. Le procès intenté il y a quelques L’Occident doit-il faire acte de re- tion des compensations finan-
Le royaume du Monomotapa, tire mois par des associations noires pentance pour le commerce du cières qui y sont associées et qui
son nom de la déformation du au chercheur Olivier Pétré-Gre- « bois d’ébène » comme on appe- attisent la convoitise. Quoi et qui
titre du roi le plus prestigieux, nouilleau, auteur d’un ouvrage lait la traite négrière ? Sylvie Bru- faudrait-il indemniser ? Beaucoup
Mwene Moutapa (roi Moutapa). Sa récent : Les traites négrières : nel, professeur à l’Université d’États africains ont tiré profit du
12 renommée, qui était parvenue Essai d'histoire globale, montre Paul-Valéry de Montpellier, pré- commerce de leurs semblables.
BN
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jusqu’en Europe par l’intermé- que cette question demeure en- sente les enjeux du débat. (9) C’est le cas des royaumes
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ROISSY ET L’AFRIQUE

d’Abomey (Bénin), Ashanti Pour les tenants de la première colonisation tient à la bonne suraient la cohésion de ces sociétés
(Ghana), d’Oyo et du Bénin (Nige- thèse, cette colonisation huma- conscience de « l’homme blanc ». Les et transformé leurs habitudes et
ria). À quel titre pourraient-ils niste aurait tiré l’Afrique des af- Européens, convaincus de la supério- leurs modes de vie. La spoliation des
prétendre à une compensation ? fres de l’obscurantisme, combattu rité de leur civilisation, estiment de terres des Africains et l’usage assez
La traite négrière a-t-elle réelle- la traite négrière et ouvert le leur devoir d’imposer aux populations répandu du travail forcé sont les
ment entravé le développement de continent à la modernité. Les dé- africaines ou asiatiques leurs lois et formes les plus brutales de la colo-
l’Afrique ? La question mérite fenseurs de cette thèse mettent leurs techniques. C’est ce que le ro- nisation. Malgré cela les Européens
d’être posée si l’on sait que des en avant les figures embléma- mancier anglais Ruyard Kipling a ap- étaient convaincus qu’ils étaient
régions comme l’Inde ou la Chine, tiques de Savorgnan de Brazza au pelé « le fardeau de l’homme blanc ». porteurs de progrès pour les popula-
nullement touchée par la traite, Congo, du Maréchal Lyautey au Enfin, la colonisation est aussi une tions dominées.
ont elles aussi connu la stagna- Maroc, du Docteur Schweitzer à affaire de puissance et de prestige.
tion et le sous-développement. Lambaréné au Gabon. Pour la France, elle apparaît comme Contrairement à une idée répan-
Par ailleurs, les pays et les régions un moyen d’effacer l’humiliation de due, l’Afrique ne refuse pas le pro-
qui se sont adonnées à la traite ne Les tenants de la seconde vous la défaite de 1870 face à la Prusse et grès, comme on le dit ici ou là. Le
sont pas celles qui ont connu la parlent de la colonne Voulet-Cha- de prouver au monde qu’elle reste discours de Nicolas Sarkozy à
croissance économique la plus noine en 1899, des mains coupées une grande nation. l’Université Cheikh Anta Diop de
forte. Une des raisons de l’aboli- par les séides de Léopold II au Dakar le 26 juillet 2007 a pu le
tion de l’esclavage est, au-delà Congo Belge pour récolte insuffi- Dans la première moitié du XIXe laisser croire. Jusqu’à présent, son
des considérations humanistes, la sante de caoutchouc, du massacre siècle, on a surtout affaire à développement est entravé par
faible rentabilité du travail servile des tirailleurs sénégalais de Thia- quelques tentatives isolées de des maux qui ont pour nom, néo-
: un esclave travaille moins bien roye en 1944, et de la sanglante prises de possessions. Les choses colonialisme, corruption, instabi-
qu’un homme libre rémunéré. répression de la révolte de Mada- s’accélèrent à partir des années lité politique, guerres civiles,
gascar en 1947, sans parler des 1880. Les dirigeants des grandes paludisme et sida. La responsabi-
Une chose est certaine, c’est qu’il guerres d’Indochine et d’Algérie. puissances se convertissent les lité de ses élites et de ses diri-
faut coopérer avec l’Afrique pour La vérité est sans doute à mi-che- uns après les autres à l’idée colo- geants est incontestable dans ce
l’aider à sortir du sous-développe- min entre les deux thèses. niale. Du 15 novembre 1884 au 2 désastre. Cependant, il serait aussi
ment. Cependant, cette solidarité février 1885, la Conférence inter- injuste de croire que l’Afrique est
ne doit pas s’exercer au nom d’un Les causes de la colonisation sont nationale de Berlin détermine les seule responsable de sa situation ac-
prétendue « réparation » d’un de plusieurs ordres. Il y a d’abord zones d’influence en Afrique et tuelle. Malgré tout, elle s’engage
passé dont les torts sont partagés. des causes économiques. L’Europe tente d’éviter des conflits pour la dans la voie du progrès à son
du milieu du XIXe siècle est en prise de possession des territoires. rythme, qui est certes lent, mais qui
pleine révolution industrielle et a Elle permet au roi Léopold II de ne peut être déterminé que par elle-
besoin de matières premières pour Belgique de réaliser son rêve de même. Elle doit concilier les valeurs
La colonisation, ses industries. Elle a aussi besoin créer l’État indépendant du Congo qui sont les siennes, c’est-à-dire la
« un passé de marchés pour écouler sa pro- dont il est le souverain. solidarité familiale, le respect des
duction de produits manufacturés. anciens et la préservation de la na-
qui ne passe pas » ? Dans le même temps, l’Europe Cependant, les rivalités coloniales ture avec les exigences du dévelop-
connaît un accroissement de sa apparaissent à propos de terri- pement et le respect des valeurs
population en raison des progrès toires encore « vacants ». L’inci- désormais universelles que sont les
Le débat sur la repentance est aussi de l’hygiène et de la médecine. dent le plus grave est celui de droits de l’homme et la démocratie.
d’actualité en ce qui concerne la co- Elle va donc rechercher outre-mer Fachoda au Soudan. En 1898, les
lonisation. L’Afrique fut à ce titre au des terres d’accueil pour son trop- Français commandés par le capi- B.B
cœur du système colonial et plein de population. On estime taine Marchand et les Anglais du
conserve des traces fortes de la do- qu’environ 40 millions de per- général Kitchener sont au bord de Notes
mination européenne. sonnes ont quitté le vieux conti- la guerre. Seul le recul de la (1) : Yves Coppens, L’Histoire, N° 293,
nent, entre 1800 et 1914, pour le France permet d’éviter le conflit. décembre 2004.
La colonisation a-t-elle été positive Nouveau monde (États-Unis, Ca- En 1905, c’est l’Allemagne qui (2): Helfried Weyer, Henri Lhote, Sa-
pour les peuples africains ? Voilà la hara, Berne, Kümmerly+Frey, Éditions
nada, Amérique du Sud) et les s’oppose à la France à propos du
géographiques, 1980.
question qui revient à intervalle ré- pays neufs (Australie, Nouvelle- Maroc. Le soutien de la Grande- (3) : Histoire générale de l’Afrique,
gulier dans le débat qui oppose les Zélande, Afrique du Sud). La troi- Bretagne à la France contraint les volume II, Jeune Afrique, Stock,
tenants d’une colonisation, qui au- sième cause de la colonisation Allemands à se retirer. En 1914, Unesco, 1980.
rait implanté outre-mer des routes, tient aux conditions de la naviga- toute l’Afrique est colonisée à (4) : Joseph Ki-Zerbo, Histoire de
des voies de chemins de fer, des l’Afrique noire, Paris, Hatier, 1978.
tion. Au XIXe siècle, la marine à l’exception de deux territoires,
(5) : Joseph Ki-Zerbo, Op. cit.
écoles et des hôpitaux. Et une co- vapeur a besoin de points d’appui l’Éthiopie et le Libéria. (6) : Sékéné-Mody Cissoko, Histoire
lonisation brutale et violente qui pour s’approvisionner en charbon de l’Afrique occidentale, Paris, Pré-
aurait soumis par le fer et le feu les et en eau indispensables pour Au-delà des différentes politiques sence africaine, 1966.
populations rebelles et accaparé les faire fonctionner ses chaudières. et adoptées par les puissances co- (7) : Joseph Ki-Zerbo, Op. cit.
ressources minières et les meil- Toutes les marines européennes loniales, la colonisation a boule- (8) : L’Histoire, N° 280, octobre
leures terres pour le bonheur de installent donc sur toutes les versé les structures économiques et 2003.
quelques compagnies concession- côtes des mers et des océans des sociales des peuples africains. Elle a (9) : Sylvie Brunel, L’Histoire, N° 13
naires et une poignée de colons. escales. La quatrième cause de la brisé les cadres traditionnels qui as- 280, octobre 2003. BN
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ROISSY ET L’AFRIQUE

Expatriation en Afrique :

Sept années à Cotonou :


une expérience africaine
Par Eric Veillon
Les lecteurs assidus de Béné- Radisson, organisée par le déjà été en poste en Afrique liale du groupe : « Les Silos du
fice.net s’en souviendront (les sieur Guérin, (qui fut directeur noire (au Tchad). Il faut don- Sud-ouest »(SSO). J’apprends
autres pourront s’y reporter) de la « coopération » écono- ner une réponse rapidement que le groupe y a vendu, voici
de mon (trop) long portrait mique et sociale d’ADP), je (dans la semaine). peu, un entrepôt frigorifique à
dans le numéro 24. Je me pro- discute avec quelques collabo- l’Etat béninois, situé dans le
mettais de raconter dans celui- rateurs dudit Guérin, qui fut port de pêche, à Cotonou. La
ci mes… tribulations longtemps mon ennemi dé- De Paris à Cotonou, gestion de celui-ci laisse à dé-
africaines. « Tribulations » claré, mais à ce moment là, sirer, mais au-delà, l’ensemble
n’est pas vraiment le mot, car nous étions en « trêve ». Une en passant par des actions commerciales du
les aventures furent agréables, de ses collaboratrices (char- « Ouaga », groupe au Bénin pose pro-
suffisamment en tout cas pour mante, aux beaux yeux bleus, avec le Point Air. blème. En gros une délégation
que les bons souvenirs l’em- elle est aujourd’hui en re- du groupe, dirigée par J.B
portent sur les mauvais, et traite), ignorant la trêve, me
« Ne pas être con » Doumeng doit rencontrer le
pour vouloir les publier ici. regarde comme si j’étais le dia- Président Kérékou en octobre
ble, pas sympa du tout. Une pour mettre les choses à plat.
Ce sont des souvenirs d’expa- discussion s’engage, anodine A cette époque, je travaille
triation, de vie, qui sont tou- et la bougresse m’agresse comme assistant parlementaire Concernant l’entrepôt frigori-
jours passionnants, mais grave. Ca m’amuse, et, chemin au groupe communiste de l’As- fique, il est question que SSO
l’expatriation en Afrique noire faisant dans la discussion, elle semblée nationale, j’ai 27 ans en reprenne la gestion directe,
francophone est… spéciale. me confie qu’elle a passé toute et, franchement, je ne sais tout y menant une action
Prenez-le donc pour un témoi- sa jeunesse en Afrique. Du toujours pas quoi faire dans la d’import de produits congelés,
gnage, plutôt qu’autre chose. coup je lui dis que moi aussi, vie, ayant tiré un trait sur mes afin de le rentabiliser. En
je suis « Africain », que mes perspectives de « profession- effet, la CEE croule à l’époque
Le choc culturel y est certaine- enfants ont grandis là-bas etc. nel de la politique ». Je dis sous la viande, notamment. Ce
ment plus grand qu’ailleurs, Eh bien juste après ça, s’en OK, pouvant me permettre une sont 700 000 tonnes de viande
d’autant plus grand que l’usage était fini de l’agressivité, ter- année sabbatique, et l‘Afrique bovine qui dorment à grands
de la langue française par les minée la discussion oiseuse, m’ayant toujours attiré, bien frais dans les chambres froides
Africains brouille, dans un tout son regard a complètement que n’y étant que peu allé (10 de la Communauté, du fait de
premier temps, les cartes de changé, ses yeux exprimaient jours au Rwanda, chez ses pa- la PAC et des mécanismes
celui qui y arrive. En tout cas, la sympathie, la nostalgie… Et rents en poste à Kigali, en d’intervention sur les marchés
ce que je peux dire, c’est qu’un on est devenus copains… J’en 1979). C’est alors que j’ap- et on est prêt à payer,
séjour assez long en Afrique ai « en pagaille », comme on prends que le groupe agro-ali- moyennant les fameuses
noire ne laisse personne indif- dit en Afrique, des anecdotes mentaire de J.B Doumeng, « restitutions », quiconque
férent, et que tous ceux qui comme ça. Ca sert même dans « Interagra », très lié au PCF débarrassera tout ça. SSO a be-
l’ont fait se sentent proches de le business. Les « Africains » comme chacun le savait, a des soin dans ce cas d’un gestion-
ceux… qui l’on fait. On dirait constituent une sorte de « fra- intérêts au Bénin. Je me ren- naire et ça peut-être moi, me
que ces gens se disent : « il a ternelle » informelle, qui vaut seigne, et prend contact avec confie Jean-Louis. Or, je n’ai
vécu en Afrique, alors il sait ce bien celles des frangins… Doumeng himself, grâce à mon aucune compétence réelle en
que je sais et que ceux qui ne Mais oyez donc… collègue assistant parlemen- matière de gestion administra-
l’ont pas fait ne peuvent ni taire et (toujours) ami Ray- tive et financière, hormis mes
comprendre, ni savoir ». Et ça En 1981, Sylvia, la mère de mond, qui avait fait partie de vagues souvenirs de cours de
crée toujours des liens, tou- mon fils, âgé de 6 mois, reçoit la fameuse « commission Sciences éco, rapides, à la fac.
jours sympathiques. Parmi un coup de fil de son adminis- agraire » du « Parti ». Je suis Je lui en fais part. Il me dit
plein d’autres, je choisirai un tration (le Trésor public) qui reçu à Noé, (Haute Garonne), alors que pour ce poste, il suf-
exemple de « Roissy ». Lors lui propose un poste au le fief de Doumeng, par son fit de ne pas être con, me de- 15
d’une manifestation à l’hôtel …Bénin. C’est qu’elle avait fils Jean-Louis, PDG d’une fi- mande si je le suis, (je lui BN
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réponds non) et me voilà en- même chemin, avait prévu, lui, crois pas. C’était plutôt une route, longeant la mer jusqu’à
gagé. Contrat plutôt avanta- une semaine ! Les Africains vont manière de dire bienvenue… Cotonou, distant d’environ 150
geux d’expatrié (pas très payé se marrer. Mais c’est révélateur. km. Postes frontières, habi-
par rapport à d’autres, mais On arrive le midi à Ouaga, sous On repart. La nuit tombe vite tuels douaniers recopiant,
c’était beaucoup pour moi : un soleil de plomb. L’Afrique, sous ces latitudes. Le taxi file d’une écriture presque calligra-
14 000 FF par mois net de tout, enfin ! J’avais sympathisé avec vite, le chauffeur, un grand phiée, à l’ancienne, les infor-
au début, 2 mois de congés, mon voisin de siège, dans Voltaïque musulman, sympa, mations de votre passeport. Le
quelques avantages en nature l’avion. Un jeune français qui cool même, est expérimenté. Bénin ! Enfin le voici ! Je
viendront s’y greffer, voyage allait à Ouaga pour je ne sais Je découvre les barrages sur la m’envahis du paysage, les
avion etc.). Mais contrat suspen- plus quoi. Les taxis nous pre- route togolaise : spectacle gens, les palmiers, les ca-
sif : il sera valable que si les pro- nant pour des milliardaires, on inouï des barrages de la bris…mes yeux sont partout.
jets du groupe sont avalisés par décide de rallier le centre ville douane, des gendarmes, de la Arrivé vers midi à la gare rou-
le gouvernement béninois. à pied. A tord ! Avec le soleil police locale, voire des « mi- tière de Jonquet, à Cotonou, la
et les valises, on a failli tom- lices locales », armes de guerre grande ville. Mon compagnon
ber en syncope ! en bandoulière, uniformes dé- m’invite à venir chez son
On est en septembre et il est pareillés, ouverts, lamenta- oncle, histoire de me laver
temps de partir. Sylvia part On visite la ville avec mon ca- bles… Quand ça dure trop, on avant de chercher la maison où
avec notre fils de son coté, aux marade de voyage et on se sé- sort. A chaque fois j’observe Sylvia et mon fils m’atten-
frais de l’Etat, son employeur, pare après la découverte du que le chauffeur n’a pas assez daient. L’oncle était un vieux
(qui ne payait pas à l’époque, marché, qui fut un grand mo- donné « la bière » (comprenez docteur en médecine, dont j’ai
le voyage aux concubins, ça a ment…Choc des images, du l’argent…). « Débâchez ! » dit malheureusement oublié le
changé depuis). Je dois donc marché… alors, à chaque coup, le repré- nom, un sage, visiblement.
payer mon billet et, à cette sentant de « l’ordre ». Vu le Douche, collation, première dis-
époque du duopole UTA-Air Le lendemain, après une nuit nombre (incroyable) de pa- cussion politique avec cet an-
Afrique, ça coutait les yeux de dans un hôtel du coin (inénar- quets ficelés (astucieusement cien, opposant au régime
la tête ! Du coup (j’en avais rable) me voilà parti en taxi- d’ailleurs) sur le toit de la bâ- dictatorial, et qui regrettait
entendu parler) j’achète un bil- brousse : une 404 bâchée, 12 chée, le chauffeur s’exécute et franchement l’époque coloniale.
let aller-simple (1000 F) à la personnes à l’arrière, 3 à repaye… L’aube arrive. Non A l’époque, je ne peux pas le
compagnie Point Air (de Mul- l’avant. Je paye 11 000 F. CFA loin de Lomé, la capitale, le comprendre…Mon compagnon
house) (un ancêtre des low (un peu plus de 30 euros) pour chauffeur s’arrête. Mais pas de de voyage, installé en France,
cost). J’atterrirai à Ouagadou- aller à Lomé : ce n’est pas cher. barrage. Je descends et vois le déballait pendant ce temps, et
gou (Haute-Volta encore à J’étais à l’arrière, (à l’avant chauffeur s’enfoncer légère- joyeusement, les pièces déta-
l’époque), venant de Lyon c’est plus cher) et c’est parti. ment dans la brousse avec un chées automobiles qu’il avait ra-
après un voyage nocturne en La « bâchée » est super char- paquet au bras. Curieux, je le menées, histoire de gagner trois
bus depuis la place de la Ma- gée, les apprentis du chauffeur suis. Et je le vois, au loin, dé- sous. Le choc culturel commen-
deleine à Paris. Première anec- virevoltant d’une manière im- ployer un tapis, faire ses ablu- çait avec tout ça, il allait durer
dote qui montre combien pressionnante (et dangereuse) tions, et prier vers le soleil au moins 6 mois.
l’ignorance des réalités afri- à l’extérieur de la voiture. Je levant, dont la lumière inon-
caines est grande. J’avais re- me délecte des paysages de la dait le paysage de la brousse.
gardé la carte et compté rallier Haute-Volta : c’est l’Afrique Moi, l’athée, j’étais impres- Découverte
Ouaga à Cotonou, via Lomé, en comme dans les livres. On ar- sionné par ce spectacle
taxi-brousse (le Bénin n’ayant rive au poste frontière avec le presque…biblique. Je n’ou-
de Cotonou
pas, à l’époque de route gou- Togo, en fin d’après-midi. blierai jamais ce grand moment
dronnée Nord-Sud). Je dis à Pose, négociations… Le chef de ferveur, magnifique…
Sylvia : j’en aurai au moins de poste m’invite gentiment à Accompagné en voiture par le
pour 48h de voyage. J’avais manger dans le plat commun On arrive à la grande gare rou- petit-fils du docteur, je retrouve
beau avoir fais des études (de avec ses amis : la vue de la tière de Lomé. Le soleil com- enfin ma jeune famille avec joie.
géographie en particulier), j’en « sauce » avec les galettes de mence à cogner fort. Je dois Dans une villa du quartier euro-
étais presqu’au point d’une maïs fermentées. (sorte trouver un taxi pour Cotonou. péen (le quartier des « anciens
image caricaturale du voyage : d’akassa du Bénin, je l’ai appris Heureusement, il y avait un français », c’est-à-dire des co-
je n’étais pas loin du coupe- après) ne m’inspire guère. Je Béninois, venu de France par le lons, m’apprend mon jeune
coupe pour me frayer un che- refuse poliment. Est-ce pour même avion que moi, dans le chauffeur) de la « Patte d’Oie »,
min ! C’est dire… Mais un de cela, lors de la taxi précédent. Me voyant située non loin de l’aéroport in-
mes amis étudiants, géographe « fouille », qu’il m’a délesté de perdu, il m’a aidé pour trouver ternational de Cadjéhoun. Une
16 pur sucre, qui était venu nous trois paquets de « Disque Bleu » une « occasion » et on a fait la petite villa sans prétention, sans
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rendre visite par la suite, par le (que je fumais alors), je ne route ensemble. Magnifique piscine, 4 pièces dont un grand
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salon, une terrasse adorable qui les bateaux de pêche (deux dent…Moi, j’me sens pas meng par ailleurs, en créant
donne sur le jardin : palmiers, vieux rafiots grecs que Dou- bien… Le « Vieux » le voit et, de grandes fermes avec un ri-
bougainvillées partout, et même meng avait revendu à la so- à la sortie, me dit avec son ac- chissime « Chief » nigérian,
un splendide « arbre du voya- ciété nationale (la Sonapêche) cent rocailleux du Sud-ouest, dans la région d’Ibadan (où je
geur ». de pêcherie et qui ne fonc- en me prenant par l’épaule, à me suis rendu ensuite).
tionnaient pas, un troupeau l’américaine, « tu sais, c’est
Retrouvailles. Le petit Alain de moutons « mérinos » vendu dur d’être un féodal commu- On décide donc de faire un
est aux bons soins de la par Doumeng, au mépris de niste », comme pour s’excuser. essai. A l’époque, les importa-
« Dada » (« grande sœur » en toute considération clima- Je ne savais plus que penser, tions de viandes n’étaient pas
fon, la langue de Cotonou, tique, qui avaient passé l’arme ou plutôt, j’ai remis mes ré- libres au Bénin. Nous avons eu
surnom donné pour les nou- à gauche rapidement, mais qui flexions à plus tard. l’autorisation de la Sodera,
nous), embauchée par Sylvia avaient été soignés à grand une société d’Etat moribonde
(qui connait la vie en Afrique frais, la maïserie de Bohicon, sensée s’occuper d’élevage. Et,
noire, ayant passé sa jeunesse le « bulk » de Godomey (un Au « Frigo », difficulté de plus, de la viande
au Tchad) qui s’en occupe projet de mélangeur d’engrais congelée avait été importée
toute la journée. surdimensionné), tous ces
chez Doumeng, quelques années auparavant
projets « cofacés », c'est-à- avec la viande… et les consommateurs béni-
Les jours passent et je visite dire garantis par l’assurance nois, préférant la viande
la ville en taxi (notre « 4L » de l’Etat français, la Coface, à fraiche, l’avaient boudée. Nor-
et nos affaires ne sont pas en- l’époque publique, en cas de Du coup je suis confirmé dans malement ça ne devait pas
core arrivées de France). Dès non paiement… Je ne peux mon contrat de travail. Me marcher. Après une rapide
10h30, je rentre car le soleil pas tout écrire ici, malheureu- voilà donc en train de rempla- étude de prix, je décide de
tape trop et la chaleur est in- sement, mais tout ça ne sen- cer M.X, un Béninois, parent commander 40 tonnes de
tense en cette période (mais tait pas bon, d’un côté comme d’un intermédiaire qui avait « viande bovine : moitié en
je m’y habituerai rapidement de l’autre. Mais je n’étais pas facilité » en haut lieu les « avants désossés » en cartons
et avec plaisir). Je passe à en état de rentrer dans les dé- transactions de Doumeng. M.X de 25 kg et le reste en « quar-
l’entrepôt frigorifique, me pré- tails. Pour moi, le Bénin « ré- avait géré jusque là l’entrepôt, tiers arrière ». Les prix à l’ar-
sente à l’antenne du groupe volutionnaire » tentait le « frigo » pour le compte de rivée, compte tenu des
Doumeng qui est sur place et d’améliorer le bonheur du peu- SSO. Il a eu droit à un audit « restitutions » européennes,
qui prépare l’arrivée du grand ple contre « l’impérialisme ». soupçonneux sur les comptes sont ridiculement bas. Les car-
patron. L’après-midi, c’est pis- Et le groupe Doumeng allait qu’il avait tenus, de la part de tons de viande désossée s’ar-
cine et bains de mer. dans ce sens. Je n’y croyais l’équipe Doumeng. J’avais rachent comme des petits
déjà plus trop, mais bon… trouvé la méthode pas très pains. Je vends également fa-
Les jours passent encore. correcte, d’autant que la ges- cilement les quartiers arrière à
Connaissance des Français ex- Tout va bien, lors des « négo- tion s’est avérée irréprocha- des bouchers des marchés de
patriés, la plupart coopérants, ciations » qui se déroulent ble. Du coup on a sympathisé Cotonou. Idée des prix : la
avec lesquels quelques excep- avec le chef de l’Etat Kérékou, et j’ai eu droit à quelques viande « sans os » se vendait à
tions mises à part, le courant Baba Moussa, alors ministre du confidences. l’époque 1200 F CFA le kilo
ne passera jamais. Je retourne « plan » étant l’interlocuteur (24 FF) et la viande avec os
à l’improviste un matin à principal. Lors d’une réunion, Mais pour l’heure, il faut ren- autour de 800 (16 FF). Nous,
« l’entrepôt » et je m’aperçois Doumeng, plein de verve, dit à tabiliser le « frigo ». L’idée de avec des marges confortables
que le staff de Doumeng est ses interlocuteurs africains, Doumeng était d’importer de en France et sur place (au
arrivé : malgré mon télé- « je suis le seul homme d’af- la viande congelée d’Europe, moins 40%) on vendait en
phone, personne ne m’avait faires au monde à pouvoir lever de la stocker à Cotonou et de demi gros, (au carton et le
prévenu. Ca commençait bien. 3 millions de dollars, sans si- la vendre, principalement à quartier) respectivement à
Je file me changer et je re- gnature ! ». J’ai appris après des revendeurs pour le Nige- 800 et 550… Ce fut un succès
joins la délégation. J.B Dou- que le gouvernement béninois, ria, grand pays voisin. En fait, commercial et financier, qui
meng était arrivé avec son déjà aux abois financièrement, la vendre à des contrebandiers m’a valu une première recon-
avion perso, ce qui avait fait l’avait ensuite mandaté pour car le Nigeria avait prohibé naissance du groupe et la
grande impression… Dans les rechercher tout de suite 1 mil- l’importation de viandes. En confirmation de ma période
jours qui ont suivi, j’ai parti- lion de dollars… Puis, à la fin effet, le gouvernement nigé- d’essai. Pour décharger les
cipé aux « négociations » du de la réunion, il me présente et rian venait de lancer son « viandes (en cale frigo, à
groupe avec le gouvernement dit, fort : « voici Eric Veillon, Plan Vert », et s’efforçait de l’époque), j’ai découvert le «
béninois. Plusieurs dossiers c’est un vrai communiste, vous développer élevage et agricul- fonctionnement » du Port et la
étaient litigieux, ou plutôt va- savez ! ». Complices, les diri- ture. Plan auquel participait corruption qui y régnait, pra- 17
seux : l’entrepôt, mais aussi geants africains me regar- par ailleurs le groupe Dou- tiquement à chaque mètre. Le BN
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déchargement fut épique, des ses mercenaires, en 1977, mes offres mirifiques aux bou- ceux-ci voulaient des belles
toute une nuit, par qui avait légitimement frappé chers (j’avais voulu, pour dé- pommes Golden, sans aspéri-
+ 26°: il n’y avait aucun ca- l’opinion béninoise). bloquer la situation, donner tés, bien lisses. Le groupe
mion frigo en état de marche carrément 500 kg à l’un d’entre m’avait expédié une autre va-
au Bénin à l’époque, je dis bien Les choses se compliquent eux, qui a refusé !) avaient in- riété, bonne certes, meilleure
aucun. Au matin, je n’avais dans l’année 1982. Déjà, terdits à ceux-ci d’acheter, et que les fades Golden, mais
cédé à aucune « sollicitation voyant le succès de la vente les quelques 90 tonnes de avec ces aspérités. Résultat, il
indue », pourtant nombreuses des 40 tonnes de viande, un « quartiers arrière » restèrent a fallu les vendre à perte. Mais
à chaque étape du décharge- « cadre » du groupe Doumeng, des années dans l’entrepôt, gé- un autre importateur, qui avait
ment, me contentant de pro- basé à Paris, passant outre nérant des frais importants. fait venir des pommes genre
mettre gratification « après » mon avis, m’expédie, à prix Golden, mais de couleur verte,
et non « avant », si tout se plus élevé que la précédente Pendant ce temps, l’affaire du a eu des problèmes : un vétéri-
passait bien et surtout rapide- cargaison, carrément 170 « frigo » et sa conclusion en naire local, inspectant les
ment. J’ai, par la suite, gardé tonnes de viande, dont l’essen- faveur de Doumeng ayant créé chambres froides, m’avait
cette méthode ferme et je peux tiel était constitué de « quar- des… frustrations du côté de apostrophé : « pourquoi avez-
dire que pendant des années, tiers arrières ». Alléché par le certains cadres administratifs vous importé des pommes pas
je n’ai quasiment jamais cédé gain, (les bénéfices étaient et politiques béninois, je dé- mûres ? Est-ce que « le
au chantage de la corruption. partagés en deux : 50% pour le couvre, suite à une affaire fu- consommateur » vous a de-
Petite histoire, au matin, après « frigo », -qui était géré par meuse de plainte d’une mandé des pommes vertes ?! ».
le déchargement, j’avais, de nous pour le compte des auto- commerçante cliente du « frigo », J’ai dû expliquer et faire un ca-
nervosité (il fallait faire vite rités béninoises- et 50% pour les joies de plusieurs interroga- deau pour garder les bonnes
pour éviter la décongélation) le groupe Doumeng, sans toires d’un policier de la Sûreté relations… Observant le ma-
« mangé » la moitié de la compter la marge réalisée par nationale béninoise. Je ne nège commercial grandissant
moustache que j’arborais ledit groupe au départ de comprends rien. Ca sent le de mes clients « passeurs du
alors… France) le cadrillon avait argué Kafka tropical, assez pour m’in- Togo » (voir plus haut), et
de mon inexpérience pour im- quiéter pendant un moment, connaissant mieux le marché
Parallèlement, on a continué à poser une telle quantité, sans pas assez pour que le policier local, je propose à mon Direc-
vendre du froid, en conservant écouter mes arguments de pru- aille jusqu’au bout de ses me- teur de Paris (une soi-disant
les milliers de tonnes de pois- dence. Or les « quartiers arrière » naces d’emprisonnement et « pointure », un ancien de la
sons « soviétiques » déchar- avaient été vendus aux bou- d’expulsion, totalement infon- SCOA, la grande société com-
gées des immenses chers locaux, ceux qui sont les dées. J’ai commencé à com- merciale française en Afrique),
navires-usines qui croisaient sur les marchés, seuls capables prendre, je n’ai pas cédé et d’importer des viandes piècées,
dans l’Atlantique Sud. de les débiter. Faut dire que les l’affaire à fait « pschitt ». Pre- que je suis sûr de bien vendre
premières livraisons avaient miers contacts avec l’arbi- aux hôtels-restaurants du coin,
On entreposait aussi des den- foutu le bazar dans la chaine traire… à l’antenne Sodexho locale, qui
rées fraiches et congelées im- bovine locale : les « chevillards » commence à fournir le ravitail-
portées par des opérateurs béninois, qui vendaient les lement à la nouvelle station
locaux : des tonnes de crou- bêtes aux bouchers (et qui les pétrolière off-shore, exploitée
pions et d’ailerons de dinde, « tenaient » par le crédit) dans les eaux béninoises par la
des pommes, mais aussi des avaient été furieux, et je le sa-
Prendre l’avion pour société norvégienne « Saga »,
produits frais réimportés du vais. pointer à l’ANPE et surtout à la communauté
Togo voisin par une société de européenne, qui, faute d’ap-
passeurs béninois : fromages, Les 170 tonnes arrivent, à bord provionnement local, allait
crème et lait UHT, charcuterie, d’un bateau frigo spécial qui faire ses courses chaque week-
puis quelques viandes de bœuf avait été affrété par le groupe Et nous avons continué comme end au Togo voisin. Le grand
piècées (filets, trains d’entre- Doumeng pour une vente de 1 ça, essayant également d’imi- Directeur refuse, arguant :
côtes etc.). Il faut dire que le 200 tonnes de viande au gou- ter les importateurs locaux, le « nous ne sommes pas des épi-
Togo, à l’époque, taxait beau- vernement de John Rowlings, groupe Doumeng continuant à ciers ». Bon…
coup moins ces produits que le du Ghana voisin, qui avait bas- m’imposer des marchandises
Bénin révolutionnaire, qui les culé un temps « à l’Est ». qui ne correspondaient pas à la C’est à ce moment que le sens
frappait de droit de douane J’avais été mis au courant de demande locale, notamment 40 du business me revient (voir
quasi prohibitifs, car destinés la transaction : je ne vous dis tonnes de pommes. Les BN 24 page 24). Il faut dire
aux Blancs, soupçonnés en pas les bénéfices ! pommes, fortement taxées, se qu’en Afrique, le commerce est
bloc d’avoir tenté de renverser vendaient cher au détail : 10 partout, tout le monde en fait,
18 le régime (on se souviendra du Et ce qui devait arriver arriva : FF l’unité. C’était un fruit exo- fonctionnaires compris. Une
BN coup manqué de Bob Denard et les chevillards locaux, malgré tique pour les Africains. Mais énième difficulté avec mon
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« Directeur », me donne envie et je vais pouvoir percevoir les (comprenez : il y en avait


de voler de mes propres ailes. ASSEDIC. C’est ainsi que j’ai Les affaires plein). Du coup, arrivé à Coto-
En 1982, gagnant bien ma vie pris l’avion de Cotonou à nou, je stocke les 1000 car-
(selon mes critères, à Paris, pour aller « pointer » commencent. tons de tomate dans le garage
l’époque) et ayant droit à (on pointait chaque mois à « Angus » de notre villa (la tête de ma
deux mois de congés payés, je l’époque) à l’ANPE du 19ème femme, fonctionnaire…), et
sens qu’il est difficile pour arrondissement, chez les « câ- on attend des jours meilleurs.
mon Directeur de me rempla- dres ». Mais le climat tropical, lui,
Un jour, de retour à Cotonou,
cer pendant ce temps. Je lui n’attend pas. En plus du mau-
le conseiller commercial bul-
propose alors de ne prendre J’avais trois sous devant moi, vais conditionnement bulgare
gare au Bénin, Dimitri Derli-
qu’un mois, et qu’on me paye une femme fonctionnaire avec (les cartons étaient nuls, alors
panski, avec qui j’avais
le second. « Oh là là, pas pos- qui on allait faire un autre que les cartons italiens de
sympathisé, me propose d’im-
sible ! Illégal ! » me répond la bébé (ce fut Lorraine, née à porter des produits de son « De Rica », la grande marque
pointure…Bon. J’avais prévu Cotonou en 1984) et une pays. Parmi eux, le concentré italienne en vogue sur le mar-
d’épouser Sylvia en septembre envie d’aventure en Afrique. de tomate, qui est un des ché africain étaient impecca-
(pendant mes congés), malgré J’ai été servi. grands produits consommé en bles, et les cartons, c’est
ma répulsion pour le mariage. masse en Afrique occidentale, important en Afrique), la cha-
J’épouse donc. Mon père, qui Je ne savais pas vraiment quoi et singulièrement au Bénin, leur fait exploser les boites
était venu nous rendre visite faire (toutefois le commerce qui réexporte, ne l’oubliez ja- dans mon garage : on entend
au Bénin (ce fut épique !) international m’avait piqué), mais, au grand Nigéria voisin, des « pschitt »… On vend
malgré sa maladie, décide de mais je savais ce que je ne grâce notamment, à l’immense vite, on solde plutôt : on perd
mourir quelques jours avant le voulais plus faire : travailler marché Dantokpa de Cotonou. chacun 10 000 FF sur l’opéra-
mariage, à 49 ans. Quelques pour quelqu’un. Ce n’était pas Il me fait des bons prix. L’idée tion. Malgré cela, j’étais
jours après, je reçois un coup une question d’argent, ni de me plait et j’en parle à M. X, le content : j’avais réussi à faire
de fil de mon Directeur me de- pouvoir, mais c’était frustrant, Béninois avec qui j’avais sym- une opération « interconti-
mandant si je voulais bien professionnellement parlant, pathisé. On décide de faire nentale »…
rentrer un mois plus tôt au d’être salarié. J’aime assumer l’affaire ensemble. Du coup je
Bénin, ma présence étant vi- mes responsabilités, prendre rentre en France où je crée Pendant ce temps, j’avançais
siblement jugée indispensa- des risques. une SARL qui s’appellera SER- sur mon idée de « viandes piè-
ble. Amusé, je dis « OK » mais VEX (Société pour Entrepren- cées ». Je me mets d’accord
l’homme ne veut pas me payer. J’ai pensé un moment ouvrir dre, Rechercher et Vendre à avec M. X. On crée une SARL
J’aurai droit à un mois de un petit bar-brochettes- l’Extérieur, anagramme central commune (51% pour lui, 49
congé en mars. Je suis donc gâteaux à la noix de coco, d’Eric Veillon, c’était ma pé- pour moi) pour commercialiser
rentré précipitamment au dans le centre ville de Coto- riode mégalo). Et je profite de ces importations que je négo-
« frigo ». Février arrivé, je de- nou. Comme ça… J’ai pensé la loi sur les créations d’entre- cie en France avec la SOCOPA.
mande mon billet d’avion pour aussi, avec mes contacts de la prises pour les chômeurs, ini- Mais M. X m’assure que lui seul
mars, car j’avais, du coup, représentation commerciale tiée par Raymond Barre : je peut importer et qu’il nous re-
prévu quelque chose d’impor- soviétique au Bénin (son chef rafle toutes mes indemnités vendra la marchandise au prix
tant, que la morale m’interdit était devenu un ami, avec le- Assedic… de revient. Qu’importe, juste-
de citer ici. Le gars refuse. quel on se faisait des orgies ment ! Je ne vérifie pas la lé-
Echange de télex… Je main- de caviar : j’ai connu le caviar J’ouvre un compte à la BNP, gislation locale, fluctuante à
tiens et je pars. Fin mars je à la louche !) importer juste- au siège social, royalement. Et l’époque, et puisque je suis en
rencontre le jeune patron fils ment du caviar russe pour la j’émets un « crédoc », lettre confiance avec lui…C’est ma
de Doumeng, explique et le nomenklatura béninoise, que de crédit « irrévocable et première grosse erreur, qui me
met à l’aise : « de toute façon, je savais avide de produits de confirmée », pour pouvoir im- coutera cher.
vous avez ma démission si luxe, à n’importe quel prix. Un porter et vendre à la société
vous la souhaitez ». Je ne suis voyage épique à Hambourg, de mon partenaire M. X un Pour l’heure, je dresse une liste
pas homme à « prudhommer », pour visiter une société sovié- container de petites boites de de produits « européens » et
si on veut plus de moi, je tique d’import-export spécia- concentré de tomates, le deal on importe un premier contai-
pars. Voulant protéger son Di- lisée dans le commerce de étant qu’on se partagera les ner frigo, SOCOPA nous faisant
recteur, il accepte ma propo- caviar, ça faisait vraiment bénéfices après les ventes. crédit. Filets, faux-filets,
sition de démission. Je ne roman d’espionnage… Ca ne Mais les Bulgares n’ont pas été rumsteck, noix et carré de
pensais pas qu’il l’aurait ac- s’est pas fait, mais j’étais à la hauteur. Ils ont tardé, veau et même des T-Bones ar-
cepté, mais j’en avais accepté content de voyager et de malgré la lettre, à expédier. Et rivent pour la première fois au
l’augure. Du coup, on fait un prendre des contacts commer- le marché de « la tomate », port de Cotonou. Les prix sont 19
avenant au contrat de travail, ciaux de bon niveau. entre temps, s’est dégradé excellents, on, (plutôt : je) BN
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fait un tabac, et on gagne pas riches béninois. Un grand ga- loue. Dans le même temps, je
mal d’argent en vendant aux rage attenant fera office de Succès du crée une nouvelle société, que
hôtels, restaurants, à So- boutique. J’achète 6 congéla- j’appelle SERVEX-Bénin, à la-
dexho… teurs, j’agence, je débauche « Rayon quelle j’associe mon employée
une Française, mariée à un Bé- de Cadjéhoun » française, et un autre employé
Les « passeurs » du Togo (voir ninois, qui travaillait pour une béninois. Mon banquier étant
plus haut) font la gueule, car supérette locale tenue par devenu entre temps Directeur
nos prix sont 1/3 moins chers. celui qui est devenu mon grand J’avais sympathisé avec un ban- général de la banque, je n’ai
On recommande des containers. ami Saturnin Agbota. On ouvre quier de la seule banque com- pas eu de mal à obtenir un prêt
Du coup, je m’éclate : gigots et la boutique qui va s’appeler merciale (d’Etat) où nous avions pour démarrer. On repart de
carrés d’agneau de Nouvelle- « Angus », du nom de cette notre compte. Devant l’intransi- zéro : travaux, agencements,
Zélande, rôtis de bœuf, de porc, race de viande géniale d’ori- geance de M.X, assuré du sou- achats de congélateurs, d’une
de veau congelés, en plus du gine écossaise et qui était le tien de la banque, je lui propose vitrine frigo etc. J’appelle le
reste. On diversifie de plus en nom d’un restaurant du 8ème de racheter ses parts, lesquelles, commerce « Le Rayon de Cad-
plus : légumes surgelés, frites, arrondissement de Paris, situé vu le potentiel de l’entreprise, jehoun »…Comme il y a de la
coquilles Saint-Jacques... Les à coté de la permanence du commençaient à avoir de la va- place, l’endroit devient carré-
particuliers européens nous PCF, que je « suivais » quelques leur. M. X, qui sait que je n’ai ment une superette, avec tou-
achètent des cartons entiers et années auparavant. pas cet argent, mais qui ignore jours les viandes, les produits
se les partagent : je me sou- le soutien du banquier, devient frais et l’épicerie fine, mais du
viens d’une vente mémorable La boutique marche bien. On soupçonneux et refuse mon coup on revend de tout : bois-
dans les locaux même de l’am- découpe les viandes congelées offre, pensant continuer son sons, conserves, hygiène, et
bassade de France… Et les en tranche, qu’on met dans des petit manège lucratif. même des habits, acheté à un
marges gonflent, à ce niveau sachets. On y vend aussi, tant intermédiaire nigérian, des
de vente… Certains coopérants qu’à faire, des alcools et des vins, Je n’ai plus envie de travailler jouets…La clientèle se diversi-
achètent des cartons entiers et achetés à des grossistes locaux. « avec » lui dans ces condi- fie : toujours « élitiste » mais
revendent, en prenant une Puis, ayant rencontré le Directeur tions et prépare une solution aussi populaire. Le chiffre d’af-
marge, à leurs amis les mor- de « Papet » (aujourd’hui Sodi- alternative. Je sais qu’il ne faires explose.
ceaux au détail, histoire de se frais), une entreprise de Rungis peut continuer durablement
faire un peu plus de blé… J’or- spécialisée dans les produits frais tout seul la boutique. A cette Ce qui mécontente M. X,
ganise chez les particuliers des et qui venait d’être rachetée par époque, j’avais déjà prévu de énervé, qui porte plainte à la
réunions type « Tupperware » le groupe ACCOR, nous importons quitter le garage devenu trop police contre moi, pour « non
mais pour la viande ! depuis Paris, chaque semaine, petit et j’avais repéré un local, redditions de comptes ». Ce qui
des produits frais « hauts de non loin de là, sur la route était cocasse, car c’est lui qui
J’achète un grand congélateur gamme » qui manquaient sur le inter-états, à Cadjehoun, entre était chargé, statutairement,
pour stocker, dans mon garage marché local : fromages, fruits du les quartiers « Haie-Vive » où de la comptabilité de notre so-
(libéré des concentrés de to- monde entier, huitres, foies gras nous étions et « Patte d’Oie », ciété commune. C’est ainsi que
mates) les restes des morceaux etc. La boutique devient un croi- tous deux « résidentiels » et à j’ai eu à répondre à plusieurs
invendus chez les particuliers : sement entre « Picard Surgelés » côté du quartier populaire afri- convocations et que j’ai re-
difficile de vendre toujours et une épicerie fine. Baba cain. Ca avait été un ancien trouvé mon policier du début
juste les cartons). Ma femme Moussa, ex-ministre du Plan de- supermarché qui avait eu une (voir plus haut). Re-belotte :
doit commencer à penser à di- vient l’un de nos meilleurs existence éphémère, mais qui intimidations, menaces,
vorcer à ce moment-là… clients… Et les ventes de demi- avait cessé ses activités : son « kafka tropical »… Le « dos-
gros continuent. fondateur, un professeur de sier » étant vide, j’ai fini par
Du coup je pense à ouvrir une droit béninois ayant eu sympathiser avec le pandore et
boutique, genre Picard Surge- Avec le succès, les problèmes ar- quelques problèmes. Aupara- ça c’est terminé avec un ca-
lés. Je m’assure de récupérer rivent. M. X fait en sorte que vant, ça avait été une ancienne deau : une bonne grosse dinde
l’usage de la scie à viande notre société commune ne « usine » de conditionnement congelée pour Noël, et un car-
« Biro » que j’avais acheté pour puisse pas importer directement de crevettes pour l’export. ton de champagne.
le « frigo » auprès de mon suc- et se met à avoir une concep-
cesseur chez Doumeng. Je tion originale du prix de revient. Je trouve le propriétaire et on Mais il y a un autre problème :
trouve une grande villa au Il gonfle sans arrêt celui-ci afin visite l’endroit, très grand mais M.X n’ayant pas payé le dernier
cœur du quartier « huppé » de de s’assurer une marge person- dans un piteux état. Il y a en- container de viandes, SOCOPA
la Haie-Vive, voisin de la « nelle confortable, autrement dit core les anciennes chambres est fâchée et refuse de nous
Patte d’Oie », où vivent de il veut gagner sur les deux ta- froides de l’usine de crevettes accorder un crédit, tant que le
20 nombreux « expatriés », fonc- bleaux. On discute, il ne veut et même de vielles étuves. container n’est pas payé. Mais
BN tionnaires internationaux et rien savoir. Crispation… L’endroit fera l’affaire, et je le c’est X. qui a l’argent. Or nous
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ROISSY ET L’AFRIQUE

ne pouvons acheter cash un taurant », à côté de la super- a une clientèle d’expatriés, sur notre trésorerie. Et,
container de marchandises qui ette, dans les anciennes français, anglais, allemands, comme on n’importe toujours
coutait au moins 200 000 FF. chambres froides. On avait qui boivent bien. On installe pas nos viandes, nos marges
Du coup, je reprends contact tout en stock, dans la super- un jeu de fléchettes à la de- sont insuffisantes. On com-
avec mes « passeurs du Togo », ette : viandes, légumes, pro- mande des Anglais. J’vous dis mence à prendre du retard sur
à qui j’avais pourtant causé duits frais, vins et alcools. pas les soirées endiablées ! On le paiement de nos fournis-
beaucoup de tord, commercia- Donc pas de problème de fond a même un billard américain. seurs locaux. Certains nous
lement parlant. de roulement… L’endroit devient le plus beau coupent leur crédit. On a donc
bar de Cotonou ! Les recettes moins de marchandises, et
Ceux-ci importaient mainte- Je prends les travaux en main : augmentent bien (mon taux donc encore moins de re-
nant directement, par bateau, on casse, on garde les parois d’alcoolémie aussi…). On en- cettes. Il nous faut de l’ar-
les précieuses viandes et au- recouvertes de polystyrène ex- gage Bignon, au bar, une très gent, rapidement. Je refais
tres produits surgelés. On s’est pansé, qui seront bien pra- jolie jeune femme de 20 ans, une demande de crédit à la
mis d’accord : ils deviendront tiques pour l’isolation qui fait partie de la famille bé- banque, d’autant que nous
notre fournisseur. Mais nos thermique, (le bar sera clima- ninoise de mon associée fran- avions des relations, heureu-
marges sur ces produits ne se- tisé), on trouve un menuisier çaise. sement, avec la nouvelle di-
ront jamais pareilles qu’en im- génial qui nous construit un rection. Or la banque n’a
portant nous même. Ce détail comptoir superbe, long, et en A ce propos, les choses vont vraiment presque plus d’ar-
est crucial pour la suite. Pour courbe. Le bar comme les meu- mal. Mon associée, qui n’était gent. On nous accorde quand
l’heure, on a ce qu’il faut et on bles seront en acajou, bois ma- pas mariée avec son compa- même la moitié de ce qu’on
verra bien ensuite pour pou- gnifique, pas cher en Afrique. gnon béninois, mais qui avait avait demandé. Je sais que
voir importer nous même. Une terrasse devant, qui sera eu un enfant avec, tombe c’est insuffisant, mais je suis
couverte ensuite, une autre amoureuse d’un client anglais, contraint, d’une certaine ma-
La superette tourne bien. On derrière, discrète, dans laquelle puis d’un Allemand (qu’elle nière, d’accepter.
embauche. Premier problème : je plante un jeune « Flam- épousera plus tard). Crise dans
l’employé béninois, que j’avais boyant », qui poussera à une le couple franco-béninois. Sé- Quelques semaines passent,
associé, pique dans la caisse vitesse vertigineuse, superbe… paration… péniblement. On a peu de pro-
dès les premiers jours. Je suis On se fait sponsoriser par l’un duits : les linéaires de pâtes
catastrophé car j’aimais bien de nos fournisseurs libanais, alimentaires ou de lait en
ce jeune, très dynamique. On qui importait (entre autres) boite s’allongent, au détri-
trouve un accord et il ne tra- La spirale
vins, alcools et champagnes : ment d’autres produits, qu’on
vaillera plus avec nous. le bar s’appellera le « Cutty de l’échec ne peut plus acheter. On est
Sark Bar », du nom du whisky au bord du gouffre. Un four-
bien connu. nisseur indien, à qui on devait
Le plus beau bar La superette marchait tou- une petite somme, fait saisir
On embauche une barmaid, un jours bien, mais les difficultés notre camionnette par un
de Cotonou ancien « boy » de ma belle- commencent. L’économie du huissier ami. On la récupère
sœur qui était au Nigéria, une pays va très mal. Les grands facilement, mais ça faisait
« armoire à glace », ceinture chantiers, déjà peu nombreux, désordre et ça ressemblait à
On avait bien sûr repris les im- noire de judo fera aussi le bar- se ferment les uns après les un début de curée. D’autant
portations « avion » de pro- man, et assurera la sécurité. autres, entrainant le départ de que, sentant le vent mauvais
duits frais avec « Papet ». Puis un cuisinier, lui aussi an- nombreux expatriés, qui (et alerté par quelqu’un de
Parfois deux arrivages par se- cien « boy » d’un expatrié an- étaient nos clients, et du bar, très proche de moi, je l’ai ap-
maine de produits fortement glais qui avait quitté le Bénin et de la superette. Les salaires pris bien plus tard, une trahi-
taxés, mais qui se vendaient (les cuisiniers béninois sont des fonctionnaires béninois son, en quelque sorte)
bien. Notamment des moules. réputés). Mon cousin Alain, tardent à être versés, et la spi- l’entreprise française qui nous
Or, parfois, il nous en restait qui était venu nous rendre vi- rale infernale commence. La avait vendu la vitrine frigori-
sur le dos, ce qui était embê- site, nous aide pour l’ouver- principale banque du pays (le fique (quelques 50 000 FF) et
tant car ça nous mangeait une ture : une grande soirée avec nôtre) est exsangue. Son DG, qui avait souhaité, au début,
partie de notre bénéfice. Alors des expatriés anglais (je qui m’avait aidé, est arrêté, rentrer dans notre capital avec
on les faisait cuire, on les n’évoquerai pas la grande nuit emprisonné. Notre chiffre cet apport, exige le paiement
congelait et on les vendait précédente, historique, avec d’affaire commence à baisser de ladite vitrine.
comme ça, en sachets. ledit cousin…). sérieusement, et le peu d’ar-
gent qu’on avait mis, trop ra- Imprudemment, je m’exécute,
Ca m’a donné l’idée, petit à Le bar marche bien. Le resto pidement, dans la aggravant encore notre situa- 21
petit, d’ouvrir un « bar–res- un peu moins, mais ca va. On construction du bar avait pesé tion, déjà périlleuse. BN
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ROISSY ET L’AFRIQUE

Que faire ? Je décide de me Les évènements se précipitent. deuxième tour de la présiden- me retrouve en quelque sorte
rapprocher de Saturnin Agbota, Mon associée, toujours amou- tielle de mai 1988), alors que gardé à vue, dans une maison
qui était devenu un de nos four- reuse de son Teuton (elle vivait je passe au « bar » désormais située dans la cour du Commis-
nisseurs, et dont les affaires flo- chez lui) décide en secret, et tenu par mes amis libanais, sariat, appelée « Maison
rissaient. Discussions au m’en informe, de partir défini- j’apprends que des policiers y Blanche ». Y « résidaient » plu-
Sheraton, examen des comptes, tivement avec lui en Alle- sont aussi passés, me deman- sieurs hommes, dont certains de-
Saturnin, en homme d’affaires magne, avec son petit garçon dant. Ils ont laissé une convo- puis des mois (dont un, depuis
avisé, refuse l’association que métis. Officiellement, elle part cation pour midi, au plus de deux ans !), en attente,
je lui propose. Il prend le en vacances. Le père de l’en- Commissariat d’à coté. Je sens sinon de jugement, du moins de
temps malgré tout de réfléchir fant, qui est un ami, vient me l’embrouille, d’autant que le règlement d’affaires de gros sous,
et me propose, quelques jours voir, pour en savoir plus. Je ne Commissaire, qui était devenu détournements et autres. Am-
après, que sa société reprenne peux rien lui dire. Il a pourtant un ami, venait d’être remplacé biance. Moi qui suis claustro-
la nôtre, mais en location-gé- les moyens légaux d’empêcher et que je ne connaissais pas phobe !
rance. A condition que mon as- l’enfant de partir. Il ne le fera son remplaçant. Prudent, je me
sociée française (son ancienne pas, voulant croire, contre rends au commissariat, avec J’avais réussi à faire prévenir
employée, que je lui avais « pi- toute évidence, qu’elle revien- des cigarettes en suffisance… ma femme (dont la décision de
quée ») et moi-même restions dra, ou au moins que son séparation était une fois de
aux commandes, en tant que gamin retournera dans son J’attends deux heures. Arrive plus confortée). Elle m’apporte
salariés. Je n’ai pas le choix. pays. A ce jour, ce père n’a plus ledit Commissaire, accompagné à manger, de la lecture, des ci-
On accepte, malgré un salaire jamais revu son fils. Drame des de mon fournisseur de viandes garettes… Je lui dis de préve-
de misère. couples de pays différents ! (l’ex « passeur » du Togo, voir nir le Consul de France, qu’il
plus haut), goguenard. En fait, me sorte de là. Le Consul ar-
Du coup, la superette est réap- Je me décide à informer de la le vieil oncle de l’ex-passeur, rive, pour me dire qu’il ne peut
provisionnée, mais les affaires situation Saturnin, devenu à la avec lequel il était associé, rien faire, et qu’en plus on
vivotent et la situation écono- fois mon locataire-gérant et… était mort quelques temps au- était vendredi soir… J’étais
mique du pays s’aggrave en- mon patron ! Il aurait déjà pu paravant. J’avais assisté à l’en- bon pour passer le week-end,
core. Le bar, lui, est loué à un me bloquer une fois, il ne l’a terrement. On devait au moins (ou deux ans ??) sur
restaurateur libanais voisin. pas fait. Je lui dis que je dois effectivement à leur société place. Je demande à voir le
L’ambiance n’est plus là. D’au- arrêter. Il le comprend et ac- une somme, de mémoire de Commissaire central, pas
tant que ma femme, lassée de cepte. On fait les papiers né- 40 000 FF. Le neveu, malin, moyen, évidemment.
mes frasques africaines tous cessaires, dans les règles. avait recréé une autre société à
azimuts, ne veut plus vivre J’apprécie cette générosité, son nom et récupéré (au détri- Les portes de la Maison
avec moi… Or elle doit quitter que je n’oublierai jamais. Puis ment des héritiers du vieux) Blanche se referment, à la
son poste de Cotonou. On en je dépose le bilan de Servex frauduleusement les créances du tombée de la nuit (le jour, tout
discute. Elle peut avoir Lomé, Bénin, que j’ai déclarée en ces- « tonton », dont la nôtre, et il le monde peut se balader « li-
la capitale togolaise proche. Ca sation de paiement, au Tribu- m’en avait, sentant nos diffi- brement », dans la grande cour
me va. Mais on lui a proposé nal de commerce. Chose qui se cultés, exigé le paiement. J’ex- du Commissariat). J’ai droit à
Djibouti, qu’elle a accepté sans faisait rarement (je crois même plique cela au commissaire, une natte pour dormir. L’am-
mon accord. Elle fini par me que c’était la première fois) dont l’attitude hautaine mon- biance est plutôt bonne avec
prévenir et y partira avec les dans ce Bénin d’alors, où le trait qu’il avait déjà choisi son mes « codétenus », tous d’un
enfants. Déception et colère. droit des affaires était em- camp. Je ne contestais pas la bon niveau social. Je regarde
Je suis déstabilisé. Je ne crois bryonnaire. Je confie alors, of- dette, mais elle n’était pas due le débat Chirac-Mitterrand qui
plus dans la possibilité de re- ficiellement, le suivi de l’affaire à cette société, mais à l’autre, commence, pensant avec re-
dresser l’affaire, du moins dans à un avocat renommé du pays. en cours de partage entre les gret que je ne pourrai pas voter
ces conditions et la perspec- héritiers. Je ne devais donc le dimanche… C’est alors que
tive de rester seul en Afrique, rien à celui-ci. Le Commissaire la porte s’ouvre et qu’on vient
sans argent ou presque, que m’ordonne alors de payer à me chercher. Pour me libérer.
j’avais imaginé un temps, est A l’autre société. Je lui réponds Ouf ! En fait, c’était Saturnin
désormais exclue pour moi. Le la Maison Blanche… que je ne peux le faire, même Agbota qui, prévenu, avait fait
risque de marginalisation est si je le voulais, le bilan venant jouer ses hautes relations et
grand, comme je l’ai vu auprès d’être déposé au tribunal. Le m’avait fait sortir… Encore
de certains Français « déclas- policier ne veut pas entendre une reconnaissance.
sés » au Bénin, et qui, pour la parler de tribunal : je paye ou
plupart, ont fini dans la Quelques jours après (on était je suis arrêté ! Je maintiens ma La semaine d’après, mon « dé-
22 mouise et l’alcoolisme… Je le jour du débat « Chirac-Mit- position, et me voilà emmené nonciateur », apprenant ma
BN dois partir. terrand », juste avant le au Commissariat central, où je « libération », et ayant donc
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ROISSY ET L’AFRIQUE

compris que j’avais des rela- la « non-reddition » de toute façon »… Je laisse l’em- tant de choses en Afrique,
tions plus solides que les comptes. Re-convocation, et barquement se terminer. J’ar- d’avoir compris, autant que
siennes (dans ce pays où tout là, je me fâche : le policier rive en dernier, je monte la faire se peut, les Africains, et
se règle par des relations dis- (celui de la dinde de Noël) passerelle de l’avion. La porte définitivement amoureux du
crètes, le soir, à la maison, prend peur et laisse tomber… allait se fermer juste devant Bénin, où je me promettais de
plutôt que dans les bureaux On m’avait tout de même moi. Je la retiens et je rentre revenir, c’était sûr.
ou tribunaux) m’invite à man- confisqué mon passeport. J’ai dans l’avion devant le regard
ger : on était redevenu amis. fini par le récupérer. La date médusé de ma future ex… On J’y suis retourné plusieurs fois
Et on l’est toujours, je l’ai revu du vol pour Paris approchait : décolle. Je me saoule au co- et j’y retournerai encore. La
encore plusieurs fois, l’an ma future ex m’avait quand gnac d’UTA… place manque dans cet article
passé encore dans son splen- même pris un billet… Je trop long, pour évoquer tout,
dide restaurant, spécialisé n’étais pas interdit de quitter Fin de l’aventure béninoise, du notamment les nombreuses
dans l’organisation de sémi- le territoire, mais je devais moins la première. Je suis vidé anecdotes, la description de la
naires, immense, sur la Route être prudent. Aussi, le jour du quand j’arrive à Paris, sans la vie, politique notamment, là-
des Pêches, où l’on a fait un départ, (fin juin, début juillet moindre intention de ce que je bas : de quoi faire un roman.
repas pantagruélique avec lui, 1988) avions-nous décidé de vais faire. Sentiment d’échec,
sa famille et Bignon... ne pas nous enregistrer en- de culpabilité que je mettrai La suite : voir Bénéfice.net
semble… Ma femme m’avait un certain temps à dépasser. n°24…
Encouragé par l’évènement, M. dit, la main sur le cœur : « je Mais, en même temps, telle-
X tente de réveiller l’affaire de ne partirai pas sans toi, de ment heureux d’avoir appris EV

La victoire de la démocratie

A la fin de l’année 1989, le régime de Kérékou est exsangue, politiquement et surtout financièrement. En décembre, il est
contraint de reconnaitre le multipartisme, d’abandonner le « marxisme-léninisme ». Du 19 au 28 février 1990, une
« Conférence nationale des forces vives de la nation» se tient, sous la présidence de Mgr de Souza, archevêque de Cotonou,
qui jettera les bases d’un système démocratique, assez unique en Afrique, toujours en vigueur aujourd’hui.

La couverture : explications
La plupart des lecteurs de RoissyMail
connaît cette belle jeune femme. Elle
s’appelle Bignon (il faut prononcer
« Bion »). C’est une Béninoise, du
pays Bariba (ou Batonou, c’est mieux
dit), un grand et formidable peuple du
Nord Bénin. C’est elle que j’avais em-
bauchée dans le «Cutty Sark Bar ». On
est toujours restés en contact, depuis
donc plus de vingt ans. C’est une prin-
cesse, originaire de Ouné, près de Ba-
nikouara, une des grandes villes
batonou. J’ai pris cette photo, rapide-
ment, un matin d’août 2006, au bel
hôtel de Kandi (République du Bénin),
lorsque nous étions en route vers le
Niger voisin. Il m’a semblé que tout
était dit dans son regard, comme révé-
lateur de cette Afrique aussi tranquille
qu’interrogative et inquiète.
Elle est adorable. C’est une « Marianne » 23
africaine… BN
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ROISSY ET L’AFRIQUE

Dany et Alain Dresser,


lors de ma visite au
show-room.

« Art-Riva
d’Afrique
Septembre 2007. Quelque
Baptiste devant un
part, à Epiais-lès-Louvres
tabouret ashanti, (95) se cache presque un
tout juste débalé. petit entrepôt,
peu engageant d’extérieur.
Mais comme on le sait tous,
les apparences sont
souvent trompeuses et ici,
c’est bien le cas. A peine
rentré dans l’enceinte qu’on
L’arrivée d’un
aperçoit, par terre, ça et là,
container, rempli une poterie, ou un bouddha
d’objets d’art est bizarre qui semble être le
toujours un
moment gardien mystérieux des
d’émotion… lieux. Intriguant…
Ici, à Epiais…
Le mystère reste entier quand on monte aux bu-
reaux, situés en mezzanine, en jetant un coup
d’œil en passant aux rayonnages surchargés de
paquets emballés ou déballés dans l’entrepôt.
Mais bien vite, des statues africaines du couloir
donnent le ton. Et l’on rencontre Dany, puis son
mari Alain Dresser, les patrons d’Art-Rivages, fi-
dèle lecteur de RoissyMail, qui me réserve un ac-
cueil chaleureux. Art-Rivages importe et
distribue en Europe des objets de décoration
d’Asie et d’Afrique. C’est cette dernière qui m’in-
téresse. Je souhaite en parler dans ce
Bénéfice.net. Accepté. Première étape : l’arrivée
dans quelques jours d’un container en prove-
nance d’Abidjan, rempli de marchandises. J’irai
prendre des photos au dépotage. Puis, grand mo-
Sur le stand d’Art-Rivages, au ment quelques jours après : le fameux salon
salon « Maison et Objet » : « Maison et Objet » où Art-Rivages expose depuis
on retrouve « ma » statue sexy, 10 ans. Photos, parues dans RoissyMail, puis
24 avec les colons derrière. enfin, entretien avec Alain pour la présentation
BN de la société.
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ROISSY ET L’AFRIQUE

Si proche si loin
vages » ramène lescolons
ue…à Epiais-lès-Louvres
Ce jour-là, Alain Dresser fêtait plastiques. Des objets d’art… Du coup au lieu d’un container, les produits se vendent bien,
ses 60 ans, (je lui en aurais Les voici partis à monter l’af- j’en achète trois… », raconte provenant d’Indonésie, de
donné moins). Souriant, affa- faire. Avec, tout d’abord une Alain, encore heureux de la Thaïlande, puis du Viêt-Nam…
ble même, il se prête sans hé- visite d’une foire au Sri-Lanka. belle affaire. Les containers, Et l’épisode africain…
sitations au jeu des questions. Ils en profitent pour aller visi- pleins de terres cuites et de
Il a créé, ou plus exactement, ter un chauffeur de tourisme, bois sculptés arrivent en août
sa femme et lui ont créé Art- nommé Lucky, dont ils avaient et seront entreposés à Fosses Ben
Rivages au début de 1998. fait la connaissance lors d’un (95). Fins prêts pour leur pre-
C’était quelque temps après précédent voyage, et avec le- mier « Maison et Objet » où ils mon colon !
son licenciement. Il était cadre quel ils avaient sympathisé. loueront un stand de 9 m2. Les
commercial dans une grande Arrivés dans la maison de ventes couvrent à peine les
entreprise de biscuiterie. Celle- Lucky, ils apprennent qu’il est frais du salon, mais surprise, En 2001 / 2002, les Dresser ont un
ci a connu restructurations et parti en Indonésie où il s’oc- elles ne se font qu’au détail, contact : une relation à eux leur
reprises diverses. Et il s’est vu cupe désormais de négoce de alors que les Dresser s’atten- dit : « je connais quelqu’un en
pousser vers la sortie après une bijoux… De quoi conforter les daient à des commandes de Afrique qui fabrique des « colons ».
énième vente de l’entreprise. A Dresser dans leurs idées… Ils gros. Il va falloir revoir la Ca devrait bien se vendre… ». Et
50 ans, c’est devenu banal en retournent en France. Au dia- copie… Alain de m’expliquer : « il y a une
France… Pas affolé du tout, il ble les sacs plastiques (ils ont histoire de ces colons, à partir des
part dans de bonnes conditions eu raison…), mais l’affaire va Du coup, voilà Alain qui se (re) traditions locales (comme celle des
et songe à la suite. « J’avais bientôt être dans l’sac. Ils écri- fait VRP. Il met des marchan- Baoulés). Pendant la période co-
surtout envie de ne plus faire vent à Lucky, qui vit désormais dises dans de grands cabas et loniale, des sculpteurs ont voulu
ce que j’avais déjà fait », se à Bali, et celui-ci leur répond : part faire du porte-à-porte habiller leurs statues tradition-
souvient Alain en riant. Du « c’est ici que ça se passe »… dans les boutiques parisiennes nelles, (le plus souvent nues et
coup ils prennent le temps, L’idée d’import prend corps. En de « déco ». « J’ai éprouvé un suggestives) avec des habits de
avec Dany, de murir des pro- bons professionnels de la drôle de sentiment », m’ex- Blancs (les missionnaires y
jets. Une maison d’hôtes, un vente, le couple fait une étude plique-t-il, toujours en sou- contribuant certainement…).
p’tit hôtel dans le Midi ne leur de marché, des reconnais- riant. « Je me retrouvais dans Puis ils se mettent à sculpter des
déplairaient pas. Ce Français, sances au salon « Maison et la même situation qu’à mes dé- Blancs (en fait avec le visage
né en Belgique, et qui a fait Objet », des voyages en Indo- buts de vendeur, lorsque je rouge, ce qui donna son nom à ce
son service militaire à Tahiti nésie, en Thaïlande (au salon tournais avec des cabas de bis- type de statue : les « Rouges »).
(y’a pire…), aime voyager. de la déco)… cuits ». Et de faire aussi les sa- Les statues sont devenues en-
L’opportunité de racheter une Vive la crise monétaire ! lons « grand public » pour se suite filiformes, et de plus en
entreprise d’import de sacs Et c’est ainsi qu’Art-Rivages est faire connaitre. Et là, c’est plus décorées et habillées, sui-
plastiques en provenance d’In- créée début 1998. « On part bingo ! L’enseigne « La Maison vant les modes, comme celles des
donésie, ajoutée aux contacts acheter. Or, nous sommes en coloniale » les contacte et « sapeurs »*, par exemple ».
qu’il avait avec la Confédéra- pleine crise monétaire asia- passe une première commande
tion générale des Importateurs tique. La valeur des monnaies, significative. Puis, c’est au Voyage en Côte d’Ivoire, où les
leur donne envie d’importer notamment la roupie indoné- tourde Roche-Bobois… Et c’est Dresser vont voir le produit. « Pas 25
d’autres choses que des sacs sienne est divisée par deux ! l’enchaînement. Aujourd’hui mal ; un peu cher, mais on essaie ». BN
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ROISSY ET L’AFRIQUE

Du coup, ils montent un forme Alain. Comme, dans les


deuxième stand à « Maison et Ob- bonnes années, ils en importent
jets » (où ils n’ont pas cessé d’ex- 2500 unités, on devine facile-
poser depuis leur création) qui ment le business…
sera africain, avec les colons. Et
c’est le succès d’emblée. Les com-
mandes affluent, notamment
d’Italie et d’Espagne. Alain Dres- Pas « politiquement
ser trouve un partenaire ivoirien, correct »
qui fait fabriquer les colons (à
chaque fois une pièce unique,
tallée dans la masse, voir enca- Encore faut-il compter avec des élé-
dré) mais aussi qui va lui appor- ments imprévus. Exemple aux USA
ter d’autres objets de décorations où Art-Rivages arrive à contacter
(statues baoulés, Awalé, et même une chaine de magasins, dont
des « portes de grenier » ou des l’acheteur est très intéressé par les
« boîtes à souris ») que des fameux colons. Mais la Direction de
« traqueurs » africains vont ache- la chaîne impose son véto : les co-
ter dans les villages de la région : lons ne sont pas « politiquement
Côte d’Ivoire, Ghana… corrects » car ils peuvent être
considérés comme « racistes »…

De l’inconvénient de En revenant sur l’Afrique, je veux


Baptiste, au salon, avec, cette fois, les laques avoir les impressions d’Alain,
asiatiques en arrière plan. faire faire sa pub à comment il fait là-bas. « On
l’étranger… traîne partout, me confie-t-il.
Notamment dans les quartiers des
antiquaires, où les contacts sont
«Entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, importants et où l’on trouve des
Art-Rivages fait donc facilement merveilles ». Les relations sont
son marché, profitant, en ces bonnes et Alain a compris, visi-
temps de mondialisation, des op- blement, la mentalité africaine.
portunités. Y compris pour conce- Et de me compter des exemples,
voir et imprimer des notes comme ce jour, à Cocody, le fa-
techniques sur les produits. Chacun meux quartier d’Abidjan, où il a
sait qu’en Asie c’est pas cher. Seu- mangé par terre avec des anti-
lement voilà, une telle note a été quaires sénégalais, à la main, un
faite en Indonésie, à propos des co- excellent thiboudien, le fameux
lons. Et du coup, les imitations riz au poisson, leur plat national.
asiatiques des colons africains se «En Asie, c’est différent, les rela-
sont multipliées : « on en fabrique tions sont plus distantes…».
même en Chine », maintenant,
soupire Alain. Ce qui n’arrange pas Mais il faut savoir acheter. Et le par-
les choses sur ce produit, d’autant tage des tâches, entre Alain et
qu’en France, l’engouement pour Dany (ils voyagent toujours ensem-
les « Arts premiers » est terminé (la ble), ça a été vite fait. « Si je choisis
fin de cet engouement a corres- un objet, on peut être sûr qu’il ne
pondu, m’apprend Alain, à l’ouver- se vendra pas ! », rigole Alain. C’est
ture du Musée Branly qui leur sont Dany qui a le flair pour trouver les
consacrés, ce qui est étonnant). bonnes affaires, celles du moins qui
Mais heureusement, pas à l’étran- se vendront. Alain, lui, s’occupe de
ger, et notamment l’Italie, qui reste toute la logistique, fait l’interprète
un client important pour les ventes et le commercial en chef… En fait,
de colons. Il reste qu’un colon c’est Dany qui avait « poussé » à
26 Cette statue m’a tapé dans l’œil. Elle me s’achète au détail, chez Roche-Bo- créer l’entreprise.
BN rappelle… plusieurs personnes (ah ! bois, entre 400 et 600 euros, m’in- En descendant voir le show-room,
26
« Les seins pointus comme des sagaies » !).
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ROISSY ET L’AFRIQUE

que je n’avais pas encore décou- moment venu. Mais Alain ne j’ai pu le constater sur leur
vert, Alain me confie qu’au me semble pas pressé… stand, à Maison & Objet.
début de l’aventure, c’était
plutôt le plaisir des voyages Art-Rivages ne vend pas aux par-
qui les motivaient. Puis, avec ticuliers, et c’est bien dommage.
les opportunités, l’affaire est « Portes ouvertes » « Mais », m’annonce Alain,
devenue plus business, avec « comme nous sommes souvent
une croissance de 10% par an. sollicités, c’est pourquoi nous
Installée depuis 6 ans à Epiais, La visite du show-room est venue avons décidé d’organiser, c’était en
dans des locaux appartenant à terminer l’entretien. L’image novembre dernier, une journée
la famille Duru (près de la est facile, mais c’est une véri- expo-vente ouverte au public ».
Ferme du Manoir), Art-Rivages table caverne d’Ali-Baba, où se
offre un catalogue de 1600 ré- mêlent laques de Chine, co- RoissyMail.com en a parlé et le
férences (à voir sur leur site lons, tabourets, lampes, sta- bouche-à-oreille a fonctionné. Une
internet) dont 4 à 500 nou- tues africaines, bouddhas de responsable de la com’ d’une
velles chaque année. Et l’en- toutes sortes et de toutes grande entreprise aérienne du coin
treprise, qui fait un chiffre tailles, masques ethniques, bi- (cliente à nous) a même fait
d’affaires de 1.2 million d’eu- joux, terres cuites, soieries, quelques achats… conséquents…
ros, fait des bénéfices. Elle bronzes, vannerie en osier, en De quoi renouveler cette journée
compte 8 employés, et l’avenir bambou, en rotin… les années à venir…
est assuré : Baptiste, le « nu-
méro 2 » de l’entreprise, qui Et même des objets incroyables EV
m’avait bien reçu lors de l’ar- comme des grosses racines « Sapeur » : partisan de la « sape »,
mouvement lancé par des Congolais
rivée du container, un ami de d’arbre, décoratives, qui se (ou des Zaïrois) amoureux des habits
la famille, reprendra l’affaire le vendent une fortune comme chics, de marques, de griffe…

Tout savoir sur Art-Rivages


www.art-rivages.fr

27
BN
26
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

Sud-Charles de Gaulle, Gonesse, Sa


Saint-Mard…

Panorama du déve
nouvelles zone
économique
Les zones d’activités économiques, fa
Les zones d’activités économiques ponibles… Nous avons choisi de pour tout le monde. Cela fait tra-
(ZAE) poussent comme des cham- vous en présenter quelques-unes. vailler des aménageurs, des archi-
pignons sur le pôle de Roissy. Les Mais il faut savoir que le suivi par- tectes-urbanistes, des consultants,
« anciennes », bien sûr, dans les- fait de toute l’actualité écono- des entreprises du BTP, des espaces
quelles il se passe toujours quelque mique du pôle, même si nous verts, de l’eau et de l’assainisse-
chose : nouvelles implantations, sommes bien informés, dépasse ment, des conseils en immobilier
nouvelles constructions. Prenez nos seules capacités. Tout va si d’entreprises, des vendeurs de mo-
l’exemple de Paris Nord 2 : on pour- vite ! Il faudra, si une structure bilier de bureau… Puis, lorsque les
rait penser que le parc international commune à l’ensemble du pôle voit entreprises s’installent, des emplois
d’activité est « terminé », et bien le jour, comme l’Arlésienne « Com- y sont créés ou transférés, eux
on voit toujours des constructions munauté aéroportuaire », créer un aussi source d’activité pour les
en cours. Idem pour la ZAC de la puissant observatoire économique, commerces, les entreprises liées à
Villette-aux-Aulnes, à Mitry-Mory, capable de quantifier l’existant et l’habitat et... les autres entreprises.
qui s’est bien remplie et qui est de- ainsi promouvoir l’ensemble de Les communes et les autres collec-
venue une très belle zone. Cette notre région, si dynamique. tivités locales s’y retrouvent en
année voit le début opérationnel percevant les taxes locales, et, bien
de plusieurs nouvelles zones, sur le sûr l’Etat… Un exemple, un seul,
périmètre du pôle de Roissy, au en matière fiscale : en 1983, la
moins tel que le définit la carte commune de Moussy-le-Neuf per-
Roissy 2025. Cela confirme l’attrac- Acharnement cevait quelques 80 000 F de TP de
tivité de la région aéroportuaire, environnementaliste la part de ses quelques artisans et
dont il faut toujours rappeler les commerçants. Autant dire, rien. A
atouts : aéroports CDG et du Bour- cette époque, le maire, avisé, a dé-
get, parcs d’exposition de Villepinte cidé de créer un quartier destiné à
Quand une nouvelle zone d’activi-
(qui va s’étendre) et du Bourget, accueillir des entreprises : « La Ba-
tés voit le jour, c’est tout boni,
autoroutes, RER, TGV, espaces dis- rogne 1 ». Dans la description que
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

Saint-Pathus, Villiers-le-Bel, Vémars, Moussy,

veloppement des
es d’activités
es du pôle de Roissy
s, facteur de croissance
nous avions faite de la ZAE dans le ments : requalification dans le
premier Bénéfice.net (juillet 98) le cadre de l’ANRU, lotissements di-
produit de la TP était monté à vers (comme à Dammartin, Ville-
2.5 millions de F. « Et ce n’est pas ron ou à Louvres), qui ajoutent
fini », écrivions-nous alors. Eh au dynamisme économique de
bien le produit de la TP pour notre région. Ils feront l’objet
cette commune de plus de d’un prochain article.
2781 habitants, est désormais de
450 000 euros (soit 2.9 millions F), La création d’une ZAE est donc
sans compter le produit des par- toujours une bonne nouvelle !
ties « communautaires » de la
zone (138 000 € en 2007) qui C’est toujours le produit d’un dos-
vont à la Communauté de com- sier complexe, faisant appel à des
munes dont le maire, Bernard Ri- professionnels et à des élus avi-
gault, est le Président, et sans sés. Et, puisque c’est dans l’air du
compter le produit de la taxe fon- temps, sachez que tous les pro-
cière. jets en cours font preuve d’un
Et, pour être complet, sans comp- acharnement environnementa-
ter les réductions des bases de la liste et autres HQE débordant :
TP que l’Etat a consenti aux en- c’est à celui qui sera le plus vert !
treprises, mais… avec l’argent Voici un point d’actualité. Vous
des collectivités locales… Il faut pouvez vous aider, pour situer les
signaler enfin, bien que ce ne ZAE, de la carte Roissy 2025
soit pas l’objet de cet article, les (www.vppcom.com/carte).
nombreux chantiers en cours ou 31
en projet, concernant les loge- EV BN
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

Gonesse en forme
Les zones d’activités de Gonesse sont importantes et bien
situées, même si certaines auraient bien besoin d’un coup de jeune.
Zoom sur ses nouvelles ZA :
1) Le Triangle de Gonesse bientôt fini ?
Le « Triangle de Gonesse » est un C’est là que doit se faire un jour Gonesse de faire une étude de « dé- autour de la future gare RER. On
vaste espace situé entre l’ancienne une gare RER qui accueillera la finition urbaine et technique » pour peut toutefois s’interroger sur les
RN 17 et l’A1, en forme de triangle. jonction entre le RER D et le RER B les secteurs central et sud. lenteurs du dossier, et, singulière-
C’est un emplacement stratégique, et l’aéroport CDG. Ce secteur a déjà ment, de celui du raccordement
dont l’aménagement global fait fait l’objet de nombreuses études Et, at last but not least, en 2006, des RER D et B et de la gare. En
l’objet de convoitises, même si tout (voir BN n°2 déc.98) : celle de l’as- un nouvel arrivé, l’EPA Plaine de effet, selon de nombreux élus du
traîne un peu. C’est « le plus vaste sociation Euro Val d’Oise (regrou- France a lancé « après consultation, Val d’Oise, ce raccordement per-
espace non urbanisé le plus proche pant à l’époque les communes un marché de définition visant à mettrait aux populations d’accéder
de Paris », indique la page « Econo- concernées par le Triangle : outre définir une programmation globale, plus facilement aux emplois de
mie » du site web de la ville. Il faut Gonesse, Roissy, Le Thillay, Bon- un plan stratégique d'ensemble (qui CDG. On se demande pourquoi ça
dire que le dossier est complexe. neuil et Vaud’herland), qui fut re- prenne en compte le développe- ne va pas plus vite ! Essayez donc
Au Sud a été aménagée, avec suc- prise partiellement par le SDRIF de ment des zones contiguës) et un de trouver quelqu’un qui connaît
cès, la ZAC des Tulipes, par l’AFTRP. 1994. Puis un premier « concours projet d'aménagement ». Le 11 dé- bien le dossier : on est preneur !
Au Nord, sur le territoire de Roissy- international d’idées » eu lieu, em- cembre de la même année 3 Sur la pointe Sud du Triangle, la
en-France s’étend le territoire du porté par l’architecte-urbaniste Mi- équipes ont été sélectionnées et un ZAC des Tulipes continue, avec le
futur golf de 18 trous, dont les chel Macary. Le SIEVO (syndicat jury composé de responsables poli- futur village d’entreprise (Parc
contours précis devraient être intercommunal pour l’Est du Val tiques du secteur décidera en avril PME) qui va être construit par
bientôt connus. Entre les deux, d’Oise) s’en est mêlé et ensuite un 2008 le dossier qui sera retenu. Nexity, des ateliers locatifs que
une zone centrale, un large espace schéma de secteur a été réalisé par devrait construire la CCI (voir
d’autant plus disponible que le PEB l’urbaniste François Grether pour l’ex- Nul ne doute que le « Triangle » va l’illustration). Un petit centre
(Plan d’exposition au bruit) y in- Mission Roissy. Puis l’AFTRP avait été se faire et qu’un nouveau quartier commercial (30 000 m2 sur 8 hec-
terdit la construction d’habitat. chargée, en 1998, par Bonneuil et commercial et d’affaires sera créé tares) est prévu aussi.

Les futurs Ateliers locatifs, construits par la CCI du Val d’Oise (agence Henriet-Alméras)

2) Gonesse Aéropark
C’est l’autre aménagement écono- glais, coté aux bourses de Lon- visibles en lots de 700 à 5 000 m2. Paille) et un autre est presque ter-
mique du moment de la ville de dres et de Paris. La ZAC, qui pré- La première tranche (3 bâti- minée (La Criée).
Gonesse. Anciennement appelée voit 56 500 m2 de surfaces, sur 14 ments, 19 900 m2) sera livrée cet Vous en saurez plus sur le site ad
« ZAC Entrée Sud », elle est aména- hectares paysagés est en cours été pour une mise à disposition au hoc : www.aeropark-gonesse.com
32 gée par SEGRO (Slough Estate d’aménagement et de construction. 3ème trimestre 2008. Mais déjà un C’est CBRE qui commercialise
BN Group), un opérateur foncier an- Il y aura 10 bâtiments au total, di- restaurant y est ouvert (Courte (01 53 64 33 27).
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

Roissy Porte de France :


toujours à la pointe !
1) Vémars : 10 bassins étagés
de rétention des
c’est bien parti Ecran végétal
Ecran végétal eaux pluviales
Ecran végétal
séparation pars:village
dense
dense Activité logistique Voie cardinale sur 60m de large

Les bulldozers sont à l’ouvrage


depuis peu dans cette future
zone de quelques 50 ha, dont
l’accouchement fut difficile.
Réalisées sous forme de lotisse-
ment, les intervenants sont Da-
niel Compiègne (Senlis) qui a
fourni le foncier, GSE, le fameux
contractant général qui va
construire, pour le compte de
Prologis 178 000 m2 d’entrepôts.
C’est une grosse opération, non
loin de celle de Moussy-le-Neuf,
la commune voisine.

Activité messageries Bassin terminal paysagé Activités industrielles Services collectifs


de rétention des eaux PME/PMI
pluviales

2) Louvres : profondes mutations en cours


La ville de Louvres va connaître en- mune est située non loin de CDG, tion prend désormais place dans un commerces et des habitations, et
core de profonds changements ces mais hors zone de bruit. Une ZAC plan d’ensemble, au cœur duquel d’aménager concurremment la nou-
prochaines années, mais les dos- d’activités est prévue depuis long- se trouve le futur « pôle gare ». Et velle ZA. C’est l’EPA Plaine de
siers sont déjà en cours d’étude. temps, la « Butte-aux-Bergers », à comme l’actuelle zone d’activités France qui pilote le projet, qui a
Cette ville est appelée à voir sa po- l’Est des zones urbanisées. Un amé- est située juste à côté de la gare fait l’objet de nombreuses études,
pulation augmenter d’une manière nageur devait être désigné, il y a RER, l’idée est de libérer petit à en liaison bien sûr avec la com-
importante, d’autant que la com- déjà plus de deux ans, mais l’opéra- petit les terrains de la ZA pour des mune et Roissy Porte de France.

3) Roissy-en-France : toujours plein de ZAE en cours


- Parc Mail (aménagé par l’AFTRP), dans la par- de construire qui sera déposé fin et même un fitness… Mais l’équipe
tie « Demi-Lune », en face de mai prochain, pour une mise en ser- travaille actuellement, en liaison
Ca a été annoncé au dernier SIMI, Fedex, un « Parc Mail », sur 16 ha. vice fin 2009. Sylvain Bertrand, qui avec la CC Roissy Porte de France sur
le salon parisien de l’immobilier En tout 55 000 m2 pour des acti- dirige le projet chez Sogelym, in- des transports en commun permet-
d’entreprise. Le promoteur investis- vités tertiaires vont être construits siste sur la qualité du futur site avec tant de relier efficacement les RER B
seur suisse Sogelym-Steiner, dont le en 5 tranches, sur un vaste espace des services importants comme un et D, et le cabinet conseil du futur
34 siège français est à Lyon, va créer, paysagé. Une première tranche de RIE (restaurant interentreprises), golf de Roissy, mitoyen, pour des
BN dans « RoissyParc International » 10 000 m2 fera l’objet d’un permis une crèche, un gestionnaire sur site, synergies possibles.
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Le programme permettra du locatif - Les 18 trous de Roissy tractivité du pôle de Roissy. Une 2010. C’est un beau projet, très
et de la vente clé en main, pour des Académie de golf est même pré- bien situé. Les choses sont en
modules allant de 1200 à 13000 m2, Derrière le futur Parc Mail, va se vue. cours et les entreprises peuvent
jusqu’à 10 000. Enfin, si les prix ne créer un golf de 18 trous. L’an- déjà s’y intéresser : on parle de
sont pas encore tout à fait fixés, nonce n’est pas nouvelle, mais - ZAC Sud Roissy : bureaux, de logements dont une
grâce aux nouvelles méthodes de les choses vont bon train. Un pas avant 2010 MAPAD (c’est sûr), de commerces
constructions et de gestion, les Bureau d’études travaille sur le dont un bowling...
charges seront « maîtrisées », ce qui dossier et, contrairement à ce On en a déjà parlé (voir BN 23
permettra d’être compétitif, promet qui avait pu être entendu ça et page 18). L’entrée Sud de Roissy - Airapolis : ça avance
M. Bertrand. là, le golf ne sera pas associé à (où est situé notamment l’éle-
C’est Atis Real et DBX qui com- un programme immobilier d’en- vage de cochons) va faire l’objet Le grand projet (centre d’exposi-
mercialisent. Les contacts pour vergure, seul un Club House est d’un grand aménagement sur tion, hôtels…) imaginé par
Parc Mail sont donc M. Bertrand prévu. La présence d’un 18 trous 11hectares. Ca devait commencer Heinz Gloor, situé à Roissy-Vil-
à Roissy, avec tout le potentiel en 2007 mais l’aménageur (la SE- lage avance. Les terrains ont été
(04 72 74 69 69) et www.soge-
hôtelier de la région sera un MAVO, la SEM du 95), par la voix acquis par la Communauté de
lym-steiner.fr et Roissy Dévelop-
de son Directeur, Eric Renkert, communes puis revendus à une
pement au 01 34 29 45 89. atout supplémentaire pour l’at-
nous pré- SARL : Roissy Euro Centre, dans
cise que, vu le capital duquel se trouve le
la com- président du World Trade Center
plexité du de Sao Paulo, Gilberto Bomeny,
dossier, les ami de H. Gloor. Le maire de
différentes Roissy, André Toulouse, s’est dé-
procédures placé récemment au Brésil pour
risquent aller le rencontrer, visiter le WTC
d ’ ê t r e et parler de l’architecture d’Aira-
longues et polis. Il en est revenu enthou-
la réalisa- siaste. Déjà la CDEC a autorisé les
tion est re- 3 hôtels prévus. Un dossier que
Voici ce à quoi pourra ressembler Airapolis, ici près du rond-point « Cosson »
(image : Axel Schoenert Architectes Associés) portée à nous suivons, évidemment.

CDG Est :
une ruche d’activités
« Nos futures extensions concernent le territoire
seine-et-marnais » a précisé René Brun, directeur
de l’aéroport CDG à « Trajectoires », le journal de
Seine-et-Marne Développement. Après l’ouverture
du terminal S3 et celle, toute prochaine du nou-
veau terminal régional 2G (en septembre 2008),
ce sera celle du satellite S4 en 2012 (500 millions
d’euros investis, hors traitement bagages) en
2012. Toute la partie Est de CDG est en chantier :
nouveaux taxiways, nouveaux parkings avions,
voitures, nouvelle tour de contrôle (la 4ème),
nouveaux espaces pour les entreprises comme
La quatrième tour
Servair, Acna ou Air France Industries. Les mou- de contrôle en
vements de camions de terrassement sont inces- Partout, à l’Est de CDG, terrassements, camions construction
sants depuis des mois, les bétonnières tournent à bétonnières…
plein régime. Tout cela donne du travail aux en- 37
treprises de BTP, à leurs sous-traitants… BN
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

Canton de Dammartin :
Ça bouge beaucoup dans ce secteur, de mieux en mieux placé
car il est situé à l’Est de CDG, qui concentre l’essentiel du déve-
loppement futur de l’aéroport (S3, S4, diverses zones pour acti-
vités comme nous venons de le décrire) et qui sera desservie par
le futur contournement « Nord » de la Francilienne.
1) Le Mesnil-Amelot : 60 ha toujours en attente
Depuis des années devait être 60 ha). Mais la situation com- ture auquel, selon nos informa- père, qu’une fois les élections
choisi un aménageur pour la plexe à la Communauté de com- tions, 3 opérateurs (Rhéa, municipales passées, les choses
nouvelle zone « intercommunau- munes Plaine de France ne l’a l’AFTRP et Nexity) ont répondu, s’accélèreront. C’est une des
taire » du Mesnil, située juste en pas permis encore à ce jour, mal- mais n’ont jamais reçu de ré- zones les plus prometteuses du
face de CDG (sur un peu plus de gré un récent appel à candida- ponse. Nul doute, enfin on es- pôle.

2) Saint-Pathus : logistique
C’est une grande zone d’activité lo- américain AMB. C’est Laurent
gistique qui est en cours d’aména- Latte, qui en est l’architecte et le
gement à Saint-Pathus (77), située paysagiste. Le permis de lotir est
au Nord-Est du pôle de Roissy, sous purgé, les travaux de viabilisation
forme de lotissement. 52 ha au et de terrassement sont en cours,
total sur lesquels vont être et seront terminés avant l’été. Les
construits 212 000 m2. C’est une permis de construire seront déli-
opération menée conjointement vrés avant l’automne 2008, pour
par Van Maerk Immo, un « general des constructions qui débuteront
contractant » lillois et par le leader début 2009. Ce que sera la future zone de Saint-Pathus (illustration Laurent Latte)

3) Dammartin-en-Goële : pas facile de s’y retrouver. 20 ha pour AMB.


La ZAE de Dammartin, dont on Logistique, puis par Kuhne&Nagel, En revanche, les choses avancent sur construction du lycée. Or, en dé-
ne sait pas très bien quel nom logisticien lui aussi. Pas moyen la ZAC de la Folle Emprince, (foto) cembre 2007, le recours a été levé,
elle a (Prés Boucher), est aussi d’avoir des infos chez eux sur qui est en face de la ZAE, et que va les mauvaises langues disent que
bien située, avec un accès à la l’aménagement et la gestion de la aménager Nexity (Foncier Conseil). c’est à cause d’un accord politique à
2X4 voies RN2, est difficile à sui- ZAE : on va dire que leur métier Plusieurs centaines de logements gauche : Monique Papin est devenue
vre, les différents opérateurs principal est la logistique, et non (814) doivent y être construits, et président du Comité de soutien de
(hors Nexity) n’étant pas très l’aménagement… Un projet d’ex- un lycée. En 2006, la mairie de M. Corneille (PS), candidat aux can-
communicants. Merci quand tension d’une vingtaine d’hectares, Dammartin jugeait « obscures » tonales et successeur désigné de M.
même à M. Labourdette, de la au nord de la zone, vers Othis, est (voir BN 23 page 23) les raisons qui Romandel, maire d’Othis et conseil-
mairie de Dammartin, pour ses inscrit au SDRIF depuis des an- avaient poussées la mairie voisine ler régional (apparenté commu-
tuyaux, mais on sent quand nées. Il semble que les choses bou- d’Othis (politiquement à gauche, niste). Si cela est vrai (aucune
même que le développement gent car ces hectares viennent comme celle de Dammartin) à dé- communication n’a été faite à ce
économique n’est pas la tasse de d’être acquis par l’Américain AMB, poser un recours administratif sujet) on peut s’étonner de pareilles
thé de la municipalité. Cette qui a déposé un permis de lotir. contre le PLU (Plan local d’urba- manœuvres, qui aura fait perdre
zone a été achetée voici 20% de cette surface seraient nisme) de cette dernière, bloquant deux années au moins à la construc- 39
quelques années par l’ex-Hays consacrés aux activités logistiques. de fait l’avancée de la ZAC et la tion du lycée et des logements... BN
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

4) Saint-Mard : le futur Parc d’activités de la Goële sur 70 ha


au Berger », associant Rhéa et un in- ponsable de Rhéa. Le démarrage
vestisseur, le groupe Desjouis. des travaux est prévu fin 2008.
La réalisation est prévue sur
Ce Parc est bien parti. En bonne 7 années. Bonne nouvelle, le
intelligence, l’aménageur a créé groupe PRD (www.prd-fr.com), un
avec les collectivités un comité de investisseur promoteur, s’est
pilotage réunissant les parties pre- porté acquéreur pour 36 ha au
nantes sur l’ensemble de l’opéra- total, dont 16 consacrés à la lo-
tion. Sur la Fontaine-aux-Bergers gistique.
241 000 m2 de surface seront
construits dont 2/3 consacrés aux Quant à la ZAC communale « Les
On peut bien voir, grâce à cette belle perspective, le futur Parc de « activités » et à la logistique, Deux-Moulins », 30 000 m2 de
Saint-Mard, le long de la N2 (image Agence Malot et Associés- celle-ci étant limitée à 75000 m2. surfaces sont prévues pour des
Bureau d'étude A.T.T.B). Un terrain de 5000 m2 sera donné commerces, activités industrielles
Les espaces disponibles pour les nouvelles zones d’activités y sont par l’aménageur à la CC pour un et tertiaires, de la restauration et
activités économiques à Saint- créées, formant le Parc d’activités équipement public. L’ensemble des services. La durée de réalisa-
Mard (77) sont une vieille his- de la Goële : une ZAC intercommu- sera bien sûr paysagé et les équi- tion prévue est de 4 ans.
toire. Il était question, depuis les nale (Communauté de communes pements publics (voiries, espaces
années au moins 90, d’y établir (CC) de Dammartin PGM) nommée verts…) seront remis à la collec- Vous situerez bien les deux zones
une gare de fret ferroviaire, qui « Fontaine-du- Berger » sur 63 ha tivité après l’achèvement de la sur la carte Roissy 2025 et sur l’il-
n’a jamais vu le jour. Du coup, et une ZAC communale « Les Deux- ZAC, « d’où la recherche d’un coût lustration. Le contact pour ces
ces espaces ont été repensés. Moulins » sur 7 ha. Le concession- de fonctionnement raisonnable », opérations, c’est Mme Dercourt,
Sur le plan administratif, deux naire est la « SARL de la Fontaine assure Catherine. Dercourt, res- au 01.46.86.03.67

5) Moussy-le-Neuf. Barogne 8 : « Accès Nord » sur 26 hectares


La zone d’activité ou plutôt les en 1980, La Barogne, par ses ex- encore « Accès Nord » a été lancée ments pour 93 223 m2 de surface.
zones d’activités de Moussy-le- tensions successives, atteint par IMC Promotion (Daniel Com- Les PC ont été délivrés en janvier.
Neuf répondent au nom de « La désormais la taille d’environ 55 piègne), alliée au promoteur Cibex, Un premier bâtiment de 16 572 m2
Barogne ». Initiées par le maire, hectares, dont 26 vont être qui a amené Gecina, un gros inves- va être construit et sera livré en
Bernard Rigault, (également prési- construits bientôt. La nouvelle tisseur immobilier européen côté 2009. Les commercialisateurs sont
dent de la CC de Dammartin PGM), tranche, dénommée Barogne 8 ou en bourse. Au programme, 4 bâti- DBX, Jones Lang Lasalle, et Savills.

Ce que sera « Accès Nord » à Moussy-le-Neuf.

6) Saint-Soupplets : Altra termine sa zone de 4 hectares


C’est la société Altra (Dammartin) tissement dans le prolongement 6000 m2 sont aménagées. Il en au 01.60.03.44.22
40 qui a été choisie pour aménager de celles existantes, à Saint- reste quelques unes à vendre. Le (voir publicité).
BN une petite ZA sous forme de lo- Soupplets. 12 parcelles de 2000 à bon contact c’est Sylvain Muscianese
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Aulnay-
sous-Bois :
une petite
zone franche de
2.1ha
Le tissu de ZAE d’Aulnay, déjà très important, va
s’enrichir d’une petite dernière : la ZAC des Aulnes,
située au milieu du grand boulevard urbain, dans
les quartiers Nord, presqu’en face de la Maison de
l’Entreprise et de l’Emploi (M2E). Sur 2.1 ha, elle
développera 7400 m2 en tertiaire (bureaux) et 7900
en activités. La livraison est prévue pour 2010. C’est La future ZAC des Aulnes, sur le terre-plein du Boulevard urbain, en pleine zone franche
la Sidec, une SEM du 93, qui aménage
(www.sidec.fr).

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BN
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

Villepinte : l’extension du Parc


d’exposition est lancée.
Naissance d’un géant : VIPARIS
C’est un évènement : le 28 jan- pectifs des congrès-exposition, RIS. Les sites concernés sont, A cette occasion, le coup d’envoi
vier dernier la CCIP, propriétaire aussi bien au niveau de la pro- pour Unibail : le parc d’expo de a été lancé pour la construction
du parc d’Exposition a officialisé priété et de la gestion des sites la Poste de Versailles, le CNIT, le du nouveau hall de 36 000 m2
son mariage avec Unibail-Ro- que de l’organisation de salons. Carrousel du Louvres, l’Espace dont la mise en exploitation est
damco dans leurs domaines res- La nouvelle entité s’appelle VIPA- Champerret et l’Espace Grand prévue dès 2010. Ce qui fera au
Arche. Pour la CCIP, outre Ville- total 240 000 m2 de surface d’ex-
pinte, le Parc d’expo du Bourget, position. Mais le programme com-
le palais des congrès de Ver- plet de l’extension l’amènera
sailles, le palais des congrès de progressivement à 350 000 m2. De
Paris (porte Maillot). Au total quoi en faire un super champion
575 000 m2 de surfaces dédiées. européen, avec l’ensemble de la
Les noces se sont déroulées à place de Paris.
Paris Nord Villepinte en présence
de deux ministres, pas moins : Vous en saurez plus sur :
Christine Lagarde et Luc Chatel. www.viparis.net

VEND À SAINT-SOUPPLETS (77)


Lancement officiel de Viparis et de l’extension de Paris Nord Dans la Nouvelle Zone d’Activités
Villepinte, le 28 janvier dernier. On aperçoit le Président de la CCIP,
Pierre Simon, Christine Lagarde, Martine Valleton, maire de
Villepinte, Luc Chatel, Guillaume Poitrinal, Président du Directoire
Des terrains aménagés à partir de 3 000 m2
d’Unibail-Rodamco.
Disponibilité immédiate
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sur le Pôle de Roissy
et en Ile-de-France
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Pose de la première pierre avec, Pierre Simon, G. Poitrinal,
42 Luc Chatel et Christine Lagarde. NOUS CONTACTER AU : 01 48 63 90 80
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Aéroville : 270 millions d’euros


pour un projet de centre commercial
controversé
Nous avons déjà évoqué, tant sur l’aéroport ne devrait pas accueil- Saint-Denis car cette CCI dépend La décision reviendra à la CDEC
BN que dans RoissyMail le projet lir de tels équipements, mais de celle de Paris, alliée désormais (commission d’équipement com-
d’ADP et d’Unibail-Rodamco : un plutôt des entreprises liées au à Unibail : on ne la voit pas s’op- mercial) du 93 et à la CNEC
grand centre commercial en secteur aérien et international. poser à un projet de son nou- (commission nationale) en cas
pleine zone de fret 4 à CDG, juste veau et puissant partenaire. d’appel. Si Aéroville se fait, ça
à côté de Paris Nord 2. 100 000 m2 Ce qui ne devrait pas être l’avis De toute façon, ADP est maître sera une quasiment nouvelle
au total, 270 millions d’investis- de sa collègue la CCI de Seine- chez elle… ZAE…
sement, 4 700 places de par-
king…

Situé à cheval sur les com-


munes de Tremblay (93) et
Roissy-en-France (95) ces deux
villes soutiennent le projet. De
nombreuses oppositions se sont
exprimées envers ce projet, no-
tamment les villes de Gonesse,
Aulnay (qui veut défendre son
centre Parinor, en plein agran-
dissement) et Dammartin…

La Région Ile-de-France est


également contre. L’affaire de-
vient politique…

Les principales craintes concer-


nent le surdimensionnement du
projet et les encombrements de
circulation engendrés, dans un
secteur déjà thrombosé. Cer-
tains pensent, comme la CCI
Versailles Val d’Oise Yvelines,
On voit très bien ici le projet Aéroville, sur CDG (fret 4) et en face de Paris Nord 2 (foto Urbapresse).
qui s’est opposée au projet, que

L’immobilier d’entreprise et RoissyMail


Dès qu’il y a quelque chose de nouveau ou d’intéressant sur le pôle de Roissy en matière d’immobilier d’entreprise (et il y en a beaucoup),
vous aurez toutes les chances de l’apprendre en lisant notre newsletter RoissyMail (www.roissymail.com). C’est aussi un excellent média
pour la publicité, pour promouvoir une vente ou une location. RoissyMail paraît 2 à 3 fois par semaine, selon l’actualité. Plus de 7200
personnes y sont abonnées (au moment où nous éditons ce mag, début février 2008), mais est lue, grâce aux très bons référencements
de ses articles par les moteurs de recherche, par bien plus de monde. Les lecteurs sont principalement des chefs et cadres d’entreprises,
des élus et des « administratifs », des cadres des agences de développement économique et… un nombre croissant de journalistes.
44
BN
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).
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

L’ AFTRP
historique
Son nom, « Agence
Foncière et Technique de
Michel Bournat, Directeur délégué Nord de l’AFTRP
la Région Parisienne » a
aujourd’hui un petit air
désuet. C’est que cette
agence, (un « EPIC » :
établissement public à
caractère commercial) fut
créée par l’Etat en 1962
pour être le « porteur
foncier » des futures
villes nouvelles décidé
par le plan Delouvrier de
l’ancienne « région
parisienne », devenue
aujourd’hui l’Ile-de-France.
Depuis cette date,
l’Agence a bien changé et
Le territoire d’intervention de la Délégation Nord de l’AFTRP
elle va encore changer.
Le futur quartier de la Pépinière, à Villepinte, accueillera un millier d’habitants. Beaucoup de nos lecteurs
connaissent l’AFTRP,
dont le PDG est
M. François Delarue,
nommé en janvier 2006
(voir RoissyMail n°106).
L’Agence est aussi un
opérateur historique sur le
pôle de Roissy, avec son
« navire amiral »,
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Paris Nord 2.
BN Mais les choses bougent…
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

P : un opérateur
e en pleine mutation.
Nous avons voulu faire le point des terrains. C’est ainsi qu’elle a les voix des représentants du doit désormais répondre aux ap-
des activités de l’Agence dans pu vendre 20.7 hectares qu’elle Conseil régional et des Départe- pels d’offres, comme elle l’a fait
notre région. Pas mieux pour cela avait acquis auparavant, à la ments d’Ile-de-France augmenter. récemment pour des futures
que de rendre visite à Michel SIPAC, la société de la Chambre Il est à noter que l’AFTRP ne bé- zones d’activités en Seine et
Bournat, Directeur de la déléga- de Commerce de Paris pour néficie d’aucune subvention de Marne. L’aménageur public AFTRP
tion « Nord », créée en 2001 et l’agrandissement du parc d’expo- fonctionnement et vit de ses opé- va devoir désormais faire du
qui a pris le relais, en l’amplifiant sition de Paris Nord Villepinte, et rations. On aurait pu penser que « commercial ». Enfin, il faut
(voir son « territoire ») de l’an- va pouvoir aménager la ZAC « Sud l’Agence passe sous le contrôle noter une autre modification du
tenne de l’agence, installée de- Charles-de-Gaulle » (voir enca- entier de la Région, comme il en panorama des acteurs de l’aména-
puis bien plus longtemps à dré). a été pour le STIF (l’autorité des gement du territoire de la Plaine
Paris Nord 2. transports publics régionaux). de France et du secteur roisséen,
Depuis sa création, l’AFTRP a en- C’est certainement à cause de avec la création de l’EPA Plaine
Revenant sur l’histoire de l’AFTRP, richit ses compétences et diver- cela que la Région a voulu créer de France dont le rôle premier est
Michel Bournat nous rappelle sifié le champ de ses son propre établissement foncier d’impulser et conduire des ré-
que, de « porteur foncier » pour interventions : expertise fon- (EPFR), récemment (voir enca- flexions stratégiques sur ce vaste
les villes nouvelles, l’Agence est cière, aménageur, puis dévelop- dré). Mais, interrogée sur ce territoire en mutation, mais aussi
devenue, forte de son savoir-faire peur urbain, mais aussi point, l’Agence pense « qu’il n’y de conduire des opérations sur le
« porteur foncier » sur fonds pro- mandataire d’équipements pu- a aucune logique à ce (qu’elle) terrain…comme l’AFTRP.
pres pour d’autres collectivités blics (comme la base de loisirs de passe à la Région puisque les
locales. Et, comme il n’y a qu’un Torcy par exemple). C’est au- compétences en urbanisme opé- En ce moment, l’AFTRP a « en
pas à faire pour « glisser » du jourd’hui une équipe d’environ rationnel appartiennent aux portefeuille » une cinquantaine
« foncier » à l’aménagement, 170 personnes, dont 80% de ca- communes et structures inter- d’opérations dans toute l’Ile de
l’Agence l’a franchit en devenant dres, spécialistes de l’ingénierie communales. C’est tout à fait dif- France, dont - outre donc Paris
aménageur, au début des années foncière et immobilière, et de férent du STIF dont le « transfert » Nord 2 – une petite quinzaine
70, avec la première ZUP (Zone l’aménagement urbain, capables à la région ne fait qu’aligner l’Ile- dans notre secteur roisséen, gé-
d’Urbanisation Prioritaire) de de piloter des projets importants de-France avec 20 ans de retard rées par la Direction Déléguée
Vitry (94) mais surtout avec et complexes. Il faut parcourir le sur l’ensemble des autres régions Nord (14 personnes), et notam-
Paris Nord 2, aujourd’hui termi- site web de l’Agence qui ont des compétences en ma- ment :
née et qui connait le succès que (www.aftrp.com) pour se faire tière de transport ». Dont acte,
une idée plus juste et plus vaste
l’on sait. Elle est aussi la « gar- donc. - la ZAC « des Tulipes, sud et nord »
de l’action régionale de l’Agence.
dienne » des terrains « zadés », à Gonesse (avec l’installation
c’est-à-dire situés dans une ZAD Enfin, le plus important peut- entre autres de DGX Pharma et du
(zone d’aménagement différé). être, et c’est une révolution, c’est nouveau siège de Manutan), où a
Une ZAD, c’est un dispositif per- Révolution ? que, suite à une jurisprudence ré- été lancé un concours pour l’amé-
mettant aux terrains situés sur le cente, les aménageurs (privés nagement d’un centre commercial
périmètre d’un projet annoncé de comme publics) sont désormais de 30 000 m2 sur 8 hectares.
ne pas faire l’objet d’une spécu- Longtemps considérée comme soumis à la concurrence. Fini le
lation, en attente de la réalisa- « le bras séculier » de l’Etat dans temps donc, où l’aménageur agis- - Les zones de la « Demi-Lune »
tion de ce projet. Tel a été la région, le statut de l’AFTRP a sait dans le doux confort des re- et du « Moulin », (qui forment
notamment le cas au sud de CDG, évolué ces dernières années. lations directes avec les Roissy Parc International) à
où l’AFTRP a exercé son droit de D’essentiellement « étatique », collectivités. Ceci s’applique na- Roissy-en-France et, récemment 47
préemption pour garder la valeur son Conseil d’Administration a vu turellement aussi à l’AFTRP. Elle l’aménagement de la zone des BN
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

Tissonvilliers « III », sur 16 hec- Autre projet, moins avancé « A l'heure où l'AFTRP participe d'exception qu'est l'expropriation.
tares à Villiers-le-Bel. celui-là : Louvres (95). Il s’agit au retour au droit commun des Et puisque l'ombre de Paul DE-
du projet « Pôle Gare / secteur villes nouvelles les plus dévelop- LOUVRIER plane forcément sur
- La ZAC « Sud Charles-de-Gaulle » Pommiers Frais-Lieux », pour le- pées, il est naturel d'évoquer le un tel anniversaire, je veux insis-
à Tremblay-en-France (voir enca- quel plusieurs études ont été en- grand projet de rééquilibrage de ter sur la difficulté de ce métier
dré). gagées depuis 2004 sous l’égide l'Île-de-France conduit depuis en le citant mais nombre d'entre
du SIEVO et de l’EPA Plaine de quarante ans. vous, j'imagine, connaisse cette
Mais, en plus de ses activités de France, dont celle du foncier réa- formule : "les propriétaires fon-
développement économique, l’Etat lisée par l’AFTRP. Ce projet n'aurait pu être mené à ciers les plus coriaces, disait-il,
a assigné à l’Agence, dans une bien sans un outil opérationnel, sont, par ordre décroissant, les
« feuille de route », sous forme de sans l'action de professionnels de congrégations religieuses fémi-
contrat d’objectif, d’autres priori- Participer à la la négociation foncière, capables
nines, la Caisse des Dépôts et
tés, dont les deux suivantes. d'acheter au bon moment, ni trop
rénovation urbaine tôt, ni trop tard, et de convaincre
Consignations, les congrégations
religieuses masculines". Pour
(Plan Borloo) les propriétaires, parcelle par
vaincre de telles forces, il fallait
Produire parcelle, afin d'avoir recours le
moins possible à la procédure un outil puissant ! »
des charges foncières L’AFTRP a reçu comme mission
EV
de logement de participer à la réalisation du
Plan national de Rénovation Ur- L’AFTRP et les Etablissements
baine, initié en 2003 et piloté
On manque de logement en par l’ANRU (Agence Nationale Publics Fonciers (EPF)
France, et en Ile-de-France en
particulier. Il s’agit donc de fa-
pour la Rénovation Urbaine). Ce
plan prévoit la rénovation d’en-
en Ile-de-France
briquer des « charges foncières » viron 800 quartiers (démolitions, Par décrets du 13 septembre 2006, l’Etat a créé 4 Etablisse-
(en fait des droits à bâtir, sur des reconstructions et réhabilita- ments publics fonciers (EPF) en Ile-de-France : à la demande
terrains aménagés), mais « ex- tions) d’ici 2013. des Départements concernés, un EPF sur les Yvelines, un sur
abrupto », me précise M. Bour- les Hauts-de-Seine, un sur le Val d’Oise et un EP Ile-de-France
nat, c'est-à-dire sur des terrains L’AFTRP s’est vu confier dans à la demande de la Région. Ces Etablissements, qui n’inter-
neufs pour la construction de lo- notre secteur, sous forme de viennent que dans le domaine foncier, perçoivent une res-
gements. Or le problème est là : traité de concession d’aménage- source fiscale dédiée, la taxe spéciale d’Equipement (de 10€
dans notre secteur, il n’y a pas ment, les quartiers « sensibles » par habitants) pour financer leurs interventions.
beaucoup de terrains disponibles de Clichy-sous-Bois-Montfermeil
pour le logement (dans la régle- (Forestière et Bosquets), de Les décrets de création de ces 4 E¨PF prévoient qu’ils peuvent
mentation en vigueur, aggravée Garges-lès-Gonesse (La Muette) passer avec l’AFTRP des conventions dans lesquelles cette der-
par le PEB, Plan d’Exposition au et de Villiers-le-Bel (Les Car- nière peut concourir aux missions de ces Etablissements. A ce
Bruit). Un projet important oc- reaux). Toutes ces opérations titre, l’AFTRP :
cupe néanmoins l’AFTRP : la sont d’envergure et mobilisent
« Pépinière » à Villepinte, une des moyens considérables, abon- - a signé 3 conventions avec le Département des Yvelines (pour
ZAC de 14 hectares (dont la moi- dés par l’ANRU (rien que 460 la réalisation d’un observatoire foncier, d’une étude de défini-
tié en espace verts) permettant millions d’euros pour la première tion de stratégie foncière sur le périmètre de l’OIN du Mantois
la construction notamment de phase de Clichy-Montfermeil, par Seine aval et le gestion de ZAD ainsi que de terrains apparte-
350 logements (1 millier d’habi- exemple). nant à l’EPF,
tants) dans un souci affirmé du
respect des principes du déve- On peut parler d’une nouvelle - a assisté l’EPF du Val d’Oise, notamment dans l’élaboration de
loppement durable et de l’envi- étape dans la vie de l’AFTRP, qui son plan pluri annuel d’interventions et dans l’élaboration de
ronnement. C’est une ancienne est en train de s’adapter aux conventions foncières avec les collectivités locales ou leurs
friche (occupée autrefois par nouvelles donnes. Mais, pour Etablissements publics de coopération intercommunale, ainsi
une pépinière) qui rentre bien conclure ce trop court article, que pour l’élaboration de leurs bases de données foncières et
dans la mission de l’AFTRP qui j’emprunterai volontiers les propos des missions de maitrise foncière,
s’est vue concéder l’aménage- qu’avaient tenus M. de Robien,
ment en 2007. Les choses avan- alors ministre de l’Equipement, lors - devrait signer prochainement des conventions d’assistance fon-
cent vite et après avoir fixé les du 40ème anniversaire de l’Agence, cière avec l’EPF des Hauts-de-Seine et avec celui d’Ile-de-France.
principes d’urbanisme, l’Agence le 25 septembre 2002, rappelant
48 a engagé une première consulta- l’importance et les difficultés de (Source : AFTRP)
BN tion de promoteurs. ses missions :
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IMMOBILIER D’ENTREPRISE

La future ZAC « Sud-CDG » engagée cette année.


L’AFTRP avait été le «gardien » de son espace, elle en sera l’aménageur.
Vous avez aimé Paris Nord 2 ? Vous adorerez et l’AFTRP, la ZAC « Sud Charles-de-Gaulle » orientations, la prévision des constructions,
« Paris-Nord 3 ». Ou plutôt la ZAC « Sud est désormais définitivement sur les rails. l’étude d’impact etc. Puis une fois la ZAC créée
Charles-de-Gaulle » puisque c’est son nom of- La concertation préalable à la création de la (au printemps de cette année), l’AFTRP, amé-
ficiel (du moins à ce jour). ZAC a été lancée en novembre 2007 pour se nageur, élaborera un dossier de réalisation
terminer fin février 2008. Sur le site d’infor- dans lequel seront définis le projet urbain, les
Naturellement, le SDRIF (schéma directeur mation créé spécialement pour cette concer- équipements publics à réaliser, les construc-
d’Ile-de-France) de 1994 identifiait le pôle de tation (www.zacsudcdg-concertation.com ), tions, les modalités de financement dans le
Roissy comme l’un des 5 « centres d’enver- particulièrement bien fait et documenté, on temps. Ce dossier sera ensuite envoyé au préfet
gure européenne » de la région capitale, avec y a appris que la nouvelle zone d’activité de Seine-Saint-Denis, qui demandera son avis
la vocation à y recevoir, l’aéroport CDG ai- s’étendra au total sur 169 hectares a dont 71 à la commune de Tremblay. Puis le représen-
dant, des entreprises « travaillant à l’inter- accueilleront une partie de l’extension du tant de l’Etat prendra un arrêté approuvant le
national ». Le projet d’extension de « Paris Parc d’exposition de Villepinte (avec une Cité programme des équipements publics. Le temps
Nord 3 » était donc dans les tiroirs au moins de l’Exposition et de la Communication) et que la ville modifie en conséquence son PLU
depuis cette date. Appelée ZAI (Zone d’acti- 98 hectares un nouveau parc d’activités in- (Plan Local d’Urbanisme), au printemps 2009,
vités internationales) en 1998 lors de la si- ternational. A l’issue de la concertation, le tout sera fin prêt pour les constructions.
gnature d’un premier protocole entre bilan en sera fait et s’en suivra alors un dos-
Tremblay-en-France, Villepinte, ADP, la CCIP sier de création qui précisera les grandes Un beau parc en perspective, idéalement situé.

On peut bien situer le territoire de la ZAC Sud-Charles-de-Gaulle, excellemment situé.


49
BN
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PORTRAIT

Gilles
préside
des polic
Ca fait quand
même plus de 20 ans
qu’il travaille sur
l’aéroport CDG.
Et, très
franchement,
j’ai fait sa
connaissance
depuis peu.
Je ne sais pas
pourquoi, j’ai tout
de suite pensé à
faire un jour son
portrait dans
Bénéfice.net…
C’est une histoire d’Internet… Comme notre
newsletter RoissyMail est de plus en plus
connue, nous avons de plus en plus de contacts
par mail : des inscriptions, mais aussi des com-
mentaires, des coups de cœur (ou de gueule) de
nos lecteurs, de plus en plus nombreux. C’est
ainsi que nous avons été destinataires, il y a un
peu plus d’un an, de mails faisant la promotion
des bonnes affaires de l’Amicale des policiers de
Roissy, que nous connaissions de nom. Voyages,
foies gras, vins fins, etc. Et que j’ai vu apparaître
le nom du signataire de ces mails : « Gilles
50 Gilles, devant chez nous, à Baëza, l’heureux président de l’Amicale des poli-
BN Epiais-lès-Louvres ciers de Roissy »…Ca m’a fait sourire et je
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PORTRAIT

es Baëza : l’« heureux


dent » de l’Amicale
iciers de Roissy
m’étais dit que quelqu’un qui se Puis j’ai appris à mieux connaî- pas. Les gens ne comprenaient tion à Fosses-sur-Mer en 1985,
présente comme ça ne devait tre Gilles. C’est un homme at- pas tout… », me raconte et en 1986 le voici affecté,
laisser personne indifférent. tachant, beaucoup plus timide Gilles, plongé dans ses souve- comme il l’avait demandé
qu’il n’en a l’air. Ce fils de nirs. « C’est sûrement de là que (c’était encore possible à
Du coup on a sympathisé par Pieds-noirs, issu d’une famille vient ma volonté de combattre l’époque, me précise-t-il) à
mail et j’ai reçu un autre jour qui avait fait souche en Algérie l’injustice. Arabes ou Pieds- Roissy, à la Police de l’Air et
(c’était au début de la cam- depuis le début du 20ème siècle, noirs, on était « les autres », des Frontières, comme elle
pagne des présidentielles) un est né, lui, en France, en 1963. différent. Cette différence nous s’appelait alors (maintenant
mail de sa boîte perso, un mot Son père, qui vit toujours, rapprochaient, en fait ». c’est la Police Aux Frontières).
du genre : « préparez-vous au avait été policier dans la ré- Pendant un mois, il fait le tra-
grand moment… ». Piqué, j’ai gion d’Alger. J’ai une sympa- Ses études terminées, il veut vail de base des policiers de la
donc répondu audit, voulant thie pour les Pieds-noirs, car s’engager dans l’Armée. « Je PAF : contrôler les passeports
en savoir plus. Gilles me ré- leur histoire fut tragique, trop voulais voir ce qu’était la dans ce qui est devenu la plus
pond laconiquement, toujours caricaturale vue d’un certain guerre », me confie-t-il, d’un importante frontière française.
aussi mystérieux. J’insiste, un milieu, et la nostalgie est air grave. Il avait fait une PMS Il est affecté ensuite au Com-
brin provocateur : « c’est parce grande parmi eux. J’ai pré- (préparation militaire supé- missariat de la PAF, « police
que vous êtes flic, que vous senté, l’autre fois, Gilles à rieure), mais un accident au générale ». En 1987, il suit une
entretenez le secret ? ». Et je Alain Vidal, un des Pieds-noirs cours de celle-ci l’empêche de formation d’artificier à Orly,
finis par comprendre qu’il célèbres de Roissy, au Club de faire les EOR (Ecoles d’officier pendant 8 semaines, mais il
s’agit du premier grand mee- Cigares. J’étais sûr de mon de réserve). Qu’à cela ne sera finalement affecté en oc-
ting de François Bayrou. Moi coup. Les v’la partis en discus- tienne, il se porte volontaire tobre 90 à la première BAC
qui avais déjà fait mon choix sion. Gilles appelle son père au pour un service long (16 mois (Brigade Anti Criminalité) où il
pour l’élection en faveur du téléphone, le passe à Vidal…Et au lieu de 12), qu’il fera en to- effectue, avec un collègue, en
leader centriste, gagné par son ça a duré… Souvenirs, amis talité au fameux camp du Val civil, des missions de recherche
discours dépassant les vieux communs, émotions… d’Ahon, dans le Doubs (sur- de flagrants délits, arpentant,
clivages droite-gauche (que N. nommé « la petite Sibérie ») de nuit comme de jour, les
Sarkozy a repris, au passage), Après la guerre d’Algérie, Baëza tellement il fait froid. Il y fait zones de CDG où les vols aug-
j’étais aussi surpris que ravi… père est affecté dans le Puy- le PEG, puis le peloton de mentent avec le développe-
Et de confier, carrément, à de-Dôme. Changement radical sous-officier. Il veut partir en ment du fret. Jusqu’à la guerre
mon mystérieux interlocuteur : de décor. Pas tellement, me mission au Liban, mais le si- du Golfe, et jusqu’au 15 janvier
« vous votez Bayrou ? Moi précise Gilles : il neige sur les nistre attentat contre l’armée 91, où se met en place l’orga-
aussi ! ». Ca a créé des liens. hauteurs de l’Atlas Tellien et il française au poste du « Drakkar nisation du fameux plan Vigi-
Du coup, je décide d’aller au fait très chaud sur le Massif » l’en empêchera. Il quitte fi- pirate. « Ce moment a été une
meeting de Bayrou, au Zénith, Central en Eté. C’est dans une nalement l’Armée sans regrets. étape forte », se rappelle
mais nous sommes arrivés en petite ville du département des Et il glissera vers la police, où Gilles. On a vécu trois mois
retard (avec mon bon cousin, volcans que le jeune Gilles dé- l’expérience paternelle l’aidera très durs, tant sur le plan phy-
de passage), comme vous couvre la société et ses re- assurément. En 1984, il réussit sique que moral. Incomparable
pourrez le revoir dans Roissy- gards. « J’étais pris pour un le concours de gardien de la avec l’après 11 septembre 51
Mail n°222 du 22 mars 2007. Arabe, alors que je ne l’étais paix. Il fera 8 mois de forma- 2001, du moins l’ai-je ressenti BN
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PORTRAIT

comme ça. Le trafic a chuté, Gilles est aussi, à cette sommes fonctionnaires, nous contre, et c’est normal aussi, cer-
la moindre valise isolée pou- époque, représentant du per- n’avons pas de Comité d’entre- taines prestations qui bénéficient
vait créer un vent de panique sonnel (des brigadiers) à la prise, et les avantages qui de remises plus importantes
parmi les passagers. On CAPI (Commission paritaire vont avec pour les salariés ». (jusqu’à 100 euros par exemple
n’avait pas l’habitude. Per- interdépartementale) au SGAP Il y a bien une amicale exis- pour des séjours de vacances) se-
sonne ne l’avait. Nous étions (Secrétariat Général pour l’Ad- tante, mais elle était en som- ront réservées aux seuls membres :
tous inquiets ». Retour au tra- ministration de la Police) qui meil… Alors Gilles va créer, il s’agit aussi d’encourager
vail de commissariat, puis en est à Versailles et s’occupe des avec des amis, ce qui est de- l’adhésion à l’Amicale. Mais, et
1993, il passe l’examen pour carrières, des locaux et du ma- venu aujourd’hui l’Amicale des c’est moins connu, un grand
devenir brigadier. tériel des policiers de la Policiers de Roissy, qui a pris nombre de prestations sont aussi
grande couronne. Et, égale- de l’envergure : 400 000 euros ouvertes aux « extérieurs »,
Mais Gilles a déjà comme on peut le voir
une autre casquette. sur le site de l’Amicale :
Comme son père l’a www.apr95.asso.fr (voir
été, c’est un syndica- encadré).
liste et un mutua-
liste. Il était déjà En fait, l’action de l’Ami-
délégué du SNPT cale (gérée au sein du Bu-
(Syndicat national reau d’Action sociale) va
de la police en bien au-delà des seuls ta-
tenue), affilié à la rifs sur les vacances ou sur
FASP (Fédération Au- les chocolats de fin d’an-
tonome des Syndi- née. En discutant avec
cats de Police, Gilles, on sent bien que lui
aujourd’hui UNSA Po- et son équipe sont indis-
lice), délégué de la pensables à la vie globale
MGP (Mutuelle Géné- de la PAF. Je me risque à
rale de la Police). Le lui demander : « vous
voici, en 1994, en- faites du lobbying social
tièrement « détaché à la PAF? ». Gilles n’hé-
syndical ». Il faut sa- Gilles et ses collègues, membre du Bureau de l’Amicale site pas : « oui, et je n’ai
voir, pour les non des Policiers de Roissy. pas honte de le dire. Et
initiés, que les syn- les Directeurs successifs
dicats policiers ont un rôle ment, au CTP (Comité Tech- de « chiffre d’affaires » (en l’ont bien compris, en appuyant
très important, au point qu’on nique Paritaire)départemental fait de mouvements financiers : toujours notre démarche. Vos
parle d’une « bonne intelli- qui s’occupe, lui, des condi- achat/vente, car l’association lecteurs doivent le savoir : le
gence » entre administration tions de travail collectives. ne fait pas de bénéfices). travail des policiers en général,
et syndicats. En plus, le taux « C’est un travail très enrichis- et ceux de notre PAF en particu-
de syndicalisation est fort sant, très intéressant : il s’agit Si l’Amicale ne compte « que » lier, est un travail difficile (et
chez les policiers (3 sur 4 en- de défendre les dossiers des 200 adhérents (sur un effectif dangereux, on l’oublie trop sou-
viron) : c’est dû, m’explique collègues, leurs conditions, total de la PAF de Roissy de vent), parfois ingrat, toujours
Gilles, aux risques du métier m’explique Gilles. Mais il y a 1800 policiers, ce qui n’est stressant mais aussi enthousias-
et au besoin, sûrement plus l’envers du décor : on est bien pas rien), « on a voulu que mant, car nous avons en charge
fort que dans d’autres métiers placé pour voir les difficultés tous les collègues, membres la sécurité et la sûreté des ci-
de fonctionnaires, d’être pro- de certains services et… le ou non de l’association, puis- toyens. A notre niveau, avec les
tégé. Gilles fut un moment se- « blues du policier ». sent bénéficier des actions actions sociales que nous me-
crétaire départemental adjoint que nous menons ». C’est nor- nons, nous voulons participer au
de son syndicat, alors que son Il siègera à la CAPI jusqu’en mal, m’explique Gilles en bien-être de nos collègues, et
collègue Claude Crombet (que, 2001. En 1999, il avait intégré m’apprenant que les res- donc à la réussite de la mission
le monde est petit, nous le service social de la PAF sources propres de l’Amicale de la police nationale ».
avions interviewé dans le nu- (B.A.S : bureau d’action so- proviennent en grande partie
méro 2 de Bénéfice.net, il ciale), ce qui sied bien à sa (hormis les cotisations de On est bien d’accord avec lui.
était alors président des œu- fibre, car il y est toujours. « chaque membre) des rétroces- « Heureux » président de l’Ami-
vres sociales de la PAF, ancê- Mais en 2002, je vois bien que sions des distributeurs de cale, notre Gilles… Mais « as-
tre de l’Amicale), était l’action sociale du ministère boissons installés dans les dif- tucieux » président aussi. Le
52 secrétaire départemental. est bien faible. Comme nous férents locaux de la PAF. Par patron de la PAF, le (la ?)
BN
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PORTRAIT

Contrôleur général Nadine Joly sur la photo) et constaté avec sa- CDG », les parents d’élèves du mais je sais comment fonc-
est présidente d’honneur de tisfaction que la plupart sont des cours Bautin, à Juilly, que fré- tionne le monde, alors pragma-
l‘Amicale et l’ancien patron, lecteurs assidus de Bénéfice.net. quente sa fille, et j’en oublie. tisme ou pas, je me sens
Jean-Yves Taupin, aujourd’hui Et la politique ! Son engage- totalement à l’aise au centre ».
patron de la PAF nationale (celui Ca se sent, Gilles est avec ses ment au service des autres Membre de l’UDF, il a mouillé
qui appelait Gilles « l’agitateur collègues comme un poisson n’est pas seulement corpora- son polo orange en faisant une
social »), qui avait autorisé et dans l’eau. Mais aussi dans la tiste ou « local ». Il est campagne de terrain en faveur
encouragé sa création en est de- vie de tous les jours. C’est un conseiller municipal de Thieux, de François Bayrou (dont il est
venu président honoraire… passionné, un bénévole, un petite commune de Seine-et- persuadé qu’il a « rendez-vous
militant, au sens noble de ces Marne proche de l’aéroport, où avec l’Histoire ») et il a remis
Je suis passé, du coup, quelques termes qui sont parfois, de nos il résidait. Mais comme il ha- ça, enthousiaste, aux législa-
fois, au local de l’Amicale, où il jours, galvaudés. Il faut aimer bite désormais à Mitry-Mory, il tives. Et il était à Villepinte, en
règne une bonne ambiance, (sur- les gens pour être comme ça. s’intéresse (de près) à la vie de novembre, pour le congrès fon-
tout lorsqu’il faut goûter les meil- Il est membre de plusieurs as- sa nouvelle commune et aux dateur du Modem, toujours
leurs vins ou les chocolats qu’il sociations, comme la crèche prochaines élections munici- avec le même enthousiasme, la
faut commander…). Je sais l’im- des « Ptits Avions » de Chen- pales. «Je me suis toujours in- même cohérence…
portance psychologique de ces nevières-lès-Louvres où il est téressé à la politique »,
lieux, dans d’autres administra- trésorier, le Comité Habitat de m’a-t-il confié (voici un lan- Gilles ? Heureux citoyen fran-
tions, ou dans les entreprises. J’y CDG (« toujours utile pour le gage qui me plaît…), j‘ai une çais du XXIème siècle !
ai rencontré ses collègues du logement des collègues »), sensibilité humaine ou une
Conseil d’Administration (les voir mais aussi « Pays de Roissy fibre sociale plutôt développée EV

Vous en saurez plus sur l’Amicale des Policiers en visitant leur site www.apr95.asso.fr , qui met en ligne les bonnes affaires : grand choix
de vins fins, foie gras, bonbons, etc. Mais aussi les promos sur les vacances, les parcs de loisir.

La Ville de Claye-Souilly s’engage


en faveur de l’environnement
« Faire primer le végétal sur le béton », tel est le credo de
la politique de développement menée à Claye-Souilly,
commune qui a adopté un Plan d’Environnement
Collectivité (PEC) afin de donner un cadre à son action.

La ville de Claye-Souilly mise sur l’exemplarité, comme c’est le cas


avec son premier équipement communal (Centre de Loisirs – Salle
polyvalente) en Haute Qualité Environnementale qui permet de
sensibiliser au mieux la population, et tout particulièrement les
enfants. Symbole de l’enracinement de la ville dans le développement
durable, le Recycl’Arbre, sculpture de 9 mètres de hauteur réalisée
avec 70 000 canettes en alu et 7000 bouteilles en plastique, trône
désormais devant le Centre de loisirs.

De plus, la municipalité travaille à la création d’une Zone


d’Aménagement Concerté, où le label HQE sera omniprésent. A noter
www.claye-souilly.fr

qu’en 2008 une nouvelle école maternelle sera construite à Bois Fleuri ;
cette dernière intégrant également des cibles HQE. Enfin, le salon
de l’environnement Terre de Brie qui sera organisé en juin 2008
permettra de poursuivre les actions d’information engagées auprès
de la population.
Mairie de Claye-Souilly - Allée André-Benoist - 77410 CLAYE-SOUILLY 53
Tél. : 01 60 26 92 00 - Fax : 01 60 26 30 06 - contact@mairie-claye-souilly.fr BN
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LES ENTREPRISES DU PÔLE

Informat
de faire ap
Jean-Marie, un des techniciens de
Paradisia, à la tâche.

Comment gérer au mieux son inform


bonheur, à VPP, avec Manu et l’équi
Manu en pose,
Allez, commençons par des Nous avons trouvé tout ça
pour l’article. lieux (pas si) communs (que chez Paradisia, une entreprise
ça). Pour les entreprises, de créée voici 4 ans par Emma-
toutes tailles (et pour les par- nuel Vigier (« Manu » pour les
Paradisia ticuliers aussi, dans une autre intimes), dont le siège est à
mesure), les « NTIC », les Le Thillay (95). Même si tout
25, avenue Louis-de-Broglie
nouvelles techniques d’infor- reste compliqué, quand on
95500 Le Thillay
www.paradisia.fr mation et de communication, veut bien faire les choses, Pa-
sont devenues un élément radisia nous a donné toute sa-
Vous pourrez les retrouver pratiquement sur chaque « RoissyMail » vital de leur activité. Infor- tisfaction, ce qui lui vaut cet
matique, internet, téléphonie article louangeur, que nous
mobile et les « conver- voulions faire, Manu vous le
gences » de toutes sortes confirmera, depuis longtemps.
(voyez l’i-phone et autres, les
GPS…), la mise en œuvre de
tout ça, sa compréhension, « Revendeur
sinon sa maîtrise, les nou-
veautés ont de quoi donner le informatique » ?
tournis aux plus malins d’en-
tre nous.
Quand on lui pose la question
Notre entreprise VPP a beau du métier de Paradisia, Manu
s’être servie depuis le début répond sans hésiter « revendeur
(voici 11 ans), des ces nouvelles informatique ». Personnelle-
(et merveilleuses) technologies, ment je trouve la formule un
la rapidité presque diabolique peu réductrice mais voici ses
des innovations en ce domaine explications : « notre premier
est telle que nous avons du mal rôle consiste à vendre à nos
à tout suivre, si on veut être clients le matériel dont ils ont
honnête. besoin, ainsi que les accessoires
et les consommables qui vont
L’informatique est la pièce avec. Et, bien sûr, nous en as-
maîtresse de tous ces disposi- surons au besoin la mainte-
tifs. Mais plus moyen de « nance, mais nous ne sommes
tourner » touts seuls sur ces pas, à proprement parler une
points, ou avec l’aide de « co- SSII (société de service en ingé-
pains », ou celle de « profes- nierie informatique).
sionnels » auto-proclamés. Il
faut nécessairement de l’ex- La nuance est subtile pour des
54 pertise, des conseils, du vrai non spécialistes, mais on com-
BN professionnalisme. prend. Peu importe le vocabu-
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LES ENTREPRISES DU PÔLE

atique : de la nécessité
appel à des « pros ».
nformatique ? Pas évident. Mais crucial… Nous avons trouvé notre
équipe de Paradisia.
laire, voici comment ils fonction- en bonne partie notre petit parc ils ne peuvent intervenir qu’avec doit avoir envers « son informati-
nent, avec nous et avec de nom- informatique, notre système d’im- notre accord). On peut suivre cien ». Je dirais que c’est compara-
breux autres clients. Ceux-ci pression, ainsi que nos logiciels, les ainsi ce qu’il fait pour chercher la ble aux relations de confiance
(comme nous), « veulent de plus en procédures de sauvegarde... A solution au problème, en qu’on peut avoir (ou pas) avec son
plus de fonctionnalité et de tran- chaque achat, les choses se sont quelques minutes. Au besoin, si garagiste, son banquier, son méde-
quillité », explique Manu. « Les bien passées : prix corrects, confi- le problème est plus sérieux, le cin, voire son expert-comptable...
clients ne se posent plus vraiment guration et surtout, après, aide et technicien, suivant l’urgence Mais attention : le niveau du ser-
la question de savoir ce qu’il y a à conseils. (c’est toujours urgent chez nous), vice doit être, selon moi, propor-
l’intérieur d’un ordinateur. Au vu de vient sur place, mais c’est rare. tionnel à celui de la confiance.
leurs besoins, c’est à nous de com-
prendre et de calibrer le matériel « C’est l’avantage de la proximité », Là-dessus, depuis bientôt 4 ans,
nécessaire ». dit Manu en souriant. « Mais au- rien à dire, sinon des compli-
Magie de la jourd’hui, la proximité se fait aussi ments, à l’équipe de Paradisia. Ils
L’exemple de la maintenance est maintenance sur les longues distances. Nous nous ont fait gagner beaucoup de
révélateur. « Dans 99% des cas, ex- à distance avons des clients à Paris, mais aussi temps, et donc beaucoup d’ar-
plique manu, c’est le constructeur à Marseille, par exemple. Pour cer- gent. En plus, ils agissent comme
qui assure la maintenance dans le taines filiales de sociétés dont nous des personnes « ressources ».
cadre de la garantie. Or appeler la avons fourni et installé le matériel Leur connaissance globale du
C’est que, indépendamment de la
maintenance d’un constructeur est et dont assurons la maintenance, monde de l’informatique, tant en
qualité du matériel, il y a toujours
compliqué. C’est là que nous inter- pour vous dire, les utilisateurs ne « hard » qu’en « soft », leur per-
venons ». des nouveautés, des nouveaux lo- s’occupent de rien et bien souvent, met de nous orienter sur d’autres
giciels, des mises à jour, des com- nous sommes en fait les seuls à sa- intervenants (développeurs, par
Paradisia vend (ou loue) tout ce qui patibilités qu’il faut prendre en voir où sont situés leurs serveurs exemple) dont on peut avoir be-
est nécessaire pour travailler : ser- compte (on a vu ça avec Vista). dans l’entreprise ». soin.
veurs, PC, imprimantes, mais aussi Chercher la bonne solution à tel ou
des routeurs, comme le fameux tel problème, surtout dans un envi- Question tarifs, il est difficile de On vous les recommande donc,
Zyxel, pour les mises en réseau. ronnement où s’enchevêtrent (ou donner des chiffres, car, explique tranquillement. Mais laissons à
Après le choix des matériels vient se superposent) fonctionnalités et Manu, chaque utilisateur a des be- Manu le mot de la fin : « l’infor-
le temps de la configuration, tou- applications, nous prendrait un soins particuliers. Ceux de notre matique est devenu le compa-
jours adaptée aux besoins du client. temps fou, même en admettant que société VPP (3 PC, 1 Mac en ré- gnon quotidien de chacun, à tous
Toutes les marques sont vendues, notre « culture informatique » soit seaux, des imprimantes…) diffé- les niveaux, de la secrétaire au
même si certaines ont la préférence bonne, ce qui n’est pas vraiment le rent par exemple de leur client GEH patron, en passant par les cadres.
de l’entreprise (comme le MSI M662 cas. Et c’est là où l’intervention de (Groupe Europe Handling) qui Notre tâche est d’expliquer à tous
sur lequel j’écris cet article). « Notre l’équipe de Paradisia (ils sont 5 en compte 17 serveurs et 150 la façon de progresser dans les
force est notre bonne connaissance tout) est formidable et rassurante. postes…. En général, les contrats différents univers qui les concer-
du rapport qualité/prix, ajouté à la Dès qu’on a problème quelconque, incluent la hotline et la prise en nent, afin qu’ils soient de plus en
qualité de notre maintenance, et on appelle la hotline. Et, grâce à un main à distance illimitée, plus plus autonomes, et que nous in-
notre réactivité ». logiciel spécial, on peut « donner la « 20h physiques max », par an. tervenions de moins en moins.
Nous pouvons en témoigner. De- main » à leur technicien, qui inter- C’est du « gagnant-gagnant ».
puis que nous travaillons avec Pa- vient directement sur nos PC, à dis- Mais ce qui est le plus important, à 55
radisia, nous avons dû renouveler tance (on reprend la main après et mes yeux, c’est la confiance qu’on EV BN
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HÔTELLERIE-RESTAURATION

Interview : Claude C
Pullman Roissy Char

« J’ai vrai
l’ imp
ouvert
Depuis décembre 2007,
l’hôtel Sofitel de Roissy
CDG a changé
d’enseigne. Il est
devenu Pullman,
nouveau réseau
d’hôtels haut de
gamme 4* du groupe
Accor, dédié aux
voyageurs d’affaires.
Nous avons bien suivi
ce changement
important pour l’hôtel
le plus ancien de la
plate-forme
aéroportuaire
(il a ouvert en 1974).
Claude Chevauché,
56
qui en est le Directeur
BN
26
Claude Chevauché : un grand professionnel Général, nous dit tout.
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HÔTELLERIE-RESTAURATION

e Chevauché, directeur général de l’hôtel


harles de Gaulle Airport :

aiment
mpression d’avoir
rt un nouvel hôtel »
Bénéfice.net : M. Chevauché, d’une réflexion du groupe qui doit être facile et irréprocha- client qui rentre à l’hôtel, il va
nos lecteurs ne manqueront a duré plus d’un an. Nous ble, de façon à pouvoir être en vers lui. Le welcomer Pullman
pas de voir dans ce numéro de avons constaté que certains permanence rapproché de son connaît toute la journée de l’hô-
Bénéfice.net les différents vi- hôtels Sofitel ou hôtels Mer- bureau ou de son domicile. On tel : séminaires, VIP etc. Du
suels pour Pullman. Pourquoi cure étaient en fait des hôtels doit pouvoir avoir tout, y com- matin jusqu’au soir. C’est un peu
une telle communication ? à haut volume « individuels af- pris des webcams dans les un « dispatcher » qui tout de
faires » et « groupes affaires », chambres, sur demande ! suite écoute, oriente, prend en
Claude Chevauché : Parce que comme nous les appelons. Par charge. Ensuite Pullman inaugure
nous avons voulu, au travers de « groupes affaires », on entend BN : et donc, concrètement ? une nouvelle approche dans l’or-
ces visuels, montrer toutes les les « séminaires résidentiels », ganisation des conventions et sé-
nouvelles facettes des presta- qui vont jusqu’à 80, 120 per- C.C : concrètement, tout a été re- minaires, avec son offre
tions de Pullman. Entre autres sonnes, et les « Conventions » pensé en fonction de cette clien- « Co-meeting ». Avec encore un
mettre en valeur nos nouvelles au-delà. Le Sofitel Paris tèle majoritaire. L’esprit Pullman nouvel acteur nommé « Event
offres, entièrement repensées, en Charles de Gaulle Airport, mais c’est la créativité, l’innovation et Manager ». C’est un poste clé.
matière d’accueil, d’organisation aussi le Sofitel Paris Porte de l’autonomie, basées sur la convi- Dès le contrat passé entre le ser-
des rencontres d’affaires, de res- Sèvres, celui de Paris Bercy ou vialité, la sérénité et la connecti- vice commercial de l’hôtel et le
tauration. Par ailleurs, il est in- le Paris La Défense Grande vité. Les équipes Pullman sont en client, l’Event prend le relais. Il
contestable que Bénéfice.net Arche étaient nettement dans permanence au contact du client, devient l’interlocuteur unique
correspond à nos attentes, en ce cas. Or, cette clientèle a des dans une démarche d’échange et pour l’organisation de l’évène-
matière de communication avec attentes bien spécifiques liées d’animation, avec la notion « Get ment, en amont. Il va pouvoir
notre clientèle et les différents à la motivation de leur séjour. Closer » ou autrement « plus ainsi proposer des valeurs ajou-
acteurs du pôle de Roissy. Bien sûr, tous nos clients re- proche de vous ». tées, après contact avec le client,
cherchent le confort et le ser- pour la réussite de la réunion. Par
Alors justement, pourquoi ce vice, mais la clientèle d’affaires BN : oui, mais… exemple pour l’animation de la
changement et que sont ces a de plus en plus des besoins ou des soirées, mais aussi le nou-
innovations proposées par propres, recherche de plus en C.C : attendez ! Tout commence veau concept Pullman : les
Pullman ? plus des prestations adaptées, par un poste nouveau : le « wel- « Coach à la Carte » ou les
pensées et visibles. Par exem- comer Pullman». Celui-ci (ou « Pauses Innovantes ». Celles-ci, 57
C.C : Le projet Pullman est issu ple la connectivité à Internet celle-ci) accueille tout de suite le importantes comme on le sait BN
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HÔTELLERIE-RESTAURATION

Le restaurant du Pullman: entièrement rénové, chaleureux. On aime. Vous pourrez consulter la carte tous les jours sur roissymail.com

dans ce type de journées d’études, BN : les autres changements ? c’est le spectacle autour de la le savez bien, M. Veillon, est un
peuvent être par exemple des Le lobby, son mobilier s’est nouvelle carte : le boulanger qui peu l’âme et la mémoire de notre
pauses à thèmes, ludiques ou gus- transformé, on le voit nette- vous fait choisir votre pain qui grande aventure aéroportuaire.
tatives : en été un parcours santé ment en entrant… sera servi chaud si vous le sou-
dans notre parc ou aller en cuisine haitez, le boucher avec son cha- Propos recueillis par E.V
faire un gâteau, apprendre une re- C.C : la mise en place du welcomer riot de viande, la cuisine active,
cette… l’Event Manager propose, Pullman a tout changé, tout a été spectacle grâce à la magie du
suit, organise, en liaison avec l’IT
Solutions Manager…
remis en question. La conciergerie
a pris place au point d’informa-
« Wok »… C’est magnifique et
nos clients nous le disent. Et les
Pullman et le
tion, et deux desks d’accueil dis- résultats sont déjà là. groupe ACCOR sur
BN : « IT Solutions Manager » : tincts ont été créés pour répondre
quid ? aux besoins des différents types de BN : Ca fait des changements le pôle de Roissy
clients : groupes, individuels. Le énormes tout ça ? Pour tous, et
C.C : j’y arrive. Peu de réunions restaurant, lui aussi, a complète- pour vous, personnellement ? Le groupe français ACCOR, fondé
se déroulent maintenant sans un ment changé, dans un concept par Gérard Pélisson et Paul Du-
matériel sophistiqué, des Pullman également… C.C : Je suis ici depuis 14 ans. J’ai brule, un des leaders mondiaux
connexions diverses et multiples : vraiment l’impression d’avoir ou- de l’hôtellerie est particulière-
l’IT Solutions Manager est un BN : on garde le meilleur pour vert un nouvel hôtel. C’est un ment présent sur le pôle de
technicien expert, il est là pour la fin (ou la faim…). Alors ce concept fort, enthousiasmant, Roissy. Outre notre Pullman donc,
préparer le matériel et veiller à nouveau restaurant ? proche comme jamais du client. on trouve sur CDG un Novotel et
toute demande en cours de réu- 12 hôtels sont devenus Pullman, un Ibis (à Roissypôle). A Roissy-
nion, qu’elle vienne de l’Event ma- C.C : Je sais que vous le connais- dont 8 en France, et 50 le seront en-France et Paris Nord 2 le Mer-
nager ou des clients directement. sez déjà, et que vous l’avez ap- d’ici la fin 2008 dans le monde cure Roissy, un autre Novotel,
précié, ce qui nous ravit. Comme (300 en 2015). Pour l’hôtelier- deux Suite Hôtel, un Formule 1,
Mais ce n’est pas tout. Pullman a vous avez pu le voir, le change- restaurateur que je suis, d’âme et deux Ibis. Mais le groupe est pré-
créé le « Chill Out Space », un ment est complet : mobilier com- de tradition, j’en éprouve une sent aussi à Aulnay (Novotel),
salon « détente » sur l’espace plètement différent, plus grande satisfaction personnelle. Gonesse (Ibis), Saint-Witz (Mer-
même de la réunion. L’idée est de chaleureux, meilleure disposition Et l’ensemble de l’équipe s’est for- cure), Le Blanc-Mesnil (Novo-
disposer d’un endroit moins « of- des tables. Dont, comme vous tement impliqué dans cette nou- tel)…
ficiel » que la salle de conférence l’avez déjà appréciée, la fameuse velle étape. Ce concept Pullman Accor, c’est 4 000 hôtels, 500 000
pour que les participants puis- « table d’hôtes », en hauteur, qui met en valeur les hommes et les chambres dans 100 pays. Vous en
sent continuer leurs discussions permet de manger avec d’autres, femmes qui y travaillent en ren- saurez plus sur :
dans la détente : canapés confor- d’échanger. Et ça plait ! Mais le forçant leur rôle au service du www.accor.com/fr/groupe/ac-
58 tables, bar à eau, café, etc. Tou- nouveau concept, élaboré ici, client. C’est du bonheur pour cet cueil.asp et sur :
BN jours à disposition. avec l’ensemble du personnel, hôtel de 30 ans qui, comme vous www.pullmanhotels.com
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HÔTELLERIE-RESTAURATION

Service à t
réactions
Les réactions à l’article critiquant le mauvais service (global) dans nos restaurants
ont été nombreuses. Beaucoup de réactions orales et discrètes qui nous ont donné
raison. Mais que l’on se rassure, si l’on peut dire, ce n’est pas une spécialité du pôle
de Roissy. J’ai passé une semaine itinérante, en octobre, de Paris à la Lorraine en
passant par les Châteaux de la Loire, histoire de montrer la France profonde à mon
amie Bignon, revenue pour la deuxième fois dans notre pays. On a mangé midi et
soir dans des restaurants, y compris dans les « bonnes auberges » de province. Et
bien à part une exception notable (le Relais des Lacs, à Planchez, en plein Morvan,
près de Château-Chinon : incroyable bonne surprise en, accueil, service et excellente
cuisine), c’était partout la cata : nourriture préfabriquée, service et accueil déplo-
rables, prix fantaisistes… Le problème est national.

Ci-dessous des réactions écrites. Dont la première, emailée par un lecteur québécois de pas-
sage à Roissy et qui avait lu Bénéfice.net au mercure de Roissy où il était descendu avec
son épouse, éloquente. Celle, très intéressante, de M. Marchand, le directeur du Novotel
Roissy Terminal qui montre que les choses ne sont pas simples. Et celle de l’IMA de Vil-
liers-le-Bel. J’ai bien sûr répondu à tous. La table ronde ne s’est pas tenue, et ce n’est pas
vraiment à moi de l’organiser, mis plutôt aux professionnels, qu’ils soient serveurs, « pa-
trons » ou formateurs. La contribution de Philippe Marchand est aussi étonnante lorsqu’il
écrit que RoissyMail ou Bénéfice.net sont « craints » et qu’ils peuvent « faire ou défaire
des réputations ». A aucun moment nous ne cherchons à nuire à quiconque, surtout pas
aux hôteliers restaurateurs, dont nous admirons profondément le métier. Lorsque nous
avons des critiques négatives à faire, nous ne citons jamais l’établissement. Mais nous ne
nous gênons pas, c’est vrai de dire du bien de certains, qui le méritent (au passage, le Bou-
chon Gourmand de Tremblay est toujours aussi bon). Il fallait donc, visiblement, le préciser.
EV

De Paul Ducharme (Sherbrooke, Québec Canada)


Bonjour M. Veillon,
J'ai bien apprécié votre article dans la revue BENEFICE, N° 25, de septembre-octobre. Mon
épouse et moi avons visité la France durant tout le mois de septembre. Magnifique pays que
le vôtre. Nous avons fait un magnifique voyage. La veille de notre départ, je suis tombé sur
votre article par hasard et je n'ai pu m'empêcher de le lire en entier à mon épouse tellement
vous exprimez ce que nous avons vécu dans la très grande majorité des restaurants où nous
avons mangé. Tout ce que vous relatez, exactement tout, nous l'avons vécu. Pour des tou-
ristes, c'est très désagréable. On ne prend plus le temps d'écouter le client, les serveurs quit-
tent la table, alors que la conversation n'est pas terminée. Ils sont toujours pressés... Là où
le service était le plus sympa, c'était dans les petits bistros où le service était fait sans
prétention et avec chaleur. En terminant, je suis d'accord avec votre suggestion, soit
de laisser le pourboire à la discrétion du client.
60 Bignon devant le célèbre établissement du regretté Ber- P.S. j'aimerais vous relire après votre "table ronde". Pourriez-vous me faire parvenir votre
BN
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nard Loiseau, à Saulieu : on a admiré la carte… article. Merci.
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HÔTELLERIE-RESTAURATION

à table :
s à l’article de BN 25
De Philippe Marchand, Directeur respectant les rythmes de chacun et accueilli, servi, accompagné durant dans quel domaine ?
du Novotel Roissy Terminal faisant preuve d'un professionna- mon repas, et salué à mon départ De plus, nos prestations sont imma-
Comme vous le savez, je viens de re- lisme à toute épreuve. dans des établissements ou les ser- térielles, j'ai bien - j'ai mal mangé,
joindre la plateforme de Roissy et je Comment être serein, lorsque vous veurs (ses) étaient rémunérés au ser- j'ai payé une addition et que me reste
suis devenu un lecteur assidu et de n'avez que le S.M.I.C. garanti !, que vice. t-il en retour...un sentiment. Il est
RoissyMail et de Bénéfice Net. la proportion que vous prélevez sur la Rappelez-vous, vos expériences esti- normal donc, que l'on puisse à un
L'article sur la qualité du service dans note du client reste de 15%, alors que vales dans les "pièges à touristes" où moment avoir envie de "pousser un
les Restaurant de Roissy a attiré le S.M.I.C. augmente lui de 5% par an vous attendez gentiment qu'une table coup de gueule" sur la qualité du ser-
toute mon attention. (et je ne pense pas que ce soit anor- se libère, tellement ils renouvellent vice en général et des recrutements
Je sais que je prends un risque en mal), donc que la somme à répartir les tables et où les collaborateurs en particulier.
vous donnant mon avis, c'est celui de reste la même et le nombre de colla- "gagnent un max" et malgré tout La fréquence des repas pris dans des
rompre l'adage qui consiste à penser borateurs à rémunérer aussi. Non le vous traitent souvent comme "des co- entreprises de restauration amène
"pour vivre heureux, vivons caché". cœur du problème n'est pas là. chons de payants". peut-être aussi une augmentation de
Je sais aussi que votre média envoyé Essayez d'aller voir un loueur, un Non, la solution n'est pas dans le re- l'exigence, toujours est-il que je com-
à + de 6700 personnes par mail est banquier avec des Bulletins de Sa- tour au %, je ne suis pas « patron », prends votre "perception de client" et
craint, aussi bien par les chefs d'en- laires irréguliers qui sur une base 100 et j'ai donc mon libre-arbitre pour que je l'approuve, mais j'ai aussi
treprises, que les hommes politiques (Le S.M.I.C donc) peuvent atteindre l'exprimer. envie de défendre une certaine idée
et d'après votre attachement à parler parfois des sommets (200 %, 300%, Le respect doit rester une valeur fon- du travail bien fait, qui passe par du
de la Restauration, par les hôteliers- 400%...) mais peuvent aussi plafon- damentale, pour mettre en confiance management et de l'humain.
restaurateurs aussi. ner. Vous demandez à votre interlocu- les collaborateurs, l'écoute, l'intérêt, Ce métier mérite que l'on respecte la
Je sais que vous pouvez contribuer, à teur de raisonner en salaire annuel, le dialogue, la Formation sont fonda- filière, que l'on maintienne un niveau
faire ou défaire des réputations et ce vous attendez d'avoir fait 3 bons mois teurs d'une harmonie qui permet de de collaborateurs en rapport avec une
ne sont ni Helmut, ni les commerçants pour monter vos dossiers et le 4ème transmettre de la sérénité et de l'im- profession dont le fondement n'est-il
de Belleville qui me contrediront. mois, cela peut être la chute vertigi- plication vis à vis de nos clients. pas le service, dans son sens le plus
Cependant, j'aime bien donner mon neuse. Aucune visibilité, aucune sé- L'attention "du Patron" qu'il soit pro- noble du terme et non pas du point
avis, et j'aime bien l'exprimer dans curité de rémunération, sauf si vous priétaire ou exploitant, permet aussi de vue servile, et qui est basé sur le
les dossiers que je maîtrise et j'ai la êtes dans une usine à repas avec des de baliser les étapes d'un service de plaisir, plaisir que l'on prend à servir
faiblesse de penser que c'est le cas au prix de ventes élevés rapportant une qualité. notre client et que l'on doit prendre à
niveau de la pratique du métier de masse à répartir au dessus de ces Cela ne nous empêche pas parfois, partager ou non un bon repas, ou
serveur. considérations. d'être mauvais, car comme toute sinon un bon moment.
Pour avoir été payé pendant 11 ans Ici la notion de Travailler plus pour prestation humaine il y a des fac- Espérant ne pas avoir été trop long
au %, je ne peux pas laisser penser Gagner plus prend parfois tout son teurs qui ne peuvent pas être maîtri- et trop barbant. Je vous souhaite "un
que c'est la solution pour imaginer sens. Quoique je ne puisse pas affir- sés. Aucun restaurateur n'est à l’abri bon appétit"
avoir en retour un service attentif, mer avoir été mieux pris en charge, d'une défaillance, mais qui l'est et Cordialement.

De Elise VILLIERME, Bonjour, phane Bonnel, professeur en salle, lors ble dans nos locaux.
Directrice de l’Institut Je viens par ce mail vous confirmer la d'un entretien téléphonique. Nous restons à votre disposition
des Métiers de possibilité de réaliser à l'IMA la table Je pense que réunir une vingtaine de pour le choix de la date.
l’Artisanat ronde que vous proposiez dans Béné- restaurateurs pour échanger serait un Avec mes meilleurs souhaits de ré- 61
fice et que vous avez évoqué avec Sté- bon compromis pour un accueil agréa- ception. BN
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Dans un cadre campagnard, dans la belle commune d’Epiais-lès-Louvres,


à 5mn de l’Aéroport Charles-de-Gaulle, 10 mn du parc des Expositions,
10 mn du parc Astérix et 30 mn de DisneyLand Paris

La Ferme du Manoir
vous reçoit ...

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midi et soir*
Avec nos menus aux choix variés :
- La Formule « Affaires » (19.50 €)
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et réunions de travail
Nous organisons pour vous les meilleures for-
mules (salles, restauration, hébergement) qui
vous permettront de bien travailler, au calme,
à la lumière du jour.

I Pour vos mariages


et autres cérémo-
nies familiales ou
soirées entre amis,
Notre cadre se prête très
volontiers aux mariages et
aux fêtes de famille, aux
soirées à thème, aux cock-
tails... Notre parc, la
piscine et sa terrasse
viendront compléter
votre joie d’être
ensemble.

* sauf le samedi midi


et le dimanche soir

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BN
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Contactez-nous au : 01 34 47 77 77
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